Uruguay,
Honduras: tout à droite dans la page
Grèves
de la faim à CUBA: ici |
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Schafik
Handal (Salvador), Chavez (Vénézuela), Fidel Castro,
Evo Morales (Bolivie)
Elle saignait de ses veines ouvertes par les multinationales "yankees"
del'or, du cuivre, de l'étain, du sucre, des fruits, ou du
pétrole, sous le fer des dictatures militaires, et de la
torture...Aujourd'hui l'Amérique du Sud, debout, cicatrise
ses plaies, et commence à dessiner, dans ce nouveau monde
quis'ébauche, dans la diversités des situations concrètes,des
choix, des politiques, un avenir qui lui soit propre, unavenir de
lumière,de paix, et deprogrès... |
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Monsieur le Président Obama Le quatorze octobre
2009.
The White House
1600 Pennsylvania Avenue N.W.
Washington DC 20500Monsieur le Président Obama,
Permettez-moi avant tout, de vous féliciter pour le prix Nobel
de la Paix qui vient de vous être attribué.
Ce n’est pas un hasard si vous avez été choisi.
Attribuer ce prix au tout nouveau Président des Etats-Unis
que vous êtes prouve à quel point est grande l’aspiration
dans le monde à voir une politique de votre pays enfin basée
sur d’autres valeurs que des rapports de dominant à dominés,
n’engendrant que guerres, misères et injustices.
Vos déclarations de principe ont montré que vous avez
la volonté d’engager votre pays dans une nouvelle direction,
et ce prix Nobel concrétise l’espoir de vous voir les
mettre en application.
Je voudrais vous parler de vos relations avec Cuba.
La guerre d’indépendance de Cuba confisquée par
les Etats-Unis n’est pas bien éloignée dans le
temps, elle remonte à peine à un peu plus d’un
siècle. Depuis, la politique de votre pays a peu changé
à l égard de ce petit pays. Dans le mémorandum
que le sous-secrétaire à la guerre Breckenridge écrivait
à propos de Cuba au lieutenant général Nelson
A.Miles le 24 décembre 1897 on pouvait lire : « …we
must clean up the country, even if this means using the methods Divine
Providence used on the cities of Sodom and Gomorrah.
We must destroy everything within our cannons’ range of fire.
We must impose a harsh blockade so that hunger and its constant companion,
disease, undermine the peaceful population and decimate the Cuban
army … »
(« Il convient d’assainir ce pays, même si ce doit
être à la manière qui fut celle de la Divine Providence
dans les villes de Sodome et Gomorrhe.
Il faudra détruire par le fer et le feu tout ce qui est à
portée de nos canons, renforcer le blocus pour que la faim
et la peste, son éternelle compagne, déciment sa population
pacifique et réduisent son armée »)
Ces propos sont d’ une sinistre actualité, comme on peut
en juger en voyant ce qu’écrivait le sous-secrétaire
d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines Lester
D.Mallory à son secrétaire d’ Etat Roy R. Rubottom
le 6 avril 1960 dans un mémorandum lui aussi: « Most
Cubans support Castro. There's no effective political opposition (...)
the only foreseeable means to alienate internal support is by creating
disillusionment and discouragement based on lack of satisfaction and
economical difficulties (...) We should immediately use any possible
measure to (...) cause hunger, desperation and the overthrow of the
Government. »
(« La majorité des Cubains soutiennent Castro, il n’y
a pas d’opposition politique efficace…Tous les moyens
doivent être entrepris rapidement pour affaiblir la vie économique
de Cuba…Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact
serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce
qui réduirait les revenus monétaires et les salaires
réels et provoquerait la famine, le désespoir et le
renversement du gouvernement ».)
Le blocus continue, au mépris de la volonté d’une
grande majorité de nations ! Cuba n’a que trop souffert
de la politique agressive des Etats-Unis, tout au long de son histoire
et particulièrement depuis la révolution castriste.
Les Etats-Unis n’ont jamais accepté les choix de société
des Cubains, qui pourtant ne concernent qu’eux. Les actes de
terrorisme fomentés depuis les Etats-Unis se sont multipliés
depuis l’avènement de cette révolution. Malgré
la violence déchainée contre Cuba et la monstruosité
des actes commis, les mafieux de la société cubano-américaine
responsables de ces crimes ont toujours été protégés
voire encouragés par les différents gouvernements de
votre pays.
Les cinq Cubains Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez, Antonio Guerrero,
Ramon Labañino et René Gonzalez qui ont défendu
leur pays contre les attentats en infiltrant ces groupes terroristes
sont toujours, eux, emprisonnés dans votre pays.
La mascarade de procès qui s’éternise d’appel
en appel depuis tant d’années est insupportable d’iniquité,
d’injustice.
Vous le savez, Monsieur le Président, une normalisation des
relations entre vos deux pays passe par la libération de ces
cinq Cubains, c’est incontournable.
Il est grand temps que ces hommes qui ont lutté contre le terrorisme
soient enfin libérés, ils ont déjà passé
beaucoup trop de temps dans vos prisons, et dans des conditions particulièrement
inhumaines.
Vous avez le pouvoir, Monsieur le Président de gracier ces
hommes. Ce geste fort de votre part est très attendu, nous
l’espérons proche. Ce serait un très bel hommage
rendu à l’attribution de votre Nobel de la Paix.
Espérant que vous ferez un tel geste sans plus tarder, croyez,
Monsieur le Président, à mes sentiments humanistes les
plus sincères.
Jacqueline Roussie.
64360 Monein (France) |
"Cuba
n'est pas un pays stalinien"
"Je suis un socialiste
français, militant de l'Internationale socialiste, que certains
esprits timides préfèrent qualifier de "social-démocrate",
comme si cette appellation mal contrôlée atténuait
l'intensité de leur engagement.
Pour les hommes tels que moi, il est difficile de trouver des partenaires
susceptibles de partager, au sein même de leur famille naturelle,
la vision qu'ils assument de la Révolution cubaine.
Quand je veux expliquer ma
position, argumenter en faveur de Fidel, on ne me laisse jamais
aller au bout de ma pensée. "On ne défend
pas les dictateurs!"
Après la mort d'un gréviste de la faim (dans
un hôpital où on l'avait transporté et non en
prison comme on le laisse entendre), une campagne de discrédit
a été lancée à grande échelle.
D'autant qu'un nouveau gréviste a pris le relais.
Cette résolution, ainsi manifestée, a quelque chose
de définitif qui ne peut qu'émouvoir. Mais cela ne
doit pas nous empêcher de dire quelques vérités.
Du moins de dire la mienne, de vérité.
1) Cuba n'est pas le vaste
"goulag" que
l'on décrit. Même en accentuant beaucoup le trait,
on a beaucoup du mal à compter les "vrais"
prisonniers politiques sur l'île de José Marti. Il
en va , il est vrai, autrement si l'on se refère au "territoire
cubain", puisque Guantànamo en fait partie
et que le régime Bush Jr. y avait établi un grand
centre de torture, un univers concentrationnaire particulièrement
ignoble. Sous la bannière étoilée.
2) Cuba n'est pas un pays
stalinien. Ni Fidel,
ni Raùl ne font l'objet d'un quelconque culte
de la personnalité. La Révolution
et le Mouvement du 26 juillet sont partout honorés. Mais
les figures de leurs leaders vivants ne sont l'objet d'aucun culte.
En outre, à travers un grand nombre d'associations et de
sociétés philosophiques (comme la Franc-Maçonnerie),
le débat citoyen est franc, large et permanent.
3) Depuis la victoire du
1er janvier 1959, Fidel a toujours été demandeur de
dialogue avec les Etats-Unis. Ce pays lui a fermé brutalement
la porte au nez. Le choix laissé aux révolutionnaires
était entre se soumettre ou se démettre. Ils ont alors
cherché ailleurs les moyens de leur survie économique,
sociale et culturelle. Ils n'ont eu d'autre recours que
celui de rentrer dans le système communiste et le marché
qu'il avait mis sur pied dans le cadre du CAME. Ensuite,
c'est vrai, Fidel n'a pas fait les choses à moitié.
C'est sa manière.
4) Fidel n'a jamais été
un allié passif des soviétiques.
Son indépendance il l'a manifestée sur différents
terrains. Et d'abord en Afrique dès décembre 1975
en Angola où il avait brutalement pris le contre-pied de
la stratégie attentiste des Russes. A la même date,
lors du 1er congrès du PCC, (une caricature de celui du PCUS
dans sa présentation), les sept membres du bureau
politique élu provenaient tous du M26, aucun du traditionnel
PSP (le PC cubain originel).
5) Comment
peut-on expliquer que vingt ans après le démembrement
de l'URSS, la disparition du bloc soviétique, la Révolution
cubaine continue de faire face au blocus criminel imposé
par Washington? Pourrait-elle le faire sans un soutien
majoritaire de la population? En dépit des difficultés
inouïes de la vie quotidienne.
Je voudrais ajouter, avant de conclure ce court exposé, que
je ne suis l'inconditionnel de personne et que, par exemple, je
pense que certains changements peuvent être apportés
au système politique cubain sans être pour autant attentatoires
à l'honneur de l'oeuvre patriotique entreprise. Et,
quand je parle de patrie, je ne la limite pas à Cuba, mais
l'étends aux vingt Amériques latines.
Mais comment taire mon indignation devant tant de manipulations
et de silences complices.
Comment oublier les
cinq jeunes cubains maintenus sans justification
dans les geôles nord-américaines. Privés de
visites familiales.
Comment ne pas se souvenir
des neuf mambres de l'IRA, gévistes de la faim, que Mme.
Thatcher avait, elle, laissé mourir, l'un après l'autre,
en prison, sans leur faire porter le moindre secours. Pour l'exemple.
Et dans l'indiférence des pays frères européens
et des Etats-Unis?
Cuba essaie, au contraire,
désespérément de sauver le gréviste
Fariñas, comme il l'avait fait, hélas sans succès,
pour son prédécesseur dans ce geste pathétique.
Avec tous les hommes de bonne volonté, nous souhaitons que
ces moments difficiles soient surmontés. Et, avant tout,
que Washington accepte d'ouvrir un dialogue véritable, entre
égaux, avec La Havane.
C'est un tel dialogue qu'un certain exil, puissamment doté
en moyens financiers et en outils de propagande, veut empêcher.
Seul ce dialogue, pourtant, est susceptible de favoriser des relations
civilisées entre Etats voisins. Tous les citoyens y trouveraient
leur compte.
Antoine Blanca
http://inter-socialiste.over-blog.com/
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Commentaires
et réponses au texte (ci-joint) d'Antoine Blanca
Si,
l'Internationale socialiste est bien "social démocrate".
C'est un fait. Qui n'enlève rien aux mérites de
ceux qui rêvent de la subvertir de l'intérieur...
Toutes
les dictatures ne sont pas, historiquement,
de même nature. Il existe, ou il a existé, des dictatures
révolutionnaires, patriotiques, libératrices, et
des dictatures contre-révolutionnaires, "compradores",
fascistes.
Un
régime comme Cuba devrait, à l'instar de la Chine
ou du Vietnam, assumer l'existence de prisonniers politiques.
Des contre-révolutionnaires au service de l'étranger,
de l'impérialisme. Il en existe, il faut bien les détecter,
les surveiller, les combattre, les punir, et les mettre hors d'état
de nuire. Où est le mal?
Tout
"culte de la personnalité"
doit être replacé dans son contexte historique -
un moyen de pouvoir, utile ou pas, positif, ou négatif,
dans un contexte donné.Point.
- Là,
très bonne question: avant tout par la grâce des
services secrets cubains, qui ont
su trouver les voies, hardies et peu conventionnelles, de la lutte
contre le garrot du blocus, puis du relâchement, progressif,
de ce garrot par l'extension de la dmocratie
militante, et militaire, de l'Uruguay des "Tupas"
au Vénézuela pétrolier de Chavez..
-
Agents de choc, selon toute vraisemblance, du contre-espionnage
cubain, les 5, arrêtés
en pleine mission d'infiltration des milieux de la drogue et du
terrorisme anti-communiste anti-cubain au cour même de leurs
bases de Miami, méritent toute notre
admiration et notre indéfectible soutien!
Qi
|
I
Candidat du "Frente amplio" ("Front
large"), "Pepe" Mujica, le simple petit fermier
courageux, créatif et rusé, qui avait été
l'un des fondateurs du "Mouvement de Libération
Nationale Tupamaros"
est désormais le Président démocratiquement
élu de l'Uruguay, un de ces pays d'Amérique
du sud longtemps soumis à la botte des gestapistes "yankee"
aujourd'hui engagés, sur les traces de Cuba, des Sandinistes
du Nicaragua, du salvador, du Chili, de "Lula"
et de Chavez, dans un processus d'émancipation nationale
et sociale qui semble irrésistible.
Dans les années 1968-70 et suivantes, les actions
armées intelligement dosées "à la
Robin des Bois" des "Tupas" allaient nous faire
rêver, nous "jeunes gens en colère"
hommes (et hommes et femmes) d'Occident, las des dénonciations
verbales de l'impérialisme - et, pour certains
d'entre nous, nous entraîner, par leur exemple, à prendre
la voie des armes,
Les "Tupas", donc, c'est d'abord une réflexion
historique et culturelle - profonde. L'idée d'insérer
la lutte anti-impérialiste moderne dans la plus ancestrale
tradition des révoltes indiennes, avec ce nom, "Tupamaros",
inspiré du mythique Tupac Amaru, prince rebelle des hautes
montagnes andines écartelé à mort par les
"conquistadores", qui
avait déjà revécu, deux siècles après
un supplice qu'il avait fallu terminer au couteau et à la
cisaille, tant son âme transcendée interdisait à
son corps de se démembrer sous la traction des chevaux, en
la personne de Tupac Amaru II, nouvelle figure de la même
irréductible résistance, lui aussi torturé
à mort de la même façon, méthodique et
sauvage, après d'éclatantes victoires. |
 |
II
Il fallait, certes, un
effort d'imagination historique et poétique, allant, et
c'est ce qui compte, à l'essentiel, pour saisir dans les
profondeurs de la mémoire du peuple d'Uruguay, petite "Suisse
sud-américaine" de 3 millions d'habitants nichée
autour de la grande métropole portuaire de Montevideo,
coincée, au bord d'un fleuve majeur, entre Argentine et
Brésil, le souvenir des anciennes révoltes des Indiens
des Andes - dont allaient, quelques temps plus tard, mais de façon,
là, caricaturale, se saisir à leur tour l'étrange
Abimaël Guzman et ses partisans péruviens du "Sentier
Lumineux", ravageant, eux, l'espace andin qui avait
été celui de la gloire et du martyred'au poins deux
"Tupac Amaru" successifs.
Profitant, les premièers années
tout au moins, des faiblesses d'un appareil d'Etat mineur en voie,
certes, de militarisation fascisante, mais en voie seulement,
les "Tupas" de Raul Sendic, un "avocat
des pauvres" engagé, "à la vie
à la mort", "au service du peuple",
devenu conseil syndical des misérables "caneros",
les ouvriers de la canne à sucre et des rizières,
puis organisateurs des premières "colonnes"
clandestines au sein du mouvement syndical urbain, autant que
rural, allaient, jouant toujours la carte des symboles touchant
au plus profond, réveiller un autre mythe vénérable,
au cœur, aujourd'hui, de la culture universelle, celui de
Robin des Bois. Se gardant bien de tout dérapage vers le
militarisme au front bas, les meurtres à l'aveugle, et
le terrorisme à la bombe, les Tupamaros commencèrent
à se faire connaître par des détournements
armés de camions de vivres distribués dans les bidonvilles
- une idée, qui, à son tour, allalit faire flores
jusqu'au sein de la vieille Europe...Enlèvements contre
rançon, suivies de libérations sans violences, de
chefs d'entreprises "ripoux"et de banquiers "marrons"soigneusement
sélectionnés par un service de renseignement de
première bourre, rendu possible par la participation au
noyau fondateurs de fils de la moyenne et hautes bourgeoisie informés
aux plus familiales des sources, pour leurs maversations, ou "pris
en flag" de répression de mouvements grévistes,
occupations armées suivies de brèves prises de paroles
et de repli en bon ordre de sites industriels en lutte, prises
deparoles éclair sous protection armée à
l'intérieur e cinémas ou de théâtre,
en plein centre-ville, à l'image de la Résistance
française...les "Tupas", préparant
leurs actions avec une minutie dès lors admirée
de leurs pires adversaires policiers et militaires, souffant de
très peu de pertes, et ne tuant, eux-mêmes, que très
rarement, préférant, quand la chose devenait nécessaire,
protéger leur retraite par des tirs précis dans
les jambes, allaient toutefois finir par "mordre le trait",
avec l'enlèvement, l'interrogatoire dans la clandestinité,
puis l'exécution de deux balles dans la nuque précée
d'une injection médicale, d'un "technicien"
américain de l' "USAID", un faux-nez
de la CIA, l'italo-américain Dan Mitrione
(ci-contre). ON
allalit l'apprendre longtempes après, dans les mémoires
d'un des innombrables agents cubains infiltrés, à
partir de Miami, et du milieu des supposés "réfugiés
anti-castristes", jusqu'au sein de l'équipe spéciale
"de guerre antisubversive" de Mitrione, cet homme
au beau visage carré d'honnête évangéliste
écoutait de la musique de hawaï pour ne pas entendre
les hurlements de douleurs des malheureux clochards de Montevideo
devenus les "cobayes" de ses cours de torture
"in vivo" - et "travaillés",
comme après eux les Tupamros prisonniers, selon la méthode
typiquement fordienne du "juste assez" - juste
assez pour parler, sans risquer de crever dans les mains des interrogateurs,
et sans excès dans l'horreur, inutiles.
On ne sait pas, en revanche, si Cuba
avait averti Sendic et ses amis, que la petite Île rouge
guidait, dans l'ombre, avec doigté mais selon ses propres
intérêts comme elle le faisait, en Colombie ou ailleurs,
dans le difficile travail d'infiltration des cartels dela cocaïne,
du rôle exact de Mitrione, et de ses spécialités.
Ils prétendent que non, et, semble-t-il, s'abstinrent de
le torturer - contrairement à ce que n'hésitètrent
pas à faire, plus tard, et dans un tout autre contexte,
les services de renseignement de la Résistance libanaise
à Beyrouth après la captue du "chef de
poste" de la CIA pour Beyrouth et tout le Moyen-orient,
William Buckley, qui, lui, parla avant de mourir: ce qui permit
le démantèlement des principales structures d'espionnage
et de "contre-terrorisme" des Etats-Unis et
d'Israël dans un vaste secteur, évitant bien des horreurs...
Quoi qu'il ensoit,la mouche avait
piqué le buffle. La riposte des etats-Unis fut écrasante,
entraînant la militarisation accélérée
du régime, puis un coup d'Etat militaire dans les règles,
comme au Chili, en Argentine, ou au Brésil, des dizaines
de milliers d'arrestations parmi les centines de milliers de sympathisant
qu'avaient alors acquis 10 000 Tupamaros organisés, la
torture généralisée et "fordisée",
l'arrestation d Sendic puis de tout le noyau dirigeant cldetin,
dont "Pepe" Mujica, et leur astucieuse prise
en otage à l'intérieur de casernes militaires, avec
ce message clair porté à l'extérieur: ils
mourraient tous, et dans les pires sévices si la "guerilla
urbaine", passablement déralisée et désorganisée,
se relevait et recommençait à frapper.
C'était bien joué.
Enivrés par des succès brillants facilités
par les ambiguïtés de la "dictature molle"
contre laquelle ils s'étaient audacieusement dressés,
les Tupamaros, qui avaient pourtant envisagé l'hypothèse
extrême d'une réaction militaire portée par
une invasion du territoire national par les troupes des régimes
fascistes voisins d'Argentine ou du Brésil, mais n'en avaient
pas tiré les conclusions jusqu'au bout, croyant à
tort à une possibilité d'effondrement rapide du
régime, façon Cuba, sous les coups d'une guérilla
frappant plus des symboles que les articulations mêmes du
système, n'étaient pas prêts à affronter
le pire:la décision d'abandonner aux mains des tortionnaires
une centaine de dirigeants bien aimés, les "vieux",
les fondateurs, qui avaient toujours payé d'exemple en
se plaçant, personnellement, à la tête de
leurs jeunes combattants, dans les actions les plus risquées.
Le mouvement, donc, parut s'effondrer. mais sa force était
devenue telle qu'il renquit de ses cendres, de longues années
plus tard, avec l'usure, puis l'effondrement progressif d'un régime
militaire de plus en plus isolé, confronté à
une résistance civile, syndicale, populaire, culturelle,
qui n'avait jamais cessé - et au sein de laquelle les plus
éclairés des "Tupas" avaient longtemps
conçu la stratégie de s'immerger "comme des
poissons dans l'eau", quitte à ralentir quelque peu
leurs actions militaires, selon le double principe, issu de l'expérience
communiste chinoise et sino-vietnamienne, selon lequel, si "le
pouvoir est au bout du fusil", "le parti commande au
fusil"
Les cent derniers prisonniers
finirent par sortir de casernes-prisons devenues des "écoles
de la Révolution", dans une longue colonne de
camions militaires bientôt noyée dans une
foule en liesse, libérée de toute peur,
escortant d'une longue clameur les derniers kilomètres
d'une "longue marche" vers la liberté
d'hommes aux visages veillis et aux crânes rasés,
et d'une bonne dizaine de "Tupamaras" aux
traits eux aussi à jamais durcis par les horreurs affrontées,
subies et endurées, auxquelles s'étaient soumis,
sans jamais y céder, leurs corps comme leurs esprits.(ci-dessus,
Nora Castro, fille d'un militaire rallié à la dictature,
"Tupamara" d'élite, aujourd'hui grande figure
de la vie parlementaire à Montevideo, et soutien politique
de "Pepe" Mujica.
Reconstituant petit à petit,
dans la discrétion, et sous l'impulsion d'un des tout premier
noyau de combattantes libérées de prison, le "MLN-Tupamaros"
comme mouvement politique mettant la "lutte armée"
en longue parenthèse sans jamais en renier, ni la stratégie,
ni les idéaux (ce qui n'exclut nullement une rationnelle
autocritique), allaient constituer l'âme même du "Frente
Amplio", le "Front Ample", allant
bien au-delà de toute la gauche rassemblée autour,
aussi, des communistes uruguayens (qui avaient eux-même
infiltré et influencé les "Tupas"
de la grande époque...) qui allait conduire au pouvoir
un premier Président de gauche et de progrès, puis
son successeur, Mujica. Ne s'étant nullement reconvertis,
contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre
du pourtant excellent ouvrage d'Alain Labrousse "Les
Tupamaros: des armes aux urnes" (Editions du
Rocher), dans le parlementariste électoraliste, mais ayant
pragmatiquement adapté les moyens de lutte aux cironstances
diverses d'étapes elles-même différentes,
les héritiers de Raul Sendic (mort
peu après sa sortie de détention suivie par son
engagement dans la lutte politique à visage découvert,
et ici à lépoque de l'invention des "Tupas"
dans les champs de canne à sucre puis le réseau
d'égoûts, minutieusement "colonisé",
de Montevideo, puis à sa sortie de prison, marqué
par la torture physique et la torture du temps) nous
laissent un message à détente multiple.
- Premièrement:
la beauté, qui
illumine les regards de ceux qui n'ont jamais cédé,
et, en Uruguay comme dans tous les pays, dont le nôtre,
ayant connu, ne serait-ce qu'au stade de l'esquisse, des expériences
de ce type, distingue de façon éblouissante
le visage des repentis, des renégats, des traîtres,
des traits et du regard de ceux qu'éclaire la joie d'avoir
continué en s'achant s'adapter, muter, mais sans jamais
se renier... Et
qui peuvent donc, sans ciller, rendre hommage à leurs morts
(comme, ci-dessous, dans un des grands cimetières de Santiago
du Chili, ou comme nous, sur la tombe de Pierre Overney, au Père
Lachaise),
tout en restant résolument du Parti des Vivants:
de ceux pour qui " le combat continue",
et, continuant, perpétuellement
s'invente...)
- Parce qu'ils ont survécu
assez longtemps pour pouvoir écrire et même voir
publier, de leur vivant, leurs Mémoires, ces femmes et
ces hommes extraordinaires nous sont d'une aide précieuse
pour analyser notre propre expérience,
dans un monde où, selon l'ironique sentence adressée,
à l'époque, aux Brejneviens par le subtil mao-vietnamien
Truong Chinh, l'hypothèse d'un"passage
pacifique" (au post-capitalisme...) constitue une hypothèse
"d'autant plus précieuse qu'en pratique, elle
semble particulièrement rare..."
III
A la lumière de
l'expérience des "Tupamaros", et de
la nôtre, théorie et pratique de la violence armée
dans les pays semi-développés, comme l'Uruguay de
l'époque, ou développés (la France des années
1970 à nos jours...)
(A suivre...)
|
| ires |
|
"Il
a gagné! On a gagné!" Six
fois blessé par balles, arrêté, emprisonné,
torturé, l'ex-TUPAMARO "Pepe" MUJICA, désormais
Président démocratiquement élu de l'URUGUAY, nous
offre l'occasion d'une méditation sur l'histoire, les mythes, les
pièges, la grandeur, la beauté - et l'opportunité?
-de la "lutte armée" au
cœur des métropoles impérialistes, des années
1970 à aujourd'hui...ICI

- Honduras: contre un massacre électoral
programmé, à la Chilienne, tous dans la rue ce dimanche
29 novembre 2009! ICI
- Castro: Le NOBEL à OBAMA? - Oui:
mais pourquoi pas EVO?
Fidel: "Si l’on a octroyé le Prix
Nobel à Obama pour avoir remporté des élections dans
une société raciste bien qu’il soit Afro-américain,
Evo (Morales) le méritait tout autant pour les avoir gagnées
dans son pays, bien qu’il soit indigène, et pour avoir en
plus tenu ses promesses". (suite
ci-dessous en bas de la page)
Mourir
pour Tegucigalpa


La
survie de l'atypique révolution cubaine ne tenait qu'à
un fil. Rocher des Caraïbes aventuré à portée
de F16 de la Floride, l' "Île Rouge",
privée de matières premières essentielles,
tenue à bout de bras, puis à la gorge, par le lointain
"ami" moscoutaire, devenu lourd "protecteur",
asphyxiée par le garrot du blocus, et ne pouvant compter
ni sur 'l'effet de jungle", ni sur "l'effet
de masse", choisit de mobiliser, donc, ce qu'elle avait
de meilleur: des services de renseignements percutants, inventifs,
vite immergés dans les profondeurs complexes du "grand
arrière" qu'est ce demi-continent de l'Amérique
latine du centre et du sud, retrouvant progressivement dans la
même période, et ce n'est pas tout à fait
un hasard, ses racines indiennes dont la diversité andine
ou même amazonienne vient se marier si bien avec l'hispanité
de la conquête, intégrée plus que reniée...
Ainsi
naquit, après l'avortement d'une série de tentations
guevaro-putchistes, écran, selon les uns, échec,
selon les autres, expérience en tout cas, le "miraculeux"
effet domino, qui fit, dans le désordre et sans hiérarchie
a priori, Lula, Chavez, Bachelet, Morales...
Cette
partie heureuse tire-t-elle sur sa fin?
Certains
signes pourraient l'indiquer. Les vaincus fascisants des années
BUSH ne sont pas allés s'enterrer pour mourir dans un bunker
à la Sigmaringen - même si le "patron"
lui-même, Rumsfeld-tamiflu et Dick Cheney, s'achètent,
à tout hasard, des ranches sous prête-nom dans un
pays qui n'extrade pas: le Paraguay...
Il
leur a d'abord fallu se terrer: mais pour mieux revenir, et, le
moment venu, mordre. Comme le crotale du Texas, reptile qu'ils
apprécient, qui sait s'enfuir, et même s'enfouir,
lové dans des bouses de bison dont il a la teinte brune;
comme ces vipères mal connues du Neguev, bien connues des
Bédouins et, désormais, des services secrets palestiniens
de "Novembre Noir", dont le venin, rongeant
mortellement le cerveau de la "cible",est à
effet-retard (n'est-ce pas, Ariel Sharon?), ils
ont choisi, pour Obama qui les avait vaincus, et, plus que vaincus,
humiliés, le poison de la mort lente.
Avant
même l'élection, la décision des barons de
Goldman Sachs de laisser cyniquement s'effondre LEHMAN BROTHERS,
dont le rustique P-dg finançait "le nègre",
donnait le "top-départ" d'une crise
d'Apocalypse, qui, "crise systémique" ,
certes, Messieurs les professeurs de marxisme, d'un impérialisme
militaro-financier à bout de souffle, rendu exsangue par
ses guerres en chaîne, en devenait, de ce fait, le premier
piège géopolitique ouvert sous les pas du marcheur
à longues jambes - sauvé, in extremis, par les calculs
à longue portée des tao-communistes
de la "Cité Interdite" pour
lesquels une crise trop brutale et trop rapide de ce,
qui reste, clairement, leur ennemi mortel, ne pouvait ouvrir que
sur un chaos ingérable, dangereux et peut-être sans
issue...
Le
coup d'Etat de Micheletti, au Honduras, constitue l'Acte II de
cette "guerre
secrète" - avec l'appui de L'Hillarante
Clintone que le Mossad adore autant qu'elle l'adule depuis la
savoureuse affaire Monica Lewinski, gérée, sinon
construite, pour "punir Bill" de son infidélité,
non pas à sa rombière, mais aux pitres sanglants
de Tel Aviv à qui l'obsédé de la braguette
ne parvenait pas à pardonner l'assassinat de son ami Rabin:du
coup, il commençait à lancer des ruades d'âne
rendu fou par un taon dans les brancards de la politique israélienne...
VEILLÉE
SUR L'AGONIE
DE
LA DÉMOCRATIE
ET
POUR LES VICTIMES
DU
COUP D'ÉTAT
AU
HONDURAS
Les dernières nouvelles du Honduras poussent à
croire à une intensification de la répression
lors des élections.
- Le président putschiste
a annoncé son absence du 26 novembre au 2 décembre
des instances de direction du pays.
- Les militaires rassemblent
d'importantes troupes dans la capitale et dans les grandes
villes.
- Une partie de l'hôpital central de Tegucigalpa est
réquisitionné pour y installer des lits d'urgence
pour les militaires (au cas où).
L'état installe un
climat de peur autour des élections qui se dérouleront
le 29 novembre 2009 et on ne compte plus les morts, disparus
et victimes de la répression.
Notre vigilance ce 29 novembre
sur la situation est donc encore une fois plus que symbolique
face à l'illégitimité des élections
qui auront lieu et risquent d'être entachées
de violence de la part du pouvoir putschiste.
C'est pourquoi nous appelons
toutes les organisations démocratiques à une
veillée aux bougies sur "L'agonie
de la démocratie et pour les victimes du Coup d'état
au Honduras".
Cette
veillée se déroulera le jour des élections
DIMANCHE 29 Novembre 2009 à 17h
place saint Michel (métro 4 St-Michel)
Amenez vos bougies et fleurs de la paix et de la démocratie
en soutien à la résistance de tout le peuple
Hondurien qui résiste depuis 150 jours.
Le collectif Alerte Honduras.
www.alerte-honduras.org <http://www.alerte-honduras.org>
alertehonduras@gmail.com
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| "Pour la première
fois dans les deux pays, des gens de ces ethnies s’installent
à la présidence.
J’ai dit à plusieurs
reprises qu’Obama était quelqu’un d’intelligent,
élevé dans le système social et politique auquel
il croit. Il aspire à étendre les services de santé
à presque cinquante millions d’Etasuniens, à
sortir l’économie de la profonde crise qu’elle
souffre et à redorer l’image de son pays, ternie par
des guerres génocidaires et par les tortures.
Il ne conçoit pas qu’il faille
changer le système politique et économique de son
pays, il ne le souhaite pas et il ne le peut pas. Le
Prix Nobel de la paix avait été concédé
auparavant à trois présidents des USA, à un
ex-président et à un candidat à la présidence.
Le premier fut Theodore Roosevelt, élu en 1901, celui des
Rough Riders (les rudes cavaliers), qui débarqua ses cavaliers
à Cuba, mais sans monture, à la suite de l’intervention
menée en 1898 pour empêcher l’indépendance
de notre pays. Le second fut Thomas Woodrow Wilson, qui fit entrer
les USA dans la Première guerre pour le partage du monde.
Au Traité de Versailles, il imposa des conditions si sévères
à l’Allemagne vaincue qu’il jeta les bases de
l’apparition du nazisme et de l’éclatement de
la Deuxième Guerre mondiale. Le troisième est Barack
Obama.
L’ex-président, c’est
Carter qui reçut le Prix Nobel plusieurs années après
avoir conclu son mandat. Sans aucun doute, l’un des rares
présidents de ce pays à avoir été incapable
d’ordonner l’assassinat d’un adversaire, contrairement
à d’autres ; il restitua le Canal de Panama, créa
la Section des intérêts des USA à La Havane,
évita de sombrer dans de gros déficits budgétaires
et de gaspiller l’argent au profit du complexe militaro-industriel,
contrairement à Reagan.
Le candidat est Al Gore, quand il était
déjà vice-président, le politique étasunien
meilleur connaisseur des terribles conséquences des changements
climatiques. Il fut victime de la fraude électorale alors
qu’il était candidat à la présidence,
et privé de la victoire par W. Bush.
Les avis ont été très partagés
au sujet de l’octroi de ce prix. Beaucoup
partent de conceptions morales ou relèvent des contradictions
évidentes dans cette décision surprenante. Ils auraient
préféré que ce prix récompense une œuvre
accomplie.
Le Prix Nobel de la paix n’est
pas toujours allé à des gens qui le méritaient.
Il a parfois été décerné à des
gens pleins de ressentiments, suffisants, ou pis encore. Apprenant
la nouvelle, Lech Walesa s’est exclamé avec mépris
: «Qui? Obama? C’est trop tôt. Il n’a encore
rien fait.» Dans notre presse et sur CubaDebate, des compagnons
honnêtes et révolutionnaires se sont montrés
critiques. L’un d’eux a affirmé : «La
semaine où Obama a reçu le Prix Nobel de la paix,
le Sénat étasunien a voté le budget militaire
le plus élevé de l’histoire : 626 milliards
de dollars.» Au journal télévisé,
un autre journaliste a commenté :
«Qu’a donc fait Obama pour mériter une telle
distinction?» D’autres se
sont demandés : «Et
la guerre d’Afghanistan et la recrudescence des bombardements?»
Ce sont là des vues basées sur des réalités.
De Rome, le cinéaste Michael Moore a eu
une phrase lapidaire : «Mes félicitations, président
Obama, pour le Prix Nobel de la paix. Maintenant, s’il vous
plaît, gagnez-le donc ! »
Je suis sûr qu’Obama
est d’accord avec Moore. Il est assez intelligent pour comprendre
les circonstances qui entourent son cas. Il sait qu’il n’a
pas encore gagné ce prix. Ce jour-là, il a déclaré
dans la matinée : «Je n’ai
pas l’impression de mériter d’être en compagnie
de tant de personnalités transformatrices qui l’ont
reçu.»
On dit que les membres du fameux comité
qui décerne le Prix Nobel de la paix sont au nombre de cinq.
Un porte-parole dit qu’ils ont été unanimes.
On pourrait se demander : ont-ils consulté ou non Obama?
Peut-on prendre une décision de ce genre sans en avertir
auparavant la personne récompensée? Obama ne peut
être jugé de la même manière sur le plan
moral selon qu’il connaissait d’avance ou non l’octroi
de ce prix. On peut en dire autant de ceux qui ont pris la décision.
Peut-être serait-il nécessaire de créer le Prix
Nobel de la transparence.
La Bolivie
compte d’importants gisements de gaz et de pétrole,
et possède aussi les plus grandes réserves connues
de lithium, un minerai extrêmement utile
à notre époque pour stocker et utiliser l’énergie.
Evo Morales,
paysan indigène très pauvre, faisait paître
dans les Andes, en compagnie de son père,
le troupeau de lamas de sa communauté indigène. Il
n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient
quinze jours durant jusqu’au marché où ils les
vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand
j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière,
il m’a raconté qu’il «descendait
dans un hôtel 1 000 étoiles»,
une belle formule pour désigner le ciel si dégagé
de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes.
Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue
pour les paysans de la communauté aymara où il est
né était d’aller couper la canne à sucre
dans la province argentine de Jujuy, où une partie de la
communauté se réfugiait parfois lors de la campagne
sucrière. Quand le Che, blessé et
désarmé, fut assassiné à La
Higuera le 9 octobre 1967, Evo, qui est né le 26
de ce mois, mais en 1959, n’avait pas encore fêté
son huitième anniversaire. Il apprit à lire et à
écrire en espagnol dans une petite école publique
où il se rendait à pied, à cinq kilomètres
de la chaumière où il vivait avec ses frères
et ses parents.
Pendant son enfance hasardeuse, Evo était
constamment à la recherche de maîtres.
Il a appris de son peuple trois principes moraux : ne pas mentir,
ne pas voler, ne pas être faible.
Quand il eut treize ans, son père
l’autorisa à vivre à San Pedro de Oruro pour
y faire des études secondaires. L’un de ses biographes
nous dit qu’il était meilleur en géographie,
en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths.
Le plus important, toutefois, c’est que pour payer
ses études, il se levait à deux heures du matin pour
aller travailler comme boulanger, manœuvre ou dans d’autres
métiers qui demandent un effort physique. Il allait en classe
l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et
l’aidaient. Dès l’école primaire,
il avait appris à jouer divers instruments à vent,
et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro.
Encore adolescent, il avait organisé l’équipe
de football de sa communauté, dont il était le capitaine.
L’accès à l’université
n’était pas à la portée d’un indigène
aymara pauvre. Une fois ses études secondaires terminées,
il fit son service militaire et retourna dans sa communauté,
sur les hauteurs de la cordillère. La pauvreté et
les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à
émigrer vers la région subtropicale d’El
Chapare, où elle obtint un petit lopin de terre.
Evo avait vingt-trois ans quand son père
mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était
aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs,
créa des syndicats et combla par là des vides dans
des secteurs où l’Etat ne faisait rien.
Les conditions d’une révolution
sociale s’étaient peu à peu créées
en Bolivie dans les cinquante dernières années. Elle
éclata le 9 avril 1952, avant même le début
de notre lutte armée à Cuba, sous la conduite
du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Victor Paz Estenssoro
: les mineurs révolutionnaires vainquirent les forces
répressives et le MNR prit le pouvoir. Les objectifs
révolutionnaires étaient loin de s’accomplir
en Bolivie. Dès 1956, selon des gens bien renseignés,
le processus commença à s’étioler.
La Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959.
Trois ans plus tard, en janvier 1962, notre patrie était
expulsée de l’OEA. La Bolivie s’abstint. Plus
tard, tous les gouvernements, hormis le Mexique, rompirent leurs
relations avec nous.
Les scissions du mouvement révolutionnaire
international se firent sentir en Bolivie. Pour que les choses y
changent, il allait falloir plus de quarante ans de blocus à
Cuba, le néolibéralisme et ses conséquences
désastreuses, la révolution bolivarienne au
Venezuela et l’ALBA, mais surtout Evo et le Mouvement au socialisme
(MAS).
Il est malaisé de résumer
cette riche histoire en quelques pages. Je me bornerai à
dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles
campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme,
ses coups d’Etat et ses ingérences dans les affaires
intérieures du pays, de défendre la souveraineté
de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect
de ses coutumes.
«La coca n’est pas de la cocaïne»,
a-t-il lâché au plus gros producteur de marijuana et
au plus gros consommateur de drogues au monde, dont le marché
nourrit la criminalité organisée qui coûte des
milliers de vies au Mexique tous les ans. Deux des pays
où se trouvent les troupes yankees et leurs bases militaires
sont les plus gros producteurs de drogues de la planète.
La Bolivie, le Venezuela et l’Equateur, pays révolutionnaires
qui, à l’instar de Cuba, sont membres de l’ALBA,
ne tombent pas dans le piège mortel du commerce des
drogues : ils savent ce qu’ils peuvent faire et ce
qu’ils doivent faire pour apporter la santé, l’éducation
et le bien-être à leurs peuples. Ils n’ont pas
besoin de troupes étrangères pour combattre le trafic
de drogues.
La Bolivie mène de l’avant
un programme étonnant sous la direction d’un président
aymara qui jouit de l’appui de son peuple. En moins de trois
ans, l’analphabétisme a été éliminé
: 824 101 Boliviens ont appris à lire et à écrire
; 24 699 l’ont fait en aymara et 13 599 en quechua. La Bolivie
est le troisième pays délivré de l’analphabétisme,
après Cuba et le Venezuela. Des millions de personnes
reçoivent maintenant, pour la première fois de leur
vie, des soins médiaux gratuits : la
Bolivie est l’un des sept pays au monde à avoir, ces
cinq dernières années, réduit la mortalité
infantile, et elle pourra atteindre les Objectifs du Millénaire
pour le développement avant 2015, ainsi que diminué
les morts maternelles dans une proportion similaire ; 454
161 personnes y ont été opérées de la
vue, dont 75 974 Brésiliens, Argentins, Péruviens
et Paraguayens.
La Bolivie a engagé un programme
social ambitieux : tous les enfants des écoles publiques,
de la première à la huitième année de
classe –soit presque deux millions d’élèves–
reçoivent un don annuel pour pouvoir acheter les fournitures
scolaires. Plus de 700 000 personnes de plus de soixante ans perçoivent
un bon équivalent à 342 dollars par an. Toutes les
femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans touchent une
aide d’environ 257 dollars.
La Bolivie, l’un des trois
pays les plus pauvres du continent, a fait passer sous le contrôle
de l’Etat ses principales ressources énergétiques
et minérales, tout en respectant et en indemnisant les intérêts
lésés. Elle avance précautionneusement
pour ne pas avoir à reculer d’un pas.
(suite sous la photo, et sa légende)

| De "Lula", l'ouvrier
métallurgiste,syndicaliste, devenuPrésident du
Brésil, àDaniel Ortega (Nicaragua), en passant
par Castro, Chavez, ou Morales (ci-dessus), c'est tout un continent,
et au-delà, cet isthme qu'est l'Amérique centrale,
qui, refusant une division, mortelle, entre progressistes modérés
et révolutionnaires intransigeants, maintient son unité,
seule gage de force et de victoire quer le long terme, et, suivant
le précepte du "petit timonier" (Deng
SiaoPing), et loin des fomules toutes faites et dogmatiques
du "marxisme-léninisme" à l'Européenne
(à l'ancienne), " pour traverser la
rivière, tâte les pierres à chaque pas" |
Ses réserves en devises
ont augmenté, au point d’avoir triplé depuis
le début du gouvernement d’Evo.
La Bolivie fait partie des pays qui utilisent
le mieux la coopération étrangère et défendent
fermement l’environnement. Elle est parvenue à établir
en très peu de temps le recensement électoral biométrique,
enregistrant près de 4,7 millions d’électeurs,
presque un million de plus que le dernier de janvier 2009, soit
3,8 millions.
Les élections auront lieu le 6
décembre. Le peuple soutiendra assurément encore plus
son président. Rien ni personne n’a pu freiner son
prestige et sa popularité qui ne cessent de croître.
Pourquoi ne décerne-t-on donc pas le Prix Nobel de la paix
à Evo? Il a un lourd handicap, je sais : il n’est
pas président des Etats-Unis."
Fidel Castro Ruz Le
15 octobre 2009 16 h 25 |
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