REBELLES

(Jean-Paul Cruse)

Histoire secrète des "maos" (1967-73) - et ce qui s'ensuivit... (1973-2007)

V
Liquidation

-2-
Avant l'extinction des feux, l'ultime contre-offensive du Parti du Soulèvement de la Vie,
- Mal Logés...Immigrés - Munich 72, Septembre Noir
...


La "base d'Issy" devient "intenable".


C'est de là qu'est parti, dans les tout premiers jours de 1972, en plein hiver, un mouvement de lutte de mal logés d'une rare puissance.
Il se traduit par une longue série d' occupations de logements vides, dans toute la région parisienne, puis en province.

L'actuel D.A.L. ( "Droit Au Logement"), vivace aujourd'hui, 35 ans plus tard, en descend en ligne directe. Son fondateur et principal animateur, Jean-Baptiste Eyraud, "Babar", est un jeune mao du secteur de la place de La Réunion (XXème arrondissement), devenue, dès 1973, un fief de l'action directe des mal logés - et de bien d'autres choses...

Jeune chrétien révolutionnaire, marqué par l'empreinte de l'"établissement" comme de l'Evangile, "Babar" a choisi le biblique métier, manuel et magnifique, de... charpentier.


Rika Zaraï squattée


Tout commence donc sur les hauteurs dominant la Seine, presque en face de Renault Billancourt, au 13 rue Henri Tarriel, à Issy-les-Moulineaux. Deux familles s'installent par surprise dans les étages inhabités d'une superbe villa. Elle appartient au pianiste de la chanteuse Rika Zaraï - ou peut-être, en réalité, à la chanteuse elle-même...
Les premiers occupants "sauvages" sont un couple et ses huit enfants. Ils vivent depuis deux ans en caravane, sous un pont de chemin de fer, à Issy même. Sans eau, sans sanitaires ni commodités d'aucune sorte.
Ils sont très vite rejoints par une ouvrière de l'usine SEV Marchal, toute proche - où les maos ont beaucoup bataillé à l'occasion de la campagne du métro. "Demandeuse prioritaire" de HLM depuis une éternité, elle a dû se séparer de ses quatre enfants, confiés à un foyer, faute de pouvoir les élever avec elle dans des conditions seulement décentes dans son tout petit meublé.


Rika Zaraï, très fortunée, est connue pour son soutien militant à l'Etat d'Israël, "squattant" lui-même la Palestine.
La "bande d'Issy" met donc le paquet sur l'affaire. Très vite, une manif d'une centaine de personnes ("longs cheveux" connus pour leurs idées rebelles, mais aussi ménagères, prêtres, vieux travailleurs et sympathisants des Jeunesses Communistes de la ville) se forme au cri de ."Métro, boulot, même pas où faire dodo!...".
Elle déboule devant la mairie d'Issy, alors liée au clan corse pied-noir UDR du secteur de Puteaux, dans le même département richissime des Hauts de Seine, où la famille Ceccaldi-Reynaud et sa redoutable police municipale se heurtent régulièrement aix militants de notre "zone nord-ouest" (Mokhtar, "Dédé La Couenne, "U Cervu", etc.).


Bientôt rappliquent d'autres aspirants au relogement "sauvage", en nombre, rameutés par Didier Cornavin et ses amis.

Des immigrés logés dans des conditions honteuses dans toute la banlieue sud viennent se joindre aux deux premières familles, et l'occupation prend de l'ampleur. "Tous ceux des foyers viennent, les noirs qui vivent dans des caves et greniers, se relayant en 3X8, comme à l'usine, dans le même lit"...


Selon les statistiques du gouvernement lui-même, hâtivement collectées et publiées dans la presse des maos, à la suite d'un coup de gueule de Jean-Paul Sartre, qui trouve les reportages "superficiels", la région parisienne compte alors des dizaines de milliers de familles officiellement et administrativement recensées comme "sans abri", et quelque 150 000 logements vides, dont 135 000 maisons vides pour Paris intra-muros..

Dans un pays dont le dur travail ouvrier, et particulièrement, celui des immigrés du bâtiment, a fait pousser partout le béton des tours, des autoroutes et des supermarchés des "Trente glorieuses", 38% des habitants vivent encore dans des logements administrativement reconnus comme "surpeuplés" ( 4 personnes ou plus pour 2 pièces, 6 ou plus pour 3 pièces, 3 ou plus pour 1 pièce). Un logement sur deux n'est pas équipé de W.C. Et trois millions de personnes doivent se contenter d' "habitat de fortune...bidonvilles, garnis et taudis..."


Le bois sec est entassé, l'étincelle a jailli, et naissent les premières flammes de la colère, à l'exemple d'Issy.


Claude Lafond, ouvrier tourneur O.P.3, communiste, père de famille, et à la rue, lance les Comités de Lutte et de Défense des mal logés à Saint-Denis (93) - avec le Secours Rouge...

Le mouvement se coule au long des boucles de la Seine, et gagne le quartier de La Basilique, à Saint-Denis, municipalité officiellement "communiste". Le PCF s'est lancé dans des plans de "modernisation" commerçante du quartier prolétarisé et misérable devenu l'actuel quartier commercial, prospère et bien achalandé, où se pressent de petits cadres (nouvelle base sociale, bien fragile, pour une vieille force prolétarienne, abandonnée, peu à peu, par les pauvres "petits blancs" - des "prolos", chassés par des expulsions en masse, tandis qu'une nouvelle population de prolétaires, venue, elle, du Maghreb ou d'Afrique Noire, peine à se reconnaître dans le parti, lui-même resté "blanc", et de plus en plus embourgeoisé, de la brave Marie-George, et de l'énergique mais confus Braouzec...
Les familles populaires fuient, comme elles peuvent, des immeubles lépreux qui s'affaissent ou s'écroulent sur des "locataires" quelquefois confinés jusque dans les caves...Et l'homme qui met le feu aux poudres, le 28 janvier 1972, est d'ailleurs, dans cet ancien lieu saint des Roys de France, devenu bastion "rouge" en transition lente vers le rose pastel, un ancien militant du PCF, membre du comité de section du parti à Bobigny, Claude Lafond, tourneur professionnel (O.P.3), militant CGT, père de famille nombreuse.
Il a tenté de se reconvertir comme patron de café. Mais il a dû vendre très vite pour rembourser une lourde dette à l'Assistance Publique, contractée par sa vieille grand-mère, morte sans un sou après 360 jours d'hospitalisation.
Il redevient alors métallo chez Bronzavia, mais tombe en dépression, perd 40 kilos, fait des emprunts qui le "plombent" et finit par se faire expulser du HLM qu'il a pu obtenir, à Villeneuve La Garenne.
Le jour-même, toute cette famille progressiste, unie et combative, s'installe alors, dans un petit hôtel de voyageurs de Saint-Denis - puis se trouve contrainte de placer deux des enfants, les plus jeunes, dans un centre de l' Assistance Publique avant d'aller se faire hébergeer chez des amis...
Jusqu'au moment où, exaspéré, Claude et son épouse s'installent avec deux de leurs enfants sur le marché pour y camper ensemble, dans une tente...
Ils y sont aussitôt contactés par d'autres personnes en grande difficulté, issues de la cité Gabriel Péri, de Saint-Denis, ou de la commune voisine de Pierrefitte - puis par les militants du Secours Rouge, régulièrement présents sur le marché.


Encouragés par l'exemple d'Issy, répercuté, sur ses grands panneaux "à la chinoise" par l'association de solidarité populaire créée par l'ancien maire communiste d'Aubervilliers, Charles Tillon, le R.P. Cardonnel, Maurice Clavel, et d'autres (et animée par les jeunes maos), les Lafond finissent par s'installer en force dans un deux-pièces vide, 45 rue Jean-Jaurés, à Saint-Denis.
Les familles occupant la "villa Rika Zaraï" d'Issy viennent aussitôt sur le marché, pour manifester leur soutien...Un mouvement collectif est né. Il va déferler sur toute l'Île de France, et même un peu au-delà. Il va devenir une des forces majeures d'un tout nouveau paysage politique, bousculant une république parlementaire vermoulue, au parlement de moins en moins "représentatif" du monde réel.


Sur ce nouveau théâtre de combat, mouvant, imprévisible, où les lignes, à peine établies, bougent, le mouvement des mal logés occupant des maisons vides épaule les rébellions d'O.S., à l'usine, les initiatives sociales de plus en plus autonomes des ouvriers immigrés, sortant du cadre de l'usine pour attaquer, bille en tête, la question du racisme, comme celle, liée, de la Palestine. Là-dessus fleurit la nouvelle presse, insolente et populaire, inventée autour de La Cause du Peuple, J'Accuse, La Cause du Peuple-J'Accuse, puis l'Agence de Presse Libération (A.P.L.), et bientôt le quotidien du même nom, qui doit toute à ce peuple nouveau, qui se "libère" autant qu'il s'organise...


Le mouvement des mal logés fait vite tache d'huile, trouvant en lui-même ses militants, ses "cadres" politiques, issus du peuple des sans-rien, qui organisent la création de Comités de Lutte et de Défense des Mal Logés, recensent les appartements ou les maisons inoccupés, organisent pratiquement les choses - et répandent l'information de marché en marché.

En un mois et demie, cinq occupations sont en place dans l'agglomération parisienne.


Les petits vieux "enragés"

de la rue Jacquier

 


"Les chiens à la rue, la SPA les recueille. Alors, le genre humain, on le laisserait à la rue?", entend-on, bientôt, du côté du 17 rue Jacquier, métro Plaisance, dans le XIVème arrondissement de la capitale - où la vague du mouvement des mal logés vient maintenant rouler...


Le samedi 12 février 1972, un immeuble entier, vide depuis juillet 71. et en parfait état, tapisseries fraîchement posées, etc., est occupé. Soixante-dix millions de frais de remise à neuf viennent d'y être faits par la société SEMIREP, qui "rénove" tout le quartier - et compte démolir le bâtiment l'année suivante...


Les "squatters",qui ont dû "démurer" les entrées, ne sont pas des étudiants "anars" hirsutes à longue et grasse tignasse, exubérants, mais un vieux couple Armand, ancien maçon, 62 ans, mutilé de guerre, et Andrée, 52 ans, grande infirme, ex-gouvernante...
Dans le cadre, également, des travaux de "modernisation" du quartier effectués par la même SEMIREP, ils ont été expulsés du logement qu'ils habitaient, rue Joncquois, dans le même arrondissement.
Ils y vivaient depuis deux ans chez un vieux monsieur de 73 ans, dont Andrée est la gouvernante. A la mort de l'occupant légal des lieux, sa sœur est venue s'installer sur place, dans l'espoir de bénéficier elle-même d'une indemnisation de la SEMIREP. Après signification par voie d'huissier, et un petit mois de délai, Armand, sa femme et leur amie Yolande, une femme de 72 ans venue "associer sa misère à la leur", et qui fait des ménages "pour faire bouillir la marmite..." ont été expulsés.
Du coup, Andrée perd sa pension d'infirme...SDF:pas de pension! Les trois petits vieux se sont alors installés, comme ils ont pu, sur un terrain vague proche, d'où on est venu, encore, les chasser.


Ici aussi, ce sont les militants locaux du Secours Rouge qui ont tendu la main à ces personnes en détresse. Comme ils la tendent, rue des Lyonnais, tout près,à une autre vieille dame reste seule dans un immeuble dégradé dont tous les voisisns sont partis...
Mais bientôt, c'est le Comité de Lutte des Mal Logés (Cdlml) qui prend les choses en main, faisant aussitôt des trois amis de nouveaux militants. Prenant le relais du Secours Rouge Il organise sur place une véritable coopérative, recueillant dans le quartier lits, matelas, vêtements, nourriture...Au passage, il recense avec les habitants du coin, par le bouche à oreilles, de nouvelles adresses de maisons vides.


Deux autres familles rejoignent alors l'occupation de la rue Jacquier. Elles apportent un bain de jouvence. Treize enfants s'égaillent maintenant dans l'immeuble. Une crèche est bientôt ouverte, à l'intention, aussi, des habitants "légaux" du secteur proche. Ils viennent amener leurs petits, en toute confiance, en passant sous les banderoles colorées: "Résistons aux expulsions". "Occuper les maisons vides, c'est juste". Et l'immeuble de la rue Jacquier, solidement enraciné dans le terreau du quartier, devient un bastion inexpulsable.


Parmi ceux qui sont venus lier leur sort à ceux du vieil Armand, d'Andrée et de Yolande, Jeanine, secrétaire, vivant au sixième étage dans une chambre de bonne sans chauffage passait devant l'immeuble quand son regard est tombé sur une affiche. "J'ai pensé: "Pourquoi pas moi?".- "J'ai dit: "je reviens dans une heure"...
Elle est là, donc, simplement. Comme Mohammed, 25 ans, accompagné de sa femme et de sa fille; Daniel (28 ans), sa femme, et deux deux enfants, qui dormaient dans leur vieille Dauphine,un autre Mohammed, (28 ans), avec sa femme enceinte et 5 enfants, Claudine et ses enfants, Bouaziz et sa famille, Maryse...


Comme dans les ateliers de Renault, de Citrpën ou de Chausson, c'est tout un petit peuple de base qui, surmontant des divisions de toute sorte, et pas seulement ethniques, fait ou refait son unité dans le cadre d'une action sans grande violence, mais hors-la-loi, tout de même, dans la dynamique crée autour de La Cause du Peuple. "Le Français qui méprisait l'Arabe, le vieux qui méprisait le jeune, vivent unis dans l'immeuble occupé", commente le journal, qui vole de main en main, d'une occupation de maison vide à l'autre, devient un lien, et le lieu d'un permanent "échange d'expériences"..."Les occupations de maisons vides jettent ls bases de ce que pourrait être un quartier. contrôlé par le peuple...Les terrains vagues transformés en espaces de jeux pour enfants...Garderie, crèche ouvertes aux autres femmes du quartier...l'entraide pour l'entretien de maisons...les bases dune vie nouvelle", dans laquelle.."le voisin n'est plus un ennemi...Il s'agit de créer une nouvelle forme de vie, celle qui soulève ls mal-logés, semblable à celle que les ouvriers du Comité de Lutte Renault commencent de leur côté à imposer."


Le Secours Rouge, qui s'efface de bonne humeur devant "les mal logés eux-mêmes" du Cdldml, n'en reste pas passif, d'autant. Il tourne un petit film devant la porte de cette étonnante communauté populaire, qui se forme, puis va le projeter sur le marché du quartier.
Les "gardiens de la paix", bien sûr, viennent faire leur numéro. Ils saisissent la pellicule. "Voleurs!", hurle une foule aussitôt attroupée - qui les oblige à le restituer...


Le centre de gravité du mouvement des mal logés s'est maintenant déplacé d'Issy-les-Moulineaux à la rue Jacquier.
Sa portée ne se limite plus à la stricte question du logement - de l'habitat...
"Les pauvres seuls ont entrepris de changer la vie dans les immeubles occupés", souligne La Cause du Peuple. Sans s'en remettre aux belles paroles des partis, qui promettent de "raser gratis", au lieu d'aider les gens à organiser par eux-mêmes l'action directe, populaire, dont ils détiennent la force, et les idées...

"Nous sommes maintenant 32 dont 19 enfants, disent les occupants de l'immeuble.. Tous les jours deux ou trois personnes viennent pour occuper. On n'est pas une agence.On va aider à occuper d'autres maisons.En attendant, on partage tout: ménage, budget,garde d'enfants avec les voisins..."


En région parisienne, le mouvement (où les maos se fondent, laissant aux nouveaux militants issus directement des familles occupantes, comme Claude Lafond, la gestion des opérations, et la maîtrise d'une lutte étendue maintenant à l'ensemble de l'Île de France, et largement autonome), prend une telle dimension que le samedi 26 février 1972, lendemain de la mort de Pierre Overney suivie par la bastonnade de la manif désarmée, à Charonne, les Mal Logés maintiennent leur propre appel, prévu de longue date, à leur manifestation spécifique. Dans ce contexte électrique, elle rassemble 7000 personnes - dont quelques-uns des rescapés de la "boucherie" de la veille. Aux cris de: "On a raison d'occuper les maisons vides", et derrière une vaste banderole du Secours Rouge, le cortège défile de République au Père Lachaise - où sera enterré, début mars, Pierre Overney... La manifestation évite tout de même de redescendre la rue de Charonne...


Le jour même le Cldml de Saint-Denis lance deux nouvelles occupations dans sa commune.
La première est réalisée par la famille Courtois, au 121 rue Gabtiel Péri. Le mari , homme de peine à Pierrefitte, son épouse, enceinte de 7 mois, et leur premier enfant, âgé de 11 mois, vivent depuis longtemps dans un réduit de 1,70mX3,50m pour 180F de loyer (près de 30% du salaire du chef de famille). Ils en ont marre. L'épouse est dépressive. Elle souffre d'un voile au poumon. Monsieur Courtois a fini par prendre une charrette à bras chez son patron, ils ont mis leurs meubles dedans, et sont allés s'installer devant la mairie de Versailles, où ils résident alors, le jour d'un grand mariage...
Le maire a fait appel aux pompiers pour dégager la charrette. Ils ont alors débarqué à l'office HLM, y installant les petits enfants dans des lits de fortune, posés sur les bancs de la salle d'attente, jusqu'à ce qu'on leur fournisse un relogement dans une cité d'urgence, complètement pourrie.


A Saint-Denis, toujours, la deuxième occupation est le fait d'un ouvrier pâtissier victime d'un accident, et hébergé chez des amis, à droite, à gauche. Il est accompagné de Michel, "un camarade travailleur dans la même situation". Le logement inoccupé où il s'installent, 4 rue Pont du Godet, appartient à la municipalité communiste de Saint-Denis, qui décide aussitôt de le murer - comme deux autres logements vides en bon état que le Cdldml avait ouverts. Les employés municipaux arrachent portes, fenêtres, fils électriques, ils cassent les pierres d' évier...

Mais après une nouvelle grande manif des Mal Logés, le 12 mars, le PCF commence à virer de bord, et la mairie de Saint-Denis se décide à reloger une première famille d'occupants sans titre dans un F3. - 10H00, proposition, 11 heures, visite, 14H00 signature, 15H00 emménagement. Le 16 mars, une promesse de relogement est faite à la famille Courtois: un deux-pièces cuisine dans l'immeuble qu'ils occupent pour le modeste loyer de 100F par mois.


Le Cdldml de Saint-Denis regroupe maintenant autour de la famille Lafond quelques "squatters" isolés, et deux mères de famille en instance d'expulsion de la cité Pierre Sémard - du nom d'un des tout premiers secrétaires généraux du PCF, dans les années 20...
Le mouvement déborde largement la région parisienne. Partout où les maos "font le boulot", ou le Secours Rouge, souvent très autonome ( et parfois même créé spontanément sans la présence d'un seul activiste de la GP, de l' "ex-GP", ou de "La Cause du Peuple"), des occupations de maisons vides se développent aussi, dans le même esprit: Mantes-la-Jolie, Toulouse, Saint-Dizier...


Dans le quartier de La Clochette à Douai (nord), plusieurs familles s'installent ensemble dans un groupe de maisons inhabitées...Dans le même département, à Waziers - où vécut, un temps un "intellectuel bourgeois, renvoyé à la base pour rééducation", Serge July - un Comité de Mal Logés rappelle de bons souvenirs aux habitants. "On n'avait pas vu d'occupations comme ça dans le nord depuis le Front Populaire et la grande révolte des mineurs de charbon de 1948...De voir autant d'ouvriers qui sont ensemble, c'est un cœur". Les maisons occupées appartiennent très souvent aux Houillères qui, sous la pression, et dans le souvenir aussi des grandes luttes d'antan, craquent - et commencent à faire des propositions de relogement dans le cadre de Pact.


L'implantation des maos dans le nord de la France se concentre autour de trois foyers distincts, relativement cloisonnés. Le pays minier, la zone portuaire autour de Dunkerque, et le bassin de la Sambre, autour des usines de sidérurgie (Vallourec), aux fortes traditions de lutte, et notamment, de séquestration, et de la ville de Hautmont. - Dans cette petite localité, un couple de militants dynamiques et ouverts, Anne et Bernard Vittorri, se sont rendus très populaires - partis vivre une année entière aux Etats-Unis après avoir laissé tomber, au moment de la liquidation de l'"ex-GP", ils n'ont pas souhaité, malgré de nombreuses relances, donner leur témoignage, et surtout, leur analyse, de l'impressionnant mouvement développé à Hautmont, et des raisons pour lesquelles ils ont jugé bon de s'en éloigner...Il en reste toutefois des traces, notamment en marge de ce mouvement des mal logés pour les occupations de maisons vides. Comme l'écrit La Cause du Peuple (17 janvier 1972), le mouvement a pris là-bas la forme de comités de locataires dans une cité nouvelle de quelque 500 logements neufs, les "Provinces Françaises". Là, pas d'occupations, mais, dans le même esprit, des Assemblées générales menaçant la société propriétaire d'une grève des loyers si les problèmes de chauffage ne sont pas réglés. "Un mouvement mao s'est créé à Hautmont. Les luttes se mènent un peu partout. Les ouvriers du bassin de la Sambre sont heureux de voir qu'enfin il y a quelque chose de bon là derrière...", disent les habitants...


Le dimanche 7 mai 1972, l'effervescence générée par les actions des mal logés débouche sur du concret. Avec la création d'une Union des Comités de Lutte des mal Logés, au cours d'une assemblée populaire de cent personnes, venus des quartiers en lutte de Belleville, Barbès, Saint-Denis, Choisy, Issy-les-Moulineaux, à l'occasion d'un pique-nique familial et militant organisé dans l'immeuble phare de la rue Jacquier.


"Victor de Rampal", le vieux héros juif de la lutte des mal logés


C'est "Victor de Rampal", figure emblématique d'un mouvement social original, brassant toutes les franges d'un peuple aux mille facettes, que le phénomène mao condense et cristallise autour de lui, qui a rédigé le texte fondateur.
Victor Silveira, 70 ans, "vieil israélite", selon ses propres termes, expulsé plusieurs fois, a dû "vivre" plusieurs mois, de son propre aveux, "de mendicité publique".
Saluant le Secours Rouge pour son aide initiale, il souligne que, maintenant, "c'est à nous les mal-logés de nous tenir la main (...)".
Il exhorte les Jeanine, les Maryse, les Mohammed, les Claude et les Bouaziz de toutes les familles représentées à "aller aux bidonvilles, dans les foyers africains, dans tous les quartiers"; à ne pas se limiter aux occupations, mais à s'occuper de tout: "les problèmes d'eau coupée, les grèves de loyers...".... A "progresser immeuble par immeuble, rue par rue"...


"Le vent ne cessera pas, même si les arbres veulent se reposer" dit un adage de la Chine ancienne.
Il est remarquable que, quelques mois après l'assassinat de Pierre Overney, précédé par le désastre de l'opération contre le P-dg De Wendel, et suivi par la débandade de Geismar à Charonne, au moment où Serge July, Pierre Victor etc. touchent le fond du fond dans l'affaire de BRUAY et où un vent mauvais de démoralisation et d'abandon souffle, du sommet vers la base, sur le mouvement mao, un appel de cette nature, revivifiant, émane d'un homme déjà âgé, expulsé de nombreuses fois, réduit à la mendicité, et qui n'avait dû sa survie physique la plus élémentaire qu' "à la synagogue algérienne" (de Belleville:sans le reloger, tout de même, elle lui donnait, dit-il, un peu de pain)...


Après l'intervention brutale de la police contre les occupations en série du secteur Rampal-Ramponneau (trente familles, ensemble), "le vieux Victor", interpellé comme tous les occupants, disparaît pendant plusieurs semaines. Personne ne sait ce qu'il est devenu. Et ce sont de jeunes militants en keffieh qui finissent par retrouver sa trace - à l'hôpital départemental de Nanterre.


C'est parce qu'il est devenu un vrai mouvement populaire, bien représentatif du peuple de France, tel qu'il se manifeste ces années-là, - femmes, hommes, ouvriers, employés, vieux, jeunes, très largement multi-ethnique, les "petits-blancs" pauvres y côtoyant Arabes, quelques juifs prolétarisés, abandonnés de tous, et quelques noirs d'Afrique...- et se situe, enfin, en résonance parfaite avec les occupations de fermes en friche du peuple des campagnes, que ce nouveau sujet social et politique, porteur d'un nouveau "tous ensemble", subversif, au-delà cette fois des portes de l'usine, a pu s'installer durablement dans le paysage.


De longues années après, autour de "Babar", et de D.A.L., il constitue la trace la plus visible, mais pas la seule, d'un mouvement mao aux militants immergés en son sein, en profondeur, "sel de la terre", et portés par l'esprit de "servir le peuple", lui-même encore, ici ou là, dans le paysage - pour qui veut regarder de près, et "descendre de son cheval pour regarder les fleurs"...


Même si l'incontestable enrichissement "relatif" du prolétariat français d'origine, contrebalancé, certes, par le démantèlement de l'industrie française, et le chômage, ont appauvri l'actuel "Droit Au Logement" (D.A.L.) d'une composante essentielle, le peuple des "petits blancs", âgés et miséreux, jetés dans le double piège du Lepénisme, et pour les juifs d'en bas, du communautarisme, son infect complément raciste.


Il est vrai que l'excellent "Babar" n'y est pour rien.


Une tenaille s'est refermée, hachant le peuple bigarré, vivant, des "seventies" maos, disloqué entre, d'un côté, les prostitués à paillettes de l'antiracisme-spectacle bénéficiant des faveurs financières et télévisuelles accordées par la gauche "Vichy Rose", et de l'autre un petit peuple "français de souche" jeté, dans le même calcul, entre les pattes "brunes" du faux blond borgne de Saint-Cloud...


Mais ce mouvement emblématique, vrai chant du cygne d'une époque de luttes flamboyantes (suivie par une longue période d'enfouissement dans un combat de réseaux, en voie d'achèvement), ne pouvait atteindre son apogée sans un retour aux sources, à la grande "base prolétarienne d'Issy", extension de l' "Île du Diable" - dont tout était parti.


Retour Issy

 

Ce sera chose faite, en deux temps, trois mouvements.
Avec, d'abord une nouvelle expansion de la révolte contre l'usine à celle des quartiers : elle est celle d'un mouvement de jeunes filles, mères célibataires d'un "Hôtel Maternel", "foyer" devenu prison, et centre d'humiliation, caché derrière un dispensaire de la Croix Rouge...
Les filles d'Issy ont inspiré à pleins poumons l'air frais de liberté que font souffler les occupants sans titre de la superbe "villa de Rika Zaraï", chanteuse que toutes connaissent, et dont certaines apprécient la voix, et les chansons.
Qui peut défier Zaraï, et ce qu'elle représente, peut défier le ciel - et la direction, réactionnaire, d'une "œuvre de charité-maison de redressement", où l'on punit de toutes jeunes femmes du peuple pour crime d'enfants nés ou à naître...
"Quand on voit nos fiancés, disent-elles, nos éducateurs nous traitent de putains". Ça va bien...La rumeur leur parvient de la révolte des filles du Plessis-Robinson, où les féministes bourgeoises des "grandes consciences", "top-médiatiques", l'aile la plus américanisée du MLF, se sont parachutées non sans efficacité sur une rébellion d'adolescentes pour en faire un "exemple type" d'introduction en France du féminisme rabique "anti-mecs", importé de New York, de Californie, et du ghetto de luxe d'Hollywood, qui va bientôt déployer ses ravages - "châtrant" les "mecs", et contribuant très largement à la dissolution du jeune militantisme combatif et populaire porté par "La Cause du Peuple".
Mais, pour les filles d'Issy, liés aux gars d'Issy, à la fraternité d'usine, et à l'esprit de révolte unie qu'elle charrie, leur affaire, c'est la leur. Et elles ne laissent à personne la tentation de la leur voler.
Pendant deux semaines, elles préparent soigneusement une grève des cours, élisent deux déléguées, et mettent en commun un petit "trésor de guerre", argent et provisions...
Chez les éducateurs, elles ont un point d'appui, un "mec", devenu leur ami.
On finit par l'écœurer. Il jette l'éponge, et démissionne.
Elles entrent alors en lutte, et se relaient aux tâches, multiples, d'une "grève active". Ménage fait en commun, cuisine itou, crèche "sauvage", distribution de tracts en ville, où elles trouvent très vite l'épaule du Secours Rouge.
Ensemble, elles écrivent une pièce de théâtre. Et viennent la jouer, pétulantes, sur le marché. Profitant de l'occasion pour convier les gens à une Assemblée Populaire, le soir, au foyer.
Les "gros machos" de la "bande mao" d'Issy, ceux que les féministes petites-bourgeoises qui rongent, désormais, de l'intérieur, sous le drapeau frelaté de l' "anti-mec", les collectifs militants de "La Cause du Peuple", traitent de "chasseurs de pédés" en pissottières, quand ce n'est pas de "violeurs", rassemblent 300 jeunes d'Issy et de Paris, loubards et militants mêlés.
Leur bouillonnant mascaret croise un flux de CRS, en ordre de bataille, devant le foyer de filles.
Les rebelles en mini-jupe ne laissent pas leur part aux chiens. Elles montent en première ligne.
Des fenêtres, les redresseurs de mœurs leur crient "Putains!", et pour qu"elles entendent mieux la voix du Ciel, leur balancent des seaux d'eau bouillante, des étages.
Du périmètre de l' "Hôtel Maternel", bouclé par une imposante armada de cogneurs de filles, et de "mecs", en uniforme, casque et boucliers pare-éclats, l'armée mixte des jeunes doit bientôt refluer.
Elles sortent une nouvelle arme de leurs sacs à main, devenus, à l'occasion, matraques, ou boucliers: "Les flics hors du foyer! Grève de la faim".
Coup imperdable, dans ce climat d'intifada au cœur des Hauts de Seine, et à portée de lance-pierre des usines Renault, SEV Marchal, ou Citroën, elles gagnent: renvoi du directeur et des éducateurs, réorganisation complète du foyer avec la participation des "jeunes mères célibataires elles-mêmes"...
De la violence au viol, du viol au châtiment
Mais l'ordre de l'usine, qui se veut ordre social global, et qui est, certes, pas toujours, mais souvent tout de même, sous la loi dite ou non dite des vieux mâles blancs grognasseurs et rigides, ne peut pas supporter ces défis répétés à ce qui lui reste d'autorité, aux marches de son domaine.
L'insolente jeunesse d'Issy, avec ses Louise Michel en herbe, doit être punie, châtiée. Par la sanction suprême, et la plus humiliante,touchant le cœur vivant de l'adolescence: le viol.
Le 13 juillet 1972, un commando armé venu de Citroën débarque en force dans une fête populaire.
Les réjouissances sont organisée par un groupe de vingt-six familles mal logées, en grande majorité yougoslaves, qui sont arrivées, ensemble, dans un grand camion loué pour l'occasion, pour occuper en force deux vastes maisons vides, 4 et 6 rue Jeanne d'Arc. "Chez nous, disent-ils, on décide tout en réunion, et on résume tout sur un journal mural"...
Femmes et hommes, unis, ils ont tout retapé, nettoyé, remis à neuf et même repeint en un temps record.
Ouvrières et ouvriers, travaillant souvent dans le secteur du nettoyage, ou dans l'automobile, ils se sont liés tout naturellement aux travailleurs de la SEV Marchal, toute proche.
Tout le quartier les aide, ils partagent les dons strictement, sommiers, habits, four à gaz.
Ils se sont répartis les chambres, sur des critères égalitaires, concrètement discutés, en Assemblée Générale. Trois A.G. successives...Ils réservent même certaine espaces de vie à l'intention d'amis ou collègues de travail, Algériens ou Français, qui s'apprêtent à les rejoindre...
Ils partagent même avec des voisins du quartier leurs machines à laver, et jusqu'à leurs machines à coudre...
Le samedi 17 juin, la vaste communauté "yougo" de la rue Jeanne d'Arc a réuni une assemblée populaire de 160 mal-logés de la réunion parisienne. Les prises de paroles s'y succèdent: en Yougo, en Français, en Arabe. Les occupants d'une nouvelle "zone libérée", celle de La Butte aux Cailles, dernière colline de la Commune à résister, en mai 1871, armes à la main, à la soldatesque aux mains sanglantes du boucher Adolphe Thiers, leur demandent de venir tous le 1 juillet suivant pour empêcher l' expulsion, programmée, des occupants: quatre familles françaises dont Barbara, 27 ans, qui vivait avec sa fille de sept ans à l'intérieur... d'une serre d'horticulteurs, à Charenton, et trois tunisiens, célibataires, qui auraient aimé que tous les repas soient pris en commun, proposition refusée par vote démocratique pour protéger "un peu d'intimité", et ne pas faire dans le style "soupe populaire".
Au Café de l'Espérance, au bas du 33, l'immeuble occupé, on dit qu' "à La Butte aux Cailles, dernier bastion de la Commune, l'esprit y est restéi"
Les "Yougo" de la rue Jeanne d'Arc décident d'aller s'y ressourcer, et appellent tous les mal-logés parisiens, représentés à leur A.G., dont Saint-Denis, Rampal-Ramponneau, et la rue Jacquier à être tous sur place, avec ceux de La Butte, dès 6H00 du matin.
On envoye, sans attendre, des délégations de dissuasion aussi massives que possible dans les préfectures, les mairies, ainsi qu'aux HLM. Conclusion de cette belle et chaude assemblée: l'organisation d'une grande fête, à Issy.
Mais la violence n'attendra pas.
Le 29 juin 1972, une estafette bourrée de nervis d'extrême-droite attaque La Butte aux Cailles.
Un mois avant, le samedi 27 mai, exactement, deux-cents habitants du quartier, dont une cinquantaine d'enfants, plus déchaînés encore que leurs parents, avaient dissuadé 11 cars de CRS venus expulser trois familles et cinq célibataires à la rue du 56 rue des Cendriers, occupé, dans le quartier de Ménilmontant.
Les "casqués" en repli, des "civils" en imper, démasqués, avaient été chassés à coups de pierre. Ils avaient dû démarrer sur les chapeaux de roue, fuyant dans leurs voitures banalisées aux vitres brisées...
Le samedi 3 juin, nouvelle attaque.
Quatre cars de "brigades spéciales". Une sirène d'alerte, bricolée dans les HLM, en face, fait rappliquer, de nouveau, deux-cent voisins en furie. La "bande du 45" (une cité de la rue de Ménilmontant, jugée "sensible" , encore, au jour où sont écrites ces lignes, constitue le "bouclier vivant" de la rue des Cendriers.
"On est trente, disent-ils aux occupants, et de toutes les races..."On n'aimerait pas vous voir vidés...Depuis que vous êtes là, on a arrêté d'aller en boîte, la "plume" (outil traditionnel du petit cambrioleur parisien...° et le reste...Des gens du quartier nous voient porter des sommiers aux occupants: "Tu te ranges?- Au contraire"...A l'intérieur, Christiane, son dernier né sur les bras, séparée de ses quatre autres enfants faute de logement décent, partage le pain, ou le mafé, des Africains. "Quand jemange, dit l'un d'entre eux, je veux que mon voisin mange"
Démarré, donc, dans la non-violence-ou-presque, festive et familiale, de simple occupation de maisons vide, dont il faut simplement forcer la porte, démurer une entrée, ou, comme au 42 bd Chapelle, le dimanche 9 avril 1972, construire un escalier en bois pour loger onze familles, le mouvement des mal logés est amené, tout naturellement, à prendre le chemin de la résistance populaire, tracé par les maos, qui l'accompagnent.
Boulevard de la Chapelle, la police intervient, aussi, très vite,
pour jeter à la rue, notamment, une famille d'ouvriers algériens, qui, vivant dans un hôtel borgne peu à peu transformé en maison de passe d'abattage, avait dû se résoudre à le fuir pour protéger l'épouse, et les jeunes filles...La résistance des occupants est saluée par les klaxons des métros surplombant le boulevard, où les conducteurs de la RATP, ces "beaufs franchouillards" (selon la go-gauche snob à la Charlie Hebdo, méprisante et devenue, depuis, de plus, islamophobe...) tapent frénétiquement "ce n'est/ qu'un début/ continuoins le/ combat", le vrai mot d'ordre du grand mai....
Mais à Issy, "base rouge",pour défendre non seulement des principes de justice, de dignité, et de simple humanité, il faut mettre la barre plus haut. On le fait.
Il faut bien.


Viol

 


Le 13 juillet, au cours de la grande fête ouverte à tous par les "Yougos", les voyous fascisants venus du "syndicat indépendant de Citroën", de sa mouvance, ou de la "petite maîtrise" , raciste, sont montés à l'assaut de ce lieu de vie, qui défie l'ordre social de l'usine, étendu, autant qu'il peut, "à toute la société".
Repoussés, ils repartent avec une double prise de guerre: ils ont réussi à capturer deux jeunes filles. L'une d'elles sera violée, trois fois de suite.
Il y a eu dix blessés au cours de l'affrontement. Mais surtout, les Yougoslaves, "sportifs", aidés par la "bande à Didier de Renault", "Pierrot", "Jean-Marc Moto", "Le Mexicain", "Narbonne", et peut-être aussi "Sergent-chef", passant par là, ont réussi à "choper deux fafs"...
Qu'en faire? on ne va pas demander son avis à Benny Lévy, qui était "tricard" à Issy, (interdit de séjour...) avant même sa mortelle crapulerie du 25 février 1972 - dont le vif souvenir n'améliore pas les choses...
De toute façon, dans son évolution en cours, il irait chercher la solution au plus profond du Talmud, ou même de la Kabbale - et ça prendrait du temps...
Châtiment
Au matin, les deux attaquants prisonniers sont promenés dans toute la ville, une pancarte au cou, comme un propriétaire foncier exploiteur de la Chine rouge aux mains d'un "tribunal populaire" de "paysans pauvres" en fureur...: "Fasciste CFT Citroën: que doit-on faire de moi?" Faute de mieux, ils sont remis, à peu près en bon état, à la police. Elle les libèrera en catimini, dès le lendemain...
Immigrés: le Parti de la Dignité
Le jeudi 30 septembre 1971, coup de tonnerre dans le bas ciel du nord, et sa grisaille, ensoleillé d'un coup par les couleurs de la Méditerranée: un mouvement de grève des 7000 mineurs marocains éclate sans prévenir.
"Achetés" par les Houillères dans leurs villages du bled, ils viennent faire le dur et dangereux travail du fond, que rechignent à faire, maintenant, les jeunes Français, même fils de mineurs, et de lignées entières de mineurs...
"On" compte aussi sur eux comme main d'œuvre temporaire, pour éviter d' avoir à embaucher des professionnels du charbon à plein statut, dans des mines de jugées "condamnées" par le "progrès technique" - alors que l'avenir est au perfectionnement de l'extraction et de l'utilisation, à l'aide d'innovations écologiques, dépolluantes, gazéification, liquéfaction, usage du minerai pauvre...
Réunis clandestinement de façon entièrement autonome, les fiers Marocains, fin tacticiens, ont tout simplement décidé de revendiquer "la carte de travail pour tous".
Figurant dans la législation mise en place par le gouvernement d'unité populaire, issu de la Résistance, en 1946 - dans l'union fraternelle des gaullistes et communistes - la carte de travail donne un droit minimum à l' ouvrier immigré, embauché, comme c'est le cas le plus souvent jusqu'aux années 70, directement "au bled" par une entreprise précise, qui a d'abord envoyé les "chasseurs d'esclaves" d'une forme nouvelle de "traite", "modernisée" en asservissement... salarial.
Sans la carte, si Les Houillères, Citroën, ou telle ou telle entreprise du BTP, le licencie, quel que soit le motif, l'ouvrier n'est plus rien qu'une "force de travail" libre... de tout travail!
Il n'a plus qu'à "retourner au pays". "Mohammed, prends ta valise!". Avec la carte, au moins, il est en droit de chercher un autre employeur - comme tout travailleur de France, quelle que soit son origine, sa religion, sa langue maternelle, ou la couleur de sa peau Il a même la liberté, "extraordinaire", de pouvoir "prendre son compte", si "ça ne va plus" - si le patron abuse...
Mais le grand patronat de la haute technocratie d'Etat des années Pompidou n'éprouve, comme le successeur du général, lui-même, qu'"aversion" pour tout ce qui semble inspiré, peu ou prou, du programme - démocratique et progressiste - du Conseil national de la Résistance...
Et la loi de 1946, tombée dans les oubliettes, n'est plus appliquée. Seulement, les Marocains, fussent-ils simples mineurs de charbon, savent lire, ils savent ce qu'est un droit, un ouvrier, une loi.
Comme le reconnaît aujourd'hui Aimé Albeher, à Renault-Billancourt, où travaillent aussi des Marocains, souvent très combatifs, et parfois syndiqués, la CGT n'a pu, finalement, obtenir la reprise du travail de mai 1968 qu'en arrachant au "négrier " Dreyfus, et à ses maîtres de la bourgeoisie du capitalisme monopoliste d'Etat, un accords spécifique aux immigrés de l'usine, garantissant ces droits.
C'est dans un puits de mine de Bruay en Artois que tout commence, donc, avec le débrayage "sauvage" de 59 mineurs marocains du fond."Si nous n'avons pas de carte de travail, c'est comme ne pas avoir de papiers d'identité".
Il se trouve que le secteur de Bruay est devenu très tôt un fief de la Gauche Prolétarienne, bien avant 1970, et son interdiction, bien avant 1972, et le "caca" journalistico-politique du trio Serge July-Joseph Tournel-François Ewald, devenus chasseurs de tête... de notaires, et archéo-polpotistes ridicules, avant l'heure...
Le débrayage des Marocains de ce premier puits de mine, avant-garde d'un mouvement encore secret de plusieurs milliers de leurs compatriotes et frères de classe, rigoureusement organisés, ne tombe donc pas dans l'oreille d'un sourd. Même si Joseph, physiquement, et July, politiquement, sont parfois "durs de la feuille"...
Le coup de grisou gréviste s'étend de Bruay à Libercourt, Ostricourt, Angres..."Lutte pour la dignité, la liberté", clament-ils. "Le barbelé, c'est le contrat de travail" - des contrats de plus en plus courts, huit mois maintenant, pour 314 nouveaux esclaves salariés "raptés" par les Houillères jusqu'aux limites sud du pays. Un mois avant la fin du contrat, visite médicale. Si le "sujet" est sain, signature d'un nouveau petit contrat, et départ en vacances au Maroc. Re-visite en fin de congés. "Ils nous font croire qu'on va avoir la carte de travail, légale, à la fin du premier contrat. Sans elle, impossible de quitter les Houillères pour travailler ailleurs. Ce n'est pas la loi française. Dans la loi, on doit l'avoir automatiquement"
Les mineurs français maoistes, et le clan des "vieux de la vieille" regroupés autour de La Cause du Peuple, de la pasionaria Eugénie Camphin, des rescapés de sa famille, et de l'influent André Théret, défendent les Marocains dans les corons. Le souvenir des vagues anciennes d'immigration, "rital" ou "polak" , devenu vivier syndical de la "CGT de lutte de classes", puis ferment, patriotique, du "Parti de la Résistance", y a, sans doute mieux qu'ailleurs, préparé les esprits au "choc des cultures" avec une immigration cette fois maghrébine, et musulmane. "Si tout le monde se battait comme les Marocains, ça irait mieux à la fosse", disent les "ch'tis" de Bruay.
"Le combat des Palestiniens contre l'impérialisme apporte l'idée de liberté, et des méthodes pour la conquérir, aux travailleurs du Maroc comme à ceux des mines du nord, insiste alors La Cause du Peuple...
Au Maroc, un vaste mouvement de grèves sauvages déferle sur l'ensemble du pays"...20 000 mineurs ont cessé le travail à Khourigba, plus grand centre phosphatier du Maroc, le conflit dure depuis un mois, mené par un Comité de grève, hors syndicats. Il porte sur les conditions de travail autant que les salaires. Le 14 octobre 1971, ce sont les ouvriers phosphatiers et les dockers de Casa qui entrent dans la ronde. L'armée quadrille Khourigba. Silence de la presse. Grève de solidarité des mineurs de l'Office Cental des Phosphates (OCP) et des mineurs de Yousoufia, entraînant même les administratifs de l'OCP de Rabat. Grèves sauvages chez Cosumar (Casablanca), et, dans la même ville, à la Sofima, chez Simpa (ouvrières), Coma, Mussy, Citra, Sidana, Tognetti, Fargan. Volvo aussi est touché, avec un mouvement pour la réintégration de cinq travailleurs licenciés. GRèves encore aux sucreries et aux bus de Tétouan, occupation de terres par des travailleurs pauvres à Oulad Tayma (province d'Agadir), etc.
Bien appuyé et relayé par la base mao du nord, le puissant coup de bélier des mineurs marocains lance un mouvement d'ouvriers immigrés de France pour la carte de travail, qui va s'étendre dans tout le pays, et prendre la forme de grèves de la faim en série, et quelquefois de mouvements collectifs sur le lieu de travail lui-même.
Un signe avant coureur avait été donné, dans la même région du nord, avec le mouvement de solidarité de tout la courée Bonte en faveur de Yamina, une mère de trois enfants, ouvrière du textile, licenciée pour "improductivité", et menacée, de ce fait, d'expulsion - faute de carte de travail lui permettant de rechercher un autre emploi.
Le textile "dégraisse" en masse, et les cas de ce genre se multiplient, tous aussi odieux les uns que les autres. Mais à la courée Bonte, l'action des femmes du nord groupés autour de Yamina, avec le soutien énergique du Secours Rouge, et des étudiants, mobilisés en masse, prend des proportions exceptionnelles. Un véritable groupe d'autodéfense est constitué, avec rondes anti-flics, cloche pour sonner l'alerte, etc.


- Sadok Djeridi, de Sénarpont (Somme) -
Première grève de la faim, première carte de travail à l'arraché...

 


En avril 1972, c'est à Sénarpont, une petite localité bien "franchouillarde" de la Somme profonde,(550 habitants à peine), à quelques kilomètres d'Amiens - ville d'origine de Patrick Fers, un des piliers du GPA du Comité Vietnam de Base de Louis-le-Grand, en 1967-68 - qu' un émouvant mouvement de solidarité protège le combat du Tunisien Sadok Djeridi, soudainement jugé "inapte" au travail, et menacé d'expulsion immédiate, dans la fulée.
Mais là encore, les militants se tiennent éloignés de l'attitude paternaliste et charitable visant à "défendre" un malheureux immigré. Car le "parti des immigrés" que devient La cause du Peuple, est le parti de la dignité des immigrés, et see mobilise en soutien à leur action elle-même, pas à leur place. Sadok entreprend une grève de la faim pour exiger, selon la loi de 1946, sa carte de travail. Deux étudiants arabes, un jeune chômeur et...le curé de séna rpont se joignent à lui, et bientôt 1000 personnes défilent dans les rues d'Amiens. C'est peu mais c'est beaucoup, pour cette ville juste moyenne, et très paisible. Et c'est assez pour que, ce 25 avril 1972, neuf ouvriers d'un chantier de la société EGCC (câbles et canalisations) brandissent le poing en solidarité au passage du cortège. Cinq d'entre eux sont sans carte de travail, les neuf déclenchent un mouvement collectif, qui s'étend aussitôt à Sainte-Geneviève des Bois, en banlieue parisienne, sur un autre chantier d'EGCC. Là, le patron perd les pédales, il menace de virer une partie des grévistes, et propose aux autres des améliorations matérielles: "Je repeins la roulotte où je vous loge. Quelle couleur voulez-vous? - Nous patron, c'est surtout un problème de carte de travail". L'incompréhension grandit entre les deux parties, un Comité de Lutte se forme, des bulldozers de la société se trouvent pris en otages, comme un des directeurs, qui exhibe un revolver, et le combat pour la carte de travail fait un bond en avant dans toute la France.
Il s'élargit encore avec la contestation d'une "circulaire Fontanet", du nom du ministre du travail démocrate-chrétien de l'époque. Ni vraiment démocrate, ni très chrétien, cet homme rigide, qui finira assassiné à coups de revolver dans des conditions encore aujourd'hui obscures, souhaite encourager une politique de "départs naturels" d'immigrés s'entêtant à se conduire en hommes comme les autres, dignes du nom d'homme et de travailleur, et pas comme une "main d'œuvre" - "choisie "ou non, pal^pée, achetée, pressurée, rendue "inapte", et renvoyée...
"Il leur faut une réserve de main d'œuvre, de chômeurs français et immigrés. Mais cette réserve, ils la veulent divisée et terrorisée, muette, coupée ds travailleurs actifs, coupée du peuple, commente sèchement La Cause du Peuple, dont un des militants alors "de choc", le tunisien Saïd Bouziri, lui-même menacé d'expulsion avec sa femme Fawzia, fait franchir au mouvement une nouvelle étape, avec une nouvelle grève de la faim, cette fois en plein cœur de Paris, et portée par tout le potentiel que l'"ex-GP" conserve à l'époque - novembre 1972 - dans la capitale et les banlieues environnantes.
Grève de la faim de Saïd Bouziri: deuxième victoireLes grèves étendent leurs objectifs à la riposte contre "toutes les agressions et menaces qui pèsent sur les travailleurs immigrés", des "expulsions arbitraires" aux "assassinats racistes".
Organisée dans des locaux d'église, salle saint-Bruno, rue Pierre L'Hermitte, elle bénéficie de la personnalité de Saïd, alors rayonnante - rare et précieuse exception parmi les "cadres dirigeants" de l' "ex-GP" il se manifestera parmi la cinquantaine d'opposants poubliques à la liquidation du mouvement mao, un an plus tard, à la Toussaint 1973 à l'Assemblée des Chrysanthèmes, - venant y féliciter, chaleureusement, l'auteur de ces lignes pour une intervention, piquante, qui avait plutôt "clivé" et dont la chute, claquant autour du mot "vérole" semble avoir laissé jusqu'à ce jour la trace d'une gifle, cuisante, sur les joues grassouillettes de l'orgueilleux Geismar, ou du pauvre Theureau, "pine d'ours", alors en débandade, la queue entre les jambes...Contrairement à Saïd Bouziri, son frère Hamza, des années après, encore, sur les tables de montage de Libération, où il travaille, continuera à exprimer sa fascination pour Benny Lévy, dont il suit le "cercle philosophique", lui apportant la caution "arabe" d'un "Oncle Tom". Il sera sonné par la violence des réponses faites, au téléphone, par les plus emblématiques des ouvriers arabes de Billancourt, quand il leur annoncera, d'une voix pleine de componction, le décès de l'ex "Pierre", le dirigeant failli, en terre palestinienne occupée par Israël (Jérusalem)...
Plus d'un millier de personnes signent en quelques heures en faveur de Saïd et Fawzya, dont la mesure d'expulsion, reposant sur une base juridque fragile, sera rapidement annulée.
Quelque peu recentré, depuis, Saïd Bouziri, devenu un des animateurs du journal Sans Frontières, devenu l'outil de la liquidation du MTA, qu'il avait contribué à créer, comme Libération celui de la liquidation de l' "ex-GP", il bénéficiera bientôt d'un emploi à l'Assedic, comme cadre, avant de devenir un haut responsable de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH). Il s'y tient, jusqu'ici, à des positions progressistes, sur le voile méditerranéen, contre l'islamophobie, et pour la Palestine...
...Et au bout, la victoire!

De grève de la faim en grève de la faim, le mouvement associant désormais étroitement la revendication de la carte de travail et la lutte pour l'abrogation de la circulaire Fontanet vole désormais de ses propres ailes. Valence (22 cartes de travail arrachées au préfet après une manifestation de 1500 personnes, et des "grèves de la messe de Noël" organisées, en décembre 1972, par les chrétiens révolutionnaires de la ville dans plusieurs églises, à l'initiative de leurs curés, "chritso-guévaristes conséquents".
"Lorsque un ouvrier et esclave, tous les ouvriers le sont".
A Toulon, ville qui deviendra, huit ans plus tard, sous "Tonton" Mitterrand, à l'époque où "SOS-Racisme" et Le Pen occupent, chacun dans son rôle, le terrain massivement déserté depuis l'auto-dissolution de la majorité de l' "ex--GP", la tendance est encore à l'anti-racisme populaire, actif, et dynamique, en ce début 1973: quand un ouvrier français entreprend lui-même une grève de la faim de soutien à celles des immigrés. "Je suis un travailleur français actuellement en chômage. J'ai été licencié il y a un mois d'une société sous-traitante des Chantiers navals de La Seyne. En novembre 1972, nous avions fait trois semaines de grève sur des questions d'hygiène, et de salaire......Les ouvriers immigrés ont travaillé à notre place. On voulait mettre en place un piquet. Le syndicat nous a expliqué que si ces immigrés ne travaillaient pas, ils seraient immédiatement expulsés...On a perdu la grève...C'est pourquoi je pense qu'il faut les aider à obtenir les mêmes droits que nous. Il ne faut pas que les patrons puissent se servir des immigrés contre les Français. En réduisant comme ça des milliers d'ouvriers au chômage et à l'esclavage, ils empêchent l'union de ces ouvriers avec les travailleurs français. Mais cette manœuvre est en train d'échouer grâce à la lutte que nous menons pour obtenir la carte de travail".
Dans la même ville de Toulon, cinq ouvriers tunisiens sans carte de travail lancent leur grève de la faim dans une église dont le curé décide d'organiser un vote parmi ses paroissiens.
Le résultat est sans appel: 351 pour l'accueil des immigrés grévistes, 78 contre, 21 abstentions!
Non, la France des années 70 n'est pas raciste.
Pas plus que celle d'aujourd'hui.
N'en déplaise aux pleurnichards de la petite bourgeoisie blanche, qui ne cherchent qu'à se donner bonne conscience à peu de frais, en se disant "différents" (supérieurs, éclairés).
La classe politico-médiatique l'est, oui! Le peuple, non!
Y compris le peuple des paroisses, des soutanes, des rosaires et des crucifix.
Dans la foulée, Claude Nougaro dédie aux grévistes de la faim sa chanson "Bidonvilles" .
Le mouvement gagnera Mulhouse, Toulouse, Saint-Etienne, la région Rhône-Alpes, et toute la région parisienne.
En février 1973, une descente musclée d'une puissante délégation d'ouvriers français et immigrés de l'Union nationale des Comités de Lutte d'Ateliers et du Comité de Défense des Droits et de la Vie des Travailleurs Immigrés, créé, dans un local de la rue Myrha, à la Goutte d'Or (Château Rouge), autour de Saïd Bouziri, viendra secouer l'ambiance feutrée du hall de réception de la direction de Citroën - dont treize salariés, recrutés en Tunisie par l'Office national de l'Immigration (ONI) et la firme elle-même, promesse de carte de travail à la clé, voient leurs contrats expirer, avec menace d'être expulsés...
Des grèves éclatent même dans de petites entreprises, comme la société Duchesne (restauration), à Paris, avec comme revendication centrale la carte de travail, puis, en liaison avec ce problème, l'excès du recours au CDD- début de la politique de "précarisation" de la force de travail...
Le 30 avril 1973, veille d'un premier mai annoncé comme "un premier mai d'action contre la circulaire Fontanet" par les syndicats CGT-CFDT, qui commencent à bouger, près de 7000 travailleurs immigrés manifestent dans Paris pour la carte de travail, avant que cent d'entre eux n'aillent tenir une A.G. "autonome", avec l'aide des maos, rue Saint-Maur.
En juillet 1973, une circulaire du nouveau ministre du travail, Georges Gorse, un gaulliste social, élu de la circonscription de Boulogne, aux portes de Renault-Billancourt vient enfin remplacer le texte de Fontanet, réglant l'essentiel de ces problèmes.
Entre temps, l'offensive du "parti de la dignité" des immigrés se sera étendue, tout naturellement, à la riposte aux assasinats racistes, avec l'extension du mouvement de grève du MTA de Marseille (voir page) à des mouvements comparables, réellement significatifs, en région parisienne, puis dans le nord.

Suite dernière colonne de droite de la page, en haut: ici


 

 

 

 

Diffamation

"Antisémitisme, négationnisme"...

La XVIIème chambre du tribunal correctionnel de Paris rend justice à Jean-Paul CRUSE.

Bernard Ravenel (AFPS) et Richard Wagman (UJFP) sont condamnés pour diffamation, n'ayant apporté aucune preuve à l'appui de leurs accusations déplaisantes.

Le bénéfice de la "bonne-foi" n'est pas non plus reconnu à ces deux "dénonciateurs" imprudents.

Ils devront payer 1000 euros de dommages et intérêts à JP Cruse, et 1500 euros au titre de l'article 475-1 du code pénal, en plus de deux amendes de 1000 euros chacun, assorties du sursis.

Un avertissement judiciaire pour tous les autres candidats à la diffamation des amis de la Palestine.

Rappel des faits.

Dans un texte communiqué à l'AFP, le 17 avril 2005, et rendu public sur le blog Imbongi - http://20six.fr/imbongi/archiveofmonth/2005/04/00, où il est toujours disponible, Jean-Paul Cruse, journaliste et écrivain indépendant, ami de la Palestine pour laquelle il combat depuis près de 40 ans, rendait publique sa décision d'attaquer en justice les responsables d'un site internet se réclamant, lui aussi, du "soutien à la Palestine", sur lequel il venait d'être odieusement agressé, diffamé, traité d' "antisémite notoire" et de "négationniste notoire". Et cela, sans aucun fait à l'appui: sinon l'allégation de sa présence, entièrement inventée, au cours d'un incident impliquant, en son absence, d'autres personnes, le 12 janvier 2005, à l'occasion d'une manifestation contre un gala de soutien à l'armée d'occupation raciste israélienne devant le Bataclan, à Paris.

Cette manifestation faisait elle-même suite à une série d'actions très énergiques, marquées par quelques sérieux "frotti-frotta" avec les forces de l'ordre, contre un gala de soutien du même type (KKL), sur le grands boulevards.

Ces initiatives "musclées" traduisaient une poussée d'EuroPalestine, vue d'un il inquiet par d'anciennes associations sclérosées en perte de vitesse. Ces groupes s'inquiétant aussi de l'apparente montée en puissance, à cette occasion, au sein du service d'ordre d'EuroPalestine, ou même à sa tête,d'anciens militants maos des années 70, dont Jean-Paul, connus pour leur expérience, et leur goût, des manifs énergiques, et pas "traîne savate"...

Défendus par l'avocat trotskiste Antoine Comte, lui-même, dit-il, "ami de la Palestine", Ravenel et Wagman tentaient, dans un premier temps, de faire annuler la procédure pour des raisons de forme, fuyant ainsi tout débat de fond, sur les "preuves".

Défendu avec opiniâtreté par Maître Mounir Bennouna, du cabinet Bennouna-Menzel, Jean-Paul Cruse finissait par se constituer partie-civile, rassemblant, pour la consignation, l'argent d'une souscription auprès d'authentiques amis de la Palestine, de la Dignité du débat politique, et de la Vérité.

Le parquet de Paris prenait alors l'initiative des poursuites, prenant l'affaire au sérieux. Après divers incidents insuffisants toutefois pour empêcher la procédure d'aller au bout (dont l'absence inopinée d'un "important témoin"...parti chercher des preuves jusqu'au fin fond du Cambodge...) l'affaire venait finalement devant la XVII ème chambre.

- Malgré, donc, de longues et patientes recherches, Ravenel et Wagman n'avaient pas pu trouver - et pour cause... - sous la signature d'un journaliste écrivain en activité intensive depuis le début des années 70 le moindre écrit à l'appui de leurs dires.

Au contraire, JP Cruse produisait, lui, plusieurs articles écrits par lui, et publiés dans Libération, qui, révélant le curieux contexte d'une "thèse universitaire" d'inspiration négationniste soutenue à Nantes, allaient lui valoir les poursuites judiciaires du négationniste Henri Roques, ancien milicien de la "collaboration" avec le nazisme. Articles qui, poursuivis par Roques devant cette même XVIIème chambre, allaient se terminer, à quatre reprises, deux fois en première instance et deux fois en appel, par des défaites judiciaires de l'ancien kollabo négationniste, renvoyé à ses chères études...

Le "négationniste notoire" JP Cruse a donc a son palmares quatre affrontements judiciaires, sanctionnés par quatre victoires, contre une des personnalités les plus marquantes...du "négationnisme"!

Pas gênés pour autant, RAVENEL-WAGMAN produisaient à l'audience, à titre d' "offre de preuves", quatre témoignages...d'adhérents de leurs associations, affirmant tous et toutes, sous la foi du serment, et la bouche en cœur, avoir assisté au fameux incident devant le Bataclan, au cours duquel une tentative (entièrement imaginaire) d'exclure l' "antisémite notoire" JP Cruse de la manif avaient donné lieu à des "cris antisémites" (entièrement inventés) que, certes, il n'avait pas poussés lui-même, mais qu'il avait laissé crier autour de lui, sans rien faire pour s'y opposer...- Vachement crédible...

Plus d'une centaine d'authentiques amis de la Palestine, membres de diverses associations, présents ce jour-là, savent ce qu'il en est en réalité. Puisque JP, retenu par des "réglages" de service d'ordre, dans un contexte marqué par les menaces et les provocations de l'extrême-droite pro-israélienne (LDJ, Betar), était arrivé sur les lieux, au vu de tous, tranquillement, très visible, grand keffieh rouge autour du cou, dix minutes environ après un incident ne le concernant ni de près ni de loin - et où d'ailleurs, selon les témoignages des gens dignes de foi, pas le moindre mot d'ordre anti-juif n'a été émis, ni entendu.

Prouvant, là aussi, et ses affirmations, et sa bonne foi, JP Cruse produisait plusieurs témoiganges, également sous la foi du serment, de personnes crédibles, évidemment pour le moins éloignées de l'UJFP ou de l'AFPS, Boualem, Sarya, Nadine ou Fatemah.

Allant plus loin, il allait jusqu'à interpeller le parquet, en pleine audience, en exigeant, puis en suppliant que, puisqu'on avait affaire à des personnes témoignant toutes sous la foi du serment, mais disant les unes blanc, et les autres, noir, des poursuites soient engagées pour "faux témoignage". Puisque forcément, quelqu'un ment, et outrage, à cette occasion, l'institution judiciaire.

Ces poursuites, qui pourraient en tout état de cause déboucher sur des résultats éclairants sur le contexte de cette affaire, et les risques judiciaires que sont prêts à prendre certains prétendus "amis de la Palestine", par "patriotisme d'organisation", pour "dépanner des copains dans la mouise", ou pour toute autre raison, restent toujours envisageables. La décision du tribunal permettant toutefois, pour le moment, d'y surseoir...

L'audience ne pouvait pas se terminer sans un numéro de plaidoierie d'Antoine Comte, l' "Averell Dalton" du Palais de Justice de Paris, grands moulinets de manches à l'appui. (Pour en savoir plus sur Comte, lire ici),

En pleine forme, au point de se caricaturer lui-même, il allait jusqu'à citer un article de JP Cruse vieux de près de 15 ans pour expliquer que ceux qui souhaitent la victoire de "l'esprit contre les choses, et de la civilisation contre la marchandise", trouvent leur inspiration "chez Adolf Hitler!" Comme Moïse dans sa "sainte colère" contre le Veau d'Or, ou Jésus chassant les marchands du temple, sans doute...

Un pareil niveau d'agressivité doublé d'une inculture aussi crasse, il fallait l'oser. "Plus c'est gros, plus ça passe?". Eh!bien, non, pas toujours!

Fort heureusement, et pour la dignité de l'institution judiciaire, les magistrats de la XVIIème n'allaient ni se laisser bluffer, ni se laisser intimider par les incontinences verbales d'Antoine, pas plus d'ailleurs que par les surprenantes réquisitions du parquet qui, représenté par une jeune substitute blonde, zélée mais un petit peu gênée, lisant avec application le texte d'un réquisitoire écrit sans s'en écarter, visiblement, d'une virgule, allait se prononcer, sans clairement l'expliquer, pour qu'à défaut d' "offre de preuve" - évidemment inconsistante - la "bonne foi" soit reconnue à WAGMAN et RAVENEL (une façon d'obtenir la relaxe, en douce,en matière de diffamation, en l'absence de toute preuve)...

Il n'est pas courant, à la XVIIème chambre, spécialisée dans les affaires de diffamation de toute nature, et bien connue, de ce fait, des professionnels de la presse, que le parquet se départisse de sa neutralité - sauf à ce que l'affaire soit jugée "sensible", voire "ultra-sensible"- avec instructions orales ou écrites de l'autorité judiciaire, donc de la chancellerie, du ministère, Place Vendôme.

Il n'a pas été fréquent jusqu'ici, ces dix ou vingt dernières années, qu'un Président et ses deux assesseurs, que rien n'oblige à suivre les réquisitions du parquet, soumis, lui, rappelons-le, à l'autorité hiérarchique du ministère de la justice, les prennent à contre-pied, manifestant de façon spectaculaire leur indépendance, et peut-être aussi leur "ralbol" devant certains abus dans la dénonciation de l' "antisémitisme", réel ou supposé, d'un adversaire politique qu'on veut salir, ou d'un journaliste qu'on veut faire taire, au prix d'une disqualification radicale du vrai et légitime combat contre le racisme antijuif, qui, au même titre que le combat contre toutes les formes de racisme, doit être mené sérieusement, avec conscience, et dans le respect de chacun. A commencer par le respect des juges, et de la Justice...

C'est pourtant ce qui vient de se produire, et ce 15 janvier 2008 restera, quoi qu'il arrive par la suite, marqué d'une pierre blanche par tous les amis de la Dignité, de la Justice et de la Vérité - et pas seulement de la Palestine, même si cela n'a rien d'incompatible.

- Nous publierons le jugement dans son intégralité dès qu'il sera disponible.

- Souhaitons que d'ici là es militants de base de l'AFPS et de l'UJFP, qui sont respectables, et ne sont nullement responsables des errements de certains de leurs dirigeants agissant en solo en bureaucrates "propriétaires" d'associations dont ils ne sont en principe que les mandataires, élus et révocables, les convainquent maintenant de reconnaître, très simplement, leurs torts, ce qui ne serait pas s'humilier, mais se grandir; et que nous n'ayions pas, dans l'avenir, à disperser notre énergie dans des batailles de procédures interminables, dont le seul intérêt est de permette à chacun de juger sur pièce, posément, et à partir des faits, des arguments des uns ou des autres, de leur bonne ou mauvaise foi, et finalement des motivations réelles qui les animent.

 

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Terrorisme

LES REVES ASSASSINS DU "CORBEAU" D'ISRAËL

La presse a moins parlé de ce "corbeau" là que de celui de Clearstream. Lui, il envoyait des lettres de menaces de mort, mettait des balles dans les enveloppes, et achetait des armes de guerre, à toutes fins utiles. Lire la suite

le fond du fond de l'affaire de Bruay,

(REBELLES, suite)

V
Liquidation

-2-
Avant l'extinction des feux, l'ultime contre-offensive du Parti du Soulèvement de la Vie,
- Mal Logés...Immigrés - Munich 72, Septembre Noir
...

(...)

L'assassinat raciste de Djillali lance la bataille de reconquête de Barbès...

 


C'est la "bataille de Barbès", menée par les immigrés arabes du quartier, avec le soutien des maos, et de l'Eglise, à la suite du premier assassinat raciste jamais commis dans ce bastion historique du FLN depuis la guerre d'Algérie: celui du jeune Djillali.
Les O.S. arabes du cinquième étage de l'Île Seguin, à Billancourt, dont beaucoup ont rejoint le MTA naissant, viendront eux-mêmes, accompagnées de leurs "copains" français de l' "ex-GP", d' "inspecteurs" spécialisés de la "base rouge" d'Issy, et d'O.S. marocains du "village arabe" de Gennevilliers, autour de Chausson, "décoquiller" avec précision, à l'aide d'une lame fine, le mollusque raciste, venimeux, incrusté dans le Barbès arabe. Un petit réseau raciste clandestin, bien cloisonné, s'étend d'un couple de concierges d'immeubles à la boulangerie du coin, qui sera boycottée à mort avec l'aide des "chebab" du quartier, sous le regard approbateur des "matrones" en foulard.
Les racistes organisés ont le soutien discret d'un patron d'Hôtel, manipulé par un élu pied-noir d'origine corse, affilié au parti pompido-marcellinesque de la "droite modérée".
L'enquête sera tellement soigneuse - montrant tout le potentiel d'un travail de renseignement fait dans l'esprit mao, et dans la tradition de "Wu hao" - qu'il ne sera même pas nécessaire d'en finir par un "déchoukage" à la batte de base-ball, à la barre de fer, au "cock", au plastic, au pistolet, voire à la "kalach".
Se sachant démasqués, dénoncés nominalement par affiches, les membres du réseau raciste quitteront eux-mêmes, les uns après les autres, et sur la pointe des pieds, un quartier redevenu lieu de vie, d'harmonie et de tranquillité - ou en tout cas "normalisé".
D'autres affaires suivront, spectaculaires. Comme celle de Mohammed Diab - un ouvrier soigné pour une malade des nerfs, père de famille tranquille, abattu à l'intérieur d'un commissariat, mais devant témoins, par un brigadier de police "allumé", qui n'aimait pas sa façon de chantonner en arabe, et le traita de "sale race", avant de le faire taire...d'une rafle de son pistolet-mitrailleur réglementaire, sorti pour l'occasion du ratelier.
L'importante mobilisation créée en sa faveur, partie, là encore, des militants ouvriers arabes de la mouvance mao, mais étendue à une large frange d'intellectuels et d'artistes du cinéma ou de la chanson, dont certains très connus, allait être sauvagement "ratonnée".
On peut reprocher aux nouveaux cadres ouvriers, français ou immigrés, des milices ouvrières de Billancourt, Citroën ou Chausson, associés à la frange prolétarienne du "mouvement de la jeunesse", de n'avoir pas pris les mesures adéquates pour assurer la protection de ce cortège.
Ils n'ont, en effet, pas encore complètement compris ce qui se passe du côté de Benny Lévy et consorts qui, renonçant, avant de l'annoncer ouvertement, à toutes leurs responsabilités de dirigeants, se contentent maintenant de "laisser faire", et de coller aux mouvements en cours par la seule arme du papier - les articles de La Cause du Peuple-J'Accuse, où "l'autodéfense des manifestations populaires" est prônée, dans de belles phrases, sans que plus aucune mesure pratique ne soit impulsée, et prise dans ce sens - et cela depuis l'affreuse débandade de Geismar et consorts, ce triste 25 février 1972, jour de mort, au métro Charonne...
Septembre Noir. La vérité sur l'attentat des J.O. de Munich, et ses suites
Chez les maos, la rupture entre direction et base - et base arabe, en particulier, s' étend aux militants français d'origine métropolitaine (notamment mais pas uniquement ouvriers) qui n'ont pas déserté le terrain de l'antiracisme actif et effectif, donc de la Palestine.
Elle va s'élargir encre, devenant plaie béante, après l'opération palestinienne aux J.O. de Munich, signée Septembre Noir".
Cette fois, c'est la crise ouverte.
On en trouve même un reflet - feutré et hypocrite - dans les colonnes de La Cause du Peuple.
Le Comité exécutif de l'"ex-GP" est globalement consterné. L'action de la Résistance palestinienne rappelle à Benny Lévy ses mauvais souvenirs, dans la foule, "basanée", de la porte Zola, à Renault.
Remontant plus profond encore dans le subconscient tortueux de cet athée maoiste impérieux, la violence méprisante au bord des lèvres, et la "haine de classe" à fleur de plume, qui finira bientôt rabbin rétrograde en chapeau noir, justifiant la ségrégation des femmes, aussi, au nom de la Torah, son nouveau Capital, "Munich" sert désormais de prétexte aux repentis.
Ils commencent à abattre leurs cartes, pour prendre la pose, vertueuse, du barrage, démocratique, contre les dangers d'un "terrorisme aveugle", qui plus est, "arabe", et, plus angoissant encore, sur le sol même de l'Europe - où, en France , et dans la mouvance mao, plus particulièrement, un prolétariat immigré, souvent maghrébin, vibre pour Arafat et les fidayin du Fatah, et approuve, massivement, "la lutte armée palestinienne dans son ensemble, dans son principe - y compris et surtout "Septembre Noir".
Mais Benny, qui se sent toujours assis sur un volcan, a la prudence de ne pas prendre position trop ouvertement.
Il avance, mais il avance masqué, se dissimulant derrière un texte alambiqué de la Nouvelle Résistance Populaire, publié dans La Cause du Peuple - texte qui, comme la plupart des autres, reflète l'opinion personnelle d'Olivier Rolin devenu depuis défenseur déterminé de l'Etat d'Israël...
Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit depuis, le texte - il suffit de le relire - se garde bien d'exprimer quelque "condamnation" que ce soit de l'opération de Munich, qu'il ne dénonce nullement comme "terroriste".
S'y flattant, immodestement, de l' "expérience" d'une "branche armée" qui n'a jamais tiré un seul coup de feu, jamais tué personne, et n'a eu aucun blessé, ni aucun mort, Rolin - qui ne signe évidemment pas - approuve même, du bout des lèvres, certes, le principe d'opérations armées de la Résistance palestinienne, même hors du territoire historique de la Palestine, ou de ses abords jordaniens - après les effroyables massacres des camps de la banlieue d'Amman, ou de la forêt de Jerash.
Mais pour la direction mao, sous le masque "glorieux" de la NRP, et par la plume de Rolin, les Palestiniens ont eu tort de s'en prendre à de simples civils israéliens, fussent-ils des athlètes représentant officiellement leur pays, à de prestigieuses Olympiades dont les Palestiniens sont évidemment exclus, tandis que leurs tortionnaires israéliens y paradent sous le drapeau blanc à Etoile de David bleue, inventé par les sionistes...
Il ne faut pas prendre les gens pour des idiots.
Des ouvriers arabes politisés, cultivés, intelligents, comme Sadok Ben Mabrouk, qui, de son propre aveu (entretien avec l'auteur, juin 2007) a "rejoint les maos sur l'ensemble de leur travail d'usine, les O.S etc., mais avant tout pour la Palestine", Mokhtar, de Chausson, dont la démarche est la même, et sans doute aussi Houcine, il n'est pas nécessaire d'attendre la "ligne" d'en haut pour connaître le véritable contexte, les tenants, les aboutissants, et la signification réelle de l'opération de Munich.
Elle dépasse largement l'idée de protester contre une festive concélébration de la "communauté internationale" par elle-même, dont les Palestiniens se sentiraient, à juste titre, exclus.
Il ne s'agit pas non plus d'une simple riposte aux massacres de Jordanie, dont un des principaux responsables, le premier ministre Wasfi Tall, est châtié sans complications inutiles par un autre commando du même "Septembre Noir", au Caire.
Avec le recul du temps, et le regard de l'Histoire, on sait à peu près tout, aujourd'hui, sur le sens véritable de cette "opération spéciale" décidée, avec l'accord d'Abu Ammar ("Le Vieux"), d'Abu Iyad... et du très modéré Abu Mazen (Mahmoud Abbas, l'actuel président de l'Autorité palestinienne, successeur démocratiquement élu d'Arafat), et réalisée, sous la mystérieuse étiquette de "Septembre Noir", par une nouvelle branche, ultra-secrète, des services de renseignement extérieurs du Fatah, en septembre 1972 aux Jeux Olympiques de Munich...
Comme les milieux professionnels du renseignement l'ont établi, parmi les purs "athlètes israéliens", tous de formation militaire "spéciale", capturés par les jeunes résistants palestiniens de "Septembre Noir" non pour être abattus, mais pour être échangés contre certains au moins des dizaines de milliers de prisonniers politiques palestiniens, hommes, femmes et enfants,maltraités et torturés, figurent au moins trois personnages inscrits par les "services" du Fatah, maintenant très performants, sur une liste noire d' agents du Shin Beth ou du Mossad formés aux terribles techniques d' "interrogatoire renforcé" de ce qu'il faut bien nommer: la Gestapo israélienne.
L'opération de Munich, qui les visait tout particulièrement, au sein du groupe d'otages, n'était en fait que le coup d'envoi d'une campagne prolongée d'une nouvelle "armée de l'ombre" palestinienne, épaulée par des réseaux anti-impérialistes de divers pays d'Europe, dont la France.
Au début des années 70, "Le Vieux" (Yasser Arafat) a constaté que les tueurs professionnels ("kidon") des services de renseignement israéliens assassinent systématiquement, d'un pays à l'autre d'une Europe entièrement complice, où ils se sentent "chez eux", non les Palestiniens des petits groupes extrémistes du "front du refus", genre FPLP, FDLP, voire Abu Nidal, mais les supposés "modérés" du Fatah engagés dans les premières approches de la "diplomatie secrète" appelée à déboucher sur les accords d'Oslo.
C'est la stratégie de libération de la Palestine en "deux étapes", passant par "deux Etats", que redoutent le plus les "cerveaux" du Mossad.
Parce qu'ils ont compris, eux, mieux que les gauchistes français, la petite-bourgeoisie arabe d'ultra-gauche, ou aujourd'hui la frange "ultra" du Hamas, le redoutable potentiel de cette orientation de long terme.
Une fois l'Etat Palestinien créé au côté d'Israël, pacifiquement stabilisé, et démocratiquement organisé, le principe de discrimination ethnique, pour ne pas dire racial, sur lequel est fondé l' "Etat des Juifs", conforme à la pensée de Herzl, subira d'irrésistibles tensions politiques.
Ce sont elles qui, succédant à la première phase, militaire, de lutte armée de libération, puis aux deux premières intifada, de logique, elles, "politico-militaire", amèneront à récipiscence l'entité raciste et coloniale de Tel Aviv.
Israël devra alors choisir:
- soit se transformer de lui-même en un Etat démocratique, républicain, fondé sur le principe "un homme une voix", favorable, à long terme à l'actuelle minorité arabe, "palestinienne de souche", appelée, démographiquement, à devenir majorité.
Hypothèse, il est vrai, de moins en moins probable.
- soit voir ces mêmes Arabes de l'ancienne Palestine, devenus, sur le papier, "citoyens d'Israël", mais toujours discriminés, de fait, dans un Etat qui ne reconnaît qu'une "nationalité juive" - et même pas de "nationalité israélienne" - subir l'irrésistible attraction d'un Etat de Palestine, voisin, libre, pacifique et lui, démocratique (et non ethnique...).
Ne resterait de l' "Etat des juifs", conçu, selon les mots sinistres de l'autrichien Théodor Herzl, pour une "race juive", qu'une sorte de nation-croupion, ethniquement pure, certes, (si la communauté internationale, la vraie, tolère encore longtemps pareille fantaisie), mais réduite à une sorte d'enclave urbaine, genre Hong-Kong des XIX et XX ème siècle, ou Singapour, à la perspective aussi éphémère, à l'échelle de l'Histoire longue, que l'empreinte de pas sur le sable au bord des vagues, à l'approche de la marée montante...
Quoi qu'il en soit, Israël tue.
Le paisible Mahmoud Hamchari, après tant d'autres, meurt, abattu en plein Paris.
Et la direction de la Résistance palestinienne, la vraie, commence à se demander si elle n'est pas devenue elle-même victime du mythe de l'omnipotence et de l'invincibilité du Mossad.
Se poser la question, c'est commencer à y répondre.
Fatah se met à retourner des "agents doubles", fils de notables palestiniens devenus étudiants en Europe, recrutés par Israël, puis envoyés à Beyrouth, ou à Tunis, pour des missions d'infiltration, guidant la main des tueurs. On les gronde, certes, un peu, mais on ne les châtie pas. Ou pas tout de suite. "Condamnation à mort, avec sursis": on leur propose de devenir des "agents triples", en saisissant la dernière chance qui leur est offerte d'éviter un sort funeste, et peut-être aussi très douloureux, pour eux comme pour leurs proches - ou de mourir en héros, "pour la patrie".
Ce qu'ils ont à faire est très simple. Ne rien changer à leurs habitudes.
Qu'ils continuent à rencontrer régulièrement leur officier-traitant israélien, à Londres, Bruxelles, Milan, Madrid, ou Paris. Mais avec un bémol: qu'ils donnent à ce qui est en train de devenir "Septembre Noir", toutes indications utiles, au préalable, sur les lieux et dates de ces rencontres...
Munich devient ainsi la première "belle bleue", ou rouge, comme on voudra, d'un long feu d'artifice décrit en détail dans ses Mémoires par le principal organisateur - impuni, contrairement, là aussi, à la légende - de l'opération des J.O. de Munich et de la suite.


Les Mémoires de feu du grand Abu Daoud

 

Dans un livre grandiose, que tout véritable ami de la Palestine devrait chérir, au cœur de sa bibliothèque, "De Jérusalem à Munich", publié chez Anne Carrière en 1999, avec la collaboration du grand journaliste français Gilles du Jonchay, fin connaisseur du Moyen-Orient comme auparavant du Vietnam, Mohammed Oddeh, plus connu sous son nom de guerre d'Abu Daoud ("le père de David"), l'homme qui, après avoir conçu, pratiquement, l'opération des J.O. de Munich, fait la courte-échelle aux jeunes du commando, pour qu'ils franchissent les grillages alors médiocres du village olympique, puis va rembourser à Abu Mazen, à Tunis, les 500 dollars et 37 marks restant d'un budget prévu de façon large, clot, si elles ne sont pas mortes, depuis longtemps, de leur belle mort, les polémiques alambiquées qui déchirèrent le trognon du trognon de ce qui avait été l'Etat-Major d'une force maoiste en France, à propos des "risques de dérapage" du "terrorisme palestinien'", arabe, etc, et de Munich...
Dans une acceptable synthèse disponible sur le blog maoiste Imbongi (http://www.20six.fr/Imbongi/ ), ce descendant d'une ancienne tribu de caravaniers yéménites venus se sédentariser, il y a un millénaire, aux portes de Jérusalem, près d'un point d'eau appelé "la source de Myriam", parce que Marie (Myriam, en arabe comme en hébreu), épouse du charpentier Joseph de Nazareth, et mère du Christ, était venu, dit-on, y tremper un beau jour ses lèvres virginales, on apprend tout, et le reste, sur cette histoire épique...


"La riposte des Israéliens ne tarda pas. Quarante-huit heures après (la prise d'otage de Muncich), leur aviation bombardait unne dizaine de bases et de camps de réfugiés palestiniens en Syrie et au Liban. Les raids, effectués en fin d'après-midi, un vendredi, jour de repos, firent plus de 200 morts, en grande majorité des civils (...) A peine les dirigeants israéliens avaient-ils lancé leurs premières représailles, le 8 septembre, que notre groupe frappait de nouveau (...) Depuis des mois, nous avions dans notre collimateur un certain Zadok Ophir, (...) en poste à l'ambassade d'Israël à Bruxelles (...) Sachant que, depuis la grande brouille de 1967 avec la France du général De Gaulle, Bruxelles avait remplacé Paris comme plaque tournante des services secrets israéliens en Europe, Abu Iyad avait envoyé R. traîner dans la capitale belge avec pour mission de s'y faire recruter par le Mossad. Le plan avait fonctionné à merveille. Restait à liquider Ophir, qui, mordant à l'hameçon, s'était débusqué.
R. s'en chargea lui-même (...) A peine les deux hommes s'étaient-ils attablés à l'intérieur de l'établissement que R. soudain se leva, sortit son pistiolet, tira plusieurs balles sur l'Israélien, puis, profitant de la panique créée par les coups de feu, partit se fondre dans la foule au-dehors.
J'étais à ce moment-là à Damas où je remettais à Abu Mazen l'argent qui me restait de l'opération de Munich - exactement 500 dollars et 37 marks. Nous pavoisâmes tous à la nouvelle venant de Bruxelles (...)
"Bien que gravement touché, Zadok Ophir survécut. Il n'empêche qu'en Israël, c'était la douche froide.
Cet attentat contre un agent du Mossad ébranlait sérieusement la légende de l'infaillibilité des services spéciaux israéliens. (...)
Après notre action à Munich, elle prouvait que les Palestiniens, désormais, savaient se rendre pratiquement indétectables, entretenir des réseaux, organiser des opérations ponctuelles.(Comme pour enfoncer le clou, d'ailleurs,(...) le 19 septembre, un conseiller économique auprès de l'ambassade d'Israël à Londres était tué à son bureau (...) Je n'étais pas spécialement proche de ceux qui firent le coup: c'était des camarades du Fatah, liés à Abu Jihad (...) Nous avions trouvé un terrain de bataille où, pour une fois, nous reprenions l'initiative aux Israéliens..."

Comme le précise Imbongi, qui cite ces mêmes extraits des Mémoires d'Abu Daoud, vrai fondateur du premier Septembre Noir, cette signature recouvre en réalité trois réseaux différents, tous émanant des services spéciaux du Fatah d'Arafat:
- Septembre Noir Abu Daoud (sous la direction d'Abu Iyad), le groupe responsable de Munich 72, avant une série de liquidation de criminels du Mossad, en Europe
- Septembre Noir-Abu Jihad, rattaché au "ministre de la défense" d''Arafat, principal coordinateur de la première intifada, responsable d'autres opérations d'élimination de "barbouzes" de Tel Aviv en Europe, dont celle de Londres et assassiné à Tunis pour ces deux raisons conjuguées(Septembre Noir 2, l'intifada...).
- Enfin, un troisième Septembre Noir, auteur d'opérations spéciales sophistiquées, de très haut niveau, à l'échelle internationale, était sous la responsabilité directe de Ghassan Salameh, le "prince rouge", proche conseiller d'Arafat, chargé par celui-ci des relations avec la CIA notamment pour aiguiser les contradictions entre les Américains et Israël. C'est pour cette raison, et non par vengeance pour Munich, opération à laquelle il était entièrement étranger, que "Le Prince Rouge" fut assassiné lui-même, à Beyrouth, par les tueurs du Mossad.


Selon des sources sérieuses, ce sont, des réseaux logistiques de soutien à Septembre Noir Deux, le sien, qu'Abu Jihad entreprit de négocier, sous le feu d'une intense canonnade, au sommet d'une colline boisée du Liban, avec "Momo" Brover, venu le rencontrer au nom de la majorité - anti-liquidatrice - de la Nouvelle Résistance Populaire.


Le dirigeant militaire de la résistance palestinienne, lui-même formé dans des camps d'entraînement de l'Armée Populaire de Chine, après avoir été le représentant des étudiants du Fatah dans l'Alger de l'immédiate après indépendance, où il avait connu Jacques Vergès et Gilles Munier, avait d'abord proposé au fils, juif antisioniste, du compagnon de Manouchian, une aide du Fatah à la reconstruction d'une sorte de "Gauche prolétarienne" en France, mouvement que les "pro-chinois" du Fatah (tendance "modérée", "Septembre Noir"...), liés aussi dès l'origine, et dans la même philosophie politique, au noyau fondateur du Hezbollah libanais tenaient en haute estime.
Momo, combattant exemplaire mais garçon resté modeste, jamais "bluffeur", pensait, à l'époque, que nous n'en avions pas les moyens politiques.
Il déclina l'offre, acceptant simplement quelques soutiens sous forme d'abonnements au bulletin du C.R.I.S.E., "Données pour un Moment" - une publication de qualité.

Assez "chinois" toutefois pour savoir qu'on ne dit jamais tout à fait "non", même si on ne peut pas dire oui, il fit tout de même une contre-proposition. La majorité des militants de la Nouvelle Résistance Populaire avaient refusé de "liquider." Ils étaient restés à ses côtés, avec tous leurs petits outils, sans en égarer un seul, notre style était soigneux. Il signala leur existence, puis les mit en contact avec les services de renseignement militaires du FATAH.
Et ce sont eux (et sans doute lui, personnellement, mais il ne veut rien en dire), qui, aidés de militants arabes du MTA, assurèrent la protection armée des premières réunions de pré-négociation clandestine rassemblant progressistes israéliens, pacifistes, et négociateurs du Fatah, soucieux de ne pas finir comme le malheureux Mohammed Hamchari, un Fatahoui de Paris très proche des maos...


Pour mieux assurer ces tâches de sécurité, accompagnées, inévitablement, de mesures plus offensives de "protection active", visant à ramener au calme quelques Israéliens de Paris et leurs supplétifs arabes, quelques petits lots d'armes de guerre modernes, kalach, roquettes, et sans doute aussi Colt 11,43, chers et rares en Europe, transitèrent ainsi quelques temps par la France, par des filières que la DGSE française a tendance à lier à l' "affaire Baudet" (lire page).


C'est dans ce cadre que de premières AK 47 palestiniennes, des "kalach" venues de Beyrouth par Chypre, transitant sur des bateaux à voile, accompagnées de Colt 11,43 flambant neufs, de lots de munitions, de grenades militaires, et même, dit-on, de lance-roquette, gagnèrent des ports français.


Il me semble me souvenir d'avoir transporté quelques uns de ces joujoux, dans un grand sac de sport balancé au fond d'un break 305 Peugeot rouge, et de m'être fait une grosse frayeur, au bout de 400 kilomètres, quand, fatigué, je fus sifflé pour excès de vitesse par des motards de la gendarmerie, cachés, qui vinrent à pied jeter un œil professionnel, mais trop blasé, sur l'arrière du véhicule...
Destinées à l'armement de commandos anti-terroristes anti-Mossad, mixtes, composés d'anti-sionistes radicaux, français, servant de soutien logistique et de structures d'appui, dirigés sur le terrain par de jeunes cadres venus de Palestine ou du Liban pour de simple aller retour ("Je vais, je tire, et je reviens"), ces armes jouèrent un rôle dans les coups portés, sur le sol européen, aux réseaux de tueurs de Tel Aviv. Une grande compagnie de taxis, couverture habituelle du Mossad dans Paris, souffrit dans la même période d'un pourcentage de décès supérieur aux statistiques de ce métier, certes, dangereux. Des morts par crises cardiaques consécutives à d'excessives ingestion, sous forme de cachets, solides, et de gros calibre. Les prescripteurs "je vais je tire et..." vivaient dans de luxueux appartements du XV ème arrondissement, loués sous de faux noms, impénétrables.


Mais, la France étant ce qu'elle est, et les liens d'amitié, ce que nous savons, l'un des AK 47 dériva, fâcheusement, dans les mains de Pierre Goldman et de son petit groupe.
Pierre, lui-même ami sincère de la Palestine, mais un peu confus sur le fond du sujet, et, par ailleurs, brouillon dans tout ce qu'il faisait, en fit un mauvais usage, au cours d'un petit "hold-up de financement". Il y tua un homme d'une rafale, pour rien, sur un "coup de nerfs" - un automobiliste de passage, qui lui paraissait "louche", et qui, peut-être, l'était...


Un tandem bien connu de policiers "barbouzards", un pied dans la PJ, et l'autre dans les "services", remonta la piste des balles de 7,62, puis des "kalach", et cet autre Pierre, jugé jusque là plus pied-nickelé, manipulable à souhait, que réellement dangereux, fut abattu sur ordre par une équipe de truands liés à la DGSE, anciens des funestes "commandos Georges"...


Nous l'avons pleuré.
C'était un fou, incontrôlable, mais un brave garçon, homme de conviction doublé d'un homme d'honneur, à l'âme superbe, et qui partageait notre goût pour ce vers de Maïakovski: "Nous marchons, poursuivis de balles aboyantes. Un jour, nous deviendrons noms de rues, poèmes, et autres grands navires"...


Les répercussions du coup d'éclat de "Septembre Noir - Abu Daoud", à Munich, donc, à l'automne 1972, marquent une nouvelle étape dans le processus de dissolution d'en haut du mouvement des maos - au prétexte de l'épique "lutte contre les dérives terroristes" de quelques "anciens combattants" désabusés, démoralisés et fatigués avant d'avoir esquissé les premiers gestes du combat véritable...
Mais cette deuxième offensive idéologique, succédant après les leçons de "pacifisme" douloureusement infligées par le duo Benny-Geismat aux malheureux manifestants anti-racistes, désarmés, du 25 février 1972, à Charonne, ne sera encore pas suffisante.
D'autant qu'une nouvelle bourde du C.E. vient encore aiguiser les contradictions qui le minent - en les exposant en pleine lumière.
C'est l'affaire Touvier.
Avec sa face connue de tous, la fameuse Une de La Cause du Peuple "La guillotine, oui, mais pour Touvier!"... Une manchette démago, très "France Soir Rouge", gravée dans les mêmes lettres de sang du même discours - discours...- de la "Terreur", que le pathos ronflant mêlant les mots de Bruay en Artois (qu'il a fallu rebaptiser, depuis...), Brigitte mutilée à mort, "800 grammes de viande rouge", terrain vague, corons, Jean-Pierre, notaire, Joseph Tournel, Serge July, et "bidonnage"...
C'est la même symphonie fantastique, avec les mêmes vibrations, sur le registre, d'abord, du Redoutable, suivi par la diarrhée minable, mode tragico-comique, d'une pièce de Racine montée comme une pantalonnade bouffonne genre italienne - avec, en guise de bouquet final, un son gras de flatulence...Ô Serge!..
Mais le dossier Touvier conserve une part d'ombre, avec la mission, confiée à l'inénarrable Rolin, "Le Maréchal", d'envoyer "au charbon" les braves "soldats" de la NRP pour le retrouver, où qu'il soit, et l'abattre.

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