A la veille de la Saint-Valentin, qui, en cette année 2010, coïncide avec le passage à "l'année du Tigre" pour nos amis Chinois,

la grande Histoire d'Amour entre la Chine et la France recommence autour de l'aventure "Aubervilliers-plaine Commune-Shanghaï 2010"

blblblblkjhgfdbbdbdbddbddbddbdbdbddbddbLire :ici

- Aubervilliers 2009:

- entre cauchemars de mafia et rêves d'intifada, la commune des mères: ici

- "On Est Tous Responsables": OETR, une association de familles de la grande précarité lutte contre l'échec scolaire au collège ROSA LUXEMBOURG, aide à la formation d'un groupe "P.U.R.", "Parents Unis et Responsables", candidat "sauvage" aux élections de parents d'élèves, et mobilise les mères et leurs enfants dans le combat pour des logements décents: ICI

- Novembre 2009: avec la création de l'Association Aubervilliers-Plaine Commune-Shanghaï 2010, dans la perspective de l'Exposition Universelle prévue à ce moment dans le grandport asiatique, la cité de Charles Tillon (et l'agglomération où elle s'insère) se rêvent en "capitale européenne de l'amitié franco-chinoise" - traduisant cette ambition à terme en échanges concrets, dans le présent. Lire ici

- Aubervilliers 2008: face au tremblement de terre, sur le marché, les musulmanes en voile apportent leur solidarité aux représentants de la communauté chinoise, éprouvée: ici

-Aubervilliers 2006-2008: ICI

 
"Logées" dans "la maison aux rats", Saadia et ses enfants face à la municipalité d'Aubervilliers :
ICI

Aubervilliers (93), vendredi 6 février 2010. (Ci-contre à dr.) Arrivant à la mairie tendues, "Marie-Colère", la Présidente du MML, (robe bleue, son dernier bébé nouveau-né sur le dos), Dami Rimech de "Casa", dite "Mère Teresa d'Aubervilliers" (elle-même mal logée menacée d'expulsion suite à des impayés à répétition de son salaire de médiatrice), à sa gauche, un bras sur l'épaule de

Hiba (14 ans, accompagnée de son frère Chahine, deux des enfants vivant avec leur mère Saadia (au second plan, de profil) dans "la maison aux rats" , et Nazha Boumehraz (au fond), viennent sans illusions, mais pas sans espérances.

Une bonne heure plus tard, la nuit tombait, et les visages, fermés (Dami) ou carrément livides (Chakiba, l'afghane, fille d'un général de Massoud, et femme d'un réfugié politique afghan, ouvrier du bâtiment, mère de cinq enfants dont un des "grands" l'accompagne) semblaient perplexes. En débat, visiblement, sur l'analyse des propos d'Evelyne Yonnet, la maire-adjointe (PS), qui, pour la première fois, les avait invitées, ensemble, pour

 

une nouvelle analyse de leurs

 

dossiers), elles n'ont pas voulu trop se livrer. La discussion doit continuer, dans le groupe. Tout juste peut-on avancer sans trop de risques de se tromper que la plus optimiste reste "La Panthère Noire", "Marie-Colère" (ci-dessous, robe bleue) frustrée

en toute dernière minute, l'été dernier, d'un relogement à Saint-Denis (93) lui permettant enfin de quitter son grand F5 squatté des Francs Moisins (qui lui eût définitivement attribuéé le nouveau "nom de guerre" de "Marie-Victoire"...) mais qui, irréductible soleil noir d'Afrique noire irradiée du doux et serein islam à l'africaine, se refuse à devenir "Marie-Amère". Elle l'a dit clairement, elle garde toute sa confiance à Evelyne Yonnet, qui l'a sauvée in extremis d'une nouvelle tentative d'expulsion au creux de l'été 2010. Reconnaissante, elle lui a fait don d'un bel objet d'art africain, ramené depuis tout exprès du Mali et accroché en bonne place dans le bureau de l'adjointe. Chakiba, au contraire (ci-dessus à droite), épuisée par des années d'entassement à sept, dont 5 enfants, dans un studio de 20 mètres carrés, proche du Landy, où ce qui tient lieu de douche a dû être bricolé directement dans le local-placard du WC à la turque, au prix de sérieux risques pour l'hygiène de la famille, d'une hépatite A pour un de ses fils, de diverses maladies et de troubles scolaires pour l'autre, et de menaces sur la petite dernière,"ne croit plus aux belles paroles". les dernières ayant été celles du directeur de cabinet du maire PS Jacques Salvator, contraint de recevoir une "délégation schtroumpf" ayant imposée en force sa présence dans la mairie, au cours d'une récente incursion. La mairie avait alors "défini des critères de priorité": "les cas d'habitat indigne, les familles expulsées ou menacées d'expulsion, les demandes de HLM de plus de 10 ans d'ancienneté, et les fils de familles d'Aubervilliers cherchant à s'établir hors du domicile familial". Ces critères, en réalité, n'ont pas été, depuis, appliqués.Comme le prouve à l'évidence le cas de la famille Latifi (Chakiba), mais aussi celui de Saadia, Hiba, Chahine et la petite Sabah (qui, pour prendre une douche, doivent bénéficier de l'impeccable solidarité d'une poignée de voisines ou de copines, parfois jusqu'à La Courneuve, parfois au Landy, plus proche, et font leurs devoirs un duvet jeté sur les épaules dans l' atmosphère moisie de leur vieux café mûré à peine chauffé, au son du grattement des rats rongeant le bas de la porte en torchis) - et, plus spectaculairement encore, celui de Nazha.

Pourtant, des HLM d'Aubervilliers (flambant neufs, souvent) sont attribués, chaque moisou presque: mais à qui, et sur quels critères réels?

Monsieur Latifi, donc, formé à la dure école des guerres d'Afghanistant, où il a combattu pour sa patrie, ne croît pas, ou plus, aux manifestations et contacts à la mairie.

La ville d'Aubervilliers n'est à l'abri ni d'éruptions de violences individuelles ou collectives, ni de grèves de la faim de mères exaspérées, ni de campements sauvages en pleine rue, devant la mairie, ni, le cas échéants, de (nouveaux) squatts.

 

 

Tout peut donc arriver, maintenant, tout est possible.

Ville parmi les plus pauvres et à la population la plus jeune du redouté "9-3", Aubervilliers se prépareà recevoir des milliards d'euros d'investissements dans la pierre et le béton dans le cadre d'un vaste plan d'aménagement de la Porte de la Villette à Saint-Denis, voire au-delà, en passant par Pantin, avec la couverture au moins partielle du périphérique, l'aménagement des (agréables) berges du canal, l'arrivée du métro jusqu'à la mairie, le développement de vastes et luxueux centres commerciaux, d'infrastructures de loisirs etc.

C'est un secret de polichinelle,

Mais cette mutation se fera-t-elle façon quartier des Tours de la Défense ou même Montreuil, par le biais d'une sélection sociale en forme d' "épuration ethnique" bannissant vers les banlieues lointaines les populations les plus misérables vivant dans l'habitat indigne et la précarité?

A commencer par les femmes abandonnées par leurs "Jules" élevant seules leurs enfants au prix des pires difficultés, dont l'échec scolaire et l'exclusion de l'école, pères des violences scolaires?

Et cela au profit des "branchés" de la "bourgeoisie bohême", les "bobos" "libéraux-libertaires", gauchistes façon Libé ou NPA, avides de grands lofts combinés à un peu de folklore "banlieue" protégés par des murailles électroniques, des maîtres-chiens (attention: parfois syndiqués CGT!) et des milliers de flics?

Ce destin n'est pas écrit.

"Francs-tireuses" de la fraternité humaine, de la solidarité et de l'égalité des droits comme des devoirs, du respect réciproque ( ou qui devrait le devenir...), les mères en colère du MML, et ceux qui les soutiennent, n'ont pas l'ambition, folle, de bloquer à elles seules le rouleau compresseur de BOUYGUES, d'ICADE, du gros pognon, et du béton.

Elles ne demandent pas non plus pour elles-mêmes, ou même pour leurs enfants, le moindre passe-droit, le moindre piston.

Premières à s'être levées, à s'être battues, à avoir haut brandi le drapeau du Respect et de la Dignité, elles ne demandent que la reconnaissance du bien fondé de leur combat, qui est simple et juste, et qui, pas plus que le vent, ne cessera, même si les arbres...de la municipalité, sur lequel il souffle, aimeraient, comme dit le poème cité en pied de notre éditorial de Une, "se reposer."

Continuer à jouer avec le feu en jouant avec les mots, la dignité, et la vie même, de Nazha Boumehraz et de ses compagnes de lutte et de misère - sans même évoquer le cas des jeunes, leurs enfants, "ados" bourrés d'énergie bouillants d'humiliation et de colère, au risque d'incidents graves, d'escalade dans la lutte, de scandales à répétition, et même de violences?

Ou choisir la voie de la main tendue, de solutions individuelles négociées raisonnablement, étalées dans le temps, avec un agenda précis, des engagements vérifiables, des échéances? Et donc une remise au pas de la "nomenklatura" opaque, cynique, égoïste, si elle n'est pas corrompue, de l'OPHLM d'Aubervilliers?

Le choix est dans les mains d'Evelyne Yonnet, et de son concubin de maire Jacques Salvator, qui s'est bien gardé de démentir nos informations sur son goût, récent, pour les bains au champagne moussant, de peur que, le publiant, nous insistions un peu sur les conditions de sa soirée de victoire électorale de 2008 dans la luxeuse villa avec vaste piscine de son ami et voisin Palmerido Valente, l'homme d'affaires dont la liste "de droite indépendante" ralliée aux socialistes au second tour n'avait eu pour fonction que de neutraliser, au premier round, la menace du candidat...gaulliste maghrébin de l'UMP, tandis que les électeurs de Le Pen et le "complotiste" professionnel "Didier Dénonce" se ralliaient honteusement à l'"union sacrée" "pour en finir avec 30 ans de communisme"...

Mais les communistes d'Aubervilliers (ou ce qu'il en reste) peuvent désormais, eux aussi, peser sur le dossier.

Une ouverture, au-delà du cas même de Nazha, aux forces vives apparues, notamment, dans ce combat, concrétisée par une rencontre en bonne et due forme avec le Mouvement des Mal Logés (MML) et ses proches conseillers pourrait déboucher sur un "programme commun" de lutte concrète dans l'ensemble de la localité, d'action directe populaire, donnant au vieux parti, qui fut respecté, parce que respectable, un vrai bol d'oxygène, et au "Front de gauche" (qui, ici en tout cas, patine en pédalant dans la choucroute) une vraie possibilité d'élargissement par immersion dans un prolétariat "de la diversité" abandonné, mais pas définitivement perdu.

A suivre, donc.

Qi

 

 

Le Mouvement des Mal Logés d'Aubervilliers (MML) concentre le tir. Il "cible" désormais M.Ugo Lanternier, adjoint PS au Logement, responsable de l'OPHLM.

Incapable de s'expliquer sur les attributions de logement "à la tête du client", il fuit le contact - et leur a échappé, de justesse, ce samedi 19/12/2009...

- Jusqu'à quand?

 

Samedi 19 décembre 2009, 11H30.

Investissant, selon leur habitude, l'Hôtel de Ville d'Aubervilliers par surprise, les mères, leurs enfants, et, pour la première fois, quelques hommes, foncent dans les escaliers directement jusqu'au deuxième étage. C'est là que se trouve, selon un bon tuyau du"service de renseignements" du mouvement, le bureau du responsable des HLM de la ville, Ugo Lanternier, un cadre de la RATP, socialiste.

Il n'est pas là, il se cache...Il refuse de répondre aux courriers, refuse tout rendez-vous...Tant pis! Le "commando" occupe l'étage, et refuse de bouger.

Il restera le temps qu'il faut pour être reçu par l' élu de permanence, Benoît Logre, un homme civilisé. Courtois, il reçoit dans son bureau le petit groupe.Il sera bientôt rejoint et épaulé par un autre élu, M.Tahir Ketfi, qui, lui aussi, visiblement bouleversé par ce qu'il entend, fera preuve d'ouverture, et même d'humanité...

Saadia Miftah (photo ci-dessus, à g.) qui entame un nouvel hiver dans la "maison aux rats", l'ancien café désaffecté, muré, sans intallations sanitaires, à peine chauffé, où elle élève ses deux filles et leurs frères (pour la douche, ils vont chez des amis à La Courneuve deux fois par semaine - revenant les cheveux mouillés, dans le froid...).

Nezha Boumehraz (au centre) sort de l'hôpital après une grave opération. Elle a fourni, il y a plusieurs semaines, le certificat du chirurgien expliquant qu'il n'est possible d'entreprendre ni radiothérapie ni chimiothérapie tant que la patiente vit dans un taudis - reconnu par les services de l'hygiène d'Aubervilliers eux-mêmes comme insalubre, humide et froid. Comme son amie Saadia, et d'autres mères du groupe, Nezha correspond aux critères de priorité reconnus au cours d'une précédente rencontre, à chaud, lors de la dernière "opération-commando des Maman".

C'était en mai dernier. Depuis? Rien. On l'oriente vers la préfecture..Loi DALO, etc. Elle a déposé un dossier."Mais les HLM d'Aubervilliers, ils n'ont pas de logements disponibles, pour les cas de grande urgence?" Tout le monde sait que, pour certains, qui sont loin de vivre les mêmes drames, il y en a. Malaise..."Des passe-droits? A Aubervilliers? Je n'y crois pas. Si vous avez des cas précis, des noms, donnez-les, s'exclame M.Ketfi - soulignant qu'il n'est pas en charge du logement, mais de l'action sociale. -"A la fin, si ça continue comme ça, des cas, des noms, c'est à la Justice, à la Police, que nous allons devoir les donner..., répond une personne portant le badge des Forces Populaires. Mais il ya plus simple. Vous êtes au conseil municipal, vous êtes élu, faites-vous communiquer la liste des HLM de la ville attribués ces dernières années, et vérifiez les critères, comparés aux cas qui sont là..."

Quant à Dami Rimech (de trois-quart face sur la même photo, ci-dessus, mains dans les poches, en blouson, l'air sombre, à dr), elle vient de faire une triste expérience, qui semble bien révélatrice de la gestion des HLM d'Aubervilliers.

Pour la comprendre, il faut rappeler qu'au cours des négociations qui ont commencé entre la mairie d'Aubervilliers et le Mouvement des Mal Logés (MML), le directeur de cabinet du maire, Mickaël Dahan, a bien voulu (ce fut une grande première, saluée comme il se doit...), définir devant une délégation musclée d'une vingtaine de mal logés, et en présence d'élus, dont M.Tahir Ketfi, les trois critères qui, en principe, régissent les attributions des HLM municipaux:

-1.Familles en voie d'expulsion ou vivant dans des conditions indignes;

-2. Jeunes de la localité cherchant à quitter le domicile des parents;

-3.Et demandeurs de HLM depuis plus de dix ans.

Que ces critères soient appliqués, et Saadia comme Nezzah, et leur amie Chakiba, sont relogées en toute priorité!

Mais pour la famille Rimech, à Aubervilliers depuis 1995, et demandeuse de HLM depuis plus de 10 ans, c'est le troisième critère qui doit jouer: l'ancienneté de la demande. Toutefois, Lanternier, sortant, pour une fois, de sa tour d'ivoire, vient de lui écrire qu'on ne trouve pas trace dans son dossier de la demande de renouvellement annuelle obligatoire de juillet 2009 - son mari se souvient parfaitement avoir été la déposer en mains propres à l'accueil...Quant à sa première demande inscrite, elle daterait...de 2006 seulement! "Du coup, votre dossier est archivé". - "Archivé"? Cette mère de combat ne l'a pas avalé, et ne l'avalera pas - se demandant, en prime, "à combien de familles il arrive la même surprise!".

- Dossier archivé...au fond d'une poubelle, d'un coup de coude? On aimerait être sûr du contraire, et en avoir la preuve!

 

"Mal Logés: le scandale a assez duré!": l' autocollant des Forces Populaires d'Aubervilliers (ci-contre à dr) au dos de son blouson, et casquette rouge de la CGT sur la tête - un peu grande, peut-être, elle lui va à ravir ( photo à g), ...-Abderrahim (8 ans) attend le groupe des Maman (dont la sienne...), avec son grand-frère, dans le hall. Depuis plusieurs semaines, il demandait "quand on refait la grève?" Pour lui, "la grève", c'est ça. Principes d'éducation, solides...

 

Chakiba Latifi (à dr), jeune mère de 5 enfants, a appris la vie dans les lointaines montagnes de l'Afghanistan, son pays, où les jeunes combattants de la Résistance à l'occupation russe (puis...américaine) , comme son mari (réfugié politique en France), se terraient dans des abris de fortune "construits" en soulevant un énorme bloc de rocher avec un crick de camion, et en se glissant dessous, dans le fracas des bombes -avec l'espoir que ça tienne, ce qui arrivait...

A Aubervilliers, près du canal, aux limites de la "petite Afrique" du Landy et de Saint-Denis, le couple et ses cinq enfants se serrent dans un petit studio de 20 mètres carrés, sans douche - sauf s'il faut appeler "douche" le tuyau

bricolé directement au-dessus des W.C. à la Turque.

Yassine, le fils aîné, a attrapé une hépatite A. Logique. Révolté, il ne manque jamais une "action directe" à la mairie, et distribue sur le marché les tracts des Mal Logés (MML). Logique.

Au collège, le mois dernier, pour un briquet trouvé dans son cartable, destiné à allumer es pétards à mèche, et dont il s'est refusé à "balancer" le ?légitime propriétaire, Yassine a été sanctionné d' une semaine d'exclusion. - Une semaine entière à passer, "en famille", dans le 20 mètre carrés de la rue Henri Murger, entre la triple mezzanine bricolée où se superposent les "lits" des cinq enfants, le rideau qui sépare de la "chambre" des parents, et la douche-WC à la turque...- Quand il passe devant les beaux HLM blancs tout neufs de la rue Heurteaux, à deux pas, où la famille du brave Mokhtar Cisse, que Yassine connaît pour avoir manifesté à la mairie à ses côtés, vient d'emménager parce que jugée "prioritaire", "en fonction de l'ancienneté" (quoique déjà correctement logée...), cet "ado" fin au visage doux, ressemblant à sa mère, ravale des larmes de colère.

"Tu seras un homme, mon fils..." (...Et tu essaieras de convaincre ta Maman de nous laisser photographier la cage où vous "vivez", entassés...)

DOCUMENT


(Sans réponse à ce jour...)

De : Imbongi <Imbongi@wanadoo.fr>
Date : Thu, 05 Nov 2009 11:52:21 +0100
À : <ophlm-aubervilliers@ophlm-aubervilliers.fr>
Cc : Mairie d' Aubervilliers <relations.publiques@mairie-aubervilliers.fr>, Evelyne Yonnet <evelyne.yonnet@mairie-aubervilliers.fr>
Conversation : DOSSIER MARIE-CLEMENCE SIDIBE/URGENT
Objet : DOSSIER MARIE-CLEMENCE SIDIBE/URGENT

A l’attention de M. Ugo Lanternier, Président de l’OPHLM d’Aubervilliers

Copie à l’attention
de Monsieur le maire d’Aubervilliers, Jaques SALVATOR,
de son directeur de cabinet Monsieur Mikaël DAHAN,
et de Madame Evelyne YONNET, adjointe au logement.

Monsieur,
Journaliste professionnel travaillant dans le cadre d’une enquête pour un grand magazine, je suis amené à vous interroger sur les raisons pour lesquelles vous avez refusé un relogement sur “stock préfectoral” attribué à Madame Marie-Clémence SIDIBE, épouse SAWADOGO, de nationalité française, expulsée d’un logement frappé d’un arrêté d’insalubrité rue du Moutiers à Aubervilliers et provisoirement domiciliée 10 allée Saint-Exupéry, aux Francs Moisins (Saint-Denis).


Selon les informations et pièces actuellement en ma possession, le motif allégué pour ce refus serait que madame SIDIBE (alors hospitalisée pour l’accouchement par césarienne de son huitième enfant...), se serait présentée “trop tard” pour la visite et/ou aurait donné son accord “trop tard”.

Selon les informations et pièces actuellement en ma possession, l’intéressée vous aurait en réalité informé par l’intermédiaire de la préfecture, et par fax, de son hospitalisation justifiant parfaitement un délai pour la visite, puis, visite faite, de son accord pour cet appartement situé dans l’agréable cité dite “des Maisons en Bois”, dans le quartier du Fort d’Aubervilliers.
Depuis, sur intervention énergique de Madame Evelyne Yonnet, émue par la situation pénible vécue par une femme exceptionnelle qui a vu s’évanouir, au tout dernier moment, la perspective d’un relogement digne espérée depuis longtemps, l’intéressée s’est vu proposer un autre appartement dépendant, lui, de Plaine Commune. Il lui a été, à son tour, refusé sous un prétexte tout aussi fallacieux (...)
Au-delà de ce cas ponctuel, que je crois bien connaître, et qui constitue aussi, et au passage, un drame humain exceptionnel, je ne vous cache pas que l’objet de l’enquête qui m’a été confiée vise, plus largement, les conditions d’attribution des HLM, et les imputations de favoritisme, clientélisme, népotisme, voire corruption et trafic d’influence, qui courent sur le sujet, et sur lesquels j’ai recueilli de nombreux témoignages mettant en cause, dans quelques cas, des élus (pas forcément municipaux), et, dans d’autres, une petite bureaucratie des HLM échappant au contrôle même des plus honnêtes des élus...


Cela dit, je n’écris rien sans preuves, et la première des preuves, à charge ou à décharge, dans le cas qui nous occupe, serait une réponse écrite précise de votre part sur le cas précité.


Pour ne rien vous cacher, enfin, je m’intéresse aussi au cas de Madame Chakiba Latifi, épouse d’un réfugié politique afghan, compagnon de Massoud, vivant depuis de longues années dans des conditions d’insalubrité et de promiscuité incroyables avec ses 5 enfants, dont plusieurs sont malades, et demandeuse de HLM depuis longtemps - dont le dossier a dû vous être transmis, parmi d’autres, par Monsieur DAHAN (qui l'a reçue avec chaleur).
Parmi d’autres cas à l’évidence prioritaires,ceux de Madame BOUMEHRAZ et de Madame MIFTAH, elles aussi reçues dans de bonnes conditions par Monsieur DAHAN, et qui ont reçu, depuis, la visite des services d’hygiène, semblent, eux, du moins, je l’espère du moins, et nous l’espérons tous, avancer, quoique lentement, dans la bonne direction...
Restant à votre disposition pour tout contact ou entretien.
Jean-Paul CRUSE
Journaliste indépendant
0660630856
Imbongi@wanadoo.fr

 

 

 

- Aubervilliers dans le rouge -

Entre cauchemars de Mafia et rêves d' Intifada,

la "Commune des Mères" d'Aubervilliers

fortifie ses racines dans le "9-3", et les étend, de Pantin à Pierrefitte, Sevran, et Seine Saint-Denis (93)...

 

 

 

"ON EST TOUS RESPONSABLES!"

(OETR)

Créée il y a bientôt quatre ans, au cours de l'hiver 2005-2006, dans le feu de la révolte aveugle des tout-jeunes "desperados" à capuche de 12-15 ans, rendus fous de désespoir par la mort de leurs deux "potes" électrocutés dans un transformateur EDF en tentant d'échapper à la police, et brûlant tout sur leur passage, jusqu'aux écoles, devenues symboles, pour eux d'échec scolaire, de rejet, d'humilation et d'exclusion plus que lieu d'accueil, d'écoute, et d'appropriation du savoir, l'association "ON EST TOUS RESPONSABLES", qui regroupait, autour d'un collège jusqu'ici modèle, Rosa Luxembourg, à Aubervillers (93), et du directeur de sa Segpa (section spécialisée pour jeunes élèves en difficulté), l'exemplaire Pierre Pignot (aujourd'hui en retraite), un noyau de familles issues du milieu de la grande précarité, noires ou maghrébines, pour la plupart, a renouvelé, en juin dernier, au café Le Mouflon d'Or de la ville, tenu par un couple de parents d'élèves adhérents de l'association, Nawal et Akli, toutes ses structures.

Confiance a été renouvelée à l'ami Pierre Pignot, également co-fondateur du "93 au Cœur de la République" avec Mouloud Aounit, crédité d'un beau petit score de 5% au cours de sa première apparition électorale... Pierre prend un peu de recul, et se voit promu Président honoraire. Avec d'autres "retraités au cœur rouge", membres ou proches, comme lui, du Parti communiste, il va se consacrer maintenant au soutien scolaire des jeunes en difficulté, leur donnant des "cours" de base (bénévoles) de français. Il est prévu d'en donner aussi aux Maman, qui en ont, elles aussi, souvent bien besoin. Ils pourront être complétés par des "leçons" d'Histoire politiquement incorrectes, et même, pour quelques-uns, de soutien en maths...

Les 30 personnes présentes, majoritairement des mères de famille d'origine maghrébine, ou d'Afrique Noire, accompagnées de leurs enfants, adolescents, de quelques pères, de nombreux médiateurs adultes-relais de diverses communes de Seine Saint-Denis, groupés en "collectif d'adultes-relais 93", et d'une petite poignée de vaillants retraités "gaulois" au cœur rouge, inoxydablement solidaires, ont élu Présidente Dami Rimech (jusqu'ici vice-Présidente fondatrice), elle-même mère de famille, et médiatrice adulte-relais au Collège Rosa Luxembourg où elle est devenue, en deux ans, la "Mère Teresa" (musulmane...) de la cité du grand Charles Tillon, passée, depuis peu, au main des socialistes, alliés avec les Verts.

L'assemblée générale a élu comme vice-présidents Saadia Miftah, la "mère aux rats". Connue dans tout Aubervilliers pour avoir osé dénoncer publiquement sa condition de mal logée: elle vit avec ses jeunes enfants dans les ruines d'un petit café, fermé, muré -sans eau chaude, sans douche, à la merci des agressions de toute nature,des rôdeurs, des vols, et au milieu des rats.

Une des filles de Saadia, Hiba, 13 ans, militante dans l'âme (et réélue depuis, en ce mois de septembre 2009, déléguée de classe à Rosa Luxembourg...), devient la déléguée à la jeunesse de l'association, membre élue du C.A. et faisant aussi partie, comme sa mère et son demi-frère Mehdi de la commission "Mal Logés".

Autre mal logée en lutte,vivant dans un taudis insalubre, et menacée d'expusion, Nezzah Boumehraz, veuve vivant dans la précarité d'un petit emploi de femme de ménage,épuisant, et élevant brillamment sa fille, elle aussi à Rosa Luxembourg, entre au Conseil d'Administration, dont elle devient la trésorière (comme elle le reste au sein du Mouvement des Mal Logés (MML), bourgeon né, spontanément, en marge d'OETR, présidé par Marie-Clémence Sawadogo-Sidibe, "Marie-Colère", la "Panthère noire d'Aubervilliers", également adhérente d'"On Est Tous Responsables" depuis l'origine).

Entre également au bureau Papa Idrissa THIAM, (ci-dessus, table de g., avec son fils Mamadou et sa femme, assis en face de la Présidente, qui, debout, en blanc, parle (table de dr.), du quartier de la "petite Afrique", au Landy, en bordure de Saint-Denis, près du canal. Cet ancien joueur de football professionnel, à la forte stature, du genre à ne pas se laisser facilement marcher sur les pieds, et d'un calme olympien, toujours, est le fils d'un tirailleur sénégalais qui a donné son sang pour la France, alors, son pays, pendant la deuxième guerre mondiale - et ça se sent!

Monsieur THIAM, et son épouse Khadidja (qui rejoint elle aussi, à cette occasion, l'association), sont les parents du jeune Mamadou, qui avait défrayé la chronique locale et régionale, en juin, après un incident (aujourd'hui réglé) avec une enseignante de Rosa Luxembourg.

Les THIAM sont les animateurs d'un autre surgeon né dans la mouvance vibrionnante d'OETR, un groupe "parents d'élèves", né du scandale MAMADOU, se prolongeant par les conditions surprenantes dont viennent de se dérouler, en ce mois d'octobre 2009, les élections de parents d'élèves à ROSA LUXEMBOURG...

Dès la rentrée de septembre, un petit noyau uni de parents d'élèves groupé autour des Thiam du Landy , mais aussi de Saadia Miftah, (vieux centre-villed'Aubervilliers), - ci-dessous distribuant en pleine rue un tract du MML en compagnie de ses deux filles, dont la plus grande, Hiba, "bombe militante", de Rosa Luxembourg, son collège - de Fatoumata Traore, de Rkia Boujemaoui (rescapée du soulèvement de la jeunesse marocaine du début des années 80), de l'afghane Chakiba Latifi (femme d'un réfugié politique afghan travaillant comme ouvrier du bâtiment, vivant également dans un taudis infâme, en lisière de Saint-Denis, aux limites du

Landy, et combattante de premier rang du MML avec ses deux grands fils Matin et Yasin, élèves à Rosa Luxembourg, et les trois petits...), de Nezzah Boumehraz, et d'autres,a pris tout le monde par surprise en envoyant un fax au principal du collège, à l'approche des élections de représentants de parents

d'élèves au Conseil d'Administration et au Conseil de Discipline - élections traditionnellement "plan plan" avec une liste unique, celle d'une FCPE ici des plus "modérée" et proche de la direction, à l'action routinière décevant de nombreux parents.

Mauvaise réaction du directeur: déjà savonné sérieusement par le ministère de l'Education Nationale pour avoir appelé les flics dans l'affaire Mamadou, envenimant l'affaire, il fait une nouvelle erreur en prétendant interdire à cette liste alternative, titrée "Parents Unis et Responsables" (P.U.R.) de se présenter au vote...Il prétend qu'elle serait hors délais (en fait, les parents n'ont rien reçu indiquant une date précise d'élection, a fortiori un délai préalable pour le dépôt de candidatures...).

L'erreur, il la paye cash: et sur le champ. Réunies au domicile de Saadia, rue du Goulet, dans le "café aux rats", les familles décident alors de saisir le rectorat, dans un nouveau fax - et sans même répondre au directeur indélicat.

Grosse agitation dans le collège, à la FCPE, et à l'Académie de Créteil...Coups de téléphone divers...Le vendredi 16 octobre, veille de l'élection, les Mères Rebelles se présentent sans y avoir été invitées à la porte de Rosa Luxembourg.

Elles y diffusent un petit tract (ci-dessous) . Le texte annonce leur intention de ne pas tolérer plus longtemps d' "élection" à liste unique. Décision a été prise de maintenir les candidatures alternatives - et de proposer à tous les parents d'élèves d'aller mettre dans l'urne, de gré ou de force, ce tract comportant les noms des candidats indépendants, comme bulletin de vote.

 

Liste Parents Unis et Responsables (P.U.R.)


La situation à ROSA LUXEMBOURG tourne à la CATASTROPHE.


Le nouveau directeur mis en place l’an dernier, M. Matrat, prétend organiser une « élection » des représentants des parents au Conseil d’Administration et au Conseil de discipline annoncée à la sauvette, trois jours à l’avance, avec liste unique IMPOSEE. Sans tenir compte des candidatures indépendantes de DEFENSE DE NOS ENFANTS ET DE NOTRE DIGNITE DE PARENTS que nous présentons.


C’est ILLEGAL, et c’est TRES GRAVE.


Nous confions NOS ENFANTS à l’ECOLE de la REPUBLIQUE pour qu’ils y trouvent LE CHEMIN DU SAVOIR, du RESPECT qu’on doit, et qu’on reçoit (pas de droits sans devoirs, pas de devoirs sans droits !) et de LA LOI. Pas celui du MEPRIS, de l’absence de tout DIALOGUE, de l’EXCLUSION BRUTALE et de l’ECHEC SCOLAIRE conduisant au CHÔMAGE, à la DELINQUANCE, à la VIOLENCE.


En mettant, ce TRACT-BULLETIN dans l’URNE, sans vous laisser IMPRESSIONNER, et en restant avec nous pour le CONTRÔLE DU DEPOUILLEMENT, évitant TOUT TRUCAGE, vous affirmerez votre VOLONTE DE VOUS DEFENDRE, ENSEMBLE, de façon UNIE ET RESPONSABLE.


Madame Saadia MEFTAH – suppléant Monsieur Papa Idrissa THIAM
Madame Fatoumata TRAORE – suppléante Madame Nezzah BOUMEHRAZ
Madame Chakiba LATIFI – suppléante Madame RKIA BOUJENAOUI
Madame Khdra CHAÏBI
Contact : P.U.R (Saadia) 06 12 69 11 48

 

Le lendemain, samedi matin, c'est chose faite. Rkia et Fatoumata, les seules à s'être tôt levées, et à être à l'heure, sont à la porte de Rosa Luxembourg dès 9 heures. Elles entrent. Mobilisent les parents présents. Distribuent le tract-bulletin de vote. Et donnent l'exemple elles-mêmes, en votant.

Des coups de téléphone du rectorat étant passés par là, nul ne les en empêche- ce qui aurait donné lieu à un beau match, ces "battantes" n'étant pas décidées à se laisser marcher sur les pieds... Mais seuls les bulletins de la liste "officielle",celle de la FCPE, sont disposés devant l'urne, guidant le vote des parents d'élève pour la "liste unique".

Les autres candidats de la "deuxième liste" se succèdent par roulement, toute la matinée - jusqu'aux Thiam, venus à quatre (le père, la mère, Mamadou et sa grande sœur Soukheïna) de leur "base" du quartier du Landy, la chaude "petite Afrique" d'Aubervilliers, ancienne"Petite Espagne" (rouge) des années de guerre et d'après-guerre...L'affaire Mamadou avait failli y déclencher, en juin, une véritable émeute...

Monsieur Thiam, baraqué, imposant, casquette à visière vissée sur la tête et grosses lunettes noires, reste jusqu'à la derière minute, espérant un dépouillement honnête et correct - auquel, en candidat, il puisse assister. Mais le temps passe, et rien ne se passe, il s'en va.

Rien ne va plus, donc, à ROSA LUXEMBOURG, jadis collège-modèle d'Aubervilliers - fierté de cette ville de gauche où, désormais, de jeunes voyous venus des grands boulevards ou des cités voisines rôdent à la porte des collèges, à l'affût de jeunes filles exclues pour une demi journée ou une journée, dont le nombre va augmentant -et qui, pour la plupart, n'ont nulle part où aller, que la rue, quand leurs deux parents travaillent...

Dans un établissement où le raidissement des "punitions à l'abattage" (26 exclusions définitives l'an dernier, dont de très nombreux jeunes noirs du quartier du Landy, sans doute un petit peu turbulents, mais désormais jetés à la rue sans guère d'autre avenir que le "deal" ou d'autres formes de "débrouille", de trafic, et de violence...)

La veille du vote, encore, sur le terre-plein s'étendant devant l'établissement, où, devant des murs couverts de tags traînent des bouteilles de vittel remplies d'urine dans lesquelles des gamins complètement abandonnés à eux-mêms shootent pour éclabousser les passants, une bagarre entre deux jeunes filles a entraîné une intervention de la police, suivie par l'arrestation et le placement 24 heures en garde à vue d'une jeune africaine de 13 ans du Landy, dont la mère, Denise, une voisine des Thiam dans la "petite Afrique", d'origine ivoirienne, a aussitôt porté plainte - dénonçant à cor et à cri, au passage, l'inertie coupable, sinon plus, de certains personnels du collège - et s'emparant, le jour du vote, du bulletin "P.U.R. Parents Unis et Responsables", bien décidée à le déposer dans l'urne..

Mais ce n'est pas cette dégradation déplorable d'une ECOLE DE LA REPUBLIQUE à l'équipe de direction dépassée, c'est clair, par ses responsabilités, qui fait qu'aujourd'hui, dans les rangs des "associatifs" de nouvelle génération se voulant encore et toujours, "responsables", constructifs, rassembleurs, tolérants, et ouverts, le mot "Mafia" est aujourd'hui, à Aubervilliers, sur toutes les lèvres.

Une élection douteuse n'y suffit pas. Même si ça fait mauvais genre...Pas plus que la présence, de plus en plus prégnante, et, tout de même, préoccupante, de petites bandes de trafiquants de drogue ou de tout-jeunes apprentis proxénètes aux abords immédiats d'un collège à la dérive...Pas plus que le harcèlement, bien peu "républicain" et peu "laïque", dénoncé par les "familles en lutte", de la médiatrice adulte-relais du collège, également Présidente d'OETR, femme énergique, intègre et disponible qui semble "déranger", de par sa fonction même, et le cœur qu'elle y met, doublée de ses responsabilités associatives conçues dès l'origine (et avec le plein accord de l'équipe de direction de ROSA LUXEMBOURG, à l'époque...) comme un complément indispensable au travail de médiation, dans l'idée de "responsabiliser" les familles par le biais d'une action collective des parents eux-mêmes, et si possible, des jeunes, se voulant en liaison aussi étroite que possible avec les enseignants et tous les personnels scolaires.

C'est autour de la question du logement, et plus particulièrement de l'attribution, jugée"clientéliste", des HLM par l'Office municipal d'Aubervilliers, résistant, apparement, tant aux injonctions des élus qu'à celles...de la préfecture, que les termes de "trafic d'influence", d' "enveloppes sous la table", et de "bakchich" (politique, clanique, ou individuel) sont de plus en plus entendus - dans un contexte marqué,comme au collège, par l'éveil ou le réveil d'une vie associative dyamique et radicale, fondée sur l'action autonome des "mal logés eux-mêmes", et surtout des "mal logées" - des familles de l'univers de la grande précarité relevant la tête et exigeant leurs droits. (suite colonnede droite, en haut)

Premier scandale qui fait hurler Aubervilliers contre la "mafia des HLM":le coup de poignard dans le dos de Marie-Clémence Sawadogo-Sidibe, devenue "Marie-Colère, la Panthère Noire d'Aubervilliers", puis, avions-nous pu écrire, "Marie-Victoire", après qu'elle eut enfin arraché un relogement en HLM, au bout de près de dix années d'un combat acharné, marqué par la création du "Mouvement des Mal Logées" qu'elle a fondé, et qu'elle préside...

A présent, Marie-Colère n'est plus "Marie Victoire". Elle est "Marie Amère". Au tout dernier moment, aux premiers jours de la "trêve estivale", alors que cette ouvrière exemplaire, née d'une famille malienne à Angers (Maine et Loire) en juin 1968, et chef d'équipe dans une société de nettoyage de la banlieue nord, sortait de l'hopital après l'accouchement difficile (césarienne) de son huitième enfant, la grise bureaucratie des HLM, s'opposant à une décision d'attribution du préfet, bloque le beau F5 qu'elle avait visité, et accepté, dans la cité dite des "Maisons en Bois", près du fort d'Aubervilliers.

Prétexte allégué pour ce refus: elle a traîné, son accepation est arrivée "trop tard". "Il y avait deux autres familles, elles aussi jugéesprioritaires, qui l'avaient visité...

Le coup se répète alors au mois d'août.Evelyne Yonnet,l'adjointe (PS) au logement d'Aubervilliers obtient une autre proposition de relogement, convenable, dans la commune voisine de Saint-Denis (un grand F5, bien situé, à deux pas du métro, que"Marie Amère", au bord de redevenir, croît-elle enfin, "Marie Victoire", visite et accepte, dans le soulagement et la joie de toute sa petite famille, avant qu' à son tour l'Office HLM de Plaine Commune, cette fois (l'agglomération englobant notamment Aubervilliers et Saint-Denis), ne mette son veto - alléguant d'"impayés" dans le dossier...)

La jeune mère de famille (et déjà jeune grand-mère), à nouveau menacée d'être expulsée, dès novembre 2009, de son actuel logement "sans titre" dans la fameuse cité des Francs Moisins, à la "frontière" d'Aubervilliers et de Saint-Denis, à deux pas du "Stade de France", accepte alors la proposition de ses amis - adultes relais du collège Garcia Lorca, où étudie son fils Boubacar, voisins de la cité, militants d' "On est Tous Responsables", qui la soutient à fond...

Contestant, sur le fond, et dans le principe, le fameux "impayé", elle s'engagerait, néanmoins, à régler la somme par petites mensualités, préservant ainsi sa possibilité d'éviter une expulsion, scandaleuse, une relégation dans un relogement forcé au fin fond du "9-3", loin d'Aubervilliers-Saint-Denis, son "village", et celui de ses enfants - et d'obtenir, enfin, le dernier appartement proposé par la mairie d'Aubervilliers -toujours libre, à ce jour...

HLM: MAFIA OU PAS MAFIA?

Cette âpre bataille, confuse, alimente les commentaires sur la bureaucratie locale des HLM, qui semble échapper à tout contrôle, même à celui des élus locaux, et du préfet, et se trouver le lieu de réseaux d'influence diffus et mal connus - même si circule avec insistance le nom d'un vieux notable "plus anticapitaliste que moi, tu meurs", désigné prudemment sous son surnom, "loden" (il affecte les grands manteaux de marque, qui lui donnent un vague air de "parrain").

Bien au-delà du cercle de l'association "On Est Tous Responsables" (OETR), un nombre croissant de citoyens d'Aubervilliers constate que des familles socialement prioritaires,en limite d'expulsion ou vivant dans la pire insalubrité, doivent attendre des mois et des années pour obtenir un HLM qu'elles ont parfaitement les moyens de payer, et se font systématiquement "doubler" par des personnes à l'évidence "pistonnées" par des réseaux de relations - personnelles, familiales, claniques, ou politiques...

Le versement de "pots de vin", d' "enveloppes", de "bakchich" - et même le "droit de cuissage" sont de plus en plus souvent évoqués. Des plaintes pour corruption et traficd'influence, devenues inévitables, sont à l'étude.Et s'il ne s'agissait que de"Marie Amère"...

C'est pour "non assistance à personne en danger", aussi, que pourraient saisir le Procureur de la République, bientôt, si de nouvelles manifestationsdu "Mouvement des Mal Logées", probables, ne règlent pas le problème, des personnes comme Saadia Miftah - dont les jeunes filles, à l'orée de l'adolescence, continuent à vivre, sans douche et sans eau chaude, sous la menace des rats et des rôdeurs dans leur vieux café muré, ouvert en fait aux quatre vents, et convoité par d'inquiétants "squatters".C'est aussi le cas de Chakiba, l'afghane au sourire d'ange, dont un premier garçon a déjà attrapé une hépatite A, ce qui n'a rien de vraiment étonnant dans un studio de vingt mètres carrés où la "douche" a été raccordée directement au-dessus des WC "à la turque", et où "vivent", entassés, depuis de très longues années, un couple et cinq jeunes enfants (dont deux aujourd'hui asthmatiques...).

Dans ce contexte, si ni la municipalité d'Aubervilliers (en progrès: mais peut mieux faire...) ni les services du préfet Nacer Meddah, ni la Justice, ni la Police (PJ, DCRI...), ne parviennent à faire respecter l'ordre républicain, avec les valeurs de dignité et d'égalité publique qu'en principe il comporte, et si tous ces scandales perdurent malgré des manifestations musclées et répétées, aux cauchemars de mafia, qui, exagérés ou non, commencent à hanter la bonne vieille cité d'Aubervilliers, ne peuvent que succéder des rêves de'intifada.

"S'il n'y a pas d'autre solution, il faudra en venir là...A la violence...Lancer des pierres, comme les enfants de Palestine", commencent à murmurer les jeunes adolescents, garçons et filles, du collège d'Aubervilliers portant le beau nom de Rosa Luxembourg, inflexible révolutionnire allemande assassinée en pleine insurrection des "rouges".

"Une nouvelle Révolution des Gosses, comme en décembre 2005? ", s'interroge une mère elle aussi mal logée? - Mais cette fois, c'est nous, les Maman, qui seront au premier rang, à faire face à la police, au lieu de retenir nos gamins".

Demain l'intifada des mères?

Pour les jeunes et moins jeunes militants du premier noyau des Forces Populaires (FP) , résurgencedes "années mao" active dans le secteur d'Aubervilliers, qui pensent toujours aujourd'hui possible, et donc, souhaitable, de continuer à canaliser, pour toute une phase, la rébellion contre l'injustice scolaire, le mal logement, la malvie, et la misère, dans des formes de rassemblement associatif "uni et responsable", arrachant des concessions progressives de la part des institutions par des moyens de pression de basse intensité, presque totalemnt pacifiques, la question est aujourd'hui posée. Elle fait débat.

Aubervilliers-Plaine Commune- Shanghaï: la bataille de l'exposition universelle de 2010 a commencé

 

C'était ce jeudi 10 février 2010, à l'Espace Fraternité d'Aubervilliers (93). Avec la participation du Premier secrétaire du consulat général de République de Chine Populaire de Chine à Paris, M.Liu (micro en main, ci-dessous)témoignant de l'intérêt des plus hautes autorités chinoises, et du Parti Communiste Chinois lui-même (PCC), en présence de Patrick Braouzec, fondateur (PCF, tendance bretonne) de Plaine Commune, de Jacques Salvator, maire socialiste d'Aubervilliers, de son adjoint "vert" Jean-François Monino, et de nombreuses personnalités tant chinoises que françaises, dont les représentants des quatre associations de commerçants "Wenzhou" d'Aubervilliers, fer de lance d'ue communauté qui, avec plus de 3000 résidents dans la commune, constitue désormais l'une des principales "minorités" d'Aubervilliers, et sous la présidence dynamique et décontractée de Madame Catherine Paquet, représentant la société Rhodia-Aubervilliers, la toute nouvelle association "loi de 1901" chargée de préparer la participation des villes d'Aubervilliers, Stains et Saint-Denis, liées dans la "communauté d'agglomération" de Plaine Commune, à l'exposition universelle 2010, pour laquelle on attend la bagatelle de 70 millions de visiteurs venus du monde entier, a tenu sa première assemblée générale statutaire. Comptant parmi nos très honorables correspondants une figure de la vie associative d'Aubervilliers, sollicitée pour devenir "membre fondateur", et ayant accepté avec grande joie cet honneur, nous continuerons, comme nous l'avons fait depuis le début, à tenir nos lecteurs régulièrement informés des développements de ce projet, qui, largement dû à l'entregent exceptionnel d'une personnalité exceptionnelle, Ling Lenzi, ancienne candidate sur la liste communiste sortante menée par Pascal Beaudet, et réputée pour sa grande efficacité au "porte à porte" en tandem avec une mère de famille musulmane également candidate, a mis,depuis, tout son savoir faire, toute son énergie, et son sourire radieux, dans une bataille une meilleure insertion de la communauté chinoise d'Aubervilliers dans la vie de la cité, jetant des ponts vers la nouvelle équipe municipale "PS-Verts" et tentant de lancer des passerelles entre la fraction la plus éclairée des milieux d'affaires tant français que chinois de l'agglomération de Plaine Commune, les "politiques" locaux ou régionaux, et les représentants les plus ouverts d'un mondeassociatif immergé dans les milieux de la plus grande précarité.

Le développement d'une synergie économique, mais aussi civilisationnelle et culturelle,entre le cœur battant du "9-3", lui-même âme du progrès de toute la Région Île de France, poumon économique du pays tout entier, et la grande puissance émergente toujours placée sous le signe bénéfique du "Soleil Rouge", ne peut qu'entraîner des retombées bénéfiques, qu'il s'agisse d'affaires, donc de marchés, donc d'emplois, que de progrès social.

Dans ces conditions, en souhaitant "bonne chance" à la nouvelle association, derrière elle à l'Exposition Universelle Shanghaï 2010, à la Chine toute entière, et aux dynamiques élus d'Aubervilliers Plaine Commune, on ne peut qu'espérer aussi voir les retombées de cet essor prévisible, considérables, apporter un peu d'espérance et "un petit plus", par exemple en matière de logement, aux familles en difficulté d'Aubervilliers, cité très jeune et très pauvre au peuple bigarré, combatif, et ouvert.

Qi

   
   

Aubervilliers-Shanghaï:

même esprit,même combat,

mêmes espoirs!

"Espace Fraternité", vendredi 6 novembre 2009...

Dans la grande salle qui se remplit lentement, et sera bientôt comble, Ling Lenzi (ci-dessus, de profil, en grande conversation avec Carlos Sevedo, de retour du voyage en Chine d'une large délégation de la municipalité, conduite par Jacques Salvator, le maire (socialiste progressiste, venu du PSU) et son adjointe Evelyne Yonnet), reçpit les nombreux invités, tandis qu'un artiste chinois égrène les notes étranges de son bel instrument de musique traditionnelle (ci-dessous)

Et l'esprit de la Grande Chine de toujours, celle des anciens Empereurs, des grandes "Jonques de Mer" partant à la découverte du Yemen et même de l'Afrique Noire, celle de la Cité Interdite et de la Grande Muraille, devenue celle du Mao de la "Longue Marche" et du "Petit Livre Rouge" de la "Grande Révoltion Culturelle Prolétarienne", l'esprit de Zhou Enlaï, le grand Mandarin Rouge devenu "grand maître des secrets" d'une longue guerre clandestine puis de la diplomatie d'ouverture de la "Théorie des Trois Mondes", et de la mise en orbite du "Petit Deng", "père de la réforme économique", l'esprit de "Maître Kong", des temples bouddhistes des boucles du Fleuve jaune aux blancheurs glacées du HautTibet, et du Tao devenu, par insensibles transitions Yin/Yang formant presque invisibles "ruptures", la Chine de l' "émergence" foudroyante, au terme de lents processus intelligemment maîtrisés, d'une "société d'équilibre et d'harmonie" faisant doucement rayonner le prestige de ses sortilèges culturels et géo-politico-militaires autant que géo-économiques - et renvoyant, avec les succès pragmatiques de l' "économie socialiste de marché", le vieux capitalisme brutal à l'anglo-saxonne et l'impérialisme militaire, qui l'accompagne, "dans les poubelles de l'Histoire"...- s'infiltre peu à peu jusqu'aux pieds de la tribune...

Après le Consul de Chine représentant l'Ambassadeur, retenu, le sympathique Jaques Salvator (au micro, ci-dessous, entouré de son adjoint "Vert" le chaleureux Jean-François Monino (également du voyage à Shanghaï) et de notre amie Ling, tout sourire...)

souligne les perspectives "gagnant-gagnant" de l'étonnant "mariage d'amour" qui unit, depuis plusieurs années maintenant, la vieille cité ouvrière restée sociologiquement l'une des plus prolétariennes (et des plus pauvres) de la Seine Saint-Denis, tout en étant l'une des plus jeunes, et des plus métissées, et la République Populaire de Chine - dont les progrès économiques, et, désormais, sociaux, font aujourd'hui l'admiration e la planète, donnant à réfléchir à tout le monde...

"Gagnant-gagnant", c'est aussi "donnant-donnant": tandis que le Maire, comme son prédécesseur communiste, Pascal Beaudet (également présent dans l'assistance), initiateur, côté français, de la "voie chinoise" d'Aubervilliers, soulignent la présence dans la salle de représentants des plus grandes sociétés aujourd'hui implantées dans ce département "sensible",aussi département d'avenir aux très riches perspectives, comme la BNP ou ICADE (immobilier), le représentant de l'ambassade, s'exprimant de façon très franche et très directe, en mandarin, d'abord, puis en français, prend soin de refléter les préoccupations immédiates des commerçants "Wenzhou" (quatre associations dans la commune) de la cité de Charles Tillon, nombreux dans la grande salle, escortés de jeunes chinoises ravissantes: et d'abord les vols et agressions dont ils sont trop souvent victimes dans une banlieue-ghetto dévatée par l'incurie du système SARKOZY succédant au laxisme "libéral-socialiste" des précédents gouvernements de la gauche bourgeoise...

Un message ferme à l'intention des édiles, qui, comme toute la population albertvillienne, et d'abord les familles de la grande précarité d'origine africaine, noire ou maghrébine (trop souvent stigmatisées pour les exubérances de leurs enfants...) souhaitent, sans toujours s'en donner les moyens, une politique urbaine de tranquillité publique fondée sur "l'équilibre et l'harmonie" d'une fermeté bien dosée et d'une stratégie de médiation en amont comme en aval enracinée dans les écoles et les quartiers, basée sur le sens des responsabilités des habitants eux-mêmes -et d'abord des plus exposés...

"Gagnant-gagnant", "donnant-donnant": aux perspectives de développement économiques locales des plus concrètes offertes par l'association de la petite commune d'Aubervilliers avec l'immense et prestigieuse métropole chinoise de Shanghaï, et par l'investissement des dynamiques et prospères commerçants-hommes d'affaires "Wenzhou" de Seine Saint-Denis (et de toute l'Île de France), développement que seule pourra garantir une politique de "tranquillité publique" fondée sur la participation active et responsable de toute la population de la ville, dans sa diversité, s'adjoint la perspective, fortement soulignée par l'Ambassade à l'intention des commerçants chinois d'Aubervilliers, d'une plus grande implication de ces ressortissants chinois dans des activités orientées, sur place, vers le "progrès social"...

De quoi réjouir notre amie Ling Lenzi, pétillante animatrice de la soirée et, plus largement, de l'amitié franco-chinoise à Aubervilliers - où, après avoir été candidate sur la "liste d'union avec les communistes" (français) groupée autour du maire sortant Pascal Beaudet, et finalement vaincue, au deuxième tour, par l'improbable coalition du candidat socialiste, des électeurs UMP et même LePénistes, et du corbeau local, l'écrivain de romans policiers "complotiste" "Didier dénonce", la jeune femme a su orienter toute sa communauté vers une stratégie d'ouverture sans rancune, aujourd'hui couronnée de succès, en direction de Jacques Salvator, Evelyne Yonnet, Jean-François Monino et toute leur équipe...

7 novembre 2009 22h00. Jean-Paul CRUSE

- Pourquoi la Chine gagne. ICI

- Les 8 idées-force qui ont produit l'émergence d'une "société d'harmonie et d'équilibre" en CHINE: ICI

-L'Afrique Noire sur la voie chinoise: ICI

- France: quand les Chinoises entrent dans la danse des grèves"pour les papiers et pour la dignité" lancées par 5000 combattants du prolétariat d'Afrique Noire d'Île deFrance dans plus de 1000 entreprises, avec la CGT: ICI

 

Mal Logés en lutte

- Aubervilliers, 16 mai 2009 -

Pour la deuxième fois, les mères en colère du Mouvement des Mal Logées (MML), passent à l'action directe, populaire. Vrai représentant du Parti de la Misère et de la Dignité, au côté des Forces Populaires, qui l'épaulent,le MML s'impose comme interlocuteur incontournable dans la localité.

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- Aubervilliers 2006-2008, ici

- Mouvement des Mal Logés (MML): ici

- Marie-Clémence, Marie-Colère, Marie Victoire:

(Marie Clémence Sawadogo (Sidibe), citoyenne française à peau noire, née de parents maliens à Angers (Maine et Loire) en... juin 1968, chef d'équipe dans une société de nettoyage en région parisienne, mère de famille nombreuse élevant seule ses huit enfants dans un "squatt" des Francs Moisins, à Saint-Denis, aux portes d'Aubervilliers, depuis son expulsion "pour quinze jours" d'un logement insalubre de cette localité, en 2002, Présidente-fondatrice du Mouvement des Mal Logés (MML): ici

- Page "Banlieues": ici

1. 10 heures pile, sur le marché. Nazha n'est pas en retard. Le visage éclairé (ci-dessus) par son grand et fier sourire, plein de chaleur, cette veuve d'un ouvrier algérien, elle-même née au Maroc, élève avec soin sa petite fille dans un gourbi infâme, humide et malsain.

Mais le nouveau propriétaire (un boucher) prétend l'expulser, d'un jour à l'autre (elle est hébergée là sans bail)...

Cette mère de famille consciencieuse et courageuse est devenue la trésorière du Mouvement des Mal Logés (MML) d'Aubervilliers, qu'elle a fondé avec d'autres simples femmes du peuple, comme elles, abandonnées à leur sort par les partis de gauche que, pourtant, toute sa vie, Nazha a soutenus - et qui, sans même leur adresser la parole, les ont regardées défiler devant les stands de propagande du "Front de gauche" et du "Nouveau Parti Anticapitaliste" (NPA) sur le marché, en direction de l'hôtel de ville.

Aujourd'hui, comme ses compagnes de misère et de colère, Nazha arbore fièrement les symboles du MML, comme ceux des Forces Populaires (FP), avec leur beau cœur rouge surmonté d'un poing serré, brandi droit vers le ciel.

C'est à elle qu'il faut adresser - sans tarder - petits mandats, chèques ou billets, indispensables au développeent et à la survie d'un mouvement que personne ne subventionne, et dont les adhérents n'ont que des ressources très modestes.

Nazha Boumehraz, 21 passage du Chalet. 93300 Aubervilliers.

Le Mouvement des Mal Logés (MML): ici

"Marie-Colère": ici, etc:

Luttes à Aubervilliers: ici;

Les Forces Populaires: qu'est-ce que c'est? Ici

 

2. Saadia Miftah (ci-dessus, avec ses filles, elles-mêmes dans l'action, tracts en mains,autocollants sur la poitrine). - C'est le gros rat, surgi des caves de l'ancien café désaffecté que cette jeune mère marocaine habite avec ses quatre enfants depuis de trop longues années, sans eau chaude et sans douche, qui a mis le feu aux poudres. "Et maintenant, les rats!" s'indigne le MML, dans son tract tiré en 500 exemplaires -sur un demi-format, faute de moyens. Et "le rat de madame Saadia" a fait le tour d'Aubervilliers, où la nouvelle "visite" à la mairie par le Mouvement des Mal Logées, suivant une première "opération coup de poing", cet automne, rencontre un écho extraordinaire.

3. 12H30. En l'absence de "Marie-Colère", "la panthère noire" d'Auber", habituelle locomotive des actions du MML, retenue pour cause d'accouchement imminent d'un nouveau petit combattant, le moteur est un peu poussif au démarrage. Chakiba (grand foulard blanc), jeune afghane venue en France rejoindre son mari, réfugié politique, jette un œil inquiet sur sa progéniture - cinq enfants partageant avec leurs parents un studio de vingt mètres carrés, moisi, et sans chauffage, où l'équivalent d'une "douche" a été bricolé directement au-dessus des WC à la turque. Un de ses garçons souffre d'hépatite, sa petite fille est devenue asthmatique.

Dans quelques minutes, quand la machine va se mettre à chauffer, dans la mairie investie, ses deux fils aînés, jeunes collégiens aux grands yeux clairs, vont prendre la parole sans peur, au cours de la réunion avec le directeur de cabinet du maire,Mickaël Dahan, et deux élus, tous sidérés de ce qu'ils entendent et voient, et décidés, apparemment, à faire bouger les chose. On avance...

 

4. Midi. Tranquillement, la mairie est investie(ci-contre, à droite).

Du haut de son mètre quatre-vingt huit, Fehd (lycéen, 16 ans, panneau de carton portant les photos du "café aux rats" au bras gauche) joue les gardes du corps. Dissuasif. A la mairie, personne ne bouge, et les portes des bureaux restent closes. Plus tard, elles vont s'ouvrir...En attendant, paisibles, les enfants mal logés, fils et filles de Nazha, Saadia et Chakiba, s'installent dans le hall et sur les marches, et jouent...

Sur les rats de la maison de Saadia, photo ci-dessous

 

 

 

 

5. Dans le hall de la mairie, (à droite), un conseiller municipal, perplexe, écoute les explications musclées de Saadia (qui lui fait face, autocollant des Forces Populaires dansle dos). Elle ne mâche pas ses mots. La jeune Hiba (de profil) guette l'entrée, ou des gens de passage, souvent eux aussi mal logés, viennent s'intégrer au groupe, petit à petit. L'action fait boule de neige.

Un quart d'heure plus tard, c'est Jacques Salvator, le maire, qui viendra accueillir le groupe,en personne . L'automne dernier, il avait reçu de la même façon, embêté, mais pragmatque, une première "colonne d'assaut". A la médiatrice Dami Rimech (premier plan bras crosé,T-shirt orange, casquette), qui offre ses services pour une mission de bons offices, un rendez-vous avait été proposé pour le mois de janvier. Rien n'est venu, mais entre temps,deux des huit dossiers déposés par la médiatrice ont été débloqués, et deux familles, relogées. Au sein du groupe des mal logés, elles n'étaient pourtant pas celles qui vivaient les situations les plus dramatiques, les plus indignes, les plus urgentes. Pour calmer, donc, la juste colère des familles qui, évidemment, ne pouvaient que remonter au front, ce qu'elles viennent de faire, maintenant, le directeur de cabinet du maire, Mickaël Dahan, qui semble prendre les choses en main avec dynamisme, et dans un esprit constructif, a reçu tout le monde, finalement, dans une grande salle deréunionde la mairie. Mandaté par le maire, et flanqué de deux élus du conseil, il propose des critères clairs. Sur les 4000 demandeurs de logement sociaux d'Aubervilliers, seront désormais considérés comme prioritaires:

1. Les personnes vivant dans des conditions indignes, ou à la rue - ce qui devrait régler les cas de Saadia, Nazha, Chakiba - et de "Marie-Colère"

2. Les jeunes de la commune quittant le domicile de leurs parents

3. Les demandeurs de logement depuis plus de 10 ans qui ont eu la patience de renouveler leurs demandes chaque anne sans se décourager - cas de la famille Rimech...

Pour battre le fer tant qu'il est chaud, un rendez-vous avec la médiatrice est programmé ce lundi, en début de matinée (9 heures trente.) A suivre...

6. Marie-Clémence Sawadogo (Sidibe), (à g), "Marie-Colère", "la Panthère Noire d'Aubervilliers", Présidente-fondatrice du MML. Elle n'a pas pu venir participer à l'action ce samedi: enceinte de plus de huit mois, cette mère de famille nombreuse, travailleuse exemplaire, toujours menacée d'expulsion de son F5 squatté des Francs Moisins, doit accoucher dans quelques jours d'un nouveau petit combattant.