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La menace d'exclusion pour "rébellion" du jeune Mamadou Thiam, 14 ans, collégien à Rosa Luxembourg (Aubervilliers, 93), un établissement jusqu'ici considéré comme progressiste, a failli faire flamber l'ancienne "petite Espagne" devenue le "village africain" de la cité de Charles Tillon qu'est le quartier des Thiam, le Landy, près du canal - et tout Aubervilliers...

Mamadou, en effet, se trouvait convoqué en conseil de discipline après avoir lui-même déposé une plainte pour racisme contre sa prof d'histoire qui avait porté la main sur lui en proférant des injures graves, dans un moment d'égarement.

Heureusement, l'attitude

 

combative, solidaire, et responsable, de la famille franco-sénégalaise unie autour du jeune espoir du Red Star de Saint-Ouen, le soutien de tout un quartier, sur les charbons ardents, retenu d'extrême justesse au bord de l'émeute, et l'action exemplaire d'une poignée de militants associatifs d'Aubervilliers, ont permis de ramener le calme et la sérénité à Rosa Luxembourg, au Landy, proche, et dans la ville. "Différé", le conseil de discipline est en bonne voie d'être purement et simplement annulé. Et Mamadou, qui, comme ses parents, a pardonné, prépare son inscription en classe de troisième- sans sanction - dans un des meilleurs collèges d'Aubervilliers. L'enseignante, qui, soutenue par la majorité de ses collègues et la majorité des parents d'élèves de la FCPE, nie farouchement avoir prononcé les mots "sale noir!", mais a reconnu avoir apostrophé de façon déplacée - pour ne pas dire puante...- le jeune noir sur sa supposée "odeur", a présenté ses excuses à la famille, qui, de son côté, baignant dans la culture de l'islam africain, religion du don, du partage et du pardon, bien loin de la "loi du talion" et des imprécations, ne voulait ni vengeance, ni violences, mais simplement "justice pour Mamadou". Le directeur du collège, Christian Matrat, à qui notre lettre ouverte à son ministre a valu quelques pressants coups de téléphone, du ministère, mais aussi de la mairie, a, lui aussi, présenté ses excuses aux parents du jeune adolescent, reconnaissant avoir eu tort de refuser de les recevoir, et surtout d'appeler la police alors que les époux Thiam, venus au secours de la dignité de leur fils, étaient indignés, certes, et humiliés, comme Mamadou, mais calmes, et nullement menaçants - et se sont trouvés, de ce fait, obligés de riposter en déposant une plante pour racisme avant de distribuer un tract, virulent, aux portes du collège -rendant l'affaire publique et mettant, àjuste titre, le feu aux poudres.

Devant l'attitude enfin devenue raisonnable et responsable de la direction de Rosa Luxembourg, confuse, et de l'enseignante, dont l'intempérance verbale, inadmissible, n'aurait été qu'à l'origine d'un incident ponctuel, vite corrigé, sans la réaction autoritaire d'un directeur dépassé, pris de panique, Mamadou, sagement conseillé par des parents exemplaires, a pris la bonne décision: du moment que son honneur est lavé, sa dignité reconnue, et reconquise, et le conseil de discipline sanctionnant une "faute" qu'il n'avait nullement commise (s'étant abstenu avec abnégation de tomber dans le piège du "coup de boule" où était tombé Zidane...)-, il quitte un établissement associé, dans sa jeune mémoire d' "ado", à une humiliation pénible, indigne, inadmissible. Mais il est sans rancune aucune, sans amertume - acceptant de troquer l'abandon de la procédure d'exclusion scandaleuse visant non l'agresseur, mais l'agressé, en échange d'un appui à son inscription dans un autre bon collège de la même ville.

Magnanime, il va même jusqu'à encourager ses parents à retirer leur plainte, préservant ainsi, de son mieux, et avec une grande noblessede cœur, les intérêts de celle qui, lui parlant mal, très mal, de sa - supposée... - odeur - s'arcboute à nier n'avoir jamais évoqué sa couleur...

Pour la poignée de braves qui a fait corps autour de Mamadou et de sa famille, le compromis ainsi trouvé est raisonnable: l'attitude de la majorité des enseignants n'ouvrait pas d'autre issue. S'estimant "de gauche", comme toute la culture et toute l'histoire de ce "collège de gauche" dans une "ville de gauche", comme, sans doute, leur collègue prof d'histoire placée au cœur de l'affaire, et convaincus, donc, que dans ce "collège de gauche d' une ville de gauche", jamais une enseignante "n'a pu" traiter un jeune de "sale noir", même si elle a reconnu, devant eux, lui avoir dit "tu pues", ce qui ne vaut guère mieux, ils se considèrent a priori exempts de toute suscpicion de solidarité corporative ou de racisme - certains d'entre eux allant jusqu'à chercher un bouc émissaire, facile, en la personne "du journaliste"auteur de ces lignes comme de l'article précédant révélant le scandale, qu'il ne rougit nullement d'avoir écrit.

Le compromis, qui préserve l'essentiel, sauvant l'honneur de Mamadou, insulté puis accusé, de plus, de "mensonge", n'aurait pas été possible sans l'action obstinée de la médiatrice "adulte-relais" de Rosa Luxembourg, Dami Rimech, ancienne figure de proue de l'insurrection de la jeunesse lycéenne de Casablanca au Maroc, son pays d'origine, devenue la vice-présidente fondatrice de l'association "On est tous responsables" d'Aubervilliers, au cœur de tous les combats dans la cité, contre le racisme, la précarité, la pauvreté, et les souffrances des familles mal logées.

Dami a su convaincre les jeunes (et les moins jeunes...) animateurs des Forces populaires, la nouvelle réalité politique émergente d'Aubervilliers, très engagés, eux aussi, dans ces combats, que l'émeute de la jeunesse noire du Landy, qui grondait, n'était pas "la seule solution pour que les droits du peuple, enfin, soient respectés", dans un bastion du communisme historique où l'effondrement d'un PCF ici particulièrement sectaire et replié sur lui-même laisse un vide terrible.

C'est elle aussi qui a su trouver les mots pour imposer l'idée que, comme dans l'action des familles mal logées du MML, qui arrache des relogements un par un par la vertu de l' "action directe populaire", il faut "savoir jouer des contradictions du Parti socialiste" - qui gère la cité de Charles Tillon, maintenant, et ne veut pas que l'on puisse rappeler qu'elle fut aussi, hélas, celle du socialiste raciste (antisémite) et collaborationniste Pierre Laval, de funeste mémoire.

Dans le dossier des familles mal logées (pour la plupart mobilisées autour du collège de leurs enfants, Rosa Luxembourg précisément...), c'est la tendance progressiste du Parti socialiste qui, opérant une rupture radicale avec une longue tradition locale de clientélisme, vient de convaincre la Préfecture de faire une offrede relogement, correcte, à Marie-Clémence Sidibe, épouse Sawadogo, cette mère de famille nombreuse exemplaire (huit enfants), chef d'équipe dans une société de nettoyage, expulsée d'un appartement insalubre de la rue du Moutiers, dans le vieil Aubervilliers, en lutte depuis de longues années pour un relogement décent, et devenue "Marie-Colère, la Panthère noire d'Aubervilliers", présidente-fondatrice du Mouvement des Mal Logés (MML).

La ville d'Aubervilliers vient également de reconnaître par écrit, dans des courriers personnellement adressés, à 4 autres familles du MML, dont Saadia Miftah - "et maintenant, les rats!" leur priorité de relogement.

La même stratégie, mettant au centre "l'action directe populaire", comme réalité effective ou comme perspective surplombant l'horizon, mais une action combinée de façon souple, pragmatique, et dynamique, avec une pratique de négociation permanente, laissant toujours sa chance au dialogue, permet, donc, désormais, au jeune Mamadou de repartir d'un bon pied vers un avenir serein. C'est l'essentiel. Mais ce n'est pas suffisant. La question reste posée de l'avenir de Rosa Luxembourg, "collège ambition-réussite" qui a fait la fierté d'Aubervilliers jusqu'au récent changement de direction, survenu il y a un an, et assorti de mouvements touchant presque tout l'encadrement..."Rosa na pas flambé, mais ce fut juste", commente un policier spécialisé des RG, bon connaiseurd'Aubervilliers..."Sans des changements profonds, mais très profonds, ajoute un vieux militant ouvrier, l'année scolaire 2009-2010 sera difficile"...Mais, pour que de tels changements aient lieu, il faudra que les enseignants, comme les parents d'élève à ce jour impliqués dans la vie de l'établissement prennent conscience du drame auquel tous et toutes ont de très peu échappé, et se ressaisissent...Rien ne l'assure, mais c'est possible. -A quelques centaines de mètres à peine de l'ancien établissement de l'élève Thiam Mamadou, en traversant le canal, le quartier du Landy, ancienne "petite Espagne", fief des immigrés "rouges" chassés par la guerre civile, et par le fascisme, en a vu d'autres. Ses petites rues portant souvent le nom d'un "combattant de la République espagnole, résistant authentique", comme Francisco "Paco" Asensi, père du communiste progressiste François Asensi, abritent aujourd'hu un véritable "village combattant", bigarré et fraternel, capable de "monter à l'assaut du ciel". Une "base d'appui" au potentiel de "zone libérée", auraient dit les Maos des années 1970...Dans la petite cité de maisons basses, "à l'africaine" du 27 rue Emile Augier, les Thiam sont les voisins de Fatima Yaou, âme et mémoire des luttes du quartier - et cheville ouvrière du "Collectif vigilance logement", appui solide du combat des familles d'ouvriers maliens du "foyer de la misère" de la rue Gaétan Lamy, juste à côté. Rue Henri Murger, à deux-cent mètres, habite "Fanta, la Jeanne d'Arc noire des sans-papières", déléguée syndicale CGT des femmes de ménage en lutte de la société Manet,connues pour leur longue grève, victorieuse. Avec Bengally, son mari, pour qui les militants des nouvelles forces d'Aubervilliers se sont battus quand, travailleur sans papiers lui aussi, il a été menacé d'expulsion, et qui a depuis rejoint le combat des Mal Logés, elle voisine aussi avec cette jeune afghane au sourire de lumière qui, femme de réfugié politique et fille, elle-même,d'un général de la Résistance proche du commandant Massoud, "le lion du Panshir", mystérieusement assassiné le 10 septembre 2001, élève magnifiquement ses 5 enfants, dont un jeunecollégien de Rosa Luxembourg, Yassine, dans un studio sordide de 20 mètres carrés, participe à toutes les actions des Mal Logés, et a même su trouver l'énergie pour traverser tout Paris et venir - avec ses cinq enfants...- réchauffer de sa solidarité comme de son sourire la gréviste de la faim CGT de Libération, Florence Cousin...

A suivre...Jean-Paul Cruse

 

Nos précédents articles sur MAMADOU: ci-dessous

 

 

 

 

 

(Editorial du 17 jin 2009)

Lettre ouverte à Xavier Darcos, homme de culture, Ministre de l'éducation nationale

Par Jean-Paul Cruse

Monsieur le Ministre,

Si nos informations sont bonnes - et nous le craignons - le jeune Mamadou Thiam, 14 ans, élève sérieux en classe de quatrième au collège Rosa Luxembourg d'Aubervilliers, grand amoureux du foot à l'image de son père, l'ex-footballeur professionnel Thiam Papa Idrissa, un homme sérieux, vient d'être exclu de l'établissement ( ce qu'un conseil de discipline, prévu lundi, ne fera qu'entériner), au motif de "rébellion"...Alors qu'en matière de rébellion, il n'a fait que résister à l'irrépressble envie de gifler l' "enseignante" (guillemets) qui, ne se contentant pas de lui pincer violemment l'épaule pour le provoquer à frapper, lui a jeté,devant toute la classe,stupéfaite: "Sors! En plus tu pues, va te laver, sale noir!"

Il s'agissait d'une prof d'histoire - sans doute pas assez "entrée dans l'histoire", et peut-être, de plus, influencée par ce qu'on entend à la télé, et le fameux "casse-toi pov'con" présidentiel gravé, désormais, dans la Légende de la République

Monsieur le ministre,

Il ne s'agit, certes, que de la version des faits d'un jeune noir, telle qu'elle a été consignée par lui, à chaud, sur le cahier ad hoc tendu par un responsable du collège, quand le vacarme déclenché dans tout l'établissement par cette insulte extravagante a commencé à s'apaiser, puis inscrite au procès-verbal aussitôt recueilli au commissarait de police d'Aubervilliers, et confirmée, après recherches, par les parents qui en ont fait un tract publiquement distribué devant Rosa Luxembourg, après que l'exclusion "temporaire" du collégien Mamadou, leur fils, leur eut été réglementairement signifiée, parents selon lesquels l'"enseignante" (guillemets) aurat tès vite élaboré une version en défense selon laquelle elle aurait bien dit "casse-toi tu pues!", mais pas "sale noir" ( au mépris de tous les témoignages, et sans que l'apostrophe fût moins indigne, et, dans le fond, moins raciste...)

Monsieur le ministre,

Selon le récit de Mamadou, mais ce n'est que Mamadou, et vous voyez ses yeux, et ce n'est qu'un jeune noir, une trentaine de jeunes des familles de son quartier du Landy, bien connu à Aubervilliers, noirs pour la plupart, ou maghrébins, auraient ainsi été exclus depuis le début de l'année, et l'action d'une surveillante(CPE), non moins raciste que l'enseignante, mais plus habile, serait à l'origine du piège tendu au jeune garçon, dans lequel il a su ne pas tomber - s'il avait succombé à la tentation, Aubervilliers aurait fait la Une de la presse, genre: "violences à l'école: encore!"

C'est en tout cas ce dont est convaincue la Maman, Madame Thiam, qui, venue à la rescousse sur les pas de son mari, mais ne traitant personne de "pauvre con!", quoique elle en eût envie, et n'exerçant aucune violence, serait-ce verbale, sur qui que ce fût, vit la police, appelée par la direction du collège, débarquer aussitôt, contre elle, en force et se contenta de suggérer "qu'on appelle aussi les gendarmes", car "les flics ne suffiraient, ni à (la) chasser, ni à (la) faire taire".

Pour Madame Thiam, en effet, "ce sont des humiliations et des provocations de ce genre, plus fréquentes qu'on ne le croit", qui se trouvent "bien souvent à l'origine de la violence scolaire...Et qund les couteaux sortent, et quand le sang coule, il est trop tard pour réparer la casse..." C'est par la tête aussi qu'un collège pourrit, quand la faiblesse des uns, la lâcheté des autres, et la complicité du plus grand nombre amènent à couvrir de tels agissements, générateurs de haine et de violence .

Monsieur le ministre, un collège est en danger, dans la bonne ville d'Aubervilliers.

Monsieur le Ministre, si nos informations sont authentiques - et nous craignons, fort, qu'elles le soient - attaquant, comme son père, au Red Star de Saint-Ouen, en minimes, Mamadou est un garçon calme qui ne "sort pas le soir", moins brillant, certes, que sa sœur aînée Soukheyna, 16 ans, première de sa classe depuis toujours, et partageant l'indignation et l'humiliation de son jeune frère comme de leurs deux classes, et de tout le collège, et auteure d'un premier reportage photo et video réalisé sans peur (et sans reproches) à l'arrivée d'une police requise par les insulteurs de l'élève Thiam, Mamadou, 4ème E , ou leurs complices, devenus ses exclueurs, et que tout l'Aubervilliers démocratique et républicain, tout l'Aubervilliers anti-raciste, se passe et se repasse...

"La sonnerie a retenti, raconte Mamadou. Près de la porte, j'attendais un copain. La prof est venue sur moi, elle m'a pincé le haut du bras, fort. Elle m'a dit: "Sors!" Je lui ai dit: "Madame, vous me faites mal! Je ne suis pas un objet" Elle m'a dit: "En plus, tu pues. Va te laver, sale noir!"

Je me suis énervé: "Pourquoi vous me dites ça?".

Elle m'a dit: "Tu vas me frapper? Tu vas me frapper?" Je n'ai pas bougé. J'ai envoyé un texto à mes parents, pour qu'ils viennent me chercher". - "Heureusement, dit la Maman, "on lui a toujours appris à ne pas s'énerver face à un adulte, à ne pas répliquer, à ne pas lui donner tort..."

- "Je suis arrivé très vite, dit l'ex-footballeur Thiam Papa Idrissa. "Depuis que j'ai arrêté en pro, je cherche du travail, je n'en ai pas, je donne des coups de main ici ou là, toujours dans le milieu du foot...Et nous habitons à deux pas... J'ai dit: "Bonjour Madame, je suis le Papa de Mamadou, je voudrais vous parler cinq petites minutes". Elle m'a dit: "J'ai un rendez-vous, ce ne sera pas possible...Il ne faut pas écouter ce que dit votre fils..."

Tout de suite, elle était sur la défensive sur "ce que dit (mon) fils". Comme par hasard...

"Vous n'avez qu'à porter plainte", a-t-elle ajouté, aussitôt. Les élèves étaient tous là, très en colère: "On a tous entendu, on a tous entendu"

La principale-adjointe est arrivée, elle m'a dit de venir dans la salle d'à côté, de ne pas m'énerver, quelqu'un a sorti un papier, fait remplir sa déposition à mon fils...Pendant ce temps-là, ils évacuaient les élèves... Ils m'ont dit de revenir le lundi,à 10 heures. Je suis venu. Le directeur, Monsieur Matrat, n'était pas disponible... Personne ne l'était... Je suis reparti... Dans l'après-midi, à la maison, j'ai reçu un coup de fil de Madame H., une surveillante, toujours très sévère avec M amadou, très désagréable...Elle jubilait. Elle m'a dit: "Mamadou est exclu du collège jusqu'à lundi. Lundi il passera en conseil de discipline pour "rébellion", exclusion définitive à l'appui.".Alors là, nous nous sommes précipités au collège, avec mon épouse...Là, on a réussi à intercepter Matrat, avec son adjointe, Mme Mittet. - "Pas le temps" -"Je ne bouge pas d'ici...Sinon, exclu ou pas, mon fils va revenir en cours" Ma femme s'est rebiffée...Maintenant, ils essayent d'élaborer une autre version, Mamadou aurait été interpellé dans un couloir (où il faisait des photocopies avec un autre à la demande de son prof d'Espagnol M.Jimeno...N'importe quoi...

-Soukheyna: " Quand la police est venue, j'ai tout filmé... Maintenant, au collège, ils font pression sur des élèves pour qu'ils ne témoignent pas...Mais il y en a beaucoup qui tiennent bon, il y a une grande colère qui reste, j'ai confiance"

Monsieur le Ministre, faites quelque chose: vous le devez, vous le pouvez. Le conseil de discipline est convoqué lundi 22 juin, à 18H15. Il risque d'être animé. Tout le quartier du Landy est sur le pont . Dans la ville d'Aubervilliers, la municipalité (socialiste progressiste, activement engagée dans une négociation qui avance avec les familles du Mouvement des Mal Logés (MML, créé autour...du collège Rosa Luxembourg!) s'empare actuellement du dossier, tandis que les associations On Est Tous Responsables (OETR), en contact avec Le 93 au Cœur de la République et La Medina réfléchissent à la création d'un Comité de Défense de Mamadou au côté de la famille. - A suivre...

17 juin 2009. Minuit.

Jean-Paul Cruse

 

 

Luttes à Aubervilliers: ici, ici et ici

Combat des Mal Logés ici , ici.

 
Comme ces deux (très) jeunes manifestants au visage grave, conscients, visiblement,de ce qu'ils font, et des raisons pour lesquelles ils sont là. - Sarko, ne triomphe pas trop vite! En France comme partout dans le monde, cette crise, au fond, sera ce que nous en ferons. Ensemble! Plus que jamais, "La crise,c'est eux! Les solutions, c'est nous!"
 

l'Empire à son couchant au destin d'un Lincoln. Le fasciste "Bibi" Netanyahou, donc, plus chien, pour l'occasion, que loup, faisant sien le sage adage - arabe: "la main que tu ne peux pas mordre, lèche-là"...

Et le "Marathon man" à peau noire venu ouvrir l'ère de l'après-impérialisme au pied des Pyramides peut donc continuer, vivant, et bien vivant (photo ci-dessus), la Longue Marche qui n'en fait, certes, ni Mao ni Moïse fendant les flots de la Mer Rouge - ni Jésus-Christ marchant sur l'eau... - qui n'en fait nullement un "superman" pondeur de miracles, mais donne, et c'est là l'essentiel, toutes leurs chances à ceux qui, comme nous, ici, refusant les dogmes recuits, les a priori, les œillères pour les ânes, et toutes les formes de fatalisme politique, sont prêts à se jeter dans les eaux d'un nouveau Nil, jailli des sources de la vie.

C'est, nous l'avons écrit et réécrit, la grande rumeur des peuples, grondant de par le monde, qui a promu Barack Hussein Obama jusqu'à la Maison Blanche.

C'est nous, le monde, qui t'avons, donc, toi "Barack", de "baraka", le "béni", le chanceux, mieux que quelque Dieu hautain et capricieux, "élu"- confint nos procurations, par le biais d'élections, démocratiques, au peuple d'un pays dont la Liberté porte un beau nom français qui claque: La Fayette.

Il faut qu'il en soit digne, l' "élu", l'homme de la dernière chance avantl'Apocalypse, il le fallait, lors de cette grande première, au Caire, il l'a été - méritant mieux que les ricanements fatigués des conservateurs de tout poil, Obamasceptiques - et mieux aussi que les excès verbaux, scripturaires, voire d'inspiration hyéroglyphite des nouveaux Obamaniaques de l'inventive "rue arabe" qui

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!

Obama, l'islam, la Palestine, Dieu, l'Europe - et nous...

Ils n'ont pas pu, ou pas osé...Les Nazis de Tel Avivs se sont couchés, ils n'ont pas tué. Renonçant - jusqu'à quand? - aux projets d'attentat terroriste vouant le dernier Président de (suite sous la photo de gauche, ici)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

rêve et déjà peint le "yankee black" en Pharaon (la suite et l'analyse de l'ère nouvelle ouverte par le discours du Caire: à suivre, ici)

 

A quelques heures d'un voyage du Président des Etats-Unis d'Amérique au Caire, ville de tous les dangers

Les corbeaux de la mort croassent autour de la Maison Blanche

 

 

 

Ouvriers africains en lutte "pour les papiers et pour la dignité"

Record de honte battu

C'est - ou c'était?- le plus honteux scandale d'exploitation d'un ouvrier noir sans-papiers depuis le début du cycle de lutte ouvert il y a un an. A la suite d'une contre-attaque éclair de la CGT, Mohamed Aly, serveur ivoirien "en situation irrégulière" au restaurant Le Côte d'Azur, rue du Château d'Eau, à Paris (Xème), "balancé" par son employeur aux RG pour s'être mis engrève "pour les papiers, et pour la dignité", placé en garde à vue, et menacé d'expulsion tandis que sa jeune épouse Mouchia, enceinte de près de 8 mois, se trouvait jetée à la rue, expulsée, avec toutes leurs affaires, de la chambre de bonne de 6 mètres carrés que leur patron leur louait 450 euros par mois, sous les toits, a retrouvé la liberté (photo ci-dessus).

Et c'est le sourire aux lèvres, entouré d'une solide et chaleureuse escorte de militants CGT, qu'il a pu, sous l'œil de notre photographe, voir...le patron indigne embarqué par la police, pour être placé, à son tour, en garde à vue.

L'affaire durait depuis des semaines. Le Côte d'Azur se trouve à deux pas de la Bourse du Travail. Le cuistot,africain, et Mohamed Aly, le serveur, se rapprochent bientôt de la CGT. Elle intervient auprès de l'employeur, et lui demanded'agir pour la régularisation de ses deux employés - déclarés 2 heures par jour pour 11 heures de travail effectif, 6 jours sur 7, cotisant régulièrement à la Sécu sous leurs identités d'emprunt, et payant leurs impots.

Le 30 avril, les deux gars, las d'attendre, se mettent en grève. "Puisque vous m'emmerdez, rétorque le patron, moi aussi je vais vous emmerder. Vous allez voir!".

27 mai, 9H00. la police se présente dans la chambre de bonne que Mohamed Aly partage avec Mouchia, son épouse, enceinte. "Contrôle d'identité"."Faux papiers". Embarqué! le convoi roule encore en direction de la préfecture quand une équipe de gros bras, à qui le patron, qui est aussi le propriétaire de la chambre, se dit totalement étranger - succède aux policiers, expulse la jeune femme, vide sacs et petit mobilier, balance tout dans la cour, change rapidement les serrures, et part.

Mais la CGT parisienne possède aujourd'hui une "force de réaction rapide", animé par de jeunes militants toniques comme Olivier Villeret, (ci-dessous) un fils de Résistants des "maquis rouges" du centre de la France devenu l'un des éléments de choc de la CGT-RATP et l'un des cadres de pointe del'UD-CGT75 les plus investis dans le soutien aux grèves des ouvriers sans-papiers.

 

La contre-attaque est donc fulgurante. tracts et banderoles devant Le Côte d'Azur, interventions auprès de la préfecture, appel à des "pique nique sauvages" de solidarité en pleine rue...

Et tout est bien qui finit bien, donc, sauf pour le patron, qui risque quelques ennuis pour travail illégal, mais aussi pour son activité parallèle de "marchand de sommeil" doublée d'une expulsion sans droit, voire de voies de fait sur une jeune femme enceinte (l'intervention des élus communistes parisiens Marie-Thérèse Eychart et Jacques Daguenet a heureusement permis que Mouchia, dans un premier temps hospitalisée, se voit proposer un relogement d'urgence,avant même d'avoir pu serrer dans ses bras le père de son enfant, remis en liberté.

La bataille se poursuit maintenant pour la régularisation des deux hommes, et l'avenir de la jeune femme, ainsi que de l'enfant à naître - un garçon, qui pourrait s'appeler "Victor", une fille aurait été "Victoire".

Jean-Paul Cruse

Les luttes

des ouvriers

sans-papiers:

ici

 

 

A l'exception de ceux de Tel Aviv, dont la priorité absolue reste le déclenchement d'une crise majeure avec l'Iran dans les plus brefs délais, sous la forme d'une agression militaire, difficile à improviser à froid, ou plutôt d'attentats de provocation terroristes, en série, visant à pousser Téhéran à la faute, les services de renseignement du monde entier sont sur les dents.

Les informations sur une tentative d' d'assassinat d'Obama, en effet, à l'occasion de sa prochaine visite au Caire, se densifient de minute en minute.

Après un stupéfiant appel au meurtre, publié dans les colonnes d'un journal américain dont le directeur se refuse à dire d'où il lui est parvenu, et d'autres "signaux faibles", qui se répètent, même les services français, où l'influence gaulliste, malgré tout, demeure, et dont la capacité d'observation active en Egypte, à Gaza, dans toute la Palestine, et dans l'ensemble du Moyen-Orient, reste bien réelle, sont sur le qui vive. Et le monde s'interroge sur la signification d'un texte ésotérique, de haute tenue, et d'une grande beauté, qui vogue d'écran en écran, sous la signature du philosophe français Manuel de Dieguez: "Barack Obama en Egypte: "Je serai assassiné"

Vie - et mort? - de Barack Hussein Obama, les paramètres: ici

Notre dernier édito: ici

Non, cette joviale "Fatma" du Fatah de Ramallah brandissant (ci-dessus) une belle arme de "sniper" au cours d'une manifestation de commémoration de la "Nakba" (la Shoah palestinienne), à la mi-mai 2009, ne clame pas sa reconnaissance pour la blonde basque Michelle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur de la République Française (gaulliste, chiraquienne), qui vient de réjouir tous les militants du boycott en mouchant sévèrement "le petit porc du Raincy ", Eric Raoult, qui demandait "des sanctions" - mais elle aurait pu le faire!...Lire ici . - Video ici

(EDF-GDF Solidarité (suite)

allégeant les tarifs des particuliers des quartiers défavorisés. Des méthodes de lutte qui, si elles continuent à se propagerdans l'ensemble du service public, imposant réductions de tarif ou, pourquoi pas, gratuité pour les usagers défavorisés, ne peuvent qu'étendre les rassemblements unitaires de la colère syndicale bien au-delà du "Front de gauche", à un vaste rassemblement populaire, majoritaire - à un front d'action chaude, républicain et citoyen!

 

 

"Carton plein", ce samedi 16 mai 2009, pour les mères en colère du Mouvement des Mal Logés (MML) d'Aubervilliers (93), et pour les militants de Forces Populaires (FP) qui les soutiennent - et faisaient, à cette occasion, leur grande entrée en scène publique dans la localité.

Les mères n'avaient qu'une arme: le rat, surgi des caves de l'ancien café désaffecté, humide et insalubre, où vit Saadia Miftah (ci-dessus, sur le marché, tract en main, avec deux de ses filles portant pour la plus grande, Hiba, le badge du MML, et, pour la plus petite, l'autocollant au cœur rouge surmonté d'un poing levé, portant les initiales FP).

"Et maintenant les rats!", peut-on lire sur le badge, comme sur le tract - comme dans notreappel en "Une" annonçant une nouvelle "opération coup de poing" des mères en colère (lire ci-dessous). Et le rat, hideux symbole de la plus antique misère, de toutes les pestes et de tous les malheurs de la terre, est devenu leur arme de guerre (suite sous la photo, ici)

Aubervilliers, ce samedi soir, 16 mai 2009, ne parle plus que du