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REBELLES!
- L'histoire secrète
des "maos"
de la Gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit...(1967-2008)
(suite)
VII
Maos,
réseaux, tao...
Les maos ont-ils
été infiltrés, manipulés?
(suite)
Alain Gaigneron
de Marolles
(...) Les uns comme les autres, même si nous nous revoyons
rarement, malgré des liens de sang, nous nous sommes souvent
interrogés sur l’étrange histoire de Christian
(Harbulot).
Pour l'un, « ça a toujours été
un type bizarre, dont on s’est méfiés, dès
le début ».
Pour d’autres, et pour moi-même, Christian n’a
rien de bizarre. C’était un jeune
Français on ne peut plus normal, qui voulait combattre
« l’impérialisme et le racisme »,
et donc, « venger Pierre Overney »
pour « relancer la lutte », et
« redonner la "pêche" aux camarades".
Il a eu au moins des contacts, mais pas forcément
délictueux, ni criminels, avec des gens qui s' occupaient
de l'affaire, sans doute, et qui savent.
Il n' a jamais retourné sa veste - même
s'il n'aurait pas dû l'oublier dans la Simca d'Alfortville,
conduite par quelqu'un qu'il connaît, logiquement - et qui
pistait, pour le moins, Tramoni.
Christian s’est fort bien tiré de la situation délicate
où des circonstances contraires l’avaient placé,
le 3 mars 1977, rue Beethoven, à Alfortville...
- La chance? Mais elle ne se donne, comme au
combat, dans ses 22 pour le ballon ovale, ou sur les barres d'un
gardien de but, au foot, qu'à ceux qui osent, et
vont à sa conquête...Peut-être a-t-il
tiré tout simplement tiré le meilleur d’une
rencontre féminine – une fille de militaire de haut
rang, pourquoi pas?
Mais pour « dealer » quelque chose
avec un service de renseignement, civil, ou plutôt militaire,
et se tirer d’affaire, dans un moment de ce genre, il ne
lui était absolument pas indispensable de dénoncer
les amis qui avaient alors entrepris de surveiller les allées
et venues de « l’assassin de Pierrot ».
Il ne l'a pas fait. L'autre est mort. Et là-dessus,notre
ami est parti se mettre au vert, loin, au Japon, quelques
bonnes années.
Il en est revenu avec un livre d’ « intelligence
économique », analytique et informé,
d’esprit plutôt « mao ».
Son "dada" du moment?
«Les forces et les faiblesses stratégiques
de la puissance japonaise ». - Et aujourd'hui?
« L’esprit de guerilla, et la valeur
de la subversion, dans la "guerre économique",
dans le monde de affaires ». On ne se
refait pas...
Quand Christian est réapparu à la surface,
tout en douceur, en région parisienne, il a trouvé
un poste d'enseignant à l'Ecole Alsacienne, une
institution des beaux quartiers, très renommée,
où s'inscrivent en masse les jeunes gens bien mis de la
H.S.P. (la "Haute Société
Protestante") mais où ont été
admis aussi des athées ou des catholiques célèbres,
comme Jean-Pierre Chevènement, et un des fils du général
Alain Gaigneron de Marolles, devenu, en 1979,
le successeur du fameux Georges Grillot (chef des redoutables
"commandos Georges" de la guerre d'Algérie)
à la tête du "service action"
du SDECE, le service de renseignements en principe
"extérieurs" de l'armée
française, issu du BCRA du colonel Passy,
sous De Gaulle à Londres, devenu D.G.E.R. en 1946,
Sdece, avec une remontée en force d'éléments
socialistes anticommunistes, pro-Algérie Française,
pro-Israël et pro-américains (qui s'illustrèrent
par un double-jeu subtil et cruel au cours de l'affaire Ben
Barka) - et depuis 1982 DGSE.
Harbulot a-t-il pu pénétrer cette société
fermée qu'est l'Ecole Alsacienne parce qu' un illustre
parent d'élèves, le général Alain
Gaigneron de Marolles, dont il avait la "haute
protection", lui a donné un
"coup de pouce"?
- Ou au contraire,
comme il l'affirme, a-t-il connu le père par le
fils - à la suite d'événements tragiques,
survenus dans la famille?
Difficile à savoir.
Quittant bientôt l'Ecole Alsacienne, Christian intègre
INTELCO, un bureau d’études dans la sphère
d'influence du Ministère de la Défense,
Parc Monceau...
Puis, "l'occasion, l'herbe tendre, et quelque
diable aussi, peut-être", le
poussant, "on" (un autre "on"...)
l'a sollicité pour devenir l'atypique et "subversive"
locomotive d'une prestigieuse "Ecole de Guerre
Economique" (EGE) - devenue depuis motrice
d'un TGV de la recherche stratégique, à
la charnière de l'économique et du militaire...
A la plupart de ses colloques, il a la gentillesse de convier
un des principaux rédacteurs d'un article de la revue "Camarades",
partageant l'essentiel de son raisonnement, classique,
sur la nécessité de rassembler très
large, contre l'impérialisme américain,
"tigre de papier" mais "quelquefois
vrai tigre", et "d'autant plus dangereux"
qu'il entre dans la voie, peut-être longue, de "l'agonie"...
La dernière fois, les discrets gorilles en costume
Prada d'un certain...Jean-Louis Gergorin (Clearstream etc.)
avaient levé un œil vers la tribune de presse, placée
dans les hauteurs, au-dessus de l'amphi plein, d'où un
éclair de flash avait jailli. Eux aussi avaient "photographié"
le "journaliste"...
Impassible, "à la chinoise",
le jeune et brun directeur de l'Ecole de Guerre Economique continuait
à animer le débat, sans ciller, au côté
d'Olivier Dassault, son hôte du jour, et d'une
brochette de généraux prestigieux, en civil, "tendance
discours Villepin à l'ONU en 2003",
confiait l'un d'entre eux - tandis que je matais, l'œil oblique,
de somptueuses créatures africaines, issues d'obscurs bureaux
d'étude, "escort-girl" championnes
de boxe thaï, armées de petits calibres,
ou attachées d'ambassades, liées à quelque
chose ou à quelqu'un, en tout cas…
Spécialiste aujourd'hui reconnu de la « guerre
secrète » du renseignement et de la défense
contre le pillage de données, dans le cadre de la bataille
d'enfer menée par les Etats-Unis contre la France, dans
les industries aussi "sensibles" que les cités
de la même couleur, Christian figure parmi les rédacteurs
du rapport officiel qui a fait longtemps autorité sur le
sujet, le "rapport Martre".
Avec un militaire français de haut rang ("tendance...")
il a signé un livre intéressant, « La
France doit dire Non ».
C'est bien dans une logique qui fut absolument
la nôtre, et reste absolument la sienne, absolument moderne,
que s'inscrit encore, à ce jour, Harbulot.
Convaincu, comme nous tous, que l'ultime mobilisation civique
sous la forme de la "guerre populaire prolongée",
propre aux mouvements de libération nationales, reste
l'horizon indépassable de notre temps, il a su
voir aussi, (comme beaucoup, et comme l'avait affirmé la
Gauche prolétarienne, dès l'origine), que
les formes de la guerre sont diverses.
On ne peut les enfermer dans le
moule unique que serait l'affrontement direct, militaire ou politico-militaire.
Choisissant son champ de lutte, Christian Harbulot poursuit à
ce jour, dans son domaine, et à sa façon, le combat
contre « l’impéralisme »
et « l’hyperpuissance américaine ».
Comme l'ami Jean-Paul Tchang, le franco-chinois du lycée
Saint-Louis (voir page), et la plupart d'entre nous,
il est « mao-souverainiste »,
convaincu que les valeurs de libération nationale, issues
de la deuxième guerre mondiale et de la Résistance
au nazisme, restent au centre des enjeux de l'époque.
Ce qu'affirmait avec la plus grande force Mao lui-même.
Ces principes, "Indépendance et Liberté",
n'ont pas valeur, seulement, pour la France et les autres
nations d''Europe, opprimées, des années 1939-1945,
à la mi-temps du siècle.
Mais pas seulement non plus pour l'Algérie de 1954-1962,
le Vietnam de 1946-1954, puis 1965-75, l'Angola, l'Irak, l'Iran
ou l'actuelle Palestine.
Ils sont la force du monde qui vient, de tous ces fameux
"pays émergents", qui, de la
Chine à l'Afrique du sud, au Brésil, à l'Iran,
et même à la nouvelle Russie, renaissante, du judoka
Vladimir Poutine, ont décidé de"compter
sur leurs propres forces" (Mao), plutôt
que de se soumettre aux diktats douteux des "marchés",
du FMI, de Georges Soros, ou de tous les petits Mac Namara du
XXIème siècle, qu'ils soient du Pentagone ou de
la Maison Blanche.
"L'union du bleu-blanc-rouge
avec le black-blanc-beur..."
Suivant insolemment "leur propre voie",
loin aussi des canons d 'un sénile "marxisme-léninisme"
datant de l'aube d'un autre siècle, les
"émergents", dont la
France doit rejoindre enfin le mouvement, ont réussi à
dévier le cours du fleuve Histoire, en détournant
le sens d'une "mondialisation"
conçue, à l'origine comme une nouvelle forme de
colonialisme invisible, "globalisant",
appelé à liquider tout ce qui reste de pouvoirs
de décision démocratiques, issu des révolutions
nationales, sur le plan politique et économique, et culturel.
Fondateurs autant qu'expression d'un nouveau rapport de
force de la géopolitique mondiale, ils ont ainsi
créé les conditions d'une redéfinition du
cadre global dans lequel chaque peuple, uni, autant que possible,
aux autres, élabore, construit ou défend ses propres
instruments de pouvoir, ou de contre-pouvoir...
Cette nouvelle "communauté des
nations" (libres), unissant voix et chants dans
un somptueux concert, se forge sous nos yeux, mais - du fait d'un
pessimisme névrotique minant la volonté politique
- en notre absence!
Elle fait revivre l'idée de créer
de nouveaux modèles de développement, autocentrés
mais unis par des rapports de coopération équilibrés,
sur des voies inexplorées jusqu'ici.
Nous refusons, ensemble, de nous laisser écraser
au bulldozer par les esprits obtus, confits dans leur orgueil,
qui, prenant Wall Sreet, Langley (Virginie), Fort Meade ou le
Pentagone pour le centre du monde, et prenant leurs désirs
pour la réalité, croient que, désormais,
les peuples étant soumis, les cultures uniformisées,
et l'Histoire, arasée, "la terre est plate".
(Thomas
Friedman, "La terre est plate" - une brève
histoire du XXIème siècle. - Traduit de
l'américain, éditions Saint Simon,
2006)
Comme j'ai eu la joie de l'écrire,
parmi les tout premiers, le 1 er mai 1993, (dans un éditorial
incendiaire de l'Idiot International, journal autrefois
cousin de La Cause du Peuple, article qui allait me valoir un
tombereau d'injures et quinze années supplémentaires,
pas une de moins, d'interdiction professionnelle),
notre pays, la France, où agonise lentement le vieux clivage
"gauche-droite" comme le communisme
archaïque, mais ni les clivages
de classe, ni le combat "contre toutes les formes
de racisme", et de "communautarisme",
"sans hiérarchie ni exclusive",
est appelé à vivre une Renaissance, dans
un "retour à l'origine" des
valeurs de rassemblement patriotique, antifasciste, du Conseil
National de la Résistance.
Comme l'auteur de ces lignes osait l'écrire,
en chute - j'insiste, qu'on me pardonne...- dans
les conditions spécifiques de notre vieux et beau
pays, marqué par les "rebonds à revers"
de ce qui fut Empire et refuse l'agenouillement néo-pétainiste
devant les maîtres du moment, quels qu'ils soient,
cette renaissance en forme de révolution, donc, passera
par "l'union du bleu-blanc rouge
avec le black blanc beur , plus proches, au fond du fond des choses,
que le rouge-rose-vert de la gauche caviardeuse".
C'était, j'insiste encore, il y a 15 ans,
en mai 1993 - au cœur de la période, interminable,
de l'"acharnement thérapeutique"
infligé par un destin "cruel mais juste"
au chasseur de "métèques" du
Quartier latin de 1938, protecteur du sinistre René Bousquet,
obligé de François Dalle, témoin nâvré
de l'exécution de son ami Grossouvre, après le pauvre
Béré, et ami, déclaré, de l'Israël
sioniste du raciste Herzl, de Finkielkraut "trop de noirs,
trop de noirs...", d'Olivier Rolin dit "Le
Maréchal", ou "Pinochet",
de son "pote" néo-cons André
Glucksmann enfin délivré, dans un ultime hoquet
d'imprécateur perdant les eaux, par son "coming
out" sarkozyste, de Schiavo "blé tendre"
et "pour-comprendre, apprends-d'abord-l'hébreu!"
de Benny Lévy "plus-Jérusalem-que-moi,
tu-meurs", de DSK "je-me-demande-tous-les-matins-ce-que-je-peux-faire-
pour-Israël" et de sa nouvelle "groupie"
(toupie), le pauvre Geismar...
C'était - j'insiste, et ré-insiste...-
cinq ans avant la coupe du monde de foot de 1998, le
déferlement "black-blanc-beur-bleu-blanc-rouge"
des jeunes, garçons et filles,venu de la banlieue
vivante, avenir de la France, et notre espoir...
- Pour nous aussi, au pays d'une irréductible
"exception française" au sein d'un capitalisme
"high tech" hyperdéveloppé,
l'heure est venue de réfléchir aux conditions,
modernes, d'une lutte de libération nationale
- sans laquelle aucune perspective de libération
sociale n'est purement et simplement imaginable.
Elle n'implique pas, d'emblée, une "guerre
de libération nationale", du moins dans
l'acceptation étroitement militaire du mot "guerre".
Mais elle ne l'exclut pas, non plus.
N'étant pas occupés, physiquement, par les
troupes d'une puissance d'occupation étrangère,
la question ne se pose pas de façon simpliste.
Mais elle est là, et elle
se pose: au plan financier, industriel, économique,
politique et culturel (la musique, la poésie, la langue...).
Dans tous les cas, ce combat, appelé
à transcender, sans les nier, tous les autres, prend racine
là où le peuple est, le peuple
réel, le peuple d'aujourd'hui et de demain,
dans ces banlieues
vivantes où bout la jeunesse de France - cette
jeunesse qui a incendié les écoles de l'échec
et de l'humiliation comme les voitures qu'elle n'achète
pas, et qui maintenant, 3 ans après la flambée
de 2005, surgie des mêmes départements marqués
au rouge et des mêms "quartiers sensibles",
prend sereinement le pavé au cri de "touche
pas à mon prof", pour protester contre
les suppressions de postes d'enseignants et exiger une vraie politique
d'Education Nationale, avec de vrais
moyens...Jeunesse bigarrée, muticolore, gaie,
chantante et vivante, que le peuple de France, autour d'elle,
"petits blancs" compris, finalement,
a su comprendre, tolérer, et aimer, même dans ses
pires excès, au pire moment - dans un jaillissement
d'associations nouvelles, concrètes et fraternelles, unies
dans l'idée de "vivre et travailler au pays",
y compris et surtout quand le "païs"
urbain s'appelle Clichy-sous-Bois, Sevran, Aulnay (sous
Bois), La Courneuve, Aubervilliers ou Montfermeil, parcelles pleines
d'âme et de sang neuf d'un "grand
et beau pays, la France", qui ne veut ni
se vassaliser, ni se prostituer ni mourir - et qui ne mourra pas.
Oui, cette France-là vaincra!
Parce que, pour nous aussi, comme pour la France des terroirs,
de la nature, de l'eau, des montagnes et du soleil, qui mérite
mieux que les Verts, ou que l' "établi" paysan
Bové, "rien n'est plus précieux
que l'indépendance et la liberté"
(Ho Chi Minh).
Résistance: de l'"aversion"
pour l'ancienne au déni de l'actuelle...
La comparaison peut paraître hors de propos.
Comme l'insistance avec laquelle, tout au long de leur histoire,
et jusqu'à ce jour, donc, les combattants d'une "Nouvelle
Résistance Populaire", forgés
dans l'esprit de la lutte contre "l'impérialisme
américain" (étendue, dans l'après-gaullisme,
au combat... contre les liquidateurs de la politique internationale
du général, passés, en 1968-69,
par le subterfuge d'une "panne de l'appareil
d'Etat", doublée d'une véritable
"grève du capital"...)
prétendent inscrire leurs traces dans celles des
combattants de la Résistance du siècle passé.
Mais la Résistance, dont nous sommes quelques-uns
à porter le souvenir, et la fierté, qu'est-ce?
Une "guerre de libération nationale",
dont allaient s'inspirer, contre les anciens
empires d'Europe (eux-mêmes vainqueurs à l'arraché
d'un impérialisme allemand qui les avait asservis), les
peuples de leurs anciennes colonies, l'une après l'autre
soulevées...
L' "aversion" à l'égard
des récits, parfois redondants c'est vrai, des exploits
de la Résistance, et de l'héroïsme
des premiers "partisans" des
villes ou des maquis, est une vieille tradition française.
Elle fut, on l'a rappelé, celle du défunt
président Pompidou.
Mais on a a mal interprété les propos - indécents
- d'un "planqué", qui vécut -
comme Jean-Paul Sartre, d'ailleurs, au bord de l'Erdre...- la
vie tranquille d'un "rat de bibliothèque"
- quand d'autres, dont de superbes hommes de Lettres armés,
René Char, Roger Vailland ou Vercors,
choisissaient, eux, la voix de la dignité, de la Résistance
armée, populaire, et des maquis..
.
Aux Français, d'abord
L'auvergnat madré de Monboudif (Cantal) - Pompidou...-
devenu l'homme de confiance des Rothschild, puis du parti qui
prend ses ordres à la "corbeille" (de
la Bourse), en avait, certes, "ralbol"
de la politique économique du général, aussi
indépendante que sa diplomatie. Mais il n'exprimait
pas seulement sans vergogne, et dans la presse américaine,
son souci de tourner la page du gaullisme historique, avec ses
accents d'épopée.
Il visait loin.
Ce message venu d'Amérique s'adressait aux Français,
d'abord.
Politique intérieure oblige, il visait à
flatter, pour les récupérer les nostalgiques de
Vichy, antigaullistes de droite ou de gauche poussés, encore,
à l' "aversion" à
l'égard de "La Grande Zorah" ("Le
Vieux") par la politique "arabe"
du général: de 1962 (Algérie) à 1967
(embargo contre Israël).
Mais Pompidou visait plus large, encore.
C'est une politique d'ensemble, honnie par Washington, que ce
subtil lettré "cible", d'un tir oblique,
au travers de cette évocation d'une Résistance
vieille alors déjà de près de 30 ans - et
qui, donc n'est plus enjeu que par métaphore.
Et l'autre Résistance que Pompidou, ce jour-là,
avoue, d'un tir oblique, haïr ("aversion":
dégoût, mépris, haine, phobie...),
ce n'est plus seulement celle d'en haut, celle
du général patriote porteur de valeurs de libération
pour la France comme pour le monde, mais c'est aussi celle
d'en bas, la nôtre, précisément en ce qu'elle
est fille de celle qui a dressé le vieux chef solitaire
d'une France qu'il veut, encore et toujours, "libre",
non plus contre l'imminent danger d'un III ème Reich,
mais:
- contre l'intégration militaire dans
une "Communauté Européenne de la
Défense", bras armé de l' atlantisme
(1954)
- contre l'hégémonie du dollar, monnaie
unique indexée sur elle-même, source de
tous les déséquilibres, et de toutes les contraintes.
- contre l'unilatéralisme américain en faveur
des guerres de conquête d'Israël (1967: embargo)
- contre le monopole anglo-saxon en matière pétrolière
(Elf contre les "Sept Sœurs"),
ou le duopole américano soviétique sur la
bombe atomique
- pour la reconnaissance de la Chine de Mao et le retrait
des bases de l'OTAN du sol français, comme de l'armée
d'invasion américaine du territoire vietnamien (discours
de Pnom Penh, puis accords de Paris, début 1968...).
Le discours de Pompidou contre l'idée de Résistance,
c'est la prescience, déjà, du cri des jeunes
filles et des jeunes gens brandissant, sur le pavé de Paris,
de 2003 à 2008, le drapeau de l'Irak, comme celui de la
Palestine: "Résistance, Résistance,
c'est la voie de l'existence!"
Message de portée générale, donc, situé
exactement à la charnière de l' "intérieur"
et de l'"extérieur".
Lancé dans un journal d'outre-atlantique, il poursuit
une cible de politique française, tout en s'efforçant
de rassurer Washington.
La France de Pompidou, celle de l'après 68, et
de l'adieu à De Gaulle, ne prendrait pas, le rusé
Ponpon s'y engage, les pas du général
sur la voie, largement esquissée par l'homme de juin 1940
devenu celui du mois de mai... 1958.
Il s'agit, selon lui, d' en finir, une fois pour toutes,
avec une vision du monde visible dans la "paix
des braves", suivie par le referendum d'autodétermination
de l'Algérie, dans une convergence croissante avec le
"neutralisme" du Tiers Monde, affiché, à
Bandoung, sous le "weï wu weï"
insistant et patient du fin Zhou Enlaï...
C'est bien avec toute une logique qu'entend faire
ainsi "rupture" le premier
successeur du général (à qui le "mai
des étudiants", celui de Cohn-Bendit et de Krivine,
porteurs d'eau de Mitterrand, plus que celui des grèves,
le nôtre, a ouvert enfin les portes de l'Elyséeà
l'Elysée.
Il veut que ça se sache.
Il a compris, bien avant que, Maurice Clavel
aidant, nous venions le lui dire, et fort, ce que signifie son
accession à la direction des "affaires":
c'est un "deal".
- D'un côté, Washington relâche
sur notre pays l'étau de ses pressions (économiques
d'abord, mais pas seulement).
- Mais à condition que la France de l'après
68 impose un sévère coup d'arrêt
aux convergences, accentuées d'année en année,
de la géopolitique française avec les diverses formes,
mondiales, du combat contre l' "impérialisme dominant
du moment", "l'impérialisme américain".
L'agacement à l'égard de ces vieilles histoires
d'anciens combattants, indécent chez un jeune "khâgneux"
plus fort en thème que conscient de ses devoirs à
l'égard de son pays et de son peuple, et niché bien
au chaud dans le confort velouté des bibliothèques
quand d'autres prenaient les armes et défiaient la mort
et la torture, au nom d' "une certaine idée
de la France" et de la liberté, dépasse
donc le sentiment de culpabilité d'un "planqué"
devenu haut-commis chez Rothschild, puis fossoyeur du
gaullisme.
Il ne peut pas s'atténuer avec le temps.
Le sujet reste brûlant.
Et c'est par la grâce d'un beau film sur le sujet,
bestialement censuré dans une émission de Duhamel
(cire-pompe de Pompon puis de Giscard devenu, sous July, le bêtifiant
chroniqueur, centre-gauche-centre-droit des colonnes de... Libération)
que le libérateur de la cathédrale de Chartres,
devenu co-fondateur de l'Agence de Presse "Libération",
Maurice Clavel, exaspéré par une méchante
coupe sur "l'aversion", etc. va, ardent
et prestigieux "compagnon"
de combat des maos, s'illustrer par son fameux coup d'éclat:
"Messieurs les Censeurs bonsoir!"
Il quitte aussitôt le plateau, laissant le couard Duhamel
penaud et coi.
L'explosion de cette "bombe", superbe
cas d'école d' "action de partisan"
dans la guérilla médiatique, allait disperser ses
éclats jusqu'aux portes de Renault-Billancourt.
Clavel, aussitôt convié par le Comité
de Lutte, allait être accueilli magnifiquement par les ouvriers.
Un permanent du Comité Central du PCF, Treppo, lâche
le morceau: "Ne discutez pas avec
lui! C'est un gaullo-maoiste".
Propos accompagnant des paires de gifles, distribuées abondamment
aux jeunes militantes venues accompagner Clavel, qui les rendent
bien, comme les "mecs" qui les accompagnent....
Le "grand" plonge alors résolument sa
haute carcasse dans la mêlée, défendant avec
panache, l'idée d'une "Nouvelle Résistance"
(populaire...) - pour laquelle va mourir, quelques mois
plus tard, au même endroit ou presque, un "
nouveau partisan" nommé Pierre Overney...
"Voix du sang"?
-Lignée...
(suite
colonnes de droite, clic ici)
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COMBATTANTES
DE LA LIBERTE!
Combattants
de la Liberté!
Ils sont notre sang!
Soyons leur cœur!
Soutenons-les
de toutes nos forces!
A la mémoire de
Pierre Boisgontier, "le lion de Grenoble".
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Georges Ibrahim Abdallah
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de la Résistance Irakienne ne doivent pas être pendues!
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REBELLES
(suite
de la colonne de gauche)
"Voix
du sang"?
-Lignée...
On daube l'insistance avec laquelle
celui qui s'apprête à clore ici son récit
situe ses traces dans celles d' un officier des « services
spéciaux », formé, en 1944, par
les fameux S.A.S britanniques (experts, on le sait, en
manipulation de tous ordres et en « covert
actions », "actions sous couverture",
aux moyens clandestins, et aux objectifs obliques...).
"Bon sang ne saurait mentir", dit-on.
Ce n'est pas le propos.
Ce "sang" - les gênes, l'A.D.N...
- n'a rien à voir.
La gloire d'un père, fût-elle de la plus
haute pureté, n'enrichit pas de sa lumière
la stature d'un fils, ni son parcours.
Mais qu'elle éclaire sa trajectoire, et en donne
à lire le sens, ça, oui.
Chacun choisit, d'une certaine
façon, sa lignée: les signes d'hier
ou d'un autrefois le plus enseveli dans le temps qu'il
fera siens, demain. Ou les pas à-demi effacés
dans lesquels il s'efforce, comme il peut, de marcher.
Le lieutenant de parachutistes Hubert Cruse, "Chaulieu"
pour le BCRA, et pour le maquis, affecté à
la DGER (ex-BCRA et future DGSE, puis cadre supérieur
dans l'industrie automobile, et chez Peugeot, précisément,
dans la famille, où l'on a toujours aimé
recruter d'ex-officirs des "services",
est mort, on l'a dit, avant que j'aie trois ans.
Cet
homme à l'humour ravageur, féru de Lettres
Anciennes, de philosophie, certes, pas tout à fait
la même que celle qui allait devenir la spécialité
d'un de ses fils, puis d'un de ses petits-fils, et de
la lecture des Evangiles, que les bouleversements de la
guerre - révolution globale faisant trembler la
terre entière - allait jeter, à 18 ans,
en espadrilles de berger, sur les chemins escarpés
des Pyrénées, pour le conduire aux durs
camps d'entraînement des tous premiers parachutistes
de la "France Libre" allait me transmettre,
par quelle magie, on ne sait, loin des sonnets, des quatrains,
et des versets psalmodiés du Cantique des cantiques,
au sein du Livre des Livres, le goût pour ces techniques
alors enseignées par les S.A.S., experts dans l'art,
précis, de l'égorgement, par derrière,
d'une sentinelle, un intérêt pour les diverses
façons de distribuer la mort, à main nue,
ou à l'aide de pistolets, revolvers, armes automatiques,
plastic ou même... grenades! Sans oublier la fabrication,
puis l'usage, d'explosifs "soufflants "
ou "brisants", chimiquement obtenus
à l'aide de salpêtre, gratté à
main nue dans les grottes, et d'autres ingrédients
de bricoleur de la mort - comme les bouteilles incendiaires
capables de faire siffler les flammes de l'enfer sur un
nid de mitrailleuses Hotchkiss, un transport de troupes
vert-de gris, ou un "panzer", et qu'on
ne pouvait appeler encore "cocktails -molotov"
ou "cocks".
Le jeune para devenu partisan des maquis de la Drôme,
et donc, pour les SS comme pour Vichy, "terroriste",
n'aurait jamais imaginé - et peut-être, mais
qui sait? l'aurait-il réprouvé - qu'un fils
fidèle à son goût des grands livres
et de cette philosophie de la vie qu'on apprend à
fréquenter les vagues et le grand vent, sur la
mer, utiliserait un jour pareils engins de mort, bricolés,
pour incendier des cars ou des rangées entières
des "Brigades spéciales" d'un régime
engagé dans la transition molle et prudente du
Retour à Vichy...
Pas plus que son second fils, le jeune héritier
d'une prestigieuse dynastie de négociants en vin
de Bordeaux "immigrés" un bon siècle
plus tôt du lointain Schleswig-Holstein, une rude
péninsule baignant dans les eaux glaciales de la
Baltique et longtemps disputée entre deux peuples
durs, les Viking (danois), au nord, et les Prussiens au
sud ne se destinait pas à ce "métier
de seigneurs" qu'est le renseignement - pas plus
qu'à porter les armes.
Brûlant d'une foi chrétienne ardente, propre
à toute le clan (son frère René,
mon oncle, est devenu pasteur, et militant actif du Secours
Rouge auprès des immigrés arabes et portugais
du bidonville de Massy (91), avec ma tante et tous leurs
enfants...) c'était un jeune homme sportif, champion
au jeu de paume, et amateur de voile, qui aurait volontiers
passé sa vie dans la sérénité
des grands livres.
Féru de version latine et de thème grec,
amateur de philosophie ancienne, imbattable sur les Evangiles,
il choisit pourtant d'aller apprendre les gestes secs
et précis de la guerre, et jusqu'aux sauts de nuit
en parachute, encore peu répandus.
De bons maîtres enseignèrent à cet
élève doué l'art de ce que les affiches,
pas toujours rouges, de la police "française"
et de la Gestapo nommaient "terrorisme" - placer
correctement un ou mieux deux détonateurs sur une
charge de plastic, fabriquer un explosif de fortune à
base de salpêtre, ou cette potion magique en bouteilles
propre à semer aux endroits bien choisis l'incendie...
C'était la guerre, la meilleure frange de la jeunesse
de France se levait, enfin, "pour l'indépendance
et la liberté", et ceux qui parvenaient, vivants
et à peu près entiers, sur le versant sud
des Pyrénées, se faisaient immédiatement
incarcérer dans le grand camp de prisonniers de
Miranda.
Le général Franco, dictateur cruel, mais
rusé, jouait sur les deux tableaux. Fasciste, comme
Mussolini et Hitler, dont les partisans l'avaient soutenu
pendant la guerre civile, il négociat aussi avec
"l'autre côté". Les jeunes gens
brûlant de l'ardeur de rejoindre les rangs de la
France combattante étaient libérés
du camp, par poignées.
Ils passaient par Gibraltar, et Tanger.
Sur une base militaire de la "France Libre",
à Casa la blanche, on commençait à
les former, puis à les orienter, selon leurs choix
et leurs capacités, vers telle ou telle unité
de combat: dans les chars, l'artillerie, l'infanterie;
et pour les plus "gonflés", s'ils avaient
le niveau physique et les capacités mentales aussi
- maîtrise de soi...-
vers le premier régiment de paras en voie de constitution...
Bref, ayant franchi tous les obstacles et endurci son
corps, en complétant une connaissance, parfaite,
des livres des apôtres Jean et Paul, par une maîtrise,
presque aussi complète, de l'art de tuer un ou
plusieurs hommes à mains nues, d'attacher correctement
un prisonnier, de se servir d'un code, et d'une radio,
le tout-frais sous-lieutenant fut affecté à
une unité "politico-militaire" du Bureau
Central de Renseignement et d'Action, le BCRA gaulliste
du colonel Passy - matrice, jusqu'à la fin du XXème
siècle au moins, non seulement de services de renseignement
miltaires (DGER, SDECE, DGSE), mais de tous les "réseaux
parallèles" issus, depuis, de la France Libre,
et destinés peu de temps après par le rusé
général à contrebalancer les penchants
"atlantistes" des "organes" "officiels"-
fils de la IVème République "des partis",
"Algérie Française" d'extrême-droite,
ou socialistes, et pro-Israéliens, contre la "politique
arabe"...
Fils de "terroriste"
- de combattant de la liberté - et mieux encore,
mais dans le même élan, "fils de barbouze",
donc, j'y tiens, pour moi, c'est la même chose...
Vieux briscard opiomane ayant roulé sa bosse, et
le reste, en Indochine, le grand journaliste colonialiste
Lucien Bodard fut le premier à introduire l'usage,
péjoratif, du mot "barbouze" (porteurs
de fausses barbes). Dans l'avion pour Alger, bien affûté,
il venait de capter une incontinence verbale du "gaulliste
de gauche" Jacques Dauer, apprenti-clandestin des
réseaux "kamikazes" envoyés "au
charbon" contre les tueurs, eux professionnels, de
l'OAS. Le mot ne désignait jusque là que
les "fausses barbes" des sevices spéciaux
(Sdece), en général. Rimant heureusement
avec "partouze", il fit mouche, et s'imposa.
Minute aidant, il désigne aujourd'hui, misère
des temps, dans les colonnes bien alignées d'une
presse ignare et sans scrupules, parce que sans autre
mémoire que ce que Jean-Edern appelait, à
juste titre," la sous-culture journalistique",
des "combattants de la liberté".
Le nouveau combat de ces "continuateurs" sauvages
et "parallèles" du glorieux BCRA du colonel
Passy - et de Cruse (Hubert), dit "Chaulieu",
mon père - fut l'écrasement des vipères
fascistes de l'O.A.S., et la sauvegarde du général
de Gaulle, cible bien protégé d'une longue
série d'attentats rendus possibles par le double-jeu
de services officiels. Fort heureusement, ceux-ci avaient
eux-même été, en temps utile, infiltrés
par les hommes de Passsy, toujours actif parrain des "réseaux".
L'OAS et ses complices purent donc être durement
neutralisés, sous la direction officieuse de l'avocat
Pierre Lemarchand, héros de la Résistance
devenu "coordinateur" de "barbouzes",
avec l'appui de l'excellent Charles Pasqua, son chauffeur-garde
du corps, avec ses Corses, ou l'opaque Foccart, tous subordonnés
de Passy, resté dans l'ombre, ou leurres.
Plus tard, sur d'autres théâtres, pas seulement
africains, les "barbouzes", un temps seulement
compromis dans les aberrations et les horreurs néocoloniales,
furent le fer de lance du grand renversement, par lequel
aujourd'hui une partie au moins des forces françaises
de l'ombre - "renseignement et action" - combat,
dans le secret le plus extrême, aux prix de lourdes
pertes, les tueurs téléguidés par
la CIA ou par les manipulateurs de Tel Aviv, dans le "grand
jeu", compliqué, de la gestion de leurs diverses
"filiales" - dont de prétendus "islamistes".
Dans mon esprit, sinon dans celui qui eût été
celui de ce père disparu, dont nul ne peut savoir
rien, l'histoire qui fut la nôtre est venue prolonger
les combats de la plus authentique et épique Résistance,
dans notre baroque et balbutiante "Nouvelle Résistance
Populaire", dressée, dans le contexte d'une
autre époque, contre l'impérialisme dominant
du moment...
Les plus combatifs d'entre nous, forts d'une cohérence
abcrée dans le Temps de l'Histoire, furent tous
fils de la guerre. Même l'insupportable Geismar,
qui sut montrer, un temps au moins, de la Bourse incendiée
aux émeutes de Flins, où tout le monde autour
de lui n'alla pas, fut, avant d'être ce qu'aujourd'hui
il est, le fils, le fils, né en 1939, d'un officier
français d'origine alsacienne, juif universaliste
et républicain dans la lignée de Dreyfus
(Alfred), et bien éloigné donc du communautarisme
et du racisme sioniste, mort au front pour la France et
pour la liberté en 1940 (comme Alain le confie
dans un livre par ailleurs lamentable sur "son"
mai 1968).
Ceux d'entre
nous qui n'ont pas flanché, mais continué,
debout, jusqu'au règlement de notre dette d'honneur
à notre frère de l'usine maudite de Billancourt,
suivi par celui des comptes dus par le repenti Serge July,
"puni par où il a péché",
sont tous, à peu s'en faut, filles ou fils de la
guerre.
Enfants de "moudjahidine", héros
d'une résistance "pour l'indépendance
et la liberté" vivace dans tout le Maghreb,
dressée contre la politique alors infâme
de la IVème République, ou fils de la meilleure
France, et de ses morts.
Qu'il s'agisse de"Momo" Brover, orphelin
de la MOI, de Pierre Blanchet, premier dirigeant mao de
Grenoble, fils d'un adjudant Blanchet, tombé au
champ d'honneur, et qui alla chercher une mort de journaliste
de combat, digne de que peut être ce métier
s'il est réellement exercé dans ses principes,
et la trouva, aux abords, pourris de mines, d'une caserne
encore pour un temps yougoslave, ou de son successeur,
Pierre Boisgontier, le "lion de Grenoble",
décoré, enfant, en lieu et place de son
chasseur-alpin de père, mort pour la France, de
Charles-Henri de Choiseul-Praslin, encore, fils d'un officier
français mort pour la France, puis beau-fils du
gaulliste Wendel, ou de l' "établi"
mao des Batignolles devenu le kidnappeur de Fofana, avant
de s'efforcer de suivre, si j'ose, dans la construction
d'un "service de renseignement et d'action"
aux marges de la N.R.P. les pas du "colonel Passy"...
Lignée, assumée, donc choisie, et non pas"voix
du sang".
Ou voie du sang, versé, qui a fini par faire du
fils, aussi, un professionnel de l’ « action
secrète » - ou un « amateur
éclairé », en tout cas,
formé, à sa façon, au fil d'une aventure
plus qu'effleurée au fil de ces pages.
"Un service de renseignement à toi tout seul",
me disait, gentiment, Paul Barril, "Capitaine fracassant"
des années Mitterrand, qui sait de quoi il parle,
et de qui, et, donc, avait au moins subodoré qu'
"à toi tout seul" était approximatif...Peut-être
voulait-il seulement, par cette approximation réductrice,
comme il l'a presque toujours voulu, me faire plaisir...
Roidi sans doute dans une "image du père"
d'autant plus prégnante que l'homme de chair et
d'os dont je prétendis saisir le sillage avec l'audace
et l'impudence de mes vingt ans, n'avait pas eu le temps,
avant de mourir soudainement, en 1950, d'imprimer dans
la mémoire d'un tout petit garçon né
en 1948 ni ses traits, ni son regard, ni le son de sa
voix, ma vocation fut toute ma vie celle d'un homme de
l'ombre et de réseaux. Du montage discret des toutes
premières opérations "défensives-offensives"
des G.P.A. des C.V.B. aux "actions de partisans"
initiales semi-clandestines, de la G.P. (Montrouge, Flins),
et jusqu'à la la première opération
de contre-espionnage et de manipulation défensive
de la Nouvelle Résistance Populaire ( Fofana).
C'est donc dans la même inspiration, pour moi, d'abord,
filiale, dans le même mouvement, et dans le même
temps, ou presque, que vint très logiquement s'insérer
une longue pratique professionnelle, ambitieuse, du journalisme
(trente années), rêve d'adolescent porté
sur l'écriture, comme un père d'abord féru
de Lettres classiques avant de se couvrir de gloire, et
de sang, pistolet au poing, à la tête de
ses maquisards, sous le feu des grenades allemandes...
"Détour", et longue parenthèse
par le journalisme rendu possible, ô paradoxe, par
un "rebond à revers" de l'engagement
militant, et orienté, très vite, vers l’"investigation".
Paradoxe des paradoxes, en effet, la pratique de l' "interdit
professionnel" d'un après-68 à l'inculture
de plomb, écartant tout "refuznik" du
repentir des "sujets nobles", liés ouvertement
aux enjeux directs de pouvoir (politique, économie,
social...), les rabat, dans ce métier bien verrouillé,
mais comportant d'infimes ouvertures, vers les eaux glauques
du fait divers - porte entrouverte vers les affaires de
petit ou grand banditisme, donc de police et de renseignement,
puis de "terrorisme"...
Un parcours, on en conviendra, peu banal, riche de contradictions
pour un mao vivantes, stimulantes, allait alors conduire
l'un des plus jeunes "colonels" de la GP, puis
de sa branche armée, la NRP, et d'un service de
renseignement embryonnaire bricolé dans la foulée,
à devenir l’ami, et même, dans certaines
conditions et dans certaines limites, l’ « équipier »,
de personnalités du monde du renseignement et de
l’action « parallèle »,
haïes, c'est bien normal, de l'"intelligentsia",
et de la presse, comme de toute l'ultra-gauche issue de
la collaboration, trotskiste et anarchiste.
Parmi eux, le capitaine Barril, déjà cité,
le « grand patron » des R.G. des
années 1980-90, Yves Bertrand, recordman de la
longévité à ce poste exposé,
spécialiste de la gestion manipulation des maos
sous les auspices de son "tuteur" et quasi beau-père,
Raymond Marcellin, ou ce monstre d'intrépidité
et de finesse aussi qu'est le chaleureux Jean-Charles
Marchiani, au "front" plus que dangereux de
la guerre secrète à l'époque de l'OAS,
au premier rang de la guérilla de l'ombre contre
les renégats du gaullisme, sous Pompidou, puis
« libérateur » intrépide
des otages français du Liban après avoir
mérité, conquis et conservé la confiance
du Hezbollah et des "pasdaran" iraniens, et
sauveur, encore, avec l'aide d'un ami du KGB connu sur
le théâtre libanais, des pilotes de chasse
français "tombés" dans les montagnes
de Bosnie...
Jean-Charles, aux portes aujourd'hui des geôles
françaises qui, en principe, l'attendent, otage
de la lâcheté des politiques, et de son propre
sens de l'honneur, de la patrie, et du silence…
Jean-Charles, noble figure souillée par une armée
plus ou moins stipendiée de minables: un destin
droit dans la lignée du prestigieux Passy, le fondateur
du BCRA gaulliste, aux temps sombres.
Leurs destins se ressemblent pour le meilleur et pour
le pire.
Le colonel de l'ombre de Londres, homme d'acier qui, identifié
et pris, risquait, les tortures les plus effroyables,
atroce privilège des très rares détenteurs
d'immenses et pesants secrets, avait tenu, pourtant, à
se faire parachuter personnellement, sur le sol de la
France occupée, pour consolider "in situ"
les premiers réseaux désarticulés
par les manœuvres de l'occupant, aux pires temps
de la guerre.
Homme de très longue lignée, honorant la
longue et prestigieux dynastie des (de) Wavre, présents
au premier rang, au temps des hallebardes, contre une
invasion venue de l'ouest, dans les plaines grasses de
Flandres, sur le terrain boueux de la bataille d'Azincourt
(1415), et, depuis, de toutes les mêlées
de toutes les guerres françaises qui suivirent,
puis sagement devenus, sous la Révolution, Dewavrin,
ce grand bourgeois du nord frotté aux fiers "bandits
d'honneur" marginaux de la vaste tribu des rebelles
ralliés au général de Londres, "corsaires
de la République", devint le Grand Maître
des Secrets de l'époque de la Résistance.
Après son éviction, en 1946, sous l'impact
d'un scandale de "fonds secrets", fabriqué,
et jusqu'au jour de sa mort, en 1988, il devait rester,
dans une ombre plus noire encore, et plus épaisse,
le grand Souverain Invisible des réseaux gaullistes
"parallèles" d'un demi-siècle
d'après- guerre, ou d'un nouvel entre-deux-guerres...Du
temps des "barbouzes" héroïques
de la lutte clandestine contre les tueurs de l'OAS, condition
de l'indépendance algérienne, successivement
honnis et calomniés sous les étiquettes
naïves de "réseaux Foccart", puis
de "réseaux Pasqua", ou "corses",
à nos jours les plus actuels.
Manipulation
des maos:
le
code, les clés
Ces forces passant d'une Résistance à l'autre,
conservent leur part d'ambiguité et de mystère.
C'est le propre de l'Histoire en marche, au présent.
Pour qui dispose de la bonne clé de décryptage,
leurs perspectives à long terme sont claires. Elles
ont joué leur partition, en tout cas, c'est une
évidence, dans les coulisses de l'histoire des
maos, successivement pour et contre. Dès la naissance
de la G.P., et dans la suite.
Benny Levy, le « grand chef »
pas si clandestin que ça de la Gauche prolétarienne,
a bénéficié longtemps d’une
évidente mansuétude.
Et cela, malgré son "non statut", ambigu
et fragile, d’apatride – qui permettait à
ce garçon brillant en paroles, mais pas « physique »
pour un sou, de prendre peu de risques sur le terrain
des « actions de partisan » qu’il
nous encourageait, de loin, à mettre en œuvre…
Ses liens, certes indirects, avec le fameux Henri Curiel,
juif égyptien, comme lui, d'attaches communistes,
comme lui, mais dans ce cas "soviétiques",
et surveillé, sa vie durant, par la DST comme par
la CIA, le BOSS sud-africain, les Chinois et le Mossad
pour ses liens réels ou supposés avec les
services secrets de Moscou, auraient dû, normalement,
charger la barque, et lui valoir de sérieux
ennuis, juridiques ou extra-judiciaires, dès que
la notre mouvement, dont personne ne pouvait ignorer qu’il
était le principal inspirateur, a commencé
à révéler son potentiel réel :
à partir de l’été 1969, et
de l’opération de Flins, donc.
Comme tous les membres du groupe fondateur, mais peut-être
un peu plus que beaucoup d’entre eux, j’ai
bien connu Benny Levy – pour avoir été,
notamment, un de ses deux gardes du corps personnels,
notamment au cours d’A.G. houleuses qui pouvaient
devenir dangereuses, rue d’Ulm, à la rentrée
68, très échauffée.
Jacques Rémy, qui, contrairement à moi,
était un pur frappeur – un peu lourd, mais
souple, véritable expert en sports de combat, et
doté, qui plus est d’un physique impressionnant,
massif, et d’une belle gueule de « gorille »,
ou de tueur, restait assis devant lui.
Ma présence à ses côtés, un
rang devant Benny, n'ajoutait pas grand chose en termes
de dissuasion "physique", "militaire".
Je me débrouillais, sans plus, un ton en-dessous.
Mais j'étais devenu - Vietnam, "ratonnades"
de la Sorbonne, Villiers etc. - le symbole d'une volonté,
inébranlable. Celui qui ne dit pas toujours
ce qu'il fait, mais fait toujours ce qu'il dit, et n'hésitera
pas, au service des principes, à l'emploi des moyens
les plus absolus, les plus extrêmes...
La réunion se calmait, et traînait en longueur.
Je me levai, lentement, je les quittai tous deux, sans
un regard pour la salle, et j’allais démarrer
la moto, puis l’amener, moteur ronflant, devant
la porte. Il arrivait, serré de près par
le reste du groupe, enfilait le deuxième casque,
que je lui tendais, sans même l'attacher, et vroom...
Connu, non pour la force de mes coups, la technique qui
le portait, ni pour une intrépidité excédant
la moyenne de nos compagnons de l’époque,
qui étaient tous des braves, j’avais, simplement,
la réputation de garder, même dans les circonstances
les plus extrêmes, un calme absolument imperturbable ;
d’être toujours ponctuel, à la seconde
près ; et d’appliquer, quoi qu’il
arrive, les décisions prises.
C’est ce qui me valait ces responsabilités.
S’y ajoutant ma capacité à observer
les choses autour de moi, à voir, à écouter,
à ne pas faire transparaître mon avis, et
à me taire... C’est celle des "grands"
du métier - car c'en est un, des plus qualifiés
- d' "escort boy"...
Et c'est ce qui m’a permis, je crois, de
bien comprendre la vraie personnalité de Benny,
que je savais, comme tous, « un peu trouillard »,
abstrait, naïf et facilement impressionnable, sous
le masque de « grand dirigeant » et de
théoricien imperturbable qu’il affichait
en public, en général.
Devant son incroyable retournement, il nous est
arrivé de nous demander s'il n'avait pas été
envoyé parmi nous, dès le départ,
pour nous infiltrer, nous pousser au-delà des limites,
nous espionner, et nous trahir.
Mais, quand de longs contacts avec le milieu raffiné
jusque dans l'absolu de la violence des « services
parallèles » et autres « barbouzes »
d’ancienne ou de nouvelle école, aux marges
du journalisme et des réseaux, m’ont permis
de bien connaître, non tant leurs « petits
secrets », qu'ils gardent, que leur façon
de réfléchir, et leurs méthodes,
il m'est apparu que la réalité était
beaucoup plus simple.
Dans une perspective qui était d'abord,
dans les milieux du renseignement institutionnel, officiel,
gangrénés par l'antigaullisme atlantiste,
autant que par l'anticommunisme, le personnage,
et, au-delà, l'ensemble de notre potentiel, ne
constituaient pas une menace prioritaire, mais un atout,
paradoxal, certes, dans le "grand jeu".
Ensuite, quand il est apparu qu'une vraie force maoiste,
devenue mouvement populaire, "accrochait", risquant
d'échapper à tout contrôle, il a fallu
« neutraliser » Benny Levy,
et on l'a fait. Pour y arriver, il n'y avait
pas à forcer le trait. Pas d'opération spectaculaire
"à la brésilienne", "à
la chilienne", à l'argentine", ou "à
la grecque". Pas de sang, de sueur et de larmes,
pas de défécation-coliques au fond d'un
pantalon trempé d'urine sous l'effet de la douleur...
Il leur suffisait de le « choper »
par surprise, un soir, ou un matin, seul, en pleine rue…De
l'embarquer dans une camionnette, et de le « descendre
à la cave".
Là, nul besoin de torture. Quelques visages patibulaires,
et ne cherchant en rien à se dissimuler, ce qui
constitue la pire des menaces, quelques menaces vagues,
le visionnage d’une video d’interrogatoire
musclé, comme il s’en pratique, hélas,
nous le savons, dans l’anti-terrorisme comme dans
la lutte secrète contre les grands réseaux
multinationaux de drogue ou de banditisme, et le "travail"
était fait...
Avec un doigt de psychologie, les gens chargés
de ce facile boulot, s’ils ont existé,
pouvaient même se limiter à lui donner quelques
exemples d’infiltrations réussies chez les
maos, où la naïveté du "guide"
et de ses "grands-prêtres" n’avait,
en général, d’égale que leur
arrogance. Ce qui était particulièrement
vrai dans le secteur du « travail ouvrier »,
et, pire encore, de la "branche armée",
où Olivier Rolin, garçon qui eut ses qualités
avant de ne plus en avoir aucune, plein de conviction,
au moins les premiers temps, et de courage, s’est
appliqué à recruter, surtout parmi les « compagnons
de route » (fournisseurs de voitures, d’appartements
et de quelques petites sommes d’argent destinées
à financer les opérations « clandestines »)
des gens à qui je ne me serais pas risqué,
pour ma part, à confier, le cas échéant…mon
numéro de sécurité sociale…
Bref, la G.P. est tout d'abord reçue comme un don
du ciel pour liquider ce qui reste du gaullisme (1969);
puis, à l'inverse, pour casser la double menace,
contradictoire, américano-soviétique, de
la "vieille gauche" qui va se donner à
François Mitterrand-Bousquet au congrès
d'Epinay, en 1971. On la laisse vivre, Marcellin,
au ministère de l'Intérieur, se chargeant
de la répression "normale", a minima.
Elle devient même l'espoir, qui devra très
vite être abandonné, d'une nouvelle
machine à briser le communisme au cœur du
prolétariat profond. Quand l' "ex-GP"
commence à devenir plus la relève que la
rivale du vieux communisme prolétarien à
la française, elle doit être stoppée,
et on la casse, net, aux portes de Billancourt où
elle a grandi trop vite.
Depuis, les maos officiels, ou ce qu'il en reste, survivent,
tolérés d'un œil du moment
que leurs dirigeants discrètement engagés
sur le chemin de roses bordé de haies d'épines
du repentir commencent à jouer à touche-pipi
avec la nouvelle technocratie "socialiste"...
Vient l'époque des "Mao-continuateurs",
objet d'un débat qui les surplombe
et qu'ils ignorent: représentent-ils
plutôt une assurance-dégâts
contre une menace "cosaque", ou plutôt
un atout à terme contre l'américanophilie
de Giscard?
Peu nombreux, isolés, étroitement
surveillés, nous survivons, suivant notre fil rouge,
fil de funambule au dessus de l'abîme, ou fil d'Ariane,
après 1981 - époque Grossouvre, Barril,
rue des Rosiers etc...
Entre résurrection, survie et mort définitive,
notre histoire incertaine sinue dans une époque,
mouvante, où les enjeux qui dominent la partie
se nomment Israël-Palestine, puis Irak-Iran, etc.
Jusqu'à ce jour, dans l' insensé pari -
mais c'est notre lot - d'unir, contre "Sarko l'Américain"
et les menaces de décomposition géopolitique
comme de guerre civile interne que son cycle libère,
le peuple des cités multicolores, celui de ce qui
reste d'usines dans le monde éclaté du travail,
de petits noyaux d'influence dans la paysannerie, et le
plus pur gaullisme des réseaux, indestructible
, ramassé sur lui-même, comme pieuvre mafieuse
rétractant ses tentacules quand la mer est mauvaise
et les prédateurs, proches, mais dont l'avenir,
s'il en est un, n'est que dans une expansion populaire,
renouant avec l'inspiration fondatrice de 1940-46, puis
de 1958-62, dans un vaste rassemblement d'un peuple de
France enfin revenu à lui-même...
Bien loin de ces complications angoissantes, aux portes
de Nantes, je suis allé retrouver la grande famille
Blineau, ceux qui m'avaient ouvert les portes de la (semi)liberté,
du travail régénérant, aux champs,
et leur cœur gros comme ça, quand j'étais
dans la solitude, le désarroi et la colère.
Retraités, Pierre, Paul, Dédé, Joseph,
leur sœur Marie- Thérèse, et leurs
compagnes ou épouses, mes "petites mères"
des champs de la Basse Loire, gardent les pieds sur terre,
et l'espoir chevillé au corps.
Entrepreneur social infatigable, Paul a su trouver langage
commun, puis énergie commune, avec de jeunes marginaux,
plus ou moins étudiants, des grands ensembles plus
ou moins redoutés de Saint-Herblain, banlieue nantaise
la plus proche. Ensemble, ils ont nettoyé des terres
en friche aux abords de Couëron, y ont fait venir
l'eau, creusé des puits, retourné et bonifié
la terre, sans engrais chimique, évidemment. Dans
un cadre associatif, souple, Les Amis du Jardin de la
Coutelière, ils y font pousser de délicieux
légumes, dans un potager collectif, d'abord "sauvage",
mais dont certains propriétaires, squattés,
ont préféré mettre les choses en
règle gentiment, et leur signer des baux. Ici se
tissent, à échelle microscopique, les liens
d'une société nouvelle, ville-campagne à
distance de vélo des "cités difficiles"
et des ordinaires HLM ou de jeunes "desperados",
dont quelques immigrés et fils ou petit-fils d'immigrés,
à la recherche de repères, donnent du sens
à leur vie - et pas seulement à la leur.
Pierre, le plus "jeune", jeune retraité
maintenant, le plus casse-cou de la bande, et le plus
proche des maos, m'a donné les quelques détails
que j'avais ignorés sur certaines des actions de
"Groupes d'Action Paysanne", dans l'esprit des
GOAF de Coder ou Renault-Billancourt, dont il a suivi
de près la chronique, et reste le mémorialiste,
sans archives écrites d'aucune sorte, avec une
vive mémoire. Du coupe-boulons que le commando
ouvrier-paysan de boycott de l'enquête publique
contre la centrale nucléaire du Pellerin avait
pensé à emmener pour "briser les chaînes"
assujettissant le registre convoité, aux cagoules
enfilées en vitesse par de jeunes paysans, en marge
d'une manif syndicale, avant d'investir le bureau de l'avocat
Toulza, de l'affaire de Cheix en Retz, qui, heureusement
pour lui, n'était pas là, mais a trouvé,
plus tard, un peu de désordre dans les papiers
de ses bureaux défoncés. C'est loin maintenant..."Il
n'y a plus rien eu pendant plus de dix ans, de la création
de la Confédération paysanne, à peu
près, à la descente en force dans le bourg
de Nort sur Erdre", en 1990, autour du Crédit
Agricole, investi, pour une affaire de "primes d'intempéries".
Il suit l'actualité, croise toujours Serge Doussin,
dans les manifs ouvrières, et Jean-Paul
Minier, de la Chapelle sur Erdre, dans les cortèges
pour la Palestine. Tout récent retraité,
il suit de près les jeunes de la famille, les neveux,
les cousins, qui ont repris les fermes de la famille...Quelquefois
dans la tradition, "rouge", quelquefois pas
du tout...La nouvelle machine appelée "roule-balleur",
qui a permis d'introduire la technique de l' "ensilage
enrubanné", semant en rangées parfaites
de petites bottes de foin cylindriques automatiquement
bâchées. Ne reste plus à attendre
que la fermentation fasse son œuvre, l'ensilage,
c'est "le chocolat des vaches", une alimentation
concentrée, riche, conservable, qui dope la production
de lait (je résume). Dans la région, la
grosse frisonne noire et blanche qui mangeait énormément
et donnait beaucoup de lait avait été remplacée,
il y a longtemps déjà, par la Holstein américaine,
ou ensemencée par du sperme de taureau américain,
aux mamelles taillées sur mesure pour les robots
à traire. Aujourd'hui, on voit de plus en plus
de normandes ou de montbéliardes, rousses et blanches.
Les Blineau voient peu Joseph Potiron
qui, de La Chapelle, à quelques dizaines de kilomètres
à peine, consacre lui, maintenant, l'essentiel
de son énergie et de ses réflexions à
des échanges avec les paysans du grand-sud, Afrique
ou Amérique Latine, et héberge régulièrement
des étudiants du monde entier, tentant aussi d'échanger,
et d'aider.
Unir le peuple...Unir ces résistants inoxydables,
porteurs d'une grande mémoire de la nature, de
la culture, et des luttes paysannes, et les aventuriers
clandestins, militaires, semi-militaires ou "politico-militaires"
de la "guerre secrète" contre l'impérialisme
- et toujours pour la Palestine...
- Et les unir, les uns comme les
autres, aux rescapés de l'aventure Renault, plus
largement, à l'expérience d'usine, et à
la nouvelle CGT d'aujourd'hui...
- Et lier ces consciences, ces mémoires,
ces réseaux, aux jeunes rebelles des collèges
et des banlieues en pré-insurrection permanentes...Et
toujours, réfléchir ensemble...
Nous n'avons pas d'autre perspective,
ni d'autre tâche, sur une longue route. Et
nous n'avons, qu'on s'en inquiète, ou qu'on en
rie, pas le moindre doute sur l'issue. D'abord,
et toujours, "en prendre plein la gueule".
Ensuite, gagner...Et "Vaincre et Vivre!"
suite et fin de REBELLES
, colonnes à droite, accès par clic
ici
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Ils sont notre sang...! |
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| "Mon
procès aura finalement lieu le 13 octobre à
8h30 du matin au tribunal de grande instance au 2
bvd. Limbert à Avignon."
"Je m'appelle Patrick
Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à
Genève. Je suis acteur, metteur en scène
et auteur. A Genève je dirige une compagnie,
le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre
de la Parfumerie et m'occupe également du festival
« De bouche
à oreille".
Dans le cadre de mes activités artistiques,
je viens régulièrement au festival d'Avignon
pour y découvrir des spectacles du «
in » et du « off ». Notre compagnie
s'y est d'ailleurs produite à trois reprises.
Cette année, je suis arrivé dans la
région depuis le 10 juillet et j'ai assisté
à de nombreux spectacles.
Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille
et trois de ses camarades d'une représentation
d'une pièce très dure sur la guerre
en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à
l'ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir
à un spectacle donné par un couple d'acrobates.
A la fin de leur numéro, je m'avance pour mettre
une pièce dans leur chapeau lorsque j'entends
le son d'un Djembé (tambour africain) derrière
moi. Etant passionné par la culture africaine.
(J'y ai monté plusieurs spectacles et ai eu
l'occasion d'y faire des tournées.) Je m'apprête
à écouter les musiciens. Le percussionniste
est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni. (Sorte
de contrebasse surtout utilisée par les chasseur
sen Afrique de l'Ouest.)
A peine commencent-ils à jouer qu'un groupe
de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et
contrôler leur identité. Contrarié,
je me décide à intervenir. Ayant
déjà subit des violences policières
dans le même type de circonstances il y a une
vingtaine d'année à Paris, je me suis
adressé à eux avec calme et politesse.
Le souvenir de ma précédente mésaventure
bien en tête. Mais je me suis dit que j'étais
plus âgé, que l'on se trouvait dans un
haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie
et que j'avais le droit de m'exprimer face à
ce qui me semblait une injustice. J'aborde donc un
des C.R.S et lui demande : « Pourquoi contrôlez
vous ces artistes en particulier et pas tous ceux
qui se trouvent sur la place? » Réponse
immédiate.
« Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde!
« Justement ça me regarde. Je trouve
votre attitude discriminatoire. »
Regard incrédule. « Tes papiers ! »
« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller
les chercher dans la voiture. »
« Mets-lui les menottes ! »
« Mais vous n'avez pas le droit de… »
Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.
« Tu vas voir si on n'a pas le droit.»
Et brusquement la scène a dérapé.
Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie
inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et
les curieux qui assistaient à la scène
ont reculé choqués alors qu'ils me projetaient
au sol, me plaquaient la tête contre les pavés,
me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière
comme un poulet désarticulé et m'enfilaient
des menottes. Les bras dans le dos, ils m'ont relevé
et m'ont jeté en avant en me retenant par la
chaîne. La menotte gauche m'a tordu le poignet
et a pénétré profondément
mes chairs. J'ai hurlé :
« Vous n'avez pas le droit, arrêtez, vous
me cassez le bras ! »
« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce
de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos
je te dis, plus vite, arrête de gémir
! »
Et ils me frottent la tête contre les pavés
me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent
à terre. La foule horrifiée s'écarte
sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en
aide et se fait violemment repousser. Des gens s'indignent,
sifflent, mais personne n'ose interrompre cette interpellation
d'une violence inouïe. Je suis traîné
au sol et malmené jusqu'à leur ourgonnette
qui se trouve à la place de l'horloge 500 m
plus bas. Là. Ils me jettent dans le véhicule,
je tente de m'asseoir et le plus grand de mes agresseurs
(je ne peux pas les appeler autrement), me donne un
coup pour me faire tomber entre les sièges,
face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes
et l'autre sur la cheville il appuie de tout son poids
contre une barre de fer.
« S'il vous plait, n'appuyez pas comme ça,
vous me coupez la circulation. »
« C'est pour ma sécurité. »
Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu'au
commissariat de St Roch
Le trajet est court mais il me semble interminable.
Tout mon corps est meurtri, j'ai l'impression d'avoir
le poignet brisé, les épaules démises,
je mange la poussière. On m'extrait du fourgon
toujours avec autant de délicatesse. Je vous
passe les détails de l'interrogatoire que j'ai
subi dans un état lamentable. Je me souviens
seulement du maquillage bleu sur les paupières
de la femme qui posait les questions.
« Vous êtes de quelle nationalité
? » « Suisse. »
« Vous êtes un sacré fouteur de
merde »
« Vous n'avez pas le droit de m'insulter »
« C'est pas une insulte, la merde » (Petit
rire.)
C'est fou comme la mémoire fonctionne bien
quand on subit de pareilles agressions. Toutes les
paroles, tout les détails de cette arrestation
et de ma garde à vue resterons gravés
à vie dans mes souvenirs, comme la douleur
des coups subis dans ma chair.
Je remarque que l'on me
vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes
des CRS. Mais la violence physique a seulement fait
place au mépris et à une forme d'inhumanité
plus sournoise.
Je demande que l'on m'ôte
les menottes qui m'ont douloureusement entaillé
les poignets et que l'on
appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher
et que j'aurais mieux fait de réfléchir
avant de faire un scandale. Je tente de protester,
on me coupe immédiatement la parole. Je comprends
qu'ici on ne peut pas s'exprimer librement. Ils font
volontairement traîner avant de m'enlever les
menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés.
Je ne sens plus ma main droite.
Fouille intégrale. On me retire ce que j'ai,
bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.
« Enlevez vos vêtements ! » J'ai
tellement mal que je n'y arrive presque pas.
« Dépêchez-vous, on n'a pas que
ça à faire. La boucle d'oreille ! »
J'essaye de l'ôter sans y parvenir.
« Je ne l'ai pas enlevée depuis des années.
Elle n'a plus de fermoir. »
« Ma patience à des limites vous vous
débrouillez pour l'enlever, c'est tout ! »
Je force en tirant sur le lob de l'oreille, la boucle
lâche.
« Baissez la culotte ! »
Je m'exécute. Après la fouille ils m'amènent
dans une petite cellule de garde à vue.
4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige
vissée au mur. Les parois sont taguées,
grattées par les inscriptions griffonnées
à la hâte par les détenus de passage.
Au briquet ou gravé avec les ongles dans le
crépi. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid……
chacun laisse sa marque.
L'attente commence. Pas d'eau, pas de nourriture.
Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler
mon bras. Les murs et le sol sont souillés
de taches de sang, d'urine et d'excréments.
Un méchant néon est allumé en
permanence. Le temps s'étire. Rien ici qui
permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur
lancinante m'empêche de dormir. J'ai l'impression
d'avoir le cœur qui pulse dans ma main. D'ailleurs
alors que j'écris ces lignes une semaine plus
tard, je ne parviens toujours pas à dormir
normalement.
J'écris tout cela en détails, non pas
pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement
bien conscient que ce qui m'est arrivé est
tristement banal, que plusieurs fois par jours et
par nuits dans chaque ville de France des dizaines
de personnes subissent des traitements bien
pires que ce que j'ai enduré. Je sais
aussi que si j'étais noir ou arabe
je me serais fait cogner avec encore moins de retenue.
C'est
pour cela que j'écris et porte plainte.
Car j'estime que dans la police française et
dans les CRS en particulier il existe de dangereux
individus qui sous le couvert de l'uniforme laissent
libre cour à leurs plus bas instincts.
(Evidement il y a aussi des arrestations justifiées,
et la police ne fait pas que des interventions abusives.
Mais je parle des dérapages qui me semblent
beaucoup trop fréquents.) Que ces dangers
publics sévissent en toute impunité
au sein d'un service public qui serait censé
protéger les citoyens est inadmissible dans
un état de droit.
J'ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu'un
de profondément non violent, par conviction,
ce type de mésaventure me renforce encore dans
mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils
pour analyser la situation je pourrais aisément
basculer dans la violence et l'envie de vengeance.
Je suis persuadé que ce type d'action
de la police nationale visant à instaurer la
peur ne fait qu'augmenter l'insécurité
en France et stimuler la suspicion et la
haine d'une partie de la population (des jeunes
en particulier.) face à la Police.
En polarisant ainsi la population on crée une
tension perpétuelle extrêmement perverse.
Comme je suis un homme de culture et de communication
je réponds à cette violence avec mes
armes. L'écriture et la parole. Durant les
16h qu'a duré ma détention, (avec les
nouvelles lois, on aurait même pu me garder
48h en garde à vue.) je n'ai vu dans
les cellules que des gens d'origine africaine et des
gitans. Nous étions tous traité
avec un mépris hallucinant. Un
exemple, mon voisin de cellule avait besoin d'aller
aux toilettes. Il appelait sans relâche
depuis près d'une demi heure, personne ne venait.
Il c'est mit à taper contre la porte pour se
faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus
fort, finalement un gardien exaspéré
surgit.
"Qu'est ce qu'il y a ? »
« J'ai besoin d'aller aux chiottes. »
« Y a une coupure d'eau. »
"Mais j'ai besoin. »
« Y a pas d'eau dans tout le commissariat, alors
tu te la coince pigé. »
Mon voisin qui n'est pas seul dans sa cellule continue
de se plaindre, disant qu'il est malade, qu'il va
faire ses besoins dans la cellule.
« Si tu fais ça on te fait essuyer
avec ton t-shirt. »
Les coups redoublent. Une voix féminine lance
d'un air moqueur.
« Vas-y avec la tête pendant que
tu y es. Ca nous en fera un de moins. »
Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait
fait une bonne plaisanterie.
Après une nuit blanche, vers 9h du matin on
vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire
ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau,
comme dans les films. La dame qui s'occupe
de cela est la première personne qui me parle
avec humanité et un peu de compassion depuis
le début de ce cauchemar.
« Hee bien, ils vous ont pas raté. C'est
les CRS, ha! bien sur. Faut dire qu'on a aussi des
sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont
pas tous comme ça. »
J'aimerais la croire.
Un officier vient me chercher pour que je dépose
ma version des faits et me faire connaître celle
de ceux qui m'ont interpellé. J'apprends
que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à
l'émeute et violence envers des dépositaires
de l'autorité publique. C'est vraiment
le comble. Je les aurais soi-disant agressés
verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires
assermentés peuvent ils mentir aussi
éhontement ? Je raconte ma version
des faits à l'officier. Je
sens que sans vouloir l'admettre devant moi,
il se rend compte qu'ils ont commis une gaffe.
Ma déposition est transmise au procureur et
vers midi je suis finalement libéré.
J'erre dans la ville comme un boxeur sonné.
Je marche péniblement. Un mistral à
décorner les bœufs souffle sur la ville.
Je trouve un avocat qui me dit d'aller tout de suite
à l'hôpital faire un constat médical.
Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou
je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins
hâtifs. Dans la salle d'attente, je lis un journal
qui m'apprend que le gouvernement veut supprimer 200
hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000
emplois dans l'éducation. Sur la façade
du commissariat de St Roch j'ai pu lire qu'il allait
être rénové pour 19 millions d'Euros.
Les budgets de la sécurité sont à
la hausse, on diminue la santé, le social et
l'éducation. Pas de commentaires.
Je n'écris
pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer
mon indignation face à un système qui
tolère ce type de violence. Sans doute
suis-je naïf de m'indigner. La plupart des Français
auxquels j'ai raconté cette histoire ne semblaient
pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses
anecdotes du genre. Cela me semble d'autant plus choquant.
Ma naïveté, je la revendique, comme je
revendique le droit de m'indigner face à l'injustice.
Même si cela peut paraître de petites
injustices. C'est la somme de nos petits silences
et de nos petites lâchetés qui peut conduire
à une démission collective et en dernier
recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous
n'en sommes bien évidement heureusement pas
encore là.)
Depuis ma sortie, nous
sommes retournés sur la Place des Papes
et nous avons réussi à trouver
une douzaine de témoins qui ont accepté
d'écrire leur version des faits qui corrobore
tout ce que j'ai dis. Ils certifient tous
que je n'ai proféré aucune insulte ni
n'ai commis aucune violence. Les témoignages
soulignent l'incroyable brutalité de l'intervention
des CRS et la totale
disproportion de leur réaction face à
mon intervention.
J'ai essayé de
retrouver des images des faits, mais malheureusement
les caméras qui surveillent la place sont gérées
par la police et, comme par hasard elles sont en panne
depuis début juillet.
Il y avait des
centaines de personnes sur la place qui auraient pu
témoigner, mais le temps de sortir de garde
à vue, de me faire soigner et de récupérer
suffisamment d'énergie pour pouvoir tenter
de les retrouver, je n'ai pu en rassembler qu'une
douzaine.
J'espère toujours
que peut-être quelqu'un ait photographié
ou même filmé la scène et que
je parvienne à récupérer ces
images qui prouveraient de manière définitive
ce qui c'est passé.
Après 5 jours soudain, un monsieur africain
m'a abordé, c'était l'un des musiciens
qui avait été interpellé. Il
était tout content de me retrouver car il me
cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal
de n'avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me
remercier d'être intervenu en leur faveur. Il
était profondément touché et
surpris par mon intervention et m'a dit qu'il habitait
Grenoble, qu'il avait 3 enfants et qu'il était
français. Qu'il viendrait témoigner
pour moi. Qu'il s'appelait Moussa Sanou.
« Sanou , c'est un nom de l'ethnie Bobo. Vous
êtes de Bobo-Dioulasso ? »
« Oui. »
Nous nous sommes sourit et je l'ai salué dans
sa langue en Dioula. Il se trouve que je vais justement
créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso
au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation
de nouvelles de l'auteur Mozambicain Mia Couto s'appellera
« Chaque homme est une race »
et un des artistes avec lequel je vais collaborer
se nomme justement Sanou. Coïncidence ? Je ne
crois pas. Je suis content d'avoir défendu
un ami, même si je ne le connaissais pas encore.
La pièce commence par ce dialogue prémonitoire:
- Quand on lui demanda de quelle race il était,
il répondit :
« Ma race c'est moi. »
- Invité à s'expliquer il ajouta
« Ma race c'est celui que je suis. Toute
personne est à elle seule une humanité.
Chaque homme est une race, monsieur le policier. »
Patrick Mohr 28 juillet 2008
- Chers amis, J’avais juste envoyé mon
témoignage à mon fichier personnel pour
que vous sachiez ce qui m’est arrivé
cet été et vous l’avez diffusé
à votre tour, ce qui a fait boule de neige.
Maintenant je veux vous tenir au courant de la suite
de cette triste affaire d’agression par les
CRS le 21 juillet dernier à 20h30 sur
la Place du Palais des Papes en plein festival d’Avignon.
Mon procès aura finalement lieu le
13 octobre à 8h30 du matin au tribunal de grande
instance au 2 bvd. Limbert à Avignon.
Je ne sais pas exactement à quelle heure mon
cas doit être jugé, mais ce sera dans
la matinée.
Je serais défendu par Maître
William Bourdon.
Je suis accusé du délit d’outrage
à agents et de rébellion. C’est
le monde à l’envers.
Me voici contraint de me défendre, alors que
je me suis fait agresser, humilié et
ai été détenu dans des conditions
déplorables pour avoir osé intervenir
poliment dans le cadre d’un contrôle d’identité
que j’estimais être discriminatoire sur
des artistes Africains. On est dans la logique
de la peur et de la répression.
Je passe mon temps à voir des avocats, la Ligue
des droits de l’homme ou des physiothérapeutes.
(Je souffre toujours de douleurs aux vertèbres
cervicales et dorsales et une partie de ma main droite
n’a pas encore récupéré
sa sensibilité suite aux lésions occasionnées
par les menottes.)
Que pouvez vous y faire ?
Ceux qui se trouvent dans la région peuvent
venir assister au procès.
Ceux qui connaissent des responsables politiques peuvent
les sensibiliser à travers cette histoire à
la possibilité de dérive des violences
policières.
Ceux qui veulent m’aider à faire face
aux dépenses engendrées par cette malheureuse
affaire (Notamment les frais d’avocats, de transport
et de citations de témoins.) peuvent verser
une donation sur le compte postal que j’ai ouvert
à cet effet CCP: 10-190329-5
N° IBAN : CH 92 0900 0000 1019 03295
SWIFT :POSICHBE
Je m’engage à verser tout surplus éventuel
à la section suisse de la Ligue des droits
de l’homme.
Actuellement cette sordide histoire me prend
tout mon temps, mais je ne veux pas oublier
de vivre, de créer et d’utiliser mes
armes que sont le théâtre, la parole,
l’image.
Pour cela je pars deux jours après mon procès
pour créer « Chaque homme est une
race » au Burkina- Faso puis au Mali. Je
serais de retour à la fin de l’année
à Genève.
Ce sont mes projets qui me tiennent debout
et c’est à travers eux que je veux exorciser
cette violence et la transformer sur scène
afin de ne pas devenir amer et aigri.
Si vous faites circuler cette info, je vous
prie de ne pas joindre mes coordonnées,
ni de m’écrire sauf dans des cas de grande
importance, car je ne parviens plus à faire
face à l’élan de solidarité
qui me réchauffe le cœur mais risque de
me submerger.
Veuillez recevoir mes salutations les plus cordiales,
et à la prochaine,
peut-être au tribunal, ou sur des planches plus
inspirantes. Amitiés.
Patrick Mohr
Théâtre Spirale
Chemin de la Gravière
1227 Genève
www.theatrespirale.com
| |
Dernière
minute
Voici les deux messages que nous venons
de recevoir de Patrick Mohr ! Merci de l'avoir
soutenu et publié. On aura certainement
des nouvelles en janvier:
De: procespatrick@live.fr
Objet:
Date: 11 octobre 2008 13:26:46 GMT+02:00
Bonjour vite ce message pour vous dire que
mon procès viens d'être déplacé
pour 2009. Les dates restent encore à
déterminer.
Ma plainte sera vraisemblablement
jugée en même temps que celle des
policiers ( ce qui change tout) C'est
une bonne nouvelle , même si c'est compliqué
d'avertir tout les gens concernés.
Pourriez vous tenter de faire circuler l'info
afin d'éviter que des gens se déplacent
pour rien?
Je vais faire un envoi collectif à tout
ceux qui m'ont écrit, mais cela risque
de ne pas suffire . Je suis débordé.
Auriez vous la
gentillesse de contacter les gens qui s'occuppent
du site Le Monde Réel afin qu'ils corrigent
leur site rapidement
Merci de votre solidarité..
Cordialement. Patrick
Chers amis, mon procès viens
d'être repoussé à l'année
prochaine.
Je ne connais pas encore les dates, mais je
vous les communiquerai dès que je les
saurai.
C'est très compliqué d'essayer
d'avertir tout ceux qui voulaient venir me soutenir,
alors je vous demande de m'aider à diffuser
cette information pour que des gens ne se déplacent
pas pour rien.
Finalement
ma plainte devrait pouvoir être entendue
en même temps que celle des CRS, ce qui
change tout car je n'irais pas seulement
pour être jugé comme coupable "d'outrage
et de rébellion" mais pour tenter
d'obtenir justice.
L es infos circulent sur plein de sites que
je ne connais même pas et des tas de journalistes
allaient se déplacer pour couvrir l'évènement
alors si vous en connaissez avertissez les SVP.
C'EST URGENT!
Je pars créer "Chaque homme
est une race" au Burkina -faso mercredi
15 et serais de retour le 20 décembre.
Merci de ne pas m'écrire, sauf
pour des cas très importants car je suis
débordé , et même si les
messages de solidarité me réchauffent
le coeur je ne parviens plus à y répondre.
J'essaierai de vous tenir au courant.
la route est longue , longue , longue.....
Amitié
Patrick Mohr
- Transmis par Maryelle BUDRY et René
CRUSE
|
|
|
Elément
de pointe des services secrets français, ou du moins
de leur branche authentiquement patriote, libre de la tutelle
américaine et américano-israélienne,
fidèle aux idéaux de Libération Nationale
qui furent ceux de la Résisance anti-nazie, du général
De Gaulle, du colonel Passy, d'Honoré d'Estienne
d'Orves, du colonel Fabien, et de Jean Moulin, le Capitaine
Barril, ami des peuples arabes, de la Palestine et du Liban
héroïque, fondateur du GIGN sous la tutelle
du Service Action du SDECE (devenu DGSE),(alors dirigé
par le général Georges Grillot) est à
nouveau la cible d'une campagne de presse.
Placé en
garde à vue depuis quatre jours sous des accusations
fantaisistes, il pourrait être mis en examen dans
les heures qui viennent! |
|
LIBEREZ
LE CAPITAINE BARRIL! |
|
Ça
faisait longtemps!... Une fois de plus, "les loups,
les cochons et les chiens" de la Presse Putain
sont lancés par leurs maîtres aux trousses
de Paul Barril.
A partir de
1982, le "capitaine Fracassant" des années
Mitterrand, infiltré par les réseaux "parallèles"
du gaullisme historique au sein de la famause "cellule
anti-terroriste de l'Elysée" avait été
la cible d'une incessante campagne de presse alimentée
par des indicateurs de police gauchistes et pro-Israéliens
- et par des journalistes aux ordres, trotskistes tendance
"moustache".
On l'accusait,
sans l'ombre d'une preuve, d'avoir "piégé"
un bien étrange réseau de "dissidents"
de l'IRA irlandaise, elle-même dans la mire du MOSSAD
pour ses liaisons arabes.
Celui qui
était alors le "numéro 2" du GIGN
aurait introduit secrètement dans leur "planque"
un sac d'armes et d'explosifs miraculeusement découvert,
en suite, au cours d'une perquisition. L'accusateur, un
gauchiste repenti rallié à Mitterrand, et
à Israël, avait, en fait, remis se sac, confié
en dépôt par ses bizarres amis Irlandais, au
"gendarme de l'Elysée". Il avait
ensuite déclenché un cyclone imprévisible
en affirmant reconnaître un de ces "Irlandais
de Vincennes" dans le portrait-robot d'un jeune
barbu de type européen, suspecté d'avoir un
joué un rôle sanglant dans la tuerie du restaurant
GOLDENBERG, rue des Rosiers, à Paris, en 1982. Attentat
spectaculaire, aussitôt attribué aux Palestiniens
ou à des "terroristes arabes",
mais survenu, en fait, juste à point pour renverser
en faveur d'Israël une opinion publique française
révoltée par les images télévisées
des exactions commises, sous la protection de leurs
"panzers", par les tueurs en uniforme de"Tsahal",
et du sanglant SHARON, dans les ruines de Beyrouth affamée.
Le Capitaine,
et, avec lui, toute la tendance "Rondot"
des "services" français, bien
au fait des byzantines intrigues de la "guerre
secrète" au Moyen-Orient, avaient, au contraire,
acquis la conviction que le "long bras"
de Tel Aviv était derrière le carnage de la
rue des Rosiers, où des barbares avaient sauvagement
mitraillé les clients d'un grand restaurant juif,
comme dans la gestion DIRECTE de la boucherie de Sabra et
Chatila, destinée, elle, à rallumer la guerre
civile, chrétiens contre musulmans, au Liban.
Barril
avait seulement eu l'imprudence de laisser deviner
qu'il ne croyait pas à une "piste
arabe" dans l'affaire de la rue des Rosiers.
Bien au contraire...C'est l'origine de ses problèmes.
l passait dans le collimateur du MOSSAD, inquiet d'être
démasqué.
Barril avait
aggravé son cas en mettant la pression sur
les "gauchistes" irlandais arrêtés
à Vincennes. Il les suspectait de faire partie
de réseaux européens proches d'une tendance
bien imprudente du FPLP, en fait manipulés
"en longue laisse" avec beaucoup d'habileté
par les "services" de Tel Aviv. L'intrépide
capitaine avait alors déchaîné
sur lui les foudres du trotskiste Antoine Comte, de
son petit camarade Edwy Plenel, et de tous les petits
moutons courant en ligne au précipice de la
"presse d'investigation" parisienne,
nourrie en tuyaux "sûrs"
par la police de François Mitterrand, et par
les petits mouchards de l'Elysée...
Comme beaucoup
de tambouilles mitonnées dans les cuisines
odorantes du tandem Comte-Plenel, officiellement
"grands amis de la Palestine", l'affaire
devait finir en jus de boudin, près avoir fait
beaucoup de mousse,"l'indic" accusateur
de Barril, grand ami de la LCR, et d'Israël,
ayant été retiré à l'affection
des siens à la suite d'un arrêt cardiaque
consécutif à ce qu'il est convenu d'appeler
"une longue et douloureuse maladie"...
- Sortez couverts!
Mais
la chasse au Barril n'allait pas s'arrêter là.
Devenu la cible privilégiée de toute
la petite mafia sioniste grenouillant dans
les cabinets du monarque finissant, Paul allait être
soupçonné d'avoir (prudemment) protégé
sa peau, et fait chanter les grands de ce monde, en
gardant une copie sécurisée des fameuses
"Ecoutes de l'Elysée"
- dont seule une fraction infime a été
dévoilée, passant d'un petit réseau
de renseignement mao infiltré à Libération
aux colonnes du journal...
Elles contiennent
les secrets des affaires d'agent, de sexe, et de sang,
qui ont fait le quotidien des années Mitterrand,
mêlant, sur fond d'assassinats et de partouzes
plus ou moins pédophiles tout le gratin de
la politique, des media, et d'innombrables créatures
de l'univers "people" parfois issues
du trottoir, avant de s'élever à des
formes de prostitution plus raffinées, plus
indirectes, souvent plus coûteuses et parfois
très cruelles...
Aujourd'hui
reconverti dans la sécurité privée
de haut niveau, au niveau international, après
une brève parenthèse africaine
au cours de laquelle il devait de nouveau se trouver
dans le collimateur des services
américains et du Mossad, pour avoir combattu
la stratégie de "suprématisme
ethnique" des Tutsis du Rwanda, soutenus
par des "conseillers spéciaux"
israéliens, menant cyniquement au génocide,
Paul se trouve l'objet d'une cabale d'un tout
autre calibre, mais située toujours dans le
même cadre et dans le même contexte.
Un escroc
compromis dans une affaire de blanchiment d'argent
liée à la lutte pour le contrôle
de cercles de jeux parisiens porte contre lui des
accusations.
Les sociétés
de sécurité du Capitaine Barril, qui
ont pignon sur rue dans les beaux quartiers de Paris,
fournissent, à 'occasion, mais c'est très
cher, des prestations de protection de personnalités
engagées dans des activités à
risque.
Ces activités
de surveillance et de "bodygard"
sont parfaitement légales, et menées
avec une rigueur scrupuleuse, qui n'a d'égale
que leur efficacité.
Paul, qui
ne se déplace jamais sans sa brosse à
dents, une paire de menottes en synthétique
durci, un tout petit Beretta ultra-plat, un parapluie
anglais très chic, l'hiver, et une escorte
discrète, s'attend toujours à tout,
surtout au pire.
C'est un homme
organisé, calme, et peu bavard. Comme l'est
Roland Cassone, l'ancien "homme de pointe"
du fameux "Jacky Le Mat" (lui-même
homme des Israéliens dans le milieu français
avec son associé le regretté "Francis
Le Belge"). C'est la présence de
Cassone qui donne à l'affaire du cercle de
jeux Concorde un certain cachet. Homme de...concorde,
mais homme d'honneur, Cassone, "le
parrain d'Aix en Provence", avait mis tout
le midi provençal à feu et à
sang après l'assassinat de son frère,
abattu à ses côtés, sur une petite
route, au cours de la guerre du "Matou",
leur ami et protégé, contre les troupes
du napolitain Tany Zampa. Mais c'est aujourd'hui de
l'histoire ancienne. Et cet homme respecté,
qui quitte rarement son gilet pare-balle et son pistolet
autrichien en carbone de marque Glock, dont seule
une petite pièce de la culasse est encore en
métal, et qui donc passe en toute sécurité
les portiques de beaucoup d'aéroports, est
aujourd'hui un homme d'affaires tranquille, passant
son temps entre sa villa-forteresse d'Aix et une petite
île grecque peu connue et difficilement accessible,
a bien le droit d'investir ses économies dans
un cercle de jeux, légal - et dans sa propre
sécurité, qui vaut cher.
A
suivre. J-P
C.
|
|
Jusqu'à
son dernier souffle il avait combattu "les liquidateurs
de l'espérance" |
Pierre
BOISGONTIER nous a quittés
"Combattant
de la Liberté comme il en fut peu, "Le
Lion de Grenoble" est mort d'un cancer
fulgurant.
Haute
et puissante figure, toute sa vie, du mouvement
anti-impérialiste et progressiste, il avait
été le principal dirigeant des maos
de la Gauche prolétarienne en région
Rhône-Alpes, et l'un des deux auteurs du texte
édité sous la signature de "chasse-goupille
et tire-rivets" mis en circulation
clandestine en 1973, après l'A.G. de liquidation
de la G.P.
| -
Texte appelant à "poursuivre
la Résistance", dont
une des suites fut le règlement du contentieux
créé par l'assassinat de l'ouvrier
mao de Renault-Billancourt Pierre
Overney, combattant communiste prolétarien,
maoiste, anti-impérialiste, anti-raciste,
anti-sioniste, en février
1972 - vengé
en cinq ans plus tard par un "Commando
de la Mémoire",
après que les ex-dirigeants, félons,
du mouvement au nom duquel ce
premier PIERRE avait affronté
le pistolet d'un tueur eurent abandonné
dans la boue le drapeau du premier, comme du
deuxième, qu'ensemble nous avons relevé. |
Comme
ont su le rappeler avec une force et une dignité
digne de lui les proches rassemblés autour
de son cercueil, le dernier acte militant de cet
homme de 73 ans, fils d'un lieutenant de Chasseurs
alpins lui-même "combattant de la
liberté" mort pour la France en
1940, et décoré quelques années
plus tard, enfant, de la Légion d'Honneur
due à son père, aura été
d'organiser personnellement et physiquement l' "embrouille"
de diversion perturbant la police pour permettre
à un jeune "sans-papier" de
s'enfuir du tribunal de Grenoble, par la rue de
la Liberté...
Ami de la
Palestine comme il avait été le frère
de sang du peuple vietnamien, "Boisgon",
voyant venir la fin à l'issue d'un tout-dernier
combat où il avait tout mis, avec notre appui
fraternel, avait choisi lui-même les chants
qui devaient accompagner l'adieu de ses amis.
Après
le Chant des Partisans, Agnus Dei, l'Internationale
et La Marseillaise, c'est "Bella Ciao",
donné a capella par la voix de cristal
d'une jeune femme, son amie des tout derniers jours,
qui fut notre dernier salut à cet indestructible
compagnon.
| "Qu'importe
où nous surprendra la mort. Qu'elle soit
la bienvenue. Pourvu que notre cri de guerre
soit entendu; que d'autres hommes se lèvent
pour empoigner nos armes; que d'autres voient
s'élèvent, dans le fracas des
mitrailleuses, pour entonner des chants de guerre
et de victoire..." |
Jean-Paul
CRUSE |
|
A l'heure où le "PEUPLE
DES CITÉS", la jeunesse de la France vivante,
et derrière elle, des millions de citoyens de toute origine,
de toute couleur, et de toute croyance, vient de réaliser
une première démonstration
de force, massive, au premier tour de la Présidentielle
française, contre le candidat de l'extrême droite
israélo-américaine, des "likoudniks"
du Pentagone, de la "guerre mondiale des civilisations"
et de la guerre civile ethnique en France (le programme à
peine secret de Nicolas sarkozy de Neuilly-Bogsa,et se prépare
pour un deuxième tour de combat,
qui se jouera sur le fil, et au couteau, Le Monde Réel
fournit à ses lecteurs, nombreux à en faire la demande,
les toutes dernières précisions sur la santé
de notre frère Georges-Ibrahim Abdallah, chrétien
révolutionnaire libanais, haute
figure historique de la lutte anti-impérialiste, antisioniste.
Georges
Ibrahim Abdallah reste en danger!
Hospitalisé depuis 3 semaines dans des conditions
dignes des plus infects quartiers d’isolement.
Georges Ibrahim Abdallah, prisonnier politique emprisonné
en France depuis 1984, est désormais détenu, sous
régime de sécurité sévère,
à l’unité hospitalière
sécurisée interrégionale (USHI) de Toulouse.
Son Etat de santé a nécessité plusieurs
drainages et une opération avec anesthésie totale.
Selon l'administration pénitentiaire, ses jours ne seraient
"pas en danger". Cependant les médecins
multiplient les examens.Tandis que le personnel pénitentiaire
intensifie le harcèlement…
Exemples : Une des rares personnes ayant le droit de visiter Georges-Ibrahim
a demandé en début de semaine un parloir avec lui
pour le samedi. Il lui a été répondu que
ce n’était pas la peine puisqu'il devait sortir le
vendredi. Cette information délibérément
délivrée, était
totalement fausse.
Une autre se déplaçant de Paris n’a pu avoir
confirmation d’un parloir que le vendredi soir pour le samedi
en début après-midi. Ces parloirs accordés
au compte-goutte ne durent qu’une demi-heure. Qu’importe
s’il faut traverser la France pour visiter le patient. Et
impossible d’obtenir une prolongation, ne serait-ce que
d’une demi-heure, malgré la promesse faite au téléphone.
Impossible de faire passer au détenu, malade et opéré,
des livres, des timbres, des cartes postales, une carte téléphonique,
du papier, un crayon. Tout cela doit être acheté
par lui... à l’administration pénitentiaire...
mais comme il n’est pas possible non plus de lui déposer
de l’argent, il ne peut ni écrire, ni téléphoner
et les visites lui sont quasi impossibles.
Cet isolement qui n'ose dire son nom est insupportable !
Sa famille habitant au Liban a cherché à avoir de
ses nouvelles en téléphonant et en faxant à
l’hôpital. Aucune réponse ne lui a été
faite !
Vingt trois ans après son arrestation, Georges Ibrahim
Abdallah, même hospitalisé, continue à subir
un sort indigne
Rappelons les faits :
Les autorités françaises arrêtent Georges
Ibrahim Abdallah le 24 octobre1984, engagent des poursuites judiciaires
et l'incarcèrent pour détention de vrais-faux papiers
d'identité. Pour
simple détention d'armes et d'explosifsl
il est ensuite condamné à quatre années d'emprisonnement,
le 10 juillet
1986.
Quelques jours avant sa libération, la DST, manipulée,
pour l'occasion, par la CIA et le Mossad, annonce la soudaine
« découverte » d’une arme dans un
appartement loué en son nom, prétendant que celle-ci
aété utilisée dans l'attentat contre le colonel
Charles Ray agent de la CIA, et l'agent du MOSSAD Yakov Barsimantov.
Le
1er mars 1987,
Georges Ibrahim Abdallah est jugé
une seconde fois, sur la base de cette saisie miraculeuse. Le
parquet requiert une peine de dix ans d'emprisonnement. Un verdict
de condamnation à perpétuité
est prononcé.
La même année, dans un livre confession, Jean-Paul
Mazurier, l'avocat du militant, reconnait avoir été
une "taupe" des services secrets, payé
pour cette forfaiture indigne de la vocation d'avocat...
En novembre 2003, la juridiction régionale de libération
conditionnelle de Pau autorise la libération du prisonnier.
Sur ordre du ministre de la Justice, le procureur général
de Pau fait appel et Georges Abdallah reste emprisonné.
Depuis chaque nouvelle demande est systématiquement refusée.
Selon les textes, Georges Ibrahim Abdallah est libérable
depuis 1999. Une nouvelle demande de libération conditionnelle
est en cours. Son dossier est recevable, puisqu’un juge
avait déjà accepté sa mise en liberté
en
2003.
S’il
est libéré, Georges Abdallah accepte de retourner
vivre au Liban. Il ne représente donc nul risque de trouble
à l’ordre public en France.
Son
hospitalisation montre également que son état de
santé n’est pas compatible avec un maintien en détention.
Un nouveau rejet ne serait qu’une preuve supplémentaire
du harcèlement.
Georges Ibrahim Abdallah doit être libéré
sans délais!
Paris le 23 avril 2007
Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
NOS
PREMIERES INFOS D'ALERTE ICI
" Georges
Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais emprisonné
en France depuis 1984, a été hospitalisé
d’urgence en soins intensifs mardi 3 avril. Son avocat,
ayant appris la gravité de sa maladie (un pneumothorax),
a décidé d’aller rapidement le voir à
l’hôpital. Il lui faudra batailler avec
l’administration pour obtenir l’autorisation de rencontrer
son client. Georges Ibrahim n’a pas de famille en France
qui puisse lui rendre visite."
(Condamné à la suite d'une
manipulation de la DST, elle-même instrumentalisée
par ses tuteurs de la CIA et du Mossad, NDLR LMR), "Georges
Ibrahim, poursuit le communiqué, "a fini
de purger la période de sûreté assortie et
est donc légalement libérable depuis 1999.
En
novembre 2003,
la juridiction régionale de libération conditionnelle
de Pau autorisait sa libération. Sur ordre du ministre
de la Justice de l'époque, Dominique Perben, le procureur
général faisait appel de cette décision.
La juridiction nationale de libération conditionnelle rendait
son verdict le 15 janvier 2004, décidant le maintien en
prison (...). Depuis, chaque demande de libération est
systématiquement rejetée.(...) A l’approche
du quart de siècle d’emprisonnement
de Georges Ibrahim Abdallah, qu’est-ce qui peut justifier
son maintien en détention ? Rien… si ce n’est
la volonté de plaire aux sionistes et aux impérialistes
(...)."
Dans le texte ci-dessus,
reçu par Le Monde Réel ce 11 avril, les collectifs
« Ne laissons pas faire ! » (nlpf@samizdat.net)
et Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
(liberonsgeorges@no-log.org) associent leur légitime protestation
à d'autres concernant le sort, lui aussi, sur le plan humain,
scandaleux, mais politiquement, très différent,
des malheureux rescapés du groupe anarcho-maoiste
Action directe, abandonné, dans
les années 70-80, aux provocations-manipulations des services
de renseignement de différents pays, dont la France, Israël,
et d'autres encore, dans le vide politique laissé béant
par la liquidation de la gauche prolétarienne, en 1973,
à l'instigation des mao-ramollos, devenus purement et simplement,
pour la plupart d'entre eux, des renégats, July, Geismar,
Benny Lévy, Rolin, et cie...
Il est vrai que le sort réservé
à la courageuse Joelle Aubron, décédée
le 1er mars 2006, après plus de 17 ans d’incarcération,
d’un cancer trop tardivement soigné, est révoltant...
Hospitalisée de façon
quasi clandestine, sans que sa famille ne soit informée,
à l'article de la mort, elle avait été attachée
par des menottes à son lit d’hôpital. Une première
demande de suspension de peine au titre de la loi Kouchner lui
fut refusée. Il fallut une forte mobilisation extérieure
(avec notamment l’occupation du siège de l’Ordre
des médecins) et malheureusement un état de santé
se détériorant encore, pour qu’enfin la suspension
de peine lui fût accordée.
Quelques semaines avant son
décès, le sarkozyste Pascal Clément, ministre
de la "justice" osait déclarer :
« Quand j'entends que d'anciens
terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés,
alors qu'ils étaient, disait-on, à l'article de
la mort..., cela m'est insupportable.»
A propos de l’application
de la loi Kouchner, il ajoutait : « Pour moi, cela concerne
avant tout les personnes dont l'espérance de vie ne dépasse
pas quelques semaines. »
Nathalie Ménigon, également rescapée du tragique
naufrage d'Action Directe, emprisonnée depuis plus de vingt
ans, a été victime de plusieurs accidents vasculaires
cérébraux." Trop handicapée",
selon les "experts", pour travailler
- et donc pour bénéficier d’une libération
conditionnelle - elle ne l'est, aux yeux de ces cyniques "monstres
froids", pas assez pour bénéficier d’une
suspension de peine.
Prison à
perpétuité, donc: prison jusqu’à ce
que mort s’ensuive...
On
ne peut toutefois partager l'aveuglement contre-productif de ces
deux comités quand ils prétendent
assimiler les cas, on ne peut plus
différents, de Georges Ibrahim Abdallah,
authentique militant anti-impérialiste, combattant conscient
et cohérent, qui n'a fait que son devoir,
et ceux des rescapés de l' obscure et funeste aventure
d'Action Directe: dont les sympathisants gagneraient à
encourager les survivants à une véritable
autocritique, publique, bien distincte de toute "repentance",
et surtout condition politique d'une lutte plus efficace, et à
terme, victorieuse, pour leur libération.
Une
telle clarification n'est pas seulement leur intérêt.
Il en va de l'intérêt de la
lutte anti-impérialiste elle-même, et de la possibilité
d'éviter la prolongation ou la répétition
d'un cycle de manipulations-provocations...
George
Ibrahim Abdallah n'a, lui, pas d'autocritque
à faire, n'ayant pas à se reprocher, qu'on sache,
d'erreurs politiques, et n'ayant pas donné priseà
quelque manipulation que ce soit.
Il
mérite notre estime, notre respect, et notre soutien total
- ceux d'AD notre solidarité humaine, et notre compassion,
ce qui n'est pas rien, mais n'a rien à voir.
REBELLES
L'histoire secrète
des MAOS de la gauche prolétarienne - et ce qui
s'ensuivit...
(1967-2008)
LE LIVRE INTERDIT
de Jean-Paul CRUSE
(suite et fin)
-VIII-
Nos erreurs - mes erreurs
On en a mentionné
plusieurs.
A commencer - mais s'agit-il, au sens étroit, d'une
"erreur"? - par l'analyse qui va conduire à
l'"explosion" de Robert Linhart, en mai 1968,
entraînant en cascade celle de l'UJC-ml, qu'il avait
vue venir, puis la "session de rattrapage",
précipitée, et "au forcing", qu'est
la création de la G.P. sous l'impulsion de Benny
Lévy: "nouvelle pirouette d'intellectuels
jaloux de leur pouvoir", selon le trait cruel mais
assez "juste" de Jenny Chomienne (Virginie Linhart,
op cit, p 106).
De là le syndrome général de nos
années 69-73: "Trop tôt, trop vite,
trop fort".
Robert avait anticipé 1968, dans ses traits essentiels,
avec génie: une explosion étudiante, une
crise globale avec forte composante ouvrière, et
une difficulté, pour des forces trop neuves et
trop fragiles comme celles dont il avait été
l' "accoucheur", à sauter sur le cheval
au galop sans se faire aussitôt éjecter d'une
ruade, et à le guider vers une issue positive,
constructive, dans le processus d'une "(très)
longue marche", méthodique, à chaque
pas, bâtisseuse...
La seule "erreur" qu'on peut lui reprocher n'est
pas d'avoir vu, mais d'avoir dit, d'avoir parlé.
Et cela, dans un moment où sa parole ne pouvait
pas être audible, même du cercle le plus rapproché,
et ne pouvait que se fracasser contre le mur.
Mieux valait, faute de mieux, laisser flotter, coller
au mouvement jusque dans une part de sa démagogie
et de ses inconséquences, ne pas le brutaliser
trop tôt, de front, trop à contre-courant,
nous n'en avions pas non plus les moyens ni la force,
puis l'infléchir lentement vers les quartiers,
les usines, dans un mai devenu "rampant", et
populaire - nous donnant le temps de nous reprensdre,
de réfléchir, et de construire.
Le fait d'avoir parlé, même en cercle fermé,
a mis hors jeu l'homme qui avait la vision "juste".
C'est donc qu'il lui manquait cette part d' "esprit
guerrier", du vice de la guerre, sans lequel voir
loin n'est rien.
Sous une pression, terrible, son propre équilibre
psychique et/ou physique s'en est trouvé touché
- car le cerveau, c'est aussi quelques centaines de décigrammes
de matière molle, grise ou blanche, striée
de vaisseaux fragiles et de neurones, transmetteutrs d'énergie
électrique et de substances chimiques, encore en
partie inconnus dans leur fonctionnement et leurs structures,
même si là aussi le progrès, car il
y a progrès, galope...
Mis hors jeu pour une très longue et douloureuse
période, succession de parenthèses interrompues,
sous les sursauts de la formidable énergie de cet
être exceptionnel, homme de tête et de cœur,
aussi lucide que combatif, il ne peut empêcher la
suite d'être ce qu'elle fut: bonne tout de même
dans l'ensemble, mais cahotique, l'esquif emporté
par des vents trop puissants pour ses structures comme
pour son jeune équipage zigzagant, à pleine
vitesse, entre des vagues furieuses, et ne progressant,
en fin de compte, "en crabe", comme il se doit,
qu'au prix d'une série de chavirages suivis par
des redressements, parfois laborieux et lents, coûteux
en énergie, épuisants...Beaucoup de forces
vives gaspillées, parfois dispersées à
jamais, parfois récupérées, mais
amoindries...Pour lui en avoir un peu parlé, et
lui avoir soumis, pour avis, certains passages de cet
ouvrage, il me semble qu'il est lui-même plutôt
d'accord avec cette analyse.
Les erreurs ponctuelles et partielles ne sont à
lire que sur ce fond de tableau, essentiel.
1. L'anti-gaullisme rabique du futur rabbin de Strasbourg,
et de ses séides, tardivement corrigé à
partit de la montée en puissance de Clavel. Il
nous met à la remorque, au final, malgré
de beaux sursauts, de la stratégie de nos véritables
adversaires, outils privilégiés, de droite,
de gauche, et d' "ultra-gauche", de l'"ennemi
numéro 1 des peuples du monde", et donc aussi
du nôtre.
- Au passage, et ce n'est pas mince, la confusion qui
en découle sur la nature du régime Pompidou-Marcellin
va favoriser les pires infiltrations au sein de la "branche
armée": avec l'afflux, dès la constitution
du socle de départ, en fait déjà
fendu, d' "anti-fascistes" pour qui l'ennemi,
c'est "l'Etat gaulliste-fasciste" de Pompidou-Marcellin,
et non l'impérialisme, ainsi que son nouvel allié
stratégique, le sionisme israélien, véritables
chefs d'orchestre du "grand retournement" de
1968, qui en font une machine de mort contre le général,
et sa stratégie globale indépendante, appui
des mouvements de libération en cours dans le grand
Sud, nos alliés naturels...
2. L'antisyndicalisme lui aussi rabique du même,
et de sa clique, face "ultra", pervertie, d'un
combat centré sur la critique en acte du taylorisme,
et d'un système de "représentation"
syndicale autant que politique, au bord de l'épuisement,
en phase, française, avec l'axe profond de la Révolution
Culturelle, en Chine - valide aujourd'hui et pour l'avenir...
3. Parallèlement, les dérapages "Tupamaros",
nobles, menton levé, mais hors sujet, irréalistes,
et, finalement, quoi qu'on en ai dit, guévaristes,
donc suicidaires, d'un appareil spécialisé
d'action secrète qu'il fallait construire, tôt,
mais sans le crier sur tous les toits, avec des chefs
inconnus de tous, forts d'une expérience minimum
dans le travail de masse, et retirés du circuit
de l' "action ouverte", suffisamment tôt,
et en finesse, sous l' "enfumage "éventuel
de faux désaccords et de fausses scissions, etc...
Mes erreurs.
Les mêmes, sur le fond. "Trop tôt, trop
vite, trop fort".
Avec l'accentuation d'un double tropisme de classe, bien
spécifique:
1. "Enfant de la "haute", et non de la
petite bourgeoisie enragée, ni de femme de ménage,
de paysan, ou d'ouvrier, je prends tout de suite une juste
distance avec certains excès, certaines relations,
ou inféodations, et certains dérapages -
mais me crois obligé, hélas, "noblesse
oblige" à en faire "toujours plus",
"toujours trop" et toujours "trop vite",
hanté, que je le veuille ou non, par l'idée
de combler la distance, astronomique, de mon milieu d'origine,
et de ce peuple que j'aime, et n'ai nullement à
me forcer à aimer - ce qui est une immense chance,
et une très grande force...
- Ce tropisme se manifeste dans le domaine de la prise
de risques personnels dans l'action "politico-militaire",
à commencer par l'époque Vietnam, comme
dans le domaine "ouvrier" - où, à
Nantes-Saint-Nazaire, je vois dès qu'il le faut
les limites où risque de s'engluer notre groupe
d'origine, mais tarde, n'osant pas trop "diriger
les prolos", moi qui viens d'où je viens,
à poser les problèmes, et donc, à
les régler...
La même difficulté s'est présentée
devant moi au moment des "Chrysanthèmes".
Quand le grand affaissement, autour de nous, m'a placé
dans une position qui - pour ces raisons, notamment -
ne pouvait être la mienne, ou que je ne voulais
pas telle, n'y voyant pas mon rôle, et mon destin:
celle de dirigeant d'un mouvement "mao un jours,
mao toujours" - qui ne pouvait pas non plus naître
ou renaître sans mon initiative personnelle...
De là, des erreurs en cascades, et beaucoup de
précipitation et d'à peu près. Alors
qu'ayant perçu, à mon niveau, l'essentiel,
il fallait savoir attendre et ruser - et ne pas devenir
le prisonnier, vite isolé, d'une parole trop prompte,
trop radicale et trop précoce...
2. Fils d'une grande famille, je suis aussi le fils de
mon père - "ce héros au sourire si
doux" dont l'ombre m'accompagne, comme le grand soleil
de gloire, dont je suis fier, et veux "absolument",
être digne...
C'est un atout, majeur, et une force, merveilleuse.
Elle me poussera à résister aux coups, au
premier sang versé, à la douleur, à
la fatigue, et à la peur, elle aussi ma compagne
comme elle avait dû être, à un autre
degré d'intensité, la sienne.
Me forgeant un mental de résistant, plus "résistant"
que beaucoup de bavards, qui n'ont pas eu ma chance de
naissance, cette part de passé là va m'ouvrir
les yeux, tôt, et là, pas "trop tôt",
aux possibilités stratégiques et on ne peut
plus pratiques d'une unité mao-gaulliste de longue
portée, dans la durée - dans la pensée,
comme dans l'action secrète.
Une voie que je me suis risquée, presque seul,
à défricher jusque dans ses plus sombres
recoins, et le danger de ses rapides...
- Mais il fallait tenir les deux bouts, celui du "travail
de masse", populaire, dont j'avais le goût.
et avais acquis, en usine et chez les paysans, une très
riche expérience, et celui de la construction de
réseaux, pour lequel j'avais aussi, et appétence,
et pratique authentique, source de connaissance vivante...
Ce ne fut pas à tout moment possible.
L'époque Libé (1977-1994) s'est située
droit dans ce prolongement, et dans cet équilibre,
toujours acrobatique (voir page).
Ensuite, c'est devenu plus difficile.
Et, dans ma vie d'aujourd'hui, puisque c'est le sujet
dans ce chapitre, et pour l'avenir envisageable, c'est
le défi: construire et reconstruire sans cesse
les conditions d'un travail politique en milieu populaire,
donc, dans ces banlieues dont les flammèches de
l'hiver 2005 ont montré tout le potentiel, et tous
les pièges, auprès de la jeunesse à
capuche, bigarrée, des collèges, de parents
musulmans de conscience et de progrès, et de ce
qui reste ou renaît de mao-communisme.
Et, dans le même temps, mais dans un tout autre
univers, continuer le travail de rapprochement, patient
et lui aussi lent, forcément, des réseaux
d'une résistance, ancienne, et de ceux d'une nouvelle,
l'actuelle, dont le besoin immédiat est plus d'âme,
donc d'âmes, que d'armes en belle et bonne ferraille.
Tout ce travail est en cours. les résultats trancheront.
De premières esquisses permettent peut-être
de rêver, là-dessus, d'autres livres...
En attendant:
"C'étaient de très grands vents sur
la terre des hommes - et de très grands vents à
l'œuvre parmi nous,
Qui nous chantaient l'horreur de vivre, et nous chantaient
l'honneur de vivre, ah! nous chantaient et nous chantaient
au plus haut faite du péril.
Et sur les flûtes sauvages du malheur nous conduisaient,
hommes nouveaux, à nos façons nouvelles.
C'étaient de très grandes forces au travail,
sur la chaussée des hommes - de très grandes
forces à la peine
Qui nous tenaient hors de coutume et nous tenaient hors
de saison, parmi les hommes coutumiers, parmi les hommes
saisonniers
Et sur la pierre sauvage du malheur nous restituaient
la terre vendangée pour d'autres épousailles.
(...)Ainsi du même mouvement le nageur, au revers
de sa nage, quêtant la double nouveauté du
ciel, soudain tâte du pied l'ourlet des sables immobiles,
Et le mouvement encore l'habite et le propage, qui n'est
plus que mémoire - murmure et souffle de grandeur
à l'hélice de l'être (...)
Et mon cri de vivant sur la chaussée des hommes,
de proche en proche et d'homme à homme,
Jusqu'aux rives lointaines où déserte la
mort!
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Quand la violence eut renouvelé le lit des hommes
sur la terre,
Un très vieil arbre, à sec de feuilles,
reprit le fil de ses maximes...
Et un autre arbre de haut rang montait déjà
des grandes Indes souterraines,
Avec sa feuille magnétique et son chargement de
fruits nouveaux."
(Marie-René Alexis Saint-Léger Léger,
"Saint-John Perse", VENTS. 1945)
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