Les Forces Populaires: qui sommes-nous?

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Nous ne sommes ni un parti électoraliste, légal et légaliste, ni une organisation clandestine d'"ultra-gauche", ni, bien entendu, une "reconstitution de ligue dissoute" recherchant à tout prix "la violence pour la violence", à l'image de certains excès des années 1970 - dont les plus anciens d'entre nous ont su tirer le bilan, équilibré, "trop tôt, trop vite, trop fort"... Nous somes un mouvement de tye radicalement nouveau, fluide, souple, discret, innovateur, à l'écoute, présent

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aux marges des principaux partis se réclamant d'une option progressiste (PCF, PS, Parti de Gauche, demain, s'il revient à la raison, NPA), voire à l'intérieur même de ces partis électoraux: dans le but central, avéré,d'aider, pratiquement, l'ensemble du mouvement populaire anti-impérialiste, anti-capitaliste, et réellement opposé à toutes les formes de racisme, sans hiérarchie ni exclusive (y compris donc le racisme sioniste), à se consacrer à la tâche essentielle du moment, qui en prépare d'autres dans de prochaines étapes: développer une action populaire directe et efficace en milieu prolétarien, dans

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l'unité du mouvement ouvrier organisé, qualifié, et syndiqué (de la classe ouvrière technicienne blanche ou maghrébine...) et du prolétariat le plus précarisé des mères (et pères), des familles et de la jeunesse vivante des banlieues vivantes, des "quartiers", des "cités"...

Aux questions le plus souvent posées aux diffuseurs de tracts ou aux porteurs d'autocollants du mouvement, genre "combien êtes-vous", "qui fait partie du groupe", "comment y adhérer?", "comment êtes-vous organisés?", "êtes-vous présents, ici, ou là?", "y a-t-il un chef,

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est-ce un homme ou une femme, est-il (elle) maghrébin, noir, asiatique, ou "gaulois", a-t-il été élu, par qui, et qui est-il?" nous avons coutume de répondre:

- 1-que, d'abord, un porteur d'autocollant ou même un diffuseur de tract n'est pas nécessairement un adhérent des Forces Populaires. Il peut n'être qu'un sympathisant actif, intégré, selon nos méthodes, à une action en cours...

-2. et nous renvoyons la balle en faisant des propositions positives: "voulez-vous agir avec nous concrètement, en discutant, démocratiquement, dans telle ou telle ou telle structure de lutte effectivement existante de telle ou telle question utile pour l'action?"

- Dans la période récente,

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"quoi faire d'utile?" a surtout été de se mettre au service du mouvement du prolétariat noir de France "pour les papiers et pour la dignité".

Car cette grève historique, de portée plus que nationale, mondiale, sans précédent, à notre connaissance, en France ni dans aucun pays de la planète, constitue le socle d'une recomposition sociologique et politique de toute la classe ouvrière et du monde du travail dans son ensemble.

Les Forces Populaires y ont respecté le principe d'unité qui le régit toujours aujourd'hui, où le succès est là sans que rien ne soit complètement terminé.

Ce principe a fait et fait sa force, rassemblant la CGT et autres associations et syndicats, sous l'impulsions du prolétariat noir lui-même, notamment son "noyau dur" malien, sous l'impulsion et la relance constante de militants syndicaux communistes du PCF ou du suite col. de dr. ici

PCOF, à la pointe du combat? -

Une autre activité centrale des Forces Populaires, dans la période suivant leur création à l'issue des 45 jours de grève de la faim de la journaliste CGT de Libération Florence Cousin, a été l'appui au Mouvement des Mal Logées, ou au combat des parents d'élève mais aussi des jeunes des collèges ou des lycées, pour le respect réciproque, contre l'échec scolaire, l'exclusion, les violences policières ou les violences mafieuses...

 
Communiqué n 1: ici
  Communiqué n 2: ici
  Communiqué n 3: ici

 

 

 

 

 
"un porteur d'autocollant ou même un diffuseur de tract n'est pas nécessairement un adhérent, il peut n'être qu'un sympathisant actif intégré, selon nos méthodes, à une action en cours"
 

 

 
Communiqué n° 2 (25 mai 2009): ici. Communiqué n° 3 (14 juillet 2010): ici


Communiqué n°1 (distribué le 1er mai 2009 par un groupe de 5, venu de Seine Saint-Denis, dans un cortège d'ouvriers du Livre (SGLCE-CGT) ayant soutenu de façon exemplaire la grève de la faim de la journaliste de Libération Florence Cousin.


- Faire part -

Naissance d'une force


"La crise, la crise, la crise..."
Ensemble, jour après jour, dans de très vastes marches portées par de très vastes luttes, nous démontrons, tranquilles, que “le vent ne peut pas déplacer les montagnes”.


Ils voudraient nous faire peur, nous démoraliser sous des tonnes de prévisions angoissantes nourries par un déluge de chiffres, tout ça pour nous contraindre à accepter...l’inacceptable!... Nous faire baisser la tête, et renoncer à notre bien le plus précieux, notre dignité, en avalant n’importe quoi – jusqu’au licenciement sans motif d’une camarade, employée depuis plus de 20 ans dans un journal nommé, pourtant, Libération, “coupable” d’indépendance d’esprit, d’engagement solidaire, et syndical, “coupable” d’avoir affronté la pire des maladies et de l’avoir vaincue, et décrétée, d’un coup, “incompétente"...


Les 45 jours de grève de la faim qui ont suivi, l’exceptionnelle solidarité démontrée, à cette occasion, après tant d’autres, par les ouvriers du Livre (SGLCE-CGT), et par toute la CGT parisienne, ont permis d’aboutir à un compromis négocié, digne, sauvegardant les intérêts essentiels de “Florence de Libé” - et de toute une profession attaquée à travers elle. - Le tout, avec l’appui d’un Comité de Soutien très large rassemblant, au-delà des limites de la gauche, des citoyens divers unis par un souci commun de justice et de dignité, inspirés par l’humanisme laïc, le christianisme ou l’islam de progrès, ou le gaullisme historique...


Ils ne sont pas passés, ils ne passeront pas! - ;Et sans doute vont-ils y regarder à deux fois, maintenant, avant de poursuivre le “dégraissage” totalitaire envisagé dans l’entreprise, et dans toute la presse - et les attaques contre la liberté syndicale, contre le droit, contre la CGT, qui vont avec.


De cette bataille politique, terminée par un “match nul sur terrain adverse”, qui vaut victoire, il faut maintenant tirer toutes les leçons politiques.


Car, si nous n’avons pas pu, ensemble, aller plus loin, il y a des raisons.

Et ces raisons sont politiques.

Car aucune force politique, en tant que telle, n’a pris ses responsabilités dans cette affaire.

- L’engagement exemplaire de militants syndicaux membres du parti communiste ne valant pas engagement de ce parti, en tant que tel, qui est resté aux abonnés absents – au même titre que le Parti socialiste, et même le NPA “plus anticapitaliste que moi, tu meurs” - sans même parler des partis de droite ou d’extrême-droite, cohérents, eux, avec leurs “valeurs”, et aussi muets que la gauche, mais pas plus...


Quand il s’agit de l’essentiel, pourtant, quand il s’agit de principes, on n’a pas le droit de se dérober...


Or, quels sont les principes mis en jeu dans cette lutte?
Ce sont les mêmes que ceux qui ont été guidé le combat du prolétariat noir de France en lutte “pour les papiers et pour la dignité”, qui nous a lui aussi rassemblés, dans l’unité, autour de la CGT, ou dans le combat des mal logés.


1/ Oser se révolter, oser lutter, s’engager à fond sans réserves quand c’est l’essentiel qui est en jeu: la liberté, la dignité humaine, la vraie solidarité de classe qui rassemble, unit et mobilise, s’élargissant en large solidarité populaire, active et fraternelle.

2/Rassembler largement, isoler ceux qui répriment, qui excluent, qui mentent, qui “dégraissent”, qui manœuvrent, qui diffament, qui divisent, qui renient les principes.

3/Pour unir tout le peuple, donc, combattre la bourgeoisie de droite,
rapace, comme la bourgeoisie de gauche,
hypocrite, mais tout aussi nuisible.

4/Former au sein du peuple, le noyau le plus cohérent, le plus
solide
– l’ âme politique du combat de long terme. - Et pour y parvenir, unir la classe ouvrière centrale, historique, organisée, consciente, syndiquée, et le jeune prolétariat de la précarité, celui des “cités” basanées de nos banlieues vivantes, avenir de la France, qui se bat lui aussi, jour après jour, dans le cadre qui est le sien, et qui n’est hélas plus que rarement celui de l’entreprise, de l’usine mais celui des quartiers délabrés, abandonnés, exclus, bannis et qui refuse l’engrenage mortel de la mal vie, de l’isolement, de la drogue et de la violence - comme ces mères de famille de toute origine, de toute croyance, et de toute couleur, unies autour de leurs gosses “à capuche” au cours de la flambée des banlieues de 2005, et animatrices, depuis, d’une nouvelle vie associative, extraordinaire, en lien avec les personnels des collèges et les parents d’élèves...


En ce 1er mai 2009, donc, jour de très vastes rassemblements populaires de résistance à la politique de “crise", émerge une nouvelle force politique.

Cette force - ces forces... - trouvent leurs racines dans la grande histoire du mouvement prolétarien, dans l’immortelle insurrection des esclaves de Rome (Spartacus), dans les insurrections paysannes des “Jacques”, les “communes” du Moyen-Âge, et les compagnonnages, puis la Commune de Paris, en1871, en passant par la ”Conspiration des Egaux” de Babeuf, en 1793, la Révolution d’octobre, la vague des luttes de libération anti-coloniales, anti-impérialistes, la grande Révolution Chinoise, l’insurrection contre l’apartheid ouvrant sur une nouvelle société rassemblée, réconciliée, dans l’Afrique du sud de Nelson Mandela, et l’insolente intifada des pierres des jeunes Gavroche palestiniens...


La réalité du monde moderne, la réalité du progrès, des luttes, et des consciences, la réalité politique, c’est tout cela, toute cette mémoire accumulée porteuse d’un avenir meilleur – contre les noirs croassements des corbeaux de la “crise” , du pessimisme, du défaitisme, de l’angoisse et de la déprime


Notre intention n’est pas d’ajouter un nouveau sigle sur les panneaux déjà embouteillés des joutes électorales: car c’est la priorité donnée aux enjeux électoraux sur les principes, et sur l’action, qui constitue le vice de la politique, en France. Comme si la politique c’était essentiellement le vote, et non l’engagement concret dans les luttes populaires - où l’action syndicale, bien nécessaire, ne suffit pas.


Nous n’entendons nullement entrer en concurrence avec les partis existants, où nombre de militants et de responsables honnêtes font ce qu’ils ont à faire.


Nous voulons construire autre chose. Une forme politique radicalement nouvelle, organisée en réseaux d’échanges réciproques, et d’amitié, de la façon la plus vivante et la plus souple, permettant à chacun de trouver participation, dialogue et écoute, sur base égalitaire, sans hiérarchie bureaucratique et structures inutiles.


De ce type d’organisation inédite correspondant à un besoin vital, nous n’avons certes pas la recette, toute faite.


Et c’est bien comme ça!


Car c’est avec vous tous, amis de la grande CGT, du Syndicat du Livre (SGLCE-CGT), de la CGT 75 ou du 93, amis des familles de la banlieue, de la jeunesse des collèges et des lycées, amis de la ”Génération Palestine” soulevée contre toutes les formes de colonialisme et de racisme que nous avons décidé, maintenant, d’entreprendre la création d’une entité politique fidèle, dans ses objectifs, aux principes éprouvés par le temps, mais résolue à innover de façon radicale dans ses méthodes et ses moyens.


C’est sur ce chemin que, confiants dans le progrès humain, nous nous engagerons, ensemble, dans la transition vers une société nouvelle, aux contours eux-mêmes à préciser, puisque ses plans ne sont pré-dessinés dans aucun livre… Pour en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme, et de la femme par l’homme, la domination du capital sur le travail, le pillage des ressources humaines et naturelles, la pollution de toute la vie sur terre comme sur mer et toutes les formes, sans exception, d’impérialisme, de colonialisme, de racisme...


Nous nous adressons donc, ce 1er mai 2009, à tous ceux qui se sont rassemblés dans les mêmes cycles de lutte, ne formant qu’un seul esprit, une seule force, un seul corps, où de nos différences nous tirions le meilleur, pour qu’ils nous aident à réfléchir à une nouvelle façon d’imaginer l’action politique, dans un cadre renouvelé, à inventer, ENSEMBLE.


Les Forces Populaires

Pour une mise en perspective du communiqué ci-joint (à g.): lire ci-dessous...

 

Alors que jamais, dans l'histoire de l'humanité, l'essor des forces productives (des forces de création matérielles, culturelles et spirituelles...) n'a été aussi rapide, aussi fulgurant, bousculant toutes les positions acquises, toutes les dominations anciennes, et faisant craquer progressivement les rapports de production capitalistes, dépassés, caducs - et cela sous la poussée des "forces émergentes", issues des anciens Etats colonisés ou néo-colonisés de l'ex-Tiers Monde, (autour de la République Populaire de Chine et du Parti Communiste Chinois (PCC), les puissances de jadis, dépassées, n'ont qu'un mot à la bouche: la "crise". Or, "la crise, c'est eux, les solutions, c'est nous!"

Tout part, toujours, de la pratique: du bilan de l'expérience.

- Une lutte emblématique a rassemblé, autour des ouvriers de la presse et du livre, du SGLCE-CGT, de l'UD-CGT75 et du Comité de Soutien tous ceux qui refusaient le licenciement abject de Florence Cousin, engagée dans une grève de la faim de 45 jours, presque entièrement censurée par le système médiatique, et les partis...- Lutte exemplaire, entrant en résonance avec la grève des ouvriers sans-papiers, majoritairement africains, luttant pour leurs droits, leur survie, leur dignité...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand les principes essentiels sont en jeu,les conditions d'une refondation politique se réunissent...

 

 

 

 

 

 

 

Pour unir le peuple: unir la classe ouvrière centrale, consciente, syndiquée, noyau du salariat, et le prolétariat de la précarité, celui qu'on exclut du travail, mais qui revient au combat politique dans la lutte contre la malvie, l'échec scolaire, la pauvreté, le désespoir et la violence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La réalité du monde où nous vivons, ce n'est pas la décrépitude, l'échec, la démobilisation, la décomposition, la division..

A l'égard des partis de la politique électorale, pas de polémiques inutiles, pas de leçons à donner...Nos méthodes ne sont pas les mêmes, nos objectifs ne sont pas les mêmes...

 

 

 

 

Pour dégager les voies d'une alternatiuve, d'une société nouvelle, inventer des formes d'organisation nouvelles, réenchanter la politique...

 

Dans un combat qui vient de loin, nos luttes marquent des points..

 
 

 

 

 

 

 

 

 

- 12 mai 2009 -

Communiqué n 2


SOUTIEN AUX MAL LOGES EN LUTTE D'AUBERVILLIERS (93)

Fort de premiers succès, le Mouvement des Mal Logés (MML) d'Aubervilliers (93), créé il y a un an, et regroupant des familles mal logées et/ou expulsées décidées à prendre en main leur destin elles-mêmes, par l'action populaire directe, repasse à l'action en ce mois de mai.

Après le relogement de la famille Cisse, acquis de haute lutte, celui de la famille Benlaïd, et l'évolution favorable du dossier de "Marie-Colère, la panthère noire d'Aubervilliers", (cette mère de famille nombreuse, française de famille malienne, chef d'équipe dans une société de nettoyage, réduite à squatter un appartement dans la célèbre cité des Francs Moisins après son expulsion d'un appartement insalubre d'Aubervilliers, en l'absence de tout relogement décent, malgré mille demandes), c'est aujourd'hui pour Shakiba, jeune réfugiée afghane, mère de cinq enfants,vivant dans un taudis, douche et WC à la turque dans le même réduit, indigne, Nezzah, expulsée d'un appartement insalubre qui change de propriétaire, et Saadia, vivant avec ses petits enfants dans la cave humide d'un ancien café désaffecté, sans eau chaude et sans douche, envahi par les rats, que se développe l'action.

Les Forces Populaires d'Aubervilliers,qui soutiennent le Mouvement des Mal Logés, vous appellent toutes et tous à entrer en action avec elles, cette semaine.
Pour en savoir plus, nous contacter d'urgence.


Les Forces Populaires d'Aubervilliers (93)
force.P@hotmail.fr

 

Forces Populaires, 13 juillet 2010: communiqué n 3

 

De: force.p@hotmail.frA: raoni@yahoo.fr
Sujet: La victoire de NAZHADate: 13 Juillet 2010 22:15:28 +0200

SALUT ET REMERCIEMENTS

A NAZHA BOUMEHRAZ

APRES SA BELLE VICTOIRE,

QUI EST AUSSI LA NÔTRE,

ET CELLE D’UN 14 JUILLET

AUTHENTIQUEMENT

REPUBLICAIN ET POPULAIRE,

REVIVIFIANT, DE LA MANIERE

LA PLUS CONCRETE ET LA

PLUS POSITIVE, NOTRE

BELLE DEVISE PARFOIS

AFFADIE PAR LE TEMPS :

« LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE !


Les Forces Populaires de Seine Saint-Denis (FP93) adressent leur salut fraternel à Nazha Boumehraz, mère de famille exemplaire élevant seule, par son modeste travail de femme de ménage, depuis le décès de son mari, sa fille Fatiha, collègienne à ROSA LUXEMBURG, dans un taudis insalubre reconnu de longue date par les services de l’hygiène comme impropre à toute habitation.

Nazha vient d’obtenir de haute lutte son relogement dans un HLM F3 de la localité. Elle s'y est installée aujourd'hui même, bail signé, avec les clefs, pour y poursuivre, dans de meilleurs conditions matérielles et morales, le combat contre la très grave maladie qui n’avait pas suffi, malgré une opération délicate nécessitant un long suivi par radiothérapie et chimiothérapie, à persuader l’Office HLM de la Ville, et la municipalité, pourtant de gauche (socialiste), à la faire figurer sur la liste des cas urgents prioritaires pour un relogement social d’urgence. - Et cela malgré des certificats médicaux du chirurgien mettant en garde sur les dangers courus par son maintien dans le taudis, en période de traitement.

Cette victoire, réjouissante, et de haute portée symbolique et politique, même si elle reste ponctuelle, n’est pas tombée du ciel.

Elle n’aurait pas été possible si, à la combativité exceptionnelle de Nazha et de ses proches n’était pas venu s’ajouter, en renfort, la formidable mobilisation, dans la durée, des femmes en colère du Mouvement des Mal Logées d’Aubervilliers (MML), fondé et présidé par Marie-Clémence Sawadogo-Sidibe, « Marie-Colère », « la Panthère Noire d’Aubervilliers », qui parvient à nourrir et à élever, seule, et de façon magnifique, ses huit enfants dans le grand F5 de la difficile cité des Francs Moisins qu’elle a dû se résoudre à occuper « sans titre » (squatt) mais en payant, rubis sur l’ongle, une indemnité d’occupation, grâce à son travail de chef d’équipe dans une société de nettoyage, doublé de deux autres emplois en supplément dans deux autres sociétés.

Elle n’aurait pas été possible sans les audacieuses « opérations coup de poing », « actions de partisans » ou plutôt, comme disent aujourd’hui les mères en colère, « opérations Schtroumpf », menées à la surprise, depuis plusieurs années, à l’intérieur même de la mairie et aux alentours.

Elle n’aurait pas été possible
sans le soutien, jamais démenti une seconde, de l’association de type nouveau ON EST TOUS RESPONSABLES (OETR) regroupant des familles en grande précarité autour du collège ROSA LUXEMBURG et de son inoxydable médiatrice socio-culturelle adulte-relais Dami Rimech, présidente d’OETR (dont « Marie-Colère » et d’autres mères mal logées du MML sont vice-présidentes, et Nazha trésorière, comme elle l’est aussi du MML).

Elle n’aurait pas été possible
sans un patient travail de masse « à l’ancienne », sur le marché, et de voisin à voisin, y compris auprès des nombreux habitants de sensibilité communiste ou socialiste stupéfaits de la longue passivité de leurs partis dans cette affaire, comme du silence de la presse, y compris Le Parisien, Libération et l’Huma, pourtant quotidiennement sollicités, informés, pièces et dossiers à l’appui, et relancés sans trêve.


Elle n’aurait pas été possible, si les discrets et patients combattants du petit noyau fondateur des Forces Populaires, présents dans ces diverses associations, que souvent, ils animent, mais présents aussi dans la proximité immédiate, ou même à l’intérieur, des deux principaux partis de gauche, n’avaient pas combiné une stratégie d’action directe populaire (fondée sur l’action la plus énergique et la plus insolente des prolétaires surexploités et trop souvent humiliés et méprisés d’Aubervilliers, et de leurs jeunes enfants , préadolescents et adolescents, garçons et filles, eux-mêmes mobilisés de façon dynamique, construite, intelligente et responsable) avec une diplomatie patiente et constructive, rejetant tout avant-gardisme orgueilleux et surtout tout sectarisme.

- C’est la combinaison, réfléchie et bien dosée, de ces deux méthodes, l’action directe, et la négociation diplomatique, qui a ouvert la possibilité aux deux "tendances" dont les déchirements paralysent et ruinent le Parti communiste d’Aubervilliers (après lui avoir fait perdre la mairie), de se rallier à ce combat (au vingt-quatrième jour de lutte) avec de clairs communiqués de soutien, restés malheureusement aux stade déclaratif, mais qui ont pesé, à la marge au moins.

Elle n’aurait pas été possible, enfin, si cette politique d’ouverture large et constructive (nullement contradictoire avec l’action directe et des phase d’inévitable polémique...) ne s’était pas hardiment étendue à la sensibilité progressiste réellement présente au sein même du Parti Socialiste, et de la municipalité, dont la première adjointe, Evelyne Yonnet, chargée de l’urbanisme, et non du logement, mais n’écoutant que son bon cœur et son bon sens, et par ailleurs, femme du maire Jacques Salvator, n’avait pas mis tout son poids dans la balance au moment décisif : quand, Nazha,s’étant enfin vu proposer un tout petit studio, et l’ayant visité et, faute de mieux, accepté, est devenue la cible d’une campagne de calomnies ignobles s’étendant de certains couloirs bien précis et bien identifiés de la mairie aux cafés du marché, et l’accusant d’avoir, par des exigences excessives, « refusé trois propositions » - ce qui était entièrement faux, les preuves, facilement disponibles, ayant aussitôt été communiquées à Evelyne Yonnet, qui a alors tapé du poing sur la table et imposé la solution. - Comme elle l’avait fait, avec la même détermination, et le même cœur, il y a un an, quand, en plein milieu de l’été, « Marie-Colère », qui avait fini par se faire proposer un relogement acceptable dans la commune même au moment où elle se trouvait hospitalisée pour la naissance (par césarienne) de son huitième enfant, et qui s’était aussitôt engagée par fax, sur le conseil et avec l’aide pratique des Forces Populaires et d’OETR, à venir le visiter dès la sortie de l’hôpital, ce qu’elle a fait, acceptant aussitôt ce HLM, par fax, de nouveau, mais se le faisant finalement refuser parce que « c’était trop tard », s’était vue, une nouvelle fois, menacer d’expulsion…

L’ensemble de ces événements, et leur heureuse conclusion, confirment les enjeux de la bataille maintenant bien engagée, pour une plus grande transparence dans le logement social et contre l’attribution des HLM « au piston ».

Les possibilités de succès ponctuels, qui, s’accumulant l’un après l’autre, à l’arraché, indiquent une vraie tendance.

Ils confirment aussi la pleine et entière validité de la stratégie expérimentée, encore à petite échelle, par les Forces Populaires :


priorité à la mobilisation des familles et de la jeunesse combative des couches les plus précarisées, les plus prolétariennes, de la classe ouvrière.


priorité à l’action effective sur le bla-bla-bla propagandiste tournant à vide, sur la politique de papier et l’électoralisme.


souplesse dans les alliances et les convergences pratiques avec les forces traditionnelles du mouvement ouvrier et populaire.


patient travail de persuasion pour élargir la dynamique de groupe ainsi amorcée et intégrer progressivement les nombreux militants plus ou moins issus de l’extrême-gauche actuelle ou ancienne dans un processus de construction de forme radicalement nouvelle, avec liaisons souples en réseau au lieu de structures lourdes, bureaucratiques; pratique de discussions politiques vivantes et concrètes en externe comme en interne, permettant la formation progressive de cadres de l’action politique en milieu populaire, autonomes par rapport aux actuels partis et syndicats, ou agissant de façon coordonnée et cohérente, à l’intérieur.

C’est cette même stratégie, ce sont ces mêmes méthodes, qui, dans le grandiose mouvement du prolétariat d’Afrique noire en France et des jeunes Chinois « pour les papiers et pour dignité », ont permis la victoire d’une toute autre échelle à ce jour très largement dessinée – tissant et retissant l’unité du peuple multicolore de notre République Citoyenne du XXIème siècle tout en ouvrant, sur cette base, des perspectives de Front Uni anticapitaliste allant bien au-delà d’une nécessaire victoire électorale contre les serviles domestiques politiques de la milliardaire Bettancourt, et cie.

Tout cela nous mène bien au-delà aussi d’un « Front de Gauche » toujours trop éloigné des luttes les plus prolétariennes, et appelé, donc, à se trouver très largement dépassé par le vaste Front Progressiste et Citoyen que la victoire de Nazha, le combat de ses sœurs de lutte mal logées bien loin de s’arrêter, l’action d’OETR comme celle des Forces Populaires actuellement en expansion dans toute la Seine Saint-Denis, contribuent, à des niveaux et selon des modalités différentes, à faire entrer dans le paysage.


13 juillet 2010 Les Forces Populaires (93)