Combattants de la Liberté! Ils sont notre cœur, soyons leur sang, vivants, soutenons-les, morts, honorons leur mémoire

- 2010-2012 -
 
- En souvenir de Maurice Brover dit "Momo" ou encore "Le Mongol": ici

Pour la période 2006-2010, ici

 

Madeleine Dimet, née Korolitski, «Josée» dans la Résistance, est décédée à l’âge
de quatre-vingt-cinq ans.

Fille d’une famille juive émigrée de l’Empire russe, elle rejoint
la Résistance en 1943, à Lyon , où elle est réfugiée, en intégrant les groupes de combat
de l’UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entr’aide), mise en place par le secteur
juif du PC clandestin), et elle devient notamment agent de liaison de l’UJJ-MOI.


Elle participe à l’insurrection de Villeurbanne en 1944.

Adhérente au PCF en 1950,
elle est, dans les années cinquante et soixante, une militante active de l’Union
des femmes françaises. Adhérente du Mrap, elle a, tant que ses forces le lui ont permis, participé au comité pour la réhabilitation des époux Rosenberg.

Ses obsèques ont eu lieu
ce mardi 3 janvier 2012, au cimetière parisien de Bagneux.

Madeleine était la mère de notre ami Jacques Dimet, journaliste de combat, proche de Henri Krasucki - et mis en cause, comme celui que les Nazis, à ses trousses, surnommaient "La Mésange", en mai 1993, au cours de l'ignoble campagne "rouge brun" qui, impulsée par le très étrange Didier Daeninckx avec la kollaboration d'Edwy Plenel, Claude Angeli, Marcelle et Bonnet, devait, en mai 1993, et avec l'aide des RG, traîner dans la boue une bonne poignée d'intellectuels, de militants et de cadres du Parti Communiste, tous ou presque tous juifs, mais juifs universalistes anti-sionistes et partisans d'une large alliance "du bleu-blanc- rouge avec le "black blanc beur"- explicitement inspirée des valeurs du Conseil National de la Résistance (CNR) - autour de Henri, donc, de Pierre Zarka, de Francette Lazard, héritière d'une longue lignée de très grands banquiers juifs ralliée au communisme à la suite de la déportation, de François Hilsum et de Jacques, donc, fils et digne héritier de Madeleine, dite "Josée", née Korolitski.

C'est une grande peine pour nous tous que la mère de notre ami Jacques, après avoir été ce qu'elle fut, faisant de lui ce qu'il est, nous ait quittés avant que les CRAPULES qui ont sali son nom, et le nôtre, aient pu être punis,SON ET NOTRE HONNEUR A TOUS lavés, ET TOUS LES "COMPLOTISTES" MALFAISANTS DE MAI 1993 PUNIS ET BIEN PUNIS!

Jean-Paul Cruse

Mokhtar

nous a quittés

  Mokhtar raconte...Mokhtar: ici

Même parmi ceux qui avaient été ses plus proches compagnons de combat, et qui, à part une toute petite poignée de renégats, célèbres, l'étaient restés, bien peu connaissaient sous son véritable patronyme Mohammed Bachiri, dit "Mokhtar", qui avait été l'un des principaux fondateurs du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) au tout début des années 1970, dans l'orbite des "maos" de la Gauche prolétarienne (gp), s'illustrant dans le dur combat de classe sur les chaînes de l'usine Chausson de Gennevilliers, portant la Palestine au cœur des foyers et hôtels du quartier arabe de la cité, et précurseur, dès 1973, avec la première grande grève des travailleurs arabes contre les attentats racistes, et les grèves de la faim pour la carte de travail, des actuelles grèves des ouvriers immigrés "pour les papiers et pour la dignité".

 

De la dignité, il en avait à revendre, ce fils du Maroc profond taillé à la serpe au visage buriné barré par une impressionnante moustache noire - qui était aussi et peut-être avant tout un écorché vif à la sensibilité d'artiste, doué pour la musique comme pour le théâtre.

 

"Je viens de l'apprendre, nous écrit Cherif, un de ses plus proches compagnons de l'époque, "par la voix de ce vieux camarade Sadok Ben Mabrouk - et j’ai le regret de vous l’annoncer à mon tour - ,dernier acte du théâtre des luttes et de la résistance aux dictatures, dans la vie de tous les jours et les usines de Gennevilliers, dans la lutte des ouvriers sans jamais fermer sa gueule, la Palestine en porte drapeau et du bonheur pour inonder le monde entier, militant de la rue Stephenson et des boulevards du monde, Saxo de Radio Soleil qui nous électrocutait avec Cheick Imam et Nass el Ghiwan, le rideau est tombé, Mokhtar nous a quittés mercredi pour le festival des cieux ou le héros restera cet éternel immigré...

Etranges étrangers, Prévert s’en est allé, nous ne l’avons pas oublié, et toi Mokhtar on ne te quittera jamais.

 

Un premier rassemblement à la mémoire de Mokhtar a eu lieu ce samedi, en marge d'une journée à la mémoire d'un de ses compagnons des premiers jours, Saïd Bouziri, lui-même disparu il y a peu dans des conditions encore imparfaitement éclaircies.

Une journée de deuil est prévue ce samedi, autour du corps, à l'hopital, à quelque distance de Paris, puis auprès de la famille, rue du Buisson Saint-Louis, dans le Xème arrondissement de Paris.

Précisions

au

06 60 63 08 56.

 

 

ccccccccccc

Ils l'appelaient "LE MONGOL"

Maurice Brover, "Momo" nous a quittés

le 4 juin 2011

(Version entièrement remaniée, le 19 juin, d'un texte

rédigé dans les heures suivant son départ, au Père Lachaise).

 

Avec ses petits yeux fendus, éternellement rieurs même au plus fort des chevauchées les plus improbables, les plus risquées, avec toute la violence dont il était capable, manche de pioche haut levé contre les "fachos", les flics ou les gendarmes mobiles, son art du karate de rue simple et brutal, les innombrables plasticages "et plus si affinités" dont il était devenu maître et seigneur, sans compter ses capacités très convenables, arme au poing, sa "tronche " de séducteur jamais pressé, jamais vulgaire, parce que sûr de son charme et de son expérience, il avait bien gagné ce surnom de "MONGOL" qui lui vaut, depuis que, ce 4 juin 2011, après la plus belle des morts, celle qu'on obtient au feu roulant de la joute amoureuse, il nous a quittés pour le Paradis herbu des guerriers du "Grand Khan" - où des hordes de pouliches blanches nourries de lait et de miel hennissent éternellement sous la férule de leur dresseur...

"Mongol" l'avaient surnommé les Devedjian, Madelin et consorts, jeunes gens en manteau de cuir noir style Barbie (Klaus), en imper mastic militaire qui, pendant la guerre d'Algérie, attaquaient les rassemblements de soutien aux nationalistes algériens du FLN en y lançant comme des grenades des pommes de terre farcies de lames de rasoir tranchantes - mais repartaient, rossés plus souvent qu'à leur tour par la "bande Goldman" du "S.O." où brillait le jeune "Momo".

Pareil surnom ne se perd pas. Il allait le ressusciter, bien involontairement, en sollicitant, à peine 30 ans plus tard, une audacieuse intégration au sein de la mouvance "pro-palestinienne" alors émergente au sein des services secrets français (DGSE) - sur une idée de François De Grossouvre - "éminence grise" du Président Mitterrand et protecteur de l'ombre du capitaine Barril.

"Vous êtes un terroriste, fils, d'ailleurs, de teroriste - et un trafiquant de drogue par dessus le marché...Pas de ça chez nous" lui répondit alors un vieux colonel un peu coincé qui avait fait ressortir toute la documentation sur "Le Mongol" - fils, en effet d'un Maurice Brover I (premier du nom) venu de la lointaine Bessarabie former les cadres du petit service de renseignement du groupe Manouchian (M.O.I.). Survivant par miracle - et par métier - à la rafle un peu précipitée de la police française qui devait démanteler le "service action" du groupe, et porter la gloire du jeune chef arménien et de ses compagnons d'épopée sur la fameuse "affiche rouge", le père du futur "Mongol" allait trouver la mort peu de temps après en quittant, à vélo, brassard FFI tricolore et revolver au fond de la poche, le maquis FTP du nord de la région parisienne où il s'était réfugié, pour une mission de liaison avec l'état-major de Rol Tanguy dans le centre de Paris. Barrage routier d'un bataillon retardataire de soldats allemands en déroute, contrôle de papiers, fouille, fusillade immédiate sur le bord de la route. Anna, l'épouse, elle-même bessarabienne, communiste combattante, et résistante, découvrit au moment même où lui fut révélée la mort de son Maurice qu'elle portait au ventre l'embryon de celui qui, né, cela ne s'invente pas, le 8 mai 1945, jour de la victoire mondiale contre le nazisme, ne pourrait porter que le même prénom - dérivé du juif "Moshe" - Moïse...

Fils de son père jusque dans le sourire mongol, lointaine trace dans l'histoire longue de la somptueuse aventure des "Khazars", ces cavaliers de la steppe convertis de force au judaïsme chers à Arthur Koestler et véritables ancêtres d' "ashkenazes" sans racine aucune en terre hébraïque, "Momo", jeune garçon rétif à l'école devenu communiste combattant de la nouvelle époque et l'un des principaux cadres "action" des Comités Vietnam de Base (CVB) de l'avant mai 1968 appelés à devenir les "colonels" de la future Gauche Prolétarienne (GP), allait ensuite pousser la piété filiale et l'amour de sa mère jusqu'à recruter la vieille Anna, qu'il entourait des soins les plus tendres, dans le service d' écoutes "sauvages" des fréquences de police mis en place par la Nouvelle Résistance Populaire (NRP) à l'occasion de la tentative, ratée d'extrême-justesse, d'enlèvement en plein Paris d'un grand baron de l'acier dont le neveu, Charles-Henri de Choiseul Prasli (ami de ce site), fils lui-même d'un officier mort pour la France pendant la deuxième guerre mondial, avait lui aussi rejoint les rangs des "maos".

L'autodissolution honteuse du mouvement des fils de la RESISTANCE liquidé au premier mort, ou, pour être plus précis, au deuxième, par la majorité de ses jeunes chefs devenus depuis les "refondateurs" du communautarisme juif en France, n'allait nullement faire du "Mongol" un précoce retraité de la lutte anti-impérialiste maquillant son "repentir" en "nouvelle philosophie" au parfum de colique (sioniste)...Resté, lui, comme la majorité d'entre nous, heureusement, rebelle à tout concept d'identité ethnique fondée sur "le sang et la race", antisioniste donc, radical, cohérent, et conséquent, c'est sur une colline pelée du Liban battue par les bombardements de grosses pièces d'artillerie israéliennes qu'il allait commettre ce qui restera sans doute comme la seule véritable erreur politique de sa vie en refusant une proposition du maoiste palestinien Abu Jihad - "JiJi" pour les intimes, coordinateur clandestin de la première intifada, assassiné depuis en Tunisie.

"Pourquoi ne continuez-vous pas l'action de la GP? C'était sympa, ce que vous faisiez...Les commandos de jeunes immigrés arabes recrutés dans les luttes d'usine envoyés incendier la Banque Rothschild ou l'ambassade de Jordanie..."

C'était l'époque de "Septembre Noir" où, dans le cadre de la riposte à l'écrasement de la Résistance autour d'Amman, et comme l'a raconté avec un luxe de détail, dans ses Mémoires, Abu Daoud, le coordinateur de l'attentat de Munich aux Jeux Olympiques de1972, Abu Ammar (Arafat), son chef des renseignements civils Abu Mazen (Mahmoud Abbas), financier de la prise d'otages, et enfin Abu Jihad (Renseignements militaires), cherchaient à mettre en place la vaste toile d'araignée politico-militaire susceptible de servir de base à une riposte mondiale du Fatah et de l'OLP tout en "cassant" les réseaux de tueurs du Mossad lancés, de Lisbonne à Londres, Vienne, ou...Paris, dans une "longue traque" visant non l'extrémisme palestinien mais les premiers négociateurs de l'ombre d'une stratégie de libération en "deux étapes, passant par deux Etats"...

"C'était impressionnant...Les obus sifflaient, les explosions autour de nous faisaient un bruit énorme", nous racontera plus tard "Momo" - qui saisit alors l'occasion pour répondre à "Jiji" que "continuer dans le sillage de la GP, non, politiquement, on n'en avait pas les moyens" - ce qui était faux - mais que "monter, au service des Palestiniens" engagés dans une lutte de dimension mondiale contre les réseaux internationaux servant de support aux groupes de "kidon" (tueurs professionnels) de Tel Aviv "de petits réseaux de combat clandestin sur le sol européen", à commencer, inévitablement, par des réseaux d'importation, puis de stockage, d'armes légères pouvant aller du 11,43 à la "kalach" et même jusqu'aux grenades et roquettes, c'était "envisageable".

Ainsi fut fait. Au prix de quelques inévitables erreurs de jeunesse. Dont le stockage dans ses bureaux de journaliste de quelques-uns de ces 11,43 par un des fondateurs du C.R.IS.E. (et non C.R.U.S.E.), le "Centre de Recherches Sociales et Economiques" installé, rue Saint-Martin, dans des locaux fournis par l'avocat Jean-Paul Levy, "l'idiot utile" de l'histoire, alors proche du CERES de Jean-Pierre Chevènement.

Gentiment financé par les services de "Jiji", le C.R.I.S.E., dont la presse pro-israélienne d'extrême-droite allait révéler l'existence en le présentant, un peu approximativement, comme "la couverture d'un S.A.C. de gauche" unissant "maos" propalestiniens, (non repentis), "syndicalistes de classe", chercheurs, journalistes jouant double ou triple jeu, et même intellectuels, sous le regard bienveillant du protecteur, à l'Elysée, du capitaine Barril...

Autre erreur de jeunesse, un peu plus grave, la mise à la disposition des impétueux fondateurs, anarcho-maoistes, d'Action Directe (A.D.) de quelques-unes des "kalach" importée du Liban par Chypre, en voilier ou à l'aide de petits avions monomoteurs: un dérapage signé Elie Beida (un des proches de "Momo" (et de l'auteur), lui aussi disparu il y a peu...). L'outil servit pour la première rafale tirée, sans imagination particulière, sur une façade du CNPF, occasion de la mise sur le marché du sigle A.D. - droits déposés, Elie Beida, "Momo", héritiers and co...

Plus sanglante, plus funeste, et plus grave erreur, le "prêt" (sans intérêt) d'un de ces rustiques mais efficaces AK 47 au noyau dur de l' "équipe Goldman" (époque II:seventies...) où le "Mongol", qui en tirait quelques ficelles dans l'ombre ou la pénombre, avait recyclé quelques-uns des rescapés du C.R.IS.E. et des branches ouvrières de la N.R.P., qui pouvaient n'être pas totalemnt étrangers les uns aux autres, ou les unes aux autres...Un jour de "braquage alimentaire" (visant à recueillir des fonds dans une petite banque...), "Momo" (qui supervisait ce qui n'était guère plus qu'une opération d'entraînement depuis une camionnette de surveillance abritant aussi le très petit embryon de service chirurgical d'urgence) eut la désagréable surprise de voir son ami Pierre, homme vaillant mais trop nerveux pour faire un vrai combattant clandestin, vider tout le chargeur de son fusil d'assaut sur une voiture dont le conducteur, passant et repassant devant la banque à la recherche d'une place de stationnement, avait attiré son attention.

Le malheureux, qui était peut-être, sait-on jamais, un homme du Sdece en mission de surveillance, fut retrouvé en sang, mort et bien mort au volant de sa bagnole près d'un tapis de douilles qui, comme les balles de calibre "7,62 OTAN" (calibre, c'est comme ça, des kalach russo-syro-libanaises comme de leurs demi-soeurs chinoises, vietnamiennes, sino-vietnamiennes ou sino-palestiniennes), allaient ensuite "parler".

Convaincus que l'attelage un peu baroque formé, autour d'un Pierre Goldman plus ou moins "cornaqué" ou tenu en laisse par son ancien élève, par d'anciens ouvriers maos devenus, par obligation, clandestins professionnels rompus à tous les coups et leurs amis du "Mouvement des Travailleurs Arabes" unis, "côté Goldman" à quelques belles figures du grand banditisme de l'époque Mesrine radicalisées et (sommairement) politisées par le combat contre les QHS (Quartiers de Haute Sécurité), quelques anciens officiers de parachutistes de la guerre d'Algérie devenus conseillers privilégiés du "Service Action" du Sdece sous Giscard (et De Marolles...) suggérèrent alors "qu'on en finisse, et vite, avec ou sans bavures" avec une mouvance indistincte désormais équipée d'armes de guerre palestiniennes. Et Pierre Goldman, mourut de mort violente, tout comme Jacques Mesrine, "Charly" Bauer, l'ancienne "blouse grise" du gagnstérisme des quais de Marseille passé de son quartier de l'Estaque et des Jeunesses Communistes au "noyau politico-militaire anti-impérialiste" discrètement influencé par Maurice Brover, passant de justesse entre les gouttes, et s'en tirant avec de nouvelles longues années de prison.

Fin cuisinier, amateur d'herbe grasse de la Bekaa, amant, selon des sources sérieuses, particulièrement précis, endurant et attentif, devenu, dans la dernière partie de sa belle vie, prodiucteur de cinéma...et de soirées érotiques au charme raffiné, "Momo", lecteur critique et conseiller amical du site Le Monde Réel mais aussi des Forces Populaires (FP), laisse à son jeune fils Thomas, beau comme un ange métis, fils des amours du "Mongol" et d'une brune et mince "femme de caractère" réunionnaise, comme à tous ses amis et frères l'exemple d'un destin cohérent, réfléchi et accompli.

Pour reprendre la belle expression de Marguerite Yourcenar, ce communiste de combat jouisseur, sensuel et gai, qui avait su pousser l'esprit de sacrifice jusqu'aux dures réalités du militantisme ouvrier dans les cités de Saint-Dizier et jusque sur les chaînes d'une grande usine Berliet de Lyon, est "entré dans la mort les yeux ouvert".

Jean-Paul CRUSE

("POLO" pour "MOMO")