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1.De
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Mars/
Février
/Janvier
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2009:
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2006/2009:
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Dont:
ACTU
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- FRANCE ici
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- IDEES
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INTOX
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COMBATTANTS
DE LA LIBERTE ici
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de
A
à Z:
ci-dessous |
De
A...
à
...Z
!
Abdallah
(George-Ibrahim):
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Afghanistan,
l'armée française
dit
NON!
-Afrique
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Agen Nanterre: ici
et ici
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Akila
femme
d'honneur
- Amiral
Debray
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Amiral
Gaucherand
(contre-amiral,CR)
Amoureux
au ban public (les):
ici
-Arafat: ici
et
ici
- Assemblée
"nationale"...rénovée
par des sans-papiers:ici
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Aubervilliers,
cité
en lutte
-
Aubervilliers:
page
spéciale
Avion
solaire
-Banlieues
vivantes,
avenir
de la France
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Barber (Eunice):
ici
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Barghouti Marwan: ici
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Barril (capitaine)
-
Baubérot,
Jean -
intellectuel chrétien
(protestant)
-
BEIDA
Elie. Voir aussi
ici
-
BELMEHDI
(Bouabdellah) - ici
-
Ben Barka (Mehdi )
-
BEN GOURION:ici
et ici
-Ben
Mabrouk,
Sadok
(voir
aussi
à
Rebelles
et
à
Suresnes)
-Bertrand,
Yves,
ici
(voir
aussi à RG...)
-
Besancenot
-
Bettencourt, Woerth,
Maistre, Sarko et cie:ici
-
Beyala (Calixthe):ici,
ici
et
ici
-
Bi'lin (Palestine)
ici, ici
-
Bobigny: un crime de l'extrême-droite
juive
-
Boisgontier
Pierre
-Bougrab
Jeannette
-Boumehraz
(Nezha)
Boutin
(Christine)
-
Bouziri Saïd
-
Braitberg,
Jean-Moïse:
ici
-
Bruay en Artois ici
Et
ausi: "Des maos chez les "ch'tis":
septembre 2009: JP Cruse et Houcine en débat
près de Bruay: ici
-Burqa:
ici
-Campbell,
Naomi: ici
et ici
Cancer:
ici
Cannes (festival):
ici
- Caraïbes:
ici
-
Cardonnel
(Jean),
moine (décédé)
-
Chanson française:
voir à
France,
Ferrat,
Loizeau
(Emilie),
Tata
Milouda
- Charlie
Hebdo
-
Chassaigne André
-
Chaussures
(à
la tête
du
criminel
de
guerre
Bush-junior
(voir
aussi à: Muntathar
(Al
Zaïdi),
journaliste )
-
Chine
-
CGT 93:
ici et
ici
-
Cochin, Yann (SUD, NPA):
ici
et ici
-
Cohn-Bendit, Dany:
voir en rubriques Europe
,
Pédophilie,
et
Politique
-
Colère
noire
-
Colonel
Corvez
-
Communistes
(voir
aussi à Politique)
-
Cornavin,
Didier
- Côte
d'Ivoire
-
Cour des Noues (familles noires expulsées
Paris XXème):
ici
-Cousin
(Florence,
CGT-Libé)
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Courrier
(des
lecteurs)
-
Cruse (Jean-Paul): intox,
diffamation
et
contre-attaque.
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CUBA
-
Dahlan
(Mohammed)
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D.A.L.
(Droit
Au
Logement)
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Diana
(Lady
died...)
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Dieudonné manipulé:
voir
Soral (Israël)
Djoudi
Samira (voir
à "Samira d'Auber")
Domenech
-
Dona Zilda
(voir
aussi à Haiti)
Doucé,
Joseph, "pasteur des pédophiles",
étranglé
Doussou
d'Aubervilliers:ici
-Dray
(Julien,
dit
"Juju
les belles
tocantes")
ici
-
DUÖNG THU HUÖNG ici
et ici
(voir aussi Vietnam)
-Dutroux,
trafic d'enfants,
pédophilie
et meurtres:
ici.
Voir
aussi à OTAN,
et
à Pédophilie
-Edelman,
Marek
-
Energies du futur
-
Epstein Hedi: ici
et ici
Etretat
massacrée?ici
-
Europe
-
Fallujah: ici
-Fanta,
Jeanne d'Arc noire des "sans papières",poignardée
dans le dos: ICI.
-
Fatima de Toulouse, vieille
femme de bien, assassinée: VIOLENCE
ET VERITE (éditorial) ici
-
Femmes: ici
-Ferrat
Jean:
ici
- Forces
populaires (FP):
ici
- France:
l'identité française, la vraie
-
France
(la
France
dans
le monde...)
-Frigo
("sans-papiers au frigo":
ici
Gallois
(général):
ici;
ici
"Garde
à vue
...républicaine!"
-Gaza:
ici
(voir
aussi Palestine).
-Géo-économie:
sentiers
de
la
guerre
secrète
-
Goldman
(Pierre,
Jean-Jacques): ici
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Guadeloupe, Martinique,
La Réunion:
l'intifada
des Îles
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Haïti:
ici
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Halevi (Ilan): ICI
-
Hamas
ici, ici
,
et
ici
-
Hessel Stéphane
ici
-Honduras:
ici
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Iran
-
Iraq, Résistance
Islam
; voir aussi à
Lapidation
-
Islande aussi
ici
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Israël,
"Etat
juif"
=
Etat raciste
- Israël 2010
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Jamaïque:
la
face sombre
de
l'Île
aux
médailles d'or
aux
J.O. de Pékin
(enquête
sur
place
de
Romain Cruse)
Jospin:
ici
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KFC: ici
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Langue
française:
voir à France,
Ferrat,
Loizeau
(Emilie),
Tata
Milouda
(avril
2010, index)
-
Lapidation
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La Rochefoucauld
(de) Sophie
-Lehman
Brothers
-Libération:
Ici,
ici
, ici,
et ici
Linhart
Robert:ici
et
ici
-
Liot Domnique
(CGT-EDF): ici
-
Loizeau
(Emilie)ici
(voir aussi à chanson française...)
-
Mai 68
-Mali:
Mpp
-Mal
logés en lutte:
ici
-Mal
Logés du XXème
(rue de la Cour des Noues:
ici
Mamadou
d'Aubervilliers )
-
Maos II:
le retour
-Marchiani
(Jean-Charles):ici.
-
Marie-Clémence,
Marie-Colère,
jeune mère
noire
exemplaire:ici)
-
Maryam:
"Jamais
sans
ma mère",
la "troisième
guerre"
de Maryam Traore
Minc
Alain
-
Modeluxe
-
Munier (Gilles)
Muntathar
(Al
Zaïdi),
journaliste
mais
rebelle
-
Naïma
de
l'Agen
Nanterre
-Nazha
d'Aubervilliers: ici
-
Nembellé
d'Aubervilliers:une
victoire à l'arraché contre l'échec
scolaire...programmé, ici.
Voir aussi en page ECOLE
Nepal:
:ici
Npa:
ici
(lire
aussi ici)
-
Nzolani José (Villetaneuse;
Foot)
Obama
(Oui,
désormais:"Nous sommes tous Américains!")
:
l'investiture (video):
ici
Obama:
en danger:ici
- Onze
septembre
(11/09/2001)
-Oscar:
ici
-
Otan: ici
-
Overney (Pierre, dit
"Pierrot", abattu en 1972,
vengé en 1977): ici
-Palestine
vaincra!
-Palestine:
agir!
-
Palestine: spécial Gaza:
ici
-
Paysans: ici
-
Pédophilie:
ici
-Peled
Nurit: ici
- Pichelin
Corinne: un couteau à viande contre
les coupures...d'EDF. Aussi
ici
-Pichot
André (CNRS, "De la Bible
à Darwin": ici
- Aussi ici
-
Plenel:ici
-
Politique
(actu)
-
Politique:archives
2006-2008
-
Races? Racisme.
Antiracisme? ici
-
Rats (Aubervilliers): ici
. Aussi ICI
et ICI
-
"Rebelles":
la vraie histoire
des
"Maos"
de
la
Gauche
Prolétarienne,
La
Cause
du
Peuple,
mai
68 etc.
-RG: ici
-
Saadia d'Auber, mal logée en colère:
ici
(voir aussi à RATS)
-Sakina
Palestine: ici
-
"Samira d'Auber" (Djoudi)
ici,
ici.
-
Sans-papiers (ouvriers,
en lutte:
2006-2008,
ici):
2008-2010,
ici-"Sans-papiers
au frigo":ici
SCIENCES
-
Schoemann,
fasciste
pro-Israël
- Ségolène
-Soral,
provocateur néo-fasciste sous
influence israélienne manipulant
Dieudonné:ici
et ici
-
Squarcini:
ici
-
STN
- Suresnes:
ici
Et
ici
-Tata
Milouda
Terrorisme,
Taliban, RG, etc.ICI
-Thuram:
dans les pas d'Obama?
ici
-
Tournel, Joseph:
ici et
ici
-Tunisie:
Ben
Ali
modèle
de
Sarkozy!
-Tupamaros
-Vierhaeghe
Eric, Enarque en rébellion, décodeur
du système: ici
Vie
chère: le mouvement des autoréductions
dans les surfaces commerciales prend son essor,
dans l'esprit de "Fauchon!- fauchons!":
ici
-
Vichy etc.
-
Villepin ici
et ici
et
(2010):ici
-Villetaneuse
(93):
ici
Woerth,
- Bettencourt,
Maistre, Sarko et cie:ici
-Zarka
(Pierre)
: ici
-
Zebdi-Ghorab,
Faouzia
-
Zeyneb "Palestine libre":
ici
|
|
| ENS-Ulm,
dernière:le fracassant
silence d'un
"mandarin universitaire"
dont le nom est Badiou
(Alain) ici
. Les précaires en grève sont-ils
des "terroristes"?
ICI -Au
centre du conflit des
"précaires" de l'Ecole
Normale Supérieure
de la rue d'Ulm, soutenus par les représentants
des couches supérieures de notre
"élite intellecuelle",
faisant retour à l'esprit "servir
le peuple" des
années 1965-1975, la question de la relation
"intellectuels-manuels"
- donc, indirectement au moins,celle
du "partage des savoirs"
au sein de "l'économie
de la connaissance" et
de la nécessité, indépassée,
de "Révolutions Culturelles".
ici. ENS
BANQUET: ici
ENS: le jour où
"une simple cuisinière"
pourra se saisir "des
affaires de l'Etat" se prépare
à Normale Sup en grève
avec Fatou l'Ivoirienne et Hamid le cantinier,
"précaires" de combat soutenus
par les "Ulmards" rebelles ICI.
ENS 12 avril, manif:
ICI --ENS: la grève des
"précaires"
défie les menaces policières comme
les pressions du vieux lobby néo-conservateur
(néo-cons) des ADLER,
BHL, ROLIN et consorts - et appelle
à un nouveau "banquet"devant
l'Ecole, ce 14 avril 2011. ICI
- ENS-Ulm: échec de l'OPERATION "PLOMB
DURCI" de Monique Canto-Sperber
contre la grève des "PRECAIRES"
et la "COMMUNE
D'ULM"
iciUne possibilité
de "sortie par le
haut" de l'épisode
Sarkoziste - autant que possible
dès 2012 - et donc des discussions sur le
projet, séduisant, malgré ses limites,
présenté par
Martine Aubry
ICI.
--Des
femmes, du rugby et de l'islam
ICI
LIBYE, CÔTE D'IVOIRE, etc:
face aux aventures guerrières de notre TINTIN
MILITAIRE, l'accueil de l'AFRIQUE
DU SUD au sein du groupe des BRICS
(Brésil,
Russie,
Inde,
Chine,et
maintenant "South
Africa") dessine les contours d'une vraie Communauté
des Nations en construction, appelée à
se substituer à l'ONU, dévaluée...
ICI -CUBA
peut respirer
ICI CHINE,
l'offensive maoiste, mythe et réalités
ICI
ISLANDE
ici
Et: ISLANDE
( nouvelle
page spéciale)
ICI.
SYRIE ici
La décision de blanchir les flics
de l'affaire de CLICHY-Sous-Bois
annonce de nouvelles
émeutes:
ici. Pour l'honneur de Jean-Charles MARCHIANI
ici |
| |
Double
libérateur, au prix des plus grands
risques physiques et personnels, des otages
français du Liban et
des pilotes de l'armée de l'air abattus
par la Résistance Serbe en Bosnie,
dans les deux cas avec l'aide de ses
amis chrétiens du Liban et
de leurs amis du Hezbollah,
Jean-Charles MARCHIANI,
l'intrépide "dirigeant
de l'ombre" des réseaux
de la FRANCE LIBRE
d'aujourd'hui, héritiers et dignes
successeurs de celle d'hier, vient de bénéficier
d'une décision
de relaxe, définitive, dans
la pseudo-affaire dite de l' "ANGOLAGATE"
- une affaire de

fournitures
d'armes de guerres au gouvernement
progressiste de DOS SANTOS
en ANGOLA,
gouvernement élu
et légitime
qui allait ainsi pouvoir l'emporter
dans la cruelle guerre civile l'opposant
à la guerilla
séparatiste ethniciste
de JONAS SAVIMBI, soutenue par l'Afrique
du Sud de l'apartheid, puis par
Israël, les services secrets
français officiels,
ainsi que la CIA.
Pour
tous ceux qui, notamment dans les
réseaux eux aussi - indirectement
- issus de la FRANCE LIBRE situés
dans le sillage de la NOUVELLE RESISTANCE
POPULAIRE (NRP),
avaient cru devoir apporter leur modeste
contribution à ces combats,
c'est une grande
joie, doublée aussi
d'une grande victoire.
Tant
il est vrai que, dans ce "combat
de Nègres et de Chiens"
s'affrontant dans le noir qu'était
devenue ce qu'on appelait aussi l'
"affaire Falcone"
(du nom d'un homme d'affaires patriotes
lié aux réseaux gaullistes,
lui aussi lavé de tout soupçon
de "trafic d'armes"
tout comme Charles Pasqua, plaqué
au sol par cette puante cabale juste
avant la ligne d'essai des Présidentielles
de 2002, et lui aussi appelé,
de ce fait, à sortir rapidement
du cachot), seule une poignée
de "Justes",
venus des horizons politiques les
plus divers mais unis par un
même amour de la FRANCE,
de la JUSTICE, de la VERITe, et de
l'HONNEUR, bravant la meute bavante
des chiens couchant du lynchage mediatico-judiciaire,
 |
Le
sémillant Nicolas Beau
(Libération, puis Le
Canard, et le bien nommé
Backchich Info, un des plus
venimeux des plumitifs anti-gaullistes
à l'origine de l' "Angolagate" |
s'était
portée
en première ligne pour
la défense de Jean-Charles
MARCHIANI,
 |
Jean-Charles
Marchiani, ci-dessus au second
plan, ramenant les pilotes
français libérés
par la Résistance Serbe
à la suite d'un complexe
échange, très
indirectement lié à
l' "ANGOLAGATE".
On
avait accusé Charles
Pasqua et son fidèle
lieutenant, Corse d'honneur
comme lui, d'avoir fait attribuer
une médaille imméritée
à leur ami Alexandre
Gaydamak, agent secret russe
se faisant passer pour un
agent secret israélien,
à moins que ce ne soit
le contraire, qui était
intervenu dans l'affaire.
|
nouveau
Dreyfus, tout comme de ses
amis injustement poursuivis et salis,
comme lui.
On
reviendra le moment venu sur ces combat,
et cette claquante victoire, qui résonne
comme une gifle au visage des crapules.
Jean-Paul
CRUSE


|
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|

Rappel
"Le jeudi 27 octobre 2005, il
est 17 heures passées d'une petite
quinzaine de minutes. Au Parc des Sports
Marcel-Vincent, sur la commune de Livry-Gargan,
à deux pas de Clichy-sous-Bois,
dix adolescents finissent une
partie de foot, quittent le stade à
la tombée du jour. Sans traîner
: parce qu'à partir de 18 heures
on rompt le jeûne du ramadan.
Un groupe remonte alors
la rue de Fürstenfeldbruck jusqu'à
cette résidence grillagée
où tous les habitants sont propriétaires
et laissent pousser des fleurs sur leur
balcon. Ils sont sept, dont Muhittin
et Zyed, 17 ans. Les trois autres
décident de faire le tour, prennent
la rue Jules-Vallès et s'arrêtent
au n° 9, devant un chantier où
une pancarte indique la "construction
de 47logements".
Bouna, 15 ans,
et ses deux amis s'engouffrent là
pour couper et ainsi rejoindre le parc
Vincent-Auriol. L'employé du funérarium
voisin les aperçoit de sa fenêtre,
s'inquiète parce qu'il y a de
«nombreux trous»
sur le terrain, prévient
la police de la présence de
«silhouettes qui
évoluent autour du cabanon».
17 heures 25 minutes et
43 secondes très précisément.
C'est là que tout commence.(...)
Le commissariat de Livry-Gargan
à la BAC (brigade anticriminalité)
: «Vous allez vous rendre
rue Jules-Vallès, au funérarium,
y a des cabanons de travaux et il y aurait
des enfants en train de voler à
l'intérieur, c'est reçu?»
Réponse radio
de la BAC 833 : «Ouais,
c'est bien reçu, on s'y rend.»
Ils serrent David, le menottent, pénètrent
sur le chantier, coursent Bouna et son
copain
(suite
ici)
|
5
ans après les 3
semaines d'émeutes qui avaient incendié
les banlieues des grandes villes de France,
la justice a tranché: les policiers
de la "Brigade Anti Criminalité",
qui, lancés dans une "bandante"
"chasse à courre"
avaient "coursé"
des gosses terrifiés jusqu'à
ce qu'ils aillent se réfugier dans
le local - "Danger de mort!"
-d'un transformateur électrique
- et qui savaient, comme le confirme le
relevé des échanges-radio,
qu'ils allaient y "griller",
ne sont "ni responsables
ni coupables". Contrairement
à l'ordinaire mensonge fait, "les
yeux dans les yeux", selon son
habitude de vendeur d'aspirateurs au porte-à-porte
par un Ministre de l'Intérieur alors
candidat à "de très
hautes fonctions", le gibier de
ces ardents "chasseurs de racaille"
était ce jour-là constitué
des jeunes collégiens rentrant du
foot pour aller honorer le ramadan, et traités
de "voleurs" pour avoir
pris un raccourci traversant un chantier.
Depuis,
rien n'a changé. Les
mêmes
banlieues,
dénuées de tout, humiliées,
délaissées, "mises
au ban",
terres d'exil intérieur, de
bannissement,
la "grève du capital"
, présentée comme une "crise",
qui voit les mêmes
milliardaires, américains
ou américanisés jusqu'à
l'os, se refuser à
tout investissement productif, saigner l'emploi
et les services publics, les mêmes
politiciens, "de
droite", à leur service,
ou "de gauche",
chargés de gérer la "crise"
en distribuant les restes de leurs pourboires
à une population méprisée,
réduite à une "clientèle",
à acheter, les mêmes
mères de famille devenues
"médiatrices",
un temps priées d'intervenir, louées
pour leur disponibilité, leur compétence
et leur courage, puis pressées comme
des citrons, harcelées, rejetées,
sous prétexte qu'elles ont dérangé,
dans les forteresses de l'Education Nationale,
le petit train-train de la vie scolaire,
avec ses jeunes frères de peau de
Bouna, exclus
de l'école à
coups de "casse-toi,
tu pues, sale noir!",
ou simplement "il n'y a
pas de place pour toi au lycée, mais
tu
peux toujours redoubler",
et les enfants de familles mal logées
en lutte contre la "politique
du piston" qui les prive
de logement décent dans des HLM réservés
à d'autres, moqués dans la
cour du collège où des enseignants
indignes leur reprochent de se faire
"prendre
en photo dans des "manifs"
- et tous ceux qui
avaient cru devoir tout faire pour éviter
que, des braises encore toutes chaudes,
repartent les flammes de la colère,
réduits à se demander s'ils
ne se sont pas "plantés"
en contribuant, bien malgré eux,
à ce que "tout
change pour que rien ne change"!
Mais rien
ne changera si tout
ne change pas.
Il faut "une
autre politique".
Elle
naîtra d'autres
émeutes.
-D'émeutes
plus larges encore, authentiquement et profondément
populaires, unissant, cette
fois, les syndicalistes
de classe au patronyme
"gaulois", breton, languedocien
ou auvergnat, voire italien, polonais, espagnol,
portugais et parfois même maghrebin
( que les défilés-promenades
commencent à fatiguer...),
aux jeunes toujours rebelles,
qui ont beaucoup réfléchi
depuis (ce qui ne les a nullement amollis,
ni assoupis...), et à leurs
mères exemplaires, femmes de devoir
aux voiles, comme leurs noms, venus d'au-delà
des mers, femmes blanches quelquefois mais
plus souvent basanées ou noires,
et, demain, asiatiques, appelées
à DEVENIR LES MERES DE LA
COLERE, DE LA REVOLTE ET DE L'INSURRECTION
DES CŒURS ET DES CONSCIENCES...
"Comme
en Tunisie, comme en Egypte!"
Et
comme en PALESTINE. |
Rappel
(Le Monde
Réel, 2006, après
Imbongi
(blog), novembre 2005)

|
"
Sarko: racaille toi-même!"
-
Les banlieues à
feu et à sang. Sarkozy, c’est
ton bilan!
Tu voulais nettoyer les “saletés”
que nous sommes au kärcher!
Tu
avais tout “calculé”.
Mais bien mal calculé!
Et c’est toi que la colère
des rues, aujourd’hui, éclabousse...
En traitant les jeunes chômeurs
d’Argenteuil
venus manifester, comme ils
en ont le droit, contre une de tes
innombrables provocations, tu
as mis le feu aux poudres: c’est
ce que tu voulais! Croyant
t’ouvrir ainsi - style "Le
Pen soft" -le chemin de l’Elysée.
Ton ambition politique est effrénée!
Elle est sans foi ni loi!
Tu y as tout sacrifié, jusqu’à
l’équilibre de ta famille,
et ta dignité personnelle de
petit lapin Duracell agité...M.
NicolasSarkozy de Nagy-Böcsa,
l’éjaculateur précoce
de la politique française!...
Mais c’est nous tous que tu
prends en otages, dans nos quartiers
dévastés, aux voitures
brûlées...Brûlées,
par ta faute!... Par tes calculs sordides!...
Par tes mots sales, issus d’une
âme sale...
Toi, le fils à papa de Neuilly,
qui a bu dans un biberon en or, dès
ta petite enfance, dans ta banlieue
chic et propre sur elle, le lait de
la politique ...Au côté
de tes amis, tous devenus, depuis,
P-dg par héritage...Tes
“parrains”, tes protecteurs...
Toi qui donnes des leçons de
morale à tout le monde...Toi
qui nous écrases de tes injures
et de ton mépris...Toi
qui nous traites de “saleté”,
de “racaille”...
Tu
crois que nous sommes idiots... Que
nous n’avons pas
de mémoire! Mais nous n’oublions
pas que tu as dû travestir le
nom de ton parti, le RPR - maquillé
en UMP - parce que c’est dans
les caisses... de la rénovation
des Lycées d’Ile de France
que vous avez piqué, toi et
ta bande de “copains et de coquins”,
de droite comme de gauche, l’argent
de vos carrières..Rackettant
la jeunesse, et prostituant la République...C’est
avec l’argent sale de la politique
que tu es devenu ce que tu es!
Racaille!
Oui racaille!...
Mais nous ne voulons pas nous limiter
à te renvoyer tes injures à
la figure...Les faits s’en chargent
eux-mêmes...
Nous voulons, nous, sortir
du piège où tu tentes
d’entraîner la jeunesse...Du
piège des voitures brûlées
et des écoles caillassées,
de la révolte aveugle, et de
la haine pour la haine...
Nous voulons, nous, ouvrir les chemins
de l’avenir, de l’espérance,
de la justice et de la dignité...Nous
qui croyons à l’action
unie et réfléchie du
peuple...
Que cette flambée de violence,
qui nous fait, à tous, du mal,
nous serve, à tous, de leçon!
Soyons tous plus réfléchis,
plus solidaires, plus imaginatifs
et plus actifs, pour
trouver des solutions pratiques aux
problèmes. Et d’abord
au premier d’entre eux: le chômage,
ce cancer...Organisons-nous,
ensemble!...
Un citoyen (chômeur)...
Jean-Paul Cruse,
journaliste et écrivain indépendant
Imbongi@wanadoo.fr
(Imbongi,
4 11 2005) |
Rappel (2)
(suite de la
col.
de tête de page à
g.)
,
qui paniquent, gravissent un mur,
grimpent des escaliers pour échapper
aux policiers. Semés, ces
derniers rejoignent en courant leur
véhicule banalisé.
Gyrophare, sirène, démarrage
en trombe.
17 heures
28 minutes et 51 secondes. Aucune
infraction n'est constatée,
mais la BAC continue."Pour
le chantier sur Jules-Vallès,
on a un individu interpellé.
[...] Par contre, on a vu un individu
partir en courant, ça remontait
Cerveteri, hein. Donc on va aller
voir sur place."
La voiture remonte
illico la rue qui mène au
parking de la résidence,
les pneus crissent, un type en civil
descend, court après
Bouna, qui crie à ses amis
devant lui qu'il faut fuir quand
il les voit remonter tranquillement
le parc Vincent-Auriol, le
"parc des amoureux",
comme on l'appelle ici.
Alors Muhittin
se retourne et à quelques
mètres il voit un
flic, flashball en main, aux trousses
de Bouna. Panique. Les
jeunes s'enfuient. Le policier rejoint
vite ses collègues, ils démarrent
aussi sec pour faire le tour du
parc et tenter de cueillir les jeunes
à sa sortie, allée
Auguste-Geneviève.17 heures
30 minutes et 30 secondes. La BAC
transmet au poste de Livry :
«Ils sont au moins six à
courir chemin des Postes [en fait,
allée Auguste-Geneviève],
on est sur le chemin des Postes.»
Deux renforts
débarquent, un véhicule
par la droite, un autre par la gauche.
Deux ados sont interceptés,
un troisième passe entre
les mailles du filet. Les autres
«enfants», cernés
par les deux équipages et
poursuivis par les hommes de la
BAC, n'ont aucun choix et foncent
droit devant eux, franchissent
un portail en tôle grand ouvert,
courent à perdre haleine
dans un terrain vague, celui où
les Gitans viennent faire des barbecues
l'été. Ils
parcourent 200 mètres environ,
passent un petit bois sur leur droite
puis enjambent un talus de dénivellation.
Plus agiles que les flics, ils ont
déjà atteint le mur
de la centrale EDF, qu'ils longent
jusqu'au cimetière de Clichy,
situé juste au-dessus. Pendant
ce temps, sur les ondes, des policiers
évoquent la «courette
avec les collègues de la
BAC».
Zyed,
Bouna, Muhittin et les autres sautent
un muret, atterrissent dans un cimetière.
Ils tracent, haletants,
entre les tombes. Devant
eux, des sirènes hurlent
: une autre voiture de police rôde
à l'entrée du cimetière.
Ils repartent en arrière,
ventre à terre, le long d'un
grillage de la centrale EDF.
17 heures 36 minutes
et 15 secondes. Un policier transmet
ce qu'il voit : «Ouais,
alors les deux individus sont localisés
et sont en train d'enjamber pour
aller sur le site EDF, faudrait...»
La fin est inaudible,
le PC ordonne de réitérer
le message, et le gardien de la
paix Sébastien G. répète
: «Ouais, TN Livry, j'pense
qu'ils sont en train de s'introduire
sur le site EDF, faudrait ramener
du monde qu'on puisse cerner un
peu le quartier, ils vont bien ressortir.»
Quelques secondes plus tard, nouveau
message : «TN
Livry, en même temps, s'ils
rentrent sur le site EDF, je ne
donne pas cher de leur peau.»
Donc, Muhittin, Zyed et Bouna
ont escaladé le grillage,
puis le mur du site EDF. Partout,
devant et autour d'eux, des panneaux
qui indiquent le danger
de mort encouru. Ils
fuient vers l'entrée du site,
entendent encore et toujours ces
foutues sirènes de police,
font à nouveau demi-tour.
Ils ne savent plus où donner
de la tête, tentent vainement
de pénétrer dans un
bâtiment administratif. Et
finissent par se «
réfugier » au fond
de la réactance.
Dix minutes passent,
les échanges radio entre
les patrouilles et leurs centrales
sont alors inaudibles.17 heures
46 minutes et 5 secondes. La BAC
réapparaît : «Donc,
on a rejoint la TV UPP sur le lieu
de l'interpellation. Donc, on a
formellement reconnu les individus
[...].» Deux jeunes cachés
entre les tombes ont été
arrêtés, identifiés
par la BAC comme étant ceux
qu'elle recherchait. Le PC 93 demande
: «On a combien d'interpellés
au final?» Six, depuis
le début, répond la
BAC, qui après avoir procédé
à la première de ces
arrestations devant le chantier
comptait alors «au moins
six jeunes» en fuite chemin
des Postes.
Cela semble compliqué,
mais c'est important : «au
moins six jeunes», cela
suppose qu'il y en avait environ
sept chemin des Postes, plus David,
ce qui nous ferait un total de huit
enfants, dont seulement six interpellés.
Deux au minimum manquent
donc à l'appel. On les oublie.
17 heures 47 minutes
et 46 secondes. Toutes les voitures
de police quittent les lieux, direction
le commissariat de Livry-Gargan.
Comme si l'affaire était
réglée. Et le gardien
de la paix Sébastien G. rédige
son rapport, libère les gardés
à vue, tous mineurs. Pendant
ce temps, un véhicule sillonne
le quartier du cimetière.
18 heures
12 minutes. Le commissariat et la
ville de Clichy sont plongés
dans le noir, une poignée
de secondes. Banale panne de courant,
pense-t-on. En vérité,
à cet instant-là,
dans la réactance, Bouna,
Zyed et Muhittin se prennent une
décharge de 20 000 volts.
Muhittin, brûlé
vif, se lève, refait le mur
et court jusqu'au quartier pour
dire à Siaka, le frère
de Bouna, que c'est grave, qu'il
faut venir, Bouna et Zyed sont là-bas,
enfermés. Siaka et un ami
suivent Muhittin jusqu'au terrain
vague, mais «la
chaleur est insupportable, on ne
pouvait plus avancer»,
racontent-ils.
18 heures 40 minutes.
Siaka et son pote appellent les
pompiers. L'unité de police
UPP 833, restée aux alentours
du site EDF, croise par hasard les
sapeurs-pompiers. A 18 heures 56
minutes, elle joint en urgence le
PC 93 : «Oui,
TN 93 [inaudible]. Requis par les
SP [sapeurs-pompiers], on se trouve
rue des Bois, à Clichy-sous-Bois,
et ils interviennent pour des enfants
qui ont, auraient été,
euh... qui auraient été
électrocutés sur le
site EDF, ça correspond à
l'affaire de tout à l'heure.»
L'affaire de tout à l'heure
? Oui, TV UPP 833 Alpha explique
tout, la «poursuite
pédestre avec des jeunes
individus», et
maintenant «nous
avons été requis par
les SP parce qu'apparemment il y
aurait des enfants à l'intérieur
qui auraient été électrocutés,
donc il y a de fortes chances pour
que les deux affaires aient un lien
donc les SP sont en train d'escalader
pour aller voir à l'intérieur
[...].»
Le PC 93 veut
en savoir plus sur «l'affaire
de tout à l'heure»,
TV UPP 833 poursuit : «[...]
Les individus étaient en
fuite [inaudible]... aux abords
du site, nous, on a interpellé
six individus, maintenant il est
fort possible que y a eu des jeunes
qui soient passés par-dessus
du mur de l'enceinte et qui n'ont
pas pris connaissance du danger,
donc apparemment ils ont été
victimes [...].»
Une dizaine de
minutes passent et le PC 93 insiste
encore auprès d'UPP 833 :
«Oui, est-ce que vous avez
pu prendre contact avec les SP,
là, pour avoir plus de renseignements,
avoir la certitude, savoir si les
enfants étaient, s'il y avait
bien des enfants touchés?»
Réponse : «Ecoutez,
93, pour l'instant, on est en train
d'essayer de régler le problème
avec les grands frères qui
viennent nous casser les bonbons,
donc je vois après avec les
SP.» Ça
chauffe, rappel à l'ordre
du central 93 : «On peut
comprendre sur les ondes que vous
ayez des difficultés, mais
modérez vos expressions quand
même, si vous avez besoin
de renfort, modérez vos expressions,
modérez vos expressions.»
Ce qui compte
maintenant pour TN 93, c'est de
savoir «combien
de victimes on a sur place, est-ce
qu'on peut voir s'il y a des victimes,
des mineurs, donnez-nous des infos
à ce sujet».
En voilà, des infos,
de TV UPP 833 : «A
l'intérieur du transformateur,
d'après l'officier des sapeurs-pompiers,
nous avons deux personnes Delta
Charlie Delta, deux.»
Delta Charlie
Delta, ça veut dire dé-cé-dé.
19 heures 30 minutes
environ. Le poste central du 93
s'agace vraiment : «Reçu,
mais ça fait quand même
trente minutes que vous êtes
sur place, et on ne s'est pas attaché
dans un premier temps aux blessés
[...], y a quand même un problème,
ça fait une demi-heure qu'on
attend les informations.»
Rue des Bois,
les voitures de police sont de plus
en plus nombreuses, la nuit est
tombée et
Siaka déambule à la
recherche de Bouna, son petit frère,
alors que son père se tape
le crâne contre un mur, avant
de s'effondrer sur le trottoir,
la tête entre ses genoux.
Des cris, des jets de pierres, les
jeunes des cités de Clichy-sous-Bois
demandent des comptes, ils ne réalisent
pas, mais ils ont compris : Zyed
et Bouna sont morts.
A
la radio, un policier inconnu répète
: «Pour
l'instant, deux Delta Charlie Delta
ainsi qu'une victime grave, et concernant
les affrontements qu'il y a entre
les collègues et les jeunes
je vais vous demander de converser
avec la TV Chêne Pointu.»
Cette
fois, le central va être très
clair : «Bon,
écoutez, de 93, c'est pas
la priorité.»
Ce qui intéresse toujours
le central, «ce
sont les victimes, ce qu'on veut
savoir, c'est les circonstances,
comment ça s'est passé,
si c'est fortuit, est-ce que c'est
accidentel» ?
Ou
alors, insiste le central, est-ce
qu'ils «étaient
poursuivis par les fonctionnaires
de police comme il a été
dit tout à l'heure»
?
Elsa Vigoureux - Nouvelobs.com
- Cet article a été
publié dans Le Nouvel Observateur
du 26 octobre 2006.
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Traités
de
"terroristes"
dans des
documents confidentiels
récupérés
à l'occasion
d'une INSOLENTE
"action
de partisans", les
grévistes contre
la précarité
de 'ENS-Ulm,
expulsés
par la police, "continuent
le combat" après
le succès
du dernier
"banquet de lutte",
ce mardi
(lire
ici)
Le
fracassant mutisme des mandarins
de gauche - et d'ultra-gauche...
De
quoi le silence d'Alain
Badiou est-il le nom?
-
Muet comme une carpe,
ce qui n'est pas son habitude,
sur la longue grève
du prolétariat précaire
de son ancien école,
l'ENS de la rue d'Ulm,
le vrai-faux maoiste enkysté
dans sa double incompréhension,
et
du marxisme d'après
la Révolution Culturelle,
qui n'est nullement
une sorte de
rétro-Althussérisme
à la sauce universitaire,
et du cycle historique ouvert
en 1789 mais nullement fermé
en 1976, comme
le montre à l'envi
la vague des rébellions
arabes, n'a même
pas daigné signer
la pétition
de solidarité paraphée
par une bonne poignée
de courageux élèves-fonctionnaires
de l'ENS, risquant gaillardement
leur carrière, de
philosophes, de mahématiciens,
d'universitaires spécialisés
en immunologie, en psycho,
en physique nucléaire,
en biochimie, en grec ancien,
et même en japonais
(près de 1000 signataires
à ce jour -
ce qui reste insuffisant.
Comme
si l'Université
française, nourrie,
comme les grands restaurants
aux cuisines alimentées
par des soutiers noirs "sans
papiers", par
une multitude de "hors
statut", CDD et
précaires de toute
espèce, le plus souvent,
eux aussi,africains, se
refusait, même en
la personne de ses plus
prestigieux marxistes-leninistes
de salon et autres bla-bla-badouistes,
à contempler autre
chose que son nombril intellectuel:
mais la réalité
toute matérielle,
charnelle et sociale, de
ses "chantiers".
L'abstention
du pauvre Badiou, qu'on
n'a pas vu sur place, n'a
d'égale, certes,
que celle de mandarins de
poids, qui, du riche Geismar
à l'opulent Claude
Allègre, sans préjudice
pour Alexandre Adler et
le petit Miller, peinent
à cacher leur soutien
de fait à la politique
négrière
de Monique Canto-Sperber.
La
grève, dont
les directions confédérales
syndicales semblent,
elles aussi, sousestimer
l'enjeu, souffre donc, malgré
son énorme résonance
symbolique, d'un
certain isolement
dans l'univers médiatique
comme dans les cercles huppés
de l'université.
Pour
en sortir, elle
gagnerait sans doute, mais
c'est l'affaire des précaires
en grève eux-mêmes
et des jeunes Normaliens
à son service, à
sortir
de ses bastions
en allant perturber, dans
le Quartier Latin qui l'environne,
les restaurants très
"mode"
où s'engraissent
les amis Sarko-Socialistes
de Monique Canto-Sperber
comme les touristes américains
affamés de
"culture".
J-P
|
| |
La
directrice de l'ENS prise
la main dans le sac ! La lutte
continue !
Paris, le 22 avril 2011
Lettre
ouverte à la Directrice
de l’ENS.
Madame,
Nous, Assemblée Générale
des personnels, élèves,
étudiants en lutte
de l’ENS, avons
pris connaissance ce matin
d’une série de
courriels émanant manifestement
des différents services
administratifs de l’Ecole.
Nous y avons découvert
avec consternation que toutes
nos craintes étaient
justifiées :
1. Concernant le «
protocole CROUS »,
Coralie
Waluga affirme
: « il n’y
aura aucune garantie que les
contractuels restent à
l’ENS ». Nous
rappelons qu’elle
avait dit exactement l’inverse
aux grévistes.
Elle leur a donc menti.
2. Concernant le «
protocole Tron »
dans lequel le secrétaire
d’Etat à la fonction
publique proposait de donner
14 postes de fonctionnaires
supplémentaires pour
le règlement du conflit
à l’ENS,
et que le travail de désinformation
de la Direction avait réussi
à faire passer aux
yeux de tous pour une invention
de l’AG, nous
avons la preuve qu’il
a bel et bien été
proposé par le cabinet
de M. Tron et refusé
par Mme Canto : «
MCS redit bien qu’elle
est contre ces 14 postes au
restaurant de l’école,
si elle veut des postes c’est
pour des professeurs. Toutes
nos enquêtes et inspections
disent qu’on a trop
de catégories C. Notre
quadriennal ne demande que
des A. D’ailleurs, cela
serait très mal pris
dans l’école,
la bibliothèque menace
de se mettre en grève
sur le thème pourquoi
eux et pas nous, nous avons
eu des alertes en ce sens.
(…) MCS répond
qu’il faut un protocole
très clair pour le
restaurant qui donne des CDI
immédiats au restaurant
en contrepartie du passage
au CROUS ensuite, mais
sinon c’est le reste
de l’établissement
qui se met en grève
si on signe le protocole tel
quel. Elle pense pouvoir contenir
le problème au restaurant
pour que cela reste circonscrit.
»
MCS est donc personnellement
responsable du maintien dans
la précarité
de ses employé-e-s
en grève, qui auraient
pu devenir fonctionnaires.
Elle est aussi coupable d’un
vaste mensonge orchestré
avec le ministère :
« Ils concluent la réunion
en disant qu’on a le
droit de rien dire (sic),
surtout pas que le cabinet
de Pécresse négocie
avec celui de Tron ».
Mais il y a plus : non
contente de mentir à
la communauté normalienne,
MCS a aussi joué la
comédie devant ses
supérieurs hiérarchiques
au Ministère. On
lit en effet cette notation
amusante : « MCS
fait mine de le [le protocole
Tron] découvrir en
séance ».
3. Concernant nos
moyens d’action, qui
suscitent la colère
de la Direction et nous ont
valu l’intervention
violente de la police, nous
nous félicitons du
soutien de la Directrice Générale
des Services. Une certaine
Coralie
écrit en effet :
« Finalement les élèves
ont eu raison d’occuper
les locaux, les méthodes
de terroristes sont celles
qui fonctionnent le mieux
donc…Je vais peut-être
revenir cagoulée lundi
! ».
4. Concernant les finances
de l’Ecole, nous nous
réjouissons de savoir
qu’elles se portent
assez bien pour permettre
des travaux inutiles, justifiés
par les seuls caprices de
MCS. Une personne visiblement
bien informée raconte
cette anecdote plaisante :
« j’ai oublié
de vous dire juste pour rire
que la directrice a su par
un cafteur quelconque que
le couloir du troisième
étage du 29 était
peint en orange, elle n’est
jamais venue, ça ne
lui plaît pas, elle
a fait dire à Pascal
Roussel qu’il allait
falloir changer ça
vite et que ce serait elle
qui déciderait la couleur
! Elle n’a vraiment
rien d’autre à
f… (sic) en ce moment
? » Nous nous posons
la même question. Par
ailleurs, nous voudrions qu’on
nous explique pourquoi le
montant de la prime de précarité
attribuée aux contractuel-le-s
doit être négocié
euro par euro alors que la
Direction se permet de telles
dépenses.
Si MCS n’aime pas la
couleur orange, les précaires
de l’Ecole ont des problèmes
plus urgents : se nourrir,
se loger et se soigner. L’attitude
de MCS est scandaleuse, mais
peut-être vaut-il mieux
en rire qu’en pleurer.
Ce que nous demandons, pour
notre part, a toujours été
clair :
•
Titularisations ou a minima
un CDI immédiat pour
tou-te-s les grévistes.
• Il n’est pas
question d’une reprise
du travail à la cantine
si les responsables contre
lesquels des procédures
disciplinaires sont en cours
sont toujours en cuisine,
et ce pour la sécurité
de tou-te-s.
•
La prime de 1000 euros
qui a déjà été
négociée et
votée dans les instances
de l’ENS, sur laquelle
la Direction tente de revenir
(nous rappelons que, que ce
soit en CDD ou en CDI, le
statut est toujours de contractuel-le
et non de fonctionnaire comme
cela devrait être le
cas sur une fonction pérenne,
ce qui justifie un dédommagement).
•
Le remboursement intégral
des jours de grève.
• Un engagement
écrit à
ne demander ni
poursuites ni sanctions
contre les personnel-le-s
et étudiant-e-s ayant
participé au mouvement.
Les membres de l’AG
seront très vigilant-e-s
sur ce point.
Les « fuites »
de l’administration
prennent toute leur saveur
à la lumière
du dernier protocole de sortie
de grève proposé
par la direction en concertation
avec la direction nationale
de la FERC-SUP CGT, en dehors
de toute discussion avec les
grévistes.
Ce
protocole :
•
Répond à la
question de la titularisation
par de simples vœux pieux
placés en préambule
du texte.
• S’obstine à
refuser à tou-te-s
les grévistes un traitement
égalitaire puisque
les trois personnel-le-s ayant
moins de trois ans d’ancienneté
devraient se satisfaire d’un
montage juridique hasardeux
: des CDD comportant une promesse
de CDIsation en septembre
(l’AG n’accorde
plus aucune confiance à
une Direction dont les mensonges
sont avérés.
Nous rappelons que la Direction
arguait il n’y pas si
longtemps de l’impossibilité
totale de faire des CDI, ce
sur quoi elle est revenue,
pourquoi donc refuser de les
donner à tou-te-s les
grévistes ?).
•
N’apporte aucune garantie
claire concernant la procédure
disciplinaire engagée
à l’encontre
du chef de cuisine.
• Revient sur la prime
de précarité
déjà négociée.
Regrettant que vous n’ayez
pas jusqu’à présent
jugé bon de prendre
en compte les revendications
des grévistes, nous
nous permettons de vous rappeler
que vous êtes seule
responsable du
blocage de la situation et
de son durcissement potentiel.
Ce n’est pas
en négociant dans nos
dos avec les directions syndicales
que vous réglerez
le conflit.
Il
est temps d’écouter
la parole des grévistes
!
L’assemblée
générale des
personnel-le-s, étudiant-e-s,
et élèves mobilisé-e-s.
Suite
de nos infos "chaudes"
sur cette grève exemplaire
ici
|
|
|
Libye,
Côte
d'Ivoire:l'heure
des BRIC
S
-
et d'une CNU,
reléguant
enfin l'ONU
au magasin des accessoires
(de cirque...)
Non,
le personnage ci-dessous
(à dr., dévisagé
par Medvedev)
n'est pas, malgré une ressemblance
frappante, et qui ne doit rien au
hasard, notre grand ami, l'avocat
Jacques Verges, mais son

frère de combat,
le Président Hu Jintao,
photographié ici à
la tribune du grand
sommet
des BRIC S
-
Brésil,Russie,
Inde, Chine
populaire, rejoints à cette
occasion par l'Afrique du sud ("South
Africa") - sommet tenu
dans l'île chinoise de Hainan,
paradis touristique et base de sous-marins
stratégiques...Les BRIC S
(4+1=5), dont les (4+1=5)
briques constitent,
désormais, riposte, subtile
mais explicite, aux aventures
néo-coloniales de nos TINTIN
MILITAIRES en Côte d'Ivoire
comme en Libye, le soubassement
d'un ORDRE MONDIAL NAISSANT,
d'une authentique Communauté
des Nations Unies (CNU)
émergeant en une Révolution
silencieuse, agréable METAMORPHOSE,
du DESORDRE ACTUEL,
géo-économique donc
géo-stratégique autant
que militaire, où S'
EFFONDRE ENFIN LA VIEILLE ONU, DEPASSEE.
Verges
n'est pas Hu, et
le nouveau logo des (4+1=5)BRIC
S n'est pas 
encore,
hélas, il s'en faut (5+1=6)
le nôtre. A ces images d'avenir,
qui

doivent,
tout de même, éclairer
notre présent, à défaut
de pouvoir l'illuminer -c'est
tôt...- nous devons
toujours nous résoudre à
substituer, car elles sont notre
présent, celles,
atroces, d'une Côte d'
Ivoire
souillée par le spectacle,
indécent, d'une "Dame
de Foi" (chrétienne)
devenue, certes, "Dame
de Fer", et,
sans doute, "Dame
de Sang", honteusement
exhibée, captive à
demi-lynchée et aux limites
du viol. Réminiscence pénible
du spectacle tout aussi putassier
donné par "nos"
glorieux "paras",
sur le Forum d'Alger, exhibant en
tribune de pauvres prostituées
des bordels de la ville traînées
devant la foule pour se faire publiquement
"dévoiler"
- "Libération",
que d'horreurs perpétrées
en ton nom!"...
Côte
d'Ivoire:nouvelle "Libération",
nouveau viol colonial pervers,
qui voit "nos"
Bolloré
"nationaux"
plus encore que "nos"
Bouygues, susciter, contre
"notre" marionnette
rebelle (Gbagbo) la rébellion
d'une sorte de DSK noir, musulman
(en plus beau - désolé,
Anne Sinclair,
c'est facile, certes, mais c'est
un fait..., et, journalistes,
nous respectons la dictature des
faits ).
Mais
notre présent, n'insultant
pas l'avenir, c'est aussi la nouvelle
- et surprenante -"Jeanne
d'Arc de Tripoli",
Aïsha, "fille du guide",
galvanisant
de ses yeux couleur de missiles
autant que de sa prestance, les
foules au drapeau vert représentant,
tout de même, une partie encore
majoritaire (?) d'un pays déchiré
par une autre guerre cvile coloniale
importée.
L'influence
grandissante, quoique limitée
encore, de la Chine et de
la Russie, puissances militaires
majeures et "poids lourds"
de l'univers politico-militaire,
toujours, intelligemment fondues
dans un ensemble stratégique,
économique et diplomatique,
qui pèse avec les apports
du Brésil,
de l'Inde, et du
petit dernier, l'Afrique
du sud, suffira-t-elle,
là où, en
Afrique de l'Ouest, elle n'a pu
suffire, à substituer,
à quelques kilomètres
d'une Europe aussi
avide qu'aveugle, l'espace
des longues palabres utiles et des
issues patiemment négociées
aux impasses à répétition
de ces dangereuses guerres civiles-coloniales
frelatées comme la pacotille
d'antan dont les poisons enfièvrent
notre monde ? (nouvelle page BRIC
S ici)
Islande:
une"Révolution
de glace" en
résonance avec les "Révolutions
du Soleil"
du
monde arabe
Les
doctes ptits-bourgeois du site "politiquement
correct" Rue 89
en étouffent de rage: selon
d'infâmes "rumeurs",
"courant sur internet",
une
nouvelle révolution serait
à l'œuvre dans le monde,
une révolution tranquille
et presque silencieuse, dont le
cours vient d'être confirmé,
ces derniers jours, par un nouveau
vote massif du peuple de cette petite
île volcanique du nord de
l'Atlantique dont les aspirations
convergent, superbement, avec celles
exprimées, sur tous les tons,
sur les rives sud de la Méditerranée
- au point de démontrer que,
contrairement aux "théories",
soi-disant "communistes",
d'un autre "docte",
sévissant, lui, dans d'autres
organes, Badiou, le cycle des révolutions
ouvert en 1789 et prolongé
de 1848 à 1871 puis 1917,
ne s'est nullement arrêté
en 1976, à la mort de celui
qui allait, pour achever sa geste,
et la mettre en cohérence
ultime, liquider les "gauchistes"
pseudo-communistes de la "bande
des 4", dont son "Impératrice
rouge" d'épouse,
pour mettre sur son orbite le "petit
Deng", les "4
modernisations", et la
gerbe de missiles géo-politico-économiques
qui n'a pas fini d'embraser nos
cieux, ravis.
"La
« révolution
démocratique »
en Islande tient du fantasme",
écrit, donc, dans les colonnes
de Rue 89, Pascal Riché -
ancien du "vieux Libé"
du très vite oublié
Serge July.
"S'il
a choisi des solutions originales
après l'effondrement de son
économie, le pays
n'est pas devenu un paradis anticapitaliste.
Nationalisations du système
bancaire, chute de la droite, pressions
de la haute finance repoussées
par référendum, assemblée
constituante… Depuis quelques
jours, bizarrement, nous sommes
bombardés d'e-mails s'enthousiasmant
sur la « révolution
démocratique anticapitaliste
» qui aurait
lieu en Islande, et dont les succès
seraient déjà palpables.
(...) On nous renvoie à certains
articles enflammés, comme
cette note qui décrit pas
moins qu'une «
révolution en marche, à
faire circuler le plus largement
possible, puisqu'on ne doit compter
sur aucun média pour le faire
à notre place ».
Bigre.
Les Islandais que j'ai appelés
sont assez surpris -suite
ici -
|
Sous
l'ombre tutélaire de Sartre, et de
tant d'autres, grands universitaires, mandarins
de la Science et de la Culture, poètes,
écrivains de talent ou de génie,
cinéastes, banquiers, et Présidents
de la République - au temps où
l'Elysée s'ouvrait aux amateurs de
livres...- la grève des
"précaires"
de l'Ecole Normale
Supérieure de la rue d'Ulm,
fleuron de la recherche et de l'intelligence
de renommée mondiale et gloire de
la FRANCE, grève portée
et soutenue par un étonnant mouvement
des élèves, aristocrates du
savoir issus de la "bourgeoisie
intellectuelle" la plus
fermée au "social"
renouant avec la tradition
de "servir
le peuple"
inaugurée, dans ce lieu même,
autour de Robert Linhart, dans les années
"Vietnam"précédant
immédiatement Mai 1968,
continue à
s'étendre et à se durcir.(suite
à
dr.) |
Qu'ils
soient traîtreusement massacrés
par des "snipers" infiltrés
par un clan saoudo-syrien hostile
au "régime"
ou par les ordinaires sicaires du potentat
de Damas, comme feignent de le tenir pour
sûr les domestiques médiatiques,
bénévoles ou payés,
de la dictature syrienne ou de celle de
Téhéran, sa jumelle,
les
(suite
à dr) |
| jeunes
"chebab"
syriens qui tombent,
en masse, sous les balles et les
obus, ou sous les chenilles des
chars lourds lancés contre
leurs villes payent leur terrible
tribut de sang au scénario
de l'acte III des grandes Révolutions
Arabes, nées du
geste sublime d'un de leurs frères
"précaires" de
Tunisie assoiffé de Justice
et de Dignité, prolongé
par un premier soulèvement
de masse, presque unanime,
emportant
même
l'armée, ici unie au
côté de son peuple
opprimé...
Après le superbe
Acte I, prolongé au pied
des Pyramides, sous
la très "haute
protection", là
aussi, d'une |
|
- Compte
tenu du nombre croissant de victimes
dont la dernière s'est immolée
par le feu, certains membres de l'OTAN
envisagerait le bombardement du siège
central de FRANCE TELECOM,
dans le but exclusif de protection
des personnels civils. Cette idée,
je dois vous le dire m'apparait excessive.
Qu'en pensez vous ? E.T.
- Très
bien vu et pour compléter la
liste des objectifs, je suggère
d’ajouter le Ministère
de l’Intérieur,
où le nombre de suicides
de policiers dans une année,
est le plus élevé dans
le pays.DG
- D'accord,
mais une "petite
frappe" ou une
grosse? YX.
(Discussion
captée sur une liste de diffusion
de nos amis Gaullistes de Gauche..). |
|
| |
administration américaine enfin
soumise à la logique du grand
discours
du Caire, logique libératrice
conforme aux intérêts
bien compris des
Etats-Unis d'Amérique,
vint l'acte II libyen, plus
contourné. Où
les services de renseignement français
et britanniques, bien implantés
dans la Cyrénaïque chère
à "British
Petroleum" (BP),
tentèrent de jouer la carte,
irréaliste, d'un "impérialisme
européen"
d'une autre époque,
en prenant de vitesse même les
habituels tuteurs de Washington dans
une stratégie
visant à militariser,
pour mieux les détourner
et finalement les
détruire, les jeunes
révoltes arabes, placées
ici à ce moment sous
la tutelle de bons démocrates-bourgeois
libyens des tribus de l'est,
tout en faisant exploser, avec le
"dictateur"
ramené sans préavis
de son récent statut de valet
à celui de "Grand
Satan", un des
derniers obstacles à leurs
stratégies pétrolières
comme à leurs visées
néo-coloniales, elles aussi
à contre-temps, sur
l'Afrique sahélienne et l'Afrique
Noire.
L'Acte II se joue maintenant
sur le chemin de Damas, où
la spontanéité de belles
foules en colère, saoulées
de vent démocratique, se heurte,
comme dans les rues de Téhéran,
naguère, et contre le même
type de pouvoir, au sanguinaire
cynisme de Bashar El Assad, 
ophtalmologue-militaire,
digne fils de son père.
Mais là,
le "dictateur"
est resté notre
"pote". Pas
très propre aux mains, sans
doute, pas très présentable,
et l'héritier direct d'une
tradition paternelle notoirement plus
cruelle encore que celle de notre
nouvel ennemi de Tripoli.
Comme si, pour "Tintin
Militaire" soudain
rétrogradé
en deuxième division, et
pour ses distingués collègues,
le rêve d'un grand retour
au temps béni de l'
"hyperpuissance", dans
un univers où la roue de l'Histoire
a tourné, venait se
fracasser sur la froide matérialité
du monde... réel.
Pas question
donc ici d'un plus ou moins discret
coup de pouce à d'étranges
démocrates armés surgis
d'on ne sait quel ventre, au nom du
tout nouveau "devoir
de protéger"
(sans-s'in-gé-rer...).
Car, si Damas
devait s'effondrer, après le
régime militaire-ami du (regretté)
Pharaon du Caire, Israël serait
à poil devant le torrent de
la révolte arabe battant aux
quatre flancs de la citadelle, Hamas
ne tiendrait plus Gaza, Téhéran,
dans la foulée, serait menacée,
et la généralisation
d'une intifada régionale placerait
Tel Aviv, ses obligés et ses
tuteurs, devant l'urgence de bâtir,
vite, une Arche de Noé, d'y
entasser missiles, serpents, et monstres
de toute sorte, et d'aller attendre
quelque part, mais où, une
improbable fin du déluge saluéée
par le vol de la colombe...
27 avril 2011.Qi
| |
Une
remarque, vite, au vol, pour
la respectable fraction marxiste-leniniste
de nos lecteurs, perturbée
par l'idée de révolution
spontanée.
Le
cycle de formation accéléré
qui nous est gracieusement offert
dans le haletant enchaînement
des rébellions arabes
oblige à reparcourir
le chemin balisé des
discussions de stratégie.
On
constate, après l'avoir
appris dans les grimoires, puis,
éventuellement, oublié,
qu'un mouvement de masse,
aussi puissant soit-il, n'est
jamais à l'abri des récupérations,
des manipulations,
jusqu'à l'inversion presque
absolue des moyens et des fins.C'est
un fait. C'est vrai. Mais ce
qui a manqué
au corps hâtivement organisé
de la révolte, au moment
précis où l'Histoire
lui fait franchir la frontière
de l'Egypte à la Libye,
sa voisine, c'est moins
une "tête"
"scientifiquement remplie"
de docteurs-en-révolutions-comme-il-
faut que d'un petit service
de renseignement permettant
au mouvement insurrectionnel
de l'est-Libyen, bien
réel, de déjouer
les manœuvres
des britanniques et des français;
et, pour ce faire, de
combiner la dynamique de masse
d'une rébellion surgie
d'elle-même avec les jeux
tactiques de la guerre des réseaux
dans les arcanes de l'oligarchie
militaire libyenne, de manière
à s'y faire des
alliés décisifs,
au bon moment.
Leçon
qui ne vaut pas seulement pour
les déserts chers à
Lawrence d'Arabie.
Tant
il est vrai que la nécessaire
modernisation
des stratégies, déjà
anciennes,
de la "guerre
populaire prolongée",
suppose ce type de démarche.
C'est bien ce que semblent avoir
indiqué les auteurs d'un
petit livre récent, rédigé
par dux "colonels
supérieurs"
de l'armée de l'air chinoise,
"La guerre hors limites"
- fruit d'études militaires
approfondies de la guerre du
Kosovoe, et anticipant, avec
brio, les événements
du 11 septembre ainsi que l'actuelle
"crise financière"
(non spontanée
...) qui les prolonge.
On
aura l'occasion d'y revenir,
et d'y revenir.
JP-C. |
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|

| |
Nos
lecteurs attentifs, ou du moins,
puisque vous êtes divers,
ceux d'entre vous qu'intrigue
et attire la CHINE, connaissent
Bo
Xilai, le jeune et sympathique
dirigeant de l'immense métropole
de Chongquing, où il
a donné une envergure
spectaculaire à la lutte
contre la mafia, figure tentaculaire
hautement symbolique d'un "nouvel
ordre capitaliste",
sauvage qui tente de s'infiltrer
dans tout le pays.
"Prince Rouge"
resté modeste et fidèle
aux enseignements de son père,
l'illustre Bo Yibo (compagnon
de Mao, vétéran
de la lutte de libération
chinoise au XXème siècle),
ce jeune père de famille
au sourire éclatant qui
passe
pour un tenant d'une "ligne"
fermement réancrée
et ressourcée sur les
principes fondateurs, sans être
nullement un "opposant"
d' "ultra-gauche"
(dans un parti lui-même
plus fidèle qu'on ne
le croît dans l'arrogante
"Europe blanche"
des "sinologues"
de salon à son
inspiration fondamentale, on
ne peut plus éloignée
de tout "gauchisme"
- Mao lui-même
ayant impitoyablement écrasé
la "Bande
des Quatre" avant
de remettre en selle Deng SiaoPing
-) est brusquement découvert
par les "politologues"
du journal d'Alain Minc, qui
s'en inquiètent:
| |
Le
Monde, LUNDI 25 AVRIL
2011
"En
Chine, l'offensive des
" néomaoïstes
" pour un durcissement
du régime -
Brice Pedroletti
Durcissement sécuritaire
et retour en force de
la symbolique maoïste
font prendre un drôle
de tournant aux
luttes de pouvoir qui
animent le Parti communiste
chinois (PCC),
avant la grande transition
d'octobre 2012.
Après
dix ans au pouvoir,
le tandem Hu Jintao et
Wen Jiabao passera la
main à une nouvelle
équipe déjà
désignée,
formée de Xi
Jinping et Li
Keqiang.
Les
sept
autres sièges du
comité permanent
du bureau politique, qui
en comporte neuf
avec le président
et le premier ministre,
devront être renouvelés.
Les membres sortants cherchent
donc à promouvoir
leurs poulains au sein
du parti.
Et certains
des aspirants à
un siège au comité
permanent, comme Bo
Xilai, le secrétaire
du parti de Chongqing,
font tout pour se faire
remarquer...
Dans cette ville de 30
millions d'habitants du
nord-ouest de la Chine,
M. Bo mène ainsi
tambour battant, depuis
2008, une "
campagne rouge "
: concours de
"
chansons rouges "
dans les parcs de Chongqing,
étudiants
locaux priés de
consacrer quatre mois
de leurs études
en immersion chez les
ouvriers ou les paysans,
pensées de Mao
distillées par
le service de
"
Twitter rouge "
de la municipalité,
tout est fait pour présenter
une version actualisée
des méthodes du
Grand Timonier.
En mars, l'une des
chaînes télévisées
municipales était
convertie en "
télévision
rouge ",
avec des programmes
de "
culture communiste avancée
"
en prime time. Ces
derniers jours, Chongqing
fait de nouveau du zèle
: les médias locaux
ont reçu l'ordre
de promouvoir 36 nouveaux
"
chants rouges "
sélectionnés
lors d'un concours national
pour les célébrations
des 90 ans de la fondation
du Parti communiste chinois,
le 1er juillet.
Ancien
ministre du commerce,
secrétaire général
du Parti à Chongqing
depuis fin 2007, où
il lança aussitôt
une vaste opération
antimafia, Bo
Xilai, 62 ans, est la
coqueluche des néomaoïstes
chinois : "
Bo Xilai a eu beaucoup
de soutien de la part
du peuple de Chongqing.
Il a fait ce qu'un communiste
doit faire ! ",
nous expliquait Fan Jinggang,
directeur du site Internet
maoïste Utopia, fin
décembre 2010,
juste après avoir
organisé un séminaire
d'étude du
" modèle de
Chongqing ".
Utopia, qui tient
une librairie au sixième
étage d'une tour
de la banlieue de Pékin,
propose ce mois-ci à
ses membres un voyage
à Chongqing le
1er mai afin de "
faire l'expérience
des chansons rouges "
et voir de plus près
ce " modèle
" qui séduit
tant les nostalgiques
de Mao.
" Ce n'est
pas un modèle reconnu
officiellement, mais l'idée
est de recourir aux méthodes
politiques de Mao afin
de résoudre les
problèmes économiques,
culturels et sociaux d'aujourd'hui.
On ne va pas copier Mao,
mais l'adapter à
la réalité
de la société
moderne ",
affirme Qiu
Shike, un auteur
indépendant d'une
soixantaine d'années
qui publie des livres
ainsi qu'un grand nombre
d'articles sur le site
d'Utopia. M. Qiu - c'est
son nom de plume - met
en avant les efforts faits
à Chongqing en
matière d'éducation,
d'emploi et de sécurité
sociale. "
Une
partie du peuple
a l'impression d'être
devenue esclave. Le
développement économique
est superficiel,
les gens ne sont pas
heureux car il y a trop
de matérialisme
", poursuit-il,
se définissant
lui-même comme un
"
néomaoïste
".
Longtemps considérés
comme minoritaires,
excentriques, voire folkloriques,
les nostalgiques de Mao
sont-ils en train de faire
un retour au sein
du pouvoir ?
Le durcissement sécuritaire
caractérisé
de ces derniers mois,
avec des rafles de militants,
d'internautes et d'avocats
à grande échelle
et l'arrestation de l'artiste
engagé Ai Weiwei,
contribue à échauffer
les esprits. Ce qui se
passe à Chongqing,
a écrit dans une
lettre ouverte publiée
sur son blog, le 12 avril,
le professeur de droit
He Weifang, "
me pousse à me
demander si le
temps ne s'est pas mis
à tourner à
l'envers, si l'on n'est
pas en train de rejouer
la Révolution culturelle
(...)".
Revenu récemment
à Pékin
après plusieurs
années d'exil administratif
dans une université
du Xinjiang, en représailles
de ses opinions libérales,
cet intellectuel influent
s'interroge sur la
justice expéditive
appliquée à
Chongqing lors
de la campagne antimafia
de 2009, sous la forme
de mouvements "
frappez fort "
et de "
lettres de dénonciation
des masses ".
L'indignation de He
Weifang et d'une partie
des milieux libéraux
a pu s'exprimer à
l'occasion du procès,
ces derniers jours à
Chongqing, d'un
avocat, Li Zhuang, accusé
d'avoir manipulé
ses clients et fabriqué
des preuves.
Or les juristes dénoncent
les irrégularités
grossières du procès
de Li Zhuang, qui ferait
en réalité
les frais de l'assistance
légale qu'il a
prêtée à
des membres de la pègre
après leur arrestation.
Hier, l'accusation a finalement
levé les charges
qui pesaient contre l'avocat,
une mini-victoire pour
les milieux libéraux.
Pour certains observateurs,
ces manifestations d'un
"
courant dur "
au sein du pouvoir
(...) est le symptôme
que les factions conservatrices
se sentent menacées(...):
" Ils ont l'impression
qu'il y a une
base d'admiration pour
ce genre d'idées.
Bien sûr,
toutes sortes de gens
se sentent dépossédés
par les transformations
économiques, et
ils ont l'illusion que,
sous Mao, les ouvriers,
les paysans étaient
mieux lotis. En outre,
des cadres du parti ont
perdu de l'influence dans
les luttes de pouvoir
interne et tentent de
reprendre la main. C'est
eux qui sont derrière
des sites comme Utopia
", explique le
politologue Zhang Ming,
de l'université
du peuple à Pékin.
" Le discours est
tellement verrouillé
sur le sujet de la réforme
politique que certains,
comme Bo Xilai, tentent
d'occuper l'espace public
en convoquant le maoïsme.
En réalité,
le courant principal dans
l'opinion est favorable
à des réformes
", ajoute M.
Zhang. Le recyclage du
confucianisme a participé
de ce même effort,
dit-il, de "
faire diversion ".
| |
La
grande statue de
Confucius récemment
érigée
en plein centre
de Beijing, "Maître
Kong"
étant supposé
incarner une
"harmonie par
l'ordre"
bien éloignée
de la fluide dialectique
Yin Yang baignant
les Pensées
de Mao, et donc
le "Tao-Maoisme"
où toute
la Chine moderne
est immergée,
vient en effet d'être
déplacée
- dans un musée.
Cela suffit à
alimenter
les fantasmes de
M. Pedroletti.
Fantasmes
également
dans l'assimilation
de
Bo Xilai
(dont ce journaliste
semble ignorer
qu'à l'occasion
d'une récente
visite de
Xi Jinping,
le successeur désigné
de l'excellent Hu
Jintao,
il a été
adoubé par
ce dernier ("Ce
que tu fais chez
toi, c'est bien.
Cherchons à
travailler ensemble"),
avant d'être,
plus récemment,
promu à la
direction de Shanghaï)
à de minuscules
groupes marginaux
se réclamant,
souvent abusivement,
du maoisme.
Fantasmes,
enfin, la peur d'un
"tour de
vis sécuritaire"
associé à
un "retour
aux pratiques de
la Révolution
Culturelle".
Combat anticapitaliste
s'il en fut, conforme
à l'orientation
de toujours du PCC,
la lutte contre
les mafias chinoises,
avec ce qu'elle
peut comporter de
rudesse, y compris
dans la traque de
juristes corrompus
complices de leurs
clients,
est une défense
des libertés
du peuple - non
une attaque contre
la liberté
du peuple.
Quant à la
Révolution
Culturelle, dont
pourtant Deng, le
grand inspirateur
d'une politique
de modernisation
appelée à
se poursuivre, eut
à pâtir
des débordements
"gauchistes"
incontrôlés
avant de devoir
sa sauvegarde à
la "haute
protection"
de Zhou
Enlai et de Mao
lui-même,
l'actuel
PCC, tout
en en critiquant
les excès,
n'en a jamais renié
l'inspiration fondamentale,
et notamment les
"campagnes
de masse"
destinées
à éviter
une "restauration
capitaliste"
style URSS et inspirées
par l'idée
d'unir intellectuels
et travailleurs
manuels
dans un combat de
titans pour
une société
dépassant
non seulement la
contradiction Capital-Travail,
mais aussi la contradiction
"ville-campagne"
et, précisément,
"intellectuel-manuel".
Bo
Xilai
n'est donc ni plus
ni moins
"maoiste"
que Hu Jintao,
Xi Jinping ou...Mao.
Sa montée
en puissance, fraîchement
découverte
par les étranges
"professionnels"
du Monde longtemps
après Le
Monde Réel,
s'inscit dans la
droite ligne des
ré-orientations
adoptées
par les communistes
chinois depuis la
crise financière
du monde capitaliste:
-
recentrage du développement
économique
sur le territoire
national, l'investissement
public et la consommation
populaire,
-
"croissance
verte"
plus économe
en énergie
comme en capital,
-
augmentation progressive
et soutenue des
salaires,
-
"force tranquille"
dans les relations
internationales
où l'on voit
la Chine, entraînant
le vaste "front
uni" des
BRICS,
contempler paisiblement
l'enlisement libyen
des "Tintin
Militaires"
de la très
vieille Europe rétro-coloniale
tombée elle-même
dans le piège,
-
politique généreuse
de soutien financier
aux pays moins développés
d'Afrique, d'Asie,
et d'Amérique
Latine, mais aussi
à l'Europe
et aux Etats-Unis,
à terme immunisés
par leurs dettes
contre toute attitude
guerrière
imprudente (jusqu'au
jour où,
pour ne pas rembourser
cette dette, viendra
la tentation d'assassiner
le prêteur,
encore faudara-t-il
être en capacité
de le faire...)
|
Dernière
minute (source
Le Quotidien
du Peuple):
vers
un doublement
des salaires
en 5 ans,
après
une augmentation
annuelle de
22,8%
cette
année
dans 13 provinces.
Vers la définition
juridique
d'un
«
crime de paiement
en retard
intentionnel
des salaires
»
La Chine va
s'efforcer
de réaliser
une augmentation
annuelle de
15 % des salaires
des travailleurs,
de
sorte qu'ils
soient doublés
durant la
période
du XIIe plan
quinquennal
(2011-2015).
C'est
ce qui a été
révélé
par le vice-ministre
des Ressources
humaines et
de la Sécurité
sociale Yang
Zhiming, lors
d'une réunion
nationale
sur les relations
au travail.
M. Yang a
indiqué
qu'il faut
« approfondir
la réforme
du régime
de répartition
des salaires
d'entreprises
autour de
l'augmentation
du niveau
salarial des
travailleurs
ordinaires
».
«
Il faut s'efforcer
d'étendre
la couverture
de la négociation
collective
des salaires,
surtout vers
les entreprises
privées
et les entreprises
à forte
intensité
de main-d'œuvre,
et accélérer
la mise en
place d'un
mécanisme
d'augmentation
régulière
des salaires
des entreprises,
pour que l'augmentation
des salaires
des travailleurs
d'entreprises
ne soit pas
inférieure
à celle
des profits
économiques
des entreprises,
et que l'augmentation
des salaires
des travailleurs
en première
ligne ne soit
pas inférieure
à celle
du salaire
moyen des
entreprises
»,
a expliqué
Yang.
«
Des informations
sur les lignes
directrices
des salaires
locaux et
sur le marché
des ressources
humaines doivent
continuer
à être
publiées
à temps,
afin de fournir
de bonnes
bases à
la négociation
collective
entre les
entreprises
et les travailleurs.
»
Depuis le
début
de l'année,
le salaire
minimum a
été
réévalué
dans treize
provinces,
avec une hausse
moyenne de
22,8 %.
Pour la formation
d'une structure
raisonnable
et ordonnée
des salaires
et revenus
durant le
XIIe plan
quinquennal,
il faut renforcer
la gestion
des salaires
et traitements
des responsables
des entreprises
d'État,
selon M. Yang.
« À
présent,
le ministère
des Ressources
humaines et
de la Sécurité
sociale est
en train d'étudier
et d'établir
des méthodes
sur la réforme
du montant
des salaires
dans les entreprises
d'État,
tout en renforçant
le contrôle
du montant
des salaires
et du niveau
salarial des
secteurs à
revenus trop
élevés
».
Il a rappelé
qu'en 2009,
90 % des responsables
des entreprises
d'État
avaient un
salaire annuel
de plus d'un
million de
yuans.
Le
ministère
des Ressources
humaines et
de la Sécurité
sociale va
s'efforcer
de remédier
au manque
de normes
sur la détermination
du salaire
annuel dans
les entreprises
d'État,
tout en
lançant
à titre
d'essai un
système
d'enquête
sur les salaires
et traitements
des entreprises
dans l'ensemble
du pays.
En ce qui
concerne
le paiement
des arriérés
de salaire
des travailleurs
migrants,
Yang a annoncé
un calendrier,
selon lequel
dans une dizaine
de provinces
cette année,
la moitié
de toutes
les provinces
l'année
prochaine,
et dans l'ensemble
du pays d'ici
deux ans,
les arriérés
de salaire
des travailleurs
migrants auront
été
payés.
Avec la coordination
du ministère
des Ressources
humaines et
de la Sécurité
sociale,
le Comité
permanent
de l'Assemblée
populaire
nationale
a instauré
un
«
crime de paiement
en retard
intentionnel
des salaires
»
pour encadrer
les pénalités.
Actuellement,
le paiement
retardé
des salaires
des travailleurs
migrants concerne
à 80
% les entreprises
du bâtiment,
surtout dans
des projets
gouvernementaux
comme les
chemins de
fer à
grande vitesse,
les autoroutes,
l'hydraulique
et l'aéroport.
Le ministère
va coopérer
avec les autorités
judiciaires
pour concrétiser
les dispositions
du
«
crime de paiement
en retard
intentionnel
des salaires
».
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(suite
de nos
infos en UNE sur la grève
exemplaire des agents de cantine
et des femmes de ménage
en lutte contre les statuts
précaires à l'Ecole
Normale Supérieure de
la rue d'Ulm)
Contre
la criminalisation du mouvement
social à l'ENS :
banquet
de soutien aux grévistes
le mardi 26 avril
Alors que les personnels et
les étudiant-es de l'École
Normale Supérieur rue
d'Ulm ont
entamé leur quatrième
mois de grève,
la directrice de l'ENS, Monique
Canto Sperber et Valérie
Pécresse restent
sourdes aux revendications des
grévistes malgré
un accord trouvé avec
le ministre
de la Fonction Publique.
Prétextant
le manque de moyens financiers,
ils refusent de titulariser
les personnels
précaires.
Il ne s'agit pourtant que d'un
profond mépris affiché
par la direction de l'ENS à
travers
des courriers largement diffusés
ces derniers jours au sein de
l'école par une main
anonyme, à
l'égard de ses propres
employé-es et étudiant-es.
En effet, le fonctionnement
de cette
« prestigieuse »
école (cuisine, ménage...)
repose sur des emplois précaires
(accumulation de CDD,
salaires scandaleusement bas...).
De plus, alors que les grévistes
réclament encore leur
titularisation,
et qu'une prime de 1000€
avait déjà été
négociée ainsi
que le remboursement intégral
des jours de
grèves, la direction
a violemment réprimé
le mouvement de contestation
en envoyant les forces de
l'ordre déloger les grévistes
qui occupaient les salons de
la direction et a fait murer
l'entrée des
salons le 19 avril. A
l'heure actuelle, des policiers
en civil sont présents
en continu à l'ENS.
A l'ENS comme ailleurs, le ministère
de l'Enseignement Supérieur
mène une politique anti-
sociale de précarisation
des personnels.
Face à la casse du statut
de fonctionnaire,
SUD Étudiant revendique
une
embauche massive
de personnels administratifs,
de personnels techniques et
de personnels enseignants titulaires.
Cette
grève met en lumière
le manque de moyens humains
et financiers ainsi que l'aggravation
des
conditions de travail des personnels
dans les universités
et dans les écoles d'enseignement
supérieur.
Nous
dénonçons la criminalisation
de l'action syndicale et demandons
le retrait immédiat des
forces
de l'ordre du site de l'École
Normale Supérieur ainsi
que l'arrêt de toutes
les poursuites judiciaires à
l'encontre des grévistes
et des étudiant-es.
La fédération
des syndicats SUD Étudiant
appelle les membres de la communauté
universitaire, étudiant-es,
personnels, enseignant-es et
tout-e-s ceux/celles qui sont
solidaires de
cette lutte à
venir soutenir les grévistes
de l'ENS lors d'un grand banquet
le mardi 26 avril à 12h30,
45 rue d'Ulm, 75005 Paris.
| |
Brisant
la chape de silence des
MEDIA UMPSFN,
Témoignage
Chrétien
publie un reportage enlevé
soutenant la lutte des
précaires et des
étudiants d'Ulm
Les
Normaliens se rebiffent
Par
Fanny Stolpner
À l’École
Normale Supérieure
de Paris, les conflits
se multiplient entre une
partie des élèves
et la direction. Un retour
de la tradition radicale
dans le temple de l’élite
?
« Monique, démission
! » : le mot
est épinglé
sur les murs, à
côté d’un
grand tableau de Vasarely.
Depuis le 22 mars, Normale
Sup' est bloquée
: une imposante pile de
tables empêche l’accès
aux bureaux du secrétariat
de la direction, occupés
par des étudiants
et des personnels d’entretien
et de restauration qui
livrent deux batailles
contre la directrice,
Monique Canto-Sperber.
En grève
depuis trois mois, quatorze
contractuels, employés
de cuisine et d’entretien
demandent leur titularisation,
certains ayant accumulé
plus de trente CDD en
dix ans.
Mais le protocole d’accord
élaboré
avec les élèves
SUD-CGT et les personnels
fait du sur-place. «
La direction veut externaliser
la gestion de ces contrats
au Crous, explique
un étudiant. Elle
craint l’effet tâche
d’huile si elle
commence à titulariser,
car entre la bibliothèque
et les labos, il y a plus
d’une centaine de
contractuels précaires.
»
Le blocage a été
décidé après
une nouvelle proposition
de la part de la directrice,
le 24 mars. Une proposition
qui, selon les grévistes,
ne faisait que réitérer
des conditions déjà
refusées par les
personnels.
Mais Monique Canto-Sperber
« n’a
plus le choix »,
estime un employé
de restauration :
« parce que nous,
on ne lâchera pas
; nous n’avons plus
rien à perdre ».
L’autre
conflit a débuté
avec l’interdiction
par Mme Canto-Sperber
d’un débat
sur le boycott des produits
israéliens, que
l’an cien normalien
Stéphane Hessel
devait animer le 18 janvier.
Aussitôt une partie
des enseignants lui adresse
un courrier indigné,
et une pétition
d’anciens normaliens
déplore que l’ENS
ait « déshonoré
» sa fonction
en portant atteinte à
la liberté d’expression.
Quelques semaines après,
la directrice refuse à
nouveau qu’un débat
soit organisé par
le collectif ENS Palestine
dans le cadre de
l’Israeli Apartheid
Week, du 8 au 10 mars.
La vingtaine de jeunes
étudiants et quelques
enseignants membres du
collectif souhaitait discuter
de la notion «
d’apartheid »
pour qualifier le traitement
de la Palestine par Israël.
Le collectif porte plainte
pour atteinte à
la liberté de réunion
devant le tribunal administratif
de Paris, qui lui donne
raison.
Mais Mme Canto-Sperber
dépose un recours
devant le Conseil d’État
qui, le 7 mars, déboute
le collectif au motif
de l’indépendance
politique de l’enseignement
supérieur.
L’épisode,
qui va se poursuivre avec
le recours d’ENS
Palestine devant la Cour
européenne des
droits de l’homme
et le Comité des
droits des nations-unies,
marque-t-il un tournant
dans l’histoire
de l’ENS ?
L’école est
en effet réputée
pour sa liberté
d’expression et
le ton volontiers critique
de ses intellectuels.
« Je n’ai
pas vu les étudiants
se mobiliser ainsi depuis
vingt ans »,
juge un professeur.
L’ENS aime à
rappeler, sur son site
internet, qu’elle
a participé à
« tous les grands
débats d’idées
qu’a connus la France
moderne, de l’affaire
Dreyfus aux mouvements
des années trente,
de la fondation des sciences
humaines à l’avant-garde
des années soixante-dix.
»
Une étudiante mentionne
aussi qu’en pleine
guerre d’Algérie,
la direction de l’ENS
avait soutenu, contre
le préfet, la tenue
de conférences
sur la torture
en Algérie.
«
Cette protestation étudiante
ne fait pas exception
à l’impressionnant
passé de l’ENS
», estime Joan
Wallach, historienne à
l’université
de Princeton (États-Unis).
La pétition qu’elle
a co-écrit pour
dénoncer cette
situation, publiée
dans le Guardian du 21
mars, a été
signée
par 160 intellectuels
anglo-saxons dont Noam
Chomsky, Judith Butler
ou Michael Harris.
«
L’interdiction de
ces débats est
en
contradiction avec ce
que l’ENS représente
affirme l’historienne.
Nous exhortons M. Canto-Sperber
à maintenir
cette tradition.
»
19 avril 2011
| |
Sur
le même sujet,
lire impérativement:
-Au
centre du conflit
des
"précaires"
de l'Ecole
Normale Supérieure
de la rue d'Ulm,
soutenus par les
représentants
des couches supérieures
de notre
"élite
intellecuelle",
faisant retour à
l'esprit
"servir
le peuple"
des
années 1965-1975,
la question de la
relation
"intellectuels-manuels"
-
donc, indirectement
au moins,celle du
"partage
des savoirs"
au
sein de "l'économie
de la connaissance"
et
de la nécessité,
indépassée,
de "Révolutions
Culturelles".
ici.
ENS
BANQUET:
ici
ENS:
le jour où
"une simple
cuisinière"
pourra se saisir
"des
affaires de l'Etat"
se prépare
à
Normale Sup en grève
avec Fatou l'Ivoirienne
et Hamid le cantinier,
"précaires"
de combat soutenus
par les "Ulmards"
rebelles ICI.
ENS
12 avril 2011, manif:
ICI
-ENS:
la grève
des "précaires"
défie les
menaces policières
comme les pressions
du vieux
lobby néo-conservateur
(néo-cons)
des ADLER,
BHL, ROLIN
et consorts - et
appelle à
un nouveau "banquet"devant
l'Ecole, ce 14 avril
2011. ICI
- ENS-Ulm:
échec de
l'OPERATION "PLOMB
DURCI"
de Monique Canto-Sperber
contre la grève
des "PRECAIRES"
et la
"COMMUNE
D'ULM"
ici
Voir
également
les "pages
rouges"
du site Le Monde
Réel (mouvement
prolétarien
dans le monde, conflits
sociaux, actualité
du communisme, "mouvement
réel qui
abolit l'état
actuel"): ici,
ici, ici |
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Dans l'impossibilité d'accéder
à ses luxueux "salons",
occupés, dont l'accès lui
est interdit par une aussi imposante que
symbolique barricade, Monique Canto-Sperber,
la très pro-Israélienne directrice
de l'ENS-Ulm, toujours confrontée
à la longue grève de ses
"petits personnels", précaires,
tente le tout

pour le tout, avec une "OPERATION
"PLOMB DURCI",
style GAZA, rue d'Ulm, marquée par
la scandaleuse PRISE
D'OTAGES de Maïa, Nadia et Serge,
trois
des agents de services en grève
"pour
le statut et pour la dignité",
dont elle refuse le passage de CDD à
CDI, espérant que leurs collègues,
au bord, eux, de la victoire, finiront par
se lasser et les laisser 
tomber. - Une tactique, certes,
vieille comme la guerre, mais qui ne semblait
pas, ce jeudi 14 avril, sous un soleil printanier,
rue d'Ulm, connaître
le moindre début de réussite.
La barricade de bancs, tables et
chaises, imposante, barrait toujours l'accès,
dans les étages, aux coquets "salons
de réception" ,
occupés par les étudiants
solidaires ainsi que par
les grévistes, jouxtant
le bureau de , "Madame
la Directrice", dont la
somptueuse limousine avec chauffeur de grande
mondaine, pour ne pas dire "demi-mondaine",
se fait plus rare.
A l'entrée de la "grande
école", la table
du "banquet de solidarité",
couverte de victuailles succulentes, dont
de petits boudins blancs aux pommes, parfaits,
et , un vrai taboulé, amoureusement
confectionnés
en commun par
les personnels de cusine grévistes
et par les jeunes Normaliens en lutte
à leurs côtés depuis
plusieurs mois, régalait ceux qui
ne sont pas partis en vacances de Pâques
pour "rester protéger
le mouvement" et les hôtes
de passage, sensibles à la très
haute charge symbolique d'un mouvement contre
la précarité du "nouveau
prolétariat des services",
presque exclusivement Africain de l'Ouest
ou du Maghreb, soutenu par la "crème
de l'université française",
les pensionnaires de Normale Sup' dont les
glorieux anciens avaient fait de ce haut
lieu de culture le quartier général
d'autres barricades, plus imposantes peut-être
mais non moins symboliques,
et de premières formes de jonction
"intellectuels
manuels" et "étudiants-travailleurs"
d'esprit résolument "Révolution
Culturelle".
Aux foulards noirs, ou rouges,
très "mode"
en ces lieux-là, en des temps plus
anciens, ont succédé, et c'est
plaisir à voir, keffieh palestiniens
à damiers enroulés, quelquefois,
autour d'un ravissant "hidjab"
- à la table du banquet comme dans
la file pressée devant le buffet,
dans le

hall même...Signe d'un temps
où subversion, subtile, et haute
culture, mêlés, rencontrent
les traditions anciennes propres, par exemple,
aux employées noires
ou maghrébines en grève à
la cuisine, dont le voile
constitue souvent l'ornement naturel,
porté, en jours de grève,
avec une particulière fierté,
au grand vent de la
LIBERTE RETROUVEE, RECONQUISE, ET TOUJOURS
A SAUVER.
Car c'est
bien d'un COMBAT POUR LA LIBERTE, POUR LA
JUSTICE ET POUR LA DIGNITE qu'il
s'agit: dans ce HAUT TEMPLE DU SAVOIR, DES
MATHS A LA PHILOSOPHIE, ET DES ANTIQUITES
GRECQUES OU LATINES, AU
CŒUR DE NOTRE CULTURE ET DE NOTRE IDENTITE
de Français d'Occident, fidèles
à leurs racines, fidèles à
la MEMOIRE DES PERES,
et, de ce fait, ouverts A LA DIVERSITE
ET A LA DIFFERENCE d'un "monde
venu d'ailleurs" que NOUS
VOULONS LE NÔTRE,
et auquel nous dénions
à qui que ce soit le DROIT
D'INFLIGER L'HUMILIANT
STATUT DE "PRECAIRE" -
PRECAIRE POUR L'ETERNITE...
15 avril 2011. JP-CRUSE
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ENS-Ulm:
d'Alexandre ADLER à Gérard
MILLER ou Olivier ROLIN, la rébellion
du prolétariat des "précaires"
des cuisines et du ménage de l'Ecole
Normale Supérieure, qui se poursuit,
fait exploser de rage les "repentis"
de l'intelligence - renégats de
l'Action politique et de la Culture elle-même...

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12
avril 2011
"Guerre
des nerfs à l’ENS",
titre très justement notre
confrère Le Monde,
dont l'édition électronique,
au moins, cédant au mouvement
de solidarité qui monte et
renverse une à une
les digues de la censure,
consacre un article au conflit,
ce 12 avril 2011- dans la foulée
du Parisien (une pleine page dans
l'édition écrite),
de L'Huma, à l'avant-garde,
et de nombreux sites d'information
générale, comme celui-ci...
"L’occupation continue.
Ils étaient “une
centaine de manifestants”
selon les grévistes,
soutenus par le secrétaire
national du PCF Pierre Laurent et
par celui du Parti de Gauche (PG),
Eric Coquerel, à se rassembler
rue Descartes mardi 12 avril à
midi pour exiger une rencontre avec
des representants du ministère
de l’Enseignement supérieur.
Devant l’échec
de leur démarche, la décision
prise lundi 11 avril au matin en
assemblée générale
reste d’actualité.
La poignée d’étudiants
qui occupe les salons de la direction
de l’Ecole normale supérieure
(ENS) depuis le 22 mars continuera
à passer outre l’injonction
du tribunal administratif. Non,
ils ne lèveront pas le camp.
Pas avant que la directrice de l’ENS,
la philosophe Monique Canto-Sperber,
n’accède à leurs
revendications. A savoir, la
fin de la précarité
pour l’ensemble des personnels
de la cantine, le
“pot”, dans
l’argot des normaliens.
“La directrice soutient que
nous devrions laisser tomber l’occupation
maintenant que les négociations
ont commencé, explique
Guillaume Fondu, étudiant
membre du collectif des grévistes.
Mais des négociations
sans rapport de force ne mènent
à rien. On attend des engagements
clairs !”
Des engagements que Mme
Canto-Sperber pensait
avoir donnés. Contactée,
elle ne cache pas
sa stupéfaction.
“Je
croyais qu’on en avait fini
avec cette histoire !”
Pour elle, l’offre
du 6 avril, soit la proposition
d’un CDI pour les
onze précaires en poste depuis
trois ans au moins aux cuisines,
mettait un terme au conflit.
“Trois
personnes, arrivées plus
tardivement aux cuisines, ne sont
pas inclus dans l’accord.
Nous voulons un contrat pour tous!”,
affirme Guillaume Fondu.
Serge,
Maïa, Nadia (ci-dessus, de
g. à dr.): pour ces trois
"soutiers" des cuisines,
du ménage, et des "petits
boulots" de la grande Ecole
Normale Supérieure, laissés
pour compte d'un accord titularisant
tous les autres CDD, la lutte des
"précaires" continue,
portée aussi par le personnel
titulaire, en grève pour
eux et avec eux depuis le début,
et par une large fraction des étudiants,
pourtant issus de la grande bourgeoisie
intellectuelle de gauche ou Sarko-socialiste,
remettant en cause leurs "privilèges
de classe" d'"intellectuels"
servis par des "manuels"
précarisés, surexploités,
originaires, pour la plupart d'entre
eux, des pays africains de l'ex-Empire
colonial français.
Pointillisme
protocolaire
Cet accord avait pourtant été
ratifié par les syndicats
UNSA, FSU et CGT. “Les
grévistes n’étaient
pas représentés”,
rétorque Jean Quetier, responsable
CGT à l’ENS, à
laquelle “ils sont tous
affiliés”. Quid
donc de la présence d’Eric
Michel, élu lors des dernières
élections syndicales, qui
a ratifié l’acte au
nom de la CGT ? “Il n’avait
pas de mandat pour se rendre à
cette réunion. Nous condamnons
sa présence. Depuis la mobilisation
des retraites, sa présence
est aussi tangente au sein du syndicat
: il n’assiste même
plus aux réunions.”
François Avisseau, étudiant
de l’ENS, élu du conseil
d’administration et membre
de l’assemblée générale
comptait parmi les conviés
à la table de négociation.
Il ne s’est pas présenté.
“Il est étudiant, donc
pas légitime pour représenter
les intérêts des salariés.
De plus, il a été
convoqué au titre de son
rôle au conseil d’administration”,
argue M. Quetier.
Des progrès dans
la négociation
Nonobstant ces querelles, les grévistes
ne renient cependant pas l’avancée
que représente l’offre
du 6 avril. “Ces
CDI, c’est une vraie proposition”,
concède Sébastien
Garcia, un autre membre du collectif.
“Mais il reste quelques
points à régler.”
Outre les trois grévistes
non inclus dans l’accord,
deux autres clauses alimentent leurs
récriminations.
- Premier grief, la grille
salariale fixe, sur laquelle s’appuient
les salaires des contrats proposés
par la direction. Les grévistes
réclament eux un alignement
sur les barèmes de la fonction
publique.
- Ils exigent aussi des explications
sur une clause concernant la non-titularisation
des personnels. Cette clause, “habituelle
dans les contrats à l’ENS
mais illégale”
aux dires de Sébastien Garcia
suscite la méfiance des grévistes.
“Cette
clause est classique dans les contrats
publics”, répond
Mme Canto-Sperber. “L’Etat
est dans une logique de diminution
du nombre de fonctionnaires. La
titularisation n’est pas de
mon ressort.”
- Enfin, les grévistes
réclament des sanctions
contre le chef des cuisines,
accusé d’insultes,
de harcèlement moral et de
violence. “Je
ne peux plus retourner travailler
avec lui. Je ne supporte plus de
ses injures homophobes et
racistes.
Quand nous avons pris conscience
de nos droits, il n’a pas
cessé de jouer
sur notre précarité
pour nous faire taire”,
témoigne un manifestant
qui travaille aux cuisines.
“Nous n’avons pas eu
de témoignage avant février,
répond Mme Canto-Sperber.
Une enquête est en cours et
devrait probablement déboucher
sur une procédure disciplinaire.”
Les grévistes se préparent
à une
occupation plus longue.
Pour cela, ils ont bien compris
que l’argent est le nerf de
la guerre.
“Depuis que l’injonction
du tribunal a expiré, chaque
gréviste doit verser
une amende
de 50 euros par jour”,
explique Guillaume Fondu. Afin
d’alimenter la caisse de grève,
des sandwichs sont vendus chaque
jour par les bloqueurs.
Un bon moyen de juger selon eux
de la popularité de leur
mouvement.
“Les étudiants nous
donnent souvent plus que ce que
valent les sandwiches”,
apprécie t-il.
Afin de sensibiliser
le plus grand nombre, un
(nouveau) grand
“banquet
de solidarité” sera
organisé jeudi 14 avril devant
l’institution du 45, rue d’Ulm."
- Bien. Mais ce que ne
peut évidemment dire l'honnête
Arnaud Rossignon, auteur
d'un article minutieux mais prudent,
c'est qu'une
autre raison
existe à la poursuite de
ce conflit d'une très haute
intensité symbolique,
qui touche un des hauts lieux de
la culture française et internationale,
devenu, depuis longtemps, un haut
lieu de conscience politique,
et où, contrairement
à une idée reçue
ressassée dans les
"livres"
publiés, à
la pelle, par les maisons
d'édition placées
sous l'influence de Bernard-Henri
Lévy (BHL),
fils et surtout héritier
matériel et moral d'un richissime
trafiquant de bois tropicaux africains,
et notamment mais pas exclusivement
du précieux bois
d'ébène,
tous les jeunes intellectuels n'ont
pas emprunté le chemin du
"repentir"
politique
ouvert par BHL lui-même
(qui, pour dire vrai, avait bien
peu de "forfaits"
à confesser...), élargi
par le (re)fondateur du
"communautarisme"
en france, le judéo-centriste
Benny Lévy
(simple homonyme) puis par ses "seconds
couteaux" d'une ignominie
plus ou moins comparable, et, comme
leur maître, plus ou moins
(financièrement)
intéressés à
l'affaire, Jeambet, Rolin,
(ex-Normalien, entré
à "l'Ecole"
en mai
1968, à
l'heure où ses petits camarades
comme lui-même exhortaient
les jeunes lycéens, et d'abord
les "khâgneux",
comme lui-même, à
rompre avec audace avec l'"université
bourgeoise", à
boycotter le concours de la rue
d'Ulm, et à aller s' "établir
en usine") ou
encore le pitre professionnel Gérard
Miller (ancien
élève de l'ENS Saint-Cloud).
Tous ces gens, exhortés
à la lutte par leur compère
"Alexandre le Gras"
(ADLER),
gras comme son âme
grasse inondant d'une graisse absolument
métaphysique son corps difforme
de goinfre nourri dans les bauges
infectes de l'anticommunisme,
ex-Ulmard lui aussi, compagnon de
combat néo-conservateur à
l'Israélienne ("néo-cons")
de l'ex-normalienne Blandine
Barret Kriegel, très
proche de la très pro-Israélienne
Monique Canto-Sperber
(toujours à cet instant directrice
en titre de l'ENS), exercent une
action de lobbying intensive
contre cette "grève
prolétarienne",
jugée par eux aussi inepte
qu'insolente et, qui plus est, "manipulée
par des pro-palestiniens notoires",

Sandro
(ci-dessus). Keffieh palestinien
gaillardement enroulé au
cou, ce jeune et brillant "matheux"
de l'ENS-Ulm, délégué
SUD/SOLIDAIRES), photographié
ici par LE
MONDE REEL devant les CRS,
au cours d'une manif de solidarité
rue Descartes, est bien représentatif
d'une "Génération
2011" d'Ulm, où
la référence au Vietnam,
qui a "fait" mai
1968, cède à
la place au SOUTIEN
PALESTINE, dans le même
esprit d'engagement chaleureux,
courageux, argumenté et raisonné,
qui conduit à soutenir les
grévistes "black-blancs-beurs"
des cuisines de "l'Ecole",
et à confectionner pour eux,
en toute simplicité, ces
"sandwiches
de la colère"
vitaux pour la survie de la grève
- mais dont
s'étoufferait le gros poussah
ADLER, figure tout aussi symbolique,
mais dans l'autre sens, et donc,
elle, monstrueuse,
d'une Intelligentsia
française coupée en
deux: où de jeunes
rebelles intrépides,
beaux comme une REVOLUTION EN MARCHE,
viennent défier
sans peur les vestiges cacochymes
d'un VIEUX MONDE ETOUFFE DANS UNE
ORGIE DE "GRANDE BOUFFE"
digne des caricatures d'un DAUMIER
- celui d'ADLER, BHL, ROLIN, MILLER
- et l'on allait oublier l'inénarrable
"intellectuel raciste"
FINKIELCROTTE" - Normale Sup,
lui aussi, du côté
du manche...
pour ne pas dire des
"rouge-brun"
- cette qualification due à
l'inépuisable inventivité
sémantique de BHL,
servilement par le journaliste trotskiste
de Minute Patrick Gofman manipulant
le pauvre Limonov et ne
désignant plus
aujourd'hui, les
gens cultivés le savent,
d'improbables "complotistes"
"nazis-communistes"
groupés autour de... Henri
Krasucki, Roger Lancry, Francette
Lazard, Marc Cohen et le
pauvre Pierre Zarka,
mais des "rouge
de rouge"
indestructiblement inoxydables
passés des marges de l'ENS
ou de l'Ecole elle-même au
militantisme prolétarien
dans les banlieues sensibles et
les usines fascistes, ayant
insolemment omis tout
"repentir"
et terminant actuellement leur parcours
au sein du jeune prolétariat
"brun"
("basané"
ou "black")
du sulfureux "9-3"-
toujours sous l'influence de l'ex-Ulmard
Robert Linhart
(
ici
et
ici)
plus que de l'aristocratique
archéo-althussérien
Alain Badiou, et le plus souvent
dans la mystérieuse mouvance
des "Forces
Populaires"
(FP)
et dans le soutien aux grèves,
à commencer par celles du
jeune prolétariat "brun"
d'Asie ou d'Afrique "pour
les papiers et pour la dignité",
et en continuant, notamment
mais pas exclusivement, celle
de Hamid,
Fatou,
Maïa, Nadia, Serge,
ainsi que des François,
Sandro, etc. du 45 rue d'Ulm.
13 avril
2011. Jean-Paul CRUSE |
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Ulm:
soutenue par les
jeunes intellectuels absolument
modernes, absolument
solidaires, de la Génération
2011, élèves de leur
Ecole, les femmes de ménage
et les agents de service en grève
du prestigieux établissement appellent
à une manif, ce mardi, devant leur
ministère de tutelle. Présence
impérative...
| |
"À
L'ENS, LA LUTTE CONTINUE": RASSEMBLEMENT
DE SOUTIEN MARDI 12 AVRIL 2011
Information publiée le dimanche
10 avril 2011 par Bérenger
Boulay sur le site Fabula
Mouvement contre la précarité
à l'ENS
***
mardi 12 avril 2011 à 12h30
devant le Ministère de l'Enseignement
Supérieur et de la Recherche
1 rue Descartes, 75005 Paris Métro
Cardinal Lemoine
A l'ENS,
la lutte continue
Après 90 jours de grève,
les précaires de l'Ecole Normale
Supérieure qui occupent les
locaux de la Direction depuis près
de trois semaines attendent toujours
les 14 titularisations promises par
le cabinet de Georges Tron et que
Valérie Pécresse refuse
de mettre en oeuvre.
Deux d'entre eux et trois de leurs
soutiens ont été convoqués
au Tribunal Administratif de Paris
pour occupation illégale sur
ordre de la Direction.
Un rassemblement de soutien
pour exiger que les revendications
des grévistes soient satisfaites
aura lieu mardi 12 avril 2011 à
12h30 devant le Ministère de
l'Enseignement Supérieur et
de la Recherche, 1 rue Descartes,
75005 Paris Métro Cardinal
Lemoine.
|
|
Une pure révolution
touchant à l'essentiel, disait, en
substance, Lenine
- qui en connaissait un bout - c'est
faire que "la simple cuisinière"
puisse se saisir pleinement des
"affaires de l'Etat". C'était
une autre époque...L'aube,
précisément, de la nôtre
où, venue

| |
"sur
des pattes de colombes"
dans un Quartier Latin sans
barricades, mais sur leurs lieux mêmes,
la longue grève des personnels
de service, des femmes de ménage,
des jardiniers, cantonniers et cantinières
de la prestigieuse Ecole Normale Supérieure
de la rue d'Ulm, bastion
des Lettres classiques, de la Philo,
de l'Histoire, autant que des Mathématiques
de niveau mondial de l'Ecole française,
lutte contre les statuts précaires
des "petits personnels"
lancée en parfaite
harmonie avec les jeunes "Ulmards",
apprentis-mandarins faisant
retour, à la Chinoise, et façon
Révolution Culturelle,
à l' "idéologie
de "servir le peuple"
dans la "fusion de combat
des travailleurs manuels et des intellectuels"
se fait sous le signe de Fatou,
l'Ivoirienne "du
nord" de la cantine,
et de
Hamid, le cuisinier brimé qui,
le premier, a osé prendre la
parole, "à découvert",
"devant l'AG de tous
ces brillants universitaires venus
nous écouter et nous aider,
avec qui les échanges sont
formidables, et sans lesquels notre
mouvement, dans
la foulée de celui
des retraites, n'aurait sans doute
même pas pu naître".
Nos
lecteurs connaissent
l'origine de ce conflit, exceptionnel
dans sa nature, même s'il ne
touche, numériquement, qu'une
poignée de salariés
"contractuels"
en CDD en grève et
une bonne centaine d'étudiants
de la "haute classe",
fidèles
à la tradition ouverte ici
par un "Caïman"
de valeur, Louis Althusser, le grand
intellectuel classique qui a "remis
sur ses pieds" la
lecture des textes fondateurs
de Marx et de Lenine, avant que, sur
ses traces, mais faisant, à
son tour, judicieusement, rupture,
son plus brillant élève,
Robert
Linhart,
ne se contente pas de créer,
dans l'immédiat avant-1968,
l'organisation communiste de la jeunesse
intellectuelle faisant "retour
aux textes", mais
choisisse de la doter d'une "organisation
de masse de combat",
les Comités Vietnam de Base
(CVB) avec leurs commandos de jeunes
karatekas "fusionnant
le marxisme-leninisme avec la tradition
chinoise des arts martiaux",
puis de l'engager dans un second "bond
en avant", plus
décisif encore, par le divorce,
"au sein du
marxisme-leninisme", avec
les théories intellectualistes
de "l'importation
du savoir" (communiste)
"au sein des masses",
sous l'influence de la Révolution
Culturelle chinoise et des théories
maoistes ou mao-taoistes
de la "ligne de
masse"...
"Vous vouliez partir d'Ulm,
votre base, pour aller aux banlieues
et aux usines vous fondre dans le
prolétariat, vous avez échoué,
je crois, (c'est
ce qu'on dit NDLR.- lire REBELLES..)
mais nous, 40 années après,
le prolétariat, le peuple,
le peuple en lutte, nous l'avons trouvé
sur place, à
l'intérieur...",
dit une jeune élève
d'Ulm "en lutte"
à l'ancien de la "khâgne"
du lycée Louis-Le-Grand, voisin,
et des "Groupes
de Propagande et d'Autodéfense
des CVB" venu l'interroger,
pour le site internet Le Monde
Réel, sur le conflit qui
l'amène à occuper, jour
et nuit, au côté des
"précaires"
revendiquant leur titularisation
définitive, les luxueux
bureaux de
l'ex-"Ulmarde"
(1) Monique Canto-Sperber,
l'intransigeante et fulminante
directrice de l'Ecole, amie et protégée
de l'ex-Ulmarde (1) Blandine Barret-Kriegel,
ex de l'UJC-ml de Linhart et même
des CVB, ancienne épouse de
l'ex-Ulmard Philippe Barret, devenu
peu après leurs noces trésorier
de la Gauche prolétarienne
(succédant à l'UJC-ml...)
et après leur divorce pilier
du cabinet de Jean-Pierre Chevènement
au Ministère de l'Intérieur
comme à celui de la Défense
- Blandine est aujourd'hui l'épouse
du monstrueux Alexandre Adler, ex-Ulm,
ex-Khâgne de Louis Le Grand,
ex-PCF, aujourd'hui "néo-cons"
vulgaire
et sioniste rabique, gros plein de
soupe gros plein de haine...
Ce jeudi, les grévistes
et leurs amis étudiants de
l'ENS organisaient, sur les lieux-mêmes,
un "banquet",
plus proche des casse-croûte
prolétariens lors des occupations
d'usine du Front
Populaire que du Banquet
de Platon, quoique...Une petite
foule chaleureuse se pressait autour
de Fatou, de Hamid, et de leurs collègues,
figure de ce nouvel acteur social
primordial qu'est
le prolétariat surexploité,
avec ou sans statut, le plus souvent
d'origine africaine, et presque toujours
immigré, des femmes de ménage
et des agents de service dont la puissante
rébellion qui monte, portant
sur les statuts comme, pour deux que
ça concerne, et qui ont fait
détonateur, "les
papiers", mais
aussi les salaires, et, toujours,
la dignité, constitue le meilleur
prolongement du mouvement social de
l'automne...
La
"grève des
précaires de la rue d'Ulm"
casse
désormais le gouvernement en
deux. Puisque l'ex-Villepiniste
Georges Tron (fonction publique) esquisse
avec la CGT
un accord de
fin de conflit que Valérie
Pécresse (recherche, universités),
dernière béquille
de Canto-Sperber, tente de saboter
par peur d'un
incendie gréviste embrasant
tous les précaires
de l'Université, voire
de la Fonction
Publique.
Mais,
d'une manière ou d'une autre,
cet incendie
viendra, lui qui couve à
portée de cocktail molotov
du site, rue
Gay-Lussac, de la plus imposante
barricade de
mai 1968, la "barricade
Larue", du nom d'Adrienne
Larue, son architecte et sa
stratège, aujourd'hui "ex-mao"
pas trop
"recentrée"
et grande figure du cirque
alternatif dont elle "partage
(le) savoir"
dans les quartiers "pourrave".
Il viendra, il vient,
et déjà nous réchauffe
le cœur
sur les lieux
mêmes où, dans
la nuit du 20
au 21 octobre 1970, l'auteur
de ces lignes "partageait
(son) savoir"
de spécialiste
"politico-militaire"
des "bouteilles
Joliot-Curie (2) à l'acide
sulfurique industriel pur et au sucre
pâtissier" avec
les "Ulmards"
de l'époque groupés
autour de la "thurne"
de l'"Ulmard"
Gigandet -
salut Alain, tout baigne?
- dans les vapeurs d'essence...
A distance
raisonnée d'un stock de canettes
de bière faisant leur plein
d'essence dans le confort douillet
d'une "thurne"
bourrée jusqu'au plafond de
livres en Grec et en Latin, ainsi
que d'écrits situationnistes,
on
testait la qualité
de la flamme - 2800 degrés,
théoriquement, dans la première
seconde...-
dans les urinoirs de
l'élite intellectuelle du temps,
en y faisant couler, précautionneusement,
sur l'émail lisse et blanc
surplombant
une petite flaque de
liquide plus ou moins transparent
ou jaune, dans tous les cas
ininflammable, une
toute toute
petite goutte d'acide sur quelques
milligrammes
de mélange, finement mixé
à la fourchette, de
sucre-pâtissier et
d'une autre substance, chut!...Dans
un silence de monastère, ou
de sépulcre, la petite goutte
coulait, coulait, descendant vers
le tas de poudre destiné à
l' "allumage"...ça
faisait un bref "Pschuitt!"...Et
une épaisse fumée emplissait
les couloirs...
Jeudi 7 avril 2011.Minuit.
Jean-Paul CRUSE
Notes
(1)
En fait, à cette époque,
l'ENS des filles était à
Fontenay. Une autre "base
rouge" de la "guerre
populaire prolongée au sein
des métropoles" sous
forme de "lutte de partisans,
violente mais sans armes à
feu" destinée à
préparer, puis à
prolonger "de vastes
soulèvements populaires",
se trouvait à l'ENS
- Saint-Cloud - Lettres modernes.
Sous l'impulsion de Jean-Claude Zancarini
- "Il est tard, Zancarini..."-
ça va, Tarzan?
-et de Patrick Talbot,
la "liaison avec les masses"
des agents de service et cantinières
y était déjà
bien amorcée.
(2) Le
"Joliot-Curie"
a été
inventé, en plein soulèvement
de la Résistance contre l'occupation
allemande, par les époux Joliot-Curie,
grand nom de la culture scientifique,
de la culture communiste et de la
culture de Résistance, dans
ces mêmes locaux de la rue d'Ulm.
- "Arme de guerre",
anti-chars - intelligemment
utilisé, il pouvait réduire
en cendres un blindé, d'un
seul jet... - il n'a pas
été dépassé
depuis - comme la kalachnikov,
sa "grande sœur", contemporaine.
Mais son usage a
décliné, au
profit des vulgaires et bien
simplettes bouteilles d'essence à
mèche, utilisées en
banlieue, beaucoup moins
performantes et demandant l'usage
des deux mains, et
d'un briquet, aléatoire, avant
le lancer. Un processus de "partage
du savoir" et
de "transfert
de technologie"
reste, toutefois, imaginable.
Mais, comme "la
politique commande",
autant que "le
Parti commande au fusil",
son calendrier et ses modalités
restent à débattre en
fonction de la vitesse d'effondrement
du Capitalo-Sarkozisme et de quelques
autres facteurs
"objectifs et subjectifs".-
"Doucement, nous sommes pressés..." |
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Hasna
Rhamouni - équipe de FRANCE féminine
de Rugby
Une
autre image de la femme de culture musulmane
A l'heure où l' "Ecole
de la République",
indigne héritière,
en la matière, du
laïco-colonialiste Jules Ferry,
bourreau de la Commune et refondateur
de la République (bourgeoise),
menace d'exclusion, comme à Saint-Ouen
(93),
des jeues filles jugées suspectes
pour port de jupes trop longues,
sans doute traditionnelles,
peut-être musulmanes,
et contraires, certainement, à l'idéologie
du "string"
et de lamini-mini jupe,
"look tepu" - importée
des Etats-Unis ou de Tel Aviv, qui attire,
aux portes des lycées et collèges,
des nuées d'apprentis-proxénètes
traquant les jeunes exclues, livrées
à la rue, le sourire éclatant
d'une jeune mère de référence
et de culture musulmane, Hasna
Rhamouni, figure de proue de l'équipe
de France féminine de rugby, ici,
(ci-dessous)
dans son jardin de banlieue, avec son jeune
fils Wissam, fait à lui seul exploser
bien des tabous. Enseignante dans un

| |
collège,
Hasna deuxième
ligne du club de Gennevilliers (92),
incarne, dans cette cité pauvre
des riches Hauts de Seine longtemps
ravagée par l'héroïne
venduepar de jeunes
"dealers" "rebeu"
ou "renois"
faisant - ô
Zemmour (Eric...) -
la fortune de trafiquants internationaux
installés à Anvers,
Haïfa, Caracas ou Barcelone,
et, pour la plupart, "blancs
de souche européenne",
l'autre visage d'une civilisation
et d'une culture venues d'au-delà
de la Mer Première, et saisissant
hardiment dans la nôtre ce qu'elle
a de plus moderne et de meilleur:
comme cet art du combat sans armes,
sans haine, et, le plus souvent, sans
morts, qu'est le "sport
de voyous pratiqué par des
"gentlemen"
importé du Pays de Galles celtique
et de la Verte Erin dans nos terres
d'Armagnac, de pruneaux et de cassoulet...
"Pour
jongler entre ses différentes
activités" de prof,
de mère, d'épouse, et
de championne, Hasna, nous dit Le
Parisien, "peut
compter sur le soutien inconditionnel
de son mari - lui-même ancien
joueur et entraîneur de foot...-de
sa mère et de ses sœurs."
"Mon mari, dit-elle,
est prêt à se sacrifier
en prenant des jours de congé
afin de garder Wissam".
- Wissam, que cette plaqueuse
puissante de 78 kilos, sauteuse infatigable,
rafleuse de balles en touche, et dévastatrice,
balle en main, dans le grand champ,
avait prévu d'enfanter quand
la sélection en équipe
de France pour le tournoi des Six
Nations 2007 lui est tombée
dessus. "Nathalie
Amiel, la co-entraîneur des
Bleues, m'a donné sa bénédiction
en me laissant trois ans pour revenir
en forme et disputer la coupe du monde
en Angleterre. J'ai repris
l'entraînement deux mois après
l'accouchement. Mon premier
footing s'est arrêté
au bout de 5 minutes et j'ai pleuré.
Mais je me suis accrochée".
A nouveau sous le maillot
bleu de France, en 2009, elle échoue
en demi-finale du mondial contre laNouvelle
Zélande, dont les filles, comme
les "mecs",
Carla
Hohepa (Nouvelle Zélande)
restent les meilleures du
monde -et attend que l'âge l'oblige
à raccrocher pour
"donner
un petit frère ou une petite
sœur à Wissam."
Nos
pages rugby ici
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Islande:
une
"Révolution Tranquille"
au pays des volcans
sous la glace, qui entre
en résonance avec les "Révolutions
du Soleil"
(suite
de la col de tête de page,
à g.)
(...)"de
cette présentation. Ils s'accordent
pour qualifier de fantasme ce prétendu
rejet du capitalisme par le peuple.
(...)Le
président de l'association
France-Islande, Jean Le Tellier,
relativise en outre l'intérêt
de présenter en modèle
les initiatives islandaises :«
L'Islande, c'est 300 000 habitants,
c'est moins que la ville de Metz.
Comparer sa gouvernance à
celle de la France ou des Etats-Unis
n'a pas grand sens ». (SIC)
Economie
: une timide reprise, pas de miracle
"Aujourd'hui, l'Islande, dont
l'économie a été
entièrement ravagée
par la crise financière,
retrouve un peu d'espoir. Mais le
pays n'est pas encore sorti de la
récession.
Au troisième trimestre (2010),
pour la première fois depuis
2008, l'Islande a certes affiché
un PIB supérieur à
celui du trimestre précédent
: +1,2%. Cependant, la croissance,
qu'on mesure d'une année
sur l'autre, n'est pas encore au
rendez-vous : le PIB a baissé
de 2,1% pendant ce même trimestre
si on le compare au même trimestre
de l'année précédente…
Personne n'attend des miracles à
court terme, notamment en raison
des difficultés que rencontrent
les entreprises pour se financer.
Le FMI, en novembre 2008, avait
injecté 2,1 milliards de
dollars pour aider au redémarrage,
une somme très insuffisante.
Mais ce qui est intéressant,
ce sont les recettes utilisés,
différentes des autres pays
européens, à commencer
par l'Irlande et la Grèce.
Elles tiennent en
deux termes qui n'ont pas bonne
presse : nationalisation
et dévaluation.Trois
grandes banques en faillite et nationalisées
L'Islande, en octobre 2008,
n'a pas sauvé la peau des
actionnaires de ses trois grandes
banques : Kaupthing, Glitnir et
Landsbanki. Elles se sont effondrées,
et l'Etat les a purement et simplement
nationalisées.
L'Etat a indemnisé
les déposants
islandais, mais pas les étrangers.
Ce qui a
fâché deux pays :
la Grande Bretagne et les Pays Bas,
dont de nombreux épargnants
(400 000) avaient
investi dans les produits de la
banque en ligne Icesave,
filiale de Landesbanki. En jeu :
près de 2,7 milliards d'euros.
Les gouvernements britanniques et
néerlandais ont indemnisé
«
leurs » épargnants
(...). Mais ils ont envoyé
la note à Reykjavik,
en lui proposant un crédit
rémunéré à
5,5%. En octobre 2009, un accord
a été trouvé
et a été approuvé
par le Parlement islandais.
Surprise, le président de
la République, Olafur Ragnar
(...) a refusé de promulguer
la loi. En mars, un référendum
a été organisé
sur le sujet : 60% des électeurs
se sont déplacés et
93%
d'entre eux ont rejeté les
modalités du remboursement
(RESIC...) de la dette (RE-RESIC)
aux Britanniques et Néerlandais.
Un nouvel arrangement a depuis été
trouvé avec Londres et Amsterdam.
(...)… L'accord porte désormais
sur un prêt à environ
3%. Il doit encore être avalisé
par le parlement islandais.
La
monnaie dévaluée pour
relancer les exportations
L'Islande a laissé filer
sa monnaie, la couronne. Elle a
perdu près de 50% face au
dollar. Les exportations
sont donc reparties : le poisson,
bien sûr, mais aussi l'aluminium
-une grande spécialité
industrielle de l'île : sa
production demande des ressources
énergétiques importantes,
ce dont dispose le pays.
Le tourisme aussi va mieux : ses
recettes se sont accrues de 7%.
(...)
La
crise a bousculé le jeu politique
islandais.
En
janvier 2009, des milliers d'Islandais
manifestent autour de leur parlement,
l'Althing, armés de bruyants
ustensiles de cuisine : des gens
qui perdaient leur emploi, leur
logement, pendant que leurs élus
débattaient du fait de savoir
si les supermarchés pouvaient
ou non vendre de l'alcool.
(...)Le Premier ministre annonce
alors sa démission (...)
Lors des élections d'avril
2009, une majorité de gauche,
composée de socio-démocrates
et du parti
« gauche verte »,
est élue. C'est une
première en Islande, pays
traditionnellement gouverné
au centre droit. Une femme,
Johanna Siguroardottir, prend la
tête du gouvernement, une
autre première dans ce pays
(...).
Mais (...)les socio-démocrates
sont pro-marché et pro-Europe.
Le programme discuté avec
le FMI se poursuit, et le gouvernement
engage en juillet des négociations
pour adhérer à l'Union
européenne.
Une
réforme de la Constitution
Une assemblée constituante,
composée de 25 personnes,
est élue le 27 novembre 2010.
N'importe
qui pouvait se présenter
à cette élection.
Plus de 520 candidats l'ont fait,
de tous horizons. Les élus
sont des universitaires,
des juristes, des journalistes
; on compte aussi un
syndicaliste, un agriculteur, un
pasteur, un metteur en scène…
La participation à l'élection
de cette assemblée des 25,
cependant, n'a pas été
énorme : seulement 36% des
électeurs se sont déplacés,
ce qui a été analysé
comme un revers pour le nouveau
gouvernement (...)
La commission doit plancher sur
la réforme (...)et fournir
un texte (...). Il devra être
voté par le parlement et
sera soumis à réferendum
en 2012.
Remous
autour des règles du FMI
et de l'adhésion à
l'UE
Pendant ce temps, le gouvernement
de Johanna Siguroardottir s'escrime
à respecter les règles
dictées par le FMI, ce qui
ne fait rien pour accroître
sa popularité. (...)
Le gouvernement de gauche connait
cependant de nombreuses turbulences.(...)C'est
la candidature à l'Union
européenne qui crée
des remous : selon les sondages,
la population n'y est pas favorable
(...).
Au parlement, à plusieurs
reprise, les «
verts de gauche »
se sont désolidarisés
d'un pouvoir jugé trop centriste
sur la question européenne
comme sur d'autres.(...)
On est donc loin, conclut
le gentil Riché,
du conte de fée qui circule
sur le net. L'Islande ne vit pas
une alternative réussie et
harmonieuse au capitalisme, mais
une suite de tâtonnements
confus, douloureux et résignés…
en restant dans les rails du FMI."
Contrairement
aux espérances de monsieur
Riché, et du site
eurolâtre rue 89,
un nouveau referendum,
organisé dans la première
quinzaine d'avril 2011, vient de
confirmer
de manière éclatante
les aspirations anti-capitalistes
du grand peuple islandais en marche
- et son refus de
"payer pour les riches"
les dégâts de la crise.
"Neï,
c'est Neï!":
plus de 60% des citoyens ont refusé
le nouveau et scandaleux schema
de
"remboursement"
qui leur était proposé,
pourtant plus indolore: le
"remboursement"
d'une "dette"
qu'ils se refusent obstinément,
et à
juste titre, à considérer
comme la leur. "Pas
d'obligation légale pour
les Islandais de rembourser les
pertes d'une banque privée":
ce beau slogan démocratique
anti-capitaliste a, une fois de
plus, fait mouche.
"Les
efforts du gouvernement islandais,
qui plaidait pour le OUI afin de
faciliter, notamment, l'adhésion
à l'UNION EUROPENNE",
sont restés vains
- regrettent les dépêches
d'agence, unanimes.."Ce
vote provoque une nouvelle crise
sur le continent européen.".
Un
exemple pour le monde.
"Hasta
la Victoria, Siempre!"
Nos
premières analyses sur le
sujet, dès janvier 2011
ICI
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C'est l'initiative qui manquait: un convoquant
le peuple - nous tous - à un grand
banquet de lutte et de fraternité,
ce jeudi 11 avril 2011, aux tout premiers
jours du printemps, en soutien au combat
des femmes de ménage et des agents
de service d'un des plus prestigieux établissements
de notre univers intellectuel national et
international, en lutte contre la précarité,
les jeunes étudiants de l'ENS, rue
d'ULM, renouant avec la tradition de solidarité
aux luttes prolétariennes initiée,
sous la haute protection de Louis Althusser,
par le fondateur de l'UJC-ml, Robert Linhart,
lui-même brillant sujet de "l'Ecole",
réinvitent la lutte sociale, le combat
prolétarien sans lequel l' "anticapitalisme",
(suite
ici)
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Soutenez
la lutte des précaires de
l’ENS !
Les travailleur-se-s précaires
de la cantine et du ménage
de l’ENS (Paris), avec des
personnels titulaires, des élèves
et des étudiant-e-s, sont
en lutte depuis 5 mois et en grève
depuis le 11 janvier. Ils/elles
demandent leur titularisation et
au minimum un CDI pour toutes et
tous, une augmentation des salaires
et une amélioration des conditions
de travail. Depuis le début,
la grève est auto-organisée
(toutes les décisions sont
prises en Assemblée générale),
autofinancée (par la vente
de sandwiches élaborés
par les grévistes, la cantine
étant fermée), soutenue
par l’intersyndicale locale,
par l’intersyndicale nationale
de l’Enseignement supérieur
et par les fédérations
de la Fonction publique.
Alors que l’UGFF-CGT et le
secrétaire d’État
à la Fonction publique, Georges
Tron, s’étaient mis
d’accord sur un protocole
de fin de conflit favorable aux
grévistes (titularisation
début 2012 et CDI immédiats),
la directrice de l’ENS, Monique
Canto Sperber, et la ministre de
tutelle, Valérie Pécresse,
refusent cette solution. Elles craignent
en effet que cela n’entraîne
une extension de la lutte contre
la précarité à
l’ENS et dans les autres établissements
de l’enseignement supérieur
et de la recherche. C’est
pourquoi les grévistes et
étudiant-e-s mobilisé-e-s
occupent jour et nuit les bureaux
de la direction de l’ENS depuis
le 22 mars.
Par sa durée et sa détermination,
la lutte de l’ENS est un point
d’appui pour toutes celles
et ceux qui veulent en finir avec
la précarité dans
la Fonction publique et imposer
des titularisations. La question
de son extension dans les autres
établissements est posée.
Les grévistes, élèves
et étudiant-e-s mobilisé-e-s
de l’ENS s’adressent
en particulier aux travailleur-se-s
et aux étudiant-e-s des autres
établissements du supérieur
comme à leurs sections syndicales
: soutenez la grève et l’occupation
de l’ENS !
On peut apporter sa solidarité
tous les jours à l’ENS,
notamment à l’occasion
du prochain
GRAND BANQUET DE SOLIDARITÉ
JEUDI 7 AVRIL DE 12h 30 à
14h
ENS, 45 rue d’Ulm, Paris 5e
(RER B Luxembourg ou Métro
7 Place Monge)
Contact : mobilisation_ens@yahoo.fr
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La lutte des précaires de la
cantine et du ménage de l’ENS
se poursuit après 84 jours
de grève et 15 jours d’occupation
des bureaux de la direction.
Vous trouverez ci-dessous :
l’article du comité NPA
de l’ENS pour le prochain "Tout
est à nous" ;
un appel à soutien et à
un nouveau banquet qui aura lieu ce
jeudi midi.
Précaires de l’ENS :
90 jours de grève !
Depuis 5 mois, des travailleur-se-s
de l’École normale supérieure
(Paris) luttent, avec des élèves
et étudiant-e-s, pour l’amélioration
de leurs conditions de travail et
la titularisation ou au moins la CDIsation
des précaires. Depuis le 11
janvier, une douzaine de précaires
de la restauration et du ménage,
et quelques titulaires d’autres
services, sont en grève reconductible.
La grève s’autofinance
par la vente quotidienne de sandwiches
dans le hall ; elle est dirigée
par une AG qui se réunit régulièrement.
Grâce à ce rapport de
forces et face à l’incapacité
de la direction de l’ENS, l’Union
générale des Fédérations
de Fonctionnaires CGT a négocié
avec G. Tron, secrétaire d’État
à la Fonction publique, un
protocole de fin de conflit satisfaisant
(titularisation des précaires
du ménage et de la cantine
début 2012, CDI en attendant).
Pour Tron, il s’agit de donner
des gages à la CGT pour que
celle-ci soutienne son projet de loi
sur la précarité dans
la Fonction publique (visant à
généraliser les CDI
au détriment du statut). Mais
craignant qu’une victoire à
l’ENS ne fasse tache d’huile,
la ministre de l’Enseignement
supérieur, V. Pécresse,
s’oppose à ce protocole
et en a rédigé un autre,
qui propose aux travailleur-se-s de
la cantine des CDIs dans le cadre
du CROUS – soit une externalisation
déguisée, impliquant
une aggravation des conditions de
travail et la séparation des
travailleur-se-s actuellement en lutte
et des autres.
Chaque ministre défend ainsi
son protocole contre l’autre
– nouvelle preuve des divisions
du gouvernement. Le conflit à
l’ENS est remonté au
plus haut niveau de l’État
: Tron a fait appel à Fillon
pour arbitrer et c’est Bernard
Thibault qui a porté le dossier
à Matignon ! La question de
la démission de Monique Canto-Sperber,
directrice de l’ENS renommée
par Sarkozy en novembre, a été
soulevée par l’AG et
semble posée au niveau du gouvernement.
Depuis le 22 mars, nous occupons jour
et nuit les bureaux de la direction,
dont les fenêtres arborent fièrement
nos banderoles avec les drapeaux de
la CGT et de SUD. Nous dormons dans
nos sacs de couchage posés
au long de meubles anciens, sous les
lustres et les lambris couverts d’affiches
aux slogans imaginatifs... Nous bloquons
les bureaux en organisant des tours
de garde : le pouvoir à l’ENS
est en partie paralysé. Il
y a désormais deux AG par jour,
le matin pour les questions urgentes,
le soir pour la gestion de l’occupation
et des discussions plus générales,
avant le repas commun.
Ce mouvement est riche d’enseignements.
Auto-organisé, autofinancé,
il a donné lieu à une
politisation spectaculaire des grévistes,
qui se sont tou-te-s syndiqué-e-s
et qui s’expriment en AG. Les
débats politiques de tout type
se multiplient (sur le sexisme au
sein du mouvement, sur les «
tags » et la réappropriation
de l’espace, etc.). Ce mouvement
a été permis par la
préexistence à l’ENS
d’une avant-garde d’étudiant-e-s
et de travailleur-se-s organisé-e-s
au NPA, au PCF, au PG, à SUD
étudiant, à la CGT.
Il confirme que la combativité
ouvrière n’est pas morte
et qu’une grève offensive,
résolue et démocratique
peut construire un rapport de force
favorable, y compris contre des ministres.
Comité NPA de l’ENS
|
|
privé de sève
et d'âme, n'a ni force ni sens.
Pour un avril pimpant,
avant un mai claquant, nous serons tous
à cette grande fête.
Jean-Paul CRUSE

|
|

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Dans
un monde où l'éruption
des forces créatrices de la
fraternitéet du savoir se brisant
comme une vague venue du grand large
sur les bas-fonds de la politique
et du pouvoir déclenche des
remous formidable, des
"tsunami"
sociaux et politiques sous pression
populaire étendant leur puissance,
et parfois leur chaos, du ventre
de l'Afrique Noire (Congo,
Côte d'Ivoire) aux archipels
d'Asie (Japon, promis à
une "intifada" digne
des Samouraï contre les ravages
d'un Etat corrompu, vraie cause des
catastrophes imputées "au
nucléaire"), en passant
par le Maghreb incendié
par la contre-révolution libyenne
de Benghazi, fonder les bases
d'une "société
du savoir partagé"
reposant sur cette "économie
de la connaissance" qui
vient nous libérer,
"nouvelles technologies de
l'information" aidant,
des doubles contraintes de l'ère
pré-industrielle et de l'ère
industrielle, c'est notre tâche
à tous. Ici et maintenant,
et c'est possible.
L'enjeu de nos élections
présidentielles françaises
de 2012 est là, et pas ailleurs.
Dans une "sortie
par le haut" du
désolant intermède Sarkoziste,
reflet du désarroi nerveux
des forces du capital mondial à
l'époque où la "globalisation",
expression politique et idéologique
de la mondialisation des techniques
et des savoirs, mais ni des mœurs,
ni des cultures, donne de premiers
signes de débandade...Une sortie
"par le haut"
- ou pas de sortie du tout, et s'enfoncer
chque jour un petit peu plus dans
les marasmes et les violences, plus
qu'affleurantes, d'une crise partout
présente, et présente
surtout, jusque chez nos amis, dans
cette "culture de crise",
sombre et quasi-dépressive,
qui fait tout interpréter de
travers, voir le monde à l'envers,
et ne lire que les signes du déclin
et de la mort, pas l'annonce de nouvelle
naissance "où
croît aussi ce qui sauve".
C'est dans cette perspective, dans
cet esprit, dans cette perspective
délibérément
progressiste fondée sur une
solidarité littéralement
substantielle avec tous les facteurs
de progrès à lire dans
le "mouvement réel"
des acteurs sociaux et politiques
effectivement réels, qu'il
nous semble devoir lire les "20
propositions" de celle qui n'est
déjà plus seulement
la première édile de
Lille, ni, heureusement, "la
Dame des 35 heures", ni seulement
la "première secrétaire
du PS", ni même et surtout
la "fille de Jacques Delors"
- et dont nous avions, dans ces mêmes
colonnes, au prix de quelques sarcasmes
aussi inévitable que paisiblement
encaissés et assumés,
souligné et salué les
racines culturelles au sein de la
meilleure tradition basque, celle
qui a rendu possible une sortie démocratique
du Franquisme en faisant voler très
haut la limousine blindée de
l'Amiral Carrero Blanco, successeur
désigné du cruel dictateur
évanouï en fumée
dans l'odeur de penthrite ou de tolite
de l'un des attentats "terroristes"
les plus intelligents de la dernière
partie du XXème siècle
- qui en connut d'idiots, par pleines
fournées... |
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Priorité
Jeunesse
1.300.000
emplois d’avenir
300.000 emplois jeunes seront créés
dès les deux premières
années du nouveau quinquennat.
Ces contrats seront offerts aux administrations
et aux secteurs de l’économie
sociale. Il s’agira d’emplois
"verts" dans les métiers
de l’environnement (eau, déchets,
recyclage…) et de métiers
tournés vers l’"innovation
sociale", articulés
en "un grand plan" qui
verrait, par exemple, les jeunes salariés
ainsi embauchés réaliser
les bilans énergétiques
chez les ménages qui le souhaitent.
2.
Allocation
d’autonomie
Création d’une allocation
d’autonomie pour les jeunes,
requalification des stages en contrats
de travail, mise en place du CV anonyme.
Justice
fiscale
3.L’impôt
sur le revenu et la CSG seront fusionnés
pour créer un grand
impôt progressif prélevé
à la source. L’idée
dort dans les cartons de Bercy depuis
dix ans. Elle est également
en vogue à l’UMP. Sa
version de gauche s’inspire
des travaux de l’économiste
Thomas Piketty, qui a montré
que les classes moyennes étaient
plus ponctionnées que les foyers
les plus riches.
Les revenus de l’épargne,
y compris les stock-options, seront
taxés "comme les revenus
du travail". Une nouvelle
tranche pourrait être ajoutée
afin de mettre les plus hauts revenus
à contribution.
"Pour 90 % des gens, cette réforme
se traduira par moins d’impôts
ou pas plus". Les
ristournes mises en oeuvre par Nicolas
Sarkozy (loi Tepa, TVA réduite
sur la restauration, taxe professionnelle,
etc.) seront progressivement abrogées.
4.Baisse
de la taxation des bénéfices
réinvestis
L’impôt sur les sociétés
(33,3% actuellement) serait
abaissé à 20% pour les
profits réinvestis et relevé
à 40 % pour les bénéfices
distribués aux actionnaires
ou les rachats d’actions.
Cette mesure"relancera
l’investissement et aidera les
PME". Le crédit
impôt recherche sera recentré
sur les PME et l’industrie.
La
transition écologique
5.Sortie
du "tout-nucléaire"
Inversion du "mix énergétique"
dans les vingt ans. Pas de pourcentage
minimal pour la production électronucléaire.
6.TVA
"écomodulable"
Les produits dont la fabrication et
le transport polluent
le plus seraient frappés
d’une TVA plus élevée
et inversement. Un nouveau
barème sera ainsi créé.
Cette mesure se feraà recettes
constantes, sans augmenter
globalement cet impôt.
Régulation
dans l’entreprise
7.Les
salaires des patrons seront limités.
Echelle de 1 à 20 dans
les entreprises où l’État
est présent au capital. Le
plafond approchera donc 500.000
euros brut annuels. Carlos
Ghosn (Renault), Gérard Mestrallet
(GDF Suez) et Henri Proglio (EDF)
devront diviser leur salaire fixe
par plus de deux. A l'exception d'Anne
Lauvergeon (Areva), les présidents
d’entreprises contrôlées
par l'Etat (Guillaume Pepy à
la SNCF, Jean-Paul Bailly à
La Poste…) n’auront pas
d’effortà fournir.
8.Égalité
salariale hommes-femmes
Les allégements de cotisations
sociales et les aides de l’État
seront réservés aux
entreprises qui ont signé des
objectifs d’égalité
salariale entre hommes et femmes-
idée de la CFDT.
9.
Salariés dans les conseils
d’administration
Les entreprises seront tenues d’ouvrir
leur conseil d’administration
à des représentants
des salariés. La loi attribue
déjà des sièges
aux actionnaires salariés mais
elle n’est pas coercitive et
les sociétés l’appliquent
diversement.
Logement
10.Encadrement
des loyers
Pour faire baisser la part du logement
dans les dépenses des ménages,
les loyers seront encadrés
dès la première location
et lors de la relocation, dans les
zones en tension (coeur des villes,
Île-de- France, Côte d’Azur…).
11.Un
nouvel indice des prix,
tenant compte des dépenses
quotidiennes et des dépenses
contraintes, sera créé.
Il pourrait servir à
indexer les loyers, mais aussi le
smic, les prestations sociales.
Santé
12.
Des médecins en zone
rurale et dans les quartiers populaires
Les jeunes médecins seront
financièrement incités
à s’installer dans les
"déserts médicaux"
(zones rurales et quartiers populaires),
par exemple, pendant une période
de trois à cinq ans. "Leurs
études sont payées par
la collectivité",
c'est donc normal.
13.Des
"maisons de santé"
seraient créées pour
assurer la permanence des soins dans
les petites villes et à la
campagne. L’hôpital
sera"recentré
sur ses missions".
Police,
Justice
14.Un
"pacte de tranquillité
et de sécurité publique"
garantira l’indépendance
de la magistrature et du parquet.
15.La
justice disposera de moyens supplémentaires
(500 emplois de magistrats et greffiers)
pour renforcer "la justice
au quotidien".
16.
Des sanctions rapides et proportionnées
Le premier acte de délinquance
doit donner lieu à "une
sanction juste, rapide et proportionnée"
dans un "système cohérent
de sanctions", où
l’on imagine des peines alternatives
(travaux, internats fermés)
pour les délits mineurs.
17.10.000
recrutements pour la sécurité
De nouveaux postes seront créés
auprès des commissariats et
gendarmeries, afin de relancer la
police de proximité
(1.000 la première année,
10.000 sur cinq ans). Reprise de l’îlotage,
que la majorité actuelle tend,
elle aussi, à rétablir
pour faire baisser la délinquance.
Enseignement,
éducation
18.
Priorité à l’école
primaire et au premier cycle à
l’université
L’Éducation nationale
concentrera ses efforts vers
les tout-petits et le primaire,
avec des classes moins nombreuses,
et les premiers cycles universitaires.
L'’OCDE a démontré
qu’à l’entrée
du collège trop d’élèves
présentent des lacunes et décrochent.
"Il faut agir en amont".
La baisse des redoublements
permettrait de faire des
économies. Les moyens
seront aussi réalloués
au premier cycle de l’enseignement
supérieur, où l’échec
est fréquent. La pluridisciplinarité
serait rétablie à l’université
pour les premières années.
19.Relance
de l’investissement
Banque publique.
Oseo, le Fonds stratégique
d’investissement, et la Banque
postale et de la Caisse des dépôts
seront regroupés au sein d’une
"banque publique
d’investissement",
déclinée sous forme
de fonds régionaux
pour financer les PME, dans
un "objectif de croissanceet
de renforcement des capacités
à l’exportation".
Retour à une politique industrielle.
20.Emprunt
Européen
Un emprunt européen financera
infrastructures et innovation. Les
droits de douane européens
seront augmentés pour les produits
dont la fabrication ne respecte pas
les règles sociales et environnementales
de l’Union
-Amorce
d'un débat-
C'est
bien évidemment la
question européenne
qui constitue, pour le Parti Socialiste
come d'ailleurs pour le PCF, le Front
de Gauche, et l'extrême-gauche,
et "talon d'Achille".
C'est
aussi sur ce sujet que le projet stratégique
de la droite, l'alliance avec l'extrême-droite
raciste, se heurte aux difficultés
les plus grandes: Marine
Le Pen, Louis Aliot et leurs amis
ayant à choisir entre
un rôle de représentant,
"tribunicien",
de la colère populaire
dirigée contre la dissolution
de la France dans le creuset européen
et dans le magma de la "globalisation",
question avant tout économico-stratégique,
et un rôle d'instrument de la
stratégie israélo-américaine
des "néo-cons",
la "guerre des civilisations"
de "l'Occident contre l'islam"
- et Sarkozy ne se trouvant
sur
la même ligne que sur
ce dernier sujet mais
pas sur le précédent.
Le projet présenté
par Martine Aubry, s'il n'assume
pas franchement le "fédéralisme
européen" dont
veut accélérer la marche
le patron du FMI, DSK, a
le tort de diriger un très
hypothétique "protectionnisme
européen"
contre les puissances émergentes
de l'ex-Tiers Monde, nos alliés
naturels, par le biais de taxes d'inspiration
néocoloniale visant à
contraindre ces pays
"neufs", encore
"en voie de développement"
à s'aligner ex
abrupto sur les normes
européennes en matière
d'environnement, de protection sociale
et de salaires.
C'est déclarer
la guerre à la CHINE et au
BRESIL au
lieu d'orienter les protections nécessaires,
qui ont bien peu de chances d'être
autres que nationales,
dans les directions d'où viennent,
pour l'économie françase,
vraie concurrence et vraies
menaces.
Ces protections ne
sont d'ailleurs pas forcément
ou pas exclusivement industrielles,
mais d'abord
financières:
puisqu'il s'agit d'abord de
rompre avec la dictature, d'abord
américaine,
du "tout
financier" , de
la finance reine, et donc
avec le dogme
de libre circulation des capitaux.
Combat bien
difficile où nos
vrais alliés sont en
Asie comme en Afrique et en Amérique
Latine, ni au
"nord", ni à l' "ouest"...
J-P_C. |
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Menée
par l'imprévisible
avant-garde sociale que constitue,
depuis les grèves "pour
les papiers et pour la dignité",
le prolétarat multicolore
des femmes de ménage, cantinières,
cantonniers, jardiniers et
"hommes de service",
"cible" centrale de
la politique de précarité
prétendant scinder et éclater
la classe ouvrière dans son
ensemble et le monde du travail lui-même,
cette lutte qui est aussi
l'un des plus beaux fruits du conflit
social de l'automne,
et a jailli, fin 2010, dans
son sillage, signifie
que "Les
Invisibles sortent à la lumière",
pour reprendre le titre, pertinent,
d'un des articles consacrés
à ce combat par
le seul quotidien français
à en avoir pris toute la mesure.
"Les élèves
de la grande école s’engagent,
sur la vague des retraites, dans un
conflit
pour réclamer la titularisation
des contractuels", écrit,
dès le 16 novembre 2010, le
journaliste Thomas Lemahieu..
«La colère n’est
pas retombée, on a encore du
jus !» préviennent-ils.
"La loi portant sur la contre-réforme
des retraites est promulguée.
Les syndicats pas vraiment rangés,
mais à quoi bon, puisque le
gouvernement, lui, est remanié
? Voilà, c’est fini…
Allez, ouste ! chacun rentre chez
soi. À la célèbre
École normale supérieure
(ENS) de la rue d’Ulm, plusieurs
centaines d’élèves
consacrés, après avoir
réussi le concours d’entrée,
«fonctionnaires stagiaires»
rémunérés
1 340 euros net pendant leurs quatre
années d’études,
ont pris l’ordre de dispersion
au pied de la lettre : dispersion,
dissémination, marcottage.
Un retour à l’anormal,
en somme : dans
les coulisses de ce havre du savoir,
temple de l’excellence républicaine
française d’où
sortent les meilleurs philosophes,
mathématiciens, physiciens,
etc., ils s’accrochent ensemble
au rideau
du prestige scientifique, le
déchirent un peu par hasard,
à l’occasion d’une
assemblée générale
sur les retraites, et derrière,
voilà qu’ils tombent
sur les invisibles, ces ombres, des
précaires qui, souvent
depuis des années, font tourner
leur restaurant ou leurs bibliothèques,
mettent des
fleurs dans leurs jardins et
entretiennent leurs bâtiments…
Ceux-là aussi, ils sont contre
le projet du gouvernement, mais comment
le faire entendre quand leurs
statuts les bâillonnent ?
(...)«À la cantine,
la moitié des effectifs sont
des contractuels et, à
la bibliothèque, il y a plus
d’un tiers du personnel qui
est précaire, rapporte
Édouard, technicien CNRS. On
n’est plus sur des systèmes
dérogatoires, là, c’est
devenu la norme. Et si on
devait prendre en compte l’externalisation,
avec tous les précaires qui
travaillent pour des entreprises auxquelles
l’École sous-traite telle
ou telle activité,
ça gonfle encore les chiffres.
Selon les rapports officiels, il y
a déjà 30?%
des personnels employés par
l’ENS qui sont contractuels.»
Et tous ensemble, élèves
et enseignants ont une idée
: «Moins
de petits-fours, plus de CDI»,
articulent-ils.
En ce jour de novembre, un lundi,
après une semaine de blocages
sporadiques mais ciblés des
espaces de travail des "précaires"
(restaurant, bibliothèques,
etc.) , la grande école est
comme un camp retranché. «En
raison du plan Vigipirate»...
Aux entrées, trois ou quatre
vigiles qui ne laissent passer
que ceux qui montrent leurs cartes
de l’ENS ; dans les couloirs,
d’autres colosses
qui veillent ; et même, dans
l’un des amphithéâtres,
la salle Dussane, où se tient
une «réunion d’information»
sur le mouvement.
Parmi la centaine de participants,
les "petites mains"
sont là, mais d’un commun
accord, elles restent sur la réserve.
Leurs témoignages, de toute
façon, ont été
publiés dans le Blocage, la
feuille de lutte. Georges, le cantonnier
: «Si vous ne me payez pas
plus, je ne ferai plus que le balayage
et les poubelles… Et vos fleurs,
vous ne les aurez plus !»
À la tribune, Hamid, précaire
entré à l'ENS en 2005
«J’ai eu un CDD quand
je suis arrivé. Puis mon CDD
a été renouvelé
sur dix mois, puis un nouveau CDD
de deux mois, et ainsi de suite. Six
ans plus tard, je suis toujours en
CDD. J’aimerais que ma situation
change, Je voudrais remercier les
élèves qui ont enclenché
ce mouvement si important pour nous.
On avait envie qu’il se passe
quelque chose, que notre situation
soit posée publiquement, mais
on n’avait pas les moyens de
nous révolter, on est dans
l’insécurité…
On ne les remerciera jamais assez,
les élèves de l’ENS,
c’est grâce à eux
que nous pouvons sortir au grand jour
et dénoncer ces situations
inacceptables.»
La direction de l’école
évoque «un problème
national qui ne concerne pas que cet
établissement.Il n’y
a pas de postes de fonctionnaires
associés aux missions des contractuels
dont nous parlons. En tant qu’établissement
d’enseignement supérieur
et de recherche, si nous allions voir
notre ministère de tutelle
pour demander des postes dans les
restaurants, il nous rirait au nez.
On peut demander des postes d’enseignants,
de techniciens, de secrétaires
pour les services, mais ça,
non ! En même temps, on ne va
pas vous dire qu’on est heureux
de la situation de ces contractuels
de catégorie C, mais ça
n’est pas de notre fait…»
À l’extérieur,
les «ulmards»
persistent et signent, rejoints par
plusieurs centaines de manifestants
pour un «apéro»
en pleine rue. «On a réussi
à briser la loi du silence»,
se félicite François,
syndicaliste CGT à Normale
Sup’. «Le mouvement
sur les retraites se termine peut-être,
mais on sent bien que la colère,
elle, n’est pas encore rentrée»,
ajoute Ludovic. Ian Brossat, président
du groupe PCF au Conseil de Paris,
promet le soutien des parlementaires,
qui interrogeront le gouvernement
ces prochains jours. Un peu en retrait,
Jacques Rancière, ancien élève
de l’école de la rue
d’Ulm et philosophe de l’émancipation,
observe avec attention. «Je
viens voir, c’est intéressant,
glisse-t-il. Il y a une forme
de jonction entre des salariés
et des élèves. Malheureusement,
tout ce qui se passe se heurte au
fait qu’on gère désormais
l’enseignement comme une entreprise.
Voyez comment se comporte la directrice
de cet établissement en utilisant
le langage des patrons. C’est
aussi cela qui donne une exemplarité
à cette lutte : les arguments
patronaux déployés par
la direction servent à couvrir
l’autorité.»
À quelques pas, , ne perd rien
non plus du moment. «On
nous rétorque, renchérit
Jean-Pierre, cuisinier contractuel
à l’ENS,qu’on
n’est pas légitimes,
que rien n’est possible pour
nous, que c’est la loi, mais
les lois, ça se change. Ici,
c’est une grande école
de la République française,
celle qui n’arrête pas
de dire “Liberté.
Égalité. Fraternité”
sur tous ses frontons, mais quand
des élèves viennent
fraterniser avec des gens comme nous,
on leur dit que c’est pas leur
affaire ; que la fraternité,
il faut qu’ils la gardent entre
eux… Si demain, je rencontre
un scientifique, un intellectuel dans
la galère, pourquoi je ne devrais
pas être fraternel et solidaire
avec lui ?»
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De
la grève à l'occupation
des salons de la direction
Communiqué
de presse du 22 mars 2011 :
LES RAISONS D’UNE OCCUPATION
Depuis maintenant cinq
mois, des personnels
et des élèves
de l’École Normale
Supérieure luttent pour
mettre fin à la précarité
dans l’établissement.
Les employés de la cantine
et les femmes de ménage,
en particulier, sont en grève
depuis le 10 janvier.
La Direction a refusé
avec entêtement de prendre
en compte la situation. Face
à ce déni et au
blocage qu’il entraîne,
Georges Tron, ministre de la
Fonction Publique, a accepté
d’élaborer un protocole
de sortie de crise. Il prévoit
le passage en CDI puis la titularisation
des personnels précaires.
Vexée d’être
ainsi dessaisie, la Directrice
nie l’existence de ce
protocole et s’obstine
à ignorer les revendications
des grévistes.
En refusant ce qui serait une
solution juste et honorable,
elle ne fait que repousser la
fin de la crise et continue,
après l’affaire
Hessel, à ternir l’image
de l’ENS.
Elle nous contraint
ainsi à mener des actions
plus vigoureuses. C’est
pourquoi nous occupons à
partir de ce soir les salons
de la Direction.
L’Assemblée
générale des personnels
et étudiants mobilisés |
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Appel
à la grève à
compter du 30 mars 2011.
Devant l’incapacité
de la Directrice de l’ENS,
Monique Canto-Sperber, à
trouver une solution au conflit
qui l’oppose aux membres
du personnel de la cantine et
du ménage, le Secrétaire
d’État à
la Fonction Publique, Georges
Tron, a décidé
de prendre en charge ce dossier.
Après
de longues négociations
avec l’Union Générale
FF-CGT, Georges Tron a présenté
le mercredi 16 mars 2011, soit
après 65 jours
de grève, un
protocole de sortie de crise
proposant des CDIs immédiats
pour tous les grévistes,
et une titularisation automatique
début 2012, et ce en
relevant le plafond d’emploi
de l’ENS de 14 postes.
Pendant qu’elle niait
l’existence du protocole
Tron, Monique Canto-Sperber
a produit un contre-protocole
en collaboration avec Valérie
Pécresse, Ministre de
l’Enseignement supérieur
et de la Recherche.
Par ce
protocole, elle prétend
offrir aux grévistes
des postes de titulaires dans
le cadre du CROUS,
alors que le CROUS réserve
exclusivement ces postes À
l’administration. Ainsi
les postes proposés équivaudront
au mieux à des CDI non
plus à l’ENS mais
au CROUS, ce qui constitue un
recul significatif par rapport
au protocole Tron, mais aussi
partiellement par rapport à
la situation actuelle.
Par ailleurs, MCS présente
cela comme une Évolution
alors qu’elle avait déjà
proposé aux grévistes
de les envoyer au CROUS, ce
qu’ils avaient fermement
refusé, voyant là
une manière pour MCS
de se débarrasser du
problème.
Par ailleurs,
ce serait là le premier
pas vers l’externalisation
du "Pot",
ce qui ne saurait être
accepté par les usagers
de l’École.
Enfin
ce protocole ne saurait concerner
les personnels de ménage,
puisque le CROUS ne prévoit
pas de statut pour ce type de
postes.
Si MCS
trouve en VP un soutien indéfectible,
c’est que leurs intérêts
- et leurs craintes en l’occurrence
- convergent.
En effet,
MCS craint que, si le
protocole Tron est adopté,
les 18 précaires de la
bibliothèque ne se mettent
en grève pour réclamer
à leur tour leur titularisation.
Quant À VP, c’est
tous les nombreux précaires
de l’enseignement supérieur
et de la recherche qu’elle
redoute. C’est
pourquoi, la meilleure réponse
serait que, dès à
présent, le personnel
des services et des laboratoires
de l’ENS se mette massivement
en grève à leur
tour dès le mercredi
30 mars 2011.
L’AG
des grévistes et Étudiants.
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PETITION
Au
3 avril 2011, 567 personnes
ont signé le texte ci-dessous.
Pour le signer, et connaitre
les noms des premiers signataires,
dont bien entendu JP Cruse,
coordinateur technique provisoire
de ce site (Le Monde Réel),
clic
ici
"10 précaires de
la cantine d’Ulm sont
en grève totale depuis
le début du mois de janvier.
Il y a deux raisons à
leur grève totale. La
première est le refus
de la précarité
de leur travail, de la précarité
de leur vie. La seconde est
le rejet de leurs conditions
de travail, des rapports hiérarchiques
fondés sur l’autoritarisme
et la violence, le racisme et
l’homophobie.
Tous les syndicats de l’ENS
ont soutenu publiquement la
lutte de ces précaires.
Cette lutte dure parce
que des élèves
préparent chaque jour
des sandwiches et des crêpes
et font circuler une caisse
de grève pour payer les
salaires perdus.
Malgré une pétition
largement soutenue par les élèves
et les personnels de l’ENS,
la direction ne cède
pas. Elle a concédé
le minimum : une certaine moralisation
des CDD, avec une meilleure
reconnaissance de l’ancienneté
et de l’expérience
dans la rémunération.
Un protocole d’accord
a été négocié
dans la fonction publique par
G. Tron, qui prévoit
des CDI pour les précaires
qui ont déjà une
forte ancienneté et une
titularisation pour une partie
d’entre eux. Ce
protocole sera proposé
à l’Assemblée
sous forme de loi, l’été
prochain. Un protocole
spécifique a été
négocié par Tron
et la direction de la CGT prévoyant
immédiatement des contrats
en CDI pour 14 précaires
de l’ENS et leur titularisation
à terme dans le cadre
du projet de loi. Tron propose
même un relèvement
des plafonds d’emploi
de l’ENS, ce qui permettrait
à l’ENS de titulariser
les personnels sans entraver
sa politique d’augmentation
des effectifs de catégorie
A (essentiellement pour des
postes d’enseignants).
La
directrice de l’ENS refuse
ce protocole. Pourquoi ?
De fait, ce projet de protocole
écorne la LRU : il n’obéit
pas au principe d’autonomie
des universités. Pourtant
l’argument de la directrice,
avant cet accord était
qu’elle n’avait
pas l’aval du ministère
pour proposer des CDI , a fortiori
la titularisation, à
des précaires ayant l’ancienneté
requise (6 ans), mais relevant
des catégories B et C.
Il s’oppose au processus
d’externalisation des
emplois qui ne sont pas "au
coeur des métiers"
de l’ENS, l’enseignement
et la recherche.
C’est pourquoi
la lutte des précaires
est notre lutte à tous.
Elle s’inscrit dans la
logique de la RGPP telle qu’elle
se profile dans la recherche
et l’enseignement supérieur
avec son cortège de suppressions
d’emplois techniques.
Nous refusons une fonction
publique réduite à
une petite élite,
la multiplication du nombre
d’employeurs et
la négation de la solidarité
qui unit
toutes les personnes qui travaillent
sur le même site,
des personnels du ménage,
du jardinage,
de la restauration
à ceux de l’enseignement.
Nous protestons contre
l’atteinte à la
dignité de ces personnels
rivés à la précarité.
Les signataires de la pétition
demandent à la direction
de l’ENS d’entamer
de véritables négociations
sur la base du protocole proposé
par le ministère de la
fonction publique.
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Nos
précédentes infos sur
le sujet: ici
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