A sept jours de l'ouverture du procès du poète-résistant aux chaussures volantes, l'appel de la dernière chance pour une "opération godasses"à Paris, le soir du réveillon, à l'Ambassade américaine, lancé en épigramme d'un poème par une mère de famille d'Aubervilliers (93), médiatrice dans le combat des Mal Logés, musulmane de progrès, amie de la Palestine et de l'Iraq: ici. Bien dans la lignée de l'initiative du même esprit due aux Amitiés Franco-Irakiennes (AFI),du soutien d' EuroPalestine à la campagne de pétitions, des nombreuses propositions de lecteurs de ce site, et de l'appel à Agir Contre la Guerre publié dans ces colonnes par Sadok Ben Mabrouk et Jean-Paul Cruse, et surtout de l'action éclair, exemplaire, menée, à la façon des "actions de partisan" des années 70, contre un colloque-Kouchner à l'IMA. Tout démontre l'étenduedes perspectives enfin ouvertes à un mouvement anti-impérialiste enfin digne de ce nom, avec des actions effectiveent efficaces, dans l'unité enfin recomposée des authentiques amis de l'Iraq, du PCF aux gaullistes historiques, plaçant RSF et le clown anti-chinois Robert Menard devant leus contradictions hypocrites, scandaleuses et aujourd'hui sanglantes, et des partisans de la Résistance nationaliste républicaine (HakimArabdiou) aux sympathisants du Hezbollah, et jusqu'à Cohen (Marc). Lire ici
  Comme son fils (ci-dessus), tout l'Iraq - et même la fraction de la population encore hors de la Résistance - flambe de fierté pour Munthazar (manifs défiant la dictature, caricatures, blagues, tracts clandestins, etc.), mais tremble aussi pour lui.
L'"appel de la dernière chance" à une actin digne de ce nom - et de son nom...- en faveur de Muntather Al Zaïdi, le jour de son procès, qui sera aussi celui du réveillon, Dami Rimech, co-signataire, en soutien, à l'appel de Sadok Ben Mabrouk et Jean-Paul Cruse lancé en vain à Agir Contre la Guerre (ACG), et figure hautement symbolique des nouvelles forces populaires émergeant progressivement dans le nord, l'est et l'ouest de la région parisienne, et spécialement à Aubervilliers (93), s'accompagne d'un poème (suite col de dr ici).
Dami Rimech (ci-dessus)au cours d'une manif de Mal Logés d'Aubervilliers

Poème

Hommage au coup de savate d’un JUSTE


“Monsieur le juge George W Bush,
Un verdict, ce n'est pas un jeu ni un dé qu'on tourne,
Mais la roue tourne.


Bush juge du monde ? Sans doute,


Mais voici que deux savates tombées du ciel sur lui
viennent, Dieu soit loué,


Lui remettre la tête à l’endroit, et lui rappeler

Qu’il a puni Saddam du jugement de la corde,
Que la corde a libéré le condamné,
Mais que le coup de savate est venu maudire le juge,
Ce damné,

Dont la fameuse épopée Irakienne est un fiasco.


Dans ce pays l'impérialisme américain n'a rien réglé bien au
contraire, il suffit d'observer l'état actuel du pays pour s'en convaincre..

Dami.

 
C'est à EuroPalestine qu'on doit la première "action de partisan" de cette année 2008 finissant, en France, sous la forme d'une "opération godasses", organisée secrètement contre un colloque animé par l'insupportable repenti des Droits de l'Homme Bernard Kouchner, à l'Institut du Monde Arabe (IMA) (suite sous la photo, accès par clic ici)

ce jeudi 18 décembre 2008, au moment même où Sadok Ben Mabrouk et Jean-Paul Cruse lançaient, dans ces colonnes, un appel à développer ce type d'opération-éclair, usant du symbole désormais mondial de la chaussure, pour défendre Muntathar Al Zaïdi en prolongeant son beau geste de rebelle devant l'ambassade américaine ou sa filiale kollaborationniste irakienne.

Nous n'en sommes pas là, mais l'idée, à l'évidence, chemine: (suite sous la photo, clic ici)

Investissant par surprise le parvis de l'IMA, (ci-dessus) les "inoxydables" vétérans de choc du mouvement (à qui nous venions, dans la nuit, de suggérer l'idée d'une action de ce genre, peut-être encore un peu plus offensive et subversive sans être pour autant gravement illégale ou violente, mais pour libérer notre frère irakien martyrisé..), avaient, certes, choisi une "cible" seulement très indirectement liée au combat pour sauver Montather de la prison, de la torture, et peut-être dela mort.

Et, dans l'urgence qui est la sienne, et la nôtre, on peut le regretter.

Mais les manifestants avaient été priés de venir avec un stocks de chaussures, dont certaines en très très grand format, qu'ils ne sont pas allé, certes, jusqu'à lancer comme projectiles, avant de se laisser repousser (gentiment) par les forces de police accourues à la hâte, mais trop tard...EuroPalestine avait reçu le renfort, pour l'occasion, et c'est une très bonne nouvelle, de très nombreux jeunes (voir les photos et surtout la video), attirés, le doute n'est pas permis, par le principe d' "actions-éclair", préparées secrètement, et visant à frapper le esprits, en touchant des cibles symboliques, "actions directes" au sens non terroriste du terme, réalisées avec la plus grande économie de moyens, et une retenue finement dosée pour éviter une "casse" inutile, et des arrestations démobilisatrices.

On le sait depuis l'immédiat après-68, avec entre autres les actions des "paysans en lutte", devenus "Paysans-Travailleurs", puis "Confédération Paysanne" (Bové etc), ou les "opérations coup de poing" chères aux ouvriers du Livre CGT comme aux sidérurgistes lorrains, sans oubliet les "actions de partisan" pour la Palestine, sujet bien connu de Sadok Ben Mabrouk, (alors un des fleurons du Comité de Lutte Renault, comme son ami Pierre Overney) qui donnèrent naissance au MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) - et "Rebelles", le manuscrit interdit de JP Cruse, "témoin" privilégié de l' "époque GP", en ligne sur ce site est là pour le rappeler -, sans recours à des initiatives de ce type, imaginatives sans être excessives, aucun mouvement de masse durable n'a de chance de s'implanter, spécialement dans la jeunesse "black-blanc-beur" des quartiers populaires, des Lycées techniques et des C.E.T., avide de dignité, d'égalité et de justice, mais lasse des défilés traîne-savate à mourir d'ennui et sans impact que semblent toujours préférer, hélas, les matamores à la Besancenot (la LCR-NPA vient encore de parvenir, hélas, à empêcher Agir Contre la Guerre (ACG) de donner une réponse digne à l'appel de Sadok et JP, rejoints par ceux d'Aubervilliers, pour sauver Muntathar et relancer, ou plutôt lancer, un vrai mouvement anti-impérialiste en France, sur la question de l'Iraq comme sur celle de la Palestine, demain de l'Afghanistan, du Pakistan, voire de l'Iran ou de la Chine toute proche, si les Docteurs Folamour de Tel Aviv ou leus amis, provisoirement mais pas définitivement vaincus, du Pentagone, parviennent à transformer leurs fantasmes sanglants en cauchemars pour nous tous...

Campagne internationale pour sauver Muntathar Al-Zaïdi, l'héroïque journaliste-résistant de la chaîne de télé pourtant officielle AlBaghdadia, dans la lignée de Gabriel Peri, René Char ou Vercors, de la torture et d'une peine de 15 ans de prison - pour avoir lancé ses deux chaussures à la tête de George Bush junior,en guise de "baiser d'adieu", en le traitant très justement de "chien" (une insulte grave en Arabe, même si Le Monde Réel, de son côté, n'ayant rien contre les animaux, éviterait cette métaphore déplaisante pour les chiens)...et "en hommage aux veuves irakiennes!"
Ignoblement tabassé, puis torturé, Muntathar Al-Zaïdi aurait été vu à l'hôpital de Bagdad, le bras cassé, avant d'être reconduit dans un des centres de détention et d'"interrogatoires renforcés" de la Gestapo américaine, ou du régime kollabo de maliki, le pétain de Bagdad. Ses frères ont reçu la visite d'une personne de confiance, qu'ils connaissent, mais dont ils taisent le nom, qui leur ont communiqué ces informations. Son employeur, la chaîne de télévision , prend courageusement sa défense, et exige sa remise en liberté immédiate. Ce qui en dit long sur le climat régnant en Iraq en ce moment, Al Baghdadia , chaîne on ne plus capitaliste et officielle, n'ayant rien d'une télévision clandestine de la Résistance Irakienne, (il en existe...).

Tous les journalistes dignes de ce nom, dans le monde, et d'autres personnes, signent en ce moment une pétition internationale "objectif: 50 000 signatures pour Muntathar",

dans l'espoir de lui sauver la vie, de le préserver de plus longues tortures, et d'obtenir pour lui un jugement équitable.

Selon la "législation" de la dictature kollabo de Bagdad, il encourt une peine de 7 à 15 ans de prison - dont il ne reviendrait pas vivant. Jean-Paul Cruse, signataire de la pétition, et toute la petite équipe du Monde réel s'associent évidemment à cette iitiative..

Dimanche 21 décembre, à 19H30, les signatures étaient au nombre de 15 189, augmentant à la cadence de plusieurs par minute, en italien, anglais, espagnol, français, et en arabeévidemment, dont celle d'1 député français,un seulGérard Bapt (bravo pour les autres...). Parmi les commentaires: "nous sommes 4 milliards à penser comme toi, Muntathar", ou "just sorry he missed" ("désolé seulement qu'il ait ratésa cible"), et "tous les autres journalistes présents auraient dû faire comme lui..."

"Il faut, écrit l'éditorialiste signant simplement "Mohammed", du site uruknet.info (respecté pour sa tenue et son impartialité par tous les camps en Irak, même par la Résistance), souligner ce que signifie jeter une chaussure à la figure de quelqu'un dans la tradition irakienne, et dans la tradition arabe en général.C'est la pire des insultes.

"Mohammed" (ci-dessus) et le lion de Babylone (à g ), logo d'uruknet.info

"C'est l'humiliation la plus grande que l'on puisse infliger à quelqu'un, et cela s'est produit ce jour-là devant le monde entier, couvrant de la pire opprobre un des plus grands criminels d l'histoire moderne, quand le vaillant Muntathar Al Zaidi a balancé sesdeux chaussures, l'une après l'autre, à la face de Bush, qui se tenait près de Maliki (le "premier ministre" du gouvernement fantoche de Bagdad NDLR-LMR), lui-même insultéde ce fait. Et il lui a crié: "c'est un baiserd'adieu."

Combien de visages irakiens se sont-ils trouvés écrasés par une chaussure à cause de Bush?

J'étais là...J'ai bondi de mon siège, rayonnant de joie, mais mon sourire s'est effacé aussitôt à la vue des bâtards se ruer sur Munthathar, le rouer de coups de pieds, de coups de crosses... Ce qui m'a le plus choqué, c'est que des Irakiens tabassaient un Irakien, en hurlant: "virez les caméras".Lui, le brave, il hurlait: "mais vous êtes des Irakiens!..."

Si cela avait été des Américains, cela aurait été compréhensible, parce qu'après tout c'est leur Président, et c'est bien leur devoir de le protéger.

(En fait, le projet de Munthatar était connu de nombre de ses confrères, donc de la CIA, et du "Secret Service", la structure spéciale de protection des Présidents américains, depuis plusieurs semaines. Entarînés minutieusement en prévision de ce genre de situation, les professionnels du "Secret Service" (ou des unités spéciales de protection des Marines...) sont parfaitement capables de dégainer et de tirer sur un lanceur de projectiles, sans se poser de questions métaphysiques sur la nature du projectile, en l'immobilisant pour le compte d'un tir réglementaire au défaut de l'épaule. Si Muntathar n'a pas été ainsi paralysé (mais laissé vivant, pour "interrogatoire") avant même d'avoir pu lancer la première chaussure, à plus forte raison la deuxième, il doit bien y avoir une raison. La plus probable: la CIA, et même le "Secret Service" (où les critères de recrutement puis de contrôle sont particulièrement sévères) en ont leur claque de George Bush, comme leurs homologues français commencent à se lasser des clowneries de Sarkozy...Ils ont donc vraisemblablement laissé faire, ravis, en fait, de l'humiliation (relativement indolore) infligée au criminel. NDLR/LMR)

"Mais là, après son expulsion de la salle, il s'est passé de très longues minutes où nous avons continué à l'entendre hurler sous les coups, dans la pièce à côté. Et Bush, n'avait-il pas proclamé qu'il était venu sauver l'Irak de la torture, imposée sous Saddam?

Al Maliki et Bush ne proclament-ils pas que l'Irak est désormais un Etat de Droit? Et quatre de ses confrères d' AlBaghdadia ont été eux aussi arrêtés,déshabillés et tabassés!


Muntathar avait laissé un papier à ses amis, disant qu'il allait faire quelque chose pour l'Irak et entrer dans l'Histoire. C'est ce qui se passe, et tous les Irakiens que je rencontre sont fous de joie.

Une femme m'a dit: "je n'avais pas fêté l'Aïd depuis trois ans parce que le Américains ont "accidentellement" tué mon mari et mon fils, et ce qui vient d'arriver à Bush est la raison pour laquelle je pense que, maintenant, je peux le faire, puisqu'il y a eu vengeance... "

"Tout le monde met la photo de Munthathar sur son mobile, et personne ne s'inquiète desavoir s'il est chiite ou sunnite. On est tous fiers de lui. Son prénom signifie "attendu", en référence au retour du Mahdi, mais il avait déjà été kidnappé par l' "armée du Mahdi", en novembre 2007, torturé puis remis en liberté contre rançon, ou sans rançon, il y a plusieurs versions.

(...) Et que va-t-il se passer maintenant? Va-t-il être considéré et traité comme un "terroriste". Va-ton juger que lancer ses chaussures à la face d'un Président est un "acte de terorisme"? Il y a déjà eu des manifestations pour le défendre. Soit il va rester en prison et y mourir, soit il va bien falloir qu'on le relâche dans quelques semaines, et, quelque tmps plus tard, il sera "victime d'un accident".

Pour finir, je veux clarifier quelques points. Je nepense pas, personnellement, que lancer ses chaussures à la tête d'un Président ce soit bien, mais il y a des exceptions à tout, et là, nous sommes devant une exception.

Et je crois que beaucoup de citoyens américains vont eux aussi apprécier ce geste, et beaucoup de gens dans le monde.

Alors, que Dieu et ses anges veillent sur toi, Muntathar, pour t'aider dans la situation où tu te trouves, maintenant, car tu as rendu aux Irakiens une petite part, au moins, de leur dignité, en humiliant ce criminel.Tu es un des hommes les plus courageux qui soient au monde, tu vas devenir une icône, Dieu seul sait jusqu'à quand. Que Dieu te bénisse et te protège.

Et maintenant, je vous laisse regarder les videos de différentes caméras, montrant la scène sous tous les angles, et du début à la fin"

ici et ici

(Voir aussi ici, et ici )

 

 

 

Nos infos sur l'Iraq et la résistance irakienne, à laquelle les gauchistes français, sous l'influence prédominante des trotskistes de la LCR-NPA de Krivine-Besancenot et des anars de la tendance pro-israélienne de la CNT, toujours active, et disposant de moyens, ont abandonné et liquidé honteusement tout soutien (à l'exception, notable, d'Agir Contre la Guerre ACG):

ICI

AMITIES FRANCO-IRAKIENNES

Une godasse pour Bush !

Soutenons Mountazer al-Zaïdi
!

Mountazer al Zaïdi, (...) qui n’a pas hésité à risquer sa vie en lançant ses deux chaussures à la tête de George Bush, (...) un bras cassé et victime d’un traumatisme crânien (...) encourt une longue peine de prison (...) pour insulte à chef d’Etat étranger et au « Premier ministre » Nouri al-Maliki, à qui la seconde chaussure était peut-être destinée.

Son crime : avoir accusé Bush de la mort de centaines de milliers d’Irakiens. Selon l’ONG américaine Just Foreign Policy, le nombre des victimes civiles irakiennes s’élevait hier à 1 297 997 morts. Le chiffre des soldats américains tués était de 4 209. Depuis avril 2003, celui des GI morts des suites de leurs blessures, et des mercenaires étrangers, n’a jamais été communiqué.

En Irak et dans les pays arabes, des milliers de manifestants réclament la libération de Mountazer al Zaïdi.

A ce jour, plus de cent vingt avocats – américains et arabes – proposent d’assurer sa défense.

En signe de solidarité et en hommage à son courage, envoyez une vieille godasse à l’Ambassadeur américain dans votre pays. Il comprendra que vous lui demandez de la faire suivre à la Maison-Blanche !


Adresse pour la France : Ambassade des Etats-Unis en France, 2 avenue Gabriel – 75382 – Paris Cedex 08.

Rennes, le 17 décembre 2008. Pour les AFI, Gilles Munier

Saisir le moment pour relancer le combat pour l'Iraq

Les liquidateurs trotskistes de la LCR-NPA de Krivine-Besancenot ont ils enfin réussi à briser tout soutien effectif à la lutte de libération nationale du peuple irakien en France, au nom d'une défiance pas-raciste-mais à l'égard de"l'islamisme", et d'une haine atavique, venue de1941-45, contre le "nationalisme", alors que leurs prédécesseurs avaient échoué dans leurs tentatives crapuleuses d'empêcher "les travailleurs" de se lever pour participer à la luttede Libération nationale contre l'occupant nazi, pendant la Résistance, en France, jugée "nationaliste" et "militariste", et que la génération Vietnam avait échoué dans ses tentatives de diviser et d''infiltrer la Résistance indochinoise,s'attirant une impitoyable éradication de la part de Ho Chi Minh, ce qui n'empêchera pas Krivine de faire hurler à ses jeunes troupes, en panne de "Devoir de Mémoire", "Ho-Ho-Ho Chi Minh" en sautillant gaiement dans les rues de Paris (sans Besancenot, qui ne courtisait pas encore "la fille du chef" avant de lui préférer, "politiquement" sans doute, à moins que des critères financiers eussent pesé dans le paysage, S..., une riche éditrice gauchiste ayant réussi à faire son nid chez Flammarion et à (co?)-financer l'achat d'un appartement "chicos" sur la Butte où le facteur à temps partiel peut ainsi résister à la crise du logement tout en incitant les "Mal Logés" à rejoindre son "Nouveau Parti Anticapitaliste".

Avec la lame de fond en faveur du journaliste atypique, patriote, intègre et courageux, qui a su défier et humilier George Bush junior devant les caméras du monde entier avant d'affronter tabassage, puis tortures, et menaces d'assassinat en prison, une occasion nous est donnée de relancer le mouvement anti-impérialiste en France, au côté des impeccables militants indépendants d'AGIR CONTRE LA GUERRE, s'ils parviennent à se dépêtrer de la glu LCR-NPA qui chasse les résistants irakiens eux-mêmes des manifs, coupe le micro à un Amir Alfarge, et tente d'empêcher l'implantation en quartiers populaires (d'abord dans la jeunesse bigarrée d'au-delà des périphériques, lycées, CET, LEP), en sortant du ghetto de la petite-bourgeoisie intellectuelle d'ultra-gauche, qui sert de repoussoir à la création d'un véritable mouvement de combat, ouvert des communistes aux gaullistes et des laïcs anti-racistes et progressistes (il en restequelques-uns) aux amis du Hezbollah en France, pas exclusivement libanais, arabes, ni musulmans...

Alors, amis des AFI, et ami Gilles, infatigable combattant anti-impérialiste de l'Alger des années 60 à Bagdad ou Bassorah, aujourd'hui, pourquoi ne pas tenter le coup d'une manifestation publique, même si elle est peu nombreuse, allant lancer, ou déposer, des tasde vieilles godasses de préférence puantes le plus près possible des Ambassades des criminels de guerre - en y ajoutant, pourquoi pas, le déversement symboliquement fort d'un grand seau de sang de bœuf ou même de porc?

JP Cruse

Lettre ouverte à Agir Contre la Guerre (ACG)
(Sadok Ben Mabrouk, JP Cruse)

Selon des sources dignes de foi – et notamment L’Humanité de ce matin – Munthathar Al-Zaïdi, le courageux journaliste irakien, auteur d’un acte de défi direct à George Bush jamais vu dans le monde (par lancer de chaussures à la figure) risque au moins 7 ans de prison pour “offense à chef d’Etat étranger” - si encore les faits ne sont pas requalifiés en ”acte de terrorisme”.


Sévèrement tabassé dans la salle même de la conférence de presse, puis dans la pièce d’à côté, hospitalisé avec un bras cassé, plusieurs côtes enfoncées et un traumatisme crânien causé par des coups de crosse de revolver sur la tête, il est actuellement dans une de ces effroyables prisons irakiennes où les détenus sont soumis aux pires des traitements, rappelant les heures les plus sombres de notre histoire, et en danger de mort à tout instant.


Selon les mots du grand avocat irakien Khalil Doulaïmi, prêt, toujours selon l’Huma, (comme deux cents avocats dans le monde, notamment mais pas exclusivement arabes, et même américains) à “le défendre gratuitement”, ”les Etats-Unis occupent ‘Irak et la résistance est légitime par tous les moyens, y compris lancer des chaussures”.


C’est aussi ce que nous sommes un grand nombre à penser, ici même, en France, pays de longue tradition de résistance au fascisme et de combats anti- impérialistes recourant à tous les moyens nécessaires, légitimes eux aussi.


Nous ne pouvons pas rester plus longtemps à l’écart de la puissante vague d’enthousiasme et de solidarité qui monte dans le monde, en faveur de Munthathar Al-Zaïdi, et de ce que son acte symbolique, et presque non-violent, représente pour la résistance de ce noble pays et de son peuple martyr.


Nous adressons donc cette lettre ouverte au mouvement unitaire AGIR CONTRE LA GUERRE ( et, au-delà, à toute l’opinion progressiste, anti-impérialiste) pour que soit organisé dans les plus brefs délais un rassemblement de soutien à Munthathar, pesant sur ses conditions de détention, le maintien de son intégrité physique, de sa vie même, et son procès - dans une orientation et dans des formes concrètes inspirées de son acte même.
Paris, le 18 décembre 2008
Sadok Ben Mabrouk, ingénieur (Suresnes, 92), ami de la Palestine
Jean-Paul Cruse, journaliste et écrivain indépendant, militant anti-impérialiste. Paris - et coordinateur techniue provisoire de ce site, Le Monde Réel.

(De premières signatures de soutien nous parviennent - et d'abord, d'Aubervilliers (93), toujours à l'avant-garde, avec Dami Rimech, mère de famille, médiatrice dans l'Education nationale et dans l'affaire des Mal Logés, vice-présidente-fondatrice de l'association "On est tous responsables", figure symbolique du mouvement lycéen de Casa réfugiée en France après 1981, musulmane de progrès, amie de la Palestine comme de l'Iraq, et Fehd Sarri-Rimech, qui va sur ses16 ans, lycéen à Aubervilliers, ami de la Palestine, sympathisant actif du MML, le Mouvement des Mal Logés d'Aubervilliers, et journaliste-pigiste en formation accélérée. Que les autres signataires ne s'impatientent pas: nous vérifions soigneusement l'authenticité des signatures, et les qualités des signataires, avant de les mettre en ligne, pour éviter manipulations toujours possibles et mauvaises surprises.
 

 


Lettre ouverte à J-F Julliard, secrétaire général de Reporters sans Frontières
Appel à défendre Muntadar al Zaidi



- Maxime Vivas -



Monsieur le secrétaire général,

En avril 2003, G.W. Bush décrétait que la guerre en Irak était finie.
En juillet 2003, RSF publiait un rapport intitulé : « Les médias irakiens trois mois après la guerre. Une liberté nouvelle mais fragile».
On y lisait : « Voici trois mois qu’un vent de liberté souffle sur la presse irakienne… », mais aussi que « Le décret 7 de l’administrateur Paul Bremer, fin juin 2003, interdit et réprime, entre autres l’incitation à la violence contre les forces de la coalition».


En clair, rien ne peut être dit dans la presse contre l’occupant, toute critique de l’envahisseur étant assimilée à une incitation à le bouter dehors.


Muntadar Al Zaidi vient de faire voler en éclat cette censure. Pour cela il doit être défendu.

Reporters sans frontières dispose d’un réseau, appelé Damoclès, dont la fonction est de soutenir devant la Justice les journalistes emprisonnés.
C’est le moment de l’activer. Non pas pour cautionner le lancer de chaussures à la tête des conférenciers, mais parce que ce journaliste-là n’avait pas d’autre moyen d’exprimer dans les médias irakiens et aux yeux du monde, un reproche au chef des envahisseurs venu pérorer devant lui après avoir dévasté son pays, pillé son pétrole et ses musées, tué 800 000 civils d’après certains, un million d’après d’autres. Parmi les victimes, figure une partie de la famille de Muntadar Al Zaidi.


222 journalistes ont été assassinés en Irak depuis le début de l’invasion. Vous indiquez sur votre site qu’entre 2003 et 2006, 12% d’entre eux sont tombés sous des tirs états-uniens.

200 avocats ont déjà fait savoir qu’ils souhaitent assurer gratuitement la défense de Muntadar Al Zaidi. On ignore à ce jour dans quel bagne il est encagé. Des milliers d’irakiens ont défilé dans la rue pour exiger sa libération.

Le film du lancer de chaussures nous montre que le journaliste était en parfaite santé après le deuxième jet. Or, il « a été hospitalisé à l'hôpital Ibn Sina car il a un bras et des côtes cassées et souffre de blessures à l'oeil et à la jambe » a affirmé son frère à l'AFP.

On apprend par ailleurs qu'il souffrirait aussi d'un traumatisme crânien. Il a donc été sévèrement tabassé alors qu’il était inoffensif.

A Washington, le département d'Etat a averti qu'il condamnerait d'éventuelles violences infligées au journaliste par les forces de l'ordre après l'incident de Bagdad.
« Nous condamnons bien évidemment tout recours inutile à la force à l'encontre d'un journaliste », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Robert Wood, tout en assurant ne pas savoir si M. al-Zaïdi avait effectivement été frappé et qu'il condamnerait d'éventuelles violences infligées au journaliste par les forces de l'ordre après l'incident de Bagdad. Ce qui prouve que l’humour (noir) n’est pas l’apanage des Anglais.

RSF a publié un communiqué implorant la clémence du gouvernement mis en place par l’occupant. Mais il est de votre devoir, d’intervenir autrement qu’en paroles, autrement que par un communiqué platonique.

Il faut exiger que Washington condamne, comme il s’y est engagé, le « recours inutile à la force à l'encontre d'un journaliste », puisque l’on constate des « violences infligées au journaliste par les forces de l'ordre après l'incident de Bagdad ».

Vos liens particuliers avec les USA vous positionnent avantageusement pour intervenir auprès des envahisseurs, qui sont en mesure de faire cesser les sévices.

En effet, le rapport « Commission for Assistance to a free Cuba « (458 pages) remis au début du mois de mai 2004 par Colin Powell à Georges Bush vous distingue parmi des centaines d’autres ONG. A presque toutes les pages (et jusqu’à dix fois à la page 77), Powell fait appel aux ONG. Une seule, est nommée (dès la page 20) comme on cite le bon élève : Reporters sans frontières (associating Reporters Without Borders).

Personne ne comprendrait que RSF tolère que Muntadar al Zaidi continue à être maltraité en secret, sauf à y voir une collusion de votre organisation avec un pays qui vous verse des subsides depuis 2002.

Vous avez su, au mois d’avril décorer de banderoles revendicatives la Tour Eiffel et Notre-Dame de Paris. Fort de votre expérience, agissez ainsi pour ce journaliste que l’opinion publique mondiale (y compris aux USA) ne condamne pas.

Vous avez su cadenasser à Paris les grilles de l’ambassade d’un pays du tiers monde, refaites-le à l’ambassade états-unienne à Paris. Ou à celle de Bagdad si vous croyez qu’elle ne dépend pas de la première.

Vous avez su faire connaître, parmi les centaines de journalistes assassinés depuis 10 ans à travers le monde, le nom d’Anna Politkovskaïa. Faites de même pour un journaliste d’un pays occupé, qui n’a blessé personne et dont le geste n’eut pour conséquence que de rendre visible l’opinion de la rue irakienne dans le monde entier.

Vous avez su établir d’éphémères liaisons radios et créer des sites Internet à destination de pays dont vous vouliez dénoncer le comportement à l’égard de la presse. Refaites-le en Irak et aux USA.

Vous avez manifesté devant l’UNESCO, déguisés en bagnards, refaites-le devant les ambassades d’Irak et des Etats-Unis à Paris.

Vous disposez d’un budget de plus de 5 800 000 euros pour venir en aide aux journalistes. Usez-en pour que la famille (ce qu’il en reste) de Muntadar al Zaidi puisse survivre pendant sa détention.

Vous avez su organiser avec Médiapart deux rencontres au théâtre du Rond-Point à Paris. Organisez la troisième sur un sujet qui remplira la salle.

Vous avez su distribuer des tracts dans les aéroports pour dissuader des touristes Français d’embarquer pour les Caraïbes. Revenez-y en tractant devant les salles d’embarquement pour Bagdad et New York.

Vous avez organisé une conférence de presse à l’hôtel Hilton de Caracas pour soutenir une chaîne de télévision complice de putschistes qui appelèrent à l’assassinat du président élu. Agissez de même depuis Bagdad pour soutenir celle qui employait un lanceur de chaussures contre un président venu narguer un peuple écrasé par son armée.

Vous avez su impulser les actions des partisans de l’indépendance du Tibet, persévérez avec les mêmes procédés pour celle de l’Irak débarrassée d’un intrus botté qui « interdit et réprime » les écrits des journalistes patriotes.

Hélas, vous avez su aussi oublier pendant deux ans un journaliste innocent (Sami Al Haj) à Guantanamo, et attendre, pour demander la fermeture de ce bagne où croupissaient des journalistes, qu’Amnesty International, l’Union Européenne, l’ONU l’aient exigé solennellement.

Ne renouvelez pas ce genre d’« erreurs » : exigez la fermeture des bagnes de Bagram en Afghanistan et d’Abou Ghraib en Irak.

Enchaînez-vous aux grilles de Guantanamo. Protestez dans des combinaisons orange devant les barbelés de cette zone de non droit.

Et surtout, agissez sans relâche pour Muntadar al Zaidi.

Dans l’improbable hypothèse où vous en resteriez à des communiqués sur votre site Internet, nul ne comprendrait en quoi l’association RSF d’aujourd’hui est différente de celle qui fut longtemps dirigée par un homme désormais salarié d’une dictature arabe (le Qatar) où la presse n’a pas le droit de critiquer la famille régnante.

Veuillez agréer, monsieur Julliard, l’expression de mes sentiments attentifs au sort des journalistes.

___________
* Maxime Vivas est écrivain et auteur notamment de « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone », éditions Aden.

Ce texte vigoureux, comprenant, certes, des passages que l'on peut contester, notamment sur la caractérisation du régime du Qatar, nous a été transmis par notre ami François Asselineau, gaulliste, ancien directeur de cabinet du Charles Pasqua souverainiste et rassembleur de l'après 1992 (combatcontre Maastricht, tavlée infligée à laliste Sarkozy aux européennes...) et du second RPF

Soutien total à Mountazer al-Zaïdi !
Un bon arabe est un arabe moqueur

- Marc Cohen -

Total respect. Comme le monde entier, j’ai été scotché par le jet de chaussures de Mountazer al-Zaïdi. Du courage, de la classe, du sens : que demander de plus à un homme ? Un homme qui n’a pas hésité à risquer sa vie, non pas pour zigouiller banalement du mécréant, façon bombe humaine d’autobus, mais pour signifier son mépris. Il y a du soufflet gascon dans ce travail d’arabe, nos idées progressent, les enfants.


En projetant ses godasses sur l’homme le plus puissant de la planète, Mountazer al-Zaïdi a donc réussi là où des milliers de tueurs djihadistes abrutis avaient échoué : rendre sympathique à la planète entière le juste refus irakien de l’occupation américaine.

On notera que cette situation, scandaleuse, n’était guère plus brillante du temps où l’Irak était occupé par les Irakiens : si c’était sur Saddam Hussein que Mountazer avait envoyé ses souliers, j’ai tendance à croire que ce dernier aurait réagi avec moins d’humour que George W.. Et qu’à l’heure qu’il est, notre vaillant confrère serait déjà mort et enterré, non sans avoir auparavant été dûment énucléé, émasculé et éviscéré par les spécialistes en relations humaines du Raïs. Néanmoins, on pensera aussi à remuer nos miches pour tirer ce chouette garçon des griffes de ses tortionnaires du moment. Notre superman national serait bien avisé de lui offrir l’asile politique en France.

Si ce jet de souliers n’est pas politique, alors il faudra m’expliquer…


Je reviens sur le sens. Que la portée du geste n’ait échappé à personne, y compris pour ceux qui de Sidney à Trinidad ont entrevu les images sans le moindre commentaire, c’est déjà un exploit, mais ça Ben Laden l’avait déjà fait, et en mieux. Quant à l’arme du crime, c’est une autre paire, non pas de manches, mais de souliers. Les souliers qu’on ôte, parce qu’ontologiquement impurs, au seuil de la mosquée, certes. Mais surtout, dans la mémoire collective arabe, les chaussures renvoient aux mille défaites des glorieuses armées musulmanes, aux images enrageantes de prisonniers moustachus et déchaussés, et plus spécialement aux monceaux de rangers abandonnées dans le Sinaï en 67 par les troupes d’élite nassériennes. Or par ce geste-là, ce seul geste-là, on est passé d’un seul coup d’un seul, de la rancœur ressassée, de la rumination régressive et du déni autodestructeur à la moquerie libératrice, au grand rire nietzschéen.

Je serais israélien, je serais content de négocier avec des gens dans l’oeil desquels je vois un peu de malice, un peu de défi, voire un peu de morgue, et plus seulement de la souffrance et de la haine…
Je l’ai déjà écrit , le plus détestable chez Oussama Ben Laden, c’est sa modernité. Sa formation universitaire de business engineering. Ce mass murderer rationnel et pragmatique se meut comme un poisson dans l’eau glacée du calcul égoïste, comme disait l’autre. Avec Mountazer al-Zaïdi, changement radical de la donne.

Je ne sais pas si Al-Zaïdi a lu Retz ou Baudrillard. Je ne sais même pas s’il mesure la portée épistémologique de son propre geste. Mais il est bien évident que d’autres le feront pour lui. Qu’ils sauront mesurer le bond théorique entre destruction et déconstruction. Ils verront que la tentative de destruction à la Ben Laden renforce in fine l’ennemi supposé : les Twins seront reconstruites, et en mieux. En revanche on n’effacera pas comme ça les traces de la déconstruction moqueuse du mythe américain perpétrée par deux souliers voletant vers le président Bush. Mountazer a instillé le virus de la critique postmoderne dans l’Islam. C’est assurément la meilleure nouvelle de l’année.

Voilà pour les bonnes nouvelles. Passons maintenant aux moins joyeuses. Le problème, c’est que comme d’hab, pour marquer le coup, les Arabes vont se contenter de descendre dans la rue avec des grands portraits de Mountazer et de brûler quelques drapeaux américains ou israéliens. Et qu’ils resteront donc dans leur merde noire pour n’avoir pas compris que la seule chose à faire, ce n’est pas de le sanctifier, mais de l’imiter. De glisser leur pas dans ceux de ses pieds nus.


En écrivant ces lignes, je pense aux 25 millions d’habitants de ma ville natale, Le Caire, qui tous, j’en suis sûr, révèrent Mountazer, mais ne voient pas l’occasion extraordinaire qu’il leur a donné de sortir de leur enfer, de leur cauchemar même pas climatisé.


Amis cairotes, ôtez tous vos babouches, et jetez-les à la tête de vos flics ripoux, de vos fonctionnaires sangsues, de vos dirigeants nauséeux et fanfarons qui vous ridiculisent dans le monde entier.

Amis pédés du Caire, persécutés, déshonorés, violés dans des geôles insanes et en plus oubliés par Act Up et tous les faux-culs altergays du monde libre, déchaussez-vous et balancez vos mocassins à la face des ulémas tartuffes. Allez vous rouler des pelles goulues sur les sofas de la pâtisserie Groppi et sur les pelouses de l’Université islamique Al Azhar!


Amies princesses d’Héliopolis jetez vos escarpins Sergio Rossi à la tronche de vos salopards de frères, d’oncles et de pères! Autodafez vos hidjabs et vos jupes-culottes et descendez en string dans la rue ! Montrez vos corps de déesses, mes soeurs et faites bander la rue arabe! Que les muslims du monde entier bandent comme des Turcs ! Montrez-vos fesses pommelées et vos seins denses au peuple pour qu’il comprenne enfin qu’il n’a rien à perdre, et tout à gagner. C’est ainsi que commencent les révolutions.

Nous avons choisi de publier en intégralité le texte brillant, sulfureux, dense, et plein d'humour de l'ex-antisioniste anti-impérialiste et communiste souverainiste Marc Cohen, ci-devant rédacteur en chef de l'Idiot International du regretté Hallier, qui avait les mêmes points fors, et les mêmes moins faibles, au-delà de leurs différences, évidentes.

On nous le reprochera: nous en prenons le risque.

Nous le publions, avec les plus expreses réserves, celles qu'entraînent sa pollution par quelques lieux communs douteux, par exemple sur le supposé échec des "djihadistes abrutis", Cohen-disant dépourvus d'humour et d'insolence, dont on sait pourtant bien, aujourd'hui, avec le recul, que l'acte surréaliste, digne des plus grands poètes pratico-militaires, commis à New York (et probablement pas à Washnigton (Pentagone...), le 11septembre 2001, a en réalité créé la chaîned'événements en cascade qui, passant par la ruée brutale du taureau aveuglé par sa douleur, par son humiliation et pas sa haine, se jetant dans le piège tendu par ses banderilleros islamistes, suivis de quelques picadores fouailleurs, en Afghanistan (Tora Bora) comme en Irak, immanquablement suivi par sa saignée financière (politique de fuite en avant dans l'endettement déclanchée bien avant les surprimes, et dès 2001), a mis l'Empire à poil, créant enfin les conditions du rire, de la moquerie, et du Moliéresque défi du grand Munthatar.

Quant la croyance naïve, faussement iconoclaste, en l'effet libérateur d'une "libération sexuelle" coulée dans le latex des stéréotypes américains sur la société égyptienne, la grande université Al Azhar en particulier - total respect...- et le monde arabe, c'est du July, du Cohn-Bendit, du BHL-Marrakech, du Trigano ou du Mouchard (Joffrin), ami Marco, pas du Cohen (Marc, pas Philippe, ni Yves).

Baroque, bourrée de contradictions délirantes, reflet d'une âme pure,affolée, dans les tourments du siècle, et de la plus authentique culture juive, dans ce qu'elle eut de meilleur, et qui s'efface, ton texte reste, tout bien pesé, digne de ces colonnes. Qu'il y reste longtemps, très longtemps,qu'il y vive, et donc, qu'on y réponde...

JP

La réaction du journaliste irakien, Muntazer al-Zaïdi qui a jeté ses chaussures contre Bush est loin de me satisfaire. Cela ne m'empêchera pas de demander sa libération.

Hakim Arabdiou Arabdiou

" La réaction du journaliste irakien, Muntazer al-Zaïdi qui a jeté ses chaussures contre Bush est loin de me satisfaire. Cela ne m'empêchera pas de demander sa libération.

Celui-ci a d'abord porté gravement atteinte au règle de la profession en sortant de l'objectivité qu'il est tenu de respecter, que celui-ci comme beaucoup, confond avec neutralité.

Ce journaliste aurait pu jeter ses chaussures contre Bush dans la rue, en tant que citoyen, je ne lui aurais pas donné une telle signification, en tout cas pas du tout ma désapprobation.


Ce journaliste me fait rappeller la journaliste algérienne présentatrice JT à Al-Jazeera, qui avait porté le hidjab à l'écran en solidarité avec les collégiennes, qui portaient un symbole raciste envers les musulmanes et uniforme de courants droitier d’extrême droite et fasciste musulmane, et en protestation contre la loi de protection de la laïcité de l'école et protégeant l'islam contre les manipulations de la part des intégristes musulmans et de leurs complices parmi la gauche et l'extrême gauche en France .
Mais ce qui a provoqué encore plus mon amertume, c'est encore une fois le "sous-développement politique et idéologique", des masses arabes et de leurs élites, quand ceux-ci présentent le journaliste irakien comme un héros. Pas moins !
Cela reflète au minimum l'état d'esprit conscient et inconscient d'impuissance de ces masses et de ces élites, qui en sont restés prisonnier de l'émotionnel, fascinés par les actes spectaculaires, mais souvent inefficaces, et incapable de s'engager dans le combat politique de longue haleine pour les peuples irakien, palestinien et pour leurs propres droits.
Ils sont aussi bien contents d'ailleurs que quelqu'un d’autre aille au charbon à leurs place en faisant cela à leur place, car ils sont trop peur pour eux-mêmes des conséquences.

Commentaire

L'importance d'intégrer un très large éventail de sensibilités au combat pour la libération du combattant martyrisé et torturé, quelles que soient les divergences que l'on peut avoir sur la signification et l'opportunité de son acte, nous conduit à publier ce texte de H.A., conformément à la philosophie globale du site, qui n'est pas d'asséner des certitudes (même s'il nous arrivede tomber dans ce travers...), mais de mobiliser les énergies populaires, et donc toutes les ressources d'une pensée collective en perpétuel mouvement - et cela, malgré les très sérieuses réserves que, comme celui de MC, mais pour d'autres raisons, ce point de vue nous nous inspire.

Dans un monde qu'on le veuille ou non globalisé, hypermediatisé, hyperconnecté, où tout est fait pour que chacun fonctionne à l'émotion, au "zapping", un des principes essentiels de la guerre populaire prolongée pour la conquête, le réveil ou le renforcement, des esprits, est de saisir le "moment" (en vietnamien, thoï co, concept fondateur du leninisme authentique, développé dans la "ligne de masse" maoiste, pour transformer les émotions, soient-elles superficielles, en pensées articulées, en pensées pratiques, en mobilisations, en actes, seuls capables de créer les conditions de transformations durables et de "sauts" dans les niveaux de conscience.

C'est le "moment" qui transforme, à condition qu'il soit "saisi" (traité), pas les prêches "marxistes-leninistes" - ou autres, quels qu'ils soient...

Sans émotions, pas d'actes.

Sans actes, pas de tranformations de fond dans le champ de la pensée.

C'est cruel, mais c'est notre monde, notre vie, notre champ de bataille, et la condition de notre combat.

Contrairement à l'ancienne conception, docte, d'un "marxisme-leninisme" d'une autre époque, dans laquelle, le niveau de développement des forces productives, donc, globalement, de consciences et des cultures collectives, n'étant pas ce qu'il est aujourd'hui, le préjugé selon lequel les "avant-garde politiques", avant-garde d'abord intellectuelles, devaient avant tout se comporter en "enseignants" de masses effectivement ou hypothétiquemement "arriérées", au risque d'une sorte de "colonialisme du savoir" préparant des lendemains qui déchantent, sauf à déclencher, à très grand risque et à fort prix, contre le pouvoir-savoir, des révolutions culturelles prolétariennes en chaîne...

Nous coyons donc ici que l'évolution générale des peuples, et celle des rapports de force, allant globalement dans le bon sens, dans celui du progrès, il faut savoir tendre l'oreille, à l'écoute la plus fine possible et la plus attentive des palpitations populaires, des passions populaires, qui sont, à notre époque du moins, c'est notre chance, de tendance globalement progressiste - et non pas réactionnaires, ou fascisantes, même s'il existe, naturellement, des contre-exemples, des contre-tendances, et des exceptions faites pour confirmer la règle.

C'est dans ce contexte, donc, qu'il nous faut apprécier,croyons-nous, le geste d'un journaliste foulant...au pied la tradition ossifiée des "conférences de presse", particulièrement dans le "bunker" nazi-américain de la "ligne verte", au cœur de Bagdad humiliée sous la botte, et vibrant désormais d'un coup de poignard en forme de jet de chaussures violant le cœur même du sanctuaire..

Dans ce sens aussi qu'il y a lieu d'interpréter l'actuel et superbe mouvement d'émotion active de cette "rue arabe", qui est parfois un mythe, et qui, souvent, de fait, procède par vagues aussi brèves qu'impétueuses, et qui vite retombent, sans laisser de traces profondes sur le sable.

L'art politique devient, qu'on le veuille ou non, un "sport de glisse", sur des vagues sur lesquelles, quand elles nous font la grâcede survenir, il faut savoir surfer, bondir, pour transmuter, consolider et prolonger les ondes d'énergie vivante, et, plus difficile encore, construire, construire en dur, dans l'esprit patient du maçon, et l'application minutieuse du repiqueur de riz qui a fait la force des mouvements de libération victorieux de Chine et du Vietnam...

 

Dans ce sens, enfin, pour en finir, l'appréciation faite ici de longue date sur les mouvements de la belle jeunesse arabo-musulmane de France, et avant tout de ses jeunes filles aux insolents sourires, contre la loi d'interdiction du voile, loi pseudo-laïque, anticléricale, anti-religieuse, anti liberté de l'esprit justement combattue à l'époque par un très large éventail de sensibilités, du progressiste MJD enroulé dans ses "tchadors" tricolores au rédacteur de l'article sur la laïcité de la Constitution de 1958, voulu, rappela-t-il alors, par le général, dans le seul but de neutraliser, d'appâter puis circonvenir (nous avons failli écrire: circoncire...) le tortueux mais incontournable Guy Mollet. Nous rendons ici hommage à un très vieil ami, le grand gaulliste catholique Jean Foyer - dont nous conservons pieusement dans nos archives une lettre manuscrite, magnifique...

C'est avec de jeunes musulmanes battues par leurs frères pour leur refus d'enlever (et non de porter) le voile sur le chemin de l'école, dans un pays de dictature aussi dépravée que corompu, paradis de la pédophilie, où ce geste de pureté pieuse et rebelle pouvait se révéler des plus dangereux, surtout pour de très jeunes adolescentes, et aujourd'hui, toujours dans le même esprit, mères de familles françaises résolument engages dans la défense des gamins de banlieue exclus de l'école ou du logement, et bannis comme racaille, que se construit aussi ce site, et le mouvement qui le porte, et qu'il porte, qui lentement s'organise - ou se réorganise....