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Depuis plus de mille ans, Al Azhar prodigue le meilleur de
l'enseignement de l'islam, depuis plus d'un siècle,
l'Université du Caire est une source de vie pour toute
l'Egypte.
Ensemble,
vous représentez la rencontre harmonieuse de la tradition
et du progrès.
Je
vous remercie de votre hospitalité, je remercie le
peuple d'Egyptepour son accueil. Et je suis fier de porter
dans ma visite les vœux de bonheur du peuple américain,
et un message de paix des communautés musulmanes de
mon pays: assalaamu alaykum.
(Applaudissements)
L'islam, l'Amérique, l'Occident
Notre
rencontre survient à un moment de grande tension
entre les États-Unis et les musulmans du monde
entier - tension ancrée dans des forces historiques
qui dépassent le cadre des débats actuels
de politique générale.
Les
relations entre l'islam et l'Occident se caractérisent
par des siècles de coexistence et de coopération,
mais aussi par des conflits et des guerres de religion.
Dans un passé relativement plus récent,
les tensions ont été nourries par le colonialisme
qui a privé beaucoup de musulmans de droits et
de chances de réussir, ainsi que par une guerre
froide qui s'est trop souvent déroulée
par acteurs interposés, dans des pays à
majorité musulmane et au mépris de leurs
propres aspirations. En outre, les mutations de grande
envergure qui sont nées de la modernité
et de la mondialisation ont poussé beaucoup de
musulmans à voir dans l'Occident un élément
hostile aux traditions de l'islam.
Extrémisme
et violence
Des
extrémistes violents ont exploité ces
tensions auprès d'une minorité de musulmans,
qui pour être réduite n'en est pas moins
puissante.
Les attentats du 11 septembre 2001,
conjugués à la poursuite des actions violentes
engagées par ces extrémistes contre des
civils, ont amené certains dans mon pays à
juger l'islam inévitablement hostile non seulement
à l'Amérique et aux pays occidentaux,
mais aussi aux droits de l'homme. La peur et la méfiance
se sont ainsi accentuées.
Tant que notre relation restera définie
par nos différences, nous donnerons du pouvoir
à ceux qui sèment la haine et non la paix
et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération
qui peut aider nos deux peuples à connaître
la justice et la prospérité.
C'est
ce cycle de la méfiance et de la discorde qui
doit être brisé.
Je suis venu ici au Caire en quête
d'un nouveau départ pour les États-Unis
et les musulmans du monde entier, un départ fondé
sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel,
et reposant sur la proposition vraie que l'Amérique
et l'islam ne s'excluent pas et qu'ils n'ont pas lieu
de se faire concurrence. Bien au contraire, l'Amérique
et l'islam se recoupent et se nourrissent de
principes communs, à savoir la justice
et le progrès, la tolérance et la dignité
de chaque être humain.
Le
changement sera lent
Ce faisant, je reconnais que le
changement ne se produira pas du jour au lendemain.
Il
y a eu beaucoup de publicité à propos
de mon discours, mais aucun discours
ne peut éradiquer des années de méfiance,
et dans l'espace de cet après-midi, je n'ai pas
la réponse non plus aux questions complexes qui
nous ont menés au point où nous sommes
maintenant. Mais je suis convaincu que
pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement
entre nous ce que nous recelons dans notre cœur
et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis
clos. Nous devons consentir un effort soutenu
afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre
les uns des autres ; de nous respecter mutuellement
et de rechercher un terrain d'entente. Comme
le dit le Saint Coran, «
Crains Dieu et dis toujours la vérité
». (Applaudissements)
C'est
ce que je vais essayer de faire aujourd'hui - de dire
la vérité de mon mieux, rendu humble par
la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction
que les intérêts que nous partageons parce
que nous sommes des êtres humains sont beaucoup
plus puissants que les forces qui nous séparent.
Cette conviction s'enracine en partie dans mon vécu.
Je suis chrétien, mais mon père était
issu d'une famille kényane qui compte des générations
de musulmans. Enfant, j'ai passé plusieurs années
en Indonésie où j'ai entendu l'appel à
la prière (azan) à l'aube et au crépuscule.
Jeune homme, j'ai travaillé dans des quartiers
de Chicago où j'ai côtoyé beaucoup
de gens qui trouvaient la dignité et la paix
dans leur foi musulmane.
Féru d'histoire, je sais
aussi la dette que la civilisation doit à l'islam.
C'est l'islam -
dans des lieux tels qu'Al-Azhar -, qui a
brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles
et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle
des Lumières en Europe. C'est de l'innovation
au sein des communautés musulmanes (Applaudissements)
- c'est de l'innovation au sein des communautés
musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas
et les outils de navigation, notre maîtrise de
l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension
des mécanismes de propagation des maladies et
des moyens de les guérir. La culture islamique
nous a donné la majesté des arcs et l'élan
des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité
de la poésie et l'inspiration de la musique,
l'élégance de la calligraphie et la sérénité
des lieux de contemplation. Et tout au
long de l'histoire, l'islam a donné la preuve,
en mots et en actes, des possibilités de la tolérance
religieuse et de l'égalité raciale. (Applaudissements)
Je sais aussi que l'islam a de tout temps
fait partie de l'histoire de l'Amérique. C'est
le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître
mon pays. En signant le traité de Tripoli
en 1796, notre deuxième président, John
Adams, nota ceci :
«
Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile
aux lois, à la religion ou la tranquillité
des musulmans. »
Depuis notre fondation, les musulmans américains
enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu
dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense
des droits civils, créé des entreprises,
enseigné dans nos universités, brillé
dans le domaine des sports, remporté des prix
Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé
le flambeau olympique. Et, récemment, le premier
Américain musulman qui a été élu
au Congrès a fait le serment de défendre
notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères
fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque
personnelle. (Applaudissements)
Symétrie
des stéréotypes
J'ai
donc connu l'islam sur trois continents
avant de venir dans la région où
il a été révélé pour
la première fois. Cette expérience guide
ma conviction que le partenariat entre l'Amérique
et l'islam doit se fonder sur ce qu'est l'islam, et
non sur ce qu'il n'est pas, et j'estime qu'il est de
mon devoir de président des États-Unis
de combattre les stéréotypes négatifs
de l'islam où qu'ils se manifestent. (Applaudissements)
Or ce même principe doit
s'appliquer à la façon dont l'Amérique
est perçue par les musulmans. Tout comme
les musulmans ne se résument pas à un
stéréotype grossier, l'Amérique
n'est pas le stéréotype grossier d'un
empire qui n'a d'autre intérêt que le sien.
Les États-Unis représentent l'une des
plus grandes sources de progrès que le monde
ait connues. Nous sommes nés d'une révolution
contre un empire ; nous sommes fondés sur l'idéal
de l'égalité de tous et nous avons versé
de notre sang et combattu pendant des siècles
pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire
et à travers le monde. Nous sommes façonnés
par chaque culture, issus des quatre coins du monde
et acquis à un concept simple :
E pluribus unum : « De plusieurs peuples,
un seul ».
Eh bien, qu'un Américain d'origine africaine
et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être
élu président a fait couler beaucoup d'encre.
(Applaudissements)
Mais mon parcours n'est pas unique. Le rêve des
chances de réussir ne s'est pas concrétisé
pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure
pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages
- y compris les près de
sept millions de musulmans américains
qui vivent aujourd'hui dans notre pays et dont le revenu
et le niveau d'éducation, disons-le, sont supérieurs
à la moyenne. (Applaudissements)
Hijab:
liberté
En
outre, la liberté en Amérique est indissociable
de celle de pratiquer sa religion. C'est pour cette
raison que chaque État
de notre union compte au moins une mosquée
et qu'on en dénombre plus de mille deux cents
sur notre territoire. C'est pour cette raison que le
gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux
pour protéger le droit
des femmes et des filles à porter le hijab
et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit.
(Applaudissements)
Le doute n'est pas permis : l'islam fait bel et bien
partie de l'Amérique. Et je suis convaincu que
l'Amérique contient en elle la proposition vraie
qu'indépendamment de notre race, de notre religion
ou de notre condition sociale nous aspirons tous à
la même chose - vivre dans la paix et la sécurité
; faire des études et travailler dans la dignité
; aimer notre famille, notre communauté et notre
Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir
de l'humanité tout entière.
Certes, notre tâche commence seulement quand nous
avons pris conscience de notre humanité commune.
Ce n'est pas par des paroles
que nous pouvons répondre aux besoins de nos
peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu'à
condition d'agir avec audace dans
les années à venir et de comprendre
que nous nous heurtons à des défis communs
et qu'en nous abstenant d'y faire face c'est à
nous tous que nous faisons tort.
Car nous en avons fait récemment l'expérience
: quand le système financier d'un pays particulier
s'affaiblit, la prospérité est mise à
mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul
être humain, nous courons tous un risque. Quand
un pays particulier tente de se doter d'une arme nucléaire,
le risque d'attaque nucléaire augmente dans toutes
les nations. Quand des extrémistes violents sévissent
dans une certaine région de montagnes, les populations
situées par-delà l'océan sont mises
en danger. Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour
sont massacrés, c'est notre conscience collective
qui est souillée. (Applaudissements)
Vivre ensemble dans le monde, voilà
ce que cela signifie au vingt et unième siècle.
C'est la responsabilité que nous avons les uns
envers les autres en tant qu'êtres humains.
C'est une responsabilité difficile à assumer.
Car l'histoire de l'humanité est trop souvent
le récit de nations et de tribus -
et admettons-le, de religions - qui s'asservissent
en visant leur propre intérêt.
Mais
dans cette ère nouvelle,
une telle attitude est autodestructrice. Au vu de notre
interdépendance, tout ordre mondial qui élève
un pays ou un groupe d'individus au détriment
d'un autre est inévitablement voué à
l'échec.
Quelle
que soit notre opinion du passé, nous ne devons
pas en être prisonniers. Nous
devons régler nos problèmes par le biais
du partenariat et partager nos progrès. (Applaudissements)
Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler
d'ignorer les sources de tension. C'est l'inverse qui
nous est suggéré : nous devons affronter
carrément ces tensions. Dans cet esprit,
permettez-moi de m'exprimer aussi clairement et aussi
simplement que possible sur certaines questions précises
auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.
La première est celle de l'extrémisme
violent sous toutes ses formes.
À Ankara, j'ai fait clairement savoir
que l'Amérique n'est pas - et ne sera jamais
- en guerre contre l'islam. (Applaudissements)
En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes
violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité.
Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de
toutes confessions : le meurtre d'hommes, de femmes
et d'enfants innocents. Et il m'incombe d'abord, en
tant que président, de protéger le peuple
américain.
Afghanistan
La
situation qui prévaut en Afghanistan illustre
les objectifs de l'Amérique et la nécessité
de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant
plus de sept ans, forts d'un large appui de la communauté
internationale, les États-Unis ont donné
la chasse à al-Qaïda
et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par
choix, mais par nécessité. Je
suis conscient que d'aucuns mettent encore en question
ou même justifient les événements
du 11 Septembre. Mais
soyons clairs : Al-Qaïda a tué près
de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes
étaient des hommes, des femmes et des enfants
innocents, venus d'Amérique et de beaucoup d'autres
pays, et qui n'avaient rien fait à personne.
Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci,
de revendiquer les attentats et il réaffirme
aujourd'hui encore sa détermination à
commettre d'autres meurtres à une échelle
massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux
pays et il essaie d'élargir son rayon d'action.
Il ne s'agit pas là d'opinions à débattre
- ce sont des faits à combattre.
Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas
laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons
pas - nous ne cherchons pas à y établir
des bases militaires. Il nous est douloureux pour l'Amérique
de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite
de ce conflit s'avère coûteuse et politiquement
difficile. Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier
tous nos soldats, jusqu'au dernier, si nous avions l'assurance
que l'Afghanistan et maintenant le Pakistan n'abritaient
pas d'éléments extrémistes déterminés
à tuer le plus grand nombre possible d'Américains.
Mais ce n'est pas encore le cas.
C'est pourquoi nous œuvrons en partenariat avec
une coalition de 46 pays. Malgré les coûts
en cause, la volonté de l'Amérique ne
va pas fléchir. Assurément, aucun d'entre
nous ne doit tolérer ces éléments
extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup
de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions
- et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables
avec les droits de l'homme, le progrès des nations
et l'islam. Le Saint Coran
nous enseigne que quiconque tue
un innocent tue l'humanité tout entière,
(Applaudissements) et que quiconque
sauve quelqu'un, sauve l'humanité tout entière.
(Applaudissements)
La
foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants
de la planète est tellement plus vaste que la
haine étroite de quelques-uns. Quand
il s'agit de combattre l'extrémisme violent,
l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue
une partie importante de la marche vers la paix.
Pakistan
Nous
savons en outre que la puissance militaire ne va pas
à elle seule résoudre les problèmes
qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C'est pour
cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard
de dollars par an, au cours des cinq prochaines années,
dans la construction d'écoles et d'hôpitaux,
de routes et d'entreprises, en partenariat avec les
Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de
dollars pour venir en aide aux personnes déplacées.
C'est pour cette raison encore que nous fournissons
plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de
les aider à développer leur économie
et à prodiguer les services dont la population
a besoin.
Irak
Je
voudrais aussi aborder le dossier de l'Irak. Contrairement
à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak
est le résultat d'un choix, lequel a provoqué
des différences marquées dans mon pays
et à travers le monde. Tout en étant convaincu
que le peuple irakien a gagné au bout du compte
à être libéré de la tyrannie
de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements
en Irak ont rappelé à l'Amérique
la nécessité de recourir à la diplomatie
et de construire un consensus international pour résoudre
ses problèmes à chaque fois que c'est
possible. (Applaudissements) De fait, nous avons en
mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait
ceci : « J'espère que notre sagesse
grandira avec notre puissance et qu'elle nous enseignera
que moins nous utiliserons cette dernière, plus
elle fera de l'effet. »
Aujourd'hui, l'Amérique possède une double
responsabilité : aider l'Irak à se forger
un avenir meilleur et laisser
l'Irak aux Irakiens.
J'ai
fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements)
que nous ne cherchons nullement à établir
des bases en Irak ni à revendiquer son territoire
ou ses ressources. La souveraineté de l'Irak
appartient à l'Irak. C'est pour cette raison
que j'ai ordonné le retrait de nos brigades de
combat d'ici au mois d'août de l'année
prochaine. C'est pour cette raison que nous allons honorer
l'accord que nous avons conclu avec le gouvernement
irakien, élu démocratiquement, concernant
le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes
d'ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du
territoire irakien d'ici à 2012. (Applaudissements)
Nous
aiderons l'Irak à former ses forces de sécurité
et à développer son économie. Mais
c'est en tant que partenaires, et jamais en tant que
protecteurs, que nous apporterons notre appui à
un Irak sécurisé et uni.
Enfin, tout comme l'Amérique ne tolérera
jamais la violence des extrémistes, elle ne doit
jamais altérer ni oublier ses principes. Les
événements du 11 Septembre ont infligé
un traumatisme considérable à notre pays.
La peur et la colère qu'ils ont provoquées
sont compréhensibles, mais dans certains cas
ces sentiments nous ont conduits à agir de manière
contraire à nos traditions et à nos idéaux.
Nous prenons maintenant des mesures concrètes
pour rectifier cette situation. J'ai interdit sans équivoque
l'usage de la torture par les États-Unis et j'ai
ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo
Bay d'ici au début de l'année prochaine.
(Applaudissements)
L'Amérique va donc se défendre, dans le
respect de la souveraineté des nations et de
la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens
en partenariat avec les communautés musulmanes
qui sont elles aussi menacées. Plus vite les
extrémistes seront isolés et malvenus
dans les communautés musulmanes, plus vite nous
connaîtrons tous une sécurité accrue.
Palestine
La
deuxième grande source de tension que nous devons
aborder concerne la situation entre les Israéliens,
les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides qui unissent l'Amérique à
Israël sont bien connus. Cette relation est immuable.
Elle se fonde sur des liens culturels et historiques
et sur la reconnaissance du fait que l'aspiration à
un territoire juif est ancré dans un passé
tragique indéniable.
À travers le monde, le peuple juif a été
persécuté pendant des siècles et
l'antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme
avec un holocauste sans précédent. Demain,
je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie
d'un réseau de camps où des Juifs étaient
réduits à l'esclavage, torturés,
abattus et envoyés aux chambres à gaz
par le Troisième Reich. Six millions de Juifs
ont été tués - soit un nombre supérieur
à celui de toute la population juive d'Israël
aujourd'hui. Il est injustifié, ignorant et odieux
de nier ce fait. Il est profondément injuste
de menacer Israël de destruction, ou répéter
de vils stéréotypes sur les Juifs et cela
ne sert qu'à évoquer dans l'esprit des
Israéliens cette page la plus douloureuse de
leur passé et à empêcher de prendre
racine la paix à laquelle ont droit les habitants
de cette région.
Ceci dit, il est également indéniable
que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans
et des chrétiens, a souffert en quête d'un
territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît
la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans
des camps de réfugiés en
Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines
de connaître une vie de paix et de sécurité
à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter.
Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes
et petites - qui accompagnent l'occupation. Il
n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple
palestinien est intolérable. L'Amérique
ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime
du peuple palestinien à la dignité, aux
chances de réussir et à un État
à lui. (Applaudissements)
Depuis des dizaines d'années, une impasse persiste
: deux peuples aux aspirations légitimes, chacun
marqué par un passé douloureux qui rend
un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer
un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer
l'attention sur la dislocation
consécutive à la fondation d'Israël,
et les Israéliens peuvent dénoncer l'hostilité
et les attaques dont le pays a de tout temps fait l'objet
à l'intérieur même de ses frontières
et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit
à travers le prisme de l'une ou de l'autre partie,
nos œillères nous cacheront la vérité
: la seule résolution consiste à répondre
aux aspirations des uns et des autres en créant
deux États, où Israéliens et Palestiniens
vivront chacun dans la paix et la sécurité.
C'est dans l'intérêt d'Israël, dans
l'intérêt de la Palestine, dans l'intérêt
de l'Amérique, dans l'intérêt du
monde. C'est pourquoi je compte personnellement poursuivre
un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement
qu'exige cette tâche. (Applaudissements)
Les
obligations qu'ont acceptées les parties en vertu
de la Feuille de route sont claires. Pour que règne
la paix, il est temps que les parties - et que nous
tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.
Les Palestiniens doivent renoncer à la violence.
La résistance sous forme de violence et de massacre
n'aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert
du fouet quand ils étaient esclaves et de l'humiliation
de la ségrégation. Mais ce ne fut pas
la violence qui leur a finalement permis d'obtenir l'égalité
des droits dans son intégrité. Ce fut
la persévérance ferme et pacifique pour
les idéaux au cœur même de la création
de l'Amérique. Cette même histoire peut
être racontée par des peuples de l'Afrique
du sud à l'Asie du sud ; de l'Europe de l'est
à l'Indonésie. C'est une histoire avec
une simple vérité : la violence ne mène
nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants
israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes
dans un autobus, n'est pas un signe de courage ni de
force. Ce n'est pas de cette manière que l'on
revendique l'autorité morale ; c'est ainsi qu'on
l'abdique.
Le moment est maintenant venu pour les
Palestiniens de se concentrer sur ce qu'ils peuvent
bâtir. L'Autorité
palestinienne doit développer
ses capacités de gouverner avec des institutions
qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas
jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit
aussi reconnaitre ses responsabilités.
Il doit jouer un rôle pour réaliser les
aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien.
Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître
les accords passés et reconnaître le droit
à l'existence d'Israël.
En même temps, Israël doit reconnaître
que tout comme le droit à l'existence d'Israël
ne peut être nié, il en est de même
pour la Palestine. Les États-Unis
n'acceptent pas la légitimité de la continuation
des colonies israéliennes. (Applaudissements)
Ces constructions constituent une violation
des accords passés et portent préjudice
aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces
colonies cessent. (Applaudissements)
Israël doit aussi honorer ses obligations
et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler
et développer leur société.
Tout comme elle ravage les familles palestiniennes,
la continuation de la crise humanitaire à Gaza
ne sert pas à promouvoir la sécurité
d'Israël, l'absence persistante de chances de réussite
en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans
la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent
constituer une partie cruciale de la feuille de route
pour la paix.
Enfin, les États arabes doivent reconnaître
que l'initiative arabe de paix a été un
début important, mais non la fin de leurs responsabilités.
Le
conflit israélo-arabe ne devrait plus être
utilisé pour distraire les populations des États
arabes des autres problèmes. Il doit au contraire
servir de raison pour aider les populations palestiniennes
à développer les institutions qui permettront
d'asseoir leur État ; à reconnaître
la légitimité d'Israël ; et à
opter pour le progrès au lieu de se polariser
de manière autodestructive sur le passé.
L'Amérique alignera ses politiques
avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public
ce que nous dirons en privé aux Israéliens,
aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements)
Nous
ne pouvons pas imposer la paix.
Mais
en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent
qu'Israël ne disparaitra pas ; de même, de
nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité
d'un État palestinien. Le moment
est venu de prendre une initiative, sur ce que tous
savent être vrai.
Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été
versé. Nous avons tous la responsabilité
d'œuvrer pour le jour où les mères
d'Israéliens et de Palestiniens pourront voir
leurs enfants grandir sans peur ; où la terre
sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix
que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera
un lieu de résidence sur et permanent pour les
Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu
où tous les enfants d'Abraham pourront se côtoyer
dans la paix comme dans l'histoire d'Israh, (Applaudissements),
- comme dans l'histoire d'Israh, de Moïse, de Jésus
et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans
la prière. (Applaudissements)
Nucléaire,
Iran
La troisième source de tension est nos intérêts
en commun à l'égard des droits et des
responsabilités des États concernant les
armes nucléaires.
Cette question a constitué une source de tension
entre les États-Unis et la République
islamique d'Iran. Pendant
de nombreuses années, l'Iran s'est défini
en partie par son opposition à mon pays et il
existe en effet un passé tumultueux entre nos
deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis
ont joué un rôle dans le
renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement
élu. Depuis la révolution islamique,
l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages
et dans des actes de violence à l'encontre des
troupes et des civils américains. Cette histoire
est bien connue.
Plutôt que de rester emprisonné
par le passé, j'ai dit clairement au peuple
et aux dirigeants iraniens que mon
pays est prêt à aller de l'avant.
La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir
à quoi l'Iran s'oppose, mais plutôt quel
est l'avenir qu'il souhaite bâtir.
Je comprends qu'il sera difficile de surmonter des décennies
de méfiance, mais nous allons procéder
avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura
de nombreux problèmes à examiner entre
nos deux pays et nous sommes disposés à
aller de l'avant sans conditions préalables,
sur la base d'un respect mutuel. Mais il est clair pour
tous ceux préoccupés par les armes nucléaires
que nous sommes arrivés à un tournant
décisif. Ce n'est pas simplement dans l'intérêt
des États-Unis, c'est pour empêcher une
course aux armes nucléaires susceptible d'entraîner
cette région sur une voie extrêmement dangereuse
.
Je comprends ceux qui protestent contre
le fait que certains pays possèdent des armes
que d'autres ne possèdent pas. Aucun État
ne devrait décider et choisir qui sont les pays
à avoir des armes nucléaires. C'est pourquoi
je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique
à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne
possède d'armes nucléaires. (Applaudissements)
Et chaque pays, y compris l'Iran, devrait
avoir le droit d'avoir accès à l'énergie
nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements
dans le cadre du Traité de non-prolifération
nucléaire. Cet engagement est au cœur du
Traité et il doit être pris par tous ceux
qui y souscrivent pleinement. J'espère
que tous les pays de la région
pourront partager cet objectif.
Démocratie
Le
quatrième point je vais aborder est la démocratie.
(Applaudissements)
Je sais - je sais qu'il y a eu une polémique,
au cours des récentes années, au sujet
de la promotion de la démocratie et qu'une grande
partie de cette controverse est liée à
la guerre en Irak. Par conséquent,
permettez-moi de le dire clairement : aucun système
de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé
par un pays à un autre.
Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à
l'égard des gouvernements
qui reflètent la volonté du peuple.
Chaque nation donne naissance à
ce principe de sa propre manière,
en fonction des traditions de son propre peuple. L'Amérique
ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour
tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre
décider des résultats d'une élection
pacifique. Mais j'ai la ferme conviction que
tous les peuples aspirent à certaines choses
: la possibilité de s'exprimer et d'avoir une
voix dans la façon dont ils sont gouvernés
; la confiance en l'État de droit et l'application
équitable de la justice ; un gouvernement qui
est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient
à son peuple ; la liberté de vivre selon
leur choix. Il ne s'agit pas simplement d'idéaux
américains, il s'agit des droits de l'homme et
c'est pourquoi nous les encouragerons dans le monde
entier. (Applaudissements)
C'est vrai, il n'y a pas de route directe pour honorer
cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements
qui défendent ces droits sont à terme
plus stables, meilleurs et plus en sécurité.
La suppression des idées ne réussit jamais
à les éliminer. L'Amérique respecte
la liberté d'expression de tous ceux, dans le
monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de
la loi, même si nous ne sommes pas d'accord avec
eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus
pacifiques - à condition qu'ils gouvernent en
respectant toutes leurs populations.
Ce point est important car il y a ceux qui encouragent
la démocratie uniquement lorsqu'ils ne sont pas
au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules
dans la suppression des droits d'autrui. (Applaudissements)
Quel
que soit là où il prend forme, le gouvernement
du peuple et par le peuple est le seul étalon
par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir :
il
faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple
et non la coercition ; il faut respecter les droits
des minorités et participer, dans un esprit de
tolérance et de compromis ; il faut mettre les
intérêts du peuple et le déroulement
légitime du processus politique avant ceux de
son parti. Sans ces ingrédients,
les élections ne créent pas une vraie
démocratie à elles seules.
Un membre du public : "Barack
Obama, on vous aime !"
Le président Obama : Je vous remercie. (Applaudissements)
Liberté
de religion
Le
cinquième point que nous allons aborder ensemble
est celui de la liberté de religion.
L'Islam a une tradition de tolérance
dont il est fier. Nous le constatons dans l'histoire
de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition.
Je l'ai constaté de première main pendant
mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens
dévots pratiquaient ouvertement leur religion
dans un pays à prépondérance musulmane.
C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui.
Les habitants de tous les pays doivent être libres
de choisir et de vivre leur religion d'après
leur conviction d'esprit, de cœur et d'âme.
Cette tolérance est essentielle pour que la religion
puisse s'épanouir, or elle est assaillie de plusieurs
façons différentes.
Parmi certains musulmans, on constate que certains ont
malheureusement tendance à mesurer leur propre
croyance à l'aune du rejet des croyances d'autrui.
Il faut soutenir la richesse de la diversité
religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban
ou les Coptes en Égypte. (Applaudissements) Et
pour être francs, il faut aussi mettre fin aux
divergences entre les musulmans, car les divisions entre
les sunnites et les chiites ont provoqué des
violences tragiques, tout particulièrement en
Irak.
La liberté de religion joue un
rôle crucial pour permettre aux gens de vivre
en harmonie. Nous devons toujours examiner les
façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis,
par exemple, les musulmans ont plus de mal à
s'acquitter de l'obligation religieuse de la
zakat étant donné les règles
relatives aux dons de bienfaisance. C'est pour cette
raison que je suis résolu à œuvrer
avec les musulmans américains pour leur
permettre de s'acquitter de la zakat.
De même, il importe que les pays
occidentaux évitent d'empêcher les musulmans
de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent,
par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait
porter. En un mot, nous ne pouvons
pas déguiser l'hostilité envers la religion
sous couvert de libéralisme.
De fait, la foi devrait nous unir. C'est pour cette
raison que nous sommes en train de créer de nouveaux
programmes de service communautaire en Amérique
qui réunissent des chrétiens, des musulmans
et des juifs. C'est également pour cette raison
que nous nous réjouissons des initiatives telles
que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d'Arabie
Saoudite et le leadership de la Turquie dans l'Alliance
des civilisations. À travers le monde, nous pouvons
transformer le dialogue en un service interreligieux
de sorte que les ponts entre les êtres humains
mènent à des actions en faveur de notre
humanité commune, que ce soit pour lutter contre
le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours
après une catastrophe naturelle.
Droit
des femmes
La sixième question - la sixième question
dont je veux parler porte sur les droits des femmes.
(Applaudissements)
Je
sais - je sais, et vous pouvez le voir d'après
ce public - que cette question suscite un sain débat.
Je rejette l'opinion de certains selon laquelle
une femme qui choisit de se couvrir
la tête est d'une façon ou d'une
autre moins égale,
mais j'ai la conviction qu'une
femme que l'on prive d'éducation est privée
d'égalité. (Applaudissements)
Et
ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels
les femmes reçoivent une bonne éducation
connaissent bien plus probablement la prospérité.
Je tiens à préciser une
chose : les questions relatives à l'égalité
des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne
uniquement l'Islam. En Turquie, au Pakistan,
au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu
des pays à majorité musulmane
élire une femme à leur tête,
tandis que la lutte pour l'égalité des
femmes continue dans beaucoup d'aspects de la vie américaine,
et dans les pays du monde entier.
Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une
contribution à la société tout
aussi importante que nos fils (Applaudissements) et
que notre prospérité commune sera favorisée
si nous utilisons les talents de toute l'humanité,
hommes et femmes.
Je
ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes
choix que les hommes pour assurer leur égalité,
et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle
traditionnel. Mais cela devrait être leur choix.
C'est
pour cela que les États-Unis œuvreront en
partenariat avec tout pays à majorité
musulmane pour améliorer l'alphabétisation
des filles.
Nous
aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition
de l'école au monde du travail par l'intermédiaire
du microfinancement qui permet aux gens de réaliser
leurs rêves. (Applaudissements)
Finalement, je veux parler de notre intérêt
commun à favoriser le développement et
les opportunités économiques.
Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente
des aspects contradictoires. Internet
et la télévision peuvent transmettre dans
les foyers des connaissances et
des informations, mais également une sexualité
vulgaire et une violence
gratuite. Le commerce peut s'accompagner de nouvelles
richesses et opportunités, mais aussi de grands
bouleversements et de changements au niveau communautaire.
Dans
tous les pays, y compris en Amérique, ce changement
provoque la peur. La peur que la modernité
signifie la perte du contrôle de nos choix économiques,
de nos décisions politiques et, il s'agit d'un
élément encore plus important, de notre
identité, c'est-à-dire des choses
qui nous attachent à notre communauté,
notre famille et notre foi.
Mais je sais aussi qu'on ne peut pas
empêcher le progrès humain. Le développement
et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires.
Des pays comme le Japon et la Corée du
Sud ont connu une prodigieuse croissance économique
tout en conservant leur culture distincte. Il en va
de même pour les progrès remarquables au
sein de pays à majorité musulmane, de
Kuala Lumpur à Dubaï. Par le passé
et de nos jours, les communautés musulmanes ont
été à la pointe de l'innovation
et de l'éducation.
Ceci est important car aucune stratégie de développement
ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre
et elle ne peut être durable si les jeunes n'ont
pas de travail.
De
nombreux pays du Golfe se sont énormément
enrichis grâce au pétrole et certains commencent
à concentrer leurs ressources sur le développement
plus large.
Mais
nous devons tous garder à l'esprit que l'éducation
et l'innovation seront la monnaie d'échange du
21e siècle. (Applaudissements)
Dans
trop de communautés musulmanes, le sous-investissement
en ces domaines persiste. J'attire l'attention sur cette
réalité dans mon propre pays. Et à
la différence du passé pendant lequel
l'Amérique se concentrait sur le pétrole
et le gaz, s'agissant de cette partie du monde, nous
chercherons désormais à agir dans des
domaines plus variés.
Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir
les programmes d'échange et augmenter les bourses,
comme celle qui a permis à mon père de
venir en Amérique, (Applaudissements) tout en
encourageant davantage d'Américains à
étudier dans des communautés musulmanes.
Nous offrirons à des étudiants musulmans
prometteurs des stages aux États-Unis ; nous
investirons dans l'enseignement en ligne destiné
aux enseignants et aux enfants à travers le monde
; et nous créerons un nouveau réseau informatique
qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer
instantanément avec un jeune du Caire.
Dans le domaine du développement économique,
nous créerons un nouveau corps de volontaires
des milieux d'affaires qui formeront des partenariats
avec des homologues de pays à majorité
musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l'entrepreneuriat
cette année pour trouver les moyens d'approfondir
les liens entre les leaders du monde des affaires, les
fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis
et des communautés musulmanes à travers
le monde.
Dans le domaine des sciences et des technologies,
nous établirons un nouveau fonds pour appuyer
le développement technologique dans les pays
à majorité musulmane et pour aider à
concrétiser commercialement des idées
pour qu'elles créent des emplois.
Nous
ouvrirons des centres d'excellence scientifiques en
Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous
nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences
chargés de collaborer à des programmes
qui mettront au point de nouvelles sources d'énergie,
créeront des emplois verts, numériseront
les registres et archives, purifieront l'eau et produiront
de nouvelles cultures.
Dans
le domaine de la santé au niveau mondial, j'annonce
aujourd'hui une nouvelle initiative avec l'Organisation
de la conférence islamique pour éradiquer
la polio et nous intensifierons nos partenariats avec
des communautés musulmanes pour améliorer
la santé maternelle et infantile.
Tout cela doit être accompli en partenariat. Les
Américains sont prêts à se joindre
aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires,
aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les
communautés musulmanes du monde entier afin d'aider
nos populations à améliorer leur vie.
Il ne sera pas facile de régler les questions
dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité
de nous unir pour réaliser le monde auquel nous
aspirons, un monde où les extrémistes
ne menacent plus notre pays et où les soldats
américains sont rentrés chez eux, un monde
où les Palestiniens et les Israéliens
vivent chacun en sécurité dans un État
qui leur est propre et où l'énergie nucléaire
est utilisée à des fins pacifiques, un
monde où les gouvernements servent les intérêts
de leurs citoyens et où les droits de tous les
enfants de Dieu sont respectés.
Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n'y parviendrons
qu'ensemble.
Je sais qu'un grand nombre de gens - musulmans et non
musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment
à prendre ce nouveau départ.
Certains
veulent attiser les flammes de la division et entraver
le progrès.
Certains
suggèrent que ça ne vaut pas la peine
; ils avancent qu'il y aura fatalement des désaccords
et que les civilisations finissent toujours par s'affronter.
Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a
tellement de peur, tellement de méfiance qui
se sont accumulées avec les ans.
Mais
si nous choisissons de nous laisser enchaîner
par le passé, nous n'irons jamais de l'avant.
Je
veux particulièrement le déclarer aux
jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus
que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer
le monde, de refaire le monde.
Nous partageons tous cette planète
pendant un court instant. À nous de décider
si nous passons ce temps à nous concentrer sur
ce qui nous sépare ou si nous nous engageons
à faire ce qu'il faut - de façon soutenue
- pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer
sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants,
et pour respecter la dignité de tous les êtres
humains.
Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se
lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est
plus facile de blâmer autrui que de s'examiner
soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous
distingue, plutôt que ce que nous avons en commun.
Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile.
Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes
les religions : celle de traiter les autres comme nous
aimerions être traités. Cette vérité
transcende les nations et les peuples. C'est une croyance
qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche
ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni
musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé
le berceau de la civilisation et qui bat encore dans
le cœur de milliards d'êtres humains. C'est
la foi dans autrui et c'est ce qui m'a mené ici
aujourd'hui.
Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel
nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage
de prendre un nouveau départ, en gardant à
l'esprit ce qui a été écrit.
Le Saint Coran nous dit
: « Ô hommes ! Nous vous avons créés
d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait
de vous des nations et des tribus, pour que vous vous
entre-connaissiez. »
Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour
objectif de promouvoir la paix. »
La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans
de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »
Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous
savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant
notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie
et que la paix de Dieu soit avec vous. Je vous remercie.
Je vous remercie. (Applaudissements)
FIN 14h05 (heure locale)
Traduction:
gouvernement américain.
Titres
et passages surlignés en rouge ou grossis: sous
la responsabilité du site Le Monde Réel
|
|
|
Obama: le grand
discours du Caire
-
4 juin 2009 -

"C'est
pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle
qu'est le Caire et d'être reçu par deux institutions
remarquables. (suite
sous la photo à gauche)
A quelques heures d'un
voyage du Président des Etats-Unis d'Amérique
au Caire, ville de tous les dangers
Les
corbeaux de la mort croassent autour de la Maison
Blanche

|
| |
En menaçant de poser
le problème du
nucléaire
israélien, Obama
se met en danger de mort - mais
il le sait...
A l'exception de ceux de Tel Aviv, dont la
priorité absolue reste le déclenchement
d'une crise majeure avec l'Iran dans les
plus brefs délais, sous la forme d'une agression
militaire, difficile à improviser à
froid, ou plutôt d'attentats de provocation
terroristes, en série, visant à pousser
Téhéran à la faute, les
services de renseignement du monde entier sont sur
les dents.
Les informations sur une tentative d' d'assassinat
d'Obama, en effet, à l'occasion de
sa prochaine visite au Caire, se
densifient de minute en minute.
Après un stupéfiant appel au
meurtre, publié dans
les colonnes d'un journal américain
dont le directeur se refuse à dire
d'où il lui est parvenu, et d'autres
"signaux faibles", qui se répètent,
même les services français, où
l'influence gaulliste, malgré tout, demeure,
et dont la capacité d'observation active en
Egypte, à Gaza, dans toute la Palestine, et
dans l'ensemble du Moyen-Orient, reste bien réelle,
sont sur le qui vive. Et le monde s'interroge
sur la signification d'un texte ésotérique,
de haute tenue, et d'une grande beauté,
qui vogue d'écran en écran, sous la
signature du philosophe français Manuel de
Dieguez: "Barack
Obama en Egypte: "Je serai assassiné"
Notre précédent
édito
sur le même sujet:
ici
Kennedy était
un petit taureau orgueilleux, à peau laiteuse,
glouton de jouissance autant que de pouvoir, le maître
bien éphémère d'une époque
- début des années 1960...- constituant,
mais il ne pouvait le savoir, le seuil d'apogée
d'un Empire dont les cartes, désormais, portaient
les couleurs du déclin, et de la mort.
Comme les gauchistes
"Mao-libertaires" de "Vive
la Révolution", le groupe de Castro
(Roland) et d'Annette Lévy-Willard, à
Nanterre, quelques années plus tard, en 1968,
il voulait "Tout,
tout de suite"...Et d'abord
démontrer à l'URSS , "deuxième
empire" de l'époque, lui-même
rongé par un cancer mortel, encore tapi, que
JFK croyait (comme tout le monde, ou presque...),
une force montante, menace quasi-irrésistible,
et aux peuples d'un "Tiers Monde", surtout,
qui ne faisait que commencer à pénétrer
dans sa zone d' "émergence" -
comme "pays émergents, puissances
émergentes" - qui possédait
le "big stick" -
l'ambitieux s'efforçait, au même moment,
et dans la même avidité gloutonne, de
faire la même démonstration à
la brune Jacqueline, née Bouvier, et à
la blonde Marilyn, force ondulante jetée dans
ses bras, dans son lit, et sur son "stick"
par la mafia de Lucky Luciano, successeur
d'Al Capone, l'homme de Meyer Lansky - et de "Jack
Ruby"...
Mais, autant John-Fitzgerald est "out",
autant Barack - Barack Hussein - est "in".
Le premier se croyait le "big stick
" de la planète à lui tout
seul; il en est mort.
Le second n'est advenu, et il le sait, que
porté par la vague immense, montant du monde
entier, du cœur du monde, contre l'Amérikke
sanglante de Bush junior, fille sans espérance
de l' "hubris" kennedienne castrée
en Indochine, puis recastrée,
rappel vaccinal, c'était possible, par
la glorieuse insurrection rampante du "pays
des deux fleuves", au confluent du Tigre
et de l'Euphrate, dans cette Mésopotamie,
terre du milieu, où naquit, et renaît,
notre civilisation, l'Occident.
La
vraie force d'Obama,
fils des marcheurs à longues jambes des vastes
plateaux du Kenya, qui firent les meilleurs coureur
de fond du monde, c'est sa prudence,
enracinée, elle aussi, dans la longue
patience du monde. Homme de culture à
la formation solide, et très loin,
donc, de la façon de faire des agités
"bling bling" de la "vieille
Europe", il partage la vision qui est celle,
aujourd'hui, de tous les grands services de renseignement
du monde: dans un univers à jamais pluriel,
châtoyant des mille couleurs de l'arc en ciel,
l'hégémonie, pour être
durable, ne peut être que partagée.
Dans ce monde, le nôtre, sans possibilité
d'y échapper, l'interactivité des intérêts
comme celle des valeurs ferme toutes les portes
au discours de l'arrogance, et presque toutes à
la pratique de la domination brutale. Pour
l'ordre du sang et de la race, celui qui fut celui
des tout premers monothéismes, de la Torah
et du Talmud, et des pires dictatures, avant de devenir
celui du sionisme de Herzl, puis du nazisme
de Hitler, c'est termié. Cet
ordre est mort, mondialement mort, avec la mort de
l'apartheid et la victoire de Mandela, après
avoir été saigné à blanc
dans les forêts de Cu Chi, au lisières
du Vietnam et de l'ancien empire des Khmers,
il meurt une deuxième fois, sous nos yeux,dans
ce Très Grand Moyen-Orient, étendu jusqu'à
Kaboul et Karachi, et la vallée de Swat, qui
remodèle l'Amérique.
La
question n'est pas la belle gueule d'Obama, associée
au charme de son épouse, qui fait pâlir
toutes les Bruni du vieux monde...Nulle fascination
ici, nul effet de mode: car c'est de l'époque
elle-même qu'il s'agit, du Temps de la Longue
Histoire, qui tourne, où s'ouvrent
les chemins nulle part tracés d'un après-impérialisme
qui est aussi un au-delà du capitalisme
- même s'il n'est pas le "socialisme"
des grimoires...A partir de ce point, "voyageur,
il n'y a pas de route...Et ton chemin,c'est toi qui
devras le tracer..." Et pour en
initier la trace, le conducteur de caravane à
mille égards exceptionnel qu'est l'actuel président
des Etats-Unis bénéficie, c'est appréciable,
non seulement de la rumeur du monde, où parle
l'esprit du monde, mais, plus trivialement, des conseils
des gens du renseignement et de l'armée: de
ceux qui ont déjà fait savoir
aux apprentis-tueurs israéliens, et surtout
à leurs maîtres, qu'ils ont
à réfléchir sur ce qui se passerait
"le jour d'après",
si Barack devait croiser, sur sa route, les clones
des sicaires assassins de Kennedy. Tuer un
Président américain, ça va, deux
fois, bonjour les dégâts. Que chacun
réfléchisse au destin d'Ariel Sharon,
dont nous avions été peu nombreux à
penser, et moins encore à annoncer et à
écrire que l'assassinat d'Arafat, après
ceux des femmes, des enfants, et des vieillards, de
Sabra et Chatila, et tant d'autres, il ne l'emporterait
pas au Paradis...(A ceux qui seraient
tentés de croire qu'ici on vaticine, alors
qu'on fait Histoire, on ne saurait trop recommander
d'aller voir où c'était écrit:
dans le dernier paragraphe de l'éditorial publié
sur le "blog" Imbongi, "novembre
noir, couleur d'espoir",
publié en temps et en heure, avant
les faits eux-mêmes...).
Israël,
où des signes
d'agacement, d'inquiétude, et de nervosité
croissante, ont suivi les premiers "signaux
faibles" selon lesquels, en donnant
la priorité
au dossier de la Palestine sur le dossier du nucléaire
iranien, puis en suggérant analogie, sinon
égalité, entre le renoncement de Téhéran
à ses ambitions dans le nucléaire militaire
et les premiers pas d'Israël lui-même vers
une déclunéarisation du Moyen-Orient
tout entier, dont l'entité raciste et coloniale
de Tel Aviv, après tout, n'est qu'une partie,
n'a plus réellement les moyens de "résoudre
le problème" en "rayant
de la carte" un des termes de l'équation:
un Président des Etats-Unis d'Amérique
imprudent, ou indocile. D'une part,
donc, parce que des mesures de rétorsion existent
-et qu'elles ont été, elles aussi, à
qui de droit signifiées. D'autre part,
surtout, parce qu' une politique d'écart
croissant des Etat-Unis avec leur ex "allié
privilégié" correspond
aux intérêts réels, à
long terme, et bien réfléchis, de l'ancienne
"hyperpuissance" toute entière
(pour autant qu'elle veuille demeurer dans le champ
de la puissance, et non glisser dans celui du chaos,
de l'anarchie, et d'une lente décadence s'accélérant
sans fin dans une
spirale d'autodestruction sans fond et sans issue...).
A
un Obama (Barack, Hussein), donc, "effacé"
succéderait alors, dans le contexte d'une
affaire Kennedy II, une de trop, une Obama
(Michelle), plus déterminée
encore et radicalisée, voire un général
Jones, partisan, lui, dès
aujourd'hui, d'un envoi des marines en nombre en Palestine,
pour y mettre à l'abri le jeune Etat des bulldozers
blindés de l'autre...
Le
noyau dur, fasciste, au pouvoir à Tel Aviv,
doit donc commencer à réfléchir
à d'autres "hypothèses
de travail".
(A
suivre)
Mercredi
20 mai 2009. Jean-Paul Cruse |
|
|
Etats-Unis, Israël
Les
paramètres économiques
Pourquoi
Obama
n'a guère d'autre choix que de libérer son pays, et,
de ce fait, le monde, du boulet que représente
Israël
| Malgré
une dégringolade de 6% par an,
déjà considérable, au rythme actuel,
l'économie américaine produit encore 14
500 milliards de dollars par an (14,5 trillions
de dollars, PIB 2008). Pour une dette extérieure
brute de 17 000 milliards de dollars (fin 2008),
et une dette globale des ménages de12
800 milliards de dollars (2008, contre 7650
en 2001: en 1920, les foyers américains disposait
d'une épargne moyenne par famille de 1232 dollars,
pour 4368 dollars de dette, soit un ratio de 1 à
4; en 2008, l'épargne est de 392 dollars pour
117 951. Le ratio est passé de 1 à
4 à...1 à 300!)
Le déficit public atteint 10% du PIB. En 2009,
la part de la dette publique américaine détenue
par des investisseurs étrangers est de 46% (en
2000:31%)
Le déficit de l'année fiscale
2008-2009, bouclée 30 septembre 2009
est prévu à 1750 milliardsde dollars.4
fois celui de l'année précédente,
2007-2008). Il atteint donc 12,3% du PIB,
un niveau jamais atteint depuis... 1942 (la guerre...)
Le budget 2010: 3552 milliards de dollars
Là-dessus, le budget militaire atteint 711
milliards de dollars. (2008) 48% des dépenses
militaires mondiales. Six fois plus que la Chine, 10
fois plus que la Russie, 14 fois plus que la France
ou le Royaume Uni. Le 26 février 2009, Obama
a demandé au Congrès de voter une
"rallonge" de 200 milliards de dollars
pour financer les guerres Afghanistan/Iraq jusqu'à
mi-2010.
Dans ce contexte, le soutien économique à
Israël (2 milliards de dollars par an depuis
près d'un demi siècle, dont les deux tiers
sous forme d’assistance militaire) qui
fait depuis longtemps l'objet de controverses très
vives, est vécu, même au Congrès
américain, sous la pression, tout de
même, des "cochons de contribuables",
qui sont aussi...des électeurs, comme
un scandale. Les oppositions sont devenues
tellement forte que toute aide économique
officielle sera supprimée à partir de
cette année (2009).
De 1948 à 1997, les contribuables américains
ont versé à Israël un total de 85
milliards de dollars environ (75 milliards
d’euros , la moitié du budget annuel
de la France). Calculé par habitant,
chaque Israélien a touché 15 000
$ de la poche des Américains, le coût total
par habitant étant de 23 000$ .
Contrairement aux autres bénéficiaires
du soutien financier américain, Israël recevait
jusqu'ici son aide en un seul versement, le
premier mois de l’année fiscale en cours,
avec possibilité...de l’investir aux
Etats-Unis et de percevoir des intérêts.
C'est en 1982 qu'Israël a obtenu
que les fonds soient transférés en
un seul versement, au début de l’année
fiscale, plutôt qu’en quatre échéances
trimestrielles, comme cela se passait avec les autres
pays. Les Etats-Unis ont dû emprunter
pour faire le compte, et payer des intérêts
- 50 et 60 millions de dolllars. Sans que cela
empêche Washington de reverser à Israël
les intérêts perçus sur
les sommes qu’Israël plaçait en bons
du Trésor américains à partir de
la même aide : plus de 86 millions de dollars
en 1991 !
La première "subvention"
militaire a eu lieu en 1974, lorsque les Etats-Unis
renoncèrent à toucher les remboursements
d’une partie d’un prêt militaire,
pratique qui allait ensuite devenir monnaie courante.
Depuis cette date, les aides militaires à
Israël ont été accordées le
plus souvent sous forme de prêts pour lesquels
Israël est exonéré des remboursements.
De 1974 à 2002, Israël a reçu plus
de 42 milliards de prêts non remboursés.
Les 85 milliards de dollars versés,
au total, par les Etats-Unis à Israël depuis
la création de l' "Etat juif "
en Palestine , et les quelque 14 milliards de
dollars par an toujours actuellement payés,
mais jusqu'à quand?, au titre del'aide militaire,
représentent une somme supérieure
de 3 milliards de dollars aux pertes subies par l'ensemble
des familles américaines depuis l'explosion de
la crise (11 000 milliards de dollars sur 51
480 de capital accumulé, une fuite de 20%, équivalant
aux PIB réunis de l'Allemagne, du Japon, et du
Royaume Uni, selon la Federal Reserve Bank).
Les Etats-Unis restent, certes, un pays riche,
très riche, où la capitalisation boursière
s'élève à 11 000 milliards de dollars.
(Europe: 5000 milliardsde dollars. Chine: 2000), sans
compter les 26 000 milliards de dollars du marché
obligataire: (Europe des 15: 21 000, Japon:
9000.Chine: 2200).
Mais cette richesse fond, maintenant, vite,
très vite.
Et 14 milliards de dollars par an d'aide militaire
à Israël, c'est une somme très largement
supérieure aux 9 milliards de dollars par an
pendant 20 ans (total 180 milliards de dollars)
nécessaires à la réfection
de 150 000 des 600 000 ponts de l'ensemble du territoire
américains laissés à l'abandon
sous les administrations Reagan, Clinton, Bush
senior et Bush junor, et jugés défectueux
ou carrément dangereux (25% de ces ouvrages d'art).
Coût estimé de la remise à niveau
de l'ensemble des infrastructures sous-entretenues sur
le territoire des Etats-Unis d'Amérique (ponts,
routes, autoroutes, aéroports, chemins de fer,
etc): 1600 milliards de dollars (étude
de l'association des ingénieurs américains)
Le financement du système de santé
américain, un des plus chers du monde, malgré
des inégalités sociales criantes, s'élève
à 2150 milliards de dollars
(2007),14% du PIB -avec 50 millions d'Américains
dépourvus de toute couverture maladie...
Pertes des fonds de pension (garantissant les retraites):juin2007
sept 2008,2000 milliards de dollars (20%
de leur valeur).
Inégalités de revenus:
les 1% les plus riches, 1,5 millions de ménages,
gagnent 382 600 dollars par an en 2006, 23%
de la richesse nationale, en augmentation de
105%, soit 5,7%/an,
sur la période 1993-2006 (+1,1% pour l'ensemble
des autres revenus)
Coût salarial horaire moyen dans l'industrie
américaine: 24 dollars (2006), le plus cher detous
les pays de l'OCDE, à l'exception du Canada.
24 fois celui de la Chine. 8 fois celui du Mexique.
6 fois celui du Brésil ou de l'Europe de l'est.
La Chine détient 1700 milliards d'actifs en
dollars, dont 700 milliards de bons du trésor,
elle estle plus gros créditeur des Etats-Fin
2007, le PIB chinois représente 7% du PIB mondial
en dollars courant, 11 en ppa. US: 23 et25%.
Hors chiffres sur le soutien à Israel, la plupart
des données proviennent du livre de PatrickArtus
et Marie-Paule Virard, "Est-il trop
tard pour sauver l'Amérique?"
La Découverte 2009..
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MADAME
OBAMAO, REINE DES ETATS-UNIS
C'est la photo de Noël que vous aurez sans doute du
mal à voir: l'effigie de Mao, à l'honneur, sur
une des trois grosses boules brillantes du sapin du même
nom, décoré de la brune menotte de Michelle
Obama, femme de l'autre, dans le grand salon de la Maison
Blanche. Elle n'y voisine qu'avec deux autres icônes:
des drapeaux arc-en-ciel, symboles du monde homosexuel, accompagnant
Hedda Lettuce, un travesti là-bas très populaire;
et le Mont Rushmore avec la tête de Barack Hussein jouxtant
celle de ses quatre lointains prédécesseurs
George Washington (1732-1799), Abraham Lincoln (1809-1865),
Thomas Jefferson (1743-1826) et Franklin Delano Roosevelt
(1882-1945).
En Chine aussi, la chasse à l'image qui tue
est ouverte, et bat son plein: c'est
"pour ne pas indisposer" le Président
américain (meilleur ami de la Chine depuis
"l'oncle Ho", le général
de Gaulle et le mafio-capitaliste Richard Nixon, qui, développant,
par la grâce de Zhou et de notre
bon ami Kissinger, la "diplomatie du ping pong",
mit fin à la guerre du Vietnam, et au "rêve
américain" de Kennedy fantasmant sur le "big
stick" que seul alors, selon lui, son pays, devait
arborer au niveau de la braguette...pentagonique) que
les excellents garçons de la Sécurité
d'Etat ont musculeusement ramené à la raison
une journaliste de CNN posant, en pleine rue, indécemment
moulée dans un de ces T-shirt ô combien provocants
siglés "Obamao".
On vend aussi le sac, version poing levé, casquette...
présidentielle, et Kalachnikov (chinoise). La Chine
aime toujours
son "Obamao", que nous,
sceptiques irréductibles d'un Occident recru, commençons
à bouder avant de l'avoir usé, alors
que, comme la pile Wonder, il ne s'use que si l'on s'en sert...Car
la question n'est pas de savoir ce que "vaut"
- logique des "valeurs",
logique incurablement marchande, curaillonne, et cartésienne,
ce Barack Hussein Obama dont nous avons, ici, exagérément
et répétitivement vanté les "longues
jambes de marcheur des plateaux du Kenya" - lassant
un "cœur de lectorat" en train de
se densifier, et croyant bien à tort au pouvoir absolu
de la métaphore.
Ce que nous entretenions l'espoir de signifier, avec
ces longues histoires de longues jambes, faisant
"Longue Marche",
pas après pas enracinées dans le sol de la longue
patience africaine, c'est que l'élection,
nullement divine, du vainqueur de George W.Bush - le Chien,
qu'il soit maudit, et que les enfants de ses enfants périssent,
fondus dans le nickel liquide de la Géhenne -
n'était pas seulement le signe d'un prodigieux bouleversement
du monde, sous la pression d'une "intifada
mondiale des esprits", transférant
l'énergie de la jeunesse de Palestine ou du "Pays
des Deux Fleuves", à son tour, martyrisé,
jusque dans la grogne électorale des buveurs de bière
du Kansas ou du Texas, "pendant" symboliquement
le dernier des cow-boys dans un vote démocratique à
l'odeur de loi de Lynch.
Elle n'en était pas seulement le signe, elle
en serait l'annonce, et l'ouverture, pour peu que l'heureux
élu prenne le temps de survivre, et, ne se
croyant, certes pas, démiurge Tout Puissant, inaugure
et incarne un type de pouvoir nouveau, absolument
moderne, et fondé donc sur le principe du Tao:
"agir par le non agir", ne rien forcer, ne
rien brusquer, laisser les énergies réelles
cristalliser, et déplacer les lignes, en se contentant
d'arbitrer, dans le bon sens, par petites touches, "petite
pierre au bord du chemin" donnant à voir,
à ceux qui s'en soucient, la route - selon l'heureuse
et modeste expression de Ho Chi Minh...
Son équation de départ, lon
d'être simple, se compliquait d'emblée d'une
nouvelle inconnue, avec le déclenchement calculé
de la "crise": pas seulement "systémique",
mais géopolitique, ouverte sciemment,
avant même le vote, et l'investiture, par les "néo-conseveraeurs"
(néo-cons) de la sphère économico-financière,
aussi vicieux que les militaires, dégoupillant sous
les pas du "marcheur" la grenade de Lehman
Brothers avant qu'il ait levé, pour son premier pas
de Président, sa première jambe..
Lesté, donc, du béton de l'effondrement
économique et du chômage, plus lourd encore et
plus pesant que les Tours - abolies...- du "World
Trade Center", il lui fallalit, pour tenir en laisse
les dangereux grognons du Pentagone et de la Navy, annoncer
un renforcement de "la lutte contre El Qaeda"
au cœur des montagnes afghanes, meilleur moyen
de faire passer la pilule du lent dégagement de l'Iraq,
promesse en cours de respect...
Et la Palestine, il n'a rien fait!
Ah!bon, c'était à lui de faire?
Pour qui croit au "sauveur suprême",
au Dieu-Démiurge, à Dieu-le-Père...La
victoire de la Palestine, car elle viendra, "Palestine
Vaincra!", viendra de la Palestine elle-même,
de la libération du peuple palestinien, "comptant
sur ses propres forces", par lui-même: ou
bien ce ne sera pas "Palestine vaincra!",
mais une "décolonisation"
par le haut, octroyée, genre Empire Britannique
en Inde ou Françafrique à la Foccart- si ça
n'est pas "libération" par les
"libérateurs" intéressés
venus de Damas ou de Téhéran, et poursuivant
les intérêts, sans doute légitimes,
qui sont les leurs, mais pas ceux du peuple palestinien, qui
n'a pas renvoyé dans les cordes ses "tuteurs"
jordaniens, égyptiens, ou syriens, pour troquer
la botte israélienne contre une autre
"tutelle", fût-elle, car, Diable!,
ce n'est pas le problème, musulmane (version
chiite)...
Il est vain, il est absurde, il est contradictoire,
d'implorer la libération de la Palestine par des
"libérateurs" "droits de l'hommistes"
venus d'ailleurs, du Nil, de Perse, d'Europe, ou même
de l'une ou l'autres des Amériques.
Demandons aux puissances du moment, aux Etats-Unis d'"Obamao",
à la Chine, de se contenter de ne pas ou plus
entraver la marche du peuple palestinien vers sa libération,
surtout s'il se décide enfin à choisir, comme
vient de le formuler encore, de sa cellule, "Moïse"
Barghouti, "résistance et négociations",
enfin combinées (en vietnamien "tata
tantan"...)
Qu'"Obamao",
pour n'entraver personne, sauf la rage toujours plus
fasciste d'Israël, se contente de ne pas empêcher
les coups fourrés contre Tel Aviv venus d'abord de
son camp, de son aile gauche, impatiente, de la CIA et de
la partie saine des services de renseignement civils et militaires,
qui commencent à laisser filtrer quelques gouttes de
révélations sur la mort de Kennedy,
trop rapide à brailler, à peine élu,
contre la nouvelle arrogance israélienne en matière
nucléaire,
et que la malédiction de son "bootlegger"
de père empêchait de contrôler comme il
le fallalit la mafia américaine, en la personne de
son puissant conseiller financier Meyer Lansky, maître
à penser de Jack Rubinstein, dit "Jack
Ruby", l'homme qui cloua le bec, de deux
balles dans le ventre, "celui qui en savait
trop", et qui avait échappé,
par chance, au flingue du sergent Tippitt, le naïf Lee
Harvey Oswald, assassin présumé ferré
comme une carpe...
Que le Président américain laisse,
donc, comme il le fait, tout de doigté et
de prudence, les "Veuves
du Pentagone" et leurs sœurs haut-gradées
de la NSA, dépeloter, fil à fil, l'embrouillamini
mortifère des morts du 11 septembre...Il suffit
de voir, ici, en France, qui crie au loup dès qu'une
bribe de vérité filtre, pour comprendre la valeur
de cette méthode...
Et qu'il laisse enfin, comme il l'a fait,
Zbigniew Brzezinski, l'homme
à l'intelligence glaciale coupante comme une banquise,
avertir publiquement l'aviation de Tel Aviv, que si
les bombardiers de l'Etat fasciste décollent, soutes
pleines, vers Téhéran, la chasse américaine
aura mission de les abattre comme de vulgaires Boeing "détournés
au cutter" cinglant vers le Pentagone,
ou vers cette Maison Blanche aux coquets parapets
désormais réceptacle d'un sapin de Noël
portant l'insolente marque de la femme noire, intelligente
et vive, qui se lancerait en campagne pour succéder
à son époux si le malheur devait l'abattre,
lui aussi, comme Lincoln ou Kennedy. Et qu'on dit plutôt
"plus à gauche" que lui.
En tout cas, plus radicale. Et c'est ce qui, lui,
le protège.
26 décembre 2009. Kaouthar (revu
par J-P C.) |
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