- Séquence -

MOYEN-ORIENT,

zone des Tempêtes...

- Au sommaire de cette page-

-Déléguée générale de la Palestine, et brillante continuatrice de l'action ondoyante et pas toujours compréhensible engagée avant elle par l'ambassadrice Leïla Shahid, Hind Khoury, palestinienne chrétienne native de Bethléem, réalise une prestation de très haut niveau devant l'assistance huppée du cercle Napoléon par sa modestie, sa précision, son refus de toute langue de bois, son engagement, et la précision de ses réponses, même aux questions difficiles. - Un événement, et un tournant: ici

Quand des parlementaires UMP prétendent "se farcir" le Hezbollah, et se font sévèrement moucher par le colonel CORVEZ (CR) ICI

-L'IRAN, l'atome, le droit: débats..ici

-LIBAN, mystères et violence - un surprenant sourire du général Pellegrini, ancien commandant de la Finul a Liban, permet de décrypter les enjeux cachés des violences du début de l'été 2007 au pays du Cèdre...ICI

- Julia Boutros: la voix chrétienne de la Résistance libanaise, chanteuse du Hezbollah. ICI

- Castro, Chavez, etc: quand la question de l' "or noir" cesse d'être une question "arabe": ici

- Séquences Palestine: ICI et ICI

 

 

IMPERIALISME-TERRORISME-ISLAMISME RADICAL
Analyse des relations entre ces conceptions de l’action violente, au travers du discours
du Général de Gaulle et de ma connaissance du monde musulman.

Par Alain CORVEZ


«Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »


(Conférence de presse tenue au palais de l’Elysée par le Général de Gaulle le 27 novembre
1967.)

Dans ce discours fameux, qui souleva aussitôt une intense émotion dans le monde, de Gaulle replace de façon magistrale, comme seul il savait le faire, la situation au Moyen-Orient dans sa conjoncture historique, depuis l’époque biblique jusqu’à la déclaration Balfour de 1917, la création de l’Etat d’Israël par l’ONU en 1947 , le déclenchement par Israël de «la guerre des six jours» qui s’est achevée six mois plus tôt par l’écrasante victoire de l’Etat hébreu, et l’affrontement des deux blocs, en dénonçant à la fin «la guerre odieuse» que «l’un des quatre plus grands mène ailleurs» ,dans laquelle il voit des raisons de la tension qui a permis l’éclatement de la guerre. » Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans la guerre du Viêt-nam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. »


Contrairement à l’interprétation qui en a été faite généralement, de Gaulle y exprime de façon poétique et même affectueuse son admiration pour le peuple juif dont il relate la merveilleuse histoire, déplore les «abominables persécutions», vante l’ingéniosité et le courage.Le seul passage qui fut retenu est celui où, ayant à l’esprit la politique agressive de l’Etat d’Israël il dit:
«On pouvait se demander,en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des
conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient
foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et
conflits.Certains, même, redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles.»


Le colonel Jean d’Escrienne, alors son aide de camp, m’a fait l’honneur et l’amitié de me confier quelques confidences qu’il eut à ce sujet en tête-à-tête avec le Général qui lui dit: "Ah, si seulement on pouvait dire des Français...peuple d’élite, dominateur et sûr de lui. "

Dans son livre passionnant: "Le Général m’a dit", publié chez Plon en 1973, mais
hélas épuisé, il relate une conversation avec le Général, au cours d’une promenade dans le parc de La Boisserie le dimanche suivant la conférence de presse, dans laquelle il lui fait part de l’indignation d’Israël et de la presse écrite et parlée, française et internationale. Le général lui répond «Je n’ai outragé personne! Vous savez très bien, quand on étudie un texte sérieusement et honnêtement, qu’on n’isole pas une phrase de son contexte, à plus forte raison un mot à l’intérieur d’une phrase, sans quoi on altère le sens général, on fausse l’idée exprimée. J’ai dit du peuple juif non pas qu’il était un peuple «dominateur«, mais qu’il était» un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur»: il y a tout de même une sérieuse nuance! Dans un sens, c’est même un compliment que j’ai fait aux juifs; j’aurais mieux compris leur réaction indignée si j’avais dit, par exemple, qu’ils étaient outrecuidants, ce qu’ils sont cependant, en effet, bien souvent!
Quant à la "surprise" de l’opinion, dont vous parlez, vous savez l’avertissement que
j’avais donné: la France considérerait comme agresseur celui qui tirerait le premier.Les
Juifs n’avaient qu’à ne pas tirer les premiers! Le fait d’aimer ou de ne pas aimer le monde arabe n’a rien à voir dans l’affaire: ce monde arabe existe et il est présent sur un territoire qui s’étend du Pakistan jusqu’à l’Atlantique.Ca aussi, c’est une réalité. »


Plus loin, le colonel d’Escrienne fait part de ses propres réflexions:
«Je devais souvent par la suite, penser à cette conversation dans le parc de La
Boisserie...et au regret exprimé: «Un peuple d’élite, dominateur et sûr de lui», gouverné par de Gaulle! Du coup, que de grandes entreprises réalisables, que d’espoirs permis! Il y a, c’est vrai, de quoi en rêver!»


Dans un autre ouvrage aussi riche, «De Gaulle de loin et de près», publié en 1978 chez
Plon, le colonel d’Escrienne relate une conversation avec le R.P. Riquet, où il explique à son interlocuteur: "...Je n’avais jamais compris et ne comprenais pas encore pourquoi les Juifs, sachant la position du Général, hostile à celui qui tirerait le premier coup de feu,ne s’étaient pas arrangés pour que "les autres" aient tiré les premiers, au moment choisi par eux, les Juifs. Cela me semblait très faisable, avec un peu d’astuce!-Le père Riquet m’avait regardé en souriant et fait remarqué que j’évoquais là une "idée de manœuvre" du genre de celles qu’on prête, d’ordinaire, volontiers, aux jésuites!!!»


Tout en ayant signalé les appréhensions que soulevait la création d’un Etat d’Israël dans les conditions discutables qui avaient prévalues, de Gaulle cependant, avec son habituel pragmatisme, prend acte de la réalité et précise: «Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fût détruit. »


Paradoxalement, le passage du discours le plus dur, non pas pour les Juifs, mais pour la politique de l’Etat d’Israël, est rarement cité: c’est celui mis en exergue. Quand on sait l’importance que de Gaulle attachait à la signification des mots, il est clair que le vocabulaire employé: occupation, oppression, répression, expulsions, résistance, terrorisme, est celui de la Résistance française, sa Résistance à l’Allemagne nazie commencée le 18 juin 1940 contre l’occupation de la patrie, les oppressions, répressions, expulsions ou déportations en collaboration avec le régime de Vichy, et qu’il les a prononcés à dessein. Il semble que ces
mots soient passés inaperçus, comme si ce qu’ils expriment ne dérangeait personne, alors qu’ils sont la description de la brutalité tragique de toute occupation par la force d’un territoire. Mais peut-être est-ce justement parce que personne ne pouvait reprocher au Général de dire la pure vérité des faits: l’extrémisme entraîne l’extrémisme et ce que l’un appelle résistance, l’autre le dénonce comme terrorisme.


La victoire électorale du Hamas en PALESTINE est une nouvelle illustration de cette vérité: les Palestiniens de Gaza et des Territoires de Cisjordanie sont désespérés de voir que leur situation, loin de s’améliorer ne fait que se détériorer, que les colonies juives s’implantent de plus en plus sur leur terres,[Si l’évacuation récente de Gaza est un geste positif et courageux d’Israël, c’est l’inverse qui se produit en Cisjordanie et la construction du mur de séparation en est l’illustration], et surtout que le Fatah n’a rien obtenu d’Israël pour soulager leur malheur. Avec Yasser Arafat, chef historique et charismatique qu’ils appelaient affectueusement «Abou Amar», ils passaient sur la corruption de ce parti et le manque de résultats, mais Abou Mazen ne leur a rien apporté et conserve un Fatah aussi corrompu. Ils espèrent donc du Hamas, qui n’est certainement pas exempt de corruption, mais qui exige une véritable reconnaissance des droits des Palestiniens à avoir une terre et un Etat, qu’il obtiendra davantage de l’Etat hébreu, ce qui n’est pas impossible, et qu’il montrera au monde la situation dramatique où ils sont. Le désespoir, en outre, fournit des candidats à une mort
héroïque contre l’ennemi. Quand on est démuni de moyens militaires pour faire la guerre, le terrorisme est la seule arme du pauvre qui n’a pas grand-chose à perdre sinon une vie misérable et déshonorante.


Je laisse le soin à chacun de lire ou relire l’intégralité de ce discours historique, dans lequel il décrit vers la fin les conditions nécessaires à la naissance d’une solution durable au conflit et qui demeurent d’une extraordinaire actualité: «évacuation des territoires pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance réciproque des Etats en cause par tous les autres.«Il précise que Jérusalem devrait recevoir un statut international.
Il est clair que pour de Gaulle injustice et impérialisme engendrent le terrorisme.

"Quand je fus envoyé au LIBAN en 1988 pour
conseiller le général commandant la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL)..."


Ce qui m’amène désormais à mentionner mon expérience personnelle au Moyen-Orient, où je fus confronté au terrorisme et où j’ai essayé de faire la part des choses entre ces conceptions divergentes.


Ni orientaliste, ni arabophone, mais anglophone, quand je fus envoyé au LIBAN en 1988 pour conseiller le général commandant la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), je passai les quatre mois précédant mon départ à me documenter et à lire pour acquérir un minimum de culture de «l’Orient compliqué» où je voulais, moi aussi, partir avec quelques «idées claires». Plus j’avançais dans mon étude et plus tout me semblait encore plus embrouillé dans cette guerre libanaise cruelle et fratricide, alimentée à dessein par les rivalités des pays riverains.
Débarquant à Nakhoura au Sud Liban, je découvris que, les Français étant la cible privilégiée du Hezbollah pour les prendre en otage ou simplement les tuer, le Premier Ministre français de l’époque, Jacques Chirac, avait décidé l’interdiction de sortir des bases aux forces françaises, à juste titre, les Américains ayant depuis quelques mois repliés leurs observateurs en Israël, notamment après la capture du lieutenant-colonel Higgins par le Hezbollah quatre mois avant mon arrivée.


Pour accomplir ma mission il me fallait rapidement multiplier les entrevues avec les multiples factions libanaises rivales agissant sur le terrain, armées jusqu’aux dents, parler avec elles pour essayer de comprendre leurs motivations, leurs objectifs et leurs stratégies. Je fus donc le seul, avec parfois un médecin et un officier humanitaire, à pouvoir me rendre dans tout le sud avec une escorte blindée qui ne passaitévidemment pas inaperçue. C’est ainsi que j’eus rapidement la chance, grâce à des contacts divers, de découvrir que la France représentait pour la plupart des Libanais de toute confession un idéal puissant, évidemment chez les quelques chrétiens de cette région qui suscitaient ma vive compassion par leur isolement, mais aussi chez les chiites qui dominaient la région, démographiquement et politiquement, avec leurs rivalités internes entre AMAL et HEZBOLLAH. Ce sentiment profond me fut davantage communiqué par mes échanges avec les gens du peuple, dans les villages, qui
parlaient simplement le langage du coeur, m’arrêtaient pour m’offrir un café, que par les échanges de vues officiels avec les chefs locaux, voire nationaux venus de Beyrouth pour faire passer des informations à Paris au travers du messager qu’ils croyaient voir en moi.
" C’est la France qui a créé le Liban, c’est notre mère à tous, et pas seulement celle des chrétiens. »


En contradiction avec les résolutions de l’ONU, notamment la 425, Israël occupait depuis 1978 une large bande du territoire libanais s’étendant de la Méditerranée à l’ouest aux confins du mont Hermon et de la Syrie à l’est, s’assurant ainsi une zone dite de sécurité et que la terminologie onusienne désignait par:"Zone contrôlée par Israël".Son but était de créer un espace tampon entre sa frontière nord et le Liban d’où partait les attaques des Palestiniens et du Hezbollah. Les relations de la FINUL avec Tsahal étaient rudes, Israël estimant que nous ne remplissions pas notre mission d’empêcher les infiltrations de combattants, ce qui était en partie vrai. Du coup les soldats israéliens étaient agressifs et de nombreux incidents éclataient régulièrement, avec parfois des morts, en général du côté de la FINUL. L’animosité onusienne pour les soldats israéliens était générale et le fait de la dizaine de nations composant la force, alors forte de plus de 6000 hommes. Pourtant je m’étais lié d’amitié avec
un officier de Tsahal qui était chargé des relations avec la Finul, le capitaine Eitan Brock, qui défendait les intérêts de son armée tout en comprenant nos difficultés. En de multiples occasions il m’aida à régler des conflits divers qui auraient pu mal se terminer sans son intervention. Cette amitié se perpétua quelque temps puisque je le reçus chez moi à Paris avec sa femme quelques années plus tard. Mais il ne revint plus à Paris, ou sans me voir, à cause peut-être d’instructions reçues, et je le regrette encore car c’était un homme de grande qualité, intelligent et honnête.

Peu à peu je réalisai qu’au-delà de cette guerre qui les divisait de façon sanglante, utilisée par
les puissances voisines pour atteindre leurs objectifs qui découlaient du conflit israëlo-
palestinien, un sentiment national dépassant les confessions religieuses existait dans toute les
communautés libanaises, nourri souvent par l’idée prétentieuse d’être plus malins que leurs
voisins arabes, ce qui finalement se vérifie souvent, et en tout cas d’être originaux en Orient.
Beaucoup de chiites m’expliquèrent qu’au milieu d’un monde arabe majoritairement sunnite,
leur intérêt était de préserver cette exception culturelle libanaise, entérinée par la France lors
de l’indépendance donnée par le Général de Gaulle en 1943.


Pour illustrer cette idée, Monseigneur Jean Haddad, évêque catholique de TYR, courageux
parce que bien seul avec ses quelques ouailles, me donna une photo réunissant en 1972 son
frère et prédécesseur, Monseigneur Georges Haddad, et l’Imam Moussa Sader, avec une
dédicace du guide religieux incontesté des chiites dont la notoriété est encore fortement
présente, renforcée par sa disparition mystérieuse en 1978 lors d’un voyage en Libye de
Kadhafi, dont je notai la traduction de l’arabe:
«Si l’essai de coexistence islamo chrétienne échoue au Liban, alors la civilisation
mondiale s’obscurcira pour un long temps. »
Comme cette courte phrase, est chargée de sens, encore aujourd’hui; surtout aujourd’hui où
les adeptes de la thèse de Samuel Huntington annoncent le choc inéluctable des civilisations
et que l’impérialisme américain, au nom de sa conception des Droits de l’homme et de sa
morale, déroule son rouleau compresseur guerrier sur la planète pour imposer sa vision du
bonheur de l’humanité, son mode de vie, à des populations médusées par un tel aveuglement.


Les cibles choisies prioritairement par Washington pour leur apporter la démocratie et la
félicité sont tout de même sélectionnées pour leurs richesses en matières premières,
notamment en pétrole,comme l’Iraq, ou pour leur situation stratégique économiquement ou
politiquement,comme l’Afghanistan et l’ex-Yougoslavie, point clés sur les passages des
oléoducs.


A cet égard, on remarquera comment les Etats-Unis ont renoncé à poursuivre leurs pressions
sur un autre «Etat-voyou» à leurs yeux, la Corée du Nord, tout simplement parce que Pyong
Yang détient l’arme nucléaire et que, de ce fait, les attaquer est devenu impossible.
On comprendra alors pourquoi la Perse d’aujourd’hui, grande et vieille civilisation au rôle
régional essentiel, peuplée et riche en ressources diverses, continuera à défendre son indépendance et sa souveraineté et ne se laissera pas intimider par l’Amérique et son valet
européen, d’autant plus que les pressions exercées renforcent l’unité nationale derrière le
régime d’Ahmadinejad, élu démocratiquement mais souvent critiqué en Iran, notamment par
une jeunesse dynamique, en raison de son caractère religieux mais non pas de sapolitique
sociale, économique ou étrangère. La décision d’accéder à la technologie nucléaire fut prise
par le Shah qui obtint aussitôt la coopération de la France avec le malheureux projet Eurodif.
Si le régime islamiste qui dirige l’IRAN devait être chassé, n’importe quel successeur
mènerait la même politique sur la question de l’accès à la technologie nucléaire. Les pressions
américano-européennes, directes et maintenant au travers de l’ONU, n’ont eu pour effet que
de renforcer le régime qu’elles veulent abattre, réveillant la fierté de l’originalité perse au
milieu du monde arabe et soudant le pays dans l’adversité. On voit mal comment, dans ces conditions les Etats-Unis pourraient faire plier un pays soudé et déterminé sur cette question
et qui dispose d’appuis internationaux, notamment russe et chinois, même si chacun privilégie
les accommodements.A moins de se lancer dans une nouvelle guerre suicidaire, alors qu’ils
sont embourbés en Iraq et ne savent comment en sortir, qu’en Afghanistan le Président Hamid
Karzaï ne contrôle que Kaboul, le reste du pays étant aux mains des différent chefs tribaux.
Pendant ce temps, Oussama ben Laden court toujours le djebel avec ses acolytes, trouvant
accueil, gîte et couvert dans la plupart de ces tribus des confins pakistano afghans qui
approuvent sans aucun doute son combat contre un impérialisme anti-musulman ou jugé
comme tel, envoyant de façon sporadique à l’Oncle Sam des messages tour à tour menaçants,
ironiques ou sarcastiques.
(On se demande d’ailleurs ce que font encore nos soldats dans ce pays, à moins de s’en servir
de terrain d’entraînement, et quels sont les intérêts français qu’ils y défendent.)

.
La diplomatie iranienne fait l’effort de ne parler que de nucléaire civil mais ce n’est que de la
diplomatie. Ces pressions renforcent aussi les frustrations de tous les musulmans du monde,
pas seulement des chiites d’Iran, qui pensent que l’impérialisme euro-américain veut les
maintenir en état de dépendance en raison de sa haine de l’islam et soutient pour cela de façon
unilatérale la politique agressive d’Israël envers les Palestiniens. Si pour ces raisons la masse
arabe est largement anti-américaine, voire anti-européenne quand l’UE s’associe aux Etats-
Unis, les gouvernements arabes se montrent très pusillanimes dans leur soutien à la cause
palestinienne, car nombre d’entre eux sont totalement inféodés à Washington et ne conservent
leur pouvoir que du fait de cet appui. Nous verrons plus loin les exceptions irakienne et
syrienne, la Libye de Khadafi s’étant rendue sans vergogne à Canossa-Washington.


La crise iranienne remet en mémoire les pressions américaines exercées sur la France du
Général de Gaulle pour l’empêcher de fabriquer «sa» bombe, le refus de communiquer le
moindre détail scientifique et surtout de nous vendre les ordinateurs géants indispensables,
l’espionnage de toutes nos expérimentations.

Dans «C’était de Gaulle», Alain Peyrefitte
cite une confidence du Général:
»Eisenhower m’avait dit: ça vous coûtera trop cher, vous n’y arriverez pas. » Et plus loin:
«Mururoa, ça veut dire l’invulnérabilité, donc la paix. C’est une situation que nous
n’avions jamais connue dans notre histoire. Nous y sommes arrivés tout seuls, sans aide, et
même avec l’hostilité active des Américains et l’hostilité passive des Russes. «
Après l’explosion de la première bombe atomique chinoise en 1964, Peyrefitte rapporte la
déclaration du Général au Conseil des ministres:
«Quels que soient le sous-développement de la Chine et son retard éventuel à exploiter ce
succès, elle acquerra cette immunité que confère la force nucléaire. Elle sera inattaquable.
Elle entrera dans le cercle de ces quelques nations contre lesquelles on ne peut rien, ce
cercle auquel nous avons la satisfaction d’appartenir. Il est vraisemblable que ça
entraînera des changements dans l’équilibre mondial. Un pays qui n’est pas peuplé de
Blancs a, pour la première fois, acquis l’arme terrible. Nombreux sont les peuples de
couleur qui en ressentiront la fierté. »


Peu après mon arrivée au Liban, j’eus la chance de connaître la sœur de l’imam Moussa
Sader, madame Rabab Sader Saraffedine, femme admirable à la forte personnalité, dégageant
une aura qui frappait tous les visiteurs que je lui amenais, par la douceur de son sourire et
l’intelligence de son regard. Elle menait au Liban une action humanitaire d’envergure auprès
des plus démunis chiites, et notamment à TYR. Elle me fut d’une grande aide par ses conseils
et s’inscrivait totalement dans la politique de son frère disparu.

Mon problème principal toutefois, existentiel si je puis dire, était le Hezbollah dont la doctrine
et les actes étaient radicalement opposés aux vues de la France. A cette époque, l’idéologie du
mouvement était d’instaurer un Etat islamique au Liban, ce qui n’éliminait pas les chrétiens
libanais mais les cantonnait dans une situation de second ordre, et son action, appuyée par
l’Iran et la Syrie, consistait à chasser les troupes étrangères du pays en perpétrant des attentats
meurtriers sur celles-ci. Il serait trop long et inopportun de donner ici des détails, mais il
advint que je pus comprendre que cette mouvance islamiste était organisée à l’orientale, d’une
manière qui n’avait rien à voir avec la logique cartésienne occidentale, et que si certains
montaient des opérations pour me prendre en otage ou m’assassiner, d’autres, souhaitaient au
contraire engager un dialogue avec moi. J’acceptai les premiers contacts avec mille
précautions et finalement entretint des échanges tellement fructueux que je fus renseigné
plusieurs fois sur les pièges que l’autre tendance m’avait tendus, me permettant ainsi de les
éviter. C’est donc paradoxalement grâce au Hezbollah que je n’ai pas été pris en otage ou tué par le Hezbollah!


Je réalisai en même temps que leur doctrine était en train d’évoluer, ce qui expliquait mes
contacts, et qu’ils appréciaient le fait que je sois croyant et dénonce autant qu’eux le
matérialisme occidental. Peu à peu, nous comprenions que nous pouvions trouver des points
de convergence, à condition qu’ils abandonnent leur politique d’attentats et reconnaissent la
volonté impartiale de la France d’aider tous les Libanais à sortir de la crise. Il me sembla que
le parti islamiste était tout près de modifier sa stratégie.


Je quittai le Liban après un séjour d’un an ininterrompu, riche d’une expérience incomparable
et me trouvai chargé à Paris, de conseiller les autorités françaises dans leurs relations avec le
Moyen-Orient.
Visitant alors de nombreux pays arabes, j’observai comment l’islam imprégnai dans ses
profondeurs le mode de vie de ces populations et créai un mode de vie harmonieux et
équilibré, dans un cadre religieux, moral, social et culturel largement accepté, même si
certaines règles datant de l’époque du Prophète Mahomet avaient du mal à s’accommoder
avec les exigences de la vie moderne occidentale. Les Arabes se montraient la plupart du
temps accueillants et aimables avec le visiteur européen, les élites comme les gens du peuple
et lorsqu’ils m’accordaient leur confiance, invité dans les familles j’admirais l’importance
accordée aux parents et aux grands parents, le respect des enfants pour les plus âgés et la
place éminente tenue dans l’ombre par les femmes.
Il était frappant de voir des personnages
importants politiquement ou économiquement s’adresser à leurs parents, parfois incultes, et
surtout à leur mère ou grand-mère, avec une délicatesse et une prévenance qui devient rare en
Occident. Dans les familles où le grand-père avait disparu, aucune décision importante n’était
prise sans demander son avis à l’aïeule qui était, sans en avoir le titre, le vrai chef de famille,
en tout cas le mentor à consulter.
Voici un extrait d’un entretien entre cheikh Fadlallah et le journaliste libanais Abdel Karim
Ghandour, paru dans «Le Magazine» du 13 mars 1992sur le rôle de la femme tel que le
conçoit l’islam:
«La femme est un être humain à part entière. Dès lors, ce n’est pas sa féminité en tant que
telle qui doit justifier de sa place active mais les capacités qu’elle lui confère. Sa
complémentarité avec l’homme passe par la régulation à travers le mariage qui couronne la
satisfaction d’un besoin de base de l’humanité-au même titre que le manger et le boire-à
savoir celle de l’instinct sexuel. Pour l’Islam la chair n’est pas catalyseur de péché mais
élément de la nature humaine. Notre civilisation ne fait de la femme ni un objet sexuel ni un
objet tout court. Nous respectons la femme qui ne doit pas être une vitrine commerciale mais
une créatrice active et responsable. »


L’année 1990 fut marquée au Liban par la défaite du général AOUN, ancien chef de l’armée
devenu Président de facto en 1988 après l’échec du dernier Président élu, Amine Gemayel,
pour assurer sa succession ou se succéder à lui-même. Excellent officier, honnête, d’un
patriotisme incontestable, il pensa pouvoir réunir tous les Libanais derrière lui pour, -- après
avoir écrasé les Forces Libanaises chrétiennes de Samir Geagea qui prônaient une partition du
Liban pour créer un réduit chrétien, avec le soutien israélien --, lancer en mars 1989 une
guerre de libération contre la Syrie. Présomption fatale qui permit à Damas de s’emparer
totalement du Liban en octobre 1990, le Général Aoun se réfugiant à l’ambassade de France à
Beyrouth. La mainmise syrienne fut entérinée à Taëf en Arabie Séoudite le 22 octobre 1989
par des accords parrainés par les pays arabes et la communauté internationale, dont la France
et les Etats-Unis. Ces accords de Taëf apportaient enfin la paix, même s’il s’agissait de la pax
syriana. Tout en laissant au Président maronite la suprématie, ils diminuaient sensiblement
l’exclusivité de son pouvoir, au profit du Premier Ministre sunnite et du Président de
l’Assemblée chiite. Par ailleurs, la répartition confessionnelle des fonctions dans
l’administration, jusqu’ici «pacte oral», était conservée et pour la première fois confirmée
dans un texte écrit. Le Président Elias Hraoui fut élu le 24 octobre 1989, premier Président du
nouveau Liban prosyrien.
Bien des Libanais opposés à la Syrie se félicitèrent cependant de l’arrêt de la guerre civile, de
la fin des attentats et se remirent à vivre normalement, ce qu’ils avaient perdu l’habitude de
faire depuis quinze ans. Peu d’émigrés se réinstallèrent mais beaucoup apprécièrent de
pouvoir revenir dans leur pays voir leurs familles et amis. Le nouveau pouvoir libanais,
inféodé à la Syrie, fut aussitôt appuyé par la communauté internationale, tout particulièrement
par la France. Des ambassadeurs de France de grande qualité, notamment Jean-Pierre Lafon,
surent alors montrer aux Libanais de tous bords la sollicitude de la France pour le pays du
cèdre dans sa diversité, avec un sens aigu de la juste répartition entre les communautés.
L’ouverture d’un grand lycée français à Nabatiyé au sud, en pleine région chiite, fut un geste
fort qui marqua les esprits.


La France, à l’époque, était confrontée au problème du terrorisme venu de la mouvance
islamiste internationale mais particulièrement d’Algérie où le processus électoral de décembre 1990 ayant donné la victoire au FIS, le pouvoir militaire algérien l’avait interrompu et engagé une lutte sanglante contre le terrorisme qui se développa alors en réaction. Les moyens employés laissent penser que les attentats du RER de Paris avaient pour but de persuader les autorités françaises, indécises, de soutenir les militaires algériens dans leur lutte contre le terrorisme.
Là encore, l’extrémisme et l’injustice entraînèrent l’extrémisme et le terrorisme.

Dans cette période je fis de nombreuses missions au Liban et rencontrai fréquemment les
responsables des différentes confessions.
J’eus avec Sayed Mohamed Hussein Fadlallah (Turban noir, descendant du Prophète) plusieurs entrevues riches et fructueuses. Bien qu’il fut considéré comme le guide spirituel du Hezbollah, il tenait à marquer sa différence en précisant qu’il était un responsable religieux et non un chef de parti politique. Il eut avec moi des conversations théologiques où il insista sur le respect de l’islam pour la Bible d’abord, dont les interprétations scripturaires divergent à
partir de la descendance d’Abraham avec l’exclusion de son fils Ismaël au profit d’Isaac, le
Prophète Mahomet situant l’islam dans cette filiation injustement écartée, pour le
christianisme ensuite dans lequel Jésus est vénéré comme un grand prophète et pour Marie, sa mère.

Nous eûmes aussi des discussions politiques et il me donna beaucoup de conseils. Je
cite ici le préambule d’une fiche rédigée de retour d’une mission en 1992:


«Estimant positive l’attitude actuelle de la France vis-à-vis du Liban, la plupart des
responsables chiites libanais considèrent que les malentendus s’étaient accumulés par
manque de dialogue, entraînant de la part de la France une mauvaise appréciation de
l’ensemble des composantes libanaises et, de la part des musulmans, un sentiment d’exclusion des préoccupations françaises. Ils recherchent les occasions de rencontre pour exposer leur point de vue et pour expliquer, qu’en définitive, s’ils comprennent et admettent la spécificité des relations historiques de la France avec les chrétiens du Liban, celles-ci ne doivent pas froisser les susceptibilités exacerbées des autres confessions et nuire à l’entente avec le nouveau Liban issu des accords de Taef».


Le Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, avait pris ses fonctions depuis
peu, après l’assassinat par un raid d’hélicoptères israéliens de cheikh Abbas Moussaoui, sa
femme et son enfant, ce qui avait, d’après lui, augmenté l’audience du parti. A chaque fois
j’étais impressionné par son intelligence, sa façon d’entrer dans mon raisonnement et de
deviner mes questions. Il me précisa que la France pouvait jouer un grand rôle au Liban si elle
restait fidèle à ses idéaux de 1789 en n’apportant pas son soutien aux positions qui sont une
atteinte à la dignité. Je le cite: «L’islamisme est désormais dans le monde arabe la seule
issue pour les déshérités et l’oppression a l’effet inverse de celui escompté par les pouvoirs
dictatoriaux arabes».
Il déplora, à l’instar des autres musulmans rencontrés, l’injustice constituée par l’interruption
du processus électoral en Algérie, me donna des conseils de modération vis-à-vis des
militaires d’Alger et m’incita à tenir compte de l’importante communauté musulmane
maghrébine de France qui observait ces évènements avec une sensibilité douloureuse, voire y
était impliquée.


Une de ces entrevues se plaça deux ou trois jours après la destruction par la résistance
libanaise d’un char israélien et la mort des cinq occupants. Le Ministre des Affaires
Etrangères français (Roland Dumas je crois) avait fait une déclaration lénifiante en déplorant
la violence et la mort des soldats israéliens. Sitôt après m’avoir salué et avant d’aborder
l’ordre du jour, il me dit:
»Nous avons été choqués par la déclaration française regrettant la mort de cinq soldats sur
notre territoire, tués par des résistants. Je sais que vous êtes gaulliste: est-ce que les
Français jetaient des fleurs aux Allemands sur le sol français pendant la dernière guerre?»
Bien entendu il insistait à chaque fois pour que la France retrouve une politique indépendante
des Etats-Unis et d’Israël et pratique la justice dans ses rapports avec tous.
,
Mes rencontres avec cheikh Abdel Amir Kabalan, à l’époque Mufti jaafarite, c’est-à-dire chiite, de la République étaient d’une grande cordialité et se plaçaient souvent autour d’un
repas libanais, même si j’essayais de lui expliquer que mon agenda était trop chargé: je ne
pouvais me dérober à ses invitations chaleureuses et ai du souvent arriver en retard ou annuler
mes rendez-vous suivants. Cet homme jovial, au regard pétillant d’intelligence, tenait le
même discours que ceux déjà cités mais il me donna mille conseils qui furent très utiles. Il
insistait beaucoup pour dire que les musulmans modérés constituent l’immense majorité et
qu’il fallait dialoguer avec eux et les aider. Voici quelques uns de ses propos significatifs:


En janvier 1992:» Les conditions sont réunies pour un rapprochement franco-syrien.
L’alliance américano-syrienne (alliance non déclarée mais objective à l’époque), n’est pas
naturelle et Damas regarde vers l’Europe et surtout vers Paris. C’est important car Damas
est maintenant à la tête du monde arabe et la politique orientale de la France doit passer par
la Syrie.
En Algérie, nous trouvons sage la position française. Nous pensons ici que le FIS était
soutenu par l’Amérique, car l’Arabie Séoudite fait la politique américaine et a financé le
mouvement pour déstabiliser le régime. Mais les Etats-Unis soutiennent maintenant les
militaires pour empêcher la prise de pouvoir du FIS. C’est une erreur car on ne peut pas aller
indéfiniment contre la volonté du peuple qui défend ses intérêts légitimes.

Nous approuvons la nouvelle politique française de rapprochement avec l’Iran.»


Fin novembre 1992: "La France, qui a décidé de la frontière sud du Liban avec la Palestine
à sa création, doit nous aider à la faire respecter. On attend un geste spectaculaire pendant le
voyage du Président Mitterrand au Moyen-Orient, de soutien à l’intégrité territoriale du
Liban. »


Cheikh Kabalan est maintenant Président du Conseil Supérieur Chiite, poste qu’il occupe
depuis la mort de Cheikh Chamseddine.
Dans les années 90, le Hezbollah, dont la doctrine était désormais de réaliser l’union de tous
les Libanais dans le cadre des accords de Taef, dirigeait la résistance armée à l’occupation
israélienne et devint un parti incontournable. Avec une quinzaine de députés au Parlement,
parmi lesquels des chrétiens élus sur ses listes de la Bekaa notamment, il pesait sur toutes les
décisions gouvernementales.

 

 

HIND KHOURY, déléguée générale de la Palestine en FRANCE, avec rang d'ambassadeur, brille au dîner-débat du Cercle Napoléon

-Invitée du colonel CORVEZ (CR), ancien numéro 2 de la FINUL au Liban, souverainiste français, ami du monde arabe, (lire ci-contre à droite) la Déléguée Générale de la Palestine en FRANCE, qui a succédé à l'onctueuse et floue Leïla Shahid, éblouit, elle, l'assistance choisie du Cercle Napoléon par la netteté de sa pensée, la précision de ses réponses, sa fraîcheur, et sa simplicité.

(Compte-rendu et photos ci-dessous)

 

 

"Madame, déclare Alain Corvez (ci-dessus, notes en main), aujourd'hui consultant en stratégie internationale, pendant que les convives s'installent devant un succulent vin blanc, dans l'attente des hors d'œuvre, "avec le sujet sur lequel vous allez ce soir nous donner votre éclairage, impartial, (...) nous sommes au cœur de la crise essentielle de notre époque. Car le conflit israélo-palestinien porte en lui les germes des affrontements dans le reste du monde. Réglons cette crise de façon juste et définitive et nous supprimons en grande partie les raisons qui justifient les guerres asymétriques de part le monde et notamment la dissémination des actions terroristes, qui sont la réaction désespérée des plus faibles à l’oppression et à l’impérialisme.
Rappelons nous comment le Général de Gaulle, dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, analysait la guerre des 6 jours qui venait d’être remportée par Israël, indiquait au monde sa vision d’un règlement équitable et liait la situation au Moyen-Orient à l’affrontement des deux blocs
: « Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans la guerre du Vietnam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. »
Il avait auparavant donné sa définition du
« terrorisme » dans un passage peu relevé par les médias d’alors, qui reste pourtant tragiquement actuel, en faisant une allusion claire à la Résistance française à l’occupation allemande :

« Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »


Enfin, il devait dire quelque temps après au colonel d’Escrienne qui lui faisait part des réactions indignées de la presse mondiale à son discours et qui l’a rapporté dans un livre, hélas épuisé :

« Je n’ai outragé personne ! Vous savez très bien, quand on étudie un texte sérieusement et honnêtement, qu’on n’isole pas une phrase de son contexte, à plus forte raison un mot à l’intérieur d’une phrase, sans quoi on altère le sens général, on fausse l’idée exprimée. J’ai dit du peuple juif non pas qu’il était un peuple "dominateur ", mais qu’il était "un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ": il y a tout de même une sérieuse nuance ! Dans un sens, c’est même un compliment que j’ai fait aux juifs ; j’aurais mieux compris leur réaction indignée si j’avais dit, par exemple, qu’ils étaient outrecuidants, ce qu’ils sont cependant, en effet, bien souvent ! »
Et plus loin :

« Le fait d’aimer ou de ne pas aimer le monde arabe n’a rien à voir dans l’affaire : ce monde arabe existe et il est présent sur un territoire qui s’étend du Pakistan jusqu’à l’Atlantique. ça aussi, c’est une réalité. »


Pour en finir avec les citations, voici ce que Nietzsche écrit dans
« Par-delà le Bien et le Mal » :
« Un penseur qui se fait une affaire de conscience de l’avenir de l’Europe, tiendra compte, dans tous les projets qu’il fait par-devers soi à propos de cet avenir, des Juifs comme des Russes, en ce qu’ils sont pour l’heure les facteurs les plus sûrs et les plus probables du grand jeu et du grand combat des forces. » (Par-delà le Bien et le Mal. Paragraphe 251)

Pour Nietzsche, contrairement à ce qui a été dit, ce jugement est un éloge et il ajoute :
« Or les Juifs sont sans nul doute la race la plus forte, la plus opiniâtre et la plus pure qui vive aujourd’hui en Europe ; ils sont passés maître dans l’art de triompher dans les pires conditions (mieux même, que dans des conditions favorables) »


Nous sommes ici ce soir pour vous écouter, Madame, et vous demander votre éclairage sur certains points de ce conflit devenu inhumain.

Les amis présents ici sont d’origine et de sensibilités politiques différentes, mais pour les connaître à peu près tous je peux vous assurer que tous sont des gens qui pensent par eux-mêmes et ne se laissent pas impressionner dans leurs jugements par une presse aux ordres de la « pensée unique », c’est-à-dire de la pensée du plus fort. (...)
Ce monde a inversé les valeurs ou en a perdu le sens, comme déjà Malraux le regrettait et comme Nietzsche, encore lui, le faisait crier à son insensé dans "Le gai savoir ": "Dieu est mort ! "Aphorisme mal interprété quand on se limite à cette assertion car le magistral penseur lui faisait ajouter : « Nous l’avons tué,-vous et moi ! Nous sommes tous ses assassins !...Qui nous lavera de ce sang ? Quelles cérémonies expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer ?...Ne nous faut-il pas devenir nous-mêmes des dieux pour apparaître seulement dignes d’un tel acte ? » (Le Gai savoir. Aphorisme 125)

Oui l’Homme se veut Dieu et décide du Bien et du Mal. En Palestine comme ailleurs en Iraq, en Afghanistan, l’homme le plus fort impose sa morale, sa vision de la justice, en se dissimulant encore derrière les bons sentiments de la Démocratie et des Droits de l’Homme devenu Dieu.(...)

Vous êtes en poste à Paris depuis mars 2006, ayant succédé à Leila Shahid, dont la faconde et le sympathique accent oriental étaient familiers des Français car elle était très médiatisée. Voue êtes peut-être plus discrète, mais la clarté de vos vues et la connaissance en profondeur des dossiers impressionnent vos interlocuteurs.
Vous êtes titulaire de nombreux diplômes en Economie et en Management, après être passée par l’Université américaine de Beyrouth, l’Université Ben Gourion et l’Université de Boston.
Vous avez occupé des postes importants en Palestine avec l’USAID, le PNUD, l’UNESCO notamment, avant d’être nommée en 2005 Ministre d’Etat de l’Autorité Palestinienne chargée du dossier de Jérusalem, c’est pourquoi vous connaissez à fond les problèmes de cette ville.
Vous êtes mariée et mère de deux garçons et une fille, tous plus brillants les uns que les autres et je suis révolté de savoir que votre fils, philosophe de haut niveau a du aller travailler aux Etats-Unis parce que la France n’a pas su le retenir.
Je vous propose de nous exposer d’abord la situation pendant une vingtaine de minutes puis après avoir continué notre dîner, ceux qui le souhaitent vous poseront des questions.
(...)

 

- Droite et directe, sans apprêt, et dominant une réserve naturelle qui pourrait passer pour de la timidité sans la fermeté bien réfléchie des propos de cette femme engagée."Bonne fille du peuple", Palestinienne de Betléem, de religion chrétienne, Hind raconte très simplement comment, travaillant à Jérusalem,elle a fait personnellement l'expérience de "ce mur terrible, qui sépare aussi et surtout les Palestiniens les un des autres". "Je l'ai à la porte de la maison que je partage avec mes deux enfants et mon mari architecte, coupé, de ce fait, de ses clients".

Elle a connu, comme toute la foule de simples gens de Palestine, ces check-points d'humiliation "où il m'est arrivé de passer 9 heures d'attente". - "Les quelques années où, vivant à Bethléem, j'ai travaillé à Jérusalem, m'ont appris la haine, à moi, bonne fille du peuple, élevée dans les valeurs chrétiennes d'amour de l'autre...". - "Certes, les attentats suicides, en tant que chrétienne, d'abord, je ne peux qu'être contre...Mais, surtout depuis les propos de Sharon annonçant clairement son intention de "finir la guerre de 1948", avec ces provocations incessantes, jusqu'aux excavations prétendument "archéologiques", exprès sous les mosquées, alors qu'on n'y a rien trouvé, on joue avec le feu...Et puis, que veulent-ils dire avec cette idée d'un "Etat Juif", quand 20% de la popultion ne l'est pas, sans oublier le retour des réfugiés Arabes, chrétiens ou musulmans, de 1948, qu' un "Etat Juif" se refuse à réinsérer, puisqu'ils ne sont "pas juifs..."

- Loin de tout optimisme de façade, la déléguée générale de Palestine en France ne nie pas que la situation d'aujourd'hui soit "compliquée". "Les Palestiniens ne veulent pas revenir aux fautes commises à l'occasion des accords d'Oslo..." - Avec "les assassinats ciblés, qui se poursuivent, tous les jours, cinq, six, dix Palestiniens tués comme des oiseaux", la poursuite de la colonisation, Gaza, etc, la "perspective politique ne leur apparaît plus...Un jour, ils penchent un peu plus pour HAMAS, un jour un peu plus pour Fatah, sans persoective politique clairement ouverte, la population reste indécise...L'arrivée de HAMAS, en 1988, a compliqué la donne, mais HAMAS n'est pas la cause...Oui, les Israéliens, à l'origine, ont aidé le HAMAS à s'établir, pour concurrencer l'OLP, l'affaiblir...Après l'élection d'Abu Mazen, homme de paix, c'est lui qui est devenu la cible...Et HAMAS, un très bon alibi, pour l'affaiblir...HAMAS peut jouer sur le fait que, depuis l'ouverture du processus politique, il y a eu beaucoup de pauvreté, beaucoup de pertes de terres, beaucoup d'injustice...En face de cela, la solution qu'ils proposent est régionale...La division est là...C'est une chose très pénible. C'est le résultat de l'occupation, clairement. Israël cherche toujours à diviser pour régner...Les différences entre HAMAS et FATAH ne se situent pas tant sur le plan de l'idéologie politique que sur celui de l'idéologie religieuse...En l'absence de projet politique, crédible, ouvrant une perspective claire...Deux Etats, un seul Etat..., alors que la réalité au quotidien c'est l'apartheid, les gens n'ont plus de vision, ne savent plus où ils vont...Sous le coup de la douleur, nous, chrétiens, nous pouvons facilemen le comprendre, on se tourne davantage vers la religion, mais la religion peut dévier en superstition...Moi, quand je suis bloquée trop longtemps à un barrage, trop humiliée, lassée, je me tourne vers la prière...Si le Bon Dieu peut faire quelque chose, pourquoi pas...Il faut avoir beaucoup de patience, ne pas chercher à résoudre toutes les divisions, tous les conflits, maintenant, d'un coup...

"Dans quelle mesure pensez-vous que l'on peut comparer, Madame, ce qui se passe à Gaza avec l'insurrection du ghetto juif de Varsovie, en 1943?", demande l'amiral Gaucherand (CR) - ci-dessus, debout, au deuxième plan, sous un des lustres magnifiques du Cercle Napoléon.

Les questions fusent. Le rédacteur en chef technique provisoire de ce site, Le Monde Réel, demande s'il y a bien des partisans de l'unité FATAH-HAMAS ou HAMAS-FATAH des deux côtés, et du sectarisme aussi des deux bords...- Mais la palme de la question la plus incisive, que seule pouvait poser un des nombreux militaires d'expérience, coutumiers du "brouillard de guerre", cher à Clausewitz, nombreux dans l'assistance, vient de l'amiral Gaucherand ( CR), souverainiste français, ami de la Palestine, de l'Irak et du Liban martyr, ancien lecteur du Monde reconverti vers les pages du Monde Réel, et qui a fini par se résoudre, dans le secret de l'isoloir, a voter Ségolène Royal au second tour pour faire barrage à Sarkozy: "Dans quelle mesure pensez-vous que l'on peut comparer ce qui se passe à Gaza avec l'insurrection du ghetto juif de Varsovie, en 1943?" - Un ange passe, comme dirait De Villiers (Gérard), l'auteurs des "polars" S.A.S., qui ne figure pas dans la liste, très sélective, des invités, mais dont de nombreusx personnages de romans, diplomates, généraux, aventuriers, barbouzes en tenue de soirée, et belles brunes chaloupées aux yeux de braise, brillent dans l'assistance...

Un ange passe, mais le silence est bref. Car la fille de Bethléem n'a peur de rien, et ne fuit aucune question:

- "La tragédie de Gaza et celle du ghetto de Varsovie? Il y a un parallèle, c'est certain... Même si je ne connais pas encore très bien l'histoire du ghetto de Varsovie...Mais ce parallèle ne signifie pas que l'Histoire doive se répéter...Nous sommes au XXI ème siècle: et, de la part d'Israël, ce serait très irresponsable!"

"Il y a un parallèle, c'est certain, même si je ne connais pas encore très bien l'histoire du ghetto de Varsovie...

Mais un parallèle qui ne signifie pas que l'Histoire doive se répéter...

Nous sommes au XXI ème siècle, et, de la part d'Israël, ce serait très irresponsable".

"Très irresponsable", en effet. C'est le mot. Car enfin, pourquoi Israël n'a-t-il pas déchaîné sur le flot humain des palestiniens de Gaza, enjambant joyeusement le "mur de la haine" (et de la famine), et en marche vers l'Egypte, au prix d'images d'une symbolique et d'une puissance plus fortes que toutes les bombes à fragmentation du monde, que le napalm, et même l'atome?

Et pourquoi n'écrase-t-il pas, d'un coup, GAZA, puis RAMALLAH, d'un coup sous le marteau pilon de sa force aérienne, à la supériorité écrasante sur les quelques missiles sol-air dont dispose FATAH, et peut-être désormais HAMAS?

- Parce que, comme dit Alain Badiou, nous formons aujourd'hui "un seul monde", où les techniques de communication modernes parfois justement décriées pour leurs dangers, donnent à tout conflit, et spécialement à celui qui avilit, souille et détruit le peuple maryr de Palestine, terre deJésus-Christ, des apôtres, et d'une religion nouvelle proclamant au moins verbalement, et c'est déjà beaucoup, à la face de l'univers l' "amour de l'autre", et pas seulement celui de son "prochain", au sens étroit, ethnique et sectaire du terme, la guerre obéit à une logique "politico-militaire", et pas strictement "militaire".

Dans une guerilla de cette nature, vainqueur sera celui qui mobilise autour de lui les forces de l'esprit, y compris de l'espit laïque empreint d'humanité, là où il existe, et isole son ennemi dans les cœurs tout en déchaînant contre lui l'immense puissance humaine, éparse dans les consciences planétaires, et source de la seule énergie qui soit absolument infinie.

Merci, Hind Khoury. Nous ne lâcherons jamais la Palestine. Et nous ne vous lâcherons pas.

7 février 2008 - Jean-Paul CRUSE

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Castro, Chavez......démocratie, anti-impérialisme et socialisme.

- Un point de vue de Hakim Arabdiou Arabdiou, suivi d'un très bref commentaire de ShaoShan

 


Fidel Castro vient malheureusement d'être "désigné" candidat à la présidence de l'Etat cubain. J'espère qu'il "refusera" cette désignation. Sinon, il discréditera encore plus le socialisme.
Est-ce communiste de s'aggriper ainsi au pouvoir, comme il le fait ? N'y a-t-il pas de cadres communistes à Cuba autre que Fidel Castro pour occuper la charge de l'Etat.

Fidel doit apprendre du capitalisme, comme le préconisait Lénine.

Même quand il tombe malade, c'est (surtout) son frère Raul qui assure l'intérim. Cela s'appelle du népotisme.

Il s'est ravalé au meme rang qu'un Assad, qui a nommé son fils pour lui succéder, Moubarek et Kheddafi qui projettent de remettre le pouvoir à leurs fils respectifs.

Quant à l'échec Chavez (au referendum constitutionnel de décembre 2007, NDLR),
le très faible (pourcentage) de voix qui l'ont fait échouer indique que, s'il n'avait pas prévu des dispositions liberticides dans la réforme constitutionnelle, il aurait obtenu haut la main la victoire au référendum. J'espère que cet échec le fera revenir à la raison sur ce point.

En lisant les textes du camp pro-Chavez, et j'en fais partie, qui circulent sur le Net, j'ai l'impression que c'est du déjà lu. Il suffit de changer la date, le nom de Chavez et le pays, le Venezuela, pour retrouver des milliers de textes de ce genre dans les années 1960 et 1970, par exemple. Non pas que leurs auteurs ont tort sur toute la ligne. Bien au contraire, ils ont raison sur bien des points, voire sur la majorité des points.

Ce qui ne va pas ? C'est leur soutien inconditionnel, leur aveuglement à l'endroit de ce qui est anti-progressiste dans la politique et le style de Hugo Chavez. En partant de l'idée que du moment, il faut fermer les yeux sur ce qui ne va pas, du moment qu'il est anti-impérialiste et qu'il décrète un grande nombre de mesures progressistes. Non, cher(e)s ami(e)s, les droits sociaux ne doivent plus jamais se faire au détriment des droits politiques démocratiques.

L'Algérie de Boumediene était violemment anti-impérialiste, mais plus de 90% de ses affaires juteuses elles les faisait avec les quatre grands pays impérialistes et 4 % seulement avec les ex-pays socialistes.

Mais quand il fallait obtenir des aides substantielles et autres faveurs (dont des milliers de bourses par an et l'armement), c'était vers ces derniers pays qu'elle se tournait.

C'est une autre façon de dire qu'il faut faire attention à l'inflation du discours (souvent sincère) anti-impérialiste et socialiste.

Hakim Arabdiou Arabdiou

Bref commentaire (ShaoShan)

Bon lancement de débat.

Non à la langue de bois, même tropical.

Mais qu'appelle-t-on "démocratie"? Un pouvoir plus étendu du peuple sur ses propres affaires. De ce côté, le Venezuela de Chavez a marqué des points. Tandis que le système dit "représentatif", "parlementaire" à l'Européenne en perd. Mais il faut inventer sans cesse de nouvelles formes de participation populaire, de pouvoir populaire. C'est ça, avancer dans la voie tracée par les grands ancêtres du "socialisme". Et pas appliquer un livre de recettes de cuisines.

Quant à l'économie, tout le monde commence à voir que, si le capitalisme dans sa forme impérialiste, Bushiste, ou Sarkoziste, a du plomb dans l'aile, et s'engage, depuis le tournant vietnamien (1965-68-75), sur la pente de l'agonie, ce déclin, irréversible, s'annonce long et lent. Aucune révolution ne se produit d'un CLIC.

Comme les mouvements de la mer, la libération des peuples, des masses profondes, est progressive. Elle passe par des ruptures, en série, entre des plateaux de transition, en série. C'est ce qu'indique, notamment, l'émergence de la Chine.

Shao

ShaoShan@wanadoo.fr

L'IRAN,

l'ATOME,

LE DROIT

- Pas si simple...

Une "petite phrase", dans une campagne présidentielle qui s'annonce saignante, et les chiens sont lâchés!...

Tout le monde peut avoir la tentation de s'énerver, et de réagir, dans la violence, la haine, voire l'hystérie...Tout le monde...Nous ne nous en excluons pas...C'est un"droit".

Mais le "droit" n'est pas toujours le "mieux". On peut aussi avoir la tentation...de réfléchir, cœur chaud, tête froide, en profondeur...Et là, on entre dans le domaine du "courbe", et pas du "droit", de l'oblique, du complexe, du mouvant, du liquide - bref, de la politique réelle, dans la réalité "réelle".

C'est à quoi nous invite l'entretien ci-dessous, dans Libé, ce vendredi, 22 décembre 2006, avec Marie-Hélène Labbé, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, auteur du livre Le Grand Retour du nucléaire (éd. Frison-Roche). Spécialiste des questions stratégiques, elle analyse les différents aspects, méconnus, traité de non-prolifération nucléaire, (TNP).

On trouvera, en bas, notre bref commentaire.

-Libération:L'Iran a-t-il le droit de développer son industrie nucléaire civile ?


- Non, car l'Iran viole clairement ses engagements en matière de non-prolifération, comme l'a constaté l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) en septembre.

Or, le TNP n'accorde pas un droit inaliénable au développement du nucléaire civil, comme on le croit souvent. Il s'agit d'un droit conditionnel, qui dépend du respect de la non-prolifération en matière militaire.

A partir du moment où un pays s'en affranchit, par exemple en relançant la conversion de l'uranium comme le fait l'Iran, ce droit tombe.


- Vous êtes donc d'accord avec Ségolène Royal, qui refuse à l'Iran le droit au nucléaire civil ?


- Cette position a un sens. Juridiquement, elle n'est pas infondée, et elle me semble moralement justifiée.

- En revanche, sur le plan de l'opportunité politique, c'est beaucoup plus risqué...

- Malgré les arguties et les palinodies de l'Iran, il serait dangereux d'enterrer le TNP. Car cela ouvrirait la porte à des scénarios très très sombres...


- Peut-on vraiment interdire à un pays qui le souhaite de passer du nucléaire civil au nucléaire militaire ?


- Bien sûr que non.
Ces technologies sont liées. Même en France, où le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) est à la fois civil et militaire. Le Japon fait clairement savoir qu'avec son industrie civile il ne lui faudrait pas longtemps pour se doter d'une bombe, s'il le souhaitait. Et les six pays du Golfe, avec l'Arabie Saoudite, viennent d'annoncer qu'ils se lançaient à leur tour dans le nucléaire civil...


- Il y a donc des risques graves de prolifération en cas de disparition du TNP ?


- En réponse à une bombe iranienne, la Turquie et l'Arabie Saoudite pourraient s'engager dans cette voie. Et, en Asie orientale, le Japon, la Corée du Sud ou Taiwan...


Que peut-on faire pour l'éviter ?


Je crois à l'efficacité des sanctions économiques. Mais encore plus au verrou technologique : les Iraniens peinent vraiment à enrichir leur uranium. Il ne faut surtout pas les aider à se doter des technologies, même civiles.

Il ne faut toutefois pas désespérer totalement. Britanniques et Américains sont parvenus à convaincre la Libye du colonel Kadhafi de renoncer à ses programmes d'armes de destruction massive. Et l'Afrique du Sud a démantelé son arsenal nucléaire à l'occasion d'un changement de régime, à la fin de l'apartheid."

Bref commentaire

Les "grandes puissances"...du XXème siècle, ex-"grandes puissances", pour plusieurs d'entre elles, résidus d'une époque révolue et morte, ont été les premières à tricher avec le TNP qu'elles avaient conclu, puis signé, avant de tenter de l'imposer à toute la planète. Elles ont continué à perfectionner leur propre arsenal de mort, tout en organisant, en douce, en faveur de leurs alliés du moment (Israël et Afrique du sud de l'apartheid, pour les uns, Chine, puis Corée du nord, Inde, Pakistan etc., pour d'autres) la prolifération qu'elles juraient combattre,

Or, dans le monde...réel, qui est le nôtre, et qui est désormais sans Maître, donc sans Loi, sans "Droit" -plus libre, plus instable, et moins sûr - plus personne n'est en mesure, au-delà de la grande parade des mots, d'imposer quoi que soit à tous les autres.

Mais on ne peut ce limiter à ce constat, qui resterait, alors, lui-même, à son tour, de pure rhétorique.

Dans le contexte, troublé/troublant, du monde où nous souhaitons, pourtant, continuer à vivre, et à transmettre la vie, donc, un Espoir, il y a deux voies: jouer la carte du pire, et du chaos total, fût-ce au nom du "droit", et de la "liberté" (de faire exploser toute la planète dans un Apocalypse Now, global); ou bien chercher des solutions concrètes, positives, aussi pacifiques que possible, par la voie d'accords négociés. par la méthode douce.

- Que ceux qui se sentent, ou se croient, assez forts pour affronter, seuls, ou en petit groupes, voire en petit groupes d'Etats, eux-mêmes, petits ou grands, le Grand Chaos, prennent la responsabilité de le faire.

- Que ceux qui pensent une autre voie possible, le prouvent: en inventant - car il va falloir les inventer... - les moyens de pression, économiques, technologiques, diplomatiques, voire, dans certains cas précis (ne soyons pas naïfs), mais limités, militaires, permettant d'encourager les peuples, et donc, leurs dirigeants, à s'orienter dans la voie de compromis mutuellement avantageux, voie d'un progrès dans l'harmonie et dans la paix.

C'est la "méthode chinoise". Elle vaut mieux que celle des brutes: si, et seulement si, elle ouvre effectivement, et pas seulement en mots, les voies d'un avenir meilleur aux peuples du Moyen-Orient, que l'arrogance raciste et coloniale de l'actuel Etat d'Israël pousse à l'aveugle dans l'engrenage d'une militarisation épouvantable.

Un accord négocié sur une démilitarisation et une dénucléarisation progressive et par étapes,de l'arc de crise cancérisant de Tel Aviv à Téhéran, en passant par Bagdad, Beyrouth, Damas, Gaza, Istanbul, La Mecque et Karachi, est impossible sans une conférence globale sur la paix et le développement dans toute la zone, qui passe, lui-même, par une libération, elle aussi, par étapes, de la Palestine martyre, devenue bombe vivante, fragmentant partout ses terribles éclats.

- On hurlera que c'est une utopie, que ce n'est pas possible.

- On répliquera que "les femmes de la Commune de Paris ne se demandaient pas si une chose était possible, mais seulement si elle était nécessaire. Alors, on s'organisait pour la faire." (Louise Michel). - Et de simples ouvrières, de tout âge, en guenilles, hissaient à la force des bras, au-delà des barricades, et pour les protéger, jusqu'au sommet des rues pavées, pentues, de Montmartre ou de Belleville, de lourds canons de fonte baptisés "Liberté", "Egalité", "Fraternité"...

- Rossel

(Sur le même sujet, une opinion complémentaire, d'un point de vue différent: celui du général Gallois, stratège numéro 1 de la réflexion stratégique française, en matière de nucléaire.)

Pas d'accord!

(Yasser Faris)

"En l'occurence et en réponse à cette exellente analyse, il serait de droit au nom de l'évitation du risque majeur de big band nucléaire planétaire d'en arrêter là avec la prolifération.
- OK, très bien cela fait trente ans que, pacifiste dans l'âme et appel des 200, des 3000 ou autres nous nous ENGAGEONS dans des campagnes d'opinion opportuniste sur l'arrêt du déploiement type SS20....
ET ALORS.....
L e monde réél continue et la superpuissance militaire américaine décline ses intervention armée classiques à l'abri, non pas de son parapluie atomique, mais de son innateignabilité territoriale.
La planète est-elle moins dangereuse, et pour qui? Je propose un sondage d'opinion à Baghdad, Ghaza ou Beyrouth (sud...)? La peur du big-bang ne fait frémir que ceux qui se sentent aujourdhui à l'abri de l'hyper violence quotidienne du monde réel. C'est une peur de parvenus, de privilégiés, du niveau de la peur de l'Ogre ou de Barbe Bleue.
Une histoire de plus.
Les Russes et Américains ont eu leur stock de bombes et bien des occasions d'y aller, ce n'est pas arrivé. Mais on fait "comme si" c'était plus irrationnel entre Juifs et musulmans, coréens et japonais, perses et arabes.... Ça serait pas un peu condescendant et néo-colonial comme préjugés????
Lorsque la lutte est anti impérialiste, anticolonialiste, etc... ne pouvons-nous retrouver nos convictions de soutien total à la résistance? La violence appelle la violence et la justifie; lutter pour la non-prolifération serait exiger le désarmenent unilatéral de "notre" propre camp. Pas seulement de la région exotique concernée par nos peurs du moment.


Finalement c'est un peu comme d'aller camper sur le canal avec les SDF, avant de juger les frayeurs des autres et leurs réponses indélicates, il nous faudrait goûter leur supplice pour un peu plus de sympathie puis d'empathie.

Réponse à Yasser Faris

(ShaoShan)

- Si le point de vue généralement exprimé dans ces pages, et celui (ci-dessus) auquel entreprend de répondre notre ami Yasser était ce qu'il dit, néo-colonial, et dicté par la peur, et la peur, en particulier, de perdre "nos" privilèges de "dominants" vivant, eux, dans la paix, pendant que les dominés subissent, eux, au quotidien, l' "hyperviolence" (excellente expression), cette réaction de lecteur ne serait pas ici, noir sur blanc: mais au fond de la poubelle!

Elle n'y est pas. Bien qu'elle ne réponde nullement aux arguments qu'elle dénonce, qui ne sont pas les nôtres, et qui n'ont pas été publiés ici.

Nous choisissons, donc, comme on peut le lire, de donner la parole à tous, sur un sujet dont le caractère complexe autant que passionnel entraîne, évidemment, chez chacun de nous, des réactions souvent confuses et parfois même violentes.

Mais notre souhait est d'inciter chacun à dominer ses "réactions", comme nous nous y efforçons nous-mêmes (sans doute avec un succès inégal), et à tenter de dominer chacun son propre "pathos", ses propres réactions passionnelles, en développant une réflexion méthodique, argument effectif contre argument effectif, pour que tout le monde avance ensemble, pas à pas. Ce qu'on peut appeler une dialectique.

S'il y a débat, donc, c'est parce que certains d'entre nous, et des milliards de braves gens intelligents, dans le monde, soutiennent le droit de tous, y compris celui de l'Iran, à un développement alternatif au tout- pétrole: mais souhaitent, en même temps, qu'un partage concerté des technologies du nucléaire civil, dont les risques de dérapage plus ou moins clandestin en prolifération militaire sont connus, se fasse de façon négocié entre tous et chacun - dans l'élaboration et dans l'application de règles commune.

- Evidememment, on est en droit de penser que le présent, toujours, n'est que la répétition sinistre du passé, que rien ne change jamais, que tout va mal, et de plus en plus mal, que négocier ne sert jamais à rien, qu'il ne reste qu'à fermer les yeux, à respirer un coup, avant de hurler, et de taper dans le tas, à l'aveugle.. Qu'à l'injustice, il faut répondre par l'injustice, à la souffrance, par la souffrance, à la bestialité, par la bestialité, et que rien ne sert de s'efforcer de dominer la "Bête", qui dort aussi en chacun de nous, et pas seulement chez l' "autre", fût-il le boucher Bush lui-même.

On le peut. Mais c'est, on l'a compris, tout le contraire de la démarche fondatrice du site Le Monde Réel (lire notamment l'édito de lancement, page d'accueil, tout en bas: "Un oiseau noir n'abolit pas le ciel bleu".)

- Les questions, donc, auquelles nous aimerions inciter chacun, donc, aussi, notre amiYasser, à réfléchir, peuvent être relues dans le texte de départ, en haut de cette colonne, dans le "bref commentaire" à l'entretien accordé à nos amis de Libé par la chercheuse Marie-Hélène Labbé.

- Mais elles peuvent se résumer, au fond, à une seule, qui est la suivante: si les choses étaient si simples, pourquoi l'Iran, fière nation anti-impérialiste, et terre d'une très ancienne civilisation, sophistiquée et raffinée, tout comme son allié stratégique principal, un pays globalement non-musulman, la Chine (même profil), se sont-ils prêtés, comme ils l'ont fait, à une aussi longue négociation sur la question du nucléaire civil et/ou militaire?

Et pourquoi continuent-ils à en prolonger patiemment l'expérience, malgré les difficultés qu'elle rencontre, à l'évidence? - Comme le montre, à l'évidence aussi, la décision collective de "sanctions" qui n'en sont pas, et masquent, à peine, la poursuite de négociations, par étapes, dans la discrétion, sous d'autres formes?

ShaoShan

Une clique d'UMP-sarkophiles, abusant quelques honnêtes parlementaires égarés, dont l'excellent Bernard Carayon, d'ordinaire mieux inspiré,lance une provocation électorale contre le Hezbollah.

Vive réplique du colonel (CR) Corvez. Pour la lire, clic ici

RETOUR ACCUEIL, SOMMAIRE: CLIC ICI

 



LIBAN: MYSTERES ET VIOLENCES

- Un surprenant sourire du général français Alain Pellegrini, ancien commandant de la Finul a Liban, permet de décrypter les enjeux cachés des violences du début de l'été 2007 au pays du Cèdre...

(Entretien réalisé par notre excellent confrère et ami Nidal Hamade, du magazine Al-Intikad, adapté et reproduit par le Réseau Voltaire)


Général Alain Pellegrini : « Il n’est pas difficile de savoir qui soutient le Fatah al-Islam et les attaques contre la Finul »


Un an, jour pour jour, après l’offensive israélienne contre le Liban, et à la veille de la réunion à La Celle Saint-Cloud du forum interlibanais, le Réseau Voltaire a publié la version française de l’entretien accordé au magazine Al-Intikad par l’ancien commandant de la Finul, le général Alain Pellegrini - version intégrale, non expurgée des noms propres....

- 13 juillet 2007


Le général de division Alain Pellegrini,directeur de la division Afrique et Moyen-Orient de la Direction du renseignement militaire à Paris, puis conseiller Afrique-Moyen-Orient du chef d’état-major des armées françaises, et commandant de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), de janvier 2004 à janvier 2007, répond aux questions de Nidal Hamade.

Comment voyez-vous l’avenir du Liban ?

Alain Pellegrini :

Je ne suis pas optimiste en ce qui concerne la situation dans les années qui viennent au Moyen-Orient en général et au Liban en particulier. Je ne vois pas d’indice montrant une avancée dans le traitement des dossiers politiques. Au contraire, l’entêtement prend le dessus dans la vie politique locale.


- Un an après la fin de la guerre au Sud du Liban, comment évaluez-vous le travail accompli par les forces de la Finul ?


Alain Pellegrini :

Les forces de la Finul ont réussi leur mission qui consiste à veiller sur la sécurité, la stabilité et le cessez-le-feu à la frontière libano-israelienne. Elles continuent à préserver la souveraineté du Liban grâce à leur collaboration avec l’armée libanaise qui a pu se redéployer dans la région après une longue absence.

- Pourtant les violations israéliennes de la zone aérienne libanaise continuent sans que la Finul ne réagisse ?


Alain Pellegrini :

La Finul ne peut pas mettre fin aux violations aériennes israéliennes car elles n’a pas d’armes anti-aériennes équivalentes à celles que détient l’armée de l’air israélienne. L’armement de la Finul n’est pas assez puissant pour atteindre les avions israéliens à haute altitude. Les meilleurs missiles sont ceux de la force française, les modèles MISTRAL dont la portée ne dépasse pas 1 500 mètres.


- Donc, l’histoire des missiles français qui ont été lancés contre les avions israéliens n’est pas crédible ?


Alain Pellegrini :

Non, pas du tout, cette histoire est vraie. Cet incident a eu lieu lorsque les avions israéliens ont survolé, à basse altitude, la force française. L’objectif était de tirer des missiles permettant de protéger la force française qui se sentait menacée.

Le but n’était pas d’arrêter les violations aériennes du territoire libanais car cela n’est pas possible. Mais la Finul veille à empêcher les violations terrestres de la Ligne bleue [1] , et nous avons toujours donné l’ordre de faire face à toute violation terrestre israélienne.


- Prévoyez-vous une nouvelle offensive israélienne contre le Liban ?


Alain Pellegrini :
Je ne crois pas, au moins à court terme, pour deux raisons :
la présence des forces de la Finul complique le déclenchement d’une nouvelle guerre.
les problèmes dont souffre l’armée israélienne depuis la guerre de juillet dernier.


- Selon vous, qui a perdu la guerre de juillet 2006 ?


Alain Pellegrini :
Je ne sais pas. Mais ladite guerre a laissé des dégâts considérables au Liban. Quant à ses retombés en Israël, cette offensive a provoqué une crise au sein de l’armée. Une crise qui ne sera pas sûrement résolue à court terme.


- Vous dites qu’Israël a perdu la guerre ?


Alain Pellegrini :
Non, je ne dis pas cela. Mais Israël n’avait pas d’objectif politique déterminé dans cette guerre. D’autant que même son objectif militaire n’était pas clair.


- Une opération contre la Finul a coûté la vie à six soldats espagnols. Cela vous a-t-il surpris et qui, selon vous, a planifié cette opération ?


Alain Pellegrini :
L’attaque a été perpétrée par des extrémistes salafistes que nous surveillons. Nous savions qu’ils préparaient quelque chose contre nous. Ils bougeaient collectivement en voitures sans êtres armés. Nous avons remarqué la menace qu’ils représentaient, et nous avons averti le gouvernement libanais qui a procédé à l’arrestation de certains d’entre eux.


- Sont-ils Libanais ?


Alain Pellegrini :
Certains parmi eux sont Libanais et d’autres sont étrangers.


- Prévoyez-vous d’autres opérations contre les forces de la Finul ?


Alain Pellegrini :
Oui, ce genre d’opérations reste très probable. Nous ne pouvons pas empêcher ce genre d’opération dans cette région. La situation sur le plan sécuritaire n’est pas facile à contrôler.

- Ce qui se passe dans le camp de Nahr el-Bared vous a-t-il surpris ?


Alain Pellegrini :
Nous avons prévu ce genre d’incident depuis longtemps. Nous avons même averti le gouvernement libanais, en novembre dernier, de la présence des extrémistes salafistes dans le camp de Nahr el-Bared. J’ai personnellement signalé cela au gouvernement de Beyrouth avant mon départ. Je l’ai averti de la présence de quelques groupes qui menacent la stabilité du pays. Ils ont dit qu’ils allaient prendre ce problème au sérieux.


- À votre avis, qui est derrière le Fatah al-Islam ? [2].


Alain Pellegrini :
Vous n’avez pas besoin de beaucoup de réflexion pour connaître qui le soutient. Ce sont des extrémistes sunnites actifs dans une région qui est sous le contrôle d’une faction connue.


- Qui désignez-vous par cela ?


Alain Pellegrini :
Ceux qui financent le Jound el-Cham à Saida sont les mêmes qui sont derrière le Fatah al-Islam dans le camp de Nahr el-Bared.


Les Hariri ?


Alain Pellegrini : (large sourire)


Que pensez-vous de la politique du président Sarkozy vis-à-vis du Liban ?


Alain Pellegrini :
Une nouvelle politique est mise en œuvre à l’Élysée, les anciennes méthodes n’ont plus cours. Ainsi, certains acteurs politiques au Liban doivent admettre cette nouvelle politique de la France.
La France doit être plus ferme avec les Libanais et surtout avec ses propres alliés. Elle doit leur demander de tenir leurs engagements, car la dernière période a été caractérisée par le non-accomplissement des engagements, et certains pensent qu’ils n’ont pas de compte à rendre.


- Quel intérêt voyez-vous à négocier avec la Syrie ?


Alain Pellegrini :
Vous savez bien qu’il faut négocier avec tous les acteurs dans votre région. Cela fait partie de la culture politique des peuples de votre région. La Syrie a son influence, cela implique qu’il faut négocier avec Damas. Cela ne veut pas dire qu’il faut s’incliner devant la Syrie. Le dialogue pourra être utile pour convaincre la Syrie de collaborer plutôt que de se placer dans une situation délicate. Le dialogue, c’est le réalisme politique.


- On évoque un possible élargissement des missions de la Finul pour contrôler la frontière syro-libanaise.


Alain Pellegrini :
Il n’y a aucun intérêt à introduire la Finul dans les conflits internes libanais. Mais il est toujours possible de discuter à propos d’une possible présence des forces de la Finul aux frontières avec la Syrie.


- Que pensez-vous de la mission onusienne dans l’affaire de l’assassinat du président Rafic Hariri ? [3]


Alain Pellegrini :
Le fait d’avoir désigné Detliv Mehlis pour mener l’enquête était une grosse erreur. Il aurait fallu designer un enquêteur qui connaisse bien la situation au Liban et les conflits politiques libanais. Ou au moins le faire entourer par des conseillers expérimentés, qui connaissent la situation libanaise et ses manipulations politiques. Ainsi, le conseiller pourra montrer à l’enquêteur comment se comporter avec chacune des personnalités concernées.
Mehlis était sous l’influence d’un groupe libanais connu. Il a été victime des manipulations de certains membres dudit groupe, et des pressions états-uniennes. Quant à Serge Bremmertz, c’est une personne expérimentée qui travaille loin de toutes pressions et de politisation.

- Que pensez-vous de la prolongation de la détention des quatre officiers supérieurs interpelés à la demande de M. Mehlis ? [4]


Alain Pellegrini :
Avant de parler de cette prolongation, je m’interroge sur les raisons de leur détention depuis le début. Laissez-moi vous dire quelque chose, je connais le Colonel Jamil el-Sayed depuis longtemps, depuis que j’étais attaché militaire à l’ambassade de France. Je vous confirme, avec toute objectivité, que Jamil est un homme honnête et juste. C’est un homme de parole qui ne m’a jamais surpris et qui a toujours tenu ses paroles et ses engagements. Il est possible de sortir de cette situation illégale en libérant les détenus sous caution. Ils seront appelés à passer deux ou trois fois par semaine à un centre gouvernemental déterminé pour confirmer leur présence dans le pays. Une telle chose est courante chez nous en Europe.


- Pourquoi ne les a-t-on pas libérés ?


Alain Pellegrini :
C’est le Conseil de Sécurité de l’ONU qui refuse, sous la pression états-unienne, de leur accorder leur liberté.


- Certains disent que vous avez été plus proche à la position libanaise que votre successeur à la tête de la Finul, le général Claudio Graziano ?


Alain Pellegrini :
Je pense que le général Graziano dépend du pouvoir politique en Italie, et l’avis de celui-ci n’est pas toujours conforme à la nature de la mission de la Finul. L’Italie a des intérêts vitaux au Liban. C’est le premier partenaire commercial du Liban, devançant la France qui occupe la deuxième place. C’est ce que justifie le commandement de la Finul par le général Graziano. Aucun responsable français n’est intervenu dans mon travail lorsque j’étais en fonction.


- Pensez-vous que vous avez tissé des relations d’amitié dans le milieu politique libanais ?


Alain Pellegrini :
Avant de considérer le coté professionnel, j’ai des liens familiaux avec le Liban, la femme de mon oncle est libanaise. Quant à mes relations avec les acteurs libanais, elles sont très anciennes. Elles ont commencé lorsque j’étais attaché militaire à l’ambassade de France à Beyrouth. J’étais responsable d’une force qui a sauvé plusieurs responsables libanais lors de la guerre civile, dont le général Michel Aoun et Nabih Berri.


- Pensez-vous publier un livre sur votre expérience libanaise ?


Alain Pellegrini :
Oui, mais pas tout de suite, car certains éléments que je souhaite révéler peuvent porter préjudice à des personnalités libanaises toujours en activité.

Entretien réalisé par notre ami Nidal Hamade
(Al-Intikad)

Notes

1. L'accusation contre la famille Hariri, crédible dans la bouche de cet officier supérieur de très haut rang, spécialisé dans le renseignement, et les affaires libanaises, et qui n'a pas la réputation de parler pour ne rien dire, demanderait une réponse, et un commentaire, de la famille Hariri. N'ayant pas leurs coordonnées, nous leur faisons passer le message, ici. S'ils tiennent à s'exprimer, ils sont les bienvenus dans ces colonnes.

2. Suite des notes

[1] La Ligne bleue est la frontière provisoire tracée par l’ONU entre Israël et le Liban. NdlR.
[2] Voir « Le dossier des mercenaires du Fatah al-Islam est clos », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 juin 2007.
[3] Voir « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih et « Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », entretien de Jürgen Cain Kulbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005 et 15 septembre 2006.
[4] Accusés de complot dans l’affaire Hariri, Moustapha Hamdane (commandant de la Garde présidentielle), Jamil el-Sayed (ancien commandant de la Sûreté générale), Ali al-Haj (ex-directeur des forces de Sécurité intérieure) et Raymond Azar (commandant des Services de renseignement militaire) sont incarcérés depuis le 1er septembre 2005 alors même que les élèments retenus contre eux ont été abandonnés.

IMPERIALISME-TERRORISME-

ISLAMISME

RADICAL

Le colonel (CR) Alain Corvez, conseiller du général commandant la Force d'Interposition des Nations Unies (FINUL ), au Liban, au début des années 80, rappelle les éléments essentiels de la pensée du général de Gaulle, concernant, notamment, la Palestine...Un vision large et profonde, avec une anticipation puissante des événements...

Jeune retraité de l'armée, le colonel Corvez est aujourd'hui un citoyen engagé dans les grands combats de son époque. Souverainiste, il est un des experts du "Forum pour la France". Attaché au principe de l'indépendance de notre pays, contre les dangers d'une intégration à un bloc fédéraliste euro-atlantique, il défend, logiquement, comme on va le lire, le droit des peuples, de tous les peuples, à disposer d'eux-mêmes: le principe de souveraineté - qui a valeur pour tous. Et donc, aussi, naturellement, pour la Palestine, comme pour l'Irak. Ou l'Iran...

Comme d'autres militaires français de très haut rang, l'amiral Michel Debray, commandant du porte-avions Foch au large du Liban, pendant la crise crée par l'invasion israélienne, au début des années 80, le contre-amiral Gaucherand, et d'autres, il a fait partie du groupe d'experts animé par Gilles Munier, à la veille du déclenchement de la guerre d'agression anglo-américaine contre l'Irak.

Courageusement, ces hommes intègres se sont rendus sur le terrain, alors que résonaient déjà les tambours de la guerre, pour y "contrôler les contrôleurs", sur la question des "armes de destruction massives"...


Analyse des relations entre ces conceptions de l’action violente, au travers du discours du Général de Gaulle et de ma connaissance du monde musulman.

Par Alain CORVEZ

«Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »


Conférence de presse tenue au palais de l’Elysée par le Général de Gaulle le 27 novembre
1967.

 

Dans ce discours fameux, qui souleva aussitôt une intense émotion dans le monde, de Gaulle replace de façon magistrale, comme seul il savait le faire, la situation au Moyen-Orient dans sa conjoncture historique, depuis l’époque biblique jusqu’à la déclaration Balfour de 1917, la création de l’Etat d’Israël par l’ONU en 1947 , le déclenchement par Israël de «la guerre des six jours» qui s’est achevée six mois plus tôt par l’écrasante victoire de l’Etat hébreu, et l’affrontement des deux blocs, en dénonçant à la fin «la guerre odieuse» que «l’un des quatre plus grands mène ailleurs» ,dans laquelle il voit des raisons de la tension qui a permis l’éclatement de la guerre. » Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans la guerre du Viêt-nam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. »


Contrairement à l’interprétation qui en a été faite généralement, de Gaulle y exprime de façon poétique et même affectueuse son admiration pour le peuple juif dont il relate la merveilleuse histoire, déplore les «abominables persécutions», vante l’ingéniosité et le courage.Le seul passage qui fut retenu est celui où, ayant à l’esprit la politique agressive de l’Etat d’Israël il dit:
«On pouvait se demander,en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des
conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient
foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et
conflits.Certains, même, redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles.»
(Lire la suite ci-dessous, ou par CLIC ICI

 

 

   
   
   

 

 

 

 

 


En 1996, je crois, je rencontrai le jeune député du Hezbollah, Hussein Haj Hassan, titulaire
d’un doctorat en physique obtenu en France, alors que le Premier Ministre de cohabitation
Lionel Jospin venait de terminer une visite en Israël où il avait déclaré officiellement sa
réprobation des attaques perpétrées par la résistance libanaise en Galilée, qualifiant le
Hezbollah de milice terroriste. Pour montrer sa sollicitude envers les Palestiniens, il avait
demandé à visiter l’université palestinienne de Bir El Zeit où il fut accueilli par des jets de
pierres à cause de cette déclaration. Le Docteur Haj Hassan expliqua cette réaction des
étudiants palestiniens par la solidarité des victimes de l’injustice et de l’oppression et se
demandait si la politique arabe de la France avait changé. Le même jour, une mise au point du
Président Chirac apportait un démenti à cette idée, confirmé par un communiqué du Ministre
des Affaires Etrangères, Hubert Védrine peut-être.


Parmi toutes les personnes rencontrées, Hassan Youssef, titulaire d’un diplôme de Docteur ès
sciences obtenu en France, parfait francophone, m’aida beaucoup à cerner les problèmes et à
entrer dans les raisonnements orientaux parce qu’il réunissait en lui les deux cultures. Il avait
été en quelque sorte le Ministre des Affaires Etrangères du parti AMAL de Nabih Berri, puis
Président du Conseil Supérieur du Sud qui consistait de facto à être Ministre des Affaires du
sud Liban dans le gouvernement issu de Taef.


Après 22 ans d’occupation, le 24 mai 2000 dans la nuit, les forces israéliennes évacuaient le
sud du Liban sans préavis, y compris à leurs alliés Libanais de l’ALS (Armée du Liban
Sud).La zone libérée était aussitôt prise sous son contrôle par le Hezbollah qui fit preuve de
grande maturité politique en empêchant toutes exactions ou vengeances sur les Libanais de la
région qui pouvaient avoir collaboré avec Israël. Cette attitude renforça sa notoriété et,
puisqu’il était le chef de file de la résistance, il ne manqua pas de célébrer avec faste
l’évènement comme sa victoire tout en y associant l’ensemble du peuple libanais. La plupart
des Libanais en ressentit un sentiment de fierté, sauf ceux qui étaient liés à Israël bien sûr, qui
eurent le sentiment d’avoir été trahis par leur ancien protecteur.


L’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri à Beyrouth le 14 février 2005,
intervenant après le vote par l’ONU de la résolution 1559 le 2 septembre 2004 demandant le
retrait des forces syriennes du Liban (en réalité la Syrie n’y est jamais mentionnée mais la
résolution demande l’évacuation de toutes les forces étrangères et le désarmement de toutes
les milices: vaste programme! ) , fut le déclencheur d’une accélération de l’évacuation qui
avait déjà commencée et fut achevée en avril 2005. La SYRIE fut accusée par la foule
libanaise et l’opinion internationale d’être responsable de l’attentat avec ses alliés libanais et
l’ONU diligenta une première commission d’enquête qui rendit un rapport en décembre 2005,
accusateur pour la Syrie mais reposant uniquement sur des déclarations de témoins infondées.
Une deuxième commission est actuellement à l’œuvre avec une méthode différente.


La résolution 1559 avait été préparée en commun par la France et les Etats-Unis dès juin 2004
et sans doute qu’à l’origine Rafic Hariri avait pu y avoir un rôle quand on sait l’influence qu’il
avait en France au plus haut niveau. Toutefois, même s’il avait eu dernièrement des différends
avec le pouvoir syrien, ce n’était pas la première fois, et il était depuis longtemps un partisan
de liens étroits entre Beyrouth et Damas qu’il avait maintenus pendant ses nombreuses années
de Premier Ministre, poste qu’il occupa jusqu’au 26 octobre 2004. On voit mal l’intérêt
qu’aurait eu la Syrie à éliminer un allié qui pouvait encore lui être utile par son nationalisme
arabe, son soutien indéfectible à la cause palestinienne, les relations de confiance qu’il avait
établies avec le Hezbollah dont il rencontrait le chef chaque semaine, et déclencher de ce fait
un vaste mouvement contre elle. Quoi qu’il en soit, elle se trouve sous pressions de la part de
la France et des Etats-Unis, mais il semble qu’avec le fiasco iraquien et la crise iranienne, le
risque de voir ressurgir les islamistes des Frères Musulmans, l’Amérique pourrait finalement
regarder le Président Bachar el Assad comme un élément de stabilité dans la région dont le
soutien à la cause palestinienne ne menace pas directement Israël.


La nouvelle opposition au Liban formule désormais de plus en plus d’exigences mais de façon
assez discordante, comme toujours dans ce pays aux dix huit confessions différentes. Saad
Hariri a repris le rôle de dirigeant de son père mais est loin de faire l’unanimité. Le général
Michel Aoun
, rentré au Liban après le retrait syrien, semble avoir pris du recul sur les
évènements et évite de crier avec les loups pour se présenter comme un responsable réaliste,
ce qui n’était pas toujours le cas pendant son exil. Son rapprochement récent du Hezbollah,
même s’il déplaît à certains chrétiens encore figés dans un passé révolu
, est un signe de sa
volonté de rassembler tous les Libanais. Aucun chef maronite n’émergeant vraiment des
divers postulants à la magistrature suprême, sa posture d’attente pourrait lui être profitable le
moment venu.

La veille de l’intervention américaine en IRAQ en mars 2003, j’étais à Bagdad
avec un groupe de géopolitique pour inspecter les inspecteurs de l’ONU qui cherchaient
désespérément des armes de destruction massive (ADM) et montraient parfois des objets incongrus comme indices d’une possible dissimulation d’activité illicite, ce qui prenait un tour parfaitement ridicule mais ne les tuait pas! Bien entendu ils n’en trouvèrent jamais.
L’écrivain Philippe de Saint-Robert, lors d’une mission analogue un mois auparavant avait
déclaré aux journalistes que la seule arme de destruction massive qu’il ait vue en Iraq était
l’embargo qui privait ce pays de tout, en particulier de nourriture et de médicaments et avait
tué au moins un million de personnes parmi lesquelles de nombreux enfants.
Comme beaucoup de pays du Moyen-Orient, et d’ailleurs, l’Iraq de Saddam Hussein était une
dictature sévère qui maintenait l’unité du pays entre chiites, Kurdes et sunnites, dans une main
de fer.
D’idéologie laïque, les tendances islamistes y étaient soigneusement contrôlées: l’islam
devait se cantonner aux mosquées et aucune religion ne pouvait s’immiscer dans la politique.
Les chrétiens étaient bien traités et occupaient des postes importants dans le gouvernement,
l’administration et l’économie.
Les Kurdes se satisfaisaient de l’autonomie que le pouvoir central leur laissait depuis la
première guerre du Golfe de 1990. Implantés sur des terres chevauchant les frontières
reconnues internationalement, Turquie, Syrie, Iraq, Iran, ils savaient que la création d’un Etat
kurde était une gageure analogue à celle de la création de l’Etat d’Israël, qui rencontrait les
mêmes appréhensions et entraînerait les mêmes conséquences, bien qu’ils fussent une vraie
nation ethniquement, avec leur langue et leur culture conservée depuis des siècles, comme la
nation juive. Le modus vivendi avec le pouvoir de Bagdad auquel ils étaient associés au
niveau ministériel leur convenait donc.
Le terrorisme n’existait pas et la mouvance islamiste radicale internationale qui n’y avait
aucun asile ne manquait pas de critiquer le régime pour cette raison. Mais alors que les
nombreuses autres dictatures du globe ne gênaient ni les Etats-Unis ni Israël, l’Iraq présentait
à leurs yeux un danger car Saddam Hussein en avait fait un pays développé et prospère,
utilisant son immense richesse pétrolière pour créer une infrastructure industrielle, routière,
ferroviaire, un réseau de canaux de navigation exceptionnels, un ensemble éducatif, scolaire et
universitaire, ainsi qu’un système de santé uniques dans la région. Après avoir été soutenu par
l’occident dans sa guerre contre l’Iran chiite de Khomeiny, il prétendait à la direction de la
cause arabe, en rivalité avec son voisin syrien, frère séparé du baasisme laïc et avait des
prétentions territoriales sur le Koweit.
Comme ses immenses réserves de pétrole seront, pour les cinquante ans à venir
indispensables à l’ensemble du monde, Europe et Asie surtout, en s’en emparant les Etats-
Unis étaient sûrs de tenir la dragée haute à tout rival émergeant dans les prochaines années. Or
l’Europe, et tout particulièrement la France étaient déjà présentes en Iraq, ainsi que la Russie,
mais pas l’Amérique. Même s’il n’y avait pas d’ADM, il fallait donc y apporter rapidement
les douceurs de la démocratie américaine. On connaît le résultat et on voit mal comment sortir
de ce chaos, car même un retrait des forces américaines laisserait désormais un pays déchiré,
bien que le terrorisme aveugle qui s’y développe soit à distinguer de la résistance à
l’occupation américaine, préparée et organisée de longue date par les baasistes, désormais
alliée à une résistance islamiste. Le terrorisme aveugle qui tue des civils innocents chaque
jour et veut créer des haines basées sur le sang entre des communautés qui cohabitaient
autrefois harmonieusement doit être lié aux nombres d’agents de renseignement américains,
israéliens, britanniques, allemands présents sur le terrain et dont certains se sont faits prendre
la main dans le sac. Une solution sous égide internationale paraît en tout cas seule
envisageable.
Le survol de ces crises où la violence s’exprime sous des aspects variés montre cependant
une constante: les rivalités mimétiques décrites par le philosophe René Girard n’ont jamais
été aussi fortes et le terrorisme qui se répand est le résultat des injustices et frustrations
ressenties par le monde musulman. Au lieu de privilégier le respect des différences de culture
et l’enrichissement des échanges entre elles, avec l’impérialisme aveugle qui veut s’imposer
partout sur la planète, le monde se heurte au choc des civilisations et se précipite vers sa perte,
sous une forme ou sous une autre. Il est terrifiant de constater que les tenants de cette
politique, l’Amérique souvent suivie par l’Europe, persuadés d’agir pour le bien de
l’humanité en lui apportant les bienfaits de la civilisation occidentale, ne réalisent pas
l’insensé de cette attitude, vérifiant ainsi les prophéties de Nietzsche qui ne voyait d’issue
possible à cette domination de l’absurde que dans l’apparition de surhommes capables de
sortir l’Europe de cet engrenage fatal, par le retour aux vrais valeurs qui font la grandeur de
l’homme. (Et non pas pour imposer leur domination comme Heidegger l’a dit en dévoyant la
pensée de son mentor pour déboucher sur les théories nazies.)


Pour terminer cette analyse, je laisserai tout d’abord la parole à l’ambassadeur Camille
Aboussouan qui était un des étudiants présents à la distribution des prix de l’Université Saint
Joseph de Beyrouth le 3 juillet 1931, quand le Commandant de Gaulle y prononça un discours
magnifique sur leur rôle pour construire le Liban futur, resté dans les mémoires de tous les
Libanais. Le jeune et talentueux écrivain libanais, Alexandre Najjar a écrit à ce sujet un joli
livre intitulé «De Gaulle et le Liban» dont le premier tome est sous-titré «Vers l’Orient
compliqué, 1929-1931» qui retrace l’historique des liens entre le Général et le Liban.

"Une minorité agissante, que l'on ne saurait confondre avec les fidèles de la vénérable religion
juive, est parvenue, au siècle de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, à établir
dans les esprits de l'Occident une confusion totale par rapport à une terre déjà normalement
peuplée et qui élaborait pacifiquement son destin palestinien. Certes dans les rigueurs qui sont
communes aux deux tiers de l'humanité, mais avec une résolution riche d'espérances. Les
moyens audiovisuels et ceux de l'écrit ne sont pas encore l'apanage de ce peuple arabe spolié
et, depuis juin 1967, sa voix est plus que jamais celle de la souffrance et de l'oppression...
L'Occident protecteur d'un Israël expansionniste et sectaire pourrait se réveiller un jour effaré
des conséquences tragiques de sa cruelle partialité." Camille Aboussouan (1968)

Enfin, ayant placé en exergue une citation du Général de Gaulle, je le laisserai aussi conclure
avec ces mots où il place dans les relations franco libanaises un espoir pour la paix du
monde:

"Les liens entre la France et le Liban s'illustrent par leur solidité et leur sincérité. Si la
France est investie d'une mission en Orient, le Liban est, de son côté, investi d'une mission en Europe. C'est pourquoi il importe à nos deux pays de demeurer en accord, solidaires, non seulement sur les questions d'ordre pratique, mais également sur les questions politiques. Cette coopération peut aider à restaurer la paix dans la région où se trouve le Liban, et contribuer ainsi à la paix dans le monde." Le Général Charles de Gaulle (1968)
Alain Corvez.



Le 27 novembre 1967, le Général de Gaulle - Président de la Vème République de 1958 à 1969 -
a dessiné un portrait du peuple juif et d’Israël qui lui vaudrait à coup sûr aujourd’hui
l’accusation d’antisémitisme.


Conférence de Presse du Général de Gaulle le 27 novembre 1967.


"L’établissement, entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là,
l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine et puis, après la Deuxième Guerre
mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël, soulevait, à l’époque, un certain nombre
d’appréhensions.
On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs,
si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans
des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui
étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables,
frictions et conflits.
Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient
restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-
même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne
grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants
qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles.
Cependant, en dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances
qu’ils suscitaient dans certains pays et à certaines époques, un capital considérable
d’intérêt et même de sympathie s’était accumulé en leur faveur, surtout, il faut bien le
dire dans la Chrétienté; un capital qui était issu de l’immense souvenir du Testament,
nourri par toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la
commisération qu’inspirait leur antique malheur et que poétisait, chez nous, la
légende du Juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subies
pendant la Deuxième Guerre mondiale et grossi, depuis qu’ils avaient retrouvé une
patrie, par leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats.
C’est pourquoi, indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en
propagande, que les Israéliens recevaient des milieux Juifs d’Amérique et d’Europe,
beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur
Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les Puissances, tout en désirant qu’ils
parviennent, en usant d’un peu de modestie, à trouver avec leurs voisins un "modus
vivendi" pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu
changé depuis 1956; à la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait
vu apparaître, en effet, un Etat d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite,
l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux
éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas long-
temps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait.
C’est pourquoi, d’ailleurs, la Vème République s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des
liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet Etat et
s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr,
nous conservions avec le Gouvernement israélien des rapports cordiaux et, même,
nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait
d’acheter, mais, en même temps, nous lui prodiguions des avis de modération,
notamment à propos des litiges qui concernaient les eaux du Jourdain ou bien des
escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux camps.
Enfin, nous nous refusions à donner officiellement notre aval à son installation dans
un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé et nous maintenions notre ambassade
à Tel-Aviv.
D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les
peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été
pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et
le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre
action extérieure.
Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l’Etat d’Israël
était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fût détruit. De sorte que, on
pouvait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce
qu’une paix réelle fût conclue et garantie en Orient, pourvu qu’aucun drame nouveau
ne vînt le déchirer.
Hélas! le drame est venu. Il avait été préparé par une tension très grande et
constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés de Jordanie, et aussi d’une
menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Akaba,
fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ceux qui rêvaient d’en
découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait, dès le 24 mai, déclaré à M.Eban,
ministre des Affaires étrangères d’Israël, que je voyais à Paris. " Si Israël est attaqué,
lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez,
nous condamnerons votre initiative.
Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes
beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés, que
les Arabes, je ne doute pas que, le cas échéant, vous remporteriez des succès
militaires, mais, ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de
vue international, dans des difficultés grandissantes, d’autant plus que la guerre en
Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et
d’avoir les conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays, si bien que
c’est à vous, devenus des conquérants, qu’on en imputerait peu à peu les
inconvénients." On sait que la voix de la France n’a pas été entendue. Israël ayant
attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre.
Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller
sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance,
qu’à son tour il qualifie de terrorisme.
Il est vrai que les deux belligérants observent, pour le moment, d’une manière plus ou
moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies, mais il
est bien évident que le conflit n’est que suspendu et qu’il ne peut pas avoir de solution,
sauf par la voie internationale.
Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations Unies ne déchirent elles-
mêmes leur propre Charte, un règlement doit avoir pour base l’évacuation des
territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la
reconnaissance réciproque de chacun des Etats en cause par tous les autres. Après
quoi, par des décisions des Nations Unies, en présence et sous la garantie de leurs
forces, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les
conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des
minorités et les modalités de la libre navigation pour tous, notamment dans le golfe
d’Akaba et dans le canal de Suez.
Suivant la France, dans cette hypothèse, Jérusalem devrait recevoir un statut
international.
Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faudrait qu’il y eût l’accord des
grandes puissances (qui entraînerait ipso facto celui des Nations Unies) et, si un tel
accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter sur place son concours
politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué.
Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître, non point
fictivement sur quelque formule creuse, mais effectivement pour une action
commune, tant que l’un des plus grands des Quatre ne se sera pas dégagé de la guerre
odieuse qu’il mène ailleurs.
Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Viêt-Nam, le conflit
entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est et si, demain, l’Asie du Sud-
Est voyait renaître la paix, le Moyen-Orient l’aurait bientôt recouvrée à la faveur de la
détente générale qui suivrait un pareil évènement."

Le texte du colonel Corvez a été rédigé début 2006 pour le site Recherches sur le terrorisme (http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com). Il a été publié, depuis, sur plusieurs sites internet de qualité, notamment celui du Forum pour la France (http://www.forumpourlafrance.org 2006).

Il est mis en ligne aujourd'hui par notre site, Le Monde réel, avec l'aimable autorisation de son auteur.

Les titres, intertitres, illustrations, et les passages soulignés en gras sont de la responsabilité de la rédaction du Monde réel.

JULIA BOUTROS


ELLE EST LA GRANDE VOIX

DE LA RESISTANCE LIBANAISE.

 

CHRETIENNE, ELLE A DEDIE SA CHANSON

AU PORTE-PAROLE DE TOUS LES COMBATTANTS -

TOUTES ORIGINES

ET

TOUTES CONFESSIONS

CONFONDUES -

LE MUSULMAN HASSAN NASRALLAH,

DIRIGEANT RESPECTE DU HEZBOLLAH,

ET AU-DELA,

DU PEUPLE LIBANAIS UNI DANS SON COMBAT...

LE "CLIP" DE CETTE CHANSON,

LUI-MEME SUPERBE,

ET SE TERMINANT SUR DES IMAGES D'ENFANTS,

MAIN DANS LA MAIN,

DEPLOYANT LE DRAPEAU

DU PAYS DU CEDRE,

SUR FOND D'IMAGES DE GUERRE,

DE SOLDATS INQUIETANTS

MARCHANT DANS LES COLLINES DU LIBAN,

ET DE RUINES,

CONSTITUE

EN LUI-MEME

UN SUPERBE POEME...

ALLEZ

A LA RENCONTRE

DE

LA GRANDE

JULIA BOUTROS

Voir le clip: ...http://www.youtube.com/watch?v=Tch6t-md_-Q <http://www.youtube.com/watch?v=Tch6t-md_-Q>

Un dessin de notre amie MARIALI

- RETOUR AU SOMMAIRE ICI

   

Les "Mémoires d'Espoir"

de Marie-Jeanne

 

Nous ne dirons pas son âge. Cela ne se fait pas. Et de toute façon, c'est un secret. Un secret de la Résistance...Notons simplement que quand nous l'avons rencontrée, un jour, sur le marché de Saint-Denis (93), où cette fille du Limousin Rouge, qui honore encore la mémoire du "préfet des maquis" (le colonel Guingouin) accompagnait les jeunes militants d'EuroPalestine, ils lui avaient apporté un petit tabouret de camping, pliant...Pour qu'elle puisse distribuer les tracts, sans trop se fatiguer... Ils l'aident aussi, quand il le faut, à monter les escaliers des AG, avec sa canne...Bref, Marie-Jeanne, femme de fer au sourire de lumière, et communiste de choc, à l'ancienne, et qui ignorait, évidemment, que nous nous préparions à publier, sur le même sujet, le beau texte du colonel Corvez (ci-dessus), nous envoie, au même moment, ce petit mot:

" Hier, je me suis aperçue qu'on fêtait le I8 juin à la Mairie du XIVème. Je passais à cet endroit et j'ai vu des chaises et des gerbes... Je suis allée récupérer les photocopies des textes que je t'envoie, je n'en n'avais que 1O, c'était bien dommage... Je les ai trés vite distribués, à des élus que je ne connais ni d'Eve , ni d'Adam, et aux vieux héros médaillés munis de sonotones. Aprés, j'ai su que de semblables cérémonies avaient eu lieu dans toutes les Mairies et j'ai pensé que c'était dommage qu'on n'ait pu aller partout en distribuant abondamment ces paroles à ces vieux gaullistes pour lesquels la parole de de Gaulle compte encore même s'ils sont "embrouillés" par ailleurs...
Juste avant le I8, le I6, j'ai envoyé les photocopies du texte intégral, à Debré J.L, avec une lettre manuscrite.
Enfin, je fais ce que je peux, pas grand chose, et la situation me parait souvent, désespérée."

Le texte dont parle Marie-Jeanne est le même que celui que cite, ci-dessus,le colonel Corvez. Dans sa version on ne peut plus officielle, tirée des MEMOIRES D'ESPOIR, du Général de Gaulle. Marie-Jeanne, qui, comme tout communiste de principe, de tradition, et cultivé, aime et admire De Gaulle autant qu'elle aime et qu'elle admire la Résistance Palestinienne, y a joint ces extraits d'une lettre de De Gaulle à Ben Gourion, le 30 décembre 1967: (Dans Lettres, notes et carnets. Tome : juillet I966-Avril I969. Editions Plon. P.170-172):


"C'est avec grand intérêt que j'ai pris connaissance de votre lettre du 6 décembre.......Vous rappelez, à juste titre, que mon pays et moi-même n'avons pas, depuis l'origine, ménagé notre sympathie à cette construction nationale et... nous nous serions opposés à ce qu'elle fut anéantie.... Mais.......j'ai toujours dit - et d'abord, à vous même- que pour justifier à mesure l'œuvre ainsi commencée et assurer son avenir, une stricte modération s'imposait à Israël dans ses rapports avec ses voisins et dans ses ambitions territoriales. Cela d'autant plus que les terres initialement reconnues à votre Etat par les puissances sont considérées par les Arabes comme leur bien, que ceux-ci, au milieu desquels s'installait Israël, sont, de leur côté, fiers et respectables, que la France éprouve à leur égard une amitié ancienne et naturelle, et qu'ils méritent, eux aussi, de se développer en dépit de tous les obstacles que leur opposent la nature, les graves et humiliants retards qu'ils ont souvent subis depuis des siècles du fait de leurs occupants successifs, enfin leur propre dispersion......... ......En entamant les hostilités, en prenant par la force des armes possession de Jérusalem et de maints territoires jordaniens, égyptiens et syriens, en y pratiquant la répression et les expulsions qui sont inévitablement les conséquences d’une occupation dont tout indique qu’elle tend à l’annexion, en affirmant devant le monde que le règlement du conflit ne peut être réalisé que sur la base des conquêtes acquises et non pas à condition que celles-ci soient évacuées, Israël dépasse les bornes de la modération nécessaire. Je le regrette d'autant plus que, moyennant le retrait de ses forces, il apparait qu'une solution comportant la reconnaissance de votre Etat par ses voisins, des garanties de sécurité... qui pourraient être précisées par arbitrage international, un sort digne et équitable assuré aux réfugiés et aux minorités serait aujourd'hui possible dans le cadre des Nations Unies.......... Cette issue qui ramènerait la paix au Moyen-Orient, faciliterait la concorde universelle et, suivant moi, servirait l'intérêt des peuples intéressés, y compris celui du vôtre, ne comblerait pas, je le sais, tous les désirs d'Israël.....Mais quoi ? Israël .... est devenu, bel et bien, un Etat parmi les autres et dont, suivant la loi commune, la vie et la durée dépendent de sa politique. Or, celle-ci-combien de peuples l'ont, tour à tour éprouvé- ne vaut qu'à la condition d'être adaptée aux réalités.........."
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"De tout ça, que reste-t-il, nous demande, à la fin, Marie-Jeanne,que nous en transmettent les medias et les nains qui nous gouvernent, si même ils ont lu ces textes ? Il reste "peuple sûr de lui et dominateur", et entre autres, la construction du tramway, le feu d'artifice de Douste et les "tentes" de Mme Halter....

"Je pars dans mon "douar d'origine" en Limousin, vendredi. Salut. -Là bas, je n'ai pas internet".

Merci, Marie-Jeanne. Pour ce que tu fais, pour ce que tu es, pour ton exemple, pour tes "Mémoires d'Espoir", et pour la Palestine, à qui tu donnes tant...