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Après
la condamnation nette et sans bavure de mes accusateurs, pour diffamation
publique, par la XVIIème chambre du tribunal correctionnel de
Paris, ce 15 janvier 2008...
"Je tends le rameau
d'olivier de la paix, du pardon, et de la réconciliation à
ceux qui ont porté contre moi des accusations infâmantes,
irresponsables, aujourd'hui réduites en poussière par
une décision de justice, comme un "mur
de la honte" par l'explosion d'une grenade, d'une charge de
tolite, ou d'un missile"
- Déclaration
de Jean-Paul CRUSE, 17 janvier 2008 -
"Ceux qui ont suivi
l' audience publique le savent, comme les lecteurs de ce site (lire
ici nos précédents articles):il ne reste
plus rien des accusations d'"antisémitisme" et
de "négationnisme" ("notoire"...)proférées
publiquement contre moi par des égarés, se réclamant
d'un combat pour la Palestine que l'habitude prise des accusations insultantes
et des attaques haineuses autant que mensongères perturbe, divise
et affaiblit depuis trop longtemps.
Je m'en félicite, bien entendu.
Comme m'en ont félicité, aussitôt
la décision de justice prononcée et connue, plusieurs
dizaines d'amies et d'amis d'un peu partout, réaffirmant avec
chaleur leur solidarité et leur confiance.
Mais je ne tire nulle vanité, nulle
gloriole, de cette victoire. Même si, on pourra le comprendre,
elle me fait plaisir.
Et je tiens, tout au contraire, à
saisir cette occasion, non pour enfoncer plus bas que terre et humilier
ceux qui m'ont fait tant de mal - et tant de mal, ce qui est plus grave
encore, à la cause de la Palestine... - pour leur tendre la main,
sans rancune.
Je leur pardonne, sans amertume aucune,
et sans arrière pensée.
Qu'ils prennent conscience, très
simplement, de leurs erreurs - nous en commettons tous et personne n'est
parfait...
Qu'ils les reconnaissent honnêtement
sans faux-fuyant, mais sans autoflagelation inutile...
Alors, une page sera tournée, et
le mouvement de solidarité avec la Palestine en FRANCE pourra
saisir cette occasion pour faire le point, reconstituer, petit à
petit son unité, et se rendre à nouveau utile au peuple
qui souffre et qui se bat - et nous donne, jour après jour, contre
les terribles tentations de la division, de l'aventure, et de la guerre
civile, l'exemple de sa maturité et du souci d'unité et
de rassemblement qui l'a toujours guidé, même dans les
pires des passes.
Mes paroles sont sincères. Elles
viennent du fond du cœur. Elles sont sans haine, et sans esprit
de revanche. Tournées vers l'avenir, et l'unité, condition
de la crédibilité, de l'efficacité...
- A l'exemple d'ABU
AMMAR, toutefois,
"maître d'école" du
peuple palestinien qui fut aussi, au début des années
70, le nôtre, j'ai deux mains:
- dans l'une le rameau
d'olivier:pour qui veut bien en accepter l'offre, et en finir
avec les accusations sans fondement et les discours de haine, indignes...
- dans l'autre main,
comme tout combattant qui se respecte, et ne tend pas le rameau
de paix par peur ou par faiblesse, j'ai les armes
du combat, si combat il doit y avoir, et si on veut nous l'imposer,
encore...
Comme disait un autre "maître
d'école", MAO "nous n'aimons pas la guerre,
et nous faisons tout pour l'empêcher...Mais
nous ne la craignons pas. Nous ne la fuyons pas..."
- Que ceux qui sont allés jusqu'à
produire, à l'audience de la XVII ème chambre, en enceinte
de justice, et sous la foi du serment, d'extravagants "témoignages"
sur ce qui s'est passé devant le Bataclan, en 2005, et même,
quelques semaines plus tôt, sur les grands boulevards (KKL), devant
cette fois des centaines (et non des dizaines...) de témoins
authentiques, capables d'en jurer sans être contredits,
je ne pourrai plus me contenter de me défendre en demandant à
ceux qui portent contre moi des accusations politiques insensées
de fournir textes et preuves.
- Et plus rien n'empêchera le dépôt
d'une plainte pour "faux
témoignage","subornation de témoin",
ainsi qu' "outrage à magistrat",
délits infamants sanctionnés,
à juste titre, par le code pénal, de façon plus
sévère encore que la diffamation ou l'injure.
Devant la XVIIème, confronté,
comme les magistrats chargés d'en juger, et qui ont rendu une
décision impeccablement et rigoureusement construite et motivée
(à lire ici dans les tout prochains jours), à deux versions
contradictoires d'un incident dont tous les vrais amis de la Palestine
savent aujourd'hui ce qu'il en est, j'ai publiquement
demandé que le parquet prenne ses responsabilités,
et fasse le nécessaire pour que soient engagées des pousuites
pour faux témoignage, puisque forcément, une partie ment,
et sous serment, et qu'il est facile d'en établir la preuve.
- Si une simple demande d'un citoyen atteint
dans son honneur, et faisant ce qu'il croit avoir à faire pour
le défendre, n'a pas suffi, et si l'occasion n'est pas saisie
par les responsables d'inutiles polémiques, de division, de troubles,
et d'un climat de haine dont nous savons qu'il peut devenir dangereux
(lire ici, dans cette
page - et également ici),
plus rien ne pourra s'opposer au dépôt d'une plainte,
avec, de nouveau, si cela devient nécessaire, constitution de
partie-civile, pour que la pratique du mensonge
et du faux témoignage en justice, atteinte grave à la
démocratie, soit sanctionnée par un tribunal de la République.
- Pour en savoir plus sur ce
dossier: clic ici.
- La première déclaration
de JP Cruse, résumant l'essentiel des faits, et annonçant
sa décision de porter plainte, aujourd'hui suivie d'effet:
ici
-Actualité Palestine
et soutien à la Palestine en France: ICI
et ICI
-Israël en rose et brun:
l'alliance des socialistes et de l'extrême droite fascistes à
TEL AVIV, ainsi que ses conséquences en FRANCE, avec l'agression
nazie à domicile d'une vieille grand-mère anar un peu
fofolle, habituée des manifs "Palestine", tabassée
sauvagement dans son appartement par des nervis de l'extrême-doite
pro-Israélienne, chauffés à blanc par des campagnes
de haine, et toujours impunis: ICI
-Retour accueil, sommaire:
ici |

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Le fasciste Schoemann, qui s'était procuré des listes
d'adresses personnelles d'intellectuels, de journalistes d'avocats
et d'universitaires, d'élus de gauche, et de juristes spécialiste
des Droits de l'Homme, tous suspects, à ses yeux, de sympathies
pour la Palestine, et leur avait envoyé des lettres de
menaces de mort, accompagnées de la mention:
"la prochaine n'arrivera pas par la poste", a
été condamné ce 22 juin à la peine
dérisoire de 10 mois de prison avec sursis par la X ème
chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Il devra payer la somme de... 1 euro à chacune de ses victimes,
assortie de 1000 euros à quelques-unes d'entre elles, pour
"frais de procédure". On va tout de même
lui confisquer le lot impressionnant d'armes de guerre, revolvers,
fusil à pompe, fusil d'assaut, munitions en abondance,
balles explosives, système de visée laser, et silencieux,
qu'il s'était procuré, en toute illégalité,
dans le cadre de la passion qu'il avoue pour la "chasse
aux nuisibles"...
Partie-civile
exemplaires de dignité, de cohérence et de courage
- on ne peut, malheureusement, pas en dire autant de tous les
autres - Maitre Isabelle Coutant-Peyre et Gilles Munier ont immédiatement
fait appel de cette décision, très inférieure
aux réquisitions, pourtant modestes du parquet (deux ans
avec sursis)
Le
sang va maintenant couler.
Parce que, même si celui-ci finit par se calmer, il existe
aujourd'hui des dizaines de petits "Schoemann", tous
protégés, comme lui, par un extravagant réseau
de complicités... Ils ne demandaient qu'à passer
à l'action. Ils ont un exemple devant eux, et désormais
le feu vert. Un feu vert qui ne leur a pas été donné
par les honnêtes juges de la Xème chambre. Qui ne
sont pas responsables du fait que des poursuites sérieuses
n'aient pas été engagées, justifiant une
condamnation digne de ce nom. Ce n'est pas de leur faute si Schoemann
ne s'est trouvé poursuivi que pour "menaces de mort",
et "détention d'armes de guerre" - ce seul délit
valant tout de même, à lui seul, en temps ordinaire,
et même sans son accompagnement de menaces, une peine ferme...
Ce
n'est pas la faute non plus des trois jeunes magistrates de la
X ème si ce procès s'est déroulé dans
un silences quasi-total, de la part de la "grande presse",
des associations de défense des Droits de l'Homme, et
même d'associations militant pour la Palestine, qu'on a
connues plus vaillantes... Pas leur faute, enfin, non plus,
si l' "extrême-gauche anti-fasciste"
s'est mise aux abonnés absents...De ce qui va se
produire maintenant, s'ils ne se ressaisissent pas, ces gens-là
sont responsables...
Dans
ces conditions, lamentables, le sang de victimes innocentes va
désormais couler. Le sang d'amis de la Palestine, désignés,
d'abord, à la vindicte publique par des campagnes de diffamation,
de calomnies, sur internet; puis "ciblés" par
un quelconque émule de Raphael Schoemann, qui ne s'en tiendrait
pas, lui, au seul envoi de lettres de menaces, et de balles "par
la poste"....
Il
peut couler, aussi, si ceux qui ont à cœur, non seulement
la Palestine, le droit des gens, le droit des peuples, mais le
combat résolu et réel
contre toutes les formes de fascisme, et spécialement celui-là,
tombent désormais dans le piège qui leur est tendu.
La
tentation est grande, en effet, dans de telles conditions, de
"faire justce soi-même". De se protéger,
ou de protéger les siens, soi-même.
Déjà,
chacun le sait, la création de Comités
Anti-Terroristes (CAT) est à l'ordre du jour.
En
soi, cela n'a rien de mauvais. Cela devient, en effet, une urgence.
Mais, pour être réellement
utiles, contre le fascisme réel, dans le monde réel,
ces comités doivent être discrets, sans être
clandestins; ils doivent se concentrer sur un travail d'enquête,
de renseignement; celui que la police et les "services"
, qui n'en ont, qu'on sache, pas reçu l'ordre, ne font
pas... Priorité de ce travail d'enquête, de
recherches, qui doit être discret, patient, et minutieux:
en savoir plus sur le fasciste Schoemann, son parcours, son histoire,
ses amis et/ou complices du Raincy, ou d'ailleurs...Sur les réseaux
de l'extrême-droite israélienne
ou pro-israélienne en France, et ceux qui les protègent:
de l'affaire Ben Barka à
aujourd'hui, et jusqu'au sein de la gauche ou de la-dite "extrême-gauche"
(totalement manipulée et gangrenée).
Ensuite, ce qu'il sera possible de faire, ou de ne pas faire,
des informations recueillies, triées et vérifiées,
devra être débattu. Froidement.
Il
est clair qu'aujourd'hui toute option
de riposte violente, du tac au tac, opposant les menaces aux menaces,
et la terreur, à la terreur, ne ferait qu'alimenter une
stratégie de provocation, une stratégie du "talion",
une stratégie de la tension, voulue, précisément,
par Schoemann et ses maîtres.
Demain
sera un autre jour.
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DOCUMENT
Compte-rendu
d'audience.
Procès de Raphael Schoemann,
X
ème chambre du tribunal correctionnel de Paris,
11 mai 2006.
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Ceux
qui accusent, à tort et à travers, les amis de la
Palestine d' "antisémitisme", ou de
"négationnisme", ne gaspillent pas (toujours...)
leur énergie pour rien...Ces "obsédés",
ces malfaisants, ne perdent pas (toujours) leur temps...-
"Calomniez,
diffamez, il en restera toujouts quelque chose..."
Il
en reste toujours, en effet... de quoi alimenter les fantasmes
meurtriers d'un homme comme Raphaël Schoemann!...
Quand ce maniaque
- parfaitement équilibré, selon les experts psychiatres
- a été arrêté par la police, il avait
envoyé plus d'une dizaine de lettres de menaces
de mort à des "cibles "
ainsi sélectionnées sur internet. Il avait
leurs adresses personnelles. Il s'était équipé,
aussi d'un impressionnant arsenal. Du revolver au "fusil
à pompe" à crosse sciée, et au
fusil d'assaut...De quoi équiper tout un commando. Et faire
d'innombrables victimes...(Suite
plus bas, sous les pattes du grand corbeau" noir...)
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Un bloc. Un bloc de haine, glaciale.
Massif, mûré dans son orgueil, froid. Arrogant, à
l’égard des jeunes magistrates chargées de le juger,
et d’un mépris tout aussi insondable pour ses victimes...Dont
le plus courageuses sont là, à quelques mètres
de lui, sur leur banc...Elles aimeraient comprendre...
D’une famille venue d’Allemagne, cet homme à la forte
carrure, plein d’assurance, est accusé d’avoir adressé
des lettres de menaces à une liste impressionnante d’intellectuels,
de journalistes, d’avocats...Il y ajoutait, chaque fois...une
balle de revolver, en calibre 22LR, "scotchée"
sur un petit bristol.
Qui étaient
les cibles de ce lâche et dangereux personnage? Des personnalités
anti-racistes et progressistes, engagées pour la Palestine ou
réputées l’être, et “suspectes”,
donc, de ce fait, aux yeux de cet inquiétant personnage, d’
“antisémitisme”... Ou de “négationnisme”...”
La prochaine n’arrivera pas par la poste...”,
leur écrivait-il...
Du bluff,
des menaces en l'air, un canular? A voir...
Schoemann s’était soigneusement procuré leurs
adresses personnelles, ainsi qu’un lot impressionnant
d’armes de guerre, avec leur stock de munitions,
quand la Brigade d’Enquête sur les Atteintes aux Personnes
(BEAP), une branche discrète, mais d’une efficacité
redoutable, de la Police Judiciaire parisienne (PJPP) est venue mettre
fin, , au terme d’un remarquable travail, à une activité
de “corbeau”, nuisible et dangereuse, qui risquait,
semble-t-il, de ne pas se limiter à l’envoi de menaces
anonymes et d’insultes dégoûtantes sur des bouts
de papier...
Avec son profil taillé à serpe, sous un front dégarni
par une calvitie galopante, son impassibilité, son arrogant cynisme,
et son patronyme à la rude consonance germanique, Schoemann fait
irrésistiblement penser à Eichman, le bourreau
nazi, narguant ses juges, en Israël... Même si on
croit devoir rattraper cette comparaison au vol, avant qu’elle
ne se soit inscrite, s’agissant d’un homme qui se dit d’origine
juive, et “fils et petit-fils de déporté”...Né
“le 17 mai 1940 de Ernest et Johanna Mayer”, à
Caudéran – docks de Bordeaux – et poursuivi pour
“menaces de mort matérialisées par un objet
ou réitérées” et “appels téléphoniques
malveillants”, il arbore plutôt, d’ailleurs,
à mieux le regarder, du banc de la presse, une sorte de rictus
récurrent de complexé, bizarre, figeant, de temps en temps,
le bas de son visage, qui lui donne plutôt, par moments, un troublant
air de ressemblance avec...l’excellent Pierre Marcelle, le chroniqueur
“de gauche” des “quotidiennes”
de Libération, dont les formules ampoulées lui valent,
dans notre profession cruelle, le fâcheux surnom de “
La Précieuse Ridicule...”
Marcelle
n’est pas là, bien sûr. Pas plus qu’aucun de
ses collègues de Libération, aucune "grande plume",
aucune "grande conscience" des “grands
media”, ou de la “grande presse”
- trop occupés à se recopier les uns les autres dans une
autre affaire de “corbeau”, pourtant, à
y regarder de près, moins grave (CLEARSTREAM).
Ce 11
mai, au tribunal de grande instance de Paris, la salle se remplit lentement.
La présidente
de la X ème chambre correctionnelle, saisie du dossier, résume
l’acte d’accusation.
Les
faits se sont étalés du 26 février au 21 juillet
2003. Une des lettres anonymes accompagnées de balles
de 22 LR et de la mention: “la prochaine n’arrivera
pas par la poste”,est arrivées au domicile personnel
et familial de Lucien Bitterlin,
un homme déjà dans le grand âge, journaliste,
gaulliste historique, héros de la lutte contre l’OAS pendant
la guerre d’Algérie. Sous sa silhouette
banale, modeste, et anonyme, se cache en fait un très grand Monsieur,
un héros de notre temps...Lucien Bitterlin a consacré
toute sa vie à l’établissement de passerelles d’amitié
avec le monde arabe, l’Irak, la Palestine... Il fait,
donc, l’objet, régulièrement, de campagnes de presse
plus ou moins diffamantes, ou menaçantes. Il n'est pas
le seul.
Autre
"cible" du "corbeau", le maire
(PCF) de Seclin, dans le Nord, Jean-Claude Willem,
un vrai militant communiste, comme on les aime, connu pour avoir organisé,
dans sa commune d’importantes manifestations de solidarité
avec le peuple palestinien. Accusé d’avoir organisé
un boycott des produits israéliens, il a été traîné,
de ce fait, en justice - et menacé, en même temps, par
le “corbeau” aux balles de 22 LR...
Visés
agalement José Bové, le député
européen et dirigeant des Verts Alain Lipietz,
la juriste internationale Monique Chemiller-Gendreau,
l’avocate du barreau de Paris Isabelle Coutant-Peyre,
le cinéaste israélien résidant à Paris Eyal
Sivan, l’intellectuelle et universitaire Maria Poumier, l’écrivain
Mondher Sfar, irréductible et farouche opposant tunisien à
la dictature de Ben Ali, les journalistes Ginette Hess-Skandrani, Gilles
Munier (infatigable et intrépide animateur des Amitiés
Franco-Irakiennes, ami de longue date de Lucien Bitterlin), la traductrice
Annie Coussemant...
Les flics ne sont pas toujours bavards sur les racines de leurs enquêtes.
Ils ont raison. Ils protègent la source de leurs informations,
et certaines de leurs méthodes de travail. Il leur arrive même
d’ “enfumer” jusqu’aux magistrats censés,
en principe, les contrôler.
Remonter
la piste d’un “corbeau”, d’un lâche
émetteur de lettres anonymes, n’est pas facile. A moins
d’un bon tuyau, ou d’une dénonciation venue de l’entourage
du volatile à l’occasion de rivalités internes,
de petites jalousies, ou de sérieux conflits d’intérêts
dans des milieux, par nature, opaques... Officiellement, et on s’en
tiendra là, l’enquête a pu prospérer parce
que Schoemann ne se contentait pas d’envoyer ses menaçantes
missives – avec leurs balles. Dans certains cas au moins, il “doublait”
par des envois de courrier électroniques, qu’il pensait
bien protégés, et anonymes, ou par des coups de fil.
Comme ce curieux message adressé, par "e mail",à
Gilles Munier, sous la cynique signature de treponeme@hotmail.fr (le
treponème pâle est le vecteur de la syphilis;les nazis
utilisaient fréquemment des métaphores “médicales”
de cet acabit pour insulter et dénigrer leurs victimes juives...).
Ce courrier électronique de 15 pages été adressé
à Gilles le 11 février 2006, à 9H 31 – à
quelques mois du procès.
Arrêté,
placé en garde à vue, mis en examen sous une incrimination
minimaliste, et aussitôt remis en liberté, Schoemann semble
sûr des protections dont il bénéficie. Sans attendre
l'audience de jugement, et une (probable) condamnation à une
peine de pure forme, il récidive, et recommence son sale petit
travail de lâche, pour semer la terreur, ou tenter de le faire...Avec
un parfait cynisme, et révélant, en fait, beaucoup de
lui-même, il y recense une étude parue en 1991dans le journal
d'extrême-droite Le Choc du Mois, qui relate “quinze
ans de terrorisme” des “milices juives”
en France, “du 19 juin 1976 au 20 avril 1991”.
Le texte
comporte les phrases suivantes, lourdes de sens, évidemment,
dans le contexte:
“Chez
les victimes de ces milices on relève: mort d’homme,blessures
suivies de coma profond, infirmités à vie, séquelles
graves ainsi que vitriolage, commission d’actes de barbarie,
œil crevé, tabassage en règle en présence
de policiers ou de gardes refusant d’intervenir, nombreux
guet-apens, dont un au moins avec la complicité de la presse
(...) La plupart de ces agressions sont passées sous silence
par les medias ou brièvement rapportées. Certaines sont
approuvées par des publications ou des organisations juives,
qui, en général, après quelques mots de réprobation,
donnent à entendre que les victime méritent leur sort,
que c’est naturel et normal...” La liste de ces forfaits,
donnée ici, donc, pour menacer de les réitérer,
s’arrête au 2 avril 1991...Jour où, toujours selon
Schoemann, citant “Le CHOC...”Fabrice Benichou, vendeur
à la criée d’un journal de Jean-Edern Hallier, meurt
à son domicile après avoir été roué
de coups dans le quartier juif du Sentier à Paris”.
Cet envoi de "tréponème" démontre
que Raphaël Schoemann, présenté comme un
“solitaire”, agissant en “marginal”,
n’ignorait pas les noms de Moshe Cohen, un sous-officier
de l’armée israélienne sévissant à
Paris, présenté comme le responsable des “groupes
de choc” de l’extrême-droite juive du Betar-Tagar
dans le document que le “corbeau” envoie à
Gilles Munier pour tenter de l’effrayer. Pas plus que
le "corbeau" n'ignore le patronyme de certains hommes
politiques, liés, de notoriété publique, à
cette sulfureuse “mouvance”...
Toutefois,
(la date le prouve) ce n’est pas ce message-là, mais un
autre courrier électronique du même type, qui aurait permis
aux enquêteurs d’identifier le “corbeau”,
puis de l’interpeller, et de faire une perquisition à son
domicile.
La
“rafle” sera fructueuse. Schoemann n’est
pas seulement un littéraire, amateur de petites phrases faciles,
de sinistres petits collages sur bristol, et de “treponeme”
sur internet... C’est un grand amateur d’armes.
Lui qui prétend avoir agi en solitaire, et ne faire partie d'aucune
structure organisée, "pas même un club de pétanque",
il en détenait de quoi équiper un commando. Avec leurs
munitions, elles aussi stockées en abondance. Et divers accessoires:
réducteur de son ( “silencieux”),
dispositif de visée-laser, etc...Il détenait certains
de ces dangereux joujoux depuis plus de 20 ans. Sans être inscrit
dans aucune société de chasse... Pour s'entraîner,
il s'était inscrit dans un stand de tir de Versailles, où
“les conditions de visibilité”, selon lui insuffisantes,
justifiaient l’achat, sinon l’usage du dispositif de visée–laser...Un
outil de tireur d’élite; de tueur...
Certaines de ces armes étaient légales, ou l’avaient
été, au moins, au moment de leur acquisition. Comme ce
“fusil de chasse à répétition communément
appelé "fusil à pompe”, et “d’origine
américaine”, selon les termes du rapport d’expertise.
De marque High Standard, modèle “Police Pump Shotgun”,
de calibre 12, et portant sur le boîtier de sa culasse le n°
3234219, cette arme, aujourd’hui sévèrement réglementée,
et placée en quatrième catégorie, semble, d’après
les experts, avoir “beaucoup servi”. Elle
était équipée d’une crosse à
canon scié, ayant pour effet de la rendre (encore) plus
courte et plus maniable. Chose bien inutile, et même gênante,
pour un usage cynégétique, mais parfaitement adaptée
à une utilisation dans d’éventuels actes de terrorisme
visant des cibles humaines. Comportant “des déficiences
au niveau du fonctionnement de l’auget transporteur et de la percussion”,
elle n’était, selon les experts, toujours, “pas en
état de fonctionnement” au moment de sa saisie. Ce qui
n’était pas le cas de la carabine semi-automatique également
américaine de marque Charter Arms, modèls AR-7 Explorer,
accompagnée de son chargeur muni de dix cartouches, arme également
interdite sans autorisation préfectorale (quatrième catégorie).
Beaucoup utilisée elle aussi, mais “correctement
entretenue et lubrifiée”, elle était “en parfait
état de fonctionnement”, à condition “ d’utiliser
des munitions à haute vitesse”. 794 cartouches
de marque et de calibre divers ont également été
saisies chez le "corbeau", dont, effectivement, des munitions
à haute vitesse ou à pointe creuse (pour éclater
dans le corps de la cible et faire un maximum de dégâts,
en créant d’abondantes hémorragies dans les “parties
molles”)...
Parmi ces munitions, certaines étaient parfaitement adaptées
aux armes de poing détenues par Raphaël Schoemann, bien
nombreuses, semble-t-il, elles aussi, pour une utilisation par un seul
homme – et peu adaptées à la chasse au gibier ordinaire,
à poil ou à plume:un revolver espagnol de calibre 22 LR
de marque LAMA, n°752753, classé en quatrième catégorie
(port et transport interdits en l’absence d’autorisation
administrative), bien entretenu, et semblant avoir fait l’objet
d’un usage récent...; un revolver américain Smith
& Wesson, n° BSE2523, de calibre 38 spécial, en parfait
état de fonctionnement, et équipé – sophistication
d’amateur éclairé, ou de professionnel... –
d’une double plaquette de crosse en caoutchouc moulé, pour
une prise en main pus agréable, et donc, plus efficace...
Mais l’outil le plus étonnant était une
arme de guerre, un fusil d’assaut suisse SAN SWISS ARMS AG, modèle
Black Special, en calibre 5,56 OTAN – l’équivalent
helvétique de la kalachnikov, inférieur, certes, à
celle-ci en conditions de combat réelles, dans la boue, la poussière
ou le désert, mais capable, comme la merveilleuse invention russe,
de tuer un être humain à plus d’un kilomètre;
et adaptable, d’un simple clic du doigt, au tir au coup par coup
ou en rafale. Une arme absolument interdite aux simples particuliers,
classée en première catégorie (armes de guerre).
“A l’état neuf”, malgré “une légère
usure du phoshatage en dessous de la bague de fixation de grenade”,
cette arme de tueur à gages “a probablement peu tiré”,
indique encore, avec prudence, le rapport d’expertise.
Il n’a pas été permis aux spécialistes désignés
par le tribunal pour examiner toute cette mortelle quincaillerie “de
consulter le fichier CIBLE réservé à la police
et à la gendarmerie et inaccessible aux experts privés”.
On ignore si les flics, eux, l’ont fait; et ce qu’ont donné
les examens comparatifs éventuels des douilles, des balles, des
empreintes de percuteur, ou des rayures de canon.
“Ces
gens-là ont voulu importer en France
le conflit
israélo-palestinien,
dit le "Corbeau",
cynique, en parlant
de ses "cibles"...
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Poliment interrogé par la Présidente, Schoemann ne conteste
pas les faits. Il les a reconnus en garde à vue, avant d’être
aussitôt remis en liberté. On ne lui a,
tout de même, restitué, à ce jour,
ni ses armes de tir, ni ses armes de guerre, ni les accessoires et munitions.
Questionné sur le choix de ses “cibles”, il ne s’étend
pas sur les détails, et ne fait pas dans le registre sentimental.
- Madame Coussemant et Maria Poumier? “Ce sont des traductrices
d’Israel Shamir”. (A ne pas confondre avec l’immense
intellectuel juif anti-sioniste Israël Shahak, Shamir est un ancien
militaire israélien, d’origine russe, qui se dit juif,
mais converti au christianisme, et s’est acquis une petite notoriété
par des écrits au ton provocateur, dissertant abondamment sur
“les juifs” ou “Juifs” (avec ou sans majuscule),
la “juiverie” et la “judéité”...Certains
le considèrent comme un intellectuel critique israélien,
au même titre que le cinéaste Eyal Sivan, etc. Pour d'autres,
c’est un provocateur...)
Le “corbeau “ passe rapidement sur Ginette Skandrani,
mais on sent chez lui une vibration de haine particulière
à l’évocation du nom de Bitterlin:
“J’ai lu ses livres...Son “Histoire des
Barbouzes”...Il a un passé d’agent secret...C’est
le créateur d’escadrons de la mort en Algérie...”
- Des accusations ordinairement répandues dans les torchons d’extrême-droite,
mais souvent reproduites, hélas, dans une certaine presse
“de gauche”, voire d’ “extrême-gauche”
- qui reprend naïvement à Minute et à d’autres
la thématique “anti-barbouzes”.
• - Rappelons que Lucien Bitterlin et une poignée d’amis
sûrs avaient créé, en Algérie même,
et jusque dans les zones les plus infestées par le terrorisme
fasciste de l’OAS, des groupes de choc clandestins. Loin de se
contenter de “porter des valises” remplies de billets
de banque pour le FLN, comme s’en vante aujourd’hui complaisamment
toute une génération de militants français d’extrême-gauche,
ils allaient, eux, les armes à la main, rendre coup pour coup
aux tortionnaires fascistes acharnés à la survie du régime
colonial...
Hommes
de foi et de courage, en général “gaullistes de
gauche”, et “Tiers-Mondistes”, les survivants de l’épopée
des “barbouzes” (ainsi désignés par l’extrême-droite
parce qu’il leur arrivait de porter vraies ou fausses barbes pour
masquer un peu leurs visages et protéger ainsi, notamment, leurs
familles) sont encore aujourd’hui l’objet d’une haine
extraordinaire.
Les
rescapés de la fraction pro-Israélienne de l’OAS,
à l’époque très importante, s'acharnent encore
sur eux, comme ils le peuvent...Bitterlin, dont l’engagement
ultérieur en faveur de la Palestine, est longtemps resté,
lui aussi, clandestin, avait ses entrées à Alger au début
des années 60, à l’époque de Ben Bella, aux
premiers jours de l’indépendance... Comme
Gilles Munier, également
visé, haï et calomnié par Schoemann, et par bien
d’autres... - Fils d’un instituteur breton, lui-même
très proche d’un des principaux dirigeants kabyles de l’insurrection
algérienne, Gilles s’est lié d’amitié,
à Alger, ces années là, avec Khalil Al
Wazir, un des représentants des étudiants palestiniens
de l’époque, d’orientation maoiste,qui allait devenir
un des plus proches compagnons de la première heure de Yasser
Arafat, et fonder avec lui le Fatah, et sa branche militaire, Al Assifa.
Devenu le principal "chef de guerre" palestinien,
Khalil Al Wazir allait être sauvagement assassiné, dans
sa résidence de Tunis, par un commando venu d’Israël,
sous la protection de bombardiers américains. Il est entré
dans l'Histoire, avec un grand H, sous son nom de guerre,
Abu Jihad – Le Père de la Guerre. Sa veuve,
Oum Jihad, "la mère de la guerre", est aujourd'hui
une des figures les plus marquantes du Fatah, autour d'Abu Mazen (Mahmoud
Abbas)...Par la suite, Munier, comme Bitterlin, s’est
beaucoup engagé en faveur de l’Irak.
Notamment, à l’époque de l’embargo, entre
la première “guerre du Golfe” et la deuxième.
A Monique Chemiller-Gendreau, "cible" toute
différente, professeur de droit international réputée,
spécialiste des Droits de l’Homme, experte reconnue dans
le monde, le "corbeau", qui, là non plus, n’exprime
pas la moindre nuance de respect humain, de repentir ou de regret,
reproche ...un article publié dans Le Monde en défense
de ses collègues universitaires de Paris VI, mis en cause pour
avoir souhaité un gel ou un boycott de toutes relations avec
l’entité raciste de Tel Aviv, tant qu’Israël
ne respecterait pas le droit des gens. Schoemann lui en veut, semble-t-il,
aussi, semble-t-il, ses “positions sur l’immigration”...
A
Maître Isabelle Coutant-Peyre, grande et
noble figure du barreau de Paris,
il en veut, si on comprend bien, pour ses liens spirituels avec le grand
philosophe chrétien et communiste, converti à l’Islam,
Roger Garaudy. Ainsi que pour son mariage avec un de ses clients,
actuellement incarcéré, un venezuelien, grand admirateur
de Chavez, Illitch Ramirez Sanchez, plus connu sous son nom de guerre,
“Carlos”. Comme plusieurs
des autres “cibles”, Isabelle est réglièrement
désignée, injuriée, diffamée et calomniée,
sur divers sites internet spécialisés, dont SOS-RACAILLE...
Ce ne sont pourtant pas, prétend Raphaël Schoemann, leur
engagement pour la Palestine qui a guidé le choix de ses “cibles”.
Mais, a-t-il le culot de dire,“leurs liens avec l’extrême-droite”...”Ce
sont des antisémites...Moi-même, à l’âge
de 2 ans, j’ai été déporté ans un
camp de concentration” (le camp de Gurs, dans le sud-ouest de
la France)...J’en suis sorti vivant, heureusement, comme mes parents...Pour
le malheur des parties-civiles...Les partie-civile sont tous
des délinquants, au sens de la loi...Ce sont tous des antisémites...J’ai
collecté des informations sur eux sur internet...Ne
pouvant pas agir contre eux à titre individuel, j’ai signalé
leur cas à la LICRA, à l’UEJF...Personne n’a
rien fait...Les institutionnels n’ont pas fait leur boulot...Le
parquet non plus d’ailleurs” (il reproche, donc, si on comprend
bien, au Procureur de Paris de ne pas avoir engagé de poursuites
judiciaires contre Monique Chemiller-Gendreau, Lucien Bitterlin, Lipietz,
José Bové, etc; et de porter ainsi une responsabilité
au moins indirecte dans l’envoi des lettres de menace anonyme
qu’il a dû se résoudre à poster, le pauvre,
avec leur petit bristol, le scotch, et les balles...) “Ces gens-là
ont voulu importer en France le conflit israélo-palestinien...Moi,
je n’adhère à aucune idéologie, à
aucune organisation, pas même un club de pétanque...Si
j’ai écrit “la prochaine n’arrivera pas
par la poste" sur les bristol que je leur envoyais, portant
une balle, c’est sous l’effet d’une réaction
viscérale..”
- “Apparemment, vos envois n’ont pas produit l’effet
escompté, note benoîtement la Présidente. Qu’en
espériez-vous? - “Au moins qu’ils atténuent
leurs propos... C’est un débat d’idées...J’opposais
mes idées aux leurs...Apparemment, ça n’a pas été
entièrement inutile...Il y a tout de même eu chez
eux un début de réflexion... Ce sont des gens qui se présentent
comme d’héroïques révolutionnaires, qui se
manifestent par une opposition constante aux principes républicains...J’étais
curieux de voir comment ils réagiraient...Je trouve que ma réponse
a été mesurée, par rapport à leurs écrits...Ce
que j’ai fait, c’était illégal, mais légitime.
Je me suis retrouvé en état de nécessité...”
- “Et si on vous avait fait la même chose? - Je l’aurais
pris avec fierté...Un brevet d’héroïsme révolutionnaire!
- “Pourquoi ne leur avez-vous pas envoyé plutôt des
courriers normaux, signés de votre nom?
“Une lettre anonyme, ça ne se signe pas, madame la Présidente”...
- “Et si on avait visé votre domicile, menaçant
du même coup votre famille, vos enfants? - Là, c’est
différent..;
- “Les balles sur les bristol? - Elles étaient
destinées à frapper leur imagination...A
semer la terreur...”
• Et les armes?
- Je m’en
servais uniquement dans l’ancienne propriété de
mes parents...Pour chasser les nuisibles.
Contre eux, je n’avais pas l’intention de m’en
servir. Mon action c’était un canular...
-
“ Les balles perforantes, tout de même?" -
“Là, je me suis fait avoir par l’armurier. Il m’a
dit qu’il ne lui restait que celles-là, je n’ai pas
fait attention...”
• - Aucun regret? - “J’ai dit aux policiers
que tout compte fait” - s’agissant, si on suit son regard,
de gens comme Ginette Skandrani, et autres,“
j’aurais mieux fait de les laisser continuer à semer la
pagaille dans le Palestine bizness!..Ces gens-là ont fichu une
pagaille inouïe dans les ligues de vertu pro-palestiniennes..En
fin de compte, j’aurais dû les laisser continuer, parce
qu’ils ont fait beaucoup de dégâts à la cause
palestinienne...” - Une
gifle terrible pour la pauvre Ginette, qui, enfermée, selon sa
funeste habitude, dans son personnage, ne semble pas un instant consciente
de la terrible humiliation qu'on lui inflige là, et qui rejaillit
sur beaucoup d'autres. Elle en rajoute, d'ailleurs,
et nous humilie tous, cette fois, sans exception, en
s'adressant à Schoemann d'une voix larmoyante: "Mais
vous rende-vous compte qu'avec vos envois, vous avez semé la
terreur?". Il se rengorge, flatté, et ricane.
Elle se rasseoit.
...“Cet
espèce d’esprit fasciste, oui, oui, fasciste,
qui consiste à salir les personnes citée,
avec
ce mépris, cette haine...
Cette
espèce de salissure...
Ça,
ça appartient bien
à
l’extrême-droite!”.
(Maître
Antoine Comte, avocat d'Eyal Sivan, partie-civile contre le "corbeau") |
“Pas une excuse, pas un croupion de remords!, tonne Antoine Comte,
partie-civile, au nom de son client, le cinéaste Eyal Sivan,
le “dissident israélien”, qui est (selon
son avocat) “venu vivre en France, parce qu’il vit dans
son pays une guerre coloniale qui y pourrit les rapports”
-mais ne s’est pas dérangé pour venir affronter,
yeux dans les yeux, Raphaêl Schoemann...La “victime
de l’intolérance”, qu a dû “quitter
son pays”, est retenue, si on a bien compris les propos de
Maître Comte, dans le brouhaha du début de l'audience,
“par des cours qu’il donne à l’université,
en Israël...” On n'en croit pas ses oreilles...
D’Eyal Sivan, metteur en scène imaginatif de films “engagés”
habilement faits, grand comédien et grand acteur, en tout cas,
devant l’Eternel, on ne pouvait rien attendre ici.
D’Antoine
Comte, l’ avocat qu’il a désigné,
donc, on n’espère pas grand chose. De grands éclats
de voix, des poses, des coups de menton, et cette impression qu'il donne
en permanence,
un peu lassante, de chercher désespérément où
est le miroir, pour y admirer son joli profil, qui s’empâte
doucement, c’est l’âge... Ce grand défenseur
professionnel des Droits de l’Homme, proche de la tendance Picquet
de la LCR, doit son doux surnom de “Ran Tan Plan”
(le patronyme du chien stupide de Lucky Luke, qui croit qu'on
lui dit "pisse" quand on lui a dit "mange",
et vient chercher, l'œil humide et la queue frétillante,
les félicitations de son maître après ses grosses
sottises...) à sa prestation dans la fameuse affaire des Irlandais
de Vincennes, au début des années Mitterrand.
- En ces
temps funestes, quelques “idiots utiles”, défenseurs
d’une poignée de gauchistes irlandais proches de la LCR,
surveillés de près par l’anti-terrorisme, avaient,
en pourfendant de bien réelles irrégularités de
procédure, fait exploser toute une enquête
susceptible d'aboutir, si elle avait été au bout, aux
véritables instigateurs du terrible attentat de provocation
de la rue des Rosiers, en 1982. Ces terroristes-là (sans guillemet
aucun) n’étaient pas Palestiniens, et pas Arabes...
Pour Maître Comte, que la cellule de l'Elysée avait, donc,longuement
mis sur écoute, à l'époque, le soupçonnant
- tout à fait à tort, certes - de travailler pour le compte
de mouvements clandestins Arabes ou pro-Arabes, pour Comte, donc, ici,
dans cette affaire, “il ne faut pas se tromper de procès”...
Si le “corbeau” a été remis en liberté
au bout des 48 heures légales de garde à vue, après
ses aveux complets, et la découverte, pourtant, de son stock
d’armes c’est la loi, c’est bien, c’est la protection
des libertés individuelles... “Je
me félicite qu’il ait été laissé en
liberté après la garde à vue”. (Et
tant pis si, quelques mois plus tard, il recommence, avec son ordurier
e mail de “treponeme”, menaçant Gilles Munier)...
Maître Comte, disons-le tout de suite, pour être complètement
honnête, conseille, contre l’auteur de ces lignes, les auteurs
d’accusations d “antisémitisme” et
de “négationnisme”, comparables à
celles qui ont stimulé, ici, l’imagination perverse de
Schoemann – dans cette affaire minable, le bouillant avocat vient
de perdre une première bataille de procédure: il a tenté,
sans succès, de faire annuler les poursuites contre ses deux
clients, mis en examen, et cités à comparaître,
au prétexte que traiter, sans l’ombre d’une preuve,
un intellectuel et journaliste pro-Palestinien d’ “antisémite”
ou de “négationniste” n’est pas
"de la diffamation", mais "de l’injure",
et que ça n’a rien à voir... –.
De Comte,
donc, on n'attend rien de bon. Mais il surprend tout de même,
en bien. Il surprend même deux fois.
- La première,
en citant, au cours de sa plaidoirie, le nom de famille – su jusque
là des seuls connaisseurs du dossier, etcouvert par le secret
de l’instruction...- d’une personne un temps identifiée
comme le probable auteur d’un coup de téléphone
de menaces anonymes, un complice de Schoemann qui, donc, n’était
pas un marginal isolé, un solitaire, mais le membre d’un
réseau de terreur organisé: un certain MOATTI...
“Nous n’avons pas fait appel, nuance t-il, "de
l’expertise" (qui a judiciairement mis cet homme hors
de cause, malgré une troublante ressemblance de voix.) Moatti
a donc bénéficié, finalement, d’un non-lieu.
- Deuxième
bonne surprise: Comte souligne que le “corbeau”
a tout de même fait “un voyage en Suisse de 10 heures,
pour aller acheter le fusil d’assaut, quelques mois à peine
avoir envoyé ses dernières lettres de menace”...Et
surtout,il dénonce chez le "fils de déporté"
qu’il a en face de lui,“cet
espèce d’esprit fasciste, oui, oui, fasciste!, qui consiste
à salir les personnes citée, avec ce mépris, cette
haine...Cette espèce de salissure...Ça, ça appartient
bien à l’extrême-droite!”.
Si Antoine Comte le dit... De Ran Tan plan, on n’espérait
pas tant...
- Et d’insister,
sonore, toujours, mais là, pour une fois, on ne peut plus pertinent...Pour
enfoncer le clou du "fascisme"... du juif fanatiquement
pro-israélien qu'il a en face de lui, Comte cite Léon
Daudet, crachant sur Léon Blum: “il faut l’assassiner,
Blum, mais à coups de couteau de boucher dans le dos...”
- Et en effet, c’est la même chose...”-
Eh!oui, Maitre Comte, dites-le à vos clients, tout ça
c’est la même chose, et voilà où mènent
les diffamations, sur internet...Proférées par des irresponsables,
elles arment des êtres dangereux, au cerveau fragile...Comme le
fasciste Schoemann... - Fragile? Contrairement aux rumeurs
que certaines des partie-civile ont fait bizarrement circuler avant
le procès, comme si elles avaient souhaité casser toute
mobilisation, les experts, en tout cas, l’ont jugé parfaitement
équilibré, parfaitement normal; et accessible, donc, à
la sanction pénale...
A quelle sanction? C’est tout le problème. Antoine
Comte, retrouvant là, hélas, son rôle traditionnel,
se paye un bel effet d’audience, facile, en requérant pour
le “corbeau”, à titre de peine,
“ l’obligation de faire un stage de citoyenneté
sur le terrain, dans la compagnie des Français tels qu’ils
sont, dans leur diversité, Arabes, musulmans, chinois, asiatiques...Peut-être
que ça lui ferait du bien... Pour qu’enfin il apprenne
ce qu’est la réalité française, ce qu’est
la tolérance...” Une belle idée, qui
ne mange pas de pain...Mais si Comte, Henri Leclerc (désigné,
au départ, par une des victimes, mais absent, finalement, lui
aussi, de l’audience, pris par une cause plus urgente, et remplacé...)
ou d’autres ténors du barreau l’avaient voulu (une
de leurs consœurs figure, tout de même, dans la liste des
"cibles"du “corbeau”, elle a reçu sa lettre,
son bristol, et sa balle...), ce n’est pas pour des broutilles
qu’aurait été poursuivi le “fasciste”.
Mais pour ce qu’il est. Et donc, pour “volonté
de troubler l’ordre public par l’intimidation et la terreur”:
la définition légale, précisément, du crime
de “terrorisme”...Et là, sa garde à
vue n’aurait pas été levée au bout de 48
heures. Et on aurait fouillé sérieusement dans son passé;
fait des expertises plus poussées sur les voix, sur les armes...Traqué
d’éventuels complices...Et il aurait risqué
une peine de prison comparable à celle qu’eussent encouru,
avec l'envoi de pareills lettres de menaces, et la détention
de pareilles armes, un quelconque Mohammed, un “islamiste”...
On ne l’a pas fait. C’est un tort. Peut-on le faire encore?
En espérant que cette fois, le Parti Communiste, qui n’a
pas beaucoup bougé pour son élu de Seclin, les organisations
de solidarité avec la Palestine, qui portent une terrible responsabilté,
de par leur étonnante passivité, dans cette affaire sérieuse,
la presse, et finalement la justice, mettent enfin au tapis, et pour
le compte, non seulement ce Schoemann là, mais tous les
apprentis Schoemann, qui ont suivi tout cela, dans l’ombre, et
se préparent...Et "ciblent" déjà,
nous le savons, les meilleurs d'entre nous
“Déporté
ou pas déporté, le passé du prévenu
ne peut rien excuser. Je dirais même: au contraire. (Ce
que Schoemann a fait), "c'est utiliser les armes que les
nazis, que le régime de Vichy,avaient
utilisé contre les Juifs..."
- Maître Alain
Lévy, avocat des petits enfants juifs d'Izieu, et, ici,
de Monique Chemiller-Genderau, partie-civile
|
Pour Maître Alain Levy, défenseur historique
des petits enfants juifs d’Izieu, victimes du nazisme, plaidant
ici pour Monique Chemiller-Gendreau, partie-civile, et le faisant avec
la sobre efficacité d’un très grand avocat,
“déporté ou pas déporté, le passé
du prévenu ne peut rien excuser. Je dirai même: au contraire.
(Ce qu’a fait Raphaël Schoemann), “c’est
utiliser les armes que les nazis, que le régime de Vichy, avaient
utilisé contre les Juifs." Il y a chez lui “une
forme de terrorisme intellectuel”, “dans les propos
qu’on a entendus, dans la démarche”.
“Est-ce
qu’il y a une différence entre des personnes comme Monsieur
Schoemann, avec ses menaces de mort, et celle d’un individu qui
va adresser à un certain nombre d’avocats des courriers
anonymes de menaces de mort, contenant des lames de rasoir, avec les
mots: “ces lames serviront bientôt à trancher ta
gorge de sale juif!” - Il n’y a aucune différence!...”
Une plaidoirie superbe et profonde, à laquelle fit écho
le parquet: en soulignant “la façon” dont l’amateur
de lettres anonymes et d’armes de guerre équipées
de viseurs laser “déshumanise ses victimes”...
“Monsieur Schoemann ne les voit pas tout à fait
comme des êtres humains... Pour lui, ces 12 personnes sont des
identités abstraites...Réduites à leurs opinions...Chez
lui, on ne s’attaque pas à des personnes, on s’attaque
à des choses...” Et de souligner “sa détermination,
son organisation,sa froideur...” Les gants qu’il utilise
avant de poster ses lettres, pour ne pas y laisser d’empreintes...
Et les armes de première catégorie, des armes de guerre...Et
sa façon de parler de sa “chasse aux nuisibles”,
devant ses victimes, et narguant ses juges, à l’audience...Oui,
mais voilà, légalement, à partir des incriminations
retenues – mais retenues, par qui? Avec l’accord et la complicité,
au moins passive, de qui? - le prévenu ne risque qu’ “une
peine maximum de 3 ans d’emprisonnement.” Réquisitions:
deux ans avec sursis.
Pour Maître David Sellam, défenseur du “corbeau”,
le terrain était , donc, aplani. Bien dégagé. Et
de flétrir sans vergogne la robe de sa consœur Isabelle
Coutant-Peyre, qu’était pourtant venue pourtant
défendre, contre lui - déléguée, tout de
même, par le Conseil de l’Ordre, en l’absence,
regrettée, des grands noms du barreau...- une jeune
avocate pleine de flamme à la superbe crinière de feu,
maître Barbelaere-Pettré. - Pour Sellam, Coutant-Peyre
n’est plus une avocate. N’est plus une consœur. C’est
un nom, sur une liste. Si elle a reçu sa lettre de menace ordurière,
et sa balle, c’est bien fait. N’est-elle pas, selon le mot
de son client, narquois, “Madame Carlos”.
Et “Monsieur Coutant-Peyre” (l’autre
“terroriste") n’a-t-il pas écrit, un jour, à
propos de ses propres attentats: “il n’y a pas de victime
innocente”? - Sellam n’en rate pas une. Citant l’inculte
Taguieff, Durban...- Eyal Sivan? “Cinéaste raté,
exilé en France depuis 20 ans pour fuir ses échecs, le
Juif de service...Comme Théo Klein” (authentique figure,
lui, de la grande tradition du judaïsme critique, républicain.
NDLR)...”Mais Théo Klein, lui, a l’excuse de l’âge...”
Dans son élan, l’avocat du “fasciste” a le
mot de trop. Se présentant lui-même comme “ ancien
responsable de la communauté juive du Raincy”, fief de
son “ami Eric Raoult”, ou a résidé Schoemann,
il dit: “Je le connais depuis 15 ans”. Et on croyait que
le “solitaire”, qui ruminait sa haine dans son coin, depuis
40 ans, avant de se décider, un jour, tout seul, et sur le tard,
à passer à l’acte, était un marginal, complètement
isolé, ne faisait partie d’aucun réseau, ne connaissait
personne...
|
“Nous avons frôlé un massacre, du genre de la
tuerie de Nanterre...“ |
Qu’on prenne, enfin, au sérieux, une affaire dans laquelle,
selon les mots de Maître Mylène Stambouli, défenseur
de l’écologiste Alain Lipietz, “nous avons
frôlé un massacre, du genre de la tuerie de Nanterre“;
qu’on ouvre une investigation pour les faits réels:
pour terrorisme...Qu’on entende, à titre de témoins,
bien entendu, rien d’autre, Maître Sellam et son “ami
Raoult”, ce pétulant élu UMP, grand ami d’Israël
et de Nicolas Sarkozy- qui, lui non plus, n’est pas directement
en cause, et qui a bien le droit, selon la loi c'est la liberté
d'opinion) de trôner, en grande photo, plein pot, avec ses amis
de l'extrême-droite juive de la LDJ, sur leur site officiel...http://www.liguededefensejuive.com/article.php3?id_article=351
Qu’on scrute le passé de Schoemann, qui prétend
n'avoir jamais milité pour aucune cause, avant de se découvrir,
sur le tard, à l'approche de la retraite, une vocation de "corbeau",
et de tireur d'élite, chasseur de "nuisibles"...Qu'on
regarde s'il a connu, ou pas, des gens de la LDJ, du Betar, de l'extrême-droite
juive fasciste et activiste...Qu'on découvre où il était,
et ce qu'il faisait, à l'époque de la guerre de l'Algérie,
et de l'OAS, qui semble l'avoir marqué. Qu'on lui demande s'il
a connu, ou pas, un homme un peu plus âgé que lui, mais du
même profil, Elie Tordjman, cet industriel sucrier résidant
au Maroc, fondateur historique du Mossad dans ce pays, dans les années
50, ami, financier et protecteur du général Oufkir..Tordjman,
qui se trouvait, bizarrement, à Paris, le jour de la disparition
de Mehdi Ben Barka: et dont la Brigade
criminelle a retrouvé la trace, en "remontant" les coups
de téléphone adressés au pavillon du truand Boucheseiche,
où le malheureux leader de l'opposition marocaine, grand ami des
Palestiniens, et "cible" privilégiée du Mossad,
a vu s'ouvrir devant lui les Portes de l'Enfer..Qu'on ouvre enfin une
enquête sérieuse sur les réseaux du terrorisme israélien
en France, du rapt de Ben Barka aux mystères de la rue des Rosiers,
en passant par les meurtres de Mahmoud Hamchari, d'Atef Sbeisso, et de
tant d'autres...Qu'on vérifie, enfin, en respectant, pour
faire plaisir à Maître Antoine Comte, la présomption
d’innocence de tous et de chacun, le sacro-saint secret de l’instruction,
et les règles sacrées de la garde à vue, que le fasciste
Schoemann n’avait sondé, sur ses mortifères intentions,
autour de lui, personne. Et qu’il n’y avait pas de “terrorisme
organisé”. Pas de protections actives ou passives. Pas de
“complot”. Pas de “réseau”...
Jean-Paul CRUSE |