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Brefs
commnetaires en marge, par la rédaction du Monde
Réel
Le "ton
de procureur", en effet, n'est
pas propre aux dirigeants du Parti.
Il prolifère
tout aussi bien, hélas, chez les "opposants
démocrates plus rénovatur qu moi, tu meurs"
comme chez les ultra-gauchistes, anarchistes, "marxistes-leninistes"
fossilisés, prétendus maoistes,
badiouistes et balalala, etc.
A l'origine parfaitement adapté
à un parti de guerre civile applicant une conception
militarisée du centralisme démocratique,
dans les traditions spécifiques à
la Russie de l'époque, qui plus est, il est resté
une gêne, mais une gêne secondaire,
dans les partis européens de lutte de classe de
l'époque de la "guerre froide",
qui, comme son nom l'indique, était une
forme de guerre - jusqu'au milieu des
années 1950.
Ces méthodes, ce ton, et
cette conception, rustique, rigide, typiquement slaves,
mais aussi, hélas, typiquement occidentales, sont
devenus purement et simplement grotesques quand elles
n'ont servi, après la mort de Thorez,
puis celle de Waldeck-Rochet, qu'à masquer
et protéger une régression opportuniste
de droite, électoraliste, parlementariste et pacifiste,
jusquà la " grand surprise"
de mai 1968, et au-delà.
Elles se sont ravivées,
avivant les difficultés, à l'époque
Marchais, caractérisée
par des tentatives sympathiqus, mais bourrés
de contradictions cahotiques, de prendre distance avec
la social-démocratie européenne comme avec
le "parrain" ex-soviétique.
Summum des contradictions: la
liquidation de la ligne continuatrice et elle aussi néo-patriotique
et "nationaliste de gauche",
anti-Maastricht, anti-Intégration fédérale
européenne, et anti-mondialisation, esquissée
puis bien vite abandonnée par Pierre Zarka.
Le centralisme démocratique, dans
une parenthèse pacifique ou simili-pacifique de
la lutte des classes dans un pays développé,
doit répondre au double défi
de favoriser une plus dense remontée des "idées
justes",des innovations et ds initiativs
émergeant de la base, tout en réprimant
fermement les "idées fausses"
bombardées par la machinerie médiatique
moderne.
Il doit laisser aussi tout parti
se réclamant du combat à mort contre
l'impérialisme et des grandes traditions prolétariennes
en mesure de passer, à tout moment, d'un comportement
"ouvert", reflet toujours ambigu de
la politique parlementaire, à un centralisme
clandestin qui reste démocratique,
et intègre jusqu'au bout
la démocratie prolétarienne,
celle qui affronte la démocrassouille petite-bourgeois
des "petits profs" de marxisme, aussi
confusionnistes que bavards.
Jusqu'au bout signifie,
comme l'ont montré les exemples
déjà anciens mais toujours bien ancrés
dans la modernité de la Chine, de l'ex-Indochine,
des poches de guerilla en Inde, du Népal, de l'Afrique
du sud, de l'Angola, de l'Amérisue centrale caribéenne
et péri-caribéenne, et de certaines zones
de l'univers arabo-musulman, jusque dans
la pratique de la "guerre populaire
prolongée", qui, quand son moment
vient (en vietnamien: thoï co, le moment"),
n'a rien à voir avec les caricatures
mini-militaristes, sectaires, tragi-comiques, grotesques
et dérisoires, de la "lutte armée"
à l'Européenne - par
ailleurs, et ce n'est pas sans lien,
infiltrée jusqu'à l'os-
style BR, R.A.F., AD ou "autonomes"
Un des grands risqus pris par des
gens rspectables, comme Jacqueline Fraysse ou Zarka,
risque également présnt dans
la démarche actuelle de Clémentine Autain,
c'est de rendre plus difficile l'émergence
d'une candidature authentiquement populaire et progressiste
pour les Présidentielles de 2012,
telle qu'elle pouvait naître, de l'intérieur
du parti, ou dans ses franges proches, autour
d'élus de terrain puissamment ancrés dans
les localités comme il en existe dans
le nord, une partie de la normandie, le massif central,
et la région marseillaise, ou de syndicalistes
de classe capables de dépasser les limites de la
démarche syndicale et de pratiquer la
seule "ouverture"
qui vaille, celle qui oriente les
"bastions" de la classe ouvrière
concentrée et syndiquée, encore en majorité
blanche, plus rarement maghrébine, vers l'immense
prolétariat dispersé des "cités"
de la précarité, et donc, vers la
jeunesse rebelle, aux origines massivement africaines,
qui s'était fortement mobilisée, contre
"Racaille toi-même", en faveur de
la seulealtrnative apparente du moment, et donc pour Ségolène.
Ni franchement engagé dans une refondation
en forme de Renaissance, revenant aux sources
les plus pures tout en s'efforçant d'adapter, avec
prudence et modestie, les expériences étrangères
qui ont le mieux marché et marchent le mieux, malgré
les efforts, à saluer, de l'honnête
et courageuse Marie-George Buffet, vraie "fille
du peuple" fidèle à ses
racines, ni définitivement liquidé
par les vagues uccessives de "refondation/dstruction"
des prétendus "refondateurs", de Hue
au pitoyable Gayssot, "vigilant"
contre tout sauf contre George Frèche, le "Mussolini
du socialisme montpelliérain",
le Parti, en effet, survit. Nous l'avons constaté
autour du prolétariat noir en lutte pour les papiers,
sous les sarcasmes méprisants de l'ultra-gauche
sans-frontiériste immigrationniste libertaire-libre-échangiste,
nous en avons été témoin, cette semaine,
encore, boulevard Saint-Germain, au cours d'un ptite manif
combative convoquée dans l'urgence en soutien à
la Grèce, quand, à quelques centimètres
d'un de nos équipiers préférés,
lui-même aux premières loges, Jean-Louis
Cailloux, puis Gisèle, au contact rapproché
d'hommes en bleu un petit peu trop nerveux cherchant à
dégager le boulevard, se sont retrouvés,
l'un après l'autre, à terre - bien malmenés.
A part Besancenot, pour l'occasion (surtout
quand on n l'aime pas, on se doit de l'écrire courageux
et digne), glisé sous l'imposante protection,
il est vrai, du "Chabal XXXL"
garde du corps de Pierre Laurent et Marie-George, une
montagne, ni l'ultra-gauche braillarde, ni les "plus
refondateur que moi, tu meurs", du groupe
Zarka-Fraysse-Braouzec, ne brillaient par leur présence.
On ne peut être partout, du moins quqnd on s'isole.
Au-delà
de ces épisodes anecdotiques, mais significatifs,
l'erreur fondamentale de la nouvelle vague des "Refondateurs",
qui ont précipitamment choisi d'abandonner
un navire en danger mais loin encore de couler,
et toujours pôle presque unique de cristallisation
de pratiques prolétariennes essentielles,
est de ne pas comprendre que la conjoncture
politique actuelle n'exige, ni de rester passivement
à l'intérieur d'un parti encore trop
immobile, ni d'en sortir sur "un
chemin qui ne mène à nulle part".
La formule la mieux adapté nous
semble être celle choisie par le tout petit
noyau cohérent des Forces
Populaires, rayonnant
désormais dans le "93"
autour de sa base de départ d'Aubervilliers,
ouvert aux communistes prolétariens du parti
comme à ceux qui ont cru devoir en sortir
mais sans s'engloutir immédiatement et définitivement
dans le marécage de la politicaillerie petite-bourgeoise
velléitaire, dans une perspective centrale,
qui s trouve aussi, cela n'étonnera pas,
la nôtre: refonder l'unité de la classe
ouvrière, et, autour d'elle, du peuple tout
entier, bien au-delà des clivages moisis
de la politique arlementaire, en inventant de nouvellesparatiques
politiques de terrain capables de rassembler ce
qui reste de noyaux organisés d'une CGT encore
prolétarienne, et la "nouvelle classe
ouvrière" qui n'est pas (seulement)
celle des "cols blancs" chers
à la "nouvelle gauche"...des années
1960, mais ce vaste prolétariat éclaté,
diffus, presque invisible, majoritairement féminin,
et jeune, qu'occupent les CDD, l'intérim,
le travail doublement "au noir" ou sous
faux papiers et toute cette "économie
informelle" sans lequel le capitalisme
moderne n'est rien, mais où un monde du travail
ignoré ou méconnu, atypique, mais,
ô combien, vivant, dispose d'un potentiel
de lutte considérable à peine aujourd'hui
dévoilé.
6 mai 2010. Minuit. |
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points
sur les i, dans le styl de critique franc et sans fioriture, mais
fratrnel, qui devrait rester celui des communistes "du
Parti" ou "hors Parti"
- puisque c'est ainsi...
À
Jacqueline Fraysse.
Quelques réflexions suite à
ta lettre envoyée du Parlement
"Nous sommes parmi le petit nombre de camarades suresnois
qui t’ont côtoyé depuis ta candidature
de 1978 (1) au poste
de député en remplacement de Raymond Barbet,
Depuis plus de trente années, nous avons vécu
les événements et participé ensemble
à de nombreuses actions politiques positives. Et
cela, chacun selon nos responsabilités.
Nous avons beaucoup de choses communes et
nous ne négligeons en rien la différence qui
existe entre les acquits municipaux de Nanterre et ceux
de Suresnes où la droite domine.
Pendant de nombreuses années, tu as assumé
efficacement de nombreuses fonctions dirigeantes du parti
comme membre du Comité National et trente années
de mandat électif
(2).
Cette durée de responsabilité,
dans le positif, mais aussi dans les manquements et les
erreurs, rend le ton de
« procureur à charge » peu
crédible.
Non tu n’es pas une victime des camarades du parti
!
Nous devons dire que nos liens avec toi auraient
pu être amicaux (c’est quelque chose
que nous cultivons beaucoup à Suresnes), Cela
n’a pas été le cas.
Nous avons donc eu des liens de communistes dans l’action,
mais même là, ta façon de faire au sein
du PCF, ton caractère autoritaire, ton ego, les ont
souvent rendus difficile et ce, pas seulement depuis 95.
Il y a une image publique de ta personne
que perçoivent les gens, agréable,
courageuse y compris devant le drame et l’image
beaucoup plus contrastée, que nous
avons nous, qui te rencontre depuis de nombreuses années
dans les réunions internes.
Ton départ est pour nous un non-événement
tant était devenu grand le divorce entre tes propos
de démocratie et ta façon de travailler avec
les communistes de Suresnes et plus largement là
où tu n’as pas le rôle premier.
Personne ne sait mesurer les conséquences
de ce divorce dans l’opinion publique, ni
les portes éventuelles qu’il ouvre aux autres
forces politiques de gauche ou de droite dans notre
circonscription.
Ta croisade contre l’existence des partis n’atteindra
ni le PS, ni les partis de droite. Le seul parti qui est
ta cible est le nôtre.
Conçois-tu que tu rends plus facile l’ambition
du PS de gagner la circonscription et la Mairie de Nanterre
?
Cela n’est pas fameux. D’autant moins fameux
que tu n’as pas assuré ton remplacement de
manière sérieuse avec les communistes.
Il est d’ailleurs significatif que tu choisisses le
moment où la question de ton remplacement se pose,
pour partir. Pas étonnant dès lors que tu
essaies une césure entre les adhérents qui
te suivent et le parti et la direction que tu voues aux
gémonies.
Examinons tes arguments
Tu dates de 1995 tes difficultés.
Pour Suresnes, nous pouvons relever avant même cette
période, ton peu de rapports avec le comité
de section, alors que l’élection du député
dépend aussi de Suresnes, la lente montée
d’une interdiction à tes attachés parlementaires
(nombreux à se succéder) de participer
à nos réunions, la mise à l’écart
de tes suppléants parlementaires suresnois.
Tu parles de comportements, de « traitements »
de la part des camarades qui seraient douloureux
pour toi. Ne t’ais-tu jamais posé
la question de la douleur des camarades vis-à-vis
de tes comportements ?
Gisèle (Cailloux) a refusé
en 1997, après deux expériences, d’être
candidate suppléante à tes côtés.
Cela ne t’a pas posé de problèmes ni
d’interrogations. Pourtant, c’était bien
parce que faire la campagne électorale à tes
côtés, comme suppléante, était
insupportable. Le mépris, la mise à
l’écart, la camarade qu’on tolère
parce qu’on ne peut pas faire autrement tout en lui
faisant bien sentir cette situation… Tu daignais
que le nom de la candidate suppléante soit affiché
sur la profession de foi, et encore, pas trop gros,
et seulement au premier tour, des fois qu’elle fasse
de l’ombre à la candidate en titre, toi, qui
seule compte ? Ne parlons même pas de coélaboration
du contenu avec la section de Suresnes.
Dominique Bertrand n’a même pas
voulu envisager une seconde expérience.
Passons sur la façon dont tu nous as, en
2007, imposé la candidature d’un suppléant
suresnois qui n’était même pas inscrit
sur les listes électorales, puis par obligation légale
de changer, la candidature d’une suresnoise, au demeurant
très sympathique, mais absolument inconnue à
Suresnes puisque ne s’investissant dans aucune association,
dans aucune lutte de notre ville. Alors
que les autres sont toujours militants, ta dernière
suppléante a très vite disparu de notre paysage.
Pourtant, la section avait avancé la candidature
d’un jeune camarade suresnois, militant syndical chez
Leclerc, camarade qui représente
les luttes d’aujourd’hui et l’avenir du
Parti.
Ton choix unilatéral s’imposait
au nom d’une ouverture sans consistance politique
sérieuse.
Malgré tout, en 2007 nos sections ont assuré
ta réélection à laquelle tu ne croyais
pas, après le premier tour, mais dans le cadre d’une
confrontation hostile permanente avec ton équipe
rapprochée et ta tentative de monter à Suresnes
une équipe concurrente de la section comme tu l’avais
faite a Nanterre.
Nous observons aussi la volonté affirmée
d’écarter les responsables communistes de tes
initiatives suresnoises qui est apparue dès
2003 où tu refuses de nous associer a la
confection de tes journaux qui pourtant concernent aussi
Suresnes, en juin 2004 lors de l’organisation
d’un débat local sur la sécurité
sociale où tu nous emmènes pour la tribune,
des représentants de partis ou associations inexistantes
à Suresnes, mais refuse la présence de ton
suppléant. Tout cela accompagné de
jugements peu amènes et même très méprisant
vis-à-vis de camarades de notre section et notamment
ton suppléant Dominique.
À cette époque, tu as choisi seule,
ou en comité très restreint, ton successeur
à la mairie de Nanterre, (P. Jarry, contre
qui tu n’avais pas de mots assez durs lorsqu’il
était secrétaire de section). C’est
la marque d’une dérive autocratique évidente
sans doute inspirée par le cas de Braouzec
choisi par Berthelot contre l’avis de la section de
St Denis.
Depuis, cette façon de se tailler des baronnies
s’est hélas développée chez des
élus du parti.
Les choses se sont gravement accentuées depuis,
jusqu'à ton soutien à la candidature Bové
et au groupe de ses amis de Nanterre. À
ce sujet, tu parles de refus de candidature commune, mais
en fait il s’agissait pour certains d’un refus
que la candidature commune puisse être communiste
malgré l’avis très majoritaire des collectifs
anti-libéraux.
Certains camarades ont choisi, comme tu l’as
fait en le parrainant, de porter la candidature de José
Bové qui n’avait pas daigné
confronter celle-ci au vote des collectifs (confirmant ton
choix en sa faveur, en soutenant en sous-main son équipe
qui faisait campagne pour lui à Nanterre)... Sans
doute pensaient-ils que l’homme chéri
des médias, l’homme providentiel ferait
un bon score.
C’est tellement plus facile
de présenter un homme ou une femme connu, populaire,
que d’aller à l’élection sur le
débat d’idées, sur un contenu ! On
voit ce qui est advenu du résultat et du bonhomme.
(Aujourd’hui il est avec Cohn Bendit soutient affiché
du OUI au référendum sur la Constitution Européenne)
Des trous de mémoire :
Nous devons dire que nous sommes assez médusé
de constater que tu éludes :
a) Les problèmes posés aux thèses
communistes par l’échec des expériences
socialistes et ses effets dans l’opinion, pour seulement
mettre le PCF en accusation.
b) Les efforts constants de la bourgeoisie pour
éradiquer Marx de l’université et formater
les jeunes, ce qui a hélas des répercussions
parallèles dans le PCF.
c) Tes responsabilités dans la période
du gouvernement de la gauche plurielle où malgré
ce qui montait fort dans le parti, tu as soutenu la politique
de Robert Hue et n’a pas fait barrage à la
politique de privatisation.
Nous avons quant à nous très mal vécu
l’évolution, dans cette période, de
la gauche plurielle. Salariés d’une
entreprise nationale, nous nous sommes heurtés, comme
tant d’autres, à la volonté
du gouvernement Jospin de privatiser notre entreprise sous
le terme plus joli d’ « ouverture
du capital ».
La majorité des dirigeants communistes nos ministres,
notamment JC Gayssot, et la majorité
de nos députés, dont toi-même,
Jacqueline, étaient d’accord, et ce,
contre l’avis des militants. Un échange
de courrier que nous avons eu ensemble en 2004 et que nous
avons gardé, confirme non seulement cet accord
à l’époque avec les choix Jospin, mais
que tu es restée sur ce choix qui met nos entreprises
dans les mains des marchés financiers, alors que
le congrès qui a suivi notre défaite de 2002
reconnaît que nous nous étions trompés
!
Tout le monde aujourd’hui connaît les effets
calamiteux de ces privatisations, de France Télécom,
de l’emploi chez Renault, peut-être moins de
la Snecma devenue Safran après avoir été
absorbée par Sagem, ou de l’Aérospatiale
devenue EADS et de tant d’autres qui ont
vu des milliers d’emplois disparaître, les conditions
de travail s’aggraver pour le plus grand bien des
actionnaires.
Notons au passage que la crise financière
bouscule même la notion d’économie mixte
actuelle dans les villes.
Certes pour être juste, la dernière
année, tu as enfin choisie la transgression sur les
questions de santé. C’est
à ton honneur.
S’agissant des élections régionales
:
Nous sommes surpris qu’alors que le Front
de Gauche trouvait de ta part une opinion plutôt favorable,
exprimée à Suresnes pour les Européennes
(même accompagnée de réserves), celui-ci
perde toutes ses vertus s’il n’est pas conduit
par P. Braouzec en Île de France pour les régionales.
Mais personne ne s’est opposé à ce qu’il
propose sa candidature au vote des communistes, bien au
contraire, cette candidature a été sollicitée.
Il n’a pas voulu se confronter au vote. Courageux
mais pas téméraire !
A l’inverse du soutien de la FASE
( dont tu es une responsable) au Front de Gauche
pour les régionales, tu publies une pitoyable
déclaration du 19 février où tu dis
avec ton groupe Nanterrien. « A l’occasion
de ces élections Régionales, chacun se prononcera
bien sûr selon sa conscience et sa sensibilité,
mais nous vous invitons ensemble à voter pour des
listes bien ancrées à gauche, comportant des
candidats qui ne resteront pas muets face au diktat de l’Etat
ou prêts à des compromis inacceptables. »
En fait dans la circonscription de Nanterre/ Suresnes cela
revenait, faute de clarté, à faire voter PS.
Dans ce sens c’est réussi. Nous sommes
une des seules circonscription où le Front de Gauche
recule.
Nous ne pouvons que te signaler que dans les villes
(des Hauts de Seine NDLR/LMR) où
les élus communistes se sont impliqués, de
façon visible pour la population, les résultats
sont bons, voire excellents. Tu as l’exemple
de Gennevilliers, de Bagneux,
de Malakoff à contrario
de Nanterre.
À Suresnes, ville de droite
mais où la gauche a frôlé la majorité
lors des dernières élections municipales,
et où nous-même avions été obligés
de conduire une liste qui s’apparente en plus large
à ce que l’on veut faire avec le Front de Gauche,
liste qui a obtenu je te le rappelle près de 17%
des voix, la présence de R. Hue annoncée par
des milliers de tracts et l’absence de position de
la députée ont contribué à brouiller
le message et au « vote utile
» du 1er tour...
Avec un engagement réel des élus communistes
qui se sont mis hors-jeu, ou qui ont soutenu ou figuré
sur d’autres listes : PS, Verts… nous aurions
incontestablement plus d’élus dans la Région.
Ça, c’est de la responsabilité
directe.
Tu dénonces l’illisibilité politique
dans une élection où le PCF avait dit-tu,
sept
configurations d’alliances différentes dans
le pays.
De qui te moques-tu?
En fait, il y a les régions qui ont choisi le Front
de Gauche qui était le choix majoritaire du CN avec
une notion d’élargissement et celles beaucoup
plus minoritaires qui ont choisi l’alliance dès
le premier tour avec le PS. Peut-être considères-tu
comme étant des stratégies, les régions
où les communistes ont choisi d’aller à
l’encontre du vote majoritaire des adhérents.
Ou peut-être inclus-tu JC Gayssot, R. Hue
et M. Gremetz dans ton calcul du nombre de stratégies
?
On pourrait alors rajouter une huitième configuration,
celle où la députée communiste appelle
à voter pour « des listes bien
ancrées à gauche… »Voir
plus haut.
Sur la notion de rassemblement :
Tu fais remonter à plus de 15 ans,
des désaccords sur la conception du Rassemblement
mis en œuvre par le Parti Communiste.
S’agit-il, comme tu l’affirmes,
d’un décalage de plus en plus marqué
avec les aspirations des citoyens d’aujourd’hui
au regard des mutations de la société et des
défis nouveaux à relever avec les partis et
le PCF en particulier ?
Auquel cas, le peuple serait d’une telle clairvoyance
qu’il aurait sans doute déjà réglé
la question, même sans nous.
Or ce n’est pas le cas et l’on peut
tout faire dire à l’abstention. Mais
lorsque nous avons été voir à Suresnes
avec les militants du PS, les abstentionnistes du
1er tour, notamment beaucoup de jeunes, pour les
inviter à voter au second tour,
ces derniers ne s’attaquaient pas à
l’existence des partis et du nôtre pour justifier
leur abstention. Non.
Ils donnaient comme argument « vous vous
faites élire et vous ne tenez pas vos promesses.
Et la gauche et la droite, c’est pareil ! »
Sans doute en rappel de l’expérience
97/2002 et de la suite.
Cela montre à la fois à quel point
les gens sont encore en délégation de pouvoir
et la responsabilité des élus dans le désamour
vis-à-vis des élections.
L’absence de démarquage
de nos élus dans la gauche plurielle sur la politique
Jospin nous a entraîné dans cette spirale.
Tu accuses les militants d’avoir rejeté
ton autre façon de « faire de
la politique », en partant des citoyens
eux-mêmes, et en stimulant leur intervention
directe, concrète avec par exemple, les
assises pour la ville, la mise en place de l’Agora,
des commissions extra municipales ou les appels à
projet…
Je ne sais pas si tu as eu vraiment maille à partir
avec la section de Nanterre en 1995 et depuis au sujet de
la démocratie municipale. À l’époque
c’était Hervé Barbot le secrétaire
de section. Était-il un opposant si acharné
de la démocratie ? À lui de le dire et de
préciser les conditions du débat ! Mais si
tes relations étaient du même niveau à
Nanterre qu’à Suresnes, nous pouvons imaginer
les écueils. N’y avait-il pas à
ton niveau, erreur pédagogique de conception : j’élabore
et vous soutenez?
Mais quoi qu’il en soit de Nanterre et des
débats de l’époque, cette expérience
s’est depuis répandu conjointement à
la plupart des villes communistes sinon la totalité
sans que cela pose les mêmes problèmes.
La démocratie participative, c’est
novateur et méritoire. Mais pour être
honnête, tu devrais concéder que cette démocratie
participative a bien des limites. Combien
de participant au regard du nombre d’habitants ? Et
pour une bonne part, ne retrouves-tu pas souvent les mêmes,
notamment des camarades. Et quand la salle se remplit plus,
n’est-ce pas aussi le résultat des efforts
communistes ?
De plus, trop souvent, il s’agit pour les
citoyens de se voir présenter des choses déjà
décidées en petit comité.
a) Comme c’est le cas pour les attitudes de la municipalité
vis-à-vis de la grande question de La Défense.
L’action de la municipalité n’est pas
à négliger, loin de là, mais c’est
quand même extraordinaire de « convoquer
» les élus communistes
de Suresnes par téléphone et par le biais
d’une agence privée payée par la Mairie
à une réunion publique où la messe
est déjà écrite, il n’y a plus
qu’à la soutenir !
Dans cette affaire, l’équipe de Jarry se conduit
en vrai « polit bureau ».
Entre 500 et 800 personnes (selon la presse) au forum du
29 janvier c’est bien, mais comment construire ensemble
l’action ? Malgré nos demandes auprès
de Patrick et de Marie-Claude, il n’y a aucune prise
en compte.
b) C’est aussi le cas de l’adhésion à
la communauté d’Agglomération
du Mt Valérien avec Rueil et Suresnes où
la Mairie organise une réunion pour en débattre
avec la population, alors que tout est déjà
décidé depuis des mois et annoncé pour
janvier 2011 .
Aucun contact à ce sujet n’a été
pris avec les élus communistes de Suresnes déjà
plongés dans cette communauté dirigée
par Ollier/ Dupuy.
c) Enfin défaut encore plus majeur de cette
conception de démocratie participative,
c’est qu’elle n’est accompagnée
d’aucun effort à Nanterre et ailleurs
pour l’étendre aux salariés des entreprises.
Ainsi une usine peut fermer sans que les élus ne
tentent de mettre en route les collectifs régionaux
pour l’emploi.
Notons au passage que dans ta lettre tu n’évoques
jamais ces questions.
L’errance et l’aveuglement de l’enfermement
dans une tour d’ivoire:
Sans doute meurtrie par la chute de l’audience du
PCF, l’angoisse de la perte de la Mairie et les difficultés
à trouver un nouveau cheminement communiste à
la crise qu’il traverse dans le monde, tu manques
souvent de discernement et tu es avec d’autres, de
toutes les combines politiciennes avec la petite
gauche de la gauche, au présidentielles
de 2007 ou encore lors du dernier Congrès en décembre
2008 alors que les communistes décidaient
majoritairement de leur stratégie, tu créais
avec d’autre, 200 m plus loin, la Fase qui prend le
contre pied de ces décisions majoritaires.
Tu n’as jamais tort, c’est toujours
les autres camarades.
C’est cette pensé profonde qui te conduit
à prendre un ton de procureur pour avancer la sentence
: le parti n’est plus moteur d’audaces, de propositions
novatrices comme il l’a été dans le
passé, mais se révèle être un
frein aux réflexions, aux convergences nécessaires
pour dépasser le capitalisme. Exit, entre
autres, ses propositions de financement de la sécurité
sociale, la Sécurité d’Emploi et de
Formation, la création de Fonds régionaux
articulée au pôle Public Financier et à
l’exigence de droits nouveaux de gestion pour les
salariés et l’idée même
issue de ses rangs d’un rassemblement populaire majoritaire!
Le parti communiste existera sans toi:
Il tiendra en juin son prochain congrès pour transformer
son fonctionnement, dans un débat, ce que tu crains
visiblement.
L’avenir nous dira si tu utiliseras toutes
ton énergie contre le Parti ou si nous te retrouverons
dans l’action pour transformer la société
avec la mise en œuvre d’un rassemblement populaire
majoritaire, incluant, forcément, les formes organisées
que sont les partis politiques et donc si tu accepteras
de travailler avec le PCF qui est la seule force à
asseoir ton électorat dans la circonscription et
ainsi passer le témoin parlementaire de bonne façon.
Nous préférerions ce travail commun
plutôt que de te voir choisir la fuite en avant, destructrice
pour rejoindre au final, comme Jeannette Vermersch et beaucoup
d’autres, le parti de ceux qui se résolvent
à seulement cultiver leur jardin.
(1) Tout le monde
sait le rôle joué par Georges Marchais en faveur
de ce choix.
(2)
Députée de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine
de 1978 à 1986, Sénatrice des Hauts-de-Seine
de 1986 à 1997, puis à nouveau député
depuis 1997. Maire de Nanterre de 1988 à 2004.
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