AU GRAND SOLEIL
DE CUBA:
UNE (RE) DECOUVERTE DE
l'AMERIQUE (L'AUTRE...).

Uruguay, Honduras: tout à droite dans la page

Grèves de la faim à CUBA: ici

Schafik Handal (Salvador), Chavez (Vénézuela), Fidel Castro, Evo Morales (Bolivie)

Elle saignait de ses veines ouvertes par les multinationales "yankees" del'or, du cuivre, de l'étain, du sucre, des fruits, ou du pétrole, sous le fer des dictatures militaires, et de la torture...Aujourd'hui l'Amérique du Sud, debout, cicatrise ses plaies, et commence à dessiner, dans ce nouveau monde quis'ébauche, dans la diversités des situations concrètes,des choix, des politiques, un avenir qui lui soit propre, unavenir de lumière,de paix, et deprogrès...

Monsieur le Président Obama Le quatorze octobre 2009.
The White House
1600 Pennsylvania Avenue N.W.
Washington DC 20500Monsieur le Président Obama,
Permettez-moi avant tout, de vous féliciter pour le prix Nobel de la Paix qui vient de vous être attribué.
Ce n’est pas un hasard si vous avez été choisi.
Attribuer ce prix au tout nouveau Président des Etats-Unis que vous êtes prouve à quel point est grande l’aspiration dans le monde à voir une politique de votre pays enfin basée sur d’autres valeurs que des rapports de dominant à dominés, n’engendrant que guerres, misères et injustices.
Vos déclarations de principe ont montré que vous avez la volonté d’engager votre pays dans une nouvelle direction, et ce prix Nobel concrétise l’espoir de vous voir les mettre en application.
Je voudrais vous parler de vos relations avec Cuba.
La guerre d’indépendance de Cuba confisquée par les Etats-Unis n’est pas bien éloignée dans le temps, elle remonte à peine à un peu plus d’un siècle. Depuis, la politique de votre pays a peu changé à l égard de ce petit pays. Dans le mémorandum que le sous-secrétaire à la guerre Breckenridge écrivait à propos de Cuba au lieutenant général Nelson A.Miles le 24 décembre 1897 on pouvait lire :
« …we must clean up the country, even if this means using the methods Divine Providence used on the cities of Sodom and Gomorrah.
We must destroy everything within our cannons’ range of fire. We must impose a harsh blockade so that hunger and its constant companion, disease, undermine the peaceful population and decimate the Cuban army … »
(« Il convient d’assainir ce pays, même si ce doit être à la manière qui fut celle de la Divine Providence dans les villes de Sodome et Gomorrhe.
Il faudra détruire par le fer et le feu tout ce qui est à portée de nos canons, renforcer le blocus pour que la faim et la peste, son éternelle compagne, déciment sa population pacifique et réduisent son armée »)
Ces propos sont d’ une sinistre actualité, comme on peut en juger en voyant ce qu’écrivait le sous-secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines Lester D.Mallory à son secrétaire d’ Etat Roy R. Rubottom le 6 avril 1960 dans un mémorandum lui aussi:
« Most Cubans support Castro. There's no effective political opposition (...) the only foreseeable means to alienate internal support is by creating disillusionment and discouragement based on lack of satisfaction and economical difficulties (...) We should immediately use any possible measure to (...) cause hunger, desperation and the overthrow of the Government. »
(« La majorité des Cubains soutiennent Castro, il n’y a pas d’opposition politique efficace…Tous les moyens doivent être entrepris rapidement pour affaiblir la vie économique de Cuba…Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce qui réduirait les revenus monétaires et les salaires réels et provoquerait la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement ».)
Le blocus continue, au mépris de la volonté d’une grande majorité de nations ! Cuba n’a que trop souffert de la politique agressive des Etats-Unis, tout au long de son histoire et particulièrement depuis la révolution castriste. Les Etats-Unis n’ont jamais accepté les choix de société des Cubains, qui pourtant ne concernent qu’eux. Les actes de terrorisme fomentés depuis les Etats-Unis se sont multipliés depuis l’avènement de cette révolution. Malgré la violence déchainée contre Cuba et la monstruosité des actes commis, les mafieux de la société cubano-américaine responsables de ces crimes ont toujours été protégés voire encouragés par les différents gouvernements de votre pays.
Les cinq Cubains Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez, Antonio Guerrero, Ramon Labañino et René Gonzalez qui ont défendu leur pays contre les attentats en infiltrant ces groupes terroristes sont toujours, eux, emprisonnés dans votre pays.
La mascarade de procès qui s’éternise d’appel en appel depuis tant d’années est insupportable d’iniquité, d’injustice.
Vous le savez, Monsieur le Président, une normalisation des relations entre vos deux pays passe par la libération de ces cinq Cubains, c’est incontournable.
Il est grand temps que ces hommes qui ont lutté contre le terrorisme soient enfin libérés, ils ont déjà passé beaucoup trop de temps dans vos prisons, et dans des conditions particulièrement inhumaines.
Vous avez le pouvoir, Monsieur le Président de gracier ces hommes. Ce geste fort de votre part est très attendu, nous l’espérons proche. Ce serait un très bel hommage rendu à l’attribution de votre Nobel de la Paix.
Espérant que vous ferez un tel geste sans plus tarder, croyez, Monsieur le Président, à mes sentiments humanistes les plus sincères.
Jacqueline Roussie.
64360 Monein (France)

"Cuba n'est pas un pays stalinien"

 

"Je suis un socialiste français, militant de l'Internationale socialiste, que certains esprits timides préfèrent qualifier de "social-démocrate", comme si cette appellation mal contrôlée atténuait l'intensité de leur engagement.

Pour les hommes tels que moi, il est difficile de trouver des partenaires susceptibles de partager, au sein même de leur famille naturelle, la vision qu'ils assument de la Révolution cubaine.


Quand je veux expliquer ma position, argumenter en faveur de Fidel, on ne me laisse jamais aller au bout de ma pensée. "On ne défend pas les dictateurs!" Après la mort d'un gréviste de la faim (dans un hôpital où on l'avait transporté et non en prison comme on le laisse entendre), une campagne de discrédit a été lancée à grande échelle. D'autant qu'un nouveau gréviste a pris le relais.

Cette résolution, ainsi manifestée, a quelque chose de définitif qui ne peut qu'émouvoir. Mais cela ne doit pas nous empêcher de dire quelques vérités. Du moins de dire la mienne, de vérité.
1) Cuba n'est pas le vaste "goulag" que l'on décrit. Même en accentuant beaucoup le trait, on a beaucoup du mal à compter les "vrais" prisonniers politiques sur l'île de José Marti. Il en va , il est vrai, autrement si l'on se refère au "territoire cubain", puisque Guantànamo en fait partie et que le régime Bush Jr. y avait établi un grand centre de torture, un univers concentrationnaire particulièrement ignoble. Sous la bannière étoilée.
2) Cuba n'est pas un pays stalinien. Ni Fidel, ni Raùl ne font l'objet d'un quelconque culte de la personnalité. La Révolution et le Mouvement du 26 juillet sont partout honorés. Mais les figures de leurs leaders vivants ne sont l'objet d'aucun culte. En outre, à travers un grand nombre d'associations et de sociétés philosophiques (comme la Franc-Maçonnerie), le débat citoyen est franc, large et permanent.
3) Depuis la victoire du 1er janvier 1959, Fidel a toujours été demandeur de dialogue avec les Etats-Unis. Ce pays lui a fermé brutalement la porte au nez. Le choix laissé aux révolutionnaires était entre se soumettre ou se démettre. Ils ont alors cherché ailleurs les moyens de leur survie économique, sociale et culturelle. Ils n'ont eu d'autre recours que celui de rentrer dans le système communiste et le marché qu'il avait mis sur pied dans le cadre du CAME. Ensuite, c'est vrai, Fidel n'a pas fait les choses à moitié. C'est sa manière.
4) Fidel n'a jamais été un allié passif des soviétiques. Son indépendance il l'a manifestée sur différents terrains. Et d'abord en Afrique dès décembre 1975 en Angola où il avait brutalement pris le contre-pied de la stratégie attentiste des Russes. A la même date, lors du 1er congrès du PCC, (une caricature de celui du PCUS dans sa présentation), les sept membres du bureau politique élu provenaient tous du M26, aucun du traditionnel PSP (le PC cubain originel).
5) Comment peut-on expliquer que vingt ans après le démembrement de l'URSS, la disparition du bloc soviétique, la Révolution cubaine continue de faire face au blocus criminel imposé par Washington? Pourrait-elle le faire sans un soutien majoritaire de la population? En dépit des difficultés inouïes de la vie quotidienne.


Je voudrais ajouter, avant de conclure ce court exposé, que je ne suis l'inconditionnel de personne et que, par exemple, je pense que certains changements peuvent être apportés au système politique cubain sans être pour autant attentatoires à l'honneur de l'oeuvre patriotique entreprise. Et, quand je parle de patrie, je ne la limite pas à Cuba, mais l'étends aux vingt Amériques latines.
Mais comment taire mon indignation devant tant de manipulations et de silences complices.

Comment oublier les cinq jeunes cubains maintenus sans justification dans les geôles nord-américaines. Privés de visites familiales.

Comment ne pas se souvenir des neuf mambres de l'IRA, gévistes de la faim, que Mme. Thatcher avait, elle, laissé mourir, l'un après l'autre, en prison, sans leur faire porter le moindre secours. Pour l'exemple. Et dans l'indiférence des pays frères européens et des Etats-Unis?


Cuba essaie, au contraire, désespérément de sauver le gréviste Fariñas, comme il l'avait fait, hélas sans succès, pour son prédécesseur dans ce geste pathétique.


Avec tous les hommes de bonne volonté, nous souhaitons que ces moments difficiles soient surmontés. Et, avant tout, que Washington accepte d'ouvrir un dialogue véritable, entre égaux, avec La Havane.


C'est un tel dialogue qu'un certain exil, puissamment doté en moyens financiers et en outils de propagande, veut empêcher.
Seul ce dialogue, pourtant, est susceptible de favoriser des relations civilisées entre Etats voisins. Tous les citoyens y trouveraient leur compte.

Antoine Blanca
http://inter-socialiste.over-blog.com/

Commentaires et réponses au texte (ci-joint) d'Antoine Blanca

 

 

 

 

Si, l'Internationale socialiste est bien "social démocrate". C'est un fait. Qui n'enlève rien aux mérites de ceux qui rêvent de la subvertir de l'intérieur...

 

Toutes les dictatures ne sont pas, historiquement, de même nature. Il existe, ou il a existé, des dictatures révolutionnaires, patriotiques, libératrices, et des dictatures contre-révolutionnaires, "compradores", fascistes.

Un régime comme Cuba devrait, à l'instar de la Chine ou du Vietnam, assumer l'existence de prisonniers politiques. Des contre-révolutionnaires au service de l'étranger, de l'impérialisme. Il en existe, il faut bien les détecter, les surveiller, les combattre, les punir, et les mettre hors d'état de nuire. Où est le mal?

Tout "culte de la personnalité" doit être replacé dans son contexte historique - un moyen de pouvoir, utile ou pas, positif, ou négatif, dans un contexte donné.Point.

 

 

 

- Là, très bonne question: avant tout par la grâce des services secrets cubains, qui ont su trouver les voies, hardies et peu conventionnelles, de la lutte contre le garrot du blocus, puis du relâchement, progressif, de ce garrot par l'extension de la dmocratie militante, et militaire, de l'Uruguay des "Tupas" au Vénézuela pétrolier de Chavez..

 

- Agents de choc, selon toute vraisemblance, du contre-espionnage cubain, les 5, arrêtés en pleine mission d'infiltration des milieux de la drogue et du terrorisme anti-communiste anti-cubain au cour même de leurs bases de Miami, méritent toute notre admiration et notre indéfectible soutien!

Qi

I

Candidat du "Frente amplio" ("Front large"), "Pepe" Mujica, le simple petit fermier courageux, créatif et rusé, qui avait été l'un des fondateurs du "Mouvement de Libération Nationale Tupamaros" est désormais le Président démocratiquement élu de l'Uruguay, un de ces pays d'Amérique du sud longtemps soumis à la botte des gestapistes "yankee" aujourd'hui engagés, sur les traces de Cuba, des Sandinistes du Nicaragua, du salvador, du Chili, de "Lula" et de Chavez, dans un processus d'émancipation nationale et sociale qui semble irrésistible.

Dans les années 1968-70 et suivantes, les actions armées intelligement dosées "à la Robin des Bois" des "Tupas" allaient nous faire rêver, nous "jeunes gens en colère" hommes (et hommes et femmes) d'Occident, las des dénonciations verbales de l'impérialisme - et, pour certains d'entre nous, nous entraîner, par leur exemple, à prendre la voie des armes,

Les "Tupas", donc, c'est d'abord une réflexion historique et culturelle - profonde. L'idée d'insérer la lutte anti-impérialiste moderne dans la plus ancestrale tradition des révoltes indiennes, avec ce nom, "Tupamaros", inspiré du mythique Tupac Amaru, prince rebelle des hautes montagnes andines écartelé à mort par les "conquistadores", qui avait déjà revécu, deux siècles après un supplice qu'il avait fallu terminer au couteau et à la cisaille, tant son âme transcendée interdisait à son corps de se démembrer sous la traction des chevaux, en la personne de Tupac Amaru II, nouvelle figure de la même irréductible résistance, lui aussi torturé à mort de la même façon, méthodique et sauvage, après d'éclatantes victoires.

II

Il fallait, certes, un effort d'imagination historique et poétique, allant, et c'est ce qui compte, à l'essentiel, pour saisir dans les profondeurs de la mémoire du peuple d'Uruguay, petite "Suisse sud-américaine" de 3 millions d'habitants nichée autour de la grande métropole portuaire de Montevideo, coincée, au bord d'un fleuve majeur, entre Argentine et Brésil, le souvenir des anciennes révoltes des Indiens des Andes - dont allaient, quelques temps plus tard, mais de façon, là, caricaturale, se saisir à leur tour l'étrange Abimaël Guzman et ses partisans péruviens du "Sentier Lumineux", ravageant, eux, l'espace andin qui avait été celui de la gloire et du martyred'au poins deux "Tupac Amaru" successifs.

Profitant, les premièers années tout au moins, des faiblesses d'un appareil d'Etat mineur en voie, certes, de militarisation fascisante, mais en voie seulement, les "Tupas" de Raul Sendic, un "avocat des pauvres" engagé, "à la vie à la mort", "au service du peuple", devenu conseil syndical des misérables "caneros", les ouvriers de la canne à sucre et des rizières, puis organisateurs des premières "colonnes" clandestines au sein du mouvement syndical urbain, autant que rural, allaient, jouant toujours la carte des symboles touchant au plus profond, réveiller un autre mythe vénérable, au cœur, aujourd'hui, de la culture universelle, celui de Robin des Bois. Se gardant bien de tout dérapage vers le militarisme au front bas, les meurtres à l'aveugle, et le terrorisme à la bombe, les Tupamaros commencèrent à se faire connaître par des détournements armés de camions de vivres distribués dans les bidonvilles - une idée, qui, à son tour, allalit faire flores jusqu'au sein de la vieille Europe...Enlèvements contre rançon, suivies de libérations sans violences, de chefs d'entreprises "ripoux"et de banquiers "marrons"soigneusement sélectionnés par un service de renseignement de première bourre, rendu possible par la participation au noyau fondateurs de fils de la moyenne et hautes bourgeoisie informés aux plus familiales des sources, pour leurs maversations, ou "pris en flag" de répression de mouvements grévistes, occupations armées suivies de brèves prises de paroles et de repli en bon ordre de sites industriels en lutte, prises deparoles éclair sous protection armée à l'intérieur e cinémas ou de théâtre, en plein centre-ville, à l'image de la Résistance française...les "Tupas", préparant leurs actions avec une minutie dès lors admirée de leurs pires adversaires policiers et militaires, souffant de très peu de pertes, et ne tuant, eux-mêmes, que très rarement, préférant, quand la chose devenait nécessaire, protéger leur retraite par des tirs précis dans les jambes, allaient toutefois finir par "mordre le trait", avec l'enlèvement, l'interrogatoire dans la clandestinité, puis l'exécution de deux balles dans la nuque précée d'une injection médicale, d'un "technicien" américain de l' "USAID", un faux-nez de la CIA, l'italo-américain Dan Mitrione (ci-contre).ON allalit l'apprendre longtempes après, dans les mémoires d'un des innombrables agents cubains infiltrés, à partir de Miami, et du milieu des supposés "réfugiés anti-castristes", jusqu'au sein de l'équipe spéciale "de guerre antisubversive" de Mitrione, cet homme au beau visage carré d'honnête évangéliste écoutait de la musique de hawaï pour ne pas entendre les hurlements de douleurs des malheureux clochards de Montevideo devenus les "cobayes" de ses cours de torture "in vivo" - et "travaillés", comme après eux les Tupamros prisonniers, selon la méthode typiquement fordienne du "juste assez" - juste assez pour parler, sans risquer de crever dans les mains des interrogateurs, et sans excès dans l'horreur, inutiles.

On ne sait pas, en revanche, si Cuba avait averti Sendic et ses amis, que la petite Île rouge guidait, dans l'ombre, avec doigté mais selon ses propres intérêts comme elle le faisait, en Colombie ou ailleurs, dans le difficile travail d'infiltration des cartels dela cocaïne, du rôle exact de Mitrione, et de ses spécialités. Ils prétendent que non, et, semble-t-il, s'abstinrent de le torturer - contrairement à ce que n'hésitètrent pas à faire, plus tard, et dans un tout autre contexte, les services de renseignement de la Résistance libanaise à Beyrouth après la captue du "chef de poste" de la CIA pour Beyrouth et tout le Moyen-orient, William Buckley, qui, lui, parla avant de mourir: ce qui permit le démantèlement des principales structures d'espionnage et de "contre-terrorisme" des Etats-Unis et d'Israël dans un vaste secteur, évitant bien des horreurs...

Quoi qu'il ensoit,la mouche avait piqué le buffle. La riposte des etats-Unis fut écrasante, entraînant la militarisation accélérée du régime, puis un coup d'Etat militaire dans les règles, comme au Chili, en Argentine, ou au Brésil, des dizaines de milliers d'arrestations parmi les centines de milliers de sympathisant qu'avaient alors acquis 10 000 Tupamaros organisés, la torture généralisée et "fordisée", l'arrestation d Sendic puis de tout le noyau dirigeant cldetin, dont "Pepe" Mujica, et leur astucieuse prise en otage à l'intérieur de casernes militaires, avec ce message clair porté à l'extérieur: ils mourraient tous, et dans les pires sévices si la "guerilla urbaine", passablement déralisée et désorganisée, se relevait et recommençait à frapper.

C'était bien joué. Enivrés par des succès brillants facilités par les ambiguïtés de la "dictature molle" contre laquelle ils s'étaient audacieusement dressés, les Tupamaros, qui avaient pourtant envisagé l'hypothèse extrême d'une réaction militaire portée par une invasion du territoire national par les troupes des régimes fascistes voisins d'Argentine ou du Brésil, mais n'en avaient pas tiré les conclusions jusqu'au bout, croyant à tort à une possibilité d'effondrement rapide du régime, façon Cuba, sous les coups d'une guérilla frappant plus des symboles que les articulations mêmes du système, n'étaient pas prêts à affronter le pire:la décision d'abandonner aux mains des tortionnaires une centaine de dirigeants bien aimés, les "vieux", les fondateurs, qui avaient toujours payé d'exemple en se plaçant, personnellement, à la tête de leurs jeunes combattants, dans les actions les plus risquées. Le mouvement, donc, parut s'effondrer. mais sa force était devenue telle qu'il renquit de ses cendres, de longues années plus tard, avec l'usure, puis l'effondrement progressif d'un régime militaire de plus en plus isolé, confronté à une résistance civile, syndicale, populaire, culturelle, qui n'avait jamais cessé - et au sein de laquelle les plus éclairés des "Tupas" avaient longtemps conçu la stratégie de s'immerger "comme des poissons dans l'eau", quitte à ralentir quelque peu leurs actions militaires, selon le double principe, issu de l'expérience communiste chinoise et sino-vietnamienne, selon lequel, si "le pouvoir est au bout du fusil", "le parti commande au fusil"

Les cent derniers prisonniers finirent par sortir de casernes-prisons devenues des "écoles de la Révolution", dans une longue colonne de camions militaires bientôt noyée dans une foule en liesse, libérée de toute peur, escortant d'une longue clameur les derniers kilomètres d'une "longue marche" vers la liberté d'hommes aux visages veillis et aux crânes rasés, et d'une bonne dizaine de "Tupamaras" aux traits eux aussi à jamais durcis par les horreurs affrontées, subies et endurées, auxquelles s'étaient soumis, sans jamais y céder, leurs corps comme leurs esprits.(ci-dessus, Nora Castro, fille d'un militaire rallié à la dictature, "Tupamara" d'élite, aujourd'hui grande figure de la vie parlementaire à Montevideo, et soutien politique de "Pepe" Mujica.

Reconstituant petit à petit, dans la discrétion, et sous l'impulsion d'un des tout premier noyau de combattantes libérées de prison, le "MLN-Tupamaros" comme mouvement politique mettant la "lutte armée" en longue parenthèse sans jamais en renier, ni la stratégie, ni les idéaux (ce qui n'exclut nullement une rationnelle autocritique), allaient constituer l'âme même du "Frente Amplio", le "Front Ample", allant bien au-delà de toute la gauche rassemblée autour, aussi, des communistes uruguayens (qui avaient eux-même infiltré et influencé les "Tupas" de la grande époque...) qui allait conduire au pouvoir un premier Président de gauche et de progrès, puis son successeur, Mujica. Ne s'étant nullement reconvertis, contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre du pourtant excellent ouvrage d'Alain Labrousse "Les Tupamaros: des armes aux urnes" (Editions du Rocher), dans le parlementariste électoraliste, mais ayant pragmatiquement adapté les moyens de lutte aux cironstances diverses d'étapes elles-même différentes, les héritiers de Raul Sendic (mort peu après sa sortie de détention suivie par son engagement dans la lutte politique à visage découvert, et ici à lépoque de l'invention des "Tupas" dans les champs de canne à sucre puis le réseau d'égoûts, minutieusement "colonisé", de Montevideo, puis à sa sortie de prison, marqué par la torture physique et la torture du temps) nous laissent un message à détente multiple.

- Premièrement: la beauté, qui illumine les regards de ceux qui n'ont jamais cédé, et, en Uruguay comme dans tous les pays, dont le nôtre, ayant connu, ne serait-ce qu'au stade de l'esquisse, des expériences de ce type, distingue de façon éblouissante le visage des repentis, des renégats, des traîtres, des traits et du regard de ceux qu'éclaire la joie d'avoir continué en s'achant s'adapter, muter, mais sans jamais se renier...Et qui peuvent donc, sans ciller, rendre hommage à leurs morts (comme, ci-dessous, dans un des grands cimetières de Santiago du Chili, ou comme nous, sur la tombe de Pierre Overney, au Père Lachaise), tout en restant résolument du Parti des Vivants: de ceux pour qui " le combat continue", et, continuant, perpétuellement s'invente...)

- Parce qu'ils ont survécu assez longtemps pour pouvoir écrire et même voir publier, de leur vivant, leurs Mémoires, ces femmes et ces hommes extraordinaires nous sont d'une aide précieuse pour analyser notre propre expérience, dans un monde où, selon l'ironique sentence adressée, à l'époque, aux Brejneviens par le subtil mao-vietnamien Truong Chinh, l'hypothèse d'un"passage pacifique" (au post-capitalisme...) constitue une hypothèse "d'autant plus précieuse qu'en pratique, elle semble particulièrement rare..."

III

A la lumière de l'expérience des "Tupamaros", et de la nôtre, théorie et pratique de la violence armée dans les pays semi-développés, comme l'Uruguay de l'époque, ou développés (la France des années 1970 à nos jours...)

(A suivre...)

 

ires

"Il a gagné! On a gagné!" Six fois blessé par balles, arrêté, emprisonné, torturé, l'ex-TUPAMARO "Pepe" MUJICA, désormais Président démocratiquement élu de l'URUGUAY, nous offre l'occasion d'une méditation sur l'histoire, les mythes, les pièges, la grandeur, la beauté - et l'opportunité? -de la "lutte armée" au cœur des métropoles impérialistes, des années 1970 à aujourd'hui...ICI

- Honduras: contre un massacre électoral programmé, à la Chilienne, tous dans la rue ce dimanche 29 novembre 2009! ICI

- Castro: Le NOBEL à OBAMA? - Oui: mais pourquoi pas EVO?

Fidel: "Si l’on a octroyé le Prix Nobel à Obama pour avoir remporté des élections dans une société raciste bien qu’il soit Afro-américain, Evo (Morales) le méritait tout autant pour les avoir gagnées dans son pays, bien qu’il soit indigène, et pour avoir en plus tenu ses promesses". (suite ci-dessous en bas de la page)

Mourir pour Tegucigalpa

La survie de l'atypique révolution cubaine ne tenait qu'à un fil. Rocher des Caraïbes aventuré à portée de F16 de la Floride, l' "Île Rouge", privée de matières premières essentielles, tenue à bout de bras, puis à la gorge, par le lointain "ami" moscoutaire, devenu lourd "protecteur", asphyxiée par le garrot du blocus, et ne pouvant compter ni sur 'l'effet de jungle", ni sur "l'effet de masse", choisit de mobiliser, donc, ce qu'elle avait de meilleur: des services de renseignements percutants, inventifs, vite immergés dans les profondeurs complexes du "grand arrière" qu'est ce demi-continent de l'Amérique latine du centre et du sud, retrouvant progressivement dans la même période, et ce n'est pas tout à fait un hasard, ses racines indiennes dont la diversité andine ou même amazonienne vient se marier si bien avec l'hispanité de la conquête, intégrée plus que reniée...

Ainsi naquit, après l'avortement d'une série de tentations guevaro-putchistes, écran, selon les uns, échec, selon les autres, expérience en tout cas, le "miraculeux" effet domino, qui fit, dans le désordre et sans hiérarchie a priori, Lula, Chavez, Bachelet, Morales...

Cette partie heureuse tire-t-elle sur sa fin?

Certains signes pourraient l'indiquer. Les vaincus fascisants des années BUSH ne sont pas allés s'enterrer pour mourir dans un bunker à la Sigmaringen - même si le "patron" lui-même, Rumsfeld-tamiflu et Dick Cheney, s'achètent, à tout hasard, des ranches sous prête-nom dans un pays qui n'extrade pas: le Paraguay...

Il leur a d'abord fallu se terrer: mais pour mieux revenir, et, le moment venu, mordre. Comme le crotale du Texas, reptile qu'ils apprécient, qui sait s'enfuir, et même s'enfouir, lové dans des bouses de bison dont il a la teinte brune; comme ces vipères mal connues du Neguev, bien connues des Bédouins et, désormais, des services secrets palestiniens de "Novembre Noir", dont le venin, rongeant mortellement le cerveau de la "cible",est à effet-retard (n'est-ce pas, Ariel Sharon?), ils ont choisi, pour Obama qui les avait vaincus, et, plus que vaincus, humiliés, le poison de la mort lente.

Avant même l'élection, la décision des barons de Goldman Sachs de laisser cyniquement s'effondre LEHMAN BROTHERS, dont le rustique P-dg finançait "le nègre", donnait le "top-départ" d'une crise d'Apocalypse, qui, "crise systémique" , certes, Messieurs les professeurs de marxisme, d'un impérialisme militaro-financier à bout de souffle, rendu exsangue par ses guerres en chaîne, en devenait, de ce fait, le premier piège géopolitique ouvert sous les pas du marcheur à longues jambes - sauvé, in extremis, par les calculs à longue portée des tao-communistes de la "Cité Interdite" pour lesquels une crise trop brutale et trop rapide de ce, qui reste, clairement, leur ennemi mortel, ne pouvait ouvrir que sur un chaos ingérable, dangereux et peut-être sans issue...

Le coup d'Etat de Micheletti, au Honduras, constitue l'Acte II de cette "guerre secrète" - avec l'appui de L'Hillarante Clintone que le Mossad adore autant qu'elle l'adule depuis la savoureuse affaire Monica Lewinski, gérée, sinon construite, pour "punir Bill" de son infidélité, non pas à sa rombière, mais aux pitres sanglants de Tel Aviv à qui l'obsédé de la braguette ne parvenait pas à pardonner l'assassinat de son ami Rabin:du coup, il commençait à lancer des ruades d'âne rendu fou par un taon dans les brancards de la politique israélienne...


VEILLÉE SUR L'AGONIE

DE LA DÉMOCRATIE

ET
POUR LES VICTIMES

DU COUP D'ÉTAT

AU HONDURAS


Les dernières nouvelles du Honduras poussent à croire à une intensification de la répression lors des élections.

- Le président putschiste a annoncé son absence du 26 novembre au 2 décembre des instances de direction du pays.

- Les militaires rassemblent d'importantes troupes dans la capitale et dans les grandes villes.


- Une partie de l'hôpital central de Tegucigalpa est réquisitionné pour y installer des lits d'urgence pour les militaires (au cas où).

L'état installe un climat de peur autour des élections qui se dérouleront le 29 novembre 2009 et on ne compte plus les morts, disparus et victimes de la répression.

Notre vigilance ce 29 novembre sur la situation est donc encore une fois plus que symbolique face à l'illégitimité des élections qui auront lieu et risquent d'être entachées de violence de la part du pouvoir putschiste.


C'est pourquoi nous appelons toutes les organisations démocratiques à une veillée aux bougies sur "L'agonie de la démocratie et pour les victimes du Coup d'état au Honduras".

Cette veillée se déroulera le jour des élections
DIMANCHE 29 Novembre 2009 à 17h
place saint Michel (métro 4 St-Michel)
Amenez vos bougies et fleurs de la paix et de la démocratie en soutien à la résistance de tout le peuple Hondurien qui résiste depuis 150 jours.


Le collectif Alerte Honduras.
www.alerte-honduras.org <http://www.alerte-honduras.org>
alertehonduras@gmail.com

 

 

 

"Pour la première fois dans les deux pays, des gens de ces ethnies s’installent à la présidence.

J’ai dit à plusieurs reprises qu’Obama était quelqu’un d’intelligent, élevé dans le système social et politique auquel il croit. Il aspire à étendre les services de santé à presque cinquante millions d’Etasuniens, à sortir l’économie de la profonde crise qu’elle souffre et à redorer l’image de son pays, ternie par des guerres génocidaires et par les tortures. Il ne conçoit pas qu’il faille changer le système politique et économique de son pays, il ne le souhaite pas et il ne le peut pas. Le Prix Nobel de la paix avait été concédé auparavant à trois présidents des USA, à un ex-président et à un candidat à la présidence. Le premier fut Theodore Roosevelt, élu en 1901, celui des Rough Riders (les rudes cavaliers), qui débarqua ses cavaliers à Cuba, mais sans monture, à la suite de l’intervention menée en 1898 pour empêcher l’indépendance de notre pays. Le second fut Thomas Woodrow Wilson, qui fit entrer les USA dans la Première guerre pour le partage du monde. Au Traité de Versailles, il imposa des conditions si sévères à l’Allemagne vaincue qu’il jeta les bases de l’apparition du nazisme et de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale. Le troisième est Barack Obama.

L’ex-président, c’est Carter qui reçut le Prix Nobel plusieurs années après avoir conclu son mandat. Sans aucun doute, l’un des rares présidents de ce pays à avoir été incapable d’ordonner l’assassinat d’un adversaire, contrairement à d’autres ; il restitua le Canal de Panama, créa la Section des intérêts des USA à La Havane, évita de sombrer dans de gros déficits budgétaires et de gaspiller l’argent au profit du complexe militaro-industriel, contrairement à Reagan.

Le candidat est Al Gore, quand il était déjà vice-président, le politique étasunien meilleur connaisseur des terribles conséquences des changements climatiques. Il fut victime de la fraude électorale alors qu’il était candidat à la présidence, et privé de la victoire par W. Bush.

Les avis ont été très partagés au sujet de l’octroi de ce prix. Beaucoup partent de conceptions morales ou relèvent des contradictions évidentes dans cette décision surprenante. Ils auraient préféré que ce prix récompense une œuvre accomplie.

Le Prix Nobel de la paix n’est pas toujours allé à des gens qui le méritaient. Il a parfois été décerné à des gens pleins de ressentiments, suffisants, ou pis encore. Apprenant la nouvelle, Lech Walesa s’est exclamé avec mépris : «Qui? Obama? C’est trop tôt. Il n’a encore rien fait.» Dans notre presse et sur CubaDebate, des compagnons honnêtes et révolutionnaires se sont montrés critiques. L’un d’eux a affirmé : «La semaine où Obama a reçu le Prix Nobel de la paix, le Sénat étasunien a voté le budget militaire le plus élevé de l’histoire : 626 milliards de dollars.» Au journal télévisé, un autre journaliste a commenté : «Qu’a donc fait Obama pour mériter une telle distinction?» D’autres se sont demandés : «Et la guerre d’Afghanistan et la recrudescence des bombardements?» Ce sont là des vues basées sur des réalités. De Rome, le cinéaste Michael Moore a eu une phrase lapidaire : «Mes félicitations, président Obama, pour le Prix Nobel de la paix. Maintenant, s’il vous plaît, gagnez-le donc ! »

Je suis sûr qu’Obama est d’accord avec Moore. Il est assez intelligent pour comprendre les circonstances qui entourent son cas. Il sait qu’il n’a pas encore gagné ce prix. Ce jour-là, il a déclaré dans la matinée : «Je n’ai pas l’impression de mériter d’être en compagnie de tant de personnalités transformatrices qui l’ont reçu.»

On dit que les membres du fameux comité qui décerne le Prix Nobel de la paix sont au nombre de cinq. Un porte-parole dit qu’ils ont été unanimes. On pourrait se demander : ont-ils consulté ou non Obama? Peut-on prendre une décision de ce genre sans en avertir auparavant la personne récompensée? Obama ne peut être jugé de la même manière sur le plan moral selon qu’il connaissait d’avance ou non l’octroi de ce prix. On peut en dire autant de ceux qui ont pris la décision. Peut-être serait-il nécessaire de créer le Prix Nobel de la transparence.

La Bolivie compte d’importants gisements de gaz et de pétrole, et possède aussi les plus grandes réserves connues de lithium, un minerai extrêmement utile à notre époque pour stocker et utiliser l’énergie.

Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de lamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il «descendait dans un hôtel 1 000 étoiles», une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes. Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy, où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière. Quand le Che, blessé et désarmé, fut assassiné à La Higuera le 9 octobre 1967, Evo, qui est né le 26 de ce mois, mais en 1959, n’avait pas encore fêté son huitième anniversaire. Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.

Pendant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.

Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro de Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin pour aller travailler comme boulanger, manœuvre ou dans d’autres métiers qui demandent un effort physique. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent, et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro. Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de sa communauté, dont il était le capitaine. L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre. Une fois ses études secondaires terminées, il fit son service militaire et retourna dans sa communauté, sur les hauteurs de la cordillère. La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région subtropicale d’El Chapare, où elle obtint un petit lopin de terre.

Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’Etat ne faisait rien.

Les conditions d’une révolution sociale s’étaient peu à peu créées en Bolivie dans les cinquante dernières années. Elle éclata le 9 avril 1952, avant même le début de notre lutte armée à Cuba, sous la conduite du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Victor Paz Estenssoro : les mineurs révolutionnaires vainquirent les forces répressives et le MNR prit le pouvoir. Les objectifs révolutionnaires étaient loin de s’accomplir en Bolivie. Dès 1956, selon des gens bien renseignés, le processus commença à s’étioler. La Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Trois ans plus tard, en janvier 1962, notre patrie était expulsée de l’OEA. La Bolivie s’abstint. Plus tard, tous les gouvernements, hormis le Mexique, rompirent leurs relations avec nous.

Les scissions du mouvement révolutionnaire international se firent sentir en Bolivie. Pour que les choses y changent, il allait falloir plus de quarante ans de blocus à Cuba, le néolibéralisme et ses conséquences désastreuses, la révolution bolivarienne au Venezuela et l’ALBA, mais surtout Evo et le Mouvement au socialisme (MAS).

Il est malaisé de résumer cette riche histoire en quelques pages. Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’Etat et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes.

«La coca n’est pas de la cocaïne», a-t-il lâché au plus gros producteur de marijuana et au plus gros consommateur de drogues au monde, dont le marché nourrit la criminalité organisée qui coûte des milliers de vies au Mexique tous les ans. Deux des pays où se trouvent les troupes yankees et leurs bases militaires sont les plus gros producteurs de drogues de la planète. La Bolivie, le Venezuela et l’Equateur, pays révolutionnaires qui, à l’instar de Cuba, sont membres de l’ALBA, ne tombent pas dans le piège mortel du commerce des drogues : ils savent ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils doivent faire pour apporter la santé, l’éducation et le bien-être à leurs peuples. Ils n’ont pas besoin de troupes étrangères pour combattre le trafic de drogues.

La Bolivie mène de l’avant un programme étonnant sous la direction d’un président aymara qui jouit de l’appui de son peuple. En moins de trois ans, l’analphabétisme a été éliminé : 824 101 Boliviens ont appris à lire et à écrire ; 24 699 l’ont fait en aymara et 13 599 en quechua. La Bolivie est le troisième pays délivré de l’analphabétisme, après Cuba et le Venezuela. Des millions de personnes reçoivent maintenant, pour la première fois de leur vie, des soins médiaux gratuits : la Bolivie est l’un des sept pays au monde à avoir, ces cinq dernières années, réduit la mortalité infantile, et elle pourra atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015, ainsi que diminué les morts maternelles dans une proportion similaire ; 454 161 personnes y ont été opérées de la vue, dont 75 974 Brésiliens, Argentins, Péruviens et Paraguayens.

La Bolivie a engagé un programme social ambitieux : tous les enfants des écoles publiques, de la première à la huitième année de classe –soit presque deux millions d’élèves– reçoivent un don annuel pour pouvoir acheter les fournitures scolaires. Plus de 700 000 personnes de plus de soixante ans perçoivent un bon équivalent à 342 dollars par an. Toutes les femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans touchent une aide d’environ 257 dollars.

La Bolivie, l’un des trois pays les plus pauvres du continent, a fait passer sous le contrôle de l’Etat ses principales ressources énergétiques et minérales, tout en respectant et en indemnisant les intérêts lésés. Elle avance précautionneusement pour ne pas avoir à reculer d’un pas. (suite sous la photo, et sa légende)

De "Lula", l'ouvrier métallurgiste,syndicaliste, devenuPrésident du Brésil, àDaniel Ortega (Nicaragua), en passant par Castro, Chavez, ou Morales (ci-dessus), c'est tout un continent, et au-delà, cet isthme qu'est l'Amérique centrale, qui, refusant une division, mortelle, entre progressistes modérés et révolutionnaires intransigeants, maintient son unité, seule gage de force et de victoire quer le long terme, et, suivant le précepte du "petit timonier" (Deng SiaoPing), et loin des fomules toutes faites et dogmatiques du "marxisme-léninisme" à l'Européenne (à l'ancienne), " pour traverser la rivière, tâte les pierres à chaque pas"

Ses réserves en devises ont augmenté, au point d’avoir triplé depuis le début du gouvernement d’Evo.

La Bolivie fait partie des pays qui utilisent le mieux la coopération étrangère et défendent fermement l’environnement. Elle est parvenue à établir en très peu de temps le recensement électoral biométrique, enregistrant près de 4,7 millions d’électeurs, presque un million de plus que le dernier de janvier 2009, soit 3,8 millions.

Les élections auront lieu le 6 décembre. Le peuple soutiendra assurément encore plus son président. Rien ni personne n’a pu freiner son prestige et sa popularité qui ne cessent de croître. Pourquoi ne décerne-t-on donc pas le Prix Nobel de la paix à Evo? Il a un lourd handicap, je sais : il n’est pas président des Etats-Unis."

Fidel Castro Ruz Le 15 octobre 2009 16 h 25