(Suite
de l'éditorial du août)
Elle n'a, dit-elle,
"rien à gagner" au procès
de l'ex-président libérien Charles Taylor, poursuivi,
jusqu'ici sans preuves, pour son éventuelle participation
aux violences qui ont ensanglanté la Sierra Leone il
y a 13 ans.
"Je n'ai absolument aucun mobile dans cette
affaire. Je n'ai rien à gagner. Je suis une femme noire
qui a soutenu et qui soutiendra toujours les bonnes causes,
en particulier en ce qui concerne l'Afrique",
a ajouté Naomi Campbell dans un communiqué diffusé
ce 10 août 2010 par la société de relations
publiques Outside Organisation à Londres.
Il "n'est pas surprenant, commente l'agence,
que les souvenirs de certaines personnes sur ce qui s'est
passé soient vagues".
"Cela étant dit, il est clairement apparu
que les versions des événements de Naomi et
de Mia Farrow - qui porte contre elle l'accusation d'avoir
sciemment reçu des "diamants du sang",
acquis par Charles Taylor comme paiement de ventes d'armes,
sont très similaires".
"Quels que soient les souvenirs des personnes,
il est incontestable et cela a été confirmé
par tous les témoins concernés que Naomi a remis
les diamants à la première opportunité
possible pour qu'ils bénéficient à l'organisation
caritative sud-africaine".
Âgée aujourd'hui de 40 ans, et de plus en plus
belle, Naomi Campbell témoigne en ce mois d'août
pour s'expliquer sur des diamants que lui aurait offert l'ex-président
libérien en 1997, après un dîner, en Afrique
du Sud.
Les débats se déroulent devant le Tribunal
spécial pour la Sierra Leone (TSSL), une instance internationale
à la légitimité controversée
prétendant juger Charles Taylor , 62 ans, accusé
d'avoir alimenté en armes les rebelles Sierra Leonais
du FRU (Front Révolutionnaire Uni) - aujourd'hui accusés
des pires crimes de sang dans une guerre civile atroce, où
personne ne se faisait de cadeaux, en 1997.
Naomi affirme avoir
toujours ignoré qui lui avait fait porter, de nuit,
dans sa chambre d'hôtel, un petit colis contenant "deux
ou trois" diamants bruts, "des pierres
ayant un aspect sale".
Le célèbre mannequin international n'était
pas jugée à La Haye, mais "ciblée"
par une campagne de presse alimentée, à l'évidence,
par le milieu des trafiquants de diamants, tireurs de ficelles
de la guerre civile dans ce petit pays d'Afrique de l'ouest,
milieu marqué par des affrontements sans pitié
entre Israéliens, aidés par le Mossad, et Libanais
chiites ou chrétiens réputés proches
du Hezbollah
"Ces événements se sont passés
il y a treize ans, longtemps avant que les (présumées)
actions répréhensibles de Taylor ne soient connues",
soulignent, à juste titre, les proches de Naomi
Campbell.
Le Tribunal, qui avait menacé de l'incazrcérer
si elle refusait de venir témoigner,comptait sur ses
déclarations pour démontrer que Charles Taylor
ment quand il jure ne jamais avoir possédé de
diamants bruts reçus du Front révolutionnaire
uni (RUF).
Preuve, s'il en fallait,
que la jeune femme ne s'était nullement compromise
avec des personnages douteux, le dîner de septembre
1997, où Charles Taylor avait rencontré Naomi,
avait été organis par...Nelson Mandela, toujours
sceptique, semble-t-il, aujourd'hui, sur les accusations portées
a posteriori contre l'ancien président du
Liberia, qui plaide, d'ailleurs, plaide non coupable des onze
crimes, notamment des meurtres, des viols et d'enrôlement
d'enfants-soldats, dont on lui impute la responsabilité
au cours de la guerre civile en Sierra Leone, pays voisin
du sien, qui a fait 120.000 morts. |