Cités
2006
2007
2009
2010 |
-En plein Paris (XIX ème)-
UNE COLONIE DE RATS
NOIRS ENVAHIT LA CITE CURIAL.
QUE FAIT DELANOË? Il pédale
sur son "Vélib" devant les photographes "people"
|
|
"La cité devient une véritable déchetterie!
On nous fait vivre, des rats sous nos fenêtres!"
Depuis quatre mois, date de la "rénovation"
du jardin de la cité, dans l'allée centrale débouchant
rue de Crimée, le soir, "des milliers de gros rats
noirs font régner la terreur", selon Le Parisien,
qui révèle l'affaire, ce 5 janvier 2008, photos à
l'appui.
"Au début, ils se cachaient, maintenant,
ils sont partout", souligne Carole, jeune mère
d'un enfant de 3 ans qu'elle serre craintivement dans ses bras.
"Jusque sur les murets, à hauteur d'enfant, c'est
très dangereux."
"Au bout de l'allée, baguette à
la main, ASSIA (18 ans) s'élance en hurlant, et non sans
effectuer quelques sauts de cabri. Les rats courent à ses
pieds. Le regard incrédule, sa voisine Kadidia ne comprend
pas: "On ne peut même plus laisser les enfants jouer
au bas de l'immeuble. C'est dingue!"
L'OPAC (HLM de Paris) a été alerté
plusieurs fois. Plus occupé à "peigner",
dans l'urgence du dernier dossier de favoritisme en date, celui
de BOLUFER, le scandale des grands "HLM" de luxe
à bas prix loués à des hommes politiques de
droite comme de gauche, la nouvelle bourgeoisie rose, coupée
du peuple, qui gère Paris, va t-elle "laisser pourrir
la situation jusqu'à ce qu'un incident survienne", se
demande la jeune Carole?
Ou bien, comme on doit l'espérer, les jeunes de
cette grande cité stigmatisée comme "sensible",
vont-ils eux-mêmes prendre leur avenir en main, et la sécurité
des hommes des femmes, et des enfants touchés dans leur santé
et aussi leur dignité: en organisant, par exemple, une vaste
"battue aux rats", avant d'aller brûler
leurs monceaux de cadavres devant lHôtel de Ville? Ou toute
autre action du même genre, débattue à la base,
dans le quartier - avec la participation des associations et des
partis se réclamant du "peuple", y compris
le peuple multicolore, plein de dignité, de vie, et d'idées,
de la Cité?
A suivre
Jean-Paul CRUSE |
Pour
une nouvelle police de tranquillité publique, "la
Seine-Saint-Denis (93) doit être un laboratoire d'excellence" |
- Une
pierre de Michelle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur,
gaulliste, dans le jardin de SARKO-LA-RACAILLE...
- Et,
à l'approche des municipales, un défi aux
communistes, comme aux socialistes, qui veulent leur piquer
la place sans dire ce qu'ils vont faire de mieux! "Demain,
on rase gratis!"
- Car
les municipales de mars 2008 se joueront autant sur le
pouvoir d'achat (CLIC ICI) que sur une conception moderne,
imaginative, populaire, et citoyenne, de
la tranquillité publique. - Et donc dans un
débt concret, nourri de propositions concrètes,
sur la lutte contre la délinquance.
Ce débat
doit s'inscrire dans une culture républicaine de
défense de la "sûreté"
du citoyen vontre le "vol à la dépouille",
la violence aveugle, le racket scolaire et le trafic de
drogue au pied des HLM ou aux portes des collèges...
La "sûreté" publique, valeur
révolutionnaire issue de la Grande Révolution
Française de 1789-1793, à l'origine du communisme
dans le monde avec la "Conspiration des Egaux"
de Babeuf, saluée par Marx lui-même...
|
"En Seine-Saint-Denis, les taux
de criminalité et de délinquance sont
élevés, mais en même temps on
sent une vraie envie de progresser, une créativité
et un potentiel énormes",
déclare M.A.M. dans Le Parisien ce matin, lundi
14 janvier. "Pour cela, il faut assurer la
sécurité, qui ne relève pas uniquement
de la police. C'est une chaîne à laquelle
participent les élus locaux, la justice, l'Education
Nationale, les associations...Tous doivent travailler
ensemble, mais chacun dans son rôle."
"A partir de l'exemple du 93, je
compte trouver des solutions originales pour les départements
qui connaissent les mêmes problèmes.
La Seine-Saint-Denis doit être le laboratoire
d'excellence de la police moderne. Une police
qui bénéficie des moyens les plus novateurs,
mais qui connaît aussi parfaitement son environnement,
ses habitants, ses commerçants (...)Je
ne veux pas d'une fausse proximité,ou d'une
mission ambigue, ni d'une police qui joue le rôle
des associations.Je veux une police qui soit proche
des gens.
Les policiers doivent avant tout assurer leur
mission: protéger les citoyens contre les délinquants
et lutter contre les trafics.
Mon plan prévoit des équipes
localisées sur un secteur, formées à
l'activité en terrain difficile, assurant une
présence permanente, active, visible
et dissuasive.
- Cela suffira-t-il à rétablir
la confiance entre la police et la population?
- "Je veux créer un véritable
pacte de confiance entre la police et la population.(Cela
exige un comportement exemplaire des policiers, et
impose aussi de mieux expliquer leur action. La police
ne fait pas la loi, son rôle, c'est de la faire
respecter.(...)Je trouve anormal q'il n'y ait pas
davantage d'officiers et de commissaires de police
issus des quartiers.Un partenariat avec l'Education
Nationale permettra de mieux faire connaître
ces métiers. (...)De nombreux jeunes policiers
affectés en Seine-Saint-Denis veulent partir
dès que leur ancienneté le leur permet
pour rejoindre leur région d'origine. Je veux
aller vers un concours régionalisé.
Ainsi, les candidats postuleront pour la région
parisienne, et auront vocation à y rester huit,
dix ans. Ils auront naturellement des contreparties.
Leur encadrement sera renforcé par des policiers
d'expérience. (...)En travaillant dans des
quartiers difficiles, les policiers avquièrent
une qualification particulière qui doit être
reconnue. Je pense par exemple à des promotions
plus rapides. Nous mettons aussi en place des mesures,
en liaison avec les communes, pour faciliter leur
vie quotidienne:logement, garde d'enfants...Avec
ces mesures, la Seine-Saint-Denis disposera de policiers
plus expérimentés au comportement exemplaire,
et d'une police vraiment proche des habitants"
(Entretien avec Damien Delseny
et Carole Sterlé, du PARISIEN). |
| La
"police de quartier" façon Alliot-Marie
-
Une réaction embarrassée de l'Humanité,
traduisant
la difficulté à penser la "sûreté
publique", et la rupture avec l'ancienne
tradition communiste, comme la coupure avec les couches
profondes du peuple de France, d'un
PCF écartelé entre l'angélisme
laxiste "libéral-libertaire"
(anarcho-capitaliste) issu de l'hégémonie
"bo-bo" de la bourgeoisie rose
des socialistes des Beaux Quartiers, et la crainte
de basculer dans le tout-répressif, dans une
alliance non dite avec le FACHO-SARKOZYSME, qui guette
aussi les socialistes...
"Le
"docteur Alliot-Marie" au chevet
du 93? (...)Partisan déclaré de la "police
de proximité", l'UNSA-police est franchement
déçue. "Ce n'est pas en créant
encore des unités spécialisées
avec dix fonctionnaires que l'on va régler
les problèmes de fond." (...) Il y
aura de nombreuses autres annonces, argue-t-on au
ministère (...)
(L'Huma,
14 janvier - Laurent Mouloud)
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La
situation, donc, est sérieuse. Mais rien n'est perdu...
Ce 25 octobre, la marche organisée
par l'association AC lefeu ("Assez!
Le feu!..." - Association Collectif Liberté Egalité
Fraternité Ensemble Unis), née
à Clichy-sous-Bois (93) en plein cœur de la rébellion
des jeunes de l'an dernier, s'est parfaitement déroulée.
Avec une participation plus qu'honorable - plusieurs centaines de
jeunes, garçons et filles venus du cœur des banlieues
les plus populaires de Seine-Sant-Denis...Et le tout, c'est une
performance, sans l'ombre d'un dérapage, d'un incident...
Stigmatisés,
plus que tous autres, dans une certaine presse comme "casseurs
incontrôlables", de nombreux jeunes
noirs y donnaient, dans la plus parfaite bonne humeur - et
dans le plus parfait respect de l'"ordre républicain"
- un peu de leur dynamisme à cette "délégation
de masse"...
Du
coup, les "cahiers de doléances",
recueillis, dans
une référence explicite à
la "Révolution française de 1789", à
ses "Etat Généraux", et à ses "Sans
Culottes", dans tout le pays,
par les jeunes de Clichy-sous-Bois et du secteur, partis à
la rencontre de la FRANCE PROFONDE dans
une démarche d'ouverture et de dialogue,
ont pu être remis dans la sérénité à
l'Assemblée. 20 000 témoignages écrits, 20
000 "désirs d'avenir", concrets et positifs...
Dans
l'esprit et dans la méthode en tout cas, sinon dans l'effet
de masse, c'est donc à une vraie démonstration de
LA FORCE TRANQUILLE DE LA BANLIEUE VIVANTE - FRANCAISE ET FIERE
DE L'ETRE, DANS SA DIVERSITE,
dans le châtoiement de ses couleurs et de ses sourires - et
sur l'air de la Marseillaise - que nous avons pu assister... Un
événement porteur d'espoir - sur lequel Le Monde Réel
reviendra, en profondeur, en détail, et en images, dans ces
colonnes, dans les tous prochains jours...
"On
aime la France, et on veut
faire vivre sa devise:
"LIBERTE-
EGALITE-FRATERNITE"...-
Nous y ajoutons "ENSEMBLE,
ET UNIS, CAR C'EST
LE PEUPLE QUI FAIT LA FRANCE",
disent les deux piliers de l'association - un animateur sportif
de Clichy-Sous-Bois, Samir Mihi, et un éducateur de prévention,
Mohamed Mechmache.
RESPECT.
Libération
- en pleine renaissance,
malgré ses difficultés financières, depuis
que le journal de l'après 68 a su, par la grève, se
libérer...du potentat dépassé, Serge July
- avait rendu compte de la démarche d'AC lefeu! et des jeunes
rebelles tranquilles de Clichy, fidèles au souvenir de Bouna
et Zyad, leurs deux copains morts tragiquement dans le
transformateur EDF, dans un
numéro magnifique, publié le 16 octobre dernier.
Le
dossier qui s'ouvre ici s'appuie notamment sur ces extraits. Mais
aussi, et surtout, sur les meilleurs
textes "banlieue" publiées sur le "blog"
Imbongi, à l'occasion des événements,
et les mois suivants. - Avec, notamment, mais pas seulement, le
fameux éditorial:"Sarko!...Racaille
toi-même
!"
SOMMAIRE
DU DOSSIER BANLIEUE
-
Au menu:
-
Dernière minute: après le drame de Marseille, les
délires de haine de l'extrémiste intégriste
Philippe de Villiers. "Comme les "émigrés"
de la noblesse en fuite de 1793, qu'il aime la France, ou qu'il
la quitte!"
-
AC lefeu Clichy remet ses "cahiers de doléances"
à l'Assemblée nationale.
-reportage
photo LMR
-
les "cahiers de doléances"
-
"Banlieues en flammes: les
chiffres qui tuent!"
-
Le professeur du CNAM, Michel Godet, a mis au point une méthode
permettant de calculer le nombre, impressionnant, d'élèves
qui sortent, exclus, du système scolaire, sans formation
digne de ce nom, et vont nourrir les "gros bataillons"
du chômage. Ils viennent tous des quartiers populaires; et
les
violences qu'on leur reproche, notamment, les incendies d'écoles
et de collège, traduisent leur humiliation, leur désarroi,
leur désespoir et leur révolte...
-
Suivi de: "De la misère en milieu étudiant..."
Plusieurs dizaines de milliers de jeunes filles, inscrites en fac,
se prostituent
-Kaouthar
93: portrait d'une "nouvelle militante" issue
du "mouvement des banlieues, une mère de famille musulmane
de gauche, électrice communiste, amie de la Palestine - issue
de la "révolte contre la faim" des lycéens
et de tout le peuple de Casablanca, au Maroc,
sous Hassan II, en 1981...
-
SarkoRacaille, Victor Hugo, Azouz
Begag, Finki-la haine (le philosophe raciste anti-jeunes Alain
Finkielkraut), l'affaire
Ilan Halimi (la vérité)...
Et "Les braises de l'espoir"
(la banlieue de base qui se
réveille, qui se prend la main, et qui bouge...)
-
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-
MEZZOGIORNO (ITALIE DU SUD) -
Bus
brûlés: racket
NAPLES:
"Le gouvernement italien s'apprête à faire intervenir
un millier de carabiniers et de policiers en renfort pour faire
face à une recrudescence de la violence (...), à
l'origine de la mort de 12 personnes en 10 jours (...), portant
à 72 le nombre de morts violentes enregistrées depuis
le début de l'année dans la cité (...)
La plupart sont le résultat de réglements de compte
entre clans rivaux de la Camorra, la Mafia locale, mais pas seulement:
des touristes, un enfant, de simples passants sont au nombre
des victimes depuis cet été. (...) Plusieurs
meurtres récents ont été le fait de délinquants
mineurs ou de commerçants armés, agissant en légitime
défense. Face à ce que le Vatican appelle
"un climat de mort qui opprime la ville",(...)
de nombreux responsables ont souhaité voir le gouvernement
faire appel à l'armée.
"Envoyons Les troupes spéciales retirées
du Kosovo, de l'Irak et de l'Afghanistan, car, désormais,
un barrage de contrôle à naples peut être aussi
dangereux qu'un check point à Bagdad", a déclaré
le sénateur Calderoli, dirigeant du parti populiste La Ligue
du Nord. (...)
Naples
n'est pas un cas unique."La question de la criminalité
concerne tout le Mezzogiorno", a précisé le chef
de gouvernement, Romano Prodi (gauche NDLR/LMR)). Un jeune
espoir du football a été tué en pleine rue,
lundi, à Bari (Pouilles). Il était le neveu
d'un "boss" local. La petite ville de Lamezia Terme (Calabre)
a connu 15 attentats dans la dernière semaine -
entreprises, automobiles et autobus brûlés - sans doute
liés à un racket."
Article
de JJ Bozonnet (extraits choisis)
Le Monde 2 novembre 2008
|
"Les révoltes,
pas les émeutes!... Emeutes, ça stigmatise les
banlieues!... Quand les agriculteurs cassent des préfectures,
on dit qu'ils sont en colère, pas que ce sont des émeutiers!
Samir Mihi, Mohamed Mechmache (AC lefeu) |
|
Banlieues en
flammes:
les chiffres qui tuent!
"
Le chômage des jeunes est d'abord un problème
d'échec scolaire ", écrit
Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts
et métiers (CNAM), homme cultivé et esprit libre,
quelquefois déroutant, souvent iconoclaste, auteur
de " Le Choc de 2006 ", Odile Jacob, Nouvelle
Édition poche, 2006, dans les colonnes du
Figaro, ce 19 janvier 2006.
En 2004, souligne cet authentique professionnel, «
50 000 jeunes, soit 7% des sortants de formation initiale,
ont quitté l'école sans qualification, c'est-à-dire
sans avoir atteint au moins une classe terminale de CAP ou
BEP, ou une seconde générale et technologique..".
C'est en tout cas ce qu'indique, révèle Godet,
un document on ne peut plus officiel, le rapport
du ministère de l'Éducation nationale sur l'état
de l'école de 2004.
" En ajoutant, poursuit l'expert du CNAM,
ceux qui possèdent au mieux le brevet, on atteint le
total de 150 000 ".
Ce
sont donc au total 20% des élèves " sortants
de formation initiale " qui se trouvent "dépourvus
de diplôme de second cycle : CAP, BEP ou baccalauréat.
»
Or,
ces jeunes gens, scolarisés quelques années,
mais non qualifiés, "
sont majoritairement issus des milieux populaires ",
et deviennent" " les
principales victimes du chômage avec des taux de 30%
à 50% suivant les catégories concernées
(sans diplôme, origines sociales, situations familiales,
lieux de résidence ou nationalité des parents).
" Selon le même rapport, il n'y a qu'un
tiers des élèves qui, à l'entrée
en sixième, « ont des performances qui permettent
de considérer qu'ils maîtrisent de façon
satisfaisante toutes les compétences ».
Ceux-là, remarque Michel Godet, réussiront dans
les études supérieures les plus valorisantes.
"
- Selon une enquête du CEREQ (Centre d'Etudes et de
Recherches sur les Qualifications)
37% des jeunes, au total, finissent leurs études avec
un diplôme d'enseignement supérieur " (à
peine plus d'un sur trois) " dont 17% au niveau bac +
2 ". (Enquête
sur les sorties du système éducatif de la génération
2001).
Or, " le taux de chômage des " bacs
plus 2 " est de 8%. Anormalement, il est inférieur
d'un point à celui des bac + 4 et bac + 6. " Cette
différence, croissante avec le temps ( l'écart
est maintenant de plus de deux points) explique en partie
la désaffection pour
l'enseignement supérieur long. "
Reste donc tout juste "une bonne
moitié d'élèves qui «
ont des compétences mal assurées donc fragiles,
mais devraient pouvoir profiter du collège.
(...)
" Ceux-là savent lire, écrire et compter
et s'en sortiront.
45%
des sortants de la génération 2001 étaient
diplômés du secondaire. Dans cette catégorie,
le taux de chômage se situe entre 11% et 14%.
CONCLUSION
" Le taux de chômage élevé
(20%) des moins de 25 ans provient des 15 à 20% de
jeunes qui vivent l'école comme un lieu d'échec
et d'exclusion. Près de 40% de ces jeunes, qui sortent
de l'école sans acquis minimal, sont au chômage
!"
" La lutte contre le chômage des jeunes devrait
commencer par tarir sa source : l'échec scolaire et
l'incapacité de notre société à
transmettre les savoirs, les valeurs et les comportements
élémentaires indispensables pour l'autonomie,
l'épanouissement mais aussi la sociabilité et
l'employabilité des individus.
" Il y a moins de jeunes sans diplôme qu'auparavant.
Mais, dans notre société moderne : moins un
diplôme vaut, plus il est nécessaire de l'avoir.
C'est dire que le sort des plus démunis de parchemin
est sans doute plus critique aujourd'hui qu'hier."
D'après
le rapport sur l'état de l'école : « Cela
est particulièrement vrai pour les
15% d'élèves de CM2 qui maîtrisent mal
les compétences en compréhension écrite
et orale qui seraient nécessaires pour l'entrée
en sixième. »
Et CONCLUSION DE LA CONCLUSION:
" Leur rejet par l'école
les met au ban de la jeunesse et la bande de la rue devient
la principale école de vie. Ces mêmes
jeunes sont difficilement employables par les entreprises,
qui n'ont pas vocation à remplacer les éducateurs."
"La
brutalité de notre système d'exclusion, par
l'échec scolaire, est en partie responsable de la violence
exprimée par certains jeunes à l'école.
Ils ne font que projeter à l'extérieur ce qu'ils
subissent dans leur for intérieur. Comment ne pas se
sentir exclu quand, entrant au collège, on ne comprend
rien de ce qui se dit dans une langue et des références
que l'on ne connaît pas ? "
- On ne
lit jamais assez Le Figaro.
C'est dans les colonnes de ce quotidien conservateur, penchant
pour la fraction atlantiste et "libérale"
du capitalisme français, qu'on pouvait méditer,
ce 19 janvier, cette, analyse la plus précise,
la plus argumentée, et la plus percutante des événements
qui ont électrisé nos banlieues, et la France
toute entière, en novembre dernier.
Crise
ethnique, crise "raciale", crise sociale?La
question n'a pas seulement divisé la gauche
comme la droite, opposant Sarkozy-Finkielkraut
à Villepin-Chirac, elle a failli faire
exploser les RG... Où les tenants d'une conception
républicaine, factuelle, non partisane, de leur métier,
ont joint leurs forces avec les survivants des réseaux
gaullistes issus de la " France Libre " pour refuser
toute analyse et toute gestion raciste de la crise.
-
Logique de spirale dépressive, logique post-coloniale,
logique de classe...
COMMENT
CASSER CET ENGRENAGE? - Par l'appel
aux énergies des élèves, et de leurs
parents, de la fraction consciente des profs, des directeurs
d'école, par la mobilisation directe des principaux
intéressés.
Elle
est possible!
L'Education Nationale, institution républicaine de
base, socle du pacte social, aujourd'hui au bord de la rupture,
et de la faillite totale, constitue, politiquement, un fief
de la " gauche " dite "réformiste"
(PC, PS). Ainsi que de l'extrême-gauche dite "révolutionnaire".
Et des "Verts"...
Même après l'embrasement des banlieues, et l'émotion
qu'il a suscité, on y voit pourtant bien peu d'initiatives
concrètes visant à renverser la tendance. Et
à rétablir la confiance entre les jeunes, et
leurs familles, d'un côté, l'école, et
donc l'avenir, par la culture, la formation, la confiance
et le travail, de l'autre.
Comme si la gauche des possesseurs et
des gérants du savoir, en général, et
du savoir politique, restait tétanisée... Coupée
du peuple, et dans la peur du peuple...-
Beaucoup de bavardages, en revanche, de motions, de colloques,
de conférences...Le bla-bla-bla irresponsable de la
politique déclamatoire...
Ce constat ne fait que rendre plus précieux, plus méritoires,
les efforts faits ici et là pour retisser des liens
sociaux, concrets, réels et constructifs, au quotidien...Entre
familles populaires, jeunes en mal d'école, au seuil
de la rupture, et personnels de l'Education Nationale - des
enseignants aux agents de service...
De telles pratiques émergent en Seine-Saint-Denis,
dans les communes où l'ancien mouvement ouvrier n'a
pas encore complètement perdu pied, et ose s'ouvrir
aux forces nouvelles, issues de l'immigration maghrebine,
musulmane et africaine, qui s'engagent, et commencent à
prendre les problèmes à bras-le-corps, à
la racine. prenant le relais de la " Vieille Gauche ",
en bout de course. Autour d'activités comme le soutien
scolaire aux gamins en difficulté, les cours en langues
d'origine, et donc de culture d'origine, et donc d'histoire
et de philosophie basique de l'existence, pour les jeunes
rebelles en quête d'identité, les cours de mise
à niveau en français pour les parents déboussolés,
les " maisons des parents ", et toutes les formes
imaginables de coopération concrètes entre les
gens, se forge une nouvelle conscience civique, sociale et
politique, riche de promesses pour l'avenir.
Si les politiciens
professionnels, de droite ou de gauche (et d'extrême-gauche...),
inquiets de leur monopole lui aussi plus que branlant, n'étouffent
pas ces petites flammes d'espoir,
et ne parviennent pas non plus à récupérer,
en les stérilisant, ces nouvelles pratiques politiques
de terrain, au contact direct du peuple " de la diversité"
et de la jeunesse rebelle, qui renouent avec les traditions
prolétariennes des temps anciens, une grande espérance
peut se lever.
Croisons les doigts.
(Imbongi
19 janvier 2006)
| "DE
LA MISERE
EN
MILIEU
ETUDIANT"
Plusieurs
dizaines de milliers de jeunes filles, inscrites en
faculté, se prostituent...
C'est
une brochure des derniers héritiers des surréalistes,
publiée peu avant mai 1968, qui portait ce titre
romantique et littéraire: "De la misère
en milieu étudiant..." Dans une superbe
langue, les équipiers du très grand écrivain
français Guy Debord y décrivaient une
"misère" d'abord culturelle, intellectuelle,
sexuelle...C'était l'époque, lointaine,
où la population des facs se composait, essentiellement,
de fils et de filles des couches aisées de la
population - où allait pourtant se lever, contre
l'impérialisme, et la guerre du Vietnam, une
armée de rebelles et de barricadiers...
L'eau
a coulé, depuis, sous les ponts de la Seine...Aujourd'hui
- incontestable progrès, arraché de haute
lutte, et démocratisation de la société,
relative, sans doute, mais bien réelle...- ce
sont des "cités" de banlieue, souvent
aux portes des facs, comme à Saint-Denis, Nanterre,
ou Villetaneuse, pour ne parler que de l'Ile de France,que
viennent une masse d'étudiants...Avec certains
effets politiques: puisque aujourd'hui, comme s'en plaignait
un jour, devant nous, un avocat fasciste parisien, père
d'un jeune extrémiste juif, "même
à Assas, le Betar ne peut plus tenir de panneaux,
dans les facs...Avec le télephone portable, les
mecs appellent leurs frères, dans les "técis",
ou leurs copains...En un quart d'heure, ils sont là,
par dizaines...Et nous sommes balayés, "krav-maga"
(le sport de combat des commandos israéliens)
ou pas, rien à faire..."
Mais
démocratisation des étude supérieures
et... prolétarisation des étudiants vont
trop souvent de pair. Ce sont des cohortes de jeunes
gens et de jeunes filles, dynamiques et avides de savoir,
mais complètement désargentés que
reçoivent désormais les facs...
Selon
le syndicat "SUD étudiants", cité
par le Figaro, ce 30 octobre, ce sont environ 40
000 inscrits en fac, "1 sur 57",
donc, statistiquement (des filles, pour la plupart)
qui se prostituent pour payer leurs études...Misère
économique, intellectuelle, culturelle...et sexuelle...L'ancêtre
situationniste doit s'en retourner - sarcastique...-
dans sa tombe...
Selon
une source peut-être (encore) plus objective que
SUD, également citée dans le même
journal, l'Observatoire de la Vie Etudiante
(O.V.E.), "c'est vrai que le phénomène
existe...". Plus de 45 000 étudiants
vivent en effet "dans une situation de très
grande pauvreté". Tandis que 225
000 "peinent à financer leurs
études...". Ce qui ne les amène
évidemment pas tous (toutes) à "tapiner"
- ou, plus souvent, à "michetonner",
à droite, à gauche, de façon plus
ou moins constante, directe ou indirecte, sur internet,
ou de "salon de massage" en "peep show",
puisque, selon les policiers spécialisés,
peu d'étudiantes prostituées font, au
sens strict, "le trottoir"...
Ce
constat est terrible. Mais il est vrai, aussi, selon
une étude de la très sérieuse Kingston
University, de Londres, que le phénomène,
sensible dans les pays économiquement dominés
du "grand sud" - où le terme "prostitution"
n'a, au fond, pas le même sens qu'ici - est en
plein essor aussi dans les "pays développés",
les puissances dominantes, du Royaume Uni au Japon -
sans parler de l'Europe de l'est...
Une
approche "économiste" (archéo-marxiste)
du problème serait insuffisante. Partout, les
"métiers" de "travailleurs du
sexe" se sont développés, et, dès
lors, diversifiés. Tout esprit curieux sait qu'il
existe aussi de jeunes femmes, éventuellement,
à l'occasion, étudiantes, qui vivent de
leur corps sans honte et sans tabou, sans y être
poussées par la contrainte du portefeuille, comme
"job d'été" ou "de jeunesse"...Qui
font "comme ça leur chante..."
Avant de décider de continuer "comme ça"
("en marge"), de tenter de fairecarrière
"dans le cul", de trouver un mari
ou un ami aisé, ou de changer de vie...
JPC |
|
"Beaucoup
de jeunes adolescents habitant dans un quartier difficile
se font battre par des agents de police.Ces jeunes aimeraient
de bons contacts avec les forces de l'ordre. Et ils aimeraient
pouvoir marcher dans leur cité sans se faire contrôler
par la police sans aucun motif valable".
Besançon.
(Cahiers
de doléances AC lefeu). |
|
"
Je trouve que les media sont responsables des amalgames
entre islam et terrorisme, et du racisme...Car ils jouent
avec les mots, les images, et manipulent le peuple,
ou ceux qui ne se posent pas de questions.
A
l'heure actuelle, ma révolte est dirigée
en priorité contre les media."
Femme
de 25 ans
Mont-de-Marsan
(Cahier
de doléances AC lefeu) |
| |
"Les
policiers ne sont pas dans les normes de contrôle.
Le langage est incorrect. Propos raciales (sic), ils
jouent avec les mots. Traités comme des imargumènes
(resic)"
Femme de 40 ans
Aulnay-sous-Bois (93)
- CAHIERS DE DOLEANCES (AC lefeu)
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