REBELLES (suite) Ci-dessous, en bas, clic ici

 

- Mai 68, Maos, Pierre Overney, Renault-Billancourt: les étudiants de l'Agen Nanterre et le retour du vieux Hadj: photo à droite et texte par clic ici

- Mai 68, mai 2008: l'appel d'Argenteuil (JP Cruse). Clic ici

- Comme un amour perdu et soudain retrouvé, revenu (éditorial du 11 avril 2008) - ici

- Le mouvement lycéen de mai (68...) 2008, parti d'Aubervilliers - ici

- Le jour où Robert Linhart ne s'est pas tu...CLIC ici

En l'absence de Sadok Ben Mabrouk, retenu sous d'autres cieux, et de Houcine (excusé, de justesse...), c'est le retour de "Hadj", (à droite sur la photo) autre figure emblématique des Maos de Renault, époque 1968-72, du combat des O.S. contre les cadences infernales, les petits-chefs racistes, fascistes, et pour la Palestine, ainsi que du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes), qui a constitué l'événement, au meeting pour la Mémoire et pour l'Histoire des étudiants anti-impérialistes de l'Agen, vendredi 28 novembre 2008, à la cité universitaire de Nanterre.Suite: clic ici

 

MAI...

Le jour où Robert LINHART

(à gauche, chemise bleu ciel, main sur la mâchoire) ne s'est pas tu... (ici)

 

 

"Contre le gros Nestlé, les yaourts du ralbol, "saisis" dans l'usine par une équipe de la Confédération paysanne, et distribués gratuitement dans des HLM du nord de la FRANCE.

Une action pleine d'esprit printanier pour la solidarité ville campagne et ouvriers-paysans, et contre la vie chère...Le tribunal rendra son jugement contre ces syndicalistes d'action directe, poulaire, aux allures de JACQUOU LE CROQUANT, ou de "CHOUANS ROUGES", le 31 mai prochain. Lire ici

Printemps 2008...Emeutes de la FAIM, dans le MONDE: signe de la FIN d'un MONDE: clic ici
CONTRE
"SARKO-LA-RACAILLE"
QUI "NETTOIE AU KÂRCHER" l'EDUCATION NATIONALE,

LES JEUNES D'AUBERVILLIERS (93), FER DE LANCE DU MOUVEMENT, DES L'ORIGINE,RELANCENT LA REBELLION DES BANLIEUES VIVANTES, PRÊTES A FORCER LES PORTES DE L'ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE, ET REFUSANT LA FATALITE DE l'ECHEC SCOLAIRE, DE LA DEPRIME, DE L'ISOLEMENT ET DU CHÔMAGE: lire ci-dessous, accès par clic ici

- Pour voir la video tournée par notre envoyé spécial permanent, FEHD93, lui-même acteur du mouvement qu'il illustre par ses images, sono en main, en compagnie des lycéens de Jean-Pierre Timbaud, au cours d'une manif passant de lycée et de collège en collège, organisée à Aubervilliers même - portable-caméra prête à jaillir de la poche clic ici

 
 

Une génération se lève, une génération passe le témoin, avant de partir...

Egalement captée par Fehd 93, cette image (ci-contre, à droite) de Jean-Paul Cruse au côté de José Agusti, son hôte au cinéma Jean Gabin d'Argenteuil, à l'occasion d'une réunion publique sur mai 1968 autour de ciné-tracts, et de plusieurs films, ce lundi 2 juin 2008 en soirée.

Déception pour le nombreux amis spontanément mobilisés dans l'espoir de saisir cette occasion pour faire le "coup de la chèvre" aux habituels provocateurs, mouchards et indics de tout genre, du "petit Yves", disciple de "Momo Le Belge" dit "Momo La Balance" à l'ineffable Younes Bisou-Mossad (c'est un pseudo...), ceux qui passent leur temps libre, entre deux "deals" de "poudre", à tenter d'étouffer dans l'œuf ce "retour des MAOS", qui est dans l'air de ce nouveau printemps et semble leur faire si peur, ne sont pas venus.

Ils n'ont donc pas pu, cette fois, recevoir la réponse qu'ils méritent - et qui les attend.

Demain sera un autre jour...

Tranquille, donc, pour une fois, en quelques interventions brèves et sereines, laissant le maximum d'espace à un dialogue avec la salle, JP, ancien dirigeant-fondateur de la Gauche prolétarienne, à la rentrée 1968,à 20 ans, établi en usine aux Batignolles de Nantes (44 jours d'une grève entièrement victorieuse en janvier 1971), un an de clandestinité, 15 mois ferme pour "violences" en soutien au soulèvement des lycéens de Clémenceau, et de la lutte ouvriers-paysans pour la libération des rives de l'Erdre, ouvrier agricole, animateur-salarié des Paysans-Travailleurs de Loire-Atlantique (ancêtres de la Confédération paysanne de José Bové), fondateur de la CGT du quotidien Libération (qui finira par avoir la peu du repenti Serge July, à l'issue d'une grève dure...), militant d'EuroPalestine, auteur de nombreux livres dont REBELLES

et coordinateur tecnhique provisoire du site lui-même, s'est efforcé d'aller à l'essentiel (ci-contre à droite: l'APPEL D'ARGENTEUIL)

- clic ici -

)

MAI 1968-MAI 2008

Contre une commémoration officielle en forme de cortège funéraire, fondée sur la désinformation, l'intoxication, le mensonge,

L'APPEL D'ARGENTEUIL

(Jean-Paul Cruse 2 juin 2008)

"Nous n'oublions pas Gilles Tautin, lycéen maoiste de 17 ans, noyé dans la Seine en tentant de fuir une charge de police à proximité de l'usine Renault de Flins, près des Mureaux et de Mantes-la Jolie (78), où il était venu comme nombre d'entre nous soutenir les ouvriers français et immigrés refusant de reprendre le travail pour quelques miettes, à l'issu d'une longue grève,...

Nous restons fidèles à la mémoire de Pierre Overney, fils d'un ouvrier agricole de cette même Beauce où mourut Gilles, militant ouvrier de la Gauche prolétarienne chez Citroën, puis à l'usine Renault de Billancourt où, combattant l'indigne exploitation des O.S. sur les chaînes de "l'Île du Diable"comme le racisme anti-arabe et anti-noirs des petits chefs-flics ou celui des assassins des ouvriers maghrébins jetés dans le canal de l'Ourcq, et luttant pour la libération complète de la Palestine et la fin du régime sioniste d'apartheid, il fut abattu, en février 1972, par le vigile Tramoni - lui-même exécuté 5 ans plus tard par un "commando de la mémoire".

Nous ne les oublions pas, même si d'autres les oublient, comme le renégat Geismar, aujourd'hui conseiller de Delanoë, à la mairie de Paris, et notable jospino-strauss-kahnien du PS, qui n'a jamais levé le petit doigt pour qu'une rue, une ruelle, un passage, porte le nom de Gilles ou celui de Pierrot...

Et je lance donc un appel à tous en faveur de 4 objectifs:

1 - Se battre le temps qu'il faudra, avec tous les moyens qu'il faudra, pour que soit honorées comme il se doit la mémoire de Gilles Tautin comme celle de Pierre Overney - et que des plaques portant leurs noms soient apposées sur les murs de la capitale, ou d'autres villes...

2 - Pour celles et ceux qui ont en mémoire la lutte pour la libération de la femme, comme la lutte contre le racisme et contre l'exploitation dans le travail, soutenir plus activement encore le combat exemplaire de femmes de chambre noires des grands hôtels, originaires d'Afrique, et plus particulièrement du Mali, ou de Haïti, en grève avec occupation depuis plus de 10 jours, avec la CGT, la Ligue des Droits de l'homme, Femmes Egalité et Droits Devant, dans les bureaux de leur société de nettoyage, 138 rue du Chemin Vert, au métro Père Lachaise (Paris 75011) - et au-delà soutenir tout le combat des ouvriers grévistes pour les papiers et pour la dignité...

3- Lire, étudier, et faire connaître le véritable bilan des luttes de la période, tel qu'il apparaît dans "REBELLES, l'Histoire secrète des maos de la Gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit (1967-2008)", et tel que ce site s'efforce de le faire vivre dans les combats actuels

4- Et rester ainsi, donc, plus que jamais ENSEMBLE au cœur d'une RESISTANCE plus que jamais, selon le mot d'ordre des manifs pour la PALESTINE, "VOIE DE L'EXISTENCE". - ACTEURS DE NOS VIES - acteurs au sens de porteurs d'ACTES politiques EFFECTIFS, et non ACTEURS au sens de comédiens, de clowns, de menteurs professionnels, comme l'actuel et provisoire Président de la République et les autres pantins de la vieille politique dite "de démocratie représentative".

VIDEOS

DES

MANIFS

clic

ici

"Nous ne sommes manipulés par personne, nous sommes totalement indépendants des syndicats" (d'enseignants).

"Ce sont les lycéens, et uniquement eux, qui nous ont ouvert les yeux,

en particulier ceux

d'AUBERVILLIERS

(93)

d'où est parti

le mouvement"

(Alexis NICOLET, 17 ans, élève de seconde à Vaulx en Velin (Rhône), présidente de la FIDL)

 
RENAULT (DACIA):la grande victoire des ouvriers roumains, victoire pour nous tous aussi: clic ici

Mardi 16 avril 2008. Paris. Chaque jour qui passe nous rapproche du mois de mai, chaque manif des jeunes et de leurs profs, unis, contre les suppressions de postes et pour une EDUCATION digne de ce nom, DOTEE DES MOYENS NECESSAIRES, nous donne une nouvelle bouffée de joie et de confiance
"LES LYCEENS TOUJOURS PLUS NOMBREUX DANS LA RUE"

MOBILISATION. La mobilisation des lycéens, qui dénoncent les suppressions de postes enseignants, a franchi un cap. Leurs syndicats seront reçus aujourd'hui au ministère de l'éducation

"Hier, pour leur cinquième mobilisation nationale en moins de deux semaines, les lycéens étaient deux fois plus nombreux que mardi dernier entre 19 000 (selon la police) et 40 000 (selon les syndicats (...) Bien que sous tension permanente et marquée, sutout en fin de parcours, par des jets de projectiles sur les CRS et les gendarmes mobiles, la manifestation a été plutôt bien canalisée par le service d'ordre,interne, composé notamment de costauds de la CGT, de vigiles embauchés par les syndicats, et de "grand frères" des quartiers. (...)

"Dans le cotège de la contestation, on croise quelques milliers de profs, d'étudiants et de parents d'élèves, mais aussi et surtout la jeunesse de la périphérie, celle de Grigny, Massy, Enghien ou Aulnay-sous-Bois qui trouve sa place entre une poignée de cercueils portés par des hommes en noir sur lesquels on distingue:"Ci-gît l'Education républicaine". Aux premières loges du défilé, une rebelle des cités se prend la tête avec un syndicaliste à barbe blanche, "Casse-toi, connard, l'insulte-t-elle. "Et c'est pour ça que je me bats", maugrée l'homme à barbe blanche (...) "Parents, profs, élèves, même combat", "Moins de Rolex, plus de profs", "Heures perdues, collège foutu", "Oui au futur, non au futur antérieur", clin d'œil ironique à Xavier Darcos qui souhaite réintroduire ce temps pas si simple dans les programmes du primaire (...) Il y a aussi des militants (...) qui dansent sur un tube du chanteur engagé ivoirien Tiken Jah Fakoly, des anars en rangers, un fan de mode "bling bling" avec un sweat-shirt frappé du mot "RAKAILLE", et des beurettes d'un lycée professionnel de TAVERNY (Oise) qui s'enveloppent dans des drapeaux algérien et tunisien."On est fières de nos origines et de nos couleurs. Et puis, aussi, on ne veut pas être 40 en classe en septembre, on est déjà 35", s'exclame Zoubida, en remière année de comptabilité".

LE PARISIEN, vendredi 11 avril 2008 - Vincent MONTGAILLARD (extraits).

- Rien à ajouter, rien à enlever, dans ce récit d'un quoidien modeste, revenu de très loin, qui a fail le PARI d'une INFORMATION POPULAIRE DE QUALITE pour le GRAND PUBLIC CULTIVE, richesse de nos métropoles et de nos banlieues, et qui en perçoit les DIVIDENDES - alors que le prétentieux LE MONDE, en GREVE et sur le chemin de la FAILLITE malgré l'élimination des prétentieux "petits maîtres" du "cercle de la aison" et de la "pensée unique", MINC, COLOMBANI, PLENEL, se prépare à connaître le destin du TITANIC, et que LIBERATION, loin d'être tiré d'affaires malgré sa révolution contre le PITOYABLE JULY, décapité, reprend la marche arrière après un sauvetage à l'arraché.

 

Agrégé de lettres, donneur de leçons, et GRAND COUPEUR DE TÊTES DE PROFS DANS LES LYCEES, le lamentable DARCOS, ministre de l'Education Nationale - et poète agréable, dans le privé, pris en flagrant délit de NULLITE CRASSE, d'INCULTURE ET d'INCOMPETENCE.

Vu à la télé, video-souvenir accès par clic ici

   

- Lycées "dépouillés" par SARKO-LA RACAILLE -

SOURCE

DU GRAND

MOUVEMENT

DU

DEBUT

DU

PRINTEMPS,

AUBERVILLIERS (93)

REPART

A L'ATTAQUE

CE 14 MAI

"Mon lycée va craquer"..."Darcos: copie à revoir" "On va continuer après les vacances!" ce n'est pas nous qui le disions, mais l'excellent journal AUBERMENSUEL (ci-contre) dont nous nous sommes permis de reproduire la page, en en extrayant la photo d'IDRISS (17 ans), sympathiue gavroche à casquette en première année de mécanique auto au LEP Jean-Pierre Timbaud, un des 50 membres du "noyau dur de résistance" à la réforme du B.E.P., syndiqué à la FIDL, qui revendique avoir "essayé de bloquer l'entrée avec tous ceux qui sont motivés", a fait la grève un mois, et espère qu'aujourd'hui, de nouveau, "ça va bouger". Initiative originale prise en commun par les jeunes et les profs, une manif à Aubervilliers même, le 14 mai, veille de la grande mobilistion de relance du 15, sera-t-elle assez vigoureuse pour redynamiser un mouvement qui ne dvrait pas s'essouffler? On ne peut que l'espérer, en souhaitant aussi que la population de cette cité emblématiue de Seine-Saint-Denis, d'ancienne tradition "rouge" et combattante, terre d'accueil de toujours pour les immigrés de tous les continents, vivant en harmonie avec l'ancienne population de souche bretonne, beauceronne, auvergnate, lorraine ou normande, ne se contentera pas de faire bon accueil au défilé des jeues et de leurs profs, mais aura à cœur de s'y joidre, et de gonfler le flot d'un cortège organisé dans l'intérêt de tous.

 

Le mouvement de la jeunesse lycéenne contre la destruction de l'Education nationale, les suppressions de postes d'enseignants, avant tout en banlieue, et l'aggravation des conditions de travail dans l'enseignement technique, aura-t-il la force de repartir après les vacances de Pâques, en Île de France, et spécialement dans le "93", où il est né (à Aubervilliers, précisément) ?

Signe un peu inquiétant, les tentatives d'extension aux "zones" de province qui ne sont pas ou plus en congés, ne semblent pas, à ce jour, d'un impact suffisant.

Mais, à l'approche d'un quarantième anniversaire de MAI 1968, où tout annonce une puissante "convergence des causes", des mouvements collectifs des ouvriers privés de papiers de la restauration, de la sécurité, ou du BTP, organisés sous l'impulsion du superbe prolétariat d'Afrique noire, avec la CGT, soutenue par "Droits Devant", à ceux de la classe ouvrière la plus moderne et la plus qualifiée des emplois de haute technologie eux aussi menacés d'un "nettoyage au kärcher" (AIRBUS, sdérurgie lorraine), les conditions restent réunies pour une nouvelle vague de rébellion lycéenne contre la planification de l'échec scolaire que constituent les économies de bouts de chandelles, sur le dos des profs, et des élèves, du plan SARKO-DARKOS.

Echec scolaire qui, rappelons-le, avait été la source de la flambée de 2005, allant jusqu'à des incendies d'établissements jugés écoles de l'humiliation et de l'échec par les "sans espoir" à capuches, "desperados" de 12 à 15 ans poussés à une révolte aveugle par les insultes et les provocations de SARKO-LA-RACAILLE, et la mort horrible de Ziad et Bouna, électrocutés pour s'être réfugiés dans un transformateur, par peur de la POLICE AU KÄRCHER, lancée aux trousses de ces deux adolescents innocents.

La nouvelle génération de lycéens REBELLES, qui sont souvent (photo) des lycéennes, et portent souvent le keffieh, symbole du "soulèvement des pierres" d'une autre jeunesse du monde, cible, elle aussi, et elle d'abord, d'une politique d'épuration ethnique comparable, sur le fond, à celle qui ravage les territoires cyniquement abandonnés à eux-mêmes d'au-delà des périphériques, a su, en tout cas, jusqu'ici, prendre la relève des"desperados à capuches" de 2005: elle a pu le faire en décidant une fois pour toutes de "compter sur ses propres forces" pour prendre son avenir en main, notre avenir, et pour rouvrir les chemins de l'ESPOIR.

Force tranquille, elle a battu le pavé de Paris, de semaine en semaine - long fleuve paisible et gai de dizaines de milliers, filles et garçons, "renois", "gaulois", "rebeu", main dans la main avec leurs profs, eux aussi de toute origine, de toute opinion ou croyance, et de toutes les couleurs.

BELLE JEUNESSE DE FRANCE, fière, à juste titre, de ces premiers succès, et de l'absence de tout dérapage notable, à l'exception...du pillage d'une boulangerie par un groupe d' "ados affamés", écho, ou prélude, de ces "émeutes de la famine" qui secouent les pays encore dominés du Grand Sud - et dont rien ne dit que la FRANCE DE LA MISERE, où l'on compte les centimes, dès le 15 du mois, pour l'achat du pain et du lait, est à l'abri, prends maintenant le temps de réfléchir!

Nous comptons tous sur toi, nous te faisons confiance.

Pour le retour de Pâques, avec les travailleurs luttant pour l'emploi et le salaire - et les papiers... - avec les sans droits, les sans logis, les sans rien, qui ne sont plus des SANS ESPOIR, cette jeunesse est capable de nous mitonner UN MAI 2008 QUARANTE FOIS PLUS FORT ET PLUS UNI que celui dont les sexagénaires aigris ou vaniteux des vieux media ou de l'édition célèbrent, dans des livres minables et des émissions nulles - un QUARANTIEME ANNIVERSAIRE EN FORME D'ENTERREMENT, MAIS d'ENTERREMENT PEUT-ÊTRE PREMATURE, alors que le CŒUR BAT!...

- Lire en séquence spéciale: MAI (2008), mouvement lycéen, grèves ouvrières et manifestations dans le monde - dont les émeutes contre la FAIM, annonce de la FIN d'un MONDE "mondialisé", où la spéculation "sans patrie ni frontières", même sur le blé et le riz, affame les uns, tandis que les autres s'engraissent.

Dans un monde réel en plein bouillonnements où monte une GRANDE VAGUE, sachons être LUCIDES, c'est-à-dire OPTIMISTES.

Comme la jeunesse de FRANCE, insolente, bigarrée, multicolore, et TRANQUILLEMENT REBELLE, la jeunesse du monde s'est levée. Elle est debout (en chinois: "Fanshen".)

Et ceci nous annonce une ère nouvelle, en "rupture" - mon SARKO...- avec les diktats des SAIGNEURS DE LA FINANCE, FMI (DSK), OMC, Banque mondiale, etc. A l'image de grands pays autrefois humiliés, exploités, saignés à blanc, et aujourd'hui debout, en marche sur leur propre voie, comme le BRESIL, la CHINE (et désormais le petit NEPAL des MAOS intelligemment UNIS, contre l'archaïsme royal et féodal des affameurs, avec ce qui reste des vieux partis, de droite comme de gauche, ralliés à la lutte pour une démocratie nouvelle) le monde de ce début du XXIème siècle retrouve la démarche libératrice des splendides années 1960 et 70, avec l'idée d'un DEVELOPPEMENT AUTOCENTRE, DEMOCRATIQUE ET NOVATEUR, bien dans la VOIE CHINOISE DES ANNEES MAO, où la "souveraineté alimentaire" (Bové etc.) repose, de façon indissociable, sur la souveraineté intégrale de peuples et de nations libres - unis par des accords de coopération équitables et mutuellement avantageux...

Toutes ces nouvelles sont bonnes, elles sont liées, et elles sont vraies. Fin de la sinistrose.

CONFIANCE!

Editorial spécial

11 avril 2008

Jean-Paul CRUSE

Comme un amour perdu, et soudainement retrouvé, revenu...

Comme un voile de brume qui se déchire, ou se dissipe, libérant à la vue les contours du paysage, tel qu'il est, et non comme on pouvait le craindre, ou le rêver - et donnant accès au ciel, et au soleil...

40 ans après le printemps de feu de 1968, annoncé et lui-même libéré par les fusées éclairantes du Têt, nouvel an lunaire Vietnamien, nouvel an d'offensive, d'esprit de sacrifice poussé jusqu'aux limites ultimes de l'audace et de l'insolence, tout s'éclaire d'un coup, et s'illumine.

- Et c'est l'HUMA, redevenue journal du peuple, intelligent et clair (attention aux rechutes...), qui définit elle-même comme une "tourmente", la tempête qui fracasse les digues d'un vieux PCF sclérosé, à la veille d'un congrès de la dernière chance, sur la question du TIBET, qui est la questionde la CHINE, et donc la question de la souveraineté du peuple, des peuples, souveraineté en acte qui constitue "le mouvement réel qui abolit l'état actuel", essence, selon le barbu de Trêves à la barbe fleurie, du communisme...

- Et c'est dans le même lieu, au même moment, le sénateur trotsko-socialiste Jean-Luc Mélenchon, oui, Mélenchon, ancienne âme damnée de Dray, qui vient défier, sur son blog, repris et surligné dans la presse communiste, le lobby taïwanais, si proche du lobby tibétain, et de leur clone israélien, et donc refuse hautement de cautionner l'actuelle campagne de lynchage mediatique contre nos amis chinois, grand peuple frère en lutte pour son intégrité territoriale, morale et spirituelle, contre le séparatisme ethnique et ses "pogroms", oui, "pogroms", Jean-Luc emploie le mot, et signe...

- Et c'est, au même lieu, toujours, un jeune dirigeant CGT, digne des plus grands anciens (Sémard, Tillon, Frachon, et Krasucki), Bernard Thibault, le cheminot des grèves de 1995 dynamitant Juppé, qui analyse ce mois de mai à venir comme celui d'un printemps où "tous les ingrédients sont réunis pour des mobilisations d'ampleur. L'ambiance sociale n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était il ya six mois. Entre la refonte de la carte famille nombreuse, l'augmentation du gaz, la réforme de l'Etat, qui va conduire à la suppression de nombreux services publics, les mesures annoncées chaque jour (...) les conflits dans les entreprises, (...) cette semaine nous avons repris contact avec tous les responsables des organisations syndicales afin de jeter les bases d'une journée d'action commune en mai. Nous voulons travailler de façon unitaire, mais, si ce n'est pas possible, nous prendrons nos responsabilités" (Le PARISIEN, 11 avril 2008, p 4)...

- Et, ces "responsabilités", dans la perspective de quelque chose de très grand et de très beau, en ce mois de MAI 2008 d'un anniversaire qui n'aura rien de la commémoration funèbre fabriquée par la FRANCE moisie des livres pourris et des politiciens à la ramasse, voici que la JEUNESSE DE FRANCE, MULTICOLORE, GAIE, INDEFECTIBLEMENT REBELLE ET OPTIMISTE, venue des lycées des BANLIEUES VIVANTES, notre AVENIR, NOTRE ESPERANCE, commence elle-même à les prendre, combattant à l'avant-garde, soleil aux petites heures du matin annonçant de belles journées à venir.

- Mais ce n'est pas tout encore: annoncée, claironnée, répétée et re-répétée, au risque de lasser, dans ces colonnes-mêmes - et sans toujours convaincre...- l'idée que le monde réel a basculé, et que "L'HYPERPUISSANCE DES ETATS-UNIS, C'EST FINI", fait la UNE, désormais, de la presse américaine elle-même - avec la parution d'un livre solide et bien équilibré, celui du politologue PARAG KHANNA, chercheur à la New American Foundation, "The Second World: Empires and influence in the new lobal Order"(Random House).

- Courrier International en fait sa Une cette semaine, en donnant de très larges extraits. Lecture indispensable.

("Le jour où Robert Linhart ne s'est pas tu" - suite)

Emergeant sans difficulté, dans l'insigne médiocrité de la production éditoriale autorisée pour célébrer un quarantième anniversaire de mai 68 aux allures de cadavre traîné par des ânes sur un corbillard, un nom: Linhart. - Linhart, Virginie, fille de Robert, auteur d'un beau petit livre poignant et discuté "Le jour où mon père s'est tu".

On attendait, bien entendu, la réaction du père, le jeune philosophe brillant, meilleur élève d'Althusser s'élevant très vite bien au-delà du statut de disciple, anticipant, dès 1965, et l'effondrement de l'URSS et celui du PCF, avant d'aller, dès 1967, avec une délégation du bureau politique de l'UJC-ml, la puissante orgnisation de jeunesse issue, sous sa direction, de la moribonde Union des Etudiants Communistes (UEC), alerter l'ambassade de Chine sur l'imminence d'un mouvement de rébellion qui, en France, disait-il, contrairement à d'autres pays touchés aussi par le souffle de la "guerre du peuple", au Vietnam, aurait nécessairement "une forte composante ouvrière". Intuitions magistrales, encore renforcée par une autre anticipation, elle, purement, géniale, qui, dès le 10 mai 1968, dans l'atmosphère électrisée des barricades où le gauchisme ordinaire voyait la Révolution contre le Capital frapper aux portes de la France, stupéfia ses jeunes militants, survoltés,en leur annonçant que ces événements arrivant de façon prématurée, sans que leur jeune organisation marxiste-léniniste ait eu le temps de s'enraciner suffisamment dans les usines, les seules forces à en bénéficier, à terme, sur le plan politique, seraient les milieux de la bourgeoisie la plus atlantiste, aussi avides de porter un coup, si possible décisif, à ce qui restait alors du Parti communiste, c'est-à-dire pas rien, que d'en finir avec le gaullisme.

Quarante années plus tard, avec tout le recul nécessaire, de Pompidou en Giscard, puis de Mitterrand en Sarkozy, aujourd'hui, une lente autant qu'inéluctable dégringolade, démontrait la justesse, tragique, d' une analyse dont l'auteur ne pouvait sortir intact.

Injurié, traité de "malade mental", de "fou furieux", isolé, destitué, trahi par son second, Benny Lévy - rallié, lui, depuis aux charme des études rabbiniques en yeshiva, jusqu'à Jérusalem, et au soutien à Israël - Robert entamait alors une terrible traversée du désert - aujourd'hui seulement sur le point de se terminer...

Il a fallu que Virginie, l'une de ses deux filles, fidèle, à sa façon, au parcours d'exigence de ses parents, soulève un pan du voile, pour qu'on évoque de nouveau le nom de Linhart, et la personnalité attachante de ce grand intellectuel engagé, sans doute le dernier du XXème siècle, que nous fûmes un jour deux, sa deuxième épouse brésilienne, Anna-Maria, rencontrée dans l'Alentejo portugais soulevé par la réforme agraire, en pleine "révolution des œillets", et l'auteur de ces lignes, à assister, perdus, sur le sol carrelé de leur cuisine où un jeune médecin militant, acharné, puisait dans ses toutes dernières énergies pour faire revenir à lui, et à la vie, par un massage cardiaque en force poussé aux toutes dernières limites de l'épuisement, l'homme abattu par une cruelle maladie, venue aggraver ce qui n'avait jamais été un désespoir total, et dont personne ne saura jamais combien de minutes son cœur avait cessé d'irriguer le cerveau, avant que la jeune mère, partie une demie heure emmener la petite Clara à son école, ne le retrouve à terre à son retour, et n'appelle le médecin, d'abord, puis moi.

Depuis, le tout-Paris du repentir de mai et tous les petits "kapos" de la milice de la pensée unique - sans omettre l'éminent BHL, grand ordonnateur de l'ombre des funèbres cérémonies du quarantenaire - avaient décrété la mort de Robert Linhart - sa mort politique définitive, s'entend, puisque au mal traité par la médecine il avait survécu.

"Fou furieux", donc - crime de clairvoyance... - "épave" à peine survivante, "loque humaine".

Et la messe était dite, et la malédiction, conclue.

Seule une poignée de proches, et une partie du cercle de famille, considéraient encore l'auteur de plusieurs livres majeurs, écrits à partir du milieu des années 1970, et traduits dans toutes les langues, dont "Lenine, les paysans, Taylor", condensé d'une thèse fulgurante sur les racines les plus enfouies de ce qui allait devenir l'échec de la première révolution prolétarienne, "Le sucre et la faim" (Brésil...) et le plus connu, "L'Etabli" - récit dense, lumineux, et sobre, de l'expérience du travail à la chaîne et du militantisme dans la pire des usines d'un "chef" digne de ce nom, homme d'honneur qui n'aurait jamais envisagé d'envoyer les autres "au charbon" sans payer de sa personne, lui-même, et qui avait été s' "établir" chez Citroën immédiatement après 1968, et la curée lancée contre lui...

Virginie Linhart, donc, dans son livre consacré aux "fils de...", fondé en grande partie sur sa propre expérience familiale, ne garde nulle aigreur d'une période, pour les enfants comme pour leurs parents, difficile, au cours de laquelle elle vit un jour le ciel lui tomber sur la tête aves l'apparent emmurement de Robert, ce père trop souvent absent, tout à la politique, que pourtant elle vénérait, dans un interminable silence politique, devenu drame familial. Elle dit ce qu'elle a vécu, sans fard, avec émotion - et le lot d'erreurs, grandes ou petites, dans pareille entreprise inévitable.

A la tribune de la salle Monnerville du Sénat, ce 16 juin 2008, où Raphaël Sorin et son ami Pascal Aubier nous avaient conviés à dialoguer sur mai, devant une petite salle attentive, où l'on notait avec plaisir la présence, notamment,de Valérie Lagrange, Virginie, parlant "sous le regard du père" (présent, à la surprise de certains, mais pas de tous, dans la salle), a tenu à souligner avec la plus grande netteté ce qu'elle estime devoir à l'engagement de ses deux parents, n'ayant nullement écrit, contrairement à certains commentaires fielleux, un livre de règlement de compte des "enfants du mois de mai" avec ces satanés "soixante-huitards", pour qui l' "amour du peuple" surpassait, certes, tout autre - même les plus proches des plus proches, et les plus chers des plus chers.

Robert serait-il là? Si oui, allait-il sortir de son réel ou supposé silence? Si oui, qu'allait-il dire?

On eut la réponse de la façon la plus naturelle, la plus rapide, et la plus simple. Assis discrètement au fond de la salle, et levant doucement le doigt, comme dans une "A.G.", pour "prendre la parole", il se contenta, dans un sourire plein d'affection pour celle qui, portant son nom, lui succède dans le statut d'écrivain, d'esprit indépendant et libre, d'évoquer une anecdote d'un fameux voyage en Chine, où les jeunes rebelles français avaient été reçux, dès 1967, par le Président mao lui-même et les autres dirigeants de l'époque...Comme s'il n'était venu là, dans cette salle du Sénat, que pour un malicieux "coucou, je suis là...Je ne suis pas plus mort que fou, en tout cas pas plus que vous"

La grande voix de Robert s'était tue, oui, longtemps. Longtemps: pas pour toujours. Emmuré volontaire, ou protégé, plutôt, de la barbarie et des barbares, par la "muraille de Chine" qu'il lui avait bien fallu édifier, il s'était protégé, sauvant sa peau. "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort", aime répéter le capitaine Barril, qui en connaît un bout sur le sujet, citant Nietzsche. - Resté vivant, c'est l'essentiel, et donc, plus fort, porteur de longue mémoire et de merveilleux savoir, Robert Linhart, aiguillonné, sans doute, entre autres, par l'exemple et le défi de sa fille, n'a pas fini de (re)"prendre la parole" - et de nous étonner, encore, (de ce verbe construit à partir de "tonner", comme la foudre "tonne"), par la fin de son silence..

Et que ceux qui ne liraient ici que vœu pieux, prophétie à bon marché, ou mièvre niaiserie, se souviennent de ces lignes écrites le 18 juin 2008.

Jean-Paul Cruse

marteler les mots en martelant du poing la table, doucement, avec retenue, qui était la sienne,déjà, "dans l'Île", quand il s'agissait de monter surun meuble, de gueuler contre l'augmentation des tarifs de la cantine du C.E., après ceux du ticket de métro, et de lancer: "on mange, et on ne paye pas!". Juste avant que se déclenche une homérique bagarre...

C'était le temps des maos, le temps où dans les cafés du Bas Meudon ou de Boulogne, sans parler de Billancourt, ou de Gennevilliers, banlieue cousine, quand un patron plus raciste que les autres, ou seulement plus imprudent, refusait de servir un noir ou un arabe, "on revenait à 50, on commandait 50 cafés, sans les payer. "Tu peux appeler les flics"...En sortant, on disait: "On peut revenir..."

 

"Dans nos pays, dit-il, c'était la dictature,c'était la peur, et c'était la prison...A l'usine, à partir de 68, on a commencé à voir de jeunes étudiants, des élèves-ingénieurs et même des architectes, qui venaient pour nous aider à lutter...Sur la Palestine, aussi, on a fini par avoir des Comités Palestine partout, quatre ou cinq ouvriers par atelier...Ensuite, il y a eu la bombe qui a tué notre ami Mahmoud Hamchari, représentant del'OLP à Paris...Beaucoup de maoistes ont été arrêtés, pour freiner le mouvement...Ils ont fait des grèves de la faim, en prison...Beaucoup d'immigrés portugais, italiens, algériens, ont été licenciés de l'usine...Puis il y a eu les luttes des Sans Logis, Boulogne-Billancourt, Gennevilliers, Nanterre...On louait des camionnettes de déménagement, on venait à 20 les installer en force, et on restait pour les défendre...Je me suis un peu occupé d'un foyer Sonacotra, aussi..."

La mémoire du vieil O.S., spécialisé peinture, qui, licencié de Billancourt en 1978, a continué à travailler et à lutter, depuis, d'usine en usine - se brouille un peu. A l'image de Benny Levy, le chef mao devenu renégat, sioniste, et mort à Jérusalem, "qui a bousillé tout l'argent de Sartre" se superpose celle de Bernard-Henri Lévy, fils du bois tropical, lui, et pas de la banque égyptienne, et du coton, qui joua son rôle, en coulisses, et portefeuille aidant, dans la Grande Trahison de la mi-1970.

Hadj se souvient des grands intellectuels, les vrais, venus aider les ouvriers, finançant le mouvement, Maurice Clavel...

"La lutte, c'est très dur, dit-il, amical, mais sincère aux "petits jeunes de l'Agen", qui l'ont invité, et qui le savent...Il faut du temps, ce n'est pas facile, et ça ne vient pas comme ça...A l'époque, nous les immigrés, on souffrait pour le logement (10 par chambre), pour les papiers, mais il y avait du travail...Aujourd'hui, c'est la peur... Peur de perdre son travail, sa femme, son appartement...- C'est la peur: mais quand tu pars en guerre, il ne faut pas avoir peur de perdre ta vie, ta femme, ou ton appartement...Notre force, c'est qu'on était soudés. On était une famille. Si tu n'as plus de logement, plus d'argent, plus de femme, cette "famille" va t'aider, on le savait..."

"Pour faire avancer la lutte, poursuit Hadj, oncentré, voix douce, poing martelant la table, mais doucement, "il faut aller chercher les gens, où ils sont...ça se fait devantles usines, les foyers, les facultés, les écoles, dans l'aide aux parents d'élèves, aussi...Il y en a qui touchent 600 euros par mois, et même les pâtes, maintenant, coûtent très cher...En 2009, il va y avoir une grande misère, les gens seront obligés de bouger...On n'attend pas que les gens viennent, il faut aller les chercher...Laissez tomber pour les diplômes, ça ne sert plus à rien aujourd'hui...Quand on est jeune, il faut en profiter pour aider les autres...A 50, on peut prendre une ville comme Nanterre...A Colombes, on l'a fait...Je préfère la gauche aux autres, même les salopards de gauche...A force de distribuer des tracts, j'ai eu les pids enflés, j'ai tout de même un certain âge, maintenant - 65 ans - mais je sais comment il faut faire..."

Avant le veil homme toujours debout, sur ses vieux "pieds enflés", plus "Hadj" (sage, ou saint, comme on veut), que jamais...), Romain, mao de l'Agen, avait lancé le débat en quelques mots. Mots d'hommage, réfléchi, à ceux de la Gauche prolétarienne, "qui ont fait beaucoup d'erreurs, sans doute, et qu'il ne s'agit pas d'imiter, mais dont il faut étudier l'expérience, porteuse des deux principes de base du maoisme, "servir le peuple", et "oser se révolter", et dont tous les livres parus sur 68 disent du mal, ça ne peut être un hasard, tandis qu'il n'y a pas un mot contre les trotskistes... Le NPA, aujourd'hui, veut clore toute cette histoire, l'enfouir, et la faire disparaître..."

Après parla le vieux Pierrot, un de ces nombreux "prolos" de la GP qui refusèrent de "décrocher", en étant tout bonnement incapables, comme Hadj, Houcine, "Sergent-chef" ou Sadok. Pierrot, le seul, ou presque, à croire que "la solution" était de créer, comme ça, une "nouvelle Cause du peuple", puis un "Parti Communiste maoiste", construit sur du papier, doctrinaire, légal, et légaliste, fidèle à la mémoire du vieux temps mais incapable, apparemment, de libérer des énergies nouvelles "au feu de la pratique"...

Après le débat, devant un bref sandwich, et trop peu de vin rouge - pour ceux qui en boivent - "Hadj" demanda des nouvelles de tout le monde, en général, et de Rémy le Corse, en particulier - ainsi que de Rosine, une de ces juives antisionistes brunes au regard de feu qu'aimaient et qu'aiment les combattants jamais devenus "anciens combattants" de l'usine Renault deBillancourt.

Il n'a plus - outrages du temps - la longue chevelure flamboyante qui, sur un corps d'athlète, impressionnant, faisait de cet O.S. du "cinquième étage-peinture" de l'Île Seguin, à l'usine Renault de Billancourt, le Vercingétorix arabe de la révolte des O.S. opprimés de l' "usine du Diable".

Mais il a conservé sa foi - prolétarienne...- d'homme venu d'ailleurs, en général, et d'un pays de cruelle dictature, en particulier- dont peu ont connu ou connaissent le nom et le prénom. Et cette façon de (suite à g sous la photo, clic ici)

Video: Hadj parle.

Clic ici

(Reportage: Fehd 93)

 

 

REBELLES

-L'histoire secrète des maos de la gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit

(1967-68/2008)

(suite)

VI
Guerre secrète à Libé

(1977-2006)


- 3 novembre 1981. « Allo...C'est Gilles...Dis-moi, Jean-Paul, il y a un truc qui m'ennuie un petit peu...Je viens de croiser Jean Glavany, à l'Elysée...C'est un copain. Il m'a pris dans un coin. Il m'a parlé de toi...Enfin, de l'attentat contre ce navire de guerre britannique, sur le port de Nantes, chez toi. Un truc plus ou moins lié à la grève de la faim de Bobby Sands…" - Selon les propos de l'homme du Président, tels que me les rapporte mon interlocuteur, la DST aurait fait savoir à qui de droit que "le correspondant de Nantes de Libé", "noir comme du charbon" (bien chargé, dans leurs fichiers), se trouvait sur les lieux de cet attentat à l'explosif, très vite, au petit matin, tôt...Avant même que l'info ait été donnée à l'AFP, et aux radio..." Il aurait partie liée avec le commando..."- "Vois ce qui se passe, Gilles, aurait poursuivi Glavany, "dis à July de faire gaffe, et tiens-moi au courant... ».
Gilles Bresson, qui me passe ce coup de fil, est un gentil garçon. Chargé des reportages sur les luttes ouvrières et paysannes dans l'ouest, c'est lui qui est venu me chercher, vers 1976-1977, "de la part de Serge". A l'époque de Dubigeon, de Cheix-en-Retz, de La Vigne Marou, Mésanger, et du Pellerin. Il voulait me faire intégrer la rédaction de Libération.
Peu attirés par un quotidien de tous les combats replié vers l'apologie de "toutes les marginalités", avant de devenir celui de tous les pouvoirs, à commencer par la gauche "Vichy rose", triomphante, de cette année sans grâce (1981), les maos de Nantes qui avaient décidé de "continuer" y voyaient l'instrument de la liquidation de la G.P., et l'outil d'un "recentrage" politicien, aux couleurs, sales, du reniement...
Pour y donner tout de même un peu d'écho aux luttes ouvrières et paysannes de la région (où nous étions, pour la plupart, restés intégralement immergés) j'y "pigeais", tout de même, à l’occasion - en marge de mon emploi d' "animateur" salarié des Paysans-Travailleurs, de la rédaction de l'hebdo né de l'A.P.L., Les Dits de Nantes, et de notre "travail de masse" dans le cadre du puissant mouvement populaire contre le projet de Centrale Nucléaire au Pellerin, ainsi que dans diverses usines...Du coup, je pilotais Bresson, quand il passait. Il avait, au départ, une vraie fibre sociale - qui allait se perdre, hélas, avec son passage à la rubrique politique.


Que Serge commence à regretter, déjà, cette décision d'embauche d'un "correspondant de Nantes" atypique (que lui a en fait suggérée, le numéro 2 de la N.R.P., Maurice Brover ("Momo") devenu le numéro 1 depuis le reniement de Rolin), j'en suis parfaitement informé, je peux le comprendre – et je m'en bats l'œil.
Il n'avait qu'à réfléchir avant. C'est son problème.
Gêné par la montée en puissance, autour de lui, d'un clan de bureaucrates venus de la "gauche syndicale" de l'UNEF, en passant par les "Cahiers de Mai", July s'est servi de ces gens-là, qu'il connaît bien, pour éliminer la plus grande partie des maos du journal.
Mais il a peur de ses nouveaux alliés, maintenant.
Ils ont fait rentrer nombre de leurs amis. Ils tiennent quelques leviers. Et leurs manœuvres de couloir s'intensifient.
Trop pressés, selon celui qui entend devenir et rester durablement le "patron de Libé", ils veulent dès maintenant jeter le journal dans les mains de la tendance la plus "moderniste", néo-capitaliste, du Parti Socialiste, autour de Rocard et du secrétaire général de la CFDT, Edmond Maire, bientôt relayé par Chérèque-père, influents "amis du journal"...


Quand July renforce son aile gauche - et se fait plumer, comme un canard...


Sur le fond, July n'a rien contre cette dérive.
Mais il veut rester le maître, et pas devenir le domestique d'un "P-dg-actionnaire" mis en selle par une frange socialiste dont il n'est pas encore sûr que c'est la bonne - là-dessus, il ne se trompe guère...
Courant 1977, donc, il envisage un "coup de barre à gauche".
Il cherche quelqu'un pour l'incarner: un journaliste d'esprit indépendant, "qui sache enquêter, et écrire", qui ait du caractère, autant que de la "bouteille" - et pas trop éloigné de l'axe "mao" du Libération des origines.
Il demande donc conseil à "Momo"- à qui l'attache un double lien, assez étrange.
C'est "Momo", en effet, qui lui a succédé dans le cœur d'Evelyne, son épouse légitime, devenue de ce fait son ex. Puis le "briseur de ménage" est redevenu son rival, et son vainqueur dans un second match, coexistant avec lui sans complètement, cette fois, le supplanter, dans de nouvelles attaches avec une autre femme de caractère, devenue "contremaîtresse" au journal (petite-chef, cinglante...).
C'est donc à son quasi "beau-frère" que Momo a conseillé de regarder de mon côté. Serge, qui a la mémoire de ses fascinations successives, même si l'une chasse l'autre, se souvient parfaitement du marché de Montrouge, et du bassin des poissons rouges d'Ulm - parmi d'autres choses. Il n'ignore pas que je me suis dressé contre la décomposition des maos, donc aussi contre lui, aux "Chrysanthèmes", et depuis.
Mais "la guerre civile", imminente, thème de son premier livre, en 1968, pour lui, c'est du passé. C'étaient des mots, ce sont des mots - un paillasson pour s'essuyer les pieds, dans une patiente escalade vers les escaliers du pouvoir, les jolies femmes crédules, les smokings et les gros cigares. Au même titre que les "actions de partisans", préparant "les soulèvements populaires, puis la lutte armée", les grèves, les usines en lutte, la solidarité populaire et les combats de rue - sans oublier la "juste" "haine de classe", "prolétarienne", contre les pratiques sado-maso ô combien fascinantes et peut-être ou peut-être pas criminelles du notaire gros mangeur de viande fraîche de Bruay...
"Bougiste" compulsif, impénitent, confondant mode et tendance, et sautillant frénétiquement d'un "must" à l'autre, Serge ne parvient pas à seulement imaginer que tout le monde ne soit pas comme lui, qui "zappe", en permanence, fasciné par tout ce qui vibre et brille - comme un gros poisson stupide, bouche béante, entre insectes et hameçon...
Devenu journaliste, "Polo", pense-t-il, fera "comme tout le monde". Il prendra le pognon, les notes de frais, les belles fréquentations, et "finira par se calmer". En attendant, il sera un contrepoids utile aux "droitiers" du journal, qui se font "lourds" et, comme il le dit lui-même dans le langage vulgaire qu'il affectionne, commencent à le "brouter".
Sans se "calmer", ô, certes, mais sans s'énerver non plus, et en prenant son temps, l'instrument supposé de sa subtile manœuvre va faire de son mieux pour répondre, effectivement, à son attente. Au-delà de ses espérances, même..


Il voulait un "contrepoids", plus militant, plus offensif, et "plus à gauche". Il l'aura.


Courant 1979, une longue série de reportages sur les luttes paysannes, les métallos des chantiers navals Dubigeon saboteurs de parcmètres, les "enfants fous de Kerlédé" (cité de Saint-Nazaire), et même les manifestations amphibies de soutien aux prisonniers politiques d'E.T.A., nos amis, exilés à l'Île d'Yeu, etc., ont assis la réputation, dans le journal, du nouveau "correspondant permanent" de Nantes - qui semble ranimer la flamme vacillante du tout premier Libération.
Le "journaliste de Libé", incontestablement et administrativement journaliste, exhibe maintenant, sourire aux lèvres, sa carte de presse bleu-blanc-rouge, toute fraîche, en marge de manifestations houleuses. Les policiers locaux, désabusés et ironiques, ne perdent plus leur temps à la contrôler, mais restent convaincus que le porteur de ce talisman protecteur, qui se tient ostensiblement à l'écart des "fauteurs de trouble", parfois même dans les rangs des forces de l'ordre, avec un énorme appareil photo, un Canon, muni d'un ostensible zoom, en général approvisionné, mais purement symbolique, y prépare toujours, sous sa couverture d'observateur salarié, des "dérapages" calibrés au millimètre, ou autres "coups tordus"...


1979, donc. Le moment semble enfin venu, donc, de passer aux choses sérieuses.
Libération ralentit, et entre dans une phase de stagnation, qui, financièrement, signifie pour lui "zone rouge". Le journal s'équilibre encore, de justesse. A part les souscriptions, et le produit de quelques petits hold-up, recyclé dans le "journal des libertés" par quelques marginaux naïfs au grand cœur (qui commencent à le le regretter) le journal tient toujours sans aucun apport de capitaux extérieurs et sans pub. Il est libre. C'est un "principe fondateur". C'est à dire, pour July, Marc Kravetz et toute la bande, unis maintenant sur la même tactique, une "rigidité" gênante, un vieil a priori sans valeur bon à être renvoyé au magasin des accessoires hors d'usage - mais le moment venu, seulement, dans un cadre théâtral, dramatisé à souhait, en comptant sur une savante "intox" bien préparée dans les couloirs, débouchant sur un de ces accès de panique qui jette régulièrement l' "équipe", ou ce qu'il en reste, dans un précipice à moutons de Panurge...


A l'extérieur mais est-ce encore l'extérieur? - quelques "amis du journal", par ailleurs hommes d'affaires, dont l'homme de haute culture à la vue longue qu'est Jean Riboud, époux d'une belle Indienne de sensibilité communiste, apparentée au grand poète Rabindratah Tagore, et le généreux mécène des "ex-UNEF" Christian Blanc, futur député U.D.F., puis U.M.P., patron de la RATP, d'Air France, et néo-sarkozyste en 2008, attendent que l'oiseau leur tombe tout rôti dans la bouche...


"Bande des Quatre"

rue de Lorraine


En 1979, rue de Lorraine, dans le quartier populaire du XIXème arrondissement de Paris où siège Libération depuis sa naissance, l'approche des Présidentielles de 1981 fait saliver les anciens "jeunes gens en colère", devenus, à l'approche de la quarantaine, des Rastignac pressés. Une longue série d’A.G. de crise, tumultueuses, accouche de l'élection à l'unanimité d'une « Bande des Quatre »: un « directoire provisoire" du journal.
Chacun de ses membres, détaché, s'il le souhaite, du travail journalistique au quotidien, doit travailler aux éléments d' "un projet de relance" - une "dernière chance", avant bien d'autres...


Les "Quatre" sont July, qui domine alors son sujet, Marc Kravetz, Gilles Millet, et moi-même.


Ce deuxième Gilles est lui aussi un bon copain, mais surtout un ami politique - anti-liquidateur, ou, comme on dit alors, "tendance Veuve mao"...
Même s'il a abandonné, dit-il, lui, toute activité militante, sa pratique journalistique réellement engagée, courageuse, originale, est restée, sur le fond, progressiste. Elle lui vaut de larges sympathies à l'intérieur de la rédaction, et bien au-delà, spécialement dans les milieux du grand-banditisme, dans la mouvance d'Action Directe, chez les Arabes et chez les Corses, milieux au sein desquels il a été un des tout premiers journalistes professionnels à s'immerger, gagnant des sources précieuses, durables, et la confiance.


Gilles constitue un des deux "pôles progressistes", au sein des "Quatre" - ce qui traduit un rapport de force appréciable dans l'ensemble du journal. En compagnie de Frédéric Laurent (ancien mao de Nice, et futur secrétaire particulier de François de Grossouvre, l'homme des affaires secrètes de l'Elysée) alors sur la même longueur d'onde, il a sablé au champagne, l'exécution de Tramoni, devant un July blanc de rage (et de trouille). - Et c'est un de ses copains de lycée de la "bande de Melun", Maurice M., devenu photograveur professionnel, et membre discret, donc - selon des sources crédibles...- de la puissante CGT du Livre, que la Brigade criminelle chatouillera, quelque temps, au cours de l'enquête. On lui reprochera d'avoir détenu une arme qui pourrait être celle du passager de la moto du "commando de la mémoire" de Limeil-Brévannes, en 1977 - mais s'avérera, selon l'enquête officielle, ne pas l'être...


En bons termes personnels, étrangement, avec Gilles Millet, Marc Kravetz, avec sa belle voix de bronze, dont il use et abuse, et une "tronche" originale, qu'il juge, personnellement, "superbe", vit dans un perpétuel dilemme. Il n'a jamais pu savoir s'il préfère s'écouter parler, se regarder dans la glace, ou se délecter des délicats effets, toujours un peu trop appuyés, de sa propre écriture.
Cet ancien magouilleur de l'UNEF, passé par les estimables "Cahiers de Mai", doté d'une jolie petite plume, se rêve depuis toujours en Albert Londres; voire, quand il s'est trop poudré le nez, en Malraux...
De l'ancien aviateur antifasciste de la guerre civile espagnole, devenu maquisard en Dordogne, puis ministre de la culture du général De Gaulle, auteur de l'immortelle apostrophe, "Entre ici, Jean Moulin...", au Panthéon, et de quelques grands livres - "L'Espoir"...- , Marc a, entre autres péchés mignons, une tendance à l'emphase. Mais, chez lui, elle tourne neuf fois sur dix à vide.
Très logiquement, il mendie depuis toujours le titre ronflant de "GGGrand Reporter" - et les notes de frais qui vont avec...
Mais pour entetenir ce genre de poules de luxe, il faut de l'argent, et donc, "un vrai journal", avec "de vrais capitaux", et, au final, "un vrai patron"..."En toute indépendance", bien sûr: l'indépendance n'étant, selon ce hâbleur impénitent, dérouleur de sophismes à la chaîne, rien d'autre que ce dont se réclament, verbalement, tête droite, et regard haut levé vers un horizon glorieux, creux, les "vrais journalistes" - cette élite rare de surdoués de la métaphore ronflante, de l'écriture ampoulée, et du "reportage à l'américaine" dont, pense-t-il, il est "un des meilleurs".
Séducteur roué, quoique un peu sur le retour, amolli par l'abus de substances oniriques connues aussi pour leur éphémère effet Viagra, ce bon manipulateur d'A.G., est servilement appuyé par les "sous-marins" des réseaux que tisse inlassablement son "commissaire politique", le tortueux Péninou, garçon plus laborieux mais (sans doute) plus honnête, issu de la même filière. Ils sont les deux porte-parole de l' "aile droite" du journal, à les entendre le camp "réaliste", "pragmatique", et "moderniste", qui donnera à Libé "les moyens de se développer sans se vendre". Ils exercent une pression permanente sur July qu'ils jugent, sur le fond, de leur côté, mais mou, veule, lâche, et louvoyant, ce qui est un fait certain, en fonction des rapports de force...
Derrière eux s'agglomère la faction la plus pressée de "réussir", et, croyant que les voies du vrai pouvoir sont là, la plus avidement pro-capitaliste, pro-américaine, et pro-israélienne...
Marc, avec qui je m'efforce de conserver des relations diplomatiques, courtoises, a choisi son ennemi. Il sait qu'il me faut du temps, pour structurer un camp encore faible. Il me provoque en permanence. Il cherche à me faire sortir de mes gonds, à m'isoler des trois autres membres de notre "Bande des Quatre", et de la majorité, donc, du journal. Il m'accuse d'être "trop rigide", sur de trop anciens "principes". Et je n'ai pas d'autres ressource que de les écrouler de rire, tous, au cours d'une solennelle réunion de la "Bande", en lui répondant, l'air profondément réfléchi, impassible et hiératique comme le grand mandarin rouge Zhou Enlaï, mon modèle, que "même si nous avons tous appris, modestement, de nos excellentes camarades féministes, à combattre le "machisme" et le phallocentrisme, il y a des domaines, tout de même, où un minimum de rigidité reste un adjuvant agréable - à défaut d'être systématiquement indispensable."
Il rit, comme les trois autres, et se repoudre un peu, pour donner le change...Bref, nous rompons quelques lances, mais rien n'avance, ce qui est en fait son objectif. Il joue la crise, donc la montre, et notre "bande" s'enlise...Sans grand succès, j'essaye d'ouvrir quelques pistes de débat sur le fond; et d'inciter Gilles (Millet), voire, derrière lui, Serge (qui balance entre Marc et nous) à offrir un minimum de résistance aux charges frénétiques des partisans d'un "recentrage" pseudo-réaliste - qui ne peut finir, pas besoin d'être Madame Soleil ou Kang Sheng pour le sentir, que dans les mains d'un quelconque Rothschild...

Mais en ce mois de novembre 1981, quand Bresson me fait part de ses soucis d'habitué des couloirs de l'Elysée et de leurs rumeurs chuchotées dans les recoins, la "bande des quatre", comme nos histoires de "principes", "rigides" ou pas rigides, n'est plus qu'un souvenir. Elle a explosé en vol.
Après avoir lâché une dernière salve de rupture, sous la forme d'un texte de "projet", franchement loupé, le "préfet de Nantes" est "reparti sur ses terres" - comme l'écrit l'acide et pertinent chroniqueur des Frondes obscures de la rue de Lorraine, dans une spirituelle "chronique d'Abgar."
Chacun a abattu ses cartes.
Les rapports de force sont là. Ils sont clairs. Et plus la peine de se soucier des rougeurs qui empourprenr jusqu'au cramoisi absolu les joues, molles et grasses, déjà (abus de sauces riches et de vins chers dans les restaurants chics...) de Serge July, ni de ses éventuelles colères, ni de ses inévitables menaces - sur une peau tannée, elles glissent...
Mais je ne veux pas faire de peine à Gilles (Bresson).
Je lui réponds donc gentiment, sur cette histoire de bombe, et de navire de guerre anglais, feignant le plus vif souci,
et je me rends, dare-dare, sur le port de Nantes - où je m'étais, bien sûr, gardé de mettre les pieds, ce matin-là, restant à la maison à l'écoute, patiente, de la radio...


- La "CGT-Libé terroriste" et les "nageurs de combat" maos du port de Nantes

(suite dernière colonne de droite,

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- VIE CHERE: ON S'ORGANISE! -

Les yaourts du

ras-le-bol

"On jugeait les Robin des bois du yaourt vendredi, à Douai. L’histoire commence quelques jours avant Noël 2004. Sept paysans du Nord prennent d’assaut Nestlé. Une attaque en douceur à l’usine de Cuincy, près de Douai. Ils lèvent la barrière de sécurité, se dirigent vers le hangar des yaourts prêts à partir. Ils remplissent en dix minutes leurs voitures de profiteroles, de yaourts aux myrtilles et de desserts à la vanille, et filent sur l’autoroute vers le quartier populaire lillois du faubourg de Béthune. Là, ils distribuent leur butin aux pieds des barres d’immeubles, et leurs tracts signés Confédération paysanne.

Ce qu’ils disent ? Que c’est «le pot de terre contre le pot de fer».
Qu’ils sont pris à la gorge par un prix du lait trop bas, et prennent à témoin le consommateur :
«même quand les prix du lait sont bas, les yaourts sont chers. Par contre, quand nos prix montent, là, la grande distribution le répercute sur le consommateur», résume Antoine Jean, éleveur, devant le tribunal correctionnel de Douai. A ses côtés, Jean-Michel Sauvage, Elisabeth Darras-Ternoy, Gabriel Dewalle, Patrick Lallier, Bernard Coquelle, Hubert Caron.
(...) Corps rudes, mains raides, ils racontent, se décrivent, «père de famille», «mère de famille», «syndicaliste», même «chrétien» dit Bernard Coquelle, un grand sec sous sa touffe de cheveux noirs. «En tant qu’homme et en tant que chrétien, je n’accepte pas que la richesse aille toujours dans la poche des mêmes.» Elisabeth Darras : «Ça fait trente-deux ans qu’on livre du lait à Cuincy. Avant ça s’appelait La Roche aux fées, Chambourcy, maintenant Lactalis-Nestlé. (...) Ce matin, avant de venir, j’ai trait quarante vaches. Et ce soir quand je vais rentrer, je vais les traire aussi. Quand les prix baissent, (...) soit on baisse les bras et on arrête. Soit on se révolte. (...)Ma ferme m’a permis de vivre et d’élever mes enfants. J’aimerais pouvoir la transmettre à quelqu’un.» Elle gagne 1 040 euros par mois.
Patrick Lallier vit sur le salaire de sa femme infirmière. Un autre gagne 700 euros par mois. A l’époque, les éleveurs vendaient leur lait 28,5 centimes le litre, contre 31 trois ans plus tôt. Ce n’est pas Nestlé qui fixe le prix, mais une commission dans laquelle la Confédération paysanne ne siège pas. Jean-Michel Sauvage : «Si les pots de terre s’unissaient, on pourrait vivre de notre travail.» (...) Producteur de porc, il montre des barquettes de lardons achetées à Leclerc. «Le lard, je le vends à 2 euros le kilo à Caby, filiale de Nestlé. Leclerc le vend à 9,60. J’estime que 5 à 6 euros vont dans la poche des actionnaires.»


«On s’est pas levé un matin en disant "On va aller voler Nestlé"», dit Gaby Dewalle. Avant, il y a eu des blocages de site. Il est même allé à Vevey, en Suisse, au siège : «Les vigiles m’ont blessé les mains à coups de matraque, j’aurais dû le faire constater par un docteur.»

Est-ce du vol ?

«On a prélevé des yaourts, et on les a emmenés sur Lille. C’était symbolique.(...) C’était l’équivalent de ce que Nestlé avait volé à un éleveur, sur un an. C’est tout petit.(...)Liliane Bettencourt, de L’Oréal, a 5 % des parts de Nestlé. En dividende, c’est 70 millions d’euros par an. Voilà les voleurs.»(...)Nestlé réclame 5 000 euros pour les yaourts, 5 000 pour la désorganisation de l’usine. Et le paiement des frais d’avocat. Me Emmanuel Riglaire, pour la Confédération paysanne, demande la relaxe, au motif que les «voleurs» ne se sont pas enrichis".

La procureure a requis la relaxe pour Jean-Michel Sauvage qui n'est pas entré dans l'usine et n'a pas distribué les yaourts. Et pour les autres 1 000 euros d’amende. Jugement le 30 mai.
( - Un article-canon de Haydée Sabéran, LIBERATION 26/04/2008 (Extraits)

 

DIALOGUE DE SOURDS AU MINISTERE

"Hier, les représentnts des deux principaux syndicats lycéens étaient reçus par le ministre de l'ducation nationale, xavier DARCOS. "On n'a pas eu de réponses concrètes, ni concernant le bac pro en 3 ans, ni concernant les suppressions de postes, expliquait Alix Nicolet, présidente de la FIDL, à l'issue de l'entretien. "On n'a pas parlé en termes de chiffres." "Les lycéeens ont sur faire preuve de responsabilité, selon le président du premier syndicat lycéen, Florian Lecoutre. "L'UNL attend que le ministre fasse de même.

"On continue la mobilisation mardi, a prévenu, hier, Alix NICOLET, présidente de la FIDL.

Les syndicats lycéens veulent maintenir la pression, l'UNL appelant égalemet à la mobilisation mardi.

grégory Martin, L'HUMA, samedi 12 avril 2008

MANIF MARDI POUR LES TROIS ACADEMIES D'ILE DE FRANCE

Les syndicats de professeurs SNUIPP (enseignants du primaire), SNES-FSU, SNUEP-FSU, CGT, FO eSUD et CNT se joignent à l'appel des organisations lycéennes (UNL, FIDL).

Départ 14 heures place de la République, direction NATION.

"ON A LA RAGE EN NOUS"

Alexis NICOLET, 17 ans, présidente de la FIDL.

"Pour la sixième fois en trois semaines, (...)l'UNL et la FIDL, toutes deux mobilisées contre les 11200 suppressions de postes à la rentrée dans l'Education, ont invité les élèves à battre le pavé mardi. (...)Pour Alix NICOLET, élève en seconde au lycée Robert Doisneau à Vaulx-en-Velin (Rhône) (...) "le combat va prendre encore plus d'ampleur". "Une communication s'est engagée. On a enfin commencé à dialoguer. C'est déjà une ouverture. Jusque-là, Xavier DARCOS était très fermé, il ne nous prenait pas tellement au sérieux. Il a changé de cap. (...) Il ne nous a pas pris de haut, il nous a même surpris par son écoute. (...) On demande un moratoire sur les suppresions de postes (...) Mais dans l'immédiat, le prochain pas qu'il peut faire, c'est de revenir sur la réforme du bac pro qui doit passer de quatre à trois ans" (...) 50 000 lycéens dans la rue! On a la rage en nous!

- Mai 1968? Cela n'a rien à voir. C'était un mouvement de libération, un mouvement contre l'autorité. Nous, on se bat pour notre éducation"

Recueilli par Vincent Montgaillard,

LE PARISIEN, samedi 12avril.

 

Emeutes de la faim dans le monde, signe de la fin d'un monde

- Géopolitique de la famine au XXIème siècle -

Sénégal, Haïti, Egypte...Les pays touchés par une vague d'émeutes des ventres creux, d'émeutes "pour le pain", sont à ce jour plus de 30.

Les morts se multiplient, de par la loi des balles, ou celle des maladies et des épidémies, qui vont avec le manque.

Et l'on ne peut que suivre l'humaniste helvétique Jean ZIEGLER, infatigable défendeur des pauvres au pays de Nestlé, du bon chocolat SUISSE, et de l'Union des Banques SUISSES (UBS), quand il dénonce là un "crime contre l'humanité".

Mais, ce crime, comme tout crime, surtout "contre l''humanité", il faut avoir la force de le penser, de le réfléchir, de le comparer - et pas seulement de le déplorer, même si les pleurs sont légitimes, il y a de quoi...

Car enfin, ces hausses brutales, extravagantes, des prix de produits alimentaires de base, de première nécessité, comme récemment le RIZ, ont des causes aujourd'hui bien spécifiques. Elles ne nous rémènenet ni aux disettes du Moyen-Âge, ni aux discours autrefois vrais mais aujourd'hui convenus et décalés sur la "misère du Tiers Monde".

Car ces "émeutes de la famine" surviennent au moment où précisément l'"émergence" économique, politique, et, de plus en plus, diplomatico-militaire, de jeunes puissances s'arrachant par elles-mêmes à la misère en "comptant sur leurs propres forces", leur propre imagination, et leurs propres méthodes, commence à faire de l'ex-Tiers Monde le centre vivant du monde, du monde réel, dans un bouillonnant développement.

Car, comme on ne peut tout de même pas TOUT mettre sur le dos du "réchauffement climatique", dernière tarte à la crème de l'idéologie dominante et du Discours des Maîtres, ni même des "aleas climatiques", sécheresse ici, trop d'eau là-bas, (la nature est la nature, une récolte une récolte, et la ligne droite une abstraction géométrique ou statistique), ce son les "émergents" que l'on accuse de la FAMINE!

Il fallalit l'OSER, ils l'OSENT, ces AFFAMEURS, croyant pouvoir DEVORER aussi NOS CERVEAUX, nous privant de la possibilité de réfléchir et de PENSER...

Croissance trop rapide, disent-ils, de la "demande" en produits lactés, viande, et donc céréales, de la CHINE, de l'INDE ou du BRESIL, aspirant stocks et réserves, faisant monter les prix, etc.

"Emerge", tout de même, un bout d'explication et d'analyse, moins grossièrement idéologique, et moins grossièrement anti-chinois (puisque c'est la dernière mode dans le "story telling", la chasse au "JAUNE" parce qu'on craint qu'il soit tout de même resté quelque part trop "ROUGE", trop différent, trop indépendant, et de ce fait trop puissant, après la mode de la CHASSE AU "VERT" (islamique, au-couteau-entre -les-dents), qui fatigue, elle-même ayant succédé, dans la TRAQUE à un nouvel ' "AXE DU MAL", PRECAIRE à force d'être changeant, la traditionnelle BATTUE AU ROUGE, NUANCE SOVIETIQUE...

Pas de bol, la CHINE, même si sa croissance phénoménale, et l'élévation générale du niveau de vie de l'ensemble de sa population, marquée, certes, on nous en rebat les oreilles, de l'accentuation d'inévitables inégalités, injustices localisées, et gaspillages, en a fait, pour un temps, un importateur net de céréales, a placé sa SOUVERAINETE ALIMENTAIRE AU CŒUR DE SA SOUVERAINETE GLOBALE, et dispose, par exemple, de stocks de RIZ STRATEGIQUES, comme de stocks de PETROLE - et n'affame ni HAÏTI, LEPRE NEO-COLONIALE HONTEUSE A LA FACE DE L'EURO-AMERIQUE, ni le SENEGAL, ni l'EGYPTE - pas plus que le DARFOUR, d'ailleurs...

Les plus à gauche ou les plus fins des analystes - ce ne sont pas forcément les mêmes - évoquent du bout des lèvres, mais sans POUSSER LE RAISONNEMENT AU BOUT, TERRIBLE, DE SA LOGIQUE, un effet indirect de la crise dite des "subprimes", cette SHOAH de la FINANCE où s'effondre et s'engloutit LE CAPITALISME ATLANTISTE.

Les SPECULATEURS INTERNATIONAUX, dont les FOULES DES "VENTRE CREUX", REBELLES, vont un de ces jours, n'en doutons pas, commencer à demander les noms, et la liste, comme pour les "AGIOTEURS", spéculant sur le blé, stocké, conduits par la Révolution Française sur le chemin de la guillotine ou des noyades en LOIRE...

Ne sachant où investir de façon "sûre" d'invraisemblables STOCKS de CAPITAUX, accumulés, ils les auraient retiré massivement de l'IMMOBILIER pour les placer sur LE PETROLE ET LES MATIERES PREMIERES, NOTAMMENT ALIMENTAIRES, PROVOQUANT UNE ESCALADE DES PRIX, EFFROYABLE, DU RIZ, du SUCRE, du BLE - la faim, et les émeutes.

Ce n'est pas tout à fait faux, et ces noms, IL NOUS LES FAUT!

Avec des chiffres précis, en tonnes, dates, et dollars - ET L'ADDITION, A REMBOURSER!

Mais c'est encore voir petit. Car la RECESSION AMERICAINE, en cours, ou amorcée, ne naît pas de quelques INVESTISSEMENTS FOIREUX, A LA MARGE, de l'invention DE PRODUITS FINANCIERS SOPHISTIQUES, diluant,masquant et propageant le VIRUS de la DETTE AMERICAINE, de fait abyssale.

Le "trou" vient de la guerre, et de la guerre d'IRAQ, plus spécialement, "guerre technologique" où, pour protéger ses hommes, à défaut d'autres hommes, coupables d'être de leur pays, et de vouloir le rester, on se bat de loin ou de haut, à coups de missiles perfectionnés au prix extravagant tirés d'avions (ou de sous-marins) dont l'heure de vol (ou de plongée) atteint des SOMMETS INCROYABLES, dans cette "REVOLUTION DES AFFAIRES MILITAIRES" (R.A.M.) dont ISRAËL, comme ailleurs, donne le ton, avec le déploiement absurde autant que meurtrier de ses avions de chasse et ses tirs de missiles pour MASSACRER, A GRANDS FRAIS, trois malheureux gamins des BRIGADES DES MARTYRS D'AL AQSA, du HAMAS ou du DJIHAD ISLAMIQUE, avec leurs pauvres pétoires, et quelques ribambelles d'enfants, d'infirmières ou de VIEILLARDS, pour faire bonne mesure...

La guerre du Vietnam, que l'interminable campagne de bla-bla-bla sur MAI 68 ets fait remonter, tout de même, dans les mémoires, n'a pas été stoppée, comme on le dit quelquefois, parce que LES BOUCHERS "militaires" des époques KENNEDY-KISSINGER ont perdu la "bataille des images", avec l'irruption des chaînes de télévision dans une guerre de marécages.

Elle a été perdue le jour où les experts FINANCIERS du PENTAGONE ont calculé que les réserves - OR, ou DOLLARS - de la banque fédérale avaient fondu au point de flirter avec la ligne rouge, préalablement déterminée, et définie, en deçà de laquelle le FINANCEMENT d'UNE AUTRE GUERRE, sur UN AUTRE FRONT, n'est plus possible.

Et c'est là que nous en sommes avec la triple guerre, chère, au triple front IRAQ-AFGHANISTAN-PALESTINE, qui commence elle aussi à coûter bonbon, asphyxie la machine à pisser du dollar, et pousse la FRANGE LA PLUS AVIDE, la plus pressée, la plus spéculatrice, de la FINANCE MONDIALE, à passer des investissements A RISQUES en PRODUITS DERIVES, ou dans l'IMMOBILIER POUR PAUVRES, à d'autres investissements A RISQUES, mais à RISQUE D'EMEUTES, e de REBELLION, GENERALISEE, spéculant sur la RARETE, et donc le PRIX, DU RIZ, du BLE, du PAIN...

Convergence des causes (des phénomènes) justifiant, selon le beau nom récemment choisi par une nouvelle association militante, une CONVERGENCE DES CAUSES (à promouvoir et à défendre...)

Et c'es ce qui rend l'approche de ce MOIS DE MAI 2008 si PALPITANTE. Surtout pour ceux dont le cœur a battu fort, à 20 ans, en 1968, et qui, donc, atteignent en ce moment même l'âge d'une retraite qui ne sera, pour beaucoup d'entre nous, qu'une retraite...administrative, à l'heure où sonnent les CLAIRONS, non pas de la RETRAITE (au sens militaire du terme), mais d'une VASTE CONTRE-OFFENSIVE STRATEGIQUE OUVERTE SUR TOUS LES FRONTS.

S'y manifeste, parmi tant d'événements divers, LA SUPERBE VICTOIRE ELECTORALE des MAOISTES DU NEPAL, fondatrice, entre INDE, TIBET et CHINE, d'une REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE issue d'une "guerre du peuple", conclue par d'intelligents compromis négociés, succès salué jusque par un titre laudatif du journal du PCF, l'Humanité (ô mânes de 1968...), et démontrant enfin la nouvelle maturité politique des nouvelles générations formées à l'étude attentive de l'expérience chinoise, sans dogmatisme et sans suivisme, et dans l'idée que si, partout et toujours, "LE POUVOIR EST AU BOUT DU FUSIL" (MAO), parce que "LA REVOLUTION N'EST PAS UN DINER DE GALA" (MAO), l'avenir n'appartient ni à l'opportunisme de droite des partis communistes d'Europe de l'est ou de l'ouest de la seconde moitié du XXème siècle, embourgeoisés, ni à quelque forme que ce soit du GAUCHISME - trotskisme d'avant le déluge, plus ou moins maquillé, ou marxisme-léninisme ossifié, fossilisé...

En quoi, aussi, la jeunesse du mouvement lycéen parti des banlieues, et précisément, d'AUBERVILLIERS (93) a tort -mais on le lui pardonne -de croire que son actuelle lutte, à bien des égards exemplaire, et marquée, ce mardi 15 avril 2008, par un nouvel appel à battre les pavés de Paris, de REPUBLIQUE... à...NATION n'a "rien à voir avec mai 68", parce que mai 68 (c'est vrai) se voulait (au départ, au moins, puis avec les grèves ouvrières), "mouvement de libération", et luttait, comme on le serine, à tort, "contre l'autorité", alors qu'il s'agit de battre aujourd'hui POUR DE BONNES CONDITIONS D'EDUCATION...

C'est bien le souffle de l'ancien MAI, si refoulé, si travesti, si crucifié, qu'il en est devenu MYTHE, et MYTHE, c'est plus grave, pour beaucoup ILLISIBLE, qui mène les pimpants esquifs de la jeunesse de FRANCE, MULTICOLORE, pleine d'un nouvel optimisme, d'espoir et de fraîcheur, les grévistes vainqueurs de RENAULT-DACIA à PITESTI (Roumanie), et les nouveaux DEPUTES-CITOYENS de la REPUBLIQUE REVOLUTIONNAIRE DU NEPAL, nos frères des montagnes au même titre que ces frères du désert et de l'ESPRIT DE SERVIR LE PEUPLE, poussé jusqu'au plus sublime héroïsme, que sont les partisans en nombre sans cesse croissant du MANDELA PALESTINIEN MARWAN BARGHOUTI, plus libre dans sa prison que SES BOURREAUX DE LA GESTAPO DE TEL AVIV, tortionnaires du CAMP DE CONCENTRATION A CIEL OUVERT DE GAZA, et de toute l'antique "Terre Sainte".

14 avril 2008. - 23 heures.

Jean-Paul CRUSE

Sommaire du site Le Monde Réel: ci-dessous

Sommaire de REBELLES, le livre sur les MAOS, le VIETNAM, MAI 68, la PALESTINE etc, interdit par mes MILICIENS DE LA PENSEE UNIQUE, et publié ici, en "bonnes feuilles", en exclusivité: ici

 

Le grand printemps roumain des ouvriers d'EUROPE commence à PITESTI (ROUMANIE) - avec l'éclatante victoire des ouvriers de RENAULT (DACIA), soutenus par toute la classe ouvrière de FRANCE et des pays voisins.

 

"Ils ne voulaient pas être les esclaves de 'Union Européenne. Les salariés de l'usine Dacia (Renault) de Pitesti, en Roumanie (...) ont mis fin (...) au mouvement de grève qu'ils avaient lancé le 24 mars dernier. (...)Face à la détermination des salariés, la direction a dû lâcher prise: un relèvement mensuel de 97 euros brut en deux tranches dont l'une rétractive revanant sur le 1et janvier 2008 ainsi qu'une prime annuelle d'un montant de 243 euros brut (...)

Les syndicats visaient des majorations de l'ordre de 148euros (...) "C'est un compromis pou chaque camp (disent-ils) 70% des salariés étant d'accord, (...) on a décidé de reprendre le travail."

DACIA "avait enregistré en 2007 un record de vente avec plus de 230 000 unités commercialisées en Roumanie et à l'étranger, soit une hausse de 17,4% par rapport à 2006 et un gain de 62% des ventes sur les deux premiers mois de l'année.(...)

La CGT, la CFDT et FO (...) étaient venues leur apporter le fruit de collectes organisées dans les usines de l'hexagone (...) Il y a tout juste une semaine, le nom des DACIA était sur les lèvres de 40 000 salariés venus de toute l'Europe battre le pavé slovène contre la perte de leur pouvoir d'achat et pour des augmentations de salaire. La victoire de PITESTI est une pierre dans le jardin des autres gouvernements européens obsédés par la destruction des drots sociaux et les "modérations salariales".

Cathy Ceïbe

L'Humanité

12 avril 2008.

REBELLES

Guerre secrète à LIBE ...

(suite)


-La "CGT-Libé terroriste" et les nageurs de combat maos de Nantes

(suite)


Aux abords du HMS Hecate (1800 tonnes, un beau bébé), où je me rends alors, dare-dare, grouille toute une faune de flics, de pompiers, d'hommes-grenouilles, de journalistes, et de toutes les espèces de bestioles plus ou moins propres qui hantent, d'ordinaire, les eaux grasses des ports...
Je tombe sur Naud, un ancien des jeunesses gaullistes (U.J.P.), devenu, par des voies qu'on préfère ignorer, l'un des hommes à tout faire du maire "socialiste" de l'époque, Alain Chenard. Il me voit débarquer. Nous nous saluons. Je lui demande l'heure - souhaitant qu'il s'en souvienne. Puis j'enchaîne. Connaitrait-il, par le plus grand des hasards, le "connard de la DST" qui "raconte des saloperies" dans mon dos, sur mon compte. Il m'indique un petit barbichu, jeune et plutôt grassouillet, d'allure avenante.
Naud sous le bras - témoin...- je l'attaque: "C'est vous qui racontez des conneries sur mon compte? Alors, comme ça, on m'a vu près du bateau, ce matin, aux petites heures. Ça ne vous mènera pas loin, ces salades...Vous devriez arrêter...".
Ce n'est pas lui. Du moins, c'est ce qu'il dit.
Pas grave.
Et c'est Jean Glavany, maintenant, qui va se faire remonter les bretelles.
On s'en remettra.


Posée, effectivement, juste sous la ligne de flottaison de ce petit navire de guerre de la marine royale britannique, passé en Basse-Loire après un bref séjour du côté des Malouines, une grosse charge d'explosifs a fait long feu...
La minuterie a fonctionné correctement, déclenchant un des deux détonateurs, et celui-ci a fonctionné. Mais sa petite explosion sèche, donnant l'alerte à l'équipage ne s'est, curieusement, pas propagée à la masse explosive elle-même. Problème de circuits, d'eau infiltrée ou là dans le dispositif, pourtant soigneusement étanchéifié? Nous ne l'avons jamais su...L'engin n'était pas un petit pétard de foire à quatre sous. On avait mis la dose. Si l'explosion s'était transmise, comme c'est le cas, normalement, à la charge elle-même, la bombe était susceptible de faire un beau trou. Voire de couler le navire, à quai, en pleine ville. Ce qui eut été spectaculaire.
Le bateau restera d'ailleurs au port 24 heures de plus que prévu, le temps que toutes les vérifications soient faites.


L'idée était de rappeler à "nos excellents amis britanniques", et à "Maggie" Thatcher elle-même, fraîche et pimpante tortionaire des nationalistes irlandais, ainsi qu'à nos camarades de l'IRA eux-mêmes, que tout le monde n'avait pas oublié la mort de Bobby Sands et de ses héroïques compagnons de l'Armé Républicaine Irlandaise, fer de lance de la lutte armée anti-impérialiste au cœur de la vieille Europe, ou à ses marges. Ils venaient de mener une grève de la faim collective jusqu'à la mort, réduits à cette extrémité par l'impitoyable cynisme de la "dame de fer", Margaret Thatcher, et il pouvait sembler utile aussi de faire passer un message d'une portée plus large. D'autres grèves de la faim viendraient, d'autres luttes de prisonniers politiques, ici ou là, et personne ne devait un seul instant imaginer que la débandade organisée des chefs faillis de l'"ex-GP" avait fait place nette - livrant le terrain ou duo pervers des bourreaux et des protestataires bavards et impuissants de l' "extrême-gauche légale", LCR ou anarchistes de pacotille...
Au côté des militants de la renaissance bretonne, donc celte, et des amis de la Palestine, que l'IRA (approvisionnée en armes, d'ailleurs, par les pays arabes) soutenait énergiquement, les maos de Nantes avaient toujours été à la tête du soutien aux combattants nationalistes révolutionnaires luttant pour la libération - et la réunification - de la verte Erin, île indomptable, comme aux basques (du sud) d'Euzkadi, encore mieux organisés, si c'est possible.
Peu de temps avant la visite du HMS Hecate, mais de façon, là, seulement semi-clandestine, nous avions animé une manifestation-raid de 150 lanceurs de pierres contre la Westminster Bank, le seul "objectif symbolique" britannique que nous ayions sous la main, en plein centre-ville, caillassant abondamment sa façade, avant de nous disperser sans attendre la police...
L'homme de la DST avait donc la conviction de ne pas se tromper, sur le fond, en mettant en cause, dans un premier rapport "confidentiel", remonté jusqu'à Glavany, puis à Bresson, une "branche militaire", nantaise, d'une galaxie mao toujours active, et opérationnelle, huit ans après la dissolution officielle du mouvement - célébrée par d'abondants commentaires, et une série de livres, tous identiques.
Les "nageurs de combat" du port de Nantes s'étaient constitués, en toute autonomie, en marge d'une N.R.P. longue à réellement se dissoudre, et sous la tutelle d'un au moins de ses cadres, plutôt spécialiste du renseignement que de l'explosif...
Grâce au diligent fonctionnaire de la DST, intuitif, mais pressé, l'échec militaire de l'opération n'en fut pas complètement un sur le plan politique.
Sur un plan strictement technique, l'attentat contre le HMS Hecate, d'un bon niveau de préparation malgré l'ultime ratage - en matière de dynamite ou de plastic, il n'y a pas de science exacte, et sous l'eau, rien n'est simple... - constituait une première.
En Europe en tout cas, jamais aucun attentat anti-impérialiste n'avait été mené en recourant aux méthodes des nageurs de combat - fer de lance de tous les "services action" du monde...
Réussi, ce "coup de partisans" aussi audacieux qu'original aurait sans doute entraîné l'arrestation immédiate - et la mise hors circuit journalistique prolongée ou définitive, à défaut d'une condamnation, rendue difficile par l'absence de toute preuve, et, bien entendu, d'aveux - du "correspondant de Nantes" de Libé, devenu, six mois avant, exactement, en mai 1981, à l'issue d'une courte grève de la faim calculée au millimètre, menée à la hussarde, et victorieuse, le premier délégué syndical (CGT) d'un journal "libertaire" où le droit syndical, "bourgeois", n'avait pas cours (pas de Comité d'Entreprise, pas d'élections légale de représentants du personnel, salaires minables, licenciements à la tête du client, etc.).
Si la bombe placée, sur son radeau flottant, semi-immergé, contre la coque du HMS Hecate, avait effectivement explosé, l'histoire de Libération n'aurait pas été la même.
Et Serge July en serait peut-être, aujourd'hui encore, le P-dg.
Puisque ce n'est pas à un caprice d'un nouvel actionnaire dominant nommé Edouard de Rothschild, mais à l'incessante guerilla syndicale menée, pendant 25 ans - un quart de siècle... - par la petite CGT-mao de Libé (rejointe, sur le tard, par la CFDT, le SNJ, puis Sud) que l'arrogant P-dg d'un journal fondé sur les sacrifices des militants issus de la Gauche prolétarienne a dû d'être "remercié", comme un valet devenu inutile, qu'on congédie, par le riche fils de famille devenu l'acquéreur du journal créé dans le sillage de La Cause du Peuple, vendu au plus offrant par un aventurier aux abois, pris à son propre piège...
C'est, en effet sous l'impact d'une grève totale, privant les kiosques de Libération pendant quatre longs jours (pour un quotidien, c'est énorme, et c'est rare...), conflit devenu le symbole autant que la sanction d'un désamour de l'équipe, passant le seuil de rupture, que Rothschild s'est résolu à prendre la décision de jeter dans les poubelles de l'histoire la tête du pantin décapité par ce qui avait été son "peuple" - passée de la guillotine au panier de son.


Serge July touché sous la ligne de flottaison


Mais un attentat, même quand il manque sa cible, en touche toujours une autre.
Dans tous les cas, il reste un signe, un message.

Et le bilan que nous tirons, à Nantes, de l'opération Hecate, reste positif. Puisque July doit désormais intégrer à sa réflexion un nouveau paramètre. Depuis sa re-parution spectaculaire après deux mois de "lock-out", le 13 mai 1981, jour de la victoire "historique" de la "gauche", et de l'élection de "Tonton", "son" journal n'a pas seulement un délégué syndical - et donc, au moins l'embryon d'une force sociale de résistance interne...
C'est une CGT tout de même assez particulière qui y sévit.
Fondée à l'initiative d'un journaliste-kamikaze, rugueux bloc émergé d'un encore mince iceberg, elle a le soutien explicite, Serge ne l'ignore pas, du fameux "syndicat du livre" (la CGT des ouvriers, typos, photograveurs, et surtout "rotos", les rotativistes de l'imprimerie sans qui le journal ne sort pas). C'est déjà beaucoup.
Mais voilà qu'apparaît une nouvelle donnée, à la "lecture" du "message" émanant des eaux glauques de l'ancien "quai aux esclaves" du port de Nantes, le quai de la Fosse, avec ses longues rangées de "bars à putes" et de boîtes d'intérim, les uns comme les autres jugés là-bas "marchands de viande".


Car cette première section syndicale du journal, issue de la Cité d'une duchesse rebelle, Anne de Bretagne, et aussitôt interdite, vainement, dans son principe, s' inscrit dans la tradition "politico-militaire" des maos, et de leur "branche armée"...


Les "nageurs" de Nantes, leurs complices au sol, et le délégué syndical CGT du journal, suspect, hier comme aujourd'hui, de "terrorisme" se situent, à l'évidence, dans cette mouvance...
Problème...


Mais il y a mieux, ou, pour July, pire.
Doté, croit-il, de tous les pouvoirs - sauf de celui de kidnapper un mécréant, de lui casser bras et jambes, sans préjuger du reste, ou de faire péter, ici ou là, une bombinette -, Serge ne peut pas tout savoir..Il ignore encore qu'avec l'aide discrète de Gilles Millet - qui agit selon son cœur, et sa mémoire, sans avoir en main tous les éléments du puzzle... - commencent alors à s' infiltrer au sein du personnel de Libération, des ouvriers laissés sur le carreau par la liquidation de l' "ex-GP", et au chômage...Ce sont de vrais "soldats". Dont certains ont survécu de petits "braquages", plus ou moins politiques, et plus ou moins alimentaires, en liaison, notamment, avec l'"équipe" de bric et de broc de Pierre Goldman, ont "bricolé" avec les renseignements militaires du FATAH, ou divers groupes anti-impérialistes européens. Dont un au moins, qui connaissait un peu trop bien Pierre Overney, l'avait aimé, ne l'avait pas oublié, et restait en liaison avec les rescapés de Renault, a figuré un temps sur la liste des suspects de l'exécution de Tramoni...Aucun d'entre eux, en tout cas, ne nourrit d'intentions amicales à l'égard de la "nouvelle bourgeoisie rose", triomphante dans les étages supérieurs de Libé (la rédaction)...
Passés par diverses "structures action" de la GP, de l' "ex-GP", ou de la post-GP, restés militants dans l'âme, et entretenant avec le plus grand soin leur forme physique, karate, pompes sur les phalanges, peut-être un peu de tir, à l'occasion, ils vont bientôt donner toute son assise à la "guerre secrète" dont Libération devient l'enjeu et l'objet - la dimension strictement syndicale y fonctionnant comme un appui et un écran, sans être, loin de là, la seule...


Libération, 1973: journal de démocratie nouvelle,
"par le peuple et pour le peuple", et "gaullo-maoiste"...


Le dernier numéro de La Cause du Peuple-J'Accuse, le 48 est mis à la disposition de ses lecteurs le 13 septembre 1973. "Comment le pouvoir ouvrier peut-il exister?" (à propos de LIP).
Libération naît au même moment. Il a publié ses cinq premiers numéros d'essai ("numéros zéro") dès le début de l'année.
Le numéro 1, officiel, de quotidien porteur, clame-t-il, d'une nouvelle conception de l'information, "par le peuple et pour le peuple" est sorti des presses le 18 avril 1973. Complétant le message, devenu régulièrement hebdomadaire, de La Cause du Peuple-J'Accuse, il est présent régulièrement en kiosque depuis cette date, parfois avec quelques heures de retard.
Le journal prolonge le travail entrepris par l'A.P.L., l'Agence de Presse Libération, lancée en 1971, après l'affaire Jaubert). La rébellion des professionnels de la presse contre le traitement abject de ces tortures par l'essentiel de la "grande presse", prolongée par la puissante grève d'un quotidien bas de gamme, mené au bord de la mort par les caprices de sa propriétaire, la richissime Simone Del Duca, (Paris Jour), vient alors converger, avec l'action des maos, du pauvre vieux Sartre, et surtout des gaullistes historiques comme Maurice Clavel, décisive. Comme celle d'autres écrivains, des artistes, et même de juges rebelles, elle débouche tout naturellement sur l'idée de créer un quotidien, libre et propre.
A l'origine de ce projet, un trio paradoxal.
Il est constitué par Jean-Claude Vernier (voir page), le militant mao, hôte et passeur du clandestin Ben Bella, sur la frontière suisse, dans son adolescence, actif militant des C.V.B., contre la guerre du Vietnam, "établi" en usine, puis fondateur de l'A.P.L., arme acérée dans la "guerre de l'info", connue et respectée de tous les professionnels de la presse depuis la tragique photo-scoop de l'intrépide Christophe Schimmel, sur la mort de Pierre Overney - et matrice du quotidien...
Avec lui, son ami Maurice Clavel, le grand résistant gaulliste, chrétien révolutionnaire, chef des maquis de l'Eure, et libérateur de la cathédrale de Chartres, sur le parvis de laquelle il accueille, à l'arrivée des troupes de la France Libre débarquées en Normandie, le général De Gaulle - qui lui rend un vibrant et solennel hommage.
C'est lui qui a incité les maos à venir déposer une gerbe, qui fera date, au Mont Valérien, puis leur a dessillé les yeux sur la véritable nature du régime Pompidou-Marcellin, trahison, et non continuation, de l'œuvre rêvée par le général, et à demi entreprise (il a posé les bases militaires et géopolitiques d'une France redevenue libre, amorcé mais amorcé seulement l'émancipation intégrale des anciennes colonies, et fondé les bases d'une puissance économique indépendante, mais pas celles d'une "nouvelle société", plus transparente, plus participative, plus fraternelle, et plus humaine).
Mais c'est le troisième larron, Jean-René Huleu, à qui revient le mérite, et le culot, d'avoir, le premier, énoncé le projet d'un journal quotidien, dans l'esprit de l'A.P.L - projet qui mûrissait lentement, mais en silence, dans l'esprit des deux autres...
Ce journaliste hippique issu d'une famille communistes de Nice, éblouit - et surprend - le "parpaillot" Vernier avec son éclatante décapotable - et le mannequin aux longues jambes qui va avec...
Mais, sous son allure peut-être un peu "bling bling", Huleu, que July chassera dès qu'il pourra - est un vrai professionnel de la presse, un fonceur réaliste, et bosseur.
Vernier a dû se battre pour convaincre Benny Lévy et le Comité Exécutif de l'" ex-GP", sans qui rien n'est possible.
Quant à Serge July, doublement en pénitence après son renvoi à la base, dans le nord, pour "rééducation auprès des masses", et son premier bidonnage, écœurant, de Bruay en Artois, les ouvriers maos de Renault se souviennent de l'avoir vu "chialer", terrorisé, dans le petit local du Comité de Lutte, au métro Marcel Sembat, le jour où Benny Lévy met la pression sur lui pour le contraindre à assumer la direction du futur quotidien.
Il en crève d'envie. Mais cette envie le terrorise. Il craint, à juste titre, de ne pas être à la hauteur de ce beau projet, qui suppose, pour le mener à bien, indépendance d'esprit, respect rigoureux de principes, rigueur, et pureté. Il n'aurait pu diriger et maintenir le journal que si un mouvement militant uni, solide, et collectif l'avait en permanence encadré et soutenu, fût-ce comme la corde soutient le pendu, l'empêchant de faire trop de bêtises...Dans le cas contraire, on court à la catastrophe. Pour Serge, ce dont on peut se remettre, mais pour Libération lui-même, et l'idée qui le porte, ce qui, là, est grave.
Serge a raison de pleurer. Il sent ce qui va se passer.
Pour Jean-Claude, comme pour Maurice Clavel, et Huleu, le projet n'est pas de faire "le journal des maos". L'ambition est plus haute. Elle s'inscrit dans le sillon tracé par La Cause du Peuple, puis par J'Accuse, qui ont permis l'éclosion de l'A.P.L., puis le soulèvement démocratique d'une large frange d' "intellos", ou d'artistes (cinéma, etc.), scandalisés par la répression primitive des années Marcellin, et animés d'un souci de création collective, résorbant la coupure des intellectuels avec le peuple.
Sans l' appui d'un mouvement social large, de cette nature, pas de soutien possible, au niveau du défi, et pas de fonds, non plus, en tout cas pas de fonds "propres".
Mais l'objectif vise, bien au-delà de ces soutiens nécessaires, la société française toute entière. Sur la base d'un principe de transparence, contre toutes les hypocrisies, toutes les censures, tous les secrets honteux maquillés en "secrets d'Etat". Il s'agit de souder toujours davantage intellectuels et manuels, résorbant une fracture historique, de très profonde portée, et d'édifier l'outil d'une nouvelle démocratie sociale, plus vivante - avec l' indispensable appui que seule la force mao pourra réellement rassembler, pour faire remonter les infos de la base, et donner aux Comités Libération, appelés à quadriller villes et campagnes, l'énergie, mais aussi la capacité à collecter l'argent, sou par sou.
Transparence dans l'objectif, transparence dans les moyens. Pas de capitaux plus ou moins camouflés d'hommes d'affaires aux intérêts obliques; pas de pub; souscription populaire, permanente; transparence des informations, des sources - hors cas particuliers - des méthodes, du fonctionnement de l'équipe et du journal lui-même...Journalistes-militants, journalistes rebelles venus de la presse professionnelle, maquettistes, clavistes standardistes et dactylos travailleront longtemps dans une symbiose étroite, traduite en égalité radicale des salaires, sans hiérarchie aucune...
Benny Lévy "parachute" July, qu'il sait faible, pour le "tenir"
Benny Lévy hésite avant de donner son feu vert au lancement de l'"opération Libé", puis d'arrêter son choix sur Serge July. Il n'ignore aucune de ses faiblesse, et décide de mettre en place un dispositif de surveillance, élaboré.
D'une main, il pousse Philippe Gavi, un jeune journaliste professionnel, opportuniste. Benny le pense capable de contrebalancer, auprès de July, le poids des militants, qui espèrent, eux, soutenir et "cadrer" un quotidien "au service du peuple" par le dense réseau, décentralisé, des "Comités Libé" - dont les cent fleurs s'épanouissent, en un printemps fulgurant...
De l'autre, Benny met en place une "cellule mao" du "front de l'information", toute à sa dévotion, pense-t-il, et en principe clandestine jusqu'au sein de Libé.
Par l'intermédiaire de ce petit appareil, le "gourou" (déjà en partie démonétisé) de l' "ex-GP" pense pouvoir contrôler le journal - et son "chef" officiel - tout en concentrant, lui, l'essentiel de son énergie à sa propre promotion - d'abord comme "morpion" d'un Sartre parasité.
Si ça marche, Libération devient un instrument de pouvoir décisif dans les mains d'une direction mao, contestée, toujours à la recherche des meilleurs moyens de "démonter", tout en douceur, un mouvement militant échappant chaque jour davantage à son contrôle - et qui, finalement, lui fait peur.
Ces militants, dans l'ensemble, l'idée du quotidien Libération les soulève d'enthousiasme. Ils y voient l'ouverture d'une vaste perspective pour rebondir. Ils imaginent un journal quotidien d'information populaire qui soit aussi le support, et le carrefour, d'initiatives étalées sur la plus large des palettes. Libération serait appelé à devenir, au minimum l' "ersatz", au mieux, l'outil d'un mouvement mao élargi en mouvement populaire, activement démocratique et souplement structuré - voire une transition dans le lent processus de constitution du "Parti de la Résistance", toujours officiellement à l'ordre du jour.
Mais ce journal court aussi le risque de n'être qu'un miroir aux alouettes, instrument d'une dissolution douce des structures de masse actives, et d'abord les structures ouvrières et/ou politico-militaires, dans une nébuleuse de comités et de mouvements plus ou moins petit-bourgeois et marginaux. Il préparerait ainsi l'euthanasie du mouvement, tout en protégeant, dans ce brouillard, les "chefs" du feu de la critique, et de la "barre de fer, maniée avec amour" - qui peut faire aussi quelques bosses...
La lutte contre la liquidation des maos: guerre clandestine à l'intérieur de Libé
On connaît la suite.
Avec l' "irrésistible ascension", chantée par des media qu'on aurait pu imaginer hostiles, d'un "nouveau patron de presse", et d'un journal progressivement hypnotisé par la machine à désinformer qu'il devait, en principe, combattre.
Petit lapin rêveur aux oreilles roses tétanisé devant le cobra qui le convoite, devenu proie inerte, clouée de peur, sur place, puis mordue, envahie par le venin, et finalement happée, absorbée et digérée...
Diserts sur cette histoire, en partie légendaire, les commentaires de presse - et de nombreux livres, presque tous formatés sur le même modèle - ont tu l'essentiel.
A partir de 1979, au moins, date de la dissolution de la "bande des quatre" à Libération, la phase d'une bataille politique ouverte, idées contre idées, "à la loyale", est terminée.
Le journal qui n'aurait pas vu sans les maos le jour est toujours l'objet, et l'enjeu, d'une guerre, mais c'est une guerre secrète.
Dans le droit fil de nos années de braises, elle prend la forme d'une guérilla sans armes - et (presque) sans violences.
Un tout petit noyau, soudé et clandestin, s'est constitué.
Son objectif: sauver ce qui peut l'être - sachant que les délires de Péninou-Kravetz, devant qui, finalement, Serge July s'est couché, puisqu'il partage, sur le fond, sinon sur les délais, leurs objectifs, ne peuvent qu'aboutir (après l'euphorie d'une période de "vaches grasses") à la vente, voire à la mort, d'un journal que nous avons créé, au prix de mille sacrifices, humains et matériels.
Jusqu'à la fin, la mouvance "mao un jour, mao toujours" qui se condense autour de ce combat se sent comptable d'une histoire qui n'est pas seulement la nôtre, mais celle des combattants pour la Cause du Peuple, vivants ou morts, à qui Libération doit tout, et que ni le pourfendeur du notaire de Bruay, ni qui que ce soit d'autres, ne pourra jamais s'approprier, et prostituer...
Au travers de cette lutte, qui, clairement, s'annonce longue, et vient compléter la longue traque, finalement victorieuse, de l'assassin de Pierre Overney...- l'idée de donner forme au projet, toujours vivant et bien vivant, de poursuivre la marche des maos, sous des formes nouvelles - dans une époque elle-même nouvelle...
A partir d'une base: ce qui reste notre journal.
Le quotidien de la rue de Lorraine, transféré en plein cœur de Barbès, puis, à partir de 1981, dans le discret quartier bourgeois où République s'étire vers le Marais, constitue, à bien y réfléchir, un parfait champ de bataille.
Lieu symbolique, placé sous les feux de la rampe, Libération, serpent en pleine mue larguant sa vieille peau sans dévoiler encore la couleur ni l'odeur de la nouvelle, s'est engagé maintenant, dans un processus de transformation qui va en faire une entreprise-pilote, laboratoire humain et matériel d'un nouveau type d'unité productive dans le secteur, ô combien stratégique, de la "communication".
Y immerger un groupe, réduit mais compact, et solide, de militants rôdés à toutes les ruses des luttes les plus diverses, prêt à se transformer en absorbant, sur place, des forces neuves venues de générations nouvelles, c'est faire de ce laboratoire néo-capitaliste "de gauche" le champ d'apprentissage et d'expérimentation "in vivo" de nouvelles "pratiques", sociales et politiques, dans les conditions alors, pour nous, inexplorées, d' une société des années 80 - avec les enjeux et les rapports de force à l'œuvre, partout, dans le monde du travail, qui prendront ici une saveur et une couleur particulières...

Du bidonville de la Folie (Nanterre) à Libération...Cherif, Fatima...

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