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- Combat ouvrier pour les papiers:

2010, ici

Automne 2009, deuxième vague de luttes: ici

Les Chinois de France entrent dans la danse: ici

"Nos amours sont plus forts que vos haines": la manif-fleuve du 29 novembre 2009, ici

Fanta et Bengaly: leur histoire d'amour, une histoire de combat.

Lui: vient enfin de retrouver le chemin du travail, réintégré de haute lutte dans sa société de sécurité et vidéosurveillance, filiale de la RATP.

Elle:résiste toujours au harcèlement indigne, d'une petite

 

 
Grève pour les papiers, première vague( 2006-2008) ici
 

Combat pour les papiers: après l'impressionante démonstration de force de leur deuxième grand meeting de masse à Paris, presque totalement censuré par les media, dans leur neuvième semaine de lutte...

Les grévistes ne lâchent rien!

 

cheffaillonne qui a juré à son patron d' "avoir la peau" de la "pasionaria" noire au cœur rouge qu'elle fut, dans la grève de six mois, victorieuse, des femmes de ménages noires de Manet.

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"Assez de cette exploitation, de cet esclavage moderne que nous subissons", rugit le "vieux lion" Doucoure (ci-dessus) bonnet de laine musulman coiffant sa crinière grise, et badge rouge de la CGT fièrement arboré sur sa poitrine, comme une Légion d'Honneur gagnée au front par les ancêtres "Tirailleurs Sénégalais" de ces colosses combattants d'une grève colossale...

"La circulaire est floue, poursuit-il....Nous voulons une circulaire simplifiée...Le jour où nous avons commencé la grève, nous étions 1000 personnes...A présent, nous sommes plus de 6000...

Je tiens à vous le dire: il faudra être courageux... Continuons à nous tenir par la main!..."

La grande salle rugit - puis feule de plaisir quand Doucoure cède la place, et le micro, à la Chinoise Feng, petite boule d'énergie au visage illuminé par un perpétuel sourire, suivie par son ami Omar, du syndicat Solidaires, dont le gabarit, et l'éloquence, rivalisent avec le vétéran.

Une nouvelle fois, le long fleuve humain, longue foule d'hommes noirs à la large carrure frileusement emmitouflés dans leurs vêtements d'hiver, surgi du métro Porte de Choisy, emplit progressivement le vaste hall du gymnase Carpentier.

Sous les yeux de son camarade Olivier Villeret (CGT-RATP, un des principaux organisateurs des "piquets", ci-dessus), et avant de donner la parole à son ami Doucoure, "le vieux lion", l'infatigable coordinateur CGT de la grève, Raymond Chauveau (à g, lui tendant le micro) commencepar rappeler le chemin parcouru depuis la dernière vague de lutte (2008):

"Au plus fort de ce mouvement, nous étions 600 grévistes... Aujourd'hui, depuis le 12 octobre, nous sommes plus de 6000, dont 400 femmes du secteur de l'aide à la personne...Plus de 2000 entreprises sont concernées, dans 40 départements...Un mouvement inégalé, atypique, historique, du jamais vu en France comme en Europe...".

Onze syndicats et associations ont maintenant rejoint la CGT dans ce combat, où le Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), petite formation issue des noces de Mai 1968 et de la Révolution Culturelle Prolétarienne chinoise (dont le syndicaliste est "proche") conquiert ses titres de noblesse, ses militants discrets, modestes, et d'une détermination sans faille rivalisant d'énergie et d'efficacité enthousiaste avec une bonne poignée de communistes "officiels" de la CGT, eux aussi sur la brêche 24 heures sur 24...

"Ministre des expulsions, le ministre Besson a été obligé de bouger, poursuit Raymond, sous une salve d'applaudissements rythmés par les roulements de tambours africains et les cymbales chinois...Il a dû promulguer une nouvelle circulaire, le 27 novembre... Mais elle exclut les travailleurs au noir"- qui, à leur tour, sont entrés en lutte, massivement, rejoignant les "sans papiers"...déclarés sous de fausses identités...

"Maintenant, toute une partie du patronat est ébranlée..." - Après Sophie de Menthon, représentante d'une minorité humaniste du Medef, "ETHIC", Laurence Parisot elle-même, "la patronne des patrons", demande à présent au gouvernement qu'on en finisse, et qu'on régularise suffisamment de grévistes pour que le conflit cesse...Elle peut attendre...

"La circulaire Besson reste très insuffisante...Pas question d'aller déposer des dossiers en préfecture sur cette base", poursuit Chauveau, "A la neuvième semaine de grève, je sais que le mouvement traverse un moment difficile, mais il faut maintenant aller bousculer les patrons partout pour qu'ils prennent leurs beaux stylos et signent des certificats d'embauche (Cerpa)...6000 Cerpa pour 6000 grévistes! 6000 contrats de travail pour 6000 travailleurs régularisés, pérennisés...Renforçons la grève, renforçons les piquets!"

Le livre de référence sur ce mouvement.

Esquerré/Rondeau. Le Cherche-Midi éd. Disponible également auprès du site.

 
 
 
   

"En tant que Chinoise, je suis très fière, dit FENG...Pour la première fois en France, les travailleurs chinois sont là...680 grévistes actuellement!...Nous ne voulons pas travailler au noir toute notre vie...Nous voulons nos droits de travailleurs!"

Succédant à Feng (à sa droite sur la phoro ci-contre à g.), et à Anna Azaria, du mouvement Femmes Egalité, pilier, elle aussi, de ce combat, Grace, une ronde africaine au large sourire, dotée d'un puissant talent d'orateur, est la porte-parole, ce soir, des femmes travaillant au noir qui ont rejoint, en nombre, le mouvement.

"Vous êtes forts!", commence-t-lle. "Vous connaissez vos droits - les droits qui existent en France...Mais nous, nous n'avons droit à rien! Pour nous, c'est "grever" (fairela grève) ou crever!

On nous soutient, c'est bien. mais quand quelqu'un te soutient, aide-le à te soutenir...Aidons toutes les associations qui nous rejoignent (SOS-Racisme, Syndicat de la Magistrature, etc) à rester unies dans ce soutien!...Dans l'unité et le respect: ces deux choses font partie de la vie...

Nous bossons dans des conditions inacceptables, nous bossons comme des esclaves, mais nous ne sommes plus au temps de l'esclavage: l'esclavage, c'est fini! On veut avoir des logements comme tout le monde! Être nourries comme tout le monde!

Camarades, j'ai un message pour vous: mettons tous la pression sur nos employeurs pour obtenir des certificats (de travail et d'embauche:CERPA)! Et quand nous les aurons, tous ces CERPA, n'allons pas les remettre en préfecture, allons tous les ramener à la CGT!"

Ravie, mais impassible sous l'ovation qui déferle, elle conclut de sa voix puissante qui résonne sous la haute voûte: "Que la Paix de Dieu soit sur vous! Que la Paix de Dieu soit

sur la France!" Tonnerre d'acclamations, tambours, djembe, et sifflets d'arbitre à roulette...De jeunes noirs déchaînés se tenant par la main, par grappes, esquissent des pas de danse...

Ce n'est pas un meeting ordinaire. Après Grace, (ci-dessus) la parole est à Emmanuel Terray, vétéran de mai 68 passé par la (maoisante)"gauche révolutionnaire" du PSU et tant d'autres expériences, indéfectible soutien des luttes des immigrés, même à l'époque de SOS-Racisme, l'un des premiers à s'être tourné vers les Chinois des collectifs, et ravi de revoir le mouvement revenir sur une base de classe (ci-dessous): "Monsieur Besson ne l'a pas encore compris: il ne s'agit en rien d'une question d'immigrés! Puisque vous vivez et travaillez parmi nous depuis des années! Il s'agit d'un conflit du travail!"

 

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- Après Terray (ci-dessus), Francine Blanche, la dirigeante confédérale de la CGT qui suit personnellement le mouvement depuis le début, fidèle au mandat qui lui a été confié par l'organisation. Sans que sa présence permanente, aussi attentive et appréciéee soit-elle, parvienne à faire oublier, ce soir, l'absence de Bernard Thibault et des principaux dirigeants confédéraux d'une CGT certes, à la pointe de la lutte, mais seulement dans la foulée d'un noyau de cadres syndicaux de la région parisienne dont Chauveau et Villeret (déjà cités), Richard Delumbee et ses amis de l'UL-CGT Montreuil et de l'UD-CGT93, ou encore Patrick Picard, Bob, et la fidèle et discrète Geneviève Sicot , de l'UD-CGT 75, Karl de la CGT du commerce, Fabienne et Laurent, de l'UL-XVIIème, ceux du SGLCE-CGT et tous les autres, mais où la portée réelle de ce mouvement "hors normes", internationalement exemplaire, ne semble toute fois pas complètement mesurée et surtout prise en compte... Même si le soutien financier de toute la CGT, y compris ses puissantes "baronnies" fédérales ou régionales pourvoit au "nerf de la guerre" depuis le début, au prix de choix courageux, ce qui n'est pas rien...

Pour tenir encore, s'il le faut, des semaines voire des mois entiers, pour aller jusqu'au bout, jusqu'à la victoire, ce mouvement doit se donner encore d'autres armes. Tout en persévérant sur ses fondamentaux et en continuant à s'élargir en tache d'huile, avec toute la patience et la persévérance nécessaire..

Bien compris dans l'opinion publique, incontestablement populaire, il ne mobilise pas encore suffisamment cette popularité autour de lui - comme on a pu le voir porte de Choisy, où la discrétion des élus communistes de Paris n'avait d'égal que celle du NPA, présent pour le principe, en l'ansence du facteur, des étudiants progressistes, gauchiste, voire "marxistes-léninistes" de Nanterre ou Saint-Denis, par exemple. Globalement, la présence active de travailleurs ou d'intellectuels "blancs", précieuse, reste trop marginale.

Sans donner, bien entendu, de leçons à personne, et surtout pas aux trop rares militants, exténués, qui assument un travail colossal, mais en s'autorisant insolemmment d'amicales remarques ou suggestions, une délégation, par exemple, de "roulants " du RER actuellement en grève pour les salaires et le pouvoir d'achat, aurait été fort bienvenue

Elle aurait démontré un bond encore supérieur de la prise de conscience: puisque la CGT-RATP, par exemple, soutient fortement les grévistes sans-papiers, dont beaucoup assurent, en sous-traitance, ou par le biais de l'intérim, les travaux les plus difficiles de nettoyage, d'entretien, et de ...video-surveillance, sans lequel aucun RER ou métro non plus ne roulerait.

Symétriquement, une délégation de Noirs et de Chinois en lutte pour les papiers sur les sites de grève du RER contribuerait aussi à rendre encore plus visible, plus physique, la reconstruction en profondeur d'une unité de classe dans un monde du travail éclaté par la précarisation, la sous-traitance, et toutes les formes de flexibilité capitaliste - véritable RENAISSANCE dont ce conflit extraordinaire démontre de façon éclatante la possibilité.

Plus généralement, si la mobilisation des comités de soutien de quartier autour des piquets de grève ou des sites occupés, précieuse, ne faiblit pas, la mobilisation des personnels des entreprises gagnerait à être encore plus manifeste, et plus active - pétitions sur le lieu de travail, visirtes de délégations de grévistes sur les sites...

Enfin, à l'approche des élections régionales de mars 2010, rien ne doit être fait qui freine, si peu que ce soit, une dynamique de "Front de gauche" élargi en front large, en rassemblement populaire et citoyen ouvrant sur une transition post-capitaliste, dans la perspective d'une victoire progressiste en 2010 débouchant sur un bon coup de chasse d'eau, deux ans plus tard,à peine, à l'occasion de la Présidentielle de 2012, où le pouvoir peut encore être abattu...

Cela ne signifie nullement, comme semblent déjà le penser quelques calculateurs de second rang à visées bassement électoralistes, qu'ils faudrait que la grève en cours, baisse d'un ton.

Bien au contraire: ce mouvement, qui reçoit l'assentiment de quatre français sur cinq, est et reste largement populaire.

Aux tentatives malsaines d'opposer "Français de souche" et immigrés ou fils, voire petit-fils d'immigrés, "immigrés de souche", voire "indigènes", il oppose une réponse de classe, unificatrice, qui est ausi une réponse humaine, sur des valeurs de fraternité qui font l'identité du peuple de France, avec la Liberté et l'Egalité, républicaines.

C'est cette logique qui doit peser sur le débat électoral! Et pas le contraire. Et y peser, donc, dans le bon sens. Elle est gagnante!

Enjeu, au-delà du succès de cette vague de grèves coordonnées, exceptionnelle, et au-delà d'une perspective électorale, elle-même souhaitable, "l'extension du domaine de la lutte" aux couches les plus opprimées, les plus exploitées, et, jusqu'ici, les moins syndiquées, mais aussi les moins votantes, parce qu'éclatées en mille statuts distincts, hiérarchisés, et dispersés, du monde du travail réel, plus large encore que l'officiel "salariat".

Mercredi 16 décembre 2009, 22 heures

JPC

 

OUVRIERS "SANS PAPIERS":

LES CHINOIS DE FRANCE

ENTRENT DANS LA DANSE

Première vague: ici

"Nos amours sont plus forts que vos haines!"...

- Paris, 29 novembre 2009 -

La Chinafrique de France est annoncée

Nouveaux textes, nouvelles photos : le sujet "Paris 29 novembre, la Chinafrique de FRANCE est avancée" est désormais en ligne, depuis lundi 30 novembre.

S'y reporter par clic ici!...

   
"J'aime la France, je veux rester vivre en France...Nous avons besoin d'un titre de séjour", lit-on sur la pancarte brandie par cette jeune travailleuse chinoise (ci-dessous) venue, ce 26 novembre 2009, manifester avec la CGT devant le ministère du Travail, et chaleureusement escortée par la "garde noire" à drapeaux rouges du prolétariat africain de France, en lutte, comme elle et ses compagnes de grève, "pour les papiers et pour la dignité". - Qui parle à ces jeunes femmes le sait: il s'agit bien, M.Besson, d'amour de la France, et non de demander à notre beau pays d' "accueillir", selon l'hypocrite et fausse expression du "parpaillot" Rocard, "toute la misère du monde". - Car la force de travail "noire" ou "jaune" clandestinement et méthodiquement importée selon la loi secrète d'accords d'Etat à Etat par quotas,  

ne choisit pas "librement" de venir se louer ou se vendre "librement" (au sens de "libre échange"...) - marchandise nomade à forme humaine qui se rirait, comme par miracle, des hautes technologies sécuritaires ou policières pour franchir les frontières en douce....

Comme la "contrebande" de la drogue, ou les armes,"l'immigration clandestine" des "sans-papiers"est parfaitement sous contrôle du capitalisme d'Etat.

Il poursuit de façon cohérente une stratégie "immigrationniste" d'importation de main d'œuvre à bas prix. Noyé sous un creux babillage, l'objectif est transparent: faire pression, à la baisse, sur les salaires et les statuts, Une stratégie économique parfaitement claire, qui masque à peine un autre objectif, lui, politique, constituant à dresser, comme jadis l' ouvrier "gaulois" contre l' "Arabe", aujourd'hui le "blanc", européen ou même maghrébin ("intégré") contre la colère noire, déjà présente et bien présente dans le soulèvement des jeunes "desperados" à capuche de décembre 2005, brûlant des établissements scolaires devenus, pour ces "ados" majoritairement africains, et majoritairement "décrocheurs" (ou "décrochés"...) de collèges ou de lycées dégradés en symbole de mépris, raciste, et d'exclusion - mépris, exclusion ou haine qui, l'expérience de terrain le démontre à l'envi, ne sont pas seulement le fait d'enseignants ou de surveillants "français de souche", mais peuvent opposer (plus souvent qu'on ne le croit, et les media "immigrationnistes" le taisent) fils d'ouvriers arabes ou berbères, progressivement intégrés dans les structures de domination de l'Education nationale, et jeunes "Mamadou" couleur d'ébène jugés "turbulents" ou "négatifs" parce qu'ils opposent une force rebelle à la morgue de"sachants" pas tous"de droite" mais quelquefois, hélas, proches d'une frange prétendûment "ultra-laïque" du Parti socialiste, des dernières mouvances sectaires du Parti communiste, ou même du NPA.

Dans ce contexte, en proclamant, sous l'œil approbateur des plus avisés des militants CGT "blancs" ou "noirs" qui encadrent le mouvement, leur amour de la France, "pays de Victor Hugo et de la Liberté", "pays du général de Gaulle, qui a reconnu le premier la Chine de Mao" - et terre qui donna sens, et sang, au drapeau rouge, à portée de canon de La Bastille -les jeunes chinoises au regard rieur et au mental d'acier qui, sur le chemin tracé par les mineurs marocains des houillères du nord, en 1971, puis les grèves de la faim des ouvriers immigrés "maos" des années Pierre Overney (1972-1977), revendiquent "la carte de séjour", payent ou veulent payer "des impôts, comme tout le monde", et veulent bénéficier de droits, "comme tout le monde", ne revendiquent nullement, au nom d'un milliard de Chinois, dont elles seraient l'avant-garde, une "libre circulation" mondiale de la "force de travail" jetant aux oubliettes le droit de "vivre et travailler au pays" (et d'y retourner dès que possible...).

Pas plus que la "garde noire" ,en général malienne, à la pointe de ce combat comme de celui des "mal logés" ne renonce, en s'intégrant au combat démocratique de la classe ouvrière de France pour la défense et l'amélioration des salaires et statuts, à la lutte politique des peuples d'Afrique de l'ouest contre le pillage néocolonial des réseux de la "Françafrique", source de la misère et de la désespérance des villages comme des bidonvilles, donc d'une immigration vécue comme un exil nécessaire, mais toutde même un exil, c'est à dire un arrachement.

En rendant plus coûteuse, et plus coûteuse, sur le plan politique, aussi, l'"immigration choisie" de longue date par le "social-libéralisme", la "force tranquille" aujourd'hui bariolée de façon baroque d'un peu de jaune sur fond noir du mouvement des ouvriers immigrés pour les papiers freine aujourd'hui la nouvelle traite négrière que dissimule le discours compassionnel sur "la misère du monde" dont on voit en réalité comment elle se trouve "accueillie".

Sous l'impulsion de cette "autre" culture de lutte qu'exprime le langage de l'islam sonninke, peul, ou bambara, comme le christianisme animiste du Cameroun ou de la Côte d'Ivoire - ou le mandarin moderne de la Grande Chine Rouge des Temps Modernes, dont les fondateurs historiques (à l'exception de Mao, "long-marcheur" mais peu voyageur) firent leur classe d' "immigrés chinois de la première génération" couvés par le mouvement communiste prolétarien de l'époque, à l'image du fin Zhou Enlaï et du "petit Deng", entre Paris et Montargis - la longue grève de plus de 5000 prolétaires sans-papiers, francs-tireurs d'un combat plus global de la classe ouvrière, travaille en profondeur la société française.

Elle y crée une condition essentielle à la renaissance d'un peuple, désormais multicolore, sur fond blanc, qui, allant de ce fait à l'essentiel, redevient sujet social majeur, uni et dynamique, maître de son agenda, qui n'est pas d'abord électoral, de ses mots d'ordre, et de leur cadence: un peuple.

Mais ce mouvement de grève exceptionnel mûrissant par vagues longues et lentes aura aussi des effets en retour "au pays" - et d'abord en Afrique, les jeunes avant-gardes politiques forgées, en terre de France, au sein de ce combat qui dure, vont bientôt pouvoir mettre l'ancienne métropole devant un choix très clair:

- 1. suivre la "voie chinoise" par un type radicalement nouveau d'accords de coopération économique "gagnant-gagnant" troquant, sans échange monétaire ou presque, donc, sans corruption (ou presque) l'accès aux matières premières stratégiques comme, pour le Mali, l'or (jaune ou "blanc": coton), de plus en plus, l'uranium (présent dans les mines d'or), et, demain, le pétrole, contre des investissements directs en infrastructures d'abord énergétiques (aujourd'hui encore, dans un taudis du quartier de Château Rouge, à Paris, près de Barbès, une africaine malade, mère d'une grande figure de lutte des "sans-papières", mais aussi du combat des mal logés, ne survivant qu'à l'aide d'un appareil d'assistance respiratoire branché sur le courant, se bat avec l'énergie du désespoir contre une expulsion qui, pour elle, signifierait la mort vu les pannes électriques incessantes n'épargnant pas les hopitaux de Bamako...)

-2. ou, si si notre pays, négligeant l'opportunité paradoxale de la présence actuelle, sur son sol, de ces nouvelles avant-gardes politiques africaines dopées par le combat "pour les papiers", qui, leur donnant l'amour de la "France des luttes" et la fierté d'en être, ne rêvent que de nouvelles relations, cette fois égalitaires, avec l'ancienne puissance dominante, laisse passer cette chance pour ne servir que les appétits de prédateurs avides à la vue courte, qu'ils s'appellent Bouygues ou Bolloré, la Chine, elle, ne laissera pas passer l'occasion. Et elle aura raison!

Vendredi 27 novembre 2009. 20 heures. Jean-Paul Cruse

 

 

 

 

Grève des ouvriers "sans papiers" pour le respect et pour la dignité: nouvelle vague de lutte

- ...mettant en scène un millier de nouveaux grévistes, dans de très nombreuses entreprises qui n'avaient pas encore été touchées par ce mouvement exceptionnel, de portée hustorique, inédit en Europe et, vraisemblablement, dans le monde.

Le mouvement bénéficie, cette fois,d' un soutien élargi: de la CGT appuyée par "Droits Devant!", le PCF et le vaillant petit PCOF, à une impressionnante liste d'associations et syndicats, dont la Cimade, présidée par le représentant d'une "grande famille" d'une des dernières dynasties industrielles françaises, Patrick Peugeot, digne représentant de la frange progressiste de la HSP (la Haute Société Protestante...), co-signataires d'une lettre au ton plus que ferme adressée au Premier ministre en titre, François Fillon, pour qu'il mette fin au scandale que constitue cette forme perverse d' "immigration choisie", de type néo-esclavagiste et néo-colonial, que constitue la cynique gestion des filières "clandestines" d'immigrés "en situation irrégulière", chair à travail exploitée comme du bétail, surexploitée, et désormais en rébellion ouverte dans un puissant mouvement prolétarien vigoureusement soutenu par le cœur même de la classe ouvrière de France, "gauloise",et "blanche" - qu'il s'agisse des syndicalistes CGT de la RATP, d'EDF, du Bâtiment Travaux Publics (BTP), de la Sécurité (vigiles privés), du Livre et de la Communication Ecrite (SGLCE), ou de l'automobile...

 

Comme leurs frères et sœurs d'Afrique Noire ou du Maghreb, qui leur ont frayé la voie, les aspirant, en grand nombre, vers les permanences militantes de la CGT, ou, quelquefois, de SUD, les prolétaires chinois de France, jeunes femmes en tête, et jeunes hommes aussi avides de régularisation, de reconnaissance, et du papier magique portant le beau nom de "carte de séjour", un des mots, encore peu nombreux, qu'ils ont appris à prononcer dans un français parfait, sortent à leur tour des catacombes où une véritble "armée de l'ombre" d'un prolétariat d'origine étrangère, importé "hors douane" comme vulgaire marchandise, invisible, et jusqu'à ce jour du moins, muette, sont passés à l'actionen cette fin octobre.

Tout commence à Rosny-sous-Bois (ci-dessus), au siège du MEDEF 93, l'organisation patronale qui, feignant de ne rien voir, contrôle en fait les négriers spécialisés de la sous-traitance ou de l'intérim, et jusqu'aux cuisines où besognent, comme dans d'obscurs ateliers de confection, les proétaires chinois sans papiers, maisavides de dignité, qui payent impots, charges et cotisations de retraite, comme tout le monde, sous des identités d'emprunt (pas comme tout le monde), et qui en ont assez d'être surexploités.

Discrètement, les éclaireurs de la CGT, hommes et femmes, noirs et blancs, et, quelquefois, retraités au sage profil de "papys", avaient préparé le terrain au commando qui, un premieer jour, se rassemble à la gare RER toute proche, mais renonce in extremis à délencher l'opération,quelques "camarades chinois" s'étant perdu en route, et le seuil fatidique des 50 étant loin d'être atteint.

"Lutte, échec, nouvelle lutte, nouvel échec, et cela jusqu'à la victoie définitive", disait ce "Président Mao" que, contrairement à une légende médiatico-gauchiste typiquement occidentale, nombre de ces immigrés clandestins venus de la Grande Chine révèrent encore à ce jour comme le Grand Fondateur, celui qui a remis la Chine "debout" ("fanshen"), jetant les bases de l'actuelle et spectaculaire "émergence" d'une "société d'harmonie" à "capitalisme d'etat sous dictature du prolétariat" - notion bien compliquée pour les dialecticiens paresseux de nos petits journaux...le lendemain, donc, rebelote: occupation sans coup férir des locaux patronau, jusqu'à ce que la police, un tantinet surprise, vienne faire exécuter un ordre d'évacuer "dans le calme et la dignité", en rangs serrés mais sans chanter "L'Orient est Rouge", sous la sage conduite d'un de ces "maos" de l'époque (française) des gardes rouges qu'est le sympathique Richard Delumbee, secrétaire de l'Union Locale CGT de Montreuil (93), maître de cérémonies du jour...

Une (rapide) "longue marche" conduit les "camarades chinois" vers Billancourt, où, du temps où Renault y avait sa première grande usine, y jetant les bases de l'infernal "taylorisme" importé des Etats-Unis sous le nom de "fordisme" sous l'influence du nazi Ford, des étudiants chinois aux papiers eux aussi...discutables guidés par l'immortel Zhou Enlaï et "le petit Deng" y créaient les premiers réseaux dans la diaspora du Parti Communiste Chinois (PCC). Billancourt, ou, comme on dit aujourd'hui "Boulogne-Billancourt", rue de Bellevue (métro Pont de Sèvres), où une grève "pour les papiers et pour la dignité" de plusieurs dizaines d'ouvriers d'Afrique noire du secteur de la restauration industrielle (Sogeres, filiale de Sodexho) semble pouvoir offrir aux jeunes chinois en grève errante une "base d'appui" (et de repli) sûre...

Las, à Rosny, la police, à (Boulogne) Billancourt, les vigiles...C'est donc dans le quartier de la Madeleine, dans les locaux eux aussi occupés par un bataillon de l'"armée noire" arborant les rouges calicots dela CGT que notre journaliste a pu enfin retrouver les "Chinois de France en lutte" de Rosny. Pure interprète, porte-parole du groupe encore imparfaitement mêlé aux Africains, ou discrète dirigeante des opérations, une jeune femme accueille le visiteur avec le sourire. "C'est la grève", dit-elle. "Pour la carte de séjour". Nouveau sourire, rimant avec le mot-sésame. - Une photo? Pourquoi pas. Elle se retourne et reparaît, badge CGT rouge vif collé à la place du cœur. On peut regarder, mais, bien entendu, pas toucher - ni la photographier avec le badge. Mystères de l'Asie militante, subtile, complexe et raffinée. Ce dimanche 25 octobre 2009, elles et ils s'apprêtaient à dormir là, à même le sol, en compagnie de leurs compagnons gardes du corps à peau noire aux carrures imposantes, casquette-para rouge à longue visière vissée sur le crâne -à deux pas de l'Elysée,à trois du Ministère de l'Intérieur, à portée de pistolet de la Cour des Comptes ou du Ministère de la Justice, place Vendôme, à porté d'AK 47 (la version... chinoise de la célèbre kalachnikov...) du Palais Bourbon, où siège notre vénérable Assemblée Nationale.. (à suivre...)

Feng, 35 ans,

"la reine de la Fafih",

(ci-dessus avec un ami également gréviste) devant les locaux de la FAFIH (institut patronal de formation du secteur de l'hôtellerie restauration situé dans les beaux quartiers de Paris, à deux pas de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur). Occupé par le premier groupe de sans-papiers chinois ayant rejoint une grève jusqu'alors essentiellement africaine, dont elle est l'interprète et la porte-parole, pour ne pas dire l'animatrice principale, l'endroit et devenu le cadre d'une une cohabitation fraternelle avec des grévistes d'Afrique Noire, qui l'ont surnommée "la reine de la Fafih", lui manifestant affection et respect.

C'est ...son patron qui a mis en contact avec la CGT cette enseignante chinoise de 35 ans immigrée en France qu'il cherchait à régulariser, et dont la préfecture rejetait la demande....

 

 

 
AFP
12/10/2009 Plus d’un millier de salariés sans-papiers ont entamé aujourd’hui une grève coordonnée et l’occupation de plusieurs sites à Paris, dont le siège du patronat des travaux publics (FNTP) pour exiger l’application identique pour tous des critères de régularisation par le travail, selon des sources concordantes.
"On a plus d’un millier de travailleurs sans papiers en grève, regroupés sur six sites", a indiqué à l’AFP Raymond Chauveau, qui pour la CGT coordonne ce mouvement, avec le concours de Solidaires (syndicats Sud) et le soutien de neuf autres syndicats et associations, dont la CFDT et la Cimade.
Dans une récente lettre au gouvernement, ces syndicats et associations ont pointé les blocages qui "persistent voire grandissent", faisant obstacle selon eux à une application égale pour tous des textes permettant la régularisation par le travail, et livrant les travailleurs concernés au règne de l’arbitraire.
Selon M. Chauveau, environ 160 se sont regroupés 9 rue de Berry (VIIIe) au siège de la fédération patronale des travaux publics (FNTP), qui a confirmé à l’AFP qu’"une centaine de travailleurs avaient investi pacifiquement son hall d’entrée vers 10h00".
Dans le même arrondissement, selon M. Chauveau, une cinquantaine de travailleurs sans-papiers occupaient également les locaux d’un organisme de formation professionnelle de la restauration, le Fafih, 3 rue de la Ville l’Evêque, ce qu’une source proche a également confirmée.
Dans le XVIIe arrondissement, environ 350 intérimaires sans-papiers ont entamé l’occupation de trois agences, à l’enseigne CRIT et Synergie rue de Rome, tandis qu’une centaine d’autres se sont installés dans les locaux du groupe Samsic (propreté) rue des Combes. La direction de Samsic n’était pas joignable dans l’immédiat.
Les ouvriers sans-papiers de deux chantiers, une cinquantaine sur un site en démolition rue Lapérouse (XVIe) et une trentaine à Massy sur un site sous-traité par le groupe Bouygues à la société GCC ont également débrayé, selon M. Chauveau.
   

Une déclaration de la CGT


Plus de 1000 salarié(e)s sans papiers du nettoyage, de la sécurité, de la restauration, de la construction, de l’intérim en grève depuis ce matin, 12 octobre 2009 avec le soutien de onze organisations syndicales et associatives .

" Dans la suite du mouvement du 15 avril 2008, plus de 1000 salarié(e)s sans papiers du nettoyage, de la sécurité, de la restauration, de la construction, de l’intérim se sont mis en grève depuis ce matin, 12 octobre 2009 dans leur entreprise ou leur secteur d’activité, pour gagner leur régularisation et l’amélioration de leurs conditions de travail.


Parmi eux, des salariés de grandes et de petites entreprises, mais aussi des salariés individuels de très petites entreprises usent de leur droit constitutionnel à la grève.


Devant les blocages persistants, l’arbitraire préfectoral et les discriminations dans le traitement des dossiers de régularisation des salariés, il faut qu’une circulaire définisse « des critères améliorés, simplifiés, appliqués dans l’ensemble du territoire national.

Cette circulaire doit garantir une égalité de traitement de chaque salarié(e) quel que soit son lieu de travail et à l’intérieur d’un même lieu de travail. Elle doit définir une procédure de régularisation sécurisée et standardisée quel que soit le département ».
C’est le sens du courrier adressé à M.François FILLON le 1er octobre par cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, Union syndicale solidaires, FSU, UNSA) et six associations (Ligue des droits de l’Homme, Cimade, Réseau Education sans frontières, Femmes Egalité, Autremonde, Droits devant).


C’est ce qu’exigent les salariés qui se sont mis en mouvement aujourd’hui.
Ils peuvent compter sur l’appui et le soutien de la Cgt.
Montreuil, le 12 octobre 2009

   
     
     
     
     

 

   
     
     

 

Lundi 12 octobre, 9H00 (photo ci-dessus) Dans le quartier huppé de la Porte Champerret (Paris XVIIème), à l'intérieur des les locaux de la société de nettoyage Samsic, sous-traitant, notamment, de la RATP, où fleurissent comme des coquelicots printaniers les drapeaux rouges de la CGT brandis par une foule imposante de grévistes à peau noire, soutenus par un dirigeant confédéral de la CGT, venu tout spécialement de Montreuil, Bengaly, casquetterouge de la CGT crânement vissée sur la tête, enregistre les signatures et les coordonnées de dizaines, voire de centaines, de travailleurs grévistes, originaires, comme lui, du Mali ou d'autres pays d'Afrique Noire, et comportant aussi quelques Maghrébins.

Nos lecteurs connaissent bien ce jeune enseignant malien devenu, en France, et sous une identité d'emprunt, ...agent de sécurité d'une filiale de la RATP. Harcelé pour avoir commis le crime d'amour irrégulier - il partage la vie de Fanta, figure de proue de la lutte exemplaire des femmes de ménage noires des grands hôtels employées par la société Manet, déléguée CGT de ce combat très dur qui a duré six mois, avec occupation des locaux jour et nuit par une poignée de femmes, aujourd'hui presque toutes régularisées et fières de l'être, mais toujours harcelées dans leur dur travail quotidien par une direction revancharde, qui a cédé devant le rapport de force, mais n'a pas pardonné - "Beng" a été arrêté par la police sur son lieu de travail une poignée d'heures après la victoire de Fanta, enfin régularisée mais aussitôt séparée de l'être qui lui est le plus cher. Une super-mobilisation d'une poignéed'élus communistes parisiens, de militants de gauche du XIème arrondissement, et de mères de familles d'Aubervilliers, voisines du couple, a permis d'arracher le jeune homme à la prison. Mais à peine avait-il retrouvé les bras de Fanta que "Beng", titulaire d'une autorisation de séjour et de travail d'un mois, avec permis de travail, se faisait licencier par son employeur - la préfecture ayant renouvelé l'autorisation provisoire de séjour, mais pas celle de travail! Ce militant combatif, toujours en lutte, avec l'appui de la CGT, pour sa régularisation définitive, et aujourd'hui activement solidairedes grévistes de Samsic, a profité, au passage, d'une brève parenthèse estivale, pour jeter, avec d'autres Maliens de France, les bases d'un nouveau mouvement politique pour le Mali - y compris les Maliens de la "diaspora" française, européenne, etmême américaine, le MPP.

Illustration complémentaire du harcèlement indigne qui continue à pourrir la vie des ouvriers "sans papiers", même régularisés de haute lutte, ce qui arrive maintenant à Fanta.

Toujours chez Manet,et toujours au combat, elle est menacée de licenciement sous des prétextes insanes.

Sa copine Maryam Traore, elle, la championne de basket du Mali devenue l'une des toutes premières grévistes de choc de la grève de Manet, continue à se battre, au côté d'amis africains expulsés d'un "squatt" du vingtième arrondissement de Parus en plein été, dont elle partageait la vie, et pour défendre sa mère malade, elle aussi sans papier, et menacée d'expulsion vers le mali, où elle n'est pas soignable...

 

(ci-dessus) "Monsieur le Premier ministre, plusieurs organisations signataires de ce courrier (...) s'étaient adressées à vous à la suite de la grève engagée le 15 avril 2008 par de nombreux travailleurs immigrés "sans papiers". Vous leur aviez répondu (...) que "le travail de concertation avec les organisations syndicales (...) qui accompagnaient ces demandeurs de papiers devait être développé pour trouver la meilleure solution (...)" et qu'il fallait "laisser à la loi le temps nécessaire pour trouver toute son application" (avant de) "faire examiner toutes les propositions (...)"au vu des résutats de cette politique".

Nous pensons que ce temps est venu." (...) Nous vous demandons que soit éditée une circulaire de régularisation des salariés sans papiers, qui permette d'en finir" (avec les) "blocages et discriminations constatées". "Cette circulaire doit définir des critères améliorés, simplifiés, appliqués dans l'ensemble du territoire national. (...)Elle doit définir une procédure de régularisation standardisée et sécurisée quel que soit le département" (...)

 

Le soutien de l'association AUTREMONDE


12 octobre 2009
Un millier de travailleurs sans-papiers en grève avec le soutien de onze organisations syndicales et associatives


Aujourd’hui, plus de 1000 salariés sans-papiers se sont mis en grève avec courage et détermination afin d’obtenir leur régularisation et de réclamer une circulaire de régularisation des travailleurs et travailleuses sans-papiers.
Avec le soutien de onze organisations syndicales et associatives, la Cgt, Solidaires la CFDT, la FSU, l’UNSA, la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, RESF, Femmes Egalité, Droits Devant !! et Autremonde, ces salarié(e)s, quelle que soit leur situation (seul(e)s ou collectivement dans leur entreprises, travailleurs et travailleuses au noir, intérimaires, licencié(e)s) ont décidé de sortir de l’ombre et d’occuper, en tant que grévistes, leurs entreprises et des lieux liés au patronat (FAFIH - OPCA de l’hôtellerie et de la restauration et des activités connexes -, Fédération Nationale des Travaux Publics, Entreprise SAMSIC, Agences d’intérim Synergie et CRIT).


L’association Autremonde intervient depuis quinze ans dans le domaine de la formation linguistique et de l’accès aux droits, dans les foyers de travailleurs migrants, lieux de vie de nombreux salariés immigrés, avec ou sans papiers.
Nous avons pu constater, comme beaucoup d’autres,

combien les travailleurs et travailleuses sans-papiers sont nombreux et indispensables dans certains secteurs de notre économie (bâtiment, travaux publics, nettoyage, sécurité, restauration, intérim, aide à la personne, agro-alimentaire, confection, …).


Pour la grande majorité d’entre eux, ils paient des impôts, cotisent à toutes les caisses de solidarité (retraites, sécurité sociale, ASSEDIC,...) mais risquent quotidiennement l’expulsion.
Ils font bien souvent le travail que personne ne veut faire dans des conditions très pénibles.


Grâce à la grève de nombreux travailleurs immigrés sans-papiers enclenchée le 15 avril 2008, 2500 de ces salariés ont été régularisés.
Malheureusement nous constatons aujourd’hui de nombreux blocages et de multiples discriminations en préfecture. Le problème est loin d’être réglé.
Nous sommes face à une réalité économique et il nous semble nécessaire que des solutions soient trouvées rapidement.
Autremonde s’engage aux cotés de tous les salariés sans-papiers qui se sont mis en grève aujourd’hui et aux cotés de ceux qui rejoindront le mouvement.
Nous appelons tous les citoyens à venir les soutenir sur leurs lieux de grève.
Comme nous l’avons déjà notifié dans une lettre adressée au premier ministre le 07 octobre 2009, avec nos partenaires associatifs et syndicaux, nous souhaitons que soit éditée une circulaire qui permette la régularisation des salarié(e)s sans-papiers quel que soit leur statut, leur situation, leur nationalité et leur secteur d’activité.
Cette circulaire doit définir des critères améliorés, simplifiés, appliqués dans l’ensemble du territoire national. Elle doit garantir une égalité de traitement de chaque salarié(e) quel que soit son lieu de travail. Elle doit définir une procédure de régularisation sécurisée et standardisée quel que soit le département.
Autremonde 30 rue de la Mare 75020 Paris 01 43 14 96 87 www.autremonde.org

Fanta, figure CGT de la grève de six mois "pour les papiers et pour le dignité" des femmes de ménage noires de la société Manet, victorieuse, est menacée par l'employeur, revanchard: document ci-dessus. Sa réponse, et la lettre à l'Inspection du travail, élargie au harcèlement touchant les autres rescapées de la grève: ci-dessous.

 
   
     
     
     

 

 

 

 

 

La Défense

Le "donneur d'ordres",

c'est BOUYGUES!

A l'approche des élections régionales de mars 2010, qui s'annoncent, pour le pouvoir, plus difficiles que prévu, rouvrant le jeu des Présidentielles de 2012, et rendant l'ouverture d'un vrai débat de masse sur le contenu d'une transition "post-capitaliste" adaptée aux enjeux de la période plus urgente que jamais, la "troisième vague" de grève des ouvriers d'Île de France "pour les papiers et pour la dignité" atteint l' instant crucial.

Dans un mouvement touchant plus de 5000 grévistes éparpillés en une multitude de sites et d'entreprise, qui fait tache d'huile, mais lentement, et tarde à s'étendre aux grandes métropoles régionales où la mobilisation des structures de la CGT reste très inféreure à ce qu'elle est en région parisienne, malgré tous les efforts faits pour étendre et diversifier l'action, ce sont toujours, les ouvriers d'Afrique Noire en France et leur avant-garde malienne, héritière des intrépides "tirailleurs sénégalais" de l'Empire français, des colosses eux aussi des mêmes régions dont les petits enfants son devenus "chair à travail" des multinationales à base française de l'actuel système néo-colonial comme leurs anciens avaient été "chair à canon", qui mènent la danse. Hautement symbolique, le renfort grandissant des ouvrières et des ouvriers chinois de la confection ou de la restauration nuance un peu le tableau, sans bouleverser la donne.

Superbe, la lutte reste, donc, difficile.

D'autant que le soutien des ouvriers "gaulois", indispensable, se limite toujours à l'inlassable et chaleureuse activité d'une poignée de militants des Unions Locales CGT de Massy (91) autour du PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France,marxiste-léniniste), de Montreuil (93) autour de rescapés de la Gauche prolétarienne (maoiste), de la CGT-RATP, animée par la crème des militants du PCF comme leurs camarades d'EDF ou du Livre (SGLCE-CGT), sans oublier l'UD 75 (Paris) autour de Patrick Piccard et de Geneviève - ceux-là même que les gauchistes et la bande à Badiou, prétendûment maoiste, avaient traité de "fascistes" quand ils avaient récupéré, par les moyens traditionnels de la lutte prolétarienne, et pour pouvoir préparer tranquillement le déclenchement de cette "troisième vague", leurs locaux syndicaux squattés sur une habile manœuvre de la Préfecture de police, manipulant trop facilement quelques têtes brûlées du mouvement des "sans papiers", infiltrés, au passage, par une poignée de trafiquants de drogue manipulés, eux, par les "Stups" pour le compte des RG...

C'est dans ce contexte, donc, que le ministre du Travail Xavier Darcos, un littéraire du pays de la truffe et des cochons sauvages à groin noir un peu perdu dans un secteur qu'il connaît mal, a cru le moment venu de secourir son collègue embourbé, le renégat Besson passé du Socialisme mou au Sarkozisme dur du ministère "de l'immigration et de l'identité nationale" devenu le quartier général d'une vaste opération de division crypto-lepéniste en perspective des régionales.

Objectif de Besson:déporter le débat sur la question de l' "immigration", en général, associée, de préférence, à celle des "djeunes", "barbares de la banlieue", insécurité etc.

Objectif de Darcos, complémentaire: "cibler" les méchants "patrons voyous", les "négriers", coupables de l'organisation de "filières clandestines d'immigration sauvage", et à qui sont promis, à grands effets de manche, tous les tourments de l'enfer.

En allant aussitôt réoccuper, ce 23 novembre, le grand chantier Bouygues de la Tour First de La Défense (ex tour Axa, à deux pas de l'ex-tour Elf, au cœur des richissimes Hauts de Seine), la Garde Noire aux étendards rouge vif d'Olivier Villeret (CGT-RATP, détaché à l'UD 75 pour tout ce cycle de luttes), a remis les pendules à l'heure.

Cette "guerre des papiers" ne touche pas, à la marge du "capitalisme normal", légal, quelques entrepreneurs plus ou moins folkloriques ou plus ou moins douteux de secteurs périphériques à la grande industrie, comme la restauration, le gardiennage, ou le nettoyage.

Ce sont les plus prestigieuses - et les plus florissantes - multinationales à base française d'industries stratégiques, comme ici le BTP dans le secteur de la Défense bien connu du Président de la Ripoublique, de son fils et de son "parrain" Balkany, ce sont les Martin Bouygues et cie (lui-même P-dg fils à papa comme les autres protecteurs du Président, Lagardère et consorts, tout le "gang de Neuilly"...) qui, ne se contentant pas de se "faire du beurre" sur les grands chantiers internationaux, notamment africains, veulent aussi l' "argent du beurre" en important pour leurs chantiers dans l'hexagone, non délocalisables, une main d'œuvre à bon marché - qu'ils pensaient surexploitable à merci, mais qui maintenant prend le chemind'une vaste révolte touchant potentiellement des centaines de milliers de prolétaires des temps modernes assoiffés de reconnaissance, de sécurité du travail, de l'emploi, du salaire, et, donc, de dignité.

On comprend l'acharnement du renégat Besson à satisfaire, pour cet enjeu énorme, les nouveaux maîtres qu'il a choisi de servir - - à qui, pourtant, deux septennats de "socialisme" à la sauce "Françafricaine" n'avaient guère fait d'ombre...

On comprend la vitesse avec laquelle le "donneur d'ordres" Bouygues, manipulant une chaîne de sous-traitants et de "marchands de viande" de l'intérim s'est transformé en "donneur d'ordres" de la police de son cher-voisin-et-ami de Neuilly, obtenant en une poignée d'heures et pour la deuxième fois une évacuation expresse de son chantier de La Défense par les casqués en bleu de Neuilly-Hortefeux, sous-ministre du Président Sarkozy de Neuilly Bogsa.

On comprend moins que, dans certains cercles de la CGT fleurisse la double tentation d'un freinage du conflit pour ne pas gêner une victoire socialiste aux régionales, associée à une fuite en avant verbale, qui masque cette retraite sous la flamboyante revendication de "libre circulation pour tous", ouvrant encore plus largement les vannes de la nouvelle traite négrière que constitue une immigration depuis longtemps "choisie", qui n'est nullement le mouvement spontané d'une jeune "force de travail, libre", choisissant "librement" de ne plus "vivre et travailler au pays", mais de s'arracher de ses racines et de sa culture pour venir offrir, à très bas prix, au patronat de l'ancienne? métropole coloniale la plus essentielle richesse de son continent d'origine, qui n'est pas constituée par l'or,le pétrole, ou les autres matières premières, mais par l'énergie potentiellement productive et l'énergie de lutte de sa jeunesse - privant les pays les plus dominés, les plus pauvres, au seuil de l'émergence, sur les pas de la Chine, de leur "ressource humaine" - leur"capital travail" - et d'une grande force politique.

 

Pour vaincre, ce mouvement doit rester sur ses fondamentaux.

Il ne s'agit nullement d'un mouvement d'immigrés pour toujours plus d'immigration, c'est-à-dire toujours plus d'exploitation, ici comme dans les pays d'origine.

Il ne s'agit pas d'un mouvement de "sans papiers", réclamant "des papiers pour tous" dans un monde idéal sans classes et sans frontières, à l'horizon du dépérissement de l'Etat, du communisme des Pères.

Il s'agit d'un mouvement d'ouvriers, de travailleurs, et, au sens le plus noble et le plus précis du terme, de prolétaires revendiquant leurs droits de prolétaires, les droits les plus élémentaires: et d'abord celui de ne plus vivre en "clandestins d'Etat", importés de fait par l'Etat du capitalismed'Etat qui n'a même pas à organiser des "filières", mais simplement à "laisser faire" en espérant qu'au-delà de quelques protestations humanitaires et de quelques vociférations "radicales" de l'ultra-gauche... électoraliste, tout le monde continue à fermer les yeux sur la réalité d'un système qui n'a rien non plus de "libéral", mais fonctionne toujours en mode colonial, ce qui suppose Etat, forces armées de l'Etat, intervention et protection del'Etat, Etat des multinationales et d'un "capitalisme sauvage" en fait minutiesement organisé, jusque dans les moindres détails.

En soutenant, comme tel, le mouvement des prolétaires noirs de l'ancien? empire colonial venus, au cœur de la métropole impérialiste, fusionner leur exigence de droit et de dignité avec les plus anciennes colères du mouvement ouvrier issu des barricades du faubourg Saint-Antoine, à portée de canon de La Bastille, et de la Commune de Paris, les "blancs au cœur rouge sang" de la CGT d'Île de France , que la Confédération, de soncôté, "laisse faire", assurent bien plus qu'une rénovation, toujours à l'ordre du jour, d'un "syndicalisme de classe" toujours guetté par le repli corporatisme sur des bastions vieillis,donc par l'opportunisme, et son pendant, l'électoralisme.

Communistes d'une façon ou d'une autre, ils font bien plus que permettre l'éclosion ou le renforcement, certes nécessaire, d'un "front de gauche élargi", porteur d'une perspective encore vague de "changement", politique.

Ils retissent la trame que Bouygues et consorts, et l'Etat négrier dans son entier, sans cesse de leur côté défont: celle qui forge l'unité de classe, vivante, du prolétariat de couleur, venu d'ailleurs, et de la "classe ouvrière traditionnelle, qualifiée et syndiquée", "blanche" mais aussi,aujourd'hui, partiellement maghrébine - et qui ne se croît plus vraiment à l'abri d'une régression dans l'univers de la précarité, absolue insécurité...

Cette "classe ouvrière" qu'on a pu croire partiellement assoupie, aspirée dans une "intégration par le haut" vers les métiers de techniciens hautement spécialisés, correctement payés, de l'aéronautique, de l'énergie, des grands moyens de transport modernes, et des "nouvelles technologies de la communcation", sans oublier celle qui assure la maîtrise d'œuvre des "grands chantiers", comme chez Bouygues, ou ailleurs, se trouve convoquée par la grève africaine à fixer son destin en face.

Qu'elle continue, comme les hommes du "Minorange" des Tours de la Défense, à détourner les yeux des "blacks" qui, sous son regard, s'échinent, s'exténuent, se blessent ou meurent, ou voient leurs piquets de grève impitoyablement chassés par le police, et la "crise" - qui est une politique...-s'abattra sur elle à son tour pour la broyer comme elle a broyé les "traders" se croyant eux aussi "surprotégés" de la City de Londres ou de Lehman Brothers...

Qu'elle suive, tout au contraire, la voie tracée par les Raymond de Massy, et les jeunes militants communistes révolutionnaires qui l'entourent, les Patrick, Geneviève, Bob ou Olivier de Paris, ou les "Richard de Montreuil", et le bloc fissuré trouvant l'assurance d'un nouveau ciment pourra constituer la dalle solide et cohérente sur laquelle construire le vrai rassemblement d'un peuple retrouvé, qui sera peuple de France plus que "peuple français" au sens étroit du terme, et sera capable, enfin, d'unir la jeune rébellion diffuse et colorée des "cités" de la "banlieue" et la puissance organisée du monde du travail, au cœur des plus grandes entreprises et des services publics.

Alors,un vrai printemps redeviendra possible.

24 novembre 2009. 12H45. Jean-Paul CRUSE

 

 

 

 

- Rebondissement dans l'affaire du "Côte d'Azur" -

Dénoncé par la CGT comme "négrier" exploiteur de sans-papiers doublé d'un "marchand de sommeil" à la Zola, le patron de ce petit restau parisien, "annexe" d'une annexe de la Préfecture de police accuse le syndicat de trafic de femmes noires enceintes!

Nos lecteurs se souviennent de l'affaire du Côte d'Azur, ce petit restau sympa bien parisien situé, pour son bonheur, juste en face d'une annexe de la Préfecture de police, dont les contractuelles ferment les yeux sur le stationnement permanent de la voiture de M onsieur, dûment badgée, devant une porte cochère, mais aussi, pour son plus grand malheur, à deux pas de la Bourse du travail, rue du Château d'Eau, à Paris, d'où les militants syndicaux, jadis clients de l'endroit comme les flics, multiplient désormais, quasi quotidiennement, les manifs de soutien aux deux "cuistots" noirs licenciés pour avoir osé réclamer la régularisation de leurs papiers, aggravée de celle de leurs heures de travail déclaré - dénonçant au passage l'expulsion de l'un d'entre eux, Mohammed Aly Toure, de la chambre de bonne qu'il partageait avec sa jeune femme Maicha, enceinte de plus de sept mois.

Aujourd'hui, le patron, que nous avons pu rencontrer, dénonce sur tous les tons le "complot" (syndical dont il se dit "victime". Ignorant - bien entendu...- que ses employés étaient en situation irrégulière, il les a - bien entendu - immédiatement mis à la porte dès qu'il l'a su (quand ils sont venus revendiquer...).Quant à la jeune africaine enceinte, à qui il a simplement retiré tout accès à la chambre de bonne qu'il "prêtait occasionnellement" à Mohamed Aly Toure "pour qu'il puisse 'y reposer",il "doute qu'elle soit sa femme", "elle était complètement inconnuedans l'immeuble, la concierge peut en témoigner", et il soupçonne (très fort) la CGT "de l'avoir mise là pour étoffer le dossier!".

Une "théorie du complot" , qui, chez les militanteset les militants noirs, blancs, ou maghrebins, de la CGT du Commerce, du Bâtiment, et de l'UL-CGT Xème nombreux à se relayerdevant l'endroit comme auprès de la future Maman, aujourd'hui à l'abri et en sûreté, n'a pour effet que de susciter des réactions oscillant entre l'hilarité et la colère: "alors, si maintenant il faut qu'on fasse des stocks de femme enceintes pour bombarder les "négriers", il va y avoir du boulot", dit l'un d'entre eux, mais je n'ai jamais rechigné surle devoir militant, et je suis volontaire!"

(A suivre) Jean-Paul Cruse

- Ouvriers africains en lutte "pour les papiers et pour la dignité" -

Record de honte battu

C'est - ou c'était?- le plus honteux scandale d'exploitation d'un ouvrier noir sans-papiers depuis le début du cycle de lutte ouvert il y a un an. A la suite d'une contre-attaque éclair de la CGT, Mohamed Aly, serveur ivoirien "en situation irrégulière" au restaurant Le Côte d'Azur, rue du Château d'Eau, à Paris (Xème), "balancé" par son employeur aux RG pour s'être mis engrève "pour les papiers, et pour la dignité", placé en garde à vue, et menacé d'expulsion tandis que sa jeune épouse Mouchia, enceinte de près de 8 mois, se trouvait jetée à la rue, expulsée, avec toutes leurs affaires, de la chambre de bonne de 6 mètres carrés que leur patron leur louait 450 euros par mois, sous les toits, a retrouvé la liberté (photo ci-dessus).

Et c'est le sourire aux lèvres, entouré d'une solide et chaleureuse escorte de militants CGT, qu'il a pu, sous l'œil de notre photographe, voir...le patron indigne embarqué par la police, pour être placé, à son tour, en garde à vue.

L'affaire durait depuis des semaines. Le Côte d'Azur se trouve à deux pas de la Bourse du Travail. Le cuistot,africain, et Mohamed Aly, le serveur, se rapprochent bientôt de la CGT. Elle intervient auprès de l'employeur, et lui demanded'agir pour la régularisation de ses deux employés - déclarés 2 heures par jour pour 11 heures de travail effectif, 6 jours sur 7, cotisant régulièrement à la Sécu sous leurs identités d'emprunt, et payant leurs impots.

Le 30 avril, les deux gars, las d'attendre, se mettent en grève. "Puisque vous m'emmerdez, rétorque le patron, moi aussi je vais vous emmerder. Vous allez voir!".

27 mai, 9H00. la police se présente dans la chambre de bonne que Mohamed Aly partage avec Mouchia, son épouse, enceinte. "Contrôle d'identité"."Faux papiers". Embarqué! le convoi roule encore en direction de la préfecture quand une équipe de gros bras, à qui le patron, qui est aussi le propriétaire de la chambre, se dit totalement étranger - succède aux policiers, expulse la jeune femme, vide sacs et petit mobilier, balance tout dans la cour, change rapidement les serrures, et part.

Mais la CGT parisienne possède aujourd'hui une "force de réaction rapide", animé par de jeunes militants toniques comme Olivier Villeret, (ci-dessous) issu d'une famille de Résistants des "maquis rouges" du centre de la France devenu l'un des éléments de choc de la CGT-RATP et l'un des cadres de pointe del'UD-CGT75 les plus investis dans le soutien aux grèves des ouvriers sans-papiers.

La contre-attaque est donc fulgurante. tracts et banderoles devant Le Côte d'Azur, interventions auprès de la préfecture, appel à des "pique nique sauvages" de solidarité en pleine rue...

Et tout est bien qui finit bien, donc, sauf pour le patron, qui risque quelques ennuis pour travail illégal, mais aussi pour son activité parallèle de "marchand de sommeil" doublée d'une expulsion sans droit, voire de voies de fait sur une jeune femme enceinte (l'intervention des élus communistes parisiens Marie-Thérèse Eychart et Jacques Daguenet a heureusement permis que Mouchia, dans un premier temps hospitalisée, se voit proposer un relogement d'urgence,avant même d'avoir pu serrer dans ses bras le père de son enfant, remis en liberté.

La bataille se poursuit maintenant pour la régularisation des deux hommes, et l'avenir de la jeune femme, ainsi que de l'enfant à naître - un garçon, qui pourrait s'appeler "Victor", une fille aurait été "Victoire".

Jean-Paul Cruse

Les luttes des ouvriers sans-papiers: ici