Rebelles

- V -

"Edification d'une base d'appui ouvriers-paysans à Nantes-Saint-Nazaire" ICI

( Joseph Potiron, de La Chapelle sur Erdre: ici)

A p

 

ZEYNEB, "Palestine Libre"


Monsieur le proviseur,


Selon des informations dignes de foi, circulant abondamment sur internet, vous auriez exclu pour trois jours l’élève Zeyneb, jugée coupable d’avoir porté en classe un vêtement de son choix, arborant l’expression “Palestine Libre”.


Selon des informations dignes de foi, circulant abondamment sur internet, cette atteinte aux libertés fondamentales de la République Française, qui nous sont chères, et que nos pères ont acquises, puis conservées ou rétablies, au prix du sang, aurait fait suite à un “cours d’histoire” (guillemets à “cours” et à “histoire”), à l’occasion duquel un professeur, négationniste, aurait proféré des horreurs sur le martyre de la Palestine, terre ravagée par un Etat raciste et colonial, dont l’idéologie, sioniste, se fonde explicitement sur une conception raciale de l’identité juive, de l’identité palestinienne, et de l’identité humaine en général, idéologie largement antérieure au nazisme et dont Hitler et ses innombrables épigones se sont inspirés, et s’inspirent toujours, pour commettre les crimes contre l’Humanité que l’on a connu, et que l’on connaît.


Selon nos propres informations, l’infamante mesure d’exclusion frappant cette jeune fille exemplaire s’inscrit dans le droit fil des campagnes de haine raciste et d’exclusion déclenchées au lycée Henri Wallon d’Aubervilliers (93), contre deux jeunes filles juives, converties à l’islam, et portant le voile méditerranéen traditionnel, celui de la mère du Christ, obligatoire, selon leur interprétation, dans leur nouvelle religion - ces campagnes d’atteinte à la liberté élémentaire que constitue la liberté de s’habiller comme on veut ayant été déclenchées par une clique de porte-serviettes d’Olivier Besancenot et d’Arlette Laguiller, prétendant agir en tant qu’enseignants, et enseignants laïques, avec à leur tête Patrick Grond, toujours premier valet de cour du facteur à temps partiel Olivier Besancenot, révolutionnaire électoraliste bien connu de ceux qui regardent la télé.


Pouvez-vous confirmer, ou infirmer, ces informations, dans les plus brefs délais, nous signifier quelles sanctions contre ces voies de fait vous envisagez contre le “professeur d’histoire” (guillemets à “professeur” et à “histoire”) responsable de cette forfaiture, et quelle réparation vous envisagez pour l’honneur blessé de notre sœur Zeyneb?
Jean-Paul CRUSE
Le Monde Réel http://www.lemondereel.fr
raoni@wanadoo.fr
0660630856

ropos de

"REBELLES

- histoire secrète des "maos", et ce qui s'ensuivit"

( mai 1968, etc)

PREUVES

Nos lecteurs ne nous croient pas toujours sur parole. Ils ont raison.

Nous ne le leur demandons pas.

Nous nous en félicitons même: notre chance est d'avoir un public de qualité, populaire, critique, et cultivé.

- Mais nous parlons rarement sans preuves.

Comme on dit au poker, nous n'annonçons pas à découvert...

- Des preuves, donc, sur l' Omertà à LA SICILIENNE qui pèse sur les milieux de la presse et de l'édition "françaises", de la "culture", comme on dit, et sur les mécanismes qui ont réussi à bloquer jusqu'ici, mais pas pour toujours, l'édition-papier du MANUSCRIT de Jean-Paul CRUSE, dont ce site publie, semaine après semaine, en totale exclusivité, les "bonnes feuilles", cest Raphaël SORIN, l'ancien numéro 2 de FAYARD, personnage respecté de l'édition française, qui les fournit lui-même sur son blog.

- OUI, écrit-il, il avait bien en charge le PROJET signé avec JP.

- OUI, "Cruse (...) se mit au travail avec ardeur, remuant ciel et terre pour retrouver des témoins. (...)Il livra un manuscrit énorme, (...) contenant une matière extraordinaire."

Certes, poursuit l'ancien numéro 2 de Fayard, le texte (comme la plupart des manuscrits "torchés" "à la cravache" pour respecter les courts délais qu'impose désormais l'édition "fast food"), était "mal ficelé, rempli d’invectives" (C'est son point de vue, on le respecte, les lecteurs, ici, peuvent en juger, personne n'est parfait, s'il existe des éditeurs c'est justement pour travailler un texte avec l'auteur, l'aider à le "reficeler" si nécessaire, régler le ton, etc. au lieu de le faire refuser, sans le moinde contact direct, par courrier d'une assistante, sous prétexte de "difficultés juridiques", alléguées sans être décrites ni précisées, ni soumises à discussion).

Mais, poursuit Raphaël - à qui on tire ici un grand coup de chapeau, c'est un Editeur, un Monsieur - "on aurait pu, à partir de ça, écrire enfin le roman du gauchisme, une sorte d’épopée folle, miteuse et superbe à la fois. Hachette me mit à la retraite et je dus abandonner l’affaire. Cruse préféra lâcher le monstre sur Internet où on peut le consulter."

Le thème du billet de SORIN, sur son blog, qui lui vaut une accroche en Une dans LIBE - édition électronique - sans que le journal évoque (il y a des limites tout de même à l'esprit d'indépendance) l'affaire du livre INTERDIT de l' ECRIVAIN MAUDIT qu'est aujourd'hui son ancien délégué CGT, auteur de REBELLES, et coordinateur technique provisoire de ce site, Le Monde Réel, est "le silence de Robert Linhart", un personnage central du livre - et de l'histoire des MAOS.

Linhart "que l’on ne cesse d’accabler en soulignant son manque de clairvoyance fatal (il n’a pas compris ce qui se jouait en 68 par ouvriérisme)."

"CRUSE", écrit SORIN, a dans son manuscrit "une opinion qui m’enchante et que je résume : «Robert avait tout compris et tout pressenti. Mai n’était que le début de la longue trahison qui allait aboutir à l’élection de Mitterrand et à la suite. C’est pourquoi on l’a flingué. »

Merci, Monsieur SORIN.

Nous tenons à la disposition de nos lecteurs, et de journalistes intéressés, s'il y en a, la PREUVE COMPLEMENTAIRE que nous avons en main: le texte adressé à JP CRUSE par Lilas S., assistante chez FAYARD, de la part de Claude DURAND, son P-dg, qui n'avait ni la correction ni le temps de dire en face à son auteur les raisons pour lesquelles il lui fallait refuser REBELLES, sans même entrer en relation de dialogue normale avec JP Cruse pour retravailler le texte, et le sortir en MAI 2008 - délai de plusieurs mois, prévu volonairement très large, par Raphaël SORIN...

Du coup, bien entendu, nous continuons et nous accélérons la publication des "bonnes feuilles" de REBELLES - tout en "continuant le combat", sous forme,comme il se doit, de guerilla, dans une jungle de l'édition et de la presse où, la pression montant, le PARTI DE LA CENSURE, giflé comme il se doit, avec retenue et élégance, par l'ancien numéro 2 de FAYARD, ne doit pas s'attendre seulement A UNE DEMIE DEFAITE - comme l'est la DEMIE REVELATION DE LIBERATION, demi- journal, donc, sauvé de la mort par sa REBELLION, tardive, contre JULY, ( lire ici et ici), puis contre l'O.P.A. au bluff d'Edwy PLENEL, mais vivant depuis, entre JOFFRIN et POURQUERY, entre DEUX EAUX, celles du Styx (l'enfer...) et celles de KAOUTHAR, la rivière du Paradis (pardon, c'est coranique).

Blog de Sorin: ici

Lettre ouverte à Claude Durand, ci-devant "éditeur": ici.

REBELLES: LES BONNES FEUILLES: ici et ici

Rebelles

- V -

"Edification d'une base d'appui ouvriers-paysans à Nantes-Saint-Nazaire" ICI

- Au sommaire de cette page "Liberté pour l'Histoire " :

- De Badiou à Nanterre (2010), le "marxisme-leninisme occidental" n'a rien à voir avec le Maoisme -pensée cohérente, issue d'une longue pratique, à étudier à fond, car toujours on ne peut plus vivante, mais qui, qui, elle aussi, comme le marxisme, sera un jour dépassée - car tout ce qui vit meurt: un entretien théorique de longue portée publié par la revue Dissidences: ici

- Zeyneb, exclue de l'école pour le port d'un T-shirt "Palestine Libre": lettre ouverte au proviseur de son lycée, ici

- Janvier 2010: en marge du procès de Sakina Arnaud, amie de la Palestine à Bordeaux, poursuivie pour "incitation à la haine raciale" à la suite d'actions de boycott de l'entité... raciste de Tel Aviv, dans un magasin Carrefour: être anti-raciste, ce n'est pas militer pour l' "égalité des races", car les "races", invention de l'Ancien Testament juif ("race sainte", "Genèse") périodiquement remises au goût du jour par les idéologues coloniaux, n'existent pas: ICI

- 9 novembre 2009, commémoration de la chute du Mur de Berlin devant un autre "mur de la honte", audacieusement pris d'assaut, et symboliquement brisé, en Palestine: ici

- 11 novembre 2009: honneur aux combattants musulmans de l'armée française: glisser à droite de la page: ci-contre

- Ma fille...- Lettre ouverte d'une MAMAN à Nicolas Sarkozy, à propos de la SHOAH, de l'école, de l'éducation des enfants, de la tanmission de la mémoire, etc. ICI

- Sur le même sujet- ancien cheminot résistant de la "bataille du rail", déporté à l'époque ou le pitre de Neuilly ne faisait même pas encore pipi dans sa culotte courte, puis dirigeant de la CGT, le communiste Georges SEGUY gifle SARKOZY, et le remet à sa place (peu de choses...)sur la SHOAH.

Homme féru d'Histoire, plein d'expérience, et cultivé, SEGUY refuse avec un juste acharnement toute discrimination ethnique ou religieuse entre les victimes de la HAINE NAZIE, comme tout bourrage de crâne, indigne, prenant pour cible les petits enfants des écoles afin de leur inculquer des idées fausses: ICI.

- Un voile sur les libertés au sein de la REPUBLIQUE. APPEL. ici

-La débandade honteuse de Rolin, Glucksmann et autres (néos?)-cons de la luxueuse revue "Le Meilleur des Mondes": un parcours partant des maos, et de la Palestine, pour se terminer dans une prosternation obscène devant Israël et lesocialo-kollabo "rose brun" Georges Albertini. Jusqu'où oseront-ils aller? Clic ici

- Le scandaleux manuel d'histoire franco-allemand, un article d'Yvonne Bollmann publié par L'Indépendance de P.M. Couteaux, et suivi d'un commentaire de Shao Shan sur le fascisme allemand dans sa parenté avec la pensée du sioniste autrichien Théodor HERZL: CLIC ICI

- Liberté pour l'Histoire!: CLIC ICI

- Kadhafi et Jésus: réponse à une campagne raciste, islamophobe, honte pour notre pays: Clic ici

- La charia est une VOIE, pas une LOI:Garaudy l'avait dit...Ici

- Cheikh Muhammad Husayn Fadlallah, guidespirituel du Hezbollah, défend, dans une fatwa, l'autodéfense des femmes contre les violences "machistes" perpétrées "au nom de l'islam" CLIC ICI

- Islam, féminisme, sexualité...et bolchévisme! (A propos d'un ouvrage de Roger Garaudy). CLIC ICI

- Islam et esclavage (Malek Chebel): CLIC ICI

 -RETOUR ACCUEIL, SOMMAIRE, ACTU, EDITOS Clic ici

 

Hortefeux, l'immigration, Vichy... - un texte de Léon Landini (FTP-MOI) : clic ici

 

 

Courrier des lecteurs, critiques, autocritiques, remises en cause, dialogue, débat..."Que cent fleurs s'épanouissent!...Ici

11 novembre 1918 - 11 novembre 2008. Il est temps que les bouches s'ouvrent sur la vraie signification de commémorations devenues rituelles, sur le vrai sens de la "double guerre civile européenne", et de ce qui devint (après avoir été une sinistre boucherie inter-impérialiste ouvrant la voie à la Révolution d'octobre, et avant même les combats de1940-45), une lutte de libération nationale de la France occupée.Réflexion nécessaire, aussi, et au passage, sur les fondements de la "gauche" - et de la "gauche" pacifiste anti-militariste de 1914-18, devenue la gauche et même l'extrême-gauche pacifiste collaborationniste du trotskiste Pierre Boussel-Lambert et de Jospin-le-père, entre autres...

11 novembre 2009: image ci-dessous

- Sur la vraie signification du 11 novembre, jour béni entre tous d'une "paix des braves" enfin venue à l'issue d'une sanglante boucherie "inter-impérialiste" transformée, depuis l'invasion allemande, la "Grosse Bertha" pointant sur le Paris sa gueule de feu, ouverte, les tranchées de Verdun et le Chemin des Dames, quoi qu'en dise la gauche pacifiste et bientôt collaborationniste de Jospin (Robert), Boussel-Lambert et consorts , en guerre de libération nationale

avant que l'Amérikke impériale, jouant au dernier sang la division de l'Europe dans une interminable "guerre civile" en deux étapes, ne prépare,avec le"deuxième round", sa (brève) ère de domination "globale"(1945-1965 puis 1989-2009), encore et toujours, sans mollir: "Liberté pour l'Histoire"

11 novembre 2009, enfin, cinquième anniversaire de l'assassinat par empoisonnement de Yasser Arafat, ABU AMMAR, dont le peuple palestinien tout entier, comme nous-mêmes, irréductibles amis de la Cause du Peuple de Palestine, et de son unité, donc, honore ce jour-là la mémoire - nous le ferons en tenant de donner sens, modestement, à la place qui est la nôtre et qui n'est pas au front, aux événements complexes dont la chaîne entraîne, ici, dans la petite planète "pro-Palestine" de FRANCE, plus d'imprécations furibardes etde "fatwas" haineuses que de pensées réfléchies, allant au fond des choses, sur le long terme...

A sept ans,

dans un pays pauvre

du Grand Sud

(ici, à Damas),

ou quand

l' "économie

de la connaissance"

se fiance avec

l' "économie

de la

débrouille"...

Cette petite fille de sept ans, en train de faire ses devoirs tout en vendant des confiseries sur un trottoir de Damas, pour quelques piécettes, refusait de se laisser photographier. Elle se couvrait le visage des mains chaque fois que le jeune photographe de presse syrien Wasim Kheir Beik (27 ans) essayait de le faire.

Il n'a pu finalement capter cette image exceptionnelle - prix de la meilleure photo de presse arabe 2007, attribué par l’Union des Agences Arabes à l’agence de presse syrienne SANA - qu'au zoom, à trente mètres.

« Je veux démontrer qu’un être humain peut vaincre la pauvreté grâce à la volonté et au travail. », a commenté Kheir Beik, dont la photo nous a été offerte, beau cadeau de Noël, par un lecteur, Iyad.

- L'ensemble doit être bien difficile à comprendre par nos "intellectuels occidentaux", pseudo-penseurs indignes des hautes valeurs spirituelles de l'Occident, comme de celles de l'Orient, les "néo-cons français" à la Glucksmann-Rolin (ci-dessous)..
.

 

(Sur le même sujet, ou presque, "MA FILLE" (réponse à Nicolas Sarkozy à propos de l'enseignement de la SHOAH, etc. , ci-contre à droite (ou accès par clic ici)

Ma fille...

- Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président de la république, à propos de la SHOAH, des classes de CM2, de la liberté d'enseignement de l'Histoire, du rôle des parents dans la transmission des "valeurs", de la mémoire - et toutes ces choses...

Par Claire M., 14 février 2008.

Accès par clic ici. - Texte transmis par Joseph Potiron, de La Chapelle sur Erdre, près de NANTES (Loire-Atlantique), figure du mouvement paysan et de la "commune de Nantes" en mai 1968, aujourd'hui en retraite.) - Sur Joseph Potiron et ses amis "paysans en lutte" ou "paysans-travailleurs", lointains précurseurs de la Confédération paysanne chère à José Bové, sur les luttes ouvrières et paysannes des années 1968-81 dans la région de Nantes et au-delà, Larzac, "grève du lait" dans les VOSGES puisdans l'ouest, etc., lire les "bonnes feuilles" de "REBELLES - histoire secrète des maos de la Gauche prolétarienne (1967-1973) - et ce qui s'ensuvit (1973-2008)", le livre toujours actuellement censuré de Jean-Paul CRUSE.- Accès par clic ici.

Accès au menu général REBELLES (bonnes feilles, intro et autres chapitres ici, ici, ,ici et ici

 

LA REUNION DES MINISTRES DE L’UE SUR L’IMMIGRATION PROGRAMMEE PAR B. HORTEFEUX A ... VICHY:


UNE PROVOCATION DU GOUVERNEMENT ACTUEL ET DE L’EUROPE SUPRANATIONALE CONTRE LA
RESISTANCE ET LA NATION REPUBLICAINE, UN PAS VERS LA REHABILITATION DE PETAIN !


A quand en France, un nouveau Conseil National de la
Résistance ?

Un texte de Léon Landini, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté des anciens Francs-Tireurs et Partisans de
la Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), grand mutilé de guerre, ancien officier FTP, officier de la
Légion d’honneur, Médaille de la Résistance.


"Brice Hortefeux, ministre de « L’identité nationale et de l’immigration » a convoqué ses
homologues européens pour discuter de l’immigration à ..... VICHY.

Les FTP-MOI des Bataillons Carmagnole et Liberté, que Charles Tillon ancien commandant en chef
des FTPF et ancien ministre, avait honoré en déclarant : « Carmagnole Liberté un des plus beaux fleurons si
ce n’est le plus beau fleuron de la résistance armée française » et qui étaient issus pour une grande de part,
de parents « sans papiers » sont scandalisés d’apprendre que c’est précisément à Vichy que le sieur
Hortefeux entend régler les problèmes de l’immigration.

Que de tristes souvenirs réactive ce sinistre personnage, en reprenant à Vichy, le travail que Pétain,
Laval, Doriot et compagnie n’avaient pas pu mener à bien. Nous n’avons bien entendu rien contre la ville de
Vichy et ses habitants, mais décider de faire de cette ville une capitale européenne pour parler de
l’immigration est un acte de mépris pour tous les démocrates au moment où Hortefeux est chargé par ses
maîtres d’expulser 25 000 étrangers par an, avec tous les drames que l’on sait !

Oui il s’agit d’une provocation non seulement à l’égard de ceux qui étrangers ou d’origine étrangère
ont combattu l’Occupant les armes à la main, mais également envers tous ceux et toutes celles qui ont eu à
connaître des persécutions par Pétain et ses séides.

Au moment où nous nous apprêtons à commémorer le 90ième anniversaire du 11 novembre 1918, il
n’est pas inutile de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières guerres par
ceux que l’on appelait alors « les coloniaux » et donc les enfants et les petits enfants sont désignés
aujourd’hui sous le nom « d’étrangers ».

Les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est (qui ont été pour la énième fois
vandalisées) aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte Cassino, prouvent que des centaines
de milliers de corps de « coloniaux », reposent loin de leur terre natale.

Leurs sacrifices devraient permettre de traiter avec un peu plus d’égards les enfants et petits
enfants de ces soldats, « très souvent malgré eux » à qui on a pris leurs vies afin que notre pays puisse
reconquérir son indépendance et sa liberté.

Il n’est pas non plus inutile de rappeler, que les immigrés qui dans les années 30 étaient traités de
vermine et de « métèques » par l’extrême droite et son journal Gringoire ont entre 40 et 45 donné le
meilleur d’eux même dans la lutte pour la libération de la France, au point qu’un grand nombre d’historiens
désignent aujourd’hui les FTP-MOI « comme le fer de lance de la Résistance armée française » alors que
pendant l’Occupation un grand nombre de défenseurs de « l’identité nationale » et de la France aux
français » s’étaient vautrés dans la Kollaboration et le déshonneur.

Nous constatons, avec colère que M. Hortefeux, utilise à quelques mots près contre les étrangers
« sans papiers » des mêmes termes et des méthodes de harcèlement policier qui ne peuvent que nous
rappeler ce que nous avons toujours combattu. Car tout comme autrefois, tout en se prétendant le
défenseur de « l’identité nationale » Brice Hortefeux fait poursuivre par sa police, de façon ignoble, des
sans papiers allant jusqu’à mener la chasse à la sortie des écoles. Ce n’est pas cela l’identité nationale de la
France, qui tient en trois mots à nos yeux : « liberté, égalité, fraternité » !

Non, le choix de Vichy n’est pas innocent, car c’est le grand patron Denis Kessler qui félicité le
président de la République, en écrivant dans « Challenge » de novembre 2007: « Il s’agit aujourd’hui de
sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance .... Il est grand temps de le
réformer et le gouvernement s’y emploie ».

Mais il ne s’agit pas seulement de défaire le programme du CNR, mais de détruire tous les acquis
que ce programme avait apportés à notre peuple et sous des formes sournoises de réhabiliter un passé que
nous pensions révolu. Ce mouvement de réhabilitation du fascisme et de ses collaborateurs dépasse
d’ailleurs la France puisqu’en Italie, dans les Pays baltes, en Autriche, les autorités fréquentent
publiquement les nostalgiques de Mussolini et de Hitler, tout en attaquant les symboles de la résistance
antifasciste.

Sous l’Occupation, tant d’espérances nous ont animés, nous qui nous battions pour un monde
meilleur dans lequel nos enfants et petits enfants pourraient travailler et vivre dignement... non seulement
nous sommes loin du compte, mais nous nous éloignons de plus en plus de cet espoir par la faute de ceux
qui nous gouvernent !

Il y a peu de temps le Premier ministre annonçait que la France était à la veille du dépôt de bilan et
le chef de l’Etat surenchérissait en déclarant, qu’il ne pourrait pas améliorer le niveau de vie des Français,
comme il l’avait promis avant son élection, car « les caisses de l’Etat sont vides » (sic).

Et voici, que comme par miracle nos gouvernants trouvent 400 milliards d’euros pour financer les
banques défaillantes, mais en même temps nos médias nous annoncent de ce sera aux travailleurs de payer
le passif. En effet, c’est déjà par milliers que des personnes sont jetées à la rue, que nos services publics
sont privatisés et que nos entreprises délocalisent en laissant dans la misère les ouvriers qui les ont
enrichis. Non ! Ce n’est pas pour ce monde là que nous avons consenti tant de sacrifices car nous étions
convaincus que nos enfants et nos petits enfants vivraient mieux que nous !

Aujourd’hui au crépuscule de notre vie, voici que certains d’entre nous se réveillent la nuit, inquiets
sur le devenir de leur progéniture et sur l’avenir de la France qu’ils ont tant aimée et tant servie, se
demandant quel va être leur avenir : le chômage et la misère, ou dans le meilleur des cas une misérable
retraite à .... 70 ans en travaillant le dimanche comme l’ont décidé une majorité de députés indignes qui ne
savent pas ce que c’est que TRAVAILLER quand on est ouvrier, employé, instituteur, conducteur de train ou
infirmière !

Serait-il possible que nous, anciens combattants de la résistance, nous qui avions mis en place le
programme du Conseil National de la Résistance, restions passifs et silencieux lorsque notre pays est pillé
par la finance internationale avec l’aide de nos propres gouvernants ?

Il nous appartient d’être à la tête de ceux qui préconisent la mise en place d’un nouveau
programme de Résistance, en chassant du pouvoir les larbins du MEDEF et de l’UE. Car les ennemis de la
France ne sont pas les ouvriers immigrés qui triment dur en étant sous-payés, méprisés et expulsés par M.
Hortefeux qui trahit la France généreuse de Jean Moulin et de Guy Mocquet pour chasser l’électeur sur les
terres de Le Pen !

Les vrais ennemis de la France républicaine sont au contraire ceux qui détruisent l’indépendance
nationale en imposant une constitution supranationale bis que le suffrage universel a refusée le 29 mai
2005. Les ennemis de la nation sont ceux qui alignent notre pays sur le belliqueux impérialisme américain ;
ceux qui cassent les acquis sociaux et les services publics ! Ces grands patrons, ces ministres, ces dirigeants
du FMI et de l’OMC qui ont honte de parler français à l’étranger et qui démantèlent le CNRS, l’Education
nationale, la loi laïque de 1905 et tout l’héritage de 1789. Un héritage dont Carmagnole-Liberté a porté
haut le drapeau dans ces maquis où nous, étrangers de naissance, chantions la Marseillaise et arborions le
drapeau tricolore sans les opposer à « l’Internationale » et au drapeau rouge des travailleurs !
Contre ces ennemis de la République, nous anciens Résistants FTP-MOI, appelons à une nouvelle Résistance
antifasciste, antiraciste, patriotique et progressiste.
A quand en France, un nouveau Conseil National de la
Résistance ?"

(Communiqué par Joseph Potiron, de la Chapelle sur Erdre, agriculteur retraité)

 

"Race": quand Israël rend fou...

Combinée aux campagnes de haine contre l'islam, la question d'Israël rend fou.

Alors qu'une mince fraction de l'intelligentsia progressiste (dont une partie encore significative de la diaspora juive) résiste encore à ces remugles montant des tripes à la cervelle, un nombre exponentionnellement croissant de folliculaires incultes succombe.

On se souvient du malheureux Laurent Mouchard-Joffrin, fils, il est vrai, d'un ponte financier de la "grosse pouffiasse blonde" du FN (pour reprendre une expression piquante d'un texte de mai 1993 dont le mythomane raciste Soral, crypto-sioniste passé, dit-il, du "marxisme" - un "marxisme" genre littérature de gare avalée dans les WC, à la va-vite...- à l'archéo-fascisme kollaborationniste de petit "macho" blanc pris d'angoisse pour sa virilité, ostensiblement et répétitivement proclamée, ose aujourd'hui revendiquer la paternité, sans craindre une baffe de la "pouffiasse" qu'il révère et courtise maintenant ouvertement, tentant de draguer dans cette bauge le naïf Dieudonné, avant un nouvel "outing" révélant cette fois ses véritables attaches sur la question du Moyen-Orient...).Mouchard qui, donc, marchant bien involontairement dans les pas du "penser racialement" de son prédécesseur à Libé (dans sa période Alain de Benoist),s'était fait "prendre en flag", "en rebond à revers", (selon la jolie expression de son ami Villiers), en polluant une pesante leçon d'anti-racisme destinée à défendre l'ambigu Val contre l'incertain Siné d'un "Réprouver l’intégrisme musulman et dénoncer le pouvoir supposé des juifs ce n’est pas la même chose. On est anti-intégriste dans le premier cas, raciste dans le second. On choisit sa religion, on ne choisit pas sa race. », aggravé, devant le tollé, d'une « note de la rédaction : Plusieurs lecteurs ont été choqués par l’emploi du mot « race » dans le texte. Ce mot est mal choisi. Communauté ou origine sont plus justes. Ces termes sont utilisés dans la version du texte en ligne sur notre site. LJ »

Mouchard croit donc (son inconscient a bavé, à jeun, vraisembablement, comme celui du brave Siné sous l'alcool...) qu'il existe une "race juive", à défendre dit-il, et donc, puisque nous ne sommes pas tous juifs, des races; et qu'être anti-raciste (surtout quand sa lignée ne l'a pas été, et qu'on a choisi de changer un nom mal destiné, car "mouchard", conservé par le père, ne vient pas seulement de "se moucher"), c'est défendre "l'égalité des races".

Le préambule de la Constitution française de 1958 ne grave-t-il pas lui-même dans le marbre ce pseudo-concept de "race", pour en promouvoir, certes, l'égalité en droit, corrigeant tout de même la terrible phrase du laïc de gauche intégriste Jules Ferry sur le "devoir" (colonial) d'améliorer le sort des"races inférieures" (colonisables à merci...)en leur apportant, baïonnette au canon, "la civilisation"?

Et quand Sarkozy demande à Simone Veil de corriger ce texte d'importance, c'est sous l'angle de la "diversité", ou de la discrimination des femmes, pas sous celui-là: et personne ne pipe mot - même pas la brave Simone.

Cohen, maintenant.

"Zemmour est-il de race blanche", titre en plein ventre de page Vendredi, le journal qu'il dirige en tant que rédacteur en chef. "Le journaliste Eric Zemmour a déclenché la polémique en répondant à RocaillageDiapo: "Les races, on voit bien que ça existe. (J'appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire).". Il est regrettable, poursuit le texte du journal de Cohen, "que l'écrivain n'ait pas eu la présence d'esprit de lui répliquer: "Selon vos critères, vous n'appartenez pas à la race blanche, mais à la race juive".En effet, si Rocaillage Diapo a le teint mat à forte concentration de mélanine, caractéristique du sous-groupe d'ascendance africaine, Eric Zemmour arbore de façon visible tous les traits attribués au groupe d'origine sémite, dont seuls les ayatollah Droits de l'Hommistes et autres antiracistes bien pensants continuent de nier l'existence. (...)Grâce à son long compagnonnage avec le type d'origine indo-européenne, l'expression "race juive" a laissé d'innombrables traces dans les œuvres de référence de la culture occidentale, de Saint-Augustin à Freud en passant par Shakespeare..." (sans oublier Voltaire, Théodore Herzl, et la "race sainte" des livres d'Esdras et de Josué, dans l'ancien Testament cher aux protestants, dans la Torah juive. NDLR LMR).(...)"Pourquoi contester l'évidence? Il suffit d'ouvrir les yeux: Eric Zemmour n'appartient pas à la race blanche. Du reste, l'expertise biologique peut aujourd'hui identifier les allèles spécifiques de son sous-groupe humain.

Il suffirait, pour vérifier sans risque d'erreur la classification du journaliste, qu'il accepte de se prêter à un test ADN."

Ignare autant que pédant, le maître de conférences à l'EHESS, dont Cohen prend la responsabilité de publier les horreurs (sans les assortir de la moindre réserve, de la moindre mise à distance, du moindre commentaire), et dont nous tairons, nous le nom - pas de pub...-ne sait sans doute pas que des tentatives ont bien été faites - par les délirants "scientifiques" des labos de ...la Police des Frontières de l'Etat d'Israël - pour tenter d'identifier les juifs par l'ADN.

Dernier vrai journaliste de l'hebdomadaire islamophobe Le Point, de Claude Imbert, Giesbert et BHL, Emmauel Berretta s'en était fait l'écho il y a quelques années.

Elles ont été faites, et leur résultat a été, du point de vue de leurs initiateurs racistes, catastrophique: une Shoah génétique.

Rien d'étonnant: puisqu'on sait depuis la parution, au moins, du livre éblouissant du chercheur israélien Shlomo Sand (un véritable intellectuel juif, antiraciste), "Comment le peuple juif fut inventé - de la Bible au sionisme" (Fayard, 2008), que non seulement l'existence d'un "peuple juif" qui aurait tous les traits d'une "race", remontant généalogiquement dans les ténèbres du temps, et repérable donc par le moderne ADN, est une pure invention, une farce conçue à des fins, tardives, de propagande coloniale, mais que, s'il y a des descendants des lointains Hébreux, en portant, peut-être, quelques brins de marqueurs génétiques, ce sont les actuels Palestiniens, juifs convertis à l'islam il y a des siècles.

Shlomo Sand: « Je n’ai pas été élevé comme un sioniste, mais comme tous les autres Israéliens, je tenais pour acquis que les Juifs étaient un peuple qui vivait en Judée et en qui en avait été exilé par les Romains en 70 après Jésus-Christ.

Mais lorsque j’ai commencé à chercher des éléments de preuve, j’ai découvert que les royaumes de David et Salomon étaient des légendes. Concernant l’exil, les choses sont semblables. En fait, vous ne pouvez pas expliquer la judéité sans l’exil. Mais lorsque j’ai commencé à rechercher des livres d’histoire décrivant les événements de cet exil, je n’ai pu en trouver aucun. Pas un seul. C’est parce que les Romains n’ont pas exilé le peuple juif. En fait, les Juifs en Palestine étaient en leur écrasante majorité des paysans et tous les éléments de preuve indiquent qu’ils sont restés sur leurs terres. »

On comprend mieux, sans pour autant la trouver tolérable, la célèbre tirade, restée hélas impunie, d'un sioniste jabotinskiste nommé Kupfer qui, dans un meeting public, tenu en plein Paris, avait pu, sans être traîné en justice, moquer, de sa tribune, "le facies lippu de Yasser Arafat".

Lippu ou pas, lui, le puant orateur, un des fleurons de cette extrême-droite juive qui sévit en toute impunité dans Paris, étant d'origine ashkenaze, il descend, lui, selon la démonstration minutieuse et rigoureuse de Shlomo, de peuplades turques d'Asie centrale converties de gré ou de force au judaïsme, essaimant jusqu'en Allemagne..

Revenons à Cohen.

Comment donc un garçon aussi fin et cultivé que le rédacteur en chef de Vendredi, nouvel hebdomadaire en vente libre, autorisée aux mineurs, fondé sur une sélection d'infos pêchées sur le "net", et de "blogs" comme celui de ce maître de conférences dans la prestigieuse EHESS, a-t-il pu en venir à publier pareilles horreurs, aggravant la croyance que, sans doute, il partage, en l'existence d'une "race juive", et, donc, d'autres "races", autant de "groupes et sous-groupes" humains à l'identité fermée, déterminée par la génétique...?

En ajoutant, pour être complet, et là nous franchissons la frontière séparant l'abominable du ridicule, que cette"race juive" serait à distinguer de la "race blanche"...

Pas chiens, professionnels dans l'âme, et gardant un souvenir amical d'un garçon qui, venu, certes, du trotskisme, sut se montrer courageux et prendre ses responsabilités au moment de l'émergence du courant souverainiste, en 1993, dans l'immédiat après-Maastricht, dans la lignée du gaullisme historique, jusque autour des plus "sulfureux" des rescapés de l'épopée de Londres, du BCRA du colonel Passy, et des maquis, avant de devenir un des piliers de la Fondation Marc Bloch et de Marianne, nous lui avons posé la question avant de le mettre en cause (mœurs désuètes, sans doute, et quasiment disparues de ce qu'on nomme encore, par habitude et paresse de langage, la presse...). Ci-contre le courrier électronique en question, qui n'a pas reçu de réponse)

 

Nous espérons susciter maintenant, outre une réaction de Philippe, celles de deux autres Cohen:

- Yves, ex-mao repenti ayant pris la mauvaise habitude de traiter ses anciens camarades de combat d' "antisémites" pour peu qu'ils ne partagent pas ses nouvelles positions sur Israël, et qui fréquente l'EHESS, où le "poulet" nauséabond d'un maître de conférences sur "race blanche" et "race juive" devrait, en principe du moins, susciter quelques remous...

- Et Marc, dit "Marco", ancien réd-chef de l'Idiot International de la Grane Epoque, survivant, avec sa bonne humeur et son humour inébranlables, d'un lynchage médiatique aux connotations discrètement antisémites, l'affaire "rouge-brun" (1993), au cours de laquelle, en compagnie de Pierre Zarka, Henri Krasucki, Francette Lazard, François Hilsum et quelques autres (tous ou resque tous juifs antisionistes de l'aile prolétarienne, souverainiste anti-Maastricht, anti-impérialiste etc d'un Parti communiste alors électrisé par l'imminence du départ de Georges Marchais), il fut placé au pilori sous l'accusation de complot "nazi-communiste" (brun-rouge ou rouge-brun, selon les goûts...), l'inénarrable "Didier Dénonce", le richissime Claude Angeli du Canard Enchaîné, le sémillant Plenel et son "bonnet de nuit" ayant joué, dans cette étrange partition, leur petit rôle...

Amie de Cohen (Marc) comme de Cohen (Philippe) avec qui elle avait fait équipe à "Marc Bloch", Elisabeth Levy a écrit ce qu'il fallait écrire de cette scandaleuse affaire dans un de ses meilleurs livres, "Les Maîtres Censeurs".

Elle y défendait aussi avec autant de rigueur que de vigueur le "sulfureux" auteur de ces lignes, qui n'a pas oublié; et souhaiterait qu'elle vienne aussi contribuer (dans ces colonnes, ou dans celles du site Causeur qu'elle anime brillamment en compagnie de Cohen (Marc) au souhaitable débat sur le fond dont le choix éditorial surprenant de Cohen (Philippe) peut-être, Inch Allah!...,l'occasion.

Mercredi 17 décembre 2008

21H21

Jean-Paul Cruse

 

1967-2010. Contre les sympathiques approximations de l'AGEN-Nanterre, l'escroquerie BADIOU, et le groupuscularisme à l'ancienne du prétendu "Parti communiste maoiste", vérités et avenir du Maoisme en france et dans le Monde

- Un texte théorique de JP Cruse brillamment édité par la revue Dissidences, où on peut le lire en version intégrale, dense et limpide, tout en consultant les extraits choisis ci-dessous.

 

(...) "Quand 68 démarre, (...) les Comités Vietnam de Base (CVB), (...) ce n’est évidemment pas la lutte armée, la guerre avec des flingues, mais une espèce particulière de guerre, ponctuée par des affrontements violents. Quand mai 68 arrive, nous transférons tout naturellement un savoir-faire acquis dans le cadre précédent. (...) La question de la guerre du Vietnam passe un peu au second plan et le contexte des affrontements avec la police s’y superpose, surtout à partir du mois de juin 68 et de l'affaire de Flins, qui se traduit par la rencontre de notre fraction du mouvement étudiant avec les ouvriers de Renault, de sévères bagarres à leurs côtés contre les CRS aux abords de l'usine, et la mort de Gilles Tautin, un de mes amis lycéens des CVB, qui va périr noyé, après une charge des gardes mobiles le poussant vers la Seine.

(...) La création de la GP, c’est la fusion de trois noyaux.(...) trois composantes." (dont l'une, la composante politico-militaire issue des actions violentes contre la guerre impérialisye au Vietnam) "a été décisive". (...)

Mai 1968 n'a pas été une révolution

- qui aurait été brisée...

"Ce qui domine dans l'après 68, parmi les étudiants et la petite-bourgeoisie intellectuelle actifs en mai-juin 68, est un sentiment de déception. C'est l'impression d'avoir fait un truc énorme et d'avoir échoué. Ce qui va permettre l'émergence de la GP, c'est la nécessité de renverser ce sentiment de déception, en démontrant, dans un premier temps, qu’il repose sur une fausse analyse, sous la pression de la peur, le traumatisme de la répression.

Ce bilan négatif de Mai 68, complètement faux, assimile notamment le mouvement de Mai à une Révolution qui aurait été brisée. Le mouvement d'idée qui va donner naissance à la GP, c’est la lutte contre cette « théorie du reflux » : nous combattons à la fois l'idée qu'il y a eu échec, et l'idée qu'il y avait répression d’une Révolution, mère de cet échec. Il n’y a pas eu de Révolution et elle n'a pas échoué. Ces événements de Mai ne pouvaient être comparés à ceux de 1905 en Russie, comme les esprits les plus dogmatiques, trotskistes et marxistes-léninistes, l’ont fait, plaquant un modèle ancien sur une situation radicalement nouvelle. Il y a bien eu une répression policière mais, somme toute, limitée. Il y avait eu un mouvement étudiant porté par la guerre du Vietnam, puis les arrestations de certains de ses activistes, et la lutte contre cette répression, à laquelle succéda une énorme grève générale ayant une portée historique. Ce n'était pas une grève porteuse d’une “révolution prolétarienne”, mais un mouvement social profond porté par des aspirations diverses - que nous mettrons du temps à décomposer et à analyser en détail, en intensifiant peu à peu notre immersion dans le monde industriel, dans les usines.


Les choses vont se décanter au fil du temps. Une grande partie de notre travail consistera à aller décrypter, au travers de nouvelles expériences de luttes, à la base, à Flins, par exemple, ce qu'avait été le Mai 68 ouvrier. Cela se déroulera de façon très progressive.
Nous tâtonnons beaucoup. Notre axe principal, c’est de travailler en usine et de militer en milieu ouvrier. C'est dans les années qui vont suivre, au travers d'expériences pratiques de lutte dans les entreprises, que nous allons commencer à mieux comprendre, tout en aidant les ouvriers eux-mêmes à mieux percevoir ce qui avait été, en fait, central dans la grève générale
ouvrière de Mai 68 et toujours déterminant après : à savoir la révolte contre le Taylorisme, c'est-à-dire la révolte contre la conception fordienne de la production.

Cette analyse était en phase avec l'idée que nous nous faisions de la Révolution Culturelle en Chine, où la contradiction entre travail intellectuel et travail manuel occupe une place centrale.

Et le tout est bien en phase avec la conception que nous avons du travail politique lui-même, en rupture radicale avec la conception présente dans le Que Faire ? de Lénine, spécificiant la nécessité de l’« importation » du savoir de l'intellectuel dans la classe ouvrière.

C’est ici que se situe la rupture maoïste dans le champ du marxisme, et même peut-être au-delà.

A l'époque de Lénine, ces conceptions étaient sans doute en partie justes, mais nous ne sommes plus dans l’époque du développement historique, donc culturel, où les intellectuels, forts d’un puissant savoir révolutionnaire « d’avant-garde », ont à le propager, à le répandre, « du haut vers le bas
»
, auprès d’une base jugée plus ou moins inculte et arriérée, un peu à la manière des missionnaires du temps des colonies.

Tout au contraire, nous partons de l'idée selon laquelle existe à l'intérieur de la classe ouvrière, et du peuple en général, un bouillonnement très riche
d'idées, centré, comme nous avons commencé à le percevoir petit à petit, progressivement, autour d’une explosion de révolte contre le taylorisme...

Notre rôle n'est donc pas de venir distribuer les classiques du marxisme-léninisme à la porte des usines. C'est ce qui faisait, et fait toujours, notre grande différence avec les « marxistes-léninistes ».

Notre rôle est de nous intégrer à des mouvements sociaux existant, déjà porteurs d'idées, et de nous y montrer utiles. Nous sommes là pour saisir des bouillonnements d'idées spécialement ouvriers, prolétariens et les raffiner c'est-à-dire les synthétiser, les clarifier, les décanter - à la lumière, bien entendu, de l’expérience acquise du mouvement ouvrier, du mouvement communiste dans le monde...

Voilà l'idée centrale qui guide alors tout notre travail politique, qui va se prolonger durant plusieurs années – pour certains d’entre nous, plus nombreux qu’on ne pense, jusqu’à ce jour...


- Quel est le rapport que vous entretenez d'une part avec les autres structures maoïstes qui perdurent, et d'autres part avec les autres courants politiques tels que le trotskisme ou l'anarchisme ? On a souvent qualifié de libertaire une partie des pratiques de la Gauche Prolétarienne, qu'en pensez vous ?


- La première question est celle de la rupture très importante et très radicale entre ce que l'on peut appeler le marxisme-léninisme et ce que nous appelons le maoïsme.

Le marxisme léninisme est une philosophie politique provenant d'un tronc commun (le retour aux textes de Marx...), qu’une certaine presse, une certaine mode, et peut-être certains calculs, tentent actuellement de faire réémerger autour d’un homme sympathique et courageux, Alain Badiou
- peut-être l’ultime figure de ce qu’il faut bien appeler le « marxisme universitaire ».

C'est un mouvement qui n'a pas été le mien, c'est une époque précédant la mienne, et qui ne m'a touché qu’indirectement. Il a touché Normale Sup et des intellectuels du Parti communiste, influencés par Althusser, autour de l'idée centrale du « retour » aux textes, refoulés, oubliés, pollués, pervertis ou reniés par les dérives opportunistes du communisme institutionnel, électoraliste, du PCF. C'est ce premier mouvement qui va donner naissance à l’UJC-ML, au PCMLF et plus tard un tas d'autres formations marxistes-léninistes.


La GP, elle, surgit d’une critique interne au
« marxisme-léninisme », sous l’influence, notamment, de la Révolution culturelle chinoise. Elle considère que ce mouvement de retour aux textes a pu se montrer utile, essentiel même, car dans ces textes beaucoup de choses importantes ont été dites, avant de se trouver polluées, pourries, dans une terrible confusion,
sans principes, opportuniste... Mais nous nous refusons absolument à rester dans cette posture de “retour”, très vite passéiste et intellectualiste.

Nous nous situons délibérément dans une nouvelle époque historique, philosophique et politique, quelque peu différente de celle où s’est épanoui le marxisme-léninisme du début du XXe siècle.

Notre époque est celle où, selon les analyses du Parti communiste chinois, de Mao notamment, de Zhou Enlai, protecteur de Deng et des autres, l'impérialisme agonise : la guerre du Vietnam, mère des actuelles guerres
d’Irak et du Moyen-Orient, ayant cristallisé cette tendance, la rendant limpide.

Dans cette période, les rapports entre le peuple et les intellectuels y compris sous l'angle du marxisme, ne sont plus les mêmes. Autrement dit, le rôle des intellectuels ne se limite pas à aller enseigner « le pur marxisme-léninisme » dans la classe ouvrière, dans le peuple... Notre rôle est de lier le marxisme-léninisme des textes et la pratique C'est l'union de la pratique et de la théorie, du manuel et de l'intellectuel, de l'idéologie et de l'action.

Nous sommes donc en rupture complète avec les marxistes-léninistes, quel que soit leur chapelle, à ce moment là. Cela ne
signifie cependant pas que l’on soit dans un rapport permanent d’hostilité avec eux, (...) nous sommes à la fois opposés au système impérialiste, capitaliste et au modèle russe des années Khrouchtchev- Brejnev, dont, sous l’influence chinoise toujours, nous pressentons et annonçons, complètement à contre-courant, l’inévitable et rapide effondrement...(...)

Contrairement à ce que l'on entend souvent et à ce qu'on lit fréquemment, le courant d'idée maoïste n'a pas disparu de la scène, pas plus que les courants marxistes-léninistes. Ces mouvements sont devenus plus petits, plus
souterrains, mais existent toujours.

 

- Ces pratiques et positions politiques vous amènent à vous développer de quelle manière sur le territoire ? Le mouvement d'établissement a-t-il contribué à accroître l'influence de la GP en province ?


Au moment ou nous nous posons la question de l'établissement, nous sommes essentiellement des khâgneux, des élèves de prépas, plus rarement matheux (Ecole des Mines, Centrale, Polytechnique...) et majoritairement des Parisiens. (...) Il est moins difficile quand on est un Parisien un peu connu sur la ville d'aller se refaire une identité un peu factice et de rentrer dans une usine en Lorraine ou en Loire-Atlantique, que de le faire en restant à Paris. Aussi le mouvement de l'établissement va-t-il s'apparenter à un mouvement de « nationalisation », d'extension géographique... D'autant que, parmi les grands mouvements sociaux de 68 et des années suivantes, tout ne se déroule pas à Paris ! Il se passe beaucoup de choses dans le Nord de la France, en Lorraine, en région lyonnaise ou marseillaise (alors restées de grandes régions industrielles)...

Pour ma part, ce sera Nantes et Saint-Nazaire. Je vais partir en 1969 travailler en usine en Loire-Atlantique et je vais y rester 16 ans. D'autres vont partir à Sochaux, par exemple. C'est à ce moment que nous allons vraiment rencontrer le peuple, en somme.

(...)C’est en région parisienne que l'immigration et en particulier l'immigration maghrébine est la plus concentrée. Dans les grandes usines, on trouve de nombreux O.S. arabes. Il existe un racisme très violent, bien plus fort que celui d’aujourd’hui, rien à voir... La haine se traduit par des morts et des agressions très sauvages, à Barbès, à Belleville, dans les banlieues proches de Paris...

En région parisienne, notre action va très vite être centrée sur les O.S. arabes de Renault, de Citroën, de Chausson. Ils sont par ailleurs tout aussi sensibles à la question palestinienne qu’à celle du racisme, qui les frappe de plein fouet.

A (...) Nantes-Saint-Nazaire, c’est une tout autre histoire, une autre formation sociale. Ce sont essentiellement des ouvriers qualifiés, blancs, « gaulois », plutôt des professionnels que des O.S., souvent d'origine paysanne. (...)Les immigrés y sont relativement peu nombreux. (...)


- Que tirez-vous de cette expérience ?


J’ai été très heureux. Un bonheur intense. On a peut être du mal à se l'imaginer aujourd'hui : on a 20 ans et on est plein de force. On découvre le monde et on n’est pas convaincu de tout savoir, bien au contraire. On a les yeux écarquillés. On agit, et en même temps on découvre. Je suis alors heureux avec les gens avec lesquels je milite, et pour moi c'est une expérience très positive.Malgré, bien entendu, des contre-effets négatifs, l'arrestation, la prison, la clandestinité, avec leurs conséquences, naturellement sur la vie privée.

La dissolution de la GP sera donc un coup de massue sur la tête. Il survient, dans mon cas, à peu près au moment où je sors de prison, après une condamnation à 15 mois ferme pour “violences à force ouverte”.

Je serai le seul dirigeant national de la GP à s'opposer ouvertement, franchement et publiquement, à la liquidation. A Nantes-Saint-Nazaire, la dissolution ne se produit d'ailleurs pas. Nous continuons, sous des étiquettes diverses, avec les mêmes pratiques qu’au temps de la GP, légèrement adaptées. Je deviens assez rapidement l'animateur salarié des Paysans-travailleurs de Loire-Atlantique, des militants chrétiens très progressistes, sous l’influence de la « théologie de la Libération », dont beaucoup se sont formés intellectuellement au sein du Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne (MRJC), influencé par le marxisme-léninisme avant même 1968.

La GP se développe en milieu rural autour de groupes issus en général de « Paysans en lutte », comme les frères Jean-Bernard et André Mabilais, « Dede », très proches sympathisants...

Cette expérience de la campagne est parfaitement en phase avec ce que nous croyons connaître alors de la Révolution chinoise, et des racines du maoïsme dans l’univers mental de la paysannerie chinoise. Bref, c’est une
grande partie de ma vie, jusqu'à une reconversion dans le journalisme, dans un petit hebdomadaire local très militant, d’abord, puis à Libération, et le retour à Paris à la fin des années 1970.

- Le journal Libération demeure aujourd'hui une œuvre encore visible de la GP. Comment la création d'un tel journal est-elle décidée, et quel rapport allez-vous entretenir avec cette publication ?


La création du quotidien doit être vue comme un aboutissement, un bond en avant, dans un processus. Tout au long des années de la GP, il y a une activité de production de textes et d'images, sous forme de tracts, de petits journaux d'usine, de petits journaux de quartier... La création de l’Agence de Presse Libération (APL), et ensuite du quotidien, en constituent des développements.

Ce qui prime, à nos yeux, dans la conception de tracts, de petits journaux d'entreprise ou de quartier, puis de Libération, ce n'est pas le fait d'endoctriner les gens, de propager une doctrine, c'est surtout d’écouter les gens, faire quelque chose de vivant qui soit à la fois une expression et une élévation du niveau de réflexion des gens.

Nous avons une production de tracts très originaux par rapport aux tracts habituels marxistes- léninistes, « gauchistes ». Ils sont beaucoup plus vivants - et copieusement méprisés par nos rivaux qui nous traitent alors de populistes. Ils sont résolument en langue vivante et pas en langue de bois, écrits d'une façon très simple, très imagée. Très tôt dans le processus, nous
favorisons la rédaction des textes par des copains de la base, des gens du peuple, des ouvriers, des paysans, des mères au foyer de cités populaires, des immigrés. C'est davantage l'expression de situations, de la préparation d'actions, que l'expression d'une doctrine.

C’est ce qui va nous permettre de faire des journaux qui marchent, qui sont lus, qui s’arrachent, qui trouvent leur public (...) qui expriment ce bouillonnement de tout un mouvement (...). La force de Libération à sa naissance est justement de libérer quelque chose, une parole et, bien au-delà, une énergie intellectuelle vivante au sein du peuple, d'exprimer une tendance active au cœur de la société, en allant au delà d'une analyse distanciée, d'une « théorie » ou d'une doctrine.

(...)Ce qui est de l'ordre de l'analyse, de la théorie et de la doctrine ne peut avoir de force que par une inscription au cœur d’un processus où les idées se forment, puis s’affinent, en contact permanent avec des gens que nous rencontrons, avec la base. Nous organisons ensuite, mais ensuite seulement, des stages de formation approfondie de cadres ouvriers, paysans, etc. Ils sont indispensables, mais avec des discussions systématiquement organisées autour de textes vivants tirant « des leçons de l’expérience », ancienne ou moins ancienne, directe ou indirecte...(...)

(...)Honnêtement, je n'étais pas un fanatique de Libération au moment de sa sortie, en 1973. Je l’ai néanmoins rejoint quelques années après, constatant qu’il s’inscrivait dans le « soulèvement de la vie », qui faisait apparaître la presse traditionnelle, qu'elle soit de gauche ou de droite, comme une presse en langue de bois.

Si je n'apprécie pas ce journal, dès le début, c'est en raison du contexte politique précis de sa création, que je ressens comme une opération de Benny Levy et de l’écrasante majorité des dirigeants de la GP pour favoriser la dissolution de notre mouvement, en la masquant un peu, ce qui va bientôt permettre à Serge July, un arriviste issu du "22 mars", de prendre sa tête. Ils cherchaient un moyen pour donner aux militants l'impression de continuer quelque chose. Un journal est « un organisateur collectif ». Il y a une activité militante qui s'organise autour... Je me méfie aussi de ce qui apparaît comme un retour vers la petite bourgeoisie intellectuelle, marginalisée, en s'écartant passablement de ce qu’il y avait de populaire, d'ouvrier, de prolétarien, dans nos activités éditoriales antérieures (feuilles de lutte, petits journaux...) qui pénétraient les masses populaires.


Malgré toutes ces (sérieuses) réserves, je me rends à l’évidence : un quotidien c'est une force d'impact politique énorme. Les militants « non dissous » (...), à Nantes, comme à Paris, ou à Lyon-Grenoble, par exemple, et qui n’ont nullement perdu le goût de la lutte populaire radicale, pas plus que le sentiment du devoir, doivent bien le constater : ce journal, quelles que soient ses limites, peut devenir un support extraordinaire. (...) Libération est né de l’APL, l'Agence de Presse Libération. Les dirigeants liquidateurs de la GP, définitivement dissoute (espèrent-ils...) avec le lancement du quotidien, entreprennent de dissoudre l’APL. Il se trouve qu'à Nantes, l’APL, très autonome, refuse de se dissoudre. Elle continue à exister en tant que bulletin d'information populaire, centré sur les entreprises, les paysans... (...)Nous prenons bientôt la direction de ce petit organe, dont nous allons faire, en quelques années, un véritable hebdomadaire. Nous l’imprimons nous mêmes avec une petite offset, et nous allons le diffuser à mobylette, en kiosque ou à la criée dans les rues. La même démarche sera suivie ailleurs, d'une façon plus ou moins comparable, à Grenoble par exemple où subsiste un noyau assez important de militants de la GP refusant sa dissolution, réuni autour de Pierre Boisgontier. Ils créent, eux, VRA (Vérité Rhône Alpes), un
hebdomadaire régional d’un vrai poids, qui perdurera au moins vingt ans. Parallèlement, ils développent une grosse imprimerie et un tas d'activités connexes.

Tout cela me rapproche de Libération, dès 1975-1977. Je vais me lancer dans une
activité de journaliste professionnel, prolongement de l’engagement militant des années
d'avant. Fait sérieusement, le métier de journaliste est magnifique. Mais parallèlement,(...) « le groupe de Nantes » (issu directement de la GP), (continue) (...) à animer des campagnes de luttes populaires, d'actions aussi « directes » que diverses, de grèves, d’un tas de choses...

(...)Cette action militante infra ou supra-journalistique me conduit aussi,
tout naturellement, à défendre une orientation pour Libération, quelque peu en décalage avec
celle qui domine à l'époque (...). Ce militantisme journalistique va
déboucher bientôt (début 1981) sur la création de la CGT à Libération, d’abord entièrement clandestine, puis, quand ça devient possible, au grand jour. (...)Cette section syndicale à Libération existe toujours. Sauvagement black-outée par les médias, et même par les doctes experts en « contre-information » qui pondent des livres « critiques » sur le journal, elle s’est fait connaître du grand public, récemment, avec la grève de la faim de 45 jours de ma camarade journaliste Florence Cousin, licenciée il y a
environ un an. C'était une des premières militantes recrutées à la CGT du journal.

Le militantisme syndical qui démarre à l'époque post-Mao, dès 1981, s’est perpétué (...). C’est très réconfortant.


- La création d'une telle section syndicale va forcément engendrer des conflits avec vos anciens camarades. Comment cela se traduit-il ?


Nos relations ont été, on peut le dire, conflictuelles. Avec Serge July et la direction de
Libération, naturellement, engagés sur le chemin qui les amènera à vendre le journal à des
capitalistes, quelques années plus tard, mais pas seulement. On nous appelait, par dérision, les
« veuves Mao », considérant qu’attardés et bornés, nous n'avions pas fait notre « travail de
deuil »
, et que nous ne voulions pas nous résoudre à la disparition, inéluctable, du «
phénomène mao ». Cette expression est ridicule et caricaturale, (...)
il n'y avait pas de travail de deuil à faire, parce que rien n'était mort.

Nous sommes des continuateurs, c’est clair. Les « veuves Mao », avec beaucoup de guillemets, constituaient donc une sensibilité présente à l'intérieur de Libération, qui contestait les choix, la gestion de
Serge July, le recentrage et la banalisation du journal... Mais le fait que ce soit la CGT qui mène le combat ne facilitait pas les choses.

Des « années Mao », la direction de Libération, mais aussi une grande partie de l’équipe, des journalistes aux employés et ouvriers, n’avait gardé qu’une haine de la CGT, symbole, à des yeux, du prolétariat, de la classe ouvrière, du peuple, du communisme. (...). Au fil du temps, beaucoup d'anciens maos, « continuateurs » mais anti- syndicaux, vont réapprécier leur attitude par rapport à la CGT, au Parti communiste, telle qu'elle avait été dans les années 70.

Entre temps, de l’eau a coulé sous les ponts, la CGT et le
PCF ont entrepris de changer, perdant une bonne partie de ce qu’ils portaient de plus déplaisant au cours des années Pierre Overney.
(...)Beaucoup de militants de la GP (...), des ouvriers notamment, continuant à avoir une pratique d'usine, par la force des choses, se sont retrouvés à la CGT, parfois avec des responsabilités au niveau, par exemple, d’Unions locales.

L’actuelle grève des « sans-papiers » est d'ailleurs tout à fait dans
la prolongation de ce que nous faisions à l'époque « Mao ». Il y avait alors des mouvements du même type, mais ils étaient plus limités,
ne pouvant se développer que dans un cadre hors syndicats voire contre la CGT, qui représentait alors plutôt l'ouvrier blanc, crispé sur ses
privilèges, très énervé quand il voyait les immigrés s'agiter, et encore plus énervé quand il voyait les «maos y mettre leur grain de sel. Actuellement le grand mouvement des sans- papiers, qui est essentiellement un mouvement de noirs africains, est porté par la CGT, et tous les « continuateurs » de l’action maoïste en région parisienne y sont immergés, à fond.

- Pensez-vous être parvenu à poser des contre-feux dans un journal qui ne se posait plus trop la question de la critique sociale ?


Quand s’est créée la CGT à Libération, (...)disant aux copains du journal : « avec ce que fait Serge July, avec sa mégalomanie, avec son recentrage,
il conduit le journal à la catastrophe. Il va en faire une entreprise capitaliste banale et il va se casser la gueule. »
, on ne nous croyait guère. Au cours de la première conférence de presse
que nous avons organisée, début 1981,(...)nous précisions que notre action syndicale ne se limitait pas à la défense des intérêts immédiats, comme il est
légitime de le faire, mais qu’elle avait comme perspective d'agir contre le processus entamé alors par Serge July qui conduirai inévitablement à la faillite du journal, à son dépôt de bilan, à sa destruction.

Nous nous présentions donc, avec quelque insolence, comme les seuls
véritables héritiers, véritables continuateurs, de l'histoire du journal, mettant en garde toute
l'équipe sur le fait que cette aventure néo-capitaliste irait droit à la catastrophe. Vingt ou trente ans plus tard, quand Libération a frôlé le dépôt de bilan et a finalement dû se vendre à Rothschild, beaucoup de salariés du journal ont commencé à se dire : heureusement qu'ils ont
créé et développé la CGT, puisque le verrou contre les licenciements, c’est ce syndicat. Qui est aussi le verrou contre une mainmise trop forte du capital sur le journal

Par la suite, il y a eu un syndicat CFDT, puis une section SUD, témoignant du fait que le phénomène syndical était de mieux en mieux accepté. (...)
Évidemment cela énerve toujours certain, quand ils voient que c’est la CGT-Libé (...)qui parle au nom de ce qu’est vraiment Libération, du vrai Libération, de l'avenir de Libération, de la défense de Libération, et contre sa corruption, sa prostitution...


- Si on s'arrête sur le cas de Serge July et de quelques autres, on peut se poser la question, certes réductrice, du cheminement des cadres et dirigeants de la Gauche Prolétarienne devenus très médiatiques et intégrés. Qu’en est-il des militants avec lesquels vous avez repris contact au cours de l'écriture de votre livre ? Ont-ils suivi des parcours similaires ?


-Attention aux caricatures. Il est vrai que Serge July est emblématique du repenti, du
renégat, du « révolutionnaire » qui (re)devient bourgeois. Il est à la fois une caricature et un
emblème. Mais il faut nuancer : des tonnes de livres ou d’écrits divers sont imputables à July
et des gens comme lui pour justifier leur parcours et expliquer qu’ils avaient raison quand ils
était révolutionnaires, mais qu’ils ont également raison quand ils deviennent pro capitalistes,
pro américains... Du coup, on a fini par attacher une trop grande importance à ces gens-là, au
phénomène, passablement répugnant, qu’ils incarnent. Alors qu’ils ne sont qu’un aspect de la
réalité, la mince trace de lie dans un bon vin. Les anciens maos qui sont devenus des bourgeois, des renégats... sont, en fait, extrêmement peu nombreux. Il y en a une vingtaine, connus, archiconnus, archi-médiatisés, devenus riches, enfin, plus ou moins riches (des miettes de capital parcimonieusement jetées au bon chien-chien). Et cela, au prix d’énormes efforts, de reptations usantes... Mais l'écrasante majorité (...) n'a pas suivi cette voie. (...) Et pas seulement, par exemple, ces anciens militants de Renault Billancourt, qui constituait une grosse base de la GP au moment de Pierre Overney. (...)Des parcours tels que ceux de Serge July, Alain Geismar, Benny Lévy, Gérard Miller, André Glucksmann, Olivier Rolin... qui, certes, furent pour la plupart des dirigeants nationaux, et se sont « repentis » pour un plat de lentilles, sont extrêmement minoritaires, marginaux, presque.

La plupart des militants de base, ou même des cadres intermédiaires, sont restés des gens modestes, progressistes, plus ou moins engagés...Certains sont encore très militants, d'autres moins, mais ils n'ont pas changé de côté, pas viré de bord. La grosse majorité des militants ont été cruellement déçus de la façon dont cela s’est effondré sur eux, mais ils ont essayé de rester fidèles à l'engagement qui avait été le leur, même si la plupart semblent durablement vaccinés contre l'idée de développer eux-mêmes un
nouveau projet, cohérent. (...) Mais le plus grand nombre reste trop traumatisé pour reprendre le chemin de formes de militantisme
organisé. Et, dans un certain sens, je les comprends.

- Qu'est-ce qui vous a poussé à mener ce travail, d'aller revoir d'anciens camarades, que vous aviez directement connus ou non d’ailleurs ?


(La rédaction d'un livre d'Histoire et de mémoire c omme "Rebelles"), "j ’avais toujours souhaité le faire. Une envie, que j’assume sereinement, de régler des comptes : « qui règle ses comptes paie ses dettes. »

« L’homme du « Ren », disent les Chinois, (l’homme de la plus haute vertu), seul, connaît le véritable amour, comme il connaît la véritable
haine. »
J'avais mal au cœur de voir à quel point notre histoire avait été enfouie, salie, méconnue... Et je rêvais d’en faire ressortir l’essentiel (...), (...) une histoire d’amour du peuple et d’amour entre camarades unis par la passion de « servir le peuple »... Une réalité très riche, pleine de beauté, de pureté. (...)

Et puis s’est présentée l’occasion, avec la commémoration de Mai 68, le quarantième anniversaire. Un professionnel de qualité avait vraiment envie d’éditer ce genre de livre, Raphaël Sorin, qui à l'époque, était le « numéro 2 » de Fayard - envers qui je garde aujourd’hui une très vive reconnaissance. Un peu plus âgé que moi, (...) c'est aussi quelqu'un qui a été en khâgne, où il a bien connu Robert Linhart et Jacques Alain Miller. (...)Plutôt proche des situationnistes, c’est un esprit indépendant et cultivé, pas le moins du monde attiré par Mao, mais souhaitant faire un livre là-dessus à l'occasion du quarantième anniversaire de Mai 68. (...)Il est allé voir Claude
Durand, le directeur de Fayard, et il a eu l'accord pour le faire - et pour le financer correctement ! Nous avons signé un beau contrat (...). Je me suis lancé à fond, je me sentais en confiance. (...)Un projet de cette nature ne pouvait pas rester secret : ... mais avec qui, dans quel boîte, pour quel éditeur, j’ai tout fait pour que ça ne se sache pas, ou pas trop tôt...
Malgré ces précautions, l'information a fini par filtrer. Il semble que, dans l’entourage de BHL, on ait tenté de me piéger, en (...)envoyant une sorte de « sous-marin », un jeune type assez fauché, prêt à tout pour « arriver », un Rastignac du pauvre, qui disait s’intéresser à ce travail, qui a fureté ici et là, et qui a fini par savoir. J’espère pour lui qu’il a été correctement
payé...

A la date prévue dans le contrat, donc, pour la remise du manuscrit, j’étais prêt, mais Sorin, non : il avait été viré propre et net, mis à la retraite d'office par l'éditeur, sur demande insistante du groupe Hachette, actionnaire de Fayard, donc du groupe Lagardère - on n’est pas loin de BHL...

(...)Raphaël avait changé d’adresse électronique, et on m’a mis en relation avec son ancienne assistante, censée assurer le suivi...(...)Il s’en est tenu, avec un sourire en coin, à la version officielle, selon laquelle ce n'est pas pour cette raison qu'il a été mis en retraite d'office - une chose plutôt rare dans les métiers de l’édition où l’on vieillit très bien, ce n’est pas un travail de
docker... En réalité, tout Paris le sait, et il a fini par l’écrire, il était fou de rage.... L’édition française est très solidement verrouillée par des personnages puissants, qui avaient été très proches, à l’époque, des dirigeants-liquidateurs de la GP, qui avaient même été plus ou moins
les mécènes de l’opération d’autodestruction réalisée par Benny Lévy, Rolin, Glucksmann et cie, à qui ils ont ouvert les portes de la bonne société littéraire, les aidant à publier leurs petits livres de contrition. (...) Révélée par Sorin sur son blog en des termes codés mais bien choisis, (...)

L’histoire a fait tout de même un peu de bruit dans le landernau de l’édition parisienne. J’ai donc tenté, sans trop y croire, et sans me casser la tête, de le publier ailleurs. Puis, voyant que c’était bloqué partout, j’ai appliqué le principe fondamental de la guérilla, celui du Cobra : « mords et fuis ! ». J’ai fui, conservant soigneusement mon petit trésor. Et je me suis finalement résolu à mettre le manuscrit « brut de décoffrage » sur internet.


Les faits y sont, l’histoire y est, sous forme de hiéroglyphes électroniques à déchiffrer un jour par des explorateurs, mais enfin elle y est. Les plus concernés la lisent, (...) et nous laisserons au moins cette trace-là derrière nous...


(...)- Quel est votre rapport au maoïsme aujourd'hui, l'évolution de la Chine...?


François Jullien, (...) philosophe mais aussi un sinologue, parlant et lisant correctement le chinois, mène aujourd’hui une réflexion sur les rapports entre
la Chine et l'Europe, la Chine et l'Occident, entre la pensée et la sémantique chinoise, la philosophie chinoise, et les nôtres, en Occident.... C'est une démarche passionnante, qui nous aide à revisiter notre histoire. J'ai revisité ma propre lecture du maoïsme au regard de ses travaux. Dans la foulée, j’ai été amené à m’intéresser au taoïsme, et le tout me permet de me
définir maintenant comme « tao-maoïste ». Avec le recul du temps, et sous cet éclairage, on se rend compte que nous avions découvert un continent, et fait une percée formidable... Il a fallu beaucoup de temps, et un certain décalage, pour prendre toute la mesure de l'entreprise
philosophique et intellectuelle dans laquelle nous étions investis, sous une forme des plus “pratiques”... C’est un dépassement positif de ce qu’on devrait appeler “le marxisme- léninisme occidental”. La Révolution chinoise, commencée en 1911, 1927 ou 1949, comme on veut, ne s'arrête pas en 1976 à la mort de Mao et de Zhou Enlai, le "numéro deux - presque numéro un" du PCC.

La Chine d'aujourd'hui n’est pas tombée du ciel, elle est le fruit d’un très long processus, dans la poursuite, d’ailleurs (pour qui veut bien voir et lire), du développement du marxisme vivant, d’une nouvelle phase, d’une nouvelle époque du marxisme dans un contexte nouveau. Ou peut-être s’agit-il même d’un dépassement du
marxisme. Tout peut et doit être un jour dépassé. Tout vit, se transforme, se dépasse, mue, mute, et finalement meurt, même le marxisme, et cette mort donne naissance à de nouvelles formes de vie, à la fois différente, et continuatrices, aussi...

(...) Au moment de la liquidation de la GP, (...)avec ce qui en restait, ceux qui avaient tenu bon, nous avons d’abord mené l'essentiel de nos activités à Nantes-Saint-Nazaire. En continuant à développer une pratique sociale
autour de luttes ouvrières et paysannes, avec des résultats appréciables. Ensuite, les circonstances ont permis d’envisager une seconde phase d’un processus de continuation- développement-mutation-reconstruction: avec l’édification d’un noyau d'opposition politique à l'intérieur de Libération, autour de la CGT Libération, la « CGT-Mao de Libé ».

(...)La « petite force » (...),le petit groupe, a continué à se développer dans le monde du travail, notamment dans la CGT, un peu à la façon de la CGT-Libé, par d’autres circuits aussi.

Actuellement, plusieurs d’entre nous se sont investis dans un travail en Seine
Saint-Denis, en milieu vraiment prolétarien, dans les quartiers, avec des familles ultra- précarisées d'immigrés de tous âges, parfois jeunes et même très jeunes. C’est une action militante intense, diversifiée et quotidienne, « à l’ancienne », avec l’apport des techniques de communication modernes comme internet, ainsi qu’on peut le suivre quasiment au jour le jour
sur le site Le Monde Réel. (évidemment, nous n’y disons pas tout, et il faut, pour ceux que ça intéresse, savoir décrypter un petit peu, entre les lignes...)Notre action avec les mal logés commence à prendre de l’ampleur autour d’Aubervilliers...

.
- Croisez-vous, fréquentez-vous encore, des anciens de la GP aujourd'hui ?


- Tout le temps.... C'est bien normal, tout va ensemble, vie privée, politique... La « petite force », pour l'appeler comme ça, ne comprend pas seulement de « vieux dinosaures » de l'époque (...)... Les gens avec lesquels se poursuit cette « saga » n'ont pas tous connu cette époque-là, loin de là.... Certains ont 40 ans, 50 ans, d'autres 20 et même 10-12 ans pour certains... On essaye de ne pas trop rabâcher, du genre « vous savez ce que l'on fait là, c’est la suite d'un mouvement qui s'appelait
la Gauche Prolétarienne... »

Ils connaissent cette histoire, mais ce n’est plus la leur, même s’ils sont bien conscients de s’inscrire dans la suite de quelque chose de grand, qui a commencé bien avant eux, et qui continuera bien après eux, après nous.... Ce qui compte pour eux, ce n’est pas une « Bible », un ensemble de récits figés en dogmes, c'est une démarche que l'on développe ensemble, et que nous sommes quelques-uns tout de même, à
notre âge, ayant eu « 20 ans en Mai 1968 », avec notre propre mémoire, spécifique, notre expérience, et notre histoire, comme la continuation sous d'autres formes de la même « Longue Marche ».

Au moment même où nous poursuivons cet échange (par téléphone), je me trouve dans un vieux pavillon plein de charme, dans une banlieue-village en Seine-Saint-Denis, à l'occasion d’un anniversaire, celui d’un ancien de la GP. Il était un des plus jeunes cadres de la GP, ayant commencé à militer à 12 ans dans la mouvance communiste, et nous ayant rejoints au lycée, vers 13 ou 14 ans... Il est devenu un syndicaliste remarquable, qui compte au sein de la CGT, avec une influence aussi à l’intérieur du PCF, ça va souvent avec... Il est l’un des principaux animateurs des grèves des sans-papiers, dans le « 9-3 ».

Si je venais à disparaître, à cet instant, le principal « héritier » de l’histoire de la GP, celui qui « garde les clés », c'est lui.

Mais il n’est pas seul.

A ce même anniversaire se trouve un ancien ouvrier « mao » de Renault- Billancourt, proche de Pierre Overney, (...) un de nos principaux dirigeant sur l’usine, sans doute le principal. Il a 67 ans maintenant - et toutes ses dents... Après la terrible épreuve des années 1972-73, il est resté à Renault pendant 40 ans, intégré à la CGT à l’issue d’ une véritable négociation, intéressante... Il a pris sa retraite il y a quelques mois.

Un autre convive, ouvrier lui aussi, un de mes compagnons les plus proches, un « ami de 40 ans », est un ancien militant CGT de chez Hachette, puis du Syndicat du livre, passé par les Comités Vietnam de Base, la GP, etc. Aujourd'hui, lui aussi, sur un plan administratif, à la retraite, il est toujours militant et sur la brèche, avec une étonnante mémoire doublée d’une très grande qualité d’écoute et d’analyse. Toujours à la CGT, il reste, lui aussi, des plus actifs - avec les sans papiers comme sur la Palestine....

Entretien réalisé par David Hamelin le 20 décembre 2009

Merci David. Merci à Dissidenes. Beau travail.

JP

 

 

Cohen raciste?

lire ici

- APPEL-

OPERATION GEERT WILDERS

Premières réactions

à l'appel de JP Cruse (ci-dessous)

"Salam

Avec les coups reçus et les coups qu'ils continuent à recevoir les musulmans devront rester indifferents à cette èniéme provocation....

Soyons dans le tao, comme dit quelqu'un de connu. Pour ma part, je le suis de plus en plus, et je savoure l' "agir par le non agir", paisible, mais inflexible, de la reponse chinoise à la provoc ricaine au Tibet ...Et je me moque de Cohn- Bendit qui gesticule sur les plateaux de téloche sur le boycot des J.O. comme un adolescent voulant prouver qu'il est adulte..."

Noira, femme au foyer, mère de famille, militante contre le racisme islamophobe et toutes les formes de haine et de discrimination.

Clamart (92)

"Cher JP,

Je n'ai pas l'intention de regarder ce film, c'est un perte de temps, mais je
voudrais bien qu'un film pareil soit fait sur le christianisme et le judaïsme.
Ensuite nous verrons ceux qui on réfléchi et ceux qui habitent dans l'
ignorance, mais en aucun cas je défendrai des illuminés de quelque bord qu'ils ou elles
soient.
Ni dieu, ni maître, ni patrie.


Ian - citoyen des Pays-Bas, résident français,lecteur assidu mais critique du Monde Réel

Pouvez-vous présenter l'affaire en deux mots? Pour les non initiés, l'appel est difficilement compréhensible, on ne voit ni les faits, ni l'enjeu...

Anne, responsable communiste (92), récente lectrice du Monde Réel.

 

REPONSE DE SHAOSHAN

Alertés par la diffusion semi-clandestine, sur internet, d'une version française du film provocateur du parlementaire néerlandais Geert Wilders contre l'islam, démarche inscrite dans une "stratégie de la tension" à l'Américaine, comparable à celle qu'a connue l'Europe des années 1970, visant à exacerber les divisions de "tous contre tous", et les violences de toute nature (attentats ou autres) dans le cadre, à l'époque, de la lutte internationale contre le "péril rouge", il nous a semblé utile de prendre les devants, de réagir vite, et de lancer un appel général au sens de la responsabilité et de l'unité - dans l'esprit de ce qui se passe, pour le moment, aux Pays-Bas, où ce film insultant et provocateur, annoncé par une campagne de rumeurs bien organisée, depuis plusieurs semaines, ne suscite de réactions d'indignation que dans la fraction éclairée de la classe politique, tandis que les organisations musulmanes traitent Wilders et ses propos orduriers par le mépris. C'es le sens, apparemment, dela réaction de notre amie "islamo-taoiste" de Clamart (92).Partageons avec Ian, digne représentant d'un pays de liberté connu pour avoir protégé l'audacieux Baruch Spinoza, grand philosophe devant l'éternel, des foudres des cruels tribunaux rabbiniques, rétifs, alors, à tout regard critique, fût-il dans le respect et la mesure, sur la religion juive, et gravement menacé. Et souvenons-nous, avec lui, que le chistianisme lui aussi, surgi de la souche monothéiste commune aux trois religions, s'il a sa part de lumière, avec ses valeurs d'amour entre les êtres, d'humanité et de partage, a connu sa part d'ombre, sa part d'intégrisme, d'intolérance et de violences, avec l'Inquisition, et ses horreurs, les terribles "missionnaires armés" de Pizarre ou Cortez, ou les massacres de masse de la Saint-Barthélémy, noyant de sang les rues de Paris, et la Seine elle-même, aux portes de Notre Dame, en 1572. Et souvenons-nous aussi que le protestantisme, variante en principe "réformée", ouverte et "libérale" du christianisme, a engendré, après l'impitoyable dictature de Calvin, à Genève, ou les imprécations haineuses de Martin Luther, dans ce qui allait devenir le Reich, l'abject régime de l'apartheid, mi "boer" (hollandais), mi britannique, et cela, au nom d'un protestantisme dévoyé dans l'idéologie d'une "Terre Sainte", à conquérir, donnée par Dieu, et dont les habitants d'origine n'on qu'à fuir, subir, ou passer au fil de l'épée - comme les Indiens d'Amérique sous Custer, sans même parler de Bush, et comme aujourd'hui les Palestiniens, musulmans, chrétiens, ou plus rarement "sans croyance", sous le joug d'Israël...Système de certitudes et de valeurs propre, jusqu'ici, à la plupart des grandes civilisations qui ont marqué la planète de leur empreinte, et développé le monde, les religions, qu'on les croie "parole de Dieu", transcendante, venue de haut, "descendue", "tombée du ciel", ou langage des peuples, mêlant sagesse pratique issue de l'expérience, et ransmise par les anciens, aux constructions mythiques, part de rêve indispensable, "soupir de la créature malheureuse" (Karl Marx, dans la fin de sa phrase fameuse, en général tronquée, sur l' "opium du peuple"), expression des attentes, des espoirs, et des souffrances d'humains éparpillés ou rassemblés (reliés, du latin religere, qui donne religion)s ne pouvant vivre sans idéal, portent, en s'ncarnant dans le monde, et du cœur des hommes à leurs actes, le pire ou le meilleur.

A l'époque où la révolte, parfaitement justifiée sur le fond, sinon toujours dans son langaage ou dans ses formes, d'un milliard de musulmans agités par les vagues d'un puissant réveil spirituel en forme de Révolution Culturelle, frappe l'Amérique et ses valets atlantistes (Espagne d'Aznar, Grande-Bretagne du "caniche de Bush" Tony Blair), sous la forme d'attentats effectivement "terroristes", puisqu'ils incluent cibles économiques ou symboliques, comme les tours du World Trade Center ("le centre commercial des affaires mondiales"), et le massacre indiscriminé d'honnêtes citoyens innocents (Atocha, Londres, demain peut-être, Afghanistan pesant, une FRANCE atlantisée devenue SARKOLAND - et "cible"...), la "guerre de civilisation" devenue "nouvelle croisade" ou "guerre de religions", déclenchée, sous l'emprise de la panique, par les Etats-Unis de Bush, puissance à l'agoniée défiée dans son prestige, il est important de garder la tête froide, de fare la part des choses, de rechercher la compréhension de tous par tous par l'échange pacifique et le débat - qui n'exclut pas la lutte. Il faut aussi, parfois, savoir réagir vite, et dans l'urgence. C'est ce que JP a cru devoir faire, avec notre accord, dans son appel. Malgré une difficulté évidente: il n'était pas envisageable de contribuer, même dans cet esprit, et dans ce but, à la diffusion du film de Wilders, et nous ne l'avons pas fait. Ce qui rend d'autant plus compréhensible la réaction de notre amie Anne, du PCF (92).

Restons-en là pour aujourd'hui.

L'avenir dira si la provocation "Bushiste" des "néo-conservateurs" ("néo-cons") hollandais, qui ne manquent pas d'amis et de complices en France, et pas seulement à doite ou à l'extrême-droite, a fait long feu. Et s'il nous suffit de rester dans le Tao - dont l' "agir par le non agir" doit comporter tout de même, et c'est la grande difficulté, sa part d' "agir". - Ou si nous devons reprendre et approfondir ici, comme nous avons déjà commencé à le faire, un débat toujours nécessaire sur les causes, les racines, et finalement les conséquences du grand réveil de l'islam, porteur, comme le christianisme des années du "Che", du Père Camillo Torres, prêtre guerillero, et du mao-taoiste Ho Chi Minh, d'une "théologie de la libération" ("islam révolutionnaire"), mais aussi - une Révolution culturelle est un bouillon de culture, une mer agitée de tourbillons où s'agitent des courants contraires -de possibles régressions intégristes, obscurantistes, voire fascisantes

1 04 2008. 13h20.

ShaoShan

 

- L'heure est grave. Unité. -

Jean-Paul CRUSE

Le film de propagande du député "libéral" hollandais Geert Wilders circule sur internet, dans une version en langue française réalisée par une association se présentant comme "laïque", qui en fait une campagne de promotion intensive, tout en prétendant n'avoir pas d'opinion sur le contenu du document lui-même, qu'elle n'a "pas vu" (sic...)

Il suffit pourtant de jeter un œil sur cet abject montage pour voir qu'il assimile en permanence, tout en prétendant le contraire, religion musulmane et terrorisme, images bien sanglantes et bien tape-à-l'œil à l'appui. A cet amalgame, courant dans les torchons de l'extrême-droite raciste pro-israélienne, s'ajoute, pour faire bonne mesure, une autre diffamation, l'évocation des "mutilations sexuelles" imposées, selon nos modernes GOEBBELS de l'islamophobie ("plus c'est gros, plus ça passe") aux fillettes, dont seuls les brutes fascistes les plus incultes et les plus malfaisantes, et la ravissante "poupée Barbie" de fabrication américaine Ayaan Hirsi Ali ignorent qu'elles n'ont jamais eu aucun rapport avec le CORAN, ni avec Mahomet. Contrairement, il est vrai, à la lapidation, ancienne coutume juive dénoncée par le Christ dans sa célèbre admonestation "que celui qui n'a jamais péché jette la première piere", reprise par aveuglement, comme d'autres errements issus de la TORAH, par des musulmans archaïques des tout premiers temps.

Il appartient au gouvernement des Pays-Bas, ancienne puissance coloniale qui s'est offert une incroyable prospérité par la dévastation, le viol et le pillage de vastes territoires de par le monde, et le luxe, ainsi financé, de "libertés individuelles" poussées au-delà du raisonnable, d'assumer ses responsabilités - n'ayant utilisé aucun des moyens dont un Etat digne de ce nom dispose pour faire taire le provocateur Wilders, dont le discours est un discours de guerre civile.

Il appartient à Sarkozy, s'il est encore en poste, d'utiliser les moyens dont un Etat digne de ce nom dispose pour empêcher la propagation en France de cette peste, en engageant des poursuites contre tous ceux qui collaborent à la diffusion de cette propagande raciste à la GOEBBELS, qu'ils s'avancent sous le masque transparent d'une "riposte laïque", à prétention "de gauche", ou sans masque.

Il appartient à nos amis musulmans, nos frères et nos sœurs, que nous respectons et aimons, de bien réfléchir à la nature de cette provocation à la violence et à la guerre.

Il leur appartient de préparer, sur la base d'une analyse poussée et réfléchie, dans le calme et la sérénité, la riposte adéquate:

- la réalisation, avec l'aide de cinéastes, de journalistes et d'intellectuels anti-racistes, musulmans on non-musulmans, puisqu'il en reste au moins une poignée, d'un film à gros moyens (à réclamer à l'Etat, aux municipalités, aux départements, aux régions) permettant de porter, sur le fond, une réponse profonde, sereine, argumentée et efficace au glapissement des roquets, aux aboiements des chiens, aux hurlements des loups, et aux grognements des porcs d'une prétendue élite de l'intelligence et de la culture française ou plus largement européenne, voire atlantiste, renégate des vraies valeurs de lumière de l'Occident?

- un boycott pacifique mais soigneusement et minutieusement organisé de tout ce qui vient de Hollande?

- des initiatives aussi massives et spectaculaires que possible de rapprochement et d'unité avec les croyants des autres religions, et tous les citoyens de bon sens et de bonne foi, quelles que soient leur couleur de peau, leur origine, ou leurs croyances?

Il nous appartient à nous tous, qui ne sommes pas musulmans, d'œuvrer dans le même sens, de nous unir à nos frères et sœurs musulmans, victimes de provocations à échelle désormais "européenne" annonciatrices, hélas, d'horreurs multiformes à venir, et d'orienter notre réflexion, puis, le moment venu, notre action, dans une direction commune, avec toute la fermeté nécessaire.

Que chacun fasse preuve d'esprit de responsabilité et d'unité, définisse clairement le cercle des vrais amis et des vrais ennemis, et fasse preuve d'initiative, d'imagination et de courage.

L'HEURE EST GRAVE.

31 mars 2008, 07H00

Jean-Paul CRUSE

Imbongi@wanadoo.fr

0660630856


Face à la réhabilitation de l'OAS, contre-rassemblement républicain ce 26 Mars, 2008, à l'Arc de Triomphe, à Paris

(communiqué par Hakim Arabdiou Arabdiou)

À l'annonce d'une cérémonie de l'OAS, de ravivage de la Flamme prévue à l'Arc de Triomphe le 26 mars 2008 à 17 h 00 en hommage aux participants à la manifestation insurrectionnelle du 26 mars 1962 à Alger, l'Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS et l'Association des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons communiquent :

" Le 26 mars 1962 en matinée, une semaine après le cessez-le-feu en Algérie, l'organisation séditieuse dénommée OAS (Organisation armée secrète), issue du putsch d'avril 1961, lançait, par voie de tracts, un mot d'ordre insurrectionnel. Elle exhortait les Algérois à s'opposer "jusqu'au bout à l'oppression sanguinaire du pouvoir fasciste" et à former des cortèges, l'après-midi même, en direction du "périmètre de bouclage de Bab-el-Oued". Les participants à ce rassemblement, préalablement interdit par les autorités civiles et militaires, se heurtaient à un barrage des forces de l'ordre rue d'Isly : la manifestation causait quarante-six morts.



Quarante-six ans après, des dirigeants associatifs, anciens de l'OAS, appellent à une cérémonie sous l'Arc de Triomphe dont l'objet serait, au travers du ravivage de la Flamme, d'honorer le souvenir de ces victimes de la fusillade de la rue d'Isly. Un demi-siècle après, l'OAS s'approprie la mémoire douloureuse des fils et filles ainsi que des frères et soeurs de celles et ceux qu'elle a abusés en les encourageant à défier l'État.



Il n'est pas admissible qu'une telle célébration, encadrée par d'anciens tueurs de l'OAS, puisse se dérouler sur un site aussi hautement symbolique de notre histoire nationale que l'Arc de Triomphe. La tombe du Soldat inconnu et la Flamme éternelle ont vocation à perpétuer le souvenir de ceux qui ont combattu et donné leur vie pour la défense des institutions républicaines et des principes fondamentaux de notre société.



Ce haut lieu de la mémoire française ne saurait être investi, fût-ce le temps d'un dépôt de gerbe, par des factieux qui ont tourné contre la République les armes qu'elle leur avait confiées. Ces terroristes qui, dans leur discours revanchard, comparent le Général de Gaulle à Hitler ne sauraient être admis à en piétiner la mémoire en même temps que l'appel du 18 juin, reproduit à quelques pas seulement de la Flamme du Souvenir.



Pourtant, une différence existe entre ce rassemblement et ceux qui l'ont précédé.

Entre-temps, en effet, Monsieur Nicolas Sarkozy a accédé à la présidence de la République.

Or, le candidat élu à la magistrature suprême avait pris pour engagement de conférer la qualité de Mort pour la France aux manifestants du 26 mars 1962.



Tout indique qu'une telle promesse sera tenue prochainement.



L'attribution de la qualité de Mort pour la France aux manifestants du 26 mars 1962 s'analyserait comme une nouvelle prime octroyée à ceux qui ont soutenu l'OAS. Elle leur conférerait un statut aligné sur celui des poilus de la Grande guerre et des anciens combattants et résistants du conflit de 1939-1945. Elle constituerait une marque de mépris à l'égard des militaires et des fonctionnaires qui ont eu pour mission de faire respecter l'ordre républicain en Algérie et dont certains sont tombés, victimes du devoir, sous les coups de l'OAS, et ont été légitimement reconnus "Morts pour la France".



Une distinction de cette nature ne doit viser que ceux qui se sont acquis des mérites en s'impliquant avec honneur au service de la Nation. Elle ne peut s'appliquer à des personnes ayant obéi à des mots d'ordre insurrectionnel émanant d'une organisation à la fois terroriste et raciste.



Dans ce contexte, une dénonciation s'impose non seulement de la présence de l'OAS sous l'Arc de triomphe ce mercredi 26 mars mais aussi de la menace de la réalisation d'une promesse électorale de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, allant à l'encontre de l'apaisement des mémoires.



C'est pourquoi les associations soussignées invitent les représentants du monde combattant ainsi que les formations et mouvements qui en soutiennent l'action à venir exprimer leurs sentiments républicains le mercredi 26 mars 2008 à 16 h 45, en haut de l'avenue des Champs-Élysées, place Charles de Gaulle, devant l'entrée du souterrain desservant l'Arc de Triomphe".

Dialogue avec les lecteurs, critiques, échanges, autocritiques

Bonjour, lecteur attentif et régulier de votre site découvert par hasard après avoir lu le dernier roman de Morgan Sportès sur Overney ,livre que j'ai bien aimé ,j'ai lu "Rebelles" du Monsieur Jean Paul, ancien colonel dit-il , saga passionante qui m'a plu et que je trouve complémentaire et bien plus vaste que le roman (...)
A l'armée en 1975 j'ai connu un ouvrier soudeur dans les cuves fabriquées à la Coder de Marseille qui m'a parlé en terme positifs de la présence d'un courant révolutionnaire dans l'usine qui avait marqué pas mal d'ouvriers .
Je vous écris simplement pour vous demander :
de rédiger une définition ,une explication du "sionisme" qui ne figure pas dans le lexique et que vous employez souvent .Salutations.H.

Réponse

Le sionisme, terme inspiré de Sion, une colline de Jérusalem.
Idéologie synthétisée par l’autrichien Herzl à la fin du XIXème siècle, à partir de deux sources principales: le nationalisme “romantique” allemand, nationalisme “volkich”, de “volk”, “peuple-race”, en réaction contre le nationalisme républicain,libérateur, de la Révolution française; et, deuxième source, l’idée juive archaïque de “race sainte”, ou “peuple élu”, selon Herzl inintégrable par nature dans les nations républicaines européennes, et appelé donc à se trouver une terre pour y fonder un Etat.
Longtemps minoritaire dans les communautés juives d’Europe, le sionisme prend son essor avec l’appui, notamment financier, des puissances coloniales européennes, ravies de l’utiliser comme vecteur d’implantation au Moyen-Orient.

Il négocie avec l’Allemagne hitlérienne, dont les intérêts convergent, Hitler ayant confié à son collaborateur Rosenberg le soin de rédiger le “statut de Nuremberg”, qui s’inspire des critères sionistes de définition raciale d’un “peuple juif”, converge que la question de l’impossibilité d’intégration, et même, un temps, sur le choix d’une terre pour y fonder un Etat, en Palestine.
Je passe sur la suite, le livre fondateur,”L’Etat des Juifs”, de Théodore Herzl, est disponible partout, il n’est ni long ni cher.

Pour l’analyse critique de référence, lire en particulier les livres d’ Ilan Halevi, palestinien francophone d'origine juive, de Shlomo Sand et d’Avraham Burg.

“Colonel” est un vieux surnom.

N’hésitez pas à me relancer par d’autres questions, si nécessaire. Nous pouvons aussi nous voir, à Paris
Jean-Paul CRUSE
(0660630856)

Réponse à la réponse

Merci pour votre définition et vos informations .
Je lisais "La Cause du peuple" et mon père aussi ,ancien de la guerre d'Espagne ,décédé aujourd'hui ,grand admirateur de Staline ,mon père d'origine prolétarienne ,s'exprimait comme "le vieux Hadj" que j'ai vu sur votre site .

Il disait qu'il fallait la combativité des anarchistes et l'organisation des communistes .


Mon père n'était pas marxiste ,encore moins maoiste ,mais il se reconnaissait dans la pratique ouvrière du journal La Cause du peuple,cependant malgré ses déceptions ,ses rancoeurs ,son amertume ,à la fois sans illusion sur le p"c"f ,il en restait proche comme de la cgt tout en gueulant après.


Son niveau d'explication sur Staline et l'URSS était de dire que compte tenu des températures hivernales terribles ,si la population se développait ,c'est que l'on mangeait bien ,qu'il y avait un toit ,de la chaleur dedans etc et donc supérieur au capitalisme des années trente de la crise de 29 et à fortiori supérieur à un pays arriéré comme l'Espagne .
Pour mon père Staline c'était du national-communisme symétriquement opposé au national-socialisme de Hitler .Et il voyait cela comme un passage obligé ,une sorte de fatalité .
Sur 800 divisions nazies détruites 400 cents l'ont été par Staline, quand les nazis ont été à 6km et non 14km du Kremlin, il était là, il est resté là ,pas comme votre De Gaulle parti à Londres (pour qui mon père avait une certaine estime en tant qu'ennemi de politique de classe ; les socialistes étant pire que l'extrême droite) et Thorez à Moscou ,Staline lui n'est pas parti à Vlodivostok .Et il a eu ce jour-là en organisant un défilé militaire ,dans les circonstances ,un coup de génie politique .Plus tard il a dit et écrit qu'à un moment donné il pensait être arrêté par le politbureau pour ses erreurs .
Je pense que ce qui unissait Staline et Trotsky c'est une apologie commune du développement des forces productives au détriment des rapports de production .
C'est pour moi ,(mon père ne comprenant strictement rien à tout çà) ,l'apport fondamental de Mao avec sa compréhension nouvelle de la société de transition ,dès 1957 il a compris que tout était précaire car tout était à faire ,il a essayé de sauver une perspective communiste avec la révolution culturelle .Il a été battu ,vaincu ,par les rénégats .
Mais il faut voir aussi ses limites qui sont historiques ,pas ou peu de prolétariat ,donc une base objective faible ,ce qui a obligé a déplacé le terrain de la lutte sur l'idéologie et donc les intellectuels qu'il a pourtant essayé de prolétariser .En accordant une place excessive à l'idéologie cela a favorisé le retour des pragmatiques c'est à dire des révisionnistes .C'est le dilemme de Mao .
En résumé de façon réductrice donc je dirais que plutôt que de résoudre la pauvreté par la richesse il a donné des idées à bouffer .

La Chine actuelle ,je suis partagé .C'est un pays autoritaire de dictature du capital sur le travail ,un pays impérialiste (...)je connais le cas d'un ouvrier maoiste condamné à trois ans de prison seulemnt pour un tract ,il y a de cela quatre ans environ .
En même temps il développe l'ouvrier ,peut être est-ce une sorte de N.E.P. gigantesque dont la proportion n'est plus seulement l'espace mais le temps ,le temps d'un repli stratégique , pour éviter l'encerclement (...) .

C'est à la fois atroce pour l'ouvrier et en même temps jamais il n'y a eu autant de libertés en Chine ,j'ai parlé avec des Chinoises vivant en Chine ,jamais autant le pouvoir d'achat n'a progressé en 30 ans ,jamis paradoxalement la presse n'a été aussi "libre" ,ce n'est pas la corée du nord ,ils circulent ,ils bougent (alors que sous Mao permis de circuler parait-il au dela de 25km de l'habitation) ,il y a des orchestres punk en Chine ,du rock et punk chinois libres et autorisés .


Sur le Tibet je vois les rivaux impérialistes tenter de dépecer la Chine ,l'Armée populaire de Libération (APL) a mis fin à la vente des paysans ,a mis fin au placement d'enfants de huit ans dans les couvents bouddhistes ,l'espérance de vie était seulement de trente cinq ans en 57 etc .


Le thermomètre c'est quelle liberté pour l'ouvrier ,c'est cela qui détermine tout le reste ,c'est ma boussole .C'est aussi comment on casse division dirigeants - dirigés ,manuel-intellectuel ,conception -éxécution etc, car de ces couples de forces naissent et se reproduisent leurs instances de représentation politique bourgeoisie/prolétariat .

La catégorie ouvrier doit être cassée sous le socialisme et donner naissance à une nouvelle catégorie à la fois dirigeant-dirigé ,tout le monde doit devenir producteur ,tout le monde doit devenir intellectuel etc sinon je ne vois pas comment si les ouvriers se développent la bourgeoisie ne peut que se développer en existant quelque part dialectiquement .
N'oubliez pas ça, Monsieur Jean Paul.


Alors aujourd'hui ;je crois toujours à la victoire du communisme ,à la dictature du prolétariat ,à celle du travail sur le capital, mais je ne sais pas comment ,l'ouvrier n'a plus de quartier général ,aucun parti ne représente le monde du travail ,les syndicats c'est pourri ,ce ne sont pas des amis qui se trompent mais des ennemis qui se cachent .(mon père a été 60 ans je crois environ à la cgt ) en même temps ils peuvent être utiles (cf Chauveau "Sans papiers")


En résumé ; il ne faut pas que la carte du parti remplace celle du capital ,peut-on concilier économie de marché et socialisme ,c'est à dire une société en transition pas simplement vers le communisme mais en transition du capitalisme ne l'oublions pas .


Aujourd'hui des secteurs entiers du système capitaliste fabriquent du communisme ;
la substitution du forfait au prix comme mode de rémunération de la consommation : carte de transport ,de cinéma ,affiliation à adsl ,forfait de ski ,buffet de hors d'oeuvre ,club de vacance où on mange ,boit ,récréatif ,sont illimités .


Reste seulement le portail monétaire comme différence d'accès avec le communisme comme biais spécifique à cette consommation .


Voilà .Je retiens la possibilté un jour de se parler ou de se rencontrer .Depuis que j'ai découvert votre site je viens quotidiennement ou presque ,j'aime lire et relire Rebelles c'est çà surtout qui me plait ,votre éditorial quand j'arrive à le trouver ,vos analyses sur l'international ,la famille Jospin .
Mais je n'aime pas vos attaques sur le physique des gens ,je n'aime pas quand je sens de la haine ,cela me fait peur ,car cela étouffe alors ce que j'ai cru lire aussi en vous ,c'est à dire votre envie d'aimer les autres ,les petits ,les sans grades ,ceux qui n'ont pas réussi et ne réussirons jamais car nous sommes trop écrasés par le malheur ,le manque d'amour ,la déshérance... Comme quand on parcourt Gennevilliers et les centaines d'hectares de friche industrielle .

Ce que vous avez fait dans votre vie de beau ,dites vous que vous l'avez fait plus pour que contre ,et vous aurez moins de ressentiment ,vous serez plus apaisé .

N'oubliez pas que "le prolétariat en se libérant libère toute l'humanité" (Marx), et donc chatie mais pardonne aussi ,que la "religion c'est l'opium du peuple mais d'un monde sans coeur ,d'un monde sans esprit "(Marx).


Il y a de très belles pages d'humanité que vous écrivez ,on se marre aussi ,mais je suis contre votre mensuétude pour Garaudy ,contre vos fréquentations policières et nationalistes .
Cependant cela me fait réfléchir aussi sur l'art de diviser la bourgeoisie ,de les affaiblir ,de nous économiser plusieurs divisions de pertes ,de rallier aussi ce que nous pouvons apporter dans un monde nouveau ;de sincère ,de propre ,d'intègre face à la corruption enfin je dirais vous tenter peut être "d'unir tout ce qui peut être uni" (Mao), pour des gens qui sont loin de nous .J'aimerais que votre seule patrie soit celle de l'humanité .


Mais attention Monsieur Jean Paul à votre nationalisme, non, 14/18 n'est pas , dans sa seconde partie, une guerre de libération nationale, c'est une guerre impérialiste ,des milliers d'ouvriers ont fraternisé dans les tranchées ,ont été condamnés à mort par Pétain ,des dizaines éxécutés et je me sens avec eux ,"les ouvriers n'ont pas de patrie" .

Par contre, mais sans haine, je pense que vous voyez assez juste sur les trotskystes pendant la seconde guerre mondiale .Cependant je connais deux cas de trotskystes déportés à Buchenwald ,et le PC, quand vous n'étiez pas avec eux que vous étiez gaullistes ,anarchistes ,sans parti ,trotskystes c'était vous mettre en priorité sur les listes pour Dora en trois semaines vous perdiez 20kg...Alors Semprun lui il était protégé, pouvait dormir sur les chalis de son "goya" dans la journée et lire Hegel ou autre à la bibliothèque du camp, c'est lui qui le dit ...
La Cause du peuple a critiqué l'esprit de cela en soulignant la critique contre " à chacun son boche" ,en soulignant comment le p"c" avec le colonialisme de Thorez à la libération eh bien apparemment çà collait la dessus avec Staline et comment Thorez a gommé le rôle de la MOÏ (infanterie coloniale du p"c"f) les noms ça faisait pas assez français .


Je respecte Lutte Ouvrière ,ils dirigent le syndicat ,ils sont intègres ,mais avec une pratique sociale- démocrate de trotskiste et aventuriste aussi parfois ,donc stérile et dangereuse aussi ,je me tue à leur expliquer la ligne de masse ,ça me prend la tête .

Mais ils croient au communisme et je leur explique Mao (..) Ils ont un élu dans une commune proche.
Je leur ai demandé plusieurs fois avant même que je vous découvre de faire quelque chose pour une rue Overney etc ,mais ils ne veulent pas demander au maire ,provoquer un débat ,avoir une initiative prolongée .Alors cela m'a fait beaucoup de peine . Mais je n'ai pas de haine car je sais que c'est aussi dans la nature des choses ,leurs limites ,mais loin de moi toute idée répressive à leur égard ,seulement de les neutraliser quand ils gênent le mouvement .

Et je pense encore leur redemander pour Overney .


Je fais lire autour de moi le roman de Sportès (...); ce qui me permet de faire découvrir votre site par ricochet, et surtout de faire lire Rebelles comme complément utile et indispensable sur Overney ;l'énigme policière ,les services spéciaux etc; et par voie de conséquence faire lire un moment de l'histoire du mouvement ouvrier que vous écrivez .


Je n'ai aucune activité politique ,je parle et je lis ,rien d'autre ,je ne prétends à rien ,j'ai donné pour les Sans papiers à ceux des Champs Elysées .J'attends la retraite avec impatience ,j'en ai marre
Salutations Monsieur Jean Paul .

Réponse

C’est moi qui vous remercie, j’ai rarement reçu un aussi beau courrier, et, rien que pour lui, pour vous, je suis heureux du site – et, ce soir, ou ce matin, de la vie.
J’aimerais vous publier, même si je sais bien que ce n’était pas le but. Pour rebondir dessus, et ouvrir des débats – y compris autocritiques...
Sans votre accord, je ne le ferai pas.
Bonne année
JP

Relance

Cher Monsieur Jean Paul ,
je suis assez ému en vous lisant ,car je ne représente rien ,et cela représente beaucoup pour moi que vous ayez pris le temps à une heure tardive et supposée festive que moi j'ai passé dans la solitude ,je suis un paumé ,et ce qui m'a touché aussi c'est que bien que colère aussi parfois contre vous ,vous ayez eu cette délicatesse de choisir de regarder et de prendre ce qui nous unit .


J'avais tout refoulé de la Gp et Cdp ,mais sans jamais le renier, je ne suis pas un repenti ,seule me reste une pellicule de souvenirs avec des rires et des larmes et cette sorte d'infinie tendresse qui se dépose sur les visages de ceux qui ont été vraiment sincères parce qu'ils désiraient donner ou essayer de donner leur vie à l'humanité avec cette infinie sollicitude qui tente de comprendre et d'aimer, ces petits Christ qui marchent contre l'injustice car "là où il y a oppression il y a Résistance" etc .


J'aurais eu honte d'amener chez mon père des militants de la gp de mon lycée bourgeois ,tant il était pauvre ,et il y avait beaucoup de mépris chez eux ,ils se la jouaient héroique ,comme des bourgeois en mal de chevalerie ,comme des cow boys en mal de scoop publicitaire qui auraient voulu qu'on les prenne pour la pose dans les "actions" .J'ai vécu ce qu'ils disaient "à bas les études et diplomes" et en même temps ils passaient et réussissaient les grands concours, ils parlaient du futur parti communiste dans lequel ils seraient les cadres supérieurs (vous avez vu juste dans ce que vous écrivez sur eux) ,ils parlaient d'enfants de hauts fonctionaires où surtout pour eux c'était bien quand, arrêtés, leur père négociait pour rembourser alors que d'un autre côté c'était soi disant des "nouveaux partisans..." bonjour l'égalité dans l'orga communiste ,et cela allait même plus loin quand c'était des filles de magistrats arrêtées dans des actions et libérées sans inculpation dans la journée ,elle est belle la vie comme çà,alors être plus courageux ,prendre plus de risques ,c'était leur rodéos ,une manière de nous dire "demain nous serons vos nouveaux maitres" ,et nous les pauvres Indiens toujours obligés de subir, croyant qu'on aurait une petite miette de misère en moins ,et mon père me disait de faire attention ,et çà je l'ai senti tout de suite ,instinctif ,et que en aucun cas avec ces charlots je ne les écouterai pour complètement arrêter mes études car je n'avais pas de filet...Que ça pouvait être nos nouveaux maîtres aussi quand je lui parlais d'eux ,ils s'invitaient entre eux à de bons repas avec deux entrées ,deux plats (un poisson ,une viande ) entre eux chez leurs parents qui avaient serviteurs ,beaux meubles ,dans le 16è ,mais ils ne nous auraient pas imposé à leur table ,ils ne partageaient pas ,ils ne pensaient pas aux autres ,on était du matériel ,des munitions ,pour une guerre qu'ils voulaient mener pour eux .Alors certains qu'au moins ce ne seraient pas nous qui serions les maîtres pour qu'il n'y aient plus de maîtres ,mais eux ,eux gardant les rênes pour conduire le peuple ,car ils auraient pris les devant sur le cours de l'histoire .Comme dit l'autre ce pourri de Teng Chisse aux Pines "peu importe la couleur du chat pourvu qu'il attrappe des souris" ,peu importe la couleur du mouvement pourvu qu'on dirige ,qu'on dirige la société comme avant ...


Et puis au moins vous ,vous dites les choses en face ,vous ne cachez pas qui vous êtes et cela fait peur aussi parfois car vous êtes conscient Monsieur Jean Paul que quand vous vous faites photographier avec le drapeau tricolore autour du cou, moi je pète un câble...


C'est ce qu'il y a de touchant en vous ,mais là vous êtes sur la mauvaise pente ,il est fondamental de critiquer son propre impérialisme ,de souhaiter la défaite de son propre pays dans une guerre impérialiste ,pour mettre à bas le capitalisme ,bien sûr je suis d'accord avec la Résistance Ftp-moi ,mais à la libération on a été trahi par les révisionnistes ,


De Gaulle +révisos= dictature du K ,
Révisos au pouvoir seuls c'est pire car = social fascisme ,


je vous ai fait une formule simplifiée et simple à retenir ,pensez-y ,réfléchissez .(...) - Dans la partie bourgeoise de ma famille j'ai totalement rompu même si j'en souffre affectivement d'être toujours exclu ,rejeté .J'ai imposé chez ma mère par exemple la présence d'ouvriers révolutionnaires à table ,je disais à ceux des plus fachos de ma propre famille qu'ils serviraient d'engrais dans les communes populaires ,et que s'il le faut c'est moi qui m'en chargerait ,il y avait des hurlements à table ,on se battait presque ,non je n'ai pas accepté de piston à ces moments là pour avoir un sort plus favorable ,mon père ne l'aurait pas accepté ,il m'aurait renié .


Alors quand vous dîtes ,que si vous aviez tout arrêté ,que vous auriez eu de votre parrain le voyage payé en Argentine ,avec un boulot dans leurs usines ,alors çà fait mal ,très mal . (Malentendu: comme je l'écris dans Rebelles, cette proposition, sympa, tout de même, je l'ai aimablement refusée, j'ai choisi de poursuivre dans la clandestinité, au risque de passer par la case prison, ou pire, ce qui a fini par arriver. Et personne ne m' a pistonné pour éviter une condamnation à 15 mois ferme, suivie par l'incendie criminel de mon domicile familial dans la foulée, et la trahison de les "gentils camarades" du C.E. de la GP, à ce moment. NB. JPC). Il y a duplicité ,mieux valait encore que çà ne continue pas avec cette mentalité ,mais cela n'est qu'un aspect ,et je ne vous réduis pas à cela ,je cite les faits ,comment dire, je donne une opinion ,mais en même temps je ne vous juge pas ,je ne veux pas vous faire la leçon ,être votre directeur de conscience ,je vous parle de ma souffrance c'est tout .Mais elle est politique aussi cette souffrance quand j'ai lu cela .


(...)Je n'avais pas ce filet de sécurité que vous aviez et que vous osez ne pas cacher ,çà c'est bien et très courageux .Et c'est peut être facile à dire mais je n'en aurais pas voulu .J'aurais eu honte pour ceux qui sont morts ,ont le plus souffert .Votre héroisme ,votre courage ,cela aurait pu être votre futur capital ,nous empêchant d'émerger ,nous ,et ceux moins beaucoup moins privilégiés que moi .Tant le niveau exigé était élevé et ne pouvait convenir qu'aux déclassés ,marginalisés par rapport à la classe ou ceux qui pouvaient avoir la double vie , "établis" sachant que çà ne durerait pas ,des charlots ,foutant la merde ,et laissant tout le monde sur le carreau ...


Moi j'étais un pétochard ,un froussard ,j'avais toujours peur ,j'étais inquiet (je suis un dépressif ,je crois depuis mon enfance) ..Mais alors pourquoi, étant ainsi ,on me demandait encore, bien qu'ayant été arrêté ( j'ai eu un non-lieu ,il y avait un camarade du Comité de lutte Renault arrêté aussi ,un jeune homme charmant et plein de sollicitude et de délicatesse à mon égard ,me disant qu'il avait au moins été déjà quarante fois choppé par les flics),.,ma mère m'a dit que le responsable de mon unité espérait que je ne parle pas, bonjour le réconfort pour ma mère...vivant avec ma grand mère Non Monsieur Jean Paul je n'ai pas parlé ,et alors on m'a encore demandé de reparticiper ...Et j'ai recroisé le camarade de Renault qui manifestement montait en responsabilité dans la posture qu'il m'était permis de le situer dans les actions .


Encore une fois je ne représente rien ,assez nonchalant et rêveur ,ayant surtout le désir d'aimer et d'être aimé ,voulant du bonheur pour tous ,je pense à la pancarte des O.S.à Flins "le capital à l'humanité" .Vraiment je ne suis pas quelqu'un d'exemplaire ,et certainement moi aussi j'ai pu blesser beaucoup de gens ;c'est là le danger de viser à l'exemplarité ,il faut réfléchir aussi à cette abnégation discrète des gens ordinaires ,qui ne font pas parler d'eux ,mais sont émouvant ,de ce rayonnement incisif qui nous interpelle de leur générosité ,de leur réconfort ,par ex en usine des ouvriers immigrés africains faisaient la planque pour que je puisse faire la sieste dans l'atelier car c'était trop dur pour moi ,j'étais crevé ,on commençait à 6h30 ,j'étais hébété de fatigue .Alors c'était un immense réconfort physique et moral ,je me sentais aimé et cela me faisait du bien ,en rupture avec presque toute ma famille ,en rupture avec la société ,très seul ,paumé.


Mon père avait la carte de séjour ,économiquement précaire du précaire ,il s'habillait aux Puces ,j'avais honte de lui c'est pour çà que jamais je n'aurais fait venir des camarades car il était trop pauvre (mes parents étaient séparés et socialement c'était la lutte de classe ;ma mère un milieu bourgeois aristo déclassé ,mon père artisan prolétarien "ni dieu ,ni césar ,ni tribun..." ) ,un logement presque insalubre ,les wc sur le palier ,pas de douches ,il allait aux douches municipales ,la honte quoi quand on avait à cotoyer ceux le haute qui se la jouaient prolo comme dans un numéro de music hall...


Alors croyez bien que j'ai de la tristesse ,du chagrin ,pas d'amertume ,car la lumière pour les humbles était là aussi ,dans ce soleil étrange et subtil ,qui irradiait notre âme ,"la justice viendrait sur nos pas, triomphant..." ,comme la multitude et l'abondance là où on manque de tout ,un halo d'espoir ,un mythe bienfaisant aussi ,de ce catalyseur qui m'a fait grandir .


(...)Encore une fois trop petit bourgeois perdu dans tout ce que je faisais ,je savais que je n'arriverais pas à rester pour toujours en usine, comme certains vrais établis l'on fait comme par ex à la ciapem-Brandt de Lyon . (...) Soyons clairs j'étais un intermittent du militantisme ,trop petit bourgeois décalé ,c'était du ponctuel surtout ,je n'étais pas capable d'être stable comme vous Monsieur Jean Paul ,je n'ai pas été capable de m'établir solidement en usine ,je changeais souvent de boite ,et pour moi cela finançait aussi mes études ,oui Monsieur Jean Paul je n'avais pas mis tous mes oeufs dans le même panier ,je ne me sentais pas du niveau et j'avais beaucoup d'admiration ,de vénération pour ceux capable d'être de véritables bochéviks ,mais je pense que la majorité de l'ensemble de la classe ouvrière ,du monde du travail n'en était pas capable ,c'est pourquoi je suis si ébloui par ces ouvriers révolutionnaires maoistes que j'ai croisés ,mon père m'avait dit de ne pas le faire ,seuls pour eux il avait le respect ,un respect anonyme car mon père ne les connaissait pas ,ils ne les connaissaient qu'à travers La Cause du peuple.


Oui ce que je critique chez les autres je n'en suis pas complètement indemne ,oui je ne suis pas de votre niveau ,mais l'idée de la mort je l'acceptais peu à peu ,pour aller jusqu'au bout du sacrifice .
J'ai été dans la situation de Pierre Overney
,lors de la reparution en kiosque de la Cdp ,un camarade choppé par les flics ,mis dans un car ,on
a voulu le libérer ,j'étais devant ,un flic a dégainé ,blanc de peur ,il me tenait en joue pour que je recule ou arrête d'avancer ,j'ai donc eu affaire à un flic et non un barbouze ,il n'a pas tiré ,je n'ai rien dit ,je n'ai pas bougé (...).Quand j'avançais il tendait le bras , je le sentais sur la détente ,à 4/6m environ . Ensuite je n'ai pas provoqué ,je n'ai pas été assez con pour lui dire "vas-y tire" pour moi je voyais çà plus comme un fait divers et non politique si j'étais mort ...


Et quand je pense à Pierrot et que je me dis mais quel con pourquoi a-t-il dit "vas y tire" au barbouze , alors je change d'avis et je me dis qu'il l'a dit pour nous tous, pour dire "on ne pliera pas sous les coups ,la misère ,la torture" ,qu'il l'a fait pour l'honneur de la classe ouvrière ,pour l'honneur des prolos ,pour l'honneur quelque part de l'humanité ,de la condition humaine ,pour dire "on ne recule pas" ,pour dire "je suis la voix des opprimés ,de la souffrance et de sa libération" ,comme des mots qui ne seront pas perdus ,pas perdus pour qu'un jour on s'aime ,on s'aime tous ,pour dire "je ne suis pas un martyr que l'on vient cueillir ,pas une victime mais je vais mourir debout ,debout en combattant pour tous les exploités ,les miséreux les humiliés" ,c'est là où moi qui ne sait pas pleurer, mon père a pleuré pour lui ,mon père a été acheté des roses rouges ,il est allé à l'enterrement ,comme moi mais chacun de son côté .

Pierrot donc il est charismatique (car en même temps il avait envie de tout arrêter pour créer une école je crois) .


Je ne savais pas qu'il y avait tous ces repentis ,ceux qui se sont reniés ,je ne savais pas tout çà ,ceux que vous dénoncez .Je suis ahuri .Abasourdi .Et quand j'en ai vu à la télé cet été j'ai compris ce que vous dîtes d'eux .


Petits pas solubles et étranges ,petites merveilles de la conscience ,d'un côté opaque puis de l'autre tellement touchant d'humanité comme ces vitraux parfois de l'inconscient ,de ces bulles spéculatives de la mémoire ,pastilles sous la langue si prospectives ,de tous ces désirs de justice que la vie n'a pas su encore rendre réels .Voilà ce qu'a écrit avec sa vie seulement notre Pierrot ,notre Pierrot que j'aime ,que j'adore pour nous tous ,de ceux qui n'ont comme arme que leur vie .
Mon père c'était plutôt "dans son vieux pardessus rapé " .


Alors comme j'ai été déçu et choqué par le tout le plat qu'on a fait autour de "L'établi" ,alors que s'ils avaient su qu'il allait voir les chinois pour leur dire qu'il ne fallait pas soutenir le 1968 alors qu'au même moment ujcml ,plr ,révolution culturelle ,communisme ,révolution ,tout son bla bla bla ,il s'est bien foutu de notre gueule avec sincérité peut être mais n'empêche là je suis colère ,ce fameux écrivain qui pourtant m'a tant apporté avec son livre génial "Lénine ,les paysans Taylor " .

(...) Mais moi-même suis-je meilleur ,peut être pire ,je ne sais pas .Suis-je meilleur que ce que je dénonce , je ne le prétends pas en tout cas pas toujours peut être , mais cela me fait très mal .
Et çà me fait du bien pour la première fois de l'écrire ,je me libère .


C'est pourtant avec joie et ferveur qu'au bout de ma désespérance optimiste ,j'irai encore et encore lire et relire "Rebelles" dont le ton et le contenu me plaisent sauf les attaques personnelles et sur le physique (j'ai une pension d'invalidité de l'armée ,une vraie ,ils appellent ça "blessure", 35 mois 6 opérations ,Hôpital militaire Begin ,Val de Grâce ,invalide ,comme deuxième classe Monsieur Jean Paul ,pas comme "colonel" de la Cpm ou du comité exécutif...Sourire )


J'ai aimé ce que vous avez su écrire de touchant et si émouvant sur le martyre d'Anne Franck .En Urss sous Staline on pouvait avoir la nationité juive sur le passeport ,c'était reconnu ,ensuite il y a eu 300 juifs héros de l'union soviétique ,il y a eu 140 généraux juifs .

Je suis conscient et critique sur Staline, mais il avait compris que la seconde guerre mondiale arrivait, qu'il fallait se dépêcher, c'était vital, tout a été sacrifié à cela ,c'est pourquoi il n'y en avait que pour les cadres et les experts ,faire du stakanovisme .

Il n'y avait pas de refuge tactique ou stratégique pour les élucubrations de Trosky ,pour la démocratie ouvrière .Ainsi je pense que la classe ouvrière a perdu le pouvoir dans les années trente ,qu'elle ne controlait plus rien à l'intérieur de ce système qui demeurait non capitaliste ,mais là je ne sais plus ,je me perds dans mes contradictions...Donc il fallait tout le monde le doigt sur le couture du pantalon .Et il y en a qui trahissait comme Toukhatchevsky (cf archives soviétiques contact avant la guerre état major front oriental et Reich ,cf travaux Lacroix-Ritz) .


Merci pour vos quelques mots de compréhension ,de réconfort ,je suis très touché ,oui aimons la vie ,cette vie que nous n'avons cependant pas choisie ,mais continuez votre site j'en parle dans ma boite .
Il faut un laboratoire de recherche économique et historique marxiste mais complètement libre .Créer une comptabilité prolétarienne ;créer un code pénal prolétarien ,créer un droit du travail prolétarien ,créer... Dans chaque boite une idée de comment on ferait si c'était à nous .Parfois le p"c" dit des trucs interessants ,je suis heureux de vous avoir offert ma matinée pour vous écrire ,je vais déjeuner maintenant .
Vous pouvez publier si je ne risque rien ,en restant donc anonyme et en parlant d'un "Henri" qui vous a écrit .

Je suis très méfiant car instable ,fragile ,obssessionnel ,diminué ,J'ai toujours peur ,peur de ce que je fais ,de ce que je dis ,de ce qui m'arrive ,tout m'est un problème ,c'est un miracle si je suis encore salarié ,seulement parce que je suis protégé ,soutenu par d'autres salariés fussent-ils Monsieur XX... de Lutte ouvrière et j'ai de l'amour et la tendresse pour eux ,même si ils ne comprennent rien à ce que je dis souvent ,ils ont une position de classe et je ne vois rien d'autre autour de moi ,ce sont le seuls qui parlent des Sans papiers...

Sachons être indulgents pour les êtres ,promouvons des débats sans atmosphère meurtrière ,c'est une affaire au long cours que le communisme ,nous sommes dans la "préhistoire de l'humanité" ,nos imperfections sont aussi notre humanité ,ce murmure comme un balbutiemment de s'éteindra pas...

Je suis admiratif pour votre énergie et votre militantisme en général ,j'en suis incapable ,je fais seulement les grèves parfois et manifs salariales ,celle du 29.01 si les syndicats ne trahissent pas trop...On a fait une grève avec occupation ,le directeur a été "retenu" ,obligé de s'expliquer devant les masses en AG ,obligé d'entendre ce qui lui était reproché ,et c'était grâce à LO et la CGT de la boite ,on était prêts à l'affrontement avec les flics il y a quelques années ,mais pas il y a si longtemps, ,aujourd'hui cela semble impossible et pourtant demain qui sait...
En 1964 à Creil grève sur la plus grosse boite ,courant à 400 000 volts dans les clotures d'enceinte ,les flics n'ont pas osé prendre l'usine ...
Bien à vous ,bonne année ,ainsi qu'à votre petite équipe ,vos proches (...)

H.

Suite

Encore merci, donc, si nous nous sommes bien compris,je publie tes deux lettres, signées “Henri”, assorties de brefs commentaires, constructifs, dans l”espoir que d’autres s’y mettent.
Fraternellement
"Le colonel"

Relance

Toujours d'accord pour la publication ,mais je ne vous écris pas dans ce but .C'est une concession que je vous fais .
Aussi prenez soin d'épurer ,de choisir ,notamment me semble-t-il ,le passage où je fais lire (...) le livre de Morgan ,pour par ricochet faire lire le votre "Rebelles" et surtout votre site , (...) mais je vous laisse faire pour le mieux .
J'espère si vous en avez le temps que vous me répondrez .Ma correspondance est avant tout personnelle .Et vous est destinée a-priori à vous seul .Aussi pour l'avenir prenez toujours la peine de me demander si j'autorise la publication .


Comment prenez-vous donc ce que je vous ai écrit ,certainement avez-vous des choses à dire ,des critiques aussi .
J'ai lu le livre "Les maoistes" (de Christophe Bourseiller NDLR) assez bien fait (C'est vrai NDLR).

A votre avis la propagande usine Gp a pu être connu de combien d'ouvriers ?En voyant cela sur un espace d'un an .Combien d'ouvriers ont pu être organisés dans la Gp de façon stable c'est à dire sur un an ,avez-vous une idée ?
De la même façon un travail a-t-il été fait sur l'histoire de l'Uncla (Union nationale des Comités de Lutte. NDLR);combien d'usines où il y avait une présence ,et là aussi combien d'ouvriers ,pas d'établis ,s'y sont organisés de façon stable .
Dans un pays impérialiste,en temps normal , seule une infime minorité peut être communiste .Y compris dans la classe ouvrière .Mais des possibilités énormes existent d'influence, et beaucoup donc peuvent être influencés .


Le NPA est une initiative politique interessante par les temps qui courent sorte de PS-bis radicalisé avec en moins le sérieux de LO...Ils veulent eux aussi s'auto dissoudre ,ils ont du aller à la cave chercher les archives de la Gp après le "27 MAI" ,mais là où ils peuvent être dangereux c'est s'ils font croire qu'ils sont communistes car ils désarmeront idéologiquement tout en développant toutes les contradictions ,et ce sera le massacre ,car ce sont une composante du révisionisme...Besancenot parle maintenant de "la loi du nombre" pour éviter ou contourner la Révolution ,l'affrontement frontal avec la bourgeoisie ,son état ,son armée ,ses barbouzes ,et là ce serait suicidaire ,n'oublions pas l'Espagne ,l'Indonésie ,le Chili .


A ce sujet mon père était fou de rage pour le Chili ,il m'a dit textuellement le jour du coup d'état ,"le criminel c'est Allende car il n'a pas armé les ouvriers .Pinochet c'est normal il fallait s'y attendre ". C'est là où les réformistes et révisionnistes sont un véritable poison ,une sorte "sida mental" qui offre le ticket gratuit pour les fosses communes .
Mon père m'a parlé de ses contacts avec des officiers soviétiques en Espagne ,me disant qu'ils essayaient de mettre de l'ordre car il y avait un bordel énorme là-dessus il était critique sur les anarchistes jouant les seigneurs ,les grandes phrases ,mais fous de courage ,d'héroisme .


Mais je n'ai jamais pu avoir une conversation politique avec lui en profondeur sur la guerre d'espagne ,le poum ,le pc etc mutisme total .
D'aiileurs c'est un autre sujet mais l'image du père est dangereuse en politique ,on se fait mysthifier ,l'image fantasmée nous instrumentalise .

Mon père par ailleurs s'est peu occupé de moi (...) car d'une certaine façon "il a préféré la misère" au salariat ouvrier qu'il avait quitté ,"tout sauf l'usine" .Ce faisant dans mon côté décentré et foldingue ,il y a mes lacunes affectives et éducatives ,et je sais et j'ai vu que nous étions à la galaxie Gp beaucoup ainsi ,il faut le dire secrètement si j'ose dire ,c'est une composante de la vérité ,de ce que je suis dans ce que je suis de plus misérable ,raté ,une composante sur la violence parfois dévoyée ,un lieu aussi de recyclage des névroses etc Et là danger ,et là je me dis parfois la vie m'a amené là ,est venue me chercher dans ce que j'avais aussi de taré ,de misère mentale et affective ,comme Ceaucescu faisait aller chercher les enfants dans les orphelinats pour les former comme agents de la "Securitate" ,c'est le versant noir ,il n'occupe pas tout l'espace ,mais il exista me semble -t-il (Mais cela n'enlève rien à la légitimité du combat ,à sa beauté ,au fait que le mouvement global était juste ,qu'il fallait continuer et non liquider ,rectfier comme vous tentiez de le faire).Et il faut avoir le courage de le dire ,je ne le dis que pour moi ,c'est tellement intime et obscur aussi .Ce qui est pourri c'est de ne mettre que cela en exergue pour liquider le mvt ,la révolution ,le communisme .(...)

Le prolétariat se développe à l'échelle mondiale ,n'a jamais été si nombreux ,c'est notre nouveau continent .J'aimais bien le personnage de Kostas Mavrakis assez fantasque aussi ,dans ses grandes virées lyriques .


Et j'ai bien peur que le NPA mène à çà cf Chili ;npa-nrp version Rolin ,tous ensemble ,tous ensemble ,et tous dans la merde eux réfugiés politique aux Maldives et nous balancés des hélicoptères...

(...)
Bonne soirée je vais diner

H.

Réponse

(...)
Nombreuses questions, toutes pertinentes, dans leurs contradictions et leurs nuances.
Nous avons touché, influencé, mobilisé, des dizaines de millers d’ouvriers. Organisé, très peu. L’UNCLA a été un échec, “gonflé” par Benny Levy, Clodic et cie.
Il est vrai que la Gp, venant “trop vite, trop tôt, trop fort”, a aspiré une frange très mince de “francs-tireurs”, tous un peu des marginaux, des déstabilisés, des “égarés” à leur façon - dont moi-même, "fils de bourge" et orphelin d’un héros, “outcast” pour toujours.
Jean-Charles Marchiani m’a dit un jour que les premiers à rejoindre De Gaulle à Londres, c’était pareil. Tous des “cas”. C’est logique. C’est la vie.
Je vais dormir. A+

 

(A suivre.

Que d'autres apportent leur pierre.)

 

 

De : Imbongi <Imbongi@wanadoo.fr>
Date : Tue, 16 Dec 2008 13:44:28 +0100
À : <contact@vendredi.info>
Conversation : JP Cruse pour Ph Cohen, urgent TTU


" Mon cher Philippe,
J’ai été bien surpris de lire le texte titré
“Zemmour est-il de race blanche?”, dans ton intéressant journal – sans commentaire particulier.
Je vais écrire là-dessus.
Si tu es intéressé, je te communique mon texte avant mise en ligne sur Le Monde Réel
http://www.lemondereel.fr, dont l’edito d’aujourd’hui “Nous sommes tous des lanceurs de chaussures irakiens” mérite, à mon humble avis, d’être lu jusqu’à la fin, signalé et commenté. As-tu une adresse électronique personnelle, et un numéro de portable?
Amicalement
JP Cruse
0660630856


 

 

 
 

REBELLES

- V -


Nantes-Saint- Nazaire: première base d'appui ouvriers-paysans

Charles Pellerin, de Mésanger (région d'Ancenis, Loire-Atlantique). Ce petit fermier pauvre, sauvé de la ruine et de l'exode vers l'usine par une importante mobilisation des "Paysans-Travailleurs" de Loire-Atlantique, sous l'impulsion de Jean Cadiot, son voisin, un "paysan moyen", modernisé, conscient de l'importance de l'élargissement de la contestation rurale aux couches de la paysannerie la plus misérable, reste le symbole, presque unique, du succès de cette politique "de classe" à la campagne, appuyée de toute leur énergie par les "Maos", avant comme après la dislocation officielle de la "Gauche prolétarienne" - qui rendit tout de même les choses plus difficiles ...


1.
Dans la prison de Nantes....


Mars 1973. La lourde porte de fer à vantaux de la maison d'arrêt de Nantes se referme derrière mon dos.
J'ai bien aimé l'endroit. Sans rire...
J'ai aimé la prison de Nantes, oui: dans l'intense poésie de la vie d'un premier passage par la case "cabane", pour un jeune homme de 25 ans engagé de tout son âme dans l'action politique, confiant dans son étoile et conscient d'avoir fait de premiers pas au moins dans la bonne voie...
Pour la plupart d'entre nous - des "colonels" - l' éventualité d'une incarcération était inscrite au programme des réjouissances, dès l'origine. Nous prenions de vrais risques, et nous le savions.
C'est le lot des francs-tireurs, qui vont à la surprise, au-delà des lignes; des défricheurs; de ceux qui ont à peine le temps de "connaître le goût de la pomme", en la transformant, et donc, en la croquant (Mao) - avant de "déguster"...
Pour les plus lucides d'entre nous - qui étaient souvent les plus "gonflés" - la prison était plus qu'une une hypothèse de travail:un passage obligé.
Nous faisions notre possible pour l'éviter. Nous étions très prudents - dans notre genre...Mais il serait risible de croire - et pas un ne le pensait - qu'on peut aller "au sein des masses" mobiliser les gens pour des "actions directes" tout de même piquantes, ouvertement orientées vers des "soulèvements populaires", dans la perspective de "la lutte armée", sans qu'on nous propulse dans les pattes une foultitude d'indics et de mouchards de tout calibre, de tout niveau, de toute espèce, et de toute origine.
Une "solution" permet d'éviter ce risque: se limiter à une "action" verbale, dans le respect d'une "légalité bourgeoise" - condamnée, pour le principe, mais respectée, dans les faits. On se trouve infiltré, tout de même - le gauchisme légal des révolutionnaires en chambre l'a été, plus que nous. Mais on ne va pas en prison, ou pas tout de suite. Dans ce cas, le travail de la police se limite à la constitution de fichiers, puis à leur entretien, soigneux.
Ils ne seront utiles que le jour, s'il survient, où un pathos verbal "Rrrévolutionnaire" se transforme en danger véritable. Alors, bien informé, le pouvoir peut frapper, sec, et par surprise.
Bon ou mauvais, qu'on en discute, notre raisonnement était tout autre.
Nous ne nous interdisions pas de flairer les "mouches à merde". Leur puanteur est quelquefois très grande. Mais nous nous n'agitions pas les bras dans tous les sens, pour tenter de les claquer en vol. Elles seraient aussitot remplacés par d'autres...
Mieux valait les discerner, certes - mais en se contentant, sauf cas exceptionnels, de les tenir à distance des vrais centres de décision. Evidemment, ce n'est pas toujours facile.
Conscients, donc, de nos faiblesses, et du peu de chances qui nous étaient données de l'éviter, nous étions prêts, à tout moment, à l'épreuve de la prison.
Nous n'en avions pas peur.
Nos soucis se portaient plutôt sur la torture - encore peu développée, mais faisant plus, déjà, que se profiler.
Selon les spécialistes basques d'ETA, crédibles, la seule protection, relative, contre cette menace-là est de se donner, tôt, les moyens d'abattre, un par un, les premiers tortionnaires - c'est ce que les Etarras maos ont fait eux-mêmes, mais quel travail...
Comme le confirment les meilleurs spécialistes français de l'anti-terrorisme, dans le sud-ouest, au cours des années 1970, les groupes spécialisés surveillant ETA de notre côté des Pyrénées s'interdisaient rigoureusement certaines tentations.
"Avec des branquignols style GARI, Action Directe, "Momo Le Belge", etc, soulever le gus, et l'emmener faire une petite promenade dans la montagne, ou lui faire le coup du bar des "Trois Canards", au troisième niveau souterrain, caché, d'une série de caves en sous-sol, ou dans le réseau des catacombes, et des égouts, on ne s'en privait pas...Après?...La torture? Evitons les grand mots...Le mec - ou la fille - une fois déséquilibré, déstabilisé, bien paniqué, même la première paire de gifles n'était pas toujours nécessaire...Ils s' "allongeaient", tout seuls...Avec ETA, Duran (un expert des RG) nous avait mis en garde..."On ne fait pas joujou. Pas touche!"...
Même de ce côté de la frontière, les basques d'Euzkadi avaient fait un travail préventif, extraordinaire...
Ils avaient les coordonnées complètes de fonctionnaires de très haut niveau, de gens de la pénombre, contrôleurs généraux, militaires même, sans oublier certains politiques concernés par le sujet...Les noms, les petites habitudes, les maîtresses, les amants, les enfants, le chemin de l'école et celui du bar à putes, ou à travelos, tout...
Comme ils ne sont pas idiots, et savent que nous ne le sommes pas, ils s'étaient arrangés pour qu'on sache à peu près ce qu'ils savaient, et qu'on voie que c'était du sérieux, du solide...Au moindre écart, boum boum...
Du coup, je ne dis pas qu'on n'en ait jamais eu l'envie, la tentation...Que celui qui n'a jamais péché nous jette la première pierre...Mais on n'en a jamais emmené un seul "faire un petit tour dans la montagne"...Pas un seul!...Ni "à la cave"...Nous connaissions les conséquences, les règles, et les limites..."
Ce forme de "guerre préemptive", toute dans un art de dissuasion, subtil, qu' ETA menait sans doute aussi, mais c'est une autre paire de manches, de l'autre côté de la montagne, au sud de la frontière, et dont les services de renseignement palestiniens du Fatah, après les vietnamiens, et d'autres, ont bien dû étudier la configuration, chacun dans sa situation particulière, il aurait bien fallu que, le moment venu, les maos, à leur tour, s'y collent.
La question reste posée, pour la génération d'après...
Enfin, nous n'en étions pas là.
La torture commençait à entrer dans notre paysage, avec quelques cas, rares mais épouvantables - "ti Jo", à Puteaux, les violées d'Issy, et quelques autres...La chose était dans l'horizon, quelque part, point. C'était un risque. Pas le plus fréquent, pas le plus probable, mais bien là...
La prison, c'était autre chose. En tant que telle, ce n'était pas une obsession. Le séjour, le moment venu, s'en trouvait, du coup, dans notre esprit , presque "amorti" d'avance. Surtout s'il n'était pas trop long...


Chanter


C'est aussi pour sa chanson, "Dans la prison de Nantes", que j'ai aimé les vieilles cellules "pourraves" de cette résidence austère, et son ambiance. Moi qui chante beaucoup, dans la vie, dans ma tête, à la barre d'un voilier, ou la nuit, dans mes rêves, et même dans la rue, en marchant, j'avais toujours aimé en fredonner la version première, très pure, très belle, et très dansante. Surtout la "chute", sur l'évadé qui, pour s'en aller enfin "baiser", au sens premier du terme (une bise) "la fille du geôlier" devenue la Belle de ses Rêves - et la clé de sa cellule - "dans la Loire a sauté, dans la Loire a sauté..." - moi qui en ai connu le goût, saumâtre, les tourbillons, mortels, et la couleur, innommable, de cette Loire où, sans l'avoir cherché, il m'a fallu nager, un jour de poisse dans un mauvais couloir de vent, après un empannage en Finn, dérive mal arrimée, entre les docks pourris des chantiers navals Dubigeon - aujourd'hui liquidés... - et le Quai de la Fosse, avec ses bars, et la brune Paulette à la courte "mini" jaune et aux seins fiers, l'amie, disait-il, de Stokas, un compagnon de cellule...


A l'atelier du paillage des chaises de la maison d'arrêt de Nantes, donc, j'ai aimé les jeunes gitans rieurs à l'œil fier - qui m'y ont enseigné, parmi bien d'autres choses précieuses, les rudiments de ce métier, traditionnel chez eux...
"Paillant" à une allure record, ils trouvaient le moyen de dégager un "temps de flânerie" (Taylor) pour confectionner, de leurs mains habiles à tous les forfaits, sans exception aucune, et tous les crimes, des guitares faites de morceaux de contreplaqué, volés, seul le Dieu des manouches sait où - en tout cas quelque part à l'intérieur de la prison.
Ils parvenaient à les découper en arrondis parfaits. Ils collaient le tout, je préfère ne pas savoir avec quoi...Enfin, ils y tendaient des bouts de fil de fer très fin, en guise de "cordes"...
C'est au son de ces instruments que nous avons, ensemble, mais vraiment ensemble, écrit notre moderne version de "La prison de Nantes"...Il y était question d'un aumônier, pas très catholique. Ce saint Mollah de l'Eglise Romaine avait cru de sa mission d'aller témoigner, à charge, aux Assises. Violant gaillardement mille ans de tradition des Pères, et le secret de la confession, il s'était répandu, à la barre, après avoir juré, sur les invérifiables aveux faits sous le sceau de la foi, et de la confidence, par un truand gitan, donc chrétien, d'une grande famille du peuple des caravanes, très crainte...L'homme risquait sa tête, aux "Assiettes" (la Cour d'Assises). Avec "Bébé", son compagnon, on l'accusait d'avoir salement torturé un vieux campagnard vendéen, dans la pure tradition des "chauffeurs" (de pieds, dans les braises brûlantes de l'âtre...).
"Café manouche"
Entre deux couplets, écrits, corrigés, discutés, retravaillés, dans un atelier devenu d'écriture, nous sirotions l'infect breuvage brun-noir, très fort, à base de sucre caramélisé dans de l'eau bouillante qu'ils appelaient "café manouche".
Ils faisaient cuire fièrement leur infecte mixture dans des quarts de métal posés, direct, sur le très vieux poële à charbon, brûlant, censé assurer le chauffage intégral de l' unité de paillage de chassis, près du grand tas de paille de jonc, en vrac, dans le coin, où nous tentions de bloquer, sept sur lui, en y mettant le paquet, les ruades d'épileptiques de notre copain Clemente - un jeune "voyageur", lui aussi, trapu et fort comme un taureau, malgré une hanche traînante. Bave aux lèvres, grognant, agité de tremblements terribles, le malheureux garçon s'acharnait, avec la force extraordinaire que donne cette pathologie...Il n'avait qu'une idée: se projeter de toute sa violence, explosive, déjà, en temps normal, contre le mur, tête en avant...
Aucun de nous ne voulait prendre le risque - pour lui...- de le "sécher", dans l'état où il était, d'un atémi à la tempe, à la gorge, à la nuque, à la carotide, ou sur les testicules...
Oui, je l'ai aimée, cette prison de Nantes, avec ces merveilleux compagnons, dont Stokas, le Grec de la Paulette du quai, au superbe visage émacié d'icône mangé par les poils irréguliers d'une maigre barbe noire de demi-quart de "julot casse-croûte" (tout petit proxénète de base, rémunéré au sandwich) qu'il était.
Un jour qu'il me demandait, pour la cent-soixante quinzième fois, si, avec toutes les "copines" que nous devions avoir, à l'extérieur - des militantes ouvertes, il en était sûr d'avance, à tout contact en profondeur avec le peuple, fût-il celui des tombeurs de "bouchonneuses" en rade...- je ne pouvais pas lui fournir quelque adresse de correspondante, je lui avais avais donné celle de ma grand-mère Cruse, née De Luze, au château de Rivière, à Bordeaux...
Femme pleine de bonté, et pétillante d'humour, elle avait été ravie de recevoir la lettre pleine de charme de ce grand coquin de Yannis. Il avait eu la belle idée d' agrémenter l'envoi du superbe dessin d'une vieille dame, pour lui, imaginaire, aux cheveux gris-bleuté joliment bouclés, qu'il avait passé un temps fou à coucher sur un mauvais papier quadrillé...
Elle lui avait envoyé, en retour et sans attendre, une belle lettre, du même ton digne, pince-sans-rire, mais respectueux, et à juste distance, qu'elle avait mis à répondre au courrier de son petit-fils.
Auteur d'une épître soignée commençant par"Chère Grand-Mamie", j'y feignais de me réjouir de l'arrivée prochaine, dans une cellule voisine, du "cher cousin Lionel".
Nous avons tous le même humour, dans la famille, ma sœur l'a, un de mes fils aussi, ma petite fille Leïla, et notre père, paraît-il, était pareil..., car ce bon Lionel, indirectement au moins compromis alors, à tort ou à raison, dans l'énorme "scandale de vins de Bordeaux", qui, sur fond de guerre Giscard-Chaban (candidat de la modernité pro-américaine et post-gaulliste contre "le plus jeune général de la résistance", devenu le "parrain" des Cruse des Chartrons, après avoir été, c'est un fait, leur obligé), devait mettre au tapis, pour le compte, la principale maison de négoce de grands vins de la place...
"Riche comme un Cruse, et con comme un Bl..." (censuré), disait-on, jusqu'à ce jour maudit - à voix basse...
On cessa de le dire quand mon grand oncle, homme d'honneur déçu par la conduite de son fils, alla se jeter du plus haut pont sur la Garonne, mettant un point final, digne et sans commentaire, à une campagne infecte.
Les plus grands crus sont nuancés, "équilibrés", dopés, en sucre, ou en alcool; je le sais, comme tout le monde à Bordeaux, moi qui n'ai jamais voulu devenir, dans ces matières, un spécialiste; ils l'ont toujours été.
Ce "métissage" qui parfait les très grands vins a toujours existé. Il existera toujours. C'est un de ces secrets de métier qu'ici jamais personne ne pourra "tayloriser"...Il rend meilleurs les tout meilleurs. A fines doses, il n'a rien de scandaleux.


- "Un mao, si j'en trouve un, je le pends !"
-"Alors là, ça tombe bien... On s'y colle?"


C'est dans cette antique et charmante prison de Nantes, enfin - aujourd'hui remplacée par une sorte de Fleury-Mérogis en béton froid, donnant sur la bretelle d'accès d'un sinistre boulevard - que le sort m'a donné l'occasion de faire le bon choix, dans une de ces circonstances, pas si fréquentes dans une vie d'homme, fût-il homme d'aventures, où se tromper peut faire tomber, très vite, le point final.


C'était le jour de mon arrivée.


J'avais été transféré de Lille en train, menottes tirées en laisse par une paire de gendarmes plus mal à l'aise que moi, dans la foule, à la correspondance, gare du nord.
Je gardais la tête haute, regard fixé sur l'horizon, comme les cavaliers d'une revue militaire, ou matant sans vergogne les jeunes filles, troublées, évidemment, par le spectacle...
Les pandores avaient, eux, la queue basse.
Nous venions de la Maison d'Arrêt de Loos, où j'avais été incarcéré, d'abord, à la sortie des locaux de la P.J. régionale, après une première arrestation dans un petit café prolo de la banlieue de Roubaix, un peu trop proche de la frontière - où la N.R.P. m'avait envoyé pour une vague mission de repérage de je ne sais plus quoi, sans doute utile à quelque chose...


Bref, arrivé à l'accueil maton de Nantes, menottes enlevées, fouille faite - "à poil, tourne-toi, baisse-toi, et tousse..."- et mon petit carton d' "effets personnels" dans les bras, les casquettes plates m'avaient préparé une surprise. Ils ouvrent la porte de "ma" cellule...Il y en a du monde là-dedans...Six ou sept, plutôt larges d'épaules, avec des gueules de "polar" noir, pour quatre places maxi...Je fais un demi-pas, je regarde - cherchant un coin d'étagère où poser mon carton sans empiéter en territoire ennemi...
Mais mon attention est alors attirée par la fin d'une conversation, entamée, aux barreaux de la fenêtre, "par le plus grand des hasards", sans doute - à l'instant où la clef tournait dans la porte...
"Moi, les Maos, dit l'un - un quadra vif et sec à barbiche noire genre mousquetaire du Roy - si j'en trouve un, je le pends, sans discuter...". L'autre compère s'apprête sans doute à lancer sa répartie...
Dans ces cas-là, c'est ma chance, mon cerveau va très vite, dans le calme le plus absolu. "Cobra glacial"...Immobile, toujours, respiration lente et basse, bras bien détendus, corps souple, au fond, près de la porte déjà re-verrouillée, sans élever la voix de façon trop provocante, mais sans la faire trop douce, non plus, et en le regardant bien dans les yeux, mais avec l'ombre d'un sourire, tout en posant le carton négligemment, n'importe où: "Ben ça tombe bien...J'en suis...Si tu veux, on commence tout de suite..."


Nous sommes devenus les meilleurs copains du monde.
Il s'appelait Khider. Poursuivi pour escroquerie, c'était un ancien légionnaire, passé par l'OAS. Une vilaine blessure de guerre le faisait légèrement claudiquer quand nous tournions, ensemble, dans la petite cour, au milieu des hurlements suscités par d'incessantes rixes, ou par les parties de foot utilisant, comme ballon, de vieilles chaussettes nouées serré autour de débris de matelas en mousse, arrachés...
La mousse de ces matelas morflait. Pas seulement pour le foot.
Une des innombrables techniques utilisées, là-bas, pour se branler, consistait - je l'ai vu, de mes yeux vu, même si je n'ai pas eu le goût de le tester - à creuser un trou dans la mousse, au bon endroit, et à y insérer des morceaux de viande, hachée, de préférence.
Les amateurs trouvaient, disaient-ils, une certaine satisfaction à introduire, là - à la mongole... - leur bite raidie par une trop longue frustration, ou de lointains souvenirs...
D'autres, très inventifs aussi, mais aux fantasmes plus "métal hard" que "viande tiède", plaçaient, pour les "violer" des élastiques épais, en double, dans le diamètre d'une canette cylindrique - bière sans alcool, coca, tous les goûts sont dans la nature...


Avec mon nouvel ami Khider, en tournant, nous parlions rarement de sexe, et plus souvent de politique.
N'ayant jamais eu le goût du prêche, je le laissais venir...Finalement, les maos, maintenant, il était plutôt pour..."Mais tu as eu bien raison, me dit-il un jour, de répondre comme tu l'as fait, le jour de ton arrivée dans la cellule, et de notre petit "scénar"...
Si tu t'étais "couché", tu étais classé. Cuit. Ceux qui finissent par se faire enculer, et plusieurs fois par jour en plus, par chacun à son tour, comme au bordel, parce qu'ils ont refusé, ou saboté, la corvée qu'alors on leur impose, mal balayé les chiottes, mal lavé la vaisselle, ou refusé de cantiner "spontanément" pour la "collectivité", comme on le leur demande gentiment, mais avec insistance, ce sont ceux qui s'écrasent, le premier jour, au premier test, même au premier regard...
Mais si tu avais fait plus fort, tu avais tort, encore...
Trop faraud, on s'y serait mis tous, et tu aurais pris la branlée de ta vie, pour commencer...
Non, là, bravo, tu l'as jouée fine...Juste ce qu'il fallait".

- C'était un homme intelligent, qui avait survécu à des épreuves plus difficiles...
Merci Khider, si tu es encore de ce monde, ce qui est possible, si tu te souviens de mon nom, ce qui est probable, et si tu me lis, Inch Allah!...
Tu m'as aidé à tenir, et beaucoup appris de la vie...


L'attentat - les traîtres... Apprendre à lire les "signaux faibles"...


J'avais aimé l'endroit, j'en termine, un moment...
Mais là, mars 1973, il y avait du neuf.
Raymond était venu me cueillir à la porte, à sept heures tapantes - sachant que j'y prenais, chaque matin, la mobylette, pour faire, protégé le mieux possible contre la pluie lassante de la Basse-Loire, les quinze kilomètres nous séparant de Couëron, bourgade ouvrière aux fortes traditions de lutte, connue pour sa haute "tour au plomb" où, tombant goutte à goutte, le métal chauffé à blanc finissait en balles de fusil...C'est là que l'excellent Prosper Menet m'employait comme aide-vacher. Ce syndicaliste de choc et militant catholique, ou le contraire, était l'ami et le voisin des frères Blineau, les "paysans rouges" aux cheveux roux qui m'avaient "dégotté" cet emploi d'ouvrier agricole en semi-liberté.


Ancien taulard lui-même, "réinséré " dans le dur et beau métier de conducteur d'engins de travaux publics, et marié, alors, avec Jacqueline, une éducatrice du centre de jeunes délinquants de La Tournière, géré par Pierre Grellier, un curé proche des ouvriers maos de la métallurgie nantaise, Raymond, avec sa tignasse blonde sa courte moustache taillée bien au carré, du même parti, et ses petits pantalons fins de voyou, bien "moule-couilles", avait apporté sa faconde, son bon sens, une énergie inépuisable, et beaucoup de chaleur aussi - il en manquait, parfois - au groupe de militants de la G.P. nantaise auquel, petit à petit, il était venu s'intégrer.
Nous étions devenus de vrais amis. Nous le sommes.
Je m'étonnai, tout de même, de sa présence matinale, aux portes d'un établissement qui, de plus, ne pouvait lui rappeler que les mauvais souvenirs d'une "autre vie" qu'il avait eu la volonté d'oublier, et la force de larguer...
"Ça va Raymond? - "Comme un lundi, et toi? - On fait aller... - Alors, accroche-toi... Je viens te prévenir d'un truc... Il y a eu un petit problème chez toi, enfin, chez Danielle et le gamin...Rien de grave, mais..."
- Rien de grave, en effet. Les enfoirés qui s'étaient introduits dans le petit studio modeste, en rez-de-chaussée, du quartier populaire du centre de Nantes, pas loin de Chantenay, où elle pouponnait, un peu tristotte, notre premier fils Julien, alors âgé d'à peine 4 mois, avaient eu la correction de vérifier, du moins, je préfère l'imaginer, après avoir brisé la porte, et avant d'y balancer une bouteille incendiaire, qu'elle était sortie faire des courses, avec le gosse.
Elle l'emmenait partout, bien obligée, dans un couffin - jusqu'à la visite, au parloir, où le Popa du tout-petit Julien lui faisait areu areu derrière les doubles vitres répugnantes de crasse de l'hygiaphone...
Ces ordures, que, jusqu'à mon tout dernier souffle, et il m'en reste, je ne renoncerai jamais à retrouver, avaient sans doute vérifié qu'ils ne faisaient qu'incendier, en son absence, l'appartement, vide, d'une femme de prisonnier politique, mère d'un nouveau-né... Sans doute...Enfin, supposons-le...
Le fait est que la maman comme le bébé étaient sortis.
Mais s'ils avaient mal regardé...Et si le petit Jésus avait été là, dans sa crèche, dormant, caché sous une couverture...
Nous n'avons pas eu l'occasion d'en parler avec ces trous-du-cul - et surtout de le leur faire payer, puisque, je l'ai écrit, les comptes, pour moi, ça se règle - ou on est une sous-merde...Vrai avec les voyous, comme en politique...


Mais l'urgence n'avait pas été, alors, de découvrir qui avait ainsi salué la toute récente sortie en semi-liberté du "chef de la Gauche prolétarienne de Nantes-Saint-Nazaire", mais plutôt d'organiser, Danielle de chez Jacqueline et Raymond, où elle avait trouvé refuge et réconfort, moi depuis la ferme de Couëron, le jour, entre deux fournées d'ensilage et deux coups de rouge au cul de la barrique, et de ma cellule, le soir, par messages, une manifestation visant la mairie de Nantes.
L'objectif étant d' obtenir un relogement en HLM de la Maman (très) "mal logée", et de notre petit gosse à la rue, comme elle - et d'inventer ainsi une forme concrète de riposte à l'attentat...


Plus de trente ans sont passés là-dessus...Nous n'avons jamais pu savoir qui avait fait ça, et pourquoi...Un traitement peu banal, même dans les conditions, un peu cow-boy, de l'époque...

- Une équipe de colleurs d'affiches, plus bourrée que la moyenne, en fin de course (c'était le dimanche des élections législatives de 1973, au matin)?

- Des flics d'extrême-droite furieux de la semi-liberté?


- Des amis, fascistes, du proviseur du Lycée Clémenceau, le grand lycée de Nantes, dont nous avions incendié la 504 Peugeot en septembre 1970, et que les lycéens, manquant, il est vrai, souvent du sens de la nuance, considéraient lui-même comme "un facho d'Occident"?


- Des fascistes, espagnols, proches du consulat franquiste, dont j'avais aussi personnellement organisé et conduit l'attaque par un commando à mobylette frappant sans même descendre des engins - une première, dont, amateur d'innovations, je revendique le brevet...
Nous avions eu recours, pour l'occasion, à des mini-cocktails-molotov, maniables et faciles à transporter, soigneusement fabriqués de mes blanches mains de spécialiste dans des canettes de bière. C'était en 1970 comme la 504 de Clémenceau (septembre), mais en décembre cette fois (Procès de Burgos). L'endroit était sur un boulevard peu éloigné de l'appartement où allaient emménager Danielle, et le petit Julien...


Impossible de savoir, non plus, pourquoi les "copains de Nantes" avaient alors soudainement explosé en deux clans:


- Les uns - majoritaires, heureusement - manifestant chaudement leur sympathie à Danielle, et au petit, passaient me voir à la ferme...
- Les autres - surtout l'ouvrier le plus proche de la direction parisienne de l'"ex-G.P"... - manifestant au contraire une étrange distance. Un "froid" imprévisible, qui n'eut d'égal que l'attitude de mes excellents collègues du C.E. (la direction "mao", au niveau national), pas foutus d'en faire ne serait-ce qu'une brève dans La Cause du Peuple, un petit communiqué à l'A.F.P., une conférence de presse, ou de téléphoner à la principale victime de l'attentat, Danielle - qu'ils connaissaient tous bien et que cet attitude allait complètement effondrer...


Heureusement, mobilisés, essentiellement, par nos amis paysans et ouvriers de Couëron - dont l'un, d'ailleurs, Paul Blineau, allait voir quelque temps après, la ferme où vivait toute sa famille devenir la cible d'un incendie criminel d'un style un petit peu différent - cent-cinquante manifestants allaient finalement investir la mairie de Nantes, par surprise. Séquestrant dans son bureau l'un des principaux adjoints du vieil André Morice - l'homme de la ligne Morice de la guerre d'Algérie, avec son double ou triple rideau de barbelés électrifiés, achetés en masse à des entreprises amies...


Le scandale, car c'en était bien un, de cet attentat répugnant commis au domicile d'une toute jeune mère, femme de prisonnier politique, qui plus est, et d'un prisonnier politique considéré dans toute la ville, en tout cas depuis son procès, comme un des principaux responsables nationaux de la G.P., finit donc par éclater au grand-jour.

La presse locale dut l'évoquer, même la celle de Robert Hersant (Presse Océan).
Mais il n'en fut pas question dans La Cause du Peuple, qui avait mentionné les autres arrestations de la rafle de Nantes, mais pas soufflé un mot de la mienne, ni mentionné mon nom, au premier procès nantais des maos; qui m'avait laissé seul, ensuite, dans l'absence de solidarité la plus mutique et le silence le plus parfait, face à plusieurs procès en série, à l'addition lourde (15 mois ferme); et qui se montrait plus réactive, habituellement, et heureusement, sur la moindre gifle reçue, ou rendue, en prison, par un des nôtres.
Quant à la séquestration picaresque à la mairie de Nantes, dans une action de défense d'une "mal logée" "de type nouveau", le journal des maos, friand, d'ordinaire des récits de ce genre - surtout quand, comme ici, l' action était menée par un groupe ouvrier-paysan, femmes en tête - n'en souffla pas un mot.


L'opération, à laquelle le statut pénitentiaire qui était encore le mien m'interdit, hélas, de participer, devait déboucher sur une victoire totale. La "mal logée", l'enfant et le prisonnier se virent attribuer un HLM, du plus bas de gamme, d'accord - mais, de ce fait, dans un des quartiers les plus prolétarens de Nantes, ce qui nous allait bien, rue du Cormier, sur la butte de La Contrie, séparant la colline du vieux Chantenay rouge, descendant vers le Quai de la Fosse et la Loire, des anciennes prairies du ci-devant château des Dervallières, parcourues par la fraîchee Chézine, un mini-affluent du grand fleuve. Et .
C'est un petit peu plus tard aux Dervallières, devenues vaste cité HLM aérée, verdoyante, mais la plus "sensible" de Nantes (où, sautant d'un quartier à l'autre, Danielle allait réussir à obtenir un appartement un peu plus grand, peu après la naissance de Clément, notre second fils) que nous allions jeter les bases, ensemble, d'un redémarrage nantais de la vie militante, après la liquidation nationale de l' "ex-GP", parallèle ou plus probablement, sans doute, convergente, avec son explosion nantaise.


Notre ami et voisin Jean Joret, "syndicaliste de classe" (CFDT), et militant chrétien des chantiers navals Dubigeon m' élèvera bientôt au statut, respectable, de "moniteur de sports de combat" à la Maison des Jeunes, richement équipée, de cette "cité difficile"...
Mes "élèves" m'en apprirent beaucoup sur le combat de rue, je leur fis don quelques techniques peu enseignées de karate militaire, mais l'essentiel de nos échanges portèrent sur nos concepts respectifs d'"art de la guerre".
Eux étaient avant tout des "cogneurs", râblés, voleurs par nécessité, et par plaisir aussi d'y trouver l'occasion de "mettre une danse" à des policiers de rencontre - ils ne disaient pas encore "keufs", ou "h'nouch" (vers de terre)..."
Mao" rigoureusement formaté, dans cette seconde moitié des années 1970 où l'essentiel était pour nous de continuer à rester liés aux ouvriers, pendant que les liquidateurs parachevaient, à Paris surtout, leur sale besogne, j'essayai d' "élargir leur point de vue".
Les flics, d'accord, nous pouvions "échanger nos expériences"...
Le "prof de karate" sortait de prison, ils le savaient, son cv avait fait le tour du quartier, et c'était dans le contrat...Mais j'essayais de les ouvrir à l'idée que le vrai pouvoir n'est pas là où ils croient, dans l'uniforme bleu des hommes en képi, parfois "bourrés" comme leurs prolos de pères, ou comme eux-mêmes, avec lesquels ils jouaient des parties répétitives, entre cache-cache, "Guignol", ou "les gendarmes et les voleurs"...
Pour ces fils de l'ancien Chantenay, intégrés aux Dervallières, il y avait peut-être, à l'occasion, mieux à faire que de s'enfermer dans un face-à-face à vie avec les "cognes" - dérivant, inévitablement, en affrontements, nuisibles, avec les bonnes gens du quartier, les ouvriers tranquilles, amateurs de sécurité et d'ordre, soucieux de la sécurité de leurs filles, de leurs femmes, et de leurs voitures... (suite ici)

   
 

Sarkozy, les gosses des écoles et la SHOAH

"UNE DECISION INSENSEE!"

(GEORGES SEGUY,

RESISTANT,

DEPORTE,

ancien secrétaire général de la CGT, militant communiste).

L'idole déjà bien fatiguée des "NEO-CONS" à la française et autres renégats de la "Nouvelle Résistance Populaire", Rolin, Glucksmann et cie, (voir ci-contre, à droite évidemment) a pris "une décision insensée" en décidant, par diktat présidentiel, "d'introduire dans l'âme d'enfants de dix ans le spectre d' enfants juifs du même âge, déportés (...) et exterminés atrocement par les nazis". Elle "risque de provoquer de sérieux troubles psychiques". Mais surtout, "ce genre de ségrégation religieuse des victimes du nazisme est inacceptable pour ceux qui ont survécu à l'enfer des camps de la mort. Qu'elle fut générée par l'antisémitisme, par le racisme dont les Tziganes ont tant souffert ou par la haine du fascisme hitlérien et pétainiste contre les résistants, de toute sensibilité politique, de toute croyance religieuse, ou de toute origine ethnique, LA BARBARIE NAZIE FUT ET RESTE AVANT TOUT UN CRIME CONTRE L'HUMANITE. Voilà ce que le devoir de mémoire devrait apprendre à nos enfants, afin de leur faire comprendre QUE L'IMPORTANT N'EST PAS LA PEUR DE LA MORT MAIS L'AMOUR DE LA VIE".

(L'HUMA, lundi 18 février 2008)

On peut difficilement être plus sec, plus dense, et plus digne. Merci Séguy, bravo L'HUMA, LA RESISTANCE VAINCRA!

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Quand Olivier Rolin, Glucksmann et les néo-cons pro-Israéliens de la luxueuse revue "Le Meilleur des Mondes" s'inscrivent, obscènes, dans le sillage du socialo-kollabo rose brun Albertini

Honte sur nous: l'info nous avait échappé, et c'est un petit encadré, "D'ALBERTINI AUX "NEO-CONS" qui vient attirer notre attention, ce mercredi 19 décembre, dans l'HUMA, en pied d'un des articles d'une riche série historique, prévue pour continuer ces prochains jours, sur "la planche à billets de l'UIMM", et les activités du kollabo "socialiste" Georges Albertini pour "recycler les têtes brûlées de l'extrême-droite", "grâce à la planche à billets" du grand patronat.

"Dans la dernière livraison du "Meilleur des Mondes", le chic organe central des néoconservateurs français, écrit le quotidien communiste, (...) Ilios Yannakakis évoque un "personnage controversé", Georges Albertini. "Socialiste, pacifiste convaincu, il avait adhéré en 1941 au Rassemblement National Populaire de Déat (le parti collaborateur des "rose-brun", les socialistes français ralliés au nazisme NDLR), où il occupait d'importantes fonctions. A la Libération, il avait été arrêté".

L'HUMA, qui poursuit en soulignant le rôle joué par cet ancien dirigeant "intellectuel" de la collaboration avec l'occupant nazi dans une tentative de faire de la France une colonie du IIIème Reich, et un vaste bordel pour la détente des gestapistes amateurs de "petites françaises" à la chair fraîche, s'abstient de poursuivre plus longuement la citation d'un des principaux articles d'une revue luxueuse dirigée, entre autres, faut-il rappeler, par le mao-renégat André Glucksmann, son fils Raphaël et l'ex-intellectuel Olivier Rolin, repenti lui aussi du maoisme, et coqueluche, jusqu'ici de la go-gauche...

"A son procès", poursuit en fait l'article du glauque magazine sur papier glacé des néo-cons, compromis, désormais, dans l'apologie de la collaboration dans son visage le plus abject, "si des témoignages de résistants en sa faveur lui ont évité une très lourde peine, il a toutefois été condamné à cinq ans de travaux forcés".

Albertini n'est pas le seul socialo-kollabo, puisque c'est la quasi totalité de la social-démocratie française, aux notables exceptions de Pierre Brossolette, adjoint du colonel Passy au BCRA, mort sous la torture, de Pierre Mendès-France, aviateur de la France Libre, de Léon Blum, déporté, et d'une poignée d'autres, et la quasi-totalité de la gauche non communiste qui se sont vautrées dans la collaboration - avant de se jeter, à la Libération, dans les bras protecteurs des nouveaux maîtres de l'époque, les Etats-Unis puis Israël.

Il n'est pas le seul non plus à avoir accepté, dans les années 50, le soutien américain et l'argent de la C.I.A. Il fait partie, en revanche, d'une très éroite frange, celle des socialistes qui, non contents de s'être compromis avec le nazisme, se sont ensuite recyclés, increvables, dans la chasse aux "rouges" dans les usines- et cela, jusqu'à sa mort, "officines" et fichiers à l'appui . Un combat dans lequel l' "argent noir" du patronat le plus réactionnaire, géré par des mains socialo-collaborationnistes, n'a pas seulement servi à recycler les anciens fascistes pro-CIA d'Occident ou d'Ordre Nouveau, comme Madelin, mais aussi à "acheter" des repentis du gauchisme, prêts à se vendre au plus offrant pour se salir les mains dans les plus sales besognes.

La filière qui, partant d'Albertini et du non moins rose-brun Marcel Déat, aboutit, dans cette honteuse et dérisoire tentative de réhabilitation d'une crapule, au luxueux torchon de Glucksmann et Rolin, a-t-elle fait un crochet, comme on est en droit de l'imaginer, par l'usine Renault de Billancourt où mourut assassiné d'un coup de revolver en plein cœur, en février 1972, le jeune ouvrier anti-raciste Pierre Overney, ami de la Palestine, et dont le P-dg, Dreyfus (Pierre) avait su s'entourer d'un assemblage composite de Corses d'extrême-droite à la gâchette facile et d' "intellos" passés de la collaboration à l'ultra-gauche, dans la mouvance d'Albertini?

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question - mais pas pour la poser.

Passé de la "Nouvelle Résistance Populaire" à ce compagnonnage douteux, Rolin, qui bénéficie encore, à ce jour d'une étrange tolérance de la part des "vigilants" de la presse de gauche ou d'extrême-gauche, ne pourra pas éternellement éviter de s'expliquer sur les étapes et l'origine de la funeste dérive qui fait qu'on hésite aujourd'hui à lui attribuer encore les qualificatifs ordinaires de renégat ou de repenti - peut-être insuffisants...

Le problème se pose aussi, mais pas de la même façon, pour Glucksmann, qui n'a toujours été qu'un bla-bla-teur, et n'a pas, personnellement, pris la responsabilité d'encourager, et même d'organiser, de jeunes ouvriers au cœur rouge dans la voie des armes et la tradition de cette Résistance qu'Albertini poursuivait de sa vindicte et du venin de sa langue de vipère, tandis que les Partisans, de leur côté, ne rêvaient que de fermer de façon radicale et définitive le caquet de ce genre de personnage.

Jean-Paul Cruse

PS. Nos colonnes sont ouvertes, bien entendu, et quoi qu'il nous en coûte, à d'éventuelles réponses de Glucksmann, Rolin et cie et autres "nouveaux historiens" de l'Albertinisme.

 

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Cheikh Muhammad Husayn Fadlallah
(souvent présenté comme l'inspirateur spirituel du Hezbollah, inscrit dans la tradition chiite), s'exprimant dans le cadre de la Journée Internationale de l'ONU de Lutte contre les Violences, a rappelé que l’islam ne permet pas à l’homme d’exercer une quelconque violence sur la femme, que ce soit en la privant de ses droits légaux ou dans le langage.

Il a émis à cette occasion une Fatwa ( avis religieux) (...) selon laquelle « la femme peut répondre à la violence physique de l’homme contre elle par une même violence, dans le cadre de l’autodéfense ».

Cette Fatwa a été fermement condamnée par Dr Muhammad Al Najimi (saoudien, de tradition Sunnite) qui considère que frapper une femme pour lui "faire mal" sans raison  est contraire à l'islam, mais dès lors qu'il s'agit de coups pour  la "discipliner", alors cela est acceptable dans la Chariah.

(Texte de Malika, transmis par Hakim.)

Source Al Arabyia.

Texte intégral en version anglais ci-dessous

"A  Fatwa to Eliminate Violence against Women Raises Shi’a - Sunni Controversy" 
 
 
Al-‘Arabiya reported yesterday that in celebration of the U.N. 
International Day for the Elimination of Violence against Women, the 
widely respected Shi’a religious leader Muhammad Husayn Fadlallah, 
who is known for his relatively liberal views on women, pronounced a 
fatwa decreeing that a woman once she has attained adulthood is 
independent and no person can act as her guardian. He explained 
that a man acting as a caretaker of a woman does not translate into 
reigning upon her.  He also maintained that a woman is permitted in 
her own defense to counter sexual violence or other kind of violence 
with reciprocal violence and any other means at her disposal, including withholding sexual favors. 
 
 Fadlallah triggered a controversy declaring that this fatwa does not solely apply to the Shi’a but to all 
Muslims because it deals, as he puts it, with the humanistic dimension of an Islamic issue.  That statement, 
which was seen as transgressing into Sunni territory, brought the immediate condemnation of the Saudi 
cleric Dr. Muhammad Al-Najimi who is a member of the counseling committee and of the Islamic Fiqh 
Academy.  Al-Najimi argued that there is a distinction between violent beating with the purpose of 
physically harming the woman against which she can defend herself and disciplinary beating that has 
always been considered acceptable under the Shari’a.  He said that a woman must accept such 
discipline without reciprocation or withholding her sexual favors.  Al-Najimi also rejected Fadlallah’s claim 
that a woman is ever independent and insists that a man must always act as her guardian.  
 
Fadlallah, speaking with Al-Arabiya, explained that his fatwa on a woman’s right to defend herself against 
her husband stems from the general rule which applies to all Muslims, regardless of gender, that every 
assaulted human being has the right to self-defense.  He also stated that there is no specific religious law 
that allows a husband, father or brother to strike a woman. If this occurs, she has the right to defend herself.  
 
On the matter of independence, Fadlallah adds that Quranic analysis of this issue shows that the 
relationship between a man and a woman is not one of master and a slave, but rather a matter of the 
man assuming the management of the household because of the financial responsibility that goes with it.  
Fadlallah added that once we study the marriage contract, we find that it does not impose obligations on 
the woman in the home.  It is up to the man to provide her with shelter, food and medicine. God however 
wanted the woman to have the free will to provide services within the home based upon the marriage 
principles of love and kindness.  
 
There is no doubt that Fadlallah’s position commands substantial respect in the Shi’a community and his 
word will most likely be followed by the Arab Shi’a at least, including Hizbullah, because he is their spiritual 
leader.  Judging by the large number of responses posted on Al-Arabiya [376 in 48 hours], however, the 
issue is generating much debate.  While one would expect many Sunni men to disagree with Fadlallah, PI 
Online’s initial analysis of the responses seems to indicate that a relatively large number of them actually 
agree with Fadlallah.   
 
Thus, this debate may be emblematic of some positive movement on women’s issues.  Our preceding 
article [PI 224] on the showdown between the deputy speaker of the Egyptian People’s assembly, Zeinab 
Radwan, and Islamic clerics regarding the official value of a woman’s testimony in court is another 
example. 

Al-Arabiya – Date: 11/28/2007  
http://www.alarabiya.net/articles/2007/11/28/42258.html  

 


 
 
 

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A propos d'un livre de ROGER GARAUDY "Pour l'avènement de la femme".

ISLAM, FEMINISME, SEXE, ATHEISME, BOLCHEVISME:

- QUELLE LIBERATION?

"J'ai dit à quelques copains, vous vous êtes athées plus par médiocrité d'âme que par idéal. Si vous l'on disait par exemple que l'athéisme exige de faire la prière ou le ramadan, vous cesserez immédiatement d'être athées, et que vous deviendrez croyants en Dieu, si l'on vous assure qu'il n'y a aucune de ces contraintes.

L'ouvrage de Roger Garaudy, "Pour l'avènement de la femme" (éd. 1981) est très instructif. J'y ai découvert plusieurs faits historiques.

Ce qui m'a plu dans cet ouvrage:

- C'est d'abord, son orientation résolument progressiste. Il dénonce entre autres ceux qui disent : "Bien sur que nous sommes pour l'égalité entre les femmes et les hommes, mais chaque sexe a sa spécificité (social)" selon la nature, en jouant sur l'ambiguïté du mot spécificité, qu'ils feignent de confondre avec différence.

-Le fait qu'il lie aussi bien les conditions d'oppression de la femme que les moyens de sa libération au système économique, politique....

- Il évoque la question du lien entre la sexualité et l'amour, où il cite certaines auteures féministes. Je pense moi aussi depuis longtemps la même chose. Je dis à certains dans mon entourage, même pour une passade avec une femme, nous avons besoin d'un minimum de sentiment, à savoir de la sympathie pour sa partenaire ,et inversement.

- Garaudy rappelle que le célibat des prêtres n’a aucune prescription dans l’Evangile. Qu’il a été décidé par le Vatican entre le IVe et XIVe siècle pour des raisons sordides : préserver l’immense patrimoine de l’Eglise de l’héritage, suite au mariage des prêtres.


- Il rappelle les idées misogynes des philosophes de l’antiquité et des Pères de l’Eglise, notamment
saint Thomas d’Aquin qui dit que : « La femme est, par nature, soumise à l’homme, car l’homme jouit avec plus d’abondance du discernement de la raison ». Ou bien Richelieu dans son Testament politique à propos de la femme : « Rien n’est plus capable de nuire à l’Etat que ce sexe ».

- Le fait qu'il s'appuie surtout sur des penseurs ou des féministes chrétiennes progressistes. Cela ne déplait pas du tout, bien au contraire. Car il mène la contradiction au sein même des fiefs des justifications idéologiques de l'oppression des femmes. Cela casse aussi la vision de la religion, qui n'est pas celle de Marx.

Certes, dans l'absolu, la religion est oppressive ou fort contraignante dans la vie, mais elle n'est pas toujours instrumentalisée dans un but d'oppression, comme l'a fait l'Eglise, la Synagogue ou les islamistes. Elle peut être aussi mobilisée dans le combat pour l’émancipation nationale et/ou sociale.

C'est pour cette raison que contrairement à l'extrême gauche, nous, communistes, algériens, et ceci est valable pour nos camarades dans les autres pays musulmans, menions notre combat politico-idéologique contre les islamistes (sans exception de tendances) qui bafouent l'islam notamment par le mensonge en disant que la laïcité, c'est l'athéisme, que tous les communistes sont des athées, afin de nous isoler de la masse des musulmans.

Nous faisons quant à nous valoir aussi les ayates ( versets) et hadiths (dits) de Mohammed, de Ali Ibn Abi Taleb (cousin et gendre du Prophète), qui disaient que "Les croyants sont égaux comme les dents d'un peigne", de Abou Dhar El Ghifari (premier socialiste dans l'islam, et l'un des précurseurs de la chii'a, qui figura parmi les ahl el beit (pouvoir devant revenir à la lignée du Prophète, et donc à Ali, lors des débats houleux, où ils avaient abandonné la dépouille de Mohammed à la seule garde de sa seule fille, Fatima), des Karamita, fondateurs de la République égalitaire (dans le golfe arabo-persique), des mûtazila...

Il cite la militante progressiste péruvienne, Domitila, "Si l'on me donnait la parole". Mes camarades et moi avons lu et fait circuler ce livre en Algérie, dans les années 1970 (acte militant).

Il cite aussi Alexandre Kollontai. J'ai lu un de ses ouvrages, au début peut-être des années 1980. Je ne me souviens plus quel titre. Mes camarades et moi l'avions lu et fait circuler autour de nous (comme pour tous les livres progressistes).

Il cite Inès Armand, russe d'origine française, hélas, maîtresse de Lénine. Elle aussi était pour l'amour libre, comme Kollontaï et quelques autres Bolcheviques. Elle n'avait pas moins le feu quelque part. Je considère le comportement de Lénine, comme infectà l'égard de sa femme Kroupskaïa, et indigne d'un chef d'une révolution qui prônait l'égalité entre tous les humains. Cette égalité devant selon moi commencer par le respect de la dignité de l'autre et de ne pas céder à la chair fraîche de la jeune et belle française, et de ne pas l'imposer pendant un moment sous un même toit à sa femme, lui allouer pendant plusieurs années un appartement proche au sus et au vu de tous.

Il évoque les physicien(ne)s Marie Curie, Irène Curie, son mari Joliot Curie, et Paul Langevin, tous ex-amis de Garaudy, sans dire qu'ils étaient des militants du PCF.
Hakim Arabdiou

Le scandaleux

"manuel d’histoire franco-allemand".

Un article d' Yvonne Bollmann, publié dans L’Indépendance de Paul-Marie Couteaux.)

- Suivi d'un commentaire de Shao Shan traitant des liens de l'idéologie du "Völk" avec les théories racistes de Théodor Herzl... - Contre l'assimilation, propre à la culture germanique, du concept d' "ethnie", ou "race", à celui de "peuple", l'idéal démocratique et républicain de la Révolution Française, mère de la République ...- Ou: l'idée citoyenne, contre l'idée raciste: des Grecs à Jean-Jacques Rousseau, Robespierre et Mao Tse Toung...

 

- Le texte

d'Yvonne

Bollmann -

" Les auteurs du manuel d’histoire franco-allemand ont eu pour mission de « contribuer à créer les bases d’une conscience historique commune chez les jeunes Allemands et Français dans le processus d’unification européenne ».

Ceci est conforme à la première Recommandation sur l’enseignement de l’histoire en Europe au 21ème siècle, adoptée en 2001 par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, et qui préconise de revoir les programmes dans le but de conduire les élèves à une conscience européenne ouverte sur le monde.

Ce manuel, qui expose l’histoire d’un point de vue européen, se veut « l’illustration » de la devise de l’UE, « Unie dans la diversité ». L’inspirateur semble en être Jean Monnet, présenté comme l’égal de John Kennedy, Nikita Khrouchtchev, Gamel Abdel Nasser, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev - l’un des six « personnages clés » de la période 1949-1989.



Dans l’avant-propos du manuel, les deux versions française et allemande sont qualifiées d’identiques. Le chapitre inaugural, qui présente un bilan de la Seconde Guerre mondiale, contient toutefois une différence injustifiable : la version allemande dit qu’environ 6 millions de juifs et jusqu’à 500 000 Sintis et Roms ont été systématiquement exterminés, tandis que la traduction française de ce chapitre parle d’environ 5 millions de juifs et de 200 000 Tsiganes. Les élèves français et allemands sont-ils censés discuter de ces chiffres lors d’échanges scolaires ?



Quant aux différences sémantiques portant sur des « termes aussi courants que l’Etat, la nation, la culture, la religion », elles sont d’après l’avant-propos « partie intégrante de l’analyse ».

Mais là où l’auteur français du chapitre sur les mémoires de la Seconde Guerre mondiale évoque « certains groupes de victimes » - les victimes juives et tsiganes de la barbarie nazie, les Américains d’origine japonaise internés par Roosevelt, ou les peuples d’Union soviétiques déportés par Staline - la traduction allemande utilise le mot « Volksgruppen », qui est d’une toute autre teneur : apparu dans la langue allemande en 1939, il y a remplacé alors celui de « Minderheiten » (minorités), et n’en a pas disparu depuis, malgré son estampille d’origine.

Dans les deux chapitres respectivement consacrés aux débuts et à la fin de la Guerre froide, rédigés chacun par un Allemand, ce mot sert à la définition du titisme, et du « nationalisme agressif » ayant mené à la guerre en Yougoslavie. Traduit par « groupes ethniques », il diffuse dans l’esprit des élèves français une vision de la société incompatible avec l’histoire et la culture politique de la France.



Cette germanisation des esprits n’a-t-elle pas d’ores et déjà gagné les auteurs français du manuel ?

En faisant leur la notion allemande de « Volksgruppen/groupes ethniques », ils foulent aux pieds la définition de l’ « ethnie », étroitement délimitée dans le temps et dans l’espace, que l’un d’eux a donnée dans le chapitre 10 : « terme utilisé par les colonisateurs occidentaux en Afrique pour désigner une population parlant la même langue ». Le choix ainsi opéré se manifeste dans le « dossier » sur l’ONU, traduit de l’allemand, où « Völkerrecht » est rendu non par « droit international », comme ailleurs dans l’ouvrage, mais par « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Accolée à la notion de « droits de l’homme », qui est centrée sur des droits individuels, l’expression semble plaider pour des droits collectifs ethniques à l’échelle mondiale, ces droits inlassablement réclamés par les partisans de l’ethnisme.



Rudolf von Thadden
, membre du Comité scientifique pour la partie allemande du manuel, pense que "d’ici une génération on aura réussi à former un citoyen franco-allemand », lui qui veut aussi « défaire un peu la France pour faire l’Europe ». Rien n’oblige les professeurs d’histoire français à le seconder dans son projet par l’usage de ce manuel dans leurs classes
."

(Yvonne Bollmann, in L'Indépendance)

- NOTRE COMMENTAIRE -

On pourrait ajouter que l' "idéologie Völkisch" ne confond, en réalité, "peuple", "ethnie" et..."race", que par rejet de la conception républicane et démocratique de "peuple" (issue d'Athènes et de Jean-Jacques Rousseau, en passant par la Révolution Française, source de notre République, puis reprises chez Lenine et surtout Mao-Tse Toung). Cette "pensée"avait déjà contaminé un autre esprit malade, l'autrichien Theodor Herzl, le fondateur du sionisme - à qui le jospino-sioniste pied-noir Delanoë vient de consacrer en catimini, au tout début du terrible mois de juillet 2006, marqué par les abominations des héritiers de Herzl, acharnés sur le Liban martyr, une place de Paris (Arts et Métiers, avec le soutien des Verts, de Cukierman, et du PCF parisien).....

La pensée de Herzl se nourrit à deux sources, complémentaires: le nationalisme racial, "völkisch", des "romantiques allemands", Fichte et Herder notamment (confrontés à l'émergence d'un "sujet politique" "allemand" dans une confrontation constante avec la "nation" française émergente, et proche voisine), et la conception du "peuple élu", ou "race sainte", telle qu'elle est formulée dans les cinq premiers livres bibliques du Pentateuque (la "Torah", que Redeker et tous les obsédés de l'islam et du Coran devraient lire - s'ils savent le faire...).

Pour Herzl, donc, qui insiste là-dessus deux fois dans son livre-étendard, "L'Etat des Juifs", la leçon que l'on doit tirer des pogroms russes comme de l'affaire Dreyfus, c'est que le "peuple juif", qu'il définit, en toutes lettres, comme "race juive", doit abandonner toute perspective d'intégration républicaine, au sein des nations démocratiques d'Europe où la Révolution les a émancipés - lui conférant, comme à tous, les droits égaux des citoyens, tout en l'émancipant des terribles contraintes de l'existence communautaire (et d'abord de la cruelle "justice rabbinique", l'"inquisition juive", connue pour son acharnement contre le grand Spinoza), à son époque.Les sionistes se tournent donc, dès l'origine, vers les puissances européennes, puissances, par ailleurs coloniales, ayant des vues sur le Moyen-Orient, et notamment, la Palestine...Ils sollicitent leur aide économique, et bientôt militaire, pour aller s'implanter en force sur cette "terre sans peuple, pour un peuple sans terre...". Au passage, soulignons que l'autrichien germanophile ne croit guère lui-même que la Palestine historique, sa cible, soit "une terre sans peuple". Cela, c'est la version officielle, bonne pour les journaux, et donc, les âmes simples."Nous devons exproprier avec délicatesse, écrit Herzl dans son Journal, en 1895. "Nous essaierons de pousser la population sans le sou de l'autre côté de la frontière en lui donnant des emplois dans les pays de transit, tout en lui refusant le travail dans notre pays..." (Cité par Walid Charara, l'historien du Hezbollah, dans un lvre remarquable: "Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste", écrit avec Frédéric Domont- Fayard éditeur)

Tout l'échafaudage théorique de Herzl repose sur une monstrueuse escroquerie intellectuelle, dont la confusion entre identité religieuse et identité raciale, puis entre "peuple" et "race", n'est pas le seul élément constitutif. L'affaire Dreyfus, qui lui sert de prétexte, n'a nullement démontré que la France était irréductiblement "antisémite", les Juifs républicains n'ayant, dès lors, pas d'autre devoir que de la haïr, et de la fuir, pour s'en aller, là-bas, soumettre les "indigènes" palestiniens à la terrible loi de ce qu'on n'appelle pas encore l' "épuration ethnique". Aux sources de la "gauche" moderne, et du concept, souvent associé, d' "intellectuel", l' "affaire" a, au contraire, montré que la France, fidèle aux sources égalitaires et émancipatrices de sa "grande révolution", était le pays où l'antisémitisme européen avait été combattu, et finalement, battu, par un puissant mouvement d'opinion, démocratique, renversant tout les barrages, et finissant par rendre au vaillant capitaine, condamné au bagne sans preuve, sa liberté, sa dignité, et son honneur - et le sabre d'officier qu'on avait brisé sous les yeux de ce juif alsacien républicain et patriote, au cours d'une humiliante cérémonie de dégradation, aux Invalides.

Cela n'empêcha pas Herzl de poursuivre sa funeste besogne.

Retour de bâton: quand les nazis, à Nuremberg, adoptent le terrible "statut des juifs", Rosenberg, conseiller de Hitler, son rédacteur, s'inspire explicitement des thèses de Herzl définissant "le Juif", non comme une catégorie religieuse ou culturelle, mais comme un "volk", un "peuple-race", contre qui va se mettre en marche le sinistre engrenage de la "solution finale"...

Se revendiquant toujours, néanmoins, comme "Volk", "peuple-race", et réclamant à Hitler une aide...pour quitter l'Allemagne du IIIème Reich en allant s'établir en Palestine, les sionistes du Betar, émules de Jabotinsky, l'ancêtre du parti de Begin, puis Sharon et Olmert, vont aussi revendiquer, peu avant le génocide, à la suite d'"incidents" provoqués contre eux par les jeunesses hitlériennes qu'ils attribuent à un "malentendu", le port de la "chemise brune" - et le droit de défiler dans cet uniforme dans les rues des villes allemandes de l'Allemagne hitlérienne.

Dans la conception républicaine, celle des Grecs, de Rousseau, puis de Robespierre, un peuple n'est pas un concept "ethnique", racial, un "volk" à l'allemande. Un peuple est un concept politique, étroitement associé à la notion de citoyen, et à l'égalité en droit, fondement des "droits de l'homme".

Au cours de la révolution chinoise, Mao, féru de livres, et de livres français, affinera cette conception en articulant le concept de "peuple " et celui de "classes" - un peuple étant un système articulé de classes sociales, dans une conjoncture donnée. Il théorisera les "contradictions au sein du peuple", à distinguer des "contradictions antagoniques" avec les "ennemis de classe" ou l'oppresseur national (impérialiste colonial)

Fondant le leninisme européen dans le creuset des plus anciennes traditions asiatiques (taoisme), il fondera toute sa philosophie politique, originale, non pas seulement sur le "droit du peuple" à "briser toutes ses chaînes", et à s'émanciper: mais sur sa capacité à le faire, sur l'énergie créatrice du peuple lui-même, comme acteur-penseur collectif...Force irrésistible, que les communistes ("maoistes") ont pour vocation de "libérer", en en déployant toutes les potentialités. Dépassant ainsi, au nom de la "ligne de masse", la conception du Lenine de "Que faire?", en fait, très occidentale:l' " importation" de la théorie révolutionnaire dans le peuple par des intellectuels militants, "missionnaires" évangélisateurs, sinon "colons", d'une idéologie toute faite, aux "solutions" toutes prêtes, à inculquer aux "masses abruties", en peine d'une lumière venue de l'extérieur, et qu'il s'agit donc d' "éclairer"...

"Le peuple, le peuple seul, est la force motrice, le créateur de l'histoire universelle", résume Mao "Du gouvernement de coalition" - 24 avril 1945. Et "Petit Livre Rouge", Editions de Pékin p 134). De là, la théorie de la "guerre du peuple", ("guerre populaire prolongée", gpp). Transmise aux Vietnamiens, et enrichie par eux, elle transitera, notamment, jusqu'aux Palestiniens du Fatah, dès le lancement de leur lutte armée (Abu Djihad, Al Assifa)). L'actualité récente l'a montré, elle a été de nouveau adoptée, adaptée, puis enrichie de façon créatrice à partir des traditions de guerre musulmanes, par le Hezbollah libanais, de souche islamo-maoiste ou fatahoui-maoiste).

Le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", issu des mouvements de libération nationale des peuples dominés par le colonialisme européen, puis l'impérialisme américain, ou son jumeau pervers, le social-impérialisme khroutchevo-brejnevien, constitue la base de ce qu'on appelle aujourd'hui le "souverainisme". Qui ne se réduit pas, donc, à la légitime revendication de l'indépendance de la France, contre le projet fédéraliste européen de Jean Monnet, et de ses conseillers germano-américains de la CIA. Pas plus qu'à celle de la "souveraineté alimentaire", chère à José Bové, des "alter-mondialistes", qui semblent ne pas comprendre qu'il ne peut y avoir, pour le Mali ou le Burkina, ou...la France, "souveraineté alimentaire" sans...souveraineté politique. Le souveranisme, donc, a-fortiori dans sa nuance mao-souverainiste, n'est pas "alter-mondialiste" (pour "une autre mondialisation, non liberale"). Au contraire, il s'oppose frontalement à la logique profonde de la "mondialisation" politique, qui, sous couvert de "mondialisation technique" (souhaitable facteur de progrès, bien réel), prétend faire vivre les peuples sous le joug d'un "nouvel ordre mondial", "sans patrie ni frontières" (sauf dans le cas d'Israël, avec son "mur de l''apartheid", sa loi "ethnique" du "retour", et ses "passeports par nationalité" (juive, ou non-juive...) propres aux "citoyens israéliens"...Autre exemption, l'exception venant pour confirmer la règle, celle des Etats-Unis, seigneurs et maîtres de ce monde (virtuel) "sans patrie ni frontières" qu'ils rêvent en Empire. Par politesse, nous n'écrivons pas: en " IVème Reich..."

ShaoShan

 

Garaudy: la charia est une voie, pas une loi...


Circulant sur le net, et envoyé par un lecteur, Hakim, cette conversation avec Roger Garaudy, haute conscience spirituelle et homme de paix, cible, en France, de campagnes mediatico-judiciaires insupportables pour s'être un moment égaré au-delà de son domaine de compétence, mais respecté dans le reste du monde comme une des dernières lumières brillant dans le ciel provisoirement obscurci de la France "bling bling".

(Extraits)

- Vous dites que vous restez à la fois chrétien et marxiste; parmi les philosophes européens du XXème siècle, y a-t-il d'autres personnalités dont vous vous sentiez proche? (...)


Mon maître Gaston Bachelard était au-dessus de tous les autres. Dans ses méditations parallèles sur la théorie de la connaissance et sur la création poétique il a contribué de façon décisive à la philosophie de l'acte contre les philosophies de l'être.

Déjà Emmanuel Kant combattait les philosophies de l'être, qui, malheureusement, malgré sa critique radicale, sont devenues des cauchemars dans le vide pour Sartre et Heidegger.

Mais Bachelard a en outre ébauché une philosophie non cartésienne à partir de l'étude l'histoire des sciences, dont il fait un vaste poème de la création continue ; il appréhende cette vérité également à travers les arts, le rêve éveillé, la création poétique.

- Votre livre porte donc sur l'esthétique, ce rameau d'or de la philosophie, ce domaine merveilleux où vous aviez tellement fait, dans les années 1970, pour empêcher les communistes de sombrer dans l'académisme policier ? (...)

- (...) L'art a toujours été le chemin le plus court pour rapprocher les hommes, mais il ne doit pas donner lieu à une idolâtrie, se substituer à l'exigence de création sur tous les plans, qui va bien au-delà de telle ou telle réalisation classée comme artistique.

Dans mon cas, la réflexion sur les arts non-occidentaux, qui ne prétendent jamais refléter ou commenter le monde, mais se projeter comme captation d'énergie et invention mythologique, a toujours été rattachée à la réflexion sur la pensée scientifique, depuis le début du XXème siècle, depuis la relativité et les quanta jusqu'à la biologie génétique ou l'astrophysique ; j'ai toujours rêvé de prolonger le parcours de Bachelard jusqu'au point où les deux types d'aventure spirituelle se rejoignent, pour voir dans l'invention scientifique un cas particulier de la création poétique, celui qui peut être soumis à la vérification expérimentale.

- L'un des moments de votre biographie qui a le plus irrité vos confrères, si je puis dire, a été votre conversion à l'islam, après votre expulsion des rangs du Parti communiste français en 1973. En Occident on ne comprend pas, par exemple, pourquoi l'islam traditionnel a refusé la représentation dans les arts plastiques ; et cet ascétisme visuel musulman semble tellement contradictoire avec votre appétit de représentation, ce que vous appelez le réalisme.

Le puritanisme n'est pas une dimension décisive de l'islam, c'est une de ses tendances locales à certaines époques, et en matière artistique, le monde musulman déborde d'imagination pour faire comprendre les structures dynamiques de l'univers, ce qui est éblouissant dans l'architecture inspirée par l'islam.

Il faut encore combattre la vision biaisée de la spiritualité musulmane, parfois relayée en Occident par les musulmans eux-mêmes.

L'islam ne prétend pas être une religion nouvelle, il n'est pas né avec la prédication du Prophète. Allah n'est pas un dieu régional, qui appartiendrait aux Arabes.

Allah veut dire « le dieu », et les chrétiens de langue arabe invoquent Allah. « Islam » implique que l'on s'abandonne volontairement et librement à Dieu seul ; cette attitude est le dénominateur commun de toutes les religions, depuis le premier homme auquel «Dieu a insufflé son esprit » (Coran XV, 29).

Le Coran dit ceci :

« Mohammed n'est qu'un prophète : d'autres prophètes ont vécu avant lui » (III, 114) ; et Mohammed lui-même ajoutait : « Je ne suis pas un innovateur parmi les prophètes » (XLVI, 9).

- Vous expliquiez dans votre "Tour du siècle en solitaire" , que vous vous êtes affilié à l'islam parce que c'est « la religion dominante parmi les dominés », et parce que, en tant que communiste qui aviez été déporté au Sahara algérien, en 1941, vous aviez eu l'occasion de ressentir dans votre chair la grandeur de la civilisation arabe. Considérez-vous que l'islam est une religion qui a moins vieilli et qui est moins pervertie que d'autres ?

L'islam souffre de phénomènes de décadence comme toutes les religions qui ont atteint le stade de l'institutionnalisation dans un contexte qui n'existe plus.

Le propre de l'islam, c'est une dimension philosophique qui est moins perceptible dans d'autres religions, c'est une vision dynamique du monde.

Dans le Coran, ce dynamisme découle de l'incessante action créatrice de Dieu. Il est appelé « créateur par excellence », « celui qui ne cesse de créer » (XXXV, 81), « celui qui est présent dans toute chose nouvelle » (LV , 29). Cette création continue maintient l'existence de toutes les choses (II, 255).

A la différence de ce qui est dit dans la Genèse , Il ne se repose jamais, « Il commence la création et la recommence » (X, 4).

C'est pourquoi l'islam a un potentiel extraordinaire pour comprendre et guider le monde moderne ; la sharia coranique nous donne les principes directeurs pour la recherche des moyens d'une modernité différente de la modernité à l'occidentale.

Les juristes du passé ont donné l'exemple de cette recherche, en faisant l'effort nécessaire ( itjihad ) pour résoudre les problèmes de leur temps ; chacun de nous est personnellement responsable de l'observation de cet esprit.

Il faut tout d'abord passer d'une société fondée sur le profit, le monothéisme du marché, à une société fondée sur de véritables valeurs.

- Mais la sharia n'est-elle pas justement le cadre pétrifié du légalisme maniaque qui caractérise les sociétés musulmanes les plus enkystées ?

Le terme sharia n'apparaît qu'une fois dans le Coran (45, 18) et il y a trois autres versets où figurent des termes de même racine ; le verbe shara'a (42, 13) et le substantif shir'a (5, 48). Ceci permet une définition précise : il s'agit d'une voie, et on nous précise que « en matière de religion Mohammed vous a ouvert une voie (le verbe shara'a est utilisé) qui avait été recommandée à Noé, la voie même que nous avions révélée, que nous avons recommandée à Abraham, à Moïse, à Jésus : suivez-la et ne faites pas de celle-ci un objet de division ».

Il est donc évident que cette voie est commune à tous les peuples, auxquels Dieu a envoyé ses prophètes (à Tous les peuples, et dans la langue propre à CHACUN d'eux).

Mais il se trouve que les codes juridiques concernant le vol et le châtiment approprié, le statut de la femme, le mariage ou l'héritage sont différents, selon la Torah juive, les Evangiles chrétiens ou le Coran.

La sharia, loi divine pour aller vers Dieu, ne saurait donc inclure ces législations ( fiqh ), qui diffèrent selon l'époque et la société dans lesquelles un prophète a été envoyé par Dieu.

Dieu dit dans le Coran (13, 38) : « à chaque époque correspond un livre », et aussi :(35, 24 et 16, 36).


- (...)Vous avez créé une fondation « Pour le dialogue des cultures » à Cordoue, en Espagne, et vous y avez inauguré une bibliothèque qui offre les trésors du soufisme, en version papier et en version numérique, où s'est tenu un colloque international sur Ibn Arabi, et où se multiplient conférences et expositions. Vous êtes en fait un continuateur de la tradition mystique de Al Andalus, cet âge d'or où l'Andalousie et le Maghreb étaient les facettes complémentaires d'une même civilisation des deux côtés de la Méditerranée. Cette tradition mystique s'est perpétuée dans les lettres espagnoles, de saint Jean de la Croix , jusqu'à Maria Zambrano, Juan Goytisolo, Antonio Gala. Mais vous luttez aussi contre l'intégrisme musulman ?

Bien sûr ; il faut encore et toujours combattre la prétention d'« appliquer la sharia divine » telle que définie dans le Coran, en la confondant avec le fiqh , ses applications humaines et variables selon les contextes ; certains juristes ont fait des interprétations des commandements qui ont été biaisées par les injonctions du pouvoir, c'est là la maladie principale de l'islam.

L'islam a tout à fait raison de rejeter la décadence de l'occident et l'hypocrisie sous-jacente à l'idolâtrie des « droits » ; il faut rejeter le néocolonialisme et la collaboration avec le monothéisme du marché que prétendent imposer les Etats-Unis et ses vassaux occidentaux à travers les diktats du FMI. La loi divine, la sharia , est ce qui unit entre eux les hommes de foi ; or prétendre imposer aux hommes du XXI ème siècle une législation du VII ème siècle et qui valait pour l'Arabie, est une œuvre de division qui donne une image fausse et repoussante du Coran, c'est un crime comme l'islam. Le littéralisme est un symptôme de paresse intellectuelle.

- (...) Le procès de Charlie Hebdo a été l'occasion pour la classe politique de réaffirmer qu'on a le droit de donner une vision caricaturale de l'islam, sans être accusé d'encourager l'islamophobie ; au même moment, toute critique de l'Etat d'Israël, ou la moindre charge humoristique sur des gens qui se réclament du judaïsme, vous vaut en France, et ceci plus que dans n'importe quel autre pays au monde, un procès pour incitation à la haine. Qu'en pensez-vous ?

La diabolisation de l'islam est une catastrophe, mais j'ai une grande confiance dans la sagesse des musulmans.

Je continue à distinguer la religion juive qui comporte des éléments respectables, et qui a donné leurs valeurs universelles à de hautes personnalités dont certaines ont été mes amis, comme Bernard Lecache, fondateur de la LICA , de la critique de la politique israélienne : c'est cette politique et les déclarations délirantes de ceux qui la soutiennent, qui fabriquent l'antisémitisme, incontestablement. Et j'ai d'ailleurs gagné un procès contre la LICRA en 1982 !

- Dans quel pays voyez-vous des signes solides de résistance à la globalisation USienne ?

La Russie et le monde musulman sont « condamnés à être des alliés stratégiques », comme l'a dit le président de la Douma et secrétaire du parti communiste russe, « à partir du moment où ils ont également intérêt à éviter l'hégémonie états-unienne."

Ce rapprochement concerne aussi la Chine , pour les mêmes raisons.

Le problème aujourd'hui est de savoir si la Russie parviendra, au plan intérieur à se débarrasser de la maffia américano-sioniste qui en faisant main basse sur son économie au profit des spéculateurs, veut l'intégrer dans l'américanisation générale du monde. Il faut, une fois débarrassée de cette pieuvre, que la Russie rétablisse des liens fédéraux et fraternels, avec la Biélorussie et l'Ukraine, et les républiques de l'Asie centrale.

De la sorte, la Russie renouera avec son rôle traditionnel dans la restauration de l'unité symphonique du monde, contre les hégémonies, contre la scission du monde entre nord et sud, contre l'arasement des identités et des cultures.

- Percevez-vous en Amérique latine, (...) qui a retrouvé un élan bolivarien dans l'affrontement avec les Etats-Unis, une force spirituelle particulière ?

Bien sûr, car depuis les années 1960, l'Amérique latine est à l'avant-garde de la rénovation de la pensée chrétienne, qui a été entreprise par Jean XXIII. L'encyclique « Gaudem et spes » reste le texte prophétique de l'époque.

(...) Nelson Rockefeller, envoyé par Nixon pour observer le sous-continent le disait : « Les changements structurels dans la communication et l'éducation font de l'Eglise une force de changement décisive, et de changement révolutionnaire s'il le faut »

L'Amérique latine a donné des martyrs, Camilo Torres le Colombien, les dominicains torturés frère Betto et Tito de Alencar, au Salvador Mgr Romero et les six jésuites assassinés dans leur dortoir ; elle a donné aussi d'excellents théologiens, dont Ignacio Ellacuria, jésuite salvadorien assassiné, Leonardo Boff, Jon Sobrino, Hugo Asmann, Juan Luis Segundo, Rubén Alves, et le père de la théologie de la libération, Gustavo Gutiérrez ; mon grand ami l'évêque de Recife dom Helder Camara a donné un formidable élan à beaucoup d'autres.

Comme l'écrit Enrique Dussel, la théologie de la libération est « un moment réflexif de la prophétie, qui naît de la réalité humaine, sociale, historique, destinée à penser, à partir d'une vision d'ensemble du monde, des rapports d'injustice exercés depuis le centre en direction de la périphérie des peuples pauvres. »

Et les pauvres sont le lieu théologique par excellence d'où l'on peut comprendre la révélation divine qui a été faite aux hommes, et pour appréhender le sens du salut critique.

- Dans votre livre figure aussi une forte condamnation du Vatican. Peut-on affirmer que vous rejetez toutes les religions sous leur forme institutionnelle ? Les religions africaines, en pleine renaissance, sont absolument décentralisées...


Au contraire, il ne s'agit pas de rejeter les religions qui se servent du mot « Dieu » dans son sens traditionnel, c'est-à-dire avec ses attributs de pouvoir et d'extériorité, mais de considérer chacune avec respect ; de voir dans leurs croyances propres et leurs rituels une expression symbolique de la recherche du divin, du salut des êtres humains, de tous les êtres humains, de leur accès à la plénitude par participation dans une totalité vivante, créatrice incessamment, dont chacun, à son échelle, est responsable.

Aucune religion ne doit avoir la prétention de monopoliser l'absolu. Elles ne sont pas rivales mais complémentaires.

Il faut ajouter aux apports des théologies de la libération en Amérique du Sud et du Centre, à la renaissance de l'islam dans la mesure où il retrouve son universalisme matinal, la prise de conscience des valeurs traditionnelles de l'Afrique, qui agonise depuis des siècles par l'effet redondant de l'esclavage, du pillage colonial, de la spéculation de capitalistes étrangers.

- Vous n'êtes pas seul dans votre tentative pour harmoniser une politique de justice sociale étendue au monde entier avec les valeurs les plus universelles, dont les religions veulent être les conservatoires. La sensibilité écologique, née dans le climat de ferveur spirituelle allemande des années 1930, a souvent cette tonalité exaltée, panthéiste. Pensez-vous aussi que sur ce terrain l'Occident a perdu l'initiative de l'imagination, comme semble l'indiquer la teneur des grandes conférences mondiales pour la préservation de l'écosystème ?


Il faut commencer par reconnaître la riche unité entre la nature, l'humain et le divin.

C'est à partir de ce que j'appelle la « civilisation des tropiques » que peut naître un monde nouveau, plus que de toute autre source ; nous n'avons le choix qu'entre le suicide planétaire, si nous continuons à obéir aux lois actuelles de la domination américaine, et une authentique résurrection.

L'entreprise conjointe de la Chine et de l'Iran, de construire un pont euro-asiatique, est fondamentale, et ils associent déjà à leurs projets l'Amérique latine et l'Afrique.

- Face à ce que vous appelez le « suicide planétaire », comment la « civilisation des tropiques » peut-elle rayonner ?

Il faut lire les Brésiliens, Gilberto Freyre le fondateur, avec son livre "L'Homme, la culture et les tropiques", et lire Bautista Vidal, qui parle du « défi amazonien », puis Sergio de Salvo Brito, qui a prouvé qu'il est possible de fonder une civilisation mondiale basée sur des ressources énergétiques renouvelables, ce qui n'est pas en réalité un problème de technologie, mais de géopolitique.

Voilà la civilisation alternative à l'actuelle anti-civilisation basée sur la croissance, qui n'est que la croissance des profits, ce qui entraîne pillage des ressources énergétiques, et distorsion actuelle de la politique internationaleautour du pétrole. (...)

- Des raisons d'espérer, devant le « naufrage du vaisseau Terre » qui se prépare ?

En choisissant de faire reposer leur prospérité sur des sources d'énergie non renouvelables, les maîtres (provisoires) du monde ont condamné eux-mêmes leur domination à être éphémère.

Le pétrole peut leur accorder encore une vingtaine d'années mais guère plus, même si de nouveaux gisements exploitables étaient découverts, et à condition de continuer à exclure les deux tiers du monde de la consommation orgiaque que pratiquent les sept pays les plus riches au monde.

Trois mesures peuvent être décisives : d'abord, que les dirigeants des pays producteurs de pétrole vendent celui-ci en monnaie locale, de façon à générer des phénomènes en chaîne qui pulvérisent l'hégémonie du dollar ; ensuite, que l'Assemblée générale de l'ONU oblige les Etats-Unis à payer sa propre dette, qui est la plus monstrueuse au monde; et enfin, il faut taxer de façon drastique la spéculation financière.

Tout cela est possible si apparaissent de nouveaux centres de pouvoir qui s'appuient sur les peuples.

Car cinq siècles de colonisation et un demi-siècle de dégâts causés par le FMI n'ont pas détruit, dans le cœur des multitudes, le sentiment de la dignité, de la communauté, et du don de soi-même, dont la victoire de Gandhi, malgré son martyre final, reste, encore et toujours, l'exemple éblouissant.

***

Islam

et

esclavage
Nouveau livre de Malek Chebel


"Au terme d’une longue enquête qui l’a mené de Nouakchott à Brunei, Malek Chebel dresse un constat accablant de l’esclavagedans les sociétés se réclamant de l'islam.
Le mot le plus courant, en arabe, pour désigner l’esclave est ‘abd, duquel dérivent des termes comme ‘ubudiyya (« esclavage »). D’autres vocables sont encore utilisés, tels que raqîq (« mis en servitude »), jâriya (« esclave femme »), ghulîm (« esclave homme »).

(...)Au Proche-Orient, zandj (probablement issu de Zanzibar) et aswad désignent l’esclave noir, alors que mamlûk (littéralement « possédé ») s’applique à une catégorie particulière, la caste militaire servile. Ce n’est donc pas le vocabulaire qui manque.

Cette richesse sémantique tranche toutefois avec le mutisme qui entoure le phénomène. Un mutisme d’autant plus choquant, aux yeux de Malek Chebel, que l’esclavage a pris des dimensions considérables tout au long de l’histoire de cette région du monde et qu’il reste à bien des égards très présent dans le quotidien de centaines de millions de gens.


C’est pour briser ce silence assourdissant que l’anthropologue algérien, bien connu (...) pour ses nombreux ouvrages autour de l’islam, s’est livré à une longue enquête.

Fruit d’innombrables lectures, son pavé de 500 pages est aussi et surtout le compte rendu d’un voyage de plusieurs mois qui l’a conduit des rives de l’Atlantique au fin fond du Sud-Est asiatique en passant par les pays du Golfe, l’Asie mineure, l’Afrique saharienne.


Le constat final est accablant : « À Brunei, au Yémen, dans les pays du Sahel, chez les Touaregs, en Libye, dans le Sahel tunisien, en Égypte, en Arabie, en Mésopotamie, au Soudan ou à Djibouti, il n’est pas un lieu gagné par l’islam où ne se soit jamais pratiqué le commerce d’esclaves. »
Encore convient-il d’établir des distinctions entre les pays et de relever les caractéristiques propres des différentes contrées concernées.

La Libye et l’Algérie, par exemple, débouchés naturel des routes commerciales transsahariennes, ont surtout servi de voies de transit.

Des pays tels que l’Égypte ou l’Arabie saoudite actuelles étaient, eux, de gros consommateurs, osera-t-on dire, de marchandise humaine. Idem pour la Turquie. Les Européens ont fantasmé sur les odalisques des harems d’Istanbul, sujet de prédilection pour les peintres orientalistes, et se sont extasiés sur les exploits militaires des janissaires de l’Empire ottoman. Faut-il rappeler que les premières comme les seconds étaient des captifs ?

En Afrique, on le sait, c’est à la lisière du monde noir que l’esclavage prit les plus grandes proportions.

Au Maroc, où la composante négroïde de la population saute aux yeux du voyageur, les traces en sont manifestes. Que sont les fameux musiciens gnaouas sinon les descendants de Noirs « importés » de la zone soudanienne au temps où le Maroc était une grande puissance régionale ?

Et puis, il y a le cas de la Mauritanie, où, malgré les démentis, l’esclavage reste une réalité manifeste. La preuve en est que le Parlement a voté à plusieurs reprises des textes l’interdisant. Malek Chebel rappelle un indice qui ne trompe pas : de nombreuses associations d’affranchis tentent de se constituer en force politique.

« En attendant, commente l’auteur, chaque foyer de Beidane (“Blancs”) entretient des harratine noirs, fils d’anciens esclaves auxquels il donne le nom de “serviteurs”, un peu comme on faisait naguère à la Barbade, où l’on gratifiait pudiquement du nom d’“apprentis” les esclaves fraîchement libérés de leurs chaînes. »
Ainsi donc, une bonne part de la main-d’œuvre servile utilisée dans le monde arabe venait d’Afrique subsaharienne - en Tunisie, le même mot, abîd, désigne indistinctement l’esclave et le Noir… - et tout particulièrement du Sahel, de l’Éthiopie ainsi que de la côte orientale du continent. Mais les Balkans et les steppes de l’Asie centrale furent également d’importants bassins pourvoyeurs.


Combien furent-ils ?

Dans le cas de la traite occidentale, les éléments de chiffrage existent : les négriers tenaient des journaux de bord dans lesquels était reporté le détail de leur commerce honteux. Rien de tel avec la traite orientale. Confrontant les diverses sources, Malek Chebel estime à plus de 20 millions le « volume total de l’esclavage en terres arabes et musulmanes ». Ce nombre englobe aussi bien les captifs de guerre slaves, les concubines et les domestiques circassiennes, que les domestiques noirs achetés à des négriers ou razziés dans les villages du Sahel, les marins chrétiens capturés par les corsaires barbaresques en Méditerranée.

Les négriers arabes auraient donc fait « mieux » que leurs homologues européens. Les uns ont, il est vrai, sévi pendant quatorze siècles, contre moins de quatre pour les autres.

Faut-il chercher dans le Coran la cause du mal ? (...)

L ’islam est né dans une région du monde où l’esclavage était quasiment un mode de production. Mais il tente d’en limiter les abus, tout comme il apporte un progrès incontestable à la situation des femmes (notamment en limitant à quatre le nombre des épouses autorisé).
Par ailleurs, l’affranchissement est recommandé au croyant dont il favorise l’accès au Paradis.

Le prophète Mohammed n’avait-il pas donné l’exemple en la matière ?
Vivement encouragé en théorie, l’affranchissement n’a, hélas, guère été suivi en pratique.(...) En dehors de l’Égyptien Mohamed Abdou, du Syrien Rachid Ridha, de l’Iranien Mirza Ali Mohamed, fondateur, au XIXe siècle, du bâbisme, qui a fermement condamné cette pratique, la plupart des réformateurs sont restés étonnamment discrets sur la question.
Et que dire des islamologues ! Louis Massignon, Vincent Monteil ou Jacques Berque disposaient des informations qui leur auraient permis, en plein XXe siècle, de tirer la sonnette d’alarme. Peut-être ont-ils préféré, écrit Malek Chebel, « la hauteur mystique des grands penseurs, des philosophes et des théosophes de l’islam aux réalités scabreuses des marchands de chair humaine ».(...)

Quand bien même la réalité de l’esclavage arabe est reconnue, c’est souvent pour en atténuer la rudesse : il n’aurait pas abouti à la dépersonnalisation de l’esclave, comme cela a été le cas avec le commerce triangulaire Afrique-Amérique-Europe, affirme-t-on. Comme s’il pouvait y avoir une graduation dans l’infamie…
Mais le pire est peut-être dans l’impact que l’esclavage a eu sur les mœurs politiques du monde arabe. Dans un livre tout récent*, l’universitaire marocain Mohammed Ennaji explique en quoi il a fondé le rapport au pouvoir et donc l’absolutisme qui est encore souvent la règle dans cette partie du monde.

(...)

Malek Chebel (...) a dû « parcourir au moins 120 000 kilomètres » pour en arriver à cette terrible conclusion : « L’islam dit l’inverse de ce que les musulmans pratiquent, et c’est une énigme en soi. La duplicité humaine qui consiste à transformer un message d’émancipation en goulag humain fait partie intégrante de ce paradoxe. »

* Le Sujet et le Mamelouk. Esclavage, pouvoir et religion dans le monde arabe, éd. Mille et une nuits, 368 pages, 16 euros
D'après un texte de Dominique Mataillet transmis par Hakim Arabdiou. Les coupes sont signalées par (...) et sont de la responsabilité du site Le Monde Réel.

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KADHAFI, JESUS, LE CORAN, MAHOMET...

En hommage amical au colonel Khadafi, dont la visite en France vient de faire l'objet d'une extravagante campagne de presse islamophobe, raciste et xénophobe, indigne de la tradition d'accueil et de tolérance souvent prêtée à la Terre des "Droits de l'Homme", cette simple citation:

"On assiste à une certaine fièvre nationaliste, idéologique et religieuse, dans le monde (...) L'erreur qui est commise aujourd'hui, c'est de penser que l'islam, c'est la religion de Mahomet, le dernier des prophètes.

Non: c'est celle de Jésus, de Moïse et celle de Mahomet, le dernier des prophètes. Croire en Dieu, ses anges, ses prophètes, c'est ça l'islam.

Jésus n'a pas été envoyé à l'Europe, mais aux fils d'Israël, pour corriger la loi de Moïse.

Ils ont essayé de tuer Jésus, mais, comme le dit le Coran, ce n'est pas Jésus, c'est un autre qui a été crucifié."

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"Liberté POUR L'HISTOIRE"

- Dans un pays démocratique, il ne peut y avoir de vérité historique officielle.

- Le prestigieux collectif d'historiens, qui refuse toute définition de l'Histoire par la loi, par les "politiques", et par l'Etat, dénonce le texte voté par l'Assemblée Nationale sur le génocide arménien, et la responsabilité de la Turquie. - Comme il avait refusé, aupravant, le principe même de la "loi Gayssot", et tous les textes de la même eau.

 

L'association "Liberté pour l'Histoire" proteste contre le vote d'une proposition de loi qui vise à réprimer la négation du génocide arménien, en accusant l'Assemblée nationale de vouloir "soumettre la recherche et les enseignants" aux "vérités officielles qu'elle édicte".

"Si profond que soit le sentiment de solidarité que nous éprouvons pour les victimes de l'histoire", souligne l'association, "nous élevons une protestation solennelle: cette nouvelle loi s'inscrit dans un mouvement rapide d'appropriation de l'histoire par des mémoires particulières et de recul des libertés démocratiques".


"Si le Sénat devait confirmer le vote de l'Assemblée, nous demanderions au président de la République de saisir le Conseil constitutionnel (...) pour qu'il annule la loi du 29 janvier 2001, modifiée par la loi adoptée le 12 octobre 2006 par l'Assemblée nationale".


"La France est engagée dans un processus accéléré de lois établissant des vérités d'Etat sur le passé", déplore l'association. "Alors même que le président de la République a déclaré que "ce n'est pas au Parlement d'écrire l'histoire", le vote d'une nouvelle loi sur le génocide arménien constitue une véritable provocation".


"En repoussant un amendement qui visait au moins à préserver de la censure et de la répression la recherche universitaire et scientifique, l'Assemblée nationale vient d'ôter le masque: ce ne sont pas d'éventuels "troubles à l'ordre public" qu'elle entend empêcher par ces lois, c'est bien la recherche universitaire et tous les enseignants qu'elle veut (...) soumettre aux vérités officielles qu'elle édicte", affirment les signataires.


L'association regroupe quelque 600 historiens et enseignants, dont les plus réputés, les plus intègres: Mona Ozouf, Pierre Nora ou Jean-Pierre Azéma, par exemple. Elle est née d'une pétition, "Liberté pour l'histoire!", lancée en décembre 2005, par de très nombreux universitaires se rebellant contre "les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé "

Liberté pour l'histoire" : libertepourlhistoire@wanadoo.fr

 

Rappel

LA NAISSANCE

DE

"LIBERTE POUR L'HISTOIRE"

" C'est dans une atmosphère surréaliste que l'appel "Liberté pour l'histoire ", publié hier mardi 13 décembre, a été mis en page à Libération. Dans des locaux... en grande partie occupés par les salariés en lutte, Serge July, traînant en soufflant sa volumineuse carcasse et ses rictus d'orgueil bouffi à la Daumier pour arracher les affichettes de la colère, a dû se résoudre à trôner au Comité de rédaction... sous une banderole du Comité d'Entreprise demandant ouvertement sa tête! : " Externalisons...La direction! "

Libération n'en a pas moins publié " Liberté pour l'histoire ".

Cet appel des historiens, qui est un grand texte, fera date aussi sur le fond.

Il met fin, de façon radicale, à la douteuse " Opération Repentance ", visant à asservir l'histoire aux objectifs à court terme des réseaux d'influence pro-Israéliens dans l'intelligentsia française. Ou ce qu'il en reste...

Mais lisons le document lui-même:

" Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :

- L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.

- L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.

- L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui

- L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.

-L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.

C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives - notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 - ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.

Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique.

Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock. "

(Plus de 700 historiens professionnels se sont joints, depuis, à cet appel.

- Rappelons que, parmi les grands esprits injustement voués aux gémonies, et condamnés en justice, auquel fait pudiquement allusion ce texte, se trouve l' intellectuel français Roger Garaudy, chrétien communiste converti à l'Islam...Au cours de son procès - indigne...- Maître Jacques Vergès, l'avocat qu'il avait désigné pour moucher Goldnadel l'extrémiste franco-israélien, son adversaire, avait dénoncé, avec une juste violence, le caractère "raciste" de la loi Gayssot, qui sanctionnait le travail d'iinvestigation critique sur la Shoah -mais ne sanctionnait que la négation de ce génocide-là, et pas celle des autres, sur d'autres continents que l'Europe (Arméniens, Afrique, etc).

Votée dans l'atmosphère d'hystérie créée par la classe mediatico-politique toute entière après l'obscure profanation antisémite du cimetière de Carpentras - on sait aujourd'hui que les skin-heads décatis, auteurs de cet acte immonde, étaient en fait très proches des RG de François Mitterrand, connu, depuis l'affaire de l'Observatoire (au moins), pour sa propension aux opérations douteuses...-, la loi Gayssot allait avoir des effets en chaîne. Tous aussi pervers les uns que les autres...Elle offrait un terrain de jeu merveilleux aux révisionnistes" et aux " négationnistes " de tout poil, aux faussaires de l'histoire, manipulés par les sectes néo-nazies, elles-mêmes sous le contrôle étroit des divers services de renseignement intéressés à l'affaire. Elle mettait en difficulté, au passage, ceux qui, tout en se situant résolument dans la tradition démocratique de la Résistance française anti-nazie, de la France Libre, et tout en voyant parfaitement clair dans le jeu de ces gens-là, de leurs inspirateurs, financiers et complices, refusaient d'avaliser une loi contre l'histoire, contre la liberté de pensée, contre la culture. Contre tout ce qui a fait la France...Et s'indignaient de la condamnation d'un penseur aussi intègre et prestigieux que Garaudy...

Autre effet pervers, mais qui à la toute-fin des fins, se retourne contre l' " Opération Repentance", et contre la loi elle-même, l'indéfendble "loi Gayssot" allait susciter l'émulation, puis l'escalade, dans le "Repentir", et la " guerre des mémoires ". Chacun se battant alors, évidemment, pour exiger " sa loi ", tout en s'inscrivant, sans s'en apercevoir, ou sans rien y pouvoir, dans la mortifère confusion entre Mémoire et Histoire, et tout en rentrant, avant l'heure, (" auto-punir la France"), dans un schema de flagellation masochiste du pays par lui-même. Dans une spirale sans fin de démoralisation de la nation. Dernier exemple marquant: l'anniversaire de la mort de Ben Barka, où tous les coups de fouet des esclaves débiles du "politiquement correct" ont été distribués à la France de l'époque, la France tiers-mondiste, indépendante et amie des peuples arabes du général De Gaulle - le tout, exactement dans la lignée de ce qu'avaient voulu et programmé, à l'époque, les véritables inspirateurs de la liquidation de Ben Barka, les maîtres d'Oufkir, les Israéliens du Mossad, dirigés par le fameux Tordjman, qui visaient autant à compromettre la France gaulliste, devenue leur adversaire et leur cible prioritaire, qu'à liquider un adversaire dangereux...

Une page se tourne donc. Fin de la flagellation... Fin des coups de fouet...Fin du délire maso. Merci, tout particulièrement, à Azema, Elisabeth Badinter, et Vidal-Naquet, sans lesquels ce coup de tonnerre n'aurait pas eu, dans le ciel de nos idées, le retentissement qu'il mérite...Signons, signons et re-signons. Qu'on en finisse!"

(Article publié sur le "blog" Imbongi, 14 décembre 2005.

 

«il n'y a pas une communauté dans laquelle ne soit pas apparu un prophète pour la mettre en garde et la guider »

UN VOILE SUR LES LIBERTES AU SEIN DE LA REPUBLIQUE

La laïcité s'applique aux institutions de l'Etat républicain, elle ne doit pas brider les libertés du citoyen.


RASSEMBLEMENT CONTRE LA RESIGNATION ET L’OUBLI

- Appel -

Connaissant l’intérêt et les soucis que vous avez exprimés suite à la promulgation de la loi dite du 15 mars 2004, j’ai l’honneur, en qualité de présidente de l’association « CDRPE » de vous inviter à un rassemblement

samedi 15 mars 2008

de 10h30 à 13 heures


Boulevard du Général Leclerc face à la mairie de quartier du chemin de l’Ile – 92000 NANTERRE



En effet dans le cadre de l’un des thèmes de l’objet de notre association (défense du droit des parents d’élèves et de leurs enfants), nous voulons exprimer une opinion de regret et de désapprobation à l’égard des conséquences de la LOI n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port des signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics

Nous préconisons un rassemblement avec bannières, pancartes et distribution de tracts, et avec des discussions avec les personnes sensibilisées ou intéressées. Offre de café et gâteaux.

Parce que nous n’avons pas oublié

Parce que nous ne voulons pas nous résigner

Parce qu’aucune loi est éternelle et peut donc être abrogée

Rejoignez – nous nombreuses et nombreux

Pour qu’ensemble, au nom de la laïcité, nous rappelions qu’elle ne s’applique pas aux administrés.

Restons ensemble vigilants face aux dérives liées à cette loi

Farida BENMERABET

Présidente CDRPE