- Bobigny -

Coup de théâtre dans l'affaire du vigile noyé

dans le canal de l'Ourq!

"Lorsque j'ai su que c'est des juifs, ils m'ont fait honte. Ce sont des salauds qui ont fait ça, ce sont des bandits. Ce sont des gens qui méritent d'être punis très sévèrement, on fera tout pour que ça soit fait. Il faudra qu'ils payent. Ils déshonorent notre communauté" - Invité à participer à une manifestation de protestation par nos amis musulmans de l'UAM-93, le très controversé Samy Ghozlan, ancien commissaire de police, juif, et "grand patron" des services de sécurité pro-israéliens en Île de France, y reconnaît avec courage la participation de jeunes juifs extrémistes aux horreurs commises contre le vigile marocain retrouvé noyé dans le canal de l'Ourq, Saïd Bourarach - et la dénonce très violemment, exigeant un châtiment exemplaire, et assurant publiquement la jeune veuve de toute sa solidarité, et de celle des siens!

Alors que les manifestations exigeant "la justice et la vérité", quoique encore peu fournies, se multipliaient, et faisaient l'objet d'une tentative de récupération d'antisémites "dieudonnistes" (crypto-lepenistes), se réclamant abusivement de l'islam, il faut d'abord saluer l'initiative, ô combien intelligente, de l'Union des Associations Musulmanes de Seine Saint-Denis (UAM93), co-organisatrice de certains au moins de ces rassemblements, et liée à la famille du malheureux Saïd: c'est à l'invitation de l'UAM, et sous sa protection, que l'ex-commissaire Samy Ghozlan, peu apprécié jusqu'ici, c'est le moins qu'on puisse dire, des musulmans d'Île de France et des amis de la Palestine pour ses activités de "vigilance"... anti-antisémite, souvent assimilées à la mise en place de "milices" chargées de diffuser la propagande israélienne et le virus malsain de l'islamophobie, tout en intoxicant la presse et les medias, a pu se rendre dans un des rassemblements appelées à la mémoire de Saïd et s'y exprimer en toute liberté - saisissant l'occasion avec un incontestable courage pour confirmer l'implication de jeunes fascistes juifs munis "de manivelles et de battes de base-ball" au lynchage du jeune arabe, terminé dans le canal.

Une telle invitation, et une telle réponse, ne peuvent que contribuer à désamorcer les tensions, dans un département où le tout récent remplacement par un policier du RAID du préfet Nacer Meddah, fils d'ouvrier et premier préfet d'origine maghrébine à avoir jamais été nommé en Seine Saint-Denis, où il s'était acquis le respect de tous, et l'amitié de beaucoup, pouvait faire craindre le pire.

Ces faits soulignenet qu'un être humain reste un être humain - sauf quand il s'abaisse à des actes d'horreur et de terreur d'une brutalité indigne de l'humanité tels que ceux du "gang des barbares" juif de Bobigny, digne émule du "gang des barbares" anti-juif de l'affaire Ilan Halimi; et que toute occasion pour rapprocher l'humain de l'humain, et, ici, le juif du musulman, voire l'Arabe de l'Israélien, est bonne à prendre, et doit être saluée. Avec respect.

Le tout posant tout de même quelques questions. Car, s'il faut rendre hommage, et, dans ces colonnes, ce sera une franche "rupture", à l'action de ce jour d'un Samy Ghozlan, venu sans peur et en confiance prononcer là où il le fallait les mots qu'il fallait, il n'est tout de même pas interdit de s'interroger sur le contexte des paroles, fortes et apaisantes, prononcées par un homme intelligent, de par sa profession particulièrement bien informé.

Comme si l'incontestable réalité d'une affaire présentée d'abord comme une altercation banale ayant mal tourné, puis comme un incident raciste...anti-juif (les tabasseurs du jeune vigile ayant osé prétendre, contre tout témoignage, que celui-ci les avait injuriés au regard d'une appartenance ethnique qu'à l'évidence il ignorait comme l'ignoraient à ce moment les enquêteurs...), et enfin comme une agression mystérieuse mettant en cause le (ou les) possesseurs de passeports israéliens, chose à ce jour non prouvée, comportait des éléments d'ombre, troublants, incitant les plus éminents représentants d'une "communauté" qu'on ne saurait qualifier de "communauté juive", car c'est en réalité la communauté des partisans en Île de France d'un Etat étranger, Israël, connu pour sa capacité de manœuvre, son absence radicale de scrupules, et sa particulière cruauté, à prendre spectaculairement leurs distances.

Jeudi 8 avril 2010. 13 heures. Jean-Paul CRUSE