Après la condamnation nette et sans bavure de mes accusateurs, pour diffamation publique, par la XVIIème chambre du tribunal correctionnel de Paris, ce 15 janvier 2008...

"Je tends le rameau d'olivier de la paix, du pardon, et de la réconciliation à ceux qui ont porté contre moi des accusations infâmantes, irresponsables, aujourd'hui réduites en poussière par une décision de justice, comme un "mur de la honte" par l'explosion d'une grenade, d'une charge de tolite, ou d'un missile"

- Déclaration de Jean-Paul CRUSE, 17 janvier 2008 -

 

"Ceux qui ont suivi l' audience publique le savent, comme les lecteurs de ce site (lire ici nos précédents articles):il ne reste plus rien des accusations d'"antisémitisme" et de "négationnisme" ("notoire"...)proférées publiquement contre moi par des égarés, se réclamant d'un combat pour la Palestine que l'habitude prise des accusations insultantes et des attaques haineuses autant que mensongères perturbe, divise et affaiblit depuis trop longtemps.

 

Je m'en félicite, bien entendu.

Comme m'en ont félicité, aussitôt la décision de justice prononcée et connue, plusieurs dizaines d'amies et d'amis d'un peu partout, réaffirmant avec chaleur leur solidarité et leur confiance.

 

Mais je ne tire nulle vanité, nulle gloriole, de cette victoire. Même si, on pourra le comprendre, elle me fait plaisir.

 

Et je tiens, tout au contraire, à saisir cette occasion, non pour enfoncer plus bas que terre et humilier ceux qui m'ont fait tant de mal - et tant de mal, ce qui est plus grave encore, à la cause de la Palestine... - pour leur tendre la main, sans rancune.

 

Je leur pardonne, sans amertume aucune, et sans arrière pensée.

 

Qu'ils prennent conscience, très simplement, de leurs erreurs - nous en commettons tous et personne n'est parfait...

 

Qu'ils les reconnaissent honnêtement sans faux-fuyant, mais sans autoflagelation inutile...

 

Alors, une page sera tournée, et le mouvement de solidarité avec la Palestine en FRANCE pourra saisir cette occasion pour faire le point, reconstituer, petit à petit son unité, et se rendre à nouveau utile au peuple qui souffre et qui se bat - et nous donne, jour après jour, contre les terribles tentations de la division, de l'aventure, et de la guerre civile, l'exemple de sa maturité et du souci d'unité et de rassemblement qui l'a toujours guidé, même dans les pires des passes.

 

 

Mes paroles sont sincères. Elles viennent du fond du cœur. Elles sont sans haine, et sans esprit de revanche. Tournées vers l'avenir, et l'unité, condition de la crédibilité, de l'efficacité...

 

 

- A l'exemple d'ABU AMMAR, toutefois, "maître d'école" du peuple palestinien qui fut aussi, au début des années 70, le nôtre, j'ai deux mains:

 

- dans l'une le rameau d'olivier:pour qui veut bien en accepter l'offre, et en finir avec les accusations sans fondement et les discours de haine, indignes...

 

- dans l'autre main, comme tout combattant qui se respecte, et ne tend pas le rameau de paix par peur ou par faiblesse, j'ai les armes du combat, si combat il doit y avoir, et si on veut nous l'imposer, encore...

 

Comme disait un autre "maître d'école", MAO "nous n'aimons pas la guerre, et nous faisons tout pour l'empêcher...Mais nous ne la craignons pas. Nous ne la fuyons pas..."

 

- Que ceux qui sont allés jusqu'à produire, à l'audience de la XVII ème chambre, en enceinte de justice, et sous la foi du serment, d'extravagants "témoignages" sur ce qui s'est passé devant le Bataclan, en 2005, et même, quelques semaines plus tôt, sur les grands boulevards (KKL), devant cette fois des centaines (et non des dizaines...) de témoins authentiques, capables d'en jurer sans être contredits, je ne pourrai plus me contenter de me défendre en demandant à ceux qui portent contre moi des accusations politiques insensées de fournir textes et preuves.

 

- Et plus rien n'empêchera le dépôt d'une plainte pour "faux témoignage","subornation de témoin", ainsi qu' "outrage à magistrat", délits infamants sanctionnés, à juste titre, par le code pénal, de façon plus sévère encore que la diffamation ou l'injure.

 

 

Devant la XVIIème, confronté, comme les magistrats chargés d'en juger, et qui ont rendu une décision impeccablement et rigoureusement construite et motivée (à lire ici dans les tout prochains jours), à deux versions contradictoires d'un incident dont tous les vrais amis de la Palestine savent aujourd'hui ce qu'il en est, j'ai publiquement demandé que le parquet prenne ses responsabilités, et fasse le nécessaire pour que soient engagées des pousuites pour faux témoignage, puisque forcément, une partie ment, et sous serment, et qu'il est facile d'en établir la preuve.

 

- Si une simple demande d'un citoyen atteint dans son honneur, et faisant ce qu'il croit avoir à faire pour le défendre, n'a pas suffi, et si l'occasion n'est pas saisie par les responsables d'inutiles polémiques, de division, de troubles, et d'un climat de haine dont nous savons qu'il peut devenir dangereux (lire ici, dans cette page - et également ici), plus rien ne pourra s'opposer au dépôt d'une plainte, avec, de nouveau, si cela devient nécessaire, constitution de partie-civile, pour que la pratique du mensonge et du faux témoignage en justice, atteinte grave à la démocratie, soit sanctionnée par un tribunal de la République.

- Pour en savoir plus sur ce dossier: clic ici.

- La première déclaration de JP Cruse, résumant l'essentiel des faits, et annonçant sa décision de porter plainte, aujourd'hui suivie d'effet: ici

-Actualité Palestine et soutien à la Palestine en France: ICI et ICI

-Israël en rose et brun: l'alliance des socialistes et de l'extrême droite fascistes à TEL AVIV, ainsi que ses conséquences en FRANCE, avec l'agression nazie à domicile d'une vieille grand-mère anar un peu fofolle, habituée des manifs "Palestine", tabassée sauvagement dans son appartement par des nervis de l'extrême-doite pro-Israélienne, chauffés à blanc par des campagnes de haine, et toujours impunis: ICI

-Retour accueil, sommaire: ici

Le fasciste Schoemann, qui s'était procuré des listes d'adresses personnelles d'intellectuels, de journalistes d'avocats et d'universitaires, d'élus de gauche, et de juristes spécialiste des Droits de l'Homme, tous suspects, à ses yeux, de sympathies pour la Palestine, et leur avait envoyé des lettres de menaces de mort, accompagnées de la mention: "la prochaine n'arrivera pas par la poste", a été condamné ce 22 juin à la peine dérisoire de 10 mois de prison avec sursis par la X ème chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Il devra payer la somme de... 1 euro à chacune de ses victimes, assortie de 1000 euros à quelques-unes d'entre elles, pour "frais de procédure". On va tout de même lui confisquer le lot impressionnant d'armes de guerre, revolvers, fusil à pompe, fusil d'assaut, munitions en abondance, balles explosives, système de visée laser, et silencieux, qu'il s'était procuré, en toute illégalité, dans le cadre de la passion qu'il avoue pour la "chasse aux nuisibles"...

Partie-civile exemplaires de dignité, de cohérence et de courage - on ne peut, malheureusement, pas en dire autant de tous les autres - Maitre Isabelle Coutant-Peyre et Gilles Munier ont immédiatement fait appel de cette décision, très inférieure aux réquisitions, pourtant modestes du parquet (deux ans avec sursis)

Le sang va maintenant couler.

Parce que, même si celui-ci finit par se calmer, il existe aujourd'hui des dizaines de petits "Schoemann", tous protégés, comme lui, par un extravagant réseau de complicités... Ils ne demandaient qu'à passer à l'action. Ils ont un exemple devant eux, et désormais le feu vert. Un feu vert qui ne leur a pas été donné par les honnêtes juges de la Xème chambre. Qui ne sont pas responsables du fait que des poursuites sérieuses n'aient pas été engagées, justifiant une condamnation digne de ce nom. Ce n'est pas de leur faute si Schoemann ne s'est trouvé poursuivi que pour "menaces de mort", et "détention d'armes de guerre" - ce seul délit valant tout de même, à lui seul, en temps ordinaire, et même sans son accompagnement de menaces, une peine ferme...

Ce n'est pas la faute non plus des trois jeunes magistrates de la X ème si ce procès s'est déroulé dans un silences quasi-total, de la part de la "grande presse", des associations de défense des Droits de l'Homme, et même d'associations militant pour la Palestine, qu'on a connues plus vaillantes... Pas leur faute, enfin, non plus, si l' "extrême-gauche anti-fasciste" s'est mise aux abonnés absents...De ce qui va se produire maintenant, s'ils ne se ressaisissent pas, ces gens-là sont responsables...

Dans ces conditions, lamentables, le sang de victimes innocentes va désormais couler. Le sang d'amis de la Palestine, désignés, d'abord, à la vindicte publique par des campagnes de diffamation, de calomnies, sur internet; puis "ciblés" par un quelconque émule de Raphael Schoemann, qui ne s'en tiendrait pas, lui, au seul envoi de lettres de menaces, et de balles "par la poste"....

Il peut couler, aussi, si ceux qui ont à cœur, non seulement la Palestine, le droit des gens, le droit des peuples, mais le combat résolu et réel contre toutes les formes de fascisme, et spécialement celui-là, tombent désormais dans le piège qui leur est tendu.

La tentation est grande, en effet, dans de telles conditions, de "faire justce soi-même". De se protéger, ou de protéger les siens, soi-même.

Déjà, chacun le sait, la création de Comités Anti-Terroristes (CAT) est à l'ordre du jour.

En soi, cela n'a rien de mauvais. Cela devient, en effet, une urgence. Mais, pour être réellement utiles, contre le fascisme réel, dans le monde réel, ces comités doivent être discrets, sans être clandestins; ils doivent se concentrer sur un travail d'enquête, de renseignement; celui que la police et les "services" , qui n'en ont, qu'on sache, pas reçu l'ordre, ne font pas... Priorité de ce travail d'enquête, de recherches, qui doit être discret, patient, et minutieux: en savoir plus sur le fasciste Schoemann, son parcours, son histoire, ses amis et/ou complices du Raincy, ou d'ailleurs...Sur les réseaux de l'extrême-droite israélienne ou pro-israélienne en France, et ceux qui les protègent: de l'affaire Ben Barka à aujourd'hui, et jusqu'au sein de la gauche ou de la-dite "extrême-gauche" (totalement manipulée et gangrenée).

Ensuite, ce qu'il sera possible de faire, ou de ne pas faire, des informations recueillies, triées et vérifiées, devra être débattu. Froidement.

Il est clair qu'aujourd'hui toute option de riposte violente, du tac au tac, opposant les menaces aux menaces, et la terreur, à la terreur, ne ferait qu'alimenter une stratégie de provocation, une stratégie du "talion", une stratégie de la tension, voulue, précisément, par Schoemann et ses maîtres.

Demain sera un autre jour.

 

DOCUMENT

Compte-rendu d'audience.

Procès de Raphael Schoemann,

X ème chambre du tribunal correctionnel de Paris,

11 mai 2006.

 

Ceux qui accusent, à tort et à travers, les amis de la Palestine d' "antisémitisme", ou de "négationnisme", ne gaspillent pas (toujours...) leur énergie pour rien...Ces "obsédés", ces malfaisants, ne perdent pas (toujours) leur temps...-

"Calomniez, diffamez, il en restera toujouts quelque chose..."

Il en reste toujours, en effet... de quoi alimenter les fantasmes meurtriers d'un homme comme Raphaël Schoemann!...

Quand ce maniaque - parfaitement équilibré, selon les experts psychiatres - a été arrêté par la police, il avait envoyé plus d'une dizaine de lettres de menaces de mort à des "cibles " ainsi sélectionnées sur internet. Il avait leurs adresses personnelles. Il s'était équipé, aussi d'un impressionnant arsenal. Du revolver au "fusil à pompe" à crosse sciée, et au fusil d'assaut...De quoi équiper tout un commando. Et faire d'innombrables victimes...(Suite plus bas, sous les pattes du grand corbeau" noir...)

 


Un bloc. Un bloc de haine, glaciale. Massif, mûré dans son orgueil, froid. Arrogant, à l’égard des jeunes magistrates chargées de le juger, et d’un mépris tout aussi insondable pour ses victimes...Dont le plus courageuses sont là, à quelques mètres de lui, sur leur banc...Elles aimeraient comprendre...
D’une famille venue d’Allemagne, cet homme à la forte carrure, plein d’assurance, est accusé d’avoir adressé des lettres de menaces à une liste impressionnante d’intellectuels, de journalistes, d’avocats...Il y ajoutait, chaque fois...une balle de revolver, en calibre 22LR, "scotchée" sur un petit bristol.

Qui étaient les cibles de ce lâche et dangereux personnage? Des personnalités anti-racistes et progressistes, engagées pour la Palestine ou réputées l’être, et “suspectes”, donc, de ce fait, aux yeux de cet inquiétant personnage, d’ “antisémitisme”... Ou de “négationnisme”...” La prochaine n’arrivera pas par la poste...”, leur écrivait-il...

Du bluff, des menaces en l'air, un canular? A voir...
Schoemann s’était soigneusement procuré leurs adresses personnelles, ainsi qu’un lot impressionnant d’armes de guerre, avec leur stock de munitions, quand la Brigade d’Enquête sur les Atteintes aux Personnes (BEAP), une branche discrète, mais d’une efficacité redoutable, de la Police Judiciaire parisienne (PJPP) est venue mettre fin, , au terme d’un remarquable travail, à une activité de “corbeau”, nuisible et dangereuse, qui risquait, semble-t-il, de ne pas se limiter à l’envoi de menaces anonymes et d’insultes dégoûtantes sur des bouts de papier...


Avec son profil taillé à serpe, sous un front dégarni par une calvitie galopante, son impassibilité, son arrogant cynisme, et son patronyme à la rude consonance germanique, Schoemann fait irrésistiblement penser à Eichman, le bourreau nazi, narguant ses juges, en Israël... Même si on croit devoir rattraper cette comparaison au vol, avant qu’elle ne se soit inscrite, s’agissant d’un homme qui se dit d’origine juive, et “fils et petit-fils de déporté”...Né “le 17 mai 1940 de Ernest et Johanna Mayer”, à Caudéran – docks de Bordeaux – et poursuivi pour “menaces de mort matérialisées par un objet ou réitérées” et “appels téléphoniques malveillants”, il arbore plutôt, d’ailleurs, à mieux le regarder, du banc de la presse, une sorte de rictus récurrent de complexé, bizarre, figeant, de temps en temps, le bas de son visage, qui lui donne plutôt, par moments, un troublant air de ressemblance avec...l’excellent Pierre Marcelle, le chroniqueur “de gauche” des “quotidiennes” de Libération, dont les formules ampoulées lui valent, dans notre profession cruelle, le fâcheux surnom de “ La Précieuse Ridicule...”

Marcelle n’est pas là, bien sûr. Pas plus qu’aucun de ses collègues de Libération, aucune "grande plume", aucune "grande conscience" des “grands media”, ou de la “grande presse” - trop occupés à se recopier les uns les autres dans une autre affaire de “corbeau”, pourtant, à y regarder de près, moins grave (CLEARSTREAM).

Ce 11 mai, au tribunal de grande instance de Paris, la salle se remplit lentement.

La présidente de la X ème chambre correctionnelle, saisie du dossier, résume l’acte d’accusation.

Les faits se sont étalés du 26 février au 21 juillet 2003. Une des lettres anonymes accompagnées de balles de 22 LR et de la mention: “la prochaine n’arrivera pas par la poste”,est arrivées au domicile personnel et familial de Lucien Bitterlin, un homme déjà dans le grand âge, journaliste, gaulliste historique, héros de la lutte contre l’OAS pendant la guerre d’Algérie. Sous sa silhouette banale, modeste, et anonyme, se cache en fait un très grand Monsieur, un héros de notre temps...Lucien Bitterlin a consacré toute sa vie à l’établissement de passerelles d’amitié avec le monde arabe, l’Irak, la Palestine... Il fait, donc, l’objet, régulièrement, de campagnes de presse plus ou moins diffamantes, ou menaçantes. Il n'est pas le seul.

Autre "cible" du "corbeau", le maire (PCF) de Seclin, dans le Nord, Jean-Claude Willem, un vrai militant communiste, comme on les aime, connu pour avoir organisé, dans sa commune d’importantes manifestations de solidarité avec le peuple palestinien. Accusé d’avoir organisé un boycott des produits israéliens, il a été traîné, de ce fait, en justice - et menacé, en même temps, par le “corbeau” aux balles de 22 LR...

Visés agalement José Bové, le député européen et dirigeant des Verts Alain Lipietz, la juriste internationale Monique Chemiller-Gendreau, l’avocate du barreau de Paris Isabelle Coutant-Peyre, le cinéaste israélien résidant à Paris Eyal Sivan, l’intellectuelle et universitaire Maria Poumier, l’écrivain Mondher Sfar, irréductible et farouche opposant tunisien à la dictature de Ben Ali, les journalistes Ginette Hess-Skandrani, Gilles Munier (infatigable et intrépide animateur des Amitiés Franco-Irakiennes, ami de longue date de Lucien Bitterlin), la traductrice Annie Coussemant...


Les flics ne sont pas toujours bavards sur les racines de leurs enquêtes. Ils ont raison. Ils protègent la source de leurs informations, et certaines de leurs méthodes de travail. Il leur arrive même d’ “enfumer” jusqu’aux magistrats censés, en principe, les contrôler.

Remonter la piste d’un “corbeau”, d’un lâche émetteur de lettres anonymes, n’est pas facile. A moins d’un bon tuyau, ou d’une dénonciation venue de l’entourage du volatile à l’occasion de rivalités internes, de petites jalousies, ou de sérieux conflits d’intérêts dans des milieux, par nature, opaques... Officiellement, et on s’en tiendra là, l’enquête a pu prospérer parce que Schoemann ne se contentait pas d’envoyer ses menaçantes missives – avec leurs balles. Dans certains cas au moins, il “doublait” par des envois de courrier électroniques, qu’il pensait bien protégés, et anonymes, ou par des coups de fil.

Signé "Tréponème"


Comme ce curieux message adressé, par "e mail",à Gilles Munier, sous la cynique signature de treponeme@hotmail.fr (le treponème pâle est le vecteur de la syphilis;les nazis utilisaient fréquemment des métaphores “médicales” de cet acabit pour insulter et dénigrer leurs victimes juives...). Ce courrier électronique de 15 pages été adressé à Gilles le 11 février 2006, à 9H 31 – à quelques mois du procès.

Arrêté, placé en garde à vue, mis en examen sous une incrimination minimaliste, et aussitôt remis en liberté, Schoemann semble sûr des protections dont il bénéficie. Sans attendre l'audience de jugement, et une (probable) condamnation à une peine de pure forme, il récidive, et recommence son sale petit travail de lâche, pour semer la terreur, ou tenter de le faire...Avec un parfait cynisme, et révélant, en fait, beaucoup de lui-même, il y recense une étude parue en 1991dans le journal d'extrême-droite Le Choc du Mois, qui relate “quinze ans de terrorisme” des “milices juives” en France, “du 19 juin 1976 au 20 avril 1991”.

Le texte comporte les phrases suivantes, lourdes de sens, évidemment, dans le contexte:

“Chez les victimes de ces milices on relève: mort d’homme,blessures suivies de coma profond, infirmités à vie, séquelles graves ainsi que vitriolage, commission d’actes de barbarie, œil crevé, tabassage en règle en présence de policiers ou de gardes refusant d’intervenir, nombreux guet-apens, dont un au moins avec la complicité de la presse (...) La plupart de ces agressions sont passées sous silence par les medias ou brièvement rapportées. Certaines sont approuvées par des publications ou des organisations juives, qui, en général, après quelques mots de réprobation, donnent à entendre que les victime méritent leur sort, que c’est naturel et normal...” La liste de ces forfaits, donnée ici, donc, pour menacer de les réitérer, s’arrête au 2 avril 1991...Jour où, toujours selon Schoemann, citant “Le CHOC...”Fabrice Benichou, vendeur à la criée d’un journal de Jean-Edern Hallier, meurt à son domicile après avoir été roué de coups dans le quartier juif du Sentier à Paris”.
Cet envoi de "tréponème" démontre que Raphaël Schoemann, présenté comme un “solitaire”, agissant en “marginal”, n’ignorait pas les noms de Moshe Cohen, un sous-officier de l’armée israélienne sévissant à Paris, présenté comme le responsable des “groupes de choc” de l’extrême-droite juive du Betar-Tagar dans le document que le “corbeau” envoie à Gilles Munier pour tenter de l’effrayer. Pas plus que le "corbeau" n'ignore le patronyme de certains hommes politiques, liés, de notoriété publique, à cette sulfureuse “mouvance”...

Toutefois, (la date le prouve) ce n’est pas ce message-là, mais un autre courrier électronique du même type, qui aurait permis aux enquêteurs d’identifier le “corbeau”, puis de l’interpeller, et de faire une perquisition à son domicile.

La “rafle” sera fructueuse. Schoemann n’est pas seulement un littéraire, amateur de petites phrases faciles, de sinistres petits collages sur bristol, et de “treponeme” sur internet... C’est un grand amateur d’armes. Lui qui prétend avoir agi en solitaire, et ne faire partie d'aucune structure organisée, "pas même un club de pétanque", il en détenait de quoi équiper un commando. Avec leurs munitions, elles aussi stockées en abondance. Et divers accessoires: réducteur de son ( “silencieux”), dispositif de visée-laser, etc...Il détenait certains de ces dangereux joujoux depuis plus de 20 ans. Sans être inscrit dans aucune société de chasse... Pour s'entraîner, il s'était inscrit dans un stand de tir de Versailles, où “les conditions de visibilité”, selon lui insuffisantes, justifiaient l’achat, sinon l’usage du dispositif de visée–laser...Un outil de tireur d’élite; de tueur...
Certaines de ces armes étaient légales, ou l’avaient été, au moins, au moment de leur acquisition. Comme ce “fusil de chasse à répétition communément appelé "fusil à pompe”, et “d’origine américaine”, selon les termes du rapport d’expertise. De marque High Standard, modèle “Police Pump Shotgun”, de calibre 12, et portant sur le boîtier de sa culasse le n° 3234219, cette arme, aujourd’hui sévèrement réglementée, et placée en quatrième catégorie, semble, d’après les experts, avoir “beaucoup servi”. Elle était équipée d’une crosse à canon scié, ayant pour effet de la rendre (encore) plus courte et plus maniable. Chose bien inutile, et même gênante, pour un usage cynégétique, mais parfaitement adaptée à une utilisation dans d’éventuels actes de terrorisme visant des cibles humaines. Comportant “des déficiences au niveau du fonctionnement de l’auget transporteur et de la percussion”, elle n’était, selon les experts, toujours, “pas en état de fonctionnement” au moment de sa saisie. Ce qui n’était pas le cas de la carabine semi-automatique également américaine de marque Charter Arms, modèls AR-7 Explorer, accompagnée de son chargeur muni de dix cartouches, arme également interdite sans autorisation préfectorale (quatrième catégorie). Beaucoup utilisée elle aussi, mais “correctement entretenue et lubrifiée”, elle était “en parfait état de fonctionnement”, à condition “ d’utiliser des munitions à haute vitesse”. 794 cartouches de marque et de calibre divers ont également été saisies chez le "corbeau", dont, effectivement, des munitions à haute vitesse ou à pointe creuse (pour éclater dans le corps de la cible et faire un maximum de dégâts, en créant d’abondantes hémorragies dans les “parties molles”)...
Parmi ces munitions, certaines étaient parfaitement adaptées aux armes de poing détenues par Raphaël Schoemann, bien nombreuses, semble-t-il, elles aussi, pour une utilisation par un seul homme – et peu adaptées à la chasse au gibier ordinaire, à poil ou à plume:un revolver espagnol de calibre 22 LR de marque LAMA, n°752753, classé en quatrième catégorie (port et transport interdits en l’absence d’autorisation administrative), bien entretenu, et semblant avoir fait l’objet d’un usage récent...; un revolver américain Smith & Wesson, n° BSE2523, de calibre 38 spécial, en parfait état de fonctionnement, et équipé – sophistication d’amateur éclairé, ou de professionnel... – d’une double plaquette de crosse en caoutchouc moulé, pour une prise en main pus agréable, et donc, plus efficace...
Mais l’outil le plus étonnant était une arme de guerre, un fusil d’assaut suisse SAN SWISS ARMS AG, modèle Black Special, en calibre 5,56 OTAN – l’équivalent helvétique de la kalachnikov, inférieur, certes, à celle-ci en conditions de combat réelles, dans la boue, la poussière ou le désert, mais capable, comme la merveilleuse invention russe, de tuer un être humain à plus d’un kilomètre; et adaptable, d’un simple clic du doigt, au tir au coup par coup ou en rafale. Une arme absolument interdite aux simples particuliers, classée en première catégorie (armes de guerre). “A l’état neuf”, malgré “une légère usure du phoshatage en dessous de la bague de fixation de grenade”, cette arme de tueur à gages “a probablement peu tiré”, indique encore, avec prudence, le rapport d’expertise.
Il n’a pas été permis aux spécialistes désignés par le tribunal pour examiner toute cette mortelle quincaillerie “de consulter le fichier CIBLE réservé à la police et à la gendarmerie et inaccessible aux experts privés”. On ignore si les flics, eux, l’ont fait; et ce qu’ont donné les examens comparatifs éventuels des douilles, des balles, des empreintes de percuteur, ou des rayures de canon.

“Ces gens-là ont voulu importer en France

le conflit israélo-palestinien,

dit le "Corbeau", cynique, en parlant

de ses "cibles"...


Poliment interrogé par la Présidente, Schoemann ne conteste pas les faits. Il les a reconnus en garde à vue, avant d’être aussitôt remis en liberté. On ne lui a, tout de même, restitué, à ce jour, ni ses armes de tir, ni ses armes de guerre, ni les accessoires et munitions. Questionné sur le choix de ses “cibles”, il ne s’étend pas sur les détails, et ne fait pas dans le registre sentimental. - Madame Coussemant et Maria Poumier? “Ce sont des traductrices d’Israel Shamir”. (A ne pas confondre avec l’immense intellectuel juif anti-sioniste Israël Shahak, Shamir est un ancien militaire israélien, d’origine russe, qui se dit juif, mais converti au christianisme, et s’est acquis une petite notoriété par des écrits au ton provocateur, dissertant abondamment sur “les juifs” ou “Juifs” (avec ou sans majuscule), la “juiverie” et la “judéité”...Certains le considèrent comme un intellectuel critique israélien, au même titre que le cinéaste Eyal Sivan, etc. Pour d'autres, c’est un provocateur...)
Le “corbeau “ passe rapidement sur Ginette Skandrani, mais on sent chez lui une vibration de haine particulière à l’évocation du nom de Bitterlin: “J’ai lu ses livres...Son “Histoire des Barbouzes”...Il a un passé d’agent secret...C’est le créateur d’escadrons de la mort en Algérie...” - Des accusations ordinairement répandues dans les torchons d’extrême-droite, mais souvent reproduites, hélas, dans une certaine presse “de gauche”, voire d’ “extrême-gauche” - qui reprend naïvement à Minute et à d’autres la thématique “anti-barbouzes”.
• - Rappelons que Lucien Bitterlin et une poignée d’amis sûrs avaient créé, en Algérie même, et jusque dans les zones les plus infestées par le terrorisme fasciste de l’OAS, des groupes de choc clandestins. Loin de se contenter de “porter des valises” remplies de billets de banque pour le FLN, comme s’en vante aujourd’hui complaisamment toute une génération de militants français d’extrême-gauche, ils allaient, eux, les armes à la main, rendre coup pour coup aux tortionnaires fascistes acharnés à la survie du régime colonial...

Hommes de foi et de courage, en général “gaullistes de gauche”, et “Tiers-Mondistes”, les survivants de l’épopée des “barbouzes” (ainsi désignés par l’extrême-droite parce qu’il leur arrivait de porter vraies ou fausses barbes pour masquer un peu leurs visages et protéger ainsi, notamment, leurs familles) sont encore aujourd’hui l’objet d’une haine extraordinaire.

Les rescapés de la fraction pro-Israélienne de l’OAS, à l’époque très importante, s'acharnent encore sur eux, comme ils le peuvent...Bitterlin, dont l’engagement ultérieur en faveur de la Palestine, est longtemps resté, lui aussi, clandestin, avait ses entrées à Alger au début des années 60, à l’époque de Ben Bella, aux premiers jours de l’indépendance... Comme Gilles Munier, également visé, haï et calomnié par Schoemann, et par bien d’autres... - Fils d’un instituteur breton, lui-même très proche d’un des principaux dirigeants kabyles de l’insurrection algérienne, Gilles s’est lié d’amitié, à Alger, ces années là, avec Khalil Al Wazir, un des représentants des étudiants palestiniens de l’époque, d’orientation maoiste,qui allait devenir un des plus proches compagnons de la première heure de Yasser Arafat, et fonder avec lui le Fatah, et sa branche militaire, Al Assifa. Devenu le principal "chef de guerre" palestinien, Khalil Al Wazir allait être sauvagement assassiné, dans sa résidence de Tunis, par un commando venu d’Israël, sous la protection de bombardiers américains. Il est entré dans l'Histoire, avec un grand H, sous son nom de guerre, Abu Jihad – Le Père de la Guerre. Sa veuve, Oum Jihad, "la mère de la guerre", est aujourd'hui une des figures les plus marquantes du Fatah, autour d'Abu Mazen (Mahmoud Abbas)...Par la suite, Munier, comme Bitterlin, s’est beaucoup engagé en faveur de l’Irak. Notamment, à l’époque de l’embargo, entre la première “guerre du Golfe” et la deuxième.
A Monique Chemiller-Gendreau, "cible" toute différente, professeur de droit international réputée, spécialiste des Droits de l’Homme, experte reconnue dans le monde, le "corbeau", qui, là non plus, n’exprime pas la moindre nuance de respect humain, de repentir ou de regret, reproche ...un article publié dans Le Monde en défense de ses collègues universitaires de Paris VI, mis en cause pour avoir souhaité un gel ou un boycott de toutes relations avec l’entité raciste de Tel Aviv, tant qu’Israël ne respecterait pas le droit des gens. Schoemann lui en veut, semble-t-il, aussi, semble-t-il, ses “positions sur l’immigration”...

A Maître Isabelle Coutant-Peyre, grande et noble figure du barreau de Paris, il en veut, si on comprend bien, pour ses liens spirituels avec le grand philosophe chrétien et communiste, converti à l’Islam, Roger Garaudy. Ainsi que pour son mariage avec un de ses clients, actuellement incarcéré, un venezuelien, grand admirateur de Chavez, Illitch Ramirez Sanchez, plus connu sous son nom de guerre, “Carlos”. Comme plusieurs des autres “cibles”, Isabelle est réglièrement désignée, injuriée, diffamée et calomniée, sur divers sites internet spécialisés, dont SOS-RACAILLE...
Ce ne sont pourtant pas, prétend Raphaël Schoemann, leur engagement pour la Palestine qui a guidé le choix de ses “cibles”. Mais, a-t-il le culot de dire,“leurs liens avec l’extrême-droite”...”Ce sont des antisémites...Moi-même, à l’âge de 2 ans, j’ai été déporté ans un camp de concentration” (le camp de Gurs, dans le sud-ouest de la France)...J’en suis sorti vivant, heureusement, comme mes parents...Pour le malheur des parties-civiles...Les partie-civile sont tous des délinquants, au sens de la loi...Ce sont tous des antisémites...J’ai collecté des informations sur eux sur internet...Ne pouvant pas agir contre eux à titre individuel, j’ai signalé leur cas à la LICRA, à l’UEJF...Personne n’a rien fait...Les institutionnels n’ont pas fait leur boulot...Le parquet non plus d’ailleurs” (il reproche, donc, si on comprend bien, au Procureur de Paris de ne pas avoir engagé de poursuites judiciaires contre Monique Chemiller-Gendreau, Lucien Bitterlin, Lipietz, José Bové, etc; et de porter ainsi une responsabilité au moins indirecte dans l’envoi des lettres de menace anonyme qu’il a dû se résoudre à poster, le pauvre, avec leur petit bristol, le scotch, et les balles...) “Ces gens-là ont voulu importer en France le conflit israélo-palestinien...Moi, je n’adhère à aucune idéologie, à aucune organisation, pas même un club de pétanque...Si j’ai écrit “la prochaine n’arrivera pas par la poste" sur les bristol que je leur envoyais, portant une balle, c’est sous l’effet d’une réaction viscérale..”


- “Apparemment, vos envois n’ont pas produit l’effet escompté, note benoîtement la Présidente. Qu’en espériez-vous? - “Au moins qu’ils atténuent leurs propos... C’est un débat d’idées...J’opposais mes idées aux leurs...Apparemment, ça n’a pas été entièrement inutile...Il y a tout de même eu chez eux un début de réflexion... Ce sont des gens qui se présentent comme d’héroïques révolutionnaires, qui se manifestent par une opposition constante aux principes républicains...J’étais curieux de voir comment ils réagiraient...Je trouve que ma réponse a été mesurée, par rapport à leurs écrits...Ce que j’ai fait, c’était illégal, mais légitime. Je me suis retrouvé en état de nécessité...”
- “Et si on vous avait fait la même chose? - Je l’aurais pris avec fierté...Un brevet d’héroïsme révolutionnaire!
- “Pourquoi ne leur avez-vous pas envoyé plutôt des courriers normaux, signés de votre nom?
“Une lettre anonyme, ça ne se signe pas, madame la Présidente”...
- “Et si on avait visé votre domicile, menaçant du même coup votre famille, vos enfants? - Là, c’est différent..;
- “Les balles sur les bristol? - Elles étaient destinées à frapper leur imagination...A semer la terreur...”


Et les armes?

- Je m’en servais uniquement dans l’ancienne propriété de mes parents...Pour chasser les nuisibles. Contre eux, je n’avais pas l’intention de m’en servir. Mon action c’était un canular...

- “ Les balles perforantes, tout de même?" - “Là, je me suis fait avoir par l’armurier. Il m’a dit qu’il ne lui restait que celles-là, je n’ai pas fait attention...”


• - Aucun regret? - “J’ai dit aux policiers que tout compte fait” - s’agissant, si on suit son regard, de gens comme Ginette Skandrani, et autres,“ j’aurais mieux fait de les laisser continuer à semer la pagaille dans le Palestine bizness!..Ces gens-là ont fichu une pagaille inouïe dans les ligues de vertu pro-palestiniennes..En fin de compte, j’aurais dû les laisser continuer, parce qu’ils ont fait beaucoup de dégâts à la cause palestinienne...” - Une gifle terrible pour la pauvre Ginette, qui, enfermée, selon sa funeste habitude, dans son personnage, ne semble pas un instant consciente de la terrible humiliation qu'on lui inflige là, et qui rejaillit sur beaucoup d'autres. Elle en rajoute, d'ailleurs, et nous humilie tous, cette fois, sans exception, en s'adressant à Schoemann d'une voix larmoyante: "Mais vous rende-vous compte qu'avec vos envois, vous avez semé la terreur?". Il se rengorge, flatté, et ricane. Elle se rasseoit.

...“Cet espèce d’esprit fasciste, oui, oui, fasciste,

qui consiste à salir les personnes citée,

avec ce mépris, cette haine...

Cette espèce de salissure...

Ça, ça appartient bien

à l’extrême-droite!”.

(Maître Antoine Comte, avocat d'Eyal Sivan, partie-civile contre le "corbeau")


“Pas une excuse, pas un croupion de remords!, tonne Antoine Comte, partie-civile, au nom de son client, le cinéaste Eyal Sivan, le “dissident israélien”, qui est (selon son avocat) “venu vivre en France, parce qu’il vit dans son pays une guerre coloniale qui y pourrit les rapports” -mais ne s’est pas dérangé pour venir affronter, yeux dans les yeux, Raphaêl Schoemann...La “victime de l’intolérance”, qu a dû “quitter son pays”, est retenue, si on a bien compris les propos de Maître Comte, dans le brouhaha du début de l'audience, “par des cours qu’il donne à l’université, en Israël...” On n'en croit pas ses oreilles...
D’Eyal Sivan, metteur en scène imaginatif de films “engagés” habilement faits, grand comédien et grand acteur, en tout cas, devant l’Eternel, on ne pouvait rien attendre ici.

D’Antoine Comte, l’ avocat qu’il a désigné, donc, on n’espère pas grand chose. De grands éclats de voix, des poses, des coups de menton, et cette impression qu'il donne en permanence, un peu lassante, de chercher désespérément où est le miroir, pour y admirer son joli profil, qui s’empâte doucement, c’est l’âge... Ce grand défenseur professionnel des Droits de l’Homme, proche de la tendance Picquet de la LCR, doit son doux surnom de “Ran Tan Plan” (le patronyme du chien stupide de Lucky Luke, qui croit qu'on lui dit "pisse" quand on lui a dit "mange", et vient chercher, l'œil humide et la queue frétillante, les félicitations de son maître après ses grosses sottises...) à sa prestation dans la fameuse affaire des Irlandais de Vincennes, au début des années Mitterrand.

- En ces temps funestes, quelques “idiots utiles”, défenseurs d’une poignée de gauchistes irlandais proches de la LCR, surveillés de près par l’anti-terrorisme, avaient, en pourfendant de bien réelles irrégularités de procédure, fait exploser toute une enquête susceptible d'aboutir, si elle avait été au bout, aux véritables instigateurs du terrible attentat de provocation de la rue des Rosiers, en 1982. Ces terroristes-là (sans guillemet aucun) n’étaient pas Palestiniens, et pas Arabes... Pour Maître Comte, que la cellule de l'Elysée avait, donc,longuement mis sur écoute, à l'époque, le soupçonnant - tout à fait à tort, certes - de travailler pour le compte de mouvements clandestins Arabes ou pro-Arabes, pour Comte, donc, ici, dans cette affaire, “il ne faut pas se tromper de procès”... Si le “corbeau” a été remis en liberté au bout des 48 heures légales de garde à vue, après ses aveux complets, et la découverte, pourtant, de son stock d’armes c’est la loi, c’est bien, c’est la protection des libertés individuelles... “Je me félicite qu’il ait été laissé en liberté après la garde à vue”. (Et tant pis si, quelques mois plus tard, il recommence, avec son ordurier e mail de “treponeme”, menaçant Gilles Munier)...
Maître Comte, disons-le tout de suite, pour être complètement honnête, conseille, contre l’auteur de ces lignes, les auteurs d’accusations d “antisémitisme” et de “négationnisme”, comparables à celles qui ont stimulé, ici, l’imagination perverse de Schoemann – dans cette affaire minable, le bouillant avocat vient de perdre une première bataille de procédure: il a tenté, sans succès, de faire annuler les poursuites contre ses deux clients, mis en examen, et cités à comparaître, au prétexte que traiter, sans l’ombre d’une preuve, un intellectuel et journaliste pro-Palestinien d’ “antisémite” ou de “négationniste” n’est pas "de la diffamation", mais "de l’injure", et que ça n’a rien à voir... –.

De Comte, donc, on n'attend rien de bon. Mais il surprend tout de même, en bien. Il surprend même deux fois.

- La première, en citant, au cours de sa plaidoirie, le nom de famille – su jusque là des seuls connaisseurs du dossier, etcouvert par le secret de l’instruction...- d’une personne un temps identifiée comme le probable auteur d’un coup de téléphone de menaces anonymes, un complice de Schoemann qui, donc, n’était pas un marginal isolé, un solitaire, mais le membre d’un réseau de terreur organisé: un certain MOATTI... “Nous n’avons pas fait appel, nuance t-il, "de l’expertise" (qui a judiciairement mis cet homme hors de cause, malgré une troublante ressemblance de voix.) Moatti a donc bénéficié, finalement, d’un non-lieu.

- Deuxième bonne surprise: Comte souligne que le “corbeau” a tout de même fait “un voyage en Suisse de 10 heures, pour aller acheter le fusil d’assaut, quelques mois à peine avoir envoyé ses dernières lettres de menace”...Et surtout,il dénonce chez le "fils de déporté" qu’il a en face de lui,“cet espèce d’esprit fasciste, oui, oui, fasciste!, qui consiste à salir les personnes citée, avec ce mépris, cette haine...Cette espèce de salissure...Ça, ça appartient bien à l’extrême-droite!”. Si Antoine Comte le dit... De Ran Tan plan, on n’espérait pas tant...

- Et d’insister, sonore, toujours, mais là, pour une fois, on ne peut plus pertinent...Pour enfoncer le clou du "fascisme"... du juif fanatiquement pro-israélien qu'il a en face de lui, Comte cite Léon Daudet, crachant sur Léon Blum: “il faut l’assassiner, Blum, mais à coups de couteau de boucher dans le dos...” - Et en effet, c’est la même chose...”- Eh!oui, Maitre Comte, dites-le à vos clients, tout ça c’est la même chose, et voilà où mènent les diffamations, sur internet...Proférées par des irresponsables, elles arment des êtres dangereux, au cerveau fragile...Comme le fasciste Schoemann... - Fragile? Contrairement aux rumeurs que certaines des partie-civile ont fait bizarrement circuler avant le procès, comme si elles avaient souhaité casser toute mobilisation, les experts, en tout cas, l’ont jugé parfaitement équilibré, parfaitement normal; et accessible, donc, à la sanction pénale...


A quelle sanction? C’est tout le problème. Antoine Comte, retrouvant là, hélas, son rôle traditionnel, se paye un bel effet d’audience, facile, en requérant pour le “corbeau”, à titre de peine, “ l’obligation de faire un stage de citoyenneté sur le terrain, dans la compagnie des Français tels qu’ils sont, dans leur diversité, Arabes, musulmans, chinois, asiatiques...Peut-être que ça lui ferait du bien... Pour qu’enfin il apprenne ce qu’est la réalité française, ce qu’est la tolérance...” Une belle idée, qui ne mange pas de pain...Mais si Comte, Henri Leclerc (désigné, au départ, par une des victimes, mais absent, finalement, lui aussi, de l’audience, pris par une cause plus urgente, et remplacé...) ou d’autres ténors du barreau l’avaient voulu (une de leurs consœurs figure, tout de même, dans la liste des "cibles"du “corbeau”, elle a reçu sa lettre, son bristol, et sa balle...), ce n’est pas pour des broutilles qu’aurait été poursuivi le “fasciste”. Mais pour ce qu’il est. Et donc, pour “volonté de troubler l’ordre public par l’intimidation et la terreur”: la définition légale, précisément, du crime de “terrorisme”...Et là, sa garde à vue n’aurait pas été levée au bout de 48 heures. Et on aurait fouillé sérieusement dans son passé; fait des expertises plus poussées sur les voix, sur les armes...Traqué d’éventuels complices...Et il aurait risqué une peine de prison comparable à celle qu’eussent encouru, avec l'envoi de pareills lettres de menaces, et la détention de pareilles armes, un quelconque Mohammed, un “islamiste”...


On ne l’a pas fait. C’est un tort. Peut-on le faire encore? En espérant que cette fois, le Parti Communiste, qui n’a pas beaucoup bougé pour son élu de Seclin, les organisations de solidarité avec la Palestine, qui portent une terrible responsabilté, de par leur étonnante passivité, dans cette affaire sérieuse, la presse, et finalement la justice, mettent enfin au tapis, et pour le compte, non seulement ce Schoemann là, mais tous les apprentis Schoemann, qui ont suivi tout cela, dans l’ombre, et se préparent...Et "ciblent" déjà, nous le savons, les meilleurs d'entre nous

“Déporté ou pas déporté, le passé du prévenu ne peut rien excuser. Je dirais même: au contraire. (Ce que Schoemann a fait), "c'est utiliser les armes que les nazis, que le régime de Vichy,avaient utilisé contre les Juifs..."

- Maître Alain Lévy, avocat des petits enfants juifs d'Izieu, et, ici, de Monique Chemiller-Genderau, partie-civile

 


Pour Maître Alain Levy, défenseur historique des petits enfants juifs d’Izieu, victimes du nazisme, plaidant ici pour Monique Chemiller-Gendreau, partie-civile, et le faisant avec la sobre efficacité d’un très grand avocat, “déporté ou pas déporté, le passé du prévenu ne peut rien excuser. Je dirai même: au contraire. (Ce qu’a fait Raphaël Schoemann), “c’est utiliser les armes que les nazis, que le régime de Vichy, avaient utilisé contre les Juifs." Il y a chez lui “une forme de terrorisme intellectuel”, “dans les propos qu’on a entendus, dans la démarche”.

“Est-ce qu’il y a une différence entre des personnes comme Monsieur Schoemann, avec ses menaces de mort, et celle d’un individu qui va adresser à un certain nombre d’avocats des courriers anonymes de menaces de mort, contenant des lames de rasoir, avec les mots: “ces lames serviront bientôt à trancher ta gorge de sale juif!” - Il n’y a aucune différence!...”
Une plaidoirie superbe et profonde, à laquelle fit écho le parquet: en soulignant “la façon” dont l’amateur de lettres anonymes et d’armes de guerre équipées de viseurs laser “déshumanise ses victimes”... “Monsieur Schoemann ne les voit pas tout à fait comme des êtres humains... Pour lui, ces 12 personnes sont des identités abstraites...Réduites à leurs opinions...Chez lui, on ne s’attaque pas à des personnes, on s’attaque à des choses...” Et de souligner “sa détermination, son organisation,sa froideur...” Les gants qu’il utilise avant de poster ses lettres, pour ne pas y laisser d’empreintes... Et les armes de première catégorie, des armes de guerre...Et sa façon de parler de sa “chasse aux nuisibles”, devant ses victimes, et narguant ses juges, à l’audience...Oui, mais voilà, légalement, à partir des incriminations retenues – mais retenues, par qui? Avec l’accord et la complicité, au moins passive, de qui? - le prévenu ne risque qu’ “une peine maximum de 3 ans d’emprisonnement.” Réquisitions: deux ans avec sursis.
Pour Maître David Sellam, défenseur du “corbeau”, le terrain était , donc, aplani. Bien dégagé. Et de flétrir sans vergogne la robe de sa consœur Isabelle Coutant-Peyre, qu’était pourtant venue pourtant défendre, contre lui - déléguée, tout de même, par le Conseil de l’Ordre, en l’absence, regrettée, des grands noms du barreau...- une jeune avocate pleine de flamme à la superbe crinière de feu, maître Barbelaere-Pettré. - Pour Sellam, Coutant-Peyre n’est plus une avocate. N’est plus une consœur. C’est un nom, sur une liste. Si elle a reçu sa lettre de menace ordurière, et sa balle, c’est bien fait. N’est-elle pas, selon le mot de son client, narquois, “Madame Carlos”. Et “Monsieur Coutant-Peyre” (l’autre “terroriste") n’a-t-il pas écrit, un jour, à propos de ses propres attentats: “il n’y a pas de victime innocente”? - Sellam n’en rate pas une. Citant l’inculte Taguieff, Durban...- Eyal Sivan? “Cinéaste raté, exilé en France depuis 20 ans pour fuir ses échecs, le Juif de service...Comme Théo Klein” (authentique figure, lui, de la grande tradition du judaïsme critique, républicain. NDLR)...”Mais Théo Klein, lui, a l’excuse de l’âge...”

Dans son élan, l’avocat du “fasciste” a le mot de trop. Se présentant lui-même comme “ ancien responsable de la communauté juive du Raincy”, fief de son “ami Eric Raoult”, ou a résidé Schoemann, il dit: “Je le connais depuis 15 ans”. Et on croyait que le “solitaire”, qui ruminait sa haine dans son coin, depuis 40 ans, avant de se décider, un jour, tout seul, et sur le tard, à passer à l’acte, était un marginal, complètement isolé, ne faisait partie d’aucun réseau, ne connaissait personne...

“Nous avons frôlé un massacre, du genre de la tuerie de Nanterre...“

Qu’on prenne, enfin, au sérieux, une affaire dans laquelle, selon les mots de Maître Mylène Stambouli, défenseur de l’écologiste Alain Lipietz, “nous avons frôlé un massacre, du genre de la tuerie de Nanterre“; qu’on ouvre une investigation pour les faits réels: pour terrorisme...Qu’on entende, à titre de témoins, bien entendu, rien d’autre, Maître Sellam et son “ami Raoult”, ce pétulant élu UMP, grand ami d’Israël et de Nicolas Sarkozy- qui, lui non plus, n’est pas directement en cause, et qui a bien le droit, selon la loi c'est la liberté d'opinion) de trôner, en grande photo, plein pot, avec ses amis de l'extrême-droite juive de la LDJ, sur leur site officiel...http://www.liguededefensejuive.com/article.php3?id_article=351 Qu’on scrute le passé de Schoemann, qui prétend n'avoir jamais milité pour aucune cause, avant de se découvrir, sur le tard, à l'approche de la retraite, une vocation de "corbeau", et de tireur d'élite, chasseur de "nuisibles"...Qu'on regarde s'il a connu, ou pas, des gens de la LDJ, du Betar, de l'extrême-droite juive fasciste et activiste...Qu'on découvre où il était, et ce qu'il faisait, à l'époque de la guerre de l'Algérie, et de l'OAS, qui semble l'avoir marqué. Qu'on lui demande s'il a connu, ou pas, un homme un peu plus âgé que lui, mais du même profil, Elie Tordjman, cet industriel sucrier résidant au Maroc, fondateur historique du Mossad dans ce pays, dans les années 50, ami, financier et protecteur du général Oufkir..Tordjman, qui se trouvait, bizarrement, à Paris, le jour de la disparition de Mehdi Ben Barka: et dont la Brigade criminelle a retrouvé la trace, en "remontant" les coups de téléphone adressés au pavillon du truand Boucheseiche, où le malheureux leader de l'opposition marocaine, grand ami des Palestiniens, et "cible" privilégiée du Mossad, a vu s'ouvrir devant lui les Portes de l'Enfer..Qu'on ouvre enfin une enquête sérieuse sur les réseaux du terrorisme israélien en France, du rapt de Ben Barka aux mystères de la rue des Rosiers, en passant par les meurtres de Mahmoud Hamchari, d'Atef Sbeisso, et de tant d'autres...Qu'on vérifie, enfin, en respectant, pour faire plaisir à Maître Antoine Comte, la présomption d’innocence de tous et de chacun, le sacro-saint secret de l’instruction, et les règles sacrées de la garde à vue, que le fasciste Schoemann n’avait sondé, sur ses mortifères intentions, autour de lui, personne. Et qu’il n’y avait pas de “terrorisme organisé”. Pas de protections actives ou passives. Pas de “complot”. Pas de “réseau”...
Jean-Paul CRUSE

 

 

 

 

 


Raphaël Schoemann et les siens n'arriveront jamais à leurs fins - "corbeaux" à plume ou à poil, terroristes, diffamateurs et diviseurs de toute espèce, ils ont d'ores et déjà perdu la partie. Le mouvement de soutien au peuple palestinien continue, tranquille. Sur la photo ci-dessus, dans la convivialité, la fraternité sans frontières, et la chaleur humaine, l'accueil, à l'aéroport de Roissy, le 14 juin, des jeunes palestiniennes et des jeunes Palestiniens de Bethléem de la troupe de théâtre de l'association Al Rowwad par des militants parisiens...