Depuis plus de mille ans, Al Azhar prodigue le meilleur de l'enseignement de l'islam, depuis plus d'un siècle, l'Université du Caire est une source de vie pour toute l'Egypte.

Ensemble, vous représentez la rencontre harmonieuse de la tradition et du progrès.

Je vous remercie de votre hospitalité, je remercie le peuple d'Egyptepour son accueil. Et je suis fier de porter dans ma visite les vœux de bonheur du peuple américain, et un message de paix des communautés musulmanes de mon pays: assalaamu alaykum.

(Applaudissements)


L'islam, l'Amérique, l'Occident

Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier - tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale.

Les relations entre l'islam et l'Occident se caractérisent par des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s'est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l'Occident un élément hostile aux traditions de l'islam.

Extrémisme et violence

Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d'une minorité de musulmans, qui pour être réduite n'en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l'islam inévitablement hostile non seulement à l'Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l'homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées.


Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité.

C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.


Je suis venu ici au Caire en quête d'un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, et reposant sur la proposition vraie que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas et qu'ils n'ont pas lieu de se faire concurrence. Bien au contraire, l'Amérique et l'islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.

 

Le changement sera lent


Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain.

Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l'espace de cet après-midi, je n'ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu que pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre cœur et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis clos. Nous devons consentir un effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ; de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (Applaudissements)

 

C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.


Cette conviction s'enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d'une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j'ai passé plusieurs années en Indonésie où j'ai entendu l'appel à la prière (azan) à l'aube et au crépuscule. Jeune homme, j'ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j'ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.
Féru d'histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l'islam. C'est l'islam - dans des lieux tels qu'Al-Azhar -, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) - c'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l'élan des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité de la poésie et l'inspiration de la musique, l'élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l'histoire, l'islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale. (Applaudissements)


Je sais aussi que l'islam a de tout temps fait partie de l'histoire de l'Amérique. C'est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci :

« Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »


Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. (Applaudissements)

 

Symétrie des stéréotypes

J'ai donc connu l'islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l'Amérique et l'islam doit se fonder sur ce qu'est l'islam, et non sur ce qu'il n'est pas, et j'estime qu'il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l'islam où qu'ils se manifestent. (Applaudissements)
Or ce même principe doit s'appliquer à la façon dont l'Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l'Amérique n'est pas le stéréotype grossier d'un empire qui n'a d'autre intérêt que le sien. Les États-Unis représentent l'une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d'une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l'idéal de l'égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul ».


Eh bien, qu'un Américain d'origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d'encre. (Applaudissements)


Mais mon parcours n'est pas unique. Le rêve des chances de réussir ne s'est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages - y compris les près de sept millions de musulmans américains qui vivent aujourd'hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d'éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne. (Applaudissements)

Hijab: liberté

En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C'est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu'on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C'est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. (Applaudissements)


Le doute n'est pas permis : l'islam fait bel et bien partie de l'Amérique. Et je suis convaincu que l'Amérique contient en elle la proposition vraie qu'indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir de l'humanité tout entière.


Certes, notre tâche commence seulement quand nous avons pris conscience de notre humanité commune. Ce n'est pas par des paroles que nous pouvons répondre aux besoins de nos peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu'à condition d'agir avec audace dans les années à venir et de comprendre que nous nous heurtons à des défis communs et qu'en nous abstenant d'y faire face c'est à nous tous que nous faisons tort.


Car nous en avons fait récemment l'expérience : quand le système financier d'un pays particulier s'affaiblit, la prospérité est mise à mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, nous courons tous un risque. Quand un pays particulier tente de se doter d'une arme nucléaire, le risque d'attaque nucléaire augmente dans toutes les nations. Quand des extrémistes violents sévissent dans une certaine région de montagnes, les populations situées par-delà l'océan sont mises en danger. Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour sont massacrés, c'est notre conscience collective qui est souillée. (Applaudissements)


Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C'est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu'êtres humains.
C'est une responsabilité difficile à assumer. Car l'histoire de l'humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le, de religions - qui s'asservissent en visant leur propre intérêt.

Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est autodestructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d'individus au détriment d'un autre est inévitablement voué à l'échec.

Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès. (Applaudissements)


Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler d'ignorer les sources de tension. C'est l'inverse qui nous est suggéré : nous devons affronter carrément ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m'exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.


La première est celle de l'extrémisme violent sous toutes ses formes.
À Ankara, j'ai fait clairement savoir que l'Amérique n'est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l'islam. (Applaudissements)
En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Et il m'incombe d'abord, en tant que président, de protéger le peuple américain.

Afghanistan

La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l'Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d'un large appui de la communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. Je suis conscient que d'aucuns mettent encore en question ou même justifient les événements du 11 Septembre. Mais soyons clairs : Al-Qaïda a tué près de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, venus d'Amérique et de beaucoup d'autres pays, et qui n'avaient rien fait à personne. Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd'hui encore sa détermination à commettre d'autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d'élargir son rayon d'action. Il ne s'agit pas là d'opinions à débattre - ce sont des faits à combattre.
Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons pas - nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il nous est douloureux pour l'Amérique de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite de ce conflit s'avère coûteuse et politiquement difficile. Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu'au dernier, si nous avions l'assurance que l'Afghanistan et maintenant le Pakistan n'abritaient pas d'éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d'Américains. Mais ce n'est pas encore le cas.
C'est pourquoi nous œuvrons en partenariat avec une coalition de 46 pays. Malgré les coûts en cause, la volonté de l'Amérique ne va pas fléchir. Assurément, aucun d'entre nous ne doit tolérer ces éléments extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions - et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables avec les droits de l'homme, le progrès des nations et l'islam. Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière, (Applaudissements) et que quiconque sauve quelqu'un, sauve l'humanité tout entière. (Applaudissements)

La foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix.


Pakistan

Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C'est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d'écoles et d'hôpitaux, de routes et d'entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C'est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie et à prodiguer les services dont la population a besoin.

Irak

Je voudrais aussi aborder le dossier de l'Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d'un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l'Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c'est possible. (Applaudissements) De fait, nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : « J'espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu'elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l'effet. »


Aujourd'hui, l'Amérique possède une double responsabilité : aider l'Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l'Irak aux Irakiens.

J'ai fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements) que nous ne cherchons nullement à établir des bases en Irak ni à revendiquer son territoire ou ses ressources. La souveraineté de l'Irak appartient à l'Irak. C'est pour cette raison que j'ai ordonné le retrait de nos brigades de combat d'ici au mois d'août de l'année prochaine. C'est pour cette raison que nous allons honorer l'accord que nous avons conclu avec le gouvernement irakien, élu démocratiquement, concernant le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes d'ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du territoire irakien d'ici à 2012. (Applaudissements)

Nous aiderons l'Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c'est en tant que partenaires, et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.


Enfin, tout comme l'Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes. Les événements du 11 Septembre ont infligé un traumatisme considérable à notre pays. La peur et la colère qu'ils ont provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas ces sentiments nous ont conduits à agir de manière contraire à nos traditions et à nos idéaux. Nous prenons maintenant des mesures concrètes pour rectifier cette situation. J'ai interdit sans équivoque l'usage de la torture par les États-Unis et j'ai ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo Bay d'ici au début de l'année prochaine. (Applaudissements)


L'Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue.

Palestine

La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides qui unissent l'Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l'aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable.
À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l'antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Demain, je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie d'un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l'esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich. Six millions de Juifs ont été tués - soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d'Israël aujourd'hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu'à évoquer dans l'esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.
Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d'un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l'occupation. Il n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. (Applaudissements)


Depuis des dizaines d'années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l'attention sur la dislocation consécutive à la fondation d'Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l'hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l'objet à l'intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l'une ou de l'autre partie, nos œillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C'est dans l'intérêt d'Israël, dans l'intérêt de la Palestine, dans l'intérêt de l'Amérique, dans l'intérêt du monde. C'est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu'exige cette tâche. (Applaudissements)

Les obligations qu'ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties - et que nous tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.


Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n'aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l'humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d'obtenir l'égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l'Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l'Afrique du sud à l'Asie du sud ; de l'Europe de l'est à l'Indonésie. C'est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n'est pas un signe de courage ni de force. Ce n'est pas de cette manière que l'on revendique l'autorité morale ; c'est ainsi qu'on l'abdique.


Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu'ils peuvent bâtir. L'Autorité palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaitre ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l'existence d'Israël.
En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. (Applaudissements) Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. (Applaudissements)
Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza ne sert pas à promouvoir la sécurité d'Israël, l'absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.


Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l'initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités.

Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d'asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d'Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.


L'Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements)

Nous ne pouvons pas imposer la paix.

Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu'Israël ne disparaitra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d'un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.


Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d'œuvrer pour le jour où les mères d'Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d'Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l'histoire d'Israh, (Applaudissements), - comme dans l'histoire d'Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. (Applaudissements)

Nucléaire, Iran

La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l'égard des droits et des responsabilités des États concernant les armes nucléaires.
Cette question a constitué une source de tension entre les États-Unis et la République islamique d'Iran. Pendant de nombreuses années, l'Iran s'est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages et dans des actes de violence à l'encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue.

Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j'ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir à quoi l'Iran s'oppose, mais plutôt quel est l'avenir qu'il souhaite bâtir.
Je comprends qu'il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous allons procéder avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura de nombreux problèmes à examiner entre nos deux pays et nous sommes disposés à aller de l'avant sans conditions préalables, sur la base d'un respect mutuel. Mais il est clair pour tous ceux préoccupés par les armes nucléaires que nous sommes arrivés à un tournant décisif. Ce n'est pas simplement dans l'intérêt des États-Unis, c'est pour empêcher une course aux armes nucléaires susceptible d'entraîner cette région sur une voie extrêmement dangereuse .


Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d'autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C'est pourquoi je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d'armes nucléaires. (Applaudissements) Et chaque pays, y compris l'Iran, devrait avoir le droit d'avoir accès à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. Cet engagement est au cœur du Traité et il doit être pris par tous ceux qui y souscrivent pleinement. J'espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.


Démocratie

Le quatrième point je vais aborder est la démocratie. (Applaudissements)


Je sais - je sais qu'il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu'une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.


Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l'égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. L'Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d'une élection pacifique. Mais j'ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s'exprimer et d'avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l'État de droit et l'application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s'agit pas simplement d'idéaux américains, il s'agit des droits de l'homme et c'est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier. (Applaudissements)


C'est vrai, il n'y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements qui défendent ces droits sont à terme plus stables, meilleurs et plus en sécurité. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L'Amérique respecte la liberté d'expression de tous ceux, dans le monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de la loi, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques - à condition qu'ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.
Ce point est important car il y a ceux qui encouragent la démocratie uniquement lorsqu'ils ne sont pas au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules dans la suppression des droits d'autrui. (Applaudissements)

Quel que soit là où il prend forme, le gouvernement du peuple et par le peuple est le seul étalon par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir : il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.


Un membre du public : "Barack Obama, on vous aime !"
Le président Obama : Je vous remercie. (Applaudissements)

Liberté de religion

Le cinquième point que nous allons aborder ensemble est celui de la liberté de religion.


L'Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l'histoire de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition. Je l'ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d'après leur conviction d'esprit, de cœur et d'âme. Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s'épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.


Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l'aune du rejet des croyances d'autrui. Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte. (Applaudissements) Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak.
La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s'acquitter de l'obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance. C'est pour cette raison que je suis résolu à œuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s'acquitter de la zakat.
De même, il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.


De fait, la foi devrait nous unir. C'est pour cette raison que nous sommes en train de créer de nouveaux programmes de service communautaire en Amérique qui réunissent des chrétiens, des musulmans et des juifs. C'est également pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d'Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l'Alliance des civilisations. À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle.

Droit des femmes


La sixième question - la sixième question dont je veux parler porte sur les droits des femmes.
(Applaudissements)

Je sais - je sais, et vous pouvez le voir d'après ce public - que cette question suscite un sain débat. Je rejette l'opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d'une façon ou d'une autre moins égale, mais j'ai la conviction qu'une femme que l'on prive d'éducation est privée d'égalité. (Applaudissements)

Et ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.


Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l'égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l'Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l'égalité des femmes continue dans beaucoup d'aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier.
Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils (Applaudissements) et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l'humanité, hommes et femmes.

Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix.

C'est pour cela que les États-Unis œuvreront en partenariat avec tout pays à majorité musulmane pour améliorer l'alphabétisation des filles.

Nous aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition de l'école au monde du travail par l'intermédiaire du microfinancement qui permet aux gens de réaliser leurs rêves. (Applaudissements)


Finalement, je veux parler de notre intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques.
Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente des aspects contradictoires. Internet et la télévision peuvent transmettre dans les foyers des connaissances et des informations, mais également une sexualité vulgaire et une violence gratuite. Le commerce peut s'accompagner de nouvelles richesses et opportunités, mais aussi de grands bouleversements et de changements au niveau communautaire.

Dans tous les pays, y compris en Amérique, ce changement provoque la peur. La peur que la modernité signifie la perte du contrôle de nos choix économiques, de nos décisions politiques et, il s'agit d'un élément encore plus important, de notre identité, c'est-à-dire des choses qui nous attachent à notre communauté, notre famille et notre foi.
Mais je sais aussi qu'on ne peut pas empêcher le progrès humain. Le développement et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont connu une prodigieuse croissance économique tout en conservant leur culture distincte. Il en va de même pour les progrès remarquables au sein de pays à majorité musulmane, de Kuala Lumpur à Dubaï. Par le passé et de nos jours, les communautés musulmanes ont été à la pointe de l'innovation et de l'éducation.


Ceci est important car aucune stratégie de développement ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre et elle ne peut être durable si les jeunes n'ont pas de travail.

De nombreux pays du Golfe se sont énormément enrichis grâce au pétrole et certains commencent à concentrer leurs ressources sur le développement plus large.

Mais nous devons tous garder à l'esprit que l'éducation et l'innovation seront la monnaie d'échange du 21e siècle. (Applaudissements)

Dans trop de communautés musulmanes, le sous-investissement en ces domaines persiste. J'attire l'attention sur cette réalité dans mon propre pays. Et à la différence du passé pendant lequel l'Amérique se concentrait sur le pétrole et le gaz, s'agissant de cette partie du monde, nous chercherons désormais à agir dans des domaines plus variés.
Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir les programmes d'échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique, (Applaudissements) tout en encourageant davantage d'Américains à étudier dans des communautés musulmanes. Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l'enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire.
Dans le domaine du développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires des milieux d'affaires qui formeront des partenariats avec des homologues de pays à majorité musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l'entrepreneuriat cette année pour trouver les moyens d'approfondir les liens entre les leaders du monde des affaires, les fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis et des communautés musulmanes à travers le monde.
Dans le domaine des sciences et des technologies, nous établirons un nouveau fonds pour appuyer le développement technologique dans les pays à majorité musulmane et pour aider à concrétiser commercialement des idées pour qu'elles créent des emplois.

Nous ouvrirons des centres d'excellence scientifiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d'énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l'eau et produiront de nouvelles cultures.

Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j'annonce aujourd'hui une nouvelle initiative avec l'Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile.


Tout cela doit être accompli en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires, aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les communautés musulmanes du monde entier afin d'aider nos populations à améliorer leur vie.


Il ne sera pas facile de régler les questions dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité de nous unir pour réaliser le monde auquel nous aspirons, un monde où les extrémistes ne menacent plus notre pays et où les soldats américains sont rentrés chez eux, un monde où les Palestiniens et les Israéliens vivent chacun en sécurité dans un État qui leur est propre et où l'énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques, un monde où les gouvernements servent les intérêts de leurs citoyens et où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés. Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n'y parviendrons qu'ensemble.


Je sais qu'un grand nombre de gens - musulmans et non musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ.

Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès.

Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu'il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s'affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans.

Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n'irons jamais de l'avant.

Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde.


Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu'il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.


Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blâmer autrui que de s'examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités. Cette vérité transcende les nations et les peuples. C'est une croyance qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le cœur de milliards d'êtres humains. C'est la foi dans autrui et c'est ce qui m'a mené ici aujourd'hui.


Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit.
Le Saint Coran nous dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »
Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »
La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »
Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous. Je vous remercie. Je vous remercie. (Applaudissements)
FIN 14h05 (heure locale)

Traduction: gouvernement américain.

Titres et passages surlignés en rouge ou grossis: sous la responsabilité du site Le Monde Réel

 

 

Obama: le grand discours du Caire

- 4 juin 2009 -

"C'est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu'est le Caire et d'être reçu par deux institutions remarquables. (suite sous la photo à gauche)

A quelques heures d'un voyage du Président des Etats-Unis d'Amérique au Caire, ville de tous les dangers

Les corbeaux de la mort croassent autour de la Maison Blanche

 

En menaçant de poser le problème du nucléaire israélien, Obama se met en danger de mort - mais il le sait...

A l'exception de ceux de Tel Aviv, dont la priorité absolue reste le déclenchement d'une crise majeure avec l'Iran dans les plus brefs délais, sous la forme d'une agression militaire, difficile à improviser à froid, ou plutôt d'attentats de provocation terroristes, en série, visant à pousser Téhéran à la faute, les services de renseignement du monde entier sont sur les dents.

Les informations sur une tentative d' d'assassinat d'Obama, en effet, à l'occasion de sa prochaine visite au Caire, se densifient de minute en minute.

Après un stupéfiant appel au meurtre, publié dans les colonnes d'un journal américain dont le directeur se refuse à dire d'où il lui est parvenu, et d'autres "signaux faibles", qui se répètent, même les services français, où l'influence gaulliste, malgré tout, demeure, et dont la capacité d'observation active en Egypte, à Gaza, dans toute la Palestine, et dans l'ensemble du Moyen-Orient, reste bien réelle, sont sur le qui vive. Et le monde s'interroge sur la signification d'un texte ésotérique, de haute tenue, et d'une grande beauté, qui vogue d'écran en écran, sous la signature du philosophe français Manuel de Dieguez: "Barack Obama en Egypte: "Je serai assassiné"

Notre précédent édito

sur le même sujet: ici

Kennedy était un petit taureau orgueilleux, à peau laiteuse, glouton de jouissance autant que de pouvoir, le maître bien éphémère d'une époque - début des années 1960...- constituant, mais il ne pouvait le savoir, le seuil d'apogée d'un Empire dont les cartes, désormais, portaient les couleurs du déclin, et de la mort.

Comme les gauchistes "Mao-libertaires" de "Vive la Révolution", le groupe de Castro (Roland) et d'Annette Lévy-Willard, à Nanterre, quelques années plus tard, en 1968, il voulait "Tout, tout de suite"...Et d'abord démontrer à l'URSS , "deuxième empire" de l'époque, lui-même rongé par un cancer mortel, encore tapi, que JFK croyait (comme tout le monde, ou presque...), une force montante, menace quasi-irrésistible, et aux peuples d'un "Tiers Monde", surtout, qui ne faisait que commencer à pénétrer dans sa zone d' "émergence" - comme "pays émergents, puissances émergentes" - qui possédait le "big stick" - l'ambitieux s'efforçait, au même moment, et dans la même avidité gloutonne, de faire la même démonstration à la brune Jacqueline, née Bouvier, et à la blonde Marilyn, force ondulante jetée dans ses bras, dans son lit, et sur son "stick" par la mafia de Lucky Luciano, successeur d'Al Capone, l'homme de Meyer Lansky - et de "Jack Ruby"...

Mais, autant John-Fitzgerald est "out", autant Barack - Barack Hussein - est "in".

Le premier se croyait le "big stick " de la planète à lui tout seul; il en est mort.

Le second n'est advenu, et il le sait, que porté par la vague immense, montant du monde entier, du cœur du monde, contre l'Amérikke sanglante de Bush junior, fille sans espérance de l' "hubris" kennedienne castrée en Indochine, puis recastrée, rappel vaccinal, c'était possible, par la glorieuse insurrection rampante du "pays des deux fleuves", au confluent du Tigre et de l'Euphrate, dans cette Mésopotamie, terre du milieu, où naquit, et renaît, notre civilisation, l'Occident.

La vraie force d'Obama, fils des marcheurs à longues jambes des vastes plateaux du Kenya, qui firent les meilleurs coureur de fond du monde, c'est sa prudence, enracinée, elle aussi, dans la longue patience du monde. Homme de culture à la formation solide, et très loin, donc, de la façon de faire des agités "bling bling" de la "vieille Europe", il partage la vision qui est celle, aujourd'hui, de tous les grands services de renseignement du monde: dans un univers à jamais pluriel, châtoyant des mille couleurs de l'arc en ciel, l'hégémonie, pour être durable, ne peut être que partagée. Dans ce monde, le nôtre, sans possibilité d'y échapper, l'interactivité des intérêts comme celle des valeurs ferme toutes les portes au discours de l'arrogance, et presque toutes à la pratique de la domination brutale. Pour l'ordre du sang et de la race, celui qui fut celui des tout premers monothéismes, de la Torah et du Talmud, et des pires dictatures, avant de devenir celui du sionisme de Herzl, puis du nazisme de Hitler, c'est termié. Cet ordre est mort, mondialement mort, avec la mort de l'apartheid et la victoire de Mandela, après avoir été saigné à blanc dans les forêts de Cu Chi, au lisières du Vietnam et de l'ancien empire des Khmers, il meurt une deuxième fois, sous nos yeux,dans ce Très Grand Moyen-Orient, étendu jusqu'à Kaboul et Karachi, et la vallée de Swat, qui remodèle l'Amérique.

La question n'est pas la belle gueule d'Obama, associée au charme de son épouse, qui fait pâlir toutes les Bruni du vieux monde...Nulle fascination ici, nul effet de mode: car c'est de l'époque elle-même qu'il s'agit, du Temps de la Longue Histoire, qui tourne, où s'ouvrent les chemins nulle part tracés d'un après-impérialisme qui est aussi un au-delà du capitalisme - même s'il n'est pas le "socialisme" des grimoires...A partir de ce point, "voyageur, il n'y a pas de route...Et ton chemin,c'est toi qui devras le tracer..." Et pour en initier la trace, le conducteur de caravane à mille égards exceptionnel qu'est l'actuel président des Etats-Unis bénéficie, c'est appréciable, non seulement de la rumeur du monde, où parle l'esprit du monde, mais, plus trivialement, des conseils des gens du renseignement et de l'armée: de ceux qui ont déjà fait savoir aux apprentis-tueurs israéliens, et surtout à leurs maîtres, qu'ils ont à réfléchir sur ce qui se passerait "le jour d'après", si Barack devait croiser, sur sa route, les clones des sicaires assassins de Kennedy. Tuer un Président américain, ça va, deux fois, bonjour les dégâts. Que chacun réfléchisse au destin d'Ariel Sharon, dont nous avions été peu nombreux à penser, et moins encore à annoncer et à écrire que l'assassinat d'Arafat, après ceux des femmes, des enfants, et des vieillards, de Sabra et Chatila, et tant d'autres, il ne l'emporterait pas au Paradis...(A ceux qui seraient tentés de croire qu'ici on vaticine, alors qu'on fait Histoire, on ne saurait trop recommander d'aller voir où c'était écrit: dans le dernier paragraphe de l'éditorial publié sur le "blog" Imbongi, "novembre noir, couleur d'espoir", publié en temps et en heure, avant les faits eux-mêmes...).

Israël, où des signes d'agacement, d'inquiétude, et de nervosité croissante, ont suivi les premiers "signaux faibles" selon lesquels, en donnant la priorité au dossier de la Palestine sur le dossier du nucléaire iranien, puis en suggérant analogie, sinon égalité, entre le renoncement de Téhéran à ses ambitions dans le nucléaire militaire et les premiers pas d'Israël lui-même vers une déclunéarisation du Moyen-Orient tout entier, dont l'entité raciste et coloniale de Tel Aviv, après tout, n'est qu'une partie, n'a plus réellement les moyens de "résoudre le problème" en "rayant de la carte" un des termes de l'équation: un Président des Etats-Unis d'Amérique imprudent, ou indocile. D'une part, donc, parce que des mesures de rétorsion existent -et qu'elles ont été, elles aussi, à qui de droit signifiées. D'autre part, surtout, parce qu' une politique d'écart croissant des Etat-Unis avec leur ex "allié privilégié" correspond aux intérêts réels, à long terme, et bien réfléchis, de l'ancienne "hyperpuissance" toute entière (pour autant qu'elle veuille demeurer dans le champ de la puissance, et non glisser dans celui du chaos, de l'anarchie, et d'une lente décadence s'accélérant sans fin dans une spirale d'autodestruction sans fond et sans issue...).

A un Obama (Barack, Hussein), donc, "effacé" succéderait alors, dans le contexte d'une affaire Kennedy II, une de trop, une Obama (Michelle), plus déterminée encore et radicalisée, voire un général Jones, partisan, lui, dès aujourd'hui, d'un envoi des marines en nombre en Palestine, pour y mettre à l'abri le jeune Etat des bulldozers blindés de l'autre...

Le noyau dur, fasciste, au pouvoir à Tel Aviv, doit donc commencer à réfléchir à d'autres "hypothèses de travail".

(A suivre)

Mercredi 20 mai 2009. Jean-Paul Cruse

 

 

 

 

 

Effigie de Mao sur la sapin de la Maison Blanche: pourquoi les néo-cons et le Mossad n'ont pas encore assassiné l'heureux époux de Michelle OBAMA: ici

Etats-Unis, Israël

Les paramètres économiques

Pourquoi

Obama n'a guère d'autre choix que de libérer son pays, et, de ce fait, le monde, du boulet que représente

Israël

Malgré une dégringolade de 6% par an, déjà considérable, au rythme actuel, l'économie américaine produit encore 14 500 milliards de dollars par an (14,5 trillions de dollars, PIB 2008). Pour une dette extérieure brute de 17 000 milliards de dollars (fin 2008), et une dette globale des ménages de12 800 milliards de dollars (2008, contre 7650 en 2001: en 1920, les foyers américains disposait d'une épargne moyenne par famille de 1232 dollars, pour 4368 dollars de dette, soit un ratio de 1 à 4; en 2008, l'épargne est de 392 dollars pour 117 951. Le ratio est passé de 1 à 4 à...1 à 300!)

Le déficit public atteint 10% du PIB. En 2009, la part de la dette publique américaine détenue par des investisseurs étrangers est de 46% (en 2000:31%)

Le déficit de l'année fiscale 2008-2009, bouclée 30 septembre 2009 est prévu à 1750 milliardsde dollars.4 fois celui de l'année précédente, 2007-2008). Il atteint donc 12,3% du PIB, un niveau jamais atteint depuis... 1942 (la guerre...)

Le budget 2010: 3552 milliards de dollars

Là-dessus, le budget militaire atteint 711 milliards de dollars. (2008) 48% des dépenses militaires mondiales. Six fois plus que la Chine, 10 fois plus que la Russie, 14 fois plus que la France ou le Royaume Uni. Le 26 février 2009, Obama a demandé au Congrès de voter une "rallonge" de 200 milliards de dollars pour financer les guerres Afghanistan/Iraq jusqu'à mi-2010.

Dans ce contexte, le soutien économique à Israël (2 milliards de dollars par an depuis près d'un demi siècle, dont les deux tiers sous forme d’assistance militaire) qui fait depuis longtemps l'objet de controverses très vives, est vécu, même au Congrès américain, sous la pression, tout de même, des "cochons de contribuables", qui sont aussi...des électeurs, comme un scandale. Les oppositions sont devenues tellement forte que toute aide économique officielle sera supprimée à partir de cette année (2009).


De 1948 à 1997, les contribuables américains ont versé à Israël un total de 85 milliards de dollars environ (75 milliards d’euros , la moitié du budget annuel de la France). Calculé par habitant, chaque Israélien a touché 15 000 $ de la poche des Américains, le coût total par habitant étant de 23 000$ .


Contrairement aux autres bénéficiaires du soutien financier américain, Israël recevait jusqu'ici son aide en un seul versement, le premier mois de l’année fiscale en cours, avec possibilité...de l’investir aux Etats-Unis et de percevoir des intérêts.


C'est en 1982 qu'Israël a obtenu que les fonds soient transférés en un seul versement, au début de l’année fiscale, plutôt qu’en quatre échéances trimestrielles, comme cela se passait avec les autres pays. Les Etats-Unis ont dû emprunter pour faire le compte, et payer des intérêts - 50 et 60 millions de dolllars. Sans que cela empêche Washington de reverser à Israël les intérêts perçus sur les sommes qu’Israël plaçait en bons du Trésor américains à partir de la même aide : plus de 86 millions de dollars en 1991 !

La première "subvention" militaire a eu lieu en 1974, lorsque les Etats-Unis renoncèrent à toucher les remboursements d’une partie d’un prêt militaire, pratique qui allait ensuite devenir monnaie courante. Depuis cette date, les aides militaires à Israël ont été accordées le plus souvent sous forme de prêts pour lesquels Israël est exonéré des remboursements. De 1974 à 2002, Israël a reçu plus de 42 milliards de prêts non remboursés.

Les 85 milliards de dollars versés, au total, par les Etats-Unis à Israël depuis la création de l' "Etat juif " en Palestine , et les quelque 14 milliards de dollars par an toujours actuellement payés, mais jusqu'à quand?, au titre del'aide militaire, représentent une somme supérieure de 3 milliards de dollars aux pertes subies par l'ensemble des familles américaines depuis l'explosion de la crise (11 000 milliards de dollars sur 51 480 de capital accumulé, une fuite de 20%, équivalant aux PIB réunis de l'Allemagne, du Japon, et du Royaume Uni, selon la Federal Reserve Bank).

Les Etats-Unis restent, certes, un pays riche, très riche, où la capitalisation boursière s'élève à 11 000 milliards de dollars. (Europe: 5000 milliardsde dollars. Chine: 2000), sans compter les 26 000 milliards de dollars du marché obligataire: (Europe des 15: 21 000, Japon: 9000.Chine: 2200).

Mais cette richesse fond, maintenant, vite, très vite.

Et 14 milliards de dollars par an d'aide militaire à Israël, c'est une somme très largement supérieure aux 9 milliards de dollars par an pendant 20 ans (total 180 milliards de dollars) nécessaires à la réfection de 150 000 des 600 000 ponts de l'ensemble du territoire américains laissés à l'abandon sous les administrations Reagan, Clinton, Bush senior et Bush junor, et jugés défectueux ou carrément dangereux (25% de ces ouvrages d'art). Coût estimé de la remise à niveau de l'ensemble des infrastructures sous-entretenues sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique (ponts, routes, autoroutes, aéroports, chemins de fer, etc): 1600 milliards de dollars (étude de l'association des ingénieurs américains)

Le financement du système de santé américain, un des plus chers du monde, malgré des inégalités sociales criantes, s'élève à 2150 milliards de dollars (2007),14% du PIB -avec 50 millions d'Américains dépourvus de toute couverture maladie...

Pertes des fonds de pension (garantissant les retraites):juin2007 sept 2008,2000 milliards de dollars (20% de leur valeur).

Inégalités de revenus: les 1% les plus riches, 1,5 millions de ménages, gagnent 382 600 dollars par an en 2006, 23% de la richesse nationale, en augmentation de 105%, soit 5,7%/an, sur la période 1993-2006 (+1,1% pour l'ensemble des autres revenus)

Coût salarial horaire moyen dans l'industrie américaine: 24 dollars (2006), le plus cher detous les pays de l'OCDE, à l'exception du Canada. 24 fois celui de la Chine. 8 fois celui du Mexique. 6 fois celui du Brésil ou de l'Europe de l'est.

La Chine détient 1700 milliards d'actifs en dollars, dont 700 milliards de bons du trésor, elle estle plus gros créditeur des Etats-Fin 2007, le PIB chinois représente 7% du PIB mondial en dollars courant, 11 en ppa. US: 23 et25%.

Hors chiffres sur le soutien à Israel, la plupart des données proviennent du livre de PatrickArtus et Marie-Paule Virard, "Est-il trop tard pour sauver l'Amérique?" La Découverte 2009..


 

 

 

MADAME OBAMAO, REINE DES ETATS-UNIS

C'est la photo de Noël que vous aurez sans doute du mal à voir: l'effigie de Mao, à l'honneur, sur une des trois grosses boules brillantes du sapin du même nom, décoré de la brune menotte de Michelle Obama, femme de l'autre, dans le grand salon de la Maison Blanche. Elle n'y voisine qu'avec deux autres icônes: des drapeaux arc-en-ciel, symboles du monde homosexuel, accompagnant Hedda Lettuce, un travesti là-bas très populaire; et le Mont Rushmore avec la tête de Barack Hussein jouxtant celle de ses quatre lointains prédécesseurs George Washington (1732-1799), Abraham Lincoln (1809-1865), Thomas Jefferson (1743-1826) et Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).

En Chine aussi, la chasse à l'image qui tue est ouverte, et bat son plein: c'est "pour ne pas indisposer" le Président américain (meilleur ami de la Chine depuis "l'oncle Ho", le général de Gaulle et le mafio-capitaliste Richard Nixon, qui, développant, par la grâce de Zhou et de notre bon ami Kissinger, la "diplomatie du ping pong", mit fin à la guerre du Vietnam, et au "rêve américain" de Kennedy fantasmant sur le "big stick" que seul alors, selon lui, son pays, devait arborer au niveau de la braguette...pentagonique) que les excellents garçons de la Sécurité d'Etat ont musculeusement ramené à la raison une journaliste de CNN posant, en pleine rue, indécemment moulée dans un de ces T-shirt ô combien provocants siglés "Obamao". On vend aussi le sac, version poing levé, casquette... présidentielle, et Kalachnikov (chinoise). La Chine aime toujours son "Obamao", que nous, sceptiques irréductibles d'un Occident recru, commençons à bouder avant de l'avoir usé, alors que, comme la pile Wonder, il ne s'use que si l'on s'en sert...Car la question n'est pas de savoir ce que "vaut" - logique des "valeurs", logique incurablement marchande, curaillonne, et cartésienne, ce Barack Hussein Obama dont nous avons, ici, exagérément et répétitivement vanté les "longues jambes de marcheur des plateaux du Kenya" - lassant un "cœur de lectorat" en train de se densifier, et croyant bien à tort au pouvoir absolu de la métaphore.

Ce que nous entretenions l'espoir de signifier, avec ces longues histoires de longues jambes, faisant "Longue Marche", pas après pas enracinées dans le sol de la longue patience africaine, c'est que l'élection, nullement divine, du vainqueur de George W.Bush - le Chien, qu'il soit maudit, et que les enfants de ses enfants périssent, fondus dans le nickel liquide de la Géhenne - n'était pas seulement le signe d'un prodigieux bouleversement du monde, sous la pression d'une "intifada mondiale des esprits", transférant l'énergie de la jeunesse de Palestine ou du "Pays des Deux Fleuves", à son tour, martyrisé, jusque dans la grogne électorale des buveurs de bière du Kansas ou du Texas, "pendant" symboliquement le dernier des cow-boys dans un vote démocratique à l'odeur de loi de Lynch.

Elle n'en était pas seulement le signe, elle en serait l'annonce, et l'ouverture, pour peu que l'heureux élu prenne le temps de survivre, et, ne se croyant, certes pas, démiurge Tout Puissant, inaugure et incarne un type de pouvoir nouveau, absolument moderne, et fondé donc sur le principe du Tao: "agir par le non agir", ne rien forcer, ne rien brusquer, laisser les énergies réelles cristalliser, et déplacer les lignes, en se contentant d'arbitrer, dans le bon sens, par petites touches, "petite pierre au bord du chemin" donnant à voir, à ceux qui s'en soucient, la route - selon l'heureuse et modeste expression de Ho Chi Minh...

Son équation de départ, lon d'être simple, se compliquait d'emblée d'une nouvelle inconnue, avec le déclenchement calculé de la "crise": pas seulement "systémique", mais géopolitique, ouverte sciemment, avant même le vote, et l'investiture, par les "néo-conseveraeurs" (néo-cons) de la sphère économico-financière, aussi vicieux que les militaires, dégoupillant sous les pas du "marcheur" la grenade de Lehman Brothers avant qu'il ait levé, pour son premier pas de Président, sa première jambe..

Lesté, donc, du béton de l'effondrement économique et du chômage, plus lourd encore et plus pesant que les Tours - abolies...- du "World Trade Center", il lui fallalit, pour tenir en laisse les dangereux grognons du Pentagone et de la Navy, annoncer un renforcement de "la lutte contre El Qaeda" au cœur des montagnes afghanes, meilleur moyen de faire passer la pilule du lent dégagement de l'Iraq, promesse en cours de respect...

Et la Palestine, il n'a rien fait! Ah!bon, c'était à lui de faire? Pour qui croit au "sauveur suprême", au Dieu-Démiurge, à Dieu-le-Père...La victoire de la Palestine, car elle viendra, "Palestine Vaincra!", viendra de la Palestine elle-même, de la libération du peuple palestinien, "comptant sur ses propres forces", par lui-même: ou bien ce ne sera pas "Palestine vaincra!", mais une "décolonisation" par le haut, octroyée, genre Empire Britannique en Inde ou Françafrique à la Foccart- si ça n'est pas "libération" par les "libérateurs" intéressés venus de Damas ou de Téhéran, et poursuivant les intérêts, sans doute légitimes, qui sont les leurs, mais pas ceux du peuple palestinien, qui n'a pas renvoyé dans les cordes ses "tuteurs" jordaniens, égyptiens, ou syriens, pour troquer la botte israélienne contre une autre "tutelle", fût-elle, car, Diable!, ce n'est pas le problème, musulmane (version chiite)...

Il est vain, il est absurde, il est contradictoire, d'implorer la libération de la Palestine par des "libérateurs" "droits de l'hommistes" venus d'ailleurs, du Nil, de Perse, d'Europe, ou même de l'une ou l'autres des Amériques.

Demandons aux puissances du moment, aux Etats-Unis d'"Obamao", à la Chine, de se contenter de ne pas ou plus entraver la marche du peuple palestinien vers sa libération, surtout s'il se décide enfin à choisir, comme vient de le formuler encore, de sa cellule, "Moïse" Barghouti, "résistance et négociations", enfin combinées (en vietnamien "tata tantan"...)

Qu'"Obamao", pour n'entraver personne, sauf la rage toujours plus fasciste d'Israël, se contente de ne pas empêcher les coups fourrés contre Tel Aviv venus d'abord de son camp, de son aile gauche, impatiente, de la CIA et de la partie saine des services de renseignement civils et militaires, qui commencent à laisser filtrer quelques gouttes de révélations sur la mort de Kennedy, trop rapide à brailler, à peine élu, contre la nouvelle arrogance israélienne en matière nucléaire, et que la malédiction de son "bootlegger" de père empêchait de contrôler comme il le fallalit la mafia américaine, en la personne de son puissant conseiller financier Meyer Lansky, maître à penser de Jack Rubinstein, dit "Jack Ruby", l'homme qui cloua le bec, de deux balles dans le ventre, "celui qui en savait trop", et qui avait échappé, par chance, au flingue du sergent Tippitt, le naïf Lee Harvey Oswald, assassin présumé ferré comme une carpe...

Que le Président américain laisse, donc, comme il le fait, tout de doigté et de prudence, les "Veuves du Pentagone" et leurs sœurs haut-gradées de la NSA, dépeloter, fil à fil, l'embrouillamini mortifère des morts du 11 septembre...Il suffit de voir, ici, en France, qui crie au loup dès qu'une bribe de vérité filtre, pour comprendre la valeur de cette méthode...

Et qu'il laisse enfin, comme il l'a fait, Zbigniew Brzezinski, l'homme à l'intelligence glaciale coupante comme une banquise, avertir publiquement l'aviation de Tel Aviv, que si les bombardiers de l'Etat fasciste décollent, soutes pleines, vers Téhéran, la chasse américaine aura mission de les abattre comme de vulgaires Boeing "détournés au cutter" cinglant vers le Pentagone, ou vers cette Maison Blanche aux coquets parapets désormais réceptacle d'un sapin de Noël portant l'insolente marque de la femme noire, intelligente et vive, qui se lancerait en campagne pour succéder à son époux si le malheur devait l'abattre, lui aussi, comme Lincoln ou Kennedy. Et qu'on dit plutôt "plus à gauche" que lui. En tout cas, plus radicale. Et c'est ce qui, lui, le protège.

26 décembre 2009. Kaouthar (revu par J-P C.)

 

 

 

 

 

 

"L'intraitable beauté du monde"

- Adresse à Barack Obama

- bienvenu en France, ce printemps...-

Un texte d'une puissance poétique saisissante d'Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau

- Editions Galaade -

8 euros

" C’est une rumeur de plusieurs siècles.

Et c’est le chant des plaines de l’océan.

Les coquillages sonores se frottent aux crânes, aux os et aux boulets verdis, au fond de l’Atlantique. Il y a dans ces abysses des cimetières de bateaux négriers, beaucoup de leurs marins. Les rapacités, les frontières violées, les drapeaux, relevés et tombés, du monde occidental. Et qui constellent l’épais tapis des fils d’Afrique, dont on faisait commerce, ceux-là sont hors des nomenclatures, nul n’en connaît le nombre.


Et sans doute, au monde, avant et après ces Traites, y eut-il combien d’autres gouffres ouverts, sous toutes les latitudes, et concernant combien de peuples. Mais ces Africains déportés ont défait les cloisonnements du monde. Eux aussi ont ouvert, à coups d’éclaboussures sanglantes, les espaces des Amériques. Ils sont entrés dans la puissance étasunienne, comme un de ses fondements, mais aussi comme un de ses manques.

Comme une puissance et comme un manque et comme la plus précieuse des fragilités. Ils sont en nous. Ils sont en vous, Monsieur.


Ils sont aussi entrés, alentour, dans les histoires croisées des Amériques du Sud, du Brésil et de la Caraïbe, dans la pensée des archipels qui aujourd’hui délace celle des continents. Ceux-ci sont impérieux et d’une seule vérité, et se projettent en flèche. Les archipels sont fragiles, mais accordés aux multiples vérités du monde actuel. L’océan de la Traite fut ainsi un continent obscur, la Caraïbe où s’implantèrent les Plantations à esclaves en fut la traîne archipélique.
Ce qui reste de ces anciens transbordés, ce limon des abysses, c’est tous les mondes anciens qui ont été broyés jusqu’à donner vrai lieu à une région nouvelle. Un monde avait laminé l’Afrique. Les Afriques ont engrossé des mondes au loin. Cela manifeste et nous fait comprendre le Tout-monde, donné en tous, valable pour tous, multiple dans sa totalité, qui se fonde sur cette rumeur des abysses.

Or la rumeur a quitté les fonds, et à travers vous, Monsieur, voilà qu’elle nous fascine de cela même que les nations des hommes connaissent actuellement de plus dominant entre toutes les nations : les Etats-Unis d’Amérique.

Cette réalité, dont l’ombre a grandi partout aux alentours, parmi tant d’autres amertumes et tant d’autres succulences, elle aussi nous est jaillie du Gouffre. "

(Obama: lire ici)

Fébrile, toujours à conrre-temps, hoquetant, le pitre de Neuilly, provisoire Président de la république française, précipite la réintégration de la France, agenouillée, au sein des structures militaires de l'OTAN, au moment même où l'héritier de la révolte anti-coloniale des Mau Mau du Kenya porté à la Maison Blanche par l' "intifada mondiale des esprits" contre la dernière administration impériale d'une ex "hyperpuissance" vomie par la planète entière a un besoin vital du contrepoids que représenterait une France indépendante dans une Europe des nations, libre.

Aujourd'hui, donc, mobiliser contre l'OTAN au sein d'une vaste coalition Arc en Ciel, des gaullistes historiques aux communistes, n'a rien d'incompatible, bien au contraire, avec l'accueil le plus ouvert et le plus chaleureux de la France de toujours à Barack Hussein Obama, meilleur allié de la Chine émergente et de la direction éclairée du plus grand parti communiste de la planète dans le cadre d'un "G20" porteur des espoirs du monde contre la récession globale, hideux visage de la "mondialisation libérale", à l'agonie...

Lire ci-dessus "L'intraitable beauté du monde"