| REBELLES
(suite) Ci-dessous,
en bas, clic
ici |
- Mai 68, Maos, Pierre
Overney, Renault-Billancourt: les étudiants de l'Agen
Nanterre et le retour du vieux Hadj: photo à droite
et texte par clic ici
- Mai 68, mai 2008:
l'appel d'Argenteuil (JP Cruse). Clic
ici
- Comme un amour
perdu et soudain retrouvé, revenu (éditorial
du 11 avril 2008) -
ici
- Le mouvement
lycéen de mai (68...) 2008, parti d'Aubervilliers -
ici
- Le jour où
Robert Linhart ne s'est pas tu...CLIC
ici |
|
| En
l'absence de Sadok Ben Mabrouk, retenu sous d'autres cieux,
et de Houcine (excusé, de justesse...), c'est le retour
de "Hadj", (à
droite sur la photo) autre figure emblématique
des Maos de Renault, époque 1968-72, du combat des O.S.
contre les cadences infernales, les petits-chefs racistes, fascistes,
et pour la Palestine, ainsi que du MTA (Mouvement des Travailleurs
Arabes), qui a constitué l'événement, au
meeting pour la Mémoire et pour l'Histoire des étudiants
anti-impérialistes de l'Agen, vendredi 28 novembre 2008,
à la cité universitaire de Nanterre.Suite: clic
ici |
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| Le
jour où Robert LINHART
(à
gauche, chemise bleu ciel, main sur la mâchoire)
ne
s'est pas tu... (ici)
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"Contre le gros
Nestlé, les yaourts du ralbol, "saisis" dans
l'usine par une équipe de la Confédération
paysanne, et distribués gratuitement dans des HLM du
nord de la FRANCE.
Une action pleine
d'esprit printanier pour la solidarité ville campagne
et ouvriers-paysans, et contre la vie chère...Le tribunal
rendra son jugement contre ces syndicalistes d'action directe,
poulaire, aux allures de JACQUOU LE CROQUANT, ou de "CHOUANS
ROUGES", le 31 mai prochain. Lire
ici |
Printemps 2008...Emeutes de la FAIM,
dans le MONDE: signe de la FIN d'un MONDE: clic
ici |
CONTRE
QUI "NETTOIE AU KÂRCHER"
l'EDUCATION NATIONALE,
LES
JEUNES D'AUBERVILLIERS (93), FER DE
LANCE DU MOUVEMENT, DES L'ORIGINE,RELANCENT LA REBELLION DES
BANLIEUES VIVANTES, PRÊTES A FORCER LES PORTES DE L'ECONOMIE
DE LA CONNAISSANCE, ET REFUSANT LA FATALITE DE l'ECHEC SCOLAIRE,
DE LA DEPRIME, DE L'ISOLEMENT ET DU CHÔMAGE: lire ci-dessous,
accès par clic
ici
- Pour
voir la video tournée
par notre envoyé spécial permanent, FEHD93,
lui-même acteur du mouvement qu'il
illustre par ses images, sono en main, en
compagnie des lycéens de Jean-Pierre Timbaud,
au cours d'une manif passant de lycée et de collège
en collège, organisée à Aubervilliers
même - portable-caméra
prête à jaillir de la poche clic
ici |
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Une
génération se lève, une génération
passe le témoin, avant de partir...
Egalement captée par
Fehd 93, cette image (ci-contre, à droite) de
Jean-Paul Cruse au côté de José Agusti,
son hôte au cinéma Jean Gabin d'Argenteuil,
à l'occasion d'une réunion publique sur mai
1968 autour de ciné-tracts, et de plusieurs films,
ce lundi 2 juin 2008 en soirée.
Déception pour le
nombreux amis spontanément mobilisés dans
l'espoir de saisir cette occasion pour faire le "coup
de la chèvre" aux habituels provocateurs,
mouchards et indics de tout genre, du "petit Yves",
disciple de "Momo Le Belge" dit "Momo
La Balance" à l'ineffable Younes Bisou-Mossad
(c'est un pseudo...), ceux qui passent leur temps libre,
entre deux "deals" de "poudre",
à tenter d'étouffer dans l'œuf ce "retour
des MAOS", qui est dans l'air de ce nouveau printemps
et semble leur faire si peur, ne sont pas venus.
Ils n'ont donc pas pu, cette
fois, recevoir la réponse qu'ils méritent
- et qui les attend.
Demain sera un autre jour...
Tranquille, donc, pour une
fois, en quelques interventions brèves et sereines,
laissant le maximum d'espace à un dialogue avec la
salle, JP, ancien dirigeant-fondateur de la Gauche prolétarienne,
à la rentrée 1968,à 20 ans, établi
en usine aux Batignolles de Nantes (44 jours d'une grève
entièrement victorieuse en janvier 1971), un an de
clandestinité, 15 mois ferme pour "violences"
en soutien au soulèvement des lycéens de Clémenceau,
et de la lutte ouvriers-paysans pour la libération
des rives de l'Erdre, ouvrier agricole, animateur-salarié
des Paysans-Travailleurs de Loire-Atlantique (ancêtres
de la Confédération paysanne de José
Bové), fondateur de la CGT du quotidien Libération
(qui finira par avoir la peu du repenti Serge July,
à l'issue d'une grève dure...), militant
d'EuroPalestine, auteur de nombreux livres dont REBELLES
et coordinateur tecnhique
provisoire du site lui-même, s'est efforcé
d'aller à l'essentiel (ci-contre à droite:
l'APPEL D'ARGENTEUIL)
)
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| MAI
1968-MAI 2008
Contre une
commémoration officielle en forme de cortège
funéraire, fondée sur la désinformation,
l'intoxication, le mensonge,
L'APPEL
D'ARGENTEUIL
(Jean-Paul
Cruse 2 juin 2008)
"Nous
n'oublions pas Gilles Tautin,
lycéen maoiste de 17 ans, noyé dans la
Seine en tentant de fuir une charge de police à
proximité de l'usine Renault de Flins, près
des Mureaux et de Mantes-la Jolie (78), où il
était venu comme nombre d'entre nous soutenir
les ouvriers français et immigrés refusant
de reprendre le travail pour quelques miettes, à
l'issu d'une longue grève,...
Nous
restons fidèles à la mémoire de
Pierre Overney, fils d'un ouvrier agricole de
cette même Beauce où mourut Gilles, militant
ouvrier de la Gauche prolétarienne chez Citroën,
puis à l'usine Renault de Billancourt où,
combattant l'indigne exploitation des O.S. sur les chaînes
de "l'Île du Diable"comme le
racisme anti-arabe et anti-noirs des petits chefs-flics
ou celui des assassins des ouvriers maghrébins
jetés dans le canal de l'Ourcq, et luttant pour
la libération complète de la Palestine
et la fin du régime sioniste d'apartheid, il
fut abattu, en février 1972, par le vigile Tramoni
- lui-même exécuté 5 ans plus tard
par un "commando de la mémoire".
Nous
ne les oublions pas, même si d'autres les oublient,
comme le renégat Geismar, aujourd'hui
conseiller de Delanoë, à la mairie de Paris,
et notable jospino-strauss-kahnien du PS, qui n'a jamais
levé le petit doigt pour qu'une rue, une ruelle,
un passage, porte le nom de Gilles ou celui de Pierrot...
Et je lance
donc un appel à tous en faveur de 4 objectifs:
1 - Se battre
le temps qu'il faudra, avec tous les moyens qu'il
faudra, pour que soit honorées comme il
se doit la mémoire de Gilles Tautin comme celle
de Pierre Overney - et que des plaques portant leurs
noms soient apposées sur les murs de la capitale,
ou d'autres villes...
2 - Pour celles
et ceux qui ont en mémoire la lutte pour la libération
de la femme, comme la lutte contre le racisme et contre
l'exploitation dans le travail, soutenir plus activement
encore le combat exemplaire de femmes de chambre noires
des grands hôtels, originaires d'Afrique, et plus
particulièrement du Mali, ou de Haïti, en
grève avec occupation depuis plus de 10 jours,
avec la CGT, la Ligue des Droits de l'homme, Femmes
Egalité et Droits Devant, dans les bureaux
de leur société de nettoyage, 138 rue
du Chemin Vert, au métro Père Lachaise
(Paris 75011) - et au-delà soutenir tout le combat
des ouvriers grévistes pour les papiers et pour
la dignité...
3- Lire, étudier,
et faire connaître le véritable bilan des
luttes de la période, tel qu'il apparaît
dans "REBELLES,
l'Histoire secrète des maos de la Gauche prolétarienne
- et ce qui s'ensuivit (1967-2008)",
et tel que ce site s'efforce de le faire vivre dans
les combats actuels
4- Et rester
ainsi, donc, plus que jamais ENSEMBLE au cœur d'une
RESISTANCE plus que jamais, selon le mot d'ordre des
manifs
pour la PALESTINE, "VOIE DE L'EXISTENCE".
- ACTEURS DE NOS VIES - acteurs au sens de porteurs
d'ACTES politiques EFFECTIFS, et non ACTEURS au sens
de comédiens, de clowns, de menteurs professionnels,
comme l'actuel et provisoire Président
de la République et les autres pantins de
la vieille politique dite "de démocratie
représentative". |
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|
|
"Nous
ne sommes manipulés par personne, nous sommes totalement
indépendants des syndicats" (d'enseignants).
"Ce sont
les lycéens, et uniquement eux, qui nous ont ouvert les yeux,
en
particulier ceux
d'AUBERVILLIERS
(93)
d'où
est parti
le
mouvement"
(Alexis NICOLET, 17 ans, élève
de seconde à Vaulx en Velin (Rhône), présidente
de la FIDL) |
|
RENAULT
(DACIA):la grande victoire des ouvriers roumains,
victoire pour nous tous aussi: clic
ici |
|
| Mardi
16 avril 2008. Paris. Chaque jour qui passe nous rapproche
du mois de mai, chaque manif des jeunes et de leurs profs,
unis, contre les suppressions de postes et pour une EDUCATION
digne de ce nom, DOTEE DES MOYENS NECESSAIRES, nous donne
une nouvelle bouffée de joie et de confiance |
"LES
LYCEENS TOUJOURS PLUS NOMBREUX DANS LA RUE" |
MOBILISATION. La mobilisation des
lycéens, qui dénoncent les suppressions
de postes enseignants, a franchi un cap. Leurs syndicats
seront reçus aujourd'hui au ministère
de l'éducation
"Hier, pour leur cinquième mobilisation
nationale en moins de deux semaines, les lycéens
étaient deux fois plus nombreux que mardi
dernier entre 19 000 (selon la police) et 40 000 (selon
les syndicats (...) Bien que sous tension permanente
et marquée, sutout en fin de parcours, par des
jets de projectiles sur les CRS et les gendarmes
mobiles, la manifestation a été
plutôt bien canalisée
par le service d'ordre,interne, composé notamment
de costauds de la CGT, de vigiles embauchés
par les syndicats, et de "grand frères"
des quartiers. (...)
"Dans le cotège de la contestation,
on croise quelques milliers de profs, d'étudiants
et de parents d'élèves, mais aussi
et surtout la jeunesse de la périphérie,
celle de Grigny, Massy, Enghien ou Aulnay-sous-Bois
qui trouve sa place entre une poignée de cercueils
portés par des hommes en noir sur lesquels on
distingue:"Ci-gît l'Education
républicaine". Aux premières
loges du défilé, une rebelle des cités
se prend la tête avec un syndicaliste à
barbe blanche, "Casse-toi, connard, l'insulte-t-elle.
"Et c'est pour ça que je me bats",
maugrée l'homme à barbe blanche (...)
"Parents, profs, élèves,
même combat", "Moins
de Rolex, plus de profs", "Heures
perdues, collège foutu",
"Oui au futur, non au futur antérieur",
clin d'œil ironique à Xavier
Darcos qui souhaite réintroduire
ce temps pas si simple dans les programmes du primaire
(...) Il y a aussi des militants (...) qui dansent sur
un tube du chanteur engagé ivoirien Tiken Jah
Fakoly, des anars en rangers, un fan de mode "bling
bling" avec un sweat-shirt frappé du
mot "RAKAILLE", et des
beurettes d'un lycée professionnel de TAVERNY
(Oise) qui s'enveloppent dans des drapeaux
algérien et tunisien."On est fières
de nos origines et de nos couleurs. Et puis, aussi,
on ne veut pas être 40 en classe en septembre,
on est déjà 35", s'exclame
Zoubida, en remière année de comptabilité".
LE PARISIEN, vendredi 11 avril 2008 - Vincent
MONTGAILLARD (extraits).
- Rien à ajouter, rien à
enlever, dans ce récit d'un quoidien
modeste, revenu de très loin, qui a fail le PARI
d'une INFORMATION POPULAIRE DE QUALITE
pour le GRAND PUBLIC CULTIVE,
richesse de nos métropoles et de nos banlieues,
et qui en perçoit les DIVIDENDES - alors
que le prétentieux LE MONDE, en GREVE
et sur le chemin de la FAILLITE malgré
l'élimination des prétentieux "petits
maîtres" du "cercle de la aison"
et de la "pensée unique", MINC,
COLOMBANI, PLENEL, se prépare à
connaître le destin du TITANIC,
et que LIBERATION,
loin d'être tiré d'affaires malgré
sa révolution contre le PITOYABLE JULY,
décapité, reprend la marche arrière
après un sauvetage à l'arraché. |
|
|
Agrégé
de lettres, donneur de leçons, et GRAND COUPEUR DE
TÊTES DE PROFS DANS LES LYCEES, le lamentable
DARCOS, ministre de l'Education Nationale - et poète
agréable, dans le privé, pris en flagrant
délit de NULLITE CRASSE, d'INCULTURE ET d'INCOMPETENCE.
Vu à la télé, video-souvenir
accès par clic ici |
|
|
|
- Lycées "dépouillés"
par SARKO-LA RACAILLE
-
SOURCE
DU
GRAND
MOUVEMENT
DU
DEBUT
DU
PRINTEMPS,
AUBERVILLIERS
(93)
REPART
A L'ATTAQUE
CE
14 MAI
| "Mon
lycée va craquer"..."Darcos: copie
à revoir" "On va continuer après
les vacances!" ce n'est pas nous qui le
disions, mais l'excellent journal AUBERMENSUEL
(ci-contre) dont nous nous sommes permis de
reproduire la page, en en extrayant la photo d'IDRISS
(17 ans), sympathiue gavroche à casquette
en première année de mécanique
auto au LEP Jean-Pierre Timbaud, un des 50 membres
du "noyau dur de résistance" à
la réforme du B.E.P., syndiqué à
la FIDL, qui revendique avoir "essayé
de bloquer l'entrée avec tous ceux qui sont
motivés", a fait la grève un
mois, et espère qu'aujourd'hui, de nouveau,
"ça va bouger". Initiative originale
prise en commun par les jeunes et les profs, une
manif à Aubervilliers même, le 14 mai,
veille de la grande mobilistion de relance du 15,
sera-t-elle assez vigoureuse pour redynamiser un
mouvement qui ne dvrait pas s'essouffler? On ne
peut que l'espérer, en souhaitant aussi que
la population de cette cité emblématiue
de Seine-Saint-Denis, d'ancienne tradition "rouge"
et combattante, terre d'accueil de toujours pour
les immigrés de tous les continents, vivant
en harmonie avec l'ancienne population de souche
bretonne, beauceronne, auvergnate, lorraine ou normande,
ne se contentera pas de faire bon accueil au défilé
des jeues et de leurs profs, mais aura à
cœur de s'y joidre, et de gonfler le flot d'un
cortège organisé dans l'intérêt
de tous. |
|
 |
|
Le
mouvement de la jeunesse lycéenne contre la destruction de
l'Education nationale, les suppressions de postes d'enseignants,
avant tout en banlieue, et l'aggravation des conditions de travail
dans l'enseignement technique, aura-t-il la force de repartir après
les vacances de Pâques, en Île de France, et spécialement
dans le "93", où
il est né (à Aubervilliers, précisément)
?
Signe un peu inquiétant,
les tentatives d'extension aux "zones" de province
qui ne sont pas ou plus en congés, ne semblent pas, à
ce jour, d'un impact suffisant.
Mais, à l'approche
d'un quarantième anniversaire de MAI
1968, où tout annonce une puissante "convergence
des causes", des mouvements collectifs des ouvriers privés
de papiers de la restauration, de la sécurité, ou
du BTP, organisés sous l'impulsion du superbe prolétariat
d'Afrique noire, avec la CGT, soutenue par "Droits Devant",
à ceux de la classe ouvrière la plus moderne et la
plus qualifiée des emplois de haute technologie eux aussi
menacés d'un "nettoyage au
kärcher" (AIRBUS, sdérurgie lorraine),
les conditions restent réunies pour une nouvelle vague de
rébellion lycéenne contre la planification de l'échec
scolaire que constituent les économies de bouts de chandelles,
sur le dos des profs, et des élèves, du plan SARKO-DARKOS.
Echec
scolaire qui, rappelons-le, avait été la source de
la flambée de 2005, allant jusqu'à
des incendies d'établissements jugés
écoles de l'humiliation et de l'échec par les "sans
espoir" à capuches, "desperados"
de 12 à 15 ans poussés à une révolte
aveugle par les insultes et les provocations de SARKO-LA-RACAILLE,
et la mort horrible de Ziad et Bouna, électrocutés
pour s'être réfugiés dans un transformateur,
par peur de la POLICE AU KÄRCHER,
lancée aux trousses de ces deux adolescents innocents.
La
nouvelle génération de lycéens REBELLES, qui
sont souvent (photo) des lycéennes, et portent souvent le
keffieh, symbole du "soulèvement
des pierres" d'une autre jeunesse du monde, cible, elle
aussi, et elle d'abord, d'une politique
d'épuration ethnique comparable, sur le fond,
à celle qui ravage les territoires cyniquement abandonnés
à eux-mêmes d'au-delà des périphériques,
a su, en tout cas, jusqu'ici, prendre la relève
des"desperados à capuches" de 2005: elle
a pu le faire en décidant une fois pour toutes de
"compter sur ses propres forces" pour
prendre son avenir en main, notre
avenir, et pour rouvrir les chemins de l'ESPOIR.
Force tranquille,
elle a battu le pavé de Paris, de semaine en semaine - long
fleuve paisible et gai de dizaines de milliers, filles et garçons,
"renois", "gaulois", "rebeu",
main dans la main avec leurs profs, eux aussi de toute origine,
de toute opinion ou croyance, et de toutes les couleurs.
BELLE
JEUNESSE DE FRANCE, fière, à
juste titre, de ces premiers succès, et de
l'absence de tout dérapage notable, à l'exception...du
pillage d'une boulangerie par un groupe d' "ados affamés",
écho, ou prélude, de ces "émeutes
de la famine" qui secouent les pays encore dominés
du Grand Sud - et dont rien ne dit que la FRANCE DE LA MISERE,
où l'on compte les centimes, dès le 15 du mois, pour
l'achat du pain et du lait, est à l'abri, prends maintenant
le temps de réfléchir!
Nous comptons tous
sur toi, nous te faisons confiance.
Pour le retour de
Pâques, avec les travailleurs luttant pour l'emploi et le
salaire - et les papiers... - avec les sans droits, les
sans logis, les sans rien, qui ne sont plus des
SANS ESPOIR, cette jeunesse
est capable de nous mitonner UN MAI
2008 QUARANTE FOIS PLUS FORT ET PLUS UNI que celui dont les
sexagénaires aigris ou vaniteux des vieux media ou de l'édition
célèbrent, dans des livres minables et des émissions
nulles - un QUARANTIEME ANNIVERSAIRE EN FORME
D'ENTERREMENT, MAIS d'ENTERREMENT PEUT-ÊTRE PREMATURE, alors
que le CŒUR BAT!...
- Lire en séquence
spéciale: MAI
(2008), mouvement lycéen, grèves ouvrières
et manifestations dans le monde - dont les émeutes contre
la FAIM, annonce de la FIN
d'un MONDE "mondialisé", où la
spéculation "sans patrie ni
frontières", même sur le blé
et le riz, affame les uns, tandis que les autres s'engraissent.
Dans
un monde réel en plein bouillonnements où
monte une GRANDE VAGUE, sachons être LUCIDES, c'est-à-dire
OPTIMISTES.
Comme la jeunesse
de FRANCE, insolente, bigarrée, multicolore, et TRANQUILLEMENT
REBELLE, la jeunesse du monde s'est levée.
Elle est debout (en chinois:
"Fanshen".)
Et ceci nous annonce
une ère nouvelle, en "rupture" - mon SARKO...-
avec les diktats des SAIGNEURS DE LA FINANCE, FMI (DSK), OMC,
Banque mondiale, etc. A l'image de grands pays autrefois humiliés,
exploités, saignés à blanc, et aujourd'hui
debout, en marche sur leur propre voie, comme le BRESIL, la CHINE
(et désormais le petit NEPAL des MAOS
intelligemment UNIS, contre l'archaïsme royal et féodal
des affameurs, avec ce qui reste des vieux partis, de droite comme
de gauche, ralliés à la lutte pour une démocratie
nouvelle) le monde de ce début du XXIème siècle
retrouve la démarche libératrice des splendides années
1960 et 70, avec l'idée d'un DEVELOPPEMENT AUTOCENTRE, DEMOCRATIQUE
ET NOVATEUR, bien dans la VOIE CHINOISE DES
ANNEES MAO, où la "souveraineté
alimentaire" (Bové etc.) repose, de façon
indissociable, sur la souveraineté
intégrale de peuples et de nations libres - unis
par des accords de coopération équitables et mutuellement
avantageux...
Toutes ces nouvelles
sont bonnes, elles sont liées, et elles sont vraies. Fin
de la sinistrose.
CONFIANCE!
| Editorial
spécial
11 avril 2008
Jean-Paul CRUSE
Comme un amour perdu, et soudainement
retrouvé, revenu...
Comme un voile de brume qui
se déchire, ou se dissipe, libérant à
la vue les contours du paysage, tel qu'il est, et non comme
on pouvait le craindre, ou le rêver - et donnant accès
au ciel, et au soleil...
40 ans après
le printemps de feu de 1968, annoncé et
lui-même libéré par les
fusées éclairantes du Têt, nouvel an lunaire
Vietnamien, nouvel an d'offensive, d'esprit de sacrifice
poussé jusqu'aux limites ultimes de l'audace et de
l'insolence, tout s'éclaire d'un coup, et s'illumine.
- Et c'est l'HUMA, redevenue
journal du peuple, intelligent et clair (attention aux rechutes...),
qui définit elle-même comme une "tourmente",
la tempête qui fracasse les digues d'un vieux PCF sclérosé,
à la veille d'un congrès de la dernière
chance, sur la question du TIBET, qui est la questionde la
CHINE, et donc la question de la souveraineté du peuple,
des peuples, souveraineté en acte qui constitue "le
mouvement réel qui abolit l'état actuel",
essence, selon le barbu de Trêves à la barbe
fleurie, du communisme...
- Et c'est dans le même
lieu, au même moment, le sénateur trotsko-socialiste
Jean-Luc Mélenchon, oui, Mélenchon, ancienne
âme damnée de Dray, qui vient défier,
sur son blog, repris et surligné dans la presse communiste,
le lobby taïwanais, si proche du lobby tibétain,
et de leur clone israélien, et donc refuse hautement
de cautionner l'actuelle campagne de lynchage mediatique contre
nos amis chinois, grand peuple frère en lutte pour
son intégrité territoriale, morale et spirituelle,
contre le séparatisme ethnique et
ses "pogroms", oui, "pogroms",
Jean-Luc emploie le mot, et signe...
- Et c'est, au même lieu,
toujours, un jeune dirigeant CGT, digne des plus grands anciens
(Sémard, Tillon, Frachon, et Krasucki), Bernard Thibault,
le cheminot des grèves de 1995 dynamitant Juppé,
qui analyse ce mois de mai à venir comme celui d'un
printemps où "tous les ingrédients
sont réunis pour des mobilisations d'ampleur. L'ambiance
sociale n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était
il ya six mois. Entre la refonte de la carte famille nombreuse,
l'augmentation du gaz, la réforme de l'Etat, qui va
conduire à la suppression de nombreux services publics,
les mesures annoncées chaque jour (...) les conflits
dans les entreprises, (...) cette semaine nous avons repris
contact avec tous les responsables des organisations syndicales
afin de jeter les bases d'une journée d'action commune
en mai. Nous voulons travailler de façon unitaire,
mais, si ce n'est pas possible, nous prendrons nos responsabilités"
(Le PARISIEN, 11 avril 2008, p 4)...
- Et, ces "responsabilités",
dans la perspective de quelque chose de très grand
et de très beau, en ce mois de MAI 2008 d'un anniversaire
qui n'aura rien de la commémoration funèbre
fabriquée par la FRANCE moisie des livres pourris et
des politiciens à la ramasse, voici que la JEUNESSE
DE FRANCE, MULTICOLORE, GAIE, INDEFECTIBLEMENT REBELLE ET
OPTIMISTE, venue des lycées des BANLIEUES
VIVANTES, notre AVENIR, NOTRE ESPERANCE, commence elle-même
à les prendre, combattant à l'avant-garde, soleil
aux petites heures du matin annonçant de belles journées
à venir.
- Mais ce n'est pas
tout encore: annoncée,
claironnée, répétée et re-répétée,
au risque de lasser, dans ces colonnes-mêmes - et sans
toujours convaincre...- l'idée que le
monde réel
a basculé, et que "L'HYPERPUISSANCE
DES ETATS-UNIS, C'EST FINI", fait
la UNE, désormais, de la presse américaine elle-même
- avec la parution d'un livre solide et bien équilibré,
celui du politologue PARAG KHANNA, chercheur à la New
American Foundation, "The Second World: Empires and
influence in the new lobal Order"(Random House).
- Courrier International en
fait sa Une cette semaine, en donnant de très larges
extraits. Lecture indispensable.
|
|
|
("Le jour où
Robert Linhart ne s'est pas tu" - suite)
Emergeant sans difficulté, dans
l'insigne médiocrité de la production éditoriale
autorisée pour célébrer un quarantième
anniversaire de mai 68 aux allures de cadavre traîné
par des ânes sur un corbillard, un nom: Linhart.
- Linhart, Virginie, fille de Robert, auteur
d'un beau petit livre poignant et discuté "Le
jour où mon père s'est tu".
On attendait, bien entendu, la réaction
du père, le jeune philosophe brillant, meilleur élève
d'Althusser s'élevant très vite bien au-delà
du statut de disciple, anticipant, dès 1965, et l'effondrement
de l'URSS et celui du PCF, avant d'aller, dès 1967,
avec une délégation du bureau politique de l'UJC-ml,
la puissante orgnisation de jeunesse issue, sous sa direction,
de la moribonde Union des Etudiants Communistes (UEC), alerter
l'ambassade de Chine sur l'imminence d'un mouvement de rébellion
qui, en France, disait-il, contrairement à d'autres
pays touchés aussi par le souffle de la "guerre
du peuple", au Vietnam, aurait nécessairement
"une forte composante ouvrière".
Intuitions magistrales, encore renforcée par une autre
anticipation, elle, purement, géniale, qui, dès
le 10 mai 1968, dans
l'atmosphère électrisée des barricades
où le gauchisme ordinaire voyait la Révolution
contre le Capital frapper aux portes de la France, stupéfia
ses jeunes militants, survoltés,en leur annonçant
que ces événements arrivant de façon
prématurée, sans que leur jeune organisation
marxiste-léniniste ait eu le temps de s'enraciner suffisamment
dans les usines, les seules forces à en bénéficier,
à terme, sur le plan politique, seraient les milieux
de la bourgeoisie la plus atlantiste, aussi
avides de porter un coup, si possible décisif, à
ce qui restait alors du Parti communiste, c'est-à-dire
pas rien, que d'en finir avec le gaullisme.
Quarante années plus
tard, avec tout le recul nécessaire,
de Pompidou en Giscard, puis de Mitterrand en Sarkozy, aujourd'hui,
une lente autant qu'inéluctable dégringolade,
démontrait la justesse, tragique, d' une analyse dont
l'auteur ne pouvait sortir intact.
Injurié, traité de "malade
mental", de "fou furieux", isolé,
destitué, trahi par son second, Benny Lévy -
rallié, lui, depuis aux charme des études rabbiniques
en yeshiva, jusqu'à Jérusalem, et au soutien
à Israël - Robert entamait alors une terrible
traversée du désert -
aujourd'hui seulement sur le point de se terminer...
Il a fallu que Virginie, l'une de ses
deux filles, fidèle, à sa façon, au parcours
d'exigence de ses parents, soulève un pan du voile,
pour qu'on évoque de nouveau le nom de Linhart, et
la personnalité attachante de ce grand intellectuel
engagé, sans doute le dernier du XXème siècle,
que nous fûmes un jour deux, sa deuxième épouse
brésilienne, Anna-Maria, rencontrée dans l'Alentejo
portugais soulevé par la réforme agraire, en
pleine "révolution des œillets",
et l'auteur de ces lignes, à assister, perdus, sur
le sol carrelé de leur cuisine où un jeune médecin
militant, acharné, puisait dans ses toutes dernières
énergies pour faire revenir à lui, et à
la vie, par un massage cardiaque en force poussé aux
toutes dernières limites de l'épuisement, l'homme
abattu par une cruelle maladie, venue aggraver ce
qui n'avait jamais été un désespoir total,
et dont personne ne saura jamais combien de minutes son cœur
avait cessé d'irriguer le cerveau, avant que la jeune
mère, partie une demie heure emmener la petite Clara
à son école, ne le retrouve à terre à
son retour, et n'appelle le médecin, d'abord, puis
moi.
Depuis, le tout-Paris du repentir de
mai et tous les petits "kapos" de la milice
de la pensée unique - sans omettre l'éminent
BHL, grand ordonnateur de l'ombre des funèbres cérémonies
du quarantenaire - avaient décrété la
mort de Robert Linhart - sa mort politique définitive,
s'entend, puisque au mal traité par la médecine
il avait survécu.
"Fou furieux", donc
- crime de clairvoyance... - "épave"
à peine survivante, "loque humaine".
Et la messe était dite, et la
malédiction, conclue.
Seule une poignée de
proches, et une partie du cercle de famille, considéraient
encore l'auteur de plusieurs livres majeurs,
écrits à partir du milieu des années
1970, et traduits dans toutes les langues, dont "Lenine,
les paysans, Taylor", condensé d'une
thèse fulgurante sur les racines les plus enfouies
de ce qui allait devenir l'échec de la première
révolution prolétarienne, "Le sucre
et la faim" (Brésil...) et le plus connu,
"L'Etabli" - récit
dense, lumineux, et sobre, de l'expérience du travail
à la chaîne et du militantisme dans la pire des
usines d'un "chef" digne de ce nom, homme
d'honneur qui n'aurait jamais envisagé d'envoyer les
autres "au charbon" sans payer de sa personne,
lui-même, et qui avait été s' "établir"
chez Citroën immédiatement après 1968,
et la curée lancée contre lui...
Virginie Linhart,
donc, dans son livre consacré aux "fils de...",
fondé en grande partie sur sa propre expérience
familiale, ne garde nulle aigreur d'une période, pour
les enfants comme pour leurs parents, difficile, au cours
de laquelle elle vit un jour le ciel lui tomber sur la tête
aves l'apparent emmurement de Robert, ce père trop
souvent absent, tout à la politique, que pourtant elle
vénérait, dans un interminable silence politique,
devenu drame familial. Elle dit ce qu'elle a vécu,
sans fard, avec émotion - et le lot d'erreurs,
grandes ou petites, dans pareille entreprise inévitable.
A la tribune de la salle Monnerville
du Sénat, ce 16 juin 2008, où Raphaël
Sorin et son ami Pascal Aubier nous avaient conviés
à dialoguer sur mai, devant une petite salle attentive,
où l'on notait avec plaisir la présence, notamment,de
Valérie Lagrange, Virginie, parlant "sous
le regard du père" (présent,
à la surprise de certains, mais pas de tous, dans la
salle), a tenu à souligner avec la plus grande netteté
ce qu'elle estime devoir à l'engagement de ses deux
parents, n'ayant nullement écrit,
contrairement à certains commentaires fielleux, un
livre de règlement de compte des "enfants
du mois de mai" avec ces satanés "soixante-huitards",
pour qui l' "amour du peuple" surpassait,
certes, tout autre - même les plus proches des plus
proches, et les plus chers des plus chers.
Robert serait-il là? Si oui,
allait-il sortir de son réel ou supposé silence?
Si oui, qu'allait-il dire?
On eut la réponse de la façon
la plus naturelle, la plus rapide, et la plus simple. Assis
discrètement au fond de la salle, et levant doucement
le doigt, comme dans une "A.G.", pour "prendre
la parole", il se contenta, dans un sourire plein d'affection
pour celle qui, portant son nom, lui succède dans le
statut d'écrivain, d'esprit indépendant et libre,
d'évoquer une anecdote d'un fameux voyage en Chine,
où les jeunes rebelles français avaient été
reçux, dès 1967, par le Président mao
lui-même et les autres dirigeants de l'époque...Comme
s'il n'était venu là, dans cette salle du Sénat,
que pour un malicieux "coucou, je suis là...Je
ne suis pas plus mort que fou, en tout cas pas plus que vous"
La grande voix de Robert s'était
tue, oui, longtemps. Longtemps: pas pour toujours.
Emmuré volontaire, ou protégé, plutôt,
de la barbarie et des barbares, par la "muraille de Chine"
qu'il lui avait bien fallu édifier, il s'était
protégé, sauvant sa peau. "Ce
qui ne me tue pas me rend plus fort", aime
répéter le capitaine Barril, qui en connaît
un bout sur le sujet, citant Nietzsche. - Resté vivant,
c'est l'essentiel, et donc, plus fort, porteur de longue mémoire
et de merveilleux savoir, Robert Linhart, aiguillonné,
sans doute, entre autres, par l'exemple et le défi
de sa fille, n'a pas fini de (re)"prendre
la parole" - et de nous étonner,
encore, (de ce verbe construit à partir de "tonner",
comme la foudre "tonne"), par la
fin de son silence..
Et que ceux qui ne liraient
ici que vœu pieux, prophétie à bon marché,
ou mièvre niaiserie, se souviennent de ces lignes écrites
le 18 juin 2008.
Jean-Paul
Cruse |
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marteler les mots en martelant du poing la table, doucement,
avec retenue, qui était la sienne,déjà,
"dans l'Île", quand il s'agissait
de monter surun meuble, de gueuler contre l'augmentation
des tarifs de la cantine du C.E., après ceux
du ticket de métro, et de lancer: "on
mange, et on ne paye pas!". Juste avant que
se déclenche une homérique bagarre...
C'était le temps des maos,
le temps où dans les cafés du
Bas Meudon ou de Boulogne, sans parler de Billancourt,
ou de Gennevilliers, banlieue cousine, quand un patron
plus raciste que les autres, ou seulement plus imprudent,
refusait de servir un noir ou un arabe, "on
revenait à 50, on commandait 50 cafés,
sans les payer. "Tu peux
appeler les flics"...En sortant, on disait:
"On peut revenir..."
"Dans nos pays, dit-il, c'était
la dictature,c'était la peur, et c'était
la prison...A l'usine, à partir de 68, on a commencé
à voir de jeunes étudiants, des élèves-ingénieurs
et même des architectes, qui venaient pour nous
aider à lutter...Sur la Palestine, aussi, on
a fini par avoir des Comités Palestine partout,
quatre ou cinq ouvriers par atelier...Ensuite, il y
a eu la bombe qui a tué notre ami Mahmoud Hamchari,
représentant del'OLP à Paris...Beaucoup
de maoistes ont été arrêtés,
pour freiner le mouvement...Ils ont fait des grèves
de la faim, en prison...Beaucoup d'immigrés portugais,
italiens, algériens, ont été licenciés
de l'usine...Puis il y a eu les luttes des Sans Logis,
Boulogne-Billancourt, Gennevilliers, Nanterre...On louait
des camionnettes de déménagement, on venait
à 20 les installer en force, et on restait pour
les défendre...Je me suis un peu occupé
d'un foyer Sonacotra, aussi..."
La mémoire du vieil O.S., spécialisé
peinture, qui, licencié de Billancourt en 1978,
a continué à travailler et à lutter,
depuis, d'usine en usine - se brouille un peu. A l'image
de Benny Levy, le chef mao devenu renégat,
sioniste, et mort à Jérusalem, "qui
a bousillé tout l'argent de Sartre"
se superpose celle de Bernard-Henri Lévy, fils
du bois tropical, lui, et pas de la banque égyptienne,
et du coton, qui joua son rôle, en coulisses,
et portefeuille aidant, dans la Grande Trahison
de la mi-1970.
Hadj se souvient des grands intellectuels, les vrais,
venus aider les ouvriers, finançant le mouvement,
Maurice Clavel...
"La lutte, c'est très dur, dit-il,
amical, mais sincère aux "petits jeunes
de l'Agen", qui l'ont invité, et qui
le savent...Il faut du temps, ce n'est pas facile,
et ça ne vient pas comme ça...A l'époque,
nous les immigrés, on souffrait pour le logement
(10 par chambre), pour les papiers, mais il y avait
du travail...Aujourd'hui, c'est la peur... Peur de perdre
son travail, sa femme, son appartement...- C'est
la peur: mais quand tu pars en guerre, il ne
faut pas avoir peur de perdre ta vie, ta femme, ou ton
appartement...Notre force, c'est qu'on était
soudés. On était une famille. Si tu n'as
plus de logement, plus d'argent, plus de femme, cette
"famille" va t'aider, on le savait..."
"Pour faire avancer la lutte, poursuit
Hadj, oncentré, voix douce, poing martelant la
table, mais doucement, "il faut aller chercher
les gens, où ils sont...ça se fait devantles
usines, les foyers, les facultés, les écoles,
dans l'aide aux parents d'élèves, aussi...Il
y en a qui touchent 600 euros par mois, et même
les pâtes, maintenant, coûtent très
cher...En 2009, il va y avoir une grande misère,
les gens seront obligés de bouger...On n'attend
pas que les gens viennent, il faut aller les chercher...Laissez
tomber pour les diplômes, ça ne sert plus
à rien aujourd'hui...Quand on est jeune,
il faut en profiter pour aider les autres...A 50, on
peut prendre une ville comme Nanterre...A Colombes,
on l'a fait...Je préfère la gauche
aux autres, même les salopards de gauche...A force
de distribuer des tracts, j'ai eu les pids enflés,
j'ai tout de même un certain âge, maintenant
- 65 ans - mais je sais comment il faut faire..."
Avant le veil homme toujours debout, sur ses vieux
"pieds enflés", plus "Hadj"
(sage, ou saint, comme on veut), que jamais...),
Romain, mao de l'Agen, avait lancé le débat
en quelques mots. Mots d'hommage, réfléchi,
à ceux de la Gauche prolétarienne,
"qui ont fait beaucoup d'erreurs, sans doute,
et qu'il ne s'agit pas d'imiter, mais dont il faut étudier
l'expérience, porteuse des deux principes de
base du maoisme, "servir
le peuple", et "oser
se révolter", et dont tous
les livres parus sur 68 disent du mal, ça ne
peut être un hasard, tandis qu'il n'y a pas un
mot contre les trotskistes... Le NPA, aujourd'hui,
veut clore toute cette histoire, l'enfouir, et la faire
disparaître..."
Après parla le vieux Pierrot,
un de ces nombreux "prolos"
de la GP qui refusèrent de "décrocher",
en étant tout bonnement incapables, comme Hadj,
Houcine, "Sergent-chef" ou Sadok.
Pierrot, le seul, ou presque, à croire que "la
solution" était de créer, comme
ça, une "nouvelle Cause du peuple",
puis un "Parti Communiste maoiste",
construit sur du papier, doctrinaire, légal,
et légaliste, fidèle à la mémoire
du vieux temps mais incapable, apparemment, de libérer
des énergies nouvelles "au feu de la
pratique"...
Après le débat, devant un bref sandwich,
et trop peu de vin rouge - pour ceux qui en boivent
- "Hadj" demanda
des nouvelles de tout le monde, en général,
et de Rémy le Corse, en particulier
- ainsi que de Rosine, une de ces juives
antisionistes brunes au regard de feu qu'aimaient et
qu'aiment les combattants jamais devenus "anciens
combattants" de l'usine Renault deBillancourt.
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Il n'a plus - outrages du temps - la longue chevelure
flamboyante qui, sur un corps d'athlète, impressionnant,
faisait de cet O.S. du "cinquième
étage-peinture" de
l'Île Seguin, à l'usine Renault
de Billancourt, le Vercingétorix arabe
de la révolte
des O.S. opprimés de l' "usine
du Diable".
Mais il a conservé sa foi - prolétarienne...-
d'homme venu d'ailleurs, en général, et
d'un pays de cruelle dictature, en particulier- dont
peu ont connu ou connaissent le nom et le prénom.
Et cette façon de (suite
à g sous la photo,
clic ici)
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Video: Hadj parle.
Clic ici
(Reportage: Fehd 93)

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REBELLES
-L'histoire secrète
des maos de la gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit
(1967-68/2008)
(suite)
VI
Guerre secrète à Libé
(1977-2006)
- 3 novembre 1981. « Allo...C'est
Gilles...Dis-moi, Jean-Paul, il y a un truc qui m'ennuie un petit
peu...Je viens de croiser Jean Glavany, à l'Elysée...C'est
un copain. Il m'a pris dans un coin. Il m'a parlé
de toi...Enfin, de l'attentat contre ce navire de guerre britannique,
sur le port de Nantes, chez toi. Un truc plus ou moins lié
à la grève de la faim de Bobby Sands…"
- Selon les propos de l'homme du Président, tels que me les
rapporte mon interlocuteur, la DST aurait fait savoir à qui
de droit que "le correspondant de Nantes de Libé",
"noir comme du charbon" (bien chargé,
dans leurs fichiers), se trouvait sur les lieux de cet attentat
à l'explosif, très vite, au petit matin, tôt...Avant
même que l'info ait été donnée à
l'AFP, et aux radio..." Il aurait partie liée
avec le commando..."- "Vois ce qui se passe,
Gilles, aurait poursuivi Glavany, "dis à
July de faire gaffe, et tiens-moi au courant... ».
Gilles Bresson, qui me passe ce coup de fil, est un gentil garçon.
Chargé des reportages sur les luttes ouvrières et
paysannes dans l'ouest, c'est lui qui est venu me chercher, vers
1976-1977, "de la part de Serge". A l'époque
de Dubigeon, de Cheix-en-Retz, de La Vigne Marou, Mésanger,
et du Pellerin. Il voulait me faire intégrer la rédaction
de Libération.
Peu attirés par un quotidien de tous les combats replié
vers l'apologie de "toutes les marginalités",
avant de devenir celui de tous les pouvoirs, à commencer
par la gauche "Vichy rose", triomphante, de cette
année sans grâce (1981), les maos de Nantes
qui avaient décidé de "continuer"
y voyaient l'instrument de la liquidation de la G.P., et l'outil
d'un "recentrage" politicien, aux couleurs, sales,
du reniement...
Pour y donner tout de même un peu d'écho aux luttes
ouvrières et paysannes de la région (où nous
étions, pour la plupart, restés intégralement
immergés) j'y "pigeais", tout de même,
à l’occasion - en marge de mon emploi d' "animateur"
salarié des Paysans-Travailleurs, de la rédaction
de l'hebdo né de l'A.P.L., Les Dits de Nantes, et de notre
"travail de masse" dans le cadre du puissant mouvement
populaire contre le projet de Centrale Nucléaire au Pellerin,
ainsi que dans diverses usines...Du coup, je pilotais Bresson, quand
il passait. Il avait, au départ, une vraie fibre sociale
- qui allait se perdre, hélas, avec son passage à
la rubrique politique.
Que Serge commence à regretter, déjà, cette
décision d'embauche d'un "correspondant de Nantes"
atypique (que lui a en fait suggérée, le numéro
2 de la N.R.P., Maurice Brover ("Momo") devenu
le numéro 1 depuis le reniement de Rolin), j'en suis parfaitement
informé, je peux le comprendre – et je m'en
bats l'œil.
Il n'avait qu'à réfléchir avant. C'est son
problème.
Gêné par la montée en puissance, autour de lui,
d'un clan de bureaucrates venus de la "gauche syndicale"
de l'UNEF, en passant par les "Cahiers de Mai",
July s'est servi de ces gens-là, qu'il connaît bien,
pour éliminer la plus grande partie des maos du journal.
Mais il a peur de ses nouveaux alliés, maintenant.
Ils ont fait rentrer nombre de leurs amis. Ils tiennent quelques
leviers. Et leurs manœuvres de couloir s'intensifient.
Trop pressés, selon celui qui entend devenir et rester durablement
le "patron de Libé",
ils veulent dès maintenant jeter le journal dans
les mains de la tendance la plus "moderniste",
néo-capitaliste, du Parti Socialiste, autour de Rocard et
du secrétaire général de la CFDT, Edmond Maire,
bientôt relayé par Chérèque-père,
influents "amis du journal"...
Quand July renforce son aile gauche - et
se fait plumer, comme un canard...
Sur le fond, July n'a rien contre cette dérive.
Mais il veut rester le maître, et pas devenir le domestique
d'un "P-dg-actionnaire" mis en selle par une
frange socialiste dont il n'est pas encore sûr que c'est la
bonne - là-dessus, il ne se trompe guère...
Courant 1977, donc, il envisage un "coup de barre
à gauche".
Il cherche quelqu'un pour l'incarner: un journaliste d'esprit indépendant,
"qui sache enquêter, et écrire",
qui ait du caractère, autant que de la "bouteille"
- et pas trop éloigné de l'axe "mao"
du Libération des origines.
Il demande donc conseil à "Momo"- à
qui l'attache un double lien, assez étrange.
C'est "Momo", en effet, qui lui a succédé
dans le cœur d'Evelyne, son épouse légitime,
devenue de ce fait son ex. Puis le "briseur de ménage"
est redevenu son rival, et son vainqueur dans un second match,
coexistant avec lui sans complètement, cette fois, le supplanter,
dans de nouvelles attaches avec une autre femme de caractère,
devenue "contremaîtresse"
au journal (petite-chef, cinglante...).
C'est donc à son quasi "beau-frère"
que Momo a conseillé de regarder de mon côté.
Serge, qui a la mémoire de ses fascinations successives,
même si l'une chasse l'autre, se souvient parfaitement du
marché de Montrouge, et du bassin des poissons rouges d'Ulm
- parmi d'autres choses. Il n'ignore pas que je me suis
dressé contre la décomposition des maos, donc aussi
contre lui, aux "Chrysanthèmes", et depuis.
Mais "la guerre civile", imminente, thème
de son premier livre, en 1968, pour lui, c'est du passé.
C'étaient des mots, ce sont des mots - un paillasson
pour s'essuyer les pieds, dans une patiente escalade vers les escaliers
du pouvoir, les jolies femmes crédules, les smokings et les
gros cigares. Au même titre que les "actions
de partisans", préparant "les soulèvements
populaires, puis la lutte armée", les grèves,
les usines en lutte, la solidarité populaire et les combats
de rue - sans oublier la "juste" "haine
de classe", "prolétarienne",
contre les pratiques sado-maso ô combien fascinantes et peut-être
ou peut-être pas criminelles du notaire gros mangeur de viande
fraîche de Bruay...
"Bougiste" compulsif, impénitent,
confondant mode et tendance, et sautillant frénétiquement
d'un "must" à l'autre,
Serge ne parvient pas à seulement imaginer que tout le monde
ne soit pas comme lui, qui "zappe",
en permanence, fasciné par tout ce qui vibre et brille
- comme un gros poisson stupide, bouche béante, entre insectes
et hameçon...
Devenu journaliste, "Polo", pense-t-il, fera
"comme tout le monde". Il prendra le pognon,
les notes de frais, les belles fréquentations, et "finira
par se calmer". En attendant, il sera un contrepoids
utile aux "droitiers" du journal, qui se font
"lourds" et, comme il le dit lui-même dans
le langage vulgaire qu'il affectionne, commencent à le
"brouter".
Sans se "calmer", ô, certes, mais sans
s'énerver non plus, et en prenant son temps,
l'instrument supposé de sa subtile manœuvre va
faire de son mieux pour répondre, effectivement, à
son attente. Au-delà de ses espérances, même..
Il voulait un "contrepoids", plus militant,
plus offensif, et "plus à gauche". Il
l'aura.
Courant 1979, une longue série de reportages sur les luttes
paysannes, les métallos des chantiers navals Dubigeon saboteurs
de parcmètres, les "enfants fous de Kerlédé"
(cité de Saint-Nazaire), et même les manifestations
amphibies de soutien aux prisonniers politiques d'E.T.A., nos amis,
exilés à l'Île d'Yeu, etc., ont assis la réputation,
dans le journal, du nouveau "correspondant permanent"
de Nantes - qui semble ranimer la flamme vacillante du tout
premier Libération.
Le "journaliste de Libé", incontestablement
et administrativement journaliste, exhibe maintenant, sourire aux
lèvres, sa carte de presse bleu-blanc-rouge, toute fraîche,
en marge de manifestations houleuses. Les policiers locaux,
désabusés et ironiques, ne perdent plus leur temps
à la contrôler, mais restent convaincus que le porteur
de ce talisman protecteur, qui se tient ostensiblement à
l'écart des "fauteurs de trouble", parfois même
dans les rangs des forces de l'ordre, avec un énorme appareil
photo, un Canon, muni d'un ostensible zoom, en général
approvisionné, mais purement symbolique, y prépare
toujours, sous sa couverture d'observateur salarié, des "dérapages"
calibrés au millimètre, ou autres "coups tordus"...
1979, donc. Le moment semble enfin venu, donc, de passer aux choses
sérieuses.
Libération ralentit, et entre dans une phase de stagnation,
qui, financièrement, signifie pour lui "zone rouge".
Le journal s'équilibre encore, de justesse. A part
les souscriptions, et le produit de quelques petits hold-up,
recyclé dans le "journal des libertés"
par quelques marginaux naïfs au grand cœur (qui commencent
à le le regretter) le journal tient toujours sans
aucun apport de capitaux extérieurs et sans pub. Il est libre.
C'est un "principe fondateur".
C'est à dire, pour July, Marc Kravetz et toute la bande,
unis maintenant sur la même tactique, une "rigidité"
gênante, un vieil a priori sans valeur bon
à être renvoyé au magasin des accessoires hors
d'usage - mais le moment venu, seulement, dans un cadre théâtral,
dramatisé à souhait, en comptant sur
une savante "intox" bien préparée
dans les couloirs, débouchant sur un de ces accès
de panique qui jette régulièrement l' "équipe",
ou ce qu'il en reste, dans un précipice à moutons
de Panurge...
A l'extérieur mais est-ce encore l'extérieur? - quelques
"amis du journal", par ailleurs hommes d'affaires, dont
l'homme de haute culture à la vue longue qu'est Jean Riboud,
époux d'une belle Indienne de sensibilité communiste,
apparentée au grand poète Rabindratah Tagore, et le
généreux mécène des "ex-UNEF"
Christian Blanc, futur député U.D.F., puis U.M.P.,
patron de la RATP, d'Air France, et néo-sarkozyste en 2008,
attendent que l'oiseau leur tombe tout rôti dans la bouche...
"Bande des Quatre"
rue de Lorraine
En 1979, rue de Lorraine, dans le quartier populaire du XIXème
arrondissement de Paris où siège Libération
depuis sa naissance, l'approche des Présidentielles
de 1981 fait saliver les anciens "jeunes gens
en colère", devenus, à l'approche
de la quarantaine, des Rastignac pressés. Une longue
série d’A.G. de crise, tumultueuses, accouche de l'élection
à l'unanimité d'une « Bande
des Quatre »: un « directoire provisoire"
du journal.
Chacun de ses membres, détaché, s'il le souhaite,
du travail journalistique au quotidien, doit travailler aux éléments
d' "un projet de relance" - une "dernière
chance", avant bien d'autres...
Les "Quatre" sont July, qui
domine alors son sujet, Marc Kravetz, Gilles Millet, et moi-même.
Ce deuxième Gilles est lui aussi un bon copain, mais surtout
un ami politique - anti-liquidateur, ou, comme
on dit alors, "tendance Veuve mao"...
Même s'il a abandonné, dit-il, lui, toute activité
militante, sa pratique journalistique réellement engagée,
courageuse, originale, est restée, sur le fond, progressiste.
Elle lui vaut de larges sympathies à l'intérieur de
la rédaction, et bien au-delà, spécialement
dans les milieux du grand-banditisme, dans la mouvance d'Action
Directe, chez les Arabes et chez les Corses, milieux au sein desquels
il a été un des tout premiers journalistes professionnels
à s'immerger, gagnant des sources précieuses, durables,
et la confiance.
Gilles constitue un des deux "pôles progressistes",
au sein des "Quatre" - ce qui traduit un rapport de force
appréciable dans l'ensemble du journal. En compagnie de Frédéric
Laurent (ancien mao de Nice, et futur secrétaire particulier
de François de Grossouvre, l'homme des affaires secrètes
de l'Elysée) alors sur la même longueur d'onde,
il a sablé au champagne, l'exécution de Tramoni, devant
un July blanc de rage (et de trouille). - Et c'est un de
ses copains de lycée de la "bande de Melun", Maurice
M., devenu photograveur professionnel, et membre discret, donc -
selon des sources crédibles...- de la puissante CGT du Livre,
que la Brigade criminelle chatouillera, quelque temps, au cours
de l'enquête. On lui reprochera d'avoir détenu une
arme qui pourrait être celle du passager de la moto du
"commando de la mémoire" de Limeil-Brévannes,
en 1977 - mais s'avérera, selon l'enquête officielle,
ne pas l'être...
En bons termes personnels, étrangement, avec Gilles Millet,
Marc Kravetz, avec sa belle voix de bronze, dont il use et abuse,
et une "tronche" originale, qu'il juge, personnellement,
"superbe", vit dans un perpétuel dilemme.
Il n'a jamais pu savoir s'il préfère s'écouter
parler, se regarder dans la glace, ou se délecter des délicats
effets, toujours un peu trop appuyés, de sa propre écriture.
Cet ancien magouilleur de l'UNEF, passé par les estimables
"Cahiers de Mai", doté d'une jolie petite plume,
se rêve depuis toujours en Albert Londres; voire, quand il
s'est trop poudré le nez, en Malraux...
De l'ancien aviateur antifasciste de la guerre civile espagnole,
devenu maquisard en Dordogne, puis ministre de la culture du général
De Gaulle, auteur de l'immortelle apostrophe, "Entre ici, Jean
Moulin...", au Panthéon, et de quelques grands livres
- "L'Espoir"...- , Marc a, entre autres péchés
mignons, une tendance à l'emphase. Mais, chez lui, elle tourne
neuf fois sur dix à vide.
Très logiquement, il mendie depuis toujours le titre ronflant
de "GGGrand Reporter" - et les
notes de frais qui vont avec...
Mais pour entetenir ce genre de poules de luxe, il faut de l'argent,
et donc, "un vrai journal", avec "de
vrais capitaux", et, au final, "un vrai patron"..."En
toute indépendance", bien sûr: l'indépendance
n'étant, selon ce hâbleur impénitent, dérouleur
de sophismes à la chaîne, rien d'autre que
ce dont se réclament, verbalement, tête droite, et
regard haut levé vers un horizon glorieux, creux, les "vrais
journalistes" - cette élite rare de surdoués
de la métaphore ronflante, de l'écriture ampoulée,
et du "reportage à l'américaine" dont,
pense-t-il, il est "un des meilleurs".
Séducteur roué, quoique un peu sur le retour, amolli
par l'abus de substances oniriques connues aussi pour leur éphémère
effet Viagra, ce bon manipulateur d'A.G., est servilement appuyé
par les "sous-marins" des réseaux que tisse inlassablement
son "commissaire politique", le tortueux Péninou,
garçon plus laborieux mais (sans doute) plus honnête,
issu de la même filière. Ils sont les deux porte-parole
de l' "aile droite" du journal, à les
entendre le camp "réaliste", "pragmatique",
et "moderniste", qui donnera à Libé
"les moyens de se développer sans se vendre".
Ils exercent une pression permanente sur July qu'ils jugent,
sur le fond, de leur côté, mais mou, veule, lâche,
et louvoyant, ce qui est un fait certain, en fonction des rapports
de force...
Derrière eux s'agglomère la faction la plus pressée
de "réussir", et, croyant que les voies
du vrai pouvoir sont là, la plus avidement pro-capitaliste,
pro-américaine, et pro-israélienne...
Marc, avec qui je m'efforce de conserver des relations diplomatiques,
courtoises, a choisi son ennemi. Il sait
qu'il me faut du temps, pour structurer
un camp encore faible. Il me provoque en permanence. Il
cherche à me faire sortir de mes gonds, à m'isoler
des trois autres membres de notre "Bande des
Quatre", et de la majorité, donc, du journal.
Il m'accuse d'être "trop rigide", sur de
trop anciens "principes". Et
je n'ai pas d'autres ressource que de les écrouler de rire,
tous, au cours d'une solennelle réunion de la "Bande",
en lui répondant, l'air profondément réfléchi,
impassible et hiératique comme le grand mandarin rouge Zhou
Enlaï, mon modèle, que "même si nous
avons tous appris, modestement, de nos excellentes camarades féministes,
à combattre le "machisme" et le phallocentrisme,
il y a des domaines, tout de même, où un minimum de
rigidité reste un adjuvant agréable - à
défaut d'être systématiquement indispensable."
Il rit, comme les trois autres, et se repoudre un peu, pour donner
le change...Bref, nous rompons quelques lances, mais rien n'avance,
ce qui est en fait son objectif. Il joue la crise, donc la montre,
et notre "bande" s'enlise...Sans grand succès,
j'essaye d'ouvrir quelques pistes de débat sur le fond; et
d'inciter Gilles (Millet), voire, derrière lui, Serge (qui
balance entre Marc et nous) à offrir un minimum de résistance
aux charges frénétiques des partisans d'un "recentrage"
pseudo-réaliste - qui ne peut finir, pas besoin d'être
Madame Soleil ou Kang Sheng pour le sentir, que dans les mains d'un
quelconque Rothschild...
Mais en ce mois de novembre 1981, quand Bresson me
fait part de ses soucis d'habitué des couloirs de l'Elysée
et de leurs rumeurs chuchotées dans les recoins, la "bande
des quatre", comme nos histoires de "principes",
"rigides" ou pas rigides, n'est plus qu'un souvenir.
Elle a explosé en vol.
Après avoir lâché une dernière salve
de rupture, sous la forme d'un texte de "projet",
franchement loupé, le "préfet de Nantes"
est "reparti sur ses terres" - comme l'écrit
l'acide et pertinent chroniqueur des Frondes obscures de la rue
de Lorraine, dans une spirituelle "chronique d'Abgar."
Chacun a abattu ses cartes.
Les rapports de force sont là. Ils sont clairs.
Et plus la peine de se soucier des rougeurs qui empourprenr jusqu'au
cramoisi absolu les joues, molles et grasses, déjà
(abus de sauces riches et de vins chers dans les restaurants chics...)
de Serge July, ni de ses éventuelles colères, ni de
ses inévitables menaces - sur une peau tannée, elles
glissent...
Mais je ne veux pas faire de peine à Gilles (Bresson).
Je lui réponds donc gentiment, sur cette histoire de bombe,
et de navire de guerre anglais, feignant le plus vif souci,
et je me rends, dare-dare, sur le port de Nantes - où je
m'étais, bien sûr, gardé de mettre les pieds,
ce matin-là, restant à la maison à l'écoute,
patiente, de la radio...
- La "CGT-Libé terroriste" et
les "nageurs de combat" maos du port de Nantes
(suite dernière colonne
de droite,
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par clic ici |
- VIE CHERE: ON S'ORGANISE!
-
Les
yaourts du
ras-le-bol
"On jugeait les Robin des bois du yaourt vendredi, à
Douai. L’histoire commence quelques jours avant Noël
2004. Sept paysans du Nord prennent d’assaut Nestlé.
Une attaque en douceur à l’usine de Cuincy, près
de Douai. Ils lèvent la barrière de sécurité,
se dirigent vers le hangar des yaourts prêts à partir.
Ils remplissent en dix minutes leurs voitures de profiteroles, de
yaourts aux myrtilles et de desserts à la vanille, et filent
sur l’autoroute vers le quartier populaire lillois du faubourg
de Béthune. Là, ils distribuent leur butin aux pieds
des barres d’immeubles, et leurs tracts signés Confédération
paysanne.
Ce qu’ils disent ? Que c’est «le
pot de terre contre le pot de fer».
Qu’ils sont pris à la gorge par un prix du lait trop
bas, et prennent à témoin le consommateur : «même
quand les prix du lait sont bas, les yaourts sont chers. Par contre,
quand nos prix montent, là, la grande distribution le répercute
sur le consommateur», résume Antoine Jean,
éleveur, devant le tribunal correctionnel de Douai. A ses
côtés, Jean-Michel Sauvage, Elisabeth Darras-Ternoy,
Gabriel Dewalle, Patrick Lallier, Bernard Coquelle, Hubert Caron.
(...) Corps rudes, mains raides, ils racontent, se décrivent,
«père de famille», «mère de famille»,
«syndicaliste», même «chrétien»
dit Bernard Coquelle, un grand sec sous sa touffe de cheveux
noirs. «En tant qu’homme et en tant que
chrétien, je n’accepte pas que la richesse aille toujours
dans la poche des mêmes.» Elisabeth Darras
: «Ça fait trente-deux ans qu’on
livre du lait à Cuincy. Avant ça s’appelait
La Roche aux fées, Chambourcy, maintenant Lactalis-Nestlé.
(...) Ce matin, avant de venir, j’ai trait quarante vaches.
Et ce soir quand je vais rentrer, je vais les traire aussi. Quand
les prix baissent, (...) soit on baisse les bras
et on arrête. Soit on se révolte. (...)Ma ferme m’a
permis de vivre et d’élever mes enfants. J’aimerais
pouvoir la transmettre à quelqu’un.»
Elle gagne 1 040 euros par mois.
Patrick Lallier vit sur le salaire de sa femme infirmière.
Un autre gagne 700 euros par mois. A l’époque, les
éleveurs vendaient leur lait 28,5 centimes le litre, contre
31 trois ans plus tôt. Ce n’est pas Nestlé qui
fixe le prix, mais une commission dans laquelle la Confédération
paysanne ne siège pas. Jean-Michel Sauvage : «Si
les pots de terre s’unissaient, on pourrait vivre de notre
travail.» (...) Producteur de porc, il montre
des barquettes de lardons achetées à Leclerc.
«Le lard, je le vends à 2 euros le kilo à
Caby, filiale de Nestlé. Leclerc le vend à 9,60. J’estime
que 5 à 6 euros vont dans la poche des actionnaires.»
«On s’est pas levé un matin en disant
"On va aller voler Nestlé"»,
dit Gaby Dewalle. Avant, il y a eu des blocages de site. Il
est même allé à Vevey, en Suisse, au siège
: «Les vigiles m’ont blessé les mains
à coups de matraque, j’aurais dû le faire constater
par un docteur.»
Est-ce du vol ?
«On a prélevé des yaourts, et on les
a emmenés sur Lille. C’était symbolique.(...)
C’était l’équivalent de ce que Nestlé
avait volé à un éleveur, sur un an. C’est
tout petit.(...)Liliane Bettencourt, de L’Oréal, a
5 % des parts de Nestlé. En dividende, c’est 70 millions
d’euros par an. Voilà les voleurs.»(...)Nestlé
réclame 5 000 euros pour les yaourts, 5 000 pour la désorganisation
de l’usine. Et le paiement des frais d’avocat. Me Emmanuel
Riglaire, pour la Confédération paysanne, demande
la relaxe, au motif que les «voleurs» ne
se sont pas enrichis".
La procureure a requis la relaxe pour Jean-Michel Sauvage qui
n'est pas entré dans l'usine et n'a pas distribué
les yaourts. Et pour les autres 1 000 euros d’amende.
Jugement le 30 mai.
( - Un article-canon de Haydée Sabéran,
LIBERATION 26/04/2008 (Extraits)
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| DIALOGUE
DE SOURDS AU MINISTERE
"Hier, les représentnts
des deux principaux syndicats lycéens étaient reçus
par le ministre de l'ducation nationale, xavier DARCOS. "On
n'a pas eu de réponses concrètes, ni concernant le
bac pro en 3 ans, ni concernant les suppressions de postes, expliquait
Alix Nicolet, présidente de la FIDL, à l'issue de
l'entretien. "On n'a pas parlé en termes de chiffres."
"Les lycéeens ont sur faire preuve de responsabilité,
selon le président du premier syndicat lycéen,
Florian Lecoutre. "L'UNL attend que le ministre fasse
de même.
"On continue la mobilisation
mardi, a prévenu, hier, Alix NICOLET, présidente
de la FIDL.
Les syndicats lycéens
veulent maintenir la pression, l'UNL appelant égalemet à
la mobilisation mardi.
grégory Martin, L'HUMA,
samedi 12 avril 2008 |
MANIF
MARDI POUR LES TROIS ACADEMIES D'ILE DE FRANCE
Les syndicats de professeurs
SNUIPP (enseignants du primaire), SNES-FSU, SNUEP-FSU, CGT, FO eSUD
et CNT se joignent à l'appel des organisations lycéennes
(UNL, FIDL).
Départ 14 heures
place de la République, direction NATION. |
"ON
A LA RAGE EN NOUS"
Alexis NICOLET, 17 ans, présidente
de la FIDL.
"Pour la sixième fois en trois semaines,
(...)l'UNL et la FIDL, toutes deux mobilisées contre
les 11200 suppressions de postes à la rentrée dans
l'Education, ont invité les élèves
à battre le pavé mardi. (...)Pour Alix
NICOLET, élève en seconde au lycée Robert Doisneau
à Vaulx-en-Velin (Rhône) (...) "le combat
va prendre encore plus d'ampleur". "Une communication
s'est engagée. On a enfin commencé à dialoguer.
C'est déjà une ouverture. Jusque-là, Xavier
DARCOS était très fermé, il ne nous prenait
pas tellement au sérieux. Il a changé de cap.
(...) Il ne nous a pas pris de haut, il nous
a même surpris par son écoute. (...) On
demande un moratoire sur les suppresions de postes (...)
Mais dans l'immédiat, le prochain pas qu'il peut faire, c'est
de revenir sur la réforme du bac pro qui doit passer de quatre
à trois ans" (...) 50
000 lycéens dans la rue! On a la rage en nous!
-
Mai 1968? Cela n'a rien à voir. C'était un mouvement
de libération, un mouvement contre l'autorité. Nous,
on se bat pour notre éducation"
Recueilli par Vincent Montgaillard,
LE PARISIEN, samedi 12avril. |
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|
| Emeutes
de la faim dans le monde, signe de la fin d'un
monde
- Géopolitique
de la famine au XXIème siècle -
Sénégal, Haïti, Egypte...Les
pays touchés par une vague d'émeutes des ventres creux,
d'émeutes "pour le pain",
sont à ce jour plus de 30.
Les morts se multiplient, de par la loi
des balles, ou celle des maladies et des épidémies,
qui vont avec le manque.
Et l'on ne peut que suivre l'humaniste helvétique
Jean ZIEGLER, infatigable défendeur des pauvres au pays de
Nestlé, du bon chocolat SUISSE, et de l'Union des Banques
SUISSES (UBS), quand il dénonce là un "crime
contre l'humanité".
Mais, ce crime, comme tout crime, surtout
"contre l''humanité", il faut avoir la
force de le penser, de le réfléchir, de le comparer
- et pas seulement de le déplorer, même si les pleurs
sont légitimes, il y a de quoi...
Car enfin, ces hausses brutales, extravagantes,
des prix de produits alimentaires de base, de première nécessité,
comme récemment le RIZ, ont des causes aujourd'hui bien spécifiques.
Elles ne nous rémènenet ni aux disettes du Moyen-Âge,
ni aux discours autrefois vrais mais aujourd'hui convenus et décalés
sur la "misère du Tiers Monde".
Car ces "émeutes de la famine"
surviennent au moment où précisément l'"émergence"
économique, politique, et, de plus en plus, diplomatico-militaire,
de jeunes puissances s'arrachant par elles-mêmes à
la misère en "comptant sur leurs propres forces",
leur propre imagination, et leurs propres méthodes, commence
à faire de l'ex-Tiers Monde le centre vivant du
monde, du monde réel, dans un bouillonnant développement.
Car, comme on ne peut tout de même pas
TOUT mettre sur le dos du "réchauffement climatique",
dernière tarte à la crème de l'idéologie
dominante et du Discours des Maîtres, ni même des
"aleas climatiques", sécheresse ici, trop
d'eau là-bas, (la nature est la nature, une récolte
une récolte, et la ligne droite une abstraction géométrique
ou statistique), ce son les "émergents"
que l'on accuse de la FAMINE!
Il fallalit l'OSER, ils l'OSENT, ces AFFAMEURS,
croyant pouvoir DEVORER aussi NOS CERVEAUX, nous privant de la possibilité
de réfléchir et de PENSER...
Croissance trop rapide, disent-ils, de la
"demande" en produits lactés, viande,
et donc céréales, de la CHINE, de l'INDE ou du BRESIL,
aspirant stocks et réserves, faisant monter les prix, etc.
"Emerge", tout de même,
un bout d'explication et d'analyse, moins grossièrement idéologique,
et moins grossièrement anti-chinois (puisque c'est la dernière
mode dans le "story telling", la chasse au "JAUNE"
parce qu'on craint qu'il soit tout de même resté quelque
part trop "ROUGE", trop différent,
trop indépendant, et de ce fait trop puissant, après
la mode de la CHASSE AU "VERT"
(islamique, au-couteau-entre -les-dents), qui fatigue, elle-même
ayant succédé, dans la TRAQUE à un nouvel '
"AXE DU MAL", PRECAIRE à force d'être
changeant, la traditionnelle BATTUE AU ROUGE,
NUANCE SOVIETIQUE...
Pas de bol,
la CHINE, même si sa croissance
phénoménale, et l'élévation générale
du niveau de vie de l'ensemble de sa population, marquée,
certes, on nous en rebat les oreilles, de l'accentuation d'inévitables
inégalités, injustices localisées, et gaspillages,
en a fait, pour un temps, un importateur net de céréales,
a placé sa SOUVERAINETE ALIMENTAIRE
AU CŒUR DE SA SOUVERAINETE GLOBALE, et dispose, par
exemple, de stocks de RIZ STRATEGIQUES, comme de stocks de PETROLE
- et n'affame ni HAÏTI, LEPRE NEO-COLONIALE HONTEUSE A LA FACE
DE L'EURO-AMERIQUE, ni le SENEGAL, ni l'EGYPTE - pas plus que le
DARFOUR, d'ailleurs...
Les
plus à gauche ou les plus fins des analystes - ce ne sont
pas forcément les mêmes - évoquent du bout des
lèvres, mais sans POUSSER LE RAISONNEMENT AU BOUT, TERRIBLE,
DE SA LOGIQUE, un effet indirect de la crise dite des "subprimes",
cette SHOAH de la FINANCE où s'effondre et s'engloutit LE
CAPITALISME ATLANTISTE.
Les SPECULATEURS INTERNATIONAUX,
dont les FOULES DES "VENTRE CREUX", REBELLES,
vont un de ces jours, n'en doutons pas, commencer à demander
les noms, et la liste, comme pour les "AGIOTEURS", spéculant
sur le blé, stocké, conduits
par la Révolution Française sur le chemin de la guillotine
ou des noyades en LOIRE...
Ne sachant où
investir de façon "sûre" d'invraisemblables
STOCKS de CAPITAUX, accumulés, ils les auraient retiré
massivement de l'IMMOBILIER pour les placer sur LE PETROLE ET LES
MATIERES PREMIERES, NOTAMMENT ALIMENTAIRES, PROVOQUANT UNE ESCALADE
DES PRIX, EFFROYABLE, DU RIZ, du SUCRE, du BLE - la faim, et les
émeutes.
Ce n'est pas tout à
fait faux, et ces noms, IL NOUS LES FAUT!
Avec des chiffres précis,
en tonnes, dates, et dollars - ET L'ADDITION, A REMBOURSER!
Mais c'est encore voir
petit. Car la RECESSION AMERICAINE, en cours, ou amorcée,
ne naît pas de quelques INVESTISSEMENTS FOIREUX, A LA MARGE,
de l'invention DE PRODUITS FINANCIERS SOPHISTIQUES, diluant,masquant
et propageant le VIRUS de la DETTE AMERICAINE, de fait abyssale.
Le "trou"
vient de la guerre, et de la guerre d'IRAQ, plus spécialement,
"guerre technologique" où, pour protéger
ses hommes, à défaut d'autres hommes, coupables
d'être de leur pays, et de vouloir le rester, on
se bat de loin ou de haut, à coups de missiles perfectionnés
au prix extravagant tirés d'avions
(ou de sous-marins) dont l'heure de vol (ou de plongée) atteint
des SOMMETS INCROYABLES, dans cette "REVOLUTION DES AFFAIRES
MILITAIRES" (R.A.M.) dont ISRAËL, comme ailleurs,
donne le ton, avec le déploiement absurde autant que meurtrier
de ses avions de chasse et ses tirs de missiles pour MASSACRER,
A GRANDS FRAIS, trois malheureux gamins des BRIGADES DES MARTYRS
D'AL AQSA, du HAMAS ou du DJIHAD ISLAMIQUE, avec leurs pauvres pétoires,
et quelques ribambelles d'enfants, d'infirmières ou de VIEILLARDS,
pour faire bonne mesure...
La guerre du Vietnam,
que l'interminable campagne de bla-bla-bla sur MAI 68 ets fait remonter,
tout de même, dans les mémoires, n'a pas été
stoppée, comme on le dit quelquefois, parce que LES BOUCHERS
"militaires" des époques KENNEDY-KISSINGER
ont perdu la "bataille des images", avec l'irruption
des chaînes de télévision dans une guerre de
marécages.
Elle a été
perdue le jour où les experts FINANCIERS du PENTAGONE ont
calculé que les réserves - OR, ou DOLLARS - de la
banque fédérale avaient fondu au point de flirter
avec la ligne rouge, préalablement déterminée,
et définie, en deçà de laquelle le FINANCEMENT
d'UNE AUTRE GUERRE, sur UN AUTRE FRONT, n'est plus possible.
Et c'est là que
nous en sommes avec la triple guerre, chère, au triple front
IRAQ-AFGHANISTAN-PALESTINE, qui commence elle aussi à coûter
bonbon, asphyxie la machine à pisser du dollar, et pousse
la FRANGE LA PLUS AVIDE, la plus pressée, la plus spéculatrice,
de la FINANCE MONDIALE, à passer des investissements A RISQUES
en PRODUITS DERIVES, ou dans l'IMMOBILIER POUR PAUVRES, à
d'autres investissements A RISQUES, mais à RISQUE D'EMEUTES,
e de REBELLION, GENERALISEE, spéculant sur la RARETE, et
donc le PRIX, DU RIZ, du BLE, du PAIN...
Convergence des causes
(des phénomènes) justifiant, selon le beau nom récemment
choisi par une nouvelle association militante, une CONVERGENCE DES
CAUSES (à promouvoir et à défendre...)
Et c'es ce qui rend
l'approche de ce MOIS DE MAI 2008 si PALPITANTE. Surtout pour ceux
dont le cœur a battu fort, à 20 ans, en 1968, et qui,
donc, atteignent en ce moment même l'âge d'une retraite
qui ne sera, pour beaucoup d'entre nous, qu'une retraite...administrative,
à l'heure où sonnent les CLAIRONS, non pas de la RETRAITE
(au sens militaire du terme), mais d'une VASTE CONTRE-OFFENSIVE
STRATEGIQUE OUVERTE SUR TOUS LES FRONTS.
S'y manifeste, parmi
tant d'événements divers, LA
SUPERBE VICTOIRE ELECTORALE des MAOISTES DU NEPAL, fondatrice,
entre INDE, TIBET et CHINE, d'une REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE issue d'une "guerre du peuple", conclue
par d'intelligents compromis négociés, succès
salué jusque par un titre laudatif du journal du PCF, l'Humanité
(ô mânes de 1968...), et démontrant enfin
la nouvelle maturité politique des nouvelles
générations formées à l'étude
attentive de l'expérience chinoise, sans dogmatisme
et sans suivisme, et dans l'idée que si, partout et
toujours, "LE POUVOIR EST AU BOUT DU
FUSIL" (MAO), parce que "LA
REVOLUTION N'EST PAS UN DINER DE GALA" (MAO), l'avenir
n'appartient ni à l'opportunisme de droite des partis communistes
d'Europe de l'est ou de l'ouest de la seconde moitié du XXème
siècle, embourgeoisés, ni à quelque forme que
ce soit du GAUCHISME - trotskisme d'avant le déluge, plus
ou moins maquillé, ou marxisme-léninisme ossifié,
fossilisé...
En quoi, aussi, la
jeunesse du mouvement lycéen parti des banlieues, et
précisément, d'AUBERVILLIERS
(93) a tort -mais on le lui pardonne -de croire que son actuelle
lutte, à bien des égards exemplaire, et marquée,
ce mardi 15 avril 2008, par un nouvel appel à battre les
pavés de Paris, de REPUBLIQUE... à...NATION n'a "rien
à voir avec mai 68", parce que mai 68 (c'est vrai)
se voulait (au départ, au moins, puis avec les grèves
ouvrières), "mouvement de libération",
et luttait, comme on le serine, à tort, "contre
l'autorité", alors qu'il s'agit de battre aujourd'hui
POUR DE BONNES CONDITIONS D'EDUCATION...
C'est bien
le souffle de l'ancien MAI, si refoulé, si travesti, si crucifié,
qu'il en est devenu MYTHE, et MYTHE, c'est plus grave, pour beaucoup
ILLISIBLE, qui mène les pimpants esquifs de
la jeunesse de FRANCE, MULTICOLORE, pleine d'un nouvel optimisme,
d'espoir et de fraîcheur, les grévistes vainqueurs
de RENAULT-DACIA à PITESTI (Roumanie),
et les nouveaux DEPUTES-CITOYENS de la REPUBLIQUE
REVOLUTIONNAIRE DU NEPAL, nos frères des montagnes
au même titre que ces frères du désert et de
l'ESPRIT DE SERVIR LE PEUPLE, poussé jusqu'au plus sublime
héroïsme, que sont les partisans en nombre sans cesse
croissant du MANDELA PALESTINIEN MARWAN BARGHOUTI,
plus libre dans sa prison que SES BOURREAUX DE LA GESTAPO DE TEL
AVIV, tortionnaires du CAMP DE CONCENTRATION A CIEL OUVERT DE GAZA,
et de toute l'antique
"Terre Sainte".
14 avril 2008. - 23
heures.
Jean-Paul CRUSE
Sommaire du site Le Monde Réel:
ci-dessous
Sommaire de REBELLES,
le livre sur les MAOS,
le VIETNAM, MAI 68, la PALESTINE etc, interdit
par mes MILICIENS DE LA PENSEE UNIQUE,
et publié ici, en "bonnes feuilles", en exclusivité:
ici |
| |
Le grand printemps roumain des
ouvriers d'EUROPE commence à PITESTI (ROUMANIE)
- avec l'éclatante victoire
des ouvriers de RENAULT (DACIA), soutenus par toute la classe ouvrière
de FRANCE et des pays voisins.
"Ils
ne voulaient pas être les esclaves de 'Union Européenne.
Les salariés de l'usine Dacia (Renault) de Pitesti, en Roumanie
(...) ont mis fin (...) au mouvement de grève qu'ils avaient lancé
le 24 mars dernier. (...)Face à la détermination
des salariés, la direction a dû lâcher prise: un
relèvement mensuel de 97 euros brut en deux tranches dont l'une
rétractive revanant sur le 1et janvier 2008 ainsi
qu'une prime annuelle d'un montant de 243 euros brut (...)
Les syndicats visaient
des majorations de l'ordre de 148euros (...) "C'est un compromis
pou chaque camp (disent-ils) 70% des salariés étant
d'accord, (...) on a décidé de reprendre le travail."
DACIA "avait enregistré
en 2007 un record de vente avec plus de 230 000 unités commercialisées
en Roumanie et à l'étranger, soit une hausse de 17,4% par
rapport à 2006 et un gain de 62% des ventes sur les deux premiers
mois de l'année.(...)
La
CGT, la CFDT et FO (...) étaient venues leur apporter le fruit
de collectes organisées dans les usines de l'hexagone (...) Il
y a tout juste une semaine, le nom des DACIA était sur les lèvres
de 40 000 salariés venus de toute l'Europe battre le pavé
slovène contre la perte de leur pouvoir d'achat et pour des augmentations
de salaire. La victoire
de PITESTI est une pierre dans le jardin des autres gouvernements européens
obsédés par la destruction des drots sociaux et les
"modérations salariales".
Cathy Ceïbe
L'Humanité
12 avril 2008. |
REBELLES
Guerre secrète à
LIBE ...
(suite)
-La "CGT-Libé terroriste"
et les nageurs de combat maos de Nantes
(suite)
Aux abords du HMS Hecate (1800 tonnes, un beau bébé),
où je me rends alors, dare-dare, grouille toute une faune
de flics, de pompiers, d'hommes-grenouilles, de journalistes, et
de toutes les espèces de bestioles plus ou moins propres
qui hantent, d'ordinaire, les eaux grasses des ports...
Je tombe sur Naud, un ancien des jeunesses gaullistes (U.J.P.),
devenu, par des voies qu'on préfère ignorer, l'un
des hommes à tout faire du maire "socialiste" de
l'époque, Alain Chenard. Il me voit débarquer. Nous
nous saluons. Je lui demande l'heure - souhaitant qu'il s'en souvienne.
Puis j'enchaîne. Connaitrait-il, par le plus grand des hasards,
le "connard de la DST" qui "raconte des saloperies"
dans mon dos, sur mon compte. Il m'indique un petit barbichu, jeune
et plutôt grassouillet, d'allure avenante.
Naud sous le bras - témoin...- je l'attaque: "C'est
vous qui racontez des conneries sur mon compte? Alors, comme ça,
on m'a vu près du bateau, ce matin, aux petites heures. Ça
ne vous mènera pas loin, ces salades...Vous devriez arrêter...".
Ce n'est pas lui. Du moins, c'est ce qu'il dit.
Pas grave.
Et c'est Jean Glavany, maintenant, qui va se faire remonter les
bretelles.
On s'en remettra.
Posée, effectivement, juste sous la ligne de flottaison de
ce petit navire de guerre de la marine royale britannique, passé
en Basse-Loire après un bref séjour du côté
des Malouines, une grosse charge d'explosifs a fait long feu...
La minuterie a fonctionné correctement, déclenchant
un des deux détonateurs, et celui-ci a fonctionné.
Mais sa petite explosion sèche, donnant l'alerte à
l'équipage ne s'est, curieusement, pas propagée à
la masse explosive elle-même. Problème de circuits,
d'eau infiltrée ou là dans le dispositif, pourtant
soigneusement étanchéifié? Nous ne l'avons
jamais su...L'engin n'était pas un petit pétard de
foire à quatre sous. On avait mis la dose. Si l'explosion
s'était transmise, comme c'est le cas, normalement, à
la charge elle-même, la bombe était susceptible de
faire un beau trou. Voire de couler le navire, à quai, en
pleine ville. Ce qui eut été spectaculaire.
Le bateau restera d'ailleurs au port 24 heures de plus que prévu,
le temps que toutes les vérifications soient faites.
L'idée était de rappeler à "nos excellents
amis britanniques", et à "Maggie"
Thatcher elle-même, fraîche et pimpante tortionaire
des nationalistes irlandais, ainsi qu'à nos camarades de
l'IRA eux-mêmes, que tout le monde n'avait pas oublié
la mort de Bobby Sands et de ses héroïques compagnons
de l'Armé Républicaine Irlandaise, fer
de lance de la lutte armée anti-impérialiste au cœur
de la vieille Europe, ou à ses marges. Ils venaient
de mener une grève de la faim collective jusqu'à la
mort, réduits à cette extrémité par
l'impitoyable cynisme de la "dame de fer", Margaret Thatcher,
et il pouvait sembler utile aussi de faire passer un message d'une
portée plus large. D'autres grèves de la faim viendraient,
d'autres luttes de prisonniers politiques, ici ou là, et
personne ne devait un seul instant imaginer que la débandade
organisée des chefs faillis de l'"ex-GP"
avait fait place nette - livrant le terrain ou duo pervers des bourreaux
et des protestataires bavards et impuissants de l' "extrême-gauche
légale", LCR ou anarchistes de pacotille...
Au côté des militants de la renaissance bretonne,
donc celte, et des amis de la Palestine, que l'IRA (approvisionnée
en armes, d'ailleurs, par les pays arabes) soutenait énergiquement,
les maos de Nantes avaient toujours été à la
tête du soutien aux combattants nationalistes révolutionnaires
luttant pour la libération - et la réunification -
de la verte Erin, île indomptable, comme aux basques (du sud)
d'Euzkadi, encore mieux organisés, si c'est possible.
Peu de temps avant la visite du HMS Hecate, mais de façon,
là, seulement semi-clandestine, nous avions animé
une manifestation-raid de 150 lanceurs de pierres contre la Westminster
Bank, le seul "objectif symbolique"
britannique que nous ayions sous la main, en plein centre-ville,
caillassant abondamment sa façade, avant de nous disperser
sans attendre la police...
L'homme de la DST avait donc la conviction de ne pas se
tromper, sur le fond, en mettant en cause, dans un premier
rapport "confidentiel", remonté jusqu'à
Glavany, puis à Bresson, une "branche militaire",
nantaise, d'une galaxie mao toujours active, et opérationnelle,
huit ans après la dissolution officielle du mouvement -
célébrée par d'abondants commentaires, et une
série de livres, tous identiques.
Les "nageurs de combat" du port
de Nantes s'étaient constitués, en toute autonomie,
en marge d'une N.R.P. longue à réellement
se dissoudre, et sous la tutelle d'un au moins de ses cadres, plutôt
spécialiste du renseignement que de l'explosif...
Grâce au diligent fonctionnaire de la DST, intuitif, mais
pressé, l'échec militaire de l'opération
n'en fut pas complètement un sur le plan politique.
Sur un plan strictement technique, l'attentat contre le HMS Hecate,
d'un bon niveau de préparation malgré l'ultime ratage
- en matière de dynamite ou de plastic, il n'y a pas
de science exacte, et sous l'eau, rien n'est simple... - constituait
une première.
En Europe en tout cas, jamais aucun attentat anti-impérialiste
n'avait été mené en recourant aux méthodes
des nageurs de combat - fer de lance de tous les "services
action" du monde...
Réussi, ce "coup de partisans"
aussi audacieux qu'original aurait sans doute entraîné
l'arrestation immédiate - et la mise hors circuit journalistique
prolongée ou définitive, à défaut
d'une condamnation, rendue difficile par l'absence de toute preuve,
et, bien entendu, d'aveux - du "correspondant de
Nantes" de Libé, devenu, six mois
avant, exactement, en mai 1981, à l'issue d'une
courte grève de la faim calculée au millimètre,
menée à la hussarde, et victorieuse,
le premier délégué syndical (CGT) d'un
journal "libertaire" où le droit syndical, "bourgeois",
n'avait pas cours (pas de Comité d'Entreprise, pas
d'élections légale de représentants du personnel,
salaires minables, licenciements à la tête du client,
etc.).
Si la bombe placée, sur son radeau flottant, semi-immergé,
contre la coque du HMS Hecate, avait effectivement explosé,
l'histoire de Libération n'aurait pas été la
même.
Et Serge July en serait peut-être, aujourd'hui encore,
le P-dg.
Puisque ce n'est pas à un caprice d'un nouvel
actionnaire dominant nommé Edouard de Rothschild,
mais à l'incessante guerilla syndicale
menée, pendant 25 ans - un quart de siècle...
- par la petite CGT-mao de Libé
(rejointe, sur le tard, par la CFDT, le SNJ, puis Sud) que
l'arrogant P-dg d'un journal fondé sur les sacrifices des
militants issus de la Gauche prolétarienne a dû d'être
"remercié", comme un valet devenu
inutile, qu'on congédie, par le riche fils de famille devenu
l'acquéreur du journal créé dans le
sillage de La Cause du Peuple, vendu au plus offrant par un aventurier
aux abois, pris à son propre piège...
C'est, en effet sous l'impact d'une grève totale, privant
les kiosques de Libération pendant quatre longs jours (pour
un quotidien, c'est énorme, et c'est rare...), conflit devenu
le symbole autant que la sanction d'un désamour de l'équipe,
passant le seuil de rupture, que Rothschild s'est résolu
à prendre la décision de jeter dans les poubelles
de l'histoire la tête du pantin décapité par
ce qui avait été son "peuple" -
passée de la guillotine au panier de son.
Serge July touché sous la ligne de
flottaison
Mais un attentat, même quand il manque sa cible,
en touche toujours une autre.
Dans tous les cas, il reste un signe, un message.
Et le bilan que nous tirons, à Nantes, de l'opération
Hecate, reste positif. Puisque July doit désormais
intégrer à sa réflexion un nouveau paramètre.
Depuis sa re-parution spectaculaire après deux mois
de "lock-out", le 13 mai 1981,
jour de la victoire "historique" de la "gauche",
et de l'élection de "Tonton", "son"
journal n'a pas seulement un délégué
syndical - et donc, au moins l'embryon d'une force sociale de résistance
interne...
C'est une CGT tout de même assez particulière
qui y sévit.
Fondée à l'initiative d'un journaliste-kamikaze,
rugueux bloc émergé d'un encore mince iceberg,
elle a le soutien explicite, Serge ne l'ignore pas, du fameux "syndicat
du livre" (la CGT des ouvriers, typos,
photograveurs, et surtout "rotos", les rotativistes de
l'imprimerie sans qui le journal ne sort pas). C'est déjà
beaucoup.
Mais voilà qu'apparaît une nouvelle donnée,
à la "lecture" du "message"
émanant des eaux glauques de l'ancien "quai aux
esclaves" du port de Nantes, le quai de la Fosse, avec
ses longues rangées de "bars à putes"
et de boîtes d'intérim, les uns comme les autres jugés
là-bas "marchands de viande".
Car cette première section syndicale du journal,
issue de la Cité d'une duchesse rebelle, Anne de Bretagne,
et aussitôt interdite, vainement, dans son principe, s' inscrit
dans la tradition "politico-militaire"
des maos, et de leur "branche armée"...
Les "nageurs" de Nantes, leurs complices au sol,
et le délégué syndical CGT du journal, suspect,
hier comme aujourd'hui, de "terrorisme" se situent, à
l'évidence, dans cette mouvance...
Problème...
Mais il y a mieux, ou, pour July, pire.
Doté, croit-il, de tous les pouvoirs - sauf de celui de kidnapper
un mécréant, de lui casser bras et jambes, sans préjuger
du reste, ou de faire péter, ici ou là, une bombinette
-, Serge ne peut pas tout savoir..Il ignore encore
qu'avec l'aide discrète de Gilles Millet - qui agit
selon son cœur, et sa mémoire, sans avoir en main tous
les éléments du puzzle... - commencent alors
à s' infiltrer au sein du personnel de Libération,
des ouvriers laissés sur le carreau par la liquidation de
l' "ex-GP", et au chômage...Ce sont de
vrais "soldats". Dont certains
ont survécu de petits "braquages", plus
ou moins politiques, et plus ou moins alimentaires, en liaison,
notamment, avec l'"équipe" de bric et
de broc de Pierre Goldman, ont "bricolé"
avec les renseignements militaires du FATAH, ou
divers groupes anti-impérialistes européens. Dont
un au moins, qui connaissait un peu trop bien Pierre Overney,
l'avait aimé, ne l'avait pas oublié, et restait en
liaison avec les rescapés de Renault, a figuré
un temps sur la liste des suspects de l'exécution de Tramoni...Aucun
d'entre eux, en tout cas, ne nourrit d'intentions amicales à
l'égard de la "nouvelle bourgeoisie rose",
triomphante dans les étages supérieurs de Libé
(la rédaction)...
Passés par diverses "structures action"
de la GP, de l' "ex-GP", ou
de la post-GP, restés militants
dans l'âme, et entretenant avec le plus grand soin leur forme
physique, karate, pompes sur les phalanges, peut-être un peu
de tir, à l'occasion, ils vont bientôt donner
toute son assise à la "guerre secrète"
dont Libération devient l'enjeu et l'objet - la dimension
strictement syndicale y fonctionnant comme un appui et un écran,
sans être, loin de là, la seule...
Libération, 1973: journal de démocratie
nouvelle,
"par le peuple et pour le peuple", et "gaullo-maoiste"...
Le dernier numéro de La Cause du Peuple-J'Accuse, le 48 est
mis à la disposition de ses lecteurs le 13 septembre 1973.
"Comment le pouvoir ouvrier peut-il exister?" (à
propos de LIP).
Libération naît au même moment. Il a publié
ses cinq premiers numéros d'essai ("numéros zéro")
dès le début de l'année.
Le numéro 1, officiel, de quotidien porteur, clame-t-il,
d'une nouvelle conception de l'information, "par le peuple
et pour le peuple" est sorti des presses le 18 avril 1973.
Complétant le message, devenu régulièrement
hebdomadaire, de La Cause du Peuple-J'Accuse, il est présent
régulièrement en kiosque depuis cette date, parfois
avec quelques heures de retard.
Le journal prolonge le travail entrepris par l'A.P.L., l'Agence
de Presse Libération, lancée en 1971, après
l'affaire Jaubert). La rébellion des professionnels de la
presse contre le traitement abject de ces tortures par l'essentiel
de la "grande presse", prolongée par la puissante
grève d'un quotidien bas de gamme, mené au bord de
la mort par les caprices de sa propriétaire, la richissime
Simone Del Duca, (Paris Jour), vient alors converger, avec l'action
des maos, du pauvre vieux Sartre, et surtout des gaullistes historiques
comme Maurice Clavel, décisive. Comme celle d'autres écrivains,
des artistes, et même de juges rebelles, elle débouche
tout naturellement sur l'idée de créer un quotidien,
libre et propre.
A l'origine de ce projet, un trio paradoxal.
Il est constitué par Jean-Claude Vernier (voir page), le
militant mao, hôte et passeur du clandestin Ben Bella, sur
la frontière suisse, dans son adolescence, actif militant
des C.V.B., contre la guerre du Vietnam, "établi"
en usine, puis fondateur de l'A.P.L., arme acérée
dans la "guerre de l'info", connue et respectée
de tous les professionnels de la presse depuis la tragique photo-scoop
de l'intrépide Christophe Schimmel, sur la mort de Pierre
Overney - et matrice du quotidien...
Avec lui, son ami Maurice Clavel, le grand résistant gaulliste,
chrétien révolutionnaire, chef des maquis de l'Eure,
et libérateur de la cathédrale de Chartres, sur le
parvis de laquelle il accueille, à l'arrivée des troupes
de la France Libre débarquées en Normandie, le général
De Gaulle - qui lui rend un vibrant et solennel hommage.
C'est lui qui a incité les maos à venir déposer
une gerbe, qui fera date, au Mont Valérien, puis leur a dessillé
les yeux sur la véritable nature du régime Pompidou-Marcellin,
trahison, et non continuation, de l'œuvre rêvée
par le général, et à demi entreprise (il a
posé les bases militaires et géopolitiques d'une France
redevenue libre, amorcé mais amorcé seulement l'émancipation
intégrale des anciennes colonies, et fondé les bases
d'une puissance économique indépendante, mais pas
celles d'une "nouvelle société", plus transparente,
plus participative, plus fraternelle, et plus humaine).
Mais c'est le troisième larron, Jean-René Huleu, à
qui revient le mérite, et le culot, d'avoir, le premier,
énoncé le projet d'un journal quotidien, dans l'esprit
de l'A.P.L - projet qui mûrissait lentement, mais en silence,
dans l'esprit des deux autres...
Ce journaliste hippique issu d'une famille communistes de Nice,
éblouit - et surprend - le "parpaillot" Vernier
avec son éclatante décapotable - et le mannequin aux
longues jambes qui va avec...
Mais, sous son allure peut-être un peu "bling bling",
Huleu, que July chassera dès qu'il pourra - est un vrai professionnel
de la presse, un fonceur réaliste, et bosseur.
Vernier a dû se battre pour convaincre Benny Lévy et
le Comité Exécutif de l'" ex-GP", sans qui
rien n'est possible.
Quant à Serge July, doublement en pénitence après
son renvoi à la base, dans le nord, pour "rééducation
auprès des masses", et son premier bidonnage, écœurant,
de Bruay en Artois, les ouvriers maos de Renault se souviennent
de l'avoir vu "chialer", terrorisé, dans le petit
local du Comité de Lutte, au métro Marcel Sembat,
le jour où Benny Lévy met la pression sur lui pour
le contraindre à assumer la direction du futur quotidien.
Il en crève d'envie. Mais cette envie le terrorise. Il craint,
à juste titre, de ne pas être à la hauteur de
ce beau projet, qui suppose, pour le mener à bien, indépendance
d'esprit, respect rigoureux de principes, rigueur, et pureté.
Il n'aurait pu diriger et maintenir le journal que si un mouvement
militant uni, solide, et collectif l'avait en permanence encadré
et soutenu, fût-ce comme la corde soutient le pendu, l'empêchant
de faire trop de bêtises...Dans le cas contraire, on court
à la catastrophe. Pour Serge, ce dont on peut se remettre,
mais pour Libération lui-même, et l'idée qui
le porte, ce qui, là, est grave.
Serge a raison de pleurer. Il sent ce qui va se passer.
Pour Jean-Claude, comme pour Maurice Clavel, et Huleu, le projet
n'est pas de faire "le journal des maos". L'ambition est
plus haute. Elle s'inscrit dans le sillon tracé par La Cause
du Peuple, puis par J'Accuse, qui ont permis l'éclosion de
l'A.P.L., puis le soulèvement démocratique d'une large
frange d' "intellos", ou d'artistes (cinéma, etc.),
scandalisés par la répression primitive des années
Marcellin, et animés d'un souci de création collective,
résorbant la coupure des intellectuels avec le peuple.
Sans l' appui d'un mouvement social large, de cette nature, pas
de soutien possible, au niveau du défi, et pas de fonds,
non plus, en tout cas pas de fonds "propres".
Mais l'objectif vise, bien au-delà de ces soutiens nécessaires,
la société française toute entière.
Sur la base d'un principe de transparence, contre toutes les hypocrisies,
toutes les censures, tous les secrets honteux maquillés en
"secrets d'Etat". Il s'agit de souder toujours davantage
intellectuels et manuels, résorbant une fracture historique,
de très profonde portée, et d'édifier l'outil
d'une nouvelle démocratie sociale, plus vivante - avec l'
indispensable appui que seule la force mao pourra réellement
rassembler, pour faire remonter les infos de la base, et donner
aux Comités Libération, appelés à quadriller
villes et campagnes, l'énergie, mais aussi la capacité
à collecter l'argent, sou par sou.
Transparence dans l'objectif, transparence dans les moyens. Pas
de capitaux plus ou moins camouflés d'hommes d'affaires aux
intérêts obliques; pas de pub; souscription populaire,
permanente; transparence des informations, des sources - hors cas
particuliers - des méthodes, du fonctionnement de l'équipe
et du journal lui-même...Journalistes-militants, journalistes
rebelles venus de la presse professionnelle, maquettistes, clavistes
standardistes et dactylos travailleront longtemps dans une symbiose
étroite, traduite en égalité radicale des salaires,
sans hiérarchie aucune...
Benny Lévy "parachute" July, qu'il sait faible,
pour le "tenir"
Benny Lévy hésite avant de donner son feu vert au
lancement de l'"opération Libé", puis d'arrêter
son choix sur Serge July. Il n'ignore aucune de ses faiblesse, et
décide de mettre en place un dispositif de surveillance,
élaboré.
D'une main, il pousse Philippe Gavi, un jeune journaliste professionnel,
opportuniste. Benny le pense capable de contrebalancer, auprès
de July, le poids des militants, qui espèrent, eux, soutenir
et "cadrer" un quotidien "au service du peuple"
par le dense réseau, décentralisé, des "Comités
Libé" - dont les cent fleurs s'épanouissent,
en un printemps fulgurant...
De l'autre, Benny met en place une "cellule mao" du "front
de l'information", toute à sa dévotion, pense-t-il,
et en principe clandestine jusqu'au sein de Libé.
Par l'intermédiaire de ce petit appareil, le "gourou"
(déjà en partie démonétisé) de
l' "ex-GP" pense pouvoir contrôler le journal -
et son "chef" officiel - tout en concentrant, lui, l'essentiel
de son énergie à sa propre promotion - d'abord comme
"morpion" d'un Sartre parasité.
Si ça marche, Libération devient un instrument de
pouvoir décisif dans les mains d'une direction mao, contestée,
toujours à la recherche des meilleurs moyens de "démonter",
tout en douceur, un mouvement militant échappant chaque jour
davantage à son contrôle - et qui, finalement, lui
fait peur.
Ces militants, dans l'ensemble, l'idée du quotidien Libération
les soulève d'enthousiasme. Ils y voient l'ouverture d'une
vaste perspective pour rebondir. Ils imaginent un journal quotidien
d'information populaire qui soit aussi le support, et le carrefour,
d'initiatives étalées sur la plus large des palettes.
Libération serait appelé à devenir, au minimum
l' "ersatz", au mieux, l'outil d'un mouvement mao élargi
en mouvement populaire, activement démocratique et souplement
structuré - voire une transition dans le lent processus de
constitution du "Parti de la Résistance", toujours
officiellement à l'ordre du jour.
Mais ce journal court aussi le risque de n'être qu'un miroir
aux alouettes, instrument d'une dissolution douce des structures
de masse actives, et d'abord les structures ouvrières et/ou
politico-militaires, dans une nébuleuse de comités
et de mouvements plus ou moins petit-bourgeois et marginaux. Il
préparerait ainsi l'euthanasie du mouvement, tout en protégeant,
dans ce brouillard, les "chefs" du feu de la critique,
et de la "barre de fer, maniée avec amour" - qui
peut faire aussi quelques bosses...
La lutte contre la liquidation des maos: guerre clandestine à
l'intérieur de Libé
On connaît la suite.
Avec l' "irrésistible ascension", chantée
par des media qu'on aurait pu imaginer hostiles, d'un "nouveau
patron de presse", et d'un journal progressivement hypnotisé
par la machine à désinformer qu'il devait, en principe,
combattre.
Petit lapin rêveur aux oreilles roses tétanisé
devant le cobra qui le convoite, devenu proie inerte, clouée
de peur, sur place, puis mordue, envahie par le venin, et finalement
happée, absorbée et digérée...
Diserts sur cette histoire, en partie légendaire, les commentaires
de presse - et de nombreux livres, presque tous formatés
sur le même modèle - ont tu l'essentiel.
A partir de 1979, au moins, date de la dissolution de la "bande
des quatre" à Libération, la phase d'une bataille
politique ouverte, idées contre idées, "à
la loyale", est terminée.
Le journal qui n'aurait pas vu sans les maos le jour est toujours
l'objet, et l'enjeu, d'une guerre, mais c'est une guerre secrète.
Dans le droit fil de nos années de braises, elle prend la
forme d'une guérilla sans armes - et (presque) sans violences.
Un tout petit noyau, soudé et clandestin, s'est constitué.
Son objectif: sauver ce qui peut l'être - sachant que les
délires de Péninou-Kravetz, devant qui, finalement,
Serge July s'est couché, puisqu'il partage, sur le fond,
sinon sur les délais, leurs objectifs, ne peuvent qu'aboutir
(après l'euphorie d'une période de "vaches grasses")
à la vente, voire à la mort, d'un journal que nous
avons créé, au prix de mille sacrifices, humains et
matériels.
Jusqu'à la fin, la mouvance "mao un jour, mao toujours"
qui se condense autour de ce combat se sent comptable d'une histoire
qui n'est pas seulement la nôtre, mais celle des combattants
pour la Cause du Peuple, vivants ou morts, à qui Libération
doit tout, et que ni le pourfendeur du notaire de Bruay, ni qui
que ce soit d'autres, ne pourra jamais s'approprier, et prostituer...
Au travers de cette lutte, qui, clairement, s'annonce longue, et
vient compléter la longue traque, finalement victorieuse,
de l'assassin de Pierre Overney...- l'idée de donner forme
au projet, toujours vivant et bien vivant, de poursuivre la marche
des maos, sous des formes nouvelles - dans une époque elle-même
nouvelle...
A partir d'une base: ce qui reste notre journal.
Le quotidien de la rue de Lorraine, transféré en plein
cœur de Barbès, puis, à partir de 1981, dans
le discret quartier bourgeois où République s'étire
vers le Marais, constitue, à bien y réfléchir,
un parfait champ de bataille.
Lieu symbolique, placé sous les feux de la rampe, Libération,
serpent en pleine mue larguant sa vieille peau sans dévoiler
encore la couleur ni l'odeur de la nouvelle, s'est engagé
maintenant, dans un processus de transformation qui va en faire
une entreprise-pilote, laboratoire humain et matériel d'un
nouveau type d'unité productive dans le secteur, ô
combien stratégique, de la "communication".
Y immerger un groupe, réduit mais compact, et solide, de
militants rôdés à toutes les ruses des luttes
les plus diverses, prêt à se transformer en absorbant,
sur place, des forces neuves venues de générations
nouvelles, c'est faire de ce laboratoire néo-capitaliste
"de gauche" le champ d'apprentissage et d'expérimentation
"in vivo" de nouvelles "pratiques", sociales
et politiques, dans les conditions alors, pour nous, inexplorées,
d' une société des années 80 - avec les enjeux
et les rapports de force à l'œuvre, partout, dans le
monde du travail, qui prendront ici une saveur et une couleur particulières...
Du bidonville de la Folie
(Nanterre) à Libération...Cherif, Fatima...
Suite
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