REBELLES

L'histoire secrète des MAOS de la Gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit (1967-2008)

(suite)

  Maos, pédophilie, pasteur Doucé assassiné, Iran, etc: ici

- VI -

GUERRE SECRETE A LIBE

(suite)

Nidam "manquerait de distance" dans le traitement de l'immigration: refusé!

 


Et Serge July abandonne l'idée de faire faire tourner la roue de l'histoire à l'envers.
Liquidé, le fantasme de supprimer, purement et simplement, le peuple rebelle du clavier, avec ses filles indomptables devenues des combattantes magnifiques...


Il échouera aussi dans l'entreprise, menée en parallèle, de supprimer le foyer de contestation CGT du montage.
Dans cet autre secteur de l'atelier de photocomposition, mis en place, lui aussi, à la fondation du journal, à l'aide de la nouvelle technique offset supprimant le plomb, et ses "typos", Libération avait d'abord - ô modernité...- commencé à prolétariser de petits intellectuels militants déclassés, devenus coupeurs-colleurs de bromures au cutter, après avoir rejoint le journal dans l'espoir d'y devenir...journalistes!
Grâce à l'action conjointe de la CGT-mao et des vieux briscards roués de la CGT-Lancry, ils referont le chemin de leur vie dans l'autre sens, le bon, et finiront aussi, pour nombre d'entre eux, par "monter dans les étages" - re-qualifiés comme secrétaires de rédaction ou rédacteurs, sauf pour ceux qui préféreront évoluer vers des postes techniques qualifiés , par exemple, de scannéristes...
Le tout dans le cadre du même plan minutieusement négocié, et - Lancry le concédera, avec le sourire, aux "enragés" formalistes que nous sommes - rédigé par écrit, signé et contre-signé...


Mais comme il faut toujours que la petite bureaucratie, souvent trotskiste, du journal, manifeste sa capacité à relancer, par des provocations superfétatoires, l'action de la CGT mao de Libé, Dominique Pouchin se dévouera, dans le rôle de l' "idiot utile", que les Kriviniens du journal (Helvig), autant que les lambertistes (Marcelle), lui disputent avec ardeur.
LCR bas-normand devenu chroniqueur pour Le Monde, de la "Révolution des œillets" des capitaines rouges du Portugal, et passé, pour ce faire, du soutien du progressiste MFA (Mouvement des Forces Armées, celui des "capitaines", amis de l'Angola rebelle et fossoyeurs du fascisme colonial de Salazar), à une apologie, appuyée, du social-démocrate anticommuniste Mario Soares, Pouchin est rédacteur en chef, et donc chargé de la mise en œuvre, concrète, du plan de requalification négocié, nuit après nuit, et page par page, de débrayage partiel en grève totale...


Un poste se libère à cet instant à la rédaction, avec le départ du responsable de la rubrique immigration, longtemps animée par Dimitri Provis avec l'aide d'un pigiste de luxe, l'ancien mao de Lyon Jean-Louis Hurst, une superbe plume au service d'une âme forte, qui ont notamment réalisé un suivi plus qu'honnête des longues grèves d' immigrés des foyers Sonacotra, prolongement de l'action des maos du MTA...


Le poste de rédacteur "immigration" - un des thèmes forts du journal, encore, à l'époque - est donc à prendre.
Priorité, selon le plan, aux candidatures venues de l'atelier - si le profil convient, formation à l'appui, s'il le faut.


Un des meilleurs militants CGT du montage, Nidam Abdi, fils d'un intellectuel algérien, modeste, ouvert et cultivé, double depuis longtemps ses soirées bromure-cutter, sur les maquettes manuelles, réalisées, debout, devant une table inclinée transparente, par des "piges" sur la musique orientale, et notamment le raï, dont il est un des plus fins connaisseurs - avec Gilles Millet, parolier, lui, d'une des premières chansons à succès de Khaled.
Nidam présente donc sa candidature à Pouchin. Entretien.
Il en sort, effondré, au bord des larmes. Il vient se confier à son délégué, au bureau du service société sur lequel j'essaye sans grand succès, de faire pousser de la menthe, que j'aime mâchonner, fraîche.
"Pouchin m'a dit que, pour un poste sur l'immigration, je risquais de manquer de distance avec mon sujet. Donc, c'est non!"
Contenant, par respect pour Nidam, qui le mérite, l'immense éclat de rire qui m'envahit, je lui réponds:
"Nidam, écoute-moi bien. Ils ont fait une boulette énorme. Ta reconversion comme journaliste, elle est faite! Voilà ce que tu vas faire..."
Suit un mode d'emploi, précis.
Pour que Nidam puisse le mettre en œuvre, il me faut m'imposer d'abord un douloureux sacrifice. Je réprime l'irrésistible envie qui me taraude, d'une adresse publique à Pouchin, pour lui demander ce qui lui arriverait s'il avait le culot de faire le même genre de réponse à la pulpeuse Annette Lévy-Willard, fille d'une grande famille juive de la gauche progressiste et républicaine, passée par les gaies réunions d'appartement de VLR, puis du MLF, liée, depuis, au fils d'une riche lignée de diamantaires d'Anvers...Pouchin oserait interdire à une juive, ou à un juif, d'écrire sur Israël, ou sur Auschwitz, par "manque de distance avec le sujet"...
La réponse est connue d'avance, s'il en avait l'imlpudence: ASSEDIC, puis RMI jusqu'à la retraite, après une campagne de dénonciation publique pour antisémitisme...


Mais il n'arrivera rien de tel au pauvre Dominique.
A la fin d'une carrière confortable, sinon éblouissante, ce sympathisant actif de SOS-Racisme, "pote" de Julien Dray et de toute la bande, deviendra même professeur de journalisme, et , espérons-le pour lui, mais pas pour ses élèves, d'éthique professionnelle de la presse, dans une grande école spécialisée.


L'intérêt de Nidam, donc, a primé.
Le syndicalisme, on l'a dit, est une ascèse.
Elle impose de ne pas toujours distribuer, ou rendre, les baffes que tel ou telle mérite...
Appliquant à la lettre les conseils de son délégué, le jeune homme intelligent et cultivé qui-risquerait-de-manquer-de-distance-avec-son-sujet rédige un petit texte, très simple. Il y décrit les faits, restituant les paroles, à la virgule près. Et s'abstient de toute exagération, de toute pique, de tout commentaire...
C'est l'émeute...Style Libé (verbale...)
Réunion sur réunion, et le fils d'immigré, victime d'une forme peu ragoûtante d'interdit professionnel, se voit prier de revenir, très vite, dans le bureau du rédacteur en chef.
- "Ce coup-là, Nidam, il faut que ça prenne le caractère d'une démarche officielle, avec une dimension juridique, esquissée, mais bien présente. Il faut qu'un délégué t'accompagne...Mais ne dis rien à Pouchin, on va continuer à la jouer cool, c'est ce qui marche..."
Il ne dit rien. Il a confiance.
A l'heure prévue, de sa bulle vitrée, spacieuse et agréable, l'homme de la "juste-distance-avec-le-sujet" distingue l'infernal "Polo" dont les larges épaules se profilent deux mètres, pas moins, mais pas plus, derrière Nidam...Sans un mot de commentaire, nous entrons. Lui, d'abord.
Je ferme la porte derrière nous.
"Je ne vois bien sûr aucun inconvénient à ce que tu te fasses accompagner, Nidam, c'est bien normal, attaque l'ancien de la Ligue...
- "Troskiste un jour, trotskiste toujours", cet ancien journaliste de Rouge, l'hebdomadaire de Krivine, par ailleurs brave garçon, et journaliste acceptable, sans plus, à ses moments perdus, se lance alors, sans qu'aucun de nous deux n'ait encore ouvert la bouche, dans un long développement dialectico-jésuitique - du Trotsky tout craché, revu style Serge July...
Il y apparaît que Pouchin n'est "pas raciste", il ne l'a jamais été, il le dit parce qu'il le dit, et il le sait, parce qu'il le sait...Mais il comprend qu'il a "pu avoir des mots inappropriés, ou même maladroits"...Et que Nidam, qu'il "aime beaucoup", et respecte, "infiniment" ait pu "interpréter comme raciste", ce qui, bien sûr, ne l'était pas.


Partageant avec le laborieux plaideur du jour la conception de l'information dont il a fait son étendard, en arrivant du Monde à Libération, "l'info avant tout, priorité aux faits sur le commentaire, et le bavardage", et ayant même soutenu son idée de créer, au service société, "un GIGN de l'info", je lui épargne, par générosité, mais aussi par tactique, tout commentaire.
Nidam le prend , comme convenu, tout en douceur, et j'opine du bonnet. Avant d'enchaîner, sans m'essuyer les pieds sur le penaud réd-chef de Libé plus que nécessaire, sur l'idée que "raciste, tout le monde peut l'être, personne n'est immunisé contre une mauvaise pensée, ou un mot de trop, même pas Nidam, et surtout pas moi...Mais l'important est d'en sortir et de déboucher sur une issue positive...Un poste de reclassement de journaliste pour le monteur CGT Nidam Abdi, touché, comme les autres, par la restructuration technique de son secteur de travail, et le plan, négocié, de reconversion de tous en interne, et qui a prouvé, dans les faits, par ses piges, ses qualités d'écriture, sa rigueur dans l'enquête, et sa capacité à traiter bien d'autres sujets que sa spécialité de départ, le raï, cette musique d'immigrés, qu'on peut conchier - mais qui est avant tout de la musique..."
Nidam intègre donc la rédaction, comme journaliste salarié, de plein droit, à plein temps, avec carte de presse, au service culture...
Son histoire, connue de tous les journalistes parisiens, mais jamais publiée, même dans les innombrables livres ou papiers sur Libé, y compris par exemple sous la plume des bourdieusiens "politiquement corrects" Halimi ou Rimbert, illustre mieux que tout autre ce que fut la guerilla mao de la CGT-Libé.


Germaine, prostituée juive d'Alger, du standard à la rédaction, avec la CGT-keffieh


L'affaire Nidam s'inscrit dans un tableau d'ensemble.
Ele complète harmonieusement la bataille menée, quelques temps auparavant, en faveur de Germaine, la standardiste du journal. Cette ancienne prostituée juive d'un grand bordel de l'Alger colonial où elle avait été "maquée", à 16 ans, a pu accéder, avec l'aide d'un client fortuné, très amoureux, au statut de "fille libre" dans le quartier de La Madeleine à Paris, puis de standardiste à Libé, et "pigiste" spécialisée dans la défense des animaux, à l'image de sa grande amie Brigitte Bardot.
Comme elle l'évoque dans un de ses livres, "Animal Zone", (Presses de la Renaissance, 1993), la rédaction, où beaucoup affirment l'adorer, fait la gueule le jour où le statut de journaliste salariée lui est enfin officiellement accordé. Plus toute jeune, et pas vraiment "branchée", cette femme au lumineux sourire, et à l'énergie formidable, finit par afficher sur un grand placard mural ses remerciements au CGT-iste qui avait débloqué sa situation en l'installant, "à force ouverte", et sans l'autorisation d'aucun chef, devant une machine à écrire et un bureau - elle se morfondait depuis 6 mois dans un coin de couloir...
"Polo, il est ce qu'il est, mais lui au moins, il a des couilles".
Venant d'une femme comme elle, qui, en plus du reste, n'appréciait pas trop les grand keffieh palestiniens à damiers noir et blancs souvent portés au cou par les CGTistes du journal, valait son pesant d'or...


Il est juste, tout de même, de dire que, sans d'autres facteurs qu'on va survoler rapidement, l' affaire Nidam, dont le héros, devenu parfait symbole, resté longtemps fidèle à son syndicat, et toujours aujourd'hui, qu'on sache, à son ex-délégué, mais maintenant loin de cet univers, et du journal, n'aurait pas cimenté, comme elle l'a fait, après la défense de Hamoda, puis de Germaine, notre implantation y compris dans les étages supérieurs des "sachants" (à la rédaction). Ces luttes, qui ont desserré l'étau, ne nous auraient pas suffi pour prendre la majorité au Comité d'Entreprise, avec comme secrétaire un tandem, formé, en alternance, par le conteur de cette histoire, et l'ancien plombier maoiste de Vive La Révolution Michel Chemin, "établi" comme O.S dans les Hauts de Seine, puis journaliste sportif à Libération sous la houlette d'un fils de russes blancs à tignasse blonde, prof de gym puis porteur de films à l'imprimerie, puis journaliste, et chef de service, Jean-Pierre Delacroix. Un Grand Monsieur.


Quand à ceux qui voudraient que nous allions "sucer des bites en Pologne"...


Nous n'aurions jamais été jusque-là sans avoir tiré toutes leçons de l'expérience du Comité de Lutte Renault, et concentré longtemps et patiemment notre action sur le salaire - avec une longue bataille de plusieurs années sur le treizième mois, conclue, elle aussi, par une victoire totale. Débrayages, pétitions, prud'hommes, grèves, et en point d'orgue un discours au canon du délégué CGT, liant la chose avec une polémique en cours sur Solidarnosc, dont nous portons le badge, et Gdansk:
"Pour le treizième mois, donc, voilà. Je crois que j'ai parlé clair. Mais quant à ceux qui nous suggèrent, en roulant un peu des mécaniques, d' "aller sucer des bites en Pologne", nous n'avons qu'une chose à leur dire, ou plutôt deux: à la CGT, nous suçons les bites que nous voulons, où nous voulons, quand nous voulons...Mais personne ne pourra jamais nous obliger à le faire!"
Tonnerre d'applaudissements!...Du jamais vu...Béni d'un petit talent d'écriture, et très à l'aise, comme orateur, à l'issue d'expériences nombreuses, et variées, je n'avais jamais eu l'expérience de pareille ovation, prolongée - dans une salle comble, et pas gagnée d'avance.
July fait une sale tronche, il sait, comme nous, que nous avons gagné d'un coup 15% de voix de plus aux prochaines élections de délégués du personnel. Les deux lobbies "homo" et "travelo" sont à nous pour toujours - et même les pédophiles, influents dans le journal. Le syndicalisme, c'est ça: c' est une ascèse, on l'a dit, et c'est l' "esprit guerrier", le "vice" de la guerre, où tous les coups sont permis, s'ils payent - si le mot "coup" n'est pas, dans ce contexte, vulgaire...


Les "bites en Pologne", qui méritent une petite place dans le Maîtron, le dictionnaire de référence du mouvement ouvrier, nous rendent plus populaires, chez les journalistes, que les efforts faits, avant, pendant, et par la suite, pour ouvrir à la guerilla le "front de l'information", dans une action combinant les "percées" personnelles, d'une poignée de sympathisants de la bande, et le travail des petits réseaux maos de renseignement, mis en place autour de Dominique Orsoni, l'ami corse de cet exceptionnel artiste, Grand Maître de la "guerre des mots", que fut Jacques Vergès.


"Vive la Crise!" - ou quand Serge July cire les escarpins vernis de Philippe de Villiers

La première étape de cette lutte clandestine, zébrée de brefs éclairs à la surface des pages, nourrie, à l'occasion, de la manipulation sans vergogne de journalistes "benêts", ravis de recevoir directement ou indirectement de nous la becquée, avant de recueillir la gloire de la signature, fut, en 1984, le scandale de "Vive La Crise". Ce supplément de Libé combiné avec une émission de télé, réalisé avec la complicité d'intellectuels et de financiers "amis du du journal", membres de la fameuse Fondation Saint Simon, vante les mérites de la "destruction créatrice des emplois", ainsi les vertus thérapeutiques de la désindustrialisation et du chômage dans une "société bloquée", victime de la sclérose de "ces crétins d'électeurs de base", et du "conservatisme syndical"...


Il était difficile d'affronter de plein fouet une entreprise d'un tel cynisme, dotée de moyens puissants, qui paye, d'un seul coup, le ticket d'entrée de Serge July dans la basse-cour de l'Elysée, sur les plateaux de télé, puis à Europe et RTL.
Mais l'occasion se présenta tout de même de déstabiliser quelque peu les responsables de cette mauvaise action, et Serge lui-même, avec la révélation, dans un texte interne du journal, de la véritable personnalité de Philippe De Villiers - présenté comme un "nouvel entrepreneur culturel", très loin de la politique, et proche de la "deuxième gauche"... par le journal préféré du nouveau "pouvoir rose", avec l'appui d'une grande chaîne de télé, et de ce qui restait encore d'Yves Montand, chantre de cette opération de propagande malsaine sur le petit écran.


Les réseaux arabo-gitano-maoistes de l'affaire du commissaire Jobic

Suite colonne de droite (noire) ici

(Georges Ibrahim Abdallah: suite del'éditorial du 9 mai 2009 ici)

Né le 2 avril 1951 à Kobayat, dans le nord du Liban, Georges
Ibrahim Abdallah a grandi dans ce pays à l'époque la stratégie impérialiste consistait à provoquer les affrontements communautaristes, alors que les luttes sociales fleurissaient,parallèlement au soutien à la Résistance palestinienne, au début des années 70. A la veille de la guerre
civile de 1975, les « ceintures de la misère » autour de Beyrouth, les villes et les villages du Sud et les camps de réfugiés incarnent les enjeux locaux, régionaux et
internationaux du mouvement révolutionnaire...
C'est cette réalité de lutte, de résistance et de
sacrifice qui a construit la conscience politique de
Georges Abdallah et déterminé son engagement
révolutionnaire. Face aux massacres de masse, La
Quarantaine, Naba’a, Tal Azza’atar, Sabra et Chatila, il choisit de rejoindre la résistance palestinienne, en adhérant au Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP). Il est blessé lors de la résistance à l'invasion sioniste du Sud Liban en 1978. C'est alors que naissent les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL), qui vont entrer en action sur le sol européen. Exécution, le 18 janvier 1982, du
colonel Charles Ray, attaché militaire à l'ambassade
des Etats-Unis à Paris, exécution, le 3 avril 1982, de Yakov
Barsimantov, responsable du Mossad et secrétaire en
second à l'ambassade sioniste à Paris.
La police de François Mitterrand arrête Georges
Abdallah le 24 octobre 1984 à Lyon, pour détention de vrais-
faux papiers d'identité, dont un passeport délivré
légalement par les autorités algériennes, et doit bientôt prendre l'engagement auprès du gouvernement algérien de
le libérer rapidement.
Poursuivi également pour simple détention d'armes et d'explosifs, il est condamné à quatre
années de détention, le 10 juillet 1986, et ne fait pas appel.

Les États-Unis se constituent alors partie civile contre lui,
et le président américain Reagan en personne aborde
le sujet lors d'une rencontre avec Mitterrand.

Entre temps, en 1985-1986, des
attentats faisant de nombreuses victimes (13 morts
et plus de 300 blessés) sont commis à Paris. Ils sont
revendiqués par le CSPPA (Comité de Solidarité avec
les Prisonniers Politiques Arabes). Celui-ci exige la
libération d'Anis Naccache (1), et d'autres détenus politiques, dont Georges Ibrahim Abdallah.
Ces attentats sont commis
par un réseau financé par l'Iran, engagé contre la France "socialiste" dans une impitoyable "guerresecrète" pour l'obliger à appliquer l'accord Eurodif, par lequel téhéran, à l'époque du shah, s'était engagé à co-financer un vaste complexe nucléaire, à Pierrelatte, dans la Drôme, en échange de promesses de livraison d'uranium enrichi. Cette "guerre secrète", dans laquelle vont s'inscrire également les captures d'otages français au Liban, a aussi pour enjeu de faire payer à la
France d'avoir poussé l'Irak à attaquer l'Iran. Un de ses épisodes les plus spectaculaires sera la disparition ciminelle du pasteur Joseph Doucé, le "pasteur des pédophiles" (et d'autres minorités sexuelles rares...), fin connaisseur des secrets les plus intimes du tout-Paris pervers, et socialiste, à qui ses ravisseurs espèrent arracher des informations "sensibles" permettant de fair céder le garde des Sceaux Pierre Arpaillange, proche de la CIA de l'époque comme des Israéliens, qui a l'impudence et l'imprudence de refuser au satrape de l'Elysée la libération de Naccache, promise à l'Iran comme "cerise sur le gateau" alors que l'essentiel de la négociation est en voie de conclusion et les "virements Swift" déclenchés en direction de Téhéran, à la suite d'un discret voyage à Genève de Jean-Claude Trichet flanqué de Jean-Charles Marchiani (qui a su gagner la confiance du Hezbollah et des services de renseignement iraniens grâce à concours de son ami, l'intrépide chrétien du Liban Iskandar Safa, et a pu récupérer les otages vivants, pistolet au poing, dans les sous-sols d'un grand hôtel de Beyrouth...)


C'est dans ce contexte, alors que Georges-Ibrahim
Abdallah est incarcéré depuis plus d'un an, que la
Direction de la surveillance du territoire (DST)
annonce la « découverte » d'une arme dans un
appartement loué en son nom, prétendant que celle-
ci a été utilisée dans l'attentat contre le colonel
Ray et le terroriste sioniste Barsimantov.
Le 1e mars 1987, les autorités françaises
jugent une seconde fois Georges Ibrahim Abdallah
sur la base de cette saisie miraculeuse. Un verdict de
condamnation à perpétuité est prononcé bien que le
procureur général n'ait requis qu'une peine de dix
ans d'emprisonnement.
En prison, Georges Abdallah continue à
défendre la cause des peuples opprimés. Il adhère à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui
réunit dans une communauté de lutte une centaine
de prisonniers révolutionnaires, communistes,
anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes. Il participe aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en Turquie.
En août 2002, en solidarité avec les
prisonnières palestiniennes détenues à Neve Tirza,
en grève de la faim pour dénoncer les humiliations
quotidiennes dont elles font l'objet dans les geôles
sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs
dizaines de prisonniers détenus à Moulins refusent le
repas de l'administration pénitentiaire.

La campagne pour défendre Georges-Ibrahim, défendu par l'avocat anti-impérialiste Jacques Verges, est juste. Il est dommage que certains de ses jeunes partisans français, naïfs et sévèrement infiltrés par la DST comme par le Mossad, aient parfois cru utile d'amalgamer sa cause et celle des anarcho-maoistes d'Action Directe, également emprisonnés depuis de trop longues années, alors que ceux-ci, qui méritent, certes, eux aussi, avec le temps, d'être remis en liberté, s'avèrent incapables de la moindre autocritique sur des pratiques caricaturales et délirantes de "lutte armée"(complètement coupée de tout travail de masse au sein du peuple, à l'opposé de la théorie maoiste de la guerre populaire prolongée (gpp), et donc propice aux infiltrations, manipulations et provocations de toute nature, qui par les Israéliens, agissant par l'intermédiaire de la douteuse mouvance anarcho-sioniste, toujours vivace, ou de l'ultra-gauche antisémite, également manipulée, qui par les Iraniens encore (assassinats, téléguidés, du P-dg François Besse et du général Audran liés à une faction pro-Israël des lobbies de l'armement, et du nucléaire, hostile à la négociation d'un juste compromis avec l'Iran...).

L'objectif de ceux qui infiltrent et manipulent les Comités de Soutien à Georges-Ibrahim Abdallah est de créer, le moment venu, les conditions d'une nouvelle flambée de "lutte armée", dans la conception gauchiste petite-bourgeoise du terme, détournant la jeunesse étudiante du patient travail de masse en milieu prolétarien sans lequel aucune forme de lutte, quelle qu'elle soit, n'est "juste" - et servant les intérêts bien compris du pouvoir, et d'Israël.

Cette réflexion peut s'élatgir à une interrogation de portée plus générale, touchant au concept même de radicalité. La radicalité, c'est aller aux racines, toucher au fond des choses, et,dans cette ambition, rassembler pour lutter pour des transformations réelles concernant l'essentiel. A l'inverse, les pouvoirs, quels qu'ils soient, ont toujours besoin de promouvoir, en face d'eux, tout en faisant semblant dela combattre, une "radicalité" (guillemets) verbale, électorale, voire militaire, qui le renforce en isolant les authentiques radicaux - ceux qui vont aux racines. Ainsi pour la promotion, à la findes années 1970, d'Action Directe, sur ce qui pouvait apparaîre comme les décombres du maoisme - Action Directe, couvée dans sa ferme aux hamsters à deux pas de Cercottes, base de la DGSE, en Sologne, puis soufflée comme une allumette... Ainsi pour la promotion, aujourd'hui, du pitre raciste à face noire sous la tutelle de nazis blancs de blanc, du faux-facteur flanqué de sa riche éditrice, champion de l'électoralisme "radical", du courant séparatiste "indigéniste", etc.

La lutte révolutionnaire, celle qui, armée, gagne au Népal et gagne les anciennes zones naxalistes de l'Inde toute entière, à l'inverse de celle quis'est autodétruite en secte, détruisant le pays lui-même, dans les Andes des Incas, celle qui, armée, rayonne avec le Hezbollah, et non celle qui sombre, qui sépare, et qui isole avec Hamas, la lutte armée rassemble, au lieu de diviser, élargissant les bases de résistance au lieu de les rétrécir. Il en va de même pour la résistance non armée, pas forcément non-violente, au cœur des métropoles impérialistes, dans le moment historique où ce vieux monde, dans la toute dernière phase d'une agonie déjà séculaire, frôle le seuil de "débranchement", à l'image du vieux fasciste polonais du Neguev, que la décence commanderait aujourd'hui de "débrancher", comme, en son temps, le fossile de Moscou. Cette résistance-là aussi progresse quand elle rassemble ce qui constitue alors plus que jamais son camp. Et il existe deux conceptions antagoniques de la lutte de classes elle-même, de la lutte sociale dans son ensemble, celle qui rassemble et renforce le peuple, isolant chaque jour un peu mieux ses ennemis tout en précisant chaque jour un peu mieux les contours de leur réduit. Mais c'est un autre débat.

8 mai 2009. Jean-PaulCruse

(1) Libanais lié aux services secrets iraniens, accusé d'une
tentative d'assassinat sur l'ancien premier ministre du Shah
d'Iran Chapour Bakhtiar. Condamné à perpétuité il est par
la suite amnistié par François Mitterrand et libéré le 27
juillet 1990.



Sur Georges-Ibrahim Abdallah, lire aussi en rubrique "Combattants de la Liberté": ici

 

 

"Aux hommes libres du Liban et de la terre"

- Appel du Parti Communiste Libanais (PCL)

29 février 2008

-Extraits-

(Des destroyers US sont en ue des côtes libanaises, en préparation d'une nouvelle agression, étendant encore le champ de la guerre dans la "zone des tempêtes")

"(...)Au moment où son allié stratégique israélien noie la bande de Gaza dans un bain de sang, après avoir tenté, à l’aide de l’Egypte, de l’étrangler par le blocus, au moment où ses bombardiers, made in USA, assassinent les enfants en bas âge et détruisent les maisons sur la tête de ses occupants, et tandis que les chefs de l’armée israélienne concentrent leurs troupes près des frontières libanaises et que leurs avions violent l’espace aérien libanais, au vu et au su des représentants des Nations unies, George W. Bush axe son agression contre le Liban : ses destroyers se dirigent, l’un à la suite de l’autre, vers nos côtes, sous prétexte qu’il veut soutenir le gouvernement du Liban « élu légalement » contre ce qu’il appelle « la menace syrienne contre le Liban ».
Cet acte agressif ne nous a pas surpris, surtout que, durant les dernières semaines, les discours guerriers s’étaient multipliés et des responsables étasuniens, ainsi que certains de leurs alliés libanais, avaient annoncé des changements imminents. Sans oublier la déclaration de David Saturnienne concernant le refus étasunien de l’initiative de la Ligue arabe pour mettre fin à la crise présidentielle libanaise. Cependant, et vu la scission intérieure aiguë et, aussi, les divisions inter arabes, qui annoncent la fin même de la Ligue arabe, cet acte guerrier risque de provoquer une explosion qui aboutirait à pousser le Liban dans les flammes d’une guerre civile recherchée par Israël et les Etats-Unis qui ne pardonnent pas la défaite subie pendant l’été 2006.
Le Parti Communiste libanais voit dans la nouvelle menace étasunienne une tentative visant à porter la terreur dans notre pays et à liquider notre Résistance nationale, de manière à permettre à Washington de donner un nouvel élan à son projet radical contre la région arabe, le projet du « Moyen Orient nouveau », dont le but est de diviser le monde arabe en mini Etats antagonistes, afin de servir Israël déclaré par George W. Bush « Etat des juifs de la Planète », tout en faisant des peuples arabes des tribus se faisant inlassablement la guerre, tandis que les richesses que recèle leur terre sont pillés ; surtout qu’on parle de la présence au Liban d’une nappe de pétrole.
Le Parti Communiste libanais appelle le peuple libanais à faire face à cette nouvelle agression étasunienne et à empêcher la réalisation de ses objectifs.
Il revendique de la part du gouvernement présidé par Fouad Sanioura la déclaration des Etats-Unis « Ennemis du Liban » et le renvoi des diplomates étasuniens présents au Liban, tout en demandant à toutes les forces politiques libanaises, y compris celles qui avaient, à un certain moment, pensé que les Etats-Unis allaient nous aider à recouvrer notre indépendance et notre souveraineté, de s’unir pour sauver leur pays.
Il réitère son initiative concernant l’élection d’un nouveau président de la République et la formation d’un gouvernement transitoire permettant les réformes politiques nécessaires.
Il appelle tous les peuples arabes et les peuples de la Planète, ainsi que leurs forces vives, à de larges manifestations afin d’empêcher cette nouvelle agression.
Il demande aux gouvernements des pays européens de la Méditerranée une position claire concernant cette agression et, surtout, l’utilisation par Washington des bases militaires érigées dans ces pays dans ses buts agressifs contre un petit peuple qui a levé l’étendard de la Résistance afin de libérer son pays et de défendre sa souveraineté et son indépendance."

Beyrouth, le 29 février 2008
Le Bureau politique du Parti Communiste libanais

- Djihad -

Hommage à Imad Mughniyah tombé en martyr

 

Avant même de participer à la création du Hezbollah, et de devenir son plus grand chef de guerre, ami de la Palestine, il avait fait partie de la FORCE 17 - les troupes d'élite du FATAH de Yasser ARAFAT.

Ami de l'Iran, et des peples du monde, combattant anti-impérialiste, antisioniste, ce musulman révolutionnaire à la foi indomptable, plein de courage et d'amour pour sa patrie, est entré dans l'HISTOIRE DES PEUPLES par la plus grande porte.

Il siège parmi les plus grands des martyrs de la lutte immémoriale pour la liberté et la justice.

Le site Le Monde Réel, et Jean-Paul CRUSE, personnellement, te saluent, IMAD, notre frère.

Imad Mughniyah a terminé sa grande histoire. Elle a marqué par sa résistance héroïque de grand combattant, après de longues années de lutte qui n’a pas cessé depuis sa tendre enfance, depuis que ses yeux se sont rivés sur la Palestine et la sainte ville d’al-Qods, jusqu’au Djebel Amil, collines sur lesquelles il se déplaçait pour dédier à son peuple et à sa nation succès après succès, et victoire après victoire.

Lors de la derrière agression des forces de TEL AVIV (guerre de juillet, en 2006), il a été un des grands dirigeants. Le couronnement de sa carrière a été cette victoire qui a mené à la cruelle défaite de l’armée la plus forte du Moyen-Orient.

Israël a tenté de se distancier de l’assassinat, tout en le célébrant. Mais des voix sont apparues avertissant que la réaction du Hezbollah ne tarderait pas:


" Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

« Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Dieu. Certain d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement).


Dans la plus grande fierté, nous annonçons qu'un commandant parmi les grands dirigeants de la résistance islamique au Liban nous a quittés, pour aller rejoindre les grands martyrs.

Après une vie de djihad, de sacrifices et de réalisations, Alhaji Imad Mughniyah (Alhaji Radwan) est tombé en martyr, tué pa les Sionistes israéliens.

Le sang de nos dirigeants a toujours été un facteur d’élévation pour notre résistance, pour qu’elle soit placée au plus haut niveau, comme cela a été le cas auparavant avec les dirigeants et deux martyrs M. Abbas Musawi et Sheikh Radwan.

Nous poursuivrons la voie de résistance jusqu’à la victoire, si Dieu le veut.


Nous adressons à sa famille et à ses nobles combattants de la résistance toutes les félicitations pour avoir reçu ce degré divin élevé et nous présentons nos condoléances pour la perte de ce cher leader bien-aimé."

(13 février 2008 - Al-Manar)
Source : http://www.manar-fr.com/module.php?page=article&id_article=1041 <http://www.manar-fr.com/module.php?page=article&amp;id_article=1041>

REBELLES

(suite)

GUERRE SECRETE A LIBE

(suite)
Les réseaux arabo-gitano-maoistes

de l'affaire du commissaire Jobic


Suivit l'affaire Jobic, avec une efficace autant qu' agréable pénétration du milieu parisien de la grande nuit arabe, favorisée par certains des réseaux maos issus du MTA.


Ce jeune commissaire cultivé plein d'allant et d'énergie, docteur en droit de l'université de Bordeaux avec une thèse de référence sur l'Ordre de Malte, gaulliste arabophile et catholique convaincu, était alors donné comme "ripou", proxénète, voire assassin, par une étrange coalition de la Morale.


Cette conjuration s'était agglomérée, d'un Palais de Justice dévoyé de sa mission aux glauques bars à putes de la rue de Budapest (Saint-Lazare), autour de "marchands de viande fraîche" du milieu le plus pourri des trafiquants de jeunes femmes aux journalistes les plus cotés, donc les plus avariés, de la place de Paris, en passant par une filière obscure d'"auxiliaires de justice" (magistrats, avocats, etc.), devenus les auxiliaires d'autre chose, mais aussi ambitieux qu'imprudents...
Grands amis d'Israël, en général, ils croyaient, dur comme fer, avoir flairé, dans les égoûts béants où ils jetaient leur gourme la piste des connexions juteuses liant le grand milieu arabe, une vaste tribu cosmopolite de gitans chrétiens irakiens, liés à une chanteuse de Beyrouth, proches des services de Saddam et de la Sécurité Militaire Algérienne, et les "réseaux Pasqua".


Un des épisodes notables de cette énorme affaire eut pour théâtre un bar à putes de luxe de la rue de la Voûte, dans le XIIème arrondissement de Paris. Il se situe juste sous l'appartement où la DST met sur écoute, puis démantèle - juste avant l'éclatement du "scandale Jobic" - un réseau tunisien de porteurs de bouteilles d'Arak contenant des explosifs d'attentats terroristes téléguidés en sous-main par Téhéran. Tout finit par aboutir à la relaxe, spectaculaire, suivie par une indemnisation, confortable, et une réhabilitation, éclatante, du jeune flic, "le Petit Prince du Quai des Orfèvres", aujourd'hui bien relancé dans une prestigieuse carrière, aux sommets de l'institution policière..
Une "happy end" humiliante pour Libé, dont le seul journaliste ouvertement mao, sur la bonne piste, et donc très vite "placardisé" hors du dossier, avait dû publier ses révélations, censurées rue Bérenger, dans les colonnes du magazine "people" du fils de Régine, Rolling Stone - une pige de luxe, payée rubis sur l'ongle...


Joseph Doucé, "pasteur des pédophiles":

les maos CGT-Libé aident l'Iran


Les mêmes causes produisant quelquefois les mêmes effets, le même scénario allait se répéter, deux ans plus tard, avec une autre affaire mettant en scène policiers et barbouzes suspects de pratiques douteuses, plus ou moins sexuelles, et plus ou moins sanglantes, le mystère de la disparition du Pasteur Doucé, le "pasteur des pédophiles", dans l'arrière-Pigalle...


Là encore, Libération ayant calé, malgré d'infernales manœuvres du réseau mao de l'intérieur, ce furent dans les colonnes, ô combien rivales, d'une autre publication, l'Idiot International de Jean-Edern Hallier, "ami de la Cause du Peuple" des années 1970, que purent être savourées une partie au moins des révélations destinées à l'origine au journal de Serge July...


Cette affaire de chantage sexuel très "hard", de meurtres par étranglement, et de "suicide" à l'essence enflammée, dans sa baignoire, d'un jeune proxénète syrien, lié aux "moukhabarat" (services secrets) de Damas comme à la frange saine des RG français, et à la mouvance nationaliste, anti-américaine et anti-israélienne, de la DGSE, se déroula sur fond, là encore de guerre Irak-Iran.


Un très haut dignitaire de la bande Mitterrand bloquait, au tout dernier moment, la mise en liberté du Fatahoui libanais Anis Naccache, agent de l'Iran incarcéré pour meurtre. Elle avait été promise à Téhéran sur fond de conflit otages-terrorisme-nucléaire (Eurodif).
"On " pensait que le pasteur savait des choses coquines sur le responsable du blocage, un islamophobe atlantiste forcené, très haut placé.
C'était urgent. Il fallait que le divin ecclésiastique parle, il cachait des problèmes cardiaques, il mourut, étranglé, mais Libé sortit, grâce à nous, le scoop décisif au bon moment, faisant chuter le "méchant" et libérer de prison le "bon" - le R.G. du "Groupe des Enquêtes Réservées" (G.E.R.) de la Préfecture de Police de Paris Jean-Marc Dufourg - un flic sans doute un peu rude, mais solide...


Inévitablement doublée d'une "bataille de presse", reflet plus ou moins ordinaire, plus ou moins transparent, ou translucide, d'une "guerre des services" , cette "affaire" journalistiquement magnifique, bousillée par tout le monde, fut l'objet d'interférences confuses de différents réseaux, officiels ou non, gaullistes, anti-gaullistes, pro-Palestiniens, ou anti, anti ou pro-Iran, chinois, etc. Tous s'entraidant ou s'étripant, au sens le plus charnel du terme, dans une mêlée confuse, sur le sol français - sous l'œil un peu perdu des malheureux procéduriers du Quai des Orfèvres (Brigade criminelle), ou du Palais, confrontés aux byzantineries indéchiffrables du G.E.R.), ou de ses cousins et faux amis de la DCRG (Direction Centrale des Renseignements Généraux - alors rue des Saussaies...


Ces galipettes allaient s'étendre et s'enfoncer jusque dans les sous-sol les plus humides et les plus dangereux d'anciens égouts, en principe murés, débouchant sous la Seine, à portée de 357 magnum de l'Elysée.


Elles allaient bientôt rebondir en marge des "Ecoutes de l'Elysée", et de la mort par arme à feu du conseiller François de Grossouvre, dans son bureau de la Présidence de la République...


Opération "Rouge-Brun"


Jobic passait, l'inspecteur Dufourg, avec sa trogne de gascon amateur d'ortolans, de "cul" peut-être un peu gras, et d'étrangleur rubicond - un ami... - ça passait encore...
Mais " juste".


Rolling Stone, à la rigueur...
L'Idiot, Jean-Edern, "too much".



Trois ans plus tard, une opération de lynchage médiatique de très grande envergure, déployée dans l'ensemble de la presse parisienne, avec des relais jusqu'au Japon, ou en Finlande, allait porter un coup sérieux, mais non fatal, à notre "guerre secrète à Libé".

Auteur d'un édito piquant de l'Idiot, où j'osais me prononcer pour le dépassement radical du vieux clivage droite-gauche, et la perspective d'un nouveau front uni, sur de nouveaux clivages, dans la tradition du Front National de la Résistance anti-nazie, et du C.N.R. de Jean Moulin, contre la liquidation de l' "exception française" par le biais de l'intégration européenne ou de la "globalisation" américaine, et cela dans une alliance "du bleu blanc rouge avec le black blanc beur" contre l'impérialisme et le sionisme, je fus cloué au pilori, en compagnie de mon ami Marc Cohen, de Pierre Zarka, Francette Lazard, Jacques Dimet, et Krasucki, tous communistes d'origine juive...Ils n'oublièrent que Lancry...Par peur, sans doute.


Le délégué CGT-mao de Libé, donc, cachait son jeu

- ça, c'est vrai...


Il était en réalité - ça, c'est faux...- le satanique sorcier synthétiseur d'un nouvel O.G.M. "rouge -brun", monstre contre nature génétiquement engendré dans les cornues du "laboratoire" idéologique de la place des Vosges - le bel et vaste appartement de Jean-Edern, avec son grand piano, ses fêtes, son champagne, Omar, Laurent, la délicieuse Jeanne Folly et la plantureuse masseuse de l'étage au-dessus, qui descendait, à l'occasion...


Plenel tonnait. Angeli, du Canard, pondait ses petits étrons, puants.
Bref, il y avait le feu.


L'influence prolétarienne des maos de Saint-Dizier, passant par le service sténo de Libé, et le labyrinthe des réseaux de consommateurs de coke de Libération, cassa la pétition interne réclamant carrément ma tête lancée par deux trotskistes de service, petits secrétaires de rédaction anonymes voués à une gloire certaine, Bonnet (Krivino-pleneliste) et Marcelle (Pierre) - “grande conscience” lambertiste...
Annie Danaux (voir page) se montra parfaite. Chevelure rousse en bataille, celle que de méchants cancans, pour le moins exagérés, présentaient comme la "Reine de la Blanche" du journal retrouva les accents gouailleurs et l' "esprit guerrier" de la fille du prolétariat rouge de Saint-Dizier qu'elle avait dans une autre vie été. (voir page). Elle battit la campagne avec une seule phrase, toute simple: "Bande de naves, vous ne voyez pas qu'avec tout ça, ils vont virer Polo - la CGT, et nous tous, derrière?"
Nettoyage fait derrière les lignes ennemies, et Marcelle-Bonnet, traités de "jaunes", mettant en sourdine leur caquetage, nous remîmes un peu d'ordre dans une CGT tout de même affaiblie, bientôt secouée par la trahison d'un demi-indic belge, traité par l'inpecteur Lucas, de la DST.


Alain Martin, une des plus belles pièces du pack "roto" CGT de l'imprimerie de Libé vint avec Fatima et moi calmer les procureurs d'un "tribunal populaire" du syndicat des journalistes CGT, dont j'étais devenu peu avant un des quatre secrétaires nationaux. Edwy Plenel, qui s'en prétendait militant, avait interpellé la direction du syndicat, pour qu'on m'y retire mon mandat de délégué de Libé, ouvrant la voie à un licenciement jusque là bien bloqué. Sollicité publiquement par ce farceur de Marchais, le brave Henri Malberg réunit une "commission d'exclusion" à la Fédération de Paris du PCF, visant Marc Cohen et moi-même. Sous l'impulsion d'un Marco déchaîné, se faisant accusateur, nous gagnâmes cette nouvelle bataille, haut la main. La presse tut, naturellement, la décision du PCF de ne pas nous exclure, nos thèses n'étant pas celles du Congrès, mais étant reconnues pour ce qu'elles étaient: respectables. Je repris ma carte l'année suivante, Marc pas.


Entre temps, j'avais publié une volée de droits de réponse.

Même Le Monde et le Canard, c'est dire, les publièrent, ainsi que Rouge, Tribune juive, et une bonne douzaine d'autres.
Seul le journal de July, qui avait couvert de boue sur deux pleines pages son journaliste, délégué CGT, et membre, élu, du Conseil de Surveillance, refusa cet acte de déontologie élémentaire. Serge aggravant encore son cas par une note interne imprudente, signée de sa main. Il y promulguait une "fatwa" décrétant que l'accession à tout poste de responsabilité me serait désormais interdite. Un vaste éclat de rire l'accueillit dans le journal: je n'étais plus employé depuis longtemps qu'à "bâtonner" des colonnes de "brèves"...Ce viol des libertés constitutionnelles, et du droit du travail était en vigueur, mais sans texte, depuis des lustres...J'attendis donc un an, pour le principe, et un chèque d'indemnisation à trois chiffres pour aller me faire pendre ailleurs -laissant la CGT dans des mains sûres... suite ici

- L’adieu palestinien au dirigeant martyr ‘Imad Mughnieh -

:
« ‘Imad rassemble les Palestiniens, avant et après son martyre »

(Cirepal (Centre d’Information sur la résistance en Palestine) – 19 février 2008 - extraits)


L’unanimité palestinienne à rendre hommage et à louer le combat du martyr ‘Imad Mughnieh, dirigeant militaire du Hizbullah, assassiné à Damas le 12 février 2008, a été impressionnante par la fougue, l’émotion, la sincérité, la douleur et la colère manifestés au cours de ces derniers jours.

Que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie, dans les prisons sionistes, dans les camps palestiniens de l’exil, au Liban et en Syrie, ou par les délégations de toutes les organisations politiques palestiniennes venues présenter leurs condoléances aux dirigeants du Hizbullah, ou par les déclarations ou les écrits des dirigeants palestiniens, politiques, syndicaux et populaires, en Palestine ou dans l’exil, les Palestiniens ont rendu un impressionnant hommage au résistant dirigeant ‘Imad Mughnieh, insistant sur le fait que son martyre ne peut que susciter une mobilisation encore plus importante (...) contre l’entité sioniste et représenter un nouveau tournant dans la lutte contre cette entité.

Pendant trois jours de suite, au moment même où l’Etat sioniste commettait un nouveau massacre, ciblant la famille du combattant du Jihad islamique, Ayman al-Fâyid, en bombardant l’immeuble où il vivait, tuant 8 Palestiniens et blessant des dizaines de citoyens dans le camp d’al-Breij, les organisations palestiniennes (Jihad islamique, Hamas, Fatah, Front populaire, Front démocratique, comités populaires et autres organisations) ont organisé, au centre culturel Rashad al-Shawa à Gaza, un conseil de condoléances, en signe d’adoption de ce combattant exemplaire de la résistance palestinienne et libanaise, comme un des siens.

Le 13 février, le représentant de l’OLP au Liban, ‘Abbâs Zakî, affirmait, ému, au centre Sayyid al-shuhadâ’, dans la banlieue sud de Beirut, où se tenait le conseil de condoléances, que le dirigeant ‘Imad Mughnieh est un martyr de la résistance palestinienne, que son martyre est une grande perte pour le peuple palestinien, surtout en ce moment où il y a un grand besoin d’hommes dévoués comme lui à la cause de la Palestine.


Ses déclarations étaient partagées par plusieurs représentants des mouvements palestiniens, au Liban, comme Marwân Abdel ‘Âl (Front populaire) et Ali Fayçal (Front démocratique) venus, dès le premier jour, présenter leurs condoléances.

Marwân Abdel ‘Al déclarait à la télévision al-Manâr : « Tout foyer palestinien a senti l’amertume de la perte de ce grand dirigeant, de par son importance et sa fermeté » rappelant que cette méthode (israélienne) a été longtemps pratiquée contre les dirigeants de la résistance, « lorsqu’ils ne peuvent les avoir sur le champ de bataille, ils utilisent cette méthode lâche » et a ajouté : « que l’écho de ce noble sang soit un cri des plus profonds de tout patriote sincère, afin de serrer les coudes et construire notre unité, car notre ennemi a tranché ses choix et montré son véritable visage, il essaie de se fabriquer une illusion de victoire qui cache sa réelle défaite sur le terrain, en juillet (2006) ».

Quant au secrétaire général du Jihad islamique, Ramadan Shallah, sa déclaration à la télévision al-Manar, le même soir, a montré la force des liens tissés entre la résistance palestinienne et le Hizbullah, dans leur lutte commune contre l’occupation :
« l’explosion qui a déchiré le corps du martyr dirigeant ‘Imad Mughnieh sera répercuté un jour sur cet ennemi et déchirera cette entité » affirmant que cet ennemi criminel n’a pas compris la leçon et ne peut comprendre « que le sang de tout dirigeant ne se perd pas en vain, mais au contraire, fera pousser d’innombrables dirigeants qui porteront la bannière après lui ».
Il a insisté sur le fait que l’assassinat de Hajj Radwân ne fera qu’augmenter « la détermination des masses de la résistance, dans notre nation, à porter sa bannière, la bannière des martyrs qu’il a rejoints, sayyid ‘Abbâs al-Mûsawî, sheikh Raghib Harb, dr. Fathî Shiqâqî, sheikh Ahmad Yassîne, Abu Jihâd, Abu ‘Ammâr, Georges Habache et Abu ‘Alî Mustafa. »


« Un hajj suivra un autre hajj, un ‘Imad suivra un autre ‘Imad, jusqu’à ce que l’ennemi sache que le ‘Imad (le pilier, en arabe) de la nation ne sera pas brisé, car il est le pilier de sa foi en Dieu, de sa confiance dans sa religion et dans son droit à la vie, à la résistance et à l’auto-défense, afin qu’elle vive en toute dignité, comme les autres nations ».

Au camp palestinien al-Yarmûk, à Damas, il a déclaré : « l’assassinat du martyr ‘Imad Mughnieh, grand dirigeant du Hizbullah, a ouvert une nouvelle ère dans le conflit arabo-sioniste. Aujourd’hui, un compte d’un genre nouveau a été ouvert, et tous les scénarios politiques dans le monde ne peuvent sauver les ennemis…

Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir les répercussions de cette décision imbécile de l’assassiner. Il faut que les porte-voix de Bush, qui insultent le sang du martyr Mughnieh comprennent : le martyr a laissé ses empreintes dans Tel Aviv, Khudayra, Natanya, dans toute parcelle de terre où des martyrs sont tombés en Palestine, au cours de cette Intifada, et c’est pour cela qu’ils le poursuivaient. Ils l’ont tué parce que la Palestine est présente dans son cœur plus que tout Palestinien…. Ceux qui ne le connaissent pas qu’ils retournent à la guerre de juillet pour voir comment il a mis à genoux les généraux, face à face, mais les lâches l’ont tué par derrière, ils n’ont pas osé l’affronter ».

Ziyad Nakhâle, vice-secrétaire général du Jihad islamique, a décrit, de son côté que le martyr ‘Imad Mughnieh est un grand dirigeant, un symbole de la résistance islamique au Liban et en Palestine et de plus, « il était, dans un certain sens, unique, il aimait la Palestine plus que les Palestiniens ». « Ce symbole dont nous avons perdu le corps, nous n’avons pas perdu son esprit, il est toujours vivant parmi nous, aux côtés de notre lutte et de notre résistance, un maître remarquable dans ce long conflit .. Il est un pilier important pour la libération de la Palestine et a largement contribué à instaurer les règles et les bases de la résistance, en Palestine, au Liban et dans la région. En le perdant aujourd’hui, nous avons perdu un grand symbole et un grand maître, mais nous sommes certains que nos frères dans le Hizbullah peuvent supporter le poids après lui ». Il a ajouté : « Dans notre conflit avec cet ennemi assassin, les martyrs tombent, les grands dirigeants tombent, et dans ce conflit, nous n’oubliorons pas que ce grand dirigeant était à la tête de la résistance contre la guerre de juillet, la bataille de la grande victoire, la bataille qui annonce la disparation de l’Etat d’Israël ».
« Nous voyons dans le Hizbullah la direction de la résistance en direction de la Palestine… Nous sommes certains de la victoire, par la volonté de Dieu, malgré ces nuages qui s’amoncellent sur nous, ces jours-ci, avec la chute du dirigeant et symbole, le frère Hajj Radwân ».

Le représentant du Jihad islamique au Liban, Abu ‘Imad Rifa’i a déclaré, quant à lui, que le martyre de sheikh Radwân, suscitera un élan formidable de la résistance. Si cet acte terroriste a été commis pour des considérations internes dans l’entité sioniste, ses répercussions dépasseront très largement celles-ci. C’est la région toute entière qui va être bouleversée, rappelant que le martyre de Fathî Shiqâqî (secrétaire général du Jihad islamique, assassiné par le Mossad à Malte) a rendu le mouvement plus efficace et plus populaire, et celui de Sayyid ‘Abbâs al-Mûsawî (secrétaire général du Hizbullah, assassiné au Sud-Liban) a conduit à la libération du sud-Liban.

Le président du bureau politique du Hamas, Khalid Mechaal, a affirmé que « le martyr du dirigeant au Hizbullah, ‘Imad Mughnieh, « est une grande perte pour les peuples libanais et palestinien », insistant sur le fait que cet assassinat de la part de l’occupation sioniste vise à redorer le blason de son armée « défaite », disant : « le temps où Israël remportait des victoires est fini ». « Nous sommes à la fois tristes et en colère pour la perte de ce grand combattant, et fiers qu’il ait obtenu ce grade honorique du martyre, pour lequel il avait consacré toute sa vie et toute sa lutte » rappelant toutes les étapes de son parcours de combattant de la résistance. « Tous les crimes de l’occupation, tous ses actes terroristes et ses menaces ne « font que renforcer la détermination des résistants à poursuivre leur chemin », indiquant que l’occupation a assassiné toutes ces dernières années des résistants de Hamas, du Jihad, du Hizbullah, du Front populaire, des comités populaires et des autres organisations, « mais ces crimes n’a pas affaibli la détermination des dirigeants suivants à poursuivre la lutte ».

Au centre culturel Rashad Shawa, à Gaza, les différents mouvements palestiniens ont tenu à affirmer la valeur humaine et militante de ce grand dirigeant de la résistance qu’était ‘Imad Mughnieh. Le responsable du Fatah a déclaré : « ‘Imad Mughnieh rassemble les Palestiniens, aujourd’hui, après son martyre, comme il les a rassemblés de son vivant. Il a œuvré à notre unité face à l’occupation » tout en saluant en lui un ancien combattant du Fatah, avant qu’il ne rejoigne le Hizbullah.

D’ailleurs, ce sont les mouvements du Fatah et du Jihad islamique qui, dans les prisons sionistes, et notamment à Ofer, ont tenu des conseils de condoléances, affirmant leur adoption du combat mené par ‘Imad Mughnieh.

En Cisjordanie, ce sont les brigades des martyrs d’al-Aqsa (branche armée du Fatah) qui ont mené une opération militaire contre l’armée sioniste, à Hawwara, au sud de Nablus, au nom des « forces ‘Imad Mughnieh », le dimanche soir,
promettant qu’il ne s’agit que de la première riposte à l’assassinat du dirigeant.


Les Palestiniens, comme les Libanais, ainsi que tous les Arabes engagés dans la lutte contre Israël et le sionisme, contre les Etats-Unis et ses alliés, ont compris le message sioniste et colonial, transmis par le lâche acte terroriste, visant Hajj Radwân.

C’est pourquoi, tout en rendant hommage au dirigeant, ils ont affirmé leur détermination à poursuivre le chemin tracé par les martyrs, celui de la libération de la Palestine, la terre usurpée qui doit rassembler toutes nos forces et toutes nos énergies.

****


La politique de l'assassinat


- Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) exprime ses condoléances au Hezbollah et à la résistance libanaise suite à l'assassinat du commandant du Hezbollah Imad Moughnieh.-

 

Cette politique de l'assassinat pratiquée par l'État sioniste d'Israël et les États-Unis a pour but de subvertir les efforts des peuples pour établir des régimes basés sur un État de droit.

Ces politiques revanchardes révèlent l'impuissance des occupants et oppresseurs. Elles montrent aussi la nécessité de poursuivre l'effort pour bâtir les mouvements du peuple pour réduire la capacité des occupants et agresseurs à leur faire subir les pires souffrances, à recourir à la force pour bloquer le progrès historique.

En cette occasion, nous réitérons notre confiance que les mouvements de résistance en Palestine et au Liban auront le dessus. Non seulement leur cause est-elle juste, mais leur lutte pour la justice de leur cause ouvre la voie au progrès en dépit des atrocités commises par leurs ennemis.


Vive la résistance libanaise !

Sous les drapeaux jaunes du Hezbollah, en uniforme (photo de gauchegauche) ou en civil, dans les rues de Beyrouth, toutes confessions mêlées, une foule immense s'est rassemblée pour IMAD MUGHNIEH


- Réponses à l'assassinat -


Le ministre canadien des Affaires étrangères Maxime Bernier s'est contenté de répondre à l'assassinat du chef du Hezbollah avec une déclaration au sujet de l'ex-premier ministre libanais Rafik Hariri il y a trois ans. (...) « Le Canada est fier de ce qu'un ancien sous-procureur général adjoint du Canada, M. Daniel Bellemare, ait été désigné pour diriger la Commission internationale indépendante des Nations Unies chargée d'enquêter sur cet assassinat et d'autres perpétrés au Liban. Nous apportons notre plein soutien au Tribunal spécial pour le Liban dont M. Bellemare sera le procureur. » Le ministre n'hésite pas à démontrer sa connivence avec les assassins de Moughnieh en masquant les crimes des sionistes et des impérialistes américains dans la région. Il dit : « Le Canada est déterminé à soutenir la souveraineté et l'indépendance du Liban. Le peuple libanais a déjà beaucoup trop souffert des violences perpétrées à des fins politiques. À ce stade décisif, nous exhortons toutes les parties à oeuvrer en faveur d'une solution immédiate à la crise constitutionnelle actuelle. Pour cela, les dirigeants politiques doivent redoubler d'efforts dans la promotion du dialogue et de la recherche d'un compromis au Liban. »
Les États-Unis n'ont pas eu de scrupules à étaler leur enthousiasme eux non plus : « Le monde est un meilleur endroit sans cette homme », a déclaré Sean McCormack, porte-parole du département d'État américain, dénigrant une fois de plus la Résistance en tant que mouvement politique en comparant ses combattants à des criminels. « Il était un assassin de sang froid, un meurtrier de masse et un terroriste responsable d'innombrables pertes de vies innocentes. D'une manière ou d'une autre, il a été traduit en justice », a dit McCormack.


De hauts représentants de l'État israélien ont aussi acclamé le meurtre de Moughnieh. Une déclaration du bureau d'Ehud Olmert, le premier ministre israélien, s'est défendu contre les accusations au sujet de l'implication israélienne en disant : « Israël rejette la tentative des groupes terroristes de lui attribuer toute implication dans cette affaire. Nous n'avons rien à ajouter. » Cependant, les analystes soulignent qu'Israël a admis s'être livré à des "assassinats ciblés" dans le passé mais disent qu'il aurait peu à gagner d'admettre une opération dans un État voisin avec lequel il est formellement toujours en guerre.


Le quotidien israélien Ha'aretz, dans un article signé Amos Harel et Avi Issacharoff, offre l'analyse habituelle. (...)
« L'assassinat de Moughnieh — s'il a été mené par Israël — renforce l'impression qu'Olmert n'a pas peur de prendre des décisions complexes pour la défense impliquant des risques considérables.
« La décision d'entrer dans la seconde guerre du Liban s'est révélée être une erreur pour laquelle Israël continue de payer. Mais les décisions qui l'ont suivie semblent équilibrées et justifiées. Face au statut de Moughnieh et au risque à venir qu'il posait, il était absolument justifié de l'attaquer. L'échec d'Israël à attaquer les dirigeants du Hezbollah, en dépit d'efforts répétés, a été perçu comme un des grands échecs de la guerre.


« Un précédent assassinat — celui du secrétaire général du Hezbollah Abbas Mousawi en février 1992 — fut considéré comme un échec parce qu'il a mené à l'ascension d'Hassan Nasrallah au pouvoir. Mais Moughnieh est mieux comparé à Shikaki, dont l'assassinat a paralysé le djihad islamique durant plusieurs années.


« Le meurtre devrait inquiéter surtout Nasrallah lui-même. Moughnieh a aidé à maintenir sa sécurité. Il doit se demander si ses ennemis pourraient l'atteindre lui aussi. Le succès de cette entreprise est impossible sans que la cible ne commette une négligence, tombe dans la complaisance ou la routine.


« Les drapeaux noirs hissés vendredi dans les banlieues chiites de Beyrouth et dans quelques villages du sud-Liban montrent que c'est un coup dur porté au prestige du Hezbollah. Un commentateur libanais décrivait l'assassinat de Moughnieh comme étant le coup le plus dur de l'histoire du pays — bien plus que l'assassinat de Mousawi.
« C'est précisément pourquoi il est attendu que le Hezbollah cherche à se venger aussitôt que possible. Il a promis hier "oeil pour oeil, homme pour homme, dirigeant pour dirigeant". De telles opérations prennent du temps. En attendant, le Hezbollah peut exercer de la pression sur ses protégés — les groupes palestiniens dans les territoires — pour qu'ils commettent tout de suite des attentats-suicides en Israël comme prélude à la vengeance. »
(...)
L'Iran a jugé l'assassinat comme un « cas éhonté de terrorisme d'État organisé ».
L'Agence de presse de la République islamique (IRNA) en Iran rapporte que l'Orateur du Majilis (Parlement iranien) Gholam-Ali Haddad-Adel, lors d'une session ouverte, a dit : « Israël connaîtra un lendemain pire qu'aujourd'hui ». Il a ajouté que Moughnieh n'a commis aucun crime, il a défendu son pays.
Prenant note de l'approbation de l'assassinat par le régime sioniste et l'appui des Américains à ce crime, il a déclaré : « Tel est l'ordre mondial promis par les États-Unis. »
Les États-Unis prétendent lutter contre le terrorisme et appuyer les démocraties, a dit Haddad-Adel. Mais « la démocratie américaine est [basée sur] l'établissement d'un gouvernement dans la région qui se livre à la terreur et au crime depuis 60 ans ». Pour ce qui est d'Israël, Haddad-Adel met l'accent sur le fait que le régime sioniste a échoué à établir sa propre sécurité en 60 ans. « Le terrorisme n'amènera pas la sécurité aux sionistes. Les représentants du régime sioniste devraient savoir que la sécurité ne sera pas établie tant qu'ils ne se soumettent pas à la justice ».


Terrorisme au Liban, attentats en série, Rafic Hariri: l'ancien directeur de la DST française Yves Bonnet accuse les Etats-Unis


- Pourquoi toute cette préoccupation internationale au Liban ?

Trois pays veulent s’ingérer au Liban, les États-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël. Leurs intérêts convergent et la coopération américano saoudienne, via le club Welch, est forte au Liban. Les États-Unis souhaitent transformer le Liban en une base à partir de laquelle ils auront à faire pression sur la Syrie et le Hezbollah.

- Que voulez-vous dire par club Welch ?

Il s’agit du groupe Geagea-Joumblatt-Hariri-Sanioura ; ce groupe est totalement sous les ordres de David Welch.

- Pourquoi nommez-vous ce groupe « club Welch » ?

Regardez l’actuelle situation au Liban. La division est grande et une de ses conséquences, la faiblesse des chrétiens dans leur incapacité de choisir un président de la République, sans l’accord des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie Saoudite. Lors de ma visite du Liban, j’ai été surpris de l’importance de cette division provoquée par l’ingérence étrangère.
Tout le monde vise à imposer sa volonté aux libanais, en premier, notre ministre Bernard Kouchner qui, à une époque, avait déclaré que l’armée libanaise devait détruire le camp de Nahr Al Bared.

Je suis persuadé que, sans aucune ingérence étrangère, les Libanais auraient pu former un gouvernement d’unité nationale.

- Qui, d’après vous, a interdit la formation de ce gouvernement ?

Les États-Unis et Israël Autrement, qui a intérêt à ce que ce gouvernement ne soit pas formé ?

La division au Liban sert en priorité l’intérêt d’Israël.

Lors de ma visite en août 2006, j’avais constaté que le Liban traversait une période que l’on pouvait qualifier d’unité nationale, ceci grâce aux positions de Michel Aoun et de Hassan Nasrallah.

A cette époque, Nasrallah avait été très intelligent en considérant la victoire du Hezbollah comme étant celle de tous les libanais ; simultanément, Aoun était resté fermement solidaire de la Résistance durant toute la période d’agression israélienne.

Les États-Unis et Israël s’attellent aujourd’hui à diviser les libanais selon la formule connue « diviser pour régner ».

- Pourquoi l’armée libanaise mena le combat de Nahr Al Bared ?

Les États-unis exprimaient leur volonté de revenir militairement au Liban. Cependant, la partie Sud du pays étant sous l’influence du Hezbollah, la solution idéale était alors de s’infiltrer par la porte nord en réanimant l’ancien projet de construction d’une base militaire à cet endroit.

D’où l’idée de quelques uns aux États-Unis de provoquer des troubles au nord du pays pouvant ainsi fournir le prétexte à une présence militaire au Liban. Sur ce sujet, il faut savoir que les groupuscules connus sous le nom de Fath Al Islam étaient soutenus financièrement par les Hariri, avec un salaire mensuel de sept cent dollars par individu. Il n’est pas nécessaire d’en débattre compte tenu de la véracité de cette information. Ainsi, l’armée libanaise tomba dans ce grand piège qui lui était tendue ; elle fut contrainte à s’engager dans un dur affrontement dont elle n’avait pas besoin.
Quand je vois Monsieur Kouchner se comporter comme un général d’armée et je l’entends appeler à la destruction de Nahr Al Bared, je devine l’importance de l’irresponsabilité avec laquelle ce sujet avait été traité.

- Qui est derrière les attentats au Liban ?

Là se présente à nouveau la question de savoir : à qui profite ces crimes ? Peut-on alors accuser la Syrie ? Les Syriens savent parfaitement que leur pays est la principale cible. Je crois que la Syrie est totalement étrangère à ces attentats.

- D’après vous, qui a assassiné Wassam Eid ?

Cet assassinat est l’œuvre de ceux qui étaient proches de lui et qui travaillaient dans son entourage. Ici, l’essentiel n’est pas de connaître les exécutants de ce crime mais plutôt les commanditaires.

- Pourquoi tous ces assassinats ?

A travers ces assassinats, le but recherché est le maintien de la crise et son aggravation. Ces attentats ne ciblent un individu que dans l’unique but d’aggraver cette crise.

De là nous nous posons une question au sujet de l’assassinat de Pierre Gemayel et sur l’importance du dérangement que représentait cette personne. En vérité, le but de cet assassinat était la propagation du feu amorcé sur le fil conducteur de la crise.

- D’après vous, pourquoi monsieur Geagea ressent-il tant de force et d’assurance ?

Une seule explication à cela : il est du côté de ceux qui exécutent ces crimes. Toujours à propos des ces assassinats, monsieur Joumblatt accuse le Hezbollah.….Il est certain pour tous que le Hezbollah n’a aucun lien avec tous ces crimes qui servent les intérêts de ses ennemis.

- Vos déclarations se basent-elles sur des faits ou des analyses ?

Les deux à la fois.

A propos de l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri les enquêteurs affirment qu’ils possèdent des preuves. Mais alors qu’ils les avancent. Pourquoi ne les annoncent-t-ils pas ?

- A propos de l’entente Hezbollah (Courant Patriotique Libre), comment appréciez-vous cette entente ?

D’abord il faudra que l’on signale la modération et le calme qui caractérisent la personnalité de Hassan Nasrallah. A travers cette entente, Michel Aoun a agit en écartant tous les dangers d’une nouvelle guerre civile. Le Hezbollah est un fort garant aux chrétiens et à leur rôle important au Liban et au Moyen Orient.

Si j’étais chrétien libanais, je me serais allié à Michel Aoun et aurais soutenu sa politique. Croyez-vous que les chrétiens au Liban, de surcroît minoritaires dans le monde arabe, pourraient vivre sous l’emprise salafiste ?

- A propos de la politique de la France envers le Liban, comment appréciez-vous cette politique ?

Cette politique appelle la désolation, ceci depuis le règne de Jacques Chirac qui confondait ses intérêts avec ceux de la France. Avec Nicolas Sarkozy, les considérations personnelles ne sont plus comme elles étaient du temps de Chirac ; cependant Sarkozy n’est pas Charles De Gaulle et est très proche des américains.
Quant au ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, il est l’homme des idéologies et agit en s’y référant. Dans la situation libanaise et dans la question iranienne, souvent il agit à partir de ses émotivités juives ; n’était-t-il pas un des rares qui avaient soutenu l’invasion de l’Iraq ?

- Vous avez évoqué le caractère modéré du Hezbollah ; cependant les médias en France disent le contraire ?

Les médias en France tentent de faire croire et admettre que le Liban est divisé en deux parties : le groupe de la démocratie, c’est-à-dire celui au pouvoir et le groupe pro syrien, c’est-à-dire l’opposition.

- Sur quoi vous vous basez pour croire que le groupe au pouvoir est plus démocratique que les autres ?


L’ironie est le fait qu’une bonne majorité des gens actuellement au pouvoir, s’était rassasié depuis longtemps, tout en étant à table, hôte de syriens, et qu’aujourd’hui elle accuse Michel Aoun d’être proche de la Syrie.

Enfin, le Hezbollah en 2008 n’est pas celui de 1985. Il est un mouvement de résistance à l’occupation, et son chef, Hassan Nasrallah, agit au Liban comme avait agit De Gaulle en France.

- Avez-vous l’intention de visiter prochainement le Liban ?

Je visite souvent le Liban et mon plus grand souhait est de rencontrer un jour Hassan Nasrallah : cette divine personnalité mérite grand respect

Publié sur le site de MICHEL COLLON. http://www.michelcollon

Source: Al Intiquad, 8/02/2008
http://libanresistance.blogspot.com/2008/02/le-miroir-bris.html
Traduction par Raymond RICHA

   
 
   

LIBAN: JOUR DE DEUIL, DE RASSEMBLEMENT

ET D'UNITE CHRETIENS-HEZBOLLAH - sous la protection d'équipes de "snipers"

 

HOMMAGE AU LIBAN HEROÏQUE

Tous au Théâtre national de Chaillot, à Paris, Trocadero,

ce dimanche 22 octobre à 14H30,

pour la grande fête "VIVAT LIBAN" - spectacle en mots, musique et images, mis en scène par NABIL EL AZAN, avec Souad Massi, apho, Dick Rivers, Adonis, B3 Black Blanc Beur, Hanane Haji-Ali, Elias Khoury, Amin Maalouf, Salah Stétié, Cie Teatri del Vento, le Collectif des Cinéastes libanais - et beaucoup d'autres...

Dons et réservations: 01 44 01 54 24

http://vivatliban.free.fr

   


Source EL WATAN du 4 février 2008 <http://www.elwatan.com/spip.php?rubrique8529>




L’enquête sur les affrontements du « dimanche noir » avance...

Calme précaire à Beyrouth


Histoire et géographie s’associent à merveille à Beyrouth pour rappeler le pire et parfois le meilleur. Ici, à l’église Saint-Michel (Mar Mikhaël), dans la banlieue sud, passait la terrible ligne de démarcation entre chiites du quartier Chyah et chrétiens du quartier d’en face, Aïn Rémaneh.



- Beyrouth : Adlène Meddi (El Watan - envoyé spécial, 4 février 2008) -



Une route et des snipers des deux côtés lors de la guerre civile qui a duré quinze longues années, de 1975 à 1990. Hier matin, des chiites de Amal et du Hezbollah, leurs alliés chrétiens du Courant patriotique libre (CLP, de Michel Aoun) ont participé ensemble à une messe en mémoire des sept victimes des affrontements de dimanche dernier.

Foule bariolée d’orange, la couleur du CLP : cravates, écharpes, casquettes, fanions… Une échoppe à l’extérieur vend des pin’s, des drapeaux et des posters aux effigies de Michel Aoun, de Nasrallah et de Nabih Berri. Le vendeur refuse d’avouer quel leader fait vendre le plus.

En face de l’église, deux bâtiments éventrés par des obus aux murs criblés de balles : reliques balistiques de la guerre civile.

La foule dans la cour de l’église applaudit les ministres démissionnaires et les députés du Hezbollah et de Amal. Un dignitaire chiite arrive juste avant l’entrée du père maronite. Les toilettes superbes de jeunes femmes jouxtent les sourires des femmes voilées. Une belle kermesse avec ces chapelets chiites et les liturgies de l’Eglise orientale. « Nous devons montrer au monde entier notre capacité de vivre ensemble. Et leur dire que cette ligne de démarcation est désormais une ligne de rencontre », lance le père maronite tandis que, de temps en temps, des personnes inquiètes scrutent les toits environnants. La peur des tirs anonymes reste persistante. Et ce ne sont pas les résultats de l’enquête préliminaire sur les événements du dimanche 27 janvier, publiés avant-hier, qui calmeront les craintes.

Samedi soir, le procureur militaire a annoncé l’arrestation de onze militaires – dont trois officiers – et six civils. « La rapidité de l’enquête et l’arrestation de militaires peuvent calmer les esprits », pronostique un journaliste libanais. Mais il faudra attendre les résultats définitifs de l’enquête menée par la police militaire, les services du renseignement et le parquet militaire.

Le chef de l’armée, face à la colère de Nasrallah – les victimes étaient toutes chiites – et des partis alliés, s’était engagé à faire la lumière sur ces événements le plus vite possible. Le général Michel Sleimane, candidat du compromis à la présidence de la République, joue sa propre crédibilité, selon des sources de l’opposition.

Le climat calme, cependant tendu, de la journée d’hier, avec la commémoration du septième jour côté chiite, peut présager d’un début de déblocage. Mais rien n’est moins sûr. Mystérieusement, des attaques par balle ont ciblés des blindés de l’armée à Galerie Samâan, non loin de la banlieue sud, blessant deux soldats il y a trois jours. Beyrouth retient donc son souffle.

- Adlène Meddi <mailto:ameddi@elwatan.com>

(Transmis par Hakim Arabdiou)

   
       

Soirée Liban

au Club des Cordeliers

- Octobre 2006 -

- Compte-rendu et analyse: Jean-Paul CRUSE -

Revenue, mais pour combien de temps, sur la terre ravagée du Liban, la paix réchauffe les cœurs, et rassemble désormais, dans des débats ouverts, et même, comme ce dimanche, des fêtes, tous les Libanais...de France et de Navarre...

En région parisienne, à quelques jours du grand spectacle de poésie, de cinéma, de chants et de musique, prévu au Trocadéro (lire ci-dessus en titre), la chaleureuse communauté des Libanais de Paris, renforcée, pour l'occasion, de très nombreux Français de France, de toute origine, comme on dit, et de toute croyance, ainsi que de citoyens de la diversité venus de partout, et d'ailleurs, s'était donné un rendez-vous de retrouvailles, après les chaudes manifestations de l'été, dans l'espace magnifique - et riche de souvenirs historiques - du Club des Cordeliers, au quartier latin.

Sous la sympathique présidence de Dominique Vidal, Barah Mikaïl, chercheur à l'IRIS, le journaliste Sylvain Cypel, auteur du livre Les Emmurés (qui ressort aujourd'hui en "livre de poche"), l'ancien ministe libanais Michel Eddé, président de la Ligue Maronite, président de L'Orient le Jour, et Hind Khoury, l'invitée d'honneur, déléguée générale de la Palestine en France, chaque jour plus à l'aise dans ce rôle de représentation diplomatique difficile - où elle éclipse, déjà, nombre de ses prédécesseurs - étaient venu y animer un débat avec plusieurs centaines de personnes combatives, émues et attentives, à l'initiative du Collectif de citoyens libanais et Amis du Liban, né le 12 juillet, au premier jour de la guerre...

- L'orateur le plus brillant de la soirée fut incontestablement Michel Eddé. Evoquant avec humour et fierté les véritables "villes souterraines"construites clandestinement par le Hezbollah, dans le sud,depuis de longues années, au nez et à la barbe des espions fatigués du Mossad, il a rappelé comment, après l'explosion de deux chars Merkava - "les meilleurs du monde" - sous l'impact de missiles de la Résistance, dans les montagnes de Chebaa, dès octobre 2000, une monstrueuse commande de plus de 1000 de ces engins réputés jusque là pour leurs performances imbattables, et l'efficacité de leur épais blindage, avait été annulée en catastrophe par le gouvernement de Dehli,en Inde (le nouvel allié stratégique d'Israël). La guerre de 2006 en a mis...71 au tapis! Une fortune évanouie dans le fracas et la fumée, sur les cadavres carbonisés des "soldats d'élite" de l'armée coloniale. Une terrible baffe - assortie d'une gifle retentissante pour l'industrie militaire israélienne...

"On ne gagne pas contre une guerre de partisans...Dans le monde, personne n'y est jamais parvenu...Ni les Américains au Vietnam, ni le Japon en Chine, ni les Russes en Afghanistan, ni les Français en Indochine, en Algérie...Personne! Israël non plus ne peut y parvenir, il ne l'a pas pu, il ne le pourra pas...Et comme, dans le conflit du Moyen-Orient, imbriquant étroitement Liban et Palestine, toute solution politique est en fait impossible..."

Eddé rappelle qu'Israël n'a plus réellement de réserves en hommes, en colons, pour venir l'aider à gagner une "guerre démographique", elle aussi, perdue d'avance...

" 12 millions 800 000 juifs dans le monde, c'est très peu...De France, 1500 au maximum, chaque année, partent pour faire leur "alyah"... Mais beaucoup en reviennent, très vite, dépités ou apeurés...Quelques dizaines par an émigrent d'Argentine...Le nombre de yoredim (officiellement comptabilisés dans l'état-civil israélien, mais résidant, en réalité, à l'étranger), est d'environ 900 000...Dont 200 000 qui vivent en Allemagne!!!! Sur lesquels 60 000 sont venus d'Israël! En Allemagne!!!

"On parle de négociations, poursuit le vieux sage maronite..."Mais elles n'aboutiront jamais: car le fond du problème n'y est jamais abordé...Le fond est que les israéliens vivent dans la peur de se trouver, finalement, submergés par la population arabe. -" Ceux qu'on appelle les "Arabes israéliens" (les Palestiniens qui étaient parvenus à subsister à l'intérieur des frontières d'Israël) "étaient 150 000 en 1950...En 2006, ils sont 1 million 400 000", et leur nombre "s'accroît selon une progresson arithmétique, mais qui frôle le géométrique...".

Dans ces conditions, en Israel, on parle de "transfert" (de chasser à nouveau une masse d'indésirables Arabes, "coupables" de porter atteinte, par leur seule existence, à la "pureté ethnique" de l' "Etat Juif ". NDLR). - " Que des Juifs puissent penser une chose pareille, poursuit Michel Eddé, c'est insensé...Les Américains parlent de "deux Etats côte à côte, un juif et un arabe"...Mais si l'Etat palestinien voit le jour, l'autre Etat, "à côté", dans ces conditions, il n'est pas juif...D'ici peu d'années, les Palestiniens d'Israël atteinront les 40%!.."

"Du coup, dit-il, les Israéliens sont déchirés. Ils se sentent abandonnés de tous...Des Européens, des Américains même...Dont ils se souviennent des quotas établis contre l'immigration des Juifs fuyant la montée du nazisme, en 1924...Même en 1943, en pleine insurrection du ghetto de Varsovie, les Etats-Unis avaient refusé des bateaux d'immigrants juif d'Europe centrale, les obligeant à aller accoster...à Cuba! l'un d'entre eux, d'ailleurs, a fini par couler...Les Israéliens ont peur, je les comprends...Ils veulent savoir quel avenir il y a, pour eux..."

 

"Cette peur, conclut l'orateur, ne pourra disparaître que le jour, lointain encore, où les forces de paix, présentes en Israël, mais pour longtemps minoritaires, finiront par admettre, puis par imposer, la seule vraie solution: "Un seul Etat, avec deux parlements distincts..."

- Revenant à la sinistre réalité du présent, Hind Khoury, encore un peu timide, mais pleine d'une détermination sympathique et communicative, commence par évoquer le "mur de la honte où l'on enferme les Palestiniens comme des animaux sauvages dans une cage", et les massacres qui se succèdent à Gaza...sans qu'Israël ne semble "tirer aucune leçon de ses erreurs"...Et notamment, de celles qu'il vient de commettre, au prix de "la perte de tout honneur", au Liban...

L'ambassadrice de la Palestine salue avec chaleur la Résistance du peuple du pays du Cèdre, faisant un éloge appuyé, elle qui est, on le sait, issue d'une famille chrétienne, du Hezbollah! Eloge nullement contradictoire, selon Hind Khoury, avec celui qu'elle tient à adresser, dans cette enceinte, "au Président Mahmoud Abbas" - toujours attaché, souligne-t-elle, avec une patience à toute épreuve, à son espérance d'une solution négociée passant par "un gouvernement palestinien d'entente nationale".

- "Pourquoi, martèle la jeune Palestinienne, les Nations Unies, qui entretiennent des "forces de paix" partout dans le monde, ne sont-elles pas présentes en Palestine?" - où le drame, pourtant, est fils d'une décision de l'ONU, suivie par "88 résolutions inappliquées"...

A la sortie, puis, tard, dans la soirée, dans les pettits bistrots du quartier latin, les Libanais de Paris, et leurs amis, poursuivaient des dicussions intenses, et parfois compliquées. Beaucoup d'entre eux saluent avec reconnaissance le rôle "de la France de Chirac et Villepin, de la France gaulliste", dans la dernière phase de la crise, avec le cessez-le feu, et la résolution de l'ONU, laborieusement écrite, puis réécrite, qui l'a rendu possible. Certains approuvent, au contraire, les efforts - difficiles - de petits groupes gauchistes pour mobiliser la population française, et d'abord, les Libanais de France, "pour le retrait des troupes colonialistes françaises du Liban, et le retrait de la FINUL". "Ces imbéciles, s'indigne, au contraire, une vieille dame! Ils font la leçon au Hezbollah, maintenant, et à l'Iran..." Ils n'ont pas compris, pense-t-elle, que la France, et, dans son sillage, l'ONU, n'auraient jamais imaginé d'envoyer un seul "casque bleu" dans le dangereux bourbier du Sud Liban sans "un accord secret, précisément négocié, avec la Résistance, avec le Hezbollah, avec Aoun, et même avec l'Iran..."

Le Hezbollah, qui, en effet, semblait avoir tiré tous les avantages possibles du sacrifice de sa poignée de combattants, et sentait que la population, stoïque, autour de la Résistance, commençait à avoir besoin d'une pause, et de souffler, n'a pas accueilli, jusqu'ici, les chars Leclerc de l'armée française, aux couleurs de l'ONU, avec les volées de missiles qui ont réduit en une bouillie de tôles noircies, tâchées de sang, les Merkava de l'armée d'agression du regretté Sharon...

Le jour où les combattants du terrain, mieux placés que quiconque pour déterminer leurs choix, leurs alliances d'un jour, ou d'une phase, et leur tactique -et qui n'ont pas besoin qu'une avant-garde, lointaine, et forte, essentiellement, de ses discours, se pique de lui donner des leçons...- nous demanderont, à nous, citoyens de France, de nous battre pour le retrait des soldats envoyés au Liban, sous notre drapeau, et en notre nom, il faudra savoir l'écouter. Et passer à l'action, sérieuse. Sans gesticulation prématurée, au mieux, inutile...

Ce jour, qu'on sache, n'est pas venu.

Jean-Paul CRUSE

Imbongi@wanadoo.fr

Mardi 17 octobre 2006. 12H05