|
-
Villetaneuse -
Le
conflit qui s'amorce autour de l'université Paris XIII, dans
la petite commune de Villetaneuse, en Seine Saint-Denis (93), sur
la question de l'insécurité, et agite désormais
autant le monde universitaire (des "mandarins"
à la jeunesse étudiante) que le conseil municipal
à majorité communiste de la localité, va-t-il
prendre de l'ampleur avant l'été?
Ou attendre la prochaine rentrée?
Difficile à prévoir...
Ce qui
est sûr, toutefois, c'est que, parti pour un face à
face stérile et convenu entre élus se voulant porte-paroles
de la "tranquillité publique", et, pour
les communistes et les socialistes, meilleurs barrags contre une
remontée de Le Pen (au risque d'entrer dans sa logique...),
et, de l'autre côté, étudiants irénistes,
angéliques, idéalistes, "antisécuritaires"
par principe, ou plutôt par idéologie, baignant dans
le cloaque "libéral-libertaire" importé
des Etats-Unis par Libération interposé, l'antagonisme,
qui n'en est pas réellement un, mais une "contradiction
au sein du peuple" résoluble par la discussion
et la lutte politique, si tout se passe bien, par la violence, dans
l'hypothèse contraire, sera très probablement dépassé,
transgressé.
De petits
groupes d'étudiants "progressistes-réalistes"
sont aujourd'hui conscients que, s'il y a des "victimes"
de l'exclusion sociale et du racisme parmi ceux des "cités"
appelés à être relégués au-delà
des grilles (et en deçà des Temples Laïques de
l'Education Nationale devenus forteresses fortifiés du Savoir),
il y a des "victimes des victimes" aussi parmi
les étudiants, et surtout les étudiantes, vivant dans
la peur des intrusions, des coups, et des couteaux.
Appuyés, cela n'étonnera
nullement les connaisseurs de Villetaneuse, par un élu local
d'origine congolaise, rôdé aux dures réalités
des combats d'Afrique Noire, contre la dictature d Mobutu, et passé
par l'université de Villetaneuse avant de devenir conseiller
municipal sur la liste à majorité communiste, puis
discrètement sorti du Parti, mais, comme tant d'autres, pas
d'un idéal aussi ancien que les luttes anti-impérialistes
et le mouvement ouvrier, José Nzolani, et soutenus, cela
surprendra davantage les connaisseirs superficiels du communisme
dans le "93" par
l'Association Départemental des Elus Communistes et républicains
(ADECR), animée par l'influente et sympathique Eliane Assassi,
ils commencent à réfléchir à un contre-projet
global, tolérant quelques mesures de sécurité
devenues incontournables mais commençant par l'augmentation
des moyens humains en personnels d'accueil et de surveillance, voire,
il n'y a pas de tabou, par un l'implantation d'un commissariat d'une
police rééduquée en police de tranquillité
publique, anti-raciste, mais dont le cœur porterait sur
l'essentiel: la coupure, inadmissible, entre un établissement
universitaire implanté, à gros moyens, au cœur
de cités de banlieue, alors que ces quartiers souffrent avant
tout de la carence, scandaleuse, en formations réellement
qualifiantes adaptées au dynamisme d'une jeunesse qui ne
rêve ni de "tenir les murs", ni de "deal",
ni d'arrachage de sacs de petites vieilles ou d'étudiantes
friquées...
Fomation permanente ouverte aux "exclus
du système scolaire", à l'intérieur
de la fac, ou, mieux encore, dans les quartiers eux-mêmes,
, données par les enseignants, et, mieux encore, les plus
avancés des étudiants, brisant ainsi les murs de l'incompréhension,
de l'inégalité, de l'exclusion, de la haine et de
la peur, ou réflexion sur des expériences de "révolution
culturelle" à petite échelle, à la
portée de tous, telles que ces ateliers d'initiation au démontage-remontage
complet d'ordinateurs, tels qu'autrefois les ateliers de petite
mécanique pour les moteurs de voitures ou de mobylettes,
comme certaines expériences prometteuses engagées
par des médiateurs adultes-relais inventifs et consciencieux
l'amorcent, aujourd'hui-même, dans des collèges tout
proches de Villetaneuses, à Saint-Denis, avec l'appui de
vraies associations populaires innovantes et positives, réellement
surgies de la base?
|

Logement
à Villetaneuse: locataire ou SDF?
-Le
premier tract apparu dans les cités sous la signature
du Collectif des Citoyens de Villetaneuse (CCV)
Il serait plus que nécessaire qu'un vrai débat
soit organisé dans notre villee sur ce problème
en présence des habitants, des élus et des
représentants des bailleurs, des organismes nationaux
spécialisés sur le sujet,et des associations
de consommateurs. Cette réponse nous permettrait
d'avoir des réponses concrètes.
Avec un parc qui avoisinait 75%, un des
taux le plus élevé de la région,
aujourd'hui la commune ne compte qu'un peu moins
de 60% de logements sociaux."La
commune ne peut satisfaire en moyenne, et en une année,
qu'une quarantaine de demandeurs de logement, essentiellement
les petits logements, pour plus de 600 dossiers... »
(Source: le Maire de Villetaneuse en 2010).
Parmi les demandes de logements, beaucoup concernent la
décohabitation des enfants devenus majeurs.
Loin de cette préoccupation majeure
des femmes et des hommes de notre ville, la municipalité
n'a-t-elle pas préféré, sous
prétexte d'instaurer la mixité sociale,
faire de l'accompagnement de certaines mesures
gouvernementales en favorisant davantage l'accès
à la propriété?
N’est-ce pas toucher de façon significative
aux équilibres sociologiques ?
Combien de demandeurs villetaneusiens ont-ils acheté
leurs logements dans la commune?
A Villetaneuse, le parcours résidentiel
est un mot creux pour la plupart
des habitants : l’accès au logement
est rationné, les bailleurs négligent
souvent l’entretien. Les projets de l’ANRU
n’ont-ils pas imposé les choix des technocrates
de l’équipement?
Et les loyers comme les charges
augmentent jusqu’à exclure du parc locatif
de nombreuses familles.
Un autre fait déplorable, c’est celui de
l’enfermement des cités populaires: Pour lutter
contre la délinquance ou pour confiner la population?
Au lieu de lutter contre les causes de
la délinquance, on s’attaque à ses conséquences
et l’on applique une punition collective
aux habitants.
Avec l’enfermement de Victor Hugo et de Grandcoing,
plus d’un habitant sur 5 va se retrouver
cloisonné derrière des clôtures métalliques.
Cette fameuse résidentialisation sécuritaire
ne serait qu’une juxtaposition des camps
retranchés dans une ville fermée qui se méfie
de sa propre population.
Ces grilles métalliques qui bordent
des voies semblent donner une image des cités
en état de siège face à une université
qui se barricade.
Quelle image cette situation humiliante donne-elle
à notre ville ?
La population de notre ville n’a cessé
de croître ces dernières décennies
essentiellement par l’habitat social. Villetaneuse
est une ville multiculturelle,
30% de la population a moins de
25 ans et la population étrangère
représentait, il y a environ une dizaine d'année,
près de 36% de la population totale. Aujourd'hui,
il y a moins de 25%.
L’ANRU peut être une
arme d’épuration sociale consistant
à chasser un type de population comme
les familles modestes de nos quartiers : avons-nous
été élus
pour changer de population ou pour
changer la vie de la
population telle qu’elle est ?
Nous appelons donc toutes les personnes qui ont déposé
des demandes de logement à la mairie à se
joindre à nous afin d'agir collectivement pour ce
droit fondamental.
Tract distribué à
la base, dans les quartiers, par le nouveau COLLECTIF
DES CITOYENS DE VILLETANEUSE (CCV), une solide petite
équipe, bien soudée, joignable au
06 40 41 15 53, collectif@villetaneuse.info www.villetaneuse.info
|
|