Cités

2006

2007

2009

2010

-En plein Paris (XIX ème)-

UNE COLONIE DE RATS NOIRS ENVAHIT LA CITE CURIAL. QUE FAIT DELANOË? Il pédale sur son "Vélib" devant les photographes "people"

 

"La cité devient une véritable déchetterie! On nous fait vivre, des rats sous nos fenêtres!"

Depuis quatre mois, date de la "rénovation" du jardin de la cité, dans l'allée centrale débouchant rue de Crimée, le soir, "des milliers de gros rats noirs font régner la terreur", selon Le Parisien, qui révèle l'affaire, ce 5 janvier 2008, photos à l'appui.

"Au début, ils se cachaient, maintenant, ils sont partout", souligne Carole, jeune mère d'un enfant de 3 ans qu'elle serre craintivement dans ses bras. "Jusque sur les murets, à hauteur d'enfant, c'est très dangereux."

"Au bout de l'allée, baguette à la main, ASSIA (18 ans) s'élance en hurlant, et non sans effectuer quelques sauts de cabri. Les rats courent à ses pieds. Le regard incrédule, sa voisine Kadidia ne comprend pas: "On ne peut même plus laisser les enfants jouer au bas de l'immeuble. C'est dingue!"

L'OPAC (HLM de Paris) a été alerté plusieurs fois. Plus occupé à "peigner", dans l'urgence du dernier dossier de favoritisme en date, celui de BOLUFER, le scandale des grands "HLM" de luxe à bas prix loués à des hommes politiques de droite comme de gauche, la nouvelle bourgeoisie rose, coupée du peuple, qui gère Paris, va t-elle "laisser pourrir la situation jusqu'à ce qu'un incident survienne", se demande la jeune Carole?

Ou bien, comme on doit l'espérer, les jeunes de cette grande cité stigmatisée comme "sensible", vont-ils eux-mêmes prendre leur avenir en main, et la sécurité des hommes des femmes, et des enfants touchés dans leur santé et aussi leur dignité: en organisant, par exemple, une vaste "battue aux rats", avant d'aller brûler leurs monceaux de cadavres devant lHôtel de Ville? Ou toute autre action du même genre, débattue à la base, dans le quartier - avec la participation des associations et des partis se réclamant du "peuple", y compris le peuple multicolore, plein de dignité, de vie, et d'idées, de la Cité?

A suivre

Jean-Paul CRUSE

Pour une nouvelle police de tranquillité publique, "la Seine-Saint-Denis (93) doit être un laboratoire d'excellence"

- Une pierre de Michelle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, gaulliste, dans le jardin de SARKO-LA-RACAILLE...

- Et, à l'approche des municipales, un défi aux communistes, comme aux socialistes, qui veulent leur piquer la place sans dire ce qu'ils vont faire de mieux! "Demain, on rase gratis!"

- Car les municipales de mars 2008 se joueront autant sur le pouvoir d'achat (CLIC ICI) que sur une conception moderne, imaginative, populaire, et citoyenne, de la tranquillité publique. - Et donc dans un débt concret, nourri de propositions concrètes, sur la lutte contre la délinquance.

Ce débat doit s'inscrire dans une culture républicaine de défense de la "sûreté" du citoyen vontre le "vol à la dépouille", la violence aveugle, le racket scolaire et le trafic de drogue au pied des HLM ou aux portes des collèges...

La "sûreté" publique, valeur révolutionnaire issue de la Grande Révolution Française de 1789-1793, à l'origine du communisme dans le monde avec la "Conspiration des Egaux" de Babeuf, saluée par Marx lui-même...

 

"En Seine-Saint-Denis, les taux de criminalité et de délinquance sont élevés, mais en même temps on sent une vraie envie de progresser, une créativité et un potentiel énormes", déclare M.A.M. dans Le Parisien ce matin, lundi 14 janvier. "Pour cela, il faut assurer la sécurité, qui ne relève pas uniquement de la police. C'est une chaîne à laquelle participent les élus locaux, la justice, l'Education Nationale, les associations...Tous doivent travailler ensemble, mais chacun dans son rôle."

"A partir de l'exemple du 93, je compte trouver des solutions originales pour les départements qui connaissent les mêmes problèmes. La Seine-Saint-Denis doit être le laboratoire d'excellence de la police moderne. Une police qui bénéficie des moyens les plus novateurs, mais qui connaît aussi parfaitement son environnement, ses habitants, ses commerçants (...)Je ne veux pas d'une fausse proximité,ou d'une mission ambigue, ni d'une police qui joue le rôle des associations.Je veux une police qui soit proche des gens.

Les policiers doivent avant tout assurer leur mission: protéger les citoyens contre les délinquants et lutter contre les trafics.

Mon plan prévoit des équipes localisées sur un secteur, formées à l'activité en terrain difficile, assurant une présence permanente, active, visible et dissuasive.

- Cela suffira-t-il à rétablir la confiance entre la police et la population?

- "Je veux créer un véritable pacte de confiance entre la police et la population.(Cela exige un comportement exemplaire des policiers, et impose aussi de mieux expliquer leur action. La police ne fait pas la loi, son rôle, c'est de la faire respecter.(...)Je trouve anormal q'il n'y ait pas davantage d'officiers et de commissaires de police issus des quartiers.Un partenariat avec l'Education Nationale permettra de mieux faire connaître ces métiers. (...)De nombreux jeunes policiers affectés en Seine-Saint-Denis veulent partir dès que leur ancienneté le leur permet pour rejoindre leur région d'origine. Je veux aller vers un concours régionalisé. Ainsi, les candidats postuleront pour la région parisienne, et auront vocation à y rester huit, dix ans. Ils auront naturellement des contreparties. Leur encadrement sera renforcé par des policiers d'expérience. (...)En travaillant dans des quartiers difficiles, les policiers avquièrent une qualification particulière qui doit être reconnue. Je pense par exemple à des promotions plus rapides. Nous mettons aussi en place des mesures, en liaison avec les communes, pour faciliter leur vie quotidienne:logement, garde d'enfants...Avec ces mesures, la Seine-Saint-Denis disposera de policiers plus expérimentés au comportement exemplaire, et d'une police vraiment proche des habitants" (Entretien avec Damien Delseny et Carole Sterlé, du PARISIEN).

La "police de quartier" façon Alliot-Marie

- Une réaction embarrassée de l'Humanité, traduisant la difficulté à penser la "sûreté publique", et la rupture avec l'ancienne tradition communiste, comme la coupure avec les couches profondes du peuple de France, d'un PCF écartelé entre l'angélisme laxiste "libéral-libertaire" (anarcho-capitaliste) issu de l'hégémonie "bo-bo" de la bourgeoisie rose des socialistes des Beaux Quartiers, et la crainte de basculer dans le tout-répressif, dans une alliance non dite avec le FACHO-SARKOZYSME, qui guette aussi les socialistes...

"Le "docteur Alliot-Marie" au chevet du 93? (...)Partisan déclaré de la "police de proximité", l'UNSA-police est franchement déçue. "Ce n'est pas en créant encore des unités spécialisées avec dix fonctionnaires que l'on va régler les problèmes de fond." (...) Il y aura de nombreuses autres annonces, argue-t-on au ministère (...)

(L'Huma, 14 janvier - Laurent Mouloud)

 

 

 

La situation, donc, est sérieuse. Mais rien n'est perdu...

Ce 25 octobre, la marche organisée par l'association AC lefeu ("Assez! Le feu!..." - Association Collectif Liberté Egalité Fraternité Ensemble Unis), née à Clichy-sous-Bois (93) en plein cœur de la rébellion des jeunes de l'an dernier, s'est parfaitement déroulée. Avec une participation plus qu'honorable - plusieurs centaines de jeunes, garçons et filles venus du cœur des banlieues les plus populaires de Seine-Sant-Denis...Et le tout, c'est une performance, sans l'ombre d'un dérapage, d'un incident...

Stigmatisés, plus que tous autres, dans une certaine presse comme "casseurs incontrôlables", de nombreux jeunes noirs y donnaient, dans la plus parfaite bonne humeur - et dans le plus parfait respect de l'"ordre républicain" - un peu de leur dynamisme à cette "délégation de masse"...

Du coup, les "cahiers de doléances", recueillis, dans une référence explicite à la "Révolution française de 1789", à ses "Etat Généraux", et à ses "Sans Culottes", dans tout le pays, par les jeunes de Clichy-sous-Bois et du secteur, partis à la rencontre de la FRANCE PROFONDE dans une démarche d'ouverture et de dialogue, ont pu être remis dans la sérénité à l'Assemblée. 20 000 témoignages écrits, 20 000 "désirs d'avenir", concrets et positifs...

Dans l'esprit et dans la méthode en tout cas, sinon dans l'effet de masse, c'est donc à une vraie démonstration de LA FORCE TRANQUILLE DE LA BANLIEUE VIVANTE - FRANCAISE ET FIERE DE L'ETRE, DANS SA DIVERSITE, dans le châtoiement de ses couleurs et de ses sourires - et sur l'air de la Marseillaise - que nous avons pu assister... Un événement porteur d'espoir - sur lequel Le Monde Réel reviendra, en profondeur, en détail, et en images, dans ces colonnes, dans les tous prochains jours...

"On aime la France, et on veut faire vivre sa devise: "LIBERTE- EGALITE-FRATERNITE"...- Nous y ajoutons "ENSEMBLE, ET UNIS, CAR C'EST LE PEUPLE QUI FAIT LA FRANCE", disent les deux piliers de l'association - un animateur sportif de Clichy-Sous-Bois, Samir Mihi, et un éducateur de prévention, Mohamed Mechmache.

RESPECT.

Libération - en pleine renaissance, malgré ses difficultés financières, depuis que le journal de l'après 68 a su, par la grève, se libérer...du potentat dépassé, Serge July - avait rendu compte de la démarche d'AC lefeu! et des jeunes rebelles tranquilles de Clichy, fidèles au souvenir de Bouna et Zyad, leurs deux copains morts tragiquement dans le transformateur EDF, dans un numéro magnifique, publié le 16 octobre dernier.

 

Le dossier qui s'ouvre ici s'appuie notamment sur ces extraits. Mais aussi, et surtout, sur les meilleurs textes "banlieue" publiées sur le "blog" Imbongi, à l'occasion des événements, et les mois suivants. - Avec, notamment, mais pas seulement, le fameux éditorial:"Sarko!...Racaille toi-même !"

SOMMAIRE DU DOSSIER BANLIEUE

- Au menu:

- Dernière minute: après le drame de Marseille, les délires de haine de l'extrémiste intégriste Philippe de Villiers. "Comme les "émigrés" de la noblesse en fuite de 1793, qu'il aime la France, ou qu'il la quitte!"

- AC lefeu Clichy remet ses "cahiers de doléances" à l'Assemblée nationale.

-reportage photo LMR

- les "cahiers de doléances"

- "Banlieues en flammes: les chiffres qui tuent!"

- Le professeur du CNAM, Michel Godet, a mis au point une méthode permettant de calculer le nombre, impressionnant, d'élèves qui sortent, exclus, du système scolaire, sans formation digne de ce nom, et vont nourrir les "gros bataillons" du chômage. Ils viennent tous des quartiers populaires; et les violences qu'on leur reproche, notamment, les incendies d'écoles et de collège, traduisent leur humiliation, leur désarroi, leur désespoir et leur révolte...

- Suivi de: "De la misère en milieu étudiant..." Plusieurs dizaines de milliers de jeunes filles, inscrites en fac, se prostituent

-Kaouthar 93: portrait d'une "nouvelle militante" issue du "mouvement des banlieues, une mère de famille musulmane de gauche, électrice communiste, amie de la Palestine - issue de la "révolte contre la faim" des lycéens et de tout le peuple de Casablanca, au Maroc, sous Hassan II, en 1981...

- SarkoRacaille, Victor Hugo, Azouz Begag, Finki-la haine (le philosophe raciste anti-jeunes Alain Finkielkraut), l'affaire Ilan Halimi (la vérité)... Et "Les braises de l'espoir" (la banlieue de base qui se réveille, qui se prend la main, et qui bouge...)

 

-

 

 

- MEZZOGIORNO (ITALIE DU SUD) -

Bus brûlés: racket

NAPLES: "Le gouvernement italien s'apprête à faire intervenir un millier de carabiniers et de policiers en renfort pour faire face à une recrudescence de la violence (...), à l'origine de la mort de 12 personnes en 10 jours (...), portant à 72 le nombre de morts violentes enregistrées depuis le début de l'année dans la cité (...) La plupart sont le résultat de réglements de compte entre clans rivaux de la Camorra, la Mafia locale, mais pas seulement: des touristes, un enfant, de simples passants sont au nombre des victimes depuis cet été. (...) Plusieurs meurtres récents ont été le fait de délinquants mineurs ou de commerçants armés, agissant en légitime défense. Face à ce que le Vatican appelle "un climat de mort qui opprime la ville",(...) de nombreux responsables ont souhaité voir le gouvernement faire appel à l'armée. "Envoyons Les troupes spéciales retirées du Kosovo, de l'Irak et de l'Afghanistan, car, désormais, un barrage de contrôle à naples peut être aussi dangereux qu'un check point à Bagdad", a déclaré le sénateur Calderoli, dirigeant du parti populiste La Ligue du Nord. (...)

Naples n'est pas un cas unique."La question de la criminalité concerne tout le Mezzogiorno", a précisé le chef de gouvernement, Romano Prodi (gauche NDLR/LMR)). Un jeune espoir du football a été tué en pleine rue, lundi, à Bari (Pouilles). Il était le neveu d'un "boss" local. La petite ville de Lamezia Terme (Calabre) a connu 15 attentats dans la dernière semaine - entreprises, automobiles et autobus brûlés - sans doute liés à un racket."

Article de JJ Bozonnet (extraits choisis)

Le Monde 2 novembre 2008

 

"Les révoltes, pas les émeutes!... Emeutes, ça stigmatise les banlieues!... Quand les agriculteurs cassent des préfectures, on dit qu'ils sont en colère, pas que ce sont des émeutiers!

Samir Mihi, Mohamed Mechmache (AC lefeu)


Banlieues en flammes:

les chiffres qui tuent!


" Le chômage des jeunes est d'abord un problème d'échec scolaire ", écrit Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), homme cultivé et esprit libre, quelquefois déroutant, souvent iconoclaste, auteur de " Le Choc de 2006 ", Odile Jacob, Nouvelle Édition poche, 2006, dans les colonnes du Figaro, ce 19 janvier 2006.


En 2004, souligne cet authentique professionnel, « 50 000 jeunes, soit 7% des sortants de formation initiale, ont quitté l'école sans qualification, c'est-à-dire sans avoir atteint au moins une classe terminale de CAP ou BEP, ou une seconde générale et technologique..". C'est en tout cas ce qu'indique, révèle Godet, un document on ne peut plus officiel, le rapport du ministère de l'Éducation nationale sur l'état de l'école de 2004.


" En ajoutant
, poursuit l'expert du CNAM, ceux qui possèdent au mieux le brevet, on atteint le total de 150 000 ".

Ce sont donc au total 20% des élèves " sortants de formation initiale " qui se trouvent "dépourvus de diplôme de second cycle : CAP, BEP ou baccalauréat. »

Or, ces jeunes gens, scolarisés quelques années, mais non qualifiés, " sont majoritairement issus des milieux populaires ", et deviennent" " les principales victimes du chômage avec des taux de 30% à 50% suivant les catégories concernées (sans diplôme, origines sociales, situations familiales, lieux de résidence ou nationalité des parents).


" Selon le même rapport, il n'y a qu'un tiers des élèves qui, à l'entrée en sixième, « ont des performances qui permettent de considérer qu'ils maîtrisent de façon satisfaisante toutes les compétences ». Ceux-là, remarque Michel Godet, réussiront dans les études supérieures les plus valorisantes. "


- Selon une enquête du CEREQ (Centre d'Etudes et de Recherches sur les Qualifications) 37% des jeunes, au total, finissent leurs études avec un diplôme d'enseignement supérieur " (à peine plus d'un sur trois) " dont 17% au niveau bac + 2 ". (Enquête sur les sorties du système éducatif de la génération 2001).


Or, " le taux de chômage des " bacs plus 2 " est de 8%. Anormalement, il est inférieur d'un point à celui des bac + 4 et bac + 6. " Cette différence, croissante avec le temps ( l'écart est maintenant de plus de deux points) explique en partie la désaffection pour l'enseignement supérieur long. "


Reste donc tout juste "une bonne moitié d'élèves qui « ont des compétences mal assurées donc fragiles, mais devraient pouvoir profiter du collège.
(...) " Ceux-là savent lire, écrire et compter et s'en sortiront. 45% des sortants de la génération 2001 étaient diplômés du secondaire. Dans cette catégorie, le taux de chômage se situe entre 11% et 14%.

CONCLUSION


" Le taux de chômage élevé (20%) des moins de 25 ans provient des 15 à 20% de jeunes qui vivent l'école comme un lieu d'échec et d'exclusion. Près de 40% de ces jeunes, qui sortent de l'école sans acquis minimal, sont au chômage !"


" La lutte contre le chômage des jeunes devrait commencer par tarir sa source : l'échec scolaire et l'incapacité de notre société à transmettre les savoirs, les valeurs et les comportements élémentaires indispensables pour l'autonomie, l'épanouissement mais aussi la sociabilité et l'employabilité des individus.


" Il y a moins de jeunes sans diplôme qu'auparavant. Mais, dans notre société moderne : moins un diplôme vaut, plus il est nécessaire de l'avoir. C'est dire que le sort des plus démunis de parchemin est sans doute plus critique aujourd'hui qu'hier."

D'après le rapport sur l'état de l'école : « Cela est particulièrement vrai pour les 15% d'élèves de CM2 qui maîtrisent mal les compétences en compréhension écrite et orale qui seraient nécessaires pour l'entrée en sixième. »


Et CONCLUSION DE LA CONCLUSION:


" Leur rejet par l'école les met au ban de la jeunesse et la bande de la rue devient la principale école de vie. Ces mêmes jeunes sont difficilement employables par les entreprises, qui n'ont pas vocation à remplacer les éducateurs."

"La brutalité de notre système d'exclusion, par l'échec scolaire, est en partie responsable de la violence exprimée par certains jeunes à l'école. Ils ne font que projeter à l'extérieur ce qu'ils subissent dans leur for intérieur. Comment ne pas se sentir exclu quand, entrant au collège, on ne comprend rien de ce qui se dit dans une langue et des références que l'on ne connaît pas ? "


- On ne lit jamais assez Le Figaro.
C'est dans les colonnes de ce quotidien conservateur, penchant pour la fraction atlantiste et "libérale" du capitalisme français, qu'on pouvait méditer, ce 19 janvier, cette, analyse la plus précise, la plus argumentée, et la plus percutante des événements qui ont électrisé nos banlieues, et la France toute entière, en novembre dernier.

Crise ethnique, crise "raciale", crise sociale?La question n'a pas seulement divisé la gauche comme la droite, opposant Sarkozy-Finkielkraut à Villepin-Chirac, elle a failli faire exploser les RG... Où les tenants d'une conception républicaine, factuelle, non partisane, de leur métier, ont joint leurs forces avec les survivants des réseaux gaullistes issus de la " France Libre " pour refuser toute analyse et toute gestion raciste de la crise.

- Logique de spirale dépressive, logique post-coloniale, logique de classe...

COMMENT CASSER CET ENGRENAGE? - Par l'appel aux énergies des élèves, et de leurs parents, de la fraction consciente des profs, des directeurs d'école, par la mobilisation directe des principaux intéressés.

Elle est possible!


L'Education Nationale, institution républicaine de base, socle du pacte social, aujourd'hui au bord de la rupture, et de la faillite totale, constitue, politiquement, un fief de la " gauche " dite "réformiste" (PC, PS). Ainsi que de l'extrême-gauche dite "révolutionnaire". Et des "Verts"...


Même après l'embrasement des banlieues, et l'émotion qu'il a suscité, on y voit pourtant bien peu d'initiatives concrètes visant à renverser la tendance. Et à rétablir la confiance entre les jeunes, et leurs familles, d'un côté, l'école, et donc l'avenir, par la culture, la formation, la confiance et le travail, de l'autre.

Comme si la gauche des possesseurs et des gérants du savoir, en général, et du savoir politique, restait tétanisée... Coupée du peuple, et dans la peur du peuple...- Beaucoup de bavardages, en revanche, de motions, de colloques, de conférences...Le bla-bla-bla irresponsable de la politique déclamatoire...


Ce constat ne fait que rendre plus précieux, plus méritoires, les efforts faits ici et là pour retisser des liens sociaux, concrets, réels et constructifs, au quotidien...Entre familles populaires, jeunes en mal d'école, au seuil de la rupture, et personnels de l'Education Nationale - des enseignants aux agents de service...


De telles pratiques émergent en Seine-Saint-Denis, dans les communes où l'ancien mouvement ouvrier n'a pas encore complètement perdu pied, et ose s'ouvrir aux forces nouvelles, issues de l'immigration maghrebine, musulmane et africaine, qui s'engagent, et commencent à prendre les problèmes à bras-le-corps, à la racine. prenant le relais de la " Vieille Gauche ", en bout de course. Autour d'activités comme le soutien scolaire aux gamins en difficulté, les cours en langues d'origine, et donc de culture d'origine, et donc d'histoire et de philosophie basique de l'existence, pour les jeunes rebelles en quête d'identité, les cours de mise à niveau en français pour les parents déboussolés, les " maisons des parents ", et toutes les formes imaginables de coopération concrètes entre les gens, se forge une nouvelle conscience civique, sociale et politique, riche de promesses pour l'avenir.


Si les politiciens professionnels, de droite ou de gauche (et d'extrême-gauche...), inquiets de leur monopole lui aussi plus que branlant, n'étouffent pas ces petites flammes d'espoir, et ne parviennent pas non plus à récupérer, en les stérilisant, ces nouvelles pratiques politiques de terrain, au contact direct du peuple " de la diversité" et de la jeunesse rebelle, qui renouent avec les traditions prolétariennes des temps anciens, une grande espérance peut se lever.
Croisons les doigts.

(Imbongi 19 janvier 2006)

"DE LA MISERE

EN

MILIEU

ETUDIANT"

Plusieurs dizaines de milliers de jeunes filles, inscrites en faculté, se prostituent...

C'est une brochure des derniers héritiers des surréalistes, publiée peu avant mai 1968, qui portait ce titre romantique et littéraire: "De la misère en milieu étudiant..." Dans une superbe langue, les équipiers du très grand écrivain français Guy Debord y décrivaient une "misère" d'abord culturelle, intellectuelle, sexuelle...C'était l'époque, lointaine, où la population des facs se composait, essentiellement, de fils et de filles des couches aisées de la population - où allait pourtant se lever, contre l'impérialisme, et la guerre du Vietnam, une armée de rebelles et de barricadiers...

L'eau a coulé, depuis, sous les ponts de la Seine...Aujourd'hui - incontestable progrès, arraché de haute lutte, et démocratisation de la société, relative, sans doute, mais bien réelle...- ce sont des "cités" de banlieue, souvent aux portes des facs, comme à Saint-Denis, Nanterre, ou Villetaneuse, pour ne parler que de l'Ile de France,que viennent une masse d'étudiants...Avec certains effets politiques: puisque aujourd'hui, comme s'en plaignait un jour, devant nous, un avocat fasciste parisien, père d'un jeune extrémiste juif, "même à Assas, le Betar ne peut plus tenir de panneaux, dans les facs...Avec le télephone portable, les mecs appellent leurs frères, dans les "técis", ou leurs copains...En un quart d'heure, ils sont là, par dizaines...Et nous sommes balayés, "krav-maga" (le sport de combat des commandos israéliens) ou pas, rien à faire..."

Mais démocratisation des étude supérieures et... prolétarisation des étudiants vont trop souvent de pair. Ce sont des cohortes de jeunes gens et de jeunes filles, dynamiques et avides de savoir, mais complètement désargentés que reçoivent désormais les facs...

Selon le syndicat "SUD étudiants", cité par le Figaro, ce 30 octobre, ce sont environ 40 000 inscrits en fac, "1 sur 57", donc, statistiquement (des filles, pour la plupart) qui se prostituent pour payer leurs études...Misère économique, intellectuelle, culturelle...et sexuelle...L'ancêtre situationniste doit s'en retourner - sarcastique...- dans sa tombe...

Selon une source peut-être (encore) plus objective que SUD, également citée dans le même journal, l'Observatoire de la Vie Etudiante (O.V.E.), "c'est vrai que le phénomène existe...". Plus de 45 000 étudiants vivent en effet "dans une situation de très grande pauvreté". Tandis que 225 000 "peinent à financer leurs études...". Ce qui ne les amène évidemment pas tous (toutes) à "tapiner" - ou, plus souvent, à "michetonner", à droite, à gauche, de façon plus ou moins constante, directe ou indirecte, sur internet, ou de "salon de massage" en "peep show", puisque, selon les policiers spécialisés, peu d'étudiantes prostituées font, au sens strict, "le trottoir"...

Ce constat est terrible. Mais il est vrai, aussi, selon une étude de la très sérieuse Kingston University, de Londres, que le phénomène, sensible dans les pays économiquement dominés du "grand sud" - où le terme "prostitution" n'a, au fond, pas le même sens qu'ici - est en plein essor aussi dans les "pays développés", les puissances dominantes, du Royaume Uni au Japon - sans parler de l'Europe de l'est...

Une approche "économiste" (archéo-marxiste) du problème serait insuffisante. Partout, les "métiers" de "travailleurs du sexe" se sont développés, et, dès lors, diversifiés. Tout esprit curieux sait qu'il existe aussi de jeunes femmes, éventuellement, à l'occasion, étudiantes, qui vivent de leur corps sans honte et sans tabou, sans y être poussées par la contrainte du portefeuille, comme "job d'été" ou "de jeunesse"...Qui font "comme ça leur chante..." Avant de décider de continuer "comme ça" ("en marge"), de tenter de fairecarrière "dans le cul", de trouver un mari ou un ami aisé, ou de changer de vie...

JPC

 

"Beaucoup de jeunes adolescents habitant dans un quartier difficile se font battre par des agents de police.Ces jeunes aimeraient de bons contacts avec les forces de l'ordre. Et ils aimeraient pouvoir marcher dans leur cité sans se faire contrôler par la police sans aucun motif valable".

Besançon.

 

(Cahiers de doléances AC lefeu).

 

" Je trouve que les media sont responsables des amalgames entre islam et terrorisme, et du racisme...Car ils jouent avec les mots, les images, et manipulent le peuple, ou ceux qui ne se posent pas de questions.

 

A l'heure actuelle, ma révolte est dirigée en priorité contre les media."

Femme de 25 ans

Mont-de-Marsan

(Cahier de doléances AC lefeu)

 

"Les policiers ne sont pas dans les normes de contrôle. Le langage est incorrect. Propos raciales (sic), ils jouent avec les mots. Traités comme des imargumènes (resic)"

Femme de 40 ans

Aulnay-sous-Bois (93)

- CAHIERS DE DOLEANCES (AC lefeu)