ASSA DIAWARA ET SES ENFANTS: LE JUGEMENT DE BOBIGNY
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...Et son ANALYSE point par point
Dès les premières lignes, le jugement fait référence à une situation très largement antérieure. En fait, tout a commencé en 2009. Assa Diawara, qui a déjà deux enfants, DEMBA et MARIAM, élevés très normalement sans la moindre difficulté avec les services sociaux, PMI, etc., est alors enceinte d'un troisième. Elle vit avec le père et les deux grands dans un logement minuscule et insalubre, 56 rue Hémet (Aubervilliers). Au lieu de l'aider à quitter son taudis exigu pour un HLM propre, comme elle y a droit, et comme de nombreux travailleurs sociaux eux-mêmes le font, son assistante sociale de l'époque et d'autres travailleurs "sociaux" commencent à faire pression sur la jeune mère, alors âgée de 28 ans, pour...qu'elle renonce à avoir des enfants. Comme beaucoup de femmes, et notamment, comme de nombreuses femmes d'Afrique Noire, Assa a une vision du monde, une culture, dans laquelle avoir des enfants, nombreux, n'est pas une charge, mais une richesse. Elle ne voit pas pourquoi il lui faudrait se limiter à deux, d'autant que le père travaille, qu'elle a elle-même travaillé dans le nettoyage industriel avant de se consacrer à son foyer, et que le couple a les moyens de payer son loyer, ce qu'il fait, et de pourvoir à l'éducation des enfants, ce qui est fait également, sans problème. Ils ont fait une demande de HLM, et, étant particulièrement mal logés, s'estiment, à bon droit, prioritaires. Ils attendent.
Dans ces conditions, les relations se tendent entre cette jeune famille et une poignée de travailleurs sociaux cherchant à imposer de façon intolérante et rigide une conception supposée "occidentale", pour ne pas dire coloniale, de la famille -et une interprétation politique particulière du droit au logement. Le conflit donne lieu à une enquête d'un service social spécialisé, l'ADSEA.
Les enquêteurs de l'ADSEA formulent une demande de placement des enfants, dont la petite Kani, qui, entre temps, est née. C'est une petite fille magnifique, robuste, éclatant de joie de vivre, à l'évidence heureuse, propre, bien nourrie.
Les relations avec les travailleurs sociaux continuent à se dégrader. Ceux-ci se plaignent du comportement de la Maman, celle-ci faisant, selon eux, "scandale dans le quartier" quand ils viennent faire pression pour lui retirer les enfants. Sans rien vérifier, le tribunal de Bobigny reprend à son compte cette version selon laquelle une travailleuse sociale aurait été "mise en danger", ASSA ayant fait appel à des "jeunes du quartier" qui auraient cherché à "en découdre" avec cette employée. Version vigoureusement démentie par la Maman, et également, selon notre propre témoignage, par les enfants DEMBE et MARIAM, les deux plus grands, qui n'ont pas été entendus par la juge des enfants contrairement à ce qu'écrit le jugement, et ont mimé devant nous le comportement d'une travailleuse sociale les prenant par la main et cherchant à les entraîner de force en les houspillant..Le jugement fait également était d'une "visite du service" (social) au cours de laquelle ASSA ne se serait pas opposée à ce qu'un des enfants joue "à proximité d'une bouteille de gaz" ( le logement et minuscule, il n'a pas le gaz de ville, un petit enfant n'a pas la poigne nécesaire pour dévisser le bouchon, la bouteille elle-même est blindée.)Il lui est également reproché, toujours sans contre-enquête ni vérification des faits, d'avoir laissé "Tampa" (en fait, Mariam, la juge inverse les prénoms, on ne sait pourquoi...)escalader une chaise pour saisir une boîte de conserve (il n'y a pas vraiment de meubles, pas la place...; les mères africaines préfèrent laisser une grande liberté de mouvement à leurs enfants, quitte à ce qu'ils fassent quelques chutes et prennent quelques beignes, c'est ce qui les rend, plus tard, si souples et débrouillards)...Il est enfin reproché à la mère de les laisser "courir dans la rue sans surveillance. " "Dans la rue" étant plus effrayant que "sur le trottoir", où les enfants vont souvent jouer et se détendre, surveillés par les plus grands de l'immeuble, toujours à l'africaine; avec un logement normal, ils seraient moins tentés de sortir pour s'éclater. Dans 20 mètres carrés, l'énergie des enfants bout...Etc. Enfin, "une expertise psychiatrique" de la Maman eet demandée. Ce qui autorisera plus tard quelques personnes mal intentionnées à répandre le bruit que la mère "a de sérieux problèmes psychiatriques", et même qu'elle "est folle". -En fait, le rapport psychiatrique, utilisé comme élement à charge par la juge des enfants, dit simplement qu'ASSA DIAWARA vit "dans la négation de toutes difficultés d'ordre psychologique". En clair, elle affirme qu'elle n'est pas folle: élément à charge, mon cher Watson, vous voyez bien qu'elle est folle, puisqu'elle dit qu'elle ne l'est pas...Si elle n'était "pas suivie sur un plan psychologique" (et non psychiatrique...)ASSA "serait"même susceptible, selon le psychiatre, qui, lui, à l'évidence, est tout à fait normal, "de mettre l'équilibre" (de ses enfants) "en déséquilibre". Assa se voit encore accusée par l'ADSEA (toujours sans vérification critique de la juge)d'avoir "agressé verbalement" une sage femme venue à domicile l'examiner alors qu'elle est enceinte d'un cinquième enfant, qui va naître en avril 2011 sous le prénom de Siriné; on lui reproche de mettre en danger son nourrisson en dormant avec lui "au risque de l'étouffer" et avec tous les enfants sur l'unique (grand) lit du minuscule logemement, présenté comme "cassé" ce qui est faux: facture à l'appui, il est neuf...L'ADSEA prétend qu'elle ne se serait rendue qu'une seule fois à la PMI pour la pesée, ce qu'elle conteste formellement, carnet de santé à l'appui, mais la justice ne veut rien vérifier; le nouveau-né, que la juge pour enfants, qui l'avait convoqué avec sa mère et tous ses frères et sœurs n'a pas pris le soin d'examiner, "est décrit" (par l'ADSEA) "comme un enfant extrêmement calme, ne pleurant jamais, le regard absent". Bien que la mère s'oppose, à l'audience, au placement des enfants, continue à crier qu'elle n'est "pas folle", que "(ses)enfants sont beaux, sont propres, pas maltraités, couverts de cadeaux, et bien nourris", et que ses difficultés proviennent intégralement de son problème de logement, la décision est prise de les retirer à la garde de la maman "pour 6 mois".
La mère "bénéficiera d'un droit de visite médiatisé" (en présence de tiers, de peur qu'elle ne recommence à se rouler par terre en pleurant en criant "Mes enfants! mes enfants! ", comme on lui reproche d'avoir fait plusieurs fois, et comme elle l'a de nouveau fait, de façon poignante, devant la mairie d'Aubervilliers, puis à la sortie du tribunal avant de s'éloigner avec sa poussette vide, le harnais de Sirine pendant sur son sein...
Mais au 3 juillet 2011, plus de deux semaines après l' "enlèvement" (judiciaire) des enfants, qui prend ainsi l'allure d'un véritable RAPT, malgré d'innombrable visite aux services sociaux, en présence de plusieurs témoins, et malgré les engagements pris et répétés devant elle par une nouvelle assistante sociale, honnête et sympathique, Madame Peyrat, ainsi que par une Madame Mendes (services spécialisés 50 rue Heurteault), ASSA DIAWARA n'avait toujours pu ni être autorisée à rendre visite à ses enfants - qui seraient à quelque 200 kilomètres de Paris...- ni leur parler au téléphone, ni même savoir comment le tout petit Siriné, "le père Noël" toujours choyé par elle dans un superbe pyjama rouge), avait pu supporter d'être brutalement privé du sein de sa Maman, de son lait, de son parfum, et du "tac tac" familier de ses battements de cœur...
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