Pour Shova Gajurel

Shova Gajurel, réfugiée politique népalaise résidant en France depuis 2006, âgée de 38 ans, est venue du bout du monde où elle a tout quitté, tout abandonné, où elle a caché ses enfants dont elle n’a aucune nouvelle, depuis plus de 30 mois, car menacée de mort dans son pays.

Expulsée irrégulièrement par la France vers la Belgique, elle a été détenue du 16 juillet au 31 août dans des centres de rétention, à Lille/Lesquin puis à Bruges.

La demande de la Belgique à la France de se charger de son dossier a été ignorée - son avocate b se faisant indiquer que le fonctionnaire de la préfecture du Nord pouvant s'en occuper était encore en vacances.

La jeune femme a donc été libérée le 31 août du centre de rétention de Bruges et elle a tout de suite été prise en charge et accueillie chez des camarades népalais installés sur le sol belge. Mais elle a reçu l'ordre de quitter le territoire belge avant le 4 septembre.

La France a signé les Accords de Genève, elle doit lui accorder l’asile. Bernard KOUCHNER doit immédiatement intervenir car il est impliqué dans le devenir de Shova.


La France doit régulariser Shova Gajurel pour qu’elle puisse vivre et garder sa dignité de femme, et ce, même si lors de l’étude de son dossier - pourtant un cas d’école- des fonctionnaires de l’OFRA, soit zélés soit sur ordre, ont bâclé et réexpédié le dossier « Gajurel » très rapidement avec la mention « Refus ».


Il est impossible, car ce serait faire un parjure, de continuer à faire du yoyo avec la vie d’une personne, militante politique en danger de mort dans son pays. Il serait grave que l’Etat républicain et ses autorités continuent à malmener

La situation chaotique au Népal interdit l’expulsion de Shova Gajurel vers le pire.


Depuis le 19 juillet, le Comité « Libérez-les ! », le CSP 59, le MRAP et la LDH, des soutiens politiques, des associations et des citoyens ont continué le soutien et se sont mobilisés pour exiger la libération immédiate et sans condition de celle qui est devenue notre camarade et amie Shova Gajurel.
Depuis la 1ère semaine d’août, nos camarades de Belgique du Secours Rouge ont pris le relais, en allant la visiter au centre de rétention de Bruges pour la soutenir moralement, lui apportant aussi une aide financière et en nous faisant des comptes rendus réguliers sur sa situation.(...)
Nous appelons toutes les associations, les mouvements, les partis, les citoyens à se joindre à nous afin que Shova GAJUREL soit enfin régularisée en tant que réfugiée politique

Extraits remaniés par nous d'un texte rendu public le 4 septembre 2009 par
« Libérez.les ! » Comité de soutien aux prisonniers politiques et réfugiés politiques.
- liberez.les@gmail.com
- http://www.liberez-les.info/
Soutenez cet appel, soutenez Shova Gajurel

A propos de Mao, et des maos, en France et dans le monde...

 

"Tout est comme les vagues, ou comme la spirale qui avance et se rassemble, tel le courant électrique ou l'onde sonore; c'est comme chanter, parler ou écrire,, tout est comme une vague. C'est ce qu'on peut comprendre sous le nom de dialectique..."
(Mao. Janvier 1957.- convention des secrétaires des comités provinciaux.)

"Filles et garçons: la rébellion des "jeunes gens en colère" de la "Gauche Prolétarienne" (G.P.) a illuminé tout l'après-68 de son étrange soleil, suivi par une étrange éclipse.Porteuse d'une parole vive, toute vibrante d'insolence, au tranchant du concept et dans la langue du peuple - et toute en actes, surtout.. - ella a marqué de son sceau toute une époque. Et d'abord, ses combattants eux-mêmes: devenus, sur le "fil tendu au-dessus de l'abîme" où s'inscrivaient les premiers pas de funambule d'une très longue marche, "ceux par qui le scandale arrive".

Phénix renaissant sur les cendres encore tièdes d'un "soulèvement de la vie" (mai 1968) retombé en tas triste aussi vite qu'il avait surgi, puis renaissant encore d'une première mort légale, son interdiction par décret spécial en conseil des ministres, en mai 1970, le mouvement des "maos" comme allaient nous baptiser bientôt nos amis ouvriers, allait porter le défi jusqu'à démentir le joli mot de de la " british barbouze " Ian Fleming, créateur des "James Bond": "On ne vit que deux fois " - le jour de sa naissance, et quand la mort frappe à la porte...Il se trompe, en effet, cet intellectuel-tueur, formé, comme tous les hommes de l'ombre de la "perfide Albion", dans les plus hautes universités du pays, avant une série de stages effectués chez les célèbres S.A.S., où l'élite raffinée de la snob "gentry" apprend à pratiquer le métier d'étrangleur, d'empoisonneur, de tueur au poignard, à main nue ou à l'aide d'un vulgaire stylo, enfoncé dans l'œil du "méchant" d'un coup sec, jusqu'au cerveau (en l'absence d'instrument pointu d'écriture, utiliser une aiguille à tricoter, surtout si vous êtes une femme, une vulgaire aiguille, mais assez longue, ou le majeur, alliance comprise, s'il y a; bien se laver les mains après, avant ce n'est pas la peine...).


"On vit au moins trois fois",
démontre l'expérience de la force mao. Car la G.P., devenue "ex-GP", ou "La Cause du Peuple", du nom de son journal, qui dit tout, a survécu, et survit, à sa deuxième mort: la liquidation de cette étonnante aventure décrétée par un noyau dirigeant décomposé, saisi par le désarroi et la panique, le Jour des Morts, à la Toussaint 1973, au cours de la pitoyable "A.G. des Chrysanthèmes", à Versailles.

Les dirigeants-fondateurs, dégringolés d'un train qu'ils croyaient à l'arrêt, sont devenus, à quelques rarissimes exceptions près, le germe d'une secte de repentis, ou de renégats, comme on voudra, renonçant honteusement à poursuivre dans la voie tracée au prix du sang et de la prison, et vendus - pour pas cher...
Mais se vendant - après tout, bon débarras, auto-nettoyage des sanisettes Decaux sur les boulevards...- ils ont vendu, c'est crime, et cette Histoire, et sa Mémoire, aux pouvoirs que nous avions défiés du haut de nos vingt ans, âge d'un soleil de feu, de toute notre impudence. Et le moment est venu, donc, d'apporter à ce forfait la correction, qu'il exige.

(...)

 

Lettre ouverte de Shova GAJUREL à :

- Mr Jean Michel BERARD Préfet du Nord-Pas-de-Calais
- Mr Bernard KOUCHNER Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
- Mr Eric BESSON Ministre de l’Immigration de l’Intégration et de l’Identité Nationale


"Je m’appelle Shova GAJUREL, je suis Népalaise et membre du Parti communiste du Népal – maoïste [PCN-m].
Je suis arrivée le 1er septembre 2006 en France pour avoir le statut de réfugiée et j’ai effectué ma première demande d’asile. Mais deux ans après, elle a été rejetée et on m’a remis une lettre qui me disait de rentrer au Népal. J’étais donc sans-papiers. La situation dans mon pays ne me permet pas d’y rentrer. C’est pourquoi je n’y suis pas allée et suis restée en France.
Mon frère, qui a fait sa demande d’asile avec moi en France (et qui a également été rejetée), lui, a décidé de rentrer au Népal, ce qui m’a inquiétée. En raison des dangers qu’il courait, il n’y est pas resté longtemps et il réside maintenant en Inde. Depuis, je n’ai pas eu plus de nouvelles.
Quand le CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) n’a plus pu m’héberger, je n’ai plus eu de logement. Je logeais donc chez des amis népalais, changeant régulièrement d’endroit. Je les aidais au quotidien en leur rendant des services (cuisine, garde des enfants,…) et en échange ils m’aidaient financièrement, me nourrissaient et me logeaient.
Le 28 juin 2009, je suis allée en Belgique. Il y avait un grand programme culturel népalais. Après être arrivée là-bas, j’ai aidé mes amis népalais et ils m’ont aidée en retour pour manger et dormir. Ils m’ont donné de l’argent en prévision de mon retour en France.
En juillet, sur la route de retour à Paris, la police m’a arrêtée à la frontière franco-belge. Je suis restée une nuit et un jour en détention, trimbalée de cellule en cellule, avant que la police ne m’emmène au centre de rétention de Lille-Lesquin.
A Lille, je suis allée deux fois au tribunal. Après une réponse négative à ma demande d’asile, le 3 août, la police française m’a remis à la police belge à la frontière. Cela m’a étonnée, ainsi que tous les amis qui me soutiennent, car tout le monde sait, y compris les autorités françaises, que le pays par lequel je suis directement arrivée en Europe est bien la France.
La police belge m’a dit : « Quand les documents de France nous seront transmis, nous te renverrons en France. Si tu n’as pas fait de demande d’asile en France, nous te renverrons directement au Népal. » Ils m’ont arrêtée le 3 août et ne m’ont libérée que le 31 août après m’avoir dit : « Retourne en France ». Les autorités m’ont donné un papier me demandant de quitter le territoire belge sous 6 jours.
Des amis népalais sont venus me chercher au centre de rétention de Bruges. Je suis restée chez eux jusqu’à ce que je revienne en France. Je suis revenue car c’est ici que j’ai fait ma première demande d’asile et que c’est le pays dans lequel je suis arrivée directement du Népal. C’est donc le pays dans lequel je dois avoir mes papiers.
Je vais maintenant expliquer pourquoi je ne peux pas rentrer au Népal.
1) Durant la période de Guerre Populaire menée par le PCN-maoïste dont je fais partie, la police a établi de fausses accusations de meurtre à l’encontre des militants. Ils peuvent ainsi arrêter qui ils veulent. Pour les dirigeants de mon parti, la plupart de ces accusations ont été levées mais pas pour les militants de base. Aujourd’hui encore, la police profite de ces fausses accusations pour arrêter des maoïstes ou des sympathisants. Je suis moi-même accusée de crimes que je n’ai pas commis. Si il se passe quelque chose près de là où j’habite, ils peuvent m’arrêter.
2) Il y a plusieurs groupes armés au Népal qui s’en prennent aux maoïstes et les assassinent. Je suis la fille d’un des dirigeants du PCN-maoïste, CP Gajurel « Gaurav », qui a été emprisonné en Inde en 2004. Aujourd’hui encore, lui-même est menacé, ainsi que sa famille, surtout si nous prenons part aux activités du PCN-maoïste. Puisque mon père est un dirigeant du Parti, il bénéficie de la protection de gardes du corps mis à disposition par le Parti. Comme je ne suis qu’une militante de base, le Parti ne peut pas mettre à ma disposition des gardes du corps. Je suis donc exposée à la violence de nombreux groupes et individus armés qui s’en prennent aux maoïstes. D’ailleurs, des membres du PCN-maoïste sont régulièrement assassinés, même depuis l’entrée de notre parti dans le processus de paix.
3) Après que je sois arrivée en France, et même après que notre parti soit entré dans le processus de paix, mon mari a été arrêté et torturé en 2006. Cela prouve que même ma famille proche est directement menacée. Je me pose la question de savoir ce qui me serait arrivé si j’étais restée avec lui au Népal.
4) En raison des menaces pesant sur moi, j’ai dû placer mes enfants en pension dans une école dont le directeur est membre du Parti. Il n’y a que lui qui sait de qui sont ces enfants. Personne d’autre ne le sait. C’est ce qui assure leur sécurité.
5) Au Népal, il y a un processus de paix et le PCN-maoïste est arrivé en tête des élections de l’Assemblée Constituante d’avril 2008 avec 40% des votes. Mais après environ huit mois à la tête du gouvernement, le PCN-maoïste a été obligé de démissionner car l’Armée Népalaise mettait en péril la suprématie civile en ne respectant pas les directives gouvernementales. De plus, il reste huit mois pour écrire la constitution mais le Congrès Népalais et le PCN-UML disent qu’il sera impossible de l’écrire à temps. Elle est pourtant nécessaire pour que de nouvelles élections aient lieu. Le Congrès Népalais et le PCN-UML posent également beaucoup d’obstacles à la fusion des deux armées (Armée Népalaise et Armée Populaire de Libération). Pourtant, écrire une nouvelle constitution, tenir de nouvelles élections et fusionner les deux armées est essentielles pour que le processus de paix puisse être mené à sa conclusion logique. Tant qu’il ne le sera pas, notre sécurité ne pourra être garantie. Il faut également ajouter que le gouvernement actuel est très instable. Le premier ministre à l’heure actuelle n’a pas été élu dans ses circonscriptions – il a perdu dans les deux. Le premier ministre actuel, Madhav Kumar Nepal, n’a pu devenir premier ministre que grâce au soutien de l’Inde et des Etats-Unis. Pourtant le Népal est devenu une République : il n’est pas légitime qu’une personne non élue à l’Assemblée Constituante devienne premier ministre. Cela nous amène à nous poser la question : peut être qu’un haut officier de l’armée, soutenu par l’Inde et/ou les Etats-Unis, peut devenir premier ministre par le biais d’un coup d’Etat ?
6) L’Armée Népalaise se renforce, politiquement et militairement. Politiquement car en refusant d’obéir aux directives du gouvernement lorsqu’il était dirigé par le PCN-maoïste, l’Armée Népalaise a pris une certaine autonomie politique. Militairement car l’Armée Népalaise relance les recrutements pour augmenter ses effectifs et que le gouvernement népalais et le gouvernement indien ont entamé des discussions pour importer des armes. Tout cela est particulièrement inquiétant pour la continuation du processus de paix.
Tout cela montre que la situation est encore très instable au Népal, que la guerre pourrait reprendre et que ma vie est toujours en danger là-bas.
Si je suis revenu ici, dans le Nord de la France, à Lille, c’est parce que dans cette ville, les autorités, le Préfet connaissent mon dossier, que cela doit leur permettre de donner une réponse rapide et favorable à ma demande de régularisation.
Oui je l’affirme : au regard de mon engagement politique au Népal, au regard de la situation politique actuelle au Népal, mon expulsion vers ce Pays représente un risque réel pour mon intégrité physique et morale, ma vie. Oui je le répète je suis en danger de mort.
Si aujourd’hui je suis revenue à Lille, c’est parce que des gens, des militants, des organisations, ont compris mes difficultés et se sont portés solidaires. Je remercie encore tous ceux et celles qui se sont manifestés en solidarité, ici, dans la région où je suis maintenant, les amis belges qui m’ont aidée et tous ceux et celles qui en France et ailleurs, partout dans le monde, me soutiennent et sont solidaires.
Je demande à toutes et tous de continuer à le faire."

Shova GAJUREL le 30 septembre 2009

Népal

La victoire des Maos à Katmandou, sur cette partie du "toit du monde" himalayen, entre Chine, Inde, et Tibet, qui constitue un des plus grands réservoirs d'eau, glacé et stratégique, de toute la planète, vient rafraîchir et rénover le débat sur "révolution et démocratie"

Népal 2008, une avancée révolutionnaire prometteuse
Samir Amin


Une armée de libération qui soutient une révolte généralisée de la paysannerie, parvient aux portes de la capitale dont le peuple se soulève à son tour, chasse le gouvernement royal en place, accueille en libérateur le Parti Communiste (maoïste), dont l'efficacité de la stratégie révolutionnaire n’est plus à démontrer.

1.Une authentique avancée révolutionnaire


Il s’agit là de l’avancée révolutionnaire victorieuse la plus radicale de notre époque, et, à ce titre, la plus prometteuse. On imagine – pour la comparaison – les FARC de Colombie parvenus à mobiliser l’ensemble de la paysannerie du pays (...), articulant leur victoire à un soulèvement populaire urbain chassant Uribe de Bogota (...), permettant ainsi, aux FARC de diriger le nouveau gouvernement révolutionnaire !


Cette victoire au Népal a créé les conditions d’un premier succès, celui d’une révolution nationale, populaire et démocratique, qualifiée de révolution antiféodale/anti-impérialiste par le PC (maoïste) lui-même.

En effet la révolte urbaine généralisée, associant classes populaires et classes moyennes, a contraint tous les partis politiques de la place à se proclamer à leur tour « révolutionnaires/républicains ». Ce à quoi ils n’avaient jamais pensé quelques semaines encore avant la victoire des Maos, ayant fait l’option du « combat pacifique », de la voie « réformiste » et investi leurs espoirs dans des « élections ».L’autre parti communiste – l’Union des Communistes marxistes léninistes – avait lui-même rejoint le camp des réformistes et dénoncé « l’aventurisme » des Maos.


Le Parti communiste (maoïste) a choisi délibérément de passer un accord de compromis avec les partis en question (le Congrès du Népal, l’UCML et d’autres), estimant qu’ils avaient regagné par leur ralliement à la révolution un minimum de légitimité qui ne pouvait être contestée dans la foulée.
Un compromis – qualifié « d’accord de paix » par les instances de l’ONU (...) – qui a transféré à une Assemblée Constituante le soin de rédiger la nouvelle constitution républicaine démocratique et populaire.

Ces élections, pluri partistes, ont donné aux Maos la première place dans la constitution de la coalition victorieuse (confiant ainsi la responsabilité de la primature à leur dirigeant « Prachanda »).

A l’Assemblée siègent pour la première fois dans l’histoire du pays et de toute la région du sous continent indien d’authentiques élus du peuple, paysans pauvres, travailleurs de l’informel urbain, femmes du peuple.


2.Cinq défis majeurs pour l’avenir


L’accord de compromis ne règle pas les problèmes à venir, au contraire il en révèle toute l’ampleur. Les défis auxquels les forces populaires révolutionnaires sont désormais confrontées sont gigantesques. Nous les examinerons dans les cinq rubriques qui suivent.
(i) La réforme agraire
Le soulèvement paysan a été le produit de l’analyse correcte de la question agraire faite par les Maos et des conclusions stratégiques, également correctes, qu’ils en ont tiré : la grande majorité de la paysannerie, constituée de sans terre (souvent Dalits dans certaines régions du pays), de fermiers/métayers sur-exploités, de minifundiaires pauvres, pouvait être organisée dans un front uni et passer à la lutte armée, à l’occupation des terres (y compris en donnant aux Dalits l’accès à celle-ci, refusé par le système des castes en Inde), à la réduction des rentes foncières payées aux propriétaires etc.

Le soulèvement s’est, pour ces raisons, progressivement généralisé à travers le pays, et son armée, organisée par les maos, a infligé des défaites à l’armée de l’Etat. Mais il est vrai qu’au moment où la révolte dans la capitale ouvrait ses portes au Parti Communiste (maoïste), l’armée populaire n’était pas (ou pas encore) parvenu à désintégrer celle de l’Etat, fortement soutenue et équipée par le gouvernement de Delhi et les puissances impérialistes.


Dans le moment actuel de « compromis » deux lignes sont avancées par forces politiques associées et représentées dans l’Assemblée :


- La ligne défendue par les Maos, celle d’une réforme agraire révolutionnaire radicale, garantissant l’accès au sol (et aux moyens nécessaires pour en vivre) à toute la paysannerie pauvre (la grande majorité), sans néanmoins toucher aux propriétés des paysans riches.


- La ligne, imprécise, défendue par d’autres partis (en particulier le Congrés), d’une réforme « modérée », exigeant de surcroit, avant que la loi n’en détermine les contours, le retour de l’ordre ancien dans les régions libérées par la révolte paysanne.


(ii)L’avenir des forces armées
Les deux forces armées coexistent dans le moment actuel. Une coexistence qui ne saurait évidemment être perpétuée indéfiniment.
- Le Parti Communiste (mao) suggère leur fusion
- Ses adversaires craignent (ils le reconnaissent publiquement) que celle-ci conduirait les soldats de l’Armée de l’Etat à être « gangrenés » par l’idéologie mao ! mais ils ne proposent rien, et n’osent pas exiger la dissolution de l’Armée populaire.


(iii)Démocratie bourgeoise ou démocratie populaire ?
La question est majeure et anime tous les débats à l’Assemblée Constituante, dans les partis politiques, dans les organisations populaires de paysans, de femmes, d’étudiants, dans les syndicats et les associations diverses dans lesquelles se retrouvent principalement les couches politisées des classes moyennes.
Il y a dans la société des défenseurs de la formule conventionnelle de la démocratie, réduite au pluripartisme, aux élections, à la séparation formelle des pouvoirs (entre autre à l’indépendance du judiciaire), à la proclamation des droits humains et politiques fondamentaux.

Telle est d’ailleurs la formule générale dans laquelle l’idéologie dominante à l’échelle mondiale, relayée par les médias majeurs (entre autre eux des pays occidentaux) tente d’enfermer le débat.


Les maos font observer que les droits fondamentaux sur lesquels repose la « démocratie » proposée placent le respect de la propriété privée au sommet de la hiérarchie des droits dits humains. En contrepoint les Maos défendent la priorité des droits sociaux sans la mise en œuvre effective desquels aucun progrès social n’est possible : droit à la vie, à l’alimentation, au logement, au travail, à l’éducation, à la santé.

La propriété privée n’est pas « sacrée », son respect trouve sa limite dans les exigences de la mise en œuvre des droits sociaux.


Autrement dit les uns défendent le concept de démocratie dissociée des questions du progrès social (le concept bourgeois et dominant dit de « démocratie »), les autres celui de la démocratie associée au progrès social.


Le débat – au Népal – n’est pas confus, mais il est souvent polémique. Les défenseurs de la « démocratie à l’occidentale » comptent dans leurs rangs d’authentiques réactionnaires, qui, hier encore, ne protestaient guère contre l’autocratie royale, ou se contentaient de protestations mineures, souhaitant être associés davantage à celle-ci. Mais ils comptent dans leurs rangs également des démocrates sans doute sincères mais peu sensibles aux misères réelles dont souffrent les classes populaires. Les ONG de « défense des droits démocratiques », mobilisées en masse dans ce cadre, largement soutenues par l’extérieur, plaident la cause « modérée » comme elles le peuvent. Les unes se contentent de dire que la démocratie conventionnelle et limitée vaut mieux que rien, comme si davantage était impossible. Les autres dressent un procès d’intention aux Maos, « communistes invétérés », « staliniens », « totalitaires », imitateurs du modèle d’autocratie chinoise etc.
Les Maos ne se défendent pas mal, face à ces attaques pernicieuses. Ils rappellent qu’ils ne récusent pas la propriété privée paysanne, artisanale et même capitaliste, nationale ou étrangère.

Sans pour autant s’interdire la nationalisation si l’intérêt national l’exige (interdisant aux banques étrangères d’imposer l’intégration du pays au marché financier globalisé).

Ils ne remettent en question que la propriété foncière « féodale », dont les bénéficiaires avaient été les clients des rois successifs, autorisés à déposséder les communautés paysannes.

Ils ne récusent pas d’avantages les droits personnels et l’indépendance de la justice chargée d’en garantir le respect. Ils ajoutent à ce programme, sans le réduire, en invitant l’Assemblée Constituante à formuler non seulement les grands principes des droits sociaux, mais encore les formes institutionnelles nécessaires à leur mise en œuvre.

La démocratie populaire qu’ils définissent de cette manière reste, bien entendu, à inventer progressivement, par le moyen de l’intervention à la fois des classes populaires s’organisant par elles mêmes et de l’Etat.


Evidemment il n’existe pas de « garantie » protégeant l’avenir de risques de dérapage. Soit dans le sens d’une autocratie du pouvoir de l’Etat. Soit dans celui non moins réel, d’un alignement opportuniste sur ce qui paraît être le « possible » dans l’immédiat, acceptant par là même le ralliement des Maos à la ligne « modérée » de leurs concurrents.

Mais de quel droit condamner à l’avance l’expérience, quand on sait que les questions soulevées ici sont l’objet de débats sérieux au sein du parti ? Et que la pluralité des opinions y est admise ?


Ces analyses et les stratégies de poursuite des luttes vont au-delà de celles qui ont été formulées à l’époque de Bandoung à partir de 1955. A l’époque les régimes issus des luttes de libération nationale d’Asie et d’Afrique, légitimes et populaires de ce fait, étaient d’une nature généralement « populiste » qui se reconnaissait dans les pratiques de l’Etat (souvent confondu avec son héro charismatique) et du parti (fabriqué par en haut dans certains cas, toujours peu démocratique dans sa pratique même lorsqu’il héritait des mobilisations populaires associées aux luttes de libération) dans leurs relations au « peuple » (substitut vague de l’alliance de classes populaires identifiées).

L’idéologie sur laquelle reposait la légitimité du pouvoir ne faisait pas référence au marxisme, elle avait été fabriqué de brics et de brocs, associant une lecture du passé largement réinventé et présenté comme essentiellement « progressiste » (par les formes prétendues démocratiques de l’exercice des pouvoirs dans les communautés anciennes, par des interprétations religieuses de même nature) et des mythes nationalistes fondateurs, à un pragmatisme peu critique en ce qui concerne les exigences de la modernisation technologique et administrative.

Le « socialisme » par lequel les régimes de Bandoung s’auto qualifiaient demeurait vague à l’extrême, difficile à distinguer de l’étatisme populiste redistributeur et garant de la « justice sociale ».

Doit-on signaler la permanence de beaucoup de ces caractères dans les avancées récentes de l’Amérique latine qui n’avait pas eu la chance de connaître l’expérience de Bandoung, et risque de ce fait d’en reproduire les limites ?


Les Maos du Népal ont développé une toute autre vision de la question du socialisme. Ils s’abstiennent de réduire la « construction du socialisme » à la réalisation même de l’ensemble de leur programme actuel maximal (réforme agraire radicale, Armée du peuple, démocratie populaire). Ils qualifient ce programme de « national populaire démocratique », ouvrant la voie (mais pas plus) à la longue transition (séculaire) au socialisme. Ils n’utilisent pas l’expression de « socialisme du XXIe siècle ».


(iv)La question du fédéralisme
La géographie physique et humaine des vallées de l’Himalaya s’exprime par l’extrême diversité des communautés paysannes du Népal. Il ne s’agit pas de deux, trois ou quatre « ethnies », mais d’une centaine dit-on de communautés, parentes certes par la langue (népali ou tibétain) et la religion (hindouiste ou bouddhiste), mais néanmoins fières de leur particularité. Les peuples de ces communautés aspirent à récupérer l’usage de leurs terres, expropriées par les clientèles des généraux conquérants au service des rois, à la reconnaissance de leur dignité et à l’égalité de traitement. Mais ils ne nourrissent aucune aspiration à la sécession.


La formule de la République Fédérale, prônée par les maoïstes, peut certainement répondre aux demandes des peuples népalais. Elle n’en comporte pas moins le danger d’être mobilisée par les adversaires du pouvoir central, le cas échéant.


(v)La question de l’indépendance économique du pays

Le Népal est classé par les Nations Unies dans la catégorie des « pays moins développés ». L’administration « moderne » de l’Etat et des services sociaux, les travaux d’infrastructure dépendent de ce fait de l’aide extérieure. Le gouvernement en place est conscient semble-t-il de la nécessité de se libérer de cette dépendance extrême. Mais il sait que celle-ci ne peut être que graduelle.

La souveraineté alimentaire ne constitue pas au Népal le problème majeur, bien que l’autosuffisance dans ce domaine soit associée à des rations alimentaires souvent déplorables. L’organisation de réseaux de commercialisation plus efficaces et moins coûteux pour les producteurs paysans et les consommateurs urbains fait par contre problème, car elle met en jeu les intérêts des intermédiaires. Celle de la petite production mi artisanale, mi industrielle capable de réduire la dépendance des importations exigera des efforts difficiles et du temps pour donner des résultats convenables.


Le discours maoïste sur un modèle de développement « inclusif » (« inclusive » en anglais), c'est-à-dire bénéficiant directement et à chacune des étapes de son déploiement aux classes populaires, par opposition au modèle « indien » de croissance associée à un modèle social « excluant » (« exclusive ») c'est-à-dire ne bénéficiant qu’à 20% de la population, et condamnant les autres – 80% - à la stagnation quand cela n’est pas la paupérisation, témoigne d’une option de principe qu’on ne peut que soutenir. Sa traduction en programmes de mise en œuvre effectifs reste à être formulée.


3.Qui l’emportera ?


Le Népal révolutionnaire se heurte à l’hostilité féroce de son voisin majeur, l’Inde, dont la classe dirigeante craint les effets de contagion. La révolte endémique des Naxalites indiens (maoistes actifs en permanence depuis la révolte paysanne de Naxalbari, dans les années 1960, dans une région du nord-est de l'Inde peu éloignée du Népal, contrôlant des zones de guerilla devenues "zones libérées" d'une superficie comparable à celle de la France - NDLR/LMR)pourrait, en s’inspirant des leçons des victoires remportées au Népal, remettre sérieusement en cause la stabilité des modes d’exploitation et d’oppression en vigueur dans le sous continent indien.
Cette hostilité ne doit pas être sous estimée. Elle constitue l’une des raisons du rapprochement militaire entre l’Inde et les Etats Unis. Elle mobilise des moyens matériels politiques considérables. Elle finance entre autre la constitution d’une « alternative » hindouiste politique, sur le modèle du BJP indien, l’analogue de l’Islam politique du Pakistan et ailleurs ou du Bouddhisme politique du Dalai Lama et d’autres.

Le soutien des Etats Unis et autres puissances occidentales – la Grande Bretagne en particulier – s’articule sur ces projets réactionnaires.

La cristallisation d’un hindouisme politique népalais puissant aurait ses chances si les réalisations – même modestes – du nouveau Népal venaient à piétiner trop longtemps.

L’intervention extérieure pourrait alors également mobiliser les réactionnaires népalais et susciter même des mouvements « sécessionnistes ».

L’utilisation de l’aide extérieure, toujours conditionnelle même si on ne l’avoue pas, et les discours démagogiques concernant les "droits de l’homme » et la démocratie, que les réseaux d’ONG alimentent, trouvent leur place dans cette stratégie de l’ennemi.


Le compromis en vigueur retarde la mise en œuvre du programme de réformes radicales qui sont à l’origine de la popularité des maos. Il encourage certaines tendances - dans les rangs de la direction politique elle-même – à vouloir s’en tenir à ce que ce compromis permet, préparant ainsi le terrain à la contre offensive de la réaction.
Mais il n’y a pas lieu de désespérer. Les Maos répètent publiquement que les classes populaires ont le droit de rester mobilisées et de poursuivre leur combat pour la réalisation de leur programme, quels que soient les résultats des délibérations de l’Assemblée Constituante.

Les Maos ne sont pas tombés dans le piège de l’électoralisme. Ils distinguent soigneusement ce qu’ils appellent leur base sociale (...), constituée de la majorité (les paysans pauvres, les travailleurs urbains des classes populaires, les étudiants et les jeunes, les femmes, les segments patriotes et démocratiques des classes moyennes) de leur base électorale (...) qui, comme toutes les bases électorales reste volatile.

Construire cette base sociale populaire dans un bloc social organisé dominant, alternatif au bloc féodal – compradore du pouvoir renversé, constitue l’objectif du combat de longue haleine du Parti Communiste (maoïste).

Source:http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-12-09%2016:37:22&log=invites


 
 
 


Politique du peuple: souverain...

"La G.P., ce n'est pas "la violence".
Nous ne sommes pas
"des casseurs".
Même si une presse déjà couchée, et de graves intellectuels, déjà séniles (l'âge n'y est pour rien, ça se reproduit bien, et il en reste...), nous en font doctement le reproche..."Terroristes!" "Fascistes rouges!" "Hitléro-maoistes!"


(...)


La G.P., c'est la Politique.
Pas celle des rituels électoraux, et de la danse du ventre tiédasse d'
"élus de la République", sélectionnés sur de stricts critères de classe excluant, en général, les "fils du peuple", à l' issue de cérémonies "démocratiques", autour d'urnes plus ou moins truquées par des partis plus ou moins pourris - mais toujours, y compris pour les plus "révolutionnaires", financés par l'Etat...
Non. La politique au sens d'action politique.
Démocratie active, démocratie en actes, et action, donc, directe, de préférence - et, aggravons encore les choses - "au service du peuple".
Mais d'un peuple conscient de lui-même, donc de sa force, et réellement acteur de son destin.
Acteur, au sens d'
"acte", et pas de comédie, de simulacre...


Ce
"peuple" les "Maos" le savent bien - ayant lu, pour les fondateurs en tout cas, issus des Temples les plus sacrés de la culture classique - le Platon de la "Cité", le Rousseau du "Contrat Social", dans leur droit fil, Lénine, et Mao, que, s'il ne veut pas être, ou rester, "populace" , mais exercer pleinement sa fonction de "souverain" ( de "superanus", celui qu'aucun pouvoir ne domine: Rousseau désigne le peuple comme "Le Souverain"...), une condition est à remplir. Une action délibérée, en cela, précisément, révolutionnaire doit l' '"instituer" en peuple (Rousseau, encore)...Ce n'est pas donné d'avance.
Et c'est tout le temps à faire, et à refaire.


Car ce "peuple", dont la politique des tréteaux, devenue télé-ralité, se gargarise, autant que dans les faits elle le dénie, n'est pas une donnée abstraite, figée, immuable.
C'est une réalité complexe, mouvante, vivante, et donc mortelle - car tout ce qui vit meurt, ou peut mourir...


"Le Souverain", entité noble, par excellence, est sujet, donc, à des facteurs permanents de régression, de division, de dissolution...
Il court toujours le risque de se décomposant en une apathique et difforme
"multitude" d'individus atomisés, solitaires, égoïstes - indignes du mot "peuple" qui fonde leurs droits...
Contre ces tendances lourdes, cancer de la société, de la politique, de la démocratie, de l'Histoire, nous nous voulons les outils d'une action forte, directe, profonde, quasi physique, quasi charnelle -
"au sein du peuple"...
Ainsi, unie, mettant en œuvre la force dont elle a pris conscience, autant que de ses "droits", la vaste communauté humaine, forgée par une histoire longue soudant couches et classes d'une société diverse contre un danger commun, qui peut être un ennemi, intérieur, ou extérieur, devient ou redevient - Retour à l'origine: Révolution! - une réalité historique, dynamique...


Pareille Résurrection, pareille Renaissance, requiert un travail de titan.
Il exige l'ambition d'une révolution touchant au plus profond de la
"nature humaine". Jean-Jacques l' a vu et dit le premier, source où s'abreuve le "Président Mao" de la "Grande Révolution Culturelle Prolétarienne", cet exotisme "barbare" issu du cerveau - français - de l'amoureux de Genève la paisible..."Au service du peuple", donc, mais d'un peuple réel, concret, fait de gens bien réels...
"Petites gens", comme on ose encore penser, mais plus dire..."Gens de peu"...Peuple d'ouvriers d'abord, et d'ouvriers de la grande industrie dont la "valeur travail" est source
de l'essentielle richesse - et la cohésion, concentrée, l'essentiel de la puissance...A commencer par ceux dont, à l'époque, on parle peu, et dont le travail est (presque) la seule patrie, les travailleurs immigrés...
Ces années-là, ils sont, pour la plupart, de jeunes étrangers venus pour à peine cinq années, appâtés par des "marchands d'hommes" qui en font la sélection - muscles tâtés au doigt, comme les esclaves d'antan, ou le bétail...
Ce sont des maquignons grassement rétribués par les grosses firmes de l'automobile, du bâtiment et des Travaux Publics (B.T.P.), qui vont les recruter à grands frais jusqu'au fin fond du bled pour venir construire, à prix mini-mini, nos autoroutes, nos voies ferrées, "gratter" dans la chimie, ou la sidérurgie... Ils sont alors presque entièrement sans droits autres que celui de marner, de trimer, de subir la corvée, l'humiliation, de baisser la tête, et de se taire...

 

La "GP" frappe, casse, ou brûle,
et de bon cœur.
Mais elle n'est pas "anar".




La
«violence symbolique » de nos initiatives "politico-militaires" s'inscrit dans cette dynamique d'une libération de la parole, collective - de la parole-action d'une frange grandissante de la communauté française, où ce Verbe fait Source.


A l'origine au moins, nos
"opérations ponctuelles à haut risque" font l’objet d’une évaluation soigneuse, au préalable.
Les cibles sont minutieusement choisies.
La G.P. frappe, casse, ou brûle, et de bon cœur: mais elle est mao, d'un communiste prolétarien dont
"les couleurs sont nettes" et l'oriflamme, rouge - pas du noir nihiliste de l'anarchie.


Nous avons tiré de sévères leçons des barbaries criminelles du "gauchisme", "anar" autant que trotskiste, pendant la guerre civile espagnole.
Les pilleurs d'églises devenus violeurs de nonnes y devinrent les complices
"objectifs" des assassins de la République.
La voie qu'ils tracèrent par ces horreurs stupides n'allait pas
"à l'assaut du ciel", mais vers un Enfer de haines croisées, réciproques, mères d'un mortel isolement politique, de la division du peuple des profondeurs, donc de la déroute dans d'effroyables massacres - le mouvement prolétarien organisé ayant tardé à mettre au pas ces provocateurs, traîtres inconscients, mais traîtres...


Mêmes causes, mêmes effets pour l'écrasement de La Commune.


Nous sommes donc pour l'ordre: mais pour un
"ordre juste".
Qui remette le monde à l'endroit, puisqu'il est à l'envers...


Un des anciens chants de guerre de la plus pure tradition
"rouge", ouvrière, reniée par les "révisionnistes", ignares, et autres "négationnistes" de l'Histoire, "La Jeune Garde". propose de bâtir, sur les "ruines" de l'ordre ancien, "le communisme, ordre nouveau".


La préparation des "coups" de notre politique musclée, poussée jusqu'aux plus infimes détails pratiques, est avant tout politique.
Les "actions" s'insèrent le plus souvent possible dans des "campagnes": concentration des énergies autour d'axes thématiques, dans la durée. Leurs idées fortes ne tombent pas du ciel.


Une initiative d'envergure ne naît qu' au terme d'une phase d'
"enquête". - "Qui n'a pas fait d'enquête n'a pas droit à la parole" (Mao).
Cette première étape est suivie par une autre, de
"préparation des esprits", "au sein des masses" - au porte à porte, dans les grandes cités populaires, sur les marchés de banlieue, à l'intérieur des ateliers d'O.S. (ouvriers spécialisés, surexploités); dans les foyers des "marchands de sommeil", exploitant les immigrés; et dans les bidonvilles.


Les
"nouveaux partisans" d'une "Nouvelle Résistance Populaire", se référant explicitement à celles des années sombres, n'y vont, certes, pas de main morte...Ils évitent, toutefois l’usage d’armes à feu, et la mort d’hommes...Du moins ce recours à l'acte ultime - donner la mort - n'apparaît-il, de façon ponctuelle, que dans la phase de reconstruction "post-GP" d'après 1973, dans une de ces circonstances extrêmes où la situation interdit tout faux-fuyant (lire pages suivantes).


Attention: nous ne nous voulons ni des "Robins des Bois", ni des "vengeurs masqués ". Même si rien ne nous interdit, si les circonstances l'exigent, le port de foulards masquant le bas du visage, de cagoules ou même perruques - voire casque intégral de motard...
Malgré toute l'admiration que nous inspire la haute figure - christique - du
"Che", nous rejetons le "guevarisme", et autres "théorie du foco" (du "foyer de subversion" parachuté ici ou là dans l'espoir de "soulever les masses" - si ça marche...).
Conçues, réfléchies et analysées minutieusement dans les « Cahiers de la Gauche Prolétariennes » (une revue théorique assez fouillée), nos « coups » de franc-tireurs ont pour vocation de mettre en route l'action des gens eux-mêmes, premiers concernés par leurs propres intérêts vitaux, meilleurs "experts" de la façon de les défendre...


L'erreur - il s'en produit...- serait de faire "à la place de..."; de « se substituer » à l’action « des masses elles-mêmes », partout où le "potentiel de la situation" (le "shi") la rend imaginable.
Dans le principe, l'intégralité de notre activité militante n'a pour utilité, pour fonction, que de la
« préparer », de la rendre possible.
Les
"actions de partisans" s'inscrivent donc dans une stratégie de "révolution des esprits" - "révolution idéologique", condition de toute révolution effective, humaine, matérielle...


"Action" au sens le plus "actif", ou simple feuille de tract, la politique, au sens où la G.P. l'entend, n'a de sens que pour stimuler, libérer, orienter, concentrer, le sens de la révolte, toujours présent, mais parfois en sommeil, "au sein du peuple" - cette Belle au Bois Dormant assoupie dans l'attente du baiser du Prince...
Toute initiative, quelle qu'elle soit, surtout si sa forme comporte une part de violence, doit répondre à des objectifs déterminés, précis: quand aucune méthode de lutte plus largement collective ne semble possible; et qu'il y a le feu...
Il s'agit d'électriser les imaginations, pour faire progresser des idées, déjà présentes; lever des inhibitions; dissoudre des peurs...
Ainsi seront créées
"les conditions" de « l’initiative la plus large des masses », de leur "action directe", populaire: des débrayages d'ateliers aux grèves parties de la base, et surtout aux séquestrations de cadres, de P-dg, de maires ou de députés corrompus, voire de ministres: expériences in vivo, et promesses déjà en acte d'une bascule de pouvoir...
Ne sont nullement exclues de simples manifestations de rue, mais des vraies: expression d'une colère
"à force ouverte", musclées et combatives, elles doivent rompre radicalement avec le pacifisme plan-plan des défilés de la politique légale, fût-elle celle des "révolutionnaires"... institutionnels, genre Ligue Communiste (aujourd'hui Rrrrévolutionnaire, LCRrrrr...)
Alors pourront éclore de plus puissants mouvements, larges autant qu' offensifs, et visant de bons objectifs, de bonnes cibles...Accumulant les énergies formidables de la
"ressource humaine", ils seront le tremplin de véritables « soulèvements populaires ».
Ceux-ci constituent notre premier objectif.
Clôturant une phase, ils seront, prévoyons-nous sans ciller,
« inévitablement réprimés dans le sang » par le « capitalisme d’Etat » - qui n'a rien de "libéral", ni économiquement, ni sur le plan des libertés...


Sonnera alors - mais alors seulement, et donc, bien préparée, « l’heure de la lutte armée » en tant que telle.


"Le pouvoir est au bout du fusil" (Mao): mais d'un fusil tenu par des mains fermes, dans les couches fondamentales d'un peuple d'ouvriers, de paysans, de travailleurs manuels autant qu'intellectuels, porteurs d'une stratégie de lutte bien réfléchie, sur le long terme - et donc organisés de façon adaptée.
Pour éviter l'échec, catastrophique, de soulèvements de colère soudains, imprévus et aveugles, et leur écrasement dans des flots de sang, la lutte armée devra, donc, avoir été calmement et méthodiquement préparée, amorcée, et, dans le fond,
"canalisée", suffisamment à l’avance…
Elle est elle-même appelée à se
« développer par étapes » - selon le principe maoiste de la « mobilisation des masses » - y compris dans l’action militaire elle-même!


Le moment venu, la
« guerilla » ne doit pas rester l'apanage de petits groupes, même bien fondus dans la population...
Comme le montre de façon éclatante, l'exemple victorieux du Vietnam - après celui de la Chine, voisine - la force militaire révolutionnaire repose sur l'action de guerre minutieusement organisée de tout une communauté humaine, en armes,soudée par un même idéal de libération - et concentrée sur des objectifs de lutte démocratiquement définis, précis et concrets.

 

De la G.P.P. à la G.P. :
vers la guerre populaire prolongéeau sein des métropoles

C’est la "théorie de la GPP", la "Guerre Populaire Prolongée".
Elle a vu le jour dans vastes étendues du « grand sud », de la Chine au Vietnam, surtout, donc, et du Maghreb, à l'Afrique Noire d'Amilcar Cabral, Agostino Neto ou Nelson Mandela, au sein de vastes territoires riches en montagnes, en déserts secs ou mous, en marécages, en jungles et en forêts impénétrables, peuplés essentiellement de paysans...
C'est là que cette méthode a fait ses preuves, et conquis ses lettres de noblesse - au prix d'effroyables sacrifices et d'innombrables massacres...
D'autres expériences, encore embryonnaires, lui avaient frayé le chemin. Comme la
"guerre des paysans" dans ce qui allait devenir l'Allemagne, analysée par Marx, ou la guerilla ibérique contre l'envahisseur venu du nord, et se présentant, comme il se doit, comme un libérateur, le français d'origine corse Napoléon Bonaparte...
Exemple plus actuel, digne des plus grands éloges, l'impitoyable
"guerre de partisans" soviétiques, derrière les lignes allemandes, avec ses froids "tireurs d'élite" - mental "Cobra glacial" - les "snipers", planqués au sein des ruines urbaines ou juchés acrobatiquement sur les hauteurs givrées dominant Stalingrad.


Comme l'a raconté dans un livre l'un de leurs chefs de guerre, Pavel Soudoplatov, qui avait fait ses preuves en organisant scrupuleusement l'exécution du louche Trostky, dans sa tanière mexicaine, ce sont ces francs-tireurs insensibles au froid du grand hiver russe, comme à la peur, glaçante, qui ont brisé les reins des hordes hitlériennes, plus encore que les fantassins de l'Armée Rouge, dans les tranchées, et que l'artillerie lourde ou les "orgues...de Staline"...


Une guerre de cent ans...


Initiant, sans crainte d'aucun tabou - une "rupture", nous envisageons d'adapter, désormais, la "théorie de la gpp" aux « métropoles impérialistes du nord », notre terrain de chasse. Et d'abord à la France, notre pays.
Le tout, dans une vision - dont on peut faire l'examen critique...- à très long terme.
Notre horizon se chiffre en dizaines d'années...

"L'époque dans laquelle nous entrons, et qui s'étendra sur une cinquantaine, voire une centaine d'années - écrit, en 1969, année du départ en fusée de la G.P., un des rapports du IXème congrès du Parti Communiste Chinois, le PCC- sera une grande époque. Elle verra un changement radical du système social à l'échelle mondiale.Elle sera l'époque de grands bouleversements, époque sans pareille dans l'histoire...
A une telle époque, nous devons être prêts à entamer des luttes grandioses, qui, à bien des égards, différeront des formes de lutte qui avaient eu lieu dans le passé..."


Influencés, mais influencés, seulement - hier, comme aujourd'hui - par le souffle explosif de la "bombe atomique spirituelle" que constitue l'immense révolution chinoise, dans son altérité même, et son altérité radicale, obscure, par nature, aux intellects desséchés d'un pseudo-Occident oublieux de lui-même, nous excluons toute analyse fondée sur l' imminence d'un "Grand Soir" rouge, soudain et révolutionnaire - attendu comme l'arrivée du Messie, du Mahdi...
L'expérience l'a montré: l'espérance passive de ce
"Grand Soir", si lointainement évasif qu'il en devient fictif, nourrit, dans l'inertie d'un à-venir qui ne vient pas, la pire des inerties pratiques, la démobilisation opportuniste, électoraliste, légaliste, pacifiste de la "révolution en chambre", dans le calme paisible des livres...
De cette façon, on n'édifie rien.
On ne construit rien. En tout cas, pas de vraies forces.

"Edifier", c'est combattre. Sans combattre, ici et maintenant, on organise du vent.
La politique prépare la guerre - parce qu'elle est guerre, elle-même. C'est elle qui continue la guerre, par d'autres moyens - tout autant que l'inverse...Qu'il y ait balles, ou pas balles...


Frères et sœurs de combattants lointains souffrant sous d'autres cieux - Vietnam, après l'Algérie, Palestine, avant l'Irak... - les
"cadres politico-militaires", "noyau atomique" où la G.P. se condense, se cristallise, plus qu'elle ne s'organise, sont presque tous - destin, laissant peu de place au hasard...- les filles et les fils de "combattants de la liberté" d'une guerre qui s'est achevée à l'heure de leur naissance - et dont l'ombre n'a pas fini de hanter leurs rêves, ou leurs cauchemars.


"L'esprit guerrier"



Nous sommes les enfants - enfants, charnellement... - de soldats de la nuit. Qui furent les compagnons de guerre du catholique et royaliste capitaine de vaisseau Honoré d'Estienne d'Orves, premier parachuté de Londres trahi par son premier radio, à Nantes, et mort sous la torture. Qui reconnurent l'autorité du colonel Passy, chef du BCRA gaulliste, né Dewavrin, d'un lignée De Wavre, qui affrontèrent, à la hallebarde et au poinçon perce-cuirasse, "l'anglois" venu dévaster les "doulces" prairies de France, défaire les Armagnacs (les nôtres...) et bousculer nos "jouvencelles" dans la plaine grasse de Flandres, à Azincourt (1415).Notre famille est la leur, comme celle du radical Moulin, du colonel Fabien, premier "terroriste" communiste, sur les quais du métro Barbès - après une période de formation dans les "Brigades Internationales" de la guerre d'Espagne.Notre cousin est "le Tito du Limousin rouge", le "préfet du maquis", l'instit' Georges Guingouin.
Nos frères sont Manouchian de la MOI, les résistants
"rouges" de Lorraine, décapités par les nazis, doublement héritiers de de la communarde Louise Michel et de la la bergère de Domrémy - comme d'improbables mais pourtant bien réels survivants de l'insurrection du ghetto juif de Varsovie...Et c'est ailleurs que dans les livres que nous avons acquis l'âpre goût du combat, du sacrifice, et de la victoire. Et cet art de surgir, de frapper, de vaincre et de survivre dont le secret se nomme "l'esprit guerrier" - selon le vocable toujours utilisé, qu'on sache, dans les sessions de formation des nageurs de combat, fer de lance du "service action" de l'armée française...
L'
" esprit guerrier": le "vice" de la guerre, son "art" inimitable - tout d'imagination, de sens pratique et de férocité, intelligente parce que vitale...
Il est fait d'abord de réalisme.
C'est la vertu du véritable chef, du
"meneur d'hommes".
Il se distingue du simple courage, qui fait la valeur du soldat..."Réfléchir en stratège, agir en primitif, dit René Char, qui, s'agissant du concept d' "intellectuel engagé", de poètes, d' écrivains ou d'artistes "de combat", sait, lui, de quoi il parle- contrairement à beaucoup, et des plus prolixes...


Théorie, et pratique...Notre mouvement se réfère, explicitement, avec une fascination mêlée, tout de même, de réflexion, à la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne » chinoise ; dans la perspective, donc, d’ une forme « radicalement nouvelle » de société...Ayant sucé le vieux matérialisme dialectique aux tétines de son ré-enchantement asiatique, qui nous ravit, nous formulons explicitement le projet de construire, ou plus précisément d'édifier, au-de là de la G.P., forme temporaire et transitoire, comme la forme-parti elle-même, en tant que telle, un « Parti communiste de type nouveau ».
Et cela dans un univers mental qui nous vient de l'Asie rouge...Asie, avant d'être rouge, elle mêle aux nôtres ses schèmes. Là, tout est flux et fluide, même les concepts (s'ils existent encore dans la même essence...).
C'est de ce monde mental tout autre qu'émerge, perçoivons-nous, une forme raffinée, supérieure de la pensée du sage à la barbe fleurie de Trêves: la
"troisiéme étape" du marxisme.

Le véritable "bond en avant" qui a rendu possible l'émergence d'une pensée radicalement nouvelle doit l'essentiel à un intellectuel-paysan, maître d'école autant que chef de guerre, militaire atypique et fin lettré, immense lecteur, poète à ses heures, féru d'histoire, empreint des traditions philosophiques de l'univers mental asiatique (Sun Tzu, confucianisme et surtout Taoisme: la pensée des contradictions fluides, dont le chemin pave une "voie" (Tao, ou mieux: Dao), toujours instable et mobile...C'est baignant dans cet univers culturel, à mille lieues du nôtre, au fil d'une expérience absolument originale, dans un pays-continent, au cœur d'un XXème siècle d'immenses progrès, de guerres libératrices et de révolutions, défriché par Lénine, que Mao a développé, donc, sa philosophie propre. C'est celle d'une révolution chinoise "suivant sa propre voie", et "ininterrompue par étapes" - jusqu'à nos jours, où s'accomplit l'intuition du grand Lenine, mort en dessinant les esquisses d' une "Nouvelle Politique Economique " (en russe N.E.P.), phase transitoire, éventuellement longue, de "capitalisme d'Etat sous dictature du prolétariat"...

Pour en arriver là, il a fallu que la Chine immémoriale aux mille sortilèges devienne le lieu de la rénovation d'un marxisme épuisé, dans le moment d'un Révolution bouleversant tout l'équilibre du monde.
Et c'est au cœur de l'immense Asie, donc, qu'est allée au bout d'elle-même une longue marche spirituelle partie de la Méditerranée hellénisée, passant des scintillements métis de l'islam andalou à l'Europe des Lumières, cœur battant de l'Occident moderne, sa matrice, avant de gagner l'Allemagne des philosophes, son lieu de naissance, et Trêves, puis Londres, et Genève, et d'atteindre enfin la Russie dans un wagon plombé payé par la Grande Prusse...En Chine, c'est le prolétariat des ports (Shanghaï), éducateur de celui des mines de l'intérieur (Anyuan),
"cadres prolétariens" du parti paysan de la "Longue Marche", devenu parti-armée, qui s'est fait le "passeur" de toute cette expérience accumulée: le marxisme. Juste avant qu'il ne fossilise.


La "troisième étape" de cette anabase intellectuelle et culturelle prend d'abord la forme - "révolution dans la révolution" - d'une immense armée rurale, dirigée par les "rouges", surgie des profondeurs insondables d'une Histoire multimillénaire.
Contrairement aux élucubrations, méprisantes, d'un livre américain, récent, fondée sur les archives secrètes de la Gestapo de Tchang-Kaï-Tchek, du G.R.U. russe, et sur les souvenirs empreints d'une compréhensible amertume d'un chef de guerre perdu en politique, Peng Te Huaï, c'est une pensée qui est là. Pensée, donc, nourrie par le limon fertile d'une sagesse collective lentement assimilée, au fil des siècles de famines, de monstrueuses jacqueries, et de guerres intestines, ponctués d'effondrements interminables et de renaissance en sursauts, superbes, par vagues...Pensée toute imbibée d'un monde mental à la mesure d'un pays-continent baigné de plusieurs mers, où tout est eau, fleuves sans fin, deltas, canaux, rizières et marécages...Au point qu'entre eau et terre, la limite n'a jamais le caractère découpé, frontalier, net, qui, dans la Grèce des Îles, fonde le tranchant stable d'une logique binaire, et de sa rigide dialectique: roc ici, mer là; soleil ou ombre noire; nuit et jour; Bien et Mal; Être et Néant; Dieu ou Diable; et finalement in-dividu, atome insécable, à part, isolable, ce mythe pervers et délicieux, notre boulet...

La Chine s'oriente autrement, elle pense d'une façon bien différente de la Grèce, et, au-delà, de l'Occident, y compris dans son avatar récent, le marxisme-léninisme occidental, celui de l'européen Lénine...
Aux sources, donc, subliminales, du maoisme, une dialectique plus fine, plus fondante, parce que plus instable, et presque liquide, où tout ne fait sens que dans un moment, dans un contexte, dans un ensemble, dans une perspective, et seulement, non dans ce cadre - pas de
"cadre" - mais dans cette limite...
Comme dans le mouvement de la marche, où, pour paraphraser Mao, encore, c'est le déséquilibre, la règle, et l'équilibre un moment fugitif d'exception, tout y est, au divers sens du terme,
"vague"...

 

Zhou Enlaï: "le poignard de Wu Hao"

 

Dans pareille perspective, la réponse à la question qui n'a pas été posée, et n'aura pas à l'être, est rarement OUI, ou NON - mais dans l'oblique, dans le glissant, en "surf", en dynamique - évitant l'aporie, le blocage, les impasses...
Logique de la spirale; esthétique du nuage, ou mieux des nuées, du flou, du dégradé par insensibles paliers, des tons toujours pastel - et même gastronomie du fade...
François Jullien, qui s'efforce de penser, aujourd'hui, la Chine dans son
"écart" avec notre "conception du monde", celle de tout l'Occident (dont le "marxisme-léninisme"...) nous ouvre, avec le recul, des pistes de compréhension nouvelles au sein de ces labyrinthes - même s'il s'est à ce jour arrêté en deçà d'un Mao aux textes engendrés en zone de contact entre deux électricités différentes, celle de l'Orient et celle de l'Occident, par le biais du "marxisme"...Pensée de Mao, "pensée-mao-tse-toung", pensée de la Chine la plus ombreuse, la plus profonde, devenue la modernité même, catalysée dans la sphère d'énergie d'un être hors du commun: paysan-maître d'école, guerrier-poète autant que guerrier-philosophe, qui n'a laissé, qu'on sache, que les notes prises par le tortueux Chen Bo Da au cours de conférences bottées d'officiers "prolétariens" entre deux batailles, de militants ouvriers ou paysans, de cadres du parti - sans prendre le temps d'écrire ce qu'on nomme, ici, un livre...
Mao, un non-penseur, donc, au sens où les civilisations pourrissantes au stade d'Alzheimer prétendent nous faire entendre, dans un dernier spasme dictatorial, pathétique, le mot pensée...
Maoisme: OVNI ou mieux OPNI (Objet Pensant Non Identifié), par oukaze ou par nature im-pensable, issu - c'est bien la preuve... - d'un peuple d'agriculteurs patients et minutieux, durs au mal, et fécondé par des intellectuels d'Etat, politiques dans l'âme - les mandarins, à cent mille lieues de nos misérables
"télé-intellos", clochards paillettés de la culture, survivotant aux marges...


L'expression la plus achevée de ces mandarins merveilleux, élevant leur sens de l'Histoire et de l'Etat jusqu'au statut bien entendu contradictoire de grands mandarins rouges se nomme Zhou Enlaï, le
"Wu Hao" au fin poignard des réseaux clandestins de Shanghaï, numéro-deux-presque-numéro-un de cette étonnante et subtile aventure, fondateur de la terrifiante police secrète du Parti archi-clandestin du temps des trahisons sous la torture, grand-maître des secrets, presque-invisible, au poignard nocturne précis comme un scalpel, psychanalyste armé des âmes perdues, retenues pour de derniers instants, effroyables jusqu'à l'aveu, dans ce qui reste de corps cruellement ligotés et meurtris, savamment mutilés, devenu le diplomate éclairé de l' "ouverture à l'Occident"...C'est aujourd'hui la grande famille des "services", qui met au monde les grands rénovateurs de la politique. Ceux qui voient large et loin parce qu'ils ont travaillé, durement, à se donner les moyens de voir bien. Et qui, selon le mot fameux de Bonaparte, pour " les affaires politiques, administratives et militaires", ont cette capacité à "regarder longtemps le même objet sans être fatigués"... Les Andropov, les Markus Wolf, Vladimir Poutine ou, pourquoi pas, Bush-le-père...
Il est de cette étoffe, l'homme que le peuple chinois tout entier rassemblé a osé pleurer presque-autant que l'Empereur-Mao,"Chou", donc, comme on a dit ici, si joliment...Et c'est lui qui, après avoir tiré son
"chef" incontesté, le grand Mao lui-même, d'une "prison du peuple" où l'avaient conduit quelques fâcheux excès de pouvoir, faisant couler tout de même trop de sang, devint le protecteur du petit Deng, et donc le précurseur visionnaire de l'actuelle stratégie de montée en puissance "progressive et pacifique" d'une Chine "facteur d'équilibre et d'harmonie" du XXI ème siècle, qui tient le "Tigre en papier" yankee par les couilles des encours en dollars de la banque de Pékin (Beijing), avec le concours intéressé des grandes Triades-sœurs, et défie, sur leur propre terrain, devenu, en douce, le sien, même les "seigneurs de la guerre" (informatique) de "Microsoft".
Chine enfin replacée au Milieu d'un monde dont l'avenir doit se lire, c'est difficile, sans Empires...

Pour en arriver là, il a fallu, aussi, qu'un jeune prolétariat industriel, moderne, engendré par un capitalisme colonial lui-même alors plein de dynamisme, et se croyant l'avenir, se fasse le relais d'influence des redoutables "grands frères" du nord...
Sans ce
"passeur" turbulent et collectif, venu intégrer à cette pensée d'abord chinoise le marxisme européen, avec ses acquis, et ses limites, issu lui-même de l'expérience d'autres peuples, sous d'autres cieux, en d'autres temps, jamais sans doute cette dialectique-là, toute autre que la nôtre, la grecque d'Héracite l'Obscur devenue celle du trop clair Aristote, avant Hegel, n'aurait pu s'élever à sa valeur universelle, devenant celle, non d'un lieu, mais d'un temps, d'un moment, d'une étape du développement des sociétés humaines...

A "l'époque où l'impérialisme à l'agonie va vers son effondrement total" (ce qui, dans les spasmes d'une fin pressentie, le rend plus agressif, encore, plus dangereux et plus brutal).

"Fanshen"
- Du peuple-conscience au peuple-puissance -

La rupture est immense, donc, avec le « modèle soviétique », ce tuteur - une autre façon de penser, d'être, à l'intérieur de la sphère mentale du marxisme, mais d' un intérieur qui soit déjà un presque au-delà .
Remise en cause du
"marxisme-leninisme" répétitif, stérile, et desséché, qui tient lieu de dogme - ou plutôt de "couverture" - à de nouveaux pouvoirs "de classe" ("bourgeoisie rouge"), et que psalmodient aussi, à leur façon, tout en prétendant en porter la "critique", les "ossifiés" de tout poil - que moque la Gauche prolétarienne, et qu'elle même fait hurler...

Arrogants, sans doute, un peu, nous les jugeons, en bloc, confits et enfermés dans la récitation de (bons) vieux livres, coupée de toute pratique réellement inventive, et donc, du peuple, dans sa richesse, ces "groupuscules" proliférants de l'après-68 (trotskistes ou "marxistes-leninistes" sectaires, restés au stade d'un leninisme des années 20, lu de façon formaliste, et privé de sa vraie sève.Pour nous, ces "deuxième-étapistes" - aux militants, pris individuellement, souvent dynamiques, courageux, cultivés, et sympathiques, avec du coffre et de la tenue dans la durée...- sont restés bloqués, donc, à la "deuxième étape" du marxisme: celle de la Révolution d'Octobre et de Lenine. Après que le Vieux Marx du Capital eut posé, dans ses grands textes, les bases - "première étape"... d'une doctrine du XIXème siècle, née à l'ère du charbon, de la machine à vapeur, des premiers chemins de fer, et de la toute-première insurrection proprement prolétarienne, la Commune de Paris...
C'était avant la grande époque coloniale, et les deux guerres mondiales...
Nous nous projetons
"résolument" après...
Au moment qui est celui de Mao, utilisant, dans son tout-premier discours de victoire...et de Pékin (Beijing) ce mot-image typique de la sémantique-pensée de la Chine, "Fanshen" - dont l'amériacin William Hinton fera le titre d'un très beau livre...

"Fanshen" désigne la posture du paysan longtemps courbé dans la soumission ancestrale à l'ordre immuable de la rizière - dans le moment où il se redresse...
S'élevant (Fanshen), il ne s'évade pas seulement de l'ordre, dit naturel, qui est celui du plant fiché dans la terre nourricière, à la main, mais de ce qui courbait sa nuque, aussi, dans une obéissance presque-absolue aux maîtres cruels des anciens tempps, Han, ou Mongols, puis
"long-nez" hideux, ridicules, meurtriers sans pitié venus de l'ouest lointain avec leurs canonnières..."Le peuple chinois s'est levé (redressé), il est debout " traduiront les dépêches d'agences.
Le peuple chinois, et plus largement, les peuples...

A l' "époque", écrit peu de temps après "Wu Hao", devenu l'éclairé Zhou Enlaï , "les pays veulent leur indépendance, les nations leur libération, et les peuples, la révolution...
C'est la tendance irrésistible du temps"
.Le maoisme, donc, comme souverainisme pratique.
Plus qu'en droits:en actes! Dans son époque, dans le moment historique du peuple-conscience dressé en peuple-puissance...
"Le peuple, le peuple seul, est le créateur de l'histoire universelle..." (Mao). De là, la "ligne de masse" (id)...
- On attend ici l'objection: oui-mais! Et la Chine d'aujourd'hui ? Libéralisme etc.Restons absolument... obliques.Ce point excède, à l'évidence, les limites du présent travail...
Mais risquons, tout de même, que la question n'est pas de savoir si le non-Empire,
"facteur d'harmonie et d'équilibre du monde", centre de la seule croissance durable, et catalyseur, demain, des énergies prodigieuses de l'Afrique Noire séculairement meurtrie, humiliée et violée, reste fidèle, ou pas aux canons du marxisme d'autrefois.
Il ne s'agit pas de décréter - mais parlant d'où? - si la Chine d'aujourd'hui est
"maoiste", ailleurs que dans une nostalgie, on le sait, vivace, ou dans des "discours du trône"...
Non.
La question est de savoir à quelles contradictions cette société-là s'attaque...Dans ce moment-là, le sien, le nôtre...Pour s'affronter à quelles réalités, à quels ennemis... Et quels problèmes prétend résoudre le créancier de l'hyperendettée
"hyperpuissance" (nain politique et géant militaire à l'économie d'argile mou), dont les jeunes "colonels supérieurs de l'armée de l'air" de la République Populaire de Chine méditent, parallèlement, les réalités de la "Guerre Hors Limites", incluant grandes manœuvres monétaires à la George Soros, pratique Greenspano-taoiste du "benign neglect" des Maîtres du Dollar, torpilles d'initiés sous la surfaces des Bourses, nanotechnologies, nano-missiles plus fins que le plus filorme des insectes, munis de mini-bombes intelligentes, ou de caméras invisibles, guerres des virus et pénétration de "nageurs de combat" informatiques dans les tuyauteries virtuelles des plus secrets ordinateurs, sans exclure les brutalités compulsives du "terrorisme international", et "guerre dans la guerre" enfin, hors des limites du "hors limites", dans l'infinie partie de Go du duel des intelligences, au plus insondable des antres, où prend forme ce qui est appelé à devenir pensée, langage, écrit, livre, donc

(Extraits choisis de l'introduction de REBELLES - Histoire secrète des maos de la Gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit (1967-2008), par Jean-Paul CRUSE

 

   
     

Le

Népal nous invite à une réflexion profonde sur la beauté des choses, la très haute civilisation bouddhiqe, et ses rapports avec le maoisme, dont les partisans népalais, forgés dans une "guerre populaire prolongée", "guerre de libération", "pour le peuple, par le peuple" (suite col de dr.)

Avec ses meilleurs vœux pour 2009, 2009, la Galerie Librairie IMPRESSIONS vous invite à plusieurs rencontres autour de l'exposition de peinture traditionnelle bouddhique : "Tangka".

(suite col dr, clic ici)

 

 

unissant"tout ce qui peut être uni" autour des classes sociales les plus opprimées, les plus pauvres, dont le prolétariat rural et la petite paysannerie, en cette partie du "toit du monde", proche mais à mille lieues de son voisin le Tibet (province chinoise en plein essor économique, démocratique, et culturel)

Combinant résistance politico-militaire, négociations avec l'ennemi au bon moment, participation aux élections démocratiques, et rédaction d'une Constitution démocratique, abolissant le régime féodal et fondatrice de la première République du Népal, les combattants prolétariens du Parti communistes (maoiste) du Népal actuellement (suite col dr ici)

au gouvernement, au pouvoir après avoir vaincu, à la loyale, et dans les urnes, leurs riveaux des petits partis "marxistes-léninistes" ossifiés,attachent presque une égale importance à:

- la réforme agraire, libérant les forces productives de la paysannerie laborieuse, jusqu'ici misérable et confinées dans un statut de servage proche de celui qui régnait au Tibet féodal du "dalaï lama" avant la

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libération par les troupes de l'Armée Populaire de Libération (APL) chinoise, sous la direction de Mao lui-même, en 1951, permettant d'envisager à terme la "souveraineté alimentaire" du pays.- la fusion de l'ancienne armée royale, connue pour ses redoutables "Gurkhas" (aujourd'hui renommés mondialement dans les métiers de la sécurité et de la défense), et de l'armée populaire descendue des maquis de haute montagne - assurant ainsi la souveraineté stratégique du pays.

- le renforcement, la prolétarisation effective, et l'édification ininterrompue par étapes d'un Parti communiste toujours plus étroitement lié aux masses populaires, plus démocratiquement communiste, donc.

La THANGKA comme œuvre esthétique absolue, mercredi 14 janvier 2009 à 20h00, par Marion Boyer : restauratrice d'œuvre d'art agréée des Musées de France, spécialisée dans la restauration de Thangka, et conservatrice du Musée Elise Rieuf.
Entrée libre

Lecture de contes du Bhoutan, dimanche 18 janvier 2009 à 16h00, par Françoise Nottin-Leray, d’après le livre de Kunzang Choden : Le Singe Boiteux, aux éditions Editions Olizane, traduit par Christine Ritter.
Participation : 5 euros

 

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Les divinités dans le tradition des THANGKA, mercredi 21 janvier 2009 à 20h00, par le Vénérable Lama Tenpa : Maître des retraites de longue durée au Temple des Milles Bouddhas en Bourgogne.
Entrée libre

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THANGKA et médiation bouddhiste himalayenne, jeudi 22 janvier 2009 à 20h00, par le Vénérable Lama Tenpa : Maître des retraites de longue durée au Temple des Milles Bouddhas en Bourgogne.
Entrée libre