| Rebelles
-
V -
"Edification
d'une base d'appui ouvriers-paysans à Nantes-Saint-Nazaire"
ICI
(
Joseph Potiron, de La Chapelle sur Erdre:
ici) |
A
p
| |
ZEYNEB,
"Palestine Libre"
Monsieur le proviseur,
Selon des informations dignes de foi, circulant abondamment
sur internet, vous auriez exclu pour trois jours l’élève
Zeyneb, jugée coupable d’avoir porté
en classe un vêtement de son choix, arborant l’expression
“Palestine Libre”.
Selon des informations dignes de foi, circulant abondamment
sur internet, cette atteinte aux libertés
fondamentales de la République Française,
qui nous sont chères, et que nos pères
ont acquises, puis conservées ou rétablies,
au prix du sang, aurait fait suite à
un “cours d’histoire”
(guillemets à “cours”
et à “histoire”), à
l’occasion duquel un professeur, négationniste,
aurait proféré des horreurs sur
le martyre de la Palestine, terre ravagée par
un Etat raciste et colonial, dont l’idéologie,
sioniste, se fonde explicitement sur une conception
raciale de l’identité juive, de l’identité
palestinienne, et de l’identité humaine
en général, idéologie largement
antérieure au nazisme et dont Hitler et ses innombrables
épigones se sont inspirés, et s’inspirent
toujours, pour commettre les crimes contre l’Humanité
que l’on a connu, et que l’on connaît.
Selon nos propres informations, l’infamante
mesure d’exclusion frappant cette jeune fille
exemplaire s’inscrit dans le droit fil des campagnes
de haine raciste et d’exclusion déclenchées
au lycée Henri Wallon d’Aubervilliers
(93), contre deux jeunes filles
juives, converties à l’islam,
et portant le voile méditerranéen traditionnel,
celui de la mère du Christ, obligatoire, selon
leur interprétation, dans leur nouvelle religion
- ces campagnes d’atteinte à la
liberté élémentaire que constitue
la liberté de s’habiller comme on veut
ayant été déclenchées par
une clique de porte-serviettes d’Olivier Besancenot
et d’Arlette Laguiller, prétendant agir
en tant qu’enseignants, et enseignants laïques,
avec à leur tête Patrick
Grond, toujours premier valet de cour du facteur
à temps partiel Olivier
Besancenot, révolutionnaire électoraliste
bien connu de ceux qui regardent la télé.
Pouvez-vous confirmer, ou infirmer, ces informations,
dans les plus brefs délais, nous signifier
quelles sanctions contre ces voies de fait vous envisagez
contre le “professeur d’histoire”
(guillemets à “professeur”
et à “histoire”) responsable
de cette forfaiture, et quelle
réparation vous envisagez pour l’honneur
blessé de notre sœur Zeyneb?
Jean-Paul CRUSE
Le Monde Réel http://www.lemondereel.fr
raoni@wanadoo.fr
0660630856
|
ropos
de
"REBELLES
-
histoire secrète
des "maos", et ce qui s'ensuivit"
(
mai 1968, etc)
PREUVES
Nos
lecteurs ne nous croient pas toujours
sur parole. Ils ont raison.
Nous
ne le leur demandons pas.
Nous
nous en félicitons même: notre chance est d'avoir
un public de qualité, populaire,
critique, et cultivé.
-
Mais nous parlons rarement sans preuves.
Comme on dit au poker, nous n'annonçons
pas à découvert...
-
Des preuves,
donc, sur l' Omertà
à LA SICILIENNE qui pèse sur les milieux
de la presse et de l'édition "françaises",
de la "culture", comme on dit, et sur les
mécanismes qui ont réussi
à bloquer jusqu'ici, mais
pas pour toujours, l'édition-papier
du MANUSCRIT de Jean-Paul CRUSE, dont ce site publie, semaine
après semaine, en totale exclusivité, les "bonnes
feuilles", cest Raphaël
SORIN, l'ancien numéro 2 de FAYARD, personnage
respecté de l'édition française, qui
les fournit lui-même sur son
blog.
-
OUI, écrit-il, il avait bien en charge le PROJET signé
avec JP.
-
OUI, "Cruse (...) se mit au travail avec ardeur,
remuant ciel et terre pour retrouver des témoins. (...)Il
livra un manuscrit énorme, (...) contenant une matière
extraordinaire."
Certes,
poursuit l'ancien numéro 2 de Fayard, le texte
(comme la plupart des manuscrits "torchés"
"à la cravache" pour respecter les courts
délais qu'impose désormais l'édition
"fast food"), était "mal ficelé,
rempli d’invectives" (C'est son point de vue,
on le respecte, les lecteurs, ici, peuvent en juger, personne
n'est parfait, s'il existe des éditeurs c'est justement
pour travailler un texte avec l'auteur, l'aider à le
"reficeler" si nécessaire, régler
le ton, etc. au lieu de le faire refuser, sans le moinde contact
direct, par courrier d'une assistante, sous prétexte
de "difficultés juridiques", alléguées
sans être décrites ni précisées,
ni soumises à discussion).
Mais,
poursuit Raphaël
- à qui on tire ici un grand coup de chapeau, c'est
un Editeur, un Monsieur - "on aurait
pu, à partir de ça, écrire enfin le roman
du gauchisme, une sorte d’épopée folle,
miteuse et superbe à la fois. Hachette
me mit à la retraite et je dus abandonner l’affaire.
Cruse préféra
lâcher le monstre sur Internet où on peut le
consulter."
Le
thème du billet de SORIN, sur son blog, qui lui vaut
une accroche en Une dans LIBE - édition électronique
- sans que le journal évoque (il y a des limites
tout de même à l'esprit d'indépendance)
l'affaire du livre INTERDIT de
l' ECRIVAIN MAUDIT qu'est aujourd'hui
son ancien délégué
CGT, auteur de REBELLES, et coordinateur technique
provisoire de ce site, Le Monde Réel, est "le
silence de Robert Linhart", un personnage
central du livre - et de l'histoire des MAOS.
Linhart "que l’on ne cesse d’accabler
en soulignant son manque de clairvoyance fatal (il n’a
pas compris ce qui se jouait en 68 par ouvriérisme)."
"CRUSE", écrit
SORIN, a dans son manuscrit "une
opinion qui m’enchante et que je résume :
«Robert avait tout compris et
tout pressenti. Mai n’était que le début
de la longue trahison qui allait aboutir à l’élection
de Mitterrand et à la suite. C’est pourquoi on
l’a flingué. »
Merci,
Monsieur SORIN.
Nous
tenons à la disposition de nos lecteurs, et de journalistes
intéressés, s'il y en a, la PREUVE
COMPLEMENTAIRE que nous avons en main: le texte adressé
à JP CRUSE par Lilas S., assistante chez FAYARD, de
la part de Claude DURAND, son P-dg, qui n'avait ni la correction
ni le temps de dire en face à son auteur les raisons
pour lesquelles il lui fallait refuser REBELLES,
sans même entrer en relation de dialogue normale avec
JP Cruse pour retravailler le texte, et le sortir en MAI 2008
- délai de plusieurs mois, prévu volonairement
très large, par Raphaël SORIN...
Du
coup, bien entendu, nous continuons et nous accélérons
la publication des "bonnes feuilles" de
REBELLES - tout en "continuant
le combat", sous forme,comme il se doit,
de guerilla, dans une jungle
de l'édition et de la presse où, la pression
montant, le PARTI DE LA CENSURE,
giflé comme il se doit, avec retenue et élégance,
par l'ancien numéro 2 de FAYARD, ne doit pas s'attendre
seulement A UNE DEMIE DEFAITE
- comme l'est la DEMIE REVELATION DE
LIBERATION, demi- journal, donc, sauvé de la
mort par sa REBELLION, tardive,
contre JULY, ( lire ici et ici),
puis contre l'O.P.A. au bluff d'Edwy PLENEL, mais vivant depuis,
entre JOFFRIN et POURQUERY, entre DEUX EAUX, celles du Styx
(l'enfer...) et celles de KAOUTHAR,
la rivière du Paradis (pardon, c'est coranique).
Blog de Sorin:
ici
Lettre ouverte à Claude Durand,
ci-devant "éditeur":
ici.
REBELLES: LES BONNES FEUILLES: ici
et ici
Rebelles
-
V -
"Edification
d'une base d'appui ouvriers-paysans à Nantes-Saint-Nazaire"
ICI |
| -
Au sommaire de cette page "Liberté pour
l'Histoire " :
-
De Badiou à Nanterre
(2010), le "marxisme-leninisme
occidental" n'a rien à voir
avec le Maoisme -pensée
cohérente, issue d'une longue pratique, à
étudier à fond, car toujours on ne peut
plus vivante, mais qui, qui, elle aussi, comme
le marxisme, sera un jour dépassée - car
tout ce qui vit meurt: un entretien théorique
de longue portée publié par la
revue Dissidences: ici
- Zeyneb, exclue
de l'école pour le port d'un T-shirt
"Palestine Libre": lettre ouverte
au proviseur de son lycée,
ici
- Janvier 2010:
en marge du procès de Sakina Arnaud, amie de
la Palestine à Bordeaux, poursuivie pour "incitation
à la haine raciale" à la suite
d'actions de boycott de l'entité... raciste de
Tel Aviv, dans un magasin Carrefour: être
anti-raciste, ce n'est pas militer pour l' "égalité
des races", car les
"races", invention
de l'Ancien Testament juif ("race sainte",
"Genèse") périodiquement
remises au goût du jour par les idéologues
coloniaux, n'existent pas:
ICI
- 9 novembre
2009, commémoration de la chute du Mur
de Berlin devant un autre "mur de la
honte", audacieusement pris d'assaut,
et symboliquement brisé, en Palestine:
ici
- 11 novembre
2009: honneur aux combattants musulmans de l'armée
française: glisser à
droite de la page: ci-contre
-
Ma fille...-
Lettre ouverte d'une MAMAN à Nicolas Sarkozy,
à propos de la SHOAH, de l'école, de l'éducation
des enfants, de la tanmission de la mémoire,
etc. ICI
-
Sur le même sujet-
ancien cheminot résistant
de la "bataille du rail", déporté
à l'époque ou le pitre de Neuilly ne faisait
même pas encore pipi dans sa culotte courte,
puis dirigeant de la CGT, le communiste
Georges SEGUY gifle SARKOZY,
et le remet à sa place (peu de choses...)sur
la SHOAH.
Homme
féru d'Histoire, plein d'expérience, et
cultivé, SEGUY refuse avec un juste acharnement
toute discrimination ethnique
ou religieuse entre les victimes
de la HAINE NAZIE, comme
tout bourrage de crâne, indigne, prenant pour
cible les petits enfants des écoles afin de leur
inculquer des idées fausses: ICI.
-
Un voile sur les libertés au sein de la REPUBLIQUE.
APPEL. ici
-La
débandade honteuse de Rolin, Glucksmann et autres
(néos?)-cons de la luxueuse revue "Le
Meilleur des Mondes": un parcours partant
des maos, et de la Palestine, pour se terminer dans
une prosternation obscène devant Israël
et lesocialo-kollabo "rose brun"
Georges Albertini. Jusqu'où oseront-ils aller?
Clic ici
-
Le scandaleux manuel d'histoire franco-allemand, un
article d'Yvonne Bollmann publié par
L'Indépendance de P.M. Couteaux, et
suivi d'un commentaire de Shao Shan sur le fascisme
allemand dans sa parenté avec la pensée
du sioniste autrichien
Théodor HERZL: CLIC
ICI
-
Liberté pour l'Histoire!:
CLIC
ICI
-
Kadhafi et Jésus: réponse à une
campagne raciste, islamophobe, honte pour notre pays:
Clic ici
-
La charia est une VOIE, pas une LOI:Garaudy l'avait
dit...Ici
-
Cheikh Muhammad Husayn
Fadlallah, guidespirituel du Hezbollah,
défend, dans une fatwa, l'autodéfense
des femmes contre les violences
"machistes" perpétrées
"au nom de l'islam"
CLIC ICI
- Islam, féminisme,
sexualité...et bolchévisme! (A propos
d'un ouvrage de Roger Garaudy). CLIC
ICI
-
Islam et esclavage
(Malek Chebel): CLIC
ICI
-RETOUR
ACCUEIL, SOMMAIRE, ACTU, EDITOS Clic
ici
|
Hortefeux,
l'immigration, Vichy...
- un texte de Léon Landini (FTP-MOI)
:
clic ici |
|
Courrier
des lecteurs, critiques, autocritiques, remises en cause,
dialogue, débat..."Que cent fleurs s'épanouissent!...Ici
11
novembre 1918 - 11 novembre 2008.
Il est temps que
les bouches s'ouvrent sur
la vraie signification de commémorations
devenues rituelles, sur le vrai sens de la "double
guerre civile européenne",
et de ce qui devint (après avoir été
une sinistre boucherie inter-impérialiste ouvrant
la voie à la Révolution d'octobre, et
avant même les combats de1940-45), une
lutte de libération nationale de la France occupée.Réflexion
nécessaire, aussi, et au passage, sur les fondements
de la "gauche" - et de la "gauche"
pacifiste anti-militariste de 1914-18, devenue la gauche
et même l'extrême-gauche pacifiste
collaborationniste du trotskiste Pierre Boussel-Lambert
et de Jospin-le-père, entre autres...
11
novembre 2009: image ci-dessous |
| -
Sur la
vraie signification du 11 novembre,
jour béni entre tous d'une "paix
des braves" enfin venue à l'issue
d'une sanglante boucherie "inter-impérialiste"
transformée, depuis l'invasion allemande,
la "Grosse Bertha"
pointant sur le Paris sa gueule de feu, ouverte,
les tranchées de Verdun
et le Chemin des Dames, quoi qu'en
dise la gauche pacifiste et bientôt
collaborationniste de Jospin (Robert), Boussel-Lambert
et consorts , en guerre
de libération nationale
avant que l'Amérikke
impériale, jouant au dernier sang
la division de l'Europe dans une interminable
"guerre civile" en deux étapes,
ne prépare,avec le"deuxième
round", sa (brève) ère
de domination "globale"(1945-1965
puis 1989-2009),
encore et toujours, sans
mollir:
"Liberté
pour l'Histoire"
11 novembre 2009,
enfin, cinquième anniversaire de
l'assassinat
par empoisonnement de Yasser Arafat, ABU AMMAR,
dont le peuple palestinien tout
entier, comme nous-mêmes, irréductibles
amis de la Cause du Peuple de Palestine, et de
son unité, donc, honore ce jour-là
la mémoire - nous le ferons en tenant de
donner sens, modestement, à la place qui
est la nôtre et qui n'est pas au front,
aux événements complexes dont la
chaîne entraîne, ici, dans la petite
planète "pro-Palestine"
de FRANCE, plus d'imprécations
furibardes etde "fatwas"
haineuses que de
pensées réfléchies,
allant au fond des choses, sur le long terme...
|
|
 |
A
sept ans,
dans
un pays pauvre
du
Grand Sud
(ici,
à Damas),
ou
quand
l'
"économie
de
la connaissance"
se
fiance avec
l'
"économie
de
la
débrouille"...
Cette petite
fille de sept ans, en train de faire ses devoirs
tout en vendant des confiseries sur un trottoir
de Damas, pour quelques piécettes, refusait
de se laisser photographier. Elle se couvrait
le visage des mains chaque fois que le jeune
photographe de presse syrien Wasim Kheir Beik
(27 ans) essayait de le faire.
Il n'a pu finalement capter cette image exceptionnelle
- prix de la meilleure photo de presse arabe
2007, attribué par l’Union des
Agences Arabes à l’agence de presse
syrienne SANA - qu'au zoom, à trente
mètres.
« Je veux démontrer qu’un
être humain peut vaincre la pauvreté
grâce à la volonté et au
travail. », a commenté Kheir
Beik, dont la photo nous a été
offerte, beau cadeau de Noël, par un lecteur,
Iyad.
- L'ensemble doit être bien difficile
à comprendre par nos "intellectuels
occidentaux", pseudo-penseurs indignes
des hautes valeurs spirituelles de l'Occident,
comme de celles de l'Orient, les "néo-cons
français" à la Glucksmann-Rolin
(ci-dessous)...
(Sur
le même sujet, ou presque, "MA
FILLE" (réponse à Nicolas
Sarkozy à propos de l'enseignement de
la SHOAH, etc. , ci-contre à droite (ou
accès par clic
ici) |
Ma
fille...
-
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président
de la république, à propos de
la SHOAH, des classes de CM2, de la liberté
d'enseignement de l'Histoire, du rôle
des parents dans la transmission des "valeurs",
de la mémoire - et toutes ces choses...
Par
Claire M., 14 février 2008.
Accès
par clic ici.
-
Texte transmis par Joseph Potiron, de
La Chapelle sur Erdre, près de NANTES
(Loire-Atlantique), figure du mouvement
paysan et de la "commune
de Nantes" en mai
1968, aujourd'hui en retraite.) - Sur
Joseph Potiron et ses amis
"paysans en lutte"
ou "paysans-travailleurs",
lointains précurseurs de la Confédération
paysanne chère à José
Bové, sur les luttes
ouvrières et paysannes des années
1968-81 dans la région de Nantes
et au-delà, Larzac, "grève
du lait" dans les VOSGES puisdans
l'ouest, etc., lire les "bonnes
feuilles" de "REBELLES
- histoire secrète des maos de la Gauche
prolétarienne (1967-1973) - et ce qui
s'ensuvit (1973-2008)", le
livre toujours actuellement censuré de
Jean-Paul CRUSE.- Accès par
clic
ici.
Accès
au menu général REBELLES (bonnes
feilles, intro et autres chapitres
ici,
ici, ,ici
et ici |
| |
| LA
REUNION DES MINISTRES DE L’UE SUR L’IMMIGRATION
PROGRAMMEE PAR B. HORTEFEUX A ... VICHY:
UNE PROVOCATION DU GOUVERNEMENT ACTUEL ET DE
L’EUROPE SUPRANATIONALE CONTRE LA
RESISTANCE ET LA NATION REPUBLICAINE, UN PAS
VERS LA REHABILITATION DE PETAIN !
A
quand en France, un nouveau
Conseil National de la
Résistance ?
Un
texte de Léon Landini, président
de l’Amicale Carmagnole-Liberté
des anciens Francs-Tireurs
et Partisans de
la Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI),
grand mutilé de guerre, ancien
officier FTP, officier de la
Légion d’honneur, Médaille
de la Résistance.
"Brice
Hortefeux, ministre de « L’identité
nationale et de l’immigration »
a convoqué ses
homologues européens pour discuter de
l’immigration à ..... VICHY.
Les FTP-MOI des Bataillons Carmagnole et Liberté,
que Charles Tillon ancien commandant en chef
des FTPF et ancien ministre, avait honoré
en déclarant : « Carmagnole Liberté
un des plus beaux fleurons si
ce n’est le plus beau fleuron de la résistance
armée française » et qui
étaient issus pour une grande de part,
de parents « sans papiers » sont
scandalisés d’apprendre que c’est
précisément à Vichy que
le sieur
Hortefeux entend régler les problèmes
de l’immigration.
Que de tristes souvenirs réactive ce
sinistre personnage, en reprenant à Vichy,
le travail que Pétain,
Laval, Doriot et compagnie n’avaient pas
pu mener à bien. Nous n’avons bien
entendu rien contre la ville de
Vichy et ses habitants, mais décider
de faire de cette ville une capitale européenne
pour parler de
l’immigration est un acte de mépris
pour tous les démocrates au moment où
Hortefeux est chargé par ses
maîtres d’expulser 25 000 étrangers
par an, avec tous les drames que l’on
sait !
Oui il s’agit d’une provocation
non seulement à l’égard
de ceux qui étrangers ou d’origine
étrangère
ont combattu l’Occupant les armes à
la main, mais également envers tous ceux
et toutes celles qui ont eu à
connaître des persécutions par
Pétain et ses séides.
Au moment où nous nous apprêtons
à commémorer le 90ième
anniversaire du 11 novembre 1918, il
n’est pas inutile de rappeler les immenses
sacrifices consentis aux cours des deux dernières
guerres par
ceux que l’on appelait alors « les
coloniaux » et donc les enfants et les
petits enfants sont désignés
aujourd’hui sous le nom « d’étrangers
».
Les immenses nécropoles se trouvant sur
le front de l’Est (qui ont été
pour la énième fois
vandalisées) aussi bien que celles se
trouvant devant Rome ou Monte Cassino, prouvent
que des centaines
de milliers de corps de « coloniaux »,
reposent loin de leur terre natale.
Leurs sacrifices devraient permettre de traiter
avec un peu plus d’égards les enfants
et petits
enfants de ces soldats, « très
souvent malgré eux » à qui
on a pris leurs vies afin que notre pays puisse
reconquérir son indépendance et
sa liberté.
Il n’est pas non plus inutile de rappeler,
que les immigrés qui dans les années
30 étaient traités de
vermine et de « métèques
» par l’extrême droite et
son journal Gringoire ont entre 40 et 45 donné
le
meilleur d’eux même dans la lutte
pour la libération de la France, au point
qu’un grand nombre d’historiens
désignent aujourd’hui les FTP-MOI
« comme le fer de lance de la Résistance
armée française » alors
que
pendant l’Occupation un grand nombre de
défenseurs de « l’identité
nationale » et de la France aux
français » s’étaient
vautrés dans la Kollaboration et le déshonneur.
Nous constatons, avec colère que M. Hortefeux,
utilise à quelques mots près contre
les étrangers
« sans papiers » des mêmes
termes et des méthodes de harcèlement
policier qui ne peuvent que nous
rappeler ce que nous avons toujours combattu.
Car tout comme autrefois, tout en se prétendant
le
défenseur de « l’identité
nationale » Brice Hortefeux fait poursuivre
par sa police, de façon ignoble, des
sans papiers allant jusqu’à mener
la chasse à la sortie des écoles.
Ce n’est pas cela l’identité
nationale de la
France, qui tient en trois mots à nos
yeux : « liberté, égalité,
fraternité » !
Non, le choix de Vichy n’est pas innocent,
car c’est le grand patron Denis Kessler
qui félicité le
président de la République, en
écrivant dans « Challenge »
de novembre 2007: « Il s’agit aujourd’hui
de
sortir de 1945 et de défaire le programme
du Conseil National de la Résistance
.... Il est grand temps de le
réformer et le gouvernement s’y
emploie ».
Mais il ne s’agit pas seulement de défaire
le programme du CNR, mais de détruire
tous les acquis
que ce programme avait apportés à
notre peuple et sous des formes sournoises de
réhabiliter un passé que
nous pensions révolu. Ce mouvement de
réhabilitation du fascisme et de ses
collaborateurs dépasse
d’ailleurs la France puisqu’en Italie,
dans les Pays baltes, en Autriche, les autorités
fréquentent
publiquement les nostalgiques de Mussolini et
de Hitler, tout en attaquant les symboles de
la résistance
antifasciste.
Sous l’Occupation, tant d’espérances
nous ont animés, nous qui nous battions
pour un monde
meilleur dans lequel nos enfants et petits enfants
pourraient travailler et vivre dignement...
non seulement
nous sommes loin du compte, mais nous nous éloignons
de plus en plus de cet espoir par la faute de
ceux
qui nous gouvernent !
Il y a peu de temps le Premier ministre annonçait
que la France était à la veille
du dépôt de bilan et
le chef de l’Etat surenchérissait
en déclarant, qu’il ne pourrait
pas améliorer le niveau de vie des Français,
comme il l’avait promis avant son élection,
car « les caisses de l’Etat sont
vides » (sic).
Et voici, que comme par miracle nos gouvernants
trouvent 400 milliards d’euros pour financer
les
banques défaillantes, mais en même
temps nos médias nous annoncent de ce
sera aux travailleurs de payer
le passif. En effet, c’est déjà
par milliers que des personnes sont jetées
à la rue, que nos services publics
sont privatisés et que nos entreprises
délocalisent en laissant dans la misère
les ouvriers qui les ont
enrichis. Non ! Ce n’est pas pour ce monde
là que nous avons consenti tant de sacrifices
car nous étions
convaincus que nos enfants et nos petits enfants
vivraient mieux que nous !
Aujourd’hui au crépuscule de notre
vie, voici que certains d’entre nous se
réveillent la nuit, inquiets
sur le devenir de leur progéniture et
sur l’avenir de la France qu’ils
ont tant aimée et tant servie, se
demandant quel va être leur avenir : le
chômage et la misère, ou dans le
meilleur des cas une misérable
retraite à .... 70 ans en travaillant
le dimanche comme l’ont décidé
une majorité de députés
indignes qui ne
savent pas ce que c’est que TRAVAILLER
quand on est ouvrier, employé, instituteur,
conducteur de train ou
infirmière !
Serait-il possible que nous, anciens combattants
de la résistance, nous qui avions mis
en place le
programme du Conseil National de la Résistance,
restions passifs et silencieux lorsque notre
pays est pillé
par la finance internationale avec l’aide
de nos propres gouvernants ?
Il nous appartient d’être à
la tête de ceux qui préconisent
la mise en place d’un nouveau
programme de Résistance, en chassant
du pouvoir les larbins du MEDEF et de l’UE.
Car les ennemis de la
France ne sont pas les ouvriers immigrés
qui triment dur en étant sous-payés,
méprisés et expulsés par
M.
Hortefeux qui trahit la France généreuse
de Jean Moulin et de Guy Mocquet pour chasser
l’électeur sur les
terres de Le Pen !
Les vrais ennemis de la France républicaine
sont au contraire ceux qui détruisent
l’indépendance
nationale en imposant une constitution supranationale
bis que le suffrage universel a refusée
le 29 mai
2005. Les ennemis de la nation sont ceux qui
alignent notre pays sur le belliqueux impérialisme
américain ;
ceux qui cassent les acquis sociaux et les services
publics ! Ces grands patrons, ces ministres,
ces dirigeants
du FMI et de l’OMC qui ont honte de parler
français à l’étranger
et qui démantèlent le CNRS, l’Education
nationale, la loi laïque de 1905 et tout
l’héritage de 1789. Un héritage
dont Carmagnole-Liberté a porté
haut le drapeau dans ces maquis où nous,
étrangers de naissance, chantions la
Marseillaise et arborions le
drapeau tricolore sans les opposer à
« l’Internationale » et au
drapeau rouge des travailleurs !
Contre ces ennemis de la République,
nous anciens Résistants FTP-MOI, appelons
à une nouvelle Résistance
antifasciste, antiraciste, patriotique et progressiste.
A
quand en France, un nouveau
Conseil National de la
Résistance ?"
(Communiqué
par
Joseph Potiron, de la Chapelle sur Erdre, agriculteur
retraité) |
|
"Race":
quand Israël rend fou...
Combinée aux campagnes de haine
contre l'islam, la question d'Israël rend
fou.
Alors qu'une mince fraction
de l'intelligentsia progressiste (dont une
partie encore significative de la diaspora juive)
résiste encore à ces remugles
montant des tripes à la cervelle,
un nombre exponentionnellement croissant
de folliculaires incultes succombe.
On se souvient du malheureux Laurent
Mouchard-Joffrin, fils, il est vrai,
d'un ponte financier de la "grosse
pouffiasse blonde" du FN
(pour reprendre une
expression piquante d'un texte de mai 1993 dont
le mythomane raciste Soral, crypto-sioniste
passé, dit-il, du
"marxisme"
- un "marxisme"
genre littérature de gare avalée
dans les WC, à la va-vite...- à
l'archéo-fascisme kollaborationniste
de petit "macho"
blanc
pris d'angoisse pour sa virilité,
ostensiblement et répétitivement
proclamée, ose aujourd'hui revendiquer
la paternité, sans craindre une baffe
de la "pouffiasse"
qu'il révère
et courtise maintenant ouvertement,
tentant de draguer dans cette bauge
le naïf Dieudonné,
avant un nouvel
"outing" révélant
cette fois ses véritables attaches
sur la question du Moyen-Orient...).Mouchard
qui, donc, marchant bien involontairement dans
les pas du "penser racialement"
de son prédécesseur à Libé
(dans sa période Alain de Benoist),s'était
fait "prendre en flag", "en
rebond à revers",
(selon la jolie
expression de son ami Villiers),
en polluant une pesante leçon
d'anti-racisme destinée à défendre
l'ambigu Val contre l'incertain Siné
d'un "Réprouver l’intégrisme
musulman et dénoncer le pouvoir supposé
des juifs ce n’est pas la même chose.
On est anti-intégriste dans le premier
cas, raciste dans le second. On choisit
sa religion, on ne choisit pas sa race. »,
aggravé, devant le tollé,
d'une « note de la rédaction
: Plusieurs lecteurs ont été choqués
par l’emploi du mot
« race » dans le texte.
Ce mot est mal choisi. Communauté
ou origine sont plus justes. Ces termes
sont utilisés dans la version du texte
en ligne sur notre site. LJ »
Mouchard croit donc (son
inconscient a bavé, à jeun, vraisembablement,
comme celui du brave Siné sous l'alcool...)
qu'il existe une "race juive",
à défendre dit-il, et donc,
puisque nous ne sommes pas tous juifs,
des races; et qu'être
anti-raciste (surtout quand sa lignée
ne l'a pas été, et qu'on a choisi
de changer un nom mal destiné, car "mouchard",
conservé par le père, ne vient
pas seulement de "se moucher"),
c'est défendre
"l'égalité des
races".
Le préambule de la Constitution
française de 1958 ne grave-t-il
pas lui-même dans le marbre ce pseudo-concept
de "race",
pour en promouvoir, certes, l'égalité
en droit, corrigeant tout de même
la terrible phrase du laïc de gauche
intégriste Jules Ferry sur le
"devoir" (colonial)
d'améliorer le sort des"races
inférieures" (colonisables
à merci...)en leur apportant, baïonnette
au canon, "la civilisation"?
Et quand Sarkozy demande à
Simone Veil de corriger ce
texte d'importance, c'est sous l'angle de la
"diversité", ou de la
discrimination des femmes, pas sous
celui-là: et personne ne pipe mot - même
pas la brave Simone.
Cohen, maintenant.
"Zemmour est-il de race blanche",
titre en plein ventre de page Vendredi,
le journal qu'il dirige en tant que rédacteur
en chef. "Le journaliste Eric Zemmour
a déclenché la polémique
en répondant à RocaillageDiapo:
"Les races, on voit bien que ça
existe. (J'appartiens à la race blanche,
vous appartenez à la race noire).".
Il est regrettable, poursuit le texte
du journal de Cohen, "que l'écrivain
n'ait pas eu la présence d'esprit de
lui répliquer: "Selon
vos critères, vous n'appartenez pas à
la race blanche, mais à la race juive".En
effet, si Rocaillage Diapo a le teint
mat à forte concentration de mélanine,
caractéristique du sous-groupe d'ascendance
africaine, Eric Zemmour arbore
de façon visible tous les traits attribués
au groupe d'origine sémite,
dont seuls les ayatollah Droits de l'Hommistes
et autres antiracistes bien pensants continuent
de nier l'existence. (...)Grâce
à son long compagnonnage avec
le type d'origine indo-européenne,
l'expression "race juive"
a laissé d'innombrables traces dans les
œuvres de référence de la
culture occidentale, de Saint-Augustin à
Freud en passant par Shakespeare..."
(sans oublier
Voltaire, Théodore Herzl, et la "race
sainte" des livres d'Esdras
et de Josué, dans l'ancien Testament
cher aux protestants, dans la Torah juive. NDLR
LMR).(...)"Pourquoi
contester l'évidence? Il suffit
d'ouvrir les yeux: Eric Zemmour n'appartient
pas à la race blanche. Du reste,
l'expertise biologique peut aujourd'hui
identifier les allèles spécifiques
de son sous-groupe humain.
Il
suffirait, pour vérifier sans risque
d'erreur la classification du journaliste,
qu'il accepte de se prêter
à un test ADN."
Ignare autant
que pédant, le maître de
conférences à l'EHESS,
dont Cohen prend la responsabilité
de publier les horreurs (sans les
assortir de la moindre réserve, de la
moindre mise à distance, du moindre commentaire),
et dont nous tairons, nous le nom - pas de pub...-ne
sait sans doute pas que des tentatives
ont bien été faites -
par les délirants "scientifiques"
des labos de ...la Police des
Frontières de l'Etat d'Israël
- pour tenter d'identifier les juifs
par l'ADN.
Dernier vrai
journaliste de l'hebdomadaire islamophobe Le
Point, de Claude Imbert, Giesbert et BHL, Emmauel
Berretta s'en était fait l'écho
il y a quelques années.
Elles ont été
faites, et leur résultat
a été, du point de vue de leurs
initiateurs racistes, catastrophique:
une Shoah génétique.
Rien d'étonnant:
puisqu'on sait depuis la parution, au moins,
du livre éblouissant
du chercheur israélien Shlomo
Sand (un véritable
intellectuel juif, antiraciste), "Comment
le peuple juif fut inventé - de la Bible
au sionisme" (Fayard, 2008),
que non seulement l'existence d'un "peuple
juif" qui aurait tous les
traits d'une "race",
remontant généalogiquement dans
les ténèbres du temps, et repérable
donc par le moderne ADN, est une pure
invention, une farce conçue
à des fins, tardives, de propagande coloniale,
mais que, s'il y a des descendants
des lointains Hébreux, en portant,
peut-être, quelques brins de marqueurs
génétiques, ce sont les
actuels Palestiniens, juifs convertis à
l'islam il y a des siècles.
 |
Shlomo
Sand: «
Je n’ai pas été élevé
comme un sioniste, mais comme
tous les autres Israéliens, je
tenais pour acquis que les Juifs étaient
un peuple qui vivait en Judée et
en qui en avait été exilé
par les Romains en 70 après Jésus-Christ.
Mais lorsque j’ai
commencé à chercher des
éléments de preuve,
j’ai découvert que
les royaumes de David et Salomon étaient
des légendes. Concernant
l’exil, les choses
sont semblables. En fait, vous
ne pouvez pas expliquer la judéité
sans l’exil. Mais lorsque
j’ai commencé à rechercher
des livres d’histoire décrivant
les événements de cet exil,
je n’ai pu en trouver aucun. Pas
un seul. C’est parce que
les Romains n’ont pas exilé
le peuple juif. En fait,
les Juifs en Palestine étaient
en leur écrasante majorité
des paysans et tous les éléments
de preuve indiquent qu’ils sont
restés sur leurs terres. » |
On comprend
mieux, sans pour autant la trouver tolérable,
la célèbre tirade, restée
hélas impunie, d'un sioniste jabotinskiste
nommé Kupfer qui, dans un meeting
public, tenu en plein Paris,
avait pu, sans être traîné
en justice, moquer, de sa tribune,
"le facies lippu de Yasser Arafat".
Lippu ou pas,
lui, le puant orateur, un
des fleurons de cette extrême-droite juive
qui sévit en toute impunité dans
Paris, étant d'origine ashkenaze,
il descend, lui, selon la démonstration
minutieuse et rigoureuse de Shlomo, de
peuplades turques d'Asie centrale converties
de gré ou de force au judaïsme,
essaimant jusqu'en Allemagne..
Revenons
à Cohen.
Comment donc
un garçon aussi fin et cultivé
que le rédacteur en chef de Vendredi,
nouvel hebdomadaire en vente libre, autorisée
aux mineurs, fondé sur une
sélection d'infos pêchées
sur le "net", et de "blogs"
comme celui de ce maître de conférences
dans la prestigieuse EHESS, a-t-il pu en venir
à publier pareilles horreurs, aggravant
la croyance que, sans doute, il partage, en
l'existence d'une "race juive",
et, donc, d'autres "races",
autant de "groupes et
sous-groupes" humains à
l'identité fermée, déterminée
par la génétique...?
En ajoutant,
pour être complet, et là nous franchissons
la frontière séparant l'abominable
du ridicule, que cette"race
juive" serait à distinguer
de la "race blanche"...
Pas
chiens, professionnels
dans l'âme, et gardant un souvenir amical
d'un garçon qui, venu, certes,
du trotskisme, sut se montrer
courageux et prendre ses responsabilités
au moment de l'émergence
du courant souverainiste, en 1993, dans
l'immédiat après-Maastricht,
dans la lignée du gaullisme
historique, jusque autour des plus
"sulfureux" des
rescapés de l'épopée
de Londres, du BCRA du colonel Passy, et des
maquis, avant de devenir un des piliers
de la Fondation Marc Bloch
et de Marianne, nous lui avons
posé la question avant de le mettre en
cause (mœurs désuètes,
sans doute, et quasiment disparues de ce qu'on
nomme encore, par habitude et paresse de langage,
la presse...). Ci-contre
le courrier électronique en question,
qui n'a pas reçu de réponse)
|
Nous espérons susciter maintenant,
outre une réaction de Philippe, celles
de deux autres Cohen:
- Yves, ex-mao repenti ayant
pris la mauvaise habitude de
traiter ses anciens camarades de combat d' "antisémites"
pour peu qu'ils ne partagent pas ses nouvelles
positions sur Israël, et qui fréquente
l'EHESS, où le "poulet"
nauséabond d'un maître de conférences
sur "race blanche"
et "race juive"
devrait, en principe du moins, susciter quelques
remous...
- Et Marc, dit "Marco",
ancien réd-chef de l'Idiot International
de la Grane Epoque, survivant, avec
sa bonne humeur et son humour inébranlables,
d'un lynchage médiatique aux
connotations discrètement antisémites,
l'affaire "rouge-brun"
(1993), au cours de laquelle,
en compagnie de Pierre Zarka, Henri
Krasucki, Francette Lazard, François
Hilsum et quelques autres (tous ou
resque tous juifs antisionistes de l'aile prolétarienne,
souverainiste anti-Maastricht, anti-impérialiste
etc d'un Parti communiste alors électrisé
par l'imminence du départ de Georges
Marchais), il fut placé au pilori
sous l'accusation de complot "nazi-communiste"
(brun-rouge
ou rouge-brun, selon les goûts...),
l'inénarrable "Didier
Dénonce", le
richissime Claude Angeli du Canard
Enchaîné, le sémillant
Plenel et son "bonnet
de nuit" ayant joué,
dans cette étrange partition, leur petit
rôle...
Amie de Cohen (Marc) comme
de Cohen (Philippe) avec qui
elle avait fait équipe à "Marc
Bloch", Elisabeth
Levy a écrit ce qu'il fallait
écrire de cette scandaleuse affaire dans
un de ses meilleurs livres, "Les
Maîtres Censeurs".
Elle y défendait aussi avec autant de
rigueur que de vigueur le "sulfureux"
auteur de ces lignes, qui n'a
pas oublié; et souhaiterait qu'elle vienne
aussi contribuer (dans ces colonnes, ou dans
celles du site Causeur
qu'elle anime brillamment en compagnie de
Cohen (Marc) au souhaitable
débat sur le fond dont le choix
éditorial surprenant de Cohen
(Philippe) peut-être, Inch
Allah!...,l'occasion.
Mercredi 17 décembre
2008
21H21
Jean-Paul
Cruse |
| |
1967-2010.
Contre les sympathiques approximations de
l'AGEN-Nanterre,
l'escroquerie BADIOU,
et le groupuscularisme à l'ancienne
du prétendu
"Parti communiste maoiste", vérités
et avenir du Maoisme en france et dans le
Monde
-
Un texte théorique de JP
Cruse brillamment
édité par la revue Dissidences,
où on peut le lire en version
intégrale, dense et limpide,
tout en consultant les extraits
choisis ci-dessous.
|
|
(...) "Quand 68 démarre, (...)
les Comités Vietnam de Base (CVB), (...)
ce n’est évidemment pas la lutte
armée, la guerre avec des flingues, mais
une espèce particulière de guerre,
ponctuée par des affrontements violents.
Quand mai 68 arrive, nous transférons
tout naturellement un savoir-faire acquis dans
le cadre précédent. (...) La question
de la guerre du Vietnam passe un peu au second
plan et le contexte des affrontements avec la
police s’y superpose, surtout à
partir du mois de juin 68 et de l'affaire de
Flins, qui se traduit par la rencontre de notre
fraction du mouvement étudiant avec les
ouvriers de Renault, de sévères
bagarres à leurs côtés contre
les CRS aux abords de l'usine, et la mort de
Gilles Tautin, un de mes amis lycéens
des CVB, qui va périr noyé, après
une charge des gardes mobiles le poussant vers
la Seine.
(...) La création de la GP, c’est
la fusion de trois noyaux.(...)
trois composantes." (dont l'une, la composante
politico-militaire issue des actions violentes
contre la guerre impérialisye au Vietnam)
"a été décisive".
(...)
Mai
1968 n'a pas été une révolution
-
qui aurait été brisée...
"Ce qui domine dans l'après
68, parmi les étudiants et la petite-bourgeoisie
intellectuelle actifs en mai-juin 68, est un
sentiment de déception. C'est l'impression
d'avoir fait un truc énorme et d'avoir
échoué. Ce qui va permettre l'émergence
de la GP, c'est la nécessité de
renverser ce sentiment de déception,
en démontrant, dans un premier temps,
qu’il repose sur une fausse analyse, sous
la pression de la peur, le traumatisme de la
répression.
Ce bilan négatif de Mai
68, complètement faux, assimile notamment
le mouvement de Mai à une Révolution
qui aurait été brisée.
Le mouvement d'idée qui va donner naissance
à la GP, c’est la lutte contre
cette « théorie du
reflux » : nous combattons
à la fois l'idée qu'il y a eu
échec, et l'idée qu'il y avait
répression d’une Révolution,
mère de cet échec. Il n’y
a pas eu de Révolution et elle n'a pas
échoué. Ces événements
de Mai ne pouvaient être comparés
à ceux de 1905 en Russie, comme les esprits
les plus dogmatiques, trotskistes et marxistes-léninistes,
l’ont fait, plaquant un modèle
ancien sur une situation radicalement nouvelle.
Il y a bien eu une répression policière
mais, somme toute, limitée. Il
y avait eu un mouvement étudiant porté
par la guerre du Vietnam, puis les arrestations
de certains de ses activistes, et la lutte contre
cette répression, à laquelle succéda
une énorme grève générale
ayant une portée historique. Ce n'était
pas une grève porteuse d’une
“révolution prolétarienne”,
mais un mouvement social profond porté
par des aspirations diverses - que
nous mettrons du temps à décomposer
et à analyser en détail, en intensifiant
peu à peu notre immersion dans le monde
industriel, dans les usines.
Les choses vont se décanter au fil du
temps. Une grande partie de notre travail consistera
à aller décrypter, au travers
de nouvelles expériences de luttes, à
la base, à Flins, par exemple, ce qu'avait
été le Mai 68 ouvrier. Cela se
déroulera de façon très
progressive.
Nous tâtonnons beaucoup. Notre axe principal,
c’est de travailler en usine et de militer
en milieu ouvrier. C'est dans les années
qui vont suivre, au travers d'expériences
pratiques de lutte dans les entreprises, que
nous allons commencer à mieux
comprendre, tout en aidant les ouvriers eux-mêmes
à mieux percevoir ce qui avait été,
en fait, central dans la grève générale
ouvrière de Mai 68 et toujours déterminant
après : à savoir la révolte
contre le Taylorisme, c'est-à-dire la
révolte contre la conception fordienne
de la production.
Cette analyse était en
phase avec l'idée que nous nous faisions
de la Révolution Culturelle en Chine,
où la contradiction entre travail
intellectuel et travail manuel occupe
une place centrale.
Et le tout est bien en phase avec
la conception que nous avons du travail
politique lui-même, en rupture
radicale avec la conception présente
dans le Que Faire ?
de Lénine, spécificiant la nécessité
de l’« importation »
du savoir de l'intellectuel dans la classe ouvrière.
C’est
ici que se situe la rupture maoïste dans
le champ du marxisme, et même peut-être
au-delà.
A l'époque de Lénine,
ces conceptions étaient sans doute en
partie justes, mais nous ne sommes plus dans
l’époque du développement
historique, donc culturel, où les intellectuels,
forts d’un puissant savoir révolutionnaire
« d’avant-garde »,
ont à le propager, à le répandre,
« du haut vers le bas
», auprès d’une base
jugée plus ou moins inculte et arriérée,
un peu à la manière des missionnaires
du temps des colonies.
Tout au contraire, nous partons
de l'idée selon laquelle existe à
l'intérieur de la classe ouvrière,
et du peuple en général, un bouillonnement
très riche
d'idées, centré, comme nous avons
commencé à le percevoir petit
à petit, progressivement, autour d’une
explosion de révolte contre le taylorisme...
Notre rôle n'est
donc pas de venir distribuer les classiques
du marxisme-léninisme à la porte
des usines. C'est ce qui faisait, et fait toujours,
notre grande différence avec les
« marxistes-léninistes ».
Notre rôle est de nous intégrer
à des mouvements sociaux existant, déjà
porteurs d'idées, et de nous y montrer
utiles. Nous sommes là pour saisir des
bouillonnements d'idées spécialement
ouvriers, prolétariens et les raffiner
c'est-à-dire les synthétiser,
les clarifier, les décanter - à
la lumière, bien entendu, de
l’expérience acquise du mouvement
ouvrier, du mouvement communiste dans le monde...
Voilà
l'idée centrale qui guide alors tout
notre travail politique, qui va se prolonger
durant plusieurs années – pour
certains d’entre nous, plus nombreux qu’on
ne pense, jusqu’à ce jour...
- Quel est le rapport que vous entretenez
d'une part avec les autres structures maoïstes
qui perdurent, et d'autres part avec les autres
courants politiques tels que le trotskisme ou
l'anarchisme ? On a souvent qualifié
de libertaire une partie des pratiques de la
Gauche Prolétarienne, qu'en pensez vous
?
- La première
question est celle de la rupture très
importante et très radicale entre ce
que l'on peut appeler le marxisme-léninisme
et ce que nous appelons le maoïsme.
Le marxisme léninisme est
une philosophie politique provenant d'un tronc
commun (le retour aux textes de Marx...), qu’une
certaine presse, une certaine mode, et peut-être
certains calculs, tentent actuellement de faire
réémerger autour d’un homme
sympathique et courageux, Alain Badiou
- peut-être l’ultime figure
de ce qu’il faut bien appeler le «
marxisme universitaire ».
C'est un mouvement qui n'a pas
été le mien, c'est une époque
précédant la mienne, et qui ne
m'a touché qu’indirectement. Il
a touché Normale Sup et des intellectuels
du Parti communiste, influencés par Althusser,
autour de l'idée centrale du «
retour » aux textes, refoulés,
oubliés, pollués, pervertis ou
reniés par les dérives opportunistes
du communisme institutionnel, électoraliste,
du PCF. C'est ce premier mouvement qui va donner
naissance à l’UJC-ML, au PCMLF
et plus tard un tas d'autres formations marxistes-léninistes.
La GP, elle, surgit d’une
critique interne au «
marxisme-léninisme »,
sous l’influence,
notamment, de la Révolution culturelle
chinoise.
Elle considère que ce mouvement
de retour aux textes a pu se montrer
utile, essentiel même, car
dans ces textes beaucoup de choses importantes
ont été dites, avant de se trouver
polluées, pourries, dans une terrible
confusion,
sans principes, opportuniste... Mais
nous nous refusons absolument à rester
dans cette posture de “retour”,
très vite passéiste et intellectualiste.
Nous nous situons délibérément
dans une nouvelle
époque historique, philosophique et politique,
quelque peu différente de celle où
s’est épanoui le marxisme-léninisme
du début du XXe siècle.
Notre
époque est celle où,
selon les analyses du Parti communiste chinois,
de Mao notamment, de Zhou Enlai, protecteur
de Deng et des autres, l'impérialisme
agonise : la guerre du Vietnam,
mère des actuelles guerres
d’Irak et du Moyen-Orient, ayant
cristallisé cette tendance, la rendant
limpide.
Dans cette période,
les rapports entre le peuple et les intellectuels
y compris sous l'angle du marxisme, ne sont
plus les mêmes. Autrement
dit, le rôle des intellectuels ne se limite
pas à aller enseigner « le pur
marxisme-léninisme » dans la classe
ouvrière, dans le peuple... Notre rôle
est de lier le marxisme-léninisme des
textes et la pratique C'est l'union de la pratique
et de la théorie, du manuel et de l'intellectuel,
de l'idéologie et de l'action.
Nous sommes donc en
rupture complète avec les marxistes-léninistes,
quel que soit leur chapelle, à ce moment
là. Cela ne
signifie cependant pas que l’on soit dans
un rapport permanent d’hostilité
avec eux, (...) nous sommes à la fois
opposés au système impérialiste,
capitaliste et au modèle russe des années
Khrouchtchev- Brejnev, dont, sous l’influence
chinoise toujours, nous pressentons et
annonçons, complètement à
contre-courant, l’inévitable et
rapide effondrement...(...)
Contrairement à ce que
l'on entend souvent et à ce qu'on lit
fréquemment, le courant d'idée
maoïste n'a pas disparu de la scène,
pas plus que les courants marxistes-léninistes.
Ces mouvements sont devenus plus petits, plus
souterrains, mais existent toujours.
- Ces pratiques et positions
politiques vous amènent à vous
développer de quelle manière sur
le territoire ? Le mouvement d'établissement
a-t-il contribué à accroître
l'influence de la GP en province ?
Au moment ou nous nous posons la question de
l'établissement, nous sommes essentiellement
des khâgneux, des élèves
de prépas, plus rarement matheux (Ecole
des Mines, Centrale, Polytechnique...) et majoritairement
des Parisiens. (...) Il est moins difficile
quand on est un Parisien un peu connu sur la
ville d'aller se refaire une identité
un peu factice et de rentrer dans une usine
en Lorraine ou en Loire-Atlantique, que de le
faire en restant à Paris. Aussi le mouvement
de l'établissement va-t-il s'apparenter
à un mouvement de « nationalisation
», d'extension géographique...
D'autant que, parmi les grands mouvements sociaux
de 68 et des années suivantes, tout ne
se déroule pas à Paris ! Il se
passe beaucoup de choses dans le Nord de la
France, en Lorraine, en région lyonnaise
ou marseillaise (alors restées de grandes
régions industrielles)...
Pour ma part, ce sera Nantes et
Saint-Nazaire. Je vais partir en 1969 travailler
en usine en Loire-Atlantique et je vais y rester
16 ans. D'autres vont partir à Sochaux,
par exemple. C'est à ce moment que nous
allons vraiment rencontrer le peuple, en somme.
(...)C’est en région
parisienne que l'immigration et en particulier
l'immigration maghrébine est la plus
concentrée. Dans les grandes
usines, on trouve de nombreux O.S. arabes. Il
existe un racisme très violent, bien
plus fort que celui d’aujourd’hui,
rien à voir... La haine se traduit
par des morts et des agressions
très sauvages, à Barbès,
à Belleville, dans les banlieues
proches de Paris...
En région parisienne, notre
action va très vite être centrée
sur les O.S. arabes de Renault, de Citroën,
de Chausson. Ils sont par ailleurs tout aussi
sensibles à la question palestinienne
qu’à celle du racisme, qui les
frappe de plein fouet.
A (...) Nantes-Saint-Nazaire,
c’est une tout autre histoire, une autre
formation sociale. Ce sont essentiellement des
ouvriers qualifiés, blancs, « gaulois
», plutôt des professionnels que
des O.S., souvent d'origine paysanne. (...)Les
immigrés y sont relativement peu nombreux.
(...)
- Que tirez-vous de
cette expérience ?
J’ai été très heureux.
Un bonheur intense. On a peut être du
mal à se l'imaginer aujourd'hui : on
a 20 ans et on est plein de force. On découvre
le monde et on n’est pas convaincu de
tout savoir, bien au contraire. On a les yeux
écarquillés. On agit, et en même
temps on découvre. Je suis alors heureux
avec les gens avec lesquels je milite, et pour
moi c'est une expérience très
positive.Malgré, bien entendu, des contre-effets
négatifs, l'arrestation, la prison, la
clandestinité, avec leurs conséquences,
naturellement sur la vie privée.
La dissolution de la GP
sera donc un coup de massue sur la tête.
Il survient, dans mon cas, à peu près
au moment où je sors de prison, après
une condamnation à 15 mois ferme
pour “violences à force ouverte”.
Je serai le seul
dirigeant national de la GP à s'opposer
ouvertement, franchement et publiquement, à
la liquidation. A Nantes-Saint-Nazaire, la dissolution
ne se produit d'ailleurs pas. Nous continuons,
sous des étiquettes diverses, avec les
mêmes pratiques qu’au temps de la
GP, légèrement adaptées.
Je deviens assez rapidement l'animateur salarié
des Paysans-travailleurs de Loire-Atlantique,
des militants chrétiens très progressistes,
sous l’influence de la « théologie
de la Libération », dont beaucoup
se sont formés intellectuellement au
sein du Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne
(MRJC), influencé par le marxisme-léninisme
avant même 1968.
La GP se développe en milieu
rural autour de groupes issus en général
de « Paysans en lutte », comme les
frères Jean-Bernard et André Mabilais,
« Dede », très proches sympathisants...
Cette expérience de la
campagne est parfaitement en phase avec ce que
nous croyons connaître alors de la Révolution
chinoise, et des racines du maoïsme dans
l’univers mental de la paysannerie chinoise.
Bref, c’est une
grande partie de ma vie, jusqu'à une
reconversion dans le journalisme, dans un petit
hebdomadaire local très militant, d’abord,
puis à Libération, et le retour
à Paris à la fin des années
1970.
- Le journal Libération
demeure aujourd'hui une œuvre encore visible
de la GP. Comment la création d'un tel
journal est-elle décidée, et quel
rapport allez-vous entretenir avec cette publication
?
La création du quotidien doit être
vue comme un aboutissement, un bond en avant,
dans un processus. Tout au long des années
de la GP, il y a une activité de production
de textes et d'images, sous forme de tracts,
de petits journaux d'usine, de petits journaux
de quartier... La création de l’Agence
de Presse Libération (APL), et ensuite
du quotidien, en constituent des développements.
Ce qui prime, à nos yeux,
dans la conception de tracts, de petits journaux
d'entreprise ou de quartier, puis de Libération,
ce n'est pas le fait d'endoctriner les gens,
de propager une doctrine, c'est surtout d’écouter
les gens, faire quelque chose de vivant qui
soit à la fois une expression et une
élévation du niveau de réflexion
des gens.
Nous avons une production de tracts
très originaux par rapport aux tracts
habituels marxistes- léninistes, «
gauchistes ». Ils sont beaucoup plus vivants
- et copieusement méprisés par
nos rivaux qui nous traitent alors de populistes.
Ils sont résolument en langue vivante
et pas en langue de bois, écrits d'une
façon très simple, très
imagée. Très tôt dans le
processus, nous
favorisons la rédaction des textes par
des copains de la base, des gens du peuple,
des ouvriers, des paysans, des mères
au foyer de cités populaires, des immigrés.
C'est davantage l'expression de situations,
de la préparation d'actions, que l'expression
d'une doctrine.
C’est ce qui va nous permettre
de faire des journaux qui marchent, qui sont
lus, qui s’arrachent, qui trouvent leur
public (...) qui expriment ce bouillonnement
de tout un mouvement (...). La force de Libération
à sa naissance est justement de libérer
quelque chose, une parole et, bien au-delà,
une énergie intellectuelle vivante au
sein du peuple, d'exprimer une tendance
active au cœur de la société,
en allant au delà d'une analyse distanciée,
d'une « théorie » ou d'une
doctrine.
(...)Ce qui est de l'ordre
de l'analyse, de la théorie et de la
doctrine ne peut avoir de force que par une
inscription au cœur d’un processus
où les idées se forment, puis
s’affinent, en contact permanent avec
des gens que nous rencontrons, avec la base.
Nous organisons ensuite, mais ensuite seulement,
des stages de formation approfondie
de cadres ouvriers, paysans, etc. Ils sont indispensables,
mais avec des discussions systématiquement
organisées autour de textes vivants tirant
« des leçons de l’expérience
», ancienne ou moins ancienne, directe
ou indirecte...(...)
(...)Honnêtement, je n'étais
pas un fanatique de Libération au moment
de sa sortie, en 1973. Je l’ai néanmoins
rejoint quelques années après,
constatant qu’il s’inscrivait dans
le « soulèvement de la vie »,
qui faisait apparaître la presse traditionnelle,
qu'elle soit de gauche ou de droite, comme une
presse en langue de bois.
Si je n'apprécie pas ce
journal, dès le début, c'est en
raison du contexte politique précis de
sa création, que je ressens comme une
opération de Benny Levy
et de l’écrasante majorité
des dirigeants de la GP pour favoriser la dissolution
de notre mouvement, en la masquant un peu, ce
qui va bientôt permettre à Serge
July, un arriviste issu du "22
mars", de prendre sa tête. Ils cherchaient
un moyen pour donner aux militants l'impression
de continuer quelque chose. Un journal est «
un organisateur collectif ». Il y a une
activité militante qui s'organise autour...
Je me méfie aussi de ce qui apparaît
comme un retour vers la petite bourgeoisie intellectuelle,
marginalisée, en s'écartant passablement
de ce qu’il y avait de populaire, d'ouvrier,
de prolétarien, dans nos activités
éditoriales antérieures (feuilles
de lutte, petits journaux...) qui pénétraient
les masses populaires.
Malgré toutes ces (sérieuses)
réserves, je me rends à l’évidence
: un quotidien c'est une force d'impact politique
énorme. Les militants « non dissous
» (...), à Nantes, comme à
Paris, ou à Lyon-Grenoble, par exemple,
et qui n’ont nullement perdu le goût
de la lutte populaire radicale, pas plus que
le sentiment du devoir, doivent bien le constater
: ce journal, quelles que soient ses limites,
peut devenir un support extraordinaire. (...)
Libération est né de l’APL,
l'Agence de Presse Libération. Les dirigeants
liquidateurs de la GP, définitivement
dissoute (espèrent-ils...)
avec le lancement du quotidien, entreprennent
de dissoudre l’APL. Il se trouve qu'à
Nantes, l’APL, très autonome, refuse
de se dissoudre. Elle continue à exister
en tant que bulletin d'information populaire,
centré sur les entreprises, les paysans...
(...)Nous prenons bientôt la direction
de ce petit organe, dont nous allons faire,
en quelques années, un véritable
hebdomadaire. Nous l’imprimons nous mêmes
avec une petite offset, et nous allons le diffuser
à mobylette, en kiosque ou à la
criée dans les rues. La même démarche
sera suivie ailleurs, d'une façon plus
ou moins comparable, à Grenoble par exemple
où subsiste un noyau assez important
de militants de la GP refusant sa dissolution,
réuni autour de Pierre Boisgontier. Ils
créent, eux, VRA (Vérité
Rhône Alpes), un
hebdomadaire régional d’un vrai
poids, qui perdurera au moins vingt ans. Parallèlement,
ils développent une grosse imprimerie
et un tas d'activités connexes.
Tout cela me rapproche de Libération,
dès 1975-1977. Je vais me lancer dans
une
activité de journaliste professionnel,
prolongement de l’engagement militant
des années
d'avant. Fait sérieusement, le métier
de journaliste est magnifique. Mais parallèlement,(...)
« le groupe de Nantes » (issu directement
de la GP), (continue) (...) à animer
des campagnes de luttes populaires, d'actions
aussi « directes » que diverses,
de grèves, d’un tas de choses...
(...)Cette action militante infra
ou supra-journalistique me conduit aussi,
tout naturellement, à défendre
une orientation pour Libération, quelque
peu en décalage avec
celle qui domine à l'époque (...).
Ce militantisme journalistique va
déboucher bientôt (début
1981) sur la création de la CGT
à Libération, d’abord
entièrement clandestine, puis, quand
ça devient possible, au grand jour. (...)Cette
section syndicale à Libération
existe toujours. Sauvagement black-outée
par les médias, et même par les
doctes experts en « contre-information
» qui pondent des livres « critiques
» sur le journal, elle s’est fait
connaître du grand public, récemment,
avec la grève de la faim de 45
jours de ma camarade journaliste Florence Cousin,
licenciée il y a
environ un an. C'était une des premières
militantes recrutées à la CGT
du journal.
Le militantisme syndical qui démarre
à l'époque post-Mao, dès
1981, s’est perpétué (...).
C’est très réconfortant.
- La création d'une telle section
syndicale va forcément engendrer des
conflits avec vos anciens camarades. Comment
cela se traduit-il ?
Nos relations ont été, on peut
le dire, conflictuelles. Avec Serge July et
la direction de
Libération, naturellement, engagés
sur le chemin qui les amènera à
vendre le journal à des
capitalistes, quelques années plus tard,
mais pas seulement. On nous appelait, par dérision,
les
« veuves Mao »,
considérant qu’attardés
et bornés, nous n'avions pas fait notre
« travail de
deuil », et que nous ne voulions
pas nous résoudre à la disparition,
inéluctable, du «
phénomène mao ». Cette expression
est ridicule et caricaturale, (...)
il n'y avait pas de travail de deuil à
faire, parce que rien n'était mort.
Nous sommes des continuateurs,
c’est clair. Les « veuves
Mao », avec beaucoup de guillemets, constituaient
donc une sensibilité présente
à l'intérieur de Libération,
qui contestait les choix, la gestion de
Serge July, le recentrage et la banalisation
du journal... Mais le fait que ce soit la CGT
qui mène le combat ne facilitait pas
les choses.
Des « années Mao
», la direction de Libération,
mais aussi une grande partie de l’équipe,
des journalistes aux employés et ouvriers,
n’avait gardé qu’une haine
de la CGT, symbole, à des yeux,
du prolétariat, de la classe ouvrière,
du peuple, du communisme. (...). Au fil du temps,
beaucoup d'anciens maos, « continuateurs
» mais anti- syndicaux, vont réapprécier
leur attitude par rapport à la CGT, au
Parti communiste, telle qu'elle avait été
dans les années 70.
Entre temps, de l’eau
a coulé sous les ponts, la CGT et le
PCF ont entrepris de changer, perdant une bonne
partie de ce qu’ils portaient de plus
déplaisant au cours des années
Pierre Overney. (...)Beaucoup de militants
de la GP (...), des ouvriers notamment, continuant
à avoir une pratique d'usine, par la
force des choses, se sont retrouvés à
la CGT, parfois avec des responsabilités
au niveau, par exemple, d’Unions locales.
L’actuelle grève
des « sans-papiers » est d'ailleurs
tout à fait dans
la prolongation de ce que nous faisions à
l'époque « Mao ». Il y avait
alors des mouvements du même type, mais
ils étaient plus limités,
ne pouvant se développer que dans un
cadre hors syndicats voire contre la CGT, qui
représentait alors plutôt l'ouvrier
blanc, crispé sur ses
privilèges, très énervé
quand il voyait les immigrés s'agiter,
et encore plus énervé quand il
voyait les «maos y mettre leur grain de
sel. Actuellement le grand mouvement
des sans- papiers, qui est essentiellement un
mouvement de noirs africains, est porté
par la CGT, et tous les « continuateurs
» de l’action maoïste en région
parisienne y sont immergés, à
fond.
- Pensez-vous être
parvenu à poser des contre-feux dans
un journal qui ne se posait plus trop la question
de la critique sociale ?
Quand s’est créée la CGT
à Libération, (...)disant aux
copains du journal : « avec ce que
fait Serge July, avec sa mégalomanie,
avec son recentrage,
il conduit le journal à la catastrophe.
Il va en faire une entreprise capitaliste banale
et il va se casser la gueule. »,
on ne nous croyait guère. Au cours de
la première conférence de presse
que nous avons organisée, début
1981,(...)nous précisions que notre action
syndicale ne se limitait pas à la défense
des intérêts immédiats,
comme il est
légitime de le faire, mais qu’elle
avait comme perspective d'agir contre le processus
entamé alors par Serge July qui conduirai
inévitablement à la faillite du
journal, à son dépôt de
bilan, à sa destruction.
Nous nous présentions donc,
avec quelque insolence, comme les seuls
véritables héritiers, véritables
continuateurs, de l'histoire du journal, mettant
en garde toute
l'équipe sur le fait que cette aventure
néo-capitaliste irait droit à
la catastrophe. Vingt ou trente ans
plus tard, quand Libération a frôlé
le dépôt de bilan et a finalement
dû se vendre à Rothschild, beaucoup
de salariés du journal ont commencé
à se dire : heureusement qu'ils
ont
créé et développé
la CGT, puisque le verrou contre les licenciements,
c’est ce syndicat. Qui est aussi
le verrou contre une mainmise trop forte du
capital sur le journal
Par la suite, il y a eu un syndicat
CFDT, puis une section SUD, témoignant
du fait que le phénomène syndical
était de mieux en mieux accepté.
(...)
Évidemment cela énerve toujours
certain, quand ils voient que c’est la
CGT-Libé (...)qui parle au nom de ce
qu’est vraiment Libération, du
vrai Libération, de l'avenir de Libération,
de la défense de Libération, et
contre sa corruption, sa prostitution...
- Si on s'arrête sur le cas de
Serge July et de quelques autres, on peut se
poser la question, certes réductrice,
du cheminement des cadres et dirigeants de la
Gauche Prolétarienne devenus très
médiatiques et intégrés.
Qu’en est-il des militants avec lesquels
vous avez repris contact au cours de l'écriture
de votre livre ? Ont-ils suivi des parcours
similaires ?
-Attention aux caricatures. Il est vrai que
Serge July est emblématique du repenti,
du
renégat, du « révolutionnaire
» qui (re)devient bourgeois. Il est à
la fois une caricature et un
emblème. Mais il faut nuancer : des tonnes
de livres ou d’écrits divers sont
imputables à July
et des gens comme lui pour justifier leur parcours
et expliquer qu’ils avaient raison quand
ils
était révolutionnaires, mais qu’ils
ont également raison quand ils deviennent
pro capitalistes,
pro américains... Du coup, on a fini
par attacher une trop grande importance à
ces gens-là, au
phénomène, passablement répugnant,
qu’ils incarnent. Alors qu’ils ne
sont qu’un aspect de la
réalité, la mince trace de lie
dans un bon vin. Les anciens maos qui
sont devenus des bourgeois, des renégats...
sont, en fait, extrêmement peu nombreux.
Il y en a une vingtaine, connus, archiconnus,
archi-médiatisés, devenus riches,
enfin, plus ou moins riches (des miettes de
capital parcimonieusement jetées au bon
chien-chien). Et cela, au prix d’énormes
efforts, de reptations usantes... Mais l'écrasante
majorité (...) n'a pas suivi
cette voie. (...) Et pas seulement, par exemple,
ces anciens militants de Renault Billancourt,
qui constituait une grosse base de la GP au
moment de Pierre Overney. (...)Des parcours
tels que ceux de Serge July, Alain Geismar,
Benny Lévy, Gérard Miller, André
Glucksmann, Olivier Rolin... qui, certes, furent
pour la plupart des dirigeants nationaux, et
se sont « repentis » pour un plat
de lentilles, sont extrêmement
minoritaires, marginaux, presque.
La plupart des militants de base,
ou même des cadres intermédiaires,
sont restés des gens modestes, progressistes,
plus ou moins engagés...Certains sont
encore très militants, d'autres moins,
mais ils n'ont pas changé de côté,
pas viré de bord. La grosse majorité
des militants ont été cruellement
déçus de la façon dont
cela s’est effondré sur eux, mais
ils ont essayé de rester fidèles
à l'engagement qui avait été
le leur, même si la plupart semblent durablement
vaccinés contre l'idée de développer
eux-mêmes un
nouveau projet, cohérent. (...) Mais
le plus grand nombre reste trop traumatisé
pour reprendre le chemin de formes de militantisme
organisé. Et, dans un certain sens, je
les comprends.
- Qu'est-ce qui vous a
poussé à mener ce travail, d'aller
revoir d'anciens camarades, que vous aviez directement
connus ou non d’ailleurs ?
(La rédaction d'un livre d'Histoire et
de mémoire c omme "Rebelles"),
"j ’avais toujours souhaité
le faire. Une envie, que j’assume sereinement,
de régler des comptes : «
qui règle ses comptes paie ses dettes.
»
« L’homme
du « Ren », disent
les Chinois, (l’homme de la plus haute
vertu), seul, connaît le véritable
amour, comme il connaît la véritable
haine. » J'avais mal au
cœur de voir à quel point notre
histoire avait été enfouie, salie,
méconnue... Et je rêvais d’en
faire ressortir l’essentiel (...), (...)
une histoire d’amour du peuple et d’amour
entre camarades unis par la passion de «
servir le peuple »... Une réalité
très riche, pleine de beauté,
de pureté. (...)
Et puis s’est présentée
l’occasion, avec la commémoration
de Mai 68, le quarantième anniversaire.
Un professionnel de qualité avait vraiment
envie d’éditer ce genre de livre,
Raphaël Sorin, qui à l'époque,
était le « numéro 2 »
de Fayard - envers qui je garde aujourd’hui
une très vive reconnaissance. Un peu
plus âgé que moi, (...) c'est aussi
quelqu'un qui a été en khâgne,
où il a bien connu Robert Linhart et
Jacques Alain Miller. (...)Plutôt proche
des situationnistes, c’est un esprit indépendant
et cultivé, pas le moins du monde attiré
par Mao, mais souhaitant faire un livre là-dessus
à l'occasion du quarantième anniversaire
de Mai 68. (...)Il est allé voir Claude
Durand, le directeur de Fayard, et il a eu l'accord
pour le faire - et pour le financer correctement
! Nous avons signé un beau contrat (...).
Je me suis lancé à fond, je me
sentais en confiance. (...)Un projet de cette
nature ne pouvait pas rester secret : ... mais
avec qui, dans quel boîte, pour quel éditeur,
j’ai tout fait pour que ça ne se
sache pas, ou pas trop tôt...
Malgré ces précautions, l'information
a fini par filtrer. Il semble que, dans l’entourage
de BHL, on ait tenté de me piéger,
en (...)envoyant une sorte de « sous-marin
», un jeune type assez fauché,
prêt à tout pour « arriver
», un Rastignac du pauvre, qui disait
s’intéresser à ce travail,
qui a fureté ici et là, et qui
a fini par savoir. J’espère pour
lui qu’il a été correctement
payé...
A la date prévue dans le
contrat, donc, pour la remise du manuscrit,
j’étais prêt, mais Sorin,
non : il avait été viré
propre et net, mis à la retraite d'office
par l'éditeur, sur demande insistante
du groupe Hachette, actionnaire de Fayard, donc
du groupe Lagardère - on n’est
pas loin de BHL...
(...)Raphaël avait changé
d’adresse électronique, et on m’a
mis en relation avec son ancienne assistante,
censée assurer le suivi...(...)Il s’en
est tenu, avec un sourire en coin, à
la version officielle, selon laquelle ce n'est
pas pour cette raison qu'il a été
mis en retraite d'office - une chose plutôt
rare dans les métiers de l’édition
où l’on vieillit très bien,
ce n’est pas un travail de
docker... En réalité, tout Paris
le sait, et il a fini par l’écrire,
il était fou de rage.... L’édition
française est très solidement
verrouillée par des personnages puissants,
qui avaient été très proches,
à l’époque, des dirigeants-liquidateurs
de la GP, qui avaient même été
plus ou moins
les mécènes de l’opération
d’autodestruction réalisée
par Benny Lévy, Rolin, Glucksmann et
cie, à qui ils ont ouvert les portes
de la bonne société littéraire,
les aidant à publier leurs petits livres
de contrition. (...) Révélée
par Sorin sur son blog en des termes codés
mais bien choisis, (...)
L’histoire a fait tout de
même un peu de bruit dans le landernau
de l’édition parisienne. J’ai
donc tenté, sans trop y croire, et sans
me casser la tête, de le publier ailleurs.
Puis, voyant que c’était bloqué
partout, j’ai appliqué le principe
fondamental de la guérilla, celui du
Cobra : « mords et fuis !
». J’ai fui, conservant
soigneusement mon petit trésor. Et je
me suis finalement résolu à mettre
le manuscrit « brut de décoffrage
» sur
internet.
Les faits y sont, l’histoire y est, sous
forme de hiéroglyphes électroniques
à déchiffrer un jour par des explorateurs,
mais enfin elle y est. Les plus concernés
la lisent, (...) et nous laisserons au moins
cette trace-là derrière nous...
(...)- Quel est votre rapport au maoïsme
aujourd'hui, l'évolution de la Chine...?
François Jullien, (...)
philosophe mais aussi un sinologue, parlant
et lisant correctement le chinois, mène
aujourd’hui une réflexion sur les
rapports entre
la Chine et l'Europe, la Chine et l'Occident,
entre la pensée et la sémantique
chinoise, la philosophie chinoise, et les nôtres,
en Occident.... C'est une démarche passionnante,
qui nous aide à revisiter notre histoire.
J'ai revisité ma propre lecture du maoïsme
au regard de ses travaux. Dans la foulée,
j’ai été amené à
m’intéresser au taoïsme, et
le tout me permet de me
définir maintenant comme
« tao-maoïste ».
Avec le recul du temps, et sous cet
éclairage, on se rend compte que nous
avions découvert un continent, et fait
une percée formidable... Il
a fallu beaucoup de temps, et un certain décalage,
pour prendre toute la mesure de l'entreprise
philosophique et intellectuelle dans laquelle
nous étions investis, sous une forme
des plus “pratiques”...
C’est un
dépassement positif de ce qu’on
devrait appeler “le
marxisme- léninisme occidental”.
La Révolution chinoise, commencée
en 1911, 1927 ou 1949, comme on veut, ne s'arrête
pas en 1976 à la mort de Mao et de Zhou
Enlai, le "numéro
deux - presque numéro un"
du PCC.
La Chine d'aujourd'hui
n’est pas tombée du ciel, elle
est le fruit d’un très long processus,
dans la poursuite, d’ailleurs
(pour qui veut bien voir et lire), du
développement du marxisme vivant, d’une
nouvelle phase, d’une nouvelle époque
du marxisme dans un contexte nouveau. Ou peut-être
s’agit-il même d’un dépassement
du
marxisme. Tout peut et doit être un jour
dépassé. Tout vit, se transforme,
se dépasse, mue, mute, et finalement
meurt, même le marxisme, et cette mort
donne naissance à de nouvelles formes
de vie, à la fois différente,
et continuatrices, aussi...
(...) Au moment de la liquidation
de la GP, (...)avec ce qui en restait, ceux
qui avaient tenu bon, nous avons d’abord
mené l'essentiel de nos activités
à Nantes-Saint-Nazaire. En continuant
à développer une pratique sociale
autour de luttes ouvrières et paysannes,
avec des résultats appréciables.
Ensuite, les circonstances ont permis d’envisager
une seconde phase d’un
processus de continuation- développement-mutation-reconstruction:
avec l’édification d’un noyau
d'opposition politique à l'intérieur
de Libération, autour de la CGT
Libération, la « CGT-Mao de Libé
».
(...)La «
petite force » (...),le
petit groupe, a continué à se
développer dans le monde du travail,
notamment dans la CGT, un peu à la façon
de la CGT-Libé, par d’autres circuits
aussi.
Actuellement, plusieurs d’entre
nous se sont investis dans un travail en Seine
Saint-Denis, en milieu vraiment prolétarien,
dans les quartiers, avec des familles ultra-
précarisées d'immigrés
de tous âges, parfois jeunes et même
très jeunes. C’est une action militante
intense, diversifiée et quotidienne,
« à l’ancienne
», avec l’apport des
techniques de communication modernes comme internet,
ainsi qu’on peut le suivre quasiment au
jour le jour
sur le site Le Monde Réel. (évidemment,
nous n’y disons pas tout, et il faut,
pour ceux que ça intéresse, savoir
décrypter un petit peu, entre les lignes...)Notre
action avec les mal logés commence à
prendre de l’ampleur autour d’Aubervilliers...
.
- Croisez-vous, fréquentez-vous
encore, des anciens de la GP aujourd'hui ?
- Tout le temps.... C'est bien normal, tout
va ensemble, vie privée, politique...
La «
petite force », pour
l'appeler comme ça, ne comprend pas seulement
de « vieux dinosaures »
de l'époque (...)... Les gens avec lesquels
se poursuit cette « saga » n'ont
pas tous connu cette époque-là,
loin de là.... Certains ont 40 ans, 50
ans, d'autres 20 et même 10-12 ans pour
certains... On essaye de ne pas trop rabâcher,
du genre « vous savez ce que
l'on fait là, c’est la suite d'un
mouvement qui s'appelait
la Gauche Prolétarienne... »
Ils connaissent cette
histoire, mais ce n’est plus la leur,
même s’ils sont bien conscients
de s’inscrire dans la suite de quelque
chose de grand, qui a commencé bien avant
eux, et qui continuera bien après eux,
après nous.... Ce qui compte
pour eux, ce n’est pas une « Bible
», un ensemble de récits figés
en dogmes, c'est une
démarche que l'on développe ensemble,
et que nous sommes quelques-uns tout de même,
à
notre âge, ayant eu «
20 ans en Mai 1968 », avec
notre propre mémoire, spécifique,
notre expérience, et notre histoire,
comme la continuation sous d'autres formes de
la même « Longue Marche
».
Au moment même où
nous poursuivons cet échange (par téléphone),
je me trouve dans un vieux pavillon plein de
charme, dans une banlieue-village en Seine-Saint-Denis,
à l'occasion d’un anniversaire,
celui d’un ancien de la GP. Il
était un des plus jeunes cadres de la
GP, ayant commencé à militer à
12 ans dans la mouvance communiste, et nous
ayant rejoints au lycée, vers 13 ou 14
ans... Il est devenu un syndicaliste remarquable,
qui compte au sein de la CGT, avec une influence
aussi à l’intérieur du PCF,
ça va souvent avec... Il est l’un
des principaux animateurs des grèves
des sans-papiers, dans le « 9-3 ».
Si je venais à
disparaître, à cet instant, le
principal « héritier » de
l’histoire de la GP, celui qui «
garde les clés », c'est lui.
Mais il n’est pas
seul.
A ce même anniversaire se
trouve un ancien ouvrier « mao »
de Renault- Billancourt, proche de Pierre Overney,
(...) un de nos principaux dirigeant sur l’usine,
sans doute le principal. Il a 67 ans maintenant
- et toutes ses dents... Après la terrible
épreuve des années 1972-73, il
est resté à Renault pendant 40
ans, intégré à la CGT à
l’issue d’ une véritable
négociation, intéressante... Il
a pris sa retraite il y a quelques mois.
Un autre convive, ouvrier lui
aussi, un de mes compagnons les plus proches,
un «
ami de 40 ans »,
est un ancien militant CGT de chez Hachette,
puis du Syndicat du livre, passé par
les Comités Vietnam de Base, la GP, etc.
Aujourd'hui, lui aussi, sur un plan administratif,
à la retraite, il est toujours militant
et sur la brèche, avec une étonnante
mémoire doublée d’une très
grande qualité d’écoute
et d’analyse. Toujours à
la CGT, il reste, lui aussi, des plus actifs
- avec les sans papiers comme sur la Palestine....
Entretien réalisé par David Hamelin
le 20 décembre 2009
Merci David. Merci à
Dissidenes. Beau travail.
JP
|
|
|
- APPEL-
OPERATION
GEERT WILDERS
Premières réactions
à l'appel
de JP Cruse (ci-dessous)
| "Salam
Avec les coups reçus et les coups
qu'ils continuent à recevoir les
musulmans devront rester indifferents à
cette èniéme provocation....
Soyons dans le tao, comme dit quelqu'un
de connu. Pour ma part, je le suis de plus
en plus, et je savoure l' "agir par
le non agir", paisible, mais inflexible,
de la reponse chinoise à la provoc
ricaine au Tibet ...Et je me moque de Cohn-
Bendit qui gesticule sur les plateaux de
téloche sur le boycot des J.O. comme
un adolescent voulant prouver qu'il est
adulte..."
Noira, femme au foyer, mère
de famille, militante contre le racisme
islamophobe et toutes les formes de haine
et de discrimination.
Clamart (92)
|
"Cher JP,
Je n'ai pas l'intention
de regarder ce film, c'est un perte de temps,
mais je
voudrais bien qu'un film pareil soit fait
sur le christianisme et le judaïsme.
Ensuite nous verrons ceux qui on réfléchi
et ceux qui habitent dans l'
ignorance, mais en aucun cas je défendrai
des illuminés de quelque bord qu'ils
ou elles
soient.
Ni dieu, ni maître, ni patrie.
Ian - citoyen des Pays-Bas, résident
français,lecteur assidu mais critique
du Monde Réel
Pouvez-vous présenter l'affaire
en deux mots? Pour les non initiés,
l'appel est difficilement compréhensible,
on ne voit ni les faits, ni l'enjeu...
Anne, responsable communiste (92),
récente lectrice du Monde Réel. |
REPONSE
DE SHAOSHAN
Alertés par la diffusion
semi-clandestine, sur internet,
d'une version française du film provocateur
du parlementaire néerlandais Geert
Wilders contre l'islam,
démarche inscrite dans une
"stratégie de la tension"
à l'Américaine, comparable
à celle qu'a connue l'Europe des
années 1970, visant à exacerber
les divisions de "tous
contre tous", et les
violences de toute nature (attentats
ou autres) dans le cadre,
à l'époque, de la lutte internationale
contre le "péril
rouge", il nous a semblé
utile de prendre les devants,
de réagir vite, et de lancer un
appel général au sens de la
responsabilité et de l'unité
- dans l'esprit de ce qui se passe, pour
le moment, aux Pays-Bas,
où ce film insultant et provocateur,
annoncé par une campagne de rumeurs
bien organisée, depuis plusieurs
semaines, ne suscite de réactions
d'indignation que dans la fraction éclairée
de la classe politique, tandis
que les organisations musulmanes
traitent Wilders et ses propos orduriers
par le mépris. C'es le sens,
apparemment, dela réaction de notre
amie "islamo-taoiste"
de Clamart (92).Partageons
avec Ian, digne représentant
d'un pays de liberté connu pour avoir
protégé l'audacieux Baruch
Spinoza, grand philosophe devant
l'éternel, des foudres des
cruels tribunaux rabbiniques, rétifs,
alors, à tout regard critique,
fût-il dans le respect et la mesure,
sur la religion juive, et gravement menacé.
Et souvenons-nous, avec lui, que
le chistianisme lui aussi, surgi de la souche
monothéiste commune aux trois religions,
s'il a sa part de lumière, avec ses
valeurs d'amour entre les êtres, d'humanité
et de partage, a connu sa part d'ombre,
sa part d'intégrisme, d'intolérance
et de violences, avec l'Inquisition,
et ses horreurs, les terribles "missionnaires
armés" de Pizarre
ou Cortez, ou les massacres
de masse de la Saint-Barthélémy,
noyant de sang les rues de Paris, et la
Seine elle-même, aux portes
de Notre Dame, en 1572. Et souvenons-nous
aussi que le protestantisme,
variante en principe "réformée",
ouverte et "libérale"
du christianisme, a engendré, après
l'impitoyable dictature de Calvin,
à Genève, ou les
imprécations haineuses de Martin
Luther, dans ce qui allait devenir
le Reich, l'abject régime
de l'apartheid, mi "boer"
(hollandais), mi britannique, et cela, au
nom d'un protestantisme dévoyé
dans l'idéologie d'une "Terre
Sainte", à conquérir,
donnée par Dieu,
et dont les habitants d'origine n'on qu'à
fuir, subir, ou passer au fil de l'épée
- comme les Indiens d'Amérique sous
Custer, sans même parler de Bush,
et comme aujourd'hui les Palestiniens, musulmans,
chrétiens, ou plus rarement "sans
croyance", sous le joug d'Israël...Système
de certitudes et de valeurs propre, jusqu'ici,
à la plupart des grandes civilisations
qui ont marqué la planète
de leur empreinte, et développé
le monde, les religions, qu'on les croie
"parole de Dieu", transcendante,
venue de haut, "descendue",
"tombée du ciel",
ou langage des peuples, mêlant sagesse
pratique issue de l'expérience, et
ransmise par les anciens, aux constructions
mythiques, part de rêve indispensable,
"soupir de la créature malheureuse"
(Karl Marx, dans la fin
de sa phrase fameuse, en général
tronquée, sur l' "opium
du peuple"), expression
des attentes, des espoirs, et des souffrances
d'humains éparpillés ou rassemblés
(reliés, du latin religere,
qui donne religion)s ne pouvant
vivre sans idéal, portent, en s'ncarnant
dans le monde, et du cœur des hommes
à leurs actes, le pire ou
le meilleur.
A l'époque
où la révolte, parfaitement
justifiée sur le fond, sinon toujours
dans son langaage ou dans ses formes, d'un
milliard de musulmans agités par
les vagues d'un puissant réveil spirituel
en forme de Révolution Culturelle,
frappe l'Amérique et ses valets atlantistes
(Espagne d'Aznar, Grande-Bretagne du "caniche
de Bush" Tony Blair), sous la
forme d'attentats effectivement
"terroristes", puisqu'ils
incluent cibles économiques ou symboliques,
comme les tours du World Trade Center
("le centre commercial des affaires
mondiales"), et le massacre
indiscriminé d'honnêtes citoyens
innocents (Atocha, Londres, demain peut-être,
Afghanistan pesant, une FRANCE atlantisée
devenue SARKOLAND - et
"cible"...), la
"guerre de civilisation"
devenue "nouvelle croisade"
ou "guerre de religions",
déclenchée, sous l'emprise
de la panique, par les Etats-Unis de Bush,
puissance à l'agoniée défiée
dans son prestige, il est important
de garder la tête froide, de fare
la part des choses, de rechercher la compréhension
de tous par tous par l'échange pacifique
et le débat - qui n'exclut pas la
lutte. Il faut aussi, parfois,
savoir réagir vite, et dans
l'urgence. C'est ce que JP a cru
devoir faire, avec notre accord, dans son
appel. Malgré une difficulté
évidente: il n'était pas envisageable
de contribuer, même dans cet esprit,
et dans ce but, à la diffusion du
film de Wilders, et nous ne l'avons
pas fait. Ce qui rend d'autant
plus compréhensible la réaction
de notre amie Anne, du PCF (92).
Restons-en là pour aujourd'hui.
L'avenir dira si la provocation
"Bushiste" des "néo-conservateurs"
("néo-cons") hollandais,
qui ne manquent pas d'amis et de complices
en France, et pas seulement à doite
ou à l'extrême-droite, a
fait long feu. Et s'il nous suffit
de rester dans le Tao - dont l' "agir
par le non agir" doit
comporter tout de même, et c'est la
grande difficulté, sa part d' "agir".
- Ou si nous devons reprendre et
approfondir ici, comme nous avons
déjà commencé à
le faire, un débat toujours
nécessaire sur les causes, les racines,
et finalement les conséquences du
grand réveil de l'islam,
porteur, comme le christianisme
des années du "Che",
du Père Camillo Torres, prêtre
guerillero, et du mao-taoiste Ho
Chi Minh, d'une "théologie
de la libération"
("islam révolutionnaire"),
mais aussi - une Révolution
culturelle est un bouillon
de culture, une mer agitée
de tourbillons où s'agitent
des courants contraires -de possibles
régressions intégristes, obscurantistes,
voire fascisantes
1 04 2008. 13h20.
ShaoShan
|
-
L'heure est grave. Unité. -
Jean-Paul CRUSE
Le film de propagande du député
"libéral" hollandais
Geert Wilders circule sur internet, dans une version
en langue française réalisée
par une association se présentant
comme "laïque",
qui en fait une campagne de promotion intensive,
tout en prétendant n'avoir pas d'opinion
sur le contenu du document lui-même, qu'elle
n'a "pas vu" (sic...)
Il suffit pourtant de jeter un œil
sur cet abject montage pour voir qu'il assimile
en permanence, tout en prétendant le contraire,
religion musulmane et terrorisme, images bien
sanglantes et bien tape-à-l'œil à
l'appui. A cet amalgame, courant dans les torchons
de l'extrême-droite raciste pro-israélienne,
s'ajoute, pour faire bonne mesure, une autre diffamation,
l'évocation des "mutilations sexuelles"
imposées, selon nos modernes GOEBBELS
de l'islamophobie ("plus c'est
gros, plus ça passe")
aux fillettes, dont seuls les brutes
fascistes les plus incultes et les plus malfaisantes,
et la ravissante "poupée
Barbie" de fabrication américaine
Ayaan Hirsi Ali ignorent qu'elles n'ont jamais
eu aucun rapport avec le CORAN, ni avec Mahomet.
Contrairement, il est vrai, à la lapidation,
ancienne coutume juive dénoncée
par le Christ dans sa célèbre admonestation
"que celui qui n'a jamais péché
jette la première piere",
reprise par aveuglement, comme d'autres errements
issus de la TORAH, par des musulmans archaïques
des tout premiers temps.
Il appartient au
gouvernement des Pays-Bas, ancienne puissance
coloniale qui s'est offert une incroyable prospérité
par la dévastation, le viol et le pillage
de vastes territoires de par le monde, et le luxe,
ainsi financé, de "libertés
individuelles" poussées
au-delà du raisonnable, d'assumer ses responsabilités
- n'ayant utilisé aucun des moyens dont
un Etat digne de ce nom dispose pour faire taire
le provocateur Wilders, dont le discours est un
discours de guerre civile.
Il appartient à
Sarkozy, s'il est encore en poste, d'utiliser
les moyens dont un Etat digne de ce nom dispose
pour empêcher la propagation en France de
cette peste, en engageant des poursuites contre
tous ceux qui collaborent à la diffusion
de cette propagande raciste à la GOEBBELS,
qu'ils s'avancent sous le masque transparent d'une
"riposte laïque",
à prétention "de
gauche", ou sans masque.
Il appartient à
nos amis musulmans, nos frères et nos sœurs,
que nous respectons et aimons, de bien réfléchir
à la nature de cette provocation à
la violence et à la guerre.
Il leur appartient
de préparer, sur la base d'une analyse
poussée et réfléchie, dans
le calme et la sérénité,
la riposte adéquate:
- la réalisation, avec l'aide
de cinéastes, de journalistes et d'intellectuels
anti-racistes, musulmans on non-musulmans, puisqu'il
en reste au moins une poignée, d'un film
à gros moyens (à réclamer
à l'Etat, aux municipalités, aux
départements, aux régions) permettant
de porter, sur le fond, une réponse profonde,
sereine, argumentée et efficace au glapissement
des roquets, aux aboiements des chiens, aux hurlements
des loups, et aux grognements des porcs d'une
prétendue élite de l'intelligence
et de la culture française ou plus largement
européenne, voire atlantiste, renégate
des vraies valeurs de lumière de l'Occident?
- un boycott pacifique mais soigneusement
et minutieusement organisé de tout ce qui
vient de Hollande?
- des initiatives aussi massives et spectaculaires
que possible de rapprochement et d'unité
avec les croyants des autres religions, et tous
les citoyens de bon sens et de bonne foi, quelles
que soient leur couleur de peau, leur origine,
ou leurs croyances?
Il nous appartient à
nous tous, qui ne sommes pas musulmans,
d'œuvrer dans le même sens, de nous
unir à nos frères et sœurs
musulmans, victimes de provocations à échelle
désormais "européenne"
annonciatrices, hélas, d'horreurs multiformes
à venir, et d'orienter notre réflexion,
puis, le moment venu, notre action, dans une direction
commune, avec toute la fermeté nécessaire.
Que chacun fasse
preuve d'esprit de responsabilité et d'unité,
définisse clairement le
cercle des vrais amis et des vrais ennemis, et
fasse preuve d'initiative, d'imagination et de
courage.
L'HEURE EST GRAVE.
31 mars 2008, 07H00
Jean-Paul CRUSE
Imbongi@wanadoo.fr
0660630856 |
Face à
la réhabilitation de l'OAS, contre-rassemblement
républicain ce 26 Mars, 2008, à l'Arc
de Triomphe, à Paris
(communiqué par Hakim Arabdiou
Arabdiou)
À l'annonce d'une cérémonie
de l'OAS, de ravivage de la Flamme prévue à
l'Arc de Triomphe le 26 mars 2008 à 17 h 00 en
hommage aux participants à la manifestation insurrectionnelle
du 26 mars 1962 à Alger, l'Association nationale
pour la protection de la mémoire des victimes
de l'OAS et l'Association des Amis de Max Marchand,
de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons communiquent
:
" Le 26 mars 1962 en
matinée, une semaine après le cessez-le-feu
en Algérie, l'organisation séditieuse
dénommée OAS (Organisation armée
secrète), issue du putsch d'avril 1961, lançait,
par voie de tracts, un mot d'ordre insurrectionnel.
Elle exhortait les Algérois à s'opposer
"jusqu'au bout à l'oppression sanguinaire
du pouvoir fasciste" et à former des cortèges,
l'après-midi même, en direction du "périmètre
de bouclage de Bab-el-Oued". Les participants à
ce rassemblement, préalablement interdit par
les autorités civiles et militaires, se heurtaient
à un barrage des forces de l'ordre rue d'Isly
: la manifestation causait quarante-six morts.
Quarante-six ans après, des dirigeants associatifs,
anciens de l'OAS, appellent à une cérémonie
sous l'Arc de Triomphe dont l'objet serait, au travers
du ravivage de la Flamme, d'honorer le souvenir de ces
victimes de la fusillade de la rue d'Isly. Un demi-siècle
après, l'OAS s'approprie la mémoire douloureuse
des fils et filles ainsi que des frères et soeurs
de celles et ceux qu'elle a abusés en les encourageant
à défier l'État.
Il n'est pas admissible qu'une telle célébration,
encadrée par d'anciens tueurs de l'OAS, puisse
se dérouler sur un site aussi hautement symbolique
de notre histoire nationale que l'Arc de Triomphe. La
tombe du Soldat inconnu et la Flamme éternelle
ont vocation à perpétuer le souvenir de
ceux qui ont combattu et donné leur vie pour
la défense des institutions républicaines
et des principes fondamentaux de notre société.
Ce haut lieu de la mémoire française ne
saurait être investi, fût-ce le temps d'un
dépôt de gerbe, par des factieux qui ont
tourné contre la République les armes
qu'elle leur avait confiées. Ces terroristes
qui, dans leur discours revanchard, comparent le Général
de Gaulle à Hitler ne sauraient être admis
à en piétiner la mémoire en même
temps que l'appel du 18 juin, reproduit à quelques
pas seulement de la Flamme du Souvenir.
Pourtant, une différence existe entre ce rassemblement
et ceux qui l'ont précédé.
Entre-temps, en effet, Monsieur Nicolas Sarkozy a accédé
à la présidence de la République.
Or, le candidat élu à la magistrature
suprême avait pris pour engagement de conférer
la qualité de Mort pour la France aux manifestants
du 26 mars 1962.
Tout indique qu'une telle promesse sera tenue prochainement.
L'attribution de la qualité de Mort pour la France
aux manifestants du 26 mars 1962 s'analyserait comme
une nouvelle prime octroyée à ceux qui
ont soutenu l'OAS. Elle leur conférerait un statut
aligné sur celui des poilus de la Grande guerre
et des anciens combattants et résistants du conflit
de 1939-1945. Elle constituerait une marque de mépris
à l'égard des militaires et des fonctionnaires
qui ont eu pour mission de faire respecter l'ordre républicain
en Algérie et dont certains sont tombés,
victimes du devoir, sous les coups de l'OAS, et ont
été légitimement reconnus "Morts
pour la France".
Une distinction de cette nature ne doit viser que ceux
qui se sont acquis des mérites en s'impliquant
avec honneur au service de la Nation. Elle ne peut s'appliquer
à des personnes ayant obéi à des
mots d'ordre insurrectionnel émanant d'une organisation
à la fois terroriste et raciste.
Dans ce contexte, une dénonciation s'impose non
seulement de la présence de l'OAS sous l'Arc
de triomphe ce mercredi 26 mars mais aussi de la menace
de la réalisation d'une promesse électorale
de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la
République, allant à l'encontre de l'apaisement
des mémoires.
C'est pourquoi les associations soussignées invitent
les représentants du monde combattant ainsi que
les formations et mouvements qui en soutiennent l'action
à venir exprimer leurs sentiments républicains
le mercredi 26 mars 2008 à 16 h 45, en haut de
l'avenue des Champs-Élysées, place Charles
de Gaulle, devant l'entrée du souterrain desservant
l'Arc de Triomphe".
Dialogue
avec les lecteurs, critiques, échanges,
autocritiques
Bonjour, lecteur attentif et régulier
de votre site découvert par hasard après
avoir lu le dernier roman de Morgan Sportès
sur Overney ,livre que j'ai bien aimé
,j'ai lu "Rebelles"
du Monsieur Jean Paul, ancien colonel dit-il
, saga passionante qui m'a plu et que je trouve
complémentaire et bien plus vaste que
le roman (...)
A l'armée en 1975 j'ai connu un ouvrier
soudeur dans les cuves fabriquées à
la Coder de Marseille qui m'a parlé en
terme positifs de la présence d'un courant
révolutionnaire dans l'usine qui avait
marqué pas mal d'ouvriers .
Je vous écris simplement pour vous demander
:
de rédiger une définition ,une
explication du "sionisme"
qui ne figure pas dans le lexique et que vous
employez souvent .Salutations.H.
Réponse
Le sionisme, terme inspiré
de Sion, une colline de Jérusalem.
Idéologie synthétisée par
l’autrichien Herzl à la fin du
XIXème siècle, à partir
de deux sources principales: le
nationalisme “romantique”
allemand, nationalisme “volkich”,
de “volk”,
“peuple-race”, en
réaction contre le nationalisme
républicain,libérateur, de la
Révolution française;
et, deuxième source, l’idée
juive archaïque de “race
sainte”, ou
“peuple élu”, selon
Herzl inintégrable par nature dans les
nations républicaines européennes,
et appelé donc à se trouver une
terre pour y fonder un Etat.
Longtemps minoritaire dans
les communautés juives d’Europe,
le sionisme prend son essor avec l’appui,
notamment financier, des puissances coloniales
européennes, ravies de l’utiliser
comme vecteur d’implantation au Moyen-Orient.
Il négocie avec
l’Allemagne hitlérienne,
dont les intérêts convergent, Hitler
ayant confié à son collaborateur
Rosenberg le soin de rédiger le “statut
de Nuremberg”, qui s’inspire
des critères sionistes de définition
raciale d’un “peuple juif”,
converge que la question de l’impossibilité
d’intégration, et même, un
temps, sur le choix d’une terre pour y
fonder un Etat, en Palestine.
Je passe sur la suite, le livre fondateur,”L’Etat
des Juifs”, de Théodore
Herzl, est disponible partout, il n’est
ni long ni cher.
Pour l’analyse critique
de référence, lire en particulier
les livres d’ Ilan Halevi, palestinien
francophone d'origine juive, de Shlomo Sand
et d’Avraham Burg.
“Colonel”
est
un vieux surnom.
N’hésitez pas à
me relancer par d’autres questions, si
nécessaire. Nous pouvons aussi nous voir,
à Paris
Jean-Paul CRUSE
(0660630856)
Réponse à
la réponse
Merci pour votre définition
et vos informations .
Je lisais "La Cause du peuple"
et mon père aussi ,ancien de la guerre
d'Espagne ,décédé aujourd'hui
,grand admirateur de Staline ,mon père
d'origine prolétarienne ,s'exprimait
comme "le vieux Hadj"
que j'ai vu sur votre site .
Il disait qu'il fallait la combativité
des anarchistes et l'organisation des communistes
.
Mon père n'était pas marxiste
,encore moins maoiste ,mais il se reconnaissait
dans la pratique ouvrière du journal
La Cause du peuple,cependant
malgré ses déceptions ,ses rancoeurs
,son amertume ,à la fois sans illusion
sur le p"c"f ,il en restait proche
comme de la cgt tout en gueulant après.
Son niveau d'explication sur Staline et l'URSS
était de dire que compte tenu des températures
hivernales terribles ,si la population se développait
,c'est que l'on mangeait bien ,qu'il y avait
un toit ,de la chaleur dedans etc et donc supérieur
au capitalisme des années trente de la
crise de 29 et à fortiori supérieur
à un pays arriéré comme
l'Espagne .
Pour mon père Staline c'était
du national-communisme symétriquement
opposé au national-socialisme de Hitler
.Et il voyait cela comme un passage obligé
,une sorte de fatalité .
Sur 800 divisions nazies détruites
400 cents l'ont été par Staline,
quand les nazis ont été
à 6km et non 14km du Kremlin, il était
là, il est resté là ,pas
comme votre De Gaulle parti à Londres
(pour qui mon père avait une certaine
estime en tant qu'ennemi de politique de classe
; les socialistes étant pire que l'extrême
droite) et Thorez à Moscou ,Staline
lui n'est pas parti à Vlodivostok .Et
il a eu ce jour-là en organisant un défilé
militaire ,dans les circonstances ,un coup de
génie politique .Plus tard il a dit et
écrit qu'à un moment donné
il pensait être arrêté par
le politbureau pour ses erreurs .
Je pense que ce qui unissait Staline et Trotsky
c'est une apologie commune du développement
des forces productives au détriment des
rapports de production .
C'est pour moi ,(mon père ne comprenant
strictement rien à tout çà)
,l'apport fondamental de Mao avec sa compréhension
nouvelle de la société de transition
,dès 1957 il a compris que tout était
précaire car tout était à
faire ,il a essayé de sauver une perspective
communiste avec la révolution culturelle
.Il a été battu ,vaincu ,par les
rénégats .
Mais il faut voir aussi ses limites qui sont
historiques ,pas ou peu de prolétariat
,donc une base objective faible ,ce qui a obligé
a déplacé le terrain de la lutte
sur l'idéologie et donc les intellectuels
qu'il a pourtant essayé de prolétariser
.En accordant une place excessive à l'idéologie
cela a favorisé le retour des pragmatiques
c'est à dire des révisionnistes
.C'est le dilemme de Mao .
En résumé de façon
réductrice donc je dirais que plutôt
que de résoudre la pauvreté par
la richesse il a donné des idées
à bouffer .
La Chine actuelle ,je
suis partagé .C'est un pays
autoritaire de dictature du capital sur le travail
,un pays impérialiste (...)je connais
le cas d'un ouvrier maoiste condamné
à trois ans de prison seulemnt pour un
tract ,il y a de cela quatre ans environ .
En même temps il développe l'ouvrier
,peut être est-ce une sorte de
N.E.P. gigantesque dont la proportion n'est
plus seulement l'espace mais le temps ,le temps
d'un repli stratégique , pour éviter
l'encerclement (...) .
C'est à la fois atroce
pour l'ouvrier et en même
temps jamais il n'y a eu autant de libertés
en Chine ,j'ai parlé avec des Chinoises
vivant en Chine ,jamais autant le pouvoir d'achat
n'a progressé en 30 ans ,jamis paradoxalement
la presse n'a été aussi "libre"
,ce n'est pas la corée du nord ,ils circulent
,ils bougent (alors que sous Mao permis de circuler
parait-il au dela de 25km de l'habitation) ,il
y a des orchestres punk en Chine ,du rock et
punk chinois libres et autorisés .
Sur le Tibet je vois les rivaux
impérialistes tenter de dépecer
la Chine ,l'Armée populaire de
Libération (APL) a mis fin à la
vente des paysans ,a mis fin au placement d'enfants
de huit ans dans les couvents bouddhistes ,l'espérance
de vie était seulement de trente cinq
ans en 57 etc .
Le thermomètre c'est quelle liberté
pour l'ouvrier ,c'est cela qui détermine
tout le reste ,c'est ma boussole .C'est aussi
comment on casse division dirigeants - dirigés
,manuel-intellectuel ,conception -éxécution
etc, car de ces couples de forces naissent
et se reproduisent leurs instances de représentation
politique bourgeoisie/prolétariat .
La catégorie
ouvrier doit être cassée sous le
socialisme et donner naissance à une
nouvelle catégorie à la fois dirigeant-dirigé
,tout le monde doit devenir producteur ,tout
le monde doit devenir intellectuel etc
sinon je ne vois pas comment si les ouvriers
se développent la bourgeoisie ne peut
que se développer en existant quelque
part dialectiquement .
N'oubliez pas ça, Monsieur Jean Paul.
Alors aujourd'hui ;je crois toujours à
la victoire du communisme ,à la dictature
du prolétariat ,à celle du travail
sur le capital, mais je ne sais pas comment
,l'ouvrier n'a plus de quartier général
,aucun parti ne représente le monde du
travail ,les syndicats c'est pourri
,ce ne sont pas des amis qui se trompent mais
des ennemis qui se cachent .(mon père
a été 60 ans je crois environ
à la cgt ) en même temps ils peuvent
être utiles (cf Chauveau "Sans
papiers")
En résumé ; il ne faut pas que
la carte du parti remplace celle du capital
,peut-on concilier économie de marché
et socialisme ,c'est à dire une société
en transition pas simplement vers le communisme
mais en transition du capitalisme ne l'oublions
pas .
Aujourd'hui des secteurs entiers du
système capitaliste fabriquent du communisme
;
la substitution du forfait au prix comme mode
de rémunération de la consommation
: carte de transport ,de cinéma ,affiliation
à adsl ,forfait de ski ,buffet de hors
d'oeuvre ,club de vacance où on mange
,boit ,récréatif ,sont illimités
.
Reste seulement le portail monétaire
comme différence d'accès avec
le communisme comme biais spécifique
à cette consommation .
Voilà .Je retiens la possibilté
un jour de se parler ou de se rencontrer .Depuis
que j'ai découvert votre site je viens
quotidiennement ou presque ,j'aime lire et relire
Rebelles c'est çà
surtout qui me plait ,votre éditorial
quand j'arrive à le trouver ,vos analyses
sur l'international ,la famille Jospin .
Mais je n'aime pas vos attaques sur
le physique des gens ,je n'aime pas quand je
sens de la haine ,cela me fait peur ,car cela
étouffe alors ce que j'ai cru lire aussi
en vous ,c'est à dire votre envie d'aimer
les autres ,les petits ,les sans grades ,ceux
qui n'ont pas réussi et ne réussirons
jamais car nous sommes trop écrasés
par le malheur ,le manque d'amour ,la déshérance...
Comme quand on parcourt Gennevilliers
et les centaines d'hectares de friche industrielle
.
Ce que vous avez fait
dans votre vie de beau ,dites vous que vous
l'avez fait plus pour que contre ,et vous aurez
moins de ressentiment ,vous serez plus apaisé
.
N'oubliez pas que "le
prolétariat en se libérant libère
toute l'humanité"
(Marx), et donc chatie mais pardonne
aussi ,que la "religion c'est
l'opium du peuple mais d'un monde sans coeur
,d'un monde sans esprit "(Marx).
Il y a de très belles pages d'humanité
que vous écrivez ,on se marre aussi ,mais
je suis contre votre mensuétude pour
Garaudy ,contre vos fréquentations policières
et nationalistes .
Cependant cela me fait réfléchir
aussi sur l'art de diviser la bourgeoisie ,de
les affaiblir ,de nous économiser plusieurs
divisions de pertes ,de rallier aussi ce que
nous pouvons apporter dans un monde nouveau
;de sincère ,de propre ,d'intègre
face à la corruption enfin je dirais
vous tenter peut être "d'unir
tout ce qui peut être uni"
(Mao), pour des gens qui sont loin de nous .J'aimerais
que votre seule patrie soit celle de l'humanité
.
Mais attention Monsieur Jean Paul à
votre nationalisme,
non, 14/18 n'est pas , dans sa seconde partie,
une guerre de libération nationale,
c'est une guerre impérialiste
,des milliers d'ouvriers ont fraternisé
dans les tranchées ,ont été
condamnés à mort par Pétain
,des dizaines éxécutés
et je me sens avec eux ,"les
ouvriers n'ont pas de patrie"
.
Par contre, mais sans
haine, je pense que vous voyez assez juste sur
les trotskystes pendant la seconde guerre mondiale
.Cependant je connais deux cas de trotskystes
déportés à Buchenwald ,et
le PC, quand vous n'étiez pas avec eux
que vous étiez gaullistes ,anarchistes
,sans parti ,trotskystes c'était vous
mettre en priorité sur les listes pour
Dora en trois semaines vous perdiez 20kg...Alors
Semprun lui il était protégé,
pouvait dormir sur les chalis de son "goya"
dans la journée et lire Hegel ou autre
à la bibliothèque du camp, c'est
lui qui le dit ...
La Cause du peuple a critiqué l'esprit
de cela en soulignant la critique contre
" à chacun son boche"
,en soulignant comment le p"c" avec
le colonialisme de Thorez à la libération
eh bien apparemment çà collait
la dessus avec Staline et comment Thorez a gommé
le rôle de la MOÏ (infanterie coloniale
du p"c"f) les noms ça faisait
pas assez français .
Je respecte Lutte Ouvrière ,ils dirigent
le syndicat ,ils sont intègres ,mais
avec une pratique sociale- démocrate
de trotskiste et aventuriste aussi parfois ,donc
stérile et dangereuse aussi ,je
me tue à leur expliquer la ligne de masse
,ça me prend la tête .
Mais ils croient au communisme
et je leur explique Mao (..) Ils ont un élu
dans une commune proche.
Je leur ai demandé plusieurs fois avant
même que je vous découvre de faire
quelque chose pour une rue Overney etc
,mais ils ne veulent pas demander au maire ,provoquer
un débat ,avoir une initiative prolongée
.Alors cela m'a fait beaucoup de peine
. Mais je n'ai pas de haine car je
sais que c'est aussi dans la nature des choses
,leurs limites ,mais loin de moi toute
idée répressive à leur
égard ,seulement de les neutraliser quand
ils gênent le mouvement .
Et je pense encore leur
redemander pour Overney .
Je fais lire autour de moi le roman de Sportès
(...); ce qui me permet de faire découvrir
votre site par ricochet, et surtout
de faire lire Rebelles
comme complément
utile et indispensable sur Overney ;l'énigme
policière ,les services spéciaux
etc; et par voie de conséquence
faire lire un moment de l'histoire du
mouvement ouvrier que vous écrivez .
Je n'ai aucune activité politique ,je
parle et je lis ,rien d'autre ,je ne prétends
à rien ,j'ai donné pour les Sans
papiers à ceux des Champs Elysées
.J'attends la retraite avec impatience ,j'en
ai marre
Salutations Monsieur Jean Paul .
Réponse
C’est moi qui vous
remercie, j’ai rarement reçu un
aussi beau courrier, et, rien que pour
lui, pour vous, je suis heureux du site
– et, ce soir, ou ce matin, de la vie.
J’aimerais vous publier,
même si je sais bien que ce n’était
pas le but. Pour rebondir dessus, et ouvrir
des débats – y compris autocritiques...
Sans votre accord, je ne le ferai pas.
Bonne année
JP
Relance
Cher Monsieur Jean Paul ,
je suis assez ému en vous lisant ,car
je ne représente rien ,et cela représente
beaucoup pour moi que vous ayez pris le temps
à une heure tardive et supposée
festive que moi j'ai passé dans la solitude
,je suis un paumé ,et ce qui m'a touché
aussi c'est que bien que colère aussi
parfois contre vous ,vous ayez eu cette délicatesse
de choisir de regarder et de prendre ce qui
nous unit .
J'avais tout refoulé de la Gp
et Cdp ,mais sans jamais le renier, je ne suis
pas un repenti ,seule me reste une pellicule
de souvenirs avec des rires et des larmes
et cette sorte d'infinie tendresse
qui se dépose sur les visages de ceux
qui ont été vraiment sincères
parce qu'ils désiraient donner ou essayer
de donner leur vie à l'humanité
avec cette infinie sollicitude qui tente de
comprendre et d'aimer, ces petits Christ
qui marchent contre l'injustice car "là
où il y a oppression il y a Résistance"
etc .
J'aurais eu honte d'amener chez mon père
des militants de la gp de mon lycée bourgeois
,tant il était pauvre ,et il y avait
beaucoup de mépris chez eux ,ils se la
jouaient héroique ,comme des bourgeois
en mal de chevalerie ,comme des cow boys en
mal de scoop publicitaire qui auraient voulu
qu'on les prenne pour la pose dans les "actions"
.J'ai vécu ce qu'ils disaient
"à bas les études et
diplomes" et en même temps ils
passaient et réussissaient les grands
concours, ils parlaient du futur parti communiste
dans lequel ils seraient les cadres supérieurs
(vous avez vu juste dans ce que vous écrivez
sur eux) ,ils parlaient d'enfants de
hauts fonctionaires où surtout pour eux
c'était bien quand, arrêtés,
leur père négociait pour rembourser
alors que d'un autre côté c'était
soi disant des "nouveaux partisans..."
bonjour l'égalité dans l'orga
communiste ,et cela allait même plus loin
quand c'était des filles de magistrats
arrêtées dans des actions et libérées
sans inculpation dans la journée ,elle
est belle la vie comme çà,alors
être plus courageux ,prendre plus de risques
,c'était leur rodéos ,une manière
de nous dire "demain nous serons vos
nouveaux maitres" ,et nous les pauvres
Indiens toujours obligés de subir, croyant
qu'on aurait une petite miette de misère
en moins ,et mon père me disait de faire
attention ,et çà je l'ai senti
tout de suite ,instinctif ,et que en
aucun cas avec ces charlots je ne les écouterai
pour complètement arrêter mes études
car je n'avais pas de filet...Que ça
pouvait être nos nouveaux maîtres
aussi quand je lui parlais d'eux ,ils s'invitaient
entre eux à de bons repas avec deux entrées
,deux plats (un poisson ,une viande ) entre
eux chez leurs parents qui avaient serviteurs
,beaux meubles ,dans le 16è ,mais ils
ne nous auraient pas imposé à
leur table ,ils ne partageaient pas ,ils ne
pensaient pas aux autres ,on était du
matériel ,des munitions ,pour une guerre
qu'ils voulaient mener pour eux .Alors certains
qu'au moins ce ne seraient pas nous qui serions
les maîtres pour qu'il n'y aient plus
de maîtres ,mais eux ,eux gardant les
rênes pour conduire le peuple ,car ils
auraient pris les devant sur le cours de l'histoire
.Comme dit l'autre ce pourri de Teng
Chisse aux Pines "peu importe
la couleur du chat pourvu qu'il attrappe des
souris" ,peu importe la couleur du
mouvement pourvu qu'on dirige ,qu'on dirige
la société comme avant ...
Et puis au moins vous ,vous dites les
choses en face ,vous ne cachez pas qui vous
êtes et cela fait peur aussi parfois car
vous êtes conscient Monsieur Jean Paul
que quand vous vous faites photographier avec
le
drapeau tricolore autour du cou, moi je
pète un câble...
C'est ce qu'il y a de touchant en vous ,mais
là vous êtes sur la mauvaise pente
,il est fondamental de critiquer son propre
impérialisme ,de souhaiter la défaite
de son propre pays dans une guerre impérialiste
,pour mettre à bas le capitalisme ,bien
sûr je suis d'accord avec la Résistance
Ftp-moi ,mais à la libération
on a été trahi par les révisionnistes
,
De Gaulle +révisos= dictature
du K ,
Révisos au pouvoir seuls c'est
pire car = social fascisme ,
je vous ai fait une formule simplifiée
et simple à retenir ,pensez-y ,réfléchissez
.(...) - Dans la partie bourgeoise de ma famille
j'ai totalement rompu même si j'en souffre
affectivement d'être toujours exclu ,rejeté
.J'ai imposé chez ma mère par
exemple la présence d'ouvriers révolutionnaires
à table ,je disais à ceux des
plus fachos de ma propre famille qu'ils serviraient
d'engrais dans les communes populaires ,et que
s'il le faut c'est moi qui m'en chargerait ,il
y avait des hurlements à table ,on se
battait presque ,non je n'ai pas accepté
de piston à ces moments là pour
avoir un sort plus favorable ,mon père
ne l'aurait pas accepté ,il m'aurait
renié .
Alors quand vous dîtes ,que si vous aviez
tout arrêté ,que vous auriez eu
de votre parrain le voyage payé en Argentine
,avec un boulot dans leurs usines ,alors çà
fait mal ,très mal . (Malentendu:
comme je l'écris dans Rebelles,
cette proposition, sympa, tout de même,
je l'ai aimablement refusée,
j'ai choisi de poursuivre dans la clandestinité,
au risque de passer par la case prison,
ou pire, ce qui a fini par arriver.
Et personne ne m' a pistonné pour éviter
une condamnation à 15 mois ferme, suivie
par l'incendie criminel de mon domicile familial
dans la foulée, et la trahison de les
"gentils
camarades" du C.E. de la GP, à
ce moment. NB. JPC).
Il y a duplicité ,mieux valait encore
que çà ne continue pas avec cette
mentalité ,mais cela n'est qu'un aspect
,et je ne vous réduis pas à cela
,je cite les faits ,comment dire, je donne une
opinion ,mais en même temps je ne vous
juge pas ,je ne veux pas vous faire la leçon
,être votre directeur de conscience ,je
vous parle de ma souffrance c'est tout .Mais
elle est politique aussi cette souffrance quand
j'ai lu cela .
(...)Je n'avais pas ce filet de sécurité
que vous aviez et que vous osez ne pas cacher
,çà c'est bien et très
courageux .Et c'est peut être facile à
dire mais je n'en aurais pas voulu .J'aurais
eu honte pour ceux qui sont morts ,ont le plus
souffert .Votre héroisme ,votre courage
,cela aurait pu être votre futur capital
,nous empêchant d'émerger ,nous
,et ceux moins beaucoup moins privilégiés
que moi .Tant le niveau exigé était
élevé et ne pouvait convenir qu'aux
déclassés ,marginalisés
par rapport à la classe ou ceux qui pouvaient
avoir la double vie , "établis"
sachant que çà ne durerait
pas ,des charlots ,foutant la merde ,et laissant
tout le monde sur le carreau ...
Moi j'étais un pétochard ,un froussard
,j'avais toujours peur ,j'étais inquiet
(je suis un dépressif ,je crois depuis
mon enfance) ..Mais alors pourquoi, étant
ainsi ,on me demandait encore, bien qu'ayant
été arrêté ( j'ai
eu un non-lieu ,il y avait un camarade du Comité
de lutte Renault arrêté aussi ,un
jeune homme charmant et plein de sollicitude
et de délicatesse à mon égard
,me disant qu'il avait au moins été
déjà quarante fois choppé
par les flics),.,ma mère m'a dit que
le responsable de mon unité espérait
que je ne parle pas, bonjour le réconfort
pour ma mère...vivant avec ma grand mère
Non Monsieur Jean Paul je n'ai pas parlé
,et alors on m'a encore demandé de reparticiper
...Et j'ai recroisé le camarade de Renault
qui manifestement montait en responsabilité
dans la posture qu'il m'était permis
de le situer dans les actions .
Encore une fois je ne représente
rien ,assez nonchalant et rêveur ,ayant
surtout le désir d'aimer et d'être
aimé ,voulant du bonheur pour tous ,je
pense à la pancarte des O.S.à
Flins "le capital à
l'humanité" .Vraiment
je ne suis pas quelqu'un d'exemplaire ,et certainement
moi aussi j'ai pu blesser beaucoup de gens ;c'est
là le danger de viser à l'exemplarité
,il faut réfléchir aussi à
cette abnégation discrète des
gens ordinaires ,qui ne font pas parler d'eux
,mais sont émouvant ,de ce rayonnement
incisif qui nous interpelle de leur générosité
,de leur réconfort ,par ex en usine des
ouvriers immigrés africains faisaient
la planque pour que je puisse faire la sieste
dans l'atelier car c'était trop dur pour
moi ,j'étais crevé ,on commençait
à 6h30 ,j'étais hébété
de fatigue .Alors c'était un
immense réconfort physique et moral ,je
me sentais aimé et cela me faisait du
bien ,en rupture avec presque toute ma famille
,en rupture avec la société ,très
seul ,paumé.
Mon père avait la carte de séjour
,économiquement précaire du précaire
,il s'habillait aux Puces ,j'avais honte de
lui c'est pour çà que jamais je
n'aurais fait venir des camarades car il était
trop pauvre (mes parents étaient séparés
et socialement c'était la lutte de classe
;ma mère un milieu bourgeois aristo déclassé
,mon père artisan prolétarien
"ni dieu ,ni césar ,ni tribun..."
) ,un logement presque insalubre ,les wc sur
le palier ,pas de douches ,il allait aux douches
municipales ,la honte quoi quand on avait à
cotoyer ceux le haute qui se la jouaient prolo
comme dans un numéro de music hall...
Alors croyez bien que j'ai de la tristesse
,du chagrin ,pas d'amertume ,car la lumière
pour les humbles était là aussi
,dans ce soleil étrange et subtil ,qui
irradiait notre âme ,"la justice
viendrait sur nos pas, triomphant..."
,comme la multitude et l'abondance
là où on manque de tout ,un halo
d'espoir ,un mythe bienfaisant aussi ,de ce
catalyseur qui m'a fait grandir .
(...)Encore une fois trop petit bourgeois perdu
dans tout ce que je faisais ,je savais
que je n'arriverais pas à rester pour
toujours en usine, comme certains vrais établis
l'on fait comme par ex à la ciapem-Brandt
de Lyon . (...) Soyons clairs j'étais
un intermittent du militantisme ,trop petit
bourgeois décalé ,c'était
du ponctuel surtout ,je n'étais pas capable
d'être stable comme vous Monsieur Jean
Paul ,je n'ai pas été capable
de m'établir solidement en usine ,je
changeais souvent de boite ,et pour moi cela
finançait aussi mes études ,oui
Monsieur Jean Paul je n'avais pas mis tous mes
oeufs dans le même panier ,je ne me sentais
pas du niveau et j'avais beaucoup d'admiration
,de vénération pour ceux capable
d'être de véritables bochéviks
,mais je pense que la majorité de l'ensemble
de la classe ouvrière ,du monde du travail
n'en était pas capable ,c'est pourquoi
je suis si ébloui par ces ouvriers révolutionnaires
maoistes que j'ai croisés ,mon
père m'avait dit de ne pas le faire ,seuls
pour eux il avait le respect ,un respect anonyme
car mon père ne les connaissait pas ,ils
ne les connaissaient qu'à travers La
Cause du peuple.
Oui ce que je critique chez les autres je n'en
suis pas complètement indemne ,oui je
ne suis pas de votre niveau ,mais l'idée
de la mort je l'acceptais peu à peu ,pour
aller jusqu'au bout du sacrifice .
J'ai été dans la situation de
Pierre Overney ,lors de la reparution
en kiosque de la Cdp ,un camarade choppé
par les flics ,mis dans un car ,on
a voulu le libérer ,j'étais devant
,un flic a dégainé ,blanc de peur
,il me tenait en joue pour que je recule ou
arrête d'avancer ,j'ai donc eu affaire
à un flic et non un barbouze ,il
n'a pas tiré ,je n'ai rien dit ,je n'ai
pas bougé (...).Quand j'avançais
il tendait le bras , je le sentais sur la détente
,à 4/6m environ . Ensuite je n'ai pas
provoqué ,je n'ai pas été
assez con pour lui dire "vas-y tire"
pour moi je voyais çà
plus comme un fait divers et non politique si
j'étais mort ...
Et quand je pense à Pierrot et
que je me dis mais quel con pourquoi a-t-il
dit "vas y tire" au
barbouze , alors je change d'avis et
je me dis qu'il l'a dit pour nous tous,
pour dire "on ne pliera pas
sous les coups ,la misère ,la torture"
,qu'il l'a fait pour l'honneur de la classe
ouvrière ,pour l'honneur des prolos ,pour
l'honneur quelque part de l'humanité
,de la condition humaine ,pour dire "on
ne recule pas" ,pour dire
"je suis la voix des opprimés
,de la souffrance et de sa libération"
,comme des mots qui ne seront pas perdus ,pas
perdus pour qu'un jour on s'aime ,on s'aime
tous ,pour dire "je ne suis
pas un martyr que l'on vient cueillir ,pas une
victime mais je vais mourir debout ,debout en
combattant pour tous les exploités ,les
miséreux les humiliés"
,c'est là où moi qui ne sait pas
pleurer, mon père a pleuré pour
lui ,mon père a été acheté
des roses rouges ,il est allé à
l'enterrement ,comme moi mais chacun de son
côté .
Pierrot donc il est charismatique
(car en même temps il avait envie de tout
arrêter pour créer une école
je crois) .
Je ne savais pas qu'il y avait tous
ces repentis ,ceux qui se sont reniés
,je ne savais pas tout çà ,ceux
que vous dénoncez .Je suis ahuri .Abasourdi
.Et quand j'en ai vu à la télé
cet été j'ai compris ce que vous
dîtes d'eux .
Petits pas solubles et étranges
,petites merveilles de la conscience ,d'un côté
opaque puis de l'autre tellement touchant d'humanité
comme ces vitraux parfois de l'inconscient ,de
ces bulles spéculatives de la mémoire
,pastilles sous la langue si prospectives ,de
tous ces désirs de justice que la vie
n'a pas su encore rendre réels .Voilà
ce qu'a écrit avec sa vie seulement notre
Pierrot ,notre Pierrot que j'aime ,que j'adore
pour nous tous ,de ceux qui n'ont comme arme
que leur vie .
Mon père c'était plutôt
"dans son vieux pardessus rapé "
.
Alors comme j'ai été déçu
et choqué par le tout le plat qu'on a
fait autour de "L'établi"
,alors que s'ils avaient su qu'il
allait voir les chinois pour leur dire qu'il
ne fallait pas soutenir le 1968 alors qu'au
même moment ujcml ,plr ,révolution
culturelle ,communisme ,révolution ,tout
son bla bla bla ,il s'est bien foutu de notre
gueule avec sincérité peut être
mais n'empêche là je suis colère
,ce fameux écrivain qui pourtant m'a
tant apporté avec son livre génial
"Lénine ,les paysans
Taylor " .
(...) Mais moi-même suis-je
meilleur ,peut être pire ,je ne sais pas
.Suis-je meilleur que ce que je dénonce
, je ne le prétends pas en tout cas pas
toujours peut être , mais cela me fait
très mal .
Et çà me fait du bien
pour la première fois de l'écrire
,je me libère .
C'est pourtant avec joie et ferveur qu'au bout
de ma désespérance optimiste ,j'irai
encore et encore lire et relire
"Rebelles" dont
le ton et le contenu me plaisent sauf les attaques
personnelles et sur le physique (j'ai une pension
d'invalidité de l'armée ,une vraie
,ils appellent ça "blessure",
35 mois 6 opérations ,Hôpital
militaire Begin ,Val de Grâce ,invalide
,comme deuxième classe Monsieur Jean
Paul ,pas comme "colonel"
de la Cpm ou du comité exécutif...Sourire
)
J'ai aimé ce que vous avez su écrire
de touchant et si émouvant sur le martyre
d'Anne Franck .En Urss sous Staline on pouvait
avoir la nationité juive sur le passeport
,c'était reconnu ,ensuite il y a eu 300
juifs héros de l'union soviétique
,il y a eu 140 généraux juifs
.
Je suis conscient et critique
sur Staline, mais
il avait compris que la
seconde guerre mondiale arrivait, qu'il fallait
se dépêcher, c'était vital,
tout a été sacrifié à
cela ,c'est pourquoi il n'y en avait que pour
les cadres et les experts ,faire du stakanovisme
.
Il n'y avait pas de refuge
tactique ou stratégique pour les élucubrations
de Trosky ,pour la démocratie ouvrière
.Ainsi je pense que la classe
ouvrière a perdu le pouvoir dans les
années trente ,qu'elle ne controlait
plus rien à l'intérieur de ce
système qui demeurait non capitaliste
,mais là je ne sais plus ,je me perds
dans mes contradictions...Donc il fallait
tout le monde le doigt sur le couture du pantalon
.Et il y en a qui trahissait comme Toukhatchevsky
(cf archives soviétiques contact avant
la guerre état major front oriental et
Reich ,cf travaux Lacroix-Ritz) .
Merci pour vos quelques mots de compréhension
,de réconfort ,je suis très touché
,oui aimons la vie ,cette vie que nous n'avons
cependant pas choisie ,mais continuez votre
site j'en parle dans ma boite .
Il faut un laboratoire de recherche
économique et historique marxiste mais
complètement libre .Créer
une comptabilité prolétarienne
;créer un code pénal prolétarien
,créer un droit du travail prolétarien
,créer... Dans chaque boite une idée
de comment on ferait si c'était à
nous .Parfois le p"c" dit
des trucs interessants ,je suis heureux de vous
avoir offert ma matinée pour vous écrire
,je vais déjeuner maintenant .
Vous pouvez publier si je ne risque
rien ,en restant donc anonyme et en parlant
d'un "Henri" qui vous a écrit
.
Je suis très méfiant
car instable ,fragile ,obssessionnel ,diminué
,J'ai toujours peur ,peur de ce que je fais
,de ce que je dis ,de ce qui m'arrive ,tout
m'est un problème ,c'est un miracle si
je suis encore salarié ,seulement parce
que je suis protégé ,soutenu par
d'autres salariés fussent-ils Monsieur
XX... de Lutte ouvrière et j'ai de l'amour
et la tendresse pour eux ,même si ils
ne comprennent rien à ce que je dis souvent
,ils ont une position de classe et je ne vois
rien d'autre autour de moi ,ce sont le seuls
qui parlent des Sans papiers...
Sachons être indulgents
pour les êtres ,promouvons des débats
sans atmosphère meurtrière ,c'est
une affaire au long cours que le communisme
,nous sommes dans la "préhistoire
de l'humanité" ,nos
imperfections sont aussi notre humanité
,ce murmure comme un balbutiemment de s'éteindra
pas...
Je suis admiratif pour votre
énergie et votre militantisme en général
,j'en suis incapable ,je fais seulement les
grèves parfois et manifs salariales ,celle
du 29.01 si les syndicats ne trahissent pas
trop...On a fait une grève avec occupation
,le directeur a été "retenu"
,obligé de s'expliquer devant les masses
en AG ,obligé d'entendre ce qui lui était
reproché ,et c'était grâce
à LO et la CGT de la boite ,on était
prêts à l'affrontement avec les
flics il y a quelques années ,mais pas
il y a si longtemps, ,aujourd'hui cela semble
impossible et pourtant demain qui sait...
En 1964 à Creil grève sur la plus
grosse boite ,courant à 400 000 volts
dans les clotures d'enceinte ,les flics n'ont
pas osé prendre l'usine ...
Bien à vous ,bonne année
,ainsi qu'à votre petite équipe
,vos proches (...)
H.
Suite
Encore merci, donc, si nous nous
sommes bien compris,je publie tes deux lettres,
signées “Henri”, assorties
de brefs commentaires, constructifs, dans
l”espoir que d’autres s’y
mettent.
Fraternellement
"Le colonel"
Relance
Toujours d'accord pour la publication
,mais je ne vous écris pas dans ce but
.C'est une concession que je vous fais .
Aussi prenez soin d'épurer ,de choisir
,notamment me semble-t-il ,le passage où
je fais lire (...) le livre de Morgan ,pour
par ricochet faire lire le votre
"Rebelles"
et surtout votre site ,
(...) mais je vous laisse faire pour le mieux
.
J'espère si vous en avez le temps que
vous me répondrez .Ma correspondance
est avant tout personnelle .Et vous est destinée
a-priori à vous seul .Aussi pour l'avenir
prenez toujours la peine de me demander si j'autorise
la publication .
Comment prenez-vous donc ce que je vous ai écrit
,certainement avez-vous des choses à
dire ,des critiques aussi .
J'ai lu le livre "Les maoistes" (de
Christophe Bourseiller NDLR) assez bien fait
(C'est vrai NDLR).
A votre avis la propagande usine
Gp a pu être connu de combien d'ouvriers
?En voyant cela sur un espace d'un an .Combien
d'ouvriers ont pu être organisés
dans la Gp de façon stable c'est à
dire sur un an ,avez-vous une idée ?
De la même façon un travail a-t-il
été fait sur l'histoire de l'Uncla
(Union nationale des Comités de Lutte.
NDLR);combien d'usines où
il y avait une présence ,et là
aussi combien d'ouvriers ,pas d'établis
,s'y sont organisés de façon stable
.
Dans un pays impérialiste,en
temps normal , seule une infime minorité
peut être communiste .Y compris dans la
classe ouvrière .Mais des possibilités
énormes existent d'influence, et beaucoup
donc peuvent être influencés .
Le NPA est une initiative politique
interessante par les temps qui courent sorte
de PS-bis radicalisé avec en moins le
sérieux de LO...Ils veulent
eux aussi s'auto dissoudre ,ils ont du aller
à la cave chercher les archives de la
Gp après le "27 MAI"
,mais là où ils peuvent
être dangereux c'est s'ils font croire
qu'ils sont communistes car ils désarmeront
idéologiquement tout en développant
toutes les contradictions ,et ce sera
le massacre ,car ce sont une composante du révisionisme...Besancenot
parle maintenant de "la loi du nombre"
pour éviter ou contourner la Révolution
,l'affrontement frontal avec la bourgeoisie
,son état ,son armée ,ses barbouzes
,et là ce serait suicidaire ,n'oublions
pas l'Espagne ,l'Indonésie ,le Chili
.
A ce sujet mon père était
fou de rage pour le Chili ,il m'a dit textuellement
le jour du coup d'état ,"le
criminel c'est Allende car il n'a pas armé
les ouvriers .Pinochet c'est normal il fallait
s'y attendre ". C'est là
où les réformistes et révisionnistes
sont un véritable poison ,une sorte "sida
mental" qui offre
le ticket gratuit pour les fosses communes .
Mon père m'a parlé de ses contacts
avec des officiers soviétiques
en Espagne ,me disant qu'ils essayaient
de mettre de l'ordre car il y avait un bordel
énorme là-dessus il était
critique sur les anarchistes jouant les seigneurs
,les grandes phrases ,mais fous de courage ,d'héroisme
.
Mais je n'ai jamais pu avoir une conversation
politique avec lui en profondeur sur la guerre
d'espagne ,le poum ,le pc etc mutisme total
.
D'aiileurs c'est un autre sujet mais l'image
du père est dangereuse en politique ,on
se fait mysthifier ,l'image fantasmée
nous instrumentalise .
Mon père par ailleurs s'est
peu occupé de moi (...) car d'une certaine
façon "il a préféré
la misère" au salariat ouvrier
qu'il avait quitté ,"tout sauf
l'usine" .Ce faisant dans mon côté
décentré et foldingue ,il y a
mes lacunes affectives et éducatives
,et je sais et j'ai vu que nous étions
à la galaxie Gp beaucoup ainsi ,il faut
le dire secrètement si j'ose dire ,c'est
une composante de la vérité
,de ce que je suis dans ce que je suis de plus
misérable ,raté ,une composante
sur la violence parfois dévoyée
,un lieu aussi de recyclage des névroses
etc Et là danger ,et là je me
dis parfois la vie m'a amené là
,est venue me chercher dans ce que j'avais aussi
de taré ,de misère mentale et
affective ,comme Ceaucescu faisait aller chercher
les enfants dans les orphelinats pour les former
comme agents de la "Securitate"
,c'est le versant noir ,il n'occupe
pas tout l'espace ,mais il exista me semble
-t-il (Mais cela n'enlève
rien à la légitimité du
combat ,à sa beauté ,au fait que
le mouvement global était juste ,qu'il
fallait continuer et non liquider ,rectfier
comme vous tentiez de le faire).Et
il faut avoir le courage de le dire ,je ne le
dis que pour moi ,c'est tellement intime et
obscur aussi .Ce qui est pourri c'est de ne
mettre que cela en exergue pour liquider le
mvt ,la révolution ,le communisme .(...)
Le prolétariat
se développe à l'échelle
mondiale ,n'a jamais été si nombreux
,c'est notre nouveau continent .J'aimais
bien le personnage de Kostas Mavrakis
assez fantasque aussi ,dans ses grandes virées
lyriques .
Et j'ai bien peur que le NPA mène à
çà cf Chili ;npa-nrp version Rolin
,tous ensemble ,tous ensemble ,et tous dans
la merde eux réfugiés politique
aux Maldives et nous balancés des hélicoptères...
(...)
Bonne soirée je vais diner
H.
Réponse
(...)
Nombreuses questions, toutes pertinentes, dans
leurs contradictions et leurs nuances.
Nous avons touché, influencé,
mobilisé, des dizaines de millers d’ouvriers.
Organisé, très peu. L’UNCLA
a été un échec,
“gonflé” par
Benny Levy, Clodic et cie.
Il est vrai que la Gp, venant
“trop vite, trop tôt, trop fort”,
a aspiré une frange très mince
de “francs-tireurs”,
tous un peu des marginaux, des déstabilisés,
des “égarés”
à leur façon - dont moi-même,
"fils de bourge" et orphelin
d’un héros, “outcast”
pour toujours.
Jean-Charles
Marchiani m’a
dit un jour que les premiers à rejoindre
De Gaulle à Londres, c’était
pareil. Tous des “cas”.
C’est logique. C’est la vie.
Je vais dormir. A+
(A suivre.
Que d'autres apportent
leur pierre.)
|
De : Imbongi <Imbongi@wanadoo.fr>
Date : Tue, 16 Dec 2008 13:44:28
+0100
À : <contact@vendredi.info>
Conversation : JP Cruse pour Ph Cohen, urgent
TTU
" Mon cher Philippe,
J’ai été bien surpris de
lire le texte titré “Zemmour
est-il de race blanche?”, dans
ton intéressant journal – sans
commentaire particulier.
Je vais écrire là-dessus.
Si tu es intéressé, je te communique
mon texte avant mise en ligne sur Le Monde Réel
http://www.lemondereel.fr,
dont l’edito d’aujourd’hui
“Nous sommes tous des lanceurs
de chaussures irakiens” mérite,
à mon humble avis, d’être
lu jusqu’à la fin, signalé
et commenté. As-tu une adresse électronique
personnelle, et un numéro de portable?
Amicalement
JP Cruse
0660630856
|
|
|
| |
REBELLES
- V -
Nantes-Saint- Nazaire: première
base d'appui ouvriers-paysans
 |
Charles
Pellerin, de Mésanger (région
d'Ancenis, Loire-Atlantique). Ce petit fermier
pauvre, sauvé de la ruine et de l'exode
vers l'usine par une importante mobilisation
des "Paysans-Travailleurs" de
Loire-Atlantique, sous l'impulsion de Jean Cadiot,
son voisin, un "paysan moyen",
modernisé, conscient de l'importance
de l'élargissement de la contestation
rurale aux couches de la paysannerie la plus
misérable, reste le symbole, presque
unique, du succès de cette politique
"de classe" à la campagne,
appuyée de toute leur énergie
par les "Maos", avant comme
après la dislocation officielle de la
"Gauche prolétarienne"
- qui rendit tout de même les choses
plus difficiles ... |
1.
Dans la prison de Nantes....
Mars 1973. La lourde porte de fer à
vantaux de la maison d'arrêt de Nantes se referme
derrière mon dos.
J'ai bien aimé l'endroit. Sans rire...
J'ai aimé la prison de Nantes, oui: dans l'intense
poésie de la vie d'un premier passage par la
case "cabane", pour un jeune homme de 25
ans engagé de tout son âme dans l'action
politique, confiant dans son étoile et conscient
d'avoir fait de premiers pas au moins dans la bonne
voie...
Pour la plupart d'entre nous - des "colonels"
- l' éventualité d'une incarcération
était inscrite au programme des réjouissances,
dès l'origine. Nous prenions de vrais risques,
et nous le savions.
C'est le lot des francs-tireurs, qui vont à
la surprise, au-delà des lignes; des défricheurs;
de ceux qui ont à peine le temps de "connaître
le goût de la pomme", en la transformant,
et donc, en la croquant (Mao) - avant de "déguster"...
Pour les plus lucides d'entre nous - qui étaient
souvent les plus "gonflés" - la prison
était plus qu'une une hypothèse de travail:un
passage obligé.
Nous faisions notre possible pour l'éviter.
Nous étions très prudents - dans notre
genre...Mais il serait risible de croire - et pas
un ne le pensait - qu'on peut aller "au sein
des masses" mobiliser les gens pour des "actions
directes" tout de même piquantes, ouvertement
orientées vers des "soulèvements
populaires", dans la perspective de "la
lutte armée", sans qu'on nous propulse
dans les pattes une foultitude d'indics et de mouchards
de tout calibre, de tout niveau, de toute espèce,
et de toute origine.
Une "solution" permet d'éviter ce
risque: se limiter à une "action"
verbale, dans le respect d'une "légalité
bourgeoise" - condamnée, pour le principe,
mais respectée, dans les faits. On se trouve
infiltré, tout de même - le gauchisme
légal des révolutionnaires en chambre
l'a été, plus que nous. Mais on ne va
pas en prison, ou pas tout de suite. Dans ce cas,
le travail de la police se limite à la constitution
de fichiers, puis à leur entretien, soigneux.
Ils ne seront utiles que le jour, s'il survient, où
un pathos verbal "Rrrévolutionnaire"
se transforme en danger véritable. Alors, bien
informé, le pouvoir peut frapper, sec, et par
surprise.
Bon ou mauvais, qu'on en discute, notre raisonnement
était tout autre.
Nous ne nous interdisions pas de flairer les "mouches
à merde". Leur puanteur est quelquefois
très grande. Mais nous nous n'agitions pas
les bras dans tous les sens, pour tenter de les claquer
en vol. Elles seraient aussitot remplacés par
d'autres...
Mieux valait les discerner, certes - mais en se contentant,
sauf cas exceptionnels, de les tenir à distance
des vrais centres de décision. Evidemment,
ce n'est pas toujours facile.
Conscients, donc, de nos faiblesses, et du peu de
chances qui nous étaient données de
l'éviter, nous étions prêts, à
tout moment, à l'épreuve de la prison.
Nous n'en avions pas peur.
Nos soucis se portaient plutôt sur la torture
- encore peu développée, mais faisant
plus, déjà, que se profiler.
Selon les spécialistes basques d'ETA, crédibles,
la seule protection, relative, contre cette menace-là
est de se donner, tôt, les moyens d'abattre,
un par un, les premiers tortionnaires - c'est ce que
les Etarras maos ont fait eux-mêmes, mais quel
travail...
Comme le confirment les meilleurs spécialistes
français de l'anti-terrorisme, dans le sud-ouest,
au cours des années 1970, les groupes spécialisés
surveillant ETA de notre côté des Pyrénées
s'interdisaient rigoureusement certaines tentations.
"Avec des branquignols style GARI, Action Directe,
"Momo Le Belge", etc, soulever le gus, et
l'emmener faire une petite promenade dans la montagne,
ou lui faire le coup du bar des "Trois Canards",
au troisième niveau souterrain, caché,
d'une série de caves en sous-sol, ou dans le
réseau des catacombes, et des égouts,
on ne s'en privait pas...Après?...La torture?
Evitons les grand mots...Le mec - ou la fille - une
fois déséquilibré, déstabilisé,
bien paniqué, même la première
paire de gifles n'était pas toujours nécessaire...Ils
s' "allongeaient", tout seuls...Avec ETA,
Duran (un expert des RG) nous avait mis en garde..."On
ne fait pas joujou. Pas touche!"...
Même de ce côté de la frontière,
les basques d'Euzkadi avaient fait un travail préventif,
extraordinaire...
Ils avaient les coordonnées complètes
de fonctionnaires de très haut niveau, de gens
de la pénombre, contrôleurs généraux,
militaires même, sans oublier certains politiques
concernés par le sujet...Les noms, les petites
habitudes, les maîtresses, les amants, les enfants,
le chemin de l'école et celui du bar à
putes, ou à travelos, tout...
Comme ils ne sont pas idiots, et savent que nous ne
le sommes pas, ils s'étaient arrangés
pour qu'on sache à peu près ce qu'ils
savaient, et qu'on voie que c'était du sérieux,
du solide...Au moindre écart, boum boum...
Du coup, je ne dis pas qu'on n'en ait jamais eu l'envie,
la tentation...Que celui qui n'a jamais péché
nous jette la première pierre...Mais on n'en
a jamais emmené un seul "faire un petit
tour dans la montagne"...Pas un seul!...Ni "à
la cave"...Nous connaissions les conséquences,
les règles, et les limites..."
Ce forme de "guerre préemptive",
toute dans un art de dissuasion, subtil, qu' ETA menait
sans doute aussi, mais c'est une autre paire de manches,
de l'autre côté de la montagne, au sud
de la frontière, et dont les services de renseignement
palestiniens du Fatah, après les vietnamiens,
et d'autres, ont bien dû étudier la configuration,
chacun dans sa situation particulière, il aurait
bien fallu que, le moment venu, les maos, à
leur tour, s'y collent.
La question reste posée, pour la génération
d'après...
Enfin, nous n'en étions pas là.
La torture commençait à entrer dans
notre paysage, avec quelques cas, rares mais épouvantables
- "ti Jo", à Puteaux, les violées
d'Issy, et quelques autres...La chose était
dans l'horizon, quelque part, point. C'était
un risque. Pas le plus fréquent, pas le plus
probable, mais bien là...
La prison, c'était autre chose. En tant que
telle, ce n'était pas une obsession. Le séjour,
le moment venu, s'en trouvait, du coup, dans notre
esprit , presque "amorti" d'avance. Surtout
s'il n'était pas trop long...
Chanter
C'est aussi pour sa chanson, "Dans
la prison de Nantes", que j'ai
aimé les vieilles cellules "pourraves"
de cette résidence austère, et son ambiance.
Moi qui chante beaucoup, dans la vie, dans ma tête,
à la barre d'un voilier, ou la nuit, dans mes
rêves, et même dans la rue, en marchant,
j'avais toujours aimé en fredonner la version
première, très pure, très belle,
et très dansante. Surtout la "chute",
sur l'évadé qui, pour s'en aller enfin
"baiser", au sens
premier du terme (une bise) "la fille
du geôlier" devenue la Belle
de ses Rêves - et la clé de sa cellule
- "dans la Loire a sauté,
dans la Loire a sauté..."
- moi qui en ai connu le goût, saumâtre,
les tourbillons, mortels, et la couleur, innommable,
de cette Loire où, sans l'avoir cherché,
il m'a fallu nager, un jour de poisse dans un mauvais
couloir de vent, après un empannage en Finn,
dérive mal arrimée, entre les docks
pourris des chantiers navals Dubigeon - aujourd'hui
liquidés... - et le Quai de la Fosse, avec
ses bars, et la brune Paulette à la courte
"mini" jaune et aux seins fiers,
l'amie, disait-il, de Stokas, un compagnon de cellule...
A l'atelier du paillage des chaises de la maison d'arrêt
de Nantes, donc, j'ai aimé les jeunes gitans
rieurs à l'œil fier - qui m'y ont enseigné,
parmi bien d'autres choses précieuses, les
rudiments de ce métier, traditionnel chez eux...
"Paillant" à une allure record, ils
trouvaient le moyen de dégager un "temps
de flânerie" (Taylor) pour confectionner,
de leurs mains habiles à tous les forfaits,
sans exception aucune, et tous les crimes, des guitares
faites de morceaux de contreplaqué, volés,
seul le Dieu des manouches sait où - en tout
cas quelque part à l'intérieur de la
prison.
Ils parvenaient à les découper en arrondis
parfaits. Ils collaient le tout, je préfère
ne pas savoir avec quoi...Enfin, ils y tendaient des
bouts de fil de fer très fin, en guise de "cordes"...
C'est au son de ces instruments que nous avons, ensemble,
mais vraiment ensemble, écrit notre moderne
version de "La prison de Nantes"...Il y
était question d'un aumônier, pas très
catholique. Ce saint Mollah de l'Eglise Romaine avait
cru de sa mission d'aller témoigner, à
charge, aux Assises. Violant gaillardement mille ans
de tradition des Pères, et le secret de la
confession, il s'était répandu, à
la barre, après avoir juré, sur les
invérifiables aveux faits sous le sceau de
la foi, et de la confidence, par un truand gitan,
donc chrétien, d'une grande famille du peuple
des caravanes, très crainte...L'homme risquait
sa tête, aux "Assiettes" (la Cour
d'Assises). Avec "Bébé", son
compagnon, on l'accusait d'avoir salement torturé
un vieux campagnard vendéen, dans la pure tradition
des "chauffeurs" (de pieds, dans les braises
brûlantes de l'âtre...).
"Café manouche"
Entre deux couplets, écrits, corrigés,
discutés, retravaillés, dans un atelier
devenu d'écriture, nous sirotions l'infect
breuvage brun-noir, très fort, à base
de sucre caramélisé dans de l'eau bouillante
qu'ils appelaient "café manouche".
Ils faisaient cuire fièrement leur infecte
mixture dans des quarts de métal posés,
direct, sur le très vieux poële à
charbon, brûlant, censé assurer le chauffage
intégral de l' unité de paillage de
chassis, près du grand tas de paille de jonc,
en vrac, dans le coin, où nous tentions de
bloquer, sept sur lui, en y mettant le paquet, les
ruades d'épileptiques de notre copain Clemente
- un jeune "voyageur", lui aussi, trapu
et fort comme un taureau, malgré une hanche
traînante. Bave aux lèvres, grognant,
agité de tremblements terribles, le malheureux
garçon s'acharnait, avec la force extraordinaire
que donne cette pathologie...Il n'avait qu'une idée:
se projeter de toute sa violence, explosive, déjà,
en temps normal, contre le mur, tête en avant...
Aucun de nous ne voulait prendre le risque - pour
lui...- de le "sécher", dans l'état
où il était, d'un atémi à
la tempe, à la gorge, à la nuque, à
la carotide, ou sur les testicules...
Oui, je l'ai aimée, cette prison de Nantes,
avec ces merveilleux compagnons, dont Stokas, le Grec
de la Paulette du quai, au superbe visage émacié
d'icône mangé par les poils irréguliers
d'une maigre barbe noire de demi-quart de "julot
casse-croûte" (tout petit proxénète
de base, rémunéré au sandwich)
qu'il était.
Un jour qu'il me demandait, pour la cent-soixante
quinzième fois, si, avec toutes les "copines"
que nous devions avoir, à l'extérieur
- des militantes ouvertes, il en était sûr
d'avance, à tout contact en profondeur avec
le peuple, fût-il celui des tombeurs de "bouchonneuses"
en rade...- je ne pouvais pas lui fournir quelque
adresse de correspondante, je lui avais avais donné
celle de ma grand-mère Cruse, née De
Luze, au château de Rivière, à
Bordeaux...
Femme pleine de bonté, et pétillante
d'humour, elle avait été ravie de recevoir
la lettre pleine de charme de ce grand coquin de Yannis.
Il avait eu la belle idée d' agrémenter
l'envoi du superbe dessin d'une vieille dame, pour
lui, imaginaire, aux cheveux gris-bleuté joliment
bouclés, qu'il avait passé un temps
fou à coucher sur un mauvais papier quadrillé...
Elle lui avait envoyé, en retour et sans attendre,
une belle lettre, du même ton digne, pince-sans-rire,
mais respectueux, et à juste distance, qu'elle
avait mis à répondre au courrier de
son petit-fils.
Auteur d'une épître soignée commençant
par"Chère Grand-Mamie", j'y feignais
de me réjouir de l'arrivée prochaine,
dans une cellule voisine, du "cher cousin Lionel".
Nous avons tous le même humour, dans la famille,
ma sœur l'a, un de mes fils aussi, ma petite
fille Leïla, et notre père, paraît-il,
était pareil..., car ce bon Lionel, indirectement
au moins compromis alors, à tort ou à
raison, dans l'énorme "scandale de vins
de Bordeaux", qui, sur fond de guerre Giscard-Chaban
(candidat de la modernité pro-américaine
et post-gaulliste contre "le plus jeune général
de la résistance", devenu le "parrain"
des Cruse des Chartrons, après avoir été,
c'est un fait, leur obligé), devait mettre
au tapis, pour le compte, la principale maison de
négoce de grands vins de la place...
"Riche comme un Cruse, et con comme un Bl..."
(censuré), disait-on, jusqu'à ce jour
maudit - à voix basse...
On cessa de le dire quand mon grand oncle, homme d'honneur
déçu par la conduite de son fils, alla
se jeter du plus haut pont sur la Garonne, mettant
un point final, digne et sans commentaire, à
une campagne infecte.
Les plus grands crus sont nuancés, "équilibrés",
dopés, en sucre, ou en alcool; je le sais,
comme tout le monde à Bordeaux, moi qui n'ai
jamais voulu devenir, dans ces matières, un
spécialiste; ils l'ont toujours été.
Ce "métissage" qui parfait les très
grands vins a toujours existé. Il existera
toujours. C'est un de ces secrets de métier
qu'ici jamais personne ne pourra "tayloriser"...Il
rend meilleurs les tout meilleurs. A fines doses,
il n'a rien de scandaleux.
- "Un mao, si j'en trouve un, je le pends !"
-"Alors là, ça tombe bien... On
s'y colle?"
C'est dans cette antique et charmante
prison de Nantes, enfin - aujourd'hui remplacée
par une sorte de Fleury-Mérogis en béton
froid, donnant sur la bretelle d'accès d'un
sinistre boulevard - que le sort m'a donné
l'occasion de faire le bon choix, dans une de ces
circonstances, pas si fréquentes dans une vie
d'homme, fût-il homme d'aventures, où
se tromper peut faire tomber, très vite, le
point final.
C'était le jour de mon arrivée.
J'avais été transféré
de Lille en train, menottes tirées en laisse
par une paire de gendarmes plus mal à l'aise
que moi, dans la foule, à la correspondance,
gare du nord.
Je gardais la tête haute, regard fixé
sur l'horizon, comme les cavaliers d'une revue militaire,
ou matant sans vergogne les jeunes filles, troublées,
évidemment, par le spectacle...
Les pandores avaient, eux, la queue basse.
Nous venions de la Maison d'Arrêt de Loos, où
j'avais été incarcéré,
d'abord, à la sortie des locaux de la P.J.
régionale, après une première
arrestation dans un petit café prolo de la
banlieue de Roubaix, un peu trop proche de la frontière
- où la N.R.P. m'avait envoyé pour une
vague mission de repérage de je ne sais plus
quoi, sans doute utile à quelque chose...
Bref, arrivé à l'accueil maton de Nantes,
menottes enlevées, fouille faite - "à
poil, tourne-toi, baisse-toi, et tousse..."-
et mon petit carton d' "effets personnels"
dans les bras, les casquettes plates m'avaient préparé
une surprise. Ils ouvrent la porte de "ma"
cellule...Il y en a du monde là-dedans...Six
ou sept, plutôt larges d'épaules, avec
des gueules de "polar" noir, pour
quatre places maxi...Je fais un demi-pas, je regarde
- cherchant un coin d'étagère où
poser mon carton sans empiéter en territoire
ennemi...
Mais mon attention est alors attirée par la
fin d'une conversation, entamée, aux barreaux
de la fenêtre, "par le plus grand des
hasards", sans doute - à l'instant
où la clef tournait dans la porte...
"Moi, les Maos, dit l'un - un quadra
vif et sec à barbiche noire genre mousquetaire
du Roy - si j'en trouve un, je le pends, sans
discuter...". L'autre compère s'apprête
sans doute à lancer sa répartie...
Dans ces cas-là, c'est ma chance, mon cerveau
va très vite, dans le calme le plus absolu.
"Cobra glacial"...Immobile,
toujours, respiration lente et basse, bras bien détendus,
corps souple, au fond, près de la porte déjà
re-verrouillée, sans élever la voix
de façon trop provocante, mais sans la faire
trop douce, non plus, et en le regardant bien dans
les yeux, mais avec l'ombre d'un sourire, tout en
posant le carton négligemment, n'importe où:
"Ben ça tombe bien...J'en suis...Si
tu veux, on commence tout de suite..."
Nous sommes devenus les meilleurs copains du monde.
Il s'appelait Khider. Poursuivi pour escroquerie,
c'était un ancien légionnaire, passé
par l'OAS. Une vilaine blessure de guerre le faisait
légèrement claudiquer quand nous tournions,
ensemble, dans la petite cour, au milieu des hurlements
suscités par d'incessantes rixes, ou par les
parties de foot utilisant, comme ballon, de vieilles
chaussettes nouées serré autour de débris
de matelas en mousse, arrachés...
La mousse de ces matelas morflait. Pas seulement pour
le foot.
Une des innombrables techniques utilisées,
là-bas, pour se branler, consistait - je l'ai
vu, de mes yeux vu, même si je n'ai pas eu le
goût de le tester - à creuser un trou
dans la mousse, au bon endroit, et à y insérer
des morceaux de viande, hachée, de préférence.
Les amateurs trouvaient, disaient-ils, une certaine
satisfaction à introduire, là - à
la mongole... - leur bite raidie par une trop longue
frustration, ou de lointains souvenirs...
D'autres, très inventifs aussi, mais aux fantasmes
plus "métal hard" que "viande
tiède", plaçaient, pour les
"violer" des élastiques
épais, en double, dans le diamètre d'une
canette cylindrique - bière sans alcool, coca,
tous les goûts sont dans la nature...
Avec mon nouvel ami Khider, en tournant, nous parlions
rarement de sexe, et plus souvent de politique.
N'ayant jamais eu le goût du prêche, je
le laissais venir...Finalement, les maos, maintenant,
il était plutôt pour..."Mais
tu as eu bien raison, me dit-il un jour, de
répondre comme tu l'as fait, le jour de ton
arrivée dans la cellule, et de notre petit
"scénar"...
Si tu t'étais "couché",
tu étais classé. Cuit. Ceux qui finissent
par se faire enculer, et plusieurs fois par jour en
plus, par chacun à son tour, comme au bordel,
parce qu'ils ont refusé, ou saboté,
la corvée qu'alors on leur impose, mal balayé
les chiottes, mal lavé la vaisselle, ou refusé
de cantiner "spontanément"
pour la "collectivité", comme
on le leur demande gentiment, mais avec insistance,
ce sont ceux qui s'écrasent, le premier jour,
au premier test, même au premier regard...
Mais si tu avais fait plus fort, tu avais tort, encore...
Trop faraud, on s'y serait mis tous, et tu aurais
pris la branlée de ta vie, pour commencer...
Non, là, bravo, tu l'as jouée fine...Juste
ce qu'il fallait".
- C'était un homme intelligent, qui avait survécu
à des épreuves plus difficiles...
Merci Khider, si tu es encore de ce monde, ce qui
est possible, si tu te souviens de mon nom, ce qui
est probable, et si tu me lis, Inch Allah!...
Tu m'as aidé à tenir, et beaucoup appris
de la vie...
L'attentat - les traîtres...
Apprendre à lire les "signaux faibles"...
J'avais aimé l'endroit, j'en termine, un moment...
Mais là, mars 1973, il y avait du neuf.
Raymond était venu me cueillir à la
porte, à sept heures tapantes - sachant que
j'y prenais, chaque matin, la mobylette, pour faire,
protégé le mieux possible contre la
pluie lassante de la Basse-Loire, les quinze kilomètres
nous séparant de Couëron, bourgade ouvrière
aux fortes traditions de lutte, connue pour sa haute
"tour au plomb" où, tombant
goutte à goutte, le métal chauffé
à blanc finissait en balles de fusil...C'est
là que l'excellent Prosper Menet m'employait
comme aide-vacher. Ce syndicaliste de choc et militant
catholique, ou le contraire, était l'ami et
le voisin des frères Blineau, les "paysans
rouges" aux cheveux roux qui m'avaient "dégotté"
cet emploi d'ouvrier agricole en semi-liberté.
Ancien taulard lui-même, "réinséré
" dans le dur et beau métier de conducteur
d'engins de travaux publics, et marié, alors,
avec Jacqueline, une éducatrice du centre de
jeunes délinquants de La Tournière,
géré par Pierre Grellier, un curé
proche des ouvriers maos de la métallurgie
nantaise, Raymond, avec sa tignasse blonde sa courte
moustache taillée bien au carré, du
même parti, et ses petits pantalons fins de
voyou, bien "moule-couilles", avait
apporté sa faconde, son bon sens, une énergie
inépuisable, et beaucoup de chaleur aussi -
il en manquait, parfois - au groupe de militants de
la G.P. nantaise auquel, petit à petit, il
était venu s'intégrer.
Nous étions devenus de vrais amis. Nous le
sommes.
Je m'étonnai, tout de même, de sa présence
matinale, aux portes d'un établissement qui,
de plus, ne pouvait lui rappeler que les mauvais souvenirs
d'une "autre vie" qu'il avait eu
la volonté d'oublier, et la force de larguer...
"Ça va Raymond? - "Comme un lundi,
et toi? - On fait aller... - Alors, accroche-toi...
Je viens te prévenir d'un truc... Il y a eu
un petit problème chez toi, enfin, chez Danielle
et le gamin...Rien de grave, mais..."
- Rien de grave, en effet. Les enfoirés qui
s'étaient introduits dans le petit studio modeste,
en rez-de-chaussée, du quartier populaire du
centre de Nantes, pas loin de Chantenay, où
elle pouponnait, un peu tristotte, notre premier fils
Julien, alors âgé d'à peine 4
mois, avaient eu la correction de vérifier,
du moins, je préfère l'imaginer, après
avoir brisé la porte, et avant d'y balancer
une bouteille incendiaire, qu'elle était sortie
faire des courses, avec le gosse.
Elle l'emmenait partout, bien obligée, dans
un couffin - jusqu'à la visite, au parloir,
où le Popa du tout-petit Julien lui
faisait areu areu derrière les doubles
vitres répugnantes de crasse de l'hygiaphone...
Ces ordures, que, jusqu'à mon tout dernier
souffle, et il m'en reste, je ne renoncerai jamais
à retrouver, avaient sans doute vérifié
qu'ils ne faisaient qu'incendier, en son absence,
l'appartement, vide, d'une femme de prisonnier politique,
mère d'un nouveau-né... Sans doute...Enfin,
supposons-le...
Le fait est que la maman comme le bébé
étaient sortis.
Mais s'ils avaient mal regardé...Et si le petit
Jésus avait été là, dans
sa crèche, dormant, caché sous une couverture...
Nous n'avons pas eu l'occasion d'en parler avec ces
trous-du-cul - et surtout de le leur faire payer,
puisque, je l'ai écrit, les comptes, pour moi,
ça se règle - ou on est une sous-merde...Vrai
avec les voyous, comme en politique...
Mais l'urgence n'avait pas été, alors,
de découvrir qui avait ainsi salué la
toute récente sortie en semi-liberté
du "chef de la Gauche prolétarienne
de Nantes-Saint-Nazaire", mais plutôt
d'organiser, Danielle de chez Jacqueline et Raymond,
où elle avait trouvé refuge et réconfort,
moi depuis la ferme de Couëron, le jour, entre
deux fournées d'ensilage et deux coups de rouge
au cul de la barrique, et de ma cellule, le soir,
par messages, une manifestation visant la mairie de
Nantes.
L'objectif étant d' obtenir un relogement en
HLM de la Maman (très) "mal logée",
et de notre petit gosse à la rue, comme elle
- et d'inventer ainsi une forme concrète de
riposte à l'attentat...
Plus de trente ans sont passés là-dessus...Nous
n'avons jamais pu savoir qui avait fait ça,
et pourquoi...Un traitement peu banal, même
dans les conditions, un peu cow-boy, de l'époque...
- Une équipe de
colleurs d'affiches, plus bourrée que la moyenne,
en fin de course (c'était le dimanche des élections
législatives de 1973, au matin)?
- Des flics d'extrême-droite furieux de la semi-liberté?
- Des amis, fascistes, du proviseur du Lycée
Clémenceau, le grand lycée de Nantes,
dont nous avions incendié la 504 Peugeot en
septembre 1970, et que les lycéens, manquant,
il est vrai, souvent du sens de la nuance, considéraient
lui-même comme "un facho d'Occident"?
- Des fascistes, espagnols, proches du consulat franquiste,
dont j'avais aussi personnellement organisé
et conduit l'attaque par un commando à mobylette
frappant sans même descendre des engins - une
première, dont, amateur d'innovations, je revendique
le brevet...
Nous avions eu recours, pour l'occasion, à
des mini-cocktails-molotov, maniables et faciles à
transporter, soigneusement fabriqués de mes
blanches mains de spécialiste dans des canettes
de bière. C'était en 1970 comme la 504
de Clémenceau (septembre), mais en décembre
cette fois (Procès de Burgos). L'endroit était
sur un boulevard peu éloigné de l'appartement
où allaient emménager Danielle, et le
petit Julien...
Impossible de savoir, non plus, pourquoi les "copains
de Nantes" avaient alors soudainement explosé
en deux clans:
- Les uns - majoritaires, heureusement - manifestant
chaudement leur sympathie à Danielle, et au
petit, passaient me voir à la ferme...
- Les autres - surtout l'ouvrier le plus proche de
la direction parisienne de l'"ex-G.P"...
- manifestant au contraire une étrange distance.
Un "froid" imprévisible,
qui n'eut d'égal que l'attitude de mes excellents
collègues du C.E. (la direction "mao",
au niveau national), pas foutus d'en faire ne serait-ce
qu'une brève dans La Cause du Peuple, un petit
communiqué à l'A.F.P., une conférence
de presse, ou de téléphoner à
la principale victime de l'attentat, Danielle - qu'ils
connaissaient tous bien et que cet attitude allait
complètement effondrer...
Heureusement, mobilisés, essentiellement, par
nos amis paysans et ouvriers de Couëron - dont
l'un, d'ailleurs, Paul Blineau, allait voir quelque
temps après, la ferme où vivait toute
sa famille devenir la cible d'un incendie criminel
d'un style un petit peu différent - cent-cinquante
manifestants allaient finalement investir la mairie
de Nantes, par surprise. Séquestrant dans son
bureau l'un des principaux adjoints du vieil André
Morice - l'homme de la ligne Morice de la guerre d'Algérie,
avec son double ou triple rideau de barbelés
électrifiés, achetés en masse
à des entreprises amies...
Le scandale, car c'en était
bien un, de cet attentat répugnant commis au
domicile d'une toute jeune mère, femme de prisonnier
politique, qui plus est, et d'un prisonnier politique
considéré dans toute la ville, en tout
cas depuis son procès, comme un des principaux
responsables nationaux de la G.P., finit donc
par éclater au grand-jour.
La presse locale dut
l'évoquer, même la celle de Robert Hersant
(Presse Océan).
Mais il n'en fut pas question dans La Cause du Peuple,
qui avait mentionné les autres arrestations
de la rafle de Nantes, mais pas soufflé un
mot de la mienne, ni mentionné mon nom, au
premier procès nantais des maos; qui m'avait
laissé seul, ensuite, dans l'absence de solidarité
la plus mutique et le silence le plus parfait, face
à plusieurs procès en série,
à l'addition lourde (15 mois ferme); et qui
se montrait plus réactive, habituellement,
et heureusement, sur la moindre gifle reçue,
ou rendue, en prison, par un des nôtres.
Quant à la séquestration picaresque
à la mairie de Nantes, dans une action de défense
d'une "mal logée" "de type
nouveau", le journal
des maos, friand, d'ordinaire des récits de
ce genre - surtout quand, comme ici, l' action était
menée par un groupe ouvrier-paysan, femmes
en tête - n'en souffla pas un mot.
L'opération, à laquelle le statut pénitentiaire
qui était encore le mien m'interdit, hélas,
de participer, devait déboucher sur une victoire
totale. La "mal logée",
l'enfant et le prisonnier se virent attribuer un HLM,
du plus bas de gamme, d'accord - mais, de ce fait,
dans un des quartiers les plus prolétarens
de Nantes, ce qui nous allait bien, rue du Cormier,
sur la butte de La Contrie, séparant la colline
du vieux Chantenay rouge, descendant vers le Quai
de la Fosse et la Loire, des anciennes prairies du
ci-devant château des Dervallières, parcourues
par la fraîchee Chézine, un mini-affluent
du grand fleuve. Et .
C'est un petit peu plus tard aux Dervallières,
devenues vaste cité HLM aérée,
verdoyante, mais la plus "sensible"
de Nantes (où, sautant d'un quartier à
l'autre, Danielle allait réussir à obtenir
un appartement un peu plus grand, peu après
la naissance de Clément, notre second fils)
que nous allions jeter les bases, ensemble, d'un redémarrage
nantais de la vie militante, après la liquidation
nationale de l' "ex-GP", parallèle
ou plus probablement, sans doute, convergente, avec
son explosion nantaise.
Notre ami et voisin Jean Joret, "syndicaliste
de classe" (CFDT), et militant chrétien
des chantiers navals Dubigeon m' élèvera
bientôt au statut, respectable, de "moniteur
de sports de combat" à la Maison
des Jeunes, richement équipée, de cette
"cité difficile"...
Mes "élèves" m'en
apprirent beaucoup sur le combat de rue, je leur fis
don quelques techniques peu enseignées de karate
militaire, mais l'essentiel de nos échanges
portèrent sur nos concepts respectifs d'"art
de la guerre".
Eux étaient avant tout des "cogneurs",
râblés, voleurs par nécessité,
et par plaisir aussi d'y trouver l'occasion de "mettre
une danse" à des policiers de rencontre
- ils ne disaient pas encore "keufs",
ou "h'nouch" (vers de terre)..."Mao"
rigoureusement formaté,
dans cette seconde moitié des années
1970 où l'essentiel était pour nous
de continuer à rester liés aux ouvriers,
pendant que les liquidateurs parachevaient, à
Paris surtout, leur sale besogne, j'essayai d' "élargir
leur point de vue".
Les flics, d'accord, nous pouvions "échanger
nos expériences"...
Le "prof de karate" sortait de
prison, ils le savaient, son cv avait fait le tour
du quartier, et c'était dans le contrat...Mais
j'essayais de les ouvrir à l'idée que
le vrai pouvoir n'est pas là où
ils croient, dans l'uniforme bleu des hommes
en képi, parfois "bourrés"
comme leurs prolos de pères, ou comme eux-mêmes,
avec lesquels ils jouaient des parties répétitives,
entre cache-cache, "Guignol", ou
"les gendarmes et les voleurs"...
Pour ces fils de l'ancien Chantenay, intégrés
aux Dervallières, il y avait peut-être,
à l'occasion, mieux à faire que de s'enfermer
dans un face-à-face à vie avec les
"cognes" - dérivant, inévitablement,
en affrontements, nuisibles, avec les bonnes gens
du quartier, les ouvriers tranquilles, amateurs de
sécurité et d'ordre, soucieux de la
sécurité de leurs filles, de leurs femmes,
et de leurs voitures... (suite
ici)
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Sarkozy,
les gosses des écoles et la SHOAH
"UNE
DECISION INSENSEE!"
(GEORGES
SEGUY,
RESISTANT,
DEPORTE,
ancien secrétaire
général de la CGT, militant communiste).
L'idole déjà
bien fatiguée des "NEO-CONS"
à la française et autres renégats
de la "Nouvelle Résistance Populaire",
Rolin, Glucksmann et cie, (voir ci-contre, à
droite évidemment) a pris "une
décision insensée"
en décidant, par diktat présidentiel,
"d'introduire
dans l'âme d'enfants de dix ans le spectre d'
enfants juifs du même âge, déportés
(...) et exterminés atrocement par les nazis".
Elle "risque de provoquer de sérieux
troubles psychiques". Mais
surtout, "ce genre de ségrégation
religieuse des victimes du nazisme est inacceptable
pour ceux qui ont survécu à l'enfer des
camps de la mort. Qu'elle fut générée
par l'antisémitisme, par le racisme dont les
Tziganes ont tant souffert ou par
la haine du fascisme hitlérien et pétainiste
contre les résistants, de toute sensibilité
politique, de toute croyance religieuse, ou de toute
origine ethnique, LA BARBARIE NAZIE FUT ET RESTE
AVANT TOUT UN CRIME CONTRE L'HUMANITE.
Voilà ce que le devoir de mémoire
devrait apprendre à nos enfants, afin de leur
faire comprendre QUE L'IMPORTANT
N'EST PAS LA PEUR DE LA MORT MAIS L'AMOUR DE LA VIE".
(L'HUMA, lundi 18 février
2008)
On peut difficilement
être plus sec, plus dense, et plus digne. Merci
Séguy, bravo L'HUMA, LA RESISTANCE VAINCRA!
- Sur les derniers délires
de l'excité de l'ELYSEE, clic ICI.
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général, rubriques, clic ICI
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Quand
Olivier Rolin, Glucksmann et
les néo-cons pro-Israéliens
de la luxueuse revue "Le Meilleur des Mondes"
s'inscrivent, obscènes, dans le sillage
du socialo-kollabo rose brun
Albertini
Honte
sur nous: l'info nous avait échappé, et c'est
un petit encadré, "D'ALBERTINI AUX "NEO-CONS"
qui vient attirer notre attention, ce mercredi 19 décembre,
dans l'HUMA, en pied d'un des articles d'une riche série
historique, prévue pour continuer ces prochains jours,
sur "la planche à billets de l'UIMM",
et les activités du kollabo "socialiste"
Georges Albertini pour "recycler les têtes
brûlées de l'extrême-droite", "grâce
à la planche à billets" du grand patronat.
"Dans
la dernière livraison du "Meilleur des Mondes",
le chic organe central des néoconservateurs français,
écrit le quotidien communiste, (...) Ilios Yannakakis
évoque un "personnage controversé",
Georges Albertini. "Socialiste, pacifiste convaincu,
il avait adhéré en 1941 au Rassemblement National
Populaire de Déat (le parti collaborateur des "rose-brun",
les socialistes français ralliés au nazisme
NDLR), où il occupait d'importantes fonctions. A la
Libération, il avait été arrêté".
L'HUMA,
qui poursuit en soulignant le rôle joué par cet
ancien dirigeant "intellectuel" de la collaboration
avec l'occupant nazi dans une tentative de faire de la France
une colonie du IIIème Reich, et un vaste bordel pour
la détente des gestapistes amateurs de "petites
françaises" à la chair fraîche,
s'abstient de poursuivre plus longuement la citation d'un
des principaux articles d'une revue luxueuse dirigée,
entre autres, faut-il rappeler, par le mao-renégat
André Glucksmann, son fils Raphaël et l'ex-intellectuel
Olivier Rolin, repenti lui aussi du maoisme, et coqueluche,
jusqu'ici de la go-gauche...
"A
son procès", poursuit en fait l'article du
glauque magazine sur papier glacé des néo-cons,
compromis, désormais, dans l'apologie de la collaboration
dans son visage le plus abject, "si des témoignages
de résistants en sa faveur lui ont évité
une très lourde peine, il a toutefois été
condamné à cinq ans de travaux forcés".
Albertini
n'est pas le seul socialo-kollabo, puisque c'est la quasi
totalité de la social-démocratie française,
aux notables exceptions de Pierre Brossolette, adjoint du
colonel Passy au BCRA, mort sous la torture, de Pierre Mendès-France,
aviateur de la France Libre, de Léon Blum, déporté,
et d'une poignée d'autres, et la quasi-totalité
de la gauche non communiste qui se sont vautrées dans
la collaboration - avant de se jeter, à la Libération,
dans les bras protecteurs des nouveaux maîtres de l'époque,
les Etats-Unis puis Israël.
Il
n'est pas le seul non plus à avoir accepté,
dans les années 50, le soutien américain et
l'argent de la C.I.A. Il fait partie, en revanche, d'une très
éroite frange, celle des socialistes qui, non contents
de s'être compromis avec le nazisme, se sont ensuite
recyclés, increvables, dans la chasse aux "rouges"
dans les usines- et cela, jusqu'à sa mort, "officines"
et fichiers à l'appui . Un combat dans lequel
l' "argent noir" du patronat le plus réactionnaire,
géré par des mains socialo-collaborationnistes,
n'a pas seulement servi à recycler les anciens fascistes
pro-CIA d'Occident ou d'Ordre Nouveau, comme Madelin, mais
aussi à "acheter" des repentis du
gauchisme, prêts à se vendre au plus offrant
pour se salir les mains dans les plus sales besognes.
La
filière qui, partant d'Albertini et du non moins rose-brun
Marcel Déat, aboutit, dans cette honteuse et dérisoire
tentative de réhabilitation d'une crapule, au luxueux
torchon de Glucksmann et Rolin, a-t-elle fait un crochet,
comme on est en droit de l'imaginer, par l'usine Renault de
Billancourt où mourut assassiné d'un coup de
revolver en plein cœur, en février 1972, le jeune
ouvrier anti-raciste Pierre Overney, ami de la Palestine,
et dont le P-dg, Dreyfus (Pierre) avait su s'entourer d'un
assemblage composite de Corses d'extrême-droite à
la gâchette facile et d' "intellos"
passés de la collaboration à l'ultra-gauche,
dans la mouvance d'Albertini?
Il
est encore trop tôt pour répondre à cette
question - mais pas pour la poser.
Passé
de la "Nouvelle Résistance Populaire"
à ce compagnonnage douteux, Rolin, qui bénéficie
encore, à ce jour d'une étrange tolérance
de la part des "vigilants" de la presse
de gauche ou d'extrême-gauche, ne pourra pas éternellement
éviter de s'expliquer sur les étapes et l'origine
de la funeste dérive qui fait qu'on hésite aujourd'hui
à lui attribuer encore les qualificatifs ordinaires
de renégat ou de repenti - peut-être insuffisants...
Le
problème se pose aussi, mais pas de la même façon,
pour Glucksmann, qui n'a toujours été qu'un
bla-bla-teur, et n'a pas, personnellement, pris la responsabilité
d'encourager, et même d'organiser, de jeunes ouvriers
au cœur rouge dans la voie des armes et la tradition
de cette Résistance qu'Albertini poursuivait de sa
vindicte et du venin de sa langue de vipère, tandis
que les Partisans, de leur côté, ne rêvaient
que de fermer de façon radicale et définitive
le caquet de ce genre de personnage.
Jean-Paul
Cruse
PS.
Nos colonnes sont ouvertes, bien entendu, et quoi qu'il nous
en coûte, à d'éventuelles réponses
de Glucksmann, Rolin et cie et autres "nouveaux historiens"
de l'Albertinisme.
. |
Cheikh
Muhammad Husayn Fadlallah (souvent présenté
comme l'inspirateur spirituel du Hezbollah, inscrit dans la tradition
chiite), s'exprimant dans le cadre de la Journée Internationale
de l'ONU de Lutte contre les Violences, a rappelé
que l’islam ne permet pas à l’homme d’exercer
une quelconque violence sur la femme, que ce soit en la privant
de ses droits légaux ou dans le langage.
Il a émis à cette occasion une
Fatwa ( avis religieux) (...) selon laquelle «
la femme peut répondre à la violence physique de l’homme
contre elle par une même violence, dans le cadre de l’autodéfense
».
Cette Fatwa a été fermement condamnée par
Dr Muhammad Al Najimi (saoudien, de tradition Sunnite) qui considère
que frapper une femme pour lui "faire mal" sans
raison est contraire à l'islam, mais dès lors
qu'il s'agit de coups pour la "discipliner",
alors cela est acceptable dans la Chariah.
(Texte de Malika, transmis par Hakim.)
Source Al Arabyia.
Texte intégral en version anglais ci-dessous
"A Fatwa to Eliminate Violence against Women Raises
Shi’a - Sunni Controversy"
Al-‘Arabiya reported yesterday that in celebration of the
U.N.
International Day for the Elimination of Violence against Women,
the
widely respected Shi’a religious leader Muhammad Husayn Fadlallah,
who is known for his relatively liberal views on women, pronounced
a
fatwa decreeing that a woman once she has attained adulthood is
independent and no person can act as her guardian. He explained
that a man acting as a caretaker of a woman does not translate into
reigning upon her. He also maintained that a woman is permitted
in
her own defense to counter sexual violence or other kind of violence
with reciprocal violence and any other means at her disposal, including
withholding sexual favors.
Fadlallah triggered a controversy declaring that this fatwa
does not solely apply to the Shi’a but to all
Muslims because it deals, as he puts it, with the humanistic dimension
of an Islamic issue. That statement,
which was seen as transgressing into Sunni territory, brought the
immediate condemnation of the Saudi
cleric Dr. Muhammad Al-Najimi who is a member of the counseling
committee and of the Islamic Fiqh
Academy. Al-Najimi argued that there is a distinction between
violent beating with the purpose of
physically harming the woman against which she can defend herself
and disciplinary beating that has
always been considered acceptable under the Shari’a.
He said that a woman must accept such
discipline without reciprocation or withholding her sexual favors.
Al-Najimi also rejected Fadlallah’s claim
that a woman is ever independent and insists that a man must always
act as her guardian.
Fadlallah, speaking with Al-Arabiya, explained that his fatwa on
a woman’s right to defend herself against
her husband stems from the general rule which applies to all Muslims,
regardless of gender, that every
assaulted human being has the right to self-defense. He also
stated that there is no specific religious law
that allows a husband, father or brother to strike a woman. If this
occurs, she has the right to defend herself.
On the matter of independence, Fadlallah adds that Quranic analysis
of this issue shows that the
relationship between a man and a woman is not one of master and
a slave, but rather a matter of the
man assuming the management of the household because of the financial
responsibility that goes with it.
Fadlallah added that once we study the marriage contract, we find
that it does not impose obligations on
the woman in the home. It is up to the man to provide her
with shelter, food and medicine. God however
wanted the woman to have the free will to provide services within
the home based upon the marriage
principles of love and kindness.
There is no doubt that Fadlallah’s position commands substantial
respect in the Shi’a community and his
word will most likely be followed by the Arab Shi’a at least,
including Hizbullah, because he is their spiritual
leader. Judging by the large number of responses posted on
Al-Arabiya [376 in 48 hours], however, the
issue is generating much debate. While one would expect many
Sunni men to disagree with Fadlallah, PI
Online’s initial analysis of the responses seems to indicate
that a relatively large number of them actually
agree with Fadlallah.
Thus, this debate may be emblematic of some positive movement on
women’s issues. Our preceding
article [PI 224] on the showdown between the deputy speaker of the
Egyptian People’s assembly, Zeinab
Radwan, and Islamic clerics regarding the official value of a woman’s
testimony in court is another
example.
Al-Arabiya – Date: 11/28/2007
http://www.alarabiya.net/articles/2007/11/28/42258.html
|
-
A propos
d'un livre de ROGER GARAUDY
"Pour l'avènement de la femme".
ISLAM,
FEMINISME, SEXE, ATHEISME, BOLCHEVISME:
-
QUELLE LIBERATION?
"J'ai dit à quelques copains,
vous vous êtes athées plus par médiocrité d'âme
que par idéal. Si vous l'on disait par exemple que l'athéisme
exige de faire la prière ou le ramadan, vous cesserez immédiatement
d'être athées, et que vous deviendrez croyants en Dieu, si
l'on vous assure qu'il n'y a aucune de ces contraintes.
L'ouvrage de Roger
Garaudy, "Pour
l'avènement de la femme" (éd.
1981) est très instructif. J'y ai découvert plusieurs faits
historiques.
Ce qui m'a plu dans cet ouvrage:
- C'est d'abord, son orientation résolument progressiste.
Il dénonce entre autres ceux qui disent : "Bien
sur que nous sommes pour l'égalité entre les femmes et les
hommes, mais chaque sexe a sa spécificité (social)"
selon la nature, en jouant sur l'ambiguïté du mot spécificité,
qu'ils feignent de confondre avec différence.
-Le fait qu'il lie aussi bien les conditions d'oppression de la femme
que les moyens de sa libération au système économique,
politique....
- Il évoque la question du lien entre la sexualité et l'amour,
où il cite certaines auteures féministes. Je pense moi aussi
depuis longtemps la même chose. Je dis à certains dans mon
entourage, même pour une passade avec une femme, nous avons besoin
d'un minimum de sentiment, à savoir de la sympathie pour sa partenaire
,et inversement.
- Garaudy rappelle que le célibat
des prêtres n’a aucune prescription dans l’Evangile.
Qu’il a été décidé par le Vatican entre
le IVe et XIVe siècle pour des raisons sordides : préserver
l’immense patrimoine de l’Eglise de l’héritage,
suite au mariage des prêtres.
- Il rappelle les idées misogynes des philosophes de l’antiquité
et des Pères de l’Eglise, notamment saint
Thomas d’Aquin qui dit que : «
La femme est, par nature, soumise à l’homme, car l’homme
jouit avec plus d’abondance du discernement de la raison ».
Ou bien Richelieu
dans son Testament politique à propos de la femme :
« Rien n’est plus capable de nuire à l’Etat
que ce sexe ».
- Le fait qu'il s'appuie surtout sur des
penseurs ou des féministes chrétiennes progressistes. Cela
ne déplait pas du tout, bien au contraire. Car il mène la
contradiction au sein même des fiefs des justifications idéologiques
de l'oppression des femmes. Cela casse aussi la vision de la religion,
qui n'est pas celle de Marx.
Certes, dans l'absolu, la religion est
oppressive ou fort contraignante dans la vie, mais elle n'est pas toujours
instrumentalisée dans un but d'oppression, comme l'a fait l'Eglise,
la Synagogue ou les islamistes. Elle peut être aussi mobilisée
dans le combat pour l’émancipation nationale et/ou sociale.
C'est pour cette raison que contrairement à l'extrême gauche,
nous, communistes, algériens, et ceci est valable pour nos camarades
dans les autres pays musulmans, menions notre combat politico-idéologique
contre les islamistes (sans exception de tendances) qui bafouent l'islam
notamment par le mensonge en disant que la laïcité, c'est
l'athéisme, que tous les communistes sont des athées, afin
de nous isoler de la masse des musulmans.
Nous faisons quant à nous valoir
aussi les ayates ( versets) et hadiths (dits) de Mohammed, de Ali Ibn
Abi Taleb (cousin et gendre du Prophète), qui disaient que
"Les
croyants sont égaux comme les dents d'un peigne",
de Abou Dhar El Ghifari (premier socialiste dans l'islam, et l'un
des précurseurs de la chii'a, qui figura parmi les ahl el beit
(pouvoir devant revenir à la lignée du Prophète,
et donc à Ali, lors des débats houleux, où ils avaient
abandonné la dépouille de Mohammed à la seule garde
de sa seule fille, Fatima), des Karamita, fondateurs de la République
égalitaire (dans le golfe arabo-persique), des mûtazila...
Il cite la militante progressiste péruvienne, Domitila, "Si
l'on me donnait la parole". Mes camarades et moi avons lu et
fait circuler ce livre en Algérie, dans les années 1970
(acte militant).
Il cite aussi Alexandre Kollontai.
J'ai lu un de ses ouvrages, au début peut-être des années
1980. Je ne me souviens plus quel titre. Mes camarades et moi l'avions
lu et fait circuler autour de nous (comme pour tous les livres progressistes).
Il cite Inès Armand, russe
d'origine française, hélas, maîtresse de Lénine.
Elle aussi était pour l'amour libre, comme Kollontaï
et quelques autres Bolcheviques. Elle n'avait pas moins le feu quelque
part. Je considère le comportement de Lénine, comme infectà
l'égard de sa femme Kroupskaïa, et indigne d'un chef d'une
révolution qui prônait l'égalité entre tous
les humains. Cette égalité devant selon moi commencer par
le respect de la dignité de l'autre et de ne pas céder à
la chair fraîche de la jeune et belle française, et de ne
pas l'imposer pendant un moment sous un même toit à sa femme,
lui allouer pendant plusieurs années un appartement proche au sus
et au vu de tous.
Il évoque les physicien(ne)s Marie Curie, Irène Curie, son
mari Joliot Curie, et Paul Langevin, tous ex-amis de Garaudy, sans dire
qu'ils étaient des militants du PCF.
Hakim Arabdiou
|
Le scandaleux
"manuel d’histoire
franco-allemand".
Un article d' Yvonne Bollmann, publié dans L’Indépendance
de Paul-Marie Couteaux.)
- Suivi d'un commentaire de Shao Shan traitant des
liens de l'idéologie du "Völk" avec les théories
racistes de Théodor Herzl... - Contre l'assimilation,
propre à la culture germanique, du concept d'
"ethnie", ou "race", à celui
de "peuple", l'idéal démocratique
et républicain de la Révolution Française,
mère de la République ...- Ou: l'idée citoyenne,
contre l'idée raciste: des Grecs à Jean-Jacques
Rousseau, Robespierre et Mao Tse Toung...
- Le texte
d'Yvonne
Bollmann -
" Les auteurs du manuel d’histoire
franco-allemand ont eu pour mission de « contribuer
à créer les bases d’une conscience historique commune
chez les jeunes Allemands et Français dans le processus d’unification
européenne ».
Ceci est conforme à la première Recommandation
sur l’enseignement de l’histoire en Europe au 21ème
siècle, adoptée en 2001 par le Comité des
ministres du Conseil de l’Europe, et qui préconise
de revoir les programmes dans le but de conduire les élèves
à une conscience européenne ouverte sur le monde.
Ce manuel, qui expose l’histoire d’un point
de vue européen, se veut « l’illustration »
de la devise de l’UE, « Unie dans la diversité
». L’inspirateur semble en être Jean
Monnet, présenté comme l’égal de
John Kennedy, Nikita Khrouchtchev, Gamel Abdel Nasser, Ronald Reagan
et Mikhaïl Gorbatchev - l’un des six « personnages
clés » de la période 1949-1989.
Dans l’avant-propos du manuel, les deux versions française
et allemande sont qualifiées d’identiques. Le chapitre
inaugural, qui présente un bilan de la Seconde Guerre mondiale,
contient toutefois une différence injustifiable : la
version allemande dit qu’environ 6 millions de juifs et jusqu’à
500 000 Sintis et Roms ont été systématiquement
exterminés, tandis que la traduction française de ce chapitre
parle d’environ 5 millions de juifs et de 200 000 Tsiganes.
Les élèves français et allemands sont-ils censés
discuter de ces chiffres lors d’échanges scolaires ?
Quant aux différences sémantiques portant sur
des « termes aussi courants que l’Etat, la nation, la
culture, la religion », elles sont d’après l’avant-propos
« partie intégrante de l’analyse ».
Mais là où l’auteur français
du chapitre sur les mémoires de la Seconde Guerre mondiale évoque
« certains groupes de victimes » - les victimes juives et
tsiganes de la barbarie nazie, les Américains d’origine
japonaise internés par Roosevelt, ou les peuples d’Union
soviétiques déportés par Staline - la traduction
allemande utilise le mot « Volksgruppen »,
qui est d’une toute autre teneur : apparu dans la langue allemande
en 1939, il y a remplacé alors celui de «
Minderheiten » (minorités), et n’en a pas disparu
depuis, malgré son estampille d’origine.
Dans les deux chapitres respectivement consacrés
aux débuts et à la fin de la Guerre froide, rédigés
chacun par un Allemand, ce mot sert à la définition du
titisme, et du « nationalisme agressif » ayant
mené à la guerre en Yougoslavie. Traduit par «
groupes ethniques », il diffuse dans l’esprit
des élèves français une vision de la société
incompatible avec l’histoire et la culture politique de la France.
Cette germanisation des esprits n’a-t-elle pas
d’ores et déjà gagné les auteurs français
du manuel ?
En faisant leur la notion allemande de «
Volksgruppen/groupes ethniques », ils foulent
aux pieds la définition de l’ « ethnie », étroitement
délimitée dans le temps et dans l’espace, que l’un
d’eux a donnée dans le chapitre 10 : « terme utilisé
par les colonisateurs occidentaux en Afrique pour désigner une
population parlant la même langue ». Le choix ainsi
opéré se manifeste dans le « dossier »
sur l’ONU, traduit de l’allemand, où «
Völkerrecht » est rendu non par « droit international
», comme ailleurs dans l’ouvrage, mais par «
droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».
Accolée à la notion de « droits de l’homme
», qui est centrée sur des droits individuels,
l’expression semble plaider pour des droits collectifs
ethniques à l’échelle mondiale, ces droits inlassablement
réclamés par les partisans de l’ethnisme.
Rudolf von Thadden, membre du Comité scientifique pour
la partie allemande du manuel, pense que "d’ici
une génération on aura réussi à former un
citoyen franco-allemand », lui qui veut aussi «
défaire un peu la France pour faire l’Europe ».
Rien n’oblige les professeurs d’histoire français
à le seconder dans son projet par l’usage de ce manuel
dans leurs classes."
(Yvonne Bollmann, in L'Indépendance)
- NOTRE COMMENTAIRE
-
On pourrait ajouter que l' "idéologie
Völkisch" ne confond, en réalité, "peuple",
"ethnie" et..."race", que par rejet de la
conception républicane et démocratique de "peuple"
(issue d'Athènes et de Jean-Jacques
Rousseau, en passant par la Révolution Française,
source de notre République, puis reprises chez
Lenine et surtout Mao-Tse Toung). Cette "pensée"avait
déjà contaminé un autre esprit malade,
l'autrichien Theodor Herzl, le fondateur du sionisme - à
qui le jospino-sioniste pied-noir Delanoë vient de consacrer en
catimini, au tout début du terrible mois de juillet 2006, marqué
par les abominations des héritiers de Herzl, acharnés
sur le Liban martyr, une place de Paris (Arts
et Métiers, avec le soutien des Verts, de Cukierman, et du PCF
parisien).....
La pensée de Herzl se nourrit à
deux sources, complémentaires: le nationalisme
racial, "völkisch", des "romantiques allemands",
Fichte et Herder notamment (confrontés à l'émergence
d'un "sujet politique" "allemand" dans une confrontation
constante avec la "nation" française émergente,
et proche voisine), et la conception du "peuple élu",
ou "race sainte", telle qu'elle est formulée
dans les cinq premiers livres bibliques du Pentateuque (la "Torah",
que Redeker et tous les obsédés de l'islam et
du Coran devraient lire - s'ils savent le faire...).
Pour Herzl, donc, qui insiste là-dessus deux
fois dans son livre-étendard, "L'Etat des
Juifs", la leçon que l'on doit tirer des pogroms
russes comme de l'affaire Dreyfus, c'est que le "peuple
juif", qu'il définit, en toutes lettres, comme
"race juive", doit abandonner toute perspective
d'intégration républicaine, au sein des nations démocratiques
d'Europe où la Révolution les a émancipés
- lui conférant, comme à tous, les droits égaux
des citoyens, tout en l'émancipant des terribles contraintes
de l'existence communautaire (et d'abord de la cruelle "justice
rabbinique", l'"inquisition juive", connue pour son acharnement
contre le grand Spinoza), à son époque.Les
sionistes se tournent donc, dès l'origine, vers les puissances
européennes, puissances, par ailleurs coloniales, ayant des vues
sur le Moyen-Orient, et notamment, la Palestine...Ils sollicitent
leur aide économique, et bientôt militaire, pour
aller s'implanter en force sur cette "terre
sans peuple, pour un peuple sans terre...". Au passage,
soulignons que l'autrichien germanophile ne croit guère lui-même
que la Palestine historique, sa cible, soit "une terre sans peuple".
Cela, c'est la version officielle, bonne pour les journaux, et donc,
les âmes simples."Nous devons exproprier avec
délicatesse, écrit Herzl dans son Journal,
en 1895. "Nous essaierons de pousser la population
sans le sou de l'autre côté de la frontière en lui
donnant des emplois dans les pays de transit, tout en lui refusant le
travail dans notre pays..." (Cité par Walid
Charara, l'historien du Hezbollah, dans un lvre remarquable: "Le
Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste", écrit avec
Frédéric Domont- Fayard éditeur)
Tout l'échafaudage théorique de
Herzl repose sur une monstrueuse escroquerie intellectuelle, dont
la confusion entre identité religieuse et identité raciale,
puis entre "peuple" et "race",
n'est pas le seul élément constitutif.
L'affaire Dreyfus, qui lui sert de prétexte, n'a nullement
démontré que la France était irréductiblement
"antisémite", les Juifs républicains n'ayant,
dès lors, pas d'autre devoir que de la haïr, et de la fuir,
pour s'en aller, là-bas, soumettre les "indigènes"
palestiniens à la terrible loi de ce qu'on n'appelle pas encore
l' "épuration ethnique".
Aux sources de la "gauche" moderne, et du concept, souvent
associé, d' "intellectuel", l' "affaire"
a, au contraire, montré que la France, fidèle aux sources
égalitaires et émancipatrices de sa "grande révolution",
était le pays où l'antisémitisme européen
avait été combattu, et finalement, battu, par
un puissant mouvement d'opinion, démocratique, renversant tout
les barrages, et finissant par rendre au vaillant capitaine, condamné
au bagne sans preuve, sa liberté, sa dignité, et son honneur
- et le sabre d'officier qu'on avait brisé sous
les yeux de ce juif alsacien républicain et patriote, au cours
d'une humiliante cérémonie de dégradation, aux
Invalides.
Cela n'empêcha pas Herzl de poursuivre sa funeste
besogne.
Retour de bâton: quand les nazis,
à Nuremberg, adoptent le terrible "statut des juifs",
Rosenberg, conseiller de Hitler, son rédacteur, s'inspire explicitement
des thèses de Herzl définissant "le Juif",
non comme une catégorie religieuse ou culturelle, mais comme
un "volk", un "peuple-race", contre qui
va se mettre en marche le sinistre engrenage de la "solution
finale"...
Se revendiquant toujours, néanmoins, comme "Volk",
"peuple-race", et réclamant à Hitler
une aide...pour quitter l'Allemagne du IIIème Reich en allant
s'établir en Palestine, les sionistes du Betar,
émules de Jabotinsky, l'ancêtre du parti
de Begin, puis Sharon et Olmert, vont aussi revendiquer, peu avant le
génocide, à la suite d'"incidents" provoqués
contre eux par les jeunesses hitlériennes qu'ils attribuent à
un "malentendu", le port de la "chemise brune"
- et le droit de défiler dans cet uniforme dans les rues des
villes allemandes de l'Allemagne hitlérienne.
Dans la conception républicaine,
celle des Grecs, de Rousseau, puis de Robespierre, un peuple n'est pas
un concept "ethnique", racial, un "volk" à
l'allemande. Un peuple est un concept politique, étroitement
associé à la notion de citoyen, et à l'égalité
en droit, fondement des "droits de l'homme".
Au cours de la révolution chinoise, Mao,
féru de livres, et de livres français, affinera
cette conception en articulant le concept de "peuple " et
celui de "classes" - un peuple étant un système
articulé de classes sociales, dans une conjoncture donnée.
Il théorisera les "contradictions au sein du peuple",
à distinguer des "contradictions antagoniques" avec
les "ennemis de classe" ou l'oppresseur national (impérialiste
colonial)
Fondant le leninisme européen dans le creuset
des plus anciennes traditions asiatiques (taoisme),
il fondera toute sa philosophie politique, originale,
non pas seulement sur le "droit du peuple"
à "briser toutes ses chaînes", et à s'émanciper:
mais sur sa capacité à le faire,
sur l'énergie créatrice du peuple lui-même,
comme acteur-penseur collectif...Force irrésistible,
que les communistes ("maoistes") ont pour vocation de "libérer",
en en déployant toutes les potentialités. Dépassant
ainsi, au nom de la "ligne de masse", la
conception du Lenine de "Que faire?", en fait, très
occidentale:l' " importation" de la théorie
révolutionnaire dans le peuple par des intellectuels militants,
"missionnaires" évangélisateurs, sinon "colons",
d'une idéologie toute faite, aux "solutions" toutes
prêtes, à inculquer aux "masses abruties",
en peine d'une lumière venue de l'extérieur, et qu'il
s'agit donc d' "éclairer"...
"Le peuple, le peuple seul, est la
force motrice, le créateur de l'histoire universelle", résume
Mao "Du gouvernement de coalition"
- 24 avril 1945. Et "Petit Livre Rouge",
Editions de Pékin p 134). De là, la théorie de
la "guerre du peuple",
("guerre populaire prolongée", gpp).
Transmise aux Vietnamiens, et enrichie par eux, elle transitera, notamment,
jusqu'aux Palestiniens du Fatah, dès le lancement de leur lutte
armée (Abu Djihad, Al Assifa)). L'actualité
récente l'a montré, elle a été de nouveau
adoptée, adaptée, puis enrichie de façon créatrice
à partir des traditions de guerre musulmanes, par le
Hezbollah libanais, de souche islamo-maoiste ou fatahoui-maoiste).
Le "droit des peuples à disposer
d'eux-mêmes", issu des mouvements de libération
nationale des peuples dominés par le colonialisme européen,
puis l'impérialisme américain, ou son jumeau pervers,
le social-impérialisme khroutchevo-brejnevien, constitue
la base de ce qu'on appelle aujourd'hui le "souverainisme".
Qui ne se réduit pas, donc, à la légitime revendication
de l'indépendance de la France, contre le projet fédéraliste
européen de Jean Monnet, et de ses conseillers
germano-américains de la CIA. Pas plus qu'à
celle de la "souveraineté alimentaire", chère
à José Bové, des "alter-mondialistes",
qui semblent ne pas comprendre qu'il ne peut y avoir, pour le Mali ou
le Burkina, ou...la France, "souveraineté alimentaire"
sans...souveraineté politique. Le souveranisme,
donc, a-fortiori dans sa nuance mao-souverainiste,
n'est pas "alter-mondialiste" (pour "une autre mondialisation,
non liberale"). Au contraire, il s'oppose frontalement
à la logique profonde de la "mondialisation"
politique, qui, sous couvert de "mondialisation
technique" (souhaitable facteur de progrès, bien réel),
prétend faire vivre les peuples sous le joug d'un "nouvel
ordre mondial", "sans patrie ni frontières"
(sauf dans le cas d'Israël, avec son "mur
de l''apartheid", sa loi "ethnique"
du "retour", et ses "passeports
par nationalité" (juive, ou non-juive...) propres
aux "citoyens israéliens"...Autre exemption, l'exception
venant pour confirmer la règle, celle des Etats-Unis,
seigneurs et maîtres de ce monde (virtuel) "sans patrie ni
frontières" qu'ils rêvent en Empire. Par
politesse, nous n'écrivons pas: en " IVème
Reich..."
ShaoShan
|
| Garaudy:
la charia est une voie, pas une loi... |
Circulant sur le net, et envoyé par un lecteur,
Hakim, cette conversation avec Roger Garaudy, haute conscience spirituelle
et homme de paix, cible, en France, de campagnes mediatico-judiciaires
insupportables pour s'être un moment égaré au-delà
de son domaine de compétence, mais respecté dans le reste
du monde comme une des dernières lumières brillant dans
le ciel provisoirement obscurci de la France "bling bling".
(Extraits)
-
Vous dites que vous restez à la fois chrétien et marxiste;
parmi les philosophes européens du XXème siècle,
y a-t-il d'autres personnalités dont vous vous sentiez proche?
(...)
Mon maître Gaston Bachelard était au-dessus
de tous les autres. Dans ses méditations parallèles sur
la théorie de la connaissance et sur la création poétique
il a contribué de façon décisive à la philosophie
de l'acte contre les philosophies de l'être.
Déjà
Emmanuel Kant combattait les philosophies de l'être, qui, malheureusement,
malgré sa critique radicale, sont devenues des cauchemars dans
le vide pour Sartre et Heidegger.
Mais Bachelard
a en outre ébauché une philosophie non cartésienne
à partir de l'étude l'histoire des sciences, dont il fait
un vaste poème de la création continue ; il appréhende
cette vérité également à travers les arts,
le rêve éveillé, la création poétique.
- Votre livre porte donc sur l'esthétique,
ce rameau d'or de la philosophie, ce domaine merveilleux où vous
aviez tellement fait, dans les années 1970, pour empêcher
les communistes de sombrer dans l'académisme policier ? (...)
- (...) L'art a toujours été le chemin le plus court pour
rapprocher les hommes, mais il ne doit pas donner lieu à une
idolâtrie, se substituer à l'exigence de création
sur tous les plans, qui va bien au-delà de telle ou telle réalisation
classée comme artistique.
Dans mon cas, la
réflexion sur les arts non-occidentaux, qui ne prétendent
jamais refléter ou commenter le monde, mais se projeter comme
captation d'énergie et invention mythologique, a toujours été
rattachée à la réflexion sur la pensée scientifique,
depuis le début du XXème siècle, depuis la relativité
et les quanta jusqu'à la biologie génétique ou
l'astrophysique ; j'ai toujours rêvé de prolonger le parcours
de Bachelard jusqu'au point où les deux types d'aventure spirituelle
se rejoignent, pour voir dans l'invention scientifique un cas particulier
de la création poétique, celui qui peut être soumis
à la vérification expérimentale.
- L'un des moments de votre biographie
qui a le plus irrité vos confrères, si je puis dire, a
été votre conversion à l'islam, après votre
expulsion des rangs du Parti communiste français en 1973. En
Occident on ne comprend pas, par exemple, pourquoi l'islam traditionnel
a refusé la représentation dans les arts plastiques ;
et cet ascétisme visuel musulman semble tellement contradictoire
avec votre appétit de représentation, ce que vous appelez
le réalisme.
Le puritanisme n'est pas une dimension décisive de l'islam, c'est
une de ses tendances locales à certaines époques, et en
matière artistique, le monde musulman déborde d'imagination
pour faire comprendre les structures dynamiques de l'univers, ce qui
est éblouissant dans l'architecture inspirée par l'islam.
Il faut encore
combattre la vision biaisée de la spiritualité musulmane,
parfois relayée en Occident par les musulmans eux-mêmes.
L'islam ne prétend
pas être une religion nouvelle, il n'est pas né avec la
prédication du Prophète. Allah n'est pas un dieu régional,
qui appartiendrait aux Arabes.
Allah veut dire
« le dieu », et les chrétiens de langue arabe
invoquent Allah. « Islam » implique que l'on s'abandonne
volontairement et librement à Dieu seul ; cette attitude est
le dénominateur commun de toutes les religions, depuis le premier
homme auquel «Dieu a insufflé son esprit »
(Coran XV, 29).
Le Coran dit ceci
:
« Mohammed
n'est qu'un prophète : d'autres prophètes ont vécu
avant lui » (III, 114) ; et Mohammed lui-même ajoutait
: « Je ne suis pas un innovateur parmi les prophètes
» (XLVI, 9).
- Vous expliquiez dans votre "Tour
du siècle en solitaire" , que vous vous êtes
affilié à l'islam parce que c'est « la religion
dominante parmi les dominés », et parce que, en tant
que communiste qui aviez été déporté au
Sahara algérien, en 1941, vous aviez eu l'occasion de ressentir
dans votre chair la grandeur de la civilisation arabe. Considérez-vous
que l'islam est une religion qui a moins vieilli et qui est moins pervertie
que d'autres ?
L'islam souffre de phénomènes de décadence comme
toutes les religions qui ont atteint le stade de l'institutionnalisation
dans un contexte qui n'existe plus.
Le propre de l'islam,
c'est une dimension philosophique qui est moins perceptible dans d'autres
religions, c'est une vision dynamique du monde.
Dans le Coran,
ce dynamisme découle de l'incessante action créatrice
de Dieu. Il est appelé « créateur par excellence
», « celui qui ne cesse de créer » (XXXV,
81), « celui qui est présent dans toute chose nouvelle
» (LV , 29). Cette création continue maintient l'existence
de toutes les choses (II, 255).
A la différence
de ce qui est dit dans la Genèse , Il ne se repose jamais, «
Il commence la création et la recommence » (X, 4).
C'est pourquoi
l'islam a un potentiel extraordinaire pour comprendre et guider le monde
moderne ; la sharia coranique nous donne
les principes directeurs pour la recherche des
moyens d'une modernité différente de la modernité
à l'occidentale.
Les juristes du
passé ont donné l'exemple de cette recherche, en faisant
l'effort nécessaire ( itjihad )
pour résoudre les problèmes de leur temps ; chacun
de nous est personnellement responsable de l'observation de cet esprit.
Il faut tout d'abord
passer d'une société fondée sur le profit, le monothéisme
du marché, à une société fondée sur
de véritables valeurs.
- Mais la sharia n'est-elle pas justement
le cadre pétrifié du légalisme maniaque qui caractérise
les sociétés musulmanes les plus enkystées ?
Le terme sharia n'apparaît qu'une fois dans
le Coran (45, 18) et il y a trois autres versets où figurent
des termes de même racine ; le verbe shara'a (42, 13) et le substantif
shir'a (5, 48). Ceci permet une définition précise : il
s'agit d'une voie, et on nous précise que «
en matière de religion Mohammed vous a ouvert une voie (le verbe
shara'a est utilisé) qui avait été recommandée
à Noé, la voie même que nous avions révélée,
que nous avons recommandée à Abraham,
à Moïse, à Jésus : suivez-la et ne faites
pas de celle-ci un objet de division ».
Il est donc évident
que cette voie est commune à tous les peuples,
auxquels Dieu a envoyé ses prophètes (à Tous les
peuples, et dans la langue propre à CHACUN d'eux).
Mais il se trouve
que les codes juridiques concernant le vol et le châtiment approprié,
le statut de la femme, le mariage ou l'héritage sont différents,
selon la Torah juive, les Evangiles chrétiens ou le Coran.
La
sharia, loi divine pour aller vers Dieu, ne saurait donc inclure ces
législations ( fiqh ), qui diffèrent selon l'époque
et la société dans lesquelles un prophète a été
envoyé par Dieu.
Dieu dit dans le
Coran (13, 38) : « à chaque époque
correspond un livre », et aussi :(35,
24 et 16, 36).
- (...)Vous avez créé une
fondation « Pour le dialogue des cultures » à
Cordoue, en Espagne, et vous y avez inauguré une bibliothèque
qui offre les trésors du soufisme, en version papier et en version
numérique, où s'est tenu un colloque international sur
Ibn Arabi, et où se multiplient conférences et expositions.
Vous êtes en fait un continuateur de la tradition mystique de
Al Andalus, cet âge d'or où l'Andalousie et le Maghreb
étaient les facettes complémentaires d'une même
civilisation des deux côtés de la Méditerranée.
Cette tradition mystique s'est perpétuée dans les lettres
espagnoles, de saint Jean de la Croix , jusqu'à Maria Zambrano,
Juan Goytisolo, Antonio Gala. Mais vous luttez aussi contre l'intégrisme
musulman ?
Bien sûr ; il faut encore et toujours combattre
la prétention d'« appliquer la sharia divine »
telle que définie dans le Coran, en la confondant avec le
fiqh , ses applications humaines et variables selon les contextes
; certains juristes ont fait des interprétations des commandements
qui ont été biaisées par les injonctions du pouvoir,
c'est là la maladie principale de l'islam.
L'islam a tout
à fait raison de rejeter la décadence de l'occident et
l'hypocrisie sous-jacente à l'idolâtrie des «
droits » ; il faut rejeter le néocolonialisme et la
collaboration avec le monothéisme du marché que prétendent
imposer les Etats-Unis et ses vassaux occidentaux à travers les
diktats du FMI. La
loi divine, la sharia , est ce qui unit entre eux les hommes
de foi ; or prétendre imposer aux hommes du XXI ème siècle
une législation du VII ème siècle et qui valait
pour l'Arabie, est une œuvre de division qui donne une image fausse
et repoussante du Coran, c'est un crime comme l'islam. Le
littéralisme est un symptôme de paresse intellectuelle.
- (...) Le procès de Charlie Hebdo
a été l'occasion pour la classe politique de réaffirmer
qu'on a le droit de donner une vision caricaturale de l'islam, sans
être accusé d'encourager l'islamophobie ; au même
moment, toute critique de l'Etat d'Israël, ou la moindre charge
humoristique sur des gens qui se réclament du judaïsme,
vous vaut en France, et ceci plus que dans n'importe quel autre pays
au monde, un procès pour incitation à la haine. Qu'en
pensez-vous ?
La diabolisation de l'islam est une catastrophe, mais j'ai une grande
confiance dans la sagesse des musulmans.
Je continue à
distinguer la religion juive qui comporte des éléments
respectables, et qui a donné leurs valeurs universelles à
de hautes personnalités dont certaines ont été
mes amis, comme Bernard Lecache, fondateur de la LICA , de la critique
de la politique israélienne : c'est cette politique et les déclarations
délirantes de ceux qui la soutiennent, qui fabriquent l'antisémitisme,
incontestablement. Et j'ai d'ailleurs gagné un procès
contre la LICRA en 1982 !
- Dans quel pays voyez-vous des signes
solides de résistance à la globalisation USienne ?
La Russie et le monde musulman sont « condamnés à
être des alliés stratégiques », comme
l'a dit le président de la Douma et secrétaire du parti
communiste russe, « à partir du moment où ils
ont également intérêt à éviter l'hégémonie
états-unienne."
Ce rapprochement
concerne aussi la Chine , pour les mêmes raisons.
Le problème
aujourd'hui est de savoir si la Russie parviendra, au plan intérieur
à se débarrasser de la maffia américano-sioniste
qui en faisant main basse sur son économie au profit des spéculateurs,
veut l'intégrer dans l'américanisation générale
du monde. Il faut, une fois débarrassée de cette pieuvre,
que la Russie rétablisse des liens fédéraux et
fraternels, avec la Biélorussie et l'Ukraine, et les républiques
de l'Asie centrale.
De la sorte, la
Russie renouera avec son rôle traditionnel dans la restauration
de l'unité symphonique du monde, contre les hégémonies,
contre la scission du monde entre nord et sud, contre l'arasement des
identités et des cultures.
- Percevez-vous en Amérique latine,
(...) qui a retrouvé un élan bolivarien dans l'affrontement
avec les Etats-Unis, une force spirituelle particulière ?
Bien sûr, car depuis les années 1960, l'Amérique
latine est à l'avant-garde de la rénovation de la pensée
chrétienne, qui a été entreprise par Jean XXIII.
L'encyclique « Gaudem et spes » reste le texte
prophétique de l'époque.
(...)
Nelson Rockefeller, envoyé par Nixon pour observer le sous-continent
le disait : « Les changements structurels dans la communication
et l'éducation font de l'Eglise une force de changement décisive,
et de changement révolutionnaire s'il le faut »
L'Amérique
latine a donné des martyrs, Camilo Torres le Colombien, les dominicains
torturés frère Betto et Tito de Alencar, au Salvador Mgr
Romero et les six jésuites assassinés dans leur dortoir
; elle a donné aussi d'excellents théologiens, dont Ignacio
Ellacuria, jésuite salvadorien assassiné, Leonardo Boff,
Jon Sobrino, Hugo Asmann, Juan Luis Segundo, Rubén Alves, et
le père de la théologie de la libération,
Gustavo Gutiérrez ; mon grand ami l'évêque de Recife
dom Helder Camara a donné un formidable élan à
beaucoup d'autres.
Comme l'écrit
Enrique Dussel, la théologie de la libération est «
un moment réflexif de la prophétie, qui naît de
la réalité humaine, sociale, historique, destinée
à penser, à partir d'une vision d'ensemble du monde, des
rapports d'injustice exercés depuis le centre en direction de
la périphérie des peuples pauvres. »
Et les pauvres
sont le lieu théologique par excellence d'où l'on peut
comprendre la révélation divine qui a été
faite aux hommes, et pour appréhender le sens du salut critique.
- Dans votre livre figure aussi une forte condamnation
du Vatican. Peut-on affirmer que vous rejetez toutes les religions sous
leur forme institutionnelle ? Les religions africaines, en pleine renaissance,
sont absolument décentralisées...
Au contraire, il ne s'agit pas de rejeter les religions qui se servent
du mot « Dieu » dans son sens traditionnel, c'est-à-dire
avec ses attributs de pouvoir et d'extériorité, mais de
considérer chacune avec respect ; de voir dans leurs croyances
propres et leurs rituels une expression symbolique de la recherche du
divin, du salut des êtres humains, de tous les êtres humains,
de leur accès à la plénitude par participation
dans une totalité vivante, créatrice incessamment, dont
chacun, à son échelle, est responsable.
Aucune religion
ne doit avoir la prétention de monopoliser l'absolu. Elles ne
sont pas rivales mais complémentaires.
Il faut ajouter
aux apports des théologies de la libération en Amérique
du Sud et du Centre, à la renaissance de
l'islam dans la mesure où il retrouve son universalisme matinal,
la prise de conscience des valeurs traditionnelles de l'Afrique,
qui agonise depuis des siècles par l'effet redondant de l'esclavage,
du pillage colonial, de la spéculation de capitalistes étrangers.
- Vous n'êtes pas seul dans votre tentative
pour harmoniser une politique de justice sociale étendue au monde
entier avec les valeurs les plus universelles, dont les religions veulent
être les conservatoires. La sensibilité écologique,
née dans le climat de ferveur spirituelle allemande des années
1930, a souvent cette tonalité exaltée, panthéiste.
Pensez-vous aussi que sur ce terrain l'Occident a perdu l'initiative
de l'imagination, comme semble l'indiquer la teneur des grandes conférences
mondiales pour la préservation de l'écosystème
?
Il faut commencer par reconnaître la riche unité entre
la nature, l'humain et le divin.
C'est à
partir de ce que j'appelle la «
civilisation des tropiques » que peut naître
un monde nouveau, plus que de toute autre source ; nous n'avons le choix
qu'entre le suicide planétaire, si nous continuons à obéir
aux lois actuelles de la domination américaine, et une authentique
résurrection.
L'entreprise
conjointe de la Chine et de l'Iran, de construire un pont euro-asiatique,
est fondamentale, et ils associent déjà à leurs
projets l'Amérique latine et l'Afrique.
- Face à ce que vous appelez le
« suicide planétaire », comment la «
civilisation des tropiques » peut-elle rayonner ?
Il faut lire les Brésiliens, Gilberto Freyre le fondateur, avec
son livre "L'Homme, la culture et les tropiques",
et lire Bautista Vidal, qui parle du «
défi amazonien », puis Sergio de Salvo Brito,
qui a prouvé qu'il est possible de fonder une civilisation mondiale
basée sur des ressources énergétiques renouvelables,
ce qui n'est pas en réalité un problème de technologie,
mais de géopolitique.
Voilà la
civilisation alternative à l'actuelle anti-civilisation basée
sur la croissance, qui n'est que la croissance des profits, ce qui entraîne
pillage des ressources énergétiques, et distorsion actuelle
de la politique internationaleautour du pétrole. (...)
- Des raisons d'espérer, devant
le « naufrage du vaisseau Terre » qui se prépare
?
En choisissant de faire reposer leur prospérité sur des
sources d'énergie non renouvelables, les maîtres (provisoires)
du monde ont condamné eux-mêmes leur domination à
être éphémère.
Le pétrole
peut leur accorder encore une vingtaine d'années mais guère
plus, même si de nouveaux gisements exploitables étaient
découverts, et à condition de continuer à exclure
les deux tiers du monde de la consommation orgiaque que pratiquent les
sept pays les plus riches au monde.
Trois mesures peuvent
être décisives : d'abord, que les dirigeants des pays producteurs
de pétrole vendent celui-ci en monnaie locale, de façon
à générer des phénomènes en chaîne
qui pulvérisent l'hégémonie du dollar ; ensuite,
que l'Assemblée générale de l'ONU oblige les Etats-Unis
à payer sa propre dette, qui est la plus monstrueuse au monde;
et enfin, il faut taxer de façon drastique la spéculation
financière.
Tout
cela est possible si apparaissent de nouveaux centres de pouvoir qui
s'appuient sur les peuples.
Car cinq
siècles de colonisation et un demi-siècle de dégâts
causés par le FMI n'ont pas détruit, dans le cœur
des multitudes, le sentiment de la dignité, de la communauté,
et du don de soi-même,
dont la victoire de Gandhi, malgré son martyre final, reste,
encore et toujours, l'exemple éblouissant.
***
Islam
et
esclavage
Nouveau livre de Malek Chebel
"Au terme d’une longue enquête qui l’a
mené de Nouakchott à Brunei, Malek Chebel dresse un constat
accablant de l’esclavagedans les sociétés se réclamant
de l'islam.
Le mot le plus courant, en arabe, pour désigner l’esclave
est ‘abd, duquel dérivent des termes comme ‘ubudiyya
(« esclavage »). D’autres vocables sont encore utilisés,
tels que raqîq (« mis en servitude »), jâriya
(« esclave femme »), ghulîm (« esclave homme
»).
(...)Au Proche-Orient, zandj (probablement issu de Zanzibar)
et aswad désignent l’esclave noir, alors que mamlûk
(littéralement « possédé ») s’applique
à une catégorie particulière, la caste militaire
servile. Ce n’est donc pas le vocabulaire qui manque.
Cette richesse sémantique tranche toutefois avec le mutisme qui
entoure le phénomène. Un mutisme d’autant plus choquant,
aux yeux de Malek Chebel, que l’esclavage a pris des dimensions
considérables tout au long de l’histoire de cette région
du monde et qu’il reste à bien des égards très
présent dans le quotidien de centaines de millions de gens.
C’est pour briser ce silence assourdissant que l’anthropologue
algérien, bien connu (...) pour ses nombreux ouvrages autour
de l’islam, s’est livré à une longue enquête.
Fruit d’innombrables lectures, son pavé de
500 pages est aussi et surtout le compte rendu d’un voyage de
plusieurs mois qui l’a conduit des rives de l’Atlantique
au fin fond du Sud-Est asiatique en passant par les pays du Golfe, l’Asie
mineure, l’Afrique saharienne.
Le constat final est accablant : « À Brunei, au Yémen,
dans les pays du Sahel, chez les Touaregs, en Libye, dans le Sahel tunisien,
en Égypte, en Arabie, en Mésopotamie, au Soudan ou à
Djibouti, il n’est pas un lieu gagné par l’islam
où ne se soit jamais pratiqué le commerce d’esclaves.
»
Encore convient-il d’établir des distinctions entre les
pays et de relever les caractéristiques propres des différentes
contrées concernées.
La Libye et l’Algérie, par exemple, débouchés
naturel des routes commerciales transsahariennes, ont surtout servi
de voies de transit.
Des pays tels que l’Égypte ou l’Arabie
saoudite actuelles étaient, eux, de gros consommateurs, osera-t-on
dire, de marchandise humaine. Idem pour la Turquie. Les Européens
ont fantasmé sur les odalisques des harems d’Istanbul,
sujet de prédilection pour les peintres orientalistes, et se
sont extasiés sur les exploits militaires des janissaires de
l’Empire ottoman. Faut-il rappeler que les premières comme
les seconds étaient des captifs ?
En Afrique, on le sait, c’est à la lisière du monde
noir que l’esclavage prit les plus grandes proportions.
Au Maroc, où la composante négroïde
de la population saute aux yeux du voyageur, les traces en sont manifestes.
Que sont les fameux musiciens gnaouas sinon les descendants de Noirs
« importés » de la zone soudanienne au temps où
le Maroc était une grande puissance régionale ?
Et puis, il y a le cas de la Mauritanie, où, malgré
les démentis, l’esclavage reste une réalité
manifeste. La preuve en est que le Parlement a voté à
plusieurs reprises des textes l’interdisant. Malek Chebel rappelle
un indice qui ne trompe pas : de nombreuses associations d’affranchis
tentent de se constituer en force politique.
« En attendant, commente l’auteur, chaque
foyer de Beidane (“Blancs”) entretient des harratine noirs,
fils d’anciens esclaves auxquels il donne le nom de “serviteurs”,
un peu comme on faisait naguère à la Barbade, où
l’on gratifiait pudiquement du nom d’“apprentis”
les esclaves fraîchement libérés de leurs chaînes.
»
Ainsi donc, une bonne part de la main-d’œuvre servile utilisée
dans le monde arabe venait d’Afrique subsaharienne - en Tunisie,
le même mot, abîd, désigne indistinctement l’esclave
et le Noir… - et tout particulièrement du Sahel, de l’Éthiopie
ainsi que de la côte orientale du continent. Mais les Balkans
et les steppes de l’Asie centrale furent également d’importants
bassins pourvoyeurs.
Combien furent-ils ?
Dans le cas de la traite occidentale, les éléments
de chiffrage existent : les négriers tenaient des journaux de
bord dans lesquels était reporté le détail de leur
commerce honteux. Rien de tel avec la traite orientale. Confrontant
les diverses sources, Malek Chebel estime à plus de 20
millions le « volume total de l’esclavage en terres
arabes et musulmanes ». Ce nombre englobe aussi bien les captifs
de guerre slaves, les concubines et les domestiques circassiennes, que
les domestiques noirs achetés à des négriers ou
razziés dans les villages du Sahel, les marins chrétiens
capturés par les corsaires barbaresques en Méditerranée.
Les négriers arabes auraient donc fait «
mieux » que leurs homologues européens. Les uns ont, il
est vrai, sévi pendant quatorze siècles, contre moins
de quatre pour les autres.
Faut-il chercher dans le Coran la cause du mal ? (...)
L ’islam est né dans une
région du monde où l’esclavage était quasiment
un mode de production. Mais il tente d’en limiter les
abus, tout comme il apporte un progrès incontestable
à la situation des femmes (notamment en limitant à quatre
le nombre des épouses autorisé).
Par ailleurs, l’affranchissement est recommandé
au croyant dont il favorise l’accès au Paradis.
Le prophète Mohammed n’avait-il pas
donné l’exemple en la matière ?
Vivement encouragé en théorie, l’affranchissement
n’a, hélas, guère été suivi en pratique.(...)
En dehors de l’Égyptien Mohamed Abdou, du Syrien Rachid
Ridha, de l’Iranien Mirza Ali Mohamed, fondateur, au XIXe siècle,
du bâbisme, qui a fermement condamné cette
pratique, la plupart des réformateurs sont restés
étonnamment discrets sur la question.
Et que dire des islamologues ! Louis Massignon, Vincent
Monteil ou Jacques Berque disposaient des informations
qui leur auraient permis, en plein XXe siècle, de tirer la sonnette
d’alarme. Peut-être ont-ils préféré,
écrit Malek Chebel, « la hauteur mystique des grands penseurs,
des philosophes et des théosophes de l’islam aux réalités
scabreuses des marchands de chair humaine ».(...)
Quand bien même la réalité de l’esclavage
arabe est reconnue, c’est souvent pour en atténuer
la rudesse : il n’aurait pas abouti à la dépersonnalisation
de l’esclave, comme cela a été le cas avec le commerce
triangulaire Afrique-Amérique-Europe, affirme-t-on. Comme s’il
pouvait y avoir une graduation dans l’infamie…
Mais le pire est peut-être dans l’impact que l’esclavage
a eu sur les mœurs politiques du monde arabe. Dans un livre tout
récent*, l’universitaire marocain Mohammed Ennaji explique
en quoi il a fondé le rapport au pouvoir et donc l’absolutisme
qui est encore souvent la règle dans cette partie du monde.
(...)
Malek Chebel (...) a dû « parcourir au moins
120 000 kilomètres » pour en arriver à cette terrible
conclusion : « L’islam dit l’inverse de ce
que les musulmans pratiquent, et c’est une énigme en soi.
La duplicité humaine qui consiste à transformer un message
d’émancipation en goulag humain fait partie intégrante
de ce paradoxe. »
* Le Sujet et le Mamelouk. Esclavage, pouvoir et religion dans le monde
arabe, éd. Mille et une nuits, 368 pages, 16 euros
D'après un texte de Dominique Mataillet transmis par Hakim Arabdiou.
Les coupes sont signalées par (...) et sont de la responsabilité
du site Le Monde Réel.
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KADHAFI,
JESUS, LE CORAN, MAHOMET...
En hommage amical au colonel Khadafi,
dont la visite en France vient de faire l'objet d'une extravagante campagne
de presse islamophobe, raciste et xénophobe, indigne de la tradition
d'accueil et de tolérance souvent prêtée à
la Terre des "Droits de l'Homme", cette simple
citation:
"On assiste
à une certaine fièvre nationaliste, idéologique
et religieuse, dans le monde (...) L'erreur qui est commise aujourd'hui,
c'est de penser que l'islam, c'est la religion de Mahomet, le dernier
des prophètes.
Non: c'est
celle de Jésus, de Moïse et celle de Mahomet, le dernier
des prophètes. Croire en Dieu, ses anges, ses prophètes,
c'est ça l'islam.
Jésus
n'a pas été envoyé à l'Europe, mais aux
fils d'Israël, pour corriger la loi de Moïse.
Ils ont essayé
de tuer Jésus, mais, comme le dit le Coran, ce n'est pas Jésus,
c'est un autre qui a été crucifié."
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|
"Liberté POUR L'HISTOIRE"
-
Dans un pays démocratique, il ne peut y avoir de vérité
historique officielle.
-
Le prestigieux collectif d'historiens, qui refuse toute définition
de l'Histoire par la loi, par les "politiques", et par l'Etat,
dénonce le texte voté par l'Assemblée Nationale
sur le génocide arménien, et la responsabilité
de la Turquie. - Comme il avait refusé, aupravant, le principe
même de la "loi Gayssot", et tous les textes de la même
eau.
L'association
"Liberté pour l'Histoire" proteste contre le vote d'une
proposition de loi qui vise à réprimer la négation
du génocide arménien, en accusant l'Assemblée nationale
de vouloir "soumettre la recherche et les enseignants"
aux "vérités officielles qu'elle édicte".
"Si
profond que soit le sentiment de solidarité que nous éprouvons
pour les victimes de l'histoire", souligne l'association, "nous
élevons une protestation solennelle: cette nouvelle
loi s'inscrit dans un mouvement rapide d'appropriation de l'histoire
par des mémoires particulières et de recul des
libertés démocratiques".
"Si le Sénat devait confirmer le vote de l'Assemblée,
nous demanderions au président de la République de saisir
le Conseil constitutionnel (...) pour qu'il annule la loi du 29 janvier
2001, modifiée par la loi adoptée le 12 octobre 2006 par
l'Assemblée nationale".
"La France est engagée dans un processus accéléré
de lois établissant des vérités d'Etat sur le passé",
déplore l'association. "Alors même que le président
de la République a déclaré que "ce
n'est pas au Parlement d'écrire l'histoire",
le vote d'une nouvelle loi sur le génocide arménien constitue
une véritable provocation".
"En repoussant un amendement qui visait au moins à
préserver de la censure et de la répression la recherche
universitaire et scientifique, l'Assemblée nationale
vient d'ôter le masque: ce ne sont pas d'éventuels "troubles
à l'ordre public" qu'elle entend empêcher par ces
lois, c'est bien la recherche universitaire et tous les enseignants
qu'elle veut (...) soumettre aux vérités officielles
qu'elle édicte", affirment les signataires.
L'association regroupe quelque 600 historiens et enseignants, dont les
plus réputés, les plus intègres: Mona Ozouf, Pierre
Nora ou Jean-Pierre Azéma, par exemple. Elle est née d'une
pétition, "Liberté pour l'histoire!", lancée
en décembre 2005, par de très nombreux universitaires
se rebellant contre "les interventions politiques de plus
en plus fréquentes dans l'appréciation des événements
du passé "
Liberté
pour l'histoire" : libertepourlhistoire@wanadoo.fr
Rappel
LA NAISSANCE
DE
"LIBERTE POUR L'HISTOIRE"
" C'est dans une atmosphère surréaliste que l'appel
"Liberté pour l'histoire ", publié hier mardi
13 décembre, a été mis en page à Libération.
Dans des locaux... en grande partie occupés par les salariés
en lutte, Serge July, traînant en soufflant sa volumineuse carcasse
et ses rictus d'orgueil bouffi à la Daumier pour arracher les
affichettes de la colère, a dû se résoudre à
trôner au Comité de rédaction... sous une banderole
du Comité d'Entreprise demandant ouvertement sa tête! :
" Externalisons...La direction! "
Libération n'en a pas moins publié " Liberté
pour l'histoire ".
Cet appel des historiens, qui est un grand texte, fera date
aussi sur le fond.
Il met fin, de façon radicale, à la douteuse
" Opération Repentance ", visant à asservir
l'histoire aux objectifs à court terme des réseaux d'influence
pro-Israéliens dans l'intelligentsia française. Ou ce
qu'il en reste...
Mais lisons le document lui-même:
" Emus par les interventions politiques
de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements
du passé et par les procédures judiciaires touchant des
historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes
suivants :
- L'histoire n'est pas une religion.
L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît
pas de tabous. Il peut être dérangeant.
- L'histoire n'est pas la morale. L'historien
n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.
- L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité.
L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques
contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois
la sensibilité d'aujourd'hui
- L'histoire n'est pas la mémoire.
L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs
des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux
objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte
de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
-L'histoire n'est pas un objet juridique.
Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité
judiciaire de définir la vérité historique. La
politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions,
n'est pas la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que
des articles de lois successives - notamment lois du 13 juillet 1990,
du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 - ont
restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine
de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont
prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l'abrogation de ces dispositions
législatives indignes d'un régime démocratique.
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques
Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques
Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude
Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse,
Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock.
"
(Plus de 700 historiens professionnels se sont joints, depuis, à
cet appel.
- Rappelons que, parmi les grands esprits injustement voués
aux gémonies, et condamnés en justice, auquel fait pudiquement
allusion ce texte, se trouve l' intellectuel français Roger
Garaudy, chrétien communiste converti à l'Islam...Au
cours de son procès - indigne...- Maître Jacques
Vergès, l'avocat qu'il avait désigné pour
moucher Goldnadel l'extrémiste franco-israélien, son adversaire,
avait dénoncé, avec une juste violence, le caractère
"raciste" de la loi Gayssot, qui sanctionnait le
travail d'iinvestigation critique sur la Shoah -mais ne sanctionnait
que la négation de ce génocide-là, et pas celle
des autres, sur d'autres continents que l'Europe (Arméniens,
Afrique, etc).
Votée dans l'atmosphère d'hystérie créée
par la classe mediatico-politique toute entière après
l'obscure profanation antisémite du cimetière
de Carpentras - on sait aujourd'hui que les skin-heads décatis,
auteurs de cet acte immonde, étaient en fait très proches
des RG de François Mitterrand, connu, depuis l'affaire de l'Observatoire
(au moins), pour sa propension aux opérations douteuses...-,
la loi Gayssot allait avoir des effets en chaîne. Tous
aussi pervers les uns que les autres...Elle offrait un terrain
de jeu merveilleux aux révisionnistes" et aux " négationnistes
" de tout poil, aux faussaires de l'histoire, manipulés
par les sectes néo-nazies, elles-mêmes sous le contrôle
étroit des divers services de renseignement intéressés
à l'affaire. Elle mettait en difficulté, au passage,
ceux qui, tout en se situant résolument dans la tradition démocratique
de la Résistance française anti-nazie, de la France Libre,
et tout en voyant parfaitement clair dans le jeu de ces gens-là,
de leurs inspirateurs, financiers et complices, refusaient d'avaliser
une loi contre l'histoire, contre la liberté de pensée,
contre la culture. Contre tout ce qui a fait la France...Et s'indignaient
de la condamnation d'un penseur aussi intègre et prestigieux
que Garaudy...
Autre effet pervers, mais qui à la toute-fin des fins, se retourne
contre l' " Opération Repentance",
et contre la loi elle-même, l'indéfendble "loi Gayssot"
allait susciter l'émulation, puis l'escalade, dans le
"Repentir", et la " guerre des mémoires ".
Chacun se battant alors, évidemment, pour exiger " sa loi
", tout en s'inscrivant, sans s'en apercevoir, ou sans rien y pouvoir,
dans la mortifère confusion entre Mémoire et Histoire,
et tout en rentrant, avant l'heure, (" auto-punir la France"),
dans un schema de flagellation masochiste du pays par lui-même.
Dans une spirale sans fin de démoralisation de la nation. Dernier
exemple marquant: l'anniversaire de la mort de Ben Barka,
où tous les coups de fouet des esclaves débiles du "politiquement
correct" ont été distribués à la France
de l'époque, la France tiers-mondiste, indépendante et
amie des peuples arabes du général De Gaulle - le tout,
exactement dans la lignée de ce qu'avaient voulu et programmé,
à l'époque, les véritables inspirateurs de la liquidation
de Ben Barka, les maîtres d'Oufkir, les Israéliens du Mossad,
dirigés par le fameux Tordjman, qui visaient autant à
compromettre la France gaulliste, devenue leur adversaire et leur cible
prioritaire, qu'à liquider un adversaire dangereux...
Une page se tourne donc. Fin de la flagellation... Fin des coups de
fouet...Fin du délire maso. Merci, tout particulièrement,
à Azema, Elisabeth Badinter, et Vidal-Naquet, sans lesquels ce
coup de tonnerre n'aurait pas eu, dans le ciel de nos idées,
le retentissement qu'il mérite...Signons, signons et re-signons.
Qu'on en finisse!"
(Article publié sur le "blog" Imbongi, 14 décembre
2005.
«il
n'y a pas une communauté dans laquelle ne soit pas apparu un
prophète pour la mettre en garde et la guider »
|
UN
VOILE SUR LES LIBERTES AU SEIN DE LA REPUBLIQUE
La laïcité s'applique aux institutions
de l'Etat républicain, elle ne doit pas brider les libertés
du citoyen.
RASSEMBLEMENT CONTRE LA RESIGNATION ET
L’OUBLI
- Appel -
Connaissant l’intérêt et les soucis que vous avez exprimés
suite à la promulgation de la loi dite du 15 mars 2004, j’ai
l’honneur, en qualité de présidente de l’association
« CDRPE » de vous inviter à un rassemblement
samedi 15 mars 2008
de 10h30 à 13 heures
Boulevard du Général Leclerc face à la mairie de
quartier du chemin de l’Ile – 92000 NANTERRE
En effet dans le cadre de l’un des thèmes de l’objet
de notre association (défense du droit des parents d’élèves
et de leurs enfants), nous voulons exprimer une opinion de regret
et de désapprobation à l’égard des conséquences
de la LOI n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du
principe de laïcité, le port des signes ou de tenues
manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges
et lycées publics
Nous préconisons un rassemblement avec bannières, pancartes
et distribution de tracts, et avec des discussions avec les personnes
sensibilisées ou intéressées. Offre de café
et gâteaux.
Parce que nous n’avons pas oublié
Parce que nous ne voulons pas nous résigner
Parce qu’aucune loi est éternelle et peut donc être
abrogée
Rejoignez – nous nombreuses et nombreux
Pour qu’ensemble, au nom de la laïcité, nous rappelions
qu’elle ne s’applique pas aux administrés.
Restons ensemble vigilants face aux dérives liées à
cette loi
Farida BENMERABET
Présidente CDRPE |