"A voté!..."-
Ou bien plutôt, cette fois,"n'a pas voté!..."
- Une abstention massive, civique et politique...Le
peuple de France dit merde! Il le dit clairement, il le
dit fort!
Merde à la prétendue "citoyenneté
européenne", qui suppose, si les mots
ont un sens, et ils en ont un, que nous serions dans un Etat
européen, une nation européenne,
fondement d'un nouvel ordre citoyen dans lequel s'abolit
la République Française.
Et merde au prétendu "Parlement
européen", cette assemblée de corrompus,
de"ripoux" du suffrage, où citoyens
lettons et citoyens bulgares, pour ne pas parler de nos amis allemands,
roumains, tchèques, ou polonais, auraient leur
mot à dire sur notre destin de peuple, souverain,
peuple de France qui, pour avoir toujours jusqu'ici
décidé de son sort lui-même, par l'émeute
révolutionnaire, fondatrice, osons le rappeler,
de la république démocratique, par
les armes de la Résistance, aux sources
de la Résurrection de 1944, ou par
les urnes, n'a décidément plus de
goût que pour une politique: celle qu'il
délibère, définit et décide, lui-même.
Souverainement!
- Oui mais,
c'est "une autre Europe" que
vous enterrez-là, une "Europe sociale",
fleuron de cet "altermondialisme" qui jouerait
une"mondialisation heureuse" contre la malheureuse
- l'actuelle, celle dont la crise nous explose au visage..."Nationalistes!"
A cela, il faut répondre.
1. D'abord
que "nationaliste", s'il
s'agit de libération nationale, d'indépendance
d'un peuple, à établir ou rétablir,
et non d'oppression coloniale, à projeter,
ou justifier, ne saurait être une injure, un gros
mot: sauf à accepter le langage, la sémantique,
les valeurs, et donc, fnalement, la politique, de ceux
pour qui gaullistes et communistes représentaient,
pendant la guerre, contre l'occupant nazi, le "nationalisme"
bien entendu "terroriste" -
de la France combattante, de la France libre...
"Nationaliste", toujours, et,
presque toujours, "terroriste",
qui résiste, aux yeux des maîtres de l'Empire, à
la logique d'Empire.
"Nationalistes", les va-nu-pieds
de Valmy; les insurgés prolétariens
de la Commune contre la Prusse campant aux portes
de Paris et la bourgeoisie d'abandon (on ne disait pas encore "kollabo")
repliée à Versailles avant de revenir rougir de sang
les pavés de la capitale;"nationalistes"
les insurgés du Rif, puis des Aurès,
puis de la Casbah, frères de ceux d'Indochine,
aujourd'hui d'Irak ou de Palestine...
Le philosophe géorgien Djougachvili l'avait observé
avant nous: il n'existe pas, dans le monde, "un nationalisme",
d'essence maléfique. Mais des
nationalismes, divers, des formes de nationalisme,
de conquête, de défense ou de libération d'une
nation...Nationalisme ethnique, raciste,séparatiste,
comme le sionisme par exemple, qui opprime humilie
et mutile la nation rebelle de Palestine, nationalisme
raciste séparatiste comme au Kosovo, au
Tibet, ou nationalisme ouvert, de portée
universaliste, comme celui qui construit, blancs et noirs
unis, la "nation arc en ciel" de l'Afrique du
sud de Mandela, ou celui pour lequel est mort, bien loin des criailleries
aigres du Hamas, Abu Ammar...
2.Mais ce n'est pas tout.
Ce deuxième grand NON, ce deuxième grand
MERDE à l'Europe, n'a rien, dans le fond, d'isolationniste.
Ce n'est pas "la France seule",
la France "uber alles" (au-dessus
de tous les autres, comme se voulait le IIIème Reich
allemand, référence obligée de certains
des colistiers de Dieudamné...), qu'incarnent
ceux qui refusent la voie tracée par l'agent américain
Jean Monnet, au mitan du siècle dernier, le XXème...
La France du peuple, la France vivante des banlieues vivantes,
la France bigarrée, la France multicolore,
aux couleurs de ce qu'est aujourd'hui le monde de la musique, de
la danse, de l'art, du cinéma, comme le monde de
la création et du travail, dans son ensemble, le monde de
la jeunesse, s'enrichit chaque jour de ses nouvelles
racines, méditerranéennes, africaines, asiatiques
aujourd'hui, de plus en plus, dont la sève vient
revivifier l'ancienne sève européenne, bon
sang qui ne saurait mentir d'une France blanche et chrétienne
dans une Europe blanche et chrétienne qui a eu sa
part d'ombre, mais sa part de lumière aussi,
qui a eu sa noblesse et sa grandeur, bâti ses cathédrales
et rempli ses bibliothèques forgeant une grande et
belle histoire, notre Histoire - et que personne ici en
tout cas n'oublie ou ne renie...
C'est au contraire la dictature du "tout à
l'Europe" - comme il y a tout-à-l'égoût...-
qui impose, ou imposait, car, sans doute, c'est la fin,
la fermeture sur elle-même d'une "Europe blanche",
raciste, coupée du monde réel, tel qu'il émerge
- de la montée en puissance du Brésil ou de l'Asie
chinoise à la nouvelle "Maison Blanche"
heureusement habitée par un jeune noir au sourire
clair, ami de l'islam et même des femmes en voile...
Sortir de la crise qui gronde et ronge,
sortir des temps de dogme, des temps de guerres, c'est sortir, donc,
aussi, de cette pensée primitive, terroriste qui, niant le
droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, même
les peuples d'Europe, et même le peuple de France,
ne présente comme seul avenir, comme seul destin licite,
et donc, envisageable, que l'intégration à un ensemble
aussi prédéfini qu'indéfini, cette Europe,
vache de Zeus, qui n'est même pas un continent, et que n'unifient,
de fait, nulles valeurs - comme l'a spectaculairement montré
l'affrontement final de la campagne, son apogée, son "clou",
entre Dany-Braguette - "je libère
les petits enfants par la grâce du touche-pipi"
et l'homme qui parle à l'oreille des chevaux de son Béarn
natal, l'un et l'autre euromaniaques mal guéris.
Si la France, pour ce qui
la concerne, doit un jour, sur les ruines de ce qui fut, paraît-il,
l'idéal commun de ces deux hommes, et leur fond de commerce,
en tout cas, chercher une libre association
dans la communauté d'un destin partagé avec l'étranger
proche, c'est contre-nature,
et contre, en tout cas, la nature de
son peuple réel, tel qui l'est, de n'envisager
communauté, partage, et mariage, qu'avec
les pays baltes, la Biélorussie, la Pologne - et
pas Alger, Tunis, Casa, Ouaga, Bamako, Alexandrie,
Ramallah - et demain, inch' Allah, Jérusalem...
Pour ne pas l'avoir pas voulu, pas compris, ou pas voulu le comprendre,
le Front de Gauche, autour du parti
communiste, qui n'a fait que le plein des
voix de la fraction "européenne", blanche,
et syndiquée, du monde du travail, et d'abord des
salariés des services publics (dont l'enseignement) plus
que du jeune prolétariat dispersé de la précarité,
base d'appui naturelle, en principe, pourtant, d'une force qui devrait
se vouloir "le peuple anticapitaliste",
plus que "le peuple de gauche",
ne dépasse pas le score, certes encourageant, de
7%. Un maintien, à peine plus, du score des dernières
élections européennes du PCF, seul. Excellente
opération tactique, mais tactique seulement, et
nonpas stratégique, renvoyant à la niche le facteur
à temps partiel de Neuilly, prospère époux
à temps complet d'une riche fille de famille, avec ses bavardages
anticapitalistes et ses pratiques réelles de secte (5%,
au niveau de Villiers).
Le score des écologistes opportunistes de Dany "braguette"
Cohn-Bendit - futur ministre de l'Intérieur et de la protection
de la petite enfance de sonami "Sarko"? - ne
doit pas faire illusion: il n'y a là rien d'important,
et rien de neuf. Une scission, tout au plus,
au sein de la vaste et visqueuse mouvance "libérale-libertaire,
libérale-socialiste" qui a occupé
un large espace depuis près d'un demi-siècle, constituant
globalement, depuis mai 1968, compris, la meilleure béquille
du système. Aujourd'hui, la béquille
se fendille en deux, ou même en trois, avec sa branche Modem.
Et alors?
Le Pen, lui, disparaît, sans faire le lit d'un Dieudonno-LePénisme,
qui rêvait de donner un nouvel espace au plus ancien
fascisme, à un racisme noir, taillé sur le modèle
du racisme blanc, et de leur ancêtre commun, le... sionisme,
ce qui n'a riend'incompatible avec une aversion obsessionnelle des
juifs, et toujours dans l'imprécation, la haine, et la confusion
mentale. Chasse d'eau.
Pour le reste, et pour l'essentiel, le puissant mouvement
social qui se levait, et qui se lève, n'a toujours pas de
réelle représentation politique. Il devra s'en passer,
pour la période. Et rester bien centré sur ses propres
objectifs, sur les exigences sociales, donc économiques
aussi (à densifier, à préciser) d'un
monde de la création et du travail, d'un monde de la jeunesse,
inconscient, en fait, des capacités qui s'offrent à
lui s'il est plus audacieux, plus offensif, sans cesser d'être
rassembleur, organisateur de l'unité du peple, d'une unité
active..
Cette puissance peut encore grandir, à condition
que la classe ouvrière historique, et, plus largement, le
vaste bloc salarial et syndical de la fonction publique,
entraînant autour de lui les secteurs industriels stratégiques
comme l'automobile, fasse des pas plus résolus, plus
hardis, plus systématiques, en direction du prolétariat
dispersé de la précarité, celui qui travaille
en intérim, en CDD, à temps partiel, avec ou sans
papiers, ou même au "black", et qui est de plus
en plus souvent "black", asiatique, maghrébin -
et féminin... Et ne frappe encore que
discrètement aux portes du grand théâtre politique.
8 juin2009. 11 heures Jean-Paul CRUSE
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