La France moisie, raciste, politicarde, c'est lui!

La France vivante, celle des banlieues vivantes où bout toute une jeunesse rebelle, c'est NOUS!

1. Notre FRANCE à nous, celle qui fonde l'identité dont nous sommes FIERS, c'est celle qui, ouverte sur le grand large d'un MONDE où EXPLOSENT LES REGLES DE LA "MONDIALISATION" d'un CAPITALISME (IMPERIALISTE) A L'AGONIE, salue (comme elle a salué l'avènement de BARACK HUSSEIN OBAMA) le BEAU DEFI lancé, au nom de tout un continent "LATIN" en pleine EFFERVESCENCE, par le jeune Président élu d'un des PAYS LES PLUS PAUVRES DU MONDE, l'EQUATEUR, Rafaël CORREA (ci-contre) aux trusts pharmaceutiques - avec lesquels, chez nous, une ministresse de SARKOZY, jadis gaulliste, et même amie du peuple martyr d'IRAQ, signe, sous prétexte de grippe plus ou moins PORCINE, de bien obscurs CONTRATS

2.L' "identité française" que, pour notre part, hautement, nous REVENDIQUONS, c'est celle de ces MERES et de ces JEUNES FILLES d'AUBERVILLIERS, en Seine Saint-Denis (93) ( à quelques kilomètres à peine de la BASILIQUE DES ROIS DE FRANCE devenu citadelle d'un trafic de "crack" couvert par ce qui tient lieu d'Etat comme du "GRAND STADE" - moderne et païenne cathédrale des temps modernes... ) en lutte "à la française" pour les DROITS D'ETRE HUMAIN qu'une ABJECTE BUREAUCRATIE leur NIE...- Qu'il s'agisse d'IMPOSER LE RESPECT (réciproque...) dans le cadre du COLLEGE, ou de ce combat pour la DIGNITE LA PLUS ELEMENTAIRE qu'est celui des MAL LOGEES (ci-dessous: "Marie-Colère", fille de ce grand empire africain du MALI, qui, selon l'IGNARE, n'a pas d' "Histoire", mère de famille française née en 1968 en Maine-et Loire, au pays de la "douceur angevine" chantée par Du Bellay, Présidente fondatrice du Mouvement des Mal Logés (MML), en lutte, exemplaire, contre la loi des expulsions, des taudis et des "squatts" contraints et forcés... (suite col de g.)

3....Et notre FRANCE à nous, c'est nous qui en forgeons et reforgeons sans cesse, sur fond d'Histoire diverse, fondue de diverses histoires, l'identité châtoyante, ductile et complexe.... De cette FRANCE, oui, ous sommes fiers, oui, FIERS!!! Sans qu'un socialiste repenti, ou un renégat du gaullisme , en campagne, ait à nous en donner L'ORDRE...

C'est la FRANCE du BAPTÊME de CLOVIS, à REIMS, unissant, en CHRETIEN "catholique" (universaliste) ses anciennes ethnies dans un TOUT qui les DEPASSE, la FRANCE DES CATHEDRALES plus que celle des CROISADES, celle de LA BERGERE DE DOMREMY, combattante de LIBERATION boutant L'ENVAHISSEUR "ANGLOIS" hors du ROYAUME (et qui n'est pas PROPRIETE du BORGNE) celle, bref, de VALMY et de LOUISE MICHEL, celle qui sauva DREYFUS de L'ÎLE DU DIABLE devenue celle des "JUSTES", d'ESTIENNE D'ORVES, du COLONEL FABIEN comme du COLONEL PASSY, de MANOUCHIAN, d'EPSTEIN et de JEAN MOULIN, celle des ACCORDS D'EVIAN et des ACCORDS DE PARIS (Vietnam), du DISCOURS DE PHNOM PENH et du DISCOURS DE VILLEPIN à L'ONU, cette FRANCE que nous AIMONS, que LES FILS DE NEUILLY ET DE PETAIN, BOUFFIS DE HAINE, voudrait nous nous PRENDRE, nous VOLER, c'est la FRANCE des ROBINS DES BOIS CGT d'EDF comme

CEDRIC LIECHTI

ci-dessous), combattant

du "service public à la française",

entré en RESISTANCE

et prenant le chemin

d'un nouveau MAQUIS

niché en JUNGLE URBAINE

"Le patronat a volé EDF-GDF qui appartenait depuis 60 ans à la nation et à son peuple, aujourd'hui nous avons rejoint le maquis pour renationaliser nos entreprises"

- Cedric Liechti (photo ci-dessus) secrétaire général de la CGT-Mines-Energie parisienne, poursuivi en commission de discipline pour "entrave au travail, occupation illicite de locaux, menaces à l'encontre de cadres de l'entreprise" - menacé de licenciement, et cible privilégiéee de la "chasse aux grévistes" lancée par EDF-GDF-Suez contre 240 syndicalistes dont 38 en Île de France,à la suite de la longue "grève active" du printemps 2009 pour la défense de l'emploi et du service public -et la rétrocession aux travailleurs sous forme d'augmentation de salaires d'une partie au moins des 2,4 milliards d'euros distribués aux actionnaires d'EDF et des 5 milliards captés par ceux de GDF-Suez.

Conflit de trois mois au cours duquel les simples agents comme les techniciens hautement qualifiés de ce secteur de pointe animé par la culture du service public avaient eu l'intelligence, et l'audace, de tendre la main aux familles appauvries des cités de la grande précarité: en passant d'office, dans la plus insolente illégalité, les HLM les plus pauvres en "tarif de nuit", réduit - tout en multipliant les coupures de courant "ciblées", visant, elles, des utilisateurs économiques, admnistrations ou entreprises, mais épargnant les particuliers.

Une forme de "grève de gratuité" particulièrement exemplaire, dans la plus pure tradition des opérations "guichets ouverts" et "métro gratuit" initiées par les ouvriers de Renault-Billancourt, autour de Pierre Overney, Sadok Ben Mabrouk, Jean-Marc Grimaud, Jean-Claude Renault, Christian Riss et Didier Cornavin au début des années 1970.

C 'est pour réduire les foyers de rébellion rayonnant, par ces méthodes inventives d'"action directe populaire", des grandes usines d'alors aux cités populaires, que l'oligarchie d'"affaires" parvenue au pouvoir sur les décombres fumants de mai 68, dans un contexte marqué par le double affaissement du gaullisme et du communisme au profit de la social-démocratie corrompue (Mitterrand-Fabius-DSK- Cohn-Bendit etc)et de l'aile la plus américanisée, la plus impérialiste, de la grande bourgeoisie (de Giscardie en Sarkozie...), allait développer une stratégie à très long terme d'érosion, d'éclatement et de précarisation de la classe ouvrière de la grande industrie - et du monde du travail tout entier, à commencer par les anciens "bastions" des services publics.

"Militants, pas voyous", comme ils l'inscrivent fiètrement sur leurs T-Shirt de combat, les "Robins des Bois" CGT-istes de la trempe de Cedric Liechti ou de Liot, à Toulouse, loin de se replier sur un corporatisme défensif de vieillissantes citadelles syndicales, encerclées, menacées, font de la grande et belle politique, dans le sens le plus pur du terme: quand ils vont aussi, et au passage, cagoule quelquefois, c'est vrai, sur le visage, rétablir le courant coupé pour cause d'impayé chez les familles surendettées du prolétariat dispersé de la grande précarité.

C'est à une même opération de reconstruction de l'unité du peuple, de l'unité sociale, de l'unité de classe, de retissage des liens sociétaux déchirés, de renaissance d'un acteur social cohérent de l'unité populaire, que s'affairent, au même moment, ces militants "gaulois" de la classe ouvrière "blanche" (prétendûment corporatiste, américanisée, achetée et "intégrée"...) inlassablement au côté des fiers grévistes du prolétariat d'Afrique Noire en France (et maintenant, d'Asie aussi...), en rébellion ouverte et prolongée "pour les papiers et pour la dignité".

Retournant ainsi contre les cyniques négriers qui l'ont conçue l'ancienne et honteuse stratégie d' "immigration choisie" visant à diviser, pour l'affaiblir, la vieille classe ouvrière de souche européenne jadis syndicalisée, protégée et garantie - en la mettant en concurrence avec un jeune prolétariat affamé acheté ou loué à bas prix dans les anciennes terres coloniales du grand sud, et porteur de cultures de rébellion vivaces elles aussi, mais toutes autres...


Et il n'est pas indifférent qu'on trouve à l'avant-garde de ce nouveau combat, d'une portée stratégique essentielle, des CGT istes intègres et dynamiques issus eux aussi, comme Liechti, d'EDF, comme Patrick Picard (UD-CGT 75), ou de la CGT-RATP, comme Olivier Villeret.

Pas plus que n'est de hasard la présence, à leurs côtés, au premier rang de ce même cycle de luttes réunifiant classe ouvrière "blanche", "gauloise", "traditionnelle", et prolétariat dispersé des cités de la précarité, avec ou sans papiers, des militants forgés, en mai 1968, avant, et surtout après (les "maos" de la g-p...), à l'étude de l'expérience chinoise, à l' "illégalisme prolétarien" et à l'"établissement en usine": comme Raymond Chauveau (UL-CGT de Massy (91), Modeluxe etc.), proche du dynamique "Parti Communiste des Ouvriers de France" (PCOF, issu d'une scission marxiste-léniniste du PC-mlf "pro-chinois" de Jacques Jurquet), au cœur des premières vagues de luttes du prolétariat d'Afrique Noire en France "pour les papiers et pour la dignité" - ou Richard Delumbee, ce fils d'une Maman FTP passé de la direction des "hordes du secteur est"(sauvant l'honneur, cocktail-molotov et barres de fer en main, du côté de La Bastille, en février 1972, en apportant un premier début de riposte à l'assassinat de Pierre Overney,) ...à l'UL-CGT Montreuil (93), base d'appui, trente-six ans plus tard (en 2008-2009),des longues grèves victorieuses des ouvriers noirs sans-papiers du démolisseur GRIALLET ou de la société de nettoyage PLUS NET.

Authentiques refondateurs, "dans le feu de la pratique" - et loin de toute divagation bavarde à la BADIOU...- d'un mouvement communiste prolétarien au cœur de la société française , moderne, du XXIème siècle, la plupart de ces militants se sont aussi retrouvés, et, là non plus, ça n'a rien d'un hasard, au côté des ouvriers du Livre (SGLCE-CGT, eux-mêmes également à la pointe de la solidarité active aux grèves des ouvriers "sans papiers") dans le soutien à la grève de la faim de 45 jours de la journaliste de LIBERATION Florence Cousin.

Et plus d'un, enfin, a le regard tourné vers la vieille cité ouvrière d'Aubervilliers (93), lieu d'une prometteuse expérience d'organisation autonome du prolétariat éclaté de la "diversité", autour de mères de famille noires ou maghrébines, de musulmans de progrès, de rescapés de l'épopée mao, de représentants de la communauté chinoise, de jeunes "black blanc beurs, bleu blanc rouge" des lycées et collèges, et d'un petit "noyau dur" politique, (sans prétention de récupération ou d'annexion de qui que ce soit, et surtout pas de Cédric Liechti, juste connu de nous par la lecture d'un article de L'Humanité, à qui ce texte est dédié en hommage solidaire).

Ce tout petit groupe pionnier de francs-tireurs arbore le beau logo, cœur rouge et poing fermé, des

Forces Populaires (FP)

25 octobre 2009. Minuit. Jean-Paul CRUSE

(suite colonne centrale, à droite,en haut sous la photo de Charles Pasqua)

 

 

4.Et notre FRANCE à nous - dans sa "diversité" - les faux-culs vont hurler, mais c'est la vérité! - c'est, encore, Charles PASQUA, (ci-dessus), résistant en culottes courtes auprès de son maquisard de père (un.gardien de la paix patriote, un "simple flic", consciencieux et courageux) devenu chef d'une nouvelle "armée de l'ombre" au service d'une NOUVELLE RESISTANCE, contre le NOUVEL ORDRE EUROPEEN qu'incarnent les traités de MAASTRICHT, NICE, AMSTERDAM et LISBONNE (filiale aujourd'hui décatie d'un NOUVEL ORDRE MONDIAL enfui dans les bagages de la famille BUSH, Charles Pasqua que moquent aujourd'hui, quand il est dans le grand âge et dans la peine, sous les feux croisés de la justice médiatique et des médias du pouvoir, ceux qui rampaient devant lui, terrorisés, ou quémandeurs, au temps de sa splendeur, comme ils moquent ses "colonels", ses "têtes de réseau" eux aussi aujourd'hui sous foudre judiciaire, Jean-Charles Marchiani, sauveur de Jean-Paul Kaufman et des autres otages français du Liban, ami de confiance du Hezbollah et de l'Iran, et Pierre Falcone dit "l'ami Pierrot" ou encore "l'Abbé Pierre", comme lui vomis et condamnés pour avoir combattu, dans l'ombre, à très hauts risques, et jusqu'au cœur de la savane ou des épaisses forêts angolaises, la pire des "Françafrique", celle des socialistes, du regretté François Léotard, du non moins regretté François-Xavier Verschave et de Saint-Exupéry (l'autre...), celle qui, soutenant le terroriste séparatiste ethniciste Jonas Savimbi, prolongeait, aux prix des pires souffrances pour un peuple exténué, la sanglante guerre civile, soutenue par l'Afrique du sud de l'apartheid, puis Israël, contre les Forces Populaires de Libération de l'Angola (FPLA), dirigées par le MPLA du progressiste Président Dos Santos, grand ami de Cuba - comme de Charles Pasqua, Marchiani et Falcone (dont le garde du corps préféré, un petit "voleur de poules" minable devenu collectionneur de 22LR de haute précision à canon long, conserve dans une cache nichée sous la baignoire basculante d'une de ses caravanes luxueusement équipée de gadgets meurtriers à la James Bond, l'assez coquette Rolex offerte par Dos Santos au jeune chef des baroudeurs en treillis bleu-nuit, enfouraillés de la tête au pied comme un commando (régulier) des "forces spéciales" , assurant la sécurité d'un très dangereux rendez-vous nocturne avec "l'Abbé Pierre", sur un aéroport de fortune propice au trafic d'armes de guerre achetées, dans la plus parfaite légalité, à l'armée de l'air ukrainienne...

"Seigneur de guerre" à la rare élégance, le grand prince métis pro-communiste, présidant, toujours à ce jour, aux destinées de cet incroyable eldorado pétrolier, riche en essences tropicales, précieuses, autant qu'en métaux rares, stratégiques, devenu grâce aux réseaux gaullistes clandestins de Charles Pasqua, de Jean-Charles Marchiani, de "Pierrot" Falcone dit "l'Abbé Pierre" - et de son "baby-sitter" ou "body-guard" (comme ont dit aujourd'hui en sabir "manouche" hélas anglicisé, avait voulu se faire pardonner, par cecadeau de classe, une "faute" sèchement relevée parle mince et sec "gorille" de Falcone, qui (faisant, selon ses mœurs habituelles, son travail à haut risque avec une parfaite rigueur professionnelle), s'était permis, l'insolent, de tancer le puissant Président légal et légitime de l'Angola en guerre sur un retard de 5 minutes, qui aurait pu faire 15 morts...

Suite et fin (partie 5), tout en bas de cette colonne)

Ci-dessus côte à côte, Jean-Charles Marchiani (à g) et Charles Pasqua, à la "belle époque" du (second) RPF,le "Rassemblement Pour la France", ratissant large contre l'"Europe de Maastricht" et la "monnaie unique", la disparition du franc, et de notre indépendance économique,la soumission aux "diktats" des "néo-libéraux"de la Banque Centrale Européenne et la "dissolution de la France" dans le magma "globalisateur" de la "mondialisation"...à la sauce américaine. A cette époque, on pouvait voir des anciens d'Occident comme Pierre Monzani, William Abitbol,ou Alain Robert, ramenés dans le giron du "souverainisme" gaulliste, croiser dans les mêmes eaux, "patriotiques anti-impérialistes",que d'improbables rescapés du Service de Renseignement de la Nouvelle Résistance Populaire (SR-NRP "mao") en passant par la société "Secrets" du capitaine Barril, Marc et Philippe Cohen ou les trotskistes "pablistes" de la "bande à Morvan".

Nous ne dispososn pas de photo personnelle de Pierre Falcone. Souvent sous la protection de nuées de gardes du corps asiatiques, qui hantent les abords de sn luxueux appartement de l'avenue Montaigne, où l'ascenseur blindé dispose d'un code destiné à le protéger contre d'éventuels sabotages, il vit maintenant entre ses bureaux de Beijing (Pékin) et les prisons françaises, où le retiennent de façon intermittente pour des séjours heureusement brefs la dureté des temps et la médiocrité des "politiques"

 

 

Villepin- Sarko

Duel au sabre et au couteau, à finir en miséricorde...

- Secrets et paramètres (janvier 2010)

En concluant que le Premier ministre du "Merde à George W.Bush", digne héritier d'un superbe officier français portant le beau nom de Cambronne, n'avait commis aucun délit, ce qui ne signifie pas qu'il n'ait rien fait de trouble, dans la troublante affaire "Clearstream", les magistrats du Tribunal de Paris, belle exception confirmant la règle d'une "Justice" ordinaire plus souvent prosternée que simplement couchée, ont, certes, adressé leur propre "mot de Cambronne" à l'agité du bocal qui les voulait laquais...

Ils n'en ont pas pour autant éclairés toutes les zones sombres d'une affaire qui ne reste opaque que pour ceux qui se refusent à en considérer le point focal, la décision délibérée du général Rondot, un des grands Maîtres du Secret de l' "Etat profond", de laisser certains de ses carnets de travail à la portée des enquêteurs, sans même la protection d'un banal codage, façon journalistes.

Le moindre Kaehlin venu sait pourtant désigner pr un longtemps énigmatique "Tonton", celui que Rondot, dans ses notes, désigne clairement comme "le Pdr". Et même un Edwy "théorie du complot" Plenel, code "benet"dans les relevés d'écoutes de l'Elysée, sous "Tonton", serait capable d'uimaginer, pour enregistrer dans d'éventuelles notes un éventuel rendez-vous avec Dominique de Villepin, un code "aide-mémoire" moins transparent que "DDV". "Cygne", par exemple.

Décision délibérée, donc, d'un officier supérieur des services secrets administrativement en retraite, qui entre en résonance, de façon musicale, avec celle prise, de façon tout aussi clairement et manifestement délibérée, par un autre "grand" du renseignement à la française, le sourcilleux " patron" de l'ex-DCRG, Yves Bertrand, ami, comme Rondot, de l'ombreux Marchiani, laissant, comme le général, une partie bien choisie de ses petits "carnets noirs" à la merci de "voleurs de poules", ou de "benets" de l'appareil judiciaire et politico-médiatique - c'est le même.

Décision délibérée qui, au premier abord, peut surprendre, venant d'un vrai spécialiste du "Moyen-Orient compliqué" où son général de père, homme de l'ombre et de l'action secrète, lui aussi, l'avait de longue date préparé à "anticiper", prévoir, laisser advenir, approuver et soutenir la dernière manifestation en date d'une "idée de la France" longue à mourir, et peut-être, espérons-le, mais pas forcément immortelle : l'opposition active et résolue, et pas seulement, Grands Dieux!, rhétorique d'une France résolument gaullienne à l'aveugle fureur guerrière, suicidaire, des oligarques de Washington, de Wall Street et du Pentagone.

Quelle force, donc, a pu pousser - force de pensée, dans le contexte, forcément - un Rondot à dégoupiller une grenade dans la baignoire d'un Villepin?

Ceux qui ne dormaient pas, trop gavés, sur leurs bancs, au cours du long et lamentable procès fait à Jean-Charles Marchiani, avaient pu ou cru déceler, à ce sujet, un de ces "signes faibles" dont la détection, le décryptage, la capture distinguent les artistes du renseignement des artisans, dans la lettre franche et claire, on ne peut plus explicite, adressée, dans sa cellule, et passant, donc, insolemment, sous le regard de la censure, par l'ancien et toujours général à son compagnon des grandes heures devenu, ou resté, l'ami des mauvais jours. Tutoyant chaleureusement "Jean-Charles", "Philippe" adressait un témoignage spectaculaire d'estime et d'amitié à celui que Chirac - et Villepin, alors son sbire - avaient cru pouvoir, sans punition, abandonner aux "chiens", et laisser croupir trop longtemps dans le béton sec d'une cellule.

Les gaullistes des réseaux, qui sont, dans les périodes de basses eaux politiques (et même dans beaucoup d'autres), le cœur battant du gaullisme, chassent, on le sait, "en meute".

Issus d'une Résistance à l'ordre établi d'une époque, rassemblant de trop rares hommes d'Etat, des métallos, des militaires, des pêcheurs de l'Île de Sein, des curés, des bonnes sœurs, des proxénètes et des hommes d'affaires, bref, tout un peuple d'aventuriers devenu pour l'occasion cœur du peuple, et sa sauvegarde, il est rare qu'ils l'oublient et s'agenouillent devant les pouvoirs d'un moment au point de laisser seul, avec lui-même un compagnon de combat dans la peine.

Observons, donc, sans forcer le trait, sans appuyer où ça pourrait faire mal, et sans jouer au jeu pervers de la vérité contre l'action utile et la réserve nécessaire, que les rafales d'oubli de carnets à secrets sur de vulgaires étagères se sont interrompues, alrs qu'il restait des munitions dans le chargeur de la "kalach' ", quand, par l'intervention d'un destin procédural bien inspiré, "Jean-Charles" a pu retrouver l'air frais et tonique de Paris, son discret et distingué camaïeu gris sur gris, et la beauté des montagnes parfumées de son île natale.

Villepin, donc, "accroché", sinon puni, pour péché de présomption. Pour trop d'orgueil à se croire investi d'un gaullisme d'Etat trop oublieux du gaullisme des réseaux, "bande armée" au sens où Marx définissait l'Etat lui-même, l'Etat dans son essence, de ce substantif et de cet adjectif, accolés. Pour avoir cru pouvoir clamer trop vite "l'Etat c'est moi" - je suis le chef de bande, rompez! - quand il n'était encore que l'impétrant, l'héritier présomptif confronté au fameux: "Qui t'a fait Comte?- Et toi, qui 'a fait roi!".

Le destin de "DDV" se joue, donc, maintenant, à l'aune de ce principal paramètre: il ne sera jamais "PdR" sans l'appui, et, dans tous les sens du terme, la "reconnaissance", du gaullisme des réseaux - de cette "armée des ombres" pour la non-dissolution de laquelle allait payer, seul, mais là, en l'acceptant, celui qui allait en rester, jusqu'à son dernier souffle, l'incontesté "colonel", l'industriel du nord fils d'une longue lignée de militaires nommés De Wavre au "service de la France" remontant jusqu'au recours à la "miséricorde" au défaut des cuirasses des cavaliers encaparaçonnés tombés dans les grasses plaines d'Azincourt ( contre "l'anglois", déjà -1215, ça fait un bail). Passy, bref.

D'autres paramètres existent, qui sont, là, du domaine de la pure politique - ou de la politique pure, même si l'autre, celle de l'ombre, n'a rien de sale; c'est même tout le contraire...

En allant jusqu'au bout de la malencontreuse affaire du "CPE", qui allait l'achever, Villepin, sorti vainqueur, état d'urgence aidant, du meurtrier bras de fer "racaille"-banlieues, reconnaissait toute l'impuissance d'un gaullisme d'Etat enfermé dans les tours hautaines de l'Etat à retrouver une base populaire - associée au calcul, là, du plus authentique machiavelisme, visant à donner aux foules urbaines en colère le souffle qui allait porter l'opposition de gauche, et, dans le cas, Ségolène, à un souffle de la victoire.

Limitera-t-il, d'ici, 2012, demain, son ambition à tenter de faire battre, cette fois avec succès, celui qui reste son mortel adversaire - au profit, pourquoi pas?, rien n'est fait, de la même Jeanne d'Arc poitevino-charentaise?

Ou peut-il concevoir une nouvelle donne globale, dans une espace géopolitique mondial obscurément bouleversé par le prévisible affaissement de la "deuxième superpuissance" - mais aussi par les contre-attaques dangereuses des"desperados" venimeux du parti abattu mais pas achevé, pas "fini", des "néo-cons" fascistes des Etats-Unis d'Amérique et de leur appendice caudal de Tel Aviv - où se niche peut-être, pour le pire plus que pour le meilleur, un petit cerveau de rechange?

Il lui faudrait, à cette fin, réunir autour de lui la capacité de penser un nouveau monde où la France n'ait plus pour vocation de "maintenir la flamme" et de tenir brandie la torche des Lumières en époque de périls et d'orages, mais s'accepte comme "passeur" des libertés anciennes, jamais définitivement acquises, aux libertés nouvelles qui viennent au rythme où viennent les seuls vrais émergents du temps: la Chine, et avec elle, le Vietnam, et toute l'ancienne Indochine, l'Indonésie majoritairement mais mas exclusivement musulmane, et avec elle, la Malaisie, l'Afrique Noire autour de l'Angola comme de la patrie de Mandela, et le Brésil, pôle de stabilité et de progrès d'une Amérique Indo-latine ou Latino indienne dont il est le seul aimant d'avenir.

Enfin penser, dans ce contexte inédit, le texte: la société française.

 

 

Claude Hagège-Tata Milouda,

même combat: lire ici

 

Langue française : état d'urgence


Les associations qui signent cet appel regroupent des démocrates de toutes sensibilités
idéologiques. Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France.
"Langue de la République" (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos
concitoyens un des principaux piliers de l'"identité nationale".

Or, le français est aussi
gravement menacé chez nous qu'au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse
romande. Il l'est moins par l'air du temps que par une politique linguistique menée surtout par
de grandes entreprises françaises avec l'appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d'abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu'" il y a plus de
mots anglais sur les murs de Paris qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation"
, le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.


L'heure est donc venue d'appeler tous les citoyens à la résistance linguistique. Nos associations en appellent au peuple français et à tous les francophones du monde, à tous ceux qui savent ce que la liberté, l'égalité, la fraternité, mais aussi la littérature, la philosophie, le droit et les sciences doivent à
la langue des Molière, Césaire, Verhaeren et Senghor. Depuis longtemps, on n'en est plus aux seuls emprunts massifs à l'anglo-américain ; nombre de grandes entreprises s'emploient à basculer au tout-anglais une bonne part de leurs pratiques langagières : "Time to move !" est le titre du programme de mutations que France-Teuleucom impose à ses salariés,
ajoutant l'humiliation linguistique à l'effrayante dégradation de leurs conditions de travail. C'est aussi la mode – le "mood" – chez AREVA… Dans la distribution, Carrefour, Auchan… basculent leurs produits et enseignes à l'anglais de bazar, imités par des services publics comme la SNCF, La Poste ou Air France… Loin du programme du Conseil national de la Résistance, la devise du Medef n'est-elle pas "ready for
the future" ? Sommet du "dialogue social" : c'est en anglais que les ouvriers de Continental- Clairoix, réunis dans leur cour d'usine, ont appris leur licenciement collectif ! Les choses sont
déjà si avancées, tels les fromages forts, que des syndicats de diverses obédiences, CGT, CFTC, UNSA, CGC…, ont dû monter au créneau pour " défendre le droit de travailler en français en France ". Voyez aussi les travaux de la recherche scientifique française : des siècles après l'acte révolutionnaire de Descartes publiant en français le Discours de la méthode, ils ne sont souvent plus pensés et écrits par nos chercheurs qu'en anglo-américain, même pas toujours traduits en français. Passons sur la chanson, sur les pubs en anglais qui, aux heures de grande écoute, ciblent surtout les jeunes, les enfants… Que fait le CSA ?


On ne voit que trop qui sert cette politique d'anéantissement linguistique sous son emballage pseudo-moderne : elle sert cette "élite" et ces privilégiés qui, pas seulement à droite, n'hésitent
pas à désintégrer leur langue maternelle pour mieux intégrer l'élite mondialisée et ressembler à leurs maîtres ! Les "gens de peu", pour leur part, sont voués à une discrimination linguistique
plus forte que jamais. Quant à nos cadres moyens qui croient s'en tirer en ingurgitant le "Wall Street English" promu dans le métro parisien, le basculement au tout-anglais consacre leur
aliénation dans un travail de plus en plus dévalorisé.

Face aux coups portés, le silence des autorités inquiète. Pis : des ministres approuvent ou annoncent diverses mesures de substitution de l'anglais au français, des petites classes jusqu'à
l'enseignement supérieur. Ainsi la nouvelle antenne de Reims de Sciences-Po dispensera-t-elle tous ses cours en anglais. Ainsi M Valérie Pécresse semble-t-elle chercher à extraire l'Université du champ de la loi Toubon. Ainsi le chef de l'Etat annonce-t-il que des enseignements fondamentaux du second degré pourraient être dispensés "en langues étrangères" (traduisons : en anglais). De cet arrachage linguistique, c'est peu dire que l'Union européenne, à laquelle ses textes fondateurs font pourtant obligation de défendre les langues nationales, fait peu de cas. Au nom du libéralisme économique, son exécutif s'emploie même à démanteler toute protection juridique des langues nationales, au point que c'est souvent de directives bruxelloises que se prévalent les décideurs français pour contourner la loi.


C'est pourquoi nous exigeons un grand débat national sur la place respective du français et des autres langues, pour que l'assassinat linguistique planifié ne puisse s'accomplir en silence et
pour que le peuple souverain se saisisse de la défense de sa langue. L'actuel gouvernement qui glose sur l'identité nationale va-t-il contribuer à enfermer le peuple français dans une langue unique imposée ? La défense de notre héritage linguistique implique une protection et une promotion actives de la langue française, de la diversité linguistique et de la francophonie, sur notre continent et dans le monde.

Parlons ici seulement de ce qu'il faut pour revenir au bon sens : à l'école élémentaire ou au collège, asseoir d'abord un solide apprentissage des langues nationales en Europe, puis commencer celui de deux langues étrangères dont la première, selon la recommandation du professeur Hagège, serait autre que
l'anglais ; réaffirmer le français comme langue de l'enseignement supérieur ; lui rendre droit de cité dans la recherche ; faire respecter par Bruxelles sa propre législation linguistique.

Notre appel s'adresse aussi aux espérantistes, aux amis des langues régionales, vite éradiquées si la langue commune était marginalisée, aux immigrés qui veulent continuer à parler notre
langue sans oublier celle de leur pays d'origine, à nos compatriotes des DOM qui veulent parler français ET créole. Si une langue de portée mondiale comme la nôtre finissait par être
supplantée sur sa terre natale, quelle autre langue, en Europe, pourrait résister au rouleau compresseur de l'anglo-américain ?

Cet appel à la résistance et à la créativité linguistique de
tous les francophones s'adresse aux citoyens et aux décideurs conscients de leurs responsabilités, aux salariés, étudiants, enseignants, entrepreneurs de base, qui font vivre le français en l'habitant au quotidien. Car, en marginalisant sa langue, c'est le peuple qu'en définitive on voudrait déloger de ses rêves.


Nous interpellons enfin avec gravité les écrivains, penseurs, traducteurs et autres créateurs de toute la francophonie, partout où notre langue est pratiquée et aimée : vous dont la langue
constitue l'outil de travail et l'élément existentiel, entrez en résistance publique contre la langue unique ! Cinq siècles après Joachim du Bellay appelant à la "défense et [l']illustration" du
français, faisons vivre notre langue et défendons-la contre la logique barbare de l'argent roi.


Signataires :

Alliance Champlain,
Association francophonie avenir (Afrav),
Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf),
Avenir de la langue française (ALF),
Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC),
CO.U.R.R.I.E.L.,
Défense de la langue française Paris-Ile-de-France (DLF Paris-IDF),
Forum francophone international France (FFI France),
Le droit de comprendre (DDC),
Le français en partage.

Les "nouveaux partisans" de la résistance linguistique organisent une conférence de presse mardi 30 mars 2010, de 16h à 17h30, salle des conférences du Salon du Livre de Paris, Parc des Expositions, Porte de Versailles


A partir de 15h30 : accueil des participants.
16h : Ouverture par le président d’une des associations.
16h05 : Le Président –modérateur, l’écrivain Philippe de Saint Robert, passe la parole successivement aux intervenants pressentis : MM. Claude Hagège, linguiste, Professeur au Collège de France, Erik Orsenna, membre de l’Académie française, Pierre Delaveau, membre des Académies de Médecine et de Pharmacie, Bertrand Tavernier, cinéaste.…
16h30 : Le Président-modérateur passe la parole aux divers participants dans la salle pour exprimer leurs questions et propositions ; les représentants d’associations et de syndicats présents répondent aux questions posées.
17h25 : Le Président tire les conclusions.


Associations porteuses :


Alliance Champlain, Nouméa, Nouvelle Calédonie - www.alliance-champlain.asso.nc
Association Francophonie Avenir (AFRAV, 2811, Chemin de Saint-Paul, 30 129 Manduel – www.francophonie-avenir.com )
Association internationale francophone des Aînés (AIFA-France) abs AG2R, 35 , Bd Brune, 75014 Paris
Association pour la Promotion de la francophonie en Flandre (APFF, Spreeuwenlaan 12, 8420 De Haan - Belgique - www.francophonie.be/ndf)
Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF 22, rue François Miron, 75004 Paris – www.asselaf.fr )
Avenir de la langue française (ALF, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris - www.avenir-langue-francaise.fr)
Cercle littéraire des écrivains cheminots Etienne Cattin (CLEC - http://clec.naicf.asso.fr)
Défense de la langue française (DLF – 222, avenue de Versailles 75016 Paris ; www.langue-francaise.org)
Forum francophone international France (FFI-France, abs d’ALF, 34 bis rue de Picpus, 75012 Paris – www.avenir-langue-francaise.fr )
(ICEG) 2, rue Appel, 75012 Paris – www.asso-iceg.fr
Impératif français, Québec
Le Français en Partage (LFP, 25, Bd Arago, 75013 Paris, - http://lefrancaisenpartage.blogspot.com )
Respublicanova, Paris - - www.respublicanova.fr et - www.jeuneciceron.fr

 

Lire également: Comité du 9 mars (appel de syndicalistes et de parlementaires de différents pays, dont les députés français Jacques Myard et Maxime Gremetz): ici

La conférence de presse: lire notre éditorial du 1er avril 2010, en Une - et la poursuite du texte, ci-dessous

 
 

"plus gaulliste que moi, tu meurs!" Philippe de Saint-Robert, discrètement conseillé par le vrai maitre de cérémonies, notre intraitable ami, 'ambassadeur de France Albert Salon, qu'il revint de présider la séance, et, donc, d'ouvrir le feu. Rappelant, pour bien situer le enjeux économiques, sociaux, et civilisationnels, de ce combat pour la langue qui nous est commun, l' "affaire d'Epinal", où des malades de l'hôpital furent irradiés, les personnels ayant mal compris le mode d'emploi d'appareils rédigé entièrement en langue barbare (en anglais). "Il ne s'agit donc pas seulement d'esthétique ou de culture." Il s'agit de politique aussi, tant il est vrai qu'aux Nations Unies, par exemple, "il y a six langues officielles de travail, mais le fançais les anglais sont, officiellement, les deux uniques langues du secrétariat général" - ce qui fait des couloirs de l'institution le lieu d'un Azincourt permanent, pour ne pas dire un Trafalgar ou un Waterloo de la langue, notre idiome, dernier môle de résistance et de "diversité culturelle" étant évidemment en cœur de cible. En cœur de cible, la langue française, aux Jeux Olympiques également,où, là, seule langue officielle depuis Pierre de Coubertin, le français a subi aux derniers Jeux de Vancouver les pires des outrages, "les Chinois avaient été plus corrects, à Pékin!" - "Depuis 10 ans, certains disent même depuis 40 ans, s'étrangle Albert Salon, la France officielle subit, sans réagir, quand elle n'en est pas ouvertement complice, "un lent étouffement de notre langue comparable à l'étranglement par lacets dans les couloirs silencieux des palais ottomans".

L'industriel Yves Montenay, à la tribune, "chef d'entreprise ayant travaillé partout de par le monde", témoigne ensuite de son expérience d'homme d'affaires, et de meneur d'hommes, soucieux, partout, "que chacun parle le plus possible dans sa langue maternelle, ce qui est toujours plus efficace" - contrairement à "certaines entreprises qui se croient tenues à angliciser le travail du haut jusqu'en bas"."C'est idiot! On perd énormément de compétences..."

Bertrand Tavernier, le cinéaste de gauche bien connu, retenu sur un tournage, n'est présent que ...sur grand écran , sous la forme d'un entretien filmé réalisé spécialement pour l'occasion. Dénonçant "la soumission à l'anglais du milieu des distributeurs de films", il cite les cas de films espagnols, tchèques, ou bulgares, mis sur le marché français avec des titres...américains! Un cinéaste présent, lui, dans la salle (Béraud) relève que "cette semaine, dans les salles parisiennes, 39 titres sont en anglais, souvent pour des films français, ou...coréens!...Concernant la Corée (du Sud), qui fut et peut redevenir un "grand" du cinéma, elle avait mis en place une poliique de quotas de diffusion de fims coréens dans ses salles, qui a permis un grand essor du cinéma coréen, mais malheureusement, il y a quatre ans, les Américains ont fait sauter ces quotas, les réduisant à 25%...Et le dernier grand film coréen est paru sous le titre "Mother"...Comme un des derniers bons films tchèques est paru sous celui de "Country teacher"!...

Vient le tour de Milouda Chaqiq, présentée par Claude Weiss.Pas intimidée pour un poil dans cet aéropage, elle s'exprime dans un français presque parfait, agrémenté de l'accent chantant de son "petit village perdu du Maroc". Et dit très simplement

Milouda à 15 ans, enceinte de sa première fille, dans son village au Maroc

comment, après que les patrons français qui l'employaient,en France, où elle avait émigré sur le tard, pour des travaux de ménége et repassage, le lui eurent vivement conseillé, elle s'est lancée, à plus de 50 ans, dans l'aventure de l'alphabétisation, jusqu'à ce que "la langue française m'ouvre les portes du monde". "A 50 ans, j'ai trouvé mon stylo, mon cahier, j'écris toutes les nuits, tous les jours, dédiant mes poèmes, mes chansons, aux gens de mon village comme à mes camarades d'alphabétisation, Fatoumata, Fatima, etc. "Mon stylo, mon cahier, le parfum de mon âme, chante-t-elle..."Du coup, j'ai été plus heureuse le jour de mon divorce que le jour de mon mariage" (rires) "A toi, ma Liberté, je te remercie de tout ce que tu m'as donné, ma Liberté, ma Liberté, Vive la Liberté!" (Applaudissements nourris). Femme de ménage sous le nom de Milouda Chaqiq, elle est maintenant, dit-elle, "comédienne", sus celui de "Tata Milouda". Et rayonne d'entrain et de bonheur.

Pour le linguiste mondialement reconnu Claude Hagège, qui lui succède au micro, "l'exemple de Milouda, ce témoignage merveilleux, donne une image de l'extraordinaire éventail du français", qui n'est nullement "une langue de luxe, une langue de salon, une langue de l'aristocratie, une langue de croisades", et "se féconde si bien, par exemple, de l'arabe marocain", "langue dans laquelle on peut slamer, verlantiser, permuter les syllabes...Tout ça, c'est le français!- qui ne peut survivre dans le mépris de la diversité des langues qui l'ont précédé, qui l'ont nourri, le basque, l'occitan, le breton, le corse"...- Je me réjouis, ajoute-t-il, de la présence de Jean-Loup Cuisiniez, ce syndicaliste chrétien (CFTC) qui, avec ses camarades, "refuse de se faire balancer des ordres dans une langue qu'ils ne comprennent pas".

Contrairement à l'Italie, par exemple, où le combat pour la diversité linguistique et culturelle mobilise les plus grandes centrales syndicales (CGIL, UIL), seule la CGC est présente dans la salle, avec les deux représentants de la CFTC, Cuisiniez et Muriel Tardito - même si, à la CGT notamment, à commencer par le Syndicat des Correcteurs, la nécessité d'un combat unitaire"contre la conquête coloniale et impérialiste du monde au travers de la langue anglaise" est chaque jour mieux comprise. Le 25 mai prochain (affaire Europe Assistance) et le 1er juin (pilotes d'Airbus), deux audiences judicaires sont attendues dans ce domaine.

Pour les Québécois, représentés à la tribune, depuis "la révolution tranquille de 1977", le combat linguistique se situe "clairement sur le terrain politique", - et ils sont atterrés quand, de passage en France, ce pays dont la langue est, chez eux, langue officielle, luttant contre l'anglophonie rampante développée dans les milieux d'affaires, "aujourd'hui, selon le mot réecent du philosophe Michel Serres, "il y a plus de mots anglais sur les murs qu'il y en avait d'allemands sous l'occupation"

Intervenant de la salle, un chercheur du CNRS dénonce la "vassalisation des Etats européens" par "l'empire anglo-saxon", et "une bande de cinglés qui prétendent coloniser toute la planète". "Il n'y a pas eu de révolution en France depuis un siècle et demi, il n'y a plus de guerres, il n'y a plus de renouvellement des élites...La classe dominante française aurait voulu avoir à la fois le libre échange et l'ascension sociale, mais le libre échange entraîne pour certains de ses mebres une descente sociale, et l'anglais devient un moyen de rétablir une filière d'ascension sociale (ou du moins de non descente) un peu comme la "langue du Roy" d'autrefois. Mais la vraie langue du peuple reste le français, et tout l'enjeu est là!"

Le moment est venu, pour Claude Hagège, de "tirer une conclusion pas salonnarde,mais de combat et d'action. Mesdames et Messieurs, nous devons tous sortir d'ici avec la volonté de nous battre! Nous battre: car il s'agit d'une guerre, d'un combat avant tout politique, dans un pays où 95% des gens, la masse, pas les élites bourgeoises, pas les "entrepreneurs", s'exprment en langue française et entendent continuer à le faire"

1er avril 2010.

 

 

5.L'identité française, enfin, l' IDENTITE REELLE, et non celle que fantasment politiciens racistes, incultes et sans scrupules, "plus racaille que moi, tu meurs!" se sentant vomis par le peuple et prêts aux pires turpitudes pour tenter de rebondir, rien ne l'illustre mieux que la pitoyable gymnastique à laquelle est contraint de se livrer le ministruscule Besson, écartelé, un pied dans le discours ranci sur "l'identité nationale", et les deux mains dans le cambouis d'une inévitable et réaliste négociation avec la CGT représentant quelque 4000 "prolétaires de tous les pays", unis, en lutte "pour les papiers et pour la dignité", en Île de France.

Car LA FRANCE MOISIE DE MONSIEUR SARKOZY, fils d'immigré à l'évidence mal intégré et peu au fait de l'histoire et des valeurs de ce qui fut le pays d'accueil de son glauque homme d'affaires de père, c'est celle dont l'Etat, seul véritable trafiquant de main d'œuvre négrière à l'échelle d'une Mafia, aspire, par mille canaux, les centaines de milliers de pauvres hères depuis longtemps "choisis" pour la vigueur, la qualité, et surtout le bas coût, de leur "force de travail", fictivement et cyniquement "clandestine" - tout en prétendant leur donner, à eux, à leurs fils, ou à leurs frères de misère des "cités" tout aussi cyniquement et systématiquement ghettoïsées, des leçons d'intégration et, pourquoi pas, de maintien, le tout au nom d'une "identité française" qu'ils viendraient, pauvres bougres importés comme des sacs et travestis en "envahisseurs", menacer.

Seulement, voilà: "importés" comme une marchandise humaine dotée d'une formidable capacité d'adaptation et de travail des lointaines terres coloniales ou post-coloniales d'Afrique Noire, ou, désormais,d'Asie, les "sans-papiers" ne sont pas venus sans conscience, sans Histoire, et sans culture, y compris les cultures de lutte qui leur sont propres et fusionnent aujourd'hui avec la solide culture de lutte prolétarienne de la classe ouvrière française traditionnelle, fille de ces ouvrier-artisans du faubourg Saint-Antoine, à deux pas de ce que l'on n'appelait pas encore la place de la Bastille, qui, sur leurs barricades dérisoires de meubles et de mauvais pavés, cessèrent un jour de fuir à la vue de l'oriflamme rouge fixée, pour annoncer l'imminence de la charge et le danger de mort, au bout des longues piques des Dragons du Roy à cheval - les CRS de l'époque, des mauvais...Et, s'étant figés sur place pour résister, malgré la peur qui leur broyait les tripes, mais cédait à l'esprit d' "oser se révolter", arrachèrent, un beau jour, au manche portant la pique destinée à leur trouer le ventre ou à leur enfoncer les yeux, le maudit chiffon rouge: à l'époque où, selon le mot de Marx, ne pouvait être défini comme l'embryon du communisme que "ce dont on discutait dans les tavernes ouvrières du faubourg Saint-Antoine, à Paris", ils fichèrent l'étoffe écarlate, symbole jusqu'ici de répression et de terreur, sur un pieu dépassant d'une de leurs barricades.

Comment ces anonymes héros d'une épopée alors à peine à son premier chapitreauraient-ils pu le pressentir? De ce renversant symbole (Gavroche avant son heure...), du meilleur "esprit français" de l'époque de la "Grande Révolution Française", mère des Révolutions démocratiques et nationales qui allaient faire exploser les Empires d'Europe, enfanter la Révolution d'Octobre, puis son originale filleule chinoise (appelée à la la surpasser de très loin...) les siècles à venir (à commencer, ce fut rapide, par le suivant) allaient faire l'universel étendard des luttes prolétariennes. Il allait à sont tour donner le signe d'une nouvelle charge, furieuse, en éclairant de ses lueurs écarlates tout le cycle des "luttes de libération nationale" (mères, à leur tour, des "puissances émergentes" de notre XXIème siècle, nées, sur les ruines des Empires coloniaux, puis néo-coloniaux, au moment enfin survenu de la crise mortellede l'impérialisme lui-même, ce "stade suprême..." ).

Mais c'est aussi ce même rouge, franc et vif, qui donne son insolent pimpant à notre drapeau tricolore, emblème de la plus authentique identité française, la nôtre, et de la République Française, la nôtre - qui conchie le racisme et les calculs minables des ministruscules sordides, et de leur Maître en ridicule, l'IGNARE DE L'ELYSEE - AUSSI NUL EN HISTOIRE DE L'AFRIQUE QU'EN HISTOIRE DE FRANCE.

Vendredi 30 octobre 2009. Midi. Jean-Paul CRUSE

- La FRANCE dans le MONDE: ici

- Politique française: ici

- Jean-Charles Marchiani, combattant de la FRANCE LIBRE de toujours, libérateur d'otages, ami de l'IRAN et du Hezbollah du LIBAN: ici

"Quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s’ornait d’une Grande Mosquée, avec un beau minaret."

Lettre de Mouloud Baubérot à Nicolas Sarkozy

Cher Nicolas, Mon cher compatriote,

Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t’adresse à tes « compatriotes musulmans », et c’est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog.
Comme une lettre ne dois pas rester sans réponse, alors j’ai décidé, à mon tour de t’écrire. Après tout, toi aussi tu es mon « compatriote ». Et puis, comme je suis professeur d’histoire en terminale, j’ai l’habitude de corriger des copies.

Nous allons le voir, il y a plein de belles idées dans la tienne, et je vais pouvoir te citer souvent.
Mais tu t’as commis une légère erreur de perspective, qui gâche un peu ton propos. Et comme cela vous concerne en particulier ton frère siamois et toi, permets moi de la rectifier.

Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement.
Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1834 et chef lieu d’un département français depuis 1848. Nous sommes donc d’anciens Français.
D’autres nous ont rejoint peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tel les Niçois et les Savoyards. Nous avons intégré volontiers ces "nouveaux arrivants" et avons ajouté la pizza à nos coutumes alimentaires.


Et au siècle suivant, d’autres sont encore venus. Certains de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très « accueillants », nous autres.
Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée Rouge en 1944.
Nous sommes tellement « accueillants » que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République.
Comment être plus accueillant ?


Mais faudrait quand même pas tout confondre : entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. Ne l’oublie pas.

Ceci précisé, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu écris :
Moi, Mouloud, l’accueillant, j’offre à ton frère siamois et à toi-même, « la reconnaissance de ce que l’autre peut lui apporter ». Mais je demande, à « celui qui arrive, le respect de ce qui était là avant vous »
Et, je vais y revenir, quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s’ornait d’une Grande Mosquée, avec un beau minaret.

Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire « l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire [y compris en classe de terminale], (ma) civilisation), (mon) art de vivre. »
Tiens, je t’invite volontiers à manger un couscous avec moi.

Mais, naturellement, toi « qui arrive », ou toi dont c’est juste le père qui est arrivé, je te demande, comme tu l’écris toi-même, d’avoir « la volonté de (t)’inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société que (tu vas) contribuer à transformer, dans cette histoire que (tu vas) désormais contribuer à écrire. »

« Sans brutalité » : tu as bien raison, c’est important ça.
Nous, anciens Français, nous ne jouons pas au matamore, aux « tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » ; nous n’aimons pas trop tout ce qui est « bling-bling ».
Nous aimons, tu le soulignes, « l’humble discrétion » et nous comptons sur toi pour être exemplaire dans ce domaine.
Nous comptons sur toi, pour, comme tu l’affirmes que cela doit être le cas des « nouveaux arrivants », de te « garder de toute ostentation et de toute provocation ».
Car, toi dont le père a fui le totalitarisme, tu dois être bien « conscient de la chance que (tu as) de vivre sur une terre de liberté ».

Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux « valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale ».
Vu ta fonction, il faut que tu l’apprennes vite car « tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec. »
Mais, je ne suis pas inquiet : tu es très doué
Donc, il suffit que je te précise un peu les choses, notamment sur la laïcité dont je parle souvent à mes élèves dans mes cours de terminale, et tu obtiendras une brillante note.

D’abord, la laïcité, ce n’est nullement « la séparation du temporel et du spirituel » comme tu l’écris.
Cette expression, elle fleure le Moyen Age, la société de chrétienté, bref l’exact contraire de la société laïque.
Comme tu as publié ta tribune le 9 décembre, jour anniversaire de la « séparation des Eglises et de l’Etat », ta formule est particulièrement malheureuse.
Le « spirituel » et le « temporel », ce sont des notions théologiques, et cela connotait des pouvoirs.
La lutte de l’Empereur et du Pape, c’était la lutte du « pouvoir temporel » pour s’imposer face au « pouvoir spirituel ». Deux souverainetés.
En laïcité, seul « le peuple » est souverain, et donc le seul « pouvoir » est le pouvoir politique qui émane de lui. Le pouvoir, écrit Max Weber, a « le monopole de la violence légitime » : il peut réprimer par la loi.
La religion n’est pas sur le même plan. Et peut avoir, elle, autorité, si on n’est convaincu de sa validité.
Mais elle ne doit pas disposer de pouvoir.

Bon, la première leçon étant apprise, passons à la seconde.
Elle concerne aussi la laïcité.
Tu fais preuve d'une curieuse obsession des minarets et tu sembles assez ignorant à ce sujet.
Pour être concret, je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore.
Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions : Algérie, Savoie, ou Limousin, « petite patrie » de mon frère siamois.
Mais si je te raconte cela, ce n’est pas pour me cantonner dans la petite histoire, celle de ma famille, c’est pour rappeler l’Histoire tout court.
Car nous avons été environ 100000, oui cent mille, musulmans a mourir au combat pour la France.
Nous étions déjà tellement « arrivés » en France, que nous y sommes morts !

Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée « métropole ». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément.
Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée : construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr.
Elle avait décidé, en 1905, de « garantir le libre exercice du culte » (Article I de la loi de séparation).
« Garantir », c’est plus que respecter. C’est prendre les dispositions nécessaires pour assurer son bon fonctionnement.

Pourquoi passes-tu tant de temps, dans ton texte, à nous parler des minarets ?
Cela n’a vraiment pas été un problème. Bien au contraire.
Et pourtant, ils étaient très laïques, tu sais, plus laïques que toi, mon chanoine, les rad’soc (radicaux-socialistes), les Edouard Herriot, ou Léon Bourgeois (un des « pères » de la morale laïque) qui ont pris la décision de consacrer des fonds publics à la construction de cette mosquée, de ce minaret.

Tu sais, j’aime bien fréquenter les bibliothèques. J’y ai trouvé un ouvrage d’un historien qui retrace l’histoire de cette construction. Et c’est fort intéressant.
« Il est a remarquer, écrit son auteur, Alain Boyer, que personne n’a soulevé à l’époque le problème de la compatibilité de cette subvention avec l’article 2 de la loi de 1905, concernant la séparation des Eglises et de l’Etat qui dispose la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ; il aurait pu d’ailleurs être répondu que l’Etat ne finançait que la partie culturelle, l’institut, et non pas la mosquée proprement dite, c'est-à-dire le lieu de culte. »[1] <http://www.blogspirit.com/admin/posts/#_ftn1>

« Il aurait pu être répondu» :
Donc c’est plus tard que l’on a justifié ainsi les subventions de l’Etat et de la ville de Paris. Sur le moment, on s’est contenté de trouver cette construction nullement incompatible avec la loi de séparation.
C’est ce que l’on appelle une rationalisation a posteriori.

Vois-tu, comme moi aussi je suis historien, je me permets une autre interprétation, qui me semble fort plausible.
On a aussi raisonné par analogie : en effet la conséquence de l’article 1 de la loi de 1905, de sa garantie du libre exercice des cultes avait été double :
- d’une part la mise à disposition gracieuse (donc manque à gagner par absence de loyer) des édifices du culte existants en 1905 et propriété publique (des milliers et des milliers !), mise à dispostion aux religions correspondantes à ces édifices (et on y a ajouté presque tout de suite le droit de faire des réparations sur fonds publics) ;
- d’autre part, la possibilité (prévue dans l’article 2 lui-même) de payer des aumôniers pour garantir le libre exercice du culte dans les lieux clos : hôpitaux, prisons, armée, internats des lycées,…

On s’est dit : étant donné tout ce que l’on consent financièrement pour garantir l’exercice des cultes catholique, juif, protestant, c’est bien le moins de donner des subventions publiques pour une Grande mosquée et son minaret.
D’ailleurs le père de la loi de 1905 Aristide Briand avait dit à son propos : « En cas de silence des textes ou de doute sur leur portée, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »


De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets.
Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré :
« Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »
Et tous les dirigeants et militants laïques présents l’ont chaleureusement applaudi.

Ils étaient comme cela les laïques : ils assumaient, mais ne voulaient pas « valoriser » les « racines chrétiennes de la France ».
Ils estimaient, au contraire, que le pluralisme religieux faisait partie de son histoire, de son identité nationale laïque.
Et plus il y avait de prières différentes, plus ils étaient contents.

J’ai plein d’autres choses à t’écrire à propos de ton discours. Mais la bonne pédagogie veut que l’on ne cherche pas à en dire trop en une seule fois.
Pour le moment, assimile bien ces deux premières leçons.
Ecris nous vite une seconde tribune qui rectifie le tir.
Et on reviendra ensuite sur le « communautarisme » notamment, car la (en un seul mot ?) il y a aussi quelques petites choses à reprendre.

Ton cher compatriote
Mouloud Baubérot



http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/

Le génie

du

français

L’identité, c’est comme l’amour : plus on le théorise, moins on sait ce que c’est. 

Et,  en général, on en  débat d’autant plus qu’on ne sait plus le vivre.


Une fois de plus, l’adage se vérifie : le gouvernement relance  la discussion sur un sujet  dont on  ne  discute   en France qu’aux pires moments de notre histoire ;  car   parler de l’identité, ce n’est pas, en général,   dire ce que nous sommes, mais  faire la liste de ce que nous ne sommes pas, et de ce que nous voulons refuser de devenir ;  c’est  discuter  de la meilleure façon d’exclure ; c’est demander des papiers  d’identité ; et  chasser ceux qui n’en ont pas .

De plus,  vouloir  en faire un débat national juste avant les élections régionales, c’est pousser la gauche à le refuser, au nom d’une morale chatouilleuse, qui ne peut que lui nuire auprès des électeurs.


Pourtant, la gauche ferait une grave erreur en   donnant ainsi  le sentiment que la France ne l’intéresse pas, tout occupée qu’elle serait à défendre des valeurs universelles.   Il faut donc, même si le moment  est fort mal choisi, accepter ce débat ; et y  expliquer très simplement comment l’identité française est définie   et,  peut etre surtout, ce qu’elle peut devenir.


Six  éléments caractérisent l’identité d’un peuple, quel qu’il soit : un territoire, une langue,  une culture, des valeurs, une histoire, un destin commun.  Aucun de ces éléments n’est stable. Tous évoluent avec le temps.

La France fut chrétienne ; elle est laïque. La France fut monarchiste ; elle est républicaine.    Et aujourd’hui,   toutes ces dimensions  sont remises en cause par le mouvement du monde : l’effacement des frontières, en particulier en Europe,  remettant en cause l’idée même d’un territoire identitaire ;  le  nomadisme croissant des Français comme des étrangers ; la présence croissante, sur le territoire national, d’autres langues, d’autres cultures, d’autres façons de vivre ; l’universalisation des valeurs, autour des droits de l’homme et de  liberté individuelle, qui en fait disparaitre le caractère national; et, enfin, dans l’individualisme ambiant,  l’incertitude quant à l’existence d’un destin commun .


De tout cela il résulte que, à terme,  la seule chose qui définira  durablement l’identité d’une nation, c’est sa langue,  et la culture,  la façon de penser le monde,  qu’elle implique. La langue française conduit à penser, à écrire, à vivre,  de façon claire, simple, directe, précise, logique, binaire. Elle trouve sa source dans l’harmonie des paysages et conduit à une symétrie des mots, à un équilibre des concepts, qu’on trouve déjà  dans les textes des inventeurs de cette langue, de Rachi de Troyes à Blaise Pascal, de Chrétien de Troyes à Montaigne, de Marcel Proust à  Léopold   Senghor.


Une langue qui doit donc  etre bien parlée et servir de véhicule de la pensée à tous ceux qui vivent en France ou se réclament d’elles. Une langue qui définit  à elle-seule l’identité française ;   à  défendre, à ouvrir au monde, pour qu’elle s’en nourrisse : sait on que c’est la seule langue du monde dont le nombre de locuteurs peut tripler en 40 ans, grâce à l’évolution démographique  de l’Afrique ? Et  qui, s’y on n’y prend garde, peut disparaitre pendant la même période.


Une langue qui peut aussi,  mieux qu’aucune autre, combattre les extrémismes, les fondamentalismes ;  même quand ils s’expriment,  en français,  dans le meilleur style.  
j@attali.com

<http://blogs.lexpress.fr/attali/2009/11/le-genie-du-francais.php>
le 3 novembre 2009 7h28 | par Jacques Attali <http://blogs.lexpress.fr/attali>

 

- Insécurité, menaces sur les "français d'origine étrangère", etc. La chrétienne démocrate Christine Boutin, souverainiste de droite opposée à la guerre d'Iraq, oppositionnelle de l'UMP, et réputée proche de Benoît XVI comme de Jean-Paul II, tâcle sèchement l'agité de l'Elysée: suite de notre édito du 15 août 2010, ici

- Langue française: avec la "slameuse" de 59 ans "Tata Milouda", le grand linguiste Claude Hagège, des syndicalistes, des ambassadeurs de France - et tout ce que Paris compte de journalistes cultivés (peu...), les "nouveaux partisans" de la Résistance linguistique frappent fort au salon du livre: ici

- Villepin:perspectives, secrets et stratégies d'un gaullisme du XXIème siècle, combinant culture de l'indépendance nationale et du progrès social à l'époque de l'agonie impérialiste et de l'émergence de la Chine, de l'Afrique Noire et du Brésil: ici

- "Identité Nationale": l'intellectuel protestant Jean Baubérot (Mouloud Baubérot adresse un "message d'accueil conglant au fils d'immigré Nicolas Sarkozy, en mal d'intégration: ici

- "Identité nationale"? - Usurpation d'identité!" - Un débat à éviter. Communiqué du Comité National des Gaullistes de Gauche (CNGG -Gilles Bachelier, Etienne Tarride, Paul Violet): lire ici

-"Cruel paradoxe de voir ceux qui ont toujours moqué "l'exception française" soudain s'en emparer pour masquer l'échec de leur politique qui, de fait, la remet en cause..." - Nicolas Dupont-Aignan, député, maire de Yerres (91)- LIRE ICI

- Mais au fond, qu'est-ce qu'une nation? - Le texte historique d'Ernest Renan: ICI

- "L’identité, c’est comme l’amour : plus on le théorise, moins on sait ce que c’est." - Même Jacques Attali, c'est dire, trouve des mots de bon sens pour définir une identité française fondée d'abord sur une langue, qui est une façon de penser le monde - et mouche le répugnant BESSON. ICI

 

 

 
 



Comité du 9 mars pour le droit à la langue nationale et à la non-discrimination linguistique

Résolution du 9 mars 2009


Les représentants soussignés de syndicats d’Allemagne, de France, d’Italie et d’associations de promotion des langues nationales et de la diversité linguistique de ces pays ainsi que de Belgique et du Québec, réunis le 9 mars à Paris, au Palais Bourbon, sous la présidence de M. Jacques Myard, Député, Maire de Maisons-Laffitte (Yvelines) :


- ayant manifesté et vérifié ce jour la similitude des situations dans leurs entreprises et notamment les plus grandes, de leurs langues nationales qu’une langue étrangère tend à supplanter, et la communauté des souffrances et discriminations que les salariés de leurs pays respectifs endurent du fait de cette imposition tout aussi bien que les avantages économiques qui en dérivent pour l’économie et le marché du travail anglo-saxons ;
- rappelant que la discrimination linguistique est expressément interdite par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, adoptée en l’an 2000, et que la parité de toutes les langues officielles est établie en termes de droit par les traités instituant l’Union européenne elle-même ;

- s’appuyant d’une part sur leurs constitutions et législations nationales, et, d’autre part, sur la Convention sur la diversité culturelle, adoptée en octobre 2005 par l’UNESCO, et entrée en vigueur après ratification notamment de leurs propres pays ;
- rejoignant les résolutions par lesquelles le Sénat français et le Bundestag allemand se sont adressés en 2009 aux autorités de l’Union européenne pour leur rappeler que l’Union se fonde sur « l’unité dans la diversité », que cette diversité s’exprime notamment dans le multilinguisme, que l’Union doit respecter la diversité linguistique et interdire « toute discrimination fondée sur la langue », et que cette Union a adopté des directives sur la sécurité et la protection des travailleurs ;
- déterminés à faire cesser ces souffrances et discriminations, à rétablir la diversité linguistique et la dignité de leurs langues nationales, et à faire respecter le droit des salariés à travailler dans celles-ci ;
1)- Constituent le « Comité du 9 mars » pour le droit à la langue nationale et à la non-discrimination linguistique, composé par une coordination internationale de liaison des syndicats, des politiques, des associations de promotion des langues nationales et de la diversité linguistique, pour coordonner les informations et surtout lancer les actions nationales, européennes et internationales en faveur de la démocratie linguistique.
2)- Appellent à les rejoindre les syndicats, les élus et les associations de tous pays qui partagent respectivement les objectifs communs de cette Coordination et invitent toutes les organisations fondatrices à mettre autant que possible toutes les ressources humaines et financières nécessaires à un fonctionnement efficace de la Coordination.
3)- Précisent qu’en matière d’entreprises et de relations du travail, l’initiative d’éventuelles actions communes appartient à une Coordination syndicale internationale notamment pour coordonner les informations et surtout pour faire de la politique linguistique démocratique une priorité à l’intérieur des syndicats ; il importe en premier lieu de porter à la connaissance au plus haut niveau des syndicats européens les études réalisées par l’université de Genève et le collège du « Modern Üzletitudomànyok Föiskolàja » de Tatabànya en Hongrie, sur les avantages pour le système économique du Royaume-Uni et des autres pays anglo-saxons.
4)- S’engagent à se donner le plus rapidement possible un Règlement de fonctionnement au Comité et à la Coordination.


Fait le 9 mars 2009 au palais Bourbon, à Paris


Pour les syndicats :
1) allemands :
- pour la Christliche Gewerkschaft Metall (CGM) :2) français :
-pour le Syndicat national de l’Assurance et de l’Assistance (SN2A, de la CFTC) :
Muriel TARDITO, Présidente ;
3) italiens :
- pour la Fédération des Travailleurs de la Connaissance (FLC Cgil ROMA) :
Joëlle CASA, Secrétaire nationale Politiques internationales et européennes de l'Education ;
- pour l’Unione Italiana Lavoratori Metalmeccanici (UILM-UIL, ROMA) :
Lapo ORLANDI, Président;
4) québécois :
- pour
- pour
- pour
5) polonais :
- pour Solidarnosc :Pour les associations
1) allemandes :
- pour le Verein deutsche Sprache ; (VDS) :
Professor Dr. Walter KRÄMER (Universität Dortmund), Président :
2) belges :
- pour le Forum francophone international Wallonie-Bruxelles (FFI-WB) :
3) françaises :
- pour Avenir de la langue française( ALF) :
Albert SALON, ancien ambassadeur, Président ;
- pour l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF) :
Philippe de SAINT-ROBERT, écrivain, Président ;
- pour Défense de la langue française (DLF) :
Marc FAVRE d’ECHALLENS, Président de la Délégation Paris et Île de France de DLF
- pour le Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC) :
Maurice LE LOUS, Vice-Président ;
- pour le Forum francophone international (FFI-France) :
Albert SALON, ancien ambassadeur, Président ;
- pour l’Observatoire européen du Plurilinguisme (OEP) :
Christian TREMBLAY, Président ;
- pour la Société française des Traducteurs (SFT) :
Denis GRIESMAR, ancien Vice-Président ;
3) italiennes :
- pour l’Associazione radicale per la Democrazia linguistica (ERA-onlus) :
Giorgio PAGANO ;
4) québécoises :
- pour Impératif français :
Jean-Paul PERREAULT, Président ;
- pour le Forum francophone international (FFI-Québec) :
François GAUTHIER, Président ;
5) suisses :
- pour Défense du français (DDF) : Pour la presse : (note d’A. Salon : rubrique et noms introduits par Lapo Orlandi à la suggestion d’Anna Maria Campogrande ; il faudra effacer ensuite cette mienne parenthèse)
italienne :
- pour Ora Italia :
Salvatore ABELICE;


5) internationales :
- pour l’Association francophone d’Amitié et de Liaison (AFAL) :
Boris ZINOVIEFF, Secrétaire Général ;
- pour l’association Athena :
Anna-Maria CAMPOGRANDE, Présidente ;
- pour le Carrefour des Acteurs sociaux :
Jacques BERGERON, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (Québec) ;
Joël BROQUET, Président pour la France ;
Mathias MORAWSKI (Pologne), Président du « pôle francophonie » et de l’Association d’amitié franco-polonaise ;Pour les Parlementaires :
1) allemands :
2) français :
- Nicolas DUPONT-AIGNAN, Député ;
- Maxime GREMETZ, Député ;
- Jacques MYARD, Député, Président du Cercle Nation et République ;
- Dominique SOUCHET, Député ;
3) italiens :4) québécois :

 
 

(suite de l'edito du 15 août 2010)

d'une société apaisée. Le 15 août, c'est la civilisation de la paix et de l'Amour qui s'oppose à celle de la peur et de la jalousie".

- S'il fallait une preuve que notre pays, la France, ne se divise pas, contrairement à ce qu'ânonnent trop souvent les caciques de la gauche, entre "peuple de gauche" et "peuple de droite", mais entre partisans d'une "société d'harmonie" (pour reprendre l'expression des successeurs de Mao Tse Toung à la tête du parti communiste le plus puissant de la terre) et stratèges de la Terreur, poussés par leurs maîtres étrangers à une politique de guerre civile ethnique que seule, jusqu'ici, la contre-menace d'immenses soulèvements populaires, débouchant sur une Résistance générale prenant la forme d'une "guerre populaire prolongée" rassemblant le peuple multicolore au lieu de le diviser, et donc de l'affaiblir, puis de la saigner à mort, est parvenue jusqu'ici à empêcher, c'est Christine Boutin, "cible" ordinaire des ricanements "bobos" "libéraux-libertaires" pour ses positions, certes traditionnalistes, sur la sexualité, qui vient de la donner, dans un entretien tonitruant, plein de profondeur et de bon sens, accordé au journal Le Parisien ce dimanche 15 août 2010.

S'il fallait une preuve que l'échec économique, en France, de la droite néo-conservatrice ("néo-cons"), filiale de sa con-sœur américano israélienne, comme son échec dans le domaine de la tranquillité publique, troublée par l' impressionnante montée d'une violence visant les faibles - des sacs à main de grand-mères ou de toutes jeunes filles arrachés à la volée aux indéfendables assassinats de policiers (que n'excuse nullement, dans la situation actuelle, la brutalité raciste et la nullité crasse d'un trop grand nombre d'entre eux, trahissant et pervertissant leur mission), c'est de la "Jeanne d'Arc" des Yvelines que cette preuve est venue, sous la forme de déclarations en forme de cri de révolte à lire en intégralité dans les colonnes du journal, et confirmant l'indépendance d'esprit comme le courage indestructible de celle qui avait osé, dans les pas de son ami et inspirateur Jean Foyer, s'insurger contre la loi d'exclusion de l'école des jeunes filles voilées, loi d'indignité votée sous la double pression des enseignants trotskistes d'Aubervilliers manipulés par Patrick Grond, toujours aujourd'hui "numéro 2" du parti du facteur à temps partiel, des pseudo laïcistes hystériques et de l'extrême droite ordinaire.

S'il fallait une preuve qu'une Politique digne de ce nom est une Politique qui voit large, haut et clair, sait distinguer ses vrais ennemis des faux, comme ses vrais amis des faux - "s'unir au peuple pour unir le peuple" - la voilà.

Merci, amie Christine: hommage à votre lucidité comme à votre courage, signes, tous deux, d'une "foi capable de déplacer les montagnes" que peuvent partager "ceux qui croient au Ciel comme ceux qui n'y croient pas" - mais croient tous en la France, qui reste ce qu'en a fait, au fil des siècles, son peuple aux mille nuances, et le restera, Inch'Allah!

15 août 2010. Jean-Paul CRUSE

 

 

     


Usurpation d’identité!

- Un débat à éviter...

(Communiqué du Collectif National des Gaullistes de Gauche- CNGG)

Il est indispensable que tous les Démocrates refusent le débat piégé relatif à l’identité nationale.
Ce soi-disant grand débat relève, en réalité, d’une grossière et misérable diversion politicienne de bas étage destinée à camoufler le calamiteux bilan du gouvernement et la crise sociale dont il porte l’entière responsabilité.
Il s’agit également, à quelques semaines d’une importante échéance électorale, d’évoquer la préférence nationale chère à Jean Marie Le Pen, sans même avoir le courage de le dire, pour draguer son électorat.
Il est impératif de refuser un débat qui ne peut conduire qu’à des idées d’exclusion en favorisant la désignation de boucs émissaires assise sur des critères raciaux. Les grandes crises provoquent souvent ce genre de réaction, il est inadmissible que le gouvernement l’encourage.
Proposer un tel débat en période de prospérité serait seulement stupide. Le proposer en pleine crise est honteux. Il est encore temps de refuser d’engager la France dans une voie qui peut se révéler mortelle en ce qu’elle est une incitation à la xénophobie.
Une seule solution pour cela, le refus pur et simple de participer à la mascarade.
Nous rappellerons simplement en tant que gaullistes de gauche, profondement attachés à une « certaine idée de la France », cette superbe définition du patriotisme et du nationalisme donnée par le général de Gaulle à Romain Gary et que nous appelons nos compatriotes mais surtout nos actuels dirigeants à mediter : « le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres peuples. »

Pour le CNGG
Gilles Bachelier
Etienne Tarride
Paul Violet

       

L'identité nationale n'est pas un slogan!

Nicolas Dupont-Aignan
(LE MONDE 5.11.09 )



L'identité nationale est à la mode ! Cruel paradoxe de voir ceux qui ont toujours moqué "l'exception française" soudain s'en emparer pour masquer l'échec de leur politique qui, de fait, la remet en cause.

Car l'identité nationale n'est pas un objet qu'il faudrait, à intervalles réguliers, vénérer pour faire oublier la dureté des temps ; pire, en faire un sujet de discorde pour rassembler le camp des soi-disant "bons Français" contre celui des "mauvais".

L'identité nationale doit être une dynamique de rassemblement, sous-tendue par des valeurs, une histoire partagée, des institutions, un projet de société.


Car, oui, ce plébiscite de tous les jours, cher à Renan, ne tombe pas du ciel. Il doit être ardemment désiré et méticuleusement bâti par les élus du peuple. Ce vouloir-vivre ensemble a un nom : la République. Il a un idéal : "Liberté, Egalité, Fraternité". Il a un acteur central, l'Etat, creuset de la nation à travers les âges et le gardien de l'intérêt général, contre l'emprise des féodalités et des intérêts particuliers. Enfin, ce vouloir-vivre ensemble a une langue, le français.


Cette République française est exigeante. Elle suppose d'être incarnée par ses élites, avec un devoir d'exemplarité que les anciens appelaient la vertu - mais comment le pourraient-elles aujourd'hui tant elles font honte ? Elle doit, en outre, apporter l'ordre et le progrès. Or, de nos jours, l'anarchie économique s'accompagne de la régression sociale et du désordre dans la rue.

Il ne sert à rien d'organiser des débats dans les préfectures sur l'identité nationale si la souveraineté populaire est transférée à Bruxelles ; si l'on réduit les effectifs de police et que l'Etat régalien n'a plus les moyens de jouer son rôle ; si l'école n'incarne plus un espoir de promotion sociale ; si on laisse se développer ghettos et communautarismes contraires à une citoyenneté française laïcisée ; si les responsables politiques, économiques et scientifiques laissent tomber le français ; si la fiscalité tond les classes moyennes et épargne les plus riches ; si, enfin, les services publics sont privatisés.

En définitive, la République est exigeante, car elle suppose avant tout le respect du peuple. Un peuple qui n'est pas dupe de la démagogie et de l'impuissance publiques qui sont les deux faces d'une même médaille : celle du renoncement au modèle français. Alors, oui, l'identité nationale retrouvera sa dynamique quand la politique redonnera un sens au fait d'être français.

Nicolas Dupont-Aignan est député de l'Essonne et président de Debout la République.