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FRANCE 2011-2012

   
 

COMMUNIQUE DE PRESSE
LE M’PEP PRÉSENTE DES CANDIDATS AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES


Seuls les candidats du M’PEP aux législatives prônent, à gauche, la sortie de l’euro et de l’eurolibéralisme pour redonner au peuple et à la France sa souveraineté.


Le 27 février 2012.
Comme il y a eu un « non » de gauche au Traité constitutionnel européen en 2005, il existe en France un « non » de gauche à l’euro et à la mondialisation capitaliste. Il sera porté par TROIS CANDIDATS du MOUVEMENT POLITIQUE D’ÉDUCATION POPULAIRE (M’PEP) aux élections législatives des 10 et 17 juin 2012. Ils sont les seuls à prôner, à gauche, des mesures républicaines indispensables pour mettre en œuvre une politique de gauche, c’est-à-dire de justice, d’égalité et de fraternité :


- L’annulation de la dette publique et sa restructuration.
- Le droit opposable à l’emploi et la réindustrialisation de la France par la démondialisation, tout en organisant la mutation écologique du mode de production et de consommation.
- Le démantèlement des marchés financiers et la fermeture du marché obligataire en priorité.
- De nouvelles règles internationalistes pour le commerce international : en reconnaissant pour chaque peuple le droit au plein-emploi et à des échanges équilibrés, au Nord comme au Sud, et des mesures protectionnistes pour y parvenir.
- La sortie de l’euro pour redonner au peuple sa souveraineté monétaire et en finir avec la dictature de la finance mondialisée.
- La sortie de l’Union européenne pour libérer le peuple de « la concurrence libre et non faussée » qui conduit au dumping fiscal, social et environnemental et aux plans d’austérité.


Les candidats du M’PEP mèneront la bataille idéologique et électorale dans des circonscriptions où des dirigeants de premier plan du FN se présentent ou dans lesquelles il a obtenu des scores élevés :
- Michèle Dessenne, porte-parole du M’PEP, affrontera Marine Le Pen, n° 1 du FN, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais (Hénin-Beaumont…).
- Jacques Nikonoff, porte-parole du M’PEP, affrontera Bruno Gollnisch dans la 3e circonscription du Var (Hyères, La Garde, Carqueiranne…).
- Waldeck Moreau, secrétaire national du M’PEP, sera candidat dans la 9e circonscription de l’Hérault, dans laquelle se trouvent des cantons où l’influence du Front national est très forte (Lunel…).


Ne pas laisser les citoyens tomber dans les pièges tendus par le Front national


Le M’PEP a décidé lors de son congrès de janvier 2012 (1) de ne pas laisser les citoyens qui veulent exprimer leur refus de l’UE et de l’euro dans les bras de la droite souverainiste ou sombrer dans les pièges tendus par la chef de file du Front national.
C’est à gauche que la plupart des ouvriers et employés aimeraient voter, mais ils n’y trouvent pas de réponses suffisamment convaincantes pour lui apporter leurs suffrages. Car elle manque d’audace, ne proposant que des modifications à la marge.

Seules des solutions systémiques, à partir de l’échelle nationale, permettront de résoudre les problèmes auxquels la France et le monde sont confrontés.

Ainsi le Front de gauche ne combat ni l’euro, ni l’existence de l’Union européenne.


Pour le M’PEP, l’Union européenne est une construction politique et économique au service de l’ordre néolibéral mondial, au même titre que l’OTAN, le FMI, l’OMC ou la Banque Mondiale, une instance de domination et d’aliénation dont il faut s’émanciper.


La position du M’PEP sur l’Union européenne et l’euro n’est donc pas celle du Front de gauche. Néanmoins le M’PEP lui apporte un soutien critique et appelle à voter Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et, en principe, Front de gauche aux législatives. Exception faite, bien sûr, dans les 3 circonscriptions où le M’PEP présente ses candidat-e-s et où le Front de gauche n’a, quoiqu’il arrive, aucune chance d’être élu.

 
 

Michèle DESSENNE : éléments biographiques


Je suis née en 1953, d’une famille ouvrière originaire du Pas-de-Calais et de Picardie. Installés en banlieue parisienne, mes parents y ont construit leur vie après avoir résisté activement à l’occupation allemande. Ils m’ont transmis les valeurs de ceux qui combattent, de génération en génération, contre l’exploitation et la barbarie.

J’ai donc vécu en Seine-saint-Denis, comme des dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui y ont trouvé logement et travail. Durant ces fameuses années des « 30 glorieuses » l’emploi ne manquait pas, des enfants d’ouvriers et d’employés pouvaient suivre des études tout en travaillant.


J’ai suivi des études de psychologie et de sciences de l’éducation, aux côtés de celles et ceux qui suivaient des cours le soir et le samedi. La journée, je travaillais dans une maison de jeunes et de la culture, dans une cité populaire, en intérim dans des supermarchés ou comme dactylo. Puis je suis devenue salariée sociétaire d’une scop (société coopérative ouvrière de production) dans le secteur de l’industrie graphique. Une entreprise où les salariés décident de leur sort car ils en sont les propriétaires, sans actionnaires et sans patron.

Je sais, par conviction et par cette longue expérience, que les travailleurs ont toutes les capacités pour s’organiser collectivement, exercer leur métier, se former et décider.

Très tôt je me suis engagée dans des mouvements féministes et associatifs. Membre d’une association de parents d’élèves, j’ai mené des luttes contre la fermeture de classes et d’écoles.

En 1998, j’ai contribué à la création de l’association Attac contre la dictature des marchés financiers. Elue secrétaire générale bénévole de cette association, j’ai participé à la campagne du NON au Traité constitutionnel européen de 2005. Une victoire qui a rassemblé 55% des Français au grand désespoir des médias, des partis politiques dominants, du Medef et de l’Union européenne ! Car le peuple français a alors fait irruption et a refusé que la souveraineté populaire et nationale soit jetée aux poubelles de l’histoire.


Mais notre NON a été trahi, vous vous en souvenez, par les députés et sénateurs de l’UMP, du Centre, du PS et des Verts qui nous ont imposé le Traité de Lisbonne.
Cela sert de leçon ! Pour agir, l’engagement politique est indispensable. C’est la raison pour laquelle il est temps de relever la tête, de refuser la peur, d’avoir le courage d’affronter tous les adversaires qui piétinent nos droits, nos vies, celles de nos enfants et de nos parents. Pour reprendre ce qui nous est volé depuis ces trente dernières années. Pour construire une société d’égalité, de plein emploi, de solidarité.
Ce que le politique, en France et par l’Union européenne, nous impose : creusement des inégalités, délocalisations, chômage, précarité, bas salaires, recul de la protection sociale, départ à la retraite repoussé, appauvrissement des services publics (hôpital, éducation), privatisations (poste, énergie), austérité, ne peut être changé que par l’engagement politique de nous tous. L’histoire, la mémoire des anciens, nous rappellent que ce sont les luttes ouvrières, syndicales, collectives qui nous ont permis d’acquérir des droits sociaux et politiques. Aujourd’hui, le système financier mondialisé basé sur le libre-échange montre sa vraie nature : il a pour objectif de mettre à genoux les salariés, de les contraindre à tous les sacrifices pour que les gros actionnaires deviennent encore plus puissants et plus riches.
Ils veulent moins d’Etat, moins de citoyens actifs. Ils veulent nous faire croire que rien ne peut changer vraiment. Ils veulent nous écoeurer de l’engagement politique. Ils préfèreraient que nous n’allions plus voter. Ainsi ils auraient les mains encore plus libres.
Le peuple grec, le peuple italien a désormais un gouvernement nommé par l’Union européenne. Nous sommes nombreux à avoir compris que si nous les laissons tranquilles, le peuple de France sera soumis à la même dictature. La politique c’est ce que nous sommes capables d’en faire. Ne la laissons pas aux autres, agissons !
C’est ainsi que je suis devenue une militante du M’PEP. Ce qui me donne la force de présenter ma candidature aux élections législatives, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais.


Ma candidature porte 5 idées fortes :
- la démondialisation,
- la sortie de l’euro et de l’Union européenne,
- la réindustrialisation,
- le droit opposable à l’emploi pour toutes et tous
- la transition écologique du mode de production et de consommation.


Ce sont des idées de gauche, celles d’une gauche courageuse qui ne veut pas laisser l’extrême droite prospérer sur la misère et le désespoir, qui a pour objectif de remettre le peuple au coeur de la politique et de la société.
Quand nous savons d’où nous venons, nous n’avons ni le droit de nous taire ni celui de laisser faire.

 
 

Jean-François MAISON, SUPPLÉANT DANS LA 11e CIRCONSCRIPTION DU PAS-DE-CALAIS


Jean-François Maison
53 ans
Deux enfants
Assistant social en milieu hospitalier depuis 25ans, fils et petit-fils de mineur, Jean-François Maison est issu pour une part de l’émigration ouvrière polonaise en France.
Après avoir été militant associatif pour la défense du milieu et du paysage minier, Jean-François Maison a rejoint le PCF en 1995 sur la base du mouvement social de décembre, qui fut la première grande lutte contre les conséquences désastreuses du Traité de Maastricht.

J.-F. Maison s’était également engagé à la même époque dans un comité de vigilance antifasciste qui a amené la condamnation et l’inégibilité d’élus d’extrême-droite qui appelaient ouvertement à des discriminations sur des bases ethniques et religieuses.


Secrétaire de la section de Lens du Pôle de Renaissance Communiste en France depuis 2004, Jean-François est membre de la direction nationale du PRCF*.
Il a participé à tous les mouvements sociaux de résistance à la casse de la sécurité sociale (1993), à l’instauration du CPE (2006), à la casse des retraites (2003, 2010), notamment aux blocages de l’automne 2010.


Syndiqué, Jean-François Maison s’est activement engagé dans toutes les luttes contre les délocalisations industrielles et contre la destruction des services publics, et notamment celle du Centre Hospitalier de Lens.


Jean-François Maison est également membre actif d’une association de défense de la langue française contre l’invasion du tout-anglais utilisé comme langue élitiste des affaires par le grand patronat.


Fidèle à la fois au drapeau rouge international des ouvriers et au drapeau tricolore de la Révolution française, il est à la fois un patriote républicain et un internationaliste antifasciste convaincu.

Il milite pour le respect des libertés communales et contre la mise en place forcée d’ « europôles » et d’ euro-régions qui détruisent la démocratie et délitent le territoire national.
L e PRCF est une organisation ouverte à tous les communistes ; il milite pour que renaisse un vrai parti communiste en France. Le PRCF prône une rupture progressiste de la France avec l’euro et avec l’Union européenne du capital. Il appelle les progressistes à s’unir sur les fondamentaux du Conseil national de la Résistance (indépendance nationale et coopération internationale, antifascisme et antiracisme, progrès social, nationalisation des secteurs clés de l’économie, réindustrialisation du pays sur la base d’un puissant secteur public) et il appelle à sortir du capitalisme et à agir pour une société socialiste.

 
 

VERS LA RENAISSANCE DE L’ÉTAT-NATION
Texte de Dani Rodrik*, professeur en économie politique internationale à l’Université de Harvard (États-Unis), publié le 16 février 2012 sur La Tribune.fr et diffusé par le M’PEP.


Le 10 mars 2012.
Introduction
L’un des mythes fondateurs de notre ère est que la mondialisation aurait relégué l’État-nation au rang de figurant. Les frontières se seraient volatilisées, dit-on, en raison des bouleversements du transport et des communications qui auraient rétréci le monde. Les nouveaux modes de « gouvernance », s’étalant des réseaux transnationaux de régulateurs aux organismes de la société civile internationale, en passant par des institutions multilatérales, transcenderaient et remplaceraient les législateurs nationaux. Dés lors, pour beaucoup d’observateurs, les décideurs politiques des nations seraient en grande partie impuissants devant les marchés mondiaux.
La crise financière mondiale a démonté ce mythe. Qui donc a remis à flot les banques, réamorcé la pompe des liquidités, pris le virage de la relance budgétaire et donné aux chômeurs un filet de sécurité empêchant ainsi que tout ne vire à la catastrophe ? Qui est en train de réécrire les règles de surveillance et de règlementation des marchés financiers afin d’éviter que cela ne se reproduise ? Qui est le plus souvent tenu responsable de tout ce qui ne tourne pas rond ? La réponse est la même partout : les gouvernements nationaux. Le G-20, le Fonds monétaire international et le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire n’étant en majeure partie que des spectacles d’apparat.
Pour l’instant, les gens doivent se tourner vers leurs gouvernements nationaux pour des solutions, ce qui demeure l’action collective la plus porteuse d’espoir. L’État-nation est sans doute un anachronisme hérité de la Révolution française, mais c’est le seul instrument dont nous disposons.
Même en Europe, où les institutions régionales sont relativement fortes, c’est l’intérêt national et les décideurs publics nationaux, incarnés principalement par la chancelière allemande Angela Merkel, qui domine le processus de formulation des politiques. Si Merkel était moins entichée des mesures d’austérité pour les pays européens surendettés et si elle réussissait à convaincre l’électorat de son pays de la nécessité d’une autre approche, la crise de la zone euro se déroulerait de façon bien différente.
La fin du laisser-faire
Pourtant, même si l’État-nation perdure, sa réputation est en piètre condition. Le concept fait l’objet d’attaques théoriques sur deux plans. La première critique provient d’économistes qui jugent que les gouvernements font obstacle à la libéralisation des échanges commerciaux, des flux des capitaux et des mouvements des populations dans le monde entier. D’après eux, la restriction des interventions règlementaires et tarifaires des instances nationales permettra aux marchés mondiaux de s’ajuster, créant du même coup une économie mondiale plus intégrée et plus efficace.
Mais qui dictera les règles et règlements de marché, sinon les États-nations ? La politique du laissez-faire est une recette idéale pour répéter les crises financières et amplifier les répercussions politiques. Il faudrait par ailleurs confier la politique économique aux mains de technocrates internationaux, isolés comme ils le sont des tractations quotidiennes de la politique, une position qui limite sérieusement la démocratie et la responsabilité politique.
Bref, l’idéologie du laissez-faire gérée par des technocrates internationaux ne constitue pas une alternative plausible à l’État nation. En fait, ultimement, les échanges commerciaux ne profiteront pas de l’érosion de l’État-nation tant que des mécanismes viables de « gouvernance » internationale ne sont pas en place.
La fin des frontières ?
La deuxième critique provient de certains éthiciens internationalistes qui jugent artificielles les frontières nationales. Comme le philosophe Peter Singer l’a énoncé, la révolution des communications a engendré un « auditoire planétaire » qui construit l’assise d’une « éthique mondiale ». Lorsque les personnes s’identifient à la nation, leur code moral demeure national. Mais, s’ils tissent des liens de plus en plus serrés avec ce vaste monde, leur attachement aux valeurs internationales croîtra également. De son côté, Amartya Sen, prix Nobel d’économie, parle d’identités multiples – ethniques, religieuses, nationales, régionales, professionnelles et politiques, la plupart d’entre elles traversant les frontières des pays.
Il y a quelques années, une grande enquête mondiale sur les valeurs a fait un sondage dans un grand nombre de pays à propos des liens que les gens entretiennent à l’échelle régionale, nationale et mondiale. Sans surprise, ceux qui se considéraient comme citoyens nationaux dépassaient de beaucoup ceux qui se voyaient comme des citoyens du monde. Un résultat encore plus surprenant, l’identité nationale a même éclipsé l’identité régionale aux États-Unis, en Europe, en Inde, en Chine et dans bon nombre d’autres pays.
Les mêmes sondages montrent que les personnes les plus jeunes, les plus éduquées et celles qui disent appartenir aux classes supérieures tendent plutôt à tisser des liens avec le monde entier. Néanmoins, il est difficile de trouver un segment démographique pour lequel l’attachement à la communauté internationale l’emporte sur l’amour de la patrie.


Malgré leur amplitude, les baisses des coûts du transport et des communications n’ont pas fait disparaître la géographie. En général, les activités économiques, sociales et politiques se regroupent sur la base de préférences, de besoins et de trajectoires historiques qui varient selon les régions du monde.
La distance géographique est un facteur déterminant des échanges économiques qui importe autant qu’il y a cinquante ans. Il semble même que l’Internet ne soit pas si cosmopolite qu’on le pense : une étude a démontré que les Américains sont plus enclins à consulter des sites Web de pays qui sont physiquement proches que de régions éloignées, même en tenant compte de la langue, du revenu et d’une longue liste d’autres paramètres.


Une nouvelle conscience planétaire


Le problème est que nous sommes encore sous l’emprise du mythe du déclin de l’État-nation. Les dirigeants politiques se disent impuissants, les intellectuels inventent des plans de « gouvernance » mondiale peu plausibles et les perdants du système jettent de plus en plus le blâme sur l’immigration ou les importations. Toute proposition pour redonner le pouvoir d’intervention à l’État-nation fait généralement fuir les gens respectables, comme si elle pouvait ramener la peste au pays.
Il est certain que la géographie des liens et des identités n’est pas immuable ; elle a en fait évolué au cours de l’histoire. Ce qui signifie qu’il ne faut pas rejeter d’emblée l’avènement possible d’une véritable conscience planétaire accompagnée de communautés politiques transnationales.
Mais il est impossible de faire face aux enjeux contemporains avec des institutions qui n’existent pas (encore). Pour l’instant, les gens doivent se tourner vers leurs gouvernements nationaux pour des solutions, ce qui demeure l’action collective la plus porteuse d’espoir. L’État-nation est sans doute un anachronisme hérité de la Révolution française, mais c’est le seul instrument dont nous disposons.


(*) Dani Rodrik, professeur en économie politique internationale à l’Université de Harvard, est l’auteur de The Globalization Paradox : Democracy and the Future of the World Economy (Le Paradoxe de la globalisation : démocratie et avenir de l’économie mondiale).

 

 
 

 

Disparu le 2 février 2011 à l'âge de 79 ans, le comte Jean Dominique de la Rochefoucauld,

héritier d'une prestigieuse famille française devenue, pour plusieurs de ses membres, dont lui-même, proche du Parti communiste, avait mené une brillante carrière de scénariste et réalisateur.

Epoux de la productrice Michelle Podroznik, "la comtesse rouge", père de la comédienne

-Sophie de La Rochefoucauld, engagée auprès du Front

de Gauche, et de la réalisatrice Claire de la Rochefoucauld, il avait travaillé avec Rossellini - un hommage lui sera rendu mercredi 9 février 2011 en l'Eglise Saint-Roch à Paris

 
 


Le nom de La Rochefoucauld reste celui du château fortifié toujours accessible aux visites, en surplomb de la vallée de la Tardoire à 24 kilomètres au nord-est d’Angoulême. C'est là que Foucauld, père de l’évêque de cette cité située aux confins du Poitou et de l'Aquitaine, avait construit, autour de l’an mil, sa maison sur une roche devenue, au fil du temps, « La Roche à Foucauld ».

 

Résidence d’une lignée particulièrement illustre à la Renaissance par ses attaches avec les rois de France successifs, le château représente le geste ambitieux et original d’une très ancienne famille noble.

François I baron de La Rochefoucauld, conseiller de Charles VIII et de Louis XII, avait été le parrain du roi François 1er et lui avait donné son prénom.

François II de La Rochefoucauld succède à son père en 1517, il épouse Anne de Polignac l’année suivante. En 1528, le roi érige en sa faveur la baronnie en comté.

Construit à partir de 1520, l'édifice est cerné de hautes tours rondes, dont les plus anciennes forment le châtelet d’entrée qui défend l’ancien pont-levis du côté du plateau – les autres du XVe siècle couronnées de mâchicoulis et coiffées de combles particulièrement aigus évoquent les châteaux du duc de Berry idéalisés par les miniatures des « Très riches heures » particulièrement la grande tour de la chapelle. La façade sud montre la même corniche, mais les croisées et les lucarnes sont encadrées de simples cordons, d’une mouluration encore gothique. Il est vraisemblable que les travaux commencèrent par celle-ci. Au milieu, dépassant fortement le niveau des combles, une vaste tour d’escalier de plan carré, incorporée dans le bâtiment, offre au contraire une travée de fenêtres à pilastres ; les arêtes de ses étages supérieurs dont soulignées par des pilastres d’ordre toscan.

Le donjon est haut de 33 mètres. La base est du XIIe siècle réhaussée au XVe et coiffée de mâchicoulis. Les surélévations successives ainsi que les eaux de la Tardoire ont miné les fondations du donjon qui s’est effondré en 1960. Il est encore bien visible sur l'ancienne carte postale ci-dessous.
A gauche en entrant se trouve l’aile du XVIIIe siècle. Celle-ci remplace une aile antérieure probablement du XVIIe détruite par un incendie, les arcatures du rez-de-chaussée rappellent

 

 

celles des galeries Renaissance. C’est ici que réside actuellement la famille de La Rochefoucauld, toujours propriétaire du château.

Dans les jardins, au sud, une vasque en marbre de Carrare de forme octogonale orne un parterre ; cette vasque provient du château de Gaillon et avait été offerte au cardinal d’Amboise par la République de Venise au début du XVIe siècle.
Tout récemment, les visiteurs pouvaient encore y être accueillis dans toutes les règles de la vieille courtoisie française par Sonia Matossian, proriétaire des lieux, mère de François Alexandre de La Rochefoucauld né en 1958.

Il n’est guère de pages de l’histoire de notre pays où l’on ne croise des La Rochefoucauld. Aénor de Châtellerault (de La Rochefoucauld ), mère d’Aliénor d’Aquitaine. - François de La Rochefoucauld, parrain du roi François 1er. - François II et Anne de Polignac à qui nous devons l’actuelle partie Renaissance du château.- François III de La Rochefoucauld, converti au protestantisme, massacré à la Saint-Barthélemy.
- François V, ami de Louis XIII, revenu au catholicisme, qui voit le comté érigé en duché-pairie (lettres patentes d’avril 1622). - François VI de La Rochefoucauld, auteur des sentences et maximes morales et de ses mémoires au XVIIe siècle (voir plus loin). Mais aussi Louis Alexandre de La Rochefoucauld, député aux Etats Généraux de 1789, assassiné à Gisors en 1792. François XII de La Rochefoucauld, fondateur de l’Ecole des Arts et Métiers, introducteur du vaccin en France, co-fondateur de la Caisse d’Epargne, la duchesse de La Rochefoucauld d’Anville, femme de lettres et amie de Turgot, de d’Alembert et Condorcet.

La famille doit à la duchesse Edmée de La Rochefoucauld (1895-1991) et à sa fille Solange Fasquelle le fait de se situer aux toutes premières places de la vie littéraire et artistique au XXème siècle. Depuis l'année 2000, le Prix Edmée de La Rochefoucauld récompense chaque année un écrivain pour son premier roman. La comédienne Sophie de La Rochefoucauld a tourné dans de nombreux téléfilms dont « Plus belle la vie ».Elle est la fille de Jean-Dominique de La Rochefoucauld.

Les Maximes de La Rochefoucauld

Le duc François de La Rochefoucauld, (1613-1680), né à Paris, aristocrate et homme du monde, embrassa d'abord la carrière des armes, et se distingua, en 1629, lors de la campagne d'Italie.

Enfermé à La Bastille en 1637, puis exilé dans le Poitou pour avoir conspiré contre Richelieu, avec la duchesse de Chevreuse, il fut ensuite impliqué dans les agitations de La Fronde. Par amour, dit-on, pour la duchesse de Longueville, il avait pris parti contre Mazarin en 1648, comme il le racontera dans ses Mémoires (1662).

En 1652, gravement blessé aux côtés de Condé, il renonça aux entreprises guerrières, se rallia au roi et se retira dans ses terres. Revenu à Paris en 1656, il fréquenta alors les salons de Mme de La Fayette et de la marquise de Sévigné puis, en 1658, entreprit la rédaction de ses Maximes, publiées en 1665 sans nom d'auteur. La Rochefoucauld y dénonce, impitoyablement, les déguisements vertueux de l'égoïsme inconscient, dans une critique d'une la vertu qui n'est que l'imposture de l'orgueil - fidèle en cela à une très ancienne tradition chrétienne. Les Maximes enseignent aussi que la vie vaut d'être vécue si on respecte les règles de la sociabilité et de « l'honnêteté ».



C'est une grande folie que de vouloir être sage tout seul.

C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.


Ceux qui ont eu de grandes passions se trouvent toute leur vie heureux, et malheureux, d'en être guéris.



Comment prétendons-nous qu'un autre puisse garder notre secret, si nous ne pouvons le garder nous-mêmes.


Dans les premières passions les femmes aiment l'amant, et dans les autres elles aiment l'amour.

Dans toutes les existences, on note une date où bifurque la destinée, soit vers une catastrophe, soit vers le succès.


Il arrive quelquefois des accidents dans la vie d'où il faut être un peu fou pour se bien tirer.

Il en est du véritable amour comme de l'apparition des esprits; tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu.


Il n'y a que les personnes qui ont de la fermeté qui puissent avoir une véritable douceur.

Il ne faut pas s'offenser que les autres nous cachent la vérité, puisque nous nous la cachons si souvent à nous-mêmes.

Il ne sert à rien d'être jeune sans être belle, ni belle sans être jeune.

Il suffit quelquefois d'être grossier pour n'être pas trompé par un habile homme.



La parfaite valeur c'est de faire sans témoin ce qu'on serais capable de faire devant tout le monde.

La plus subtile de toutes les finesses est de savoir bien feindre de tomber dans les pièges que l'on nous tend, et on n'est jamais si aisément trompé que quand on songe à tromper les autres.


La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu'il faut et à ne dire que ce qu'il faut.

Le plaisir de l'amour est d'aimer, et l'on est plus heureux par la passion que l'on a que par celle que l'on donne.

Les défauts de l'esprit augmentent en vieillissant, comme ceux du visage.

Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.

Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes.

On ne peut répondre de son courage quand on n'a jamais été dans le péril.