AU GRAND SOLEIL
DE CUBA:
UNE (RE) DECOUVERTE DE
l'AMERIQUE (L'AUTRE...).

Uruguay, Honduras: tout à droite dans la page

Grèves de la faim à CUBA: ici

CUBA enfin peut respirer ICI

Réponse à Fidel Castro sur "l'Holocauste des Roms" et la FRANCE: ici

Schafik Handal (Salvador), Chavez (Vénézuela), Fidel Castro, Evo Morales (Bolivie)

Elle saignait de ses veines ouvertes par les multinationales "yankees" de l'or, du cuivre, de l'étain, du sucre, des fruits, ou du pétrole, sous le fer des dictatures militaires, et de la torture...Aujourd'hui l'Amérique du Sud, debout, cicatrise ses plaies, et commence à dessiner, dans ce nouveau monde qui s'ébauche, dans la diversités des situations concrètes, des choix, des politiques, un avenir qui lui soit propre, un avenir de lumière, de paix, et deprogrès...

Monsieur le Président Obama Le quatorze octobre 2009.
The White House
1600 Pennsylvania Avenue N.W.
Washington DC 20500Monsieur le Président Obama,
Permettez-moi avant tout, de vous féliciter pour le prix Nobel de la Paix qui vient de vous être attribué.
Ce n’est pas un hasard si vous avez été choisi.
Attribuer ce prix au tout nouveau Président des Etats-Unis que vous êtes prouve à quel point est grande l’aspiration dans le monde à voir une politique de votre pays enfin basée sur d’autres valeurs que des rapports de dominant à dominés, n’engendrant que guerres, misères et injustices.
Vos déclarations de principe ont montré que vous avez la volonté d’engager votre pays dans une nouvelle direction, et ce prix Nobel concrétise l’espoir de vous voir les mettre en application.
Je voudrais vous parler de vos relations avec Cuba.
La guerre d’indépendance de Cuba confisquée par les Etats-Unis n’est pas bien éloignée dans le temps, elle remonte à peine à un peu plus d’un siècle. Depuis, la politique de votre pays a peu changé à l égard de ce petit pays. Dans le mémorandum que le sous-secrétaire à la guerre Breckenridge écrivait à propos de Cuba au lieutenant général Nelson A.Miles le 24 décembre 1897 on pouvait lire :
« …we must clean up the country, even if this means using the methods Divine Providence used on the cities of Sodom and Gomorrah.
We must destroy everything within our cannons’ range of fire. We must impose a harsh blockade so that hunger and its constant companion, disease, undermine the peaceful population and decimate the Cuban army … »
(« Il convient d’assainir ce pays, même si ce doit être à la manière qui fut celle de la Divine Providence dans les villes de Sodome et Gomorrhe.
Il faudra détruire par le fer et le feu tout ce qui est à portée de nos canons, renforcer le blocus pour que la faim et la peste, son éternelle compagne, déciment sa population pacifique et réduisent son armée »)
Ces propos sont d’ une sinistre actualité, comme on peut en juger en voyant ce qu’écrivait le sous-secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines Lester D.Mallory à son secrétaire d’ Etat Roy R. Rubottom le 6 avril 1960 dans un mémorandum lui aussi:
« Most Cubans support Castro. There's no effective political opposition (...) the only foreseeable means to alienate internal support is by creating disillusionment and discouragement based on lack of satisfaction and economical difficulties (...) We should immediately use any possible measure to (...) cause hunger, desperation and the overthrow of the Government. »
(« La majorité des Cubains soutiennent Castro, il n’y a pas d’opposition politique efficace…Tous les moyens doivent être entrepris rapidement pour affaiblir la vie économique de Cuba…Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce qui réduirait les revenus monétaires et les salaires réels et provoquerait la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement ».)
Le blocus continue, au mépris de la volonté d’une grande majorité de nations ! Cuba n’a que trop souffert de la politique agressive des Etats-Unis, tout au long de son histoire et particulièrement depuis la révolution castriste. Les Etats-Unis n’ont jamais accepté les choix de société des Cubains, qui pourtant ne concernent qu’eux. Les actes de terrorisme fomentés depuis les Etats-Unis se sont multipliés depuis l’avènement de cette révolution. Malgré la violence déchainée contre Cuba et la monstruosité des actes commis, les mafieux de la société cubano-américaine responsables de ces crimes ont toujours été protégés voire encouragés par les différents gouvernements de votre pays.
Les cinq Cubains Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez, Antonio Guerrero, Ramon Labañino et René Gonzalez qui ont défendu leur pays contre les attentats en infiltrant ces groupes terroristes sont toujours, eux, emprisonnés dans votre pays.
La mascarade de procès qui s’éternise d’appel en appel depuis tant d’années est insupportable d’iniquité, d’injustice.
Vous le savez, Monsieur le Président, une normalisation des relations entre vos deux pays passe par la libération de ces cinq Cubains, c’est incontournable.
Il est grand temps que ces hommes qui ont lutté contre le terrorisme soient enfin libérés, ils ont déjà passé beaucoup trop de temps dans vos prisons, et dans des conditions particulièrement inhumaines.
Vous avez le pouvoir, Monsieur le Président de gracier ces hommes. Ce geste fort de votre part est très attendu, nous l’espérons proche. Ce serait un très bel hommage rendu à l’attribution de votre Nobel de la Paix.
Espérant que vous ferez un tel geste sans plus tarder, croyez, Monsieur le Président, à mes sentiments humanistes les plus sincères.
Jacqueline Roussie.
64360 Monein (France)

"Cuba n'est pas un pays stalinien"

 

"Je suis un socialiste français, militant de l'Internationale socialiste, que certains esprits timides préfèrent qualifier de "social-démocrate", comme si cette appellation mal contrôlée atténuait l'intensité de leur engagement.

Pour les hommes tels que moi, il est difficile de trouver des partenaires susceptibles de partager, au sein même de leur famille naturelle, la vision qu'ils assument de la Révolution cubaine.


Quand je veux expliquer ma position, argumenter en faveur de Fidel, on ne me laisse jamais aller au bout de ma pensée. "On ne défend pas les dictateurs!" Après la mort d'un gréviste de la faim (dans un hôpital où on l'avait transporté et non en prison comme on le laisse entendre), une campagne de discrédit a été lancée à grande échelle. D'autant qu'un nouveau gréviste a pris le relais.

Cette résolution, ainsi manifestée, a quelque chose de définitif qui ne peut qu'émouvoir. Mais cela ne doit pas nous empêcher de dire quelques vérités. Du moins de dire la mienne, de vérité.
1) Cuba n'est pas le vaste "goulag" que l'on décrit. Même en accentuant beaucoup le trait, on a beaucoup du mal à compter les "vrais" prisonniers politiques sur l'île de José Marti. Il en va , il est vrai, autrement si l'on se refère au "territoire cubain", puisque Guantànamo en fait partie et que le régime Bush Jr. y avait établi un grand centre de torture, un univers concentrationnaire particulièrement ignoble. Sous la bannière étoilée.
2) Cuba n'est pas un pays stalinien. Ni Fidel, ni Raùl ne font l'objet d'un quelconque culte de la personnalité. La Révolution et le Mouvement du 26 juillet sont partout honorés. Mais les figures de leurs leaders vivants ne sont l'objet d'aucun culte. En outre, à travers un grand nombre d'associations et de sociétés philosophiques (comme la Franc-Maçonnerie), le débat citoyen est franc, large et permanent.
3) Depuis la victoire du 1er janvier 1959, Fidel a toujours été demandeur de dialogue avec les Etats-Unis. Ce pays lui a fermé brutalement la porte au nez. Le choix laissé aux révolutionnaires était entre se soumettre ou se démettre. Ils ont alors cherché ailleurs les moyens de leur survie économique, sociale et culturelle. Ils n'ont eu d'autre recours que celui de rentrer dans le système communiste et le marché qu'il avait mis sur pied dans le cadre du CAME. Ensuite, c'est vrai, Fidel n'a pas fait les choses à moitié. C'est sa manière.
4) Fidel n'a jamais été un allié passif des soviétiques. Son indépendance il l'a manifestée sur différents terrains. Et d'abord en Afrique dès décembre 1975 en Angola où il avait brutalement pris le contre-pied de la stratégie attentiste des Russes. A la même date, lors du 1er congrès du PCC, (une caricature de celui du PCUS dans sa présentation), les sept membres du bureau politique élu provenaient tous du M26, aucun du traditionnel PSP (le PC cubain originel).
5) Comment peut-on expliquer que vingt ans après le démembrement de l'URSS, la disparition du bloc soviétique, la Révolution cubaine continue de faire face au blocus criminel imposé par Washington? Pourrait-elle le faire sans un soutien majoritaire de la population? En dépit des difficultés inouïes de la vie quotidienne.


Je voudrais ajouter, avant de conclure ce court exposé, que je ne suis l'inconditionnel de personne et que, par exemple, je pense que certains changements peuvent être apportés au système politique cubain sans être pour autant attentatoires à l'honneur de l'oeuvre patriotique entreprise. Et, quand je parle de patrie, je ne la limite pas à Cuba, mais l'étends aux vingt Amériques latines.
Mais comment taire mon indignation devant tant de manipulations et de silences complices.

Comment oublier les cinq jeunes cubains maintenus sans justification dans les geôles nord-américaines. Privés de visites familiales.

Comment ne pas se souvenir des neuf mambres de l'IRA, gévistes de la faim, que Mme. Thatcher avait, elle, laissé mourir, l'un après l'autre, en prison, sans leur faire porter le moindre secours. Pour l'exemple. Et dans l'indiférence des pays frères européens et des Etats-Unis?


Cuba essaie, au contraire, désespérément de sauver le gréviste Fariñas, comme il l'avait fait, hélas sans succès, pour son prédécesseur dans ce geste pathétique.


Avec tous les hommes de bonne volonté, nous souhaitons que ces moments difficiles soient surmontés. Et, avant tout, que Washington accepte d'ouvrir un dialogue véritable, entre égaux, avec La Havane.


C'est un tel dialogue qu'un certain exil, puissamment doté en moyens financiers et en outils de propagande, veut empêcher.
Seul ce dialogue, pourtant, est susceptible de favoriser des relations civilisées entre Etats voisins. Tous les citoyens y trouveraient leur compte.

Antoine Blanca
http://inter-socialiste.over-blog.com/

Commentaires et réponses au texte (ci-joint) d'Antoine Blanca

 

 

 

 

Si, l'Internationale socialiste est bien "social démocrate". C'est un fait. Qui n'enlève rien aux mérites de ceux qui rêvent de la subvertir de l'intérieur...

 

Toutes les dictatures ne sont pas, historiquement, de même nature. Il existe, ou il a existé, des dictatures révolutionnaires, patriotiques, libératrices, et des dictatures contre-révolutionnaires, "compradores", fascistes.

Un régime comme Cuba devrait, à l'instar de la Chine ou du Vietnam, assumer l'existence de prisonniers politiques. Des contre-révolutionnaires au service de l'étranger, de l'impérialisme. Il en existe, il faut bien les détecter, les surveiller, les combattre, les punir, et les mettre hors d'état de nuire. Où est le mal?

Tout "culte de la personnalité" doit être replacé dans son contexte historique - un moyen de pouvoir, utile ou pas, positif, ou négatif, dans un contexte donné.Point.

 

 

 

- Là, très bonne question: avant tout par la grâce des services secrets cubains, qui ont su trouver les voies, hardies et peu conventionnelles, de la lutte contre le garrot du blocus, puis du relâchement, progressif, de ce garrot par l'extension de la dmocratie militante, et militaire, de l'Uruguay des "Tupas" au Vénézuela pétrolier de Chavez..

 

- Agents de choc, selon toute vraisemblance, du contre-espionnage cubain, les 5, arrêtés en pleine mission d'infiltration des milieux de la drogue et du terrorisme anti-communiste anti-cubain au cour même de leurs bases de Miami, méritent toute notre admiration et notre indéfectible soutien!

Qi

I

Candidat du "Frente amplio" ("Front large"), "Pepe" Mujica, le simple petit fermier courageux, créatif et rusé, qui avait été l'un des fondateurs du "Mouvement de Libération Nationale Tupamaros" est désormais le Président démocratiquement élu de l'Uruguay, un de ces pays d'Amérique du sud longtemps soumis à la botte des gestapistes "yankee" aujourd'hui engagés, sur les traces de Cuba, des Sandinistes du Nicaragua, du salvador, du Chili, de "Lula" et de Chavez, dans un processus d'émancipation nationale et sociale qui semble irrésistible.

Dans les années 1968-70 et suivantes, les actions armées intelligement dosées "à la Robin des Bois" des "Tupas" allaient nous faire rêver, nous "jeunes gens en colère" hommes (et hommes et femmes) d'Occident, las des dénonciations verbales de l'impérialisme - et, pour certains d'entre nous, nous entraîner, par leur exemple, à prendre la voie des armes,

Les "Tupas", donc, c'est d'abord une réflexion historique et culturelle - profonde. L'idée d'insérer la lutte anti-impérialiste moderne dans la plus ancestrale tradition des révoltes indiennes, avec ce nom, "Tupamaros", inspiré du mythique Tupac Amaru, prince rebelle des hautes montagnes andines écartelé à mort par les "conquistadores", qui avait déjà revécu, deux siècles après un supplice qu'il avait fallu terminer au couteau et à la cisaille, tant son âme transcendée interdisait à son corps de se démembrer sous la traction des chevaux, en la personne de Tupac Amaru II, nouvelle figure de la même irréductible résistance, lui aussi torturé à mort de la même façon, méthodique et sauvage, après d'éclatantes victoires.

II

Il fallait, certes, un effort d'imagination historique et poétique, allant, et c'est ce qui compte, à l'essentiel, pour saisir dans les profondeurs de la mémoire du peuple d'Uruguay, petite "Suisse sud-américaine" de 3 millions d'habitants nichée autour de la grande métropole portuaire de Montevideo, coincée, au bord d'un fleuve majeur, entre Argentine et Brésil, le souvenir des anciennes révoltes des Indiens des Andes - dont allaient, quelques temps plus tard, mais de façon, là, caricaturale, se saisir à leur tour l'étrange Abimaël Guzman et ses partisans péruviens du "Sentier Lumineux", ravageant, eux, l'espace andin qui avait été celui de la gloire et du martyred'au poins deux "Tupac Amaru" successifs.

Profitant, les premièers années tout au moins, des faiblesses d'un appareil d'Etat mineur en voie, certes, de militarisation fascisante, mais en voie seulement, les "Tupas" de Raul Sendic, un "avocat des pauvres" engagé, "à la vie à la mort", "au service du peuple", devenu conseil syndical des misérables "caneros", les ouvriers de la canne à sucre et des rizières, puis organisateurs des premières "colonnes" clandestines au sein du mouvement syndical urbain, autant que rural, allaient, jouant toujours la carte des symboles touchant au plus profond, réveiller un autre mythe vénérable, au cœur, aujourd'hui, de la culture universelle, celui de Robin des Bois. Se gardant bien de tout dérapage vers le militarisme au front bas, les meurtres à l'aveugle, et le terrorisme à la bombe, les Tupamaros commencèrent à se faire connaître par des détournements armés de camions de vivres distribués dans les bidonvilles - une idée, qui, à son tour, allalit faire flores jusqu'au sein de la vieille Europe...Enlèvements contre rançon, suivies de libérations sans violences, de chefs d'entreprises "ripoux"et de banquiers "marrons"soigneusement sélectionnés par un service de renseignement de première bourre, rendu possible par la participation au noyau fondateurs de fils de la moyenne et hautes bourgeoisie informés aux plus familiales des sources, pour leurs maversations, ou "pris en flag" de répression de mouvements grévistes, occupations armées suivies de brèves prises de paroles et de repli en bon ordre de sites industriels en lutte, prises deparoles éclair sous protection armée à l'intérieur e cinémas ou de théâtre, en plein centre-ville, à l'image de la Résistance française...les "Tupas", préparant leurs actions avec une minutie dès lors admirée de leurs pires adversaires policiers et militaires, souffant de très peu de pertes, et ne tuant, eux-mêmes, que très rarement, préférant, quand la chose devenait nécessaire, protéger leur retraite par des tirs précis dans les jambes, allaient toutefois finir par "mordre le trait", avec l'enlèvement, l'interrogatoire dans la clandestinité, puis l'exécution de deux balles dans la nuque précée d'une injection médicale, d'un "technicien" américain de l' "USAID", un faux-nez de la CIA, l'italo-américain Dan Mitrione (ci-contre).ON allalit l'apprendre longtempes après, dans les mémoires d'un des innombrables agents cubains infiltrés, à partir de Miami, et du milieu des supposés "réfugiés anti-castristes", jusqu'au sein de l'équipe spéciale "de guerre antisubversive" de Mitrione, cet homme au beau visage carré d'honnête évangéliste écoutait de la musique de hawaï pour ne pas entendre les hurlements de douleurs des malheureux clochards de Montevideo devenus les "cobayes" de ses cours de torture "in vivo" - et "travaillés", comme après eux les Tupamros prisonniers, selon la méthode typiquement fordienne du "juste assez" - juste assez pour parler, sans risquer de crever dans les mains des interrogateurs, et sans excès dans l'horreur, inutiles.

On ne sait pas, en revanche, si Cuba avait averti Sendic et ses amis, que la petite Île rouge guidait, dans l'ombre, avec doigté mais selon ses propres intérêts comme elle le faisait, en Colombie ou ailleurs, dans le difficile travail d'infiltration des cartels dela cocaïne, du rôle exact de Mitrione, et de ses spécialités. Ils prétendent que non, et, semble-t-il, s'abstinrent de le torturer - contrairement à ce que n'hésitètrent pas à faire, plus tard, et dans un tout autre contexte, les services de renseignement de la Résistance libanaise à Beyrouth après la captue du "chef de poste" de la CIA pour Beyrouth et tout le Moyen-orient, William Buckley, qui, lui, parla avant de mourir: ce qui permit le démantèlement des principales structures d'espionnage et de "contre-terrorisme" des Etats-Unis et d'Israël dans un vaste secteur, évitant bien des horreurs...

Quoi qu'il ensoit,la mouche avait piqué le buffle. La riposte des etats-Unis fut écrasante, entraînant la militarisation accélérée du régime, puis un coup d'Etat militaire dans les règles, comme au Chili, en Argentine, ou au Brésil, des dizaines de milliers d'arrestations parmi les centines de milliers de sympathisant qu'avaient alors acquis 10 000 Tupamaros organisés, la torture généralisée et "fordisée", l'arrestation d Sendic puis de tout le noyau dirigeant cldetin, dont "Pepe" Mujica, et leur astucieuse prise en otage à l'intérieur de casernes militaires, avec ce message clair porté à l'extérieur: ils mourraient tous, et dans les pires sévices si la "guerilla urbaine", passablement déralisée et désorganisée, se relevait et recommençait à frapper.

C'était bien joué. Enivrés par des succès brillants facilités par les ambiguïtés de la "dictature molle" contre laquelle ils s'étaient audacieusement dressés, les Tupamaros, qui avaient pourtant envisagé l'hypothèse extrême d'une réaction militaire portée par une invasion du territoire national par les troupes des régimes fascistes voisins d'Argentine ou du Brésil, mais n'en avaient pas tiré les conclusions jusqu'au bout, croyant à tort à une possibilité d'effondrement rapide du régime, façon Cuba, sous les coups d'une guérilla frappant plus des symboles que les articulations mêmes du système, n'étaient pas prêts à affronter le pire:la décision d'abandonner aux mains des tortionnaires une centaine de dirigeants bien aimés, les "vieux", les fondateurs, qui avaient toujours payé d'exemple en se plaçant, personnellement, à la tête de leurs jeunes combattants, dans les actions les plus risquées. Le mouvement, donc, parut s'effondrer. mais sa force était devenue telle qu'il renquit de ses cendres, de longues années plus tard, avec l'usure, puis l'effondrement progressif d'un régime militaire de plus en plus isolé, confronté à une résistance civile, syndicale, populaire, culturelle, qui n'avait jamais cessé - et au sein de laquelle les plus éclairés des "Tupas" avaient longtemps conçu la stratégie de s'immerger "comme des poissons dans l'eau", quitte à ralentir quelque peu leurs actions militaires, selon le double principe, issu de l'expérience communiste chinoise et sino-vietnamienne, selon lequel, si "le pouvoir est au bout du fusil", "le parti commande au fusil"

Les cent derniers prisonniers finirent par sortir de casernes-prisons devenues des "écoles de la Révolution", dans une longue colonne de camions militaires bientôt noyée dans une foule en liesse, libérée de toute peur, escortant d'une longue clameur les derniers kilomètres d'une "longue marche" vers la liberté d'hommes aux visages veillis et aux crânes rasés, et d'une bonne dizaine de "Tupamaras" aux traits eux aussi à jamais durcis par les horreurs affrontées, subies et endurées, auxquelles s'étaient soumis, sans jamais y céder, leurs corps comme leurs esprits.(ci-dessus, Nora Castro, fille d'un militaire rallié à la dictature, "Tupamara" d'élite, aujourd'hui grande figure de la vie parlementaire à Montevideo, et soutien politique de "Pepe" Mujica.

Reconstituant petit à petit, dans la discrétion, et sous l'impulsion d'un des tout premier noyau de combattantes libérées de prison, le "MLN-Tupamaros" comme mouvement politique mettant la "lutte armée" en longue parenthèse sans jamais en renier, ni la stratégie, ni les idéaux (ce qui n'exclut nullement une rationnelle autocritique), allaient constituer l'âme même du "Frente Amplio", le "Front Ample", allant bien au-delà de toute la gauche rassemblée autour, aussi, des communistes uruguayens (qui avaient eux-même infiltré et influencé les "Tupas" de la grande époque...) qui allait conduire au pouvoir un premier Président de gauche et de progrès, puis son successeur, Mujica. Ne s'étant nullement reconvertis, contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre du pourtant excellent ouvrage d'Alain Labrousse "Les Tupamaros: des armes aux urnes" (Editions du Rocher), dans le parlementariste électoraliste, mais ayant pragmatiquement adapté les moyens de lutte aux cironstances diverses d'étapes elles-même différentes, les héritiers de Raul Sendic (mort peu après sa sortie de détention suivie par son engagement dans la lutte politique à visage découvert, et ici à lépoque de l'invention des "Tupas" dans les champs de canne à sucre puis le réseau d'égoûts, minutieusement "colonisé", de Montevideo, puis à sa sortie de prison, marqué par la torture physique et la torture du temps) nous laissent un message à détente multiple.

- Premièrement: la beauté, qui illumine les regards de ceux qui n'ont jamais cédé, et, en Uruguay comme dans tous les pays, dont le nôtre, ayant connu, ne serait-ce qu'au stade de l'esquisse, des expériences de ce type, distingue de façon éblouissante le visage des repentis, des renégats, des traîtres, des traits et du regard de ceux qu'éclaire la joie d'avoir continué en s'achant s'adapter, muter, mais sans jamais se renier...Et qui peuvent donc, sans ciller, rendre hommage à leurs morts (comme, ci-dessous, dans un des grands cimetières de Santiago du Chili, ou comme nous, sur la tombe de Pierre Overney, au Père Lachaise), tout en restant résolument du Parti des Vivants: de ceux pour qui " le combat continue", et, continuant, perpétuellement s'invente...)

- Parce qu'ils ont survécu assez longtemps pour pouvoir écrire et même voir publier, de leur vivant, leurs Mémoires, ces femmes et ces hommes extraordinaires nous sont d'une aide précieuse pour analyser notre propre expérience, dans un monde où, selon l'ironique sentence adressée, à l'époque, aux Brejneviens par le subtil mao-vietnamien Truong Chinh, l'hypothèse d'un"passage pacifique" (au post-capitalisme...) constitue une hypothèse "d'autant plus précieuse qu'en pratique, elle semble particulièrement rare..."

III

A la lumière de l'expérience des "Tupamaros", et de la nôtre, théorie et pratique de la violence armée dans les pays semi-développés, comme l'Uruguay de l'époque, ou développés (la France des années 1970 à nos jours...)

(A suivre...)

 

Réponse à Fidel Castro sur "l'Holocauste des "Roms" et la FRANCE

L'attaque du "compañero"

L’HYPOCRISIE INFINIE DE L’OCCIDENT



"Bien qu’il ait publié avant et après des articles sur cette question, le journal mexicain La Jornada lui en a consacré un très impressionnant, le 1er septembre 2010, intitulé : « L’holocauste des Roms : hier et aujourd’hui », qui rappelle une histoire vraiment dramatique.

Je vais en citer des extraits textuels qui reflètent des faits absolument bouleversants dont l’Occident et surtout son colossal appareil médiatique ne disent mot.


1496 : essor de la pensée humaniste. Les peuples Roms d’Allemagne sont déclarés traîtres aux pays chrétiens, espions à la solde des Turcs, porteurs de la peste, sorciers, bandits et voleurs d’enfants.
1710 : siècle des Lumières et de la Raison. Un édit envoie à la potence, sans autre forme de procès, tous les Roms adultes de Prague. Les jeunes et les femmes sont mutilés. En Bohème, on leur coupe l’oreille gauche. En Moravie, l’oreille droite.
1899 : apogée de la modernité et du progrès. La police de Bavière crée une section spéciale des questions Roms. En 1929, cette section devient un Centre national qui est transféré à Munich puis, en 1937, à Berlin. Quatre ans après, un demi million de Roms meurt dans les camps de concentration d’Europe centrale et de l’Est.
Eva Justin, assistante du docteur Robert Ritter, de la Section d’investigations raciales du ministère allemand de la Santé, affirme que le sang Roms est extrêmement dangereux pour la pureté de la race allemande.

Et un certain docteur Portschy adresse un mémorandum à Hitler pour lui suggérer de condamner les Roms aux travaux forcés et de les stériliser en masse car ils mettent en danger la pureté du sang du paysannat allemand.
Taxés de criminels invétérés, les Roms commencent à être arrêtés en masse ; dès 1938, ils sont incarcérés dans des blocs spéciaux des camps de Buchenwald, de Mauthausen, de Gusen, de Dautmergen, de Natzweiler et de Flossenburg.
Dans un camp de Ravensbruck lui appartenant, Heinrich Himmler, le chef de la Gestapo (SS), crée un espace pour sacrifier les femmes Roms soumises à des expérimentations médicales. Cent vingt fillettes Roms sont stérilisées. Des femmes Roms mariées à des non-Roms sont stérilisées à l’hôpital de Dusseldorf-Lierenfeld.
Des milliers d’autres Roms sont déportés de Belgique, de Hollande et de France vers le camp polonais d’Auschwitz. Dans ses Mémoires, Rudolf Hess (le commandant du camp) raconte que des quasi-centenaires, des femmes enceintes et un grand nombre d’enfants faisaient partie de ces déportés.
Aucun des cinq mille Roms du ghetto de Lodz (Pologne) […] ne survécut.
En Yougoslavie, Roms et juifs étaient exécutés pareillement dans le bois de Jajnice. Les paysans se rappellent encore les cris des petits Roms conduits sur les lieux d’exécution.
Dans les camps d’extermination, seul l’amour des Roms pour la musique leur servit parfois de consolation. À Auschwitz, affamés et pouilleux, ils se réunissaient pour jouer et encourageaient les enfants à danser. Mais le courage des guérilleros Roms de la résistance polonaise dans la région de Nieswiez resta légendaire.
La musique fut un facteur qui maintint leur unité et les aida à survivre, tout comme la religion le fut chez les chrétiens, les juifs et les musulmans.


Dans une série d’articles parus dès fin août, La Jornada a rappelé des événements presque oubliés sur le sort des Roms en Europe qui, bien que victimes du nazisme, ne furent pas pris en considération après le procès de Nuremberg en 1945-1946.


Le gouvernement du chancelier Konrad Adenauer déclara que l’extermination des Roms avant 1943 avait obéi à des politiques d’État légales, si bien que les victimes d’avant cette date ne reçurent aucune indemnisation. Robert Ritter, l’expert nazi en extermination des Roms, fut libéré. Ce n’est qu’en 1982, soit trente-neuf ans après, qu’il fut reconnu que les victimes avaient droit à des indemnisations, mais la majorité était déjà morte.


Plus des trois quarts des Roms, évalués entre 12 et 14 millions, vivent en Europe centrale et de l’Est. La Yougoslavie socialiste de Tito fut la seule à reconnaître aux Roms les mêmes droits qu’aux minorités croates, albanaises et macédoniennes.


Le journal mexicain qualifie de « particulièrement perverse » la déportation massive de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie ordonnée par le gouvernement de Sarkozy, un juif d’origine hongroise. Qu’on ne prenne pas ça pour de l’irrespect de ma part : ce sont les termes mêmes du journal.


On calcule que deux millions de Roms vivent en Roumanie, pays allié des USA et membre illustre de l’OTAN, dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste d’ « immonde Rom». Quelqu’un de très délicat et d’une politesse exquise, on le constate.


Le site web Univisión.com a commenté les manifestations organisées contre l’expulsion de Roms et contre la « xénophobie » en France. Selon l’agence de presse AFP, environ « cent trente manifestations devaient se dérouler en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays de l’Union européenne, avec le soutien de dizaines d’organisations des droits humains, de syndicats et de partis de gauche et d’écologistes ». La longue dépêche évoque la participation de personnalités connues de la culture, comme Jane Birkin et la cinéaste Agnès Jaoui, et rappelle que la première a fait partie, aux côtés de l’ancien résistant à l’occupation nazie de France (1940-1944), Stephane Hessel, du groupe qui eut ensuite des entretiens avec des conseillers d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration.
« "Ça a été un dialogue de sourds, mais il est bon qu’il ait eu lieu pour leur montrer qu’une bonne partie de la population se dresse contre cette politique nauséabonde", a déclaré le porte-parole du Réseau Education sans frontières… »
D’autres nouvelles abordent ce point épineux.

Selon l’article de Ricardo Martínez de Rituerto, sur elpais.com, « le Parlement européen a cloué hier au pilori la France et Nicolas Sarkozy pour leur rapatriement de milliers de Roms roumains et bulgares, à la suite de débats tendus au cours desquels l’attitude de José Manuel Durão Barroso et de la Commission a été qualifiée de scandaleuse et de ridicule, compte tenu de leur apparente pusillanimité à condamner les décisions de Paris comme illégales et contraires au droit communautaire ».


La Jornada a fourni dans un autre article une donnée sociale impressionnante : la mortalité néonatale des Roms est neuf fois plus élevée que la moyenne européenne et leur espérance de vie dépasse à peine cinquante ans.
Le journal mexicain avait informé le 29 août que, bien que les critiques n’aient pas manqué, aussi bien de la part des institutions de l’Union européenne que de l’Église catholique, de l’ONU et d’une vaste gamme d’organisations travaillant auprès des émigrés, Sarkozy insiste pour expulser et déporter des centaines de citoyens bulgares et roumains, des citoyens européens, donc, au motif de leur nature prétendument "criminelle".
On a du mal à croire qu’en 2010, après le terrible passé de l’Europe en matière de racisme et d’intolérance, qu’une ethnie entière puisse encore être ainsi criminalisée et signalée en bloc comme un problème social.


L’indifférence, voire la complaisance face aux actions aujourd’hui de la police française, hier de la police italienne, et en général européenne, laissent pantois les observateurs les plus optimistes.
Soudain, tandis que j’écrivais ces Réflexions, je me suis rappelé que la France était la troisième puissance nucléaire de la planète et que Sarkozy possédait lui aussi un attaché-case qui contient les codes autorisant le lancement de l’une des plus de trois cents bombes que possède ce pays. De quel droit moral peut-on dès lors lancer une attaque contre l’Iran, que l’on condamne pour sa prétendue intention de fabriquer une bombe atomique ?

Où sont la sagesse et la logique de cette politique ?


Supposons que Sarkozy perde soudain la tête, comme il semble que c’est en train d’arriver… Que ferait en l’occurrence le Conseil de sécurité des Nations Unies de Sarkozy et de son attaché-case ?


Que se passerait-il si l’extrême droite française décidait d’obliger Sarkozy à suivre une politique raciste en contradiction avec les normes de l’Union européenne ?


Le Conseil de sécurité pourrait-il répondre à ces deux questions ?


L’absence de vérité et la primauté du mensonge sont la pire tragédie à notre périlleuse ère nucléaire.

Fidel Castro Ruz
Le 12 septembre 2010
18 h 57

 

 

CRITIQUES, OBSERVATIONS ET COMMENTAIRES

 

 

 

 

D'abord, arrêtons de confondre, comme on le fait...en "Occident", ce qu'on peut légitimement appeler l'Occident, là où le soleil "se couche" et "meurt" (occis, du verbe latin occidere..), à distinguer de l'"Orient", où l'astre "se lève", toutes notions mythico-géographiques définissant, schématiquement, deux vastes ensembles historico-culturels,et l'espace euro-atlantique où s'est provisoirement épanouï une des premières formes de capitalisme, puis l'impérialisme des "grandes puissances" européennes, rivales jusque dans la mort, et celui, "superpuissance" devenue, pour une très brève parenthèse, "hyperpuissance" après la souhaitable autodissolution de son "clone", des Etats-unis d'Amérique.

Cette confusion sémantique, politique, a un double inconvénient:

-faire régresser la pensée jusqu'avant Ptolémée, à l'époque où "l'homme" (grec), se croyant le centre de l'univers, estimait que le soleil tournait autour de la terre, "se levant" au LEVANT avant d'aller "se coucher" en "OCCIDENT", au COUCHANT?

- blanchir le capitalisme en tant que tel, qui ne s'identifie pas plus avec l'histoire de la pensée "occidentale" qu'avec aucune autre aire géopolitique spécifique, et ainsi autoriser une des multiples variantes de la "guerre des civilisations", "anti-occidentale".

Ensuite, constatons que l'heureuse victoire des forces de LIBERATION sur les FORCES D'OPPRESSION, dans leur forme nazie-raciste extrémiste, victoire des peuples des maquis d'Europe "occidentale", "centrale" et "orientale", de Russie d'Europe, de Russie asiatique, de Chine et du reste du monde, a pu être provisoirement masquée par l'avantage tactique, pris, au rives atlantiques de l'isthme européen, qui ne constitue nullement une entité continentale ou même culturelle, par l'impérialisme anglo-saxon sur l'impérialisme allemand et germano-italo-japonais, alors carbonisé: ceux qui se croyaient devenus, en jouant cruellement sur les divisions de l'Europe, "nouveaux maîtres du monde",n'avaient, dans un premier temps tout au moins, pas le moindre intérêt à se présenter en défenseurs des minorités ethniques éliminées, qu'il s'agisse des ashkenazes d'Europe ou des "Roms". Leur intention n'était nullement d'édifier, sous le couvert d'une ONU remplaçant la défunte SDN, un monde sans guerres racistes coloniales, sans "épurations ethniques", sans génocides. Tel n'avait pas été l'enjeu réel de la deuxième guerre mondiale, sauf pour le discours de propagande.

D'où l'origine, vers le mitan du siècle, d'une double négation, celle du génocide presque totalement réalisé des juifs d'Europe, et celle de l' "épuration ethnique" des "Roms" -dont Castro rappelle ci-contre, avec une force de pénétration percutante, les horreurs.

Israël, de son côté, n'avait, du moins dans une première phase, guère intérêt non plus à se présenter, abusivement, comme "L'Etat Juif" héritier des millions de victimes de la"Shoah". Les dirigeants sionistes socialistes méprisaient tout autant leurs frères "yid" (yiddishophones) abandonnés par eux sans pitié, sauf pour les plus riches, dans les serres de l'aigle nazi à double tête pour ne pas compromettre "le combat principal"que leurs alliés-adversaires de l'extrême-droite sioniste, Jabotinski et consorts, "révisionnistes", ouvertements complices, eux, des "chemises brunes" dont ils revendiquaient l'"idéologie de la race supérieure" autant que le "salut romain" et l'uniforme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que Fidel Castro reprenne à son compte l'assertion du "journal mexicain" ou pas, il est clairement raciste, et donc, à ce titre, injustifiable de quelifiier Sarkozy de "juif d'origine hongroise".

Sarkozy, de religion catholique, n'est pas juif - sauf à considérer comme juive, ce que firent les sionistes bien avant d'être imités par les nazis, toute personne "de mère juive" "de sang juif", "de race juive".

Quant aux "Roms", dont un représentant porte, on le sait, le nom, hongrois peut-être, et sans doute "Rom" de Sarkozy, et qui sont, en majorité, de religion chrétienne, s'ils ont évidemment le plus grand intérêt à exploiter au maximum la conjoncture actuelle, marquée, en France et dans une partie de l'Europe, par une explosion de colère anti-raciste contre ls mesures du gouvernement de fait de la France les désignant à la vindicte publique et en faisant la cible d'une politique d'expulsion systématique nullement appliquée à la totalité des "sans papiers", ils ne pourront pas durablement tirer avantage de leur condition, bien spécifique, de "peuple du voyage", sans faire un examen de conscience, critique, portant sur l'usage, fréquent chez tous les "voyageurs", d'un concept de "gadjo" (l'étranger, celui qui n'est pas comme nous, pas "voyageur") calqué, à moins que ce ne soit le contraire, sur celui de "goy" - et autorisant, comme lui, une conception raciste du principe de justice, donc, au passage, de propriété. Voler la voiture, voire la "poule", d'un"gadjo" n'est pas vraiment voler:il n'avait pas à la laisser traîner...Comme spolier par l'usure en "gentil", un "goy", n'est pas faire l'usurier, il n'avait qu'à pas s'endetter...Pas plus que, dans la tradition validant le mot "goy",chasser de sa terre le paysan palestinien qui en a hérité, et la cultive, pour en faire "terre juive" n'est en quelque façon coloniser, ou épurer...- Mais il en va de même de ceux pour qui "islamiser" Gaza, Jérusalem, ou toute la Palestine, est différent, dans le principe, de les "judaïser". Comme si l'islam, grande religion dans une grande aire de civilisation et de culture encore en expansion, semble-t-il, en Afrique noire comme dans une partie de l'Asie, était le propre d'un "peuple musulman" -ou de plusieurs...

ux rives atlantiques de l'isthme européen  

Cuba, enfin, peut respirer.

-Il n’y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution.


D'après un texte de José Fort
14 avril 2011

(Extraitrs commentés par nous (LMR)

:
Fidel Castro, aujourd’hui malade et devenu chroniqueur de luxe du journal « Granma », est un personnage d’exception.(...) Certains l’ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d’autres ont d’abord pris leurs distances avant de se rapprocher de cet homme qui à Cuba et dans le monde entier on appelle « Fidel » ou « Comandante ». Surtout pas « leader maximo », une invention ânonnée comme une vérité.


Ce fils d’un aisé propriétaire terrien, né il y a quatre vingt trois ans (1) à Biran dans la province de Holguin a suivi des études chez les Jésuites, puis à l’université de La Havane d’où il sort diplômé en droit en 1950.

Il milite dans des associations d’étudiants, tape dur lors d’affrontements musclés avec la police dans les rues de la capitale puis se présente aux élections parlementaires sous la casaque du Parti orthodoxe, une formation se voulant « incorruptible » et dont le chef, Chivas, se suicida en direct à la radio. Un compagnon de toujours de Fidel, Alfredo Guevara, fils d’immigrés andalous et inamovible patron du cinéma cubain, dira de lui : « Ou c’est un nouveau José Marti (le héros de l’indépendance), ou ce sera le pire des gangsters ».

Fidel Castro, c’est l’attaque de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, la prison, la rédaction de « l’Histoire m’acquittera » ; c’est l’exil au Mexique avec son frère, la préparation du débarquement à bord du « Granma » la rencontre avec un jeune médecin asthmatique venu d’Argentine, Ernesto Rafael Guevara de la Serna.

Fidel Castro, c’est au début un adversaire acharné de la dictature, un adepte de la philosophie chère à Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis. C’est la guérilla dans la Sierra Maestra et son apparition au grand jour dans les journaux nord-américains et européens. Tant que Fidel ne s’attaquera pas aux intérêts économiques US, il sera un interlocuteur des dirigeants étasuniens. Dès que la révolution commencera à exproprier des industries nord-américaines comme la United Fruit, il deviendra le diable à abattre.

Le premier attentat dans le port de La Havane, le 4 mars 1960, sonne le prélude à une longue liste (...) : le cargo battant pavillon tricolore, La Coubre, qui avait chargé des munitions à Hambourg, Brème et Anvers explose dans le port de La Havane faisant plus de cent morts, dont six marins français. Ulcéré, De Gaulle donne l’ordre d’accélérer la livraison des locomotives commandées du temps de Batista. Elles font l’objet d’étranges tentatives de sabotage. Les dockers CGT du port du Havre surveilleront le matériel jusqu’au départ des navires.


Une opération de grande envergure se préparait du côté de Miami : le débarquement de la Baie des Cochons. En avril 1961, au lendemain de l’annonce par Fidel de l’orientation socialiste de la révolution, le gouvernement des Etats-Unis missionne la CIA pour encadrer 1400 exilés cubains et mercenaires latino-américains en espérant, en vain, un soulèvement populaire. Fidel en personne dirige la contre-attaque. La tentative d’invasion se solde par un fiasco. Les Etats-Unis signent là leur déclaration de guerre à la révolution cubaine. Pendant des dizaines d’années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d’assassiner Fidel jusqu’à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, allant jusqu’à introduire la peste porcine et des virus s’attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l’asphyxie économique de l’île en décrétant un embargo toujours en vigueur.

« El Caballo » (le cheval) comme l’appellent parfois les gens du peuple, ce que Fidel n’apprécie pas, aura survécu à Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Ford et assisté aux départs à la retraite de Carter, Clinton, Bush père et fils.
Tant d’années d’agressions, tant d’années de dénigrement et de coups tordus, tant d’années de résistance d’un petit pays de douze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale. (...)

Lorsqu’on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d’abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l’épanouissement de la démocratie telle que nous la concevons en Occident ? Lorsque dans les salons douillets parisiens, on juge, tranche, condamne, sait-on au juste de quoi on parle ?



La crise des fusées ?

Lorsque l’URSS dirigée par Nikita Khrouchtchev décide en 1962 d’installer à Cuba des missiles afin, officiellement, de dissuader les Etats-Unis d’agresser l’île, Moscou répond à une demande de Raul Castro mandaté par Fidel. La direction soviétique fournit déjà à Cuba le pétrole que lui refuse son proche voisin. Elle met deux fers au feu : dissuader les Etats-Unis d’agresser Cuba, afficher un clair avertissement à Washington sur l’air de « nous sommes désormais à proximité de vos côtes ». La tension atteint un point tel qu’un grave conflit mondial est évité de justesse. Les missiles soviétiques retirés, Fidel regrettera que le représentant de l’URSS à l’ONU n’ait pas reconnu la réalité des faits. « Il fallait dire la vérité », disait-il. Il fut bien obligé de se plier à la décision finale de Moscou même si dans les rues de La Havane des manifestants scandaient à l’adresse de Khrouchtchev : « Nikita, ce qui se donne ne se reprend pas. »


Entre Moscou et La Havane, au-delà des rituels, les relations ont toujours été conflictuelles. Pas seulement, pure anecdote, parce que des « responsables » soviétiques ignorants faisaient livrer des chasse-neige à la place des tracteurs attendus. Les Soviétiques voyaient d’un mauvais œil le rôle croissant de Fidel dans le mouvement des non alignés, l’implication cubaine aux côtés des mouvements révolutionnaires latino-américains puis l’aide à l’Afrique. Ils ne supportaient pas la farouche volonté d’indépendance et de souveraineté de La Havane et ont été impliqués dans plusieurs tentatives dites « fractionnelles » reposant sur des prétendus « communiste purs et durs », en fait marionnettes de Moscou, pour tenter de déstabiliser Fidel.

Une fois l’URSS disparue, les nouveaux dirigeants russes ont pratiqué avec le même cynisme abandonnant l’île, coupant du jour au lendemain les livraisons de pétrole et déchirant les contrats commerciaux.

Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d’achat ?

L’Espagne, ancienne puissance coloniale, a laissé à Cuba un héritage culturel, les Etats-Unis son influence historique et ses détonants goûts culinaires comme le mélange de fromage et de confiture. Mais la Russie ? Rien, même pas le nom d’un plat ou d’un cocktail.


L’exportation de la révolution ?
Fidel n’a jamais utilisé le mot « exportation ». Che Guevara, non plus. Ils préféraient évoquer la « solidarité » avec ceux qui se levaient contre les régimes dictatoriaux, créatures des gouvernements nord-américains.

Doit-on reprocher ou remercier Fidel d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl ?

Doit-on lui reprocher ou le remercier d’avoir soutenu les insurrections armées au Nicaragua, au Salvador et d’avoir sauvé, face à l’indifférence des dirigeants soviétiques, l’Angola fraîchement indépendante encerclée par les mercenaires blancs sud-africains fuyant, effrayés, la puissance de feu et le courage des soldats cubains, noirs pour la plupart ?

Dans la mémoire de millions d’hommes et des femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Fidel et le Che sont et resteront des héros des temps modernes.

Les libertés ? Fidel, un tyran sanguinaire ? Il y eut d’abord l’expulsion des curés espagnols qui priaient le dimanche à la gloire de Franco. Complice de Batista, l’église catholique était et demeure la plus faible d’Amérique latine alors que la « santeria », survivance des croyances, des divinités des esclaves africains sur lesquels est venue se greffer la religion catholique, rassemble un grand nombre de noirs cubains.

Les relations avec l’Eglise catholique furent complexes durant ces longues années jusqu’au séjour de Jean Paul II en 1998 annoncée trop rapidement comme l’extrême onction de la révolution. Ce n’est pas à Cuba que des évêques et des prêtres ont été assassinés, mais au Brésil, en Argentine, au Salvador, au Guatemala et au Mexique.


Il y eut la fuite de la grande bourgeoisie, des officiers, des policiers qui formèrent, dès la première heure, l’ossature de la contre révolution encadrée et financée par la CIA. Il y eut ensuite les départs d’hommes et des femmes ne supportant pas les restrictions matérielles. Il y eut l’insupportable marginalisation des homosexuels. Il y eut les milliers de balseros qui croyaient pouvoir trouver à Miami la terre de toutes les illusions. Il y eut la froide exécution du général Ochoa étrangement tombé dans le trafic de drogue. Il y eut aussi ceux qui refusaient la pensée unique, la censure édictée par la Révolution comme « un acte de guerre en période de guerre », les contrôles irritants, la surveillance policière. Qu’il est dur de vivre le rationnement et les excès dits « révolutionnaires ». Excès ? Je l’ai vécu, lorsque correspondant de « L’Humanité » à La Havane, l’écrivain Lisandro Otero, alors chef de la section chargée de la presse internationale au Ministère des Affaires étrangères, monta une cabale (...) pour tenter de me faire expulser du pays.
Ceux qui osent émettre une version différente d’un « goulag tropical » seraient soit des « agents à la solde de La Havane », soit victimes de cécité. Que la révolution ait commis des erreurs, des stupidités, des crimes parfois n’est pas contestable. Mais comment, dans une situation de tension extrême, écarter les dérives autoritaires ? (...)


A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée, comme le reconnaît Amnesty international.

On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Il n’y a jamais eu des dizaines de milliers de détenus politiques dans l’île mais un nombre trop important qui ont dû subir pour certains des violences inadmissibles. (...)
Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 76 ans, tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs. Où, dans cette région du monde, peut-on présenter un tel bilan ?

Fidel a tout vécu. La prison, la guérilla, l’enthousiasme révolutionnaire du début, la défense contre les agressions, l’aide internationaliste, l’abandon de l’URSS, une situation économique catastrophique lors de la « période spéciale », les effets de la globalisation favorisant l’explosion du système D. Il aura vécu l’adaptation économique avec un tourisme de masse entraînant la dollarisation des esprits parmi la population au contact direct des visages pâles à la recherche de soleil, de mojito, de filles où de garçons.

Comment ne pas comprendre les plus jeunes, alléchés par le billet vert et regardant avec envie les visiteurs venus de l’étranger ?

Il aura, enfin, très mal accepté le retour de la prostitution même si dans n’importe quelle bourgade latino-américaine on trouve plus de prostituées que dans la 5 eme avenue de La Havane. Alors, demain quoi ?

La Révolution va-t-elle s’éteindre ?

Il ne se passera pas à Cuba ce qui s’est produit en Europe de l’Est. Pour une raison simple : la soif d’indépendance et de souveraineté n’est pas tarie.

Les adversaires de la Révolution cubaine devraient se méfier et ne pas prendre leurs désirs pour la réalité. Il y a dans cette île des millions d’hommes et de femmes – y compris de l’opposition – prêts à prendre les armes et à en découdre pour défendre la patrie. Fidel avait prévenu en déclarant : « Nous ne commettrons pas l’erreur de ne pas armer le peuple. »

Le souvenir de la colonisatio (...) reste dans tous les esprits, les progrès sociaux enregistrés, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, constituent désormais des acquis. Il y a plus. La Révolution a accouché d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes refusant le retour au passé, des cadres « moyens » de trente à quarante ans très performants en province, des jeunes dirigeants nationaux aux talents confirmés. Une nouvelle époque va s’ouvrir et elle disposera d’atouts que Fidel n’avait pas.

L’Amérique latine, ancienne arrière-cour des Etats-Unis, choisit des chemins progressistes de développement, (...) les échanges économiques permettent le transfert du savoir faire contre des matières stratégiques, comme le pétrole avec le Venezuela notamment, le prestige de la Révolution cubaine demeure intact auprès des peuples latino-américains. Cuba, enfin, peut respirer.


Il n’y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution. Obligatoire.

Pour qu’elle s’effectue dans les meilleures conditions, il faudra que les vieux commandants de la Révolution rangent leurs treillis vert olive, prennent leur retraite et passent la main. Les atlantes du futur, de plus en plus métissés, sont prêts. Ne sont-ils pas les enfants de Fidel ?


Note (1) Article paru en juillet 2009. Fidel Castro va maintenant sur ses 85 ans. (Ndlr)


Source : Le blog de José Fort

"Il a gagné! On a gagné!" Six fois blessé par balles, arrêté, emprisonné, torturé, l'ex-TUPAMARO "Pepe" MUJICA, désormais Président démocratiquement élu de l'URUGUAY, nous offre l'occasion d'une méditation sur l'histoire, les mythes, les pièges, la grandeur, la beauté - et l'opportunité? -de la "lutte armée" au cœur des métropoles impérialistes, des années 1970 à aujourd'hui...ICI

- Honduras: contre un massacre électoral programmé, à la Chilienne, tous dans la rue ce dimanche 29 novembre 2009! ICI

- Castro: Le NOBEL à OBAMA? - Oui: mais pourquoi pas EVO?

Fidel: "Si l’on a octroyé le Prix Nobel à Obama pour avoir remporté des élections dans une société raciste bien qu’il soit Afro-américain, Evo (Morales) le méritait tout autant pour les avoir gagnées dans son pays, bien qu’il soit indigène, et pour avoir en plus tenu ses promesses". (suite ci-dessous en bas de la page)

Mourir pour Tegucigalpa

La survie de l'atypique révolution cubaine ne tenait qu'à un fil. Rocher des Caraïbes aventuré à portée de F16 de la Floride, l' "Île Rouge", privée de matières premières essentielles, tenue à bout de bras, puis à la gorge, par le lointain "ami" moscoutaire, devenu lourd "protecteur", asphyxiée par le garrot du blocus, et ne pouvant compter ni sur 'l'effet de jungle", ni sur "l'effet de masse", choisit de mobiliser, donc, ce qu'elle avait de meilleur: des services de renseignements percutants, inventifs, vite immergés dans les profondeurs complexes du "grand arrière" qu'est ce demi-continent de l'Amérique latine du centre et du sud, retrouvant progressivement dans la même période, et ce n'est pas tout à fait un hasard, ses racines indiennes dont la diversité andine ou même amazonienne vient se marier si bien avec l'hispanité de la conquête, intégrée plus que reniée...

Ainsi naquit, après l'avortement d'une série de tentations guevaro-putchistes, écran, selon les uns, échec, selon les autres, expérience en tout cas, le "miraculeux" effet domino, qui fit, dans le désordre et sans hiérarchie a priori, Lula, Chavez, Bachelet, Morales...

Cette partie heureuse tire-t-elle sur sa fin?

Certains signes pourraient l'indiquer. Les vaincus fascisants des années BUSH ne sont pas allés s'enterrer pour mourir dans un bunker à la Sigmaringen - même si le "patron" lui-même, Rumsfeld-tamiflu et Dick Cheney, s'achètent, à tout hasard, des ranches sous prête-nom dans un pays qui n'extrade pas: le Paraguay...

Il leur a d'abord fallu se terrer: mais pour mieux revenir, et, le moment venu, mordre. Comme le crotale du Texas, reptile qu'ils apprécient, qui sait s'enfuir, et même s'enfouir, lové dans des bouses de bison dont il a la teinte brune; comme ces vipères mal connues du Neguev, bien connues des Bédouins et, désormais, des services secrets palestiniens de "Novembre Noir", dont le venin, rongeant mortellement le cerveau de la "cible",est à effet-retard (n'est-ce pas, Ariel Sharon?), ils ont choisi, pour Obama qui les avait vaincus, et, plus que vaincus, humiliés, le poison de la mort lente.

Avant même l'élection, la décision des barons de Goldman Sachs de laisser cyniquement s'effondre LEHMAN BROTHERS, dont le rustique P-dg finançait "le nègre", donnait le "top-départ" d'une crise d'Apocalypse, qui, "crise systémique" , certes, Messieurs les professeurs de marxisme, d'un impérialisme militaro-financier à bout de souffle, rendu exsangue par ses guerres en chaîne, en devenait, de ce fait, le premier piège géopolitique ouvert sous les pas du marcheur à longues jambes - sauvé, in extremis, par les calculs à longue portée des tao-communistes de la "Cité Interdite" pour lesquels une crise trop brutale et trop rapide de ce, qui reste, clairement, leur ennemi mortel, ne pouvait ouvrir que sur un chaos ingérable, dangereux et peut-être sans issue...

Le coup d'Etat de Micheletti, au Honduras, constitue l'Acte II de cette "guerre secrète" - avec l'appui de L'Hillarante Clintone que le Mossad adore autant qu'elle l'adule depuis la savoureuse affaire Monica Lewinski, gérée, sinon construite, pour "punir Bill" de son infidélité, non pas à sa rombière, mais aux pitres sanglants de Tel Aviv à qui l'obsédé de la braguette ne parvenait pas à pardonner l'assassinat de son ami Rabin:du coup, il commençait à lancer des ruades d'âne rendu fou par un taon dans les brancards de la politique israélienne...


VEILLÉE SUR L'AGONIE

DE LA DÉMOCRATIE

ET
POUR LES VICTIMES

DU COUP D'ÉTAT

AU HONDURAS


Les dernières nouvelles du Honduras poussent à croire à une intensification de la répression lors des élections.

- Le président putschiste a annoncé son absence du 26 novembre au 2 décembre des instances de direction du pays.

- Les militaires rassemblent d'importantes troupes dans la capitale et dans les grandes villes.


- Une partie de l'hôpital central de Tegucigalpa est réquisitionné pour y installer des lits d'urgence pour les militaires (au cas où).

L'état installe un climat de peur autour des élections qui se dérouleront le 29 novembre 2009 et on ne compte plus les morts, disparus et victimes de la répression.

Notre vigilance ce 29 novembre sur la situation est donc encore une fois plus que symbolique face à l'illégitimité des élections qui auront lieu et risquent d'être entachées de violence de la part du pouvoir putschiste.


C'est pourquoi nous appelons toutes les organisations démocratiques à une veillée aux bougies sur "L'agonie de la démocratie et pour les victimes du Coup d'état au Honduras".

Cette veillée se déroulera le jour des élections
DIMANCHE 29 Novembre 2009 à 17h
place saint Michel (métro 4 St-Michel)
Amenez vos bougies et fleurs de la paix et de la démocratie en soutien à la résistance de tout le peuple Hondurien qui résiste depuis 150 jours.


Le collectif Alerte Honduras.
www.alerte-honduras.org <http://www.alerte-honduras.org>
alertehonduras@gmail.com

 

 

 

"Pour la première fois dans les deux pays, des gens de ces ethnies s’installent à la présidence.

J’ai dit à plusieurs reprises qu’Obama était quelqu’un d’intelligent, élevé dans le système social et politique auquel il croit. Il aspire à étendre les services de santé à presque cinquante millions d’Etasuniens, à sortir l’économie de la profonde crise qu’elle souffre et à redorer l’image de son pays, ternie par des guerres génocidaires et par les tortures. Il ne conçoit pas qu’il faille changer le système politique et économique de son pays, il ne le souhaite pas et il ne le peut pas. Le Prix Nobel de la paix avait été concédé auparavant à trois présidents des USA, à un ex-président et à un candidat à la présidence. Le premier fut Theodore Roosevelt, élu en 1901, celui des Rough Riders (les rudes cavaliers), qui débarqua ses cavaliers à Cuba, mais sans monture, à la suite de l’intervention menée en 1898 pour empêcher l’indépendance de notre pays. Le second fut Thomas Woodrow Wilson, qui fit entrer les USA dans la Première guerre pour le partage du monde. Au Traité de Versailles, il imposa des conditions si sévères à l’Allemagne vaincue qu’il jeta les bases de l’apparition du nazisme et de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale. Le troisième est Barack Obama.

L’ex-président, c’est Carter qui reçut le Prix Nobel plusieurs années après avoir conclu son mandat. Sans aucun doute, l’un des rares présidents de ce pays à avoir été incapable d’ordonner l’assassinat d’un adversaire, contrairement à d’autres ; il restitua le Canal de Panama, créa la Section des intérêts des USA à La Havane, évita de sombrer dans de gros déficits budgétaires et de gaspiller l’argent au profit du complexe militaro-industriel, contrairement à Reagan.

Le candidat est Al Gore, quand il était déjà vice-président, le politique étasunien meilleur connaisseur des terribles conséquences des changements climatiques. Il fut victime de la fraude électorale alors qu’il était candidat à la présidence, et privé de la victoire par W. Bush.

Les avis ont été très partagés au sujet de l’octroi de ce prix. Beaucoup partent de conceptions morales ou relèvent des contradictions évidentes dans cette décision surprenante. Ils auraient préféré que ce prix récompense une œuvre accomplie.

Le Prix Nobel de la paix n’est pas toujours allé à des gens qui le méritaient. Il a parfois été décerné à des gens pleins de ressentiments, suffisants, ou pis encore. Apprenant la nouvelle, Lech Walesa s’est exclamé avec mépris : «Qui? Obama? C’est trop tôt. Il n’a encore rien fait.» Dans notre presse et sur CubaDebate, des compagnons honnêtes et révolutionnaires se sont montrés critiques. L’un d’eux a affirmé : «La semaine où Obama a reçu le Prix Nobel de la paix, le Sénat étasunien a voté le budget militaire le plus élevé de l’histoire : 626 milliards de dollars.» Au journal télévisé, un autre journaliste a commenté : «Qu’a donc fait Obama pour mériter une telle distinction?» D’autres se sont demandés : «Et la guerre d’Afghanistan et la recrudescence des bombardements?» Ce sont là des vues basées sur des réalités. De Rome, le cinéaste Michael Moore a eu une phrase lapidaire : «Mes félicitations, président Obama, pour le Prix Nobel de la paix. Maintenant, s’il vous plaît, gagnez-le donc ! »

Je suis sûr qu’Obama est d’accord avec Moore. Il est assez intelligent pour comprendre les circonstances qui entourent son cas. Il sait qu’il n’a pas encore gagné ce prix. Ce jour-là, il a déclaré dans la matinée : «Je n’ai pas l’impression de mériter d’être en compagnie de tant de personnalités transformatrices qui l’ont reçu.»

On dit que les membres du fameux comité qui décerne le Prix Nobel de la paix sont au nombre de cinq. Un porte-parole dit qu’ils ont été unanimes. On pourrait se demander : ont-ils consulté ou non Obama? Peut-on prendre une décision de ce genre sans en avertir auparavant la personne récompensée? Obama ne peut être jugé de la même manière sur le plan moral selon qu’il connaissait d’avance ou non l’octroi de ce prix. On peut en dire autant de ceux qui ont pris la décision. Peut-être serait-il nécessaire de créer le Prix Nobel de la transparence.

La Bolivie compte d’importants gisements de gaz et de pétrole, et possède aussi les plus grandes réserves connues de lithium, un minerai extrêmement utile à notre époque pour stocker et utiliser l’énergie.

Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de lamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il «descendait dans un hôtel 1 000 étoiles», une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes. Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy, où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière. Quand le Che, blessé et désarmé, fut assassiné à La Higuera le 9 octobre 1967, Evo, qui est né le 26 de ce mois, mais en 1959, n’avait pas encore fêté son huitième anniversaire. Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.

Pendant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.

Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro de Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin pour aller travailler comme boulanger, manœuvre ou dans d’autres métiers qui demandent un effort physique. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent, et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro. Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de sa communauté, dont il était le capitaine. L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre. Une fois ses études secondaires terminées, il fit son service militaire et retourna dans sa communauté, sur les hauteurs de la cordillère. La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région subtropicale d’El Chapare, où elle obtint un petit lopin de terre.

Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’Etat ne faisait rien.

Les conditions d’une révolution sociale s’étaient peu à peu créées en Bolivie dans les cinquante dernières années. Elle éclata le 9 avril 1952, avant même le début de notre lutte armée à Cuba, sous la conduite du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Victor Paz Estenssoro : les mineurs révolutionnaires vainquirent les forces répressives et le MNR prit le pouvoir. Les objectifs révolutionnaires étaient loin de s’accomplir en Bolivie. Dès 1956, selon des gens bien renseignés, le processus commença à s’étioler. La Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Trois ans plus tard, en janvier 1962, notre patrie était expulsée de l’OEA. La Bolivie s’abstint. Plus tard, tous les gouvernements, hormis le Mexique, rompirent leurs relations avec nous.

Les scissions du mouvement révolutionnaire international se firent sentir en Bolivie. Pour que les choses y changent, il allait falloir plus de quarante ans de blocus à Cuba, le néolibéralisme et ses conséquences désastreuses, la révolution bolivarienne au Venezuela et l’ALBA, mais surtout Evo et le Mouvement au socialisme (MAS).

Il est malaisé de résumer cette riche histoire en quelques pages. Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’Etat et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes.

«La coca n’est pas de la cocaïne», a-t-il lâché au plus gros producteur de marijuana et au plus gros consommateur de drogues au monde, dont le marché nourrit la criminalité organisée qui coûte des milliers de vies au Mexique tous les ans. Deux des pays où se trouvent les troupes yankees et leurs bases militaires sont les plus gros producteurs de drogues de la planète. La Bolivie, le Venezuela et l’Equateur, pays révolutionnaires qui, à l’instar de Cuba, sont membres de l’ALBA, ne tombent pas dans le piège mortel du commerce des drogues : ils savent ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils doivent faire pour apporter la santé, l’éducation et le bien-être à leurs peuples. Ils n’ont pas besoin de troupes étrangères pour combattre le trafic de drogues.

La Bolivie mène de l’avant un programme étonnant sous la direction d’un président aymara qui jouit de l’appui de son peuple. En moins de trois ans, l’analphabétisme a été éliminé : 824 101 Boliviens ont appris à lire et à écrire ; 24 699 l’ont fait en aymara et 13 599 en quechua. La Bolivie est le troisième pays délivré de l’analphabétisme, après Cuba et le Venezuela. Des millions de personnes reçoivent maintenant, pour la première fois de leur vie, des soins médiaux gratuits : la Bolivie est l’un des sept pays au monde à avoir, ces cinq dernières années, réduit la mortalité infantile, et elle pourra atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015, ainsi que diminué les morts maternelles dans une proportion similaire ; 454 161 personnes y ont été opérées de la vue, dont 75 974 Brésiliens, Argentins, Péruviens et Paraguayens.

La Bolivie a engagé un programme social ambitieux : tous les enfants des écoles publiques, de la première à la huitième année de classe –soit presque deux millions d’élèves– reçoivent un don annuel pour pouvoir acheter les fournitures scolaires. Plus de 700 000 personnes de plus de soixante ans perçoivent un bon équivalent à 342 dollars par an. Toutes les femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans touchent une aide d’environ 257 dollars.

La Bolivie, l’un des trois pays les plus pauvres du continent, a fait passer sous le contrôle de l’Etat ses principales ressources énergétiques et minérales, tout en respectant et en indemnisant les intérêts lésés. Elle avance précautionneusement pour ne pas avoir à reculer d’un pas. (suite sous la photo, et sa légende)

De "Lula", l'ouvrier métallurgiste,syndicaliste, devenuPrésident du Brésil, àDaniel Ortega (Nicaragua), en passant par Castro, Chavez, ou Morales (ci-dessus), c'est tout un continent, et au-delà, cet isthme qu'est l'Amérique centrale, qui, refusant une division, mortelle, entre progressistes modérés et révolutionnaires intransigeants, maintient son unité, seule gage de force et de victoire quer le long terme, et, suivant le précepte du "petit timonier" (Deng SiaoPing), et loin des fomules toutes faites et dogmatiques du "marxisme-léninisme" à l'Européenne (à l'ancienne), " pour traverser la rivière, tâte les pierres à chaque pas"

Ses réserves en devises ont augmenté, au point d’avoir triplé depuis le début du gouvernement d’Evo.

La Bolivie fait partie des pays qui utilisent le mieux la coopération étrangère et défendent fermement l’environnement. Elle est parvenue à établir en très peu de temps le recensement électoral biométrique, enregistrant près de 4,7 millions d’électeurs, presque un million de plus que le dernier de janvier 2009, soit 3,8 millions.

Les élections auront lieu le 6 décembre. Le peuple soutiendra assurément encore plus son président. Rien ni personne n’a pu freiner son prestige et sa popularité qui ne cessent de croître. Pourquoi ne décerne-t-on donc pas le Prix Nobel de la paix à Evo? Il a un lourd handicap, je sais : il n’est pas président des Etats-Unis."

Fidel Castro Ruz Le 15 octobre 2009 16 h 25