Bengaly
n'a pas froid aux yeux |
Nos lecteurs connaissent
Bengaly Coullibally
(ci-dessus, à l'ouverture de la réunion, sanglé
dans l'historique maillot de la grève pour
la régularisation des ouvriers "sans-papiers","On
bosse ici, on vit ici, on reste ici!"),
ce jeune enseignant du Mali devenu, sur le sol français,
et sous une identité administrative... discutée,
agent de sécurité d'une société
de video-surveillance du métro, filiale de la RATP,
chargée de protéger les usagers des accidents,
agressions, vols ou viols, et de la télé-surveillance
des contrôles... d'éventuels "sans-papiers"
dans les couloirs et dans les rames - arrêté,
placé en détention, et menacé d'expulsion
(pus libéré de justesse, à l'issue d'une
vive campagne) - au moment mêm (hasard?) où sa
femme, Fanta,
plus jeune et plus brillante bachelière du Mali, devenue
là-bas enseignante, elle aussi, puis, sur le sol de
France, à l'instar de son amie Maryam
Traore, la basketteuse, une des "stars"
politiques du mouvement "pour les papiers et pour
la dignité" (à la tête de la
jeune section syndicale CGT de la société de
nettoyage Manet),
fêtait, avec ses copines de lutte et de labeur,
et à l'issue de pas moins de six mois de grève
avec occupation des locaux, sa première carte
d' "autorisation de séjour et de travail"
en France, à l'issue de longues années
de peine à nettoyer les chambres des somptueux Palaces
parisiens sous l'officiel statut, bien hypocrite, de "clandestine"...
"En ce début de millénaire,
commence, donc, Bengally, cheville ouvrière de
ce premier rassemblement, de sa voix posée, calme
et grave, devant près d'une centaine de travailleurs
maliens de France et de Navarre se pressant dans la (trop)
petite salle d'Ivry, comble, ce dimanche matin, "le
processus de développement des pays en général
et celui du Mali en particulier est dans l’impasse."
Face à une telle situation, chaque Etat a le
devoir d’élaborer des stratégies pour
rester au contact de l’évolution afin de
pouvoir améliorer les conditions de vie des populations.
Avec la mondialisation, il est difficile d’envisager
la situation d’un Etat sans tenir compte de la situation
mondiale. Il se trouve que le Mali, parmi
tant d’autres pays, a le devoir de répondre
plus efficacement aux différentes sollicitations.
Si les Maliens
ont des droits envers le pays, ils ont aussi des devoirs,
celui de créer de nouvelles sources d’inspiration,
afin de ne pas laisser les générations futures
sans repères. Ceci passe
obligatoirement par l’implication de tous (...)
autour d’un objectif commun, celui de produire une
société juste, dynamique, forte et solidaire.
Pour
réaliser une telle société, l’obsession
de réaliser l’intérêt
personnel doit être mis à l’écart
afin de permettre aux uns et aux
autres de se consacrer à leurs devoirs.
Pour nous permettre d’accomplir cette mission nous
devons tous ensemble nous engager sur la voie d’un
travail sérieux.
(...)Nous prenons l’engagement d’être
exemplaires dans l’accomplissement de nos différentes
missions, en respectant le code de conduite défini
par nos autorités.
Nous sommes aussi conscients que nos activités
se déroulerons dans un espace étatique régi
par des lois et des règles, nous nous engageons
ainsi à travailler en parfaite intelligence avec
nos différents partenaires sans entraver le bon
déroulement des activités étatiques.
Nous nous engageons enfin
à respecter la liberté du peuple malien
et donc à respecter le choix de ce dernier en toute
circonstance.
Nous appelons donc tous les Maliens sans exception
et sans aucune discrimination à nous rejoindre
au sein d’un mouvement créé le 26
juin 2009 à Bamako dont le nom est le suivant :
"Mouvement Progressiste Populaire",
le sigle est (MPP), représenté par un
baobab dans un paysage de soleil levant. Les couleurs
sont le jaune, l’or, le vert et le vert foncé.
Notre Mouvement a pour but d’impliquer l’ensemble
des Maliens à la réalisation d’une
nouvelle société basée sur l’organisation,
la discipline, l’ordre, l’éducation
et la justice.
Le MPP a pour mission de limiter les incertitudes afin
de permettre l’émergence d’une société
de qualité, ceci, pour le bien être du peuple
malien.
Notre Mouvement a pour objet de favoriser, de développer
et de promouvoir :
- des actions et des activités visant
à faire du Mali un pays prospère,
- la sensibilisation des hommes et des femmes maliens
aux différentes questions d’évolution
et développement,
- des activités sur place et un
retour dans la dignité pour les maliens
de l’extérieur.
- Il se donne également la possibilité
par tous les moyens légaux d’aider l’organisation
d’autres structures du même objet.
Pour parvenir à une société pérenne,
nous devons nous montrer unis dans la difficulté,
pour construire une solidarité républicaine
dans la stabilité.
Pour permettre la mise en place de ce programme sérieux,
ambitieux et cohérent, j’ai ainsi l’honneur
et le plaisir de vous présenter la structure
à l’intérieure de laquelle nous
allons nous mettre les uns au service des autres pour
dessiner les contours du nouveau visage du Mali :
Le Mouvement Progressiste
Populaire : MPP-ASSOCIATION.
Nous avons choisit pour logo un baobab dans
uns paysage du petit matin au lever du soleil.
Le lever du soleil pour annoncer un nouveau jour pour
notre pays et le baobab
pour différentes raisons :
Tout d’abord, l’arbre soigne, nourrit,
protège et apporte la fraîcheur
en période de grande sècheresse.
C’est aussi autour de l’arbre que
les anciens se réunissent pour prendre les grandes
décisions.
Enfin la légende fait référence
à celui que je considère comme le
plus grand empereur du d’Afrique, Soundiata Keïta,
qui arracha d’un tour de bras un baobab afin de
satisfaire les besoins de sa mère.
Idéologiquement,
le mouvement se situe au centre.
(...)A l’horizon 2011, le MPP deviendra
officiellement un parti politique sous
le nom de MPP-PDM (Mouvement Progressiste Populaire-Parti
Démocratique Malien).
(...)Bon vent au MPP!".
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Un
second membre du groupe fondateur historique du MPP, déclaré
à Bamako comme Association Mouvement Progressiste Populaire
(Badalabougou Sema, rue 110 Porte 47,
Tel 79269471), mais appelé à se transformer en parti
politique malien à l'échéance des présidentielles
prévues aussi là-bas en 2012, tout en adoptant, dès
aujourd'hui, sur le sol de France, et à l'intention des Maliens
de France, le statut légal d'association, brosse alors le
tableau d'un continent africain ne représentant actuellement
qu' "à peine 2% du commerce mondial", avec
l'image, lourde, "de ses conflits, de ses guerres, de l'immigration,
du Sida"...
"Soyons fiers d'être Africains,
sur une terre d'Afrique, où, par exemple, dans l'actuel Rwanda,
56% des parlementaires sont des femmes! Soyons fiers d'être
Maliens!", dans ce très vaste pays d'1
million 242 000 km2 (deux fois la France!) délimité
par près de 7000 kilomètres de frontières
mais peuplé seulement de 13 millions d'habitants,
"sous-peuplé, donc, avec à peine 5 habitants
au kilomètre carré dans certains endroits"...
"Le Mali peut changer dans le bon sens...Moi, je dis à
chacun de faire un effort...Ce n'est pas l'esprit du MPP, pas sonrôle,
de juger les dirigeants qui se sont succédés (...)ils
ont fait de leur mieux...Notre rôle est de faire des propositions,
là où il en manque...Le monde nous regarde, il est
temps pour les Africains d'offrir un autre spectacle...L'Afrique,
c'est 500 millions de jeunes, au Mali, la majorité des habitants
ont moins de 15 ans...Derrière nous, toute une génération
se prépare...Je demande à toute personne décidée
à se mettre au service du MPP de s'approprier le MPP, de
faire de ce mouvement son mouvement...Le Mali peut change...Dans
le bon sens...Je demande à chacun de fournir un effort...
Pour notre mouvement, trois axes sont jugés prioritaires:
- le premier combat à mener, c'estle rétablissement
de la Justice...Nous avons besoin d'une Justce crédible...
- le deuxième combat, c'est l'immigration, immigration
interne au Mali, d'abord, avec 120 à 130 000personnes concernées
chaque année par l'exode rural, des campagnes vers les villes...Il
faut renforcer les campagnes, spécialiser les productions
par région pour nourrir les villes...Quant aux expatriés,
il faut que l'argent qu'ils rapatrient soit davantage utilisé
à des actionsde formation...Nous ne derions pas avoir besoin
d'importer de main d'œuvre étrangère...N'ayons
pas le complexe "Je n'ai pas de diplôme, je ne vaux
rien"...Autrefois, on disait péjorativement "c'est
du chinois" pour évoquer une explication obscure,
donnée dans un langage incompréhensible, mais la Chine,
aujourd'hui, est un grand pays émergent, on ne dit plus de
façon condescendante "c'est du Chinois"...
- le troisième axe, c'est d'aider toute cette jeunese
qui pousse, et fait toute la richesse, toute la force dumali, à
passer d'une société de consommation à une
société de construction...
C'est dans cet esprit qu'aujourd'hui nous déciderons,
ensemble, de mettre en place un Comité du MPP au niveau de
l'ensemble de la France...Une direction est en place au niveau du
Mali...Notre mouvement ne se veut ni à droite, ni à
gauche, il se situe au centre...ce qui ne signifie nullement qu'il
se prépare à suivre ou Bayrou, ou Morin..."
"Je propose une petite motion, dit un troisième
intervenant, vêtu de blanc, porteur de fines lunettes
(ci-dessous)..."A la place de "Le MPP
se situe au centre", disons que
le MPP a une vocation de "réunificateur"...
"Je souhaite que le MPP, conformément à
son intitulé, "Mouvement Progressiste Populaire",
soit vraiment progressiste", insiste un jeune étudiant
noir...Ne suivons pas le mauvais exemple déjà
donné par les 116 partis présents sur la scène
politique au Mali
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"Messieurs,
où sont vos femmes? je suis la seule femme présente
dans la salle, et je suis Haïtienne", lance
une intervenante(ci-dessous) avec bonne humeur, dans un éclat
de rire général...On lui répond qu'on
va faire un effort, que la prochaine fois..., qu' "une
étude sérieuse sera menée avec ceux qui
ont organisé cette fois, pour rectifier" |
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| Chargé, en principe, de traduire
en français les interventions faites en Bambara,
"pour que tout le monde comprenne", le jeune
homme en cravate rouge (Moussa Cisse, ci-dessous,
à côté de Bengally), déclare
y renoncer "parce que les portables n'arrêtent
pas de sonner, on n'entend rien, on ne comrend rien, il avait
été demandé de les fermer, ce n'est pas
responsable"...Il en profite quand même pour
apporter un appui discret, mais habile, au jeune étudiant
qui souhaite insister sur le mot "progressiste"
au sein de l'intitulé "Mouvement Progressiste
Populaire": "Fondé par des
jeunes, le MPP doit être un mouvement dirigé par
des jeunes...Evitons d'imiter les anciens partis politiques,
qui traitent les gens comme des marchandises, ne s'intéressant
à eux qu'au moment des élections, puis s'en détournant
ausitôt, oublieux de leurs belles paroles, et de leurs
promesses" |
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| Reprise de la tribune: "Il
est nécessaire, pour nous, les Africains, de ne pas oublier
notre culture...Quand on demande aux Asiatiques quel est le
secret de leur actuelle réussite, ils disent: "le
respect de la culture asiatique". Il est important, pour
nous, les Africains, de ne pas oublier notre culture. Dans notre
culture, il y a le respect des aînés, celui de
la tradition orale, du bouche-à-oreilles, il ne faut
pas y renoncer...Ceux qui postulent ici au rôle de dirigeants,
qui ont pris l'initiative de ce mouvement, ne sont pas des hommes
politiques assoiffés de pouvoir, mais des responsables
d'associations, forts d'une culture associative... |
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Auteur d'une première intervention,
remarquée, sur le positionnement du mouvement "au
centre", ou "en réunificateur",
un des animateurs du Mpp revient sur la question
de l'immigration:
"L'important, c'est la question dela
formation, qui permet à chacun de vivre chez lui,
dans son pays, avec des compétences bien établies,
reconnues...Permettant à chacun de vivre dignement,
dans son pays".
"Au lieu de recevoir une somme d'argent,
comme ça, pour rester ou rentrer chez soi"...
Comme tous ceux, nombreux, qui se prononcent
vivement "contre l'immigration"
(parlant en immigrés, engagés
dans la lutte collective pour la défense
des immigrés, et dans le souci de
tarir le phénomène, vu unanimement comme une
déchirure pour les individus comme pour le pays,
le Mali, il est vivement applaudi.
"Il y a 190 millions d'immigrés
aujourd'hui dans le monde", reprend un autre,
au bond."Et 80 à 100 000 Maliens vivant
en France...L'immigration n'est pas une solution...Ce
que souhaitent tous les Maliens de l'extérieur, c'est
plus de facilités pour pouvoir revenir au pays, dans
la dignité, pour y consruire l'avenir. Notre
ambition, notre rôle, n'est pas de prévoir
l'avenir, mais de le construire...L'argent des expatriés
n'est pas une solution d'avenir..." Les expatriés
ont dû se résoudre à s'expatrier
parce que leur région manquait de tout,
d'écoles, d'hopitaux...L'immigration, ce
n'est pas quelque chose à encourager...Si on peut
rester chez nous, c'est la meilleure des choses..."
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| "Oui, mais si l'on part,
si l'on quitte le pays, ce n'est pas seulement pour manger.
C'est à cause dea Justice, qui, au mali, est complètement
corrompue, tout le monde le sait, et pas tellement à
bamako, où ça se limite à depetits arrangements,
à de petits trafics, à de petits dessous de tables,
à de petites enveloppes. C'est dans le pays profond que
c'est grave, loin de la capitale, à l'abri des regards.
Là, il y a quelquefois des meurtres...le sangcoule, parce
que les gens n'ont plus qu'à se faire justice eux-mêmes... |
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