Politique

Sous le signe du baobab

Ni "Françafrique" ( "FrançaFric" ), ni non plus "Anti-France"

Le MPP, une nouvelle façon de faire de la politique

pour le MALI comme pour la diaspora malienne dans le monde,

de l'Europe aux Etats-Unis?

 

A Paris comme à Bamako, à Kayes, dans les campagnes comme dans la diaspora, en Europe et aux Etats-Unis, l'espoir que la jeunesse malienne en l'action politique s'incarne dans ces trois lettres: MPP (Mouvement Progressiste Populaire). Seul journaliste,et, pour tout direr seul blanc invité à y assister, un représentant du site Le Monde Réel témoigne de l'Assemblée générale préparatoire, tenue dans un local associatif d' Ivry (94). Assistance nombreuse, intellectuelle, ouvrière, et populaire, jeune, et malheureusement un peu trop masculine.

Premiers débats sans langue de bois, vifs, démocratiques.

Reste à transformer l'essai.

 

 

 

Bengaly n'a pas froid aux yeux

Nos lecteurs connaissent Bengaly Coullibally (ci-dessus, à l'ouverture de la réunion, sanglé dans l'historique maillot de la grève pour la régularisation des ouvriers "sans-papiers","On bosse ici, on vit ici, on reste ici!"), ce jeune enseignant du Mali devenu, sur le sol français, et sous une identité administrative... discutée, agent de sécurité d'une société de video-surveillance du métro, filiale de la RATP, chargée de protéger les usagers des accidents, agressions, vols ou viols, et de la télé-surveillance des contrôles... d'éventuels "sans-papiers" dans les couloirs et dans les rames - arrêté, placé en détention, et menacé d'expulsion (pus libéré de justesse, à l'issue d'une vive campagne) - au moment mêm (hasard?) où sa femme, Fanta, plus jeune et plus brillante bachelière du Mali, devenue là-bas enseignante, elle aussi, puis, sur le sol de France, à l'instar de son amie Maryam Traore, la basketteuse, une des "stars" politiques du mouvement "pour les papiers et pour la dignité" (à la tête de la jeune section syndicale CGT de la société de nettoyage Manet), fêtait, avec ses copines de lutte et de labeur, et à l'issue de pas moins de six mois de grève avec occupation des locaux, sa première carte d' "autorisation de séjour et de travail" en France, à l'issue de longues années de peine à nettoyer les chambres des somptueux Palaces parisiens sous l'officiel statut, bien hypocrite, de "clandestine"...

"En ce début de millénaire, commence, donc, Bengally, cheville ouvrière de ce premier rassemblement, de sa voix posée, calme et grave, devant près d'une centaine de travailleurs maliens de France et de Navarre se pressant dans la (trop) petite salle d'Ivry, comble, ce dimanche matin, "le processus de développement des pays en général et celui du Mali en particulier est dans l’impasse."
Face à une telle situation, chaque Etat a le devoir d’élaborer des stratégies pour rester au contact de l’évolution afin de pouvoir améliorer les conditions de vie des populations.
Avec la mondialisation, il est difficile d’envisager la situation d’un Etat sans tenir compte de la situation mondiale.

Il se trouve que le Mali, parmi tant d’autres pays, a le devoir de répondre plus efficacement aux différentes sollicitations.
Si les Maliens ont des droits envers le pays, ils ont aussi des devoirs, celui de créer de nouvelles sources d’inspiration, afin de ne pas laisser les générations futures sans repères.
Ceci passe obligatoirement par l’implication de tous (...) autour d’un objectif commun, celui de produire une société juste, dynamique, forte et solidaire.
Pour réaliser une telle société, l’obsession de réaliser l’intérêt personnel doit être mis à l’écart afin de permettre aux uns et aux autres de se consacrer à leurs devoirs.
Pour nous permettre d’accomplir cette mission nous devons tous ensemble nous engager sur la voie d’un travail sérieux.
(...)Nous prenons l’engagement d’être exemplaires dans l’accomplissement de nos différentes missions, en respectant le code de conduite défini par nos autorités.
Nous sommes aussi conscients que nos activités se déroulerons dans un espace étatique régi par des lois et des règles, nous nous engageons ainsi à travailler en parfaite intelligence avec nos différents partenaires sans entraver le bon déroulement des activités étatiques.
Nous nous engageons enfin à respecter la liberté du peuple malien et donc à respecter le choix de ce dernier en toute circonstance.
Nous appelons donc tous les Maliens sans exception et sans aucune discrimination à nous rejoindre au sein d’un mouvement créé le 26 juin 2009 à Bamako dont le nom est le suivant : "Mouvement Progressiste Populaire", le sigle est (MPP), représenté par un baobab dans un paysage de soleil levant. Les couleurs sont le jaune, l’or, le vert et le vert foncé.
Notre Mouvement a pour but d’impliquer l’ensemble des Maliens à la réalisation d’une nouvelle société basée sur l’organisation, la discipline, l’ordre, l’éducation et la justice.
Le MPP a pour mission de limiter les incertitudes afin de permettre l’émergence d’une société de qualité, ceci, pour le bien être du peuple malien.


Notre Mouvement a pour objet de favoriser, de développer et de promouvoir :
- des actions et des activités visant à faire du Mali un pays prospère,
- la sensibilisation des hommes et des femmes maliens aux différentes questions d’évolution et développement,
- des activités sur place et un retour dans la dignité pour les maliens de l’extérieur.
- Il se donne également la possibilité par tous les moyens légaux d’aider l’organisation d’autres structures du même objet.
Pour parvenir à une société pérenne, nous devons nous montrer unis dans la difficulté, pour construire une solidarité républicaine dans la stabilité.
Pour permettre la mise en place de ce programme sérieux, ambitieux et cohérent, j’ai ainsi l’honneur et le plaisir de vous présenter la structure à l’intérieure de laquelle nous allons nous mettre les uns au service des autres pour dessiner les contours du nouveau visage du Mali :
Le Mouvement Progressiste Populaire : MPP-ASSOCIATION.


Nous avons choisit pour logo un baobab dans uns paysage du petit matin au lever du soleil.
Le lever du soleil pour annoncer un nouveau jour pour notre pays et le baobab pour différentes raisons :

Tout d’abord, l’arbre soigne, nourrit, protège et apporte la fraîcheur en période de grande sècheresse.
C’est aussi autour de l’arbre que les anciens se réunissent pour prendre les grandes décisions.
Enfin la légende fait référence à celui que je considère comme le plus grand empereur du d’Afrique, Soundiata Keïta, qui arracha d’un tour de bras un baobab afin de satisfaire les besoins de sa mère.


Idéologiquement, le mouvement se situe au centre.
(...)A l’horizon 2011, le MPP deviendra officiellement un parti politique sous le nom de MPP-PDM (Mouvement Progressiste Populaire-Parti Démocratique Malien).
(...)Bon vent au MPP!".

 

 

Un second membre du groupe fondateur historique du MPP, déclaré à Bamako comme Association Mouvement Progressiste Populaire
(Badalabougou Sema, rue 110 Porte 47,
Tel 79269471), mais appelé à se transformer en parti politique malien à l'échéance des présidentielles prévues aussi là-bas en 2012, tout en adoptant, dès aujourd'hui, sur le sol de France, et à l'intention des Maliens de France, le statut légal d'association, brosse alors le tableau d'un continent africain ne représentant actuellement qu' "à peine 2% du commerce mondial", avec l'image, lourde, "de ses conflits, de ses guerres, de l'immigration, du Sida"...

"Soyons fiers d'être Africains, sur une terre d'Afrique, où, par exemple, dans l'actuel Rwanda, 56% des parlementaires sont des femmes! Soyons fiers d'être Maliens!", dans ce très vaste pays d'1 million 242 000 km2 (deux fois la France!) délimité par près de 7000 kilomètres de frontières mais peuplé seulement de 13 millions d'habitants, "sous-peuplé, donc, avec à peine 5 habitants au kilomètre carré dans certains endroits"...

"Le Mali peut changer dans le bon sens...Moi, je dis à chacun de faire un effort...Ce n'est pas l'esprit du MPP, pas sonrôle, de juger les dirigeants qui se sont succédés (...)ils ont fait de leur mieux...Notre rôle est de faire des propositions, là où il en manque...Le monde nous regarde, il est temps pour les Africains d'offrir un autre spectacle...L'Afrique, c'est 500 millions de jeunes, au Mali, la majorité des habitants ont moins de 15 ans...Derrière nous, toute une génération se prépare...Je demande à toute personne décidée à se mettre au service du MPP de s'approprier le MPP, de faire de ce mouvement son mouvement...Le Mali peut change...Dans le bon sens...Je demande à chacun de fournir un effort...

Pour notre mouvement, trois axes sont jugés prioritaires:

- le premier combat à mener, c'estle rétablissement de la Justice...Nous avons besoin d'une Justce crédible...

- le deuxième combat, c'est l'immigration, immigration interne au Mali, d'abord, avec 120 à 130 000personnes concernées chaque année par l'exode rural, des campagnes vers les villes...Il faut renforcer les campagnes, spécialiser les productions par région pour nourrir les villes...Quant aux expatriés, il faut que l'argent qu'ils rapatrient soit davantage utilisé à des actionsde formation...Nous ne derions pas avoir besoin d'importer de main d'œuvre étrangère...N'ayons pas le complexe "Je n'ai pas de diplôme, je ne vaux rien"...Autrefois, on disait péjorativement "c'est du chinois" pour évoquer une explication obscure, donnée dans un langage incompréhensible, mais la Chine, aujourd'hui, est un grand pays émergent, on ne dit plus de façon condescendante "c'est du Chinois"...

- le troisième axe, c'est d'aider toute cette jeunese qui pousse, et fait toute la richesse, toute la force dumali, à passer d'une société de consommation à une société de construction...

C'est dans cet esprit qu'aujourd'hui nous déciderons, ensemble, de mettre en place un Comité du MPP au niveau de l'ensemble de la France...Une direction est en place au niveau du Mali...Notre mouvement ne se veut ni à droite, ni à gauche, il se situe au centre...ce qui ne signifie nullement qu'il se prépare à suivre ou Bayrou, ou Morin..."

"Je propose une petite motion, dit un troisième intervenant, vêtu de blanc, porteur de fines lunettes (ci-dessous)..."A la place de "Le MPP se situe au centre", disons que le MPP a une vocation de "réunificateur"...

"Je souhaite que le MPP, conformément à son intitulé, "Mouvement Progressiste Populaire", soit vraiment progressiste", insiste un jeune étudiant noir...Ne suivons pas le mauvais exemple déjà donné par les 116 partis présents sur la scène politique au Mali

"Messieurs, où sont vos femmes? je suis la seule femme présente dans la salle, et je suis Haïtienne", lance une intervenante(ci-dessous) avec bonne humeur, dans un éclat de rire général...On lui répond qu'on va faire un effort, que la prochaine fois..., qu' "une étude sérieuse sera menée avec ceux qui ont organisé cette fois, pour rectifier"
Chargé, en principe, de traduire en français les interventions faites en Bambara, "pour que tout le monde comprenne", le jeune homme en cravate rouge (Moussa Cisse, ci-dessous, à côté de Bengally), déclare y renoncer "parce que les portables n'arrêtent pas de sonner, on n'entend rien, on ne comrend rien, il avait été demandé de les fermer, ce n'est pas responsable"...Il en profite quand même pour apporter un appui discret, mais habile, au jeune étudiant qui souhaite insister sur le mot "progressiste" au sein de l'intitulé "Mouvement Progressiste Populaire": "Fondé par des jeunes, le MPP doit être un mouvement dirigé par des jeunes...Evitons d'imiter les anciens partis politiques, qui traitent les gens comme des marchandises, ne s'intéressant à eux qu'au moment des élections, puis s'en détournant ausitôt, oublieux de leurs belles paroles, et de leurs promesses"
Reprise de la tribune: "Il est nécessaire, pour nous, les Africains, de ne pas oublier notre culture...Quand on demande aux Asiatiques quel est le secret de leur actuelle réussite, ils disent: "le respect de la culture asiatique". Il est important, pour nous, les Africains, de ne pas oublier notre culture. Dans notre culture, il y a le respect des aînés, celui de la tradition orale, du bouche-à-oreilles, il ne faut pas y renoncer...Ceux qui postulent ici au rôle de dirigeants, qui ont pris l'initiative de ce mouvement, ne sont pas des hommes politiques assoiffés de pouvoir, mais des responsables d'associations, forts d'une culture associative...

Auteur d'une première intervention, remarquée, sur le positionnement du mouvement "au centre", ou "en réunificateur", un des animateurs du Mpp revient sur la question de l'immigration:

"L'important, c'est la question dela formation, qui permet à chacun de vivre chez lui, dans son pays, avec des compétences bien établies, reconnues...Permettant à chacun de vivre dignement, dans son pays".

"Au lieu de recevoir une somme d'argent, comme ça, pour rester ou rentrer chez soi"...

Comme tous ceux, nombreux, qui se prononcent vivement "contre l'immigration" (parlant en immigrés, engagés dans la lutte collective pour la défense des immigrés, et dans le souci de tarir le phénomène, vu unanimement comme une déchirure pour les individus comme pour le pays, le Mali, il est vivement applaudi.

"Il y a 190 millions d'immigrés aujourd'hui dans le monde", reprend un autre, au bond."Et 80 à 100 000 Maliens vivant en France...L'immigration n'est pas une solution...Ce que souhaitent tous les Maliens de l'extérieur, c'est plus de facilités pour pouvoir revenir au pays, dans la dignité, pour y consruire l'avenir. Notre ambition, notre rôle, n'est pas de prévoir l'avenir, mais de le construire...L'argent des expatriés n'est pas une solution d'avenir..." Les expatriés ont dû se résoudre à s'expatrier parce que leur région manquait de tout, d'écoles, d'hopitaux...L'immigration, ce n'est pas quelque chose à encourager...Si on peut rester chez nous, c'est la meilleure des choses..."

 

 

 

"Oui, mais si l'on part, si l'on quitte le pays, ce n'est pas seulement pour manger. C'est à cause dea Justice, qui, au mali, est complètement corrompue, tout le monde le sait, et pas tellement à bamako, où ça se limite à depetits arrangements, à de petits trafics, à de petits dessous de tables, à de petites enveloppes. C'est dans le pays profond que c'est grave, loin de la capitale, à l'abri des regards. Là, il y a quelquefois des meurtres...le sangcoule, parce que les gens n'ont plus qu'à se faire justice eux-mêmes...