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Naissance
d'une force

"La crise, la crise, la crise..."
Ensemble, jour après jour, dans de très vastes
marches portées par de très vastes luttes,
nous démontrons, tranquilles, que “le
vent ne peut pas déplacer les montagnes”.
Ils voudraient nous faire peur, nous démoraliser
sous des tonnes de prévisions angoissantes nourries
par un déluge de chiffres, tout ça pour nous
contraindre à accepter...l’inacceptable!...
Nous faire baisser la tête, et renoncer à
notre bien le plus précieux, notre dignité,
en avalant n’importe quoi – jusqu’au licenciement
sans motif d’une camarade, employée depuis
plus de 20 ans dans un journal nommé, pourtant, Libération,
“coupable” d’indépendance
d’esprit, d’engagement solidaire, et syndical,
“coupable” d’avoir affronté
la pire des maladies et de l’avoir vaincue, et décrétée,
d’un coup, “incompétente"...
Les 45 jours de grève de la faim qui ont
suivi, l’exceptionnelle solidarité démontrée,
à cette occasion, après tant d’autres,
par les ouvriers du Livre (SGLCE-CGT), et par toute la CGT
parisienne, ont permis d’aboutir
à un compromis négocié, digne, sauvegardant
les intérêts essentiels de “Florence
de Libé” - et
de toute une profession attaquée à
travers elle. - Le tout, avec l’appui d’un
Comité de Soutien très large rassemblant,
au-delà des limites de la gauche, des citoyens
divers unis par un souci commun de justice et de dignité,
inspirés par l’humanisme laïc, le christianisme
ou l’islam de progrès, ou le gaullisme historique...
Ils ne sont pas passés, ils ne passeront
pas! - ;Et sans doute vont-ils y regarder à
deux fois, maintenant, avant de poursuivre le “dégraissage”
totalitaire envisagé dans l’entreprise, et
dans toute la presse - et les attaques contre la
liberté syndicale, contre le droit, contre la CGT,
qui vont avec.
De cette bataille politique, terminée
par un “match nul sur terrain adverse”,
qui vaut victoire, il faut maintenant tirer toutes
les leçons politiques.
Car, si nous n’avons pas pu, ensemble, aller plus
loin, il y a des raisons.
Et ces raisons sont politiques.
Car aucune force politique, en tant que telle,
n’a pris ses responsabilités dans cette
affaire.
- L’engagement exemplaire de militants
syndicaux membres du parti communiste ne valant
pas engagement de ce parti, en tant que tel,
qui est resté aux abonnés absents –
au même titre que le Parti socialiste, et
même le NPA “plus anticapitaliste
que moi, tu meurs” - sans même parler des
partis de droite ou d’extrême-droite, cohérents,
eux, avec leurs “valeurs”, et
aussi muets que la gauche, mais pas plus...
Quand il s’agit de l’essentiel,
pourtant, quand il s’agit de principes, on n’a
pas le droit de se dérober...
Or, quels sont les
principes mis en jeu dans cette lutte?
Ce sont les mêmes que ceux qui ont été
guidé le combat du prolétariat noir de France
en lutte “pour les papiers et pour la dignité”,
qui nous a lui aussi rassemblés, dans l’unité,
autour de la CGT, ou dans le combat des mal logés.
1/ Oser se révolter, oser lutter,
s’engager à fond sans réserves quand
c’est l’essentiel qui est en jeu: la liberté,
la dignité humaine, la vraie solidarité de
classe qui rassemble, unit et mobilise, s’élargissant
en large solidarité populaire, active et fraternelle.
2/Rassembler largement, isoler ceux qui
répriment, qui excluent, qui mentent, qui “dégraissent”,
qui manœuvrent, qui diffament, qui divisent, qui renient
les principes.
3/Pour unir tout le peuple, donc, combattre la
bourgeoisie de droite,
rapace, comme la bourgeoisie de gauche, hypocrite,
mais tout aussi nuisible.
4/Former au sein du peuple, le noyau le plus cohérent,
le plus
solide – l’ âme politique du
combat de long terme. - Et pour y parvenir, unir
la classe ouvrière centrale, historique, organisée,
consciente, syndiquée, et le jeune prolétariat
de la précarité, celui des “cités”
basanées de nos banlieues vivantes, avenir de la
France, qui se bat lui aussi, jour après jour, dans
le cadre qui est le sien, et qui n’est hélas
plus que rarement celui de l’entreprise, de l’usine
mais celui des quartiers délabrés, abandonnés,
exclus, bannis et qui refuse l’engrenage mortel de
la mal vie, de l’isolement, de la drogue et de la
violence - comme ces mères de famille de toute origine,
de toute croyance, et de toute couleur, unies autour de
leurs gosses “à capuche” au
cours de la flambée des banlieues de 2005, et animatrices,
depuis, d’une nouvelle vie associative, extraordinaire,
en lien avec les personnels des collèges et les parents
d’élèves...
En ce 1er mai 2009, donc, jour de
très vastes rassemblements populaires de résistance
à la politique de “crise", émerge
une nouvelle force politique.
Cette force - ces forces...
- trouvent leurs racines
dans la grande histoire du mouvement prolétarien,
dans l’immortelle insurrection des esclaves de Rome
(Spartacus), dans les insurrections paysannes des “Jacques”,
les “communes” du Moyen-Âge,
et les compagnonnages, puis la Commune de Paris, en1871,
en passant par la ”Conspiration des Egaux”
de Babeuf, en 1793, la Révolution d’octobre,
la vague des luttes de libération anti-coloniales,
anti-impérialistes, la grande Révolution Chinoise,
l’insurrection contre l’apartheid ouvrant sur
une nouvelle société rassemblée, réconciliée,
dans l’Afrique du sud de Nelson Mandela, et l’insolente
intifada des pierres des jeunes Gavroche palestiniens...
La réalité du monde moderne, la réalité
du progrès, des luttes, et des consciences, la réalité
politique, c’est tout cela, toute cette mémoire
accumulée porteuse d’un avenir meilleur –
contre les noirs croassements des corbeaux de la “crise”
, du pessimisme, du défaitisme, de l’angoisse
et de la déprime
Notre intention n’est pas d’ajouter
un nouveau sigle sur les panneaux déjà embouteillés
des joutes électorales: car c’est
la priorité donnée aux enjeux électoraux
sur les principes, et sur l’action, qui constitue
le vice de la politique, en France. Comme si la politique
c’était essentiellement le vote, et non l’engagement
concret dans les luttes populaires - où l’action
syndicale, bien nécessaire, ne suffit pas.
Nous n’entendons nullement entrer en concurrence
avec les partis existants, où nombre de
militants et de responsables honnêtes font ce qu’ils
ont à faire.
Nous voulons construire autre chose. Une
forme politique radicalement nouvelle,
organisée en réseaux d’échanges
réciproques, et d’amitié, de la façon
la plus vivante et la plus souple, permettant à chacun
de trouver participation, dialogue et écoute, sur
base égalitaire, sans hiérarchie bureaucratique
et structures inutiles.
De ce type d’organisation inédite correspondant
à un besoin vital, nous n’avons certes pas
la recette, toute faite.
Et c’est bien comme ça!
Car c’est avec vous tous, amis de la grande CGT, du
Syndicat du Livre (SGLCE-CGT), de la CGT 75 ou du 93, amis
des familles de la banlieue, de la jeunesse des collèges
et des lycées, amis de la ”Génération
Palestine” soulevée contre toutes
les formes de colonialisme et de racisme que nous avons
décidé, maintenant, d’entreprendre la
création d’une entité politique fidèle,
dans ses objectifs, aux principes éprouvés
par le temps, mais résolue à innover de
façon radicale dans ses méthodes et ses moyens.
C’est sur ce chemin que, confiants dans le progrès
humain, nous nous engagerons, ensemble, dans la transition
vers une société nouvelle, aux contours eux-mêmes
à préciser, puisque ses plans ne sont pré-dessinés
dans aucun livre… Pour en finir avec l’exploitation
de l’homme par l’homme, et de la femme par l’homme,
la domination du capital sur le travail, le pillage des
ressources humaines et naturelles, la pollution de toute
la vie sur terre comme sur mer et toutes les formes, sans
exception, d’impérialisme, de colonialisme,
de racisme...
Nous nous adressons donc, ce 1er mai 2009,
à tous ceux qui se sont rassemblés dans les
mêmes cycles de lutte, ne formant qu’un
seul esprit, une seule force, un seul corps, où
de nos différences nous tirions le meilleur, pour
qu’ils nous aident à réfléchir
à une nouvelle façon d’imaginer l’action
politique, dans un cadre renouvelé, à inventer,
ENSEMBLE.
Les Forces Populaires
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Pour
une mise en perspective du communiqué ci-joint
(à g.): lire ci-dessous...
Alors
que jamais,
dans l'histoire de l'humanité, l'essor des
forces productives (des forces
de création matérielles, culturelles
et spirituelles...) n'a été aussi
rapide, aussi fulgurant, bousculant toutes
les positions acquises, toutes les dominations anciennes,
et faisant craquer progressivement
les rapports de production capitalistes, dépassés,
caducs - et cela sous la poussée des
"forces émergentes",
issues des
anciens Etats colonisés ou néo-colonisés
de l'ex-Tiers Monde,
(autour de la République
Populaire de Chine et du Parti Communiste Chinois
(PCC), les puissances de jadis, dépassées,
n'ont qu'un mot à la bouche: la "crise".
Or, "la crise, c'est eux,
les solutions, c'est nous!"
Tout
part, toujours, de la pratique: du bilan de l'expérience.
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Une lutte emblématique a rassemblé,
autour des ouvriers de la presse et du livre, du SGLCE-CGT,
de l'UD-CGT75 et du Comité
de Soutien tous ceux qui refusaient le licenciement
abject de Florence Cousin, engagée dans une
grève de la faim de 45 jours, presque entièrement
censurée par le système médiatique,
et les partis...- Lutte exemplaire, entrant
en résonance avec la grève des ouvriers
sans-papiers, majoritairement africains, luttant pour
leurs droits, leur survie, leur dignité...
Quand
les principes essentiels sont en jeu,les conditions
d'une refondation politique se réunissent...
Pour
unir le peuple: unir la classe ouvrière
centrale, consciente, syndiquée, noyau du salariat,
et le prolétariat de la précarité,
celui qu'on exclut du travail, mais qui revient
au combat politique dans la lutte contre
la malvie, l'échec scolaire, la pauvreté,
le désespoir et la violence.
La
réalité du monde où nous vivons,
ce n'est pas la décrépitude, l'échec,
la démobilisation, la décomposition,
la division..
A
l'égard des partis de la politique électorale,
pas de polémiques inutiles, pas de leçons
à donner...Nos méthodes ne sont pas
les mêmes, nos objectifs ne sont pas les mêmes...
Pour
dégager les voies d'une alternatiuve, d'une
société nouvelle, inventer des formes
d'organisation nouvelles, réenchanter la politique...
Dans
un combat qui vient de loin, nos luttes marquent des
points..
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