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Banlieues 2010

- Villetaneuse -

Le conflit qui s'amorce autour de l'université Paris XIII, dans la petite commune de Villetaneuse, en Seine Saint-Denis (93), sur la question de l'insécurité, et agite désormais autant le monde universitaire (des "mandarins" à la jeunesse étudiante) que le conseil municipal à majorité communiste de la localité, va-t-il prendre de l'ampleur avant l'été?

Ou attendre la prochaine rentrée?

Difficile à prévoir...

Ce qui est sûr, toutefois, c'est que, parti pour un face à face stérile et convenu entre élus se voulant porte-paroles de la "tranquillité publique", et, pour les communistes et les socialistes, meilleurs barrags contre une remontée de Le Pen (au risque d'entrer dans sa logique...), et, de l'autre côté, étudiants irénistes, angéliques, idéalistes, "antisécuritaires" par principe, ou plutôt par idéologie, baignant dans le cloaque "libéral-libertaire" importé des Etats-Unis par Libération interposé, l'antagonisme, qui n'en est pas réellement un, mais une "contradiction au sein du peuple" résoluble par la discussion et la lutte politique, si tout se passe bien, par la violence, dans l'hypothèse contraire, sera très probablement dépassé, transgressé.

De petits groupes d'étudiants "progressistes-réalistes" sont aujourd'hui conscients que, s'il y a des "victimes" de l'exclusion sociale et du racisme parmi ceux des "cités" appelés à être relégués au-delà des grilles (et en deçà des Temples Laïques de l'Education Nationale devenus forteresses fortifiés du Savoir), il y a des "victimes des victimes" aussi parmi les étudiants, et surtout les étudiantes, vivant dans la peur des intrusions, des coups, et des couteaux.

Appuyés, cela n'étonnera nullement les connaisseurs de Villetaneuse, par un élu local d'origine congolaise, rôdé aux dures réalités des combats d'Afrique Noire, contre la dictature d Mobutu, et passé par l'université de Villetaneuse avant de devenir conseiller municipal sur la liste à majorité communiste, puis discrètement sorti du Parti, mais, comme tant d'autres, pas d'un idéal aussi ancien que les luttes anti-impérialistes et le mouvement ouvrier, José Nzolani, et soutenus, cela surprendra davantage les connaisseirs superficiels du communisme dans le "93" par l'Association Départemental des Elus Communistes et républicains (ADECR), animée par l'influente et sympathique Eliane Assassi, ils commencent à réfléchir à un contre-projet global, tolérant quelques mesures de sécurité devenues incontournables mais commençant par l'augmentation des moyens humains en personnels d'accueil et de surveillance, voire, il n'y a pas de tabou, par un l'implantation d'un commissariat d'une police rééduquée en police de tranquillité publique, anti-raciste, mais dont le cœur porterait sur l'essentiel: la coupure, inadmissible, entre un établissement universitaire implanté, à gros moyens, au cœur de cités de banlieue, alors que ces quartiers souffrent avant tout de la carence, scandaleuse, en formations réellement qualifiantes adaptées au dynamisme d'une jeunesse qui ne rêve ni de "tenir les murs", ni de "deal", ni d'arrachage de sacs de petites vieilles ou d'étudiantes friquées...

Fomation permanente ouverte aux "exclus du système scolaire", à l'intérieur de la fac, ou, mieux encore, dans les quartiers eux-mêmes, , données par les enseignants, et, mieux encore, les plus avancés des étudiants, brisant ainsi les murs de l'incompréhension, de l'inégalité, de l'exclusion, de la haine et de la peur, ou réflexion sur des expériences de "révolution culturelle" à petite échelle, à la portée de tous, telles que ces ateliers d'initiation au démontage-remontage complet d'ordinateurs, tels qu'autrefois les ateliers de petite mécanique pour les moteurs de voitures ou de mobylettes, comme certaines expériences prometteuses engagées par des médiateurs adultes-relais inventifs et consciencieux l'amorcent, aujourd'hui-même, dans des collèges tout proches de Villetaneuses, à Saint-Denis, avec l'appui de vraies associations populaires innovantes et positives, réellement surgies de la base?

Logement à Villetaneuse: locataire ou SDF?

-Le premier tract apparu dans les cités sous la signature du Collectif des Citoyens de Villetaneuse (CCV)


Il serait plus que nécessaire qu'un vrai débat soit organisé dans notre villee sur ce problème en présence des habitants, des élus et des représentants des bailleurs, des organismes nationaux spécialisés sur le sujet,et des associations de consommateurs. Cette réponse nous permettrait d'avoir des réponses concrètes.

Avec un parc qui avoisinait 75%, un des taux le plus élevé de la région, aujourd'hui la commune ne compte qu'un peu moins de 60% de logements sociaux."La commune ne peut satisfaire en moyenne, et en une année, qu'une quarantaine de demandeurs de logement, essentiellement les petits logements, pour plus de 600 dossiers... » (Source: le Maire de Villetaneuse en 2010).

Parmi les demandes de logements, beaucoup concernent la décohabitation des enfants devenus majeurs.

Loin de cette préoccupation majeure des femmes et des hommes de notre ville, la municipalité n'a-t-elle pas préféré, sous prétexte d'instaurer la mixité sociale, faire de l'accompagnement de certaines mesures gouvernementales en favorisant davantage l'accès à la propriété?


N’est-ce pas toucher de façon significative aux équilibres sociologiques ?


Combien de demandeurs villetaneusiens ont-ils acheté leurs logements dans la commune?


A Villetaneuse, le parcours résidentiel est un mot creux pour la plupart des habitants : l’accès au logement est rationné, les bailleurs négligent souvent l’entretien. Les projets de l’ANRU n’ont-ils pas imposé les choix des technocrates de l’équipement?

Et les loyers comme les charges augmentent jusqu’à exclure du parc locatif de nombreuses familles.


Un autre fait déplorable, c’est celui de l’enfermement des cités populaires: Pour lutter contre la délinquance ou pour confiner la population?


Au lieu de lutter contre les causes de la délinquance, on s’attaque à ses conséquences et l’on applique une punition collective aux habitants.


Avec l’enfermement de Victor Hugo et de Grandcoing, plus d’un habitant sur 5 va se retrouver cloisonné derrière des clôtures métalliques.

Cette fameuse résidentialisation sécuritaire ne serait qu’une juxtaposition des camps retranchés dans une ville fermée qui se méfie de sa propre population.


Ces grilles métalliques qui bordent des voies semblent donner une image des cités en état de siège face à une université qui se barricade.


Quelle image cette situation humiliante donne-elle à notre ville ?

La population de notre ville n’a cessé de croître ces dernières décennies essentiellement par l’habitat social. Villetaneuse est une ville multiculturelle, 30% de la population a moins de 25 ans et la population étrangère représentait, il y a environ une dizaine d'année, près de 36% de la population totale. Aujourd'hui, il y a moins de 25%.

L’ANRU peut être une arme d’épuration sociale consistant à chasser un type de population comme les familles modestes de nos quartiers : avons-nous été élus pour changer de population ou pour changer la vie de la population telle qu’elle est ?


Nous appelons donc toutes les personnes qui ont déposé des demandes de logement à la mairie à se joindre à nous afin d'agir collectivement pour ce droit fondamental.

Tract distribué à la base, dans les quartiers, par le nouveau COLLECTIF DES CITOYENS DE VILLETANEUSE (CCV), une solide petite équipe, bien soudée, joignable au 06 40 41 15 53, collectif@villetaneuse.info www.villetaneuse.info