Ils
naissent, déjà handicapés à mort
dans le ventre de leur mère, ou sans tête, ou
sans yeux - et plus souvent encore, avec un
sixième doigt ou un sixième orteil, pareil,
lui-même, à une horrible tumeur.
Ils sont les petits enfants des bombes au phosphore
blanc et des obus de char durcis à l'uranium appauvri,
de la folie guerrière, de la
barbarie impérialiste combattue
par les incroyables héros
de la Résistance Irakienne, qui, en
décidant de ne pas disperser ses unités de guerilla
selon la méthode "de la boule de mercure",
qui file entre les doigts, mais de s'enterrer sur place et
de faire de Fallujah, en 2004, ce que fut Karameh
pour les maos musulmans du Fatah d'Abu Ammar ou, pour la France
de 1914-18, la bataille d'arrêt sur la Marne
avec ses taxis parisiens sauvant Paris, menacée, en
menant les piou-piou au front, sous les gondements de la "grosse
Bertha". - Ce faisant,
sachant ce qu'était le phosphore et ce qu'est l'uranium,
ils savaient ce qu'ils risquaient, sans même
parler, pour de très éventuels priisonniers,
de la torture, et ce que risquaient non seulement
leurs femmes et leurs grandes filles, elles aussi
au combat dans les ruines, lance-roquette à l'épaule
et chapelets de grenades à la ceinture, comme leurs
pères et frères, mais
les vieilles et les vieux d'une "capitale
dela Résistance"
encerclée, soumise à l'infernal matraquage
des "bombardements d'attrition", de pure
terreur, et les petits enfants aux yeux encore
écarquillés, pour ceux qui ont des yeux, d'innocence,
et dont seuls ceux qui ont atteint le stade de la parole comprennent
qu'il est étrange d'avoir des os qui partent dans tous
les sens (comme la jeune martyre au regard d'infinie
patience de la photo du haut) ou six doigts à une
main qui n'est encore qu'une petite menotte - et qui, un jour,
car cette guerre est "globale"
et qu'elle n'est pas finie, serrera d'une étreinte
ferme, et sans trembler, la crosse ou le chargeur arrondi
d'une "kalach"chinoise - ou la
poignée d'un L.R.A.C...
Et nous, pendant ce
temps-là, nous faisons quoi ? Où sont les commandos
de nos "groupes de propagande et d'autodéfense",
ces GPA au sigle insolememnt calqué sur GPU
qui, au tout début de ce cycle d'affrontements
signant la fin de l'Empire, mirent le feu dans les esprits
du Quartier Latin, déclenchant rien de moins que mai
68, avant que les trotskistes et Cohn-Bendit, frayant
la voie à Mitterrand, après Giscard et avant
Sarkozy, son clone, version grotesque, ne nous amènent
où nous en sommes: à des défilés
de prostestation épisodiques, geignards et pleurnichards,
dont sont soigneusement tenus à l'écart les
partisans, français ou même ... irakiens, de
"Comités Irak de Base" à
l'image des "Comités Vietnam de Base"
, mobilisant hardiment la "sauvage"
jeunesse des banlieues qui fait si peur aux "gentils
organisateurs" pour des actions qui soient
vraiment des actions, directes, et populaires à l'image,
aussi, du combat des communistes d'antan contre la guerre
du Rif ou ce "Ridgway-la-peste"
, général "yankee"
de la guerre de Corée qu'on soupçonnait,
à tort ou à raison, de préparer ce que
ses successeurs atteignent comme niveau d'ignominie sur l'actuel
théâtre de la guerre d'Iraq.
Mais comme on n'accepte
pas, ici, de clore quelque texte que ce soit sur une note
négative, et sachant que notre actuel combat reste
bien en dessous du niveau de dignité minimum,
que ceux qui, tout de même, ne veulent pas rester entièrement
complices de pareilles
horreurs se tournent vers la pétition
mondiale en défense des petits enfants de Fallujah,
qu'ils
la signent, comme nous, d'abord - puis aillent faire un
petit tour sur
nos pages IRAQ
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