Les pages "IDEES" du site Le Monde Réel - année 2010

- Pour les années 2006-2010, se référer à nos pages "Liberté pour l'histoire": ici

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Lapidation: l'étrange discours de Tariq Ramadan

 


PROPOS INADMISSIBLES DE TARIQ RAMADAN SUR LA LAPIDATION DES FEMMES
Publié le 21-11-200321 novembre – Interrogé jeudi soir par Nicolas Sarkozy, l’islamologue musulman Tariq Ramadan a tenu des propos particulièrement détestables en se refusant à condamner, du fond du cœur, la peine de mort, encore prononcée de nos jours contre des femmes accusées d’adultère, par certains tribunaux religieux musulmans, dans des pays comme le Nigéria, l’Arabie Saoudite, voire l’Iran .
Tariq Ramadan était l’un des participants de l’émission de France 2 « 100 minutes pour convaincre », dont la vedette principale était le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.
La confrontation entre les deux hommes, pendant un gros quart d’heure, a porté sur trois sujets.
D’entrée de jeu, Nicolas Sarkozy fait preuve de malhonnêteté en accusant Tariq Ramadan d’être antisémite, après la publication, par ce dernier, d’un article (« Critique des nouveaux intellectuels communautaires »), qui ne l’est pas (voir les pièces du dossier, ailleurs sur ce site).
Au demeurant, le ministre se prend les pieds dans le tapis, car il se révèle bien incapable de dire pourquoi il accepterait de dialoguer avec un homme dont il a préalablement décrété qu’il était antisémite. Tel un prêtre de l’Inquisition, il obtient cependant de Tariq Ramadan que ce dernier ânonne, une demi-douzaine de fois de suite, que « l’antisémitisme c’est mal, très mal, très très mal » et qu’il a commis des « maladresses ».
Il s’ensuivra également une joute, des plus confuses, sur l’éventuelle interdiction par voie législative du port du voile, chacun des deux protagonistes se gargarisant de « laïcité » sans en penser un traître mot.
Mais Nicolas Sarkozy accroche surtout Tariq Ramadan sur la lapidation des femmes, lui demandant de prendre position publiquement sur cette pratique particulièrement barbare.
Et là, Tariq Ramadan bafouille, explique qu’il n’a pas vraiment écrit cela mais seulement préfacé un livre sur le sujet, qu’il « n’est pas tout seul », que si cela ne tenait qu’à lui… Il déclare, avec un demi-sourire indécent, qu’on est en présence d’une problématique difficile, et qu’en ce qui le concerne, il considère la lapidation des femmes comme un châtiment aujourd’hui « inapplicable », à propos duquel il préconise l’instauration d’un « moratoire », le temps que le monde islamique tranche définitivement, si on ose dire, sur la chose.
« Inapplicable », « moratoire » ? Pour Ramadan, ces pratiques barbares relèvent d’une discussion technique, méritant qu’on les aborde avec un vocabulaire technique et non moral.
Mis à mal par un Sarkozy jubilant d’avoir « débusqué » le « double discours » de celui qui se présente comme un modéré, Tariq Ramadan tente alors de se rattraper aux branches, de la pire façon qui soit.
Il déclare que certes, à titre personnel, il condamne fermement de telles pratiques mais qu’il lui faut bien, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs, tenir compte de l’avis du reste de l’humanité musulmane, des centaines de millions de femmes et d’hommes par conséquent, qui ne seraient pas aussi civilisés que lui-même.
En substance : « Pour faire évoluer ma communauté, je dois bien lui faire quelques concessions, et mon discours passe mieux si je me contente de réclamer un moratoire ».
Cherchez l’islamophobe !

"Voilà ce qui se passe si nous quittons l'Afghanistan"

- Ainsi sous-titrée, cette page du magazine TIME (ci-contre) a fait le tour du monde.

Un vrai chef d'œuvre de propagande de guerre, "exploit" du noyau dur, israélo-américain, des "néo-cons", les "néo-conservateurs" fascistes de Washington.

Repliés, sous la pression de la CIA,devenue, pour eux du moins, incontrôlable, au Pentagone, ils

espèrent toujours déstabiliser Obama - qui progresse, selon l'adage chinois, "en tâtant les pierres pas à pas pour traverser la rivière", vers un double Lire également nos pages ISLAM, ici, ISRAËL, ici, LIBAN, ici, IRAN, ici, IRAQ, ici - et PALESTINE ici

désengagement militaire d'Iraq et d'Afghanistan, prélude à un règlement, une nouvelle fois décalé dans le temps, mais, sur le fond, inéluctable, de la question palestinienne.

Leur objectif central semble aujourd'hui d'empêcher le Président du "Yes we can", de la demi-réforme d'un systéme de santé aussi coûteux qu'inefficace et socialement injuste, et du "discours du Caire" de briguer le deuxième mandat de cinq ans sans lequel aucune Libération des Etats-Unis d'Amérique de la mortelle spirale impérialiste où leur fuite en avant dans la dette comme dans la guerre les entraîne, au risque d'y entraîner le monde entier, n'est seulement envisageable, a fortiori depuis que Goldman Sachs et cie, en assassinant délibérément Lehman Brothers (par ailleurs principal soutien financier de la victorieuse campagne du "noir") ont sciemment déclenché,en forme de "flèche du Parthe"tirée avant même le départ officiel de l'administration Bush junior, déjà K.O. debout, le scénario bien calibré d'une "crise financière", conçue cyniquement comme le tremplin d'une véritable "grève mondiale du capital" - heureusement mise en échec par la nouvelle "communauté internationale du monde réel" animée par la Chine, le Brésil, pôle de stabilité et de développement mesuré de la nouvelle Amérique du sud néo-bolivarienne, Cuba et le Vietnam, entraînant l'Inde, une large part de l'Afrique Noire autour de l'Afrique du sud post-Mandela et de l'Angola), pendant que l'Europe, à la significative exception d'une Allemagne aux exportations tirées par la croissance chinoise et remorquant la France tant que celle-ci reste soumise à ses diktats, notamment mais pas exclusivement institutionnels.

Mais la poignante photo (en UNE et, dans cette page, en haut à gauche).) de la toute jeune Bibi Aïcha, au regard magnifique, extraordinaire expression du combat de la vie contre la mort et de la voie du cœur contre la haine bestiale du mâle frustré, jaloux, qui l'a "punie" d'une (supposée) infidélité en lui coupant le nez et les oreilles, enrobant son impuissante ignominie d'un discours plus tribal que "taliban", radicalement étranger à l'islam authentique, exige de notre part une réponse à la hauteur de cette souffrance, de ce martyre, de cette beauté irréfragable - et de la manipulation médiatique qui tente de faire de cette jeune victime l'instrument d'une poursuite infinie de la guerre d'agression de l'OTAN contre le peuple d'Afghanistan - dont elle reste membre, et fière de l'être...

- La vraie histoire de Bibi Aïcha: ici

- D'autant que l'actualité, où le hasard a peu de place, nous offre, en parallèle, l'image d'une autre "victime de la barbarie islamiste", d'une autre femme de la même région, et, de fait, de la même religion - dans sa variante schismatique chiite -Sakineh l'Iranienne, future victime, en

fait, depuis sa condamnation, elle aussi pour "amours interdites", par un régime obscurantiste aux abois la vouant à la lapidation jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Assommés (pour ne pas dire...lapidés) sous le choc des photos..., des mots qu'elles suggèrent, et des "pensées" qu'ils inspirent, aurons-nous la force de relever la tête et de souligner, autour de nous, un troublant paradoxe: le supplice encore suspendu sur la tête de la jeune iranienne au voile noir n'est que la sinistre répétition, au travers des siècles, et même de près de deux millénaires, du sort funeste subi par un des tous premiers martyrs chrétiens, connu depuis sous le patronyme de "Saint-Etienne".

Selon la chronique illuminant, en vives couleurs, les vitraux d'un grand nombre d'églises de France et de Navarre, ainsi qu'un beau tableau de Rembrandt, en l'an 35, il fut lynché à mort à coups de pierres devant les murs de Jérusalem. Et cela, non, certes, sous l'effet de la "barbarie musulmane": mais pour avoir contesté, en apôtre du Christ, certaines interprétations - juives - de la loi de Moïse, de l'Ancien Testament, de la Torah -qui prescrivaient et codifiaient, d'ailleurs, les horreurs de la lapidation...

Ignares autant que d'un parti pris mafaisant, ni le juif distingué mais, en réalité, peu cultivé, qu'est BHL, "le Tariq Ramadan "feuj" de Saint-Germain des Prés", ni le fils de Mouchard (Laurent Joffrin, de Libé), du même quartier, du même parti, et de la même "abracadabrantesque" inculture, se garderaient bien de l'écrire, s'ils le savaient, et si leurs répugnants compères de la "police de la pensée" les y autorisaient: mais c'est une des traditions juives les plus incontestables autant qu'abominables que reproduisent, "fidèlement", ils n'aimeraient pas se le voir jeter à la face, les insupportables"rabbins" chiites d'un Islam de Babylone métissé de la religion d'exilés qu'il avait accueillie, les "mollah", "marjah", et autres "ayatollah"- l'islam sunnite ayant toujours, de son côté, considéré l'institution d'une sorte de "clergé", corps séparé dominant la "communauté des croyants" (tradition juive bien avant l'instauration du moderne rabbinat, et la "scission chiite") comme rigoureusement et fondamentalement contraire aux "enseignements du Prophète". (Nos pages islam:ici)

- L'histoire de ce supplice diabolique qu'est la lapidation le démontre à l'envi: pas plus que la tradition, tribale, propre aux belliqueux montagnards de certaines vallées afghanes, consistant à couper nez et oreilles de la "femme infidèle", ne trouve son origine dans le Coran, cette forme de mise à mort lente et cruelle à bourreau collectif qu'est la lapidation n'est propre à la religion musulmane. - Même si l'on se doit d'observer, à cette occasion, qu'une influence du tout premier monothéisme, le monothéisme juif, semble se manifester davantage (pour le meilleur, sans doute, comme pour le pire) dans la religion musulmane que dans la religion chrétienne. S'il faut en croire, mais ce n'est qu'une hypothèse de travail, l'étonnant Tariq Ramadan , dont on se souvient que, dans un rôle de faire valoir télévisuel du candidat Sarkozy, bavant de l'aubaine, il s'était laborieusement efforcé de justifier sa bredouillante idée d'un "moratoire" sur la suppression de la lapidation (encore pratiquée, sous le poids de coutumes tribales plus ante-islamiques qu'islamiques dans quelques rares pays d'obédience musulmane sunnite ultra-traditionnaliste comme l'Arabie Saoudite), par les "débats", encore, selon lui, nécessaires dans la quasi-talmudique"communauté" des doctes et des experts en matière de "hadith")...

S'il y a eu, donc, à partir du fondateur, crucifié, de la religion, puis de la culture dans nos contrées longtemps dominante, un "christianisme des lumières", en contraste avec une"part d'ombre" très largement issue d'un "judaïsme classique" avec lequel la rupture, manifeste dans les Evangiles, fut longtemps entravée par la persistance au sein du catholicisme romain, puis féodal, et royal, du même vieux fond d'exclusivisme haineux, imprécateur, dominateur, qui fit (plus encore que l'Inquisition, en partie mythifiée, mais poursuivant dans la logique tortionnaire de la lapidation) le "peuple élu" - chrétien, bien que la notion spécifiquement juive de "peuple élu" fût frontalement contraire à la doctrine christique de l'universalisme "catholique"("katholikos: universel...) - le (prétendu) "peuple" au crucifix, "sûr de lui et dominateur", des conquêtes génocidaires d'un

Pizarre ou d'un Cortez, véritables héritiers culturels du Josué de Canaan, et tout autant prédécesseurs de ces bien peu "libéraux" protestants venus de la très huguenote Hollande, mère des actuels "Pays Bas" (très bas) du fasciste pro-Israélien Geert Wilders, pour conquérir une "Terre Sainte", dans une Afrique du Sud peuplée de zoulous et de xhosas prétendûment donnée aux Européens blancs par leur Dieu....

Persécutions des dissidences, séculaire affrontement avec le judaïsme, Inquisition, tout de même, (ci-contre et ci-dessous)

, croisades en terres d'islam mères des horreurs commises, sur le continent américain, notamment, par le catholicisme colonial (comme par le protestantisme historique, "de souche européenne", des futurs WASP, distants et distingués, de la "côte est" autant que des idéologues religieux de l'apartheid), le "Christianisme des Lumières", illustré, au mitan du XXème siècle par la "théologie de la libération", et, au tournant du XXIème, par l'amérindien catholique, "bolivarien" et révolutionnaire qu'est le... militaire Chavez, a dû s'ériger contre un "christianisme des horreurs" - trouvant, lui aussi, des fondements dans quelques bribes, pour le moins, de la doctrine, et de celle à qui elle devait, il y a 2000 ans, succéder.

Le"Judaïsme des Lumières", lui, aux valeurs culturelles universalistes propres aux "gens du Livre" illustrées par Spinoza, Marx, Freud, puis le très peu sioniste Einstein, ainsi que par ces héroïques combattants de l'émancipation ouvrière, et/ou patriotique et populaire que furent, chacun à sa façon, un Marek Edelman, un Henri Krasucki ou un Joseph Epstein, n'a vaincu que pour un temps bref, hélas, les dogmes indécents, stupides, racistes et meurtriers de ce que le grand Sahak a choisi de nommer le "judaïsme classique" - aujourd'hui réintégré au cœur du sionisme moderne, "laïc" et prétendûment progressiste, à l'origine....

Il est donc aussi dangereux que malhonnête d'attribuer à l'islam, religion d'émancipation pour un milliard de pauvres de par le monde, "soupir de la créature malheureuse" (Karl Marx, à propos de la religion, en général, dans la même longue phrase dont l'époque n'a voulu retenir que la polémique et méprisante expression "opium du peuple"), mais aussi religion d'amour et d'espoir de nouvelles "élites" culturelles émergentes, aussi éclairées que, quelquefois, fortunées, porteur, lui aussi, mais pas lui seul, dans une histoire complexe, qui n'est pas seulement histoire des dogmes ou des idées, mais des pratiques et des coutumes effectivement réelles, de sa part d'ombre comme de sa part de lumière, les traces de cette barbarie venue du fond des âges, commune à toute l'humanité, au seuil de l'humanisation, à partir de laquelle se sont érigées, dans un lent processus aussi progressiste que progressif, ponctué d'avancées et de reculs, grandes religions et grandes civilistions. Et"ce n'est qu'un début, le combat continue!": ici

 

 
 
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Fêté le 26 décembre, Saint Etienne fut l’un des sept premiers diacres choisis pour soulager les apôtres dans l’administration des biens matériels de l’Eglise primitive. Il se consacre ensuite à la prédication.

Confronté à plusieurs rhéteurs juifs qui discutent avec lui de divers points de théologie, il se voit accuser d’avoir tenu à quatre reprises des propos blasphématoires envers Moïse.

Livré à une foule furieuse, roué de coups, traîne hors de Jérusalem, il est lapidé à mort sous les murs même, aux environs de l'an 35 après J.C.

L'impératrice Eudoxie fera construire, à cet endroit, une église où ses restes furent déposés.

Il sera le premier martyr chrétien, et deviendra le patron par les potiers, en souvenir des tessons de poterie utilisés comme projectiles pour son supplice.

Il est également le patron des diacres, des fondeurs, des maçons et des paveurs. Protecteur des chevaux, il est invoqué pour soulager... les maux de tête.

Lapidation de Saint Etienne sur l'ordre des autorités juives sous les murs de Jérusalem en l'an 35

- Tableau de Rembrandt -

Dans son dictionnaire philosophique, Voltaire évoque un texte de Saint Augustin rapportant que, vers l'an 415, le curé d'un bourg nommé Caphargamata, proche de Jérusalem, eut un songe lui indiquant le lieu où se trouvait enterré le martyr..Dans le tombeau se trouvait une pierre où était gravé le mot de "cheliel", qui signifie couronne en hébreu, comme stephanos en grec - Etienne..."A l'ouverture du cercueil , poursuit Saint-Augustin, la terre trembla; on sentit une odeur excellente, et un grand nombre de malades furent guéris." Les ossements furent transportés à Jérusalem, dans l'église de Sion.

La mort de Saint Étienne sous les coups de Juifs de Jérusalem sur la base d'accusations mensongères contribua, presqu'autant que celle du Christ lui-même, à développer l'antijudaïsme dans le catholicisme médiéval.

 

- Elle croyait Israël, "terre juive", terre de liberté...au moins pour les juifs -

Hillary Rubin, descendante de déportés juifs, mais fille d'une divorcée remariée, de plus, à un catholique, est interdite de mariage en Israël par "manque de preuves" de sa judéité

 

 


PAS ASSEZ JUIVE POUR SE MARIER EN ISRAËL
Publié le 16-08-2010 sur le site EuroPalestine à partir d'infos du quotidien israélien Haaretz.

 

De Vichy à Tel Aviv, même combat, pourrait-on dire au regard des lois sur le mariage dans l’Etat hébreu, et des certificats exigés pour avoir le droit de se marier.


Hillary Rubin a quitté les Etats-Unis pour émigrer en Israël en 2006 et exaucer ainsi "un rêve ancestral". Bien mal lui en prit. Bien que descendant d’une famille sioniste, cette petite nièce de Nahum Sokolov, s’est vu demander de prouver sa judéité sur quatre générations maternelles.
La jeune femme étudiante en relations internationales, a eu beau rétorquer que certaines personnes de cette lignée étaient des rescapés des camps de concentration et que leurs actes de naissance étaient impossibles à retrouver, elle s’est fait envoyer dans les cordes.


Elle est revenue à la charge avec des attestations de 5 rabbins, mais le rabbinat d’Herzlya s’est montré intraitable, exigeant les contrats de mariage religieux de ses ancêtres, ainsi que les actes de naissance et de décès de sa mère, sa grand-mère, son arrière grand-mère, ainsi que son arrière arrière grand-mère !


"Je suis furieuse et je comprends mieux pourquoi bon nombre de mes amis anglo-saxons ont quitté ce pays", a-t-elle déclaré à la presse, en précisant qu’elle observait le shabbat, mangeait kasher, et que ses grand-parents qui avaient été persécutés en raison de leur judaïsme, devaient se retourner dans leurs tombes.


Quand on sait que le mariage civil n’existe pas en Israël, la jeune femme n’a désormais d’autre solution, si elle tient à rester vivre dans un pays qui instaure de telles lois, qu’aller se marier à l’étranger (en général à Chypre) ou bien à passer par les fourches caudines d’un tribunal rabbinique israélien chargé de déterminer si son judaïsme est réellement kasher.
Source : Haaretz.

 


D’une Bibi Aïcha à l’autre,

mille ans après


Aïcha, jeune femme mutilée après son mariage forcé avec un taliban, devenue égérie malgré elle d’une campagne en faveur de la stratégie guerrière de Washington et de l’Otan...


La contestation contre la guerre en Afghanistan grandit aux États-Unis mêmes, comme en témoigne le récent sondage réalisé pour le quotidien USA Today. (...) 43 % des citoyens américains interrogés estiment qu’entrer en guerre en Afghanistan après le 11 septembre a été « une erreur ». Sur la défensive face aux protestations de plus en plus vigoureuses, Washington et ses alliés ne savent plus que faire pour justifier leur sale guerre qui contribue à renforcer les talibans qu’ils prétendent combattre bien plus qu’à les éliminer.

La photo d’une jeune femme qui fait la une du magazine Time (...) fait partie de cette offensive de com. Il s’agit d’Aïcha, une jeune fille afghane dont le visage a été mutilé par son mari.


À l’âge de douze ans, Bibi Aïcha et sa petite sœur ont été « cédées» à une famille. Il s’agissait d’honorer une «dette de sang» : l’oncle d’Aïcha a tué un homme.

La famille du défunt détient alors le destin des deux fillettes entre ses mains, Aïcha sera mariée à l’un de ses membres.
À sa majorité, elle n’a d’autre choix que d’épouser l’aîné de la maison, un maquisard taliban souvent absent. Elle décide de fuir. Mais lorsque son époux la retrouve, il obtient sa condamnation à la mutilation par la tribu.

Il se charge personnellement d’exécuter la sentence. Il l’emmène dans la montagne, lui coupe le nez et les oreilles et la laisse pour morte. Des soldats en patrouille la retrouvent, gisant dans son sang. Elle survit à ses blessures et est prise en charge par une ONG de défense des femmes à Kaboul.


Sur la une du Time, juste à côté de la photo d’Aïcha, on peut lire cette phrase : «Ce qui arrivera si nous quittons l’Afghanistan.» Cette instrumentalisation cynique des malheurs des femmes afghanes pour justifier la poursuite de la guerre suscite des commentaires acerbes d’une partie de la presse et des milieux pacifistes aux États-Unis. L’opération médiatique des faucons américains avec cette une du Time s’inscrit dans la logique du «nous ou le chaos» ; elle vise à endiguer les protestations du monde entier contre cette guerre meurtrière, pain bénit pour les islamistes, autrefois discrédités, qui regagne en influence à chaque «bavure» de l’Otan contre les populations civiles.


Perdue dans tout le tapage médiatique autour de son histoire, Bibi Aïcha donne cette réponse lors d’une interview au New York Times : «Je ne sais pas si ça aidera les femmes ou non. Je veux seulement retrouver mon nez.»


Ironie de l’histoire, Bibi Aïcha a été prénommée ainsi en mémoire d’une Bibi Aïcha qui vivait au XIe siècle. Celle-ci était aimée et vénérée de l’émir de Taraz (une ville sur la Route de soie). Pour rejoindre son amoureux qui vivait à une heure de route à pied, Bibi Aïcha quitta sa maison avec sa gouvernante. Les deux femmes s’arrêtèrent au bord de la rivière Talas pour se rafraîchir. C’est là que, mordue par un serpent, Aïcha perdit la vie. L’émir accourut pour recueillir son dernier soupir et ordonna la construction d’un tombeau. Ce monument a résisté au temps, et le site est vénéré dans la région depuis le Moyen Âge. Aujourd’hui encore, il est de coutume pour les jeunes mariés de se rendre à Taraz pour faire bénir leur union par Bibi Aïcha.

Cette légende constitue le symbole de l’amour dans cet ancien territoire mongol : Bibi Aïcha aimait et était aimée.
Notre Bibi Aïcha, à l’autre bout de ce territoire, a subi la lame de l’ignorance et de la haine. Dix siècles plus tard, à côté du monument, ce sont les traditions tribales qui ont résisté au temps.
L’intégrisme des talibans et l’intervention militaire étrangère ont fait monter le peuple afghan dans un train vers le passé, très loin. Les deux Aïcha ne nous diront pas le contraire.


Abrahim Saravaki, L'Humanité, 12 Août 2010

Note: auteur d'un article témoignant d'une réelle culture, et d'une solide commaissance de la réalité afghane, Abrahim Saravaki partage les ambiguités du discours PCF sur l'islam, l'Afghanistan, et particulièrement les taliban, ces "étudiants" ("taleb") des "madrasas" (écoles religieuses) originaires du Pakistan voisin, dont la politique régionale, répondant, dans ses principes, à des aspirations stratégiques nationalement légitimes (conflit toujours latent avec l'Inde anti-musulmane et alliée d'Israël, alliance avec la Chine elle aussi frontalière de l'Afghanistan où elle protège elle aussi légitimement ses propres intérêts régionaux, conflit sur des frontières historiquement contestables avec l'Afghanistan dans le pays pachtoun), n'en a pas pour autant pour objectf l'intérêt du peuple afghan héroïque, qui aspire avant tout à la paix civile, au progrès social, et à l'indépendance nationale, après avoir subi, historiquement, d'interminables agressions venues du nord (mongols, puis URSS) et de l'ouest (Etats-Unis, tentant de préserver une alliance historique avec le Pakistan musulman allié privilégié de l'Arabie saoudite comme de la Chine), en même temps qu'une alliance plus récente avec l'Inde, arrachée récemment à l'orbite soviétique et nouvel allié stratégique d'Israêl qui lui fournit son potentiel dans la recherche et l'industrie informatique...)

En réalité, comme au Liban où le Hezbollah, lui aussi musulman, mais chiite et non sunnite contrairement aux taliban, reste avant tout une force anti-impérialiste viscéralement attachée à l'indépendance et à la liberté de son propre pays, patiemment construite à cette fin avec l'appui de la mouvance maoiste du Fatah, elle-même formée à la stratégie de "guerre populaire prolongée" par ses instructeurs politiques autant que militaires de l'Armée Populaire de Libération de Chine, et soumis aux menaces permanentes d'Israël mais aussi aux pressions non moins permanentes du grand voisin Syrien, allié alaouitede l'Iran chiite, les taliban, et plus spécialement leurs nouvelles filiales afghanes "de l'intérieur", n'agissent pas d'abord en religieux, soucieux de propager un dogme "par le sabre et par le fusil", mais en factions tribales hétérogènes impliquées dans une guerre de libération nationale difficilement compatibles avec la culture historique, aussi cruelle que "machiste", des tribus des hautes montagnes et des vallées isolées marginalement et superficiellement islamisées. Ce qui explique que la guerre, qui ne parvient pas réellement à se transformer en guerre de libération nationale, embrassant dans sa sa stratégie toutes les minorités ethniques, toutes les minorités ethniques, et toutes les minorités linguistiques, d'une nation a qui les terribles invasions coloniales, néo-coloniales, post-coloniales et crypto-coloniales, presque ininterrompues, n'ont pas complètement permis d'en devenir une, l'assassinat toujours mystérieux du grand chef de guerre tadjik Massoud dans son fief de la cvallée du Panchir, étrangement survenu dans les heures précent les attentats du 11 septembre 2001 frappant les orgueilleuses tours du "World Trade Center", à New York, message, peut-être, à ses alliés et protecteurs Indiens, devenus un peu pesants, n'ayant pas arrangé les choses.

Comme dans le cas, certes à bien des égards différents, de l'Algérie, il est donc imprudent, surtout pour des citoyens de l'ancienne puissance coloniale, aujourd'hui néo-coloniale, qu'est notre pays, la France, fussent-ils communistes ou de la mouvance communiste (française...) de choisir de façon manichéenne et donneuse de leçons entre les "mauvais" - islamistes, toutes tendances et nuances confondues dans un potage idéologico-religieux à la consistance trouble...- contre les "bons" - militaires corrompus et plus ou moins manipulés par l'ancien tuteur colonial, ici, OTAN, là-bas...C'est le propre des guerres civiles, tragique avortement de guerres de libération qui n'ont pas su, ou pu, éclore.

 

 

 
 

EPSTEIN

 


Né en 1911, Joseph Epstein fuit la Pologne du dictateur Pilsudski à vingt ans. Sa participation aux Brigades internationales, en Espagne, le rend prêt à la lutte armée sous l’occupation nazie. Organisateur audacieux, il dirigera les FTP d’île-de-France jusquen 1943 où il tombe, en même temps que Manouchian.


« L’homme qui, de loin, est le plus grand de nos officiers de toute la France, le plus grand tacticien de la guerre populaire, est inconnu du grand public. De tous les chefs militaires, il fut le plus audacieux, le plus capable, celui qui donna à la résistance française son originalité par rapport aux autres pays d’Europe. »
Albert Ouzoulias, commissaire militaire national des Francs-tireurs et partisans français (FTPF)

Depuis le 23 février 2008 et l’hommage solennel rendu par le chef de l’État à deux figures de la Résistance fusillées au mont Valérien : Honoré d’Estienne d’Orves et Joseph Epstein, le nom du responsable des Francs-tireurs et partisans d’Île-de-France au printemps 1943 est sorti de la nuit :


« Epstein et d’Orves (catholique de tradition, royaliste, capitaine de vaisseau de la Marine Nationale ayant rejoint De Gaulle à Londres parmi les tout premiers avant de devenit l'un des tout premiers parachutés en France pour y créer des réseaux de renseignement et de Résistance, d'être trahi par son premier radio et de périr dans les mains de la Gestapo. NDLR. LMR) n’avaient pas grand-chose en commun, à l’exception de l’essentiel : l’amour de la liberté jusqu’au sacrifice de sa vie. Epstein était juif, polonais, communiste. Il fut l’un des chefs militaires de la Résistance les plus efficaces et les plus talentueux. Il voulait l’unité de la résistance intérieure par-delà les clivages partisans. Son courage sous la torture n’eut d’égal que la sobriété de ce message, quelques semaines avant sa mort : “J’ai passé de mauvais moments, j’en passerai encore d’autres (…). Je m’attends au pire mais saurai mourir le front haut.”?»


Epstein et d’Orves avaient en commun la conviction que même si un homme peut être détruit, il ne peut être vaincu.

Parmi les premiers à avoir rejoint les combattants républicains espagnols à Irun durant l’été 1936, blessé par un éclat d’obus, rapatrié en France où il participa à l’organisation de l’aide militaire à l’Espagne via la compagnie France-Navigation, de retour au front lors de la bataille de l’Èbre, interné au camp de Gurs, engagé volontaire dans la Légion étrangère en 1939 pour se battre contre l’Allemagne nazie, prisonnier de guerre dans un stalag à Leipzig, évadé en décembre 1940, Joseph Epstein n’était pas de ceux qui renoncent.


Dès son retour en France, alors qu’il apprend la naissance de son fils Georges, il prend la tête des groupes de sabotage et de destruction. Dynamitage de trains, de voies ferrées, destruction de pylônes électriques, de ponts, sabotage dans les usines, ces techniques de guérilla sont celles qu’il avait apprises en Espagne.

Début 1943, malgré leur difficulté à trouver des armes, les FTP n’en réussissent pas moins à mener dans la région parisienne une guérilla urbaine qui fait écho à la victoire soviétique à Stalingrad (2 février). Et cela leur vaut une aura auprès de la population, généralement peu prisée par les chefs des autres mouvements de résistance qui craignaient que les communistes ne fassent cavalier seul.


L’arrivée de Joseph Epstein à la tête des FTPF d’Île-de-France sous la responsabilité d’Albert Ouzoulias a eu une double conséquence.


- Tout d’abord, il a modifié la stratégie militaire des FTP en proposant d’engager neuf, douze ou quinze combattants dans une opération là où précédemment ils n’étaient que trois. Ce changement a permis des opérations spectaculaires d’attaque de militaires allemands dans Paris mais aussi des opérations de destructions industrielles décisives pour les Alliés : le 10?novembre, par exemple, dans l’usine de l’Air liquide à Boulogne-sur-Seine, ce sont vingt-cinq combattants armés qui, après avoir dispersé le personnel présent, ont disposé dix engins explosifs sur différentes machines de l’atelier. Cette usine produisait l’oxygène nécessaire à la mise au point des missiles balistiques V1 et V2 produits par l’Allemagne nazie en vue d’une attaque sur l’Angleterre.

Par ailleurs, conscient que les risques étaient grands d’une guerre civile et que seule l’unité de la Résistance permettrait la victoire, il a favorisé l’intégration de toutes les sensibilités politiques dans les FTP et a soutenu l’action d’unification de l’armée secrète voulue par le général de Gaulle et Jean Moulin en vue de l’insurrection nationale au moment du débarquement, sans renoncer à l’action immédiate.


Il est arrêté le 16 novembre 1943, lors d’un rendez-vous avec Missak Manouchian, responsable de la MOI sous ses ordres, mais ni le nom, ni le visage d’Epstein ne figurent sur l’Affiche rouge qui fera la gloire paradoxale du groupe Manouchian.
C’était pourtant un «étranger», juif polonais, qui dirigeait les FTP de Paris et d’Île-de-France. Il incarnait parfaitement cette «juiverie internationaliste communiste» haïe par l’occupant et le gouvernement de Vichy. Mais, doté «d’un physique de bon aryen», blond, les yeux bleus, parlant la langue française sans aucun accent, Joseph Epstein a dissimulé jusqu’au bout son identité sous le nom de Joseph Estain, communiste français né au Bouscat en Gironde.

Joseph Epstein, n’étant considéré ni comme étranger, ni comme juif, ne servait pas la propagande nazie et n’a donc pas été fusillé le 21 février 1944 avec le groupe Manouchian mais le 11 avril 1944 avec seize compagnons de combat, tous français.

L’art de la clandestinité de Joseph Epstein lui aura évité la gloire des «vingt-trois» sans pour autant lui éviter la torture. Consciente de détenir le responsable régional FTPF, la brigade spéciale de Vichy appliquera un traitement particulièrement effroyable à Joseph Epstein. Littéralement écorché et «massacré», il ne donnera même pas sa réelle identité.

S’il a été détruit mais pas vaincu par les nazis, l’oubli dont il fut l’objet après-guerre n’a finalement pas pu, lui non plus, effacer son combat.

Pascal Convert, L'Humanité (août 2010).

Epstein était né en 1911 à Zamosc (Pologne) , ville natale de plusieurs grandes figures juives, dont Rosa Luxembourg.nombreux dans les lycées polonais. Quand la guerre éclata en Espagne, les quelques dizaines de milliers d'Espagnols qui vivaient à Bordeaux rentrèrent dans leur pays pour se battre contre Franco. Epstein partit en même temps qu'eux. Blessé au cours des combats, il se mit à la disposition du comité d'Aide à la République espagnol et fut affecté au bureau central. Parmi d'autres tâches, il devait s'occuper d'achat de fusils, bateaux et avions. Son rôle consistait à faciliter le passage de la frontière espagnole aux volontaires qui affluaient de toute l'Europe vers les Brigades Internationales.

Les activités du comité étaient camouflées sous le couvert officiel de la société "France Navigation" qui possédait de vingt-deux bateaux, avec des équipages comptant mille deux cents marins. Durant la guerre civile en Espagne, ils réussirent à transporter plus de mille tonnes de produits alimentaires, ainsi que des cargaisons clandestines d'armes.
En janvier 1938, Joseph Epstein retourna en Espagne, affecté au Commissariat politique des Brigades Internationales. Son quartier-générale se trouvait à Albacete mais il brûlait de participer aux combats sur le front Son pseudonyme était "André".

En été 1938, Epstein, a la tête de son unité, se distingua sur le front de l'Ebre. Il avait reçu l'ordre de se retirer avec les batteries sur l'autre rive, car le gros de l'armée n'avait pas réussi à traverser le fleuve, et son unité risquait de se trouver encerclée par l'armée franquiste. Mais il n'obéit pas à l'ordre reçu., fit renforcer le feu et ordonna à ses hommes de ne pas se retirer avant que le corps d'armée n'ait réussi, lui aussi à traverser l'Ebre. Pour non exécution des ordres, il comparut devant un tribunal militaire disciplinaire - qui estima que l'ordre donné était une erreur, et que la décision que Joseph avait prise était celle qui convenait pour sauver l'armée républicaine.Il reçut donc une distinction militaire.

446 ans après la tragique expulsion des juifs d'Espagne, la jeunesse révolutionnaire juive s'était mobilisée pour défendre la liberté dans ce pays. Son unité portait le nom de Naftali Bottine, le petit cordonnier juif de Lwow
En 1939, dès la déclaration de guerre, Epstein s'engagea dans l'armée française, sous le nom de Jurek. On l'affecta à l'unité polonaise de France, avec le grade de sous-officier. Révolté par le climat antisémite qui régnait dans l'unité polonaise, mais ne le visqait pas personnellement parce que, . grand et blond, il ne possédait pas, aux yeux des Polonais, les traits physiques caractéristiques d'un juif. Cette apparenceencourageait les confidences et apartés antisémites. Epstein était sociable, bon vivant, bon joueur d'échecs, et son humour, très apprécié, éclatait quelquefois dans un rire joyeux et sain.

En peu de temps, il rassembla cent cinquante volontaires juifs pour la Légion étrangère. Les juifs préféraient s'engager dans la Légion étrangère plutôt que d'être incorporé parmi les Polonais. Mais, ce faisant, ils couraient le risque d'être considéré comme déserteurs. Une intervention courageuse légalisa leur situation. Epstein lui-même rejoignit le douzième Régiment de marche étranger, (devenu le 22 ème Régiment de Marche des Volontaires Étrangers) un des premiers envoyés sur le front, sur la Somme, prés de l'Aisne.
En mai 1940, fait prisonnier, il fut envoyé dans la région de Leipzig. En novembre de la même année, malgré le froid et de très mauvaise condition atmosphérique, il réussit à s'évader et à atteindre la Suisse " neutre". Arrêté, il fut renvoyé à la frontière allemande, mais, sachant le sort qui l'attendait, il réussit une nouvelle évasion à la nage dans les eaux glaciales de l'hiver et put revenir en Suisse où, dans les locaux du Consulat français, il trouva refuge, obtenant des papiers légaux de citoyen français.

Ces documents lui permirent de rentrer à Paris le 25 décembre 1940.
Joseph Epstein ne se faisait pas d'illusions. Bien qu'il eut des papiers d'aryen et une physionomie qui correspondait à ses documents, il se mit en quête de moyen d'entreprendre la lutte et la résistance.


Dans les derniers mois de 1942, la Résistance connu de grosses difficultés dans son action à Paris. Les S.S. lui infligeaient des coups très durs. L'État-major de Paris et de la région avait été arrêté. C'est Charles Tillon, "mutin de la Mer Noire" avec son camarade Marty et futur député-maire (PCF)d'Aubervilliers à la Libération, ainsi que ministre (communiste) du général de Gaulle, qui décida de nommer Epstein, Commissaire des opérations militaires pour Paris et sa région.

La tactique habituelle des opérations militaires de la résistance s'appuyait sur des groupes de trois, composés d'un "exécuteur" couvert par les deux autres qui assuraient la retraite.
Cette tactique n'empêchait pas la Résistance de subir de lourdes pertes. Joseph Epstein (Gilles, pour la Résistance) proposa à la Résistance la stratégie militaire qu'il avait mise au point dans la région parisienne : la création de groupe de dix, quinze et vingt et un combattants. Charles Tillon, dirigeant national de la Résistance communiste soutint sa proposition et la recommanda au pays tout entier.

Comme l'écrit Henri Noguères,:
"Gilles (pseudo d'Epstein) possédait de grandes connaissances techniques et générales, non liées aux enseignements superficiels pratiqués dans l' armée, au contraire, il avait ses propres idées sur l'adaptation à la guérilla. La plupart des camarades adoptèrent le système des combat à trois camarades qui se compose d' un tireur ou lanceur de grenades et de deux autres pour le couvrir pendant la retraite. Mais dans Paris, il y avait partout des policiers et des soldats allemands : Joseph Epstein préféra engager de quinze à vingt combattants par opération. Les chefs des unités, et même de la M.O.I. ne partageaient pas tout à fait cette idée, préférant les groupes de trois vu la situation. Gilles dut expliquer son point de vue. Si, à Paris, en plein jour, trois personnes seulement devaient attaquer un détachement militaire, il y aurait toujours un danger d'arrestation, qui peut conduire à un demi-échec, et même à un échec complet. Par contre dans un groupe plus grand et bien préparé, il était possible d'avoir une supériorité, en adoptant une stratégie n'attirant pas l'attention. Les opérations menées en 1943 à Paris étaient placée sous l'autorité du Colonel Gilles ".

Le 16 novembre 1943, Joseph Epstein avait rendez-vous avec Manouchian à Ivry. Il est possible qu'ils aient été suivis, ou que leur lieu de rendez-vous ait été connu. C'est là que tous deux furent arrêtés. Ils étaient armés, mais n'eurent pas le temps de se défendre. Ils étaient complètement encerclés. On revêtit Joseph d'un masque de cuir si serré qu'il fit de son visage une masse sanglante. Il fut torturé pendant trois mois. Mais ses bourreaux ne purent pas même obtenir de lui son véritable nom …

Les policiers hitlériens et leurs collaborateurs français triomphèrent après l'arrestation d'Epstein et de Manouchian et de dizaines d'autres combattants, à Paris et dans la banlieue. Aucun d' eux, malgré des tortures longues et atroces appliquées avec un raffinement cruel, ne s'est laissé briser. Les tortionnaires ne purent même pas établir la véritable identité d'Epstein, ni de son origine Ils ne réussirent pas à obtenir des précisions qui auraient permis de monter un procès public à grand spectacle, servant la propagande nazie. Epstein ne figure pas sur la célèbre affiche rouge qui dénonçait la Résistance comme une armée du crime composée d'étrangers et d'apatrides.

Joseph Epstein fut jugé avec dix-huit autres résistants. Tous furent condamnés à être fusillés.

Le 11 avril 1944, Joseph Epstein, alias Colonel Gilles, tomba avec ses camarades sous le feu du peloton d'exécution du Mont Valérien. Il fut enterré au cimetière parisien d'Ivry, sous le nom de Joseph André qu'il avait adopté en 1936 quand commençait pour lui la guerre contre le fascisme et le nazisme en Espagne. Sa femme a réalisé qu'il était important pour l'histoire, que sur sa tombe soit inscrit son vrai nom de famille.
Sur la pierre tombale, on a donc gravé le nom de : "Joseph Epstein"
PJ