REBELLES
L'histoire secrète des MAOS de la Gauche
prolétarienne - et ce qui s'ensuivit (1967-2008)
(suite)
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Maos, pédophilie,
pasteur Doucé assassiné, Iran, etc:
ici |
- VI -
GUERRE SECRETE A LIBE
(suite)
Nidam "manquerait
de distance" dans le traitement de l'immigration: refusé!
Et Serge July abandonne l'idée de faire faire tourner la roue de
l'histoire à l'envers.
Liquidé, le fantasme de supprimer, purement et simplement, le peuple
rebelle du clavier, avec ses filles indomptables devenues des combattantes
magnifiques...
Il échouera aussi dans l'entreprise, menée en parallèle,
de supprimer le foyer de contestation CGT du montage.
Dans cet autre secteur de l'atelier de photocomposition, mis en place,
lui aussi, à la fondation du journal, à l'aide de la nouvelle
technique offset supprimant le plomb, et ses "typos",
Libération avait d'abord - ô modernité...- commencé
à prolétariser de petits intellectuels militants déclassés,
devenus coupeurs-colleurs de bromures au cutter, après avoir rejoint
le journal dans l'espoir d'y devenir...journalistes!
Grâce à l'action conjointe de la CGT-mao et des vieux briscards
roués de la CGT-Lancry, ils referont le chemin de leur vie dans
l'autre sens, le bon, et finiront aussi, pour nombre d'entre eux, par
"monter dans les étages" - re-qualifiés
comme secrétaires de rédaction ou rédacteurs,
sauf pour ceux qui préféreront évoluer vers des postes
techniques qualifiés , par exemple, de scannéristes...
Le tout dans le cadre du même plan minutieusement négocié,
et - Lancry le concédera, avec le sourire, aux "enragés"
formalistes que nous sommes - rédigé par écrit, signé
et contre-signé...
Mais comme il faut toujours que la petite bureaucratie, souvent trotskiste,
du journal, manifeste sa capacité à relancer, par des provocations
superfétatoires, l'action de la CGT mao de Libé, Dominique
Pouchin se dévouera, dans le rôle de l' "idiot utile",
que les Kriviniens du journal (Helvig), autant que les lambertistes (Marcelle),
lui disputent avec ardeur.
LCR bas-normand devenu chroniqueur pour Le Monde, de la "Révolution
des œillets" des capitaines rouges du Portugal, et passé,
pour ce faire, du soutien du progressiste MFA (Mouvement des Forces Armées,
celui des "capitaines", amis de l'Angola rebelle et fossoyeurs
du fascisme colonial de Salazar), à une apologie, appuyée,
du social-démocrate anticommuniste Mario Soares, Pouchin est rédacteur
en chef, et donc chargé de la mise en œuvre, concrète,
du plan de requalification négocié, nuit après nuit,
et page par page, de débrayage partiel en grève totale...
Un poste se libère à cet instant à la rédaction,
avec le départ du responsable de la rubrique immigration, longtemps
animée par Dimitri Provis avec l'aide d'un pigiste de luxe, l'ancien
mao de Lyon Jean-Louis Hurst, une superbe plume au service d'une âme
forte, qui ont notamment réalisé un suivi plus qu'honnête
des longues grèves d' immigrés des foyers Sonacotra, prolongement
de l'action des maos du MTA...
Le poste de rédacteur "immigration" - un des
thèmes forts du journal, encore, à l'époque - est
donc à prendre.
Priorité, selon le plan, aux candidatures venues de l'atelier -
si le profil convient, formation à l'appui, s'il le faut.
Un des meilleurs militants CGT du montage, Nidam Abdi, fils d'un intellectuel
algérien, modeste, ouvert et cultivé, double depuis longtemps
ses soirées bromure-cutter, sur les maquettes manuelles, réalisées,
debout, devant une table inclinée transparente, par des "piges"
sur la musique orientale, et notamment le raï, dont il est un des
plus fins connaisseurs - avec Gilles Millet, parolier, lui, d'une des
premières chansons à succès de Khaled.
Nidam présente donc sa candidature à Pouchin. Entretien.
Il en sort, effondré, au bord des larmes. Il vient se confier à
son délégué, au bureau du service société
sur lequel j'essaye sans grand succès, de faire pousser de la menthe,
que j'aime mâchonner, fraîche.
"Pouchin m'a dit que, pour un poste sur l'immigration, je risquais
de manquer de distance avec mon sujet. Donc, c'est non!"
Contenant, par respect pour Nidam, qui le mérite, l'immense éclat
de rire qui m'envahit, je lui réponds:
"Nidam, écoute-moi bien. Ils ont fait une boulette énorme.
Ta reconversion comme journaliste, elle est faite! Voilà ce que
tu vas faire..."
Suit un mode d'emploi, précis.
Pour que Nidam puisse le mettre en œuvre, il me faut m'imposer d'abord
un douloureux sacrifice. Je réprime l'irrésistible envie
qui me taraude, d'une adresse publique à Pouchin, pour lui demander
ce qui lui arriverait s'il avait le culot de faire le même genre
de réponse à la pulpeuse Annette Lévy-Willard, fille
d'une grande famille juive de la gauche progressiste et républicaine,
passée par les gaies réunions d'appartement de VLR, puis
du MLF, liée, depuis, au fils d'une riche lignée de diamantaires
d'Anvers...Pouchin oserait interdire à une juive, ou à un
juif, d'écrire sur Israël, ou sur Auschwitz, par "manque
de distance avec le sujet"...
La réponse est connue d'avance, s'il en avait l'imlpudence: ASSEDIC,
puis RMI jusqu'à la retraite, après une campagne de dénonciation
publique pour antisémitisme...
Mais il n'arrivera rien de tel au pauvre Dominique.
A la fin d'une carrière confortable, sinon éblouissante,
ce sympathisant actif de SOS-Racisme, "pote" de Julien
Dray et de toute la bande, deviendra même professeur de journalisme,
et , espérons-le pour lui, mais pas pour ses élèves,
d'éthique professionnelle de la presse, dans une grande école
spécialisée.
L'intérêt de Nidam, donc, a primé.
Le syndicalisme, on l'a dit, est une ascèse.
Elle impose de ne pas toujours distribuer, ou rendre, les baffes que tel
ou telle mérite...
Appliquant à la lettre les conseils de son délégué,
le jeune homme intelligent et cultivé qui-risquerait-de-manquer-de-distance-avec-son-sujet
rédige un petit texte, très simple. Il y décrit les
faits, restituant les paroles, à la virgule près. Et s'abstient
de toute exagération, de toute pique, de tout commentaire...
C'est l'émeute...Style Libé (verbale...)
Réunion sur réunion, et le fils d'immigré, victime
d'une forme peu ragoûtante d'interdit professionnel,
se voit prier de revenir, très vite, dans le bureau du rédacteur
en chef.
- "Ce coup-là, Nidam, il faut que ça prenne le
caractère d'une démarche officielle, avec une dimension
juridique, esquissée, mais bien présente. Il faut qu'un
délégué t'accompagne...Mais ne dis rien à
Pouchin, on va continuer à la jouer cool, c'est ce qui marche..."
Il ne dit rien. Il a confiance.
A l'heure prévue, de sa bulle vitrée, spacieuse et agréable,
l'homme de la "juste-distance-avec-le-sujet"
distingue l'infernal "Polo" dont les larges épaules
se profilent deux mètres, pas moins, mais pas plus, derrière
Nidam...Sans un mot de commentaire, nous entrons. Lui, d'abord.
Je ferme la porte derrière nous.
"Je ne vois bien sûr aucun inconvénient à
ce que tu te fasses accompagner, Nidam, c'est bien normal, attaque
l'ancien de la Ligue...
- "Troskiste un jour, trotskiste toujours", cet ancien
journaliste de Rouge, l'hebdomadaire de Krivine, par ailleurs brave garçon,
et journaliste acceptable, sans plus, à ses moments perdus, se
lance alors, sans qu'aucun de nous deux n'ait encore ouvert la bouche,
dans un long développement dialectico-jésuitique - du Trotsky
tout craché, revu style Serge July...
Il y apparaît que Pouchin n'est "pas raciste",
il ne l'a jamais été, il le dit parce qu'il le dit, et il
le sait, parce qu'il le sait...Mais il comprend qu'il a "pu avoir
des mots inappropriés, ou même maladroits"...Et
que Nidam, qu'il "aime beaucoup", et respecte, "infiniment"
ait pu "interpréter comme raciste", ce
qui, bien sûr, ne l'était pas.
Partageant avec le laborieux plaideur du jour la conception de l'information
dont il a fait son étendard, en arrivant du Monde à Libération,
"l'info avant tout, priorité aux faits sur le commentaire,
et le bavardage", et ayant même soutenu son idée
de créer, au service société, "un GIGN de
l'info", je lui épargne, par générosité,
mais aussi par tactique, tout commentaire.
Nidam le prend , comme convenu, tout en douceur, et j'opine du bonnet.
Avant d'enchaîner, sans m'essuyer les pieds sur le penaud réd-chef
de Libé plus que nécessaire, sur l'idée que "raciste,
tout le monde peut l'être, personne n'est immunisé contre
une mauvaise pensée, ou un mot de trop, même pas Nidam, et
surtout pas moi...Mais l'important est d'en sortir et de déboucher
sur une issue positive...Un poste de reclassement de journaliste
pour le monteur CGT Nidam Abdi, touché, comme les autres, par la
restructuration technique de son secteur de travail, et le plan, négocié,
de reconversion de tous en interne, et qui a prouvé, dans les faits,
par ses piges, ses qualités d'écriture, sa rigueur dans
l'enquête, et sa capacité à traiter bien d'autres
sujets que sa spécialité de départ, le raï,
cette musique d'immigrés, qu'on peut conchier - mais qui est avant
tout de la musique..."
Nidam intègre donc la rédaction, comme journaliste salarié,
de plein droit, à plein temps, avec carte de presse, au service
culture...
Son histoire, connue de tous les journalistes parisiens, mais jamais publiée,
même dans les innombrables livres ou papiers sur Libé, y
compris par exemple sous la plume des bourdieusiens "politiquement
corrects" Halimi ou Rimbert, illustre mieux que tout autre ce
que fut la guerilla mao de la CGT-Libé.
Germaine, prostituée juive d'Alger, du standard
à la rédaction, avec la CGT-keffieh
L'affaire Nidam s'inscrit dans un tableau d'ensemble.
Ele complète harmonieusement la bataille menée, quelques
temps auparavant, en faveur de Germaine, la standardiste du journal. Cette
ancienne prostituée juive d'un grand bordel de l'Alger colonial
où elle avait été "maquée",
à 16 ans, a pu accéder, avec l'aide d'un client fortuné,
très amoureux, au statut de "fille libre" dans
le quartier de La Madeleine à Paris, puis de standardiste à
Libé, et "pigiste" spécialisée
dans la défense des animaux, à l'image de sa grande amie
Brigitte Bardot.
Comme elle l'évoque dans un de ses livres, "Animal Zone",
(Presses de la Renaissance, 1993), la rédaction, où beaucoup
affirment l'adorer, fait la gueule le jour où le statut de journaliste
salariée lui est enfin officiellement accordé. Plus toute
jeune, et pas vraiment "branchée", cette femme
au lumineux sourire, et à l'énergie formidable, finit par
afficher sur un grand placard mural ses remerciements au CGT-iste qui
avait débloqué sa situation en l'installant, "à
force ouverte", et sans l'autorisation d'aucun chef, devant
une machine à écrire et un bureau - elle se morfondait depuis
6 mois dans un coin de couloir...
"Polo, il est ce qu'il est, mais lui au moins, il a des
couilles".
Venant d'une femme comme elle, qui, en plus du reste, n'appréciait
pas trop les grand keffieh palestiniens à damiers noir et blancs
souvent portés au cou par les CGTistes du journal, valait son pesant
d'or...
Il est juste, tout de même, de dire que, sans d'autres facteurs
qu'on va survoler rapidement, l' affaire Nidam, dont le héros,
devenu parfait symbole, resté longtemps fidèle à
son syndicat, et toujours aujourd'hui, qu'on sache, à son ex-délégué,
mais maintenant loin de cet univers, et du journal, n'aurait pas cimenté,
comme elle l'a fait, après la défense de Hamoda, puis de
Germaine, notre implantation y compris dans les étages supérieurs
des "sachants" (à la rédaction). Ces
luttes, qui ont desserré l'étau, ne nous auraient pas suffi
pour prendre la majorité au Comité d'Entreprise, avec comme
secrétaire un tandem, formé, en alternance, par le conteur
de cette histoire, et l'ancien plombier maoiste de Vive La Révolution
Michel Chemin, "établi" comme O.S dans les Hauts
de Seine, puis journaliste sportif à Libération sous la
houlette d'un fils de russes blancs à tignasse blonde, prof de
gym puis porteur de films à l'imprimerie, puis journaliste, et
chef de service, Jean-Pierre Delacroix. Un Grand Monsieur.
Quand à ceux qui voudraient que nous allions
"sucer des bites en Pologne"...
Nous n'aurions jamais été jusque-là sans avoir tiré
toutes leçons de l'expérience du Comité de
Lutte Renault, et concentré longtemps et patiemment notre
action sur le salaire - avec une longue bataille de plusieurs années
sur le treizième mois, conclue, elle aussi, par
une victoire totale. Débrayages, pétitions,
prud'hommes, grèves, et en point d'orgue un discours au canon du
délégué CGT, liant la chose avec une polémique
en cours sur Solidarnosc, dont nous portons le badge, et Gdansk:
"Pour le treizième mois, donc, voilà. Je
crois que j'ai parlé clair. Mais quant à ceux qui nous suggèrent,
en roulant un peu des mécaniques, d' "aller
sucer des bites en Pologne", nous n'avons qu'une chose à
leur dire, ou plutôt deux: à la CGT, nous suçons
les bites que nous voulons, où nous voulons, quand nous voulons...Mais
personne ne pourra jamais nous obliger à le faire!"
Tonnerre d'applaudissements!...Du jamais vu...Béni d'un petit talent
d'écriture, et très à l'aise, comme orateur, à
l'issue d'expériences nombreuses, et variées, je n'avais
jamais eu l'expérience de pareille ovation, prolongée -
dans une salle comble, et pas gagnée d'avance.
July fait une sale tronche, il sait, comme nous, que nous avons gagné
d'un coup 15% de voix de plus aux prochaines élections de délégués
du personnel. Les deux lobbies "homo" et "travelo"
sont à nous pour toujours - et même les pédophiles,
influents dans le journal. Le syndicalisme, c'est ça:
c' est une ascèse, on l'a dit, et c'est l' "esprit guerrier",
le "vice" de la guerre, où tous les coups sont
permis, s'ils payent - si le mot "coup" n'est pas,
dans ce contexte, vulgaire...
Les "bites en Pologne", qui méritent
une petite place dans le Maîtron, le dictionnaire de référence
du mouvement ouvrier, nous rendent plus populaires, chez les journalistes,
que les efforts faits, avant, pendant, et par la suite, pour ouvrir à
la guerilla le "front de l'information",
dans une action combinant les "percées" personnelles,
d'une poignée de sympathisants de la bande, et le travail des petits
réseaux maos de renseignement, mis en place autour de Dominique
Orsoni, l'ami corse de cet exceptionnel artiste, Grand Maître de
la "guerre des mots", que fut Jacques Vergès.
"Vive la Crise!" - ou quand Serge July
cire les escarpins vernis de Philippe de Villiers
La première étape de cette lutte clandestine,
zébrée de brefs éclairs à la surface des pages,
nourrie, à l'occasion, de la manipulation sans vergogne de journalistes
"benêts", ravis de recevoir directement ou indirectement
de nous la becquée, avant de recueillir la gloire de la signature,
fut, en 1984, le scandale de "Vive La Crise". Ce
supplément de Libé combiné avec une émission
de télé, réalisé avec la complicité
d'intellectuels et de financiers "amis du du journal",
membres de la fameuse Fondation Saint Simon, vante les
mérites de la "destruction créatrice des emplois",
ainsi les vertus thérapeutiques de la désindustrialisation
et du chômage dans une "société bloquée",
victime de la sclérose de "ces crétins d'électeurs
de base", et du "conservatisme syndical"...
Il était difficile d'affronter de plein fouet une entreprise d'un
tel cynisme, dotée de moyens puissants, qui paye, d'un seul coup,
le ticket d'entrée de Serge July dans la basse-cour de l'Elysée,
sur les plateaux de télé, puis à Europe et RTL.
Mais l'occasion se présenta tout de même de déstabiliser
quelque peu les responsables de cette mauvaise action, et Serge lui-même,
avec la révélation, dans un texte interne du journal, de
la véritable personnalité de Philippe De Villiers
- présenté comme un "nouvel entrepreneur
culturel", très loin de la politique, et proche
de la "deuxième gauche"...
par le journal préféré du nouveau "pouvoir
rose", avec l'appui d'une grande chaîne de télé,
et de ce qui restait encore d'Yves Montand, chantre de cette opération
de propagande malsaine sur le petit écran.
Les réseaux arabo-gitano-maoistes de l'affaire du
commissaire Jobic
Suite colonne de droite
(noire) ici |
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(Georges Ibrahim Abdallah:
suite del'éditorial du 9 mai 2009
ici)
Né le 2 avril 1951 à Kobayat, dans le nord du Liban,
Georges
Ibrahim Abdallah a grandi dans ce pays à l'époque
la stratégie impérialiste consistait à provoquer
les affrontements communautaristes, alors que les luttes sociales
fleurissaient,parallèlement au soutien à la Résistance
palestinienne, au début des années 70. A la veille
de la guerre
civile de 1975, les « ceintures de la misère »
autour de Beyrouth, les villes et les villages du Sud et les camps
de réfugiés incarnent les enjeux locaux, régionaux
et
internationaux du mouvement révolutionnaire...
C'est cette réalité de lutte, de résistance
et de
sacrifice qui a construit la conscience politique de
Georges Abdallah et déterminé son engagement
révolutionnaire. Face aux massacres de masse, La
Quarantaine, Naba’a, Tal Azza’atar, Sabra et Chatila,
il choisit de rejoindre la résistance palestinienne, en adhérant
au Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP).
Il est blessé lors de la résistance à l'invasion
sioniste du Sud Liban en 1978. C'est alors que naissent les Fractions
Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL), qui vont
entrer en action sur le sol européen. Exécution, le
18 janvier 1982, du
colonel Charles Ray, attaché militaire à l'ambassade
des Etats-Unis à Paris, exécution, le 3 avril 1982,
de Yakov
Barsimantov, responsable du Mossad et secrétaire en
second à l'ambassade sioniste à Paris.
La police de François Mitterrand arrête Georges
Abdallah le 24 octobre 1984 à Lyon, pour détention
de vrais-
faux papiers d'identité, dont un passeport délivré
légalement par les autorités algériennes, et
doit bientôt prendre l'engagement auprès du gouvernement
algérien de
le libérer rapidement.
Poursuivi également pour simple détention d'armes
et d'explosifs, il est condamné à quatre
années de détention, le 10 juillet 1986, et ne fait
pas appel.
Les États-Unis se constituent alors partie civile contre
lui,
et le président américain Reagan en personne aborde
le sujet lors d'une rencontre avec Mitterrand.
Entre temps, en 1985-1986, des
attentats faisant de nombreuses victimes (13 morts
et plus de 300 blessés) sont commis à Paris. Ils sont
revendiqués par le CSPPA (Comité de Solidarité
avec
les Prisonniers Politiques Arabes). Celui-ci exige la
libération d'Anis Naccache (1), et d'autres détenus
politiques, dont Georges Ibrahim Abdallah.
Ces attentats sont commis
par un réseau financé par l'Iran, engagé contre
la France "socialiste" dans une impitoyable "guerresecrète"
pour l'obliger à appliquer l'accord Eurodif, par lequel téhéran,
à l'époque du shah, s'était engagé à
co-financer un vaste complexe nucléaire, à Pierrelatte,
dans la Drôme, en échange de promesses de livraison
d'uranium enrichi. Cette "guerre secrète",
dans laquelle vont s'inscrire également les captures
d'otages français au Liban, a aussi pour enjeu de faire payer
à la
France d'avoir poussé l'Irak à attaquer l'Iran. Un
de ses épisodes les plus spectaculaires sera la disparition
ciminelle du pasteur Joseph Doucé, le "pasteur des
pédophiles" (et d'autres minorités sexuelles
rares...), fin connaisseur des secrets les plus intimes du tout-Paris
pervers, et socialiste, à qui ses ravisseurs espèrent
arracher des informations "sensibles" permettant
de fair céder le garde des Sceaux Pierre Arpaillange, proche
de la CIA de l'époque comme des Israéliens, qui a
l'impudence et l'imprudence de refuser au satrape de l'Elysée
la libération de Naccache, promise à l'Iran comme
"cerise sur le gateau" alors que l'essentiel
de la négociation est en voie de conclusion et les "virements
Swift" déclenchés en direction de Téhéran,
à la suite d'un discret voyage à Genève de
Jean-Claude Trichet flanqué de Jean-Charles Marchiani (qui
a su gagner la confiance du Hezbollah et des services de renseignement
iraniens grâce à concours de son ami, l'intrépide
chrétien du Liban Iskandar Safa, et a pu récupérer
les otages vivants, pistolet au poing, dans les sous-sols d'un grand
hôtel de Beyrouth...)
C'est dans ce contexte, alors que Georges-Ibrahim
Abdallah est incarcéré depuis plus d'un an, que la
Direction de la surveillance du territoire (DST)
annonce la « découverte » d'une arme
dans un
appartement loué en son nom, prétendant que celle-
ci a été utilisée dans l'attentat contre le
colonel
Ray et le terroriste sioniste Barsimantov.
Le 1e mars 1987, les autorités françaises
jugent une seconde fois Georges Ibrahim Abdallah
sur la base de cette saisie miraculeuse. Un verdict de
condamnation à perpétuité est prononcé
bien que le
procureur général n'ait requis qu'une peine de dix
ans d'emprisonnement.
En prison, Georges Abdallah continue à
défendre la cause des peuples opprimés. Il adhère
à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui
réunit dans une communauté de lutte une centaine
de prisonniers révolutionnaires, communistes,
anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes. Il participe
aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers
révolutionnaires en Turquie.
En août 2002, en solidarité avec les
prisonnières palestiniennes détenues à Neve
Tirza,
en grève de la faim pour dénoncer les humiliations
quotidiennes dont elles font l'objet dans les geôles
sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs
dizaines de prisonniers détenus à Moulins refusent
le
repas de l'administration pénitentiaire.
La campagne pour défendre Georges-Ibrahim,
défendu par l'avocat anti-impérialiste Jacques Verges,
est juste. Il est dommage que certains de ses jeunes partisans français,
naïfs et sévèrement infiltrés par la DST
comme par le Mossad, aient parfois cru utile d'amalgamer sa cause
et celle des anarcho-maoistes d'Action Directe, également
emprisonnés depuis de trop longues années,
alors que ceux-ci, qui méritent, certes, eux aussi, avec
le temps, d'être remis en liberté, s'avèrent
incapables de la moindre autocritique sur des pratiques caricaturales
et délirantes de "lutte armée"(complètement
coupée de tout travail de masse au sein du peuple, à
l'opposé de la théorie maoiste de la guerre populaire
prolongée (gpp), et donc propice aux infiltrations,
manipulations et provocations de toute nature, qui par
les Israéliens, agissant par l'intermédiaire de la
douteuse mouvance anarcho-sioniste, toujours vivace, ou de l'ultra-gauche
antisémite, également manipulée, qui par
les Iraniens encore (assassinats, téléguidés,
du P-dg François Besse et du général Audran
liés à une faction pro-Israël des lobbies de
l'armement, et du nucléaire, hostile à la négociation
d'un juste compromis avec l'Iran...).
L'objectif de ceux qui infiltrent et manipulent
les Comités de Soutien à Georges-Ibrahim Abdallah
est de créer, le moment venu, les conditions d'une nouvelle
flambée de "lutte armée", dans
la conception gauchiste petite-bourgeoise du terme, détournant
la jeunesse étudiante du patient travail de masse en milieu
prolétarien sans lequel aucune forme de lutte, quelle qu'elle
soit, n'est "juste" - et servant les intérêts
bien compris du pouvoir, et d'Israël.
Cette réflexion peut s'élatgir à
une interrogation de portée plus générale,
touchant au concept même de radicalité. La radicalité,
c'est aller aux racines, toucher au fond des choses, et,dans cette
ambition, rassembler pour lutter pour des transformations réelles
concernant l'essentiel. A l'inverse, les pouvoirs, quels qu'ils
soient, ont toujours besoin de promouvoir, en face d'eux, tout en
faisant semblant dela combattre, une "radicalité"
(guillemets) verbale, électorale, voire militaire, qui le
renforce en isolant les authentiques radicaux - ceux qui vont aux
racines. Ainsi pour la promotion, à la findes années
1970, d'Action Directe, sur ce qui pouvait apparaîre comme
les décombres du maoisme - Action Directe, couvée
dans sa ferme aux hamsters à deux pas de Cercottes, base
de la DGSE, en Sologne, puis soufflée comme une allumette...
Ainsi pour la promotion, aujourd'hui, du pitre raciste à
face noire sous la tutelle de nazis blancs de blanc, du faux-facteur
flanqué de sa riche éditrice, champion de l'électoralisme
"radical", du courant séparatiste
"indigéniste", etc.
La lutte révolutionnaire, celle
qui, armée, gagne au Népal et gagne les anciennes
zones naxalistes de l'Inde toute entière, à l'inverse
de celle quis'est autodétruite en secte, détruisant
le pays lui-même, dans les Andes des Incas, celle qui, armée,
rayonne avec le Hezbollah, et non celle qui sombre, qui sépare,
et qui isole avec Hamas, la lutte armée rassemble,
au lieu de diviser, élargissant les bases de résistance
au lieu de les rétrécir. Il en va de même
pour la résistance non armée, pas forcément
non-violente, au cœur des métropoles impérialistes,
dans le moment historique où ce vieux monde, dans la toute
dernière phase d'une agonie déjà séculaire,
frôle le seuil de "débranchement",
à l'image du vieux fasciste polonais du Neguev, que la décence
commanderait aujourd'hui de "débrancher",
comme, en son temps, le fossile de Moscou. Cette résistance-là
aussi progresse quand elle rassemble ce qui constitue alors plus
que jamais son camp. Et il existe deux conceptions
antagoniques de la lutte de classes elle-même, de la lutte
sociale dans son ensemble, celle qui rassemble et renforce
le peuple, isolant chaque jour un peu mieux ses ennemis tout en
précisant chaque jour un peu mieux les contours de leur réduit.
Mais c'est un autre débat.
8 mai 2009. Jean-PaulCruse
(1) Libanais lié aux services
secrets iraniens, accusé d'une
tentative d'assassinat sur l'ancien premier ministre du Shah
d'Iran Chapour Bakhtiar. Condamné à perpétuité
il est par
la suite amnistié par François Mitterrand et libéré
le 27
juillet 1990.
Sur Georges-Ibrahim Abdallah, lire
aussi en rubrique "Combattants
de la Liberté": ici
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"Aux hommes
libres du Liban et de la terre"
- Appel du
Parti Communiste Libanais (PCL)
29 février
2008
-Extraits-
(Des destroyers US sont en ue des côtes
libanaises, en préparation d'une nouvelle agression, étendant
encore le champ de la guerre dans la "zone des tempêtes")
"(...)Au moment où son
allié stratégique israélien noie la bande de Gaza
dans un bain de sang, après avoir tenté, à l’aide
de l’Egypte, de l’étrangler par le blocus, au moment
où ses bombardiers, made in USA, assassinent les enfants en bas
âge et détruisent les maisons sur la tête de ses occupants,
et tandis que les chefs de l’armée israélienne concentrent
leurs troupes près des frontières libanaises et que leurs
avions violent l’espace aérien libanais, au vu et au su des
représentants des Nations unies, George W. Bush axe son agression
contre le Liban : ses destroyers se dirigent, l’un à la suite
de l’autre, vers nos côtes, sous prétexte qu’il
veut soutenir le gouvernement du Liban « élu légalement
» contre ce qu’il appelle « la menace syrienne contre
le Liban ».
Cet acte agressif ne nous a pas surpris, surtout que, durant les dernières
semaines, les discours guerriers s’étaient multipliés
et des responsables étasuniens, ainsi que certains de leurs alliés
libanais, avaient annoncé des changements imminents. Sans oublier
la déclaration de David Saturnienne concernant le refus étasunien
de l’initiative de la Ligue arabe pour mettre fin à la crise
présidentielle libanaise. Cependant, et vu la scission intérieure
aiguë et, aussi, les divisions inter arabes, qui annoncent la fin
même de la Ligue arabe, cet acte guerrier risque de provoquer une
explosion qui aboutirait à pousser le Liban dans les flammes d’une
guerre civile recherchée par Israël et les Etats-Unis qui
ne pardonnent pas la défaite subie pendant l’été
2006.
Le Parti Communiste libanais voit dans la nouvelle menace étasunienne
une tentative visant à porter la terreur dans notre pays et à
liquider notre Résistance nationale, de manière à
permettre à Washington de donner un nouvel élan à
son projet radical contre la région arabe, le projet du «
Moyen Orient nouveau », dont le but est de diviser le monde arabe
en mini Etats antagonistes, afin de servir Israël déclaré
par George W. Bush « Etat des juifs de la Planète »,
tout en faisant des peuples arabes des tribus se faisant inlassablement
la guerre, tandis que les richesses que recèle leur terre sont
pillés ; surtout qu’on parle de la présence au Liban
d’une nappe de pétrole.
Le Parti Communiste libanais appelle le peuple libanais à faire
face à cette nouvelle agression étasunienne et à
empêcher la réalisation de ses objectifs.
Il revendique de la part du gouvernement présidé par Fouad
Sanioura la déclaration des Etats-Unis « Ennemis du Liban
» et le renvoi des diplomates étasuniens présents
au Liban, tout en demandant à toutes les forces politiques libanaises,
y compris celles qui avaient, à un certain moment, pensé
que les Etats-Unis allaient nous aider à recouvrer notre indépendance
et notre souveraineté, de s’unir pour sauver leur pays.
Il réitère son initiative concernant l’élection
d’un nouveau président de la République et la formation
d’un gouvernement transitoire permettant les réformes politiques
nécessaires.
Il appelle tous les peuples arabes et les peuples de la Planète,
ainsi que leurs forces vives, à de larges manifestations afin d’empêcher
cette nouvelle agression.
Il demande aux gouvernements des pays européens de la Méditerranée
une position claire concernant cette agression et, surtout, l’utilisation
par Washington des bases militaires érigées dans ces pays
dans ses buts agressifs contre un petit peuple qui a levé l’étendard
de la Résistance afin de libérer son pays et de défendre
sa souveraineté et son indépendance."
Beyrouth, le 29 février 2008
Le Bureau politique du Parti
Communiste libanais |
-
Djihad -
Hommage
à Imad Mughniyah tombé en martyr
Avant même de participer à
la création du Hezbollah, et de devenir son plus grand
chef de guerre, ami de la Palestine, il avait fait partie de
la FORCE 17 - les troupes d'élite du FATAH de Yasser
ARAFAT.
Ami de l'Iran, et des peples du monde,
combattant anti-impérialiste, antisioniste, ce musulman
révolutionnaire à la foi indomptable, plein de
courage et d'amour pour sa patrie, est entré dans l'HISTOIRE
DES PEUPLES par la plus grande porte.
Il siège parmi les plus grands
des martyrs de la lutte immémoriale pour la liberté
et la justice.
Le site Le Monde Réel, et Jean-Paul
CRUSE, personnellement, te saluent, IMAD, notre frère.
|
 |
Imad Mughniyah a terminé sa grande
histoire. Elle a marqué par sa résistance héroïque
de grand combattant, après de longues années de lutte
qui n’a pas cessé depuis sa tendre enfance, depuis que
ses yeux se sont rivés sur la Palestine et la sainte ville d’al-Qods,
jusqu’au Djebel Amil, collines sur lesquelles il se déplaçait
pour dédier à son peuple et à sa nation succès
après succès, et victoire après victoire.
Lors de la derrière agression des forces de TEL AVIV (guerre
de juillet, en 2006), il a été un des grands dirigeants.
Le couronnement de sa carrière a été cette victoire
qui a mené à la cruelle défaite de l’armée
la plus forte du Moyen-Orient.
Israël a tenté de se distancier de l’assassinat, tout
en le célébrant. Mais des voix sont apparues avertissant
que la réaction du Hezbollah ne tarderait pas:
" Au nom de Dieu, le Clément,
le Miséricordieux
« Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été
sincères dans leur engagement envers Dieu. Certain d’entre
eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils
n’ont varié aucunement (dans leur engagement).
Dans la plus grande fierté, nous annonçons qu'un commandant
parmi les grands dirigeants de la résistance islamique au Liban
nous a quittés, pour aller rejoindre les grands martyrs.
Après une vie de
djihad, de sacrifices et de réalisations, Alhaji Imad Mughniyah
(Alhaji Radwan) est tombé en martyr, tué pa les Sionistes
israéliens.
Le sang de nos dirigeants a toujours été un facteur d’élévation
pour notre résistance, pour qu’elle soit placée
au plus haut niveau, comme cela a été le cas auparavant
avec les dirigeants et deux martyrs M. Abbas Musawi et Sheikh Radwan.
Nous poursuivrons la voie de résistance jusqu’à
la victoire, si Dieu le veut.
Nous adressons à sa famille et à ses nobles combattants
de la résistance toutes les félicitations pour avoir reçu
ce degré divin élevé et nous présentons
nos condoléances pour la perte de ce cher leader bien-aimé."
(13 février 2008 - Al-Manar)
Source : http://www.manar-fr.com/module.php?page=article&id_article=1041
<http://www.manar-fr.com/module.php?page=article&id_article=1041>
REBELLES
(suite)
GUERRE SECRETE A LIBE
(suite)
Les réseaux arabo-gitano-maoistes
de l'affaire du commissaire
Jobic
Suivit l'affaire Jobic, avec une efficace autant qu'
agréable pénétration du milieu parisien de
la grande nuit arabe, favorisée par certains
des réseaux maos issus du MTA.
Ce jeune commissaire cultivé plein d'allant et d'énergie,
docteur en droit de l'université de Bordeaux avec une thèse
de référence sur l'Ordre de Malte, gaulliste arabophile
et catholique convaincu, était alors donné comme
"ripou", proxénète,
voire assassin, par une étrange coalition de la Morale.
Cette conjuration s'était agglomérée, d'un
Palais de Justice dévoyé de sa mission aux glauques
bars à putes de la rue de Budapest (Saint-Lazare), autour
de "marchands de viande fraîche" du milieu
le plus pourri des trafiquants de jeunes femmes aux journalistes
les plus cotés, donc les plus avariés, de la place
de Paris, en passant par une filière obscure d'"auxiliaires
de justice" (magistrats, avocats, etc.), devenus
les auxiliaires d'autre chose, mais aussi ambitieux qu'imprudents...
Grands amis d'Israël, en général, ils croyaient,
dur comme fer, avoir flairé, dans les égoûts
béants où ils jetaient leur gourme la piste
des connexions juteuses liant le grand milieu arabe, une vaste
tribu cosmopolite de gitans chrétiens irakiens, liés
à une chanteuse de Beyrouth, proches des services de Saddam
et de la Sécurité Militaire Algérienne, et
les "réseaux Pasqua".
Un des épisodes notables de cette énorme affaire
eut pour théâtre un bar à putes de luxe de
la rue de la Voûte, dans le XIIème arrondissement
de Paris. Il se situe juste sous l'appartement où la DST
met sur écoute, puis démantèle - juste avant
l'éclatement du "scandale Jobic" - un
réseau tunisien de porteurs de bouteilles d'Arak contenant
des explosifs d'attentats terroristes téléguidés
en sous-main par Téhéran. Tout finit par aboutir
à la relaxe, spectaculaire, suivie par une indemnisation,
confortable, et une réhabilitation, éclatante, du
jeune flic, "le Petit Prince du Quai des Orfèvres",
aujourd'hui bien relancé dans une prestigieuse carrière,
aux sommets de l'institution policière..
Une "happy end" humiliante
pour Libé, dont le seul journaliste ouvertement mao, sur
la bonne piste, et donc très vite "placardisé"
hors du dossier, avait dû publier ses révélations,
censurées rue Bérenger, dans les colonnes du magazine
"people" du fils de Régine,
Rolling Stone - une pige de luxe, payée rubis sur l'ongle...
Joseph Doucé,
"pasteur des pédophiles":
les maos CGT-Libé
aident l'Iran
Les mêmes causes produisant quelquefois les mêmes
effets, le même scénario allait se répéter,
deux ans plus tard, avec une autre affaire mettant en scène
policiers et barbouzes suspects de pratiques douteuses, plus ou
moins sexuelles, et plus ou moins sanglantes, le mystère
de la disparition du Pasteur Doucé, le "pasteur
des pédophiles", dans l'arrière-Pigalle...
Là encore, Libération ayant calé, malgré
d'infernales manœuvres du réseau mao de l'intérieur,
ce furent dans les colonnes, ô combien rivales, d'une autre
publication, l'Idiot International de Jean-Edern Hallier,
"ami de la Cause du Peuple" des années
1970, que purent être savourées une partie au moins
des révélations destinées à l'origine
au journal de Serge July...
Cette affaire de chantage sexuel très "hard",
de meurtres par étranglement, et de "suicide"
à l'essence enflammée, dans sa baignoire, d'un jeune
proxénète syrien, lié aux "moukhabarat"
(services secrets) de Damas comme à la frange
saine des RG français, et à la mouvance nationaliste,
anti-américaine et anti-israélienne, de la DGSE,
se déroula sur fond, là encore de guerre Irak-Iran.
Un très haut dignitaire de la bande Mitterrand bloquait,
au tout dernier moment, la mise en liberté du
Fatahoui libanais Anis Naccache, agent de l'Iran
incarcéré pour meurtre. Elle avait été
promise à Téhéran sur fond de conflit otages-terrorisme-nucléaire
(Eurodif).
"On " pensait que le pasteur savait des choses
coquines sur le responsable du blocage, un islamophobe atlantiste
forcené, très haut placé.
C'était urgent. Il fallait que le divin ecclésiastique
parle, il cachait des problèmes cardiaques, il mourut,
étranglé, mais Libé sortit, grâce à
nous, le scoop décisif au bon moment, faisant chuter le
"méchant" et libérer de prison le
"bon" - le R.G. du "Groupe
des Enquêtes Réservées" (G.E.R.)
de la Préfecture de Police de Paris Jean-Marc Dufourg -
un flic sans doute un peu rude, mais solide...
Inévitablement doublée d'une "bataille
de presse", reflet plus ou moins ordinaire, plus ou
moins transparent, ou translucide, d'une "guerre des
services" , cette "affaire" journalistiquement
magnifique, bousillée par tout le monde, fut l'objet d'interférences
confuses de différents réseaux, officiels ou non,
gaullistes, anti-gaullistes, pro-Palestiniens, ou anti, anti ou
pro-Iran, chinois, etc. Tous s'entraidant ou s'étripant,
au sens le plus charnel du terme, dans une mêlée
confuse, sur le sol français - sous l'œil un peu perdu
des malheureux procéduriers du Quai des Orfèvres
(Brigade criminelle), ou du Palais, confrontés aux byzantineries
indéchiffrables du G.E.R.), ou de ses cousins et faux amis
de la DCRG (Direction Centrale des Renseignements Généraux
- alors rue des Saussaies...
Ces galipettes allaient s'étendre et s'enfoncer jusque
dans les sous-sol les plus humides et les plus dangereux d'anciens
égouts, en principe murés, débouchant
sous la Seine, à portée de 357 magnum de l'Elysée.
Elles allaient bientôt rebondir en marge des "Ecoutes
de l'Elysée", et de la mort par arme
à feu du conseiller François de Grossouvre, dans
son bureau de la Présidence de la République...
Opération "Rouge-Brun"
Jobic passait, l'inspecteur Dufourg, avec sa trogne de gascon
amateur d'ortolans, de "cul" peut-être
un peu gras, et d'étrangleur rubicond - un ami... - ça
passait encore...
Mais " juste".
Rolling Stone, à la rigueur...
L'Idiot, Jean-Edern, "too much".
Trois ans plus tard, une opération de lynchage médiatique
de très grande envergure, déployée dans l'ensemble
de la presse parisienne, avec des relais jusqu'au Japon, ou en
Finlande, allait porter un coup sérieux, mais non
fatal, à notre "guerre secrète à
Libé".
Auteur d'un édito piquant de l'Idiot, où j'osais
me prononcer pour le dépassement radical du vieux clivage
droite-gauche, et la perspective d'un nouveau front uni,
sur de nouveaux clivages, dans la tradition du Front National
de la Résistance anti-nazie, et du C.N.R. de Jean Moulin,
contre la liquidation de l' "exception française"
par le biais de l'intégration européenne ou de la
"globalisation" américaine, et cela dans
une alliance "du bleu blanc rouge avec le black blanc
beur" contre l'impérialisme et le sionisme,
je fus cloué au pilori, en compagnie de mon ami Marc Cohen,
de Pierre Zarka, Francette Lazard, Jacques Dimet, et Krasucki,
tous communistes d'origine juive...Ils n'oublièrent
que Lancry...Par peur, sans doute.
Le délégué CGT-mao de Libé, donc,
cachait son jeu
- ça, c'est vrai...
Il était en réalité - ça, c'est faux...-
le satanique sorcier synthétiseur d'un nouvel O.G.M.
"rouge -brun", monstre contre nature génétiquement
engendré dans les cornues du "laboratoire"
idéologique de la place des Vosges - le bel et vaste appartement
de Jean-Edern, avec son grand piano, ses fêtes, son champagne,
Omar, Laurent, la délicieuse Jeanne Folly et la plantureuse
masseuse de l'étage au-dessus, qui descendait, à
l'occasion...
Plenel tonnait. Angeli, du Canard, pondait ses petits étrons,
puants.
Bref, il y avait le feu.
L'influence prolétarienne des maos de Saint-Dizier, passant
par le service sténo de Libé, et le labyrinthe des
réseaux de consommateurs de coke de Libération,
cassa la pétition interne réclamant carrément
ma tête lancée par deux trotskistes de service, petits
secrétaires de rédaction anonymes voués à
une gloire certaine, Bonnet (Krivino-pleneliste) et Marcelle (Pierre)
- “grande conscience” lambertiste...
Annie Danaux (voir page) se montra parfaite. Chevelure rousse
en bataille, celle que de méchants cancans, pour le moins
exagérés, présentaient comme la "Reine
de la Blanche" du journal retrouva les accents
gouailleurs et l' "esprit guerrier" de
la fille du prolétariat rouge de Saint-Dizier qu'elle avait
dans une autre vie été. (voir page). Elle
battit la campagne avec une seule phrase, toute simple:
"Bande de naves, vous ne voyez pas qu'avec tout ça,
ils vont virer Polo - la CGT, et nous tous, derrière?"
Nettoyage fait derrière les lignes ennemies, et Marcelle-Bonnet,
traités de "jaunes", mettant en sourdine
leur caquetage, nous remîmes un peu d'ordre dans une CGT
tout de même affaiblie, bientôt secouée par
la trahison d'un demi-indic belge, traité par l'inpecteur
Lucas, de la DST.
Alain Martin, une des plus belles pièces du pack
"roto" CGT de l'imprimerie de Libé vint
avec Fatima et moi calmer les procureurs d'un "tribunal
populaire" du syndicat des journalistes CGT, dont j'étais
devenu peu avant un des quatre secrétaires nationaux. Edwy
Plenel, qui s'en prétendait militant, avait interpellé
la direction du syndicat, pour qu'on m'y retire mon mandat de
délégué de Libé, ouvrant la voie à
un licenciement jusque là bien bloqué. Sollicité
publiquement par ce farceur de Marchais, le brave Henri Malberg
réunit une "commission d'exclusion"
à la Fédération de Paris du PCF, visant Marc
Cohen et moi-même. Sous l'impulsion d'un Marco déchaîné,
se faisant accusateur, nous gagnâmes cette nouvelle bataille,
haut la main. La presse tut, naturellement, la décision
du PCF de ne pas nous exclure, nos thèses n'étant
pas celles du Congrès, mais étant reconnues pour
ce qu'elles étaient: respectables. Je repris ma carte l'année
suivante, Marc pas.
Entre temps, j'avais publié une volée de droits
de réponse.
Même Le Monde et le Canard, c'est dire, les publièrent,
ainsi que Rouge, Tribune juive, et une bonne douzaine d'autres.
Seul le journal de July, qui avait couvert de boue sur
deux pleines pages son journaliste, délégué
CGT, et membre, élu, du Conseil de Surveillance, refusa
cet acte de déontologie élémentaire.
Serge aggravant encore son cas par une note interne imprudente,
signée de sa main. Il y promulguait une "fatwa"
décrétant que l'accession à tout poste de
responsabilité me serait désormais interdite. Un
vaste éclat de rire l'accueillit dans le journal: je n'étais
plus employé depuis longtemps qu'à "bâtonner"
des colonnes de "brèves"...Ce
viol des libertés constitutionnelles, et du droit du travail
était en vigueur, mais sans texte, depuis des lustres...J'attendis
donc un an, pour le principe, et un chèque d'indemnisation
à trois chiffres pour aller me faire pendre ailleurs
-laissant la CGT dans des mains sûres... suite
ici |
|
- L’adieu
palestinien au dirigeant martyr ‘Imad Mughnieh -
:
«
‘Imad rassemble les Palestiniens, avant
et après son martyre »
(Cirepal (Centre d’Information sur la résistance en Palestine)
– 19 février 2008 - extraits)
L’unanimité palestinienne à rendre hommage et
à louer le combat du martyr ‘Imad Mughnieh, dirigeant
militaire du Hizbullah, assassiné à Damas le 12 février
2008, a été impressionnante par la fougue, l’émotion,
la sincérité, la douleur et la colère manifestés
au cours de ces derniers jours.
Que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie, dans les
prisons sionistes, dans les camps palestiniens de l’exil, au Liban
et en Syrie, ou par les délégations de toutes les
organisations politiques palestiniennes venues présenter leurs
condoléances aux dirigeants du Hizbullah, ou par les déclarations
ou les écrits des dirigeants palestiniens, politiques, syndicaux
et populaires, en Palestine ou dans l’exil, les Palestiniens
ont rendu un impressionnant hommage au résistant dirigeant ‘Imad
Mughnieh, insistant sur le fait que son martyre ne peut que susciter une
mobilisation encore plus importante (...) contre l’entité
sioniste et représenter un nouveau tournant dans la lutte
contre cette entité.
Pendant trois jours de suite,
au moment même où l’Etat sioniste commettait un nouveau
massacre, ciblant la famille du combattant du Jihad islamique, Ayman al-Fâyid,
en bombardant l’immeuble où il vivait, tuant 8 Palestiniens
et blessant des dizaines de citoyens dans le camp d’al-Breij,
les organisations palestiniennes (Jihad islamique, Hamas, Fatah, Front
populaire, Front démocratique, comités populaires et autres
organisations) ont organisé, au centre culturel
Rashad al-Shawa à Gaza,
un conseil de condoléances, en signe d’adoption de ce combattant
exemplaire de la résistance palestinienne et libanaise, comme un
des siens.
Le 13 février, le représentant de
l’OLP au Liban, ‘Abbâs Zakî, affirmait,
ému, au centre Sayyid al-shuhadâ’, dans la banlieue
sud de Beirut, où se tenait le conseil de condoléances,
que le dirigeant ‘Imad Mughnieh est un martyr de la résistance
palestinienne, que son martyre est une grande perte pour le peuple palestinien,
surtout en ce moment où il y a un grand besoin d’hommes dévoués
comme lui à la cause de la Palestine.
Ses déclarations étaient partagées par plusieurs
représentants des mouvements palestiniens, au Liban, comme Marwân
Abdel ‘Âl (Front populaire) et Ali Fayçal (Front démocratique)
venus, dès le premier jour, présenter leurs condoléances.
Marwân Abdel ‘Al déclarait à
la télévision al-Manâr : « Tout foyer palestinien
a senti l’amertume de la perte de ce grand dirigeant, de par son
importance et sa fermeté » rappelant que cette méthode
(israélienne) a été longtemps pratiquée contre
les dirigeants de la résistance, « lorsqu’ils ne
peuvent les avoir sur le champ de bataille, ils utilisent cette méthode
lâche » et a ajouté : « que l’écho
de ce noble sang soit un cri des plus profonds de tout patriote sincère,
afin de serrer les coudes et construire notre unité, car notre
ennemi a tranché ses choix et montré son véritable
visage, il essaie de se fabriquer une illusion de victoire qui cache sa
réelle défaite sur le terrain, en juillet (2006) ».
Quant au secrétaire général
du Jihad islamique, Ramadan Shallah, sa déclaration
à la télévision al-Manar, le même soir, a montré
la force des liens tissés entre la résistance palestinienne
et le Hizbullah, dans leur lutte commune contre l’occupation :
« l’explosion qui a déchiré le corps du
martyr dirigeant ‘Imad Mughnieh sera répercuté un
jour sur cet ennemi et déchirera cette entité »
affirmant que cet ennemi criminel n’a pas compris la leçon
et ne peut comprendre « que le sang de tout dirigeant ne se
perd pas en vain, mais au contraire, fera pousser d’innombrables
dirigeants qui porteront la bannière après lui ».
Il a insisté sur le fait que l’assassinat de Hajj Radwân
ne fera qu’augmenter « la détermination des masses
de la résistance, dans notre nation, à porter sa bannière,
la bannière des martyrs
qu’il a rejoints, sayyid ‘Abbâs al-Mûsawî,
sheikh Raghib Harb, dr. Fathî Shiqâqî, sheikh Ahmad
Yassîne, Abu Jihâd, Abu ‘Ammâr, Georges Habache
et Abu ‘Alî Mustafa. »
« Un hajj suivra un autre hajj, un ‘Imad suivra un autre
‘Imad, jusqu’à ce que l’ennemi sache que le ‘Imad
(le pilier, en arabe) de la nation ne sera pas brisé, car il
est le pilier de sa foi en Dieu, de sa confiance dans sa religion et dans
son droit à la vie, à la résistance et à l’auto-défense,
afin qu’elle vive en toute dignité, comme les autres nations
».
Au camp palestinien al-Yarmûk, à Damas, il a déclaré
: « l’assassinat du martyr ‘Imad Mughnieh,
grand dirigeant du Hizbullah, a ouvert une nouvelle ère dans le
conflit arabo-sioniste. Aujourd’hui, un compte
d’un genre nouveau a été ouvert, et tous
les scénarios politiques dans le monde ne peuvent sauver les ennemis…
Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir les
répercussions de cette décision imbécile de l’assassiner.
Il faut que les porte-voix de Bush, qui insultent le sang du martyr Mughnieh
comprennent : le martyr a laissé ses empreintes dans Tel Aviv,
Khudayra, Natanya, dans toute parcelle de terre où des martyrs
sont tombés en Palestine, au cours de cette Intifada, et c’est
pour cela qu’ils le poursuivaient. Ils l’ont tué parce
que la Palestine est présente dans son cœur plus que tout
Palestinien…. Ceux qui ne le connaissent pas qu’ils retournent
à la guerre de juillet pour voir comment il a mis à genoux
les généraux, face à face, mais les lâches
l’ont tué par derrière, ils n’ont pas osé
l’affronter ».
Ziyad Nakhâle, vice-secrétaire général du Jihad
islamique, a décrit, de son côté que le martyr ‘Imad
Mughnieh est un grand dirigeant, un symbole de la résistance islamique
au Liban et en Palestine et de plus, « il était, dans
un certain sens, unique, il aimait la Palestine plus que les Palestiniens
». « Ce symbole dont nous avons perdu le corps, nous
n’avons pas perdu son esprit, il est toujours vivant parmi nous,
aux côtés de notre lutte et de notre résistance, un
maître remarquable dans ce long conflit .. Il est un pilier important
pour la libération de la Palestine et a largement contribué
à instaurer les règles et les bases de la résistance,
en Palestine, au Liban et dans la région. En le perdant aujourd’hui,
nous avons perdu un grand symbole et un grand maître, mais nous
sommes certains que nos frères dans le Hizbullah peuvent supporter
le poids après lui ». Il a ajouté : « Dans notre
conflit avec cet ennemi assassin, les martyrs tombent, les grands dirigeants
tombent, et dans ce conflit, nous n’oubliorons pas que ce grand
dirigeant était à la tête de la résistance
contre la guerre de juillet, la bataille de la grande victoire, la bataille
qui annonce la disparation de l’Etat d’Israël ».
« Nous voyons dans le Hizbullah la direction de la résistance
en direction de la Palestine… Nous sommes certains de la victoire,
par la volonté de Dieu, malgré ces nuages qui s’amoncellent
sur nous, ces jours-ci, avec la chute du dirigeant et symbole, le frère
Hajj Radwân ».
Le représentant du Jihad islamique au Liban, Abu ‘Imad Rifa’i
a déclaré, quant à lui, que le martyre de sheikh
Radwân, suscitera un élan formidable de la résistance.
Si cet acte terroriste a été commis pour des considérations
internes dans l’entité sioniste, ses répercussions
dépasseront très largement celles-ci. C’est la région
toute entière qui va être bouleversée, rappelant que
le martyre de Fathî Shiqâqî (secrétaire général
du Jihad islamique, assassiné par le Mossad à Malte) a rendu
le mouvement plus efficace et plus populaire, et celui de Sayyid ‘Abbâs
al-Mûsawî (secrétaire général du Hizbullah,
assassiné au Sud-Liban) a conduit à la libération
du sud-Liban.
Le président du bureau politique du Hamas, Khalid Mechaal,
a affirmé que « le martyr du dirigeant au Hizbullah,
‘Imad Mughnieh, « est une grande perte pour les peuples libanais
et palestinien », insistant sur le fait que cet assassinat
de la part de l’occupation sioniste vise à redorer le blason
de son armée « défaite », disant : «
le temps où Israël remportait des victoires est fini ».
« Nous sommes à la fois tristes et en colère pour
la perte de ce grand combattant, et fiers qu’il ait obtenu ce grade
honorique du martyre, pour lequel il avait consacré toute sa vie
et toute sa lutte » rappelant toutes les étapes de son
parcours de combattant de la résistance. « Tous les crimes
de l’occupation, tous ses actes terroristes et ses menaces ne «
font que renforcer la détermination des résistants à
poursuivre leur chemin », indiquant que l’occupation a assassiné
toutes ces dernières années des résistants de Hamas,
du Jihad, du Hizbullah, du Front populaire, des comités populaires
et des autres organisations, « mais ces crimes n’a pas affaibli
la détermination des dirigeants suivants à poursuivre la
lutte ».
Au centre culturel Rashad Shawa,
à Gaza, les différents mouvements palestiniens ont tenu
à affirmer la valeur humaine et militante de ce grand dirigeant
de la résistance qu’était ‘Imad Mughnieh. Le
responsable du Fatah a déclaré : «
‘Imad Mughnieh rassemble les Palestiniens, aujourd’hui, après
son martyre, comme il les a rassemblés de son vivant. Il
a œuvré à notre unité face
à l’occupation » tout en
saluant en lui un ancien combattant du Fatah, avant qu’il ne rejoigne
le Hizbullah.
D’ailleurs, ce sont les mouvements du Fatah et du
Jihad islamique qui, dans les prisons sionistes, et notamment à
Ofer, ont tenu des conseils de condoléances, affirmant leur adoption
du combat mené par ‘Imad Mughnieh.
En Cisjordanie, ce sont les brigades des martyrs d’al-Aqsa
(branche armée du Fatah) qui ont mené une opération
militaire contre l’armée sioniste, à Hawwara, au sud
de Nablus, au nom des «
forces ‘Imad Mughnieh », le dimanche
soir, promettant qu’il ne s’agit que
de la première riposte à l’assassinat du dirigeant.
Les Palestiniens, comme les Libanais, ainsi que tous les Arabes engagés
dans la lutte contre Israël et le sionisme, contre les Etats-Unis
et ses alliés, ont compris le message sioniste et colonial, transmis
par le lâche acte terroriste, visant Hajj Radwân.
C’est pourquoi, tout en rendant hommage au dirigeant,
ils ont affirmé leur détermination à poursuivre le
chemin tracé par les martyrs, celui de la libération de
la Palestine, la terre usurpée qui doit rassembler toutes nos forces
et toutes nos énergies.
**** |
La
politique de l'assassinat
- Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)
exprime ses condoléances au Hezbollah et à la résistance
libanaise suite à l'assassinat du commandant du Hezbollah
Imad Moughnieh.-
Cette politique de l'assassinat pratiquée par
l'État sioniste d'Israël et les États-Unis
a pour but de subvertir les efforts des peuples pour établir
des régimes basés sur un État de droit.
Ces politiques revanchardes révèlent l'impuissance
des occupants et oppresseurs. Elles montrent aussi la nécessité
de poursuivre l'effort pour bâtir les mouvements du peuple
pour réduire la capacité des occupants et agresseurs
à leur faire subir les pires souffrances, à recourir
à la force pour bloquer le progrès historique.
En cette occasion, nous réitérons notre
confiance que les mouvements de résistance en Palestine
et au Liban auront le dessus. Non seulement leur cause est-elle
juste, mais leur lutte pour la justice de leur cause ouvre la
voie au progrès en dépit des atrocités commises
par leurs ennemis.
Vive la résistance libanaise !
 |
| Sous
les drapeaux jaunes du Hezbollah, en uniforme (photo de
gauchegauche) ou en civil, dans les rues de Beyrouth, toutes
confessions mêlées, une foule immense s'est
rassemblée pour IMAD MUGHNIEH |
- Réponses à l'assassinat -
Le ministre canadien des Affaires étrangères Maxime
Bernier s'est contenté de répondre à l'assassinat
du chef du Hezbollah avec une déclaration au sujet de l'ex-premier
ministre libanais Rafik Hariri il y a trois ans. (...) «
Le Canada est fier de ce qu'un ancien sous-procureur général
adjoint du Canada, M. Daniel Bellemare, ait été
désigné pour diriger la Commission internationale
indépendante des Nations Unies chargée d'enquêter
sur cet assassinat et d'autres perpétrés au Liban.
Nous apportons notre plein soutien au Tribunal spécial
pour le Liban dont M. Bellemare sera le procureur. »
Le ministre n'hésite pas à démontrer sa connivence
avec les assassins de Moughnieh en masquant les crimes des sionistes
et des impérialistes américains dans la région.
Il dit : « Le Canada est déterminé à
soutenir la souveraineté et l'indépendance du Liban.
Le peuple libanais a déjà beaucoup trop souffert
des violences perpétrées à des fins politiques.
À ce stade décisif, nous exhortons toutes les parties
à oeuvrer en faveur d'une solution immédiate à
la crise constitutionnelle actuelle. Pour cela, les dirigeants
politiques doivent redoubler d'efforts dans la promotion du dialogue
et de la recherche d'un compromis au Liban. »
Les États-Unis n'ont pas eu de scrupules
à étaler leur enthousiasme eux non plus : «
Le monde est un meilleur endroit sans cette homme »,
a déclaré Sean McCormack, porte-parole du département
d'État américain, dénigrant une fois de plus
la Résistance en tant que mouvement politique en comparant
ses combattants à des criminels. « Il
était un assassin de sang froid, un meurtrier de masse
et un terroriste responsable d'innombrables pertes de vies innocentes.
D'une manière ou d'une autre, il a été traduit
en justice », a dit McCormack.
De hauts représentants de l'État israélien
ont aussi acclamé le meurtre de Moughnieh. Une déclaration
du bureau d'Ehud Olmert, le premier ministre israélien,
s'est défendu contre les accusations au sujet de l'implication
israélienne en disant : « Israël
rejette la tentative des groupes terroristes de lui attribuer
toute implication dans cette affaire. Nous n'avons rien à
ajouter. » Cependant, les analystes soulignent
qu'Israël a admis s'être livré à des
"assassinats ciblés"
dans le passé mais disent qu'il aurait peu à gagner
d'admettre une opération dans un État voisin avec
lequel il est formellement toujours en guerre.
Le quotidien israélien Ha'aretz, dans
un article signé Amos Harel et Avi Issacharoff,
offre l'analyse habituelle. (...)
« L'assassinat de Moughnieh — s'il a été
mené par Israël — renforce l'impression qu'Olmert
n'a pas peur de prendre des décisions complexes pour la
défense impliquant des risques considérables.
« La décision d'entrer dans la seconde guerre du
Liban s'est révélée être une erreur
pour laquelle Israël continue de payer. Mais les décisions
qui l'ont suivie semblent équilibrées et justifiées.
Face au statut de Moughnieh et au risque à venir qu'il
posait, il était absolument justifié de l'attaquer.
L'échec d'Israël à attaquer les dirigeants
du Hezbollah, en dépit d'efforts répétés,
a été perçu comme un des grands échecs
de la guerre.
« Un précédent assassinat — celui
du secrétaire général du Hezbollah Abbas
Mousawi en février 1992 — fut considéré
comme un échec parce qu'il a mené à l'ascension
d'Hassan Nasrallah au pouvoir. Mais Moughnieh est mieux comparé
à Shikaki, dont l'assassinat a paralysé le djihad
islamique durant plusieurs années.
« Le meurtre devrait inquiéter surtout Nasrallah
lui-même. Moughnieh a aidé à maintenir sa
sécurité. Il doit se demander si ses ennemis pourraient
l'atteindre lui aussi. Le succès de cette entreprise est
impossible sans que la cible ne commette une négligence,
tombe dans la complaisance ou la routine.
« Les drapeaux noirs hissés vendredi
dans les banlieues chiites de Beyrouth et dans quelques villages
du sud-Liban montrent que c'est un coup dur porté au prestige
du Hezbollah. Un commentateur libanais décrivait l'assassinat
de Moughnieh comme étant le coup le plus dur de l'histoire
du pays — bien plus que l'assassinat de Mousawi.
« C'est précisément pourquoi il est attendu
que le Hezbollah cherche à se venger aussitôt que
possible. Il a promis hier "oeil pour oeil, homme pour homme,
dirigeant pour dirigeant". De telles opérations prennent
du temps. En attendant, le Hezbollah peut exercer de la pression
sur ses protégés — les groupes palestiniens
dans les territoires — pour qu'ils commettent tout de suite
des attentats-suicides en Israël comme prélude à
la vengeance. »(...)
L'Iran a jugé l'assassinat comme un « cas éhonté
de terrorisme d'État organisé ».
L'Agence de presse de la République islamique (IRNA) en
Iran rapporte que l'Orateur du Majilis (Parlement iranien) Gholam-Ali
Haddad-Adel, lors d'une session ouverte, a dit : « Israël
connaîtra un lendemain pire qu'aujourd'hui ».
Il a ajouté que Moughnieh n'a commis aucun crime,
il a défendu son pays.
Prenant note de l'approbation de l'assassinat par le régime
sioniste et l'appui des Américains à ce crime, il
a déclaré : « Tel est l'ordre mondial
promis par les États-Unis. »
Les États-Unis prétendent lutter contre le terrorisme
et appuyer les démocraties, a dit Haddad-Adel. Mais «
la démocratie américaine est [basée sur]
l'établissement d'un gouvernement dans la région
qui se livre à la terreur et au crime depuis 60 ans ».
Pour ce qui est d'Israël, Haddad-Adel met l'accent sur le
fait que le régime sioniste a échoué à
établir sa propre sécurité en 60 ans.
« Le terrorisme n'amènera pas la sécurité
aux sionistes. Les représentants du régime sioniste
devraient savoir que la sécurité ne sera pas établie
tant qu'ils ne se soumettent pas à la justice ».
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Terrorisme
au Liban, attentats en série, Rafic Hariri: l'ancien directeur
de la DST française Yves Bonnet accuse les Etats-Unis
- Pourquoi toute cette préoccupation
internationale au Liban ?
Trois pays veulent
s’ingérer au Liban, les États-Unis, l’Arabie
Saoudite et Israël. Leurs intérêts convergent
et la coopération américano saoudienne, via le club
Welch, est forte au Liban. Les États-Unis souhaitent transformer
le Liban en une base à partir de laquelle ils auront à
faire pression sur la Syrie et le Hezbollah.
- Que voulez-vous dire
par club Welch ?
Il s’agit du
groupe Geagea-Joumblatt-Hariri-Sanioura ; ce groupe est totalement
sous les ordres de David Welch.
- Pourquoi nommez-vous
ce groupe « club Welch » ?
Regardez l’actuelle
situation au Liban. La division est grande et une de ses conséquences,
la faiblesse des chrétiens dans leur incapacité de
choisir un président de la République, sans l’accord
des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie
Saoudite. Lors de ma visite du Liban, j’ai été
surpris de l’importance de cette division provoquée
par l’ingérence étrangère.
Tout le monde vise à imposer sa volonté
aux libanais, en premier, notre ministre Bernard Kouchner qui, à
une époque, avait déclaré que l’armée
libanaise devait détruire le camp de Nahr Al Bared.
Je suis persuadé
que, sans aucune ingérence étrangère, les Libanais
auraient pu former un gouvernement d’unité nationale.
- Qui,
d’après vous, a interdit la formation de ce gouvernement
?
Les États-Unis
et Israël Autrement, qui a intérêt à ce
que ce gouvernement ne soit pas formé ?
La division au Liban
sert en priorité l’intérêt d’Israël.
Lors de ma visite en
août 2006, j’avais constaté que le Liban traversait
une période que l’on pouvait qualifier d’unité
nationale, ceci grâce aux positions de Michel Aoun et de Hassan
Nasrallah.
A cette
époque, Nasrallah avait été très intelligent
en considérant la victoire du Hezbollah comme étant
celle de tous les libanais ; simultanément, Aoun était
resté fermement solidaire de la Résistance durant
toute la période d’agression israélienne.
Les États-Unis
et Israël s’attellent aujourd’hui à diviser
les libanais selon la formule connue « diviser pour régner
».
- Pourquoi l’armée
libanaise mena le combat de Nahr Al Bared ?
Les États-unis
exprimaient leur volonté de revenir militairement au Liban.
Cependant, la partie Sud du pays étant sous l’influence
du Hezbollah, la solution idéale était alors de s’infiltrer
par la porte nord en réanimant l’ancien projet de construction
d’une base militaire à cet endroit.
D’où l’idée
de quelques uns aux États-Unis de provoquer des troubles
au nord du pays pouvant ainsi fournir le prétexte à
une présence militaire au Liban. Sur ce sujet, il faut savoir
que les groupuscules connus sous le nom de Fath Al Islam étaient
soutenus financièrement par les Hariri, avec un salaire mensuel
de sept cent dollars par individu. Il n’est pas nécessaire
d’en débattre compte tenu de la véracité
de cette information. Ainsi, l’armée libanaise tomba
dans ce grand piège qui lui était tendue ; elle fut
contrainte à s’engager dans un dur affrontement dont
elle n’avait pas besoin.
Quand je vois Monsieur Kouchner se comporter comme un général
d’armée et je l’entends appeler à la destruction
de Nahr Al Bared, je devine l’importance de l’irresponsabilité
avec laquelle ce sujet avait été traité.
- Qui est derrière
les attentats au Liban ?
Là se présente
à nouveau la question de savoir : à qui profite ces
crimes ? Peut-on alors accuser la Syrie ? Les Syriens savent parfaitement
que leur pays est la principale cible. Je crois que la Syrie est
totalement étrangère à ces attentats.
- D’après
vous, qui a assassiné Wassam Eid ?
Cet assassinat est
l’œuvre de ceux qui étaient proches de lui et
qui travaillaient dans son entourage. Ici, l’essentiel n’est
pas de connaître les exécutants de ce crime mais plutôt
les commanditaires.
- Pourquoi tous ces
assassinats ?
A travers ces assassinats,
le but recherché est le maintien de la crise et son aggravation.
Ces attentats ne ciblent un individu que dans l’unique but
d’aggraver cette crise.
De là nous nous
posons une question au sujet de l’assassinat de Pierre Gemayel
et sur l’importance du dérangement que représentait
cette personne. En vérité, le but de cet assassinat
était la propagation du feu amorcé sur le fil conducteur
de la crise.
- D’après
vous, pourquoi monsieur Geagea ressent-il tant de force et d’assurance
?
Une seule explication
à cela : il est du côté de ceux qui exécutent
ces crimes. Toujours à propos des ces assassinats, monsieur
Joumblatt accuse le Hezbollah.….Il est certain pour tous que
le Hezbollah n’a aucun lien avec tous ces crimes qui servent
les intérêts de ses ennemis.
- Vos déclarations
se basent-elles sur des faits ou des analyses ?
Les deux à la
fois.
A propos
de l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri les enquêteurs
affirment qu’ils possèdent des preuves. Mais alors
qu’ils les avancent. Pourquoi ne les annoncent-t-ils pas ?
- A propos de l’entente
Hezbollah (Courant Patriotique Libre), comment appréciez-vous
cette entente ?
D’abord il faudra
que l’on signale la modération et le calme qui caractérisent
la personnalité de Hassan Nasrallah. A travers cette entente,
Michel Aoun a agit en écartant tous les dangers d’une
nouvelle guerre civile. Le Hezbollah est un fort garant aux chrétiens
et à leur rôle important au Liban et au Moyen Orient.
Si j’étais
chrétien libanais, je me serais allié à Michel
Aoun et aurais soutenu sa politique. Croyez-vous que les
chrétiens au Liban, de surcroît minoritaires dans le
monde arabe, pourraient vivre sous l’emprise salafiste ?
- A propos de la politique
de la France envers le Liban, comment appréciez-vous cette
politique ?
Cette politique appelle
la désolation, ceci depuis le règne de Jacques Chirac
qui confondait ses intérêts avec ceux de la France.
Avec Nicolas Sarkozy, les considérations personnelles ne
sont plus comme elles étaient du temps de Chirac ; cependant
Sarkozy n’est pas Charles De Gaulle et est très proche
des américains.
Quant au ministre des affaires étrangères, Bernard
Kouchner, il est l’homme des idéologies et agit en
s’y référant. Dans la situation libanaise et
dans la question iranienne, souvent il agit à partir de ses
émotivités juives ; n’était-t-il pas
un des rares qui avaient soutenu l’invasion de l’Iraq
?
- Vous avez évoqué
le caractère modéré du Hezbollah ; cependant
les médias en France disent le contraire ?
Les médias en
France tentent de faire croire et admettre que le Liban est divisé
en deux parties : le groupe de la démocratie, c’est-à-dire
celui au pouvoir et le groupe pro syrien, c’est-à-dire
l’opposition.
- Sur quoi vous vous
basez pour croire que le groupe au pouvoir est plus démocratique
que les autres ?
L’ironie est le fait qu’une bonne majorité des
gens actuellement au pouvoir, s’était rassasié
depuis longtemps, tout en étant à table, hôte
de syriens, et qu’aujourd’hui elle accuse Michel Aoun
d’être proche de la Syrie.
Enfin,
le Hezbollah en 2008 n’est pas celui de 1985. Il est un mouvement
de résistance à l’occupation, et son chef, Hassan
Nasrallah, agit au Liban comme avait agit De Gaulle en France.
- Avez-vous l’intention
de visiter prochainement le Liban ?
Je visite
souvent le Liban et mon plus grand souhait est de rencontrer un
jour Hassan Nasrallah : cette divine personnalité mérite
grand respect
Publié sur le site de MICHEL COLLON.
http://www.michelcollon
Source: Al Intiquad, 8/02/2008
http://libanresistance.blogspot.com/2008/02/le-miroir-bris.html
Traduction par Raymond RICHA |
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Soirée
Liban
au Club des Cordeliers
- Octobre 2006 -
- Compte-rendu et analyse: Jean-Paul
CRUSE -
Revenue,
mais pour combien de temps, sur la terre ravagée du Liban, la paix
réchauffe les cœurs, et rassemble désormais, dans des
débats ouverts, et même, comme ce dimanche, des fêtes,
tous les Libanais...de France et de Navarre...
En
région parisienne, à quelques jours du grand spectacle
de poésie, de cinéma, de chants et de musique, prévu
au Trocadéro (lire ci-dessus en titre), la chaleureuse
communauté des Libanais de Paris, renforcée, pour l'occasion,
de très nombreux Français de France, de toute origine, comme
on dit, et de toute croyance, ainsi que de citoyens de la diversité
venus de partout, et d'ailleurs, s'était donné un rendez-vous
de retrouvailles, après les chaudes manifestations de l'été,
dans l'espace magnifique - et riche de souvenirs historiques - du Club
des Cordeliers, au quartier latin.
Sous
la sympathique présidence de Dominique Vidal, Barah Mikaïl,
chercheur à l'IRIS, le journaliste Sylvain Cypel, auteur du livre
Les Emmurés (qui ressort aujourd'hui en "livre
de poche"), l'ancien ministe libanais Michel Eddé,
président de la Ligue Maronite, président de L'Orient le
Jour, et Hind Khoury,
l'invitée d'honneur, déléguée générale
de la Palestine en France, chaque jour plus à l'aise
dans ce rôle de représentation diplomatique difficile -
où elle éclipse, déjà, nombre de ses prédécesseurs
- étaient venu y animer un débat avec plusieurs
centaines de personnes combatives, émues et attentives, à
l'initiative du Collectif de citoyens libanais
et Amis du Liban, né
le 12 juillet, au premier jour de la guerre...
-
L'orateur le plus brillant de la soirée fut incontestablement Michel
Eddé. Evoquant avec humour et fierté les
véritables "villes souterraines"construites
clandestinement par le Hezbollah, dans le sud,depuis de longues années,
au nez et à la barbe des espions fatigués du Mossad,
il a rappelé comment, après l'explosion de deux
chars Merkava - "les meilleurs du monde" -
sous l'impact de missiles de la Résistance, dans les montagnes
de Chebaa, dès octobre 2000, une monstrueuse commande
de plus de 1000 de ces engins réputés jusque
là pour leurs performances imbattables, et l'efficacité
de leur épais blindage, avait été annulée
en catastrophe par le gouvernement de Dehli,en Inde (le nouvel allié
stratégique d'Israël). La guerre de 2006
en a mis...71 au tapis! Une fortune évanouie dans
le fracas et la fumée, sur les cadavres carbonisés des
"soldats d'élite" de l'armée coloniale. Une
terrible baffe - assortie d'une gifle retentissante pour l'industrie militaire
israélienne...
"On
ne gagne pas contre une guerre de partisans...Dans le monde, personne
n'y est jamais parvenu...Ni les Américains au Vietnam, ni le Japon
en Chine, ni les Russes en Afghanistan, ni les Français en Indochine,
en Algérie...Personne! Israël non plus ne peut y parvenir,
il ne l'a pas pu, il ne le pourra pas...Et comme, dans le conflit
du Moyen-Orient, imbriquant étroitement Liban et Palestine, toute
solution politique est en fait impossible..."
Eddé
rappelle qu'Israël n'a plus réellement de réserves
en hommes, en colons, pour venir l'aider à gagner une
"guerre démographique",
elle aussi, perdue d'avance...
"
12 millions 800 000 juifs dans le monde, c'est très peu...De
France, 1500 au maximum, chaque année, partent pour faire leur
"alyah"... Mais beaucoup en reviennent, très vite, dépités
ou apeurés...Quelques dizaines par an émigrent d'Argentine...Le
nombre de yoredim (officiellement comptabilisés
dans l'état-civil israélien, mais résidant, en réalité,
à l'étranger), est d'environ 900 000...Dont
200 000 qui vivent en Allemagne!!!!
Sur lesquels 60 000 sont venus d'Israël!
En Allemagne!!!
"On
parle de négociations, poursuit le vieux sage
maronite..."Mais elles n'aboutiront jamais: car
le fond du problème n'y est jamais abordé...Le
fond est que les israéliens vivent dans la peur de se trouver,
finalement, submergés par la population arabe. -" Ceux
qu'on appelle les "Arabes israéliens" (les Palestiniens
qui étaient parvenus à subsister à l'intérieur
des frontières d'Israël) "étaient 150 000
en 1950...En 2006, ils sont 1 million 400 000", et leur nombre
"s'accroît selon une progresson arithmétique,
mais qui frôle le géométrique...".
Dans
ces conditions, en Israel, on parle de "transfert"
(de chasser à nouveau une masse d'indésirables Arabes, "coupables"
de porter atteinte, par leur seule existence, à la "pureté
ethnique" de l' "Etat Juif ". NDLR).
- " Que des Juifs puissent penser
une chose pareille, poursuit Michel
Eddé, c'est insensé...Les
Américains parlent de "deux Etats côte à
côte, un juif et un arabe"...Mais si l'Etat palestinien
voit le jour, l'autre Etat, "à côté",
dans ces conditions, il n'est pas juif...D'ici peu
d'années, les Palestiniens d'Israël atteinront les 40%!.."
"Du
coup, dit-il, les Israéliens sont déchirés.
Ils se sentent abandonnés de tous...Des Européens, des Américains
même...Dont ils se souviennent des quotas établis contre
l'immigration des Juifs fuyant la montée du nazisme, en 1924...Même
en 1943, en pleine insurrection du ghetto de Varsovie, les Etats-Unis
avaient refusé des bateaux d'immigrants juif d'Europe centrale,
les obligeant à aller accoster...à Cuba! l'un d'entre eux,
d'ailleurs, a fini par couler...Les Israéliens
ont peur, je les comprends...Ils veulent savoir quel avenir il y a, pour
eux..."
"Cette
peur, conclut l'orateur, ne pourra disparaître
que le jour, lointain encore, où les forces de paix, présentes
en Israël, mais pour longtemps minoritaires, finiront par admettre,
puis par imposer, la seule vraie solution: "Un seul Etat, avec
deux parlements distincts..."
-
Revenant à la sinistre réalité du présent,
Hind Khoury,
encore un peu timide, mais pleine d'une détermination sympathique
et communicative, commence par évoquer le "mur
de la honte où l'on enferme les Palestiniens comme des animaux
sauvages dans une cage", et les massacres qui se
succèdent à Gaza...sans qu'Israël ne semble "tirer
aucune leçon de ses erreurs"...Et notamment, de celles
qu'il vient de commettre, au prix de "la perte de tout
honneur", au Liban...
L'ambassadrice
de la Palestine salue avec chaleur la Résistance
du peuple du pays du Cèdre, faisant un éloge appuyé,
elle qui est, on le sait, issue d'une famille chrétienne, du Hezbollah!
Eloge nullement contradictoire, selon Hind Khoury, avec celui qu'elle
tient à adresser, dans cette enceinte, "au Président
Mahmoud Abbas" - toujours attaché, souligne-t-elle,
avec une patience à toute épreuve, à son espérance
d'une solution négociée passant par "un
gouvernement palestinien d'entente nationale".
-
"Pourquoi, martèle la jeune Palestinienne,
les Nations Unies, qui entretiennent des "forces de paix"
partout dans le monde, ne sont-elles pas présentes en Palestine?"
- où le drame, pourtant, est fils d'une décision de l'ONU,
suivie par "88 résolutions inappliquées"...
A
la sortie, puis, tard, dans la soirée, dans les pettits bistrots
du quartier latin, les Libanais de Paris, et leurs amis, poursuivaient
des dicussions intenses, et parfois compliquées.
Beaucoup d'entre eux saluent avec reconnaissance le rôle
"de la France de Chirac
et Villepin, de la France gaulliste",
dans la dernière phase de la crise, avec le cessez-le feu, et la
résolution de l'ONU, laborieusement écrite, puis
réécrite, qui l'a rendu possible. Certains approuvent, au
contraire, les efforts - difficiles - de petits groupes gauchistes pour
mobiliser la population française, et d'abord, les Libanais de
France, "pour le retrait des troupes colonialistes françaises
du Liban, et le retrait de la FINUL". "Ces
imbéciles, s'indigne, au contraire, une vieille dame! Ils
font la leçon au Hezbollah, maintenant, et à l'Iran..."
Ils n'ont pas compris, pense-t-elle, que la France, et, dans son sillage,
l'ONU, n'auraient jamais imaginé d'envoyer un seul "casque
bleu" dans le dangereux bourbier du Sud Liban sans "un
accord secret, précisément négocié, avec la
Résistance, avec le Hezbollah, avec Aoun, et même avec l'Iran..."
Le
Hezbollah, qui, en effet, semblait avoir tiré tous les avantages
possibles du sacrifice de sa poignée de combattants, et sentait
que la population, stoïque, autour de la Résistance, commençait
à avoir besoin d'une pause, et de souffler, n'a pas accueilli,
jusqu'ici, les chars Leclerc de l'armée française, aux couleurs
de l'ONU, avec les volées de missiles qui ont réduit en
une bouillie de tôles noircies, tâchées de sang, les
Merkava de l'armée d'agression du regretté Sharon...
Le
jour où les combattants du terrain,
mieux placés que quiconque pour déterminer leurs choix,
leurs alliances d'un jour, ou d'une phase, et leur tactique -et qui n'ont
pas besoin qu'une avant-garde, lointaine, et forte, essentiellement, de
ses discours, se pique de lui donner des leçons...-
nous demanderont, à nous, citoyens de France, de nous battre pour
le retrait des soldats envoyés au Liban, sous notre drapeau, et
en notre nom, il faudra savoir l'écouter. Et passer à l'action,
sérieuse. Sans gesticulation prématurée,
au mieux, inutile...
Ce
jour, qu'on sache, n'est pas venu.
Jean-Paul
CRUSE
Imbongi@wanadoo.fr
Mardi
17 octobre 2006. 12H05
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