- Sommaire -

- Enfin: les progressiste européens ouvrent les yeux sur la Chine: ici

- Suresnes (92): des militants de base du du PCF répondent à l'ex-maire communiste de Nanterre Jacqueline Fraysse, embarquée sur le "radeau de la Méduse"de Braouzec, Zarka, etc.ici

- Pierre Zarka: ici (voir également ici et ici)

-Pages rouges 2006-2008, ici

- 2008-2010: ici

- 2010: ici

Page rouge 2010 (actualité du mouvement ouvrier en France et dans le monde,

mouvement communiste international, etc.

 

Pologne: contre la délirante loi d'interdiction des "symboles communistes" et autres T-shirt "Che Guevara", les fils du prolétariat polonais en France manifestent à Lille: ici

 

Les feux de la lutte de classes flambent devant Fralib, une filiale de la richissime multibnationale UNILEVER installée à Géménos, près de Marseille.

Exaspérés par leus "salaires de misère" autant que par les pratiues financières d'UNILEVER, que des syndicalistes CGT cultivés ont finement décortiqués, les ouvriers du Thé Lipton, remarquablement solidaires des producteurs de thé de la lointaine Asie dont ils dénoncent aussi, chiffres précis à l'appui, la surexploitation, sont en grève totale depuis un mois et demi. (suite ici)

Sans négliger les moyens de lutte traditionnels, qui ont fait leurs preuves, des piquets de grèves aux défilés en ville et aux collectes, en passant par les vastes pique-nique en famille à l'intérieur de l'usine, les FRALIB innovent, et donnent une "force de frappe" supérieure à leur mouvement, en organisant à répétion de véritable "raids de commando" dans les supermarchés, à la façon des "actions de partisans" des années 1970 dont la région fut un des premiers bastions, sous l'impulsion de "Marcel Le Corse", un des meilleurs dirigeants des "maos"de la Gauche prolétarienenne, dont le souvenir reste gravé à l'usine CODER.

Ces véritables "razzia" n'ont pas, à ce stade, pour but de nourir les grévistes et leurs familles en imposant aux richissimes propriétaires des grandes surfaces un "impôt de solidarité" spontanée. Cela peut venie, et, à l'Intérieur comme à l'Elysée, déjà, on le redoute. Mais il s'agit ci, plus modestement, mais non moins utilement, de "frapper UNILEVER au portefeuille" en s'inspirant des récentes acions de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sancions), visant les produits israéliens pour soutenir la Palestine.

Comme au supermarché Carrefour de Port de Bouc (suite sous la photo de droite, en haut),

(A quelques semaines de la Fête de L'Huma, le texte ci-dessous, mis en circulation par les Cercles Communistes du Nord-Pas de Calais, fait un tabac dans l'opinion progressiste)


"Nous publions ce texte important du philosophe communiste italien Domenico Losurdo (dont nous avons déjà publié certains articles et dont nous diffusons les essais, en particulier «Fuir l'histoire? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd'hui» aux Editions Delmas) à la suite de nos camarades sénégalais de Fernent/ MTP-S (Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal) qui l'introduisent ainsi:

«Recevez ce texte réflexion témoignage du voyage de Losurdo Dominico et une délégation de partis et mouvements communistes d'Europe en Chine. Ce texte mérite d'être étudié et analysé en profondeur par tous les communistes et progressistes. Nous le diffusons volontiers d'autant plus que l'orientation que reflète ce texte se retrouve dans les analyses que nous avons élaboré et développé dans nos différents documents et publications ces dernières années, dans nos réflexions sur l'évolution du rapport des forces géostratégiques et le passage progressif en cours du monde unipolaire tyrannique engendré par la défaite du socialisme et dominé par le couple impérialiste USA/UE au monde "multipolaire" avec les "pays émergents". Nous continuons à approfondir en étudiant les documents accessibles du PCChine, du PCVietnam, du PCCuba, du KKE de Grèce, du PCBUS de l'ex-URSS, du PCSAfrique du sud, des PC du Bénin, du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire, etc et bien sûr les contributions des expériences anti-libérales et anti-impérialistes d'Amérique du sud, et aussi le regard rétrospectif sur les expériences théoriques et pratiques du RDA, de l'UPC, du PAI, du MPLA, et de l'Érythrée, etc. Nous invitons l'ensemble des partis, mouvements et militants Africains à ce travail collectif partie prenante du combat pour la ré-émergence d'une gauche révolutionnaire anti-impérialiste en Afrique. »

TEXTE

Du 3 au 16 juillet j’ai eu le privilège de visiter quelques villes et réalités de la Chine, dans le cadre d’une délégation invitée par le Parti communiste chinois, délégation dont faisaient partie aussi des représentants de partis communistes du Portugal, de Grèce et de France et de la Linke allemande ; pour l’Italie, outre le soussigné, ont participé au voyage Vladimiro Giacchè et Francesco Maringiò.

Le présent texte n’est pas un journal ni une chronique ; il s’agit de réflexions qui sont le fruit d’une expérience extraordinaire.

1. La première chose qui frappe au cours de la rencontre avec les représentants du Parti communiste chinois et avec les dirigeants des usines, écoles et quartiers visités, est l’accent autocritique, disons même la passion autocritique dont font preuve nos interlocuteurs. Sur ce point, la rupture est nette avec la tradition du socialisme réel. Les communistes chinois n’ont de cesse de souligner que le chemin à parcourir est long, et nombreux et gigantesques sont les problèmes à résoudre et les défis à affronter, et qu’en tous cas leur pays fait encore partie du Tiers Monde.

En vérité, au cours de notre voyage, le Tiers Monde nous ne l’avons pas rencontré. Certes pas à Pékin, qui fascine avec son aéroport ultramoderne et reluisant, et moins encore à Qingdao, où se sont déroulées les joutes des Olympiades 2008 et qui fait penser à une ville occidentale d’une beauté et élégance particulières et d’un niveau de vie élevé.

Le Tiers Monde nous ne l’avons pas rencontré non plus en nous éloignant de 1.500 kilomètres des régions orientales et côtières, celles qui sont le plus développées, et en atterrissant à Chongqing, l’énorme mégalopole qui compte un total de 32 millions d’habitants et, jusqu’à il y a quelques années, semblait avoir du mal à suivre le miracle économique.

Il ne fait aucun doute que le Tiers Monde existe encore dans l’immense pays asiatique, mais la rencontre manquée avec lui est le résultat non pas de la volonté de cacher les points faibles de la Chine d’aujourd’hui, mais du fait que l’impétueuse croissance économique en cours désormais depuis plus de trois décennies est en train de réduire, diminuer et fractionner à un rythme accéléré l’aire du sous-développement, qui s’estompe ainsi en un lointain de plus en plus distant.

En Occident ne manqueront pas, à ce propos, ceux qui vont faire la grimace : développement, croissance, industrialisation, urbanisation, miracle économique d’ampleur et de durée sans précédents dans l’histoire, quelle vulgarité ! Ce snobisme de beau monde semble considérer comme insignifiant le fait que des centaines de millions de personnes aient échappé à un destin qui les condamnait à la dénutrition, à la faim voire à la mort par inanition. Et ceux qui trouvent que le développement des forces productives n’est qu’une question de bien-être économique et de consumérisme feraient bien de relire (ou de lire) les pages du Manifeste du parti communiste qui mettent en évidence l’idiotisme d’une vie rurale circonscrite par la misère y compris culturelle de frontières étroites et infranchissables.

En visitant aujourd’hui les merveilles de la Cité impériale à Pékin et, à quelques kilomètres de distance, la Grande muraille, on tombe sur un phénomène absent non seulement dans le lointain 1973, mais même en l’an 2000, c’est-à-dire dans mes deux précédents voyages en Chine. De nos jours la présence massive de visiteurs chinois saute aux yeux : ce sont des touristes aux caractéristiques particulières : ils arrivent souvent d’un coin reculé de l’immense pays ; peut-être est-ce la première fois qu’ils en visitent la capitale ; sur le plan culturel ils commencent à s’approprier d’une certaine manière la nation de très antique civilisation dont ils font partie ; ils cessent d’être de simples paysans liés comme à une prison au lopin de terre qu’ils cultivent, et deviennent réellement les citoyens d’un pays de plus en plus ouvert au monde. Bien au-delà des heures d’ouverture pour la visite des monuments et musées, la place Tienanmen continue à grouiller de gens : ils sont nombreux à attendre et à observer avec orgueil l’envoi des couleurs de la République Populaire Chinoise.

Non, il ne s’agit pas de chauvinisme : les Chinois aiment se faire photographier avec des visiteurs étrangers (moi aussi j’ai reçu et répondu avec plaisir à ce genre de requête) ; c’est comme s’ils invitaient le reste du monde à fêter avec eux le retour d’une très antique civilisation longtemps opprimée et humiliée par l’impérialisme.

Il n’y a aucun doute : le prodigieux développement des forces productives ne s’est pas limité à arracher à la misère et aux privations des centaines de millions de femmes et d’hommes ; il leur a assuré une dignité individuelle et nationale, il leur a permis d’élargir considérablement leur horizon en s’ouvrant sur l’immense pays dont ils font partie et, au-delà, sur le monde entier.

2. Mais le développement des forces productives n’est-il pas synonyme de dégradation et destruction de la nature ? Nous voici en présence d’une préoccupation, et même d’une certitude claironnée de façon particulièrement stridente par la gauche occidentale. On voit ici affleurer une étrange vision de la nature, qui s’avère malade si les plantes s’étiolent et se dessèchent mais qui, à ce qu’il semble, est à considérer comme parfaitement saine si ceux qui dépérissent et meurent en masse sont les femmes et les hommes. Un certain écologisme finit pas creuser encore plus profondément l’abîme, qu’il prétend pourtant vouloir critiquer, entre monde humain et monde naturel.

Mais concentrons-nous quand même sur la nature au sens strict. Il y a quelques temps un historien assez connu (Niall Ferguson) a écrit un article, publié aussi sur le Corriere della Sera, qui dès son titre dénonçait « la guerre de la Chine à la nature ». En réalité, (suite en page CHINE, accessible par clic ici)

les produits UNILEVER, dont les multiples marques ont été soigneusement recensées par les grévistes, sont soigneusement extraits des rayons et mis dans des chariots sous l'œil jusqu'ici compréhensif des vigiles, des vendeuses et vendeurs, et même des directeurs de magazins, puis entassés dans la réserve. Il faut des heures de travail - et l'embauche, ce qui n'est pas mauvais pour les chômeurs, d'intérimaires en nombre, pour que tout soit ensuite remis en place, puis vendu.

De quoi apporter de l'eau au moulin de l'ancien directeur de L'Humanité Pierre Zarka, qui dans une tribune offerte ce 20 avril par son ancien journal, ouvrant ses colonnes avec élégance au promoteur d'une bien incertaine dissidence,en rupture avec le PCF, insiste sur "ce qui doit absolument changer pour redéfinir la politique": "changer la société passe par des actes qui font rupture avec la normalité. (...) les élections ne retrouveront du sens que lorsque leur finalité deviendra le mouvement populaire lui-même: va-t-il en sortir plus instruit, plus puissant, , et se doter concrètement de nouveaux pouvoirs".

Mais l'excellent "Pierrot", à qui l'on peut reprocher tout de même, et en toute amitié, d'avoir embarqué des gens de grande valeur, comme l'ancienne maire (et toujours députée PCF) de Nanterre Jacqueline Fraisse, dans une opération aux contours imprécis tirée par des chevaux de retour aussi électoralistes qu'opportunistes comme Braouzec, s'il sait de quoi il parle quand il évoque "des actes qui font rupture avec la normalité" ne devrait pas oublier les raisons qui ont fait qu'en mai 1993, alors plébiscité par les militants, et notamment les ex-JC, pour succéder à Georges Marchais, il avait été "canardé à mort", pris pour cible, avec quelques autres, et non des moindres, d'un phénoménal "lynchage médiatique", impulsé notamment par Edwy Plenel, Claude Angeli et Serge July - sans oublier les ineffables Marcelle et Bonnet (supplétifs grassement récompensés depuis) pour avoir montré qu'aucune issue politique transformatrice ne pourrait faire l'impasse sur la nécessité absolue de rassembler bien au-delà du clivage droite-gauche, étroitement électoraliste, en unissant "le bleu-blanc rouge avec le black-blanc-beur", de façon à désserrer le double garrot de la "globalisation" financière et de l'Union Européenne, tout en travaillant à la recomposition de la classe ouvrière autour du prolétariat précarisé, éclaté, et métisssé, des "banlieues vivantes, avenir de la France", comme le fait l'admirable mouvement "pour les papiers et pour la dignité" dont il ne souffle mot.

20 avril 2010. JPC

La décision de la populaire Jacqueline Fraysse (ci-dessous avec Sadok Ben Mabrouk), ancienne députée-maire communiste de Nanterre (92), et toujours députée, de rejoindre la "dream team" d'anciens notables du Parti communiste, conduite par Patrick Braouzec et Pierre Zarka, annonçant, non seulement (suite à dr.)

la répétition de désaccords anciens portant, apparemment, plus sur les méthodes que sur sur le fond , mais surtout leur départ du PCF pour aller renforcer l'incertaine mouvance gravitant autour de la jeune et brillante (mais (suite à dr.)

faucille et le marteau, et tous les "symboles du communisme" (qui fit l'honneur de sa Résistance au totalitarisme nazi, au côté des glorieux insurgés juifs du ghetto de Varsovie, dont l'antisioniste irréductible Marek Edelman).

Elle va jusqu'à menacer de peines infâmantes les jeunes anti-impérialistes qui refusent de confondre dans un même rejet l'affichage, sur leurs T-shirt, du portrait de "Che" Guevara avec la swastika.

Aux réactions qui montent aujourd'hui, tout naturellement, du cœur irréductible de la Pologne historique, s'ajoutent désormais, et c'est un sujet de fierté pour nous tous, les manifestations, qui ont commencé à Lille (photos ci-dessus) sous l'impulsion des fils ou des petits-fils des glorieux militants communistes d'origine polonaise des mines de charbon du nord, à l'initiative de l' "Association des amis d'Edouard Gierek", animée, notamment, par notre ami le journaliste Jacques Kiemczak - homme de conviction qui accueillait, récemment, dans une mairie amie (Houdain) du secteur de Bruay, pour un débat sur l'expérience prolétarienne des "maos" du nord "et ce qui s'ensuivit"un dirigeant historique des ouvriers maos du "Cinquième étage peinture" de "l'Île du Diable" de Renault-Billancourt, au cœur toujours rouge, Houcine, accompagné par le coordinateur -technique provisoire de ce site,taillé dans la même étoffe...

"Libérée" du "socialisme" d'après-guerre, ou de ce qui en tenait lieu, sous la quadruple pression du mouvemant ouvrier des Chantiers Navals de Gdansk (Solidarnoscz, Walesa), d'un Pape polonais (Jean-Paul II), de la CIA, et de l'impéritie du "grand-frère soviétique", transmuté en un nouvel emprire colonial "social-impérialiste", la Pologne contemporaine s'enfonce dans un marsme économique, politique, idéologique et culturel.

Elle est bien loin, la Pologne progressiste, longtemps amie de la France dans un complexe jeu d'alliances tenant à distance l'absorption germanique, toujours menaçante, comme le cruel totalitarisme moscoutaire, symbolisé par le massacre des officiers de Katyn, que le Tribunal de Nuremberg, dont les "fatwas", rappelons-le, sont interdites de toute contestation et même de toute réserve sous peine de mise au pilori "droit de l'hommiste" et de prison ("contestation de crimes contre l'humanité...) attribua scandaleusement aux troupes d'occupation allemandes alors qu'il fut commis sur l'ordre de Staline, dont les représentants siégeaient, comme"juges militaires", à Nuremberg, et dont ce fut un des principaux crimes - à mettre, certes, en balance, avec ses mérites historiques, à proportion largement supérieurs.

La Pologne cléricalo-capitaliste d'aujourd'hui, symbole, s'il en fût, de cette "Nouvelle Europe" pillée sans vergogne par l'Allemagne d'Angela Merkel, dont la décrépitude économique entraîne ce trognon de continent dans un effondrement sans fin alors que le reste de planète, sous l'impulsion de la Grande Chine Rouge et du Parti Communiste Chinois, redémarre et décolle, se déconsidère par l'adoption de lois liberticides, prostituant et travestissant la vérité historique, interdisant le drapeau rouge, la

(suite à gauche ici)

quelquefois confuse) Clémentine Autain, nièce de l'ancien maire PS de Bouguenais (44) François Autaun, un médecin énergique aux convictions solides, devenu ministre en 1981, puis fondateur du MRC avec son ami Jean-Pierre Chevènement, et aujourd'hui sénateur) semble faire des vagues chez les militants communistes de la base ouvrière et populaire des Hauts de Seine, et notamment chez les communistes de Suresnes, qui avaient, sous la houlette et avec l'appui enthousiaste de la grande cardiologue de Nanterre, leur camarade et "commissaire politique" écoutée, inauguré avc succès, aux dernières municipales, une expérience locale d'avant-garde anticipant le "Front de gauche".

Dans un texte en réponse à Jacqueline, qu'ils ont bin voulu nous faire parvenir, Gisèle Cailloux, actuellement tête de file de la minorité (suit col de dr. )

"Ensemble àgauche" (PCF plus socialistes progressistes aujourd'hui ralliés, en général, au PG, sous l'impulsion de la jeune Corinne Mahé, photo ci-dessous), opposition démocratique à la mairie (à majorité UMP) de Suresnes, et son mari et compagnon de lutte Jean-Louis Cailloux (ci-dessus, avec le grand chapeau noir dont il se sépare rarement), tous deux piliers historiques du communisme prolétarien dans ce secteur des Hauts de Seine longtemps marqué par l'influence de l'Aéronautique et d'une CGT de combat qui fut la leur, en 1968, déjà, mettent les (suite sous la photo, ici
   
 

Brefs commnetaires en marge, par la rédaction du Monde Réel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le "ton de procureur", en effet, n'est pas propre aux dirigeants du Parti.

Il prolifère tout aussi bien, hélas, chez les "opposants démocrates plus rénovatur qu moi, tu meurs" comme chez les ultra-gauchistes, anarchistes, "marxistes-leninistes" fossilisés, prétendus maoistes, badiouistes et balalala, etc.

A l'origine parfaitement adapté à un parti de guerre civile applicant une conception militarisée du centralisme démocratique, dans les traditions spécifiques à la Russie de l'époque, qui plus est, il est resté une gêne, mais une gêne secondaire, dans les partis européens de lutte de classe de l'époque de la "guerre froide", qui, comme son nom l'indique, était une forme de guerre - jusqu'au milieu des années 1950.

Ces méthodes, ce ton, et cette conception, rustique, rigide, typiquement slaves, mais aussi, hélas, typiquement occidentales, sont devenus purement et simplement grotesques quand elles n'ont servi, après la mort de Thorez, puis celle de Waldeck-Rochet, qu'à masquer et protéger une régression opportuniste de droite, électoraliste, parlementariste et pacifiste, jusquà la " grand surprise" de mai 1968, et au-delà.

Elles se sont ravivées, avivant les difficultés, à l'époque Marchais, caractérisée par des tentatives sympathiqus, mais bourrés de contradictions cahotiques, de prendre distance avec la social-démocratie européenne comme avec le "parrain" ex-soviétique.

Summum des contradictions: la liquidation de la ligne continuatrice et elle aussi néo-patriotique et "nationaliste de gauche", anti-Maastricht, anti-Intégration fédérale européenne, et anti-mondialisation, esquissée puis bien vite abandonnée par Pierre Zarka.

Le centralisme démocratique, dans une parenthèse pacifique ou simili-pacifique de la lutte des classes dans un pays développé, doit répondre au double défi de favoriser une plus dense remontée des "idées justes",des innovations et ds initiativs émergeant de la base, tout en réprimant fermement les "idées fausses" bombardées par la machinerie médiatique moderne.

Il doit laisser aussi tout parti se réclamant du combat à mort contre l'impérialisme et des grandes traditions prolétariennes en mesure de passer, à tout moment, d'un comportement "ouvert", reflet toujours ambigu de la politique parlementaire, à un centralisme clandestin qui reste démocratique, et intègre jusqu'au bout la démocratie prolétarienne, celle qui affronte la démocrassouille petite-bourgeois des "petits profs" de marxisme, aussi confusionnistes que bavards.

Jusqu'au bout signifie, comme l'ont montré les exemples déjà anciens mais toujours bien ancrés dans la modernité de la Chine, de l'ex-Indochine, des poches de guerilla en Inde, du Népal, de l'Afrique du sud, de l'Angola, de l'Amérisue centrale caribéenne et péri-caribéenne, et de certaines zones de l'univers arabo-musulman, jusque dans la pratique de la "guerre populaire prolongée", qui, quand son moment vient (en vietnamien: thoï co, le moment"), n'a rien à voir avec les caricatures mini-militaristes, sectaires, tragi-comiques, grotesques et dérisoires, de la "lutte armée" à l'Européenne - par ailleurs, et ce n'est pas sans lien, infiltrée jusqu'à l'os- style BR, R.A.F., AD ou "autonomes"

 

 

 

 

 

 

Un des grands risqus pris par des gens rspectables, comme Jacqueline Fraysse ou Zarka, risque également présnt dans la démarche actuelle de Clémentine Autain, c'est de rendre plus difficile l'émergence d'une candidature authentiquement populaire et progressiste pour les Présidentielles de 2012, telle qu'elle pouvait naître, de l'intérieur du parti, ou dans ses franges proches, autour d'élus de terrain puissamment ancrés dans les localités comme il en existe dans le nord, une partie de la normandie, le massif central, et la région marseillaise, ou de syndicalistes de classe capables de dépasser les limites de la démarche syndicale et de pratiquer la seule "ouverture" qui vaille, celle qui oriente les "bastions" de la classe ouvrière concentrée et syndiquée, encore en majorité blanche, plus rarement maghrébine, vers l'immense prolétariat dispersé des "cités" de la précarité, et donc, vers la jeunesse rebelle, aux origines massivement africaines, qui s'était fortement mobilisée, contre "Racaille toi-même", en faveur de la seulealtrnative apparente du moment, et donc pour Ségolène.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ni franchement engagé dans une refondation en forme de Renaissance, revenant aux sources les plus pures tout en s'efforçant d'adapter, avec prudence et modestie, les expériences étrangères qui ont le mieux marché et marchent le mieux, malgré les efforts, à saluer, de l'honnête et courageuse Marie-George Buffet, vraie "fille du peuple" fidèle à ses racines, ni définitivement liquidé par les vagues uccessives de "refondation/dstruction" des prétendus "refondateurs", de Hue au pitoyable Gayssot, "vigilant" contre tout sauf contre George Frèche, le "Mussolini du socialisme montpelliérain", le Parti, en effet, survit. Nous l'avons constaté autour du prolétariat noir en lutte pour les papiers, sous les sarcasmes méprisants de l'ultra-gauche sans-frontiériste immigrationniste libertaire-libre-échangiste, nous en avons été témoin, cette semaine, encore, boulevard Saint-Germain, au cours d'un ptite manif combative convoquée dans l'urgence en soutien à la Grèce, quand, à quelques centimètres d'un de nos équipiers préférés, lui-même aux premières loges, Jean-Louis Cailloux, puis Gisèle, au contact rapproché d'hommes en bleu un petit peu trop nerveux cherchant à dégager le boulevard, se sont retrouvés, l'un après l'autre, à terre - bien malmenés.

A part Besancenot, pour l'occasion (surtout quand on n l'aime pas, on se doit de l'écrire courageux et digne), glisé sous l'imposante protection, il est vrai, du "Chabal XXXL" garde du corps de Pierre Laurent et Marie-George, une montagne, ni l'ultra-gauche braillarde, ni les "plus refondateur que moi, tu meurs", du groupe Zarka-Fraysse-Braouzec, ne brillaient par leur présence. On ne peut être partout, du moins quqnd on s'isole.

Au-delà de ces épisodes anecdotiques, mais significatifs, l'erreur fondamentale de la nouvelle vague des "Refondateurs", qui ont précipitamment choisi d'abandonner un navire en danger mais loin encore de couler, et toujours pôle presque unique de cristallisation de pratiques prolétariennes essentielles, est de ne pas comprendre que la conjoncture politique actuelle n'exige, ni de rester passivement à l'intérieur d'un parti encore trop immobile, ni d'en sortir sur "un chemin qui ne mène à nulle part".

La formule la mieux adapté nous semble être celle choisie par le tout petit noyau cohérent des Forces Populaires, rayonnant désormais dans le "93" autour de sa base de départ d'Aubervilliers, ouvert aux communistes prolétariens du parti comme à ceux qui ont cru devoir en sortir mais sans s'engloutir immédiatement et définitivement dans le marécage de la politicaillerie petite-bourgeoise velléitaire, dans une perspective centrale, qui s trouve aussi, cela n'étonnera pas, la nôtre: refonder l'unité de la classe ouvrière, et, autour d'elle, du peuple tout entier, bien au-delà des clivages moisis de la politique arlementaire, en inventant de nouvellesparatiques politiques de terrain capables de rassembler ce qui reste de noyaux organisés d'une CGT encore prolétarienne, et la "nouvelle classe ouvrière" qui n'est pas (seulement) celle des "cols blancs" chers à la "nouvelle gauche"...des années 1960, mais ce vaste prolétariat éclaté, diffus, presque invisible, majoritairement féminin, et jeune, qu'occupent les CDD, l'intérim, le travail doublement "au noir" ou sous faux papiers et toute cette "économie informelle" sans lequel le capitalisme moderne n'est rien, mais où un monde du travail ignoré ou méconnu, atypique, mais, ô combien, vivant, dispose d'un potentiel de lutte considérable à peine aujourd'hui dévoilé.

6 mai 2010. Minuit.

 

 

points sur les i, dans le styl de critique franc et sans fioriture, mais fratrnel, qui devrait rester celui des communistes "du Parti" ou "hors Parti" - puisque c'est ainsi...

 

À Jacqueline Fraysse.

Quelques réflexions suite à ta lettre envoyée du Parlement



"Nous sommes parmi le petit nombre de camarades suresnois qui t’ont côtoyé depuis ta candidature de 1978 (1) au poste de député en remplacement de Raymond Barbet,
Depuis plus de trente années, nous avons vécu les événements et participé ensemble à de nombreuses actions politiques positives. Et cela, chacun selon nos responsabilités.

Nous avons beaucoup de choses communes et nous ne négligeons en rien la différence qui existe entre les acquits municipaux de Nanterre et ceux de Suresnes où la droite domine.

Pendant de nombreuses années, tu as assumé efficacement de nombreuses fonctions dirigeantes du parti comme membre du Comité National et trente années de mandat électif (2).

Cette durée de responsabilité, dans le positif, mais aussi dans les manquements et les erreurs, rend le ton de « procureur à charge » peu crédible.


Non tu n’es pas une victime des camarades du parti !


Nous devons dire que nos liens avec toi auraient pu être amicaux (c’est quelque chose que nous cultivons beaucoup à Suresnes), Cela n’a pas été le cas.
Nous avons donc eu des liens de communistes dans l’action, mais même là, ta façon de faire au sein du PCF, ton caractère autoritaire, ton ego, les ont souvent rendus difficile et ce, pas seulement depuis 95.


Il y a une image publique de ta personne que perçoivent les gens, agréable, courageuse y compris devant le drame et l’image beaucoup plus contrastée, que nous avons nous, qui te rencontre depuis de nombreuses années dans les réunions internes.

Ton départ est pour nous un non-événement tant était devenu grand le divorce entre tes propos de démocratie et ta façon de travailler avec les communistes de Suresnes et plus largement là où tu n’as pas le rôle premier.

Personne ne sait mesurer les conséquences de ce divorce dans l’opinion publique, ni les portes éventuelles qu’il ouvre aux autres forces politiques de gauche ou de droite dans notre circonscription.


Ta croisade contre l’existence des partis n’atteindra ni le PS, ni les partis de droite. Le seul parti qui est ta cible est le nôtre. Conçois-tu que tu rends plus facile l’ambition du PS de gagner la circonscription et la Mairie de Nanterre ?
Cela n’est pas fameux. D’autant moins fameux que tu n’as pas assuré ton remplacement de manière sérieuse avec les communistes.

Il est d’ailleurs significatif que tu choisisses le moment où la question de ton remplacement se pose, pour partir. Pas étonnant dès lors que tu essaies une césure entre les adhérents qui te suivent et le parti et la direction que tu voues aux gémonies.

Examinons tes arguments


Tu dates de 1995 tes difficultés.
Pour Suresnes, nous pouvons relever avant même cette période, ton peu de rapports avec le comité de section, alors que l’élection du député dépend aussi de Suresnes, la lente montée d’une interdiction à tes attachés parlementaires (nombreux à se succéder) de participer à nos réunions, la mise à l’écart de tes suppléants parlementaires suresnois.

Tu parles de comportements, de « traitements » de la part des camarades qui seraient douloureux pour toi. Ne t’ais-tu jamais posé la question de la douleur des camarades vis-à-vis de tes comportements ?

Gisèle (Cailloux) a refusé en 1997, après deux expériences, d’être candidate suppléante à tes côtés. Cela ne t’a pas posé de problèmes ni d’interrogations. Pourtant, c’était bien parce que faire la campagne électorale à tes côtés, comme suppléante, était insupportable. Le mépris, la mise à l’écart, la camarade qu’on tolère parce qu’on ne peut pas faire autrement tout en lui faisant bien sentir cette situation… Tu daignais que le nom de la candidate suppléante soit affiché sur la profession de foi, et encore, pas trop gros, et seulement au premier tour, des fois qu’elle fasse de l’ombre à la candidate en titre, toi, qui seule compte ? Ne parlons même pas de coélaboration du contenu avec la section de Suresnes.

Dominique Bertrand n’a même pas voulu envisager une seconde expérience.

Passons sur la façon dont tu nous as, en 2007, imposé la candidature d’un suppléant suresnois qui n’était même pas inscrit sur les listes électorales, puis par obligation légale de changer, la candidature d’une suresnoise, au demeurant très sympathique, mais absolument inconnue à Suresnes puisque ne s’investissant dans aucune association, dans aucune lutte de notre ville. Alors que les autres sont toujours militants, ta dernière suppléante a très vite disparu de notre paysage.
Pourtant, la section avait avancé la candidature d’un jeune camarade suresnois, militant syndical chez Leclerc, camarade qui représente les luttes d’aujourd’hui et l’avenir du Parti.

Ton choix unilatéral s’imposait au nom d’une ouverture sans consistance politique sérieuse.


Malgré tout, en 2007 nos sections ont assuré ta réélection à laquelle tu ne croyais pas, après le premier tour, mais dans le cadre d’une confrontation hostile permanente avec ton équipe rapprochée et ta tentative de monter à Suresnes une équipe concurrente de la section comme tu l’avais faite a Nanterre.

Nous observons aussi la volonté affirmée d’écarter les responsables communistes de tes initiatives suresnoises qui est apparue dès 2003 où tu refuses de nous associer a la confection de tes journaux qui pourtant concernent aussi Suresnes, en juin 2004 lors de l’organisation d’un débat local sur la sécurité sociale où tu nous emmènes pour la tribune, des représentants de partis ou associations inexistantes à Suresnes, mais refuse la présence de ton suppléant. Tout cela accompagné de jugements peu amènes et même très méprisant vis-à-vis de camarades de notre section et notamment ton suppléant Dominique.

À cette époque, tu as choisi seule, ou en comité très restreint, ton successeur à la mairie de Nanterre, (P. Jarry, contre qui tu n’avais pas de mots assez durs lorsqu’il était secrétaire de section). C’est la marque d’une dérive autocratique évidente sans doute inspirée par le cas de Braouzec choisi par Berthelot contre l’avis de la section de St Denis.


Depuis, cette façon de se tailler des baronnies s’est hélas développée chez des élus du parti.

Les choses se sont gravement accentuées depuis, jusqu'à ton soutien à la candidature Bové et au groupe de ses amis de Nanterre. À ce sujet, tu parles de refus de candidature commune, mais en fait il s’agissait pour certains d’un refus que la candidature commune puisse être communiste malgré l’avis très majoritaire des collectifs anti-libéraux.

Certains camarades ont choisi, comme tu l’as fait en le parrainant, de porter la candidature de José Bové qui n’avait pas daigné confronter celle-ci au vote des collectifs (confirmant ton choix en sa faveur, en soutenant en sous-main son équipe qui faisait campagne pour lui à Nanterre)... Sans doute pensaient-ils que l’homme chéri des médias, l’homme providentiel ferait un bon score.

C’est tellement plus facile de présenter un homme ou une femme connu, populaire, que d’aller à l’élection sur le débat d’idées, sur un contenu ! On voit ce qui est advenu du résultat et du bonhomme. (Aujourd’hui il est avec Cohn Bendit soutient affiché du OUI au référendum sur la Constitution Européenne)


Des trous de mémoire :


Nous devons dire que nous sommes assez médusé de constater que tu éludes :

a) Les problèmes posés aux thèses communistes par l’échec des expériences socialistes et ses effets dans l’opinion, pour seulement mettre le PCF en accusation.

b) Les efforts constants de la bourgeoisie pour éradiquer Marx de l’université et formater les jeunes, ce qui a hélas des répercussions parallèles dans le PCF.

c) Tes responsabilités dans la période du gouvernement de la gauche plurielle où malgré ce qui montait fort dans le parti, tu as soutenu la politique de Robert Hue et n’a pas fait barrage à la politique de privatisation.


Nous avons quant à nous très mal vécu l’évolution, dans cette période, de la gauche plurielle. Salariés d’une entreprise nationale, nous nous sommes heurtés, comme tant d’autres, à la volonté du gouvernement Jospin de privatiser notre entreprise sous le terme plus joli d’ « ouverture du capital ».
La majorité des dirigeants communistes nos ministres, notamment JC Gayssot, et la majorité de nos députés, dont toi-même, Jacqueline, étaient d’accord, et ce, contre l’avis des militants. Un échange de courrier que nous avons eu ensemble en 2004 et que nous avons gardé, confirme non seulement cet accord à l’époque avec les choix Jospin, mais que tu es restée sur ce choix qui met nos entreprises dans les mains des marchés financiers, alors que le congrès qui a suivi notre défaite de 2002 reconnaît que nous nous étions trompés !


Tout le monde aujourd’hui connaît les effets calamiteux de ces privatisations, de France Télécom, de l’emploi chez Renault, peut-être moins de la Snecma devenue Safran après avoir été absorbée par Sagem, ou de l’Aérospatiale devenue EADS et de tant d’autres qui ont vu des milliers d’emplois disparaître, les conditions de travail s’aggraver pour le plus grand bien des actionnaires.


Notons au passage que la crise financière bouscule même la notion d’économie mixte actuelle dans les villes.

Certes pour être juste, la dernière année, tu as enfin choisie la transgression sur les questions de santé. C’est à ton honneur.

S’agissant des élections régionales :


Nous sommes surpris qu’alors que le Front de Gauche trouvait de ta part une opinion plutôt favorable, exprimée à Suresnes pour les Européennes (même accompagnée de réserves), celui-ci perde toutes ses vertus s’il n’est pas conduit par P. Braouzec en Île de France pour les régionales. Mais personne ne s’est opposé à ce qu’il propose sa candidature au vote des communistes, bien au contraire, cette candidature a été sollicitée. Il n’a pas voulu se confronter au vote. Courageux mais pas téméraire !


A l’inverse du soutien de la FASE ( dont tu es une responsable) au Front de Gauche pour les régionales, tu publies une pitoyable déclaration du 19 février où tu dis avec ton groupe Nanterrien. « A l’occasion de ces élections Régionales, chacun se prononcera bien sûr selon sa conscience et sa sensibilité, mais nous vous invitons ensemble à voter pour des listes bien ancrées à gauche, comportant des candidats qui ne resteront pas muets face au diktat de l’Etat ou prêts à des compromis inacceptables. »

En fait dans la circonscription de Nanterre/ Suresnes cela revenait, faute de clarté, à faire voter PS. Dans ce sens c’est réussi. Nous sommes une des seules circonscription où le Front de Gauche recule.

Nous ne pouvons que te signaler que dans les villes (des Hauts de Seine NDLR/LMR) où les élus communistes se sont impliqués, de façon visible pour la population, les résultats sont bons, voire excellents. Tu as l’exemple de Gennevilliers, de Bagneux, de Malakoff à contrario de Nanterre.

À Suresnes, ville de droite mais où la gauche a frôlé la majorité lors des dernières élections municipales, et où nous-même avions été obligés de conduire une liste qui s’apparente en plus large à ce que l’on veut faire avec le Front de Gauche, liste qui a obtenu je te le rappelle près de 17% des voix, la présence de R. Hue annoncée par des milliers de tracts et l’absence de position de la députée ont contribué à brouiller le message et au « vote utile » du 1er tour...
Avec un engagement réel des élus communistes qui se sont mis hors-jeu, ou qui ont soutenu ou figuré sur d’autres listes : PS, Verts… nous aurions incontestablement plus d’élus dans la Région. Ça, c’est de la responsabilité directe.


Tu dénonces l’illisibilité politique dans une élection où le PCF avait dit-tu, sept
configurations d’alliances différentes dans le pays.
De qui te moques-tu?
En fait, il y a les régions qui ont choisi le Front de Gauche qui était le choix majoritaire du CN avec une notion d’élargissement et celles beaucoup plus minoritaires qui ont choisi l’alliance dès le premier tour avec le PS. Peut-être considères-tu comme étant des stratégies, les régions où les communistes ont choisi d’aller à l’encontre du vote majoritaire des adhérents. Ou peut-être inclus-tu JC Gayssot, R. Hue et M. Gremetz dans ton calcul du nombre de stratégies ?
On pourrait alors rajouter une huitième configuration, celle où la députée communiste appelle à voter pour « des listes bien ancrées à gauche… »Voir plus haut.


Sur la notion de rassemblement :


Tu fais remonter à plus de 15 ans, des désaccords sur la conception du Rassemblement mis en œuvre par le Parti Communiste.

S’agit-il, comme tu l’affirmes, d’un décalage de plus en plus marqué avec les aspirations des citoyens d’aujourd’hui au regard des mutations de la société et des défis nouveaux à relever avec les partis et le PCF en particulier ?
Auquel cas, le peuple serait d’une telle clairvoyance qu’il aurait sans doute déjà réglé la question, même sans nous.

Or ce n’est pas le cas et l’on peut tout faire dire à l’abstention. Mais lorsque nous avons été voir à Suresnes avec les militants du PS, les abstentionnistes du 1er tour, notamment beaucoup de jeunes, pour les inviter à voter au second tour, ces derniers ne s’attaquaient pas à l’existence des partis et du nôtre pour justifier leur abstention. Non.
Ils donnaient comme argument « vous vous faites élire et vous ne tenez pas vos promesses. Et la gauche et la droite, c’est pareil ! » Sans doute en rappel de l’expérience 97/2002 et de la suite.


Cela montre à la fois à quel point les gens sont encore en délégation de pouvoir et la responsabilité des élus dans le désamour vis-à-vis des élections.

L’absence de démarquage de nos élus dans la gauche plurielle sur la politique Jospin nous a entraîné dans cette spirale.

Tu accuses les militants d’avoir rejeté ton autre façon de « faire de la politique », en partant des citoyens eux-mêmes, et en stimulant leur intervention directe, concrète avec par exemple, les assises pour la ville, la mise en place de l’Agora, des commissions extra municipales ou les appels à projet…
Je ne sais pas si tu as eu vraiment maille à partir avec la section de Nanterre en 1995 et depuis au sujet de la démocratie municipale. À l’époque c’était Hervé Barbot le secrétaire de section. Était-il un opposant si acharné de la démocratie ? À lui de le dire et de préciser les conditions du débat ! Mais si tes relations étaient du même niveau à Nanterre qu’à Suresnes, nous pouvons imaginer les écueils. N’y avait-il pas à ton niveau, erreur pédagogique de conception : j’élabore et vous soutenez?

Mais quoi qu’il en soit de Nanterre et des débats de l’époque, cette expérience s’est depuis répandu conjointement à la plupart des villes communistes sinon la totalité sans que cela pose les mêmes problèmes.


La démocratie participative, c’est novateur et méritoire. Mais pour être honnête, tu devrais concéder que cette démocratie participative a bien des limites. Combien de participant au regard du nombre d’habitants ? Et pour une bonne part, ne retrouves-tu pas souvent les mêmes, notamment des camarades. Et quand la salle se remplit plus, n’est-ce pas aussi le résultat des efforts communistes ?
De plus, trop souvent, il s’agit pour les citoyens de se voir présenter des choses déjà décidées en petit comité.


a) Comme c’est le cas pour les attitudes de la municipalité vis-à-vis de la grande question de La Défense. L’action de la municipalité n’est pas à négliger, loin de là, mais c’est quand même extraordinaire de « convoquer » les élus communistes de Suresnes par téléphone et par le biais d’une agence privée payée par la Mairie à une réunion publique où la messe est déjà écrite, il n’y a plus qu’à la soutenir !


Dans cette affaire, l’équipe de Jarry se conduit en vrai « polit bureau ».


Entre 500 et 800 personnes (selon la presse) au forum du 29 janvier c’est bien, mais comment construire ensemble l’action ? Malgré nos demandes auprès de Patrick et de Marie-Claude, il n’y a aucune prise en compte.

b) C’est aussi le cas de l’adhésion à la communauté d’Agglomération du Mt Valérien avec Rueil et Suresnes où la Mairie organise une réunion pour en débattre avec la population, alors que tout est déjà décidé depuis des mois et annoncé pour janvier 2011 .
Aucun contact à ce sujet n’a été pris avec les élus communistes de Suresnes déjà plongés dans cette communauté dirigée par Ollier/ Dupuy.

c) Enfin défaut encore plus majeur de cette conception de démocratie participative, c’est qu’elle n’est accompagnée d’aucun effort à Nanterre et ailleurs pour l’étendre aux salariés des entreprises. Ainsi une usine peut fermer sans que les élus ne tentent de mettre en route les collectifs régionaux pour l’emploi.
Notons au passage que dans ta lettre tu n’évoques jamais ces questions.

L’errance et l’aveuglement de l’enfermement dans une tour d’ivoire:


Sans doute meurtrie par la chute de l’audience du PCF, l’angoisse de la perte de la Mairie et les difficultés à trouver un nouveau cheminement communiste à la crise qu’il traverse dans le monde, tu manques souvent de discernement et tu es avec d’autres, de toutes les combines politiciennes avec la petite gauche de la gauche, au présidentielles de 2007 ou encore lors du dernier Congrès en décembre 2008 alors que les communistes décidaient majoritairement de leur stratégie, tu créais avec d’autre, 200 m plus loin, la Fase qui prend le contre pied de ces décisions majoritaires.

Tu n’as jamais tort, c’est toujours les autres camarades.


C’est cette pensé profonde qui te conduit à prendre un ton de procureur pour avancer la sentence : le parti n’est plus moteur d’audaces, de propositions novatrices comme il l’a été dans le passé, mais se révèle être un frein aux réflexions, aux convergences nécessaires pour dépasser le capitalisme. Exit, entre autres, ses propositions de financement de la sécurité sociale, la Sécurité d’Emploi et de Formation, la création de Fonds régionaux articulée au pôle Public Financier et à l’exigence de droits nouveaux de gestion pour les salariés et l’idée même issue de ses rangs d’un rassemblement populaire majoritaire!


Le parti communiste existera sans toi:


Il tiendra en juin son prochain congrès pour transformer son fonctionnement, dans un débat, ce que tu crains visiblement.
L’avenir nous dira si tu utiliseras toutes ton énergie contre le Parti ou si nous te retrouverons dans l’action pour transformer la société avec la mise en œuvre d’un rassemblement populaire majoritaire, incluant, forcément, les formes organisées que sont les partis politiques et donc si tu accepteras de travailler avec le PCF qui est la seule force à asseoir ton électorat dans la circonscription et ainsi passer le témoin parlementaire de bonne façon.


Nous préférerions ce travail commun plutôt que de te voir choisir la fuite en avant, destructrice pour rejoindre au final, comme Jeannette Vermersch et beaucoup d’autres, le parti de ceux qui se résolvent à seulement cultiver leur jardin.

(1) Tout le monde sait le rôle joué par Georges Marchais en faveur de ce choix.

(2) Députée de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine de 1978 à 1986, Sénatrice des Hauts-de-Seine de 1986 à 1997, puis à nouveau député depuis 1997. Maire de Nanterre de 1988 à 2004.