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- Combat ouvrier
pour les papiers:
2010,
ici
Automne 2009, deuxième
vague de luttes: ici
Les Chinois de
France entrent dans la danse:
ici
"Nos amours
sont plus forts que vos haines":
la manif-fleuve du 29 novembre 2009, ici
Fanta
et
Bengaly: leur histoire
d'amour, une histoire
de combat.
Lui:
vient enfin de retrouver le chemin du travail, réintégré
de haute lutte dans sa société de sécurité
et vidéosurveillance, filiale de la RATP.
Elle:résiste
toujours au harcèlement
indigne, d'une petite
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Grève
pour les papiers, première vague( 2006-2008)
ici |
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Combat pour les
papiers: après l'impressionante démonstration
de force de leur deuxième grand
meeting de masse à Paris, presque
totalement censuré par les media,
dans leur neuvième semaine de lutte...
Les
grévistes ne lâchent rien! |
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| cheffaillonne
qui a juré à son patron d' "avoir la
peau" de la
"pasionaria" noire au cœur rouge
qu'elle fut, dans la grève de six mois, victorieuse,
des femmes de ménages noires de Manet.
LIRE
ici
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"Assez
de cette exploitation, de cet esclavage moderne que
nous subissons", rugit le "vieux
lion" Doucoure
(ci-dessus)
bonnet de laine musulman coiffant sa crinière
grise, et badge rouge de la CGT fièrement arboré
sur sa poitrine, comme une Légion d'Honneur
gagnée au front par
les ancêtres "Tirailleurs
Sénégalais" de ces
colosses combattants d'une grève colossale...
"La circulaire est floue, poursuit-il....Nous
voulons une circulaire simplifiée...Le
jour où nous avons commencé la grève,
nous étions 1000 personnes...A présent,
nous sommes plus de 6000...
Je tiens à vous le dire: il faudra
être courageux...
Continuons à nous tenir par
la main!..."
La grande salle rugit - puis feule de plaisir quand
Doucoure cède la place, et le micro, à
la Chinoise Feng,
petite boule d'énergie au visage illuminé
par un perpétuel sourire, suivie par son ami
Omar, du syndicat Solidaires, dont le gabarit, et
l'éloquence, rivalisent avec le vétéran. |
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| Une
nouvelle fois, le long fleuve humain, longue foule d'hommes
noirs à la large carrure frileusement emmitouflés
dans leurs vêtements d'hiver, surgi du métro
Porte de Choisy, emplit progressivement le vaste hall
du gymnase Carpentier.
Sous les yeux de son camarade Olivier Villeret
(CGT-RATP, un des principaux organisateurs
des "piquets", ci-dessus),
et avant de donner la parole à son ami
Doucoure, "le vieux lion",
l'infatigable coordinateur CGT de la grève, Raymond
Chauveau (à
g, lui tendant le micro)
commencepar rappeler le chemin parcouru depuis la dernière
vague de lutte (2008):
"Au plus fort de ce mouvement,
nous étions 600 grévistes...
Aujourd'hui, depuis le 12 octobre, nous sommes plus
de 6000, dont 400 femmes du
secteur de l'aide à la personne...Plus
de 2000 entreprises sont concernées, dans 40
départements...Un mouvement inégalé,
atypique, historique, du jamais vu en France comme en
Europe...".
Onze syndicats et associations ont maintenant
rejoint la CGT dans ce combat, où le
Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF),
petite formation issue des noces de Mai
1968 et de la Révolution
Culturelle Prolétarienne chinoise
(dont le syndicaliste est "proche")
conquiert ses titres de noblesse, ses
militants discrets, modestes, et d'une détermination
sans faille rivalisant d'énergie et d'efficacité
enthousiaste avec une bonne poignée de communistes
"officiels" de la CGT, eux aussi
sur la brêche 24 heures sur 24...
"Ministre des expulsions, le
ministre Besson a été obligé de
bouger, poursuit Raymond, sous une salve d'applaudissements
rythmés par les roulements de tambours africains
et les cymbales chinois...Il a dû promulguer
une nouvelle circulaire, le 27 novembre... Mais elle
exclut les travailleurs au noir"-
qui, à leur tour, sont entrés en
lutte, massivement, rejoignant les
"sans papiers"...déclarés
sous de fausses identités...
"Maintenant, toute une partie
du patronat est ébranlée..."
- Après Sophie de Menthon, représentante
d'une minorité humaniste du Medef, "ETHIC",
Laurence Parisot elle-même,
"la patronne des patrons", demande
à présent au gouvernement qu'on
en finisse, et qu'on régularise suffisamment
de grévistes pour que le conflit cesse...Elle
peut attendre...
"La circulaire Besson reste
très insuffisante...Pas question d'aller déposer
des dossiers en préfecture sur cette base",
poursuit Chauveau, "A la neuvième semaine
de grève, je sais que le mouvement traverse un
moment difficile, mais il faut maintenant aller bousculer
les patrons partout pour qu'ils prennent leurs beaux
stylos et signent des certificats d'embauche (Cerpa)...6000
Cerpa pour 6000 grévistes! 6000 contrats de travail
pour 6000 travailleurs régularisés, pérennisés...Renforçons
la grève, renforçons les piquets!" |
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Le
livre de référence sur ce mouvement.
Esquerré/Rondeau.
Le Cherche-Midi éd. Disponible également
auprès du site. |
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"En
tant que Chinoise, je suis très fière,
dit FENG...Pour
la première fois en France, les travailleurs
chinois sont là...680 grévistes
actuellement!...Nous ne voulons pas travailler
au noir toute notre vie...Nous voulons nos droits
de travailleurs!"

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Succédant
à Feng (à
sa droite sur la phoro ci-contre à
g.),
et à Anna Azaria, du mouvement Femmes
Egalité, pilier, elle aussi, de ce
combat, Grace,
une ronde africaine au large sourire, dotée
d'un puissant talent d'orateur, est la
porte-parole, ce soir, des femmes travaillant
au noir qui ont rejoint, en nombre, le mouvement.
"Vous
êtes forts!",
commence-t-lle. "Vous connaissez
vos droits - les droits qui existent en
France...Mais nous, nous n'avons
droit à rien! Pour nous, c'est
"grever" (fairela grève)
ou crever!
On nous
soutient, c'est bien. mais quand quelqu'un
te soutient, aide-le à te soutenir...Aidons
toutes les associations qui nous rejoignent
(SOS-Racisme, Syndicat de la Magistrature,
etc) à rester unies dans ce soutien!...Dans
l'unité et le respect: ces deux choses
font partie de la vie...
Nous
bossons dans des conditions inacceptables,
nous bossons comme des esclaves, mais nous
ne sommes plus au temps de l'esclavage:
l'esclavage, c'est fini! On veut avoir des
logements comme tout le monde! Être
nourries comme tout le monde!
Camarades,
j'ai un message pour vous: mettons tous
la pression sur nos employeurs pour obtenir
des certificats (de travail et d'embauche:CERPA)!
Et quand nous les aurons, tous ces
CERPA, n'allons pas les remettre en préfecture,
allons tous les ramener à la CGT!"
Ravie, mais
impassible sous l'ovation qui déferle,
elle conclut de sa voix puissante qui résonne
sous la haute voûte:
"Que la Paix de Dieu soit
sur vous! Que la Paix de Dieu soit

sur
la France!"
Tonnerre d'acclamations,
tambours, djembe, et sifflets d'arbitre
à roulette...De jeunes noirs déchaînés
se tenant par la main, par grappes, esquissent
des pas de danse...
Ce n'est
pas un meeting ordinaire. Après Grace,
(ci-dessus)
la parole est à Emmanuel
Terray, vétéran de
mai 68 passé par la (maoisante)"gauche
révolutionnaire" du PSU
et tant d'autres expériences, indéfectible
soutien des luttes des immigrés,
même à l'époque de SOS-Racisme,
l'un des premiers à s'être
tourné vers les Chinois des collectifs,
et ravi de revoir le mouvement revenir sur
une base de classe
(ci-dessous):
"Monsieur Besson ne l'a
pas encore compris: il ne s'agit en rien
d'une question d'immigrés! Puisque
vous vivez et travaillez parmi nous depuis
des années! Il s'agit d'un
conflit
du travail!" |
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.
-
Après Terray (ci-dessus),
Francine Blanche, la dirigeante
confédérale de la CGT qui
suit personnellement le mouvement depuis
le début, fidèle au mandat
qui lui a été confié
par l'organisation. Sans que sa présence
permanente, aussi attentive et appréciéee
soit-elle, parvienne à faire oublier,
ce soir, l'absence de Bernard Thibault
et des principaux dirigeants confédéraux
d'une CGT certes, à la pointe de
la lutte, mais seulement dans la foulée
d'un noyau de cadres syndicaux de la région
parisienne dont Chauveau et Villeret (déjà
cités), Richard Delumbee et ses amis
de l'UL-CGT Montreuil et de l'UD-CGT93,
ou encore Patrick Picard, Bob, et la fidèle
et discrète Geneviève Sicot
, de l'UD-CGT 75, Karl de la CGT du commerce,
Fabienne et Laurent, de l'UL-XVIIème,
ceux du SGLCE-CGT et tous les autres, mais
où la portée réelle
de ce mouvement "hors
normes", internationalement
exemplaire, ne semble toute fois pas complètement
mesurée et surtout prise en compte...
Même si le soutien financier
de toute la CGT, y compris ses
puissantes "baronnies"
fédérales ou régionales
pourvoit au "nerf
de la guerre"
depuis le début, au prix de choix
courageux, ce
qui n'est pas rien...
Pour tenir encore,
s'il le faut, des semaines voire des mois
entiers, pour aller jusqu'au bout, jusqu'à
la victoire, ce mouvement
doit se donner encore d'autres armes.
Tout en persévérant sur ses
fondamentaux et en continuant à s'élargir
en tache d'huile, avec toute la patience
et la persévérance nécessaire..
Bien compris dans
l'opinion publique, incontestablement populaire,
il ne mobilise pas encore suffisamment
cette popularité autour de lui
- comme on a pu le voir
porte de Choisy, où la discrétion
des élus communistes de Paris n'avait
d'égal que celle du NPA, présent
pour le principe, en l'ansence du facteur,
des étudiants progressistes, gauchiste,
voire "marxistes-léninistes"
de Nanterre ou Saint-Denis,
par exemple. Globalement, la présence
active de travailleurs ou d'intellectuels
"blancs", précieuse,
reste trop marginale.
Sans donner, bien entendu,
de leçons à personne,
et surtout pas aux trop rares militants,
exténués, qui assument un
travail colossal, mais en s'autorisant insolemmment
d'amicales remarques ou suggestions,
une délégation, par exemple,
de "roulants "
du RER actuellement en grève pour
les salaires et le pouvoir d'achat, aurait
été fort bienvenue
Elle aurait démontré un
bond encore supérieur de la prise
de conscience: puisque la CGT-RATP,
par exemple, soutient fortement les grévistes
sans-papiers, dont beaucoup assurent, en
sous-traitance, ou par le biais de l'intérim,
les travaux les plus difficiles de nettoyage,
d'entretien, et de ...video-surveillance,
sans lequel aucun RER ou métro
non plus ne roulerait.
Symétriquement, une délégation
de Noirs et de Chinois en lutte pour les
papiers sur les sites de grève du
RER contribuerait aussi à
rendre encore
plus visible, plus physique, la reconstruction
en profondeur d'une unité de classe
dans un monde du travail éclaté
par la
précarisation, la sous-traitance,
et toutes les formes de flexibilité
capitaliste - véritable RENAISSANCE
dont ce conflit extraordinaire démontre
de façon éclatante la possibilité.
Plus généralement, si la
mobilisation des comités de soutien
de quartier autour des piquets de grève
ou des sites occupés, précieuse,
ne faiblit pas, la mobilisation des personnels
des entreprises
gagnerait à être encore
plus manifeste, et plus active
- pétitions sur le lieu de travail,
visirtes de délégations de
grévistes sur les sites...
Enfin, à l'approche des élections
régionales de mars 2010, rien ne
doit être fait qui freine, si peu
que ce soit, une dynamique de "Front
de gauche" élargi
en front large, en rassemblement populaire
et citoyen ouvrant sur une transition post-capitaliste,
dans la perspective d'une victoire progressiste
en 2010 débouchant sur un bon coup
de chasse d'eau, deux ans plus tard,à
peine, à l'occasion de la Présidentielle
de 2012, où le pouvoir peut encore
être abattu...
Cela ne signifie nullement, comme semblent
déjà le penser quelques calculateurs
de second rang à visées bassement
électoralistes, qu'ils faudrait que
la grève en cours, baisse d'un ton.
Bien au contraire: ce mouvement, qui reçoit
l'assentiment de quatre français
sur cinq, est et reste largement populaire.
Aux tentatives malsaines d'opposer
"Français de souche"
et immigrés ou fils, voire
petit-fils d'immigrés, "immigrés
de souche", voire "indigènes",
il oppose une réponse de
classe, unificatrice, qui est ausi une réponse
humaine, sur des valeurs de fraternité
qui font l'identité du peuple de
France, avec la Liberté et l'Egalité,
républicaines.
C'est cette logique qui doit
peser sur le débat
électoral! Et pas le contraire.
Et y peser, donc, dans le bon
sens. Elle est gagnante!
Enjeu,
au-delà du succès de cette
vague de grèves coordonnées,
exceptionnelle, et au-delà d'une
perspective électorale, elle-même
souhaitable, "l'extension
du domaine de la lutte" aux
couches les plus opprimées, les plus
exploitées, et, jusqu'ici, les moins
syndiquées, mais aussi les moins
votantes, parce qu'éclatées
en mille statuts distincts, hiérarchisés,
et dispersés, du monde du
travail réel, plus large
encore que l'officiel "salariat".
Mercredi 16 décembre
2009, 22 heures
JPC |
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OUVRIERS
"SANS PAPIERS":
LES
CHINOIS DE FRANCE
ENTRENT
DANS LA DANSE
Première
vague: ici |
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"Nos
amours sont plus forts que vos haines!"...
-
Paris, 29 novembre 2009 -
La
Chinafrique de France est annoncée |
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Nouveaux textes, nouvelles photos :
le sujet "Paris 29 novembre, la Chinafrique
de FRANCE est avancée" est
désormais en ligne, depuis lundi 30 novembre.
S'y
reporter par clic ici!...
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"J'aime
la France, je veux rester vivre en France...Nous
avons besoin d'un titre de séjour",
lit-on sur la pancarte
brandie par cette jeune travailleuse chinoise
(ci-dessous) venue, ce 26 novembre 2009, manifester
avec la CGT devant le ministère du Travail,
et chaleureusement escortée par la "garde
noire" à drapeaux rouges du prolétariat
africain de France, en lutte, comme elle et ses
compagnes de grève, "pour
les papiers et pour la dignité".
- Qui parle à ces jeunes femmes le sait:
il s'agit bien, M.Besson, d'amour de la France,
et non de demander à notre beau pays d' "accueillir",
selon l'hypocrite et fausse expression du "parpaillot"
Rocard, "toute la misère du
monde". - Car la force de travail
"noire" ou "jaune"
clandestinement
et méthodiquement importée selon la
loi secrète d'accords d'Etat à Etat
par quotas,  |
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ne
choisit pas "librement"
de venir se louer ou se vendre
"librement" (au sens de "libre
échange"...)
- marchandise nomade à forme humaine qui
se rirait, comme par miracle, des hautes technologies
sécuritaires ou policières pour
franchir les frontières en douce....
Comme la "contrebande"
de la drogue, ou les armes,"l'immigration
clandestine" des "sans-papiers"est
parfaitement sous contrôle du capitalisme
d'Etat.
Il poursuit de façon
cohérente une stratégie
"immigrationniste" d'importation
de main d'œuvre à bas prix. Noyé
sous un creux babillage, l'objectif est transparent:
faire pression, à la baisse, sur les salaires
et les statuts, Une stratégie
économique parfaitement claire, qui masque
à peine un autre objectif, lui, politique,
constituant à dresser, comme jadis l' ouvrier
"gaulois" contre l' "Arabe",
aujourd'hui le "blanc",
européen ou même maghrébin
("intégré") contre
la colère
noire, déjà présente
et bien présente dans le soulèvement
des jeunes "desperados"
à capuche de décembre
2005, brûlant des établissements
scolaires devenus, pour ces "ados"
majoritairement africains, et majoritairement
"décrocheurs" (ou
"décrochés"...) de
collèges ou de lycées dégradés
en symbole de mépris, raciste,
et d'exclusion - mépris, exclusion
ou haine qui, l'expérience de terrain le
démontre à l'envi, ne sont
pas seulement le fait d'enseignants ou de surveillants
"français de souche",
mais peuvent opposer (plus souvent qu'on ne le
croit, et les media "immigrationnistes"
le taisent) fils d'ouvriers arabes ou
berbères, progressivement intégrés
dans les structures de domination de l'Education
nationale, et jeunes "Mamadou"
couleur d'ébène jugés
"turbulents" ou
"négatifs"
parce qu'ils opposent une force rebelle à
la morgue de"sachants" pas
tous"de droite" mais quelquefois,
hélas, proches d'une frange prétendûment
"ultra-laïque" du Parti socialiste,
des dernières mouvances sectaires du Parti
communiste, ou même du NPA.
Dans ce contexte, en proclamant,
sous l'œil approbateur des plus avisés
des militants CGT "blancs"
ou "noirs" qui encadrent le
mouvement, leur amour de la France,
"pays de Victor Hugo et de la Liberté",
"pays du général de Gaulle,
qui a reconnu le premier la Chine de Mao"
- et terre qui donna sens, et sang, au drapeau
rouge, à portée de canon de La Bastille
-les
jeunes chinoises au regard rieur et au mental
d'acier qui, sur
le chemin tracé par les mineurs marocains
des houillères du nord, en 1971, puis les
grèves de la faim des ouvriers immigrés
"maos" des années Pierre
Overney (1972-1977), revendiquent "la
carte de séjour", payent ou veulent
payer "des impôts, comme tout le
monde", et veulent bénéficier
de droits, "comme tout le monde",
ne revendiquent nullement, au nom d'un milliard
de Chinois, dont elles seraient l'avant-garde,
une "libre circulation"
mondiale de la "force de travail"
jetant aux oubliettes le droit de
"vivre et travailler au pays" (et
d'y retourner dès que possible...).
Pas plus que
la "garde noire" ,en général
malienne, à la pointe de ce combat
comme de celui des "mal
logés" ne renonce, en s'intégrant
au combat démocratique de la classe ouvrière
de France pour la défense et l'amélioration
des salaires et statuts, à la lutte politique
des peuples d'Afrique de l'ouest contre le pillage
néocolonial des réseux de la "Françafrique",
source de la misère et de la désespérance
des villages comme des bidonvilles, donc
d'une immigration vécue comme un exil nécessaire,
mais toutde même un exil, c'est à
dire un arrachement.
En rendant plus coûteuse,
et plus coûteuse, sur le plan politique,
aussi, l'"immigration choisie"
de longue date par le "social-libéralisme",
la "force tranquille"
aujourd'hui bariolée de façon baroque
d'un peu de jaune sur fond noir du mouvement des
ouvriers immigrés pour les papiers freine
aujourd'hui la nouvelle traite négrière
que dissimule le discours compassionnel sur
"la misère du monde"
dont on voit en réalité
comment elle se trouve "accueillie".
Sous l'impulsion de cette
"autre" culture de lutte
qu'exprime le langage de l'islam sonninke, peul,
ou bambara, comme le christianisme animiste du
Cameroun ou de la Côte d'Ivoire - ou le
mandarin moderne de la Grande Chine Rouge des
Temps Modernes, dont les fondateurs historiques
(à l'exception de Mao, "long-marcheur"
mais peu voyageur) firent leur classe d' "immigrés
chinois de la première génération"
couvés par le mouvement communiste prolétarien
de l'époque, à l'image du fin Zhou
Enlaï et du "petit Deng",
entre Paris et Montargis - la longue grève
de plus de 5000 prolétaires sans-papiers,
francs-tireurs d'un combat plus global de la classe
ouvrière, travaille en profondeur la société
française.
Elle y crée une condition
essentielle à la renaissance d'un
peuple, désormais multicolore, sur fond
blanc, qui, allant de ce fait à l'essentiel,
redevient sujet social majeur, uni et dynamique,
maître de son agenda, qui n'est pas d'abord
électoral, de ses mots d'ordre, et de leur
cadence: un peuple.
Mais ce mouvement de grève
exceptionnel mûrissant par vagues longues
et lentes aura aussi des effets en retour
"au pays" - et d'abord
en Afrique, où
les jeunes avant-gardes politiques forgées,
en terre de France, au sein de ce combat qui dure,
vont bientôt pouvoir mettre l'ancienne
métropole devant un choix très clair:
- 1. suivre la
"voie chinoise" par
un type radicalement nouveau d'accords de coopération
économique "gagnant-gagnant"
troquant, sans échange
monétaire ou presque, donc, sans corruption
(ou presque) l'accès aux matières
premières stratégiques comme, pour
le Mali, l'or (jaune ou
"blanc": coton), de
plus en plus, l'uranium (présent dans les
mines d'or), et, demain, le pétrole, contre
des investissements directs en infrastructures
d'abord énergétiques
(aujourd'hui encore, dans un taudis du quartier
de Château Rouge, à Paris, près
de Barbès, une africaine malade, mère
d'une grande figure de lutte des "sans-papières",
mais aussi du combat des mal logés, ne
survivant qu'à l'aide d'un appareil d'assistance
respiratoire branché sur le courant, se
bat avec l'énergie du désespoir
contre une
expulsion qui, pour elle, signifierait la mort
vu les pannes électriques incessantes
n'épargnant pas les hopitaux de Bamako...)
-2. ou, si si notre pays,
négligeant l'opportunité
paradoxale de la présence actuelle, sur
son sol, de ces nouvelles avant-gardes politiques
africaines dopées par le combat
"pour les papiers", qui, leur
donnant l'amour de la "France
des luttes" et la fierté
d'en être, ne rêvent que
de nouvelles relations, cette fois égalitaires,
avec l'ancienne puissance dominante, laisse
passer cette chance pour ne servir que
les appétits de prédateurs avides
à la vue courte, qu'ils s'appellent Bouygues
ou Bolloré, la Chine, elle, ne
laissera pas passer l'occasion. Et elle aura raison!
Vendredi
27 novembre 2009. 20 heures.
Jean-Paul Cruse |
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Grève
des ouvriers
"sans papiers"
pour le respect
et pour la
dignité: nouvelle
vague de lutte
- ...mettant en scène un
millier de nouveaux grévistes,
dans de très nombreuses entreprises
qui n'avaient pas encore été
touchées par ce mouvement
exceptionnel, de portée hustorique,
inédit en Europe et, vraisemblablement,
dans le monde.
Le mouvement bénéficie, cette
fois,d' un soutien élargi:
de la CGT appuyée
par "Droits Devant!",
le PCF et le vaillant
petit PCOF, à une
impressionnante liste d'associations et
syndicats, dont la Cimade,
présidée par le représentant
d'une "grande famille"
d'une des dernières dynasties industrielles
françaises, Patrick Peugeot,
digne représentant de la
frange progressiste de la HSP (la
Haute Société Protestante...),
co-signataires d'une lettre au ton plus
que ferme adressée au Premier
ministre en titre, François
Fillon, pour qu'il mette
fin au scandale que constitue cette
forme perverse d' "immigration
choisie", de type
néo-esclavagiste et néo-colonial,
que constitue la cynique gestion des filières
"clandestines" d'immigrés
"en situation irrégulière",
chair à travail exploitée
comme du bétail, surexploitée,
et désormais en rébellion
ouverte dans un puissant mouvement prolétarien
vigoureusement soutenu par le cœur
même de la classe ouvrière
de France, "gauloise",et
"blanche" -
qu'il s'agisse des syndicalistes CGT
de la RATP, d'EDF, du Bâtiment Travaux
Publics (BTP), de la Sécurité
(vigiles privés), du Livre
et de la Communication Ecrite (SGLCE),
ou de l'automobile... |
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Comme
leurs frères et sœurs
d'Afrique Noire ou du Maghreb, qui
leur ont frayé la voie,
les aspirant, en grand nombre, vers
les permanences militantes de la
CGT, ou, quelquefois,
de SUD, les
prolétaires chinois de France,
jeunes femmes en tête,
et jeunes hommes aussi avides
de régularisation, de reconnaissance,
et du papier magique portant le beau
nom de "carte de
séjour",
un des mots, encore peu nombreux,
qu'ils ont appris à prononcer
dans un français parfait,
sortent à leur tour des
catacombes où une
véritble "armée
de l'ombre" d'un
prolétariat d'origine étrangère,
importé "hors
douane" comme vulgaire
marchandise, invisible, et
jusqu'à ce jour du moins, muette,
sont passés à l'actionen
cette fin octobre.
Tout commence à Rosny-sous-Bois
(ci-dessus), au siège du MEDEF
93, l'organisation patronale
qui, feignant de ne rien voir, contrôle
en fait les négriers spécialisés
de la sous-traitance ou de l'intérim,
et jusqu'aux cuisines où besognent,
comme dans d'obscurs ateliers de confection,
les proétaires chinois sans
papiers, maisavides de dignité,
qui payent impots, charges et cotisations
de retraite, comme tout le monde,
sous des identités d'emprunt
(pas comme tout le monde), et qui
en ont assez
d'être surexploités.
Discrètement,
les éclaireurs de la CGT, hommes
et femmes, noirs et blancs, et, quelquefois,
retraités au sage profil de
"papys", avaient préparé
le terrain au commando qui, un premieer
jour, se rassemble à la gare
RER toute proche, mais renonce in
extremis à délencher
l'opération,quelques
"camarades chinois"
s'étant
perdu en route, et le seuil fatidique
des 50 étant loin d'être
atteint.
"Lutte,
échec, nouvelle lutte, nouvel
échec, et cela jusqu'à
la victoie définitive",
disait ce "Président
Mao" que, contrairement
à une légende médiatico-gauchiste
typiquement occidentale, nombre
de ces immigrés clandestins
venus de la Grande Chine révèrent
encore à ce jour comme le Grand
Fondateur, celui qui a remis
la Chine "debout" ("fanshen"),
jetant les bases de l'actuelle et
spectaculaire "émergence"
d'une "société
d'harmonie" à "capitalisme
d'etat sous dictature du prolétariat"
- notion bien compliquée
pour les dialecticiens paresseux de
nos petits journaux...le lendemain,
donc, rebelote: occupation sans coup
férir des locaux patronau,
jusqu'à ce que la police, un
tantinet surprise, vienne faire exécuter
un ordre d'évacuer "dans
le calme et la dignité",
en rangs serrés mais sans chanter
"L'Orient
est Rouge", sous
la sage conduite d'un de ces "maos"
de l'époque (française)
des gardes rouges
qu'est le sympathique Richard
Delumbee, secrétaire
de l'Union Locale CGT de Montreuil
(93), maître de cérémonies
du jour...
Une
(rapide)
"longue marche" conduit
les "camarades chinois"
vers Billancourt, où, du temps
où Renault y avait sa première
grande usine, y jetant les bases de
l'infernal "taylorisme"
importé des Etats-Unis sous
le nom de "fordisme"
sous l'influence du nazi Ford, des
étudiants chinois aux papiers
eux aussi...discutables guidés
par l'immortel
Zhou Enlaï et "le petit
Deng" y créaient
les premiers réseaux dans la
diaspora du Parti
Communiste Chinois (PCC). Billancourt,
ou, comme on dit aujourd'hui "Boulogne-Billancourt",
rue de Bellevue (métro Pont
de Sèvres), où une grève
"pour les papiers et pour
la dignité" de plusieurs
dizaines d'ouvriers d'Afrique noire
du secteur de la restauration industrielle
(Sogeres, filiale de Sodexho) semble
pouvoir offrir aux jeunes chinois
en grève errante une "base
d'appui" (et de repli)
sûre...
Las,
à Rosny, la police, à
(Boulogne) Billancourt, les vigiles...C'est
donc dans le quartier de la Madeleine,
dans les locaux eux aussi occupés
par un bataillon de l'"armée
noire" arborant
les rouges calicots dela CGT que
notre journaliste a pu enfin retrouver
les "Chinois
de France en lutte"
de Rosny. Pure interprète,
porte-parole du groupe encore imparfaitement
mêlé aux Africains, ou
discrète dirigeante des opérations,
une jeune femme accueille le visiteur
avec le sourire. "C'est la
grève", dit-elle.
"Pour la carte de séjour".
Nouveau sourire, rimant avec le mot-sésame.
- Une photo? Pourquoi pas. Elle se
retourne et reparaît, badge
CGT rouge vif collé à
la place du cœur. On peut regarder,
mais, bien entendu, pas toucher -
ni la photographier avec le badge.
Mystères de l'Asie militante,
subtile, complexe et raffinée.
Ce dimanche 25 octobre 2009, elles
et ils s'apprêtaient à
dormir là, à même
le sol, en compagnie de leurs compagnons
gardes du corps à peau noire
aux carrures imposantes, casquette-para
rouge à longue visière
vissée sur le crâne -à
deux pas de l'Elysée,à
trois du Ministère de l'Intérieur,
à portée de pistolet
de la Cour des Comptes ou du Ministère
de la Justice, place Vendôme,
à porté d'AK 47 (la
version... chinoise
de la célèbre kalachnikov...)
du Palais Bourbon, où siège
notre vénérable Assemblée
Nationale..
(à suivre...) |
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| Feng,
35 ans,
"la
reine de la Fafih",
(ci-dessus avec
un ami également gréviste)
devant les locaux de la FAFIH (institut
patronal de formation du secteur de
l'hôtellerie restauration situé
dans les beaux quartiers de Paris,
à deux pas de l'Elysée
et du ministère de l'Intérieur).
Occupé par le premier groupe
de sans-papiers chinois ayant rejoint
une grève jusqu'alors essentiellement
africaine, dont elle est l'interprète
et la porte-parole, pour ne pas dire
l'animatrice principale, l'endroit
et devenu le cadre d'une une cohabitation
fraternelle avec des grévistes
d'Afrique Noire, qui l'ont surnommée
"la reine de la Fafih",
lui manifestant affection et respect.
C'est ...son patron qui a
mis en contact avec la CGT cette enseignante
chinoise de 35 ans immigrée
en France qu'il cherchait à
régulariser, et dont la préfecture
rejetait la demande....
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AFP
12/10/2009 Plus d’un
millier de salariés sans-papiers
ont entamé aujourd’hui
une grève coordonnée et
l’occupation de plusieurs sites
à Paris, dont le siège
du patronat des travaux publics (FNTP)
pour exiger l’application identique
pour tous des critères de régularisation
par le travail, selon des sources concordantes.
"On a plus d’un millier de
travailleurs sans papiers en grève,
regroupés sur six sites",
a indiqué à l’AFP
Raymond Chauveau, qui pour la CGT coordonne
ce mouvement, avec le concours de Solidaires
(syndicats Sud) et le soutien de neuf
autres syndicats et associations, dont
la CFDT et la Cimade.
Dans une récente lettre au gouvernement,
ces syndicats et associations ont pointé
les blocages qui "persistent voire
grandissent", faisant obstacle
selon eux à une application égale
pour tous des textes permettant la régularisation
par le travail, et livrant les travailleurs
concernés au règne de
l’arbitraire.
Selon M. Chauveau, environ 160 se sont
regroupés 9 rue de Berry (VIIIe)
au siège de la fédération
patronale des travaux publics (FNTP),
qui a confirmé à l’AFP
qu’"une centaine de travailleurs
avaient investi pacifiquement son hall
d’entrée vers 10h00".
Dans le même arrondissement, selon
M. Chauveau, une cinquantaine de travailleurs
sans-papiers occupaient également
les locaux d’un organisme de formation
professionnelle de la restauration,
le Fafih, 3 rue de la Ville l’Evêque,
ce qu’une source proche a également
confirmée.
Dans le XVIIe arrondissement, environ
350 intérimaires sans-papiers
ont entamé l’occupation
de trois agences, à l’enseigne
CRIT et Synergie rue de Rome, tandis
qu’une centaine d’autres
se sont installés dans les locaux
du groupe Samsic (propreté) rue
des Combes. La direction de Samsic n’était
pas joignable dans l’immédiat.
Les ouvriers sans-papiers de deux chantiers,
une cinquantaine sur un site en démolition
rue Lapérouse (XVIe) et une trentaine
à Massy sur un site sous-traité
par le groupe Bouygues à la société
GCC ont également débrayé,
selon M. Chauveau. |
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| Une
déclaration de la CGT
Plus de 1000 salarié(e)s
sans papiers du nettoyage, de la sécurité,
de la restauration, de la construction,
de l’intérim en grève
depuis ce matin, 12 octobre 2009 avec
le soutien de onze organisations syndicales
et associatives .
" Dans la suite
du mouvement du 15 avril 2008, plus
de 1000 salarié(e)s sans papiers
du nettoyage, de la sécurité,
de la restauration, de la construction,
de l’intérim se sont
mis en grève depuis ce matin,
12 octobre 2009 dans leur entreprise
ou leur secteur d’activité,
pour gagner leur régularisation
et l’amélioration de
leurs conditions de travail.
Parmi
eux, des salariés de grandes
et de petites entreprises, mais aussi
des salariés individuels de
très petites entreprises usent
de leur droit constitutionnel à
la grève.
Devant les blocages persistants, l’arbitraire
préfectoral et les discriminations
dans le traitement des dossiers de
régularisation des salariés,
il faut qu’une circulaire définisse
« des critères améliorés,
simplifiés, appliqués
dans l’ensemble du territoire
national.
Cette circulaire doit
garantir une égalité
de traitement de chaque salarié(e)
quel que soit son lieu de travail
et à l’intérieur
d’un même lieu de travail.
Elle doit définir une procédure
de régularisation sécurisée
et standardisée quel que soit
le département ».
C’est le sens du courrier adressé
à M.François FILLON
le 1er octobre par cinq organisations
syndicales (CGT, CFDT, Union syndicale
solidaires, FSU, UNSA) et six associations
(Ligue des droits de l’Homme,
Cimade, Réseau Education sans
frontières, Femmes Egalité,
Autremonde, Droits devant).
C’est ce qu’exigent les
salariés qui se sont mis en
mouvement aujourd’hui.
Ils peuvent compter
sur l’appui et le soutien de
la Cgt.
Montreuil,
le 12 octobre 2009
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Lundi 12 octobre, 9H00
(photo ci-dessus)
Dans le quartier huppé de la Porte Champerret
(Paris XVIIème), à l'intérieur
des les locaux de la société de
nettoyage Samsic, sous-traitant, notamment,
de la RATP, où fleurissent comme
des coquelicots printaniers les drapeaux rouges de la
CGT brandis par une foule imposante de grévistes
à peau noire, soutenus par un dirigeant confédéral
de la CGT, venu tout spécialement de Montreuil,
Bengaly, casquetterouge de la CGT crânement
vissée sur la tête, enregistre les signatures
et les coordonnées de dizaines, voire de centaines,
de travailleurs grévistes, originaires, comme
lui, du Mali ou d'autres pays d'Afrique Noire, et comportant
aussi quelques Maghrébins.
Nos lecteurs connaissent bien ce jeune enseignant
malien devenu, en France, et sous une identité
d'emprunt, ...agent de sécurité d'une
filiale de la RATP. Harcelé pour avoir
commis le crime d'amour irrégulier
- il partage la vie de Fanta, figure
de proue de la lutte exemplaire des femmes de ménage
noires des grands hôtels employées par
la société Manet, déléguée
CGT de ce combat très dur qui a duré six
mois, avec occupation des locaux jour et nuit par
une poignée de femmes, aujourd'hui presque
toutes régularisées et fières de
l'être, mais toujours harcelées
dans leur dur travail quotidien par une direction revancharde,
qui a cédé devant le rapport de force,
mais n'a pas pardonné - "Beng"
a été arrêté
par la police sur son lieu de travail une poignée
d'heures après la victoire de Fanta, enfin
régularisée mais aussitôt séparée
de l'être qui lui est le plus cher. Une
super-mobilisation d'une poignéed'élus
communistes parisiens, de militants de gauche du XIème
arrondissement, et de mères de familles d'Aubervilliers,
voisines du couple, a permis d'arracher le jeune homme
à la prison. Mais à peine avait-il
retrouvé les bras de Fanta que "Beng",
titulaire d'une autorisation de séjour et de
travail d'un mois, avec permis de travail, se faisait
licencier par son employeur - la préfecture
ayant renouvelé l'autorisation provisoire
de séjour, mais pas celle de travail!
Ce militant combatif, toujours en lutte, avec l'appui
de la CGT, pour sa régularisation définitive,
et aujourd'hui activement solidairedes grévistes
de Samsic, a profité, au passage, d'une brève
parenthèse estivale, pour jeter, avec d'autres
Maliens de France, les bases d'un nouveau mouvement
politique pour le Mali - y compris les Maliens de la
"diaspora" française, européenne,
etmême américaine, le MPP.
Illustration complémentaire du harcèlement
indigne qui continue à pourrir
la vie des ouvriers "sans papiers",
même régularisés de haute lutte,
ce qui arrive maintenant à Fanta.
Toujours chez Manet,et toujours au
combat, elle est menacée de licenciement
sous des prétextes
insanes.
Sa copine Maryam Traore, elle, la
championne de basket du Mali devenue
l'une des toutes premières grévistes de
choc de la grève de Manet,
continue à se battre, au côté d'amis
africains expulsés d'un "squatt"
du vingtième arrondissement de Parus en plein
été, dont elle partageait la vie,
et pour défendre sa
mère malade, elle aussi sans papier, et menacée
d'expulsion vers le mali, où elle n'est pas soignable... |
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(ci-dessus) "Monsieur
le Premier ministre, plusieurs
organisations signataires de ce courrier (...)
s'étaient adressées à vous
à la suite de la grève engagée
le 15 avril 2008 par de nombreux
travailleurs immigrés "sans papiers".
Vous leur aviez répondu (...) que
"le travail de concertation avec les organisations
syndicales (...) qui accompagnaient ces demandeurs
de papiers devait être développé
pour trouver la meilleure solution (...)"
et qu'il fallait "laisser à
la loi le temps nécessaire pour
trouver toute son application" (avant
de) "faire examiner toutes les propositions
(...)"au vu des résutats de
cette politique".
Nous pensons que ce temps est venu."
(...) Nous vous demandons que soit éditée
une circulaire de régularisation
des salariés sans papiers, qui
permette d'en finir" (avec les) "blocages
et discriminations constatées".
"Cette circulaire doit définir
des critères améliorés,
simplifiés, appliqués dans l'ensemble
du territoire national. (...)Elle doit
définir une procédure de
régularisation standardisée et sécurisée
quel que soit le département"
(...) |
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| Le
soutien de l'association AUTREMONDE
12
octobre 2009
Un millier de travailleurs sans-papiers en grève
avec le soutien de onze organisations syndicales
et associatives
Aujourd’hui, plus de 1000 salariés
sans-papiers se sont mis en grève avec
courage et détermination afin d’obtenir
leur régularisation et de réclamer
une circulaire de régularisation des travailleurs
et travailleuses sans-papiers.
Avec le soutien de onze organisations syndicales
et associatives, la Cgt, Solidaires la CFDT, la
FSU, l’UNSA, la Ligue des Droits de l’Homme,
la Cimade, RESF, Femmes Egalité, Droits
Devant !! et Autremonde, ces salarié(e)s,
quelle que soit leur situation (seul(e)s ou collectivement
dans leur entreprises, travailleurs et travailleuses
au noir, intérimaires, licencié(e)s)
ont décidé
de sortir de l’ombre et d’occuper,
en tant que grévistes, leurs entreprises
et des lieux liés au patronat (FAFIH -
OPCA de l’hôtellerie et de la restauration
et des activités connexes -, Fédération
Nationale des Travaux Publics, Entreprise SAMSIC,
Agences d’intérim Synergie et CRIT).
L’association Autremonde intervient depuis
quinze ans dans le domaine de la formation linguistique
et de l’accès aux droits, dans les
foyers de travailleurs migrants, lieux de vie
de nombreux salariés immigrés, avec
ou sans papiers.
Nous avons pu constater, comme beaucoup d’autres,
combien les
travailleurs et travailleuses sans-papiers sont
nombreux et indispensables dans certains secteurs
de notre économie (bâtiment, travaux
publics, nettoyage, sécurité, restauration,
intérim, aide à la personne, agro-alimentaire,
confection, …).
Pour la grande
majorité d’entre eux, ils paient
des impôts, cotisent à toutes les
caisses de solidarité (retraites, sécurité
sociale, ASSEDIC,...) mais risquent quotidiennement
l’expulsion.
Ils font bien souvent le travail que personne
ne veut faire dans des conditions très
pénibles.
Grâce à la grève de nombreux
travailleurs immigrés sans-papiers enclenchée
le 15 avril 2008, 2500 de ces salariés
ont été régularisés.
Malheureusement nous constatons aujourd’hui
de nombreux blocages et de multiples discriminations
en préfecture. Le problème est loin
d’être réglé.
Nous sommes face à une réalité
économique et il nous semble nécessaire
que des solutions soient trouvées rapidement.
Autremonde s’engage aux cotés de
tous les salariés sans-papiers qui se sont
mis en grève aujourd’hui et aux cotés
de ceux qui rejoindront le mouvement.
Nous appelons tous les citoyens à venir
les soutenir sur leurs lieux de grève.
Comme nous l’avons déjà notifié
dans une lettre adressée au premier ministre
le 07 octobre 2009, avec nos partenaires associatifs
et syndicaux, nous souhaitons que soit éditée
une circulaire qui permette la régularisation
des salarié(e)s sans-papiers quel que soit
leur statut, leur situation, leur nationalité
et leur secteur d’activité.
Cette circulaire doit définir des critères
améliorés, simplifiés, appliqués
dans l’ensemble du territoire national.
Elle doit garantir une égalité de
traitement de chaque salarié(e) quel que
soit son lieu de travail. Elle doit définir
une procédure de régularisation
sécurisée et standardisée
quel que soit le département.
Autremonde
30 rue de la Mare 75020 Paris 01 43 14 96 87 www.autremonde.org
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Fanta,
figure CGT de la grève de six
mois "pour les papiers et pour le dignité"
des femmes de ménage noires de la société
Manet, victorieuse,
est menacée par l'employeur, revanchard: document
ci-dessus. Sa réponse, et la lettre
à l'Inspection du travail, élargie au
harcèlement touchant les autres rescapées
de la grève: ci-dessous.
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La
Défense
Le
"donneur d'ordres",
c'est
BOUYGUES!
A
l'approche des élections régionales de mars 2010,
qui s'annoncent, pour le pouvoir, plus difficiles que prévu,
rouvrant le jeu des Présidentielles de 2012, et
rendant l'ouverture d'un vrai débat de masse sur
le contenu d'une transition "post-capitaliste"
adaptée aux enjeux de la période plus
urgente que jamais, la "troisième vague"
de grève des ouvriers d'Île de France "pour
les papiers et pour la dignité" atteint
l' instant crucial.
Dans
un mouvement touchant plus de 5000 grévistes éparpillés
en une multitude de sites et d'entreprise, qui fait tache d'huile,
mais lentement, et tarde à s'étendre aux grandes
métropoles régionales où la mobilisation
des structures de la CGT reste très inféreure à
ce qu'elle est en région parisienne, malgré
tous les efforts faits pour étendre et diversifier l'action,
ce sont toujours, les ouvriers d'Afrique Noire en France et leur
avant-garde malienne, héritière des intrépides
"tirailleurs sénégalais"
de l'Empire français, des colosses
eux aussi des mêmes régions dont les petits enfants
son devenus "chair à
travail" des multinationales
à base française de l'actuel système néo-colonial
comme leurs anciens avaient été "chair
à canon", qui mènent
la danse. Hautement symbolique, le renfort grandissant des ouvrières
et des ouvriers chinois de la confection ou de la restauration
nuance un peu le tableau, sans bouleverser la donne.
Superbe,
la lutte reste, donc, difficile.
D'autant
que le soutien des ouvriers "gaulois",
indispensable, se limite toujours à l'inlassable
et chaleureuse activité d'une poignée de militants
des Unions Locales CGT de Massy (91) autour du PCOF
(Parti Communiste des Ouvriers de France,marxiste-léniniste),
de Montreuil (93) autour de rescapés de la Gauche
prolétarienne (maoiste), de la CGT-RATP,
animée par la crème des militants du PCF
comme leurs camarades d'EDF ou du Livre
(SGLCE-CGT), sans oublier l'UD 75 (Paris)
autour de Patrick Piccard et de Geneviève - ceux-là
même que les gauchistes et la bande à Badiou, prétendûment
maoiste, avaient traité de "fascistes"
quand ils avaient récupéré, par les moyens
traditionnels de la lutte prolétarienne, et pour pouvoir
préparer tranquillement le déclenchement de cette
"troisième vague", leurs locaux syndicaux
squattés sur une habile manœuvre de la Préfecture
de police, manipulant trop facilement quelques têtes brûlées
du mouvement des "sans papiers", infiltrés,
au passage, par une poignée de trafiquants de drogue manipulés,
eux, par les "Stups" pour le compte des RG...
C'est
dans ce contexte, donc, que le ministre du Travail Xavier Darcos,
un littéraire du pays de la truffe et des cochons sauvages
à groin noir un peu perdu dans un secteur qu'il connaît
mal, a cru le moment venu de secourir son collègue embourbé,
le renégat Besson passé du Socialisme mou au Sarkozisme
dur du ministère "de l'immigration et de l'identité
nationale" devenu le quartier général
d'une vaste opération de division crypto-lepéniste
en perspective des régionales.
Objectif
de Besson:déporter le débat sur la question
de l' "immigration", en général,
associée, de préférence, à celle des
"djeunes", "barbares de la banlieue",
insécurité etc.
Objectif
de Darcos, complémentaire: "cibler"
les méchants "patrons voyous", les "négriers",
coupables de l'organisation de "filières clandestines
d'immigration sauvage", et à qui sont promis,
à grands effets de manche, tous les tourments de l'enfer.
En allant
aussitôt réoccuper, ce 23 novembre, le grand chantier
Bouygues de la Tour First de La Défense (ex tour Axa, à
deux pas de l'ex-tour Elf, au cœur des richissimes Hauts
de Seine), la Garde Noire aux étendards
rouge vif d'Olivier Villeret (CGT-RATP, détaché
à l'UD 75 pour tout ce cycle de luttes), a remis
les pendules à l'heure.
Cette
"guerre des papiers" ne touche
pas, à la marge du "capitalisme normal",
légal, quelques entrepreneurs plus ou moins folkloriques
ou plus ou moins douteux de secteurs périphériques
à la grande industrie, comme la restauration, le gardiennage,
ou le nettoyage.
Ce
sont les plus prestigieuses - et les plus florissantes - multinationales
à base française d'industries stratégiques,
comme ici le BTP dans le secteur de la Défense
bien connu du Président de la Ripoublique, de son fils
et de son "parrain" Balkany, ce sont les Martin
Bouygues et cie (lui-même P-dg fils à
papa comme les autres protecteurs du Président, Lagardère
et consorts, tout le "gang de Neuilly"...)
qui, ne se contentant pas de se "faire
du beurre" sur les grands chantiers internationaux,
notamment africains, veulent aussi l' "argent
du beurre" en important pour leurs chantiers
dans l'hexagone, non délocalisables, une main d'œuvre
à bon marché - qu'ils pensaient surexploitable à
merci, mais qui maintenant prend le chemind'une vaste révolte
touchant potentiellement des centaines de
milliers de prolétaires des temps modernes assoiffés
de reconnaissance, de sécurité du travail, de l'emploi,
du salaire, et, donc, de dignité.
On comprend
l'acharnement du renégat Besson à satisfaire, pour
cet enjeu énorme, les nouveaux maîtres qu'il a choisi
de servir - - à qui, pourtant, deux septennats de "socialisme"
à la sauce "Françafricaine" n'avaient
guère fait d'ombre...
On comprend
la vitesse avec laquelle le "donneur d'ordres" Bouygues,
manipulant une chaîne de sous-traitants et de "marchands
de viande" de l'intérim s'est transformé
en "donneur d'ordres" de la police
de son cher-voisin-et-ami de Neuilly, obtenant en une poignée
d'heures et pour la deuxième fois une évacuation
expresse de son chantier de La Défense par les
casqués en bleu de Neuilly-Hortefeux, sous-ministre du
Président Sarkozy de Neuilly Bogsa.
On
comprend moins que, dans certains cercles de la CGT fleurisse
la double tentation d'un freinage du conflit
pour ne pas gêner une victoire socialiste aux régionales,
associée à une fuite en avant verbale,
qui masque cette retraite sous la flamboyante revendication de
"libre circulation pour tous",
ouvrant encore plus largement les vannes de la nouvelle
traite négrière que constitue une immigration depuis
longtemps "choisie", qui n'est
nullement le mouvement spontané d'une jeune "force
de travail, libre", choisissant
"librement" de ne plus "vivre
et travailler au pays", mais de s'arracher de
ses racines et de sa culture pour venir offrir, à très
bas prix, au patronat de l'ancienne? métropole coloniale
la plus essentielle richesse de son continent d'origine,
qui n'est pas constituée par l'or,le pétrole, ou
les autres matières premières, mais par l'énergie
potentiellement productive et l'énergie de lutte de sa
jeunesse - privant les pays les plus dominés,
les plus pauvres, au seuil de l'émergence, sur les pas
de la Chine, de leur "ressource humaine" -
leur"capital travail" - et d'une grande
force politique.
Pour
vaincre, ce mouvement doit rester sur ses fondamentaux.
Il
ne s'agit nullement d'un mouvement d'immigrés
pour toujours plus d'immigration, c'est-à-dire toujours
plus d'exploitation, ici comme dans les pays d'origine.
Il
ne s'agit pas d'un mouvement de "sans papiers",
réclamant "des papiers pour tous"
dans un monde idéal sans classes et sans
frontières, à l'horizon du dépérissement
de l'Etat, du communisme des Pères.
Il
s'agit d'un mouvement d'ouvriers, de travailleurs, et, au sens
le plus noble et le plus précis du terme, de prolétaires
revendiquant leurs droits de prolétaires, les droits les
plus élémentaires: et d'abord celui de ne plus vivre
en "clandestins d'Etat", importés
de fait par l'Etat du capitalismed'Etat qui n'a même pas
à organiser des "filières",
mais simplement à "laisser faire"
en espérant qu'au-delà de quelques protestations
humanitaires et de quelques vociférations "radicales"
de l'ultra-gauche... électoraliste, tout le
monde continue à fermer les yeux sur la réalité
d'un système qui n'a rien non plus de "libéral",
mais fonctionne toujours en mode colonial, ce qui
suppose Etat, forces armées de l'Etat, intervention et
protection del'Etat, Etat des multinationales et d'un
"capitalisme sauvage" en fait minutiesement
organisé, jusque dans les moindres détails.
En
soutenant, comme tel, le mouvement des prolétaires noirs
de l'ancien? empire colonial venus, au cœur de la
métropole impérialiste, fusionner leur exigence
de droit et de dignité avec les plus anciennes colères
du mouvement ouvrier issu des barricades du faubourg
Saint-Antoine, à portée de canon de La Bastille,
et de la Commune de Paris, les "blancs
au cœur rouge sang"
de la CGT d'Île de France
, que la Confédération, de soncôté,
"laisse faire", assurent bien plus
qu'une rénovation, toujours à l'ordre du jour, d'un
"syndicalisme de classe" toujours guetté
par le repli corporatisme sur des bastions vieillis,donc par l'opportunisme,
et son pendant, l'électoralisme.
Communistes
d'une façon ou d'une autre, ils
font bien plus que permettre l'éclosion ou le renforcement,
certes nécessaire, d'un "front de gauche
élargi", porteur d'une
perspective encore vague de "changement",
politique.
Ils
retissent la trame que Bouygues et consorts, et l'Etat négrier
dans son entier, sans cesse de leur côté défont:
celle qui forge l'unité de classe, vivante, du prolétariat
de couleur, venu d'ailleurs, et de la "classe
ouvrière traditionnelle, qualifiée et syndiquée",
"blanche" mais aussi,aujourd'hui, partiellement
maghrébine - et qui ne se croît plus vraiment
à l'abri d'une régression dans l'univers de la précarité,
absolue insécurité...
Cette
"classe ouvrière" qu'on a pu croire
partiellement assoupie, aspirée dans une "intégration
par le haut" vers les métiers de techniciens
hautement spécialisés, correctement payés,
de l'aéronautique, de l'énergie, des grands moyens
de transport modernes, et des "nouvelles
technologies de la communcation", sans oublier
celle qui assure la maîtrise d'œuvre des
"grands chantiers", comme
chez Bouygues, ou ailleurs, se trouve convoquée par la
grève africaine à fixer son
destin en face.
Qu'elle
continue, comme les hommes du "Minorange" des
Tours de la Défense, à détourner les yeux
des "blacks" qui, sous son regard, s'échinent,
s'exténuent, se blessent ou meurent, ou voient leurs piquets
de grève impitoyablement chassés par le police,
et la "crise" - qui est une politique...-s'abattra
sur elle à son tour pour la broyer comme elle a broyé
les "traders" se croyant eux aussi
"surprotégés" de la City de Londres
ou de Lehman Brothers...
Qu'elle
suive, tout au contraire, la voie tracée par les
Raymond de Massy, et les jeunes militants communistes révolutionnaires
qui l'entourent, les Patrick, Geneviève, Bob ou Olivier
de Paris, ou les "Richard de Montreuil", et
le bloc fissuré trouvant l'assurance d'un nouveau ciment
pourra constituer la dalle solide et cohérente
sur laquelle construire le vrai rassemblement d'un peuple retrouvé,
qui sera peuple de France plus que "peuple français"
au sens étroit du terme, et sera capable, enfin,
d'unir la jeune rébellion diffuse et colorée des
"cités" de la "banlieue"
et la puissance organisée du monde du travail,
au cœur des plus grandes entreprises et des services publics.
Alors,un vrai printemps redeviendra possible.
24
novembre 2009. 12H45. Jean-Paul CRUSE
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Rebondissement dans l'affaire du "Côte d'Azur" -
Dénoncé par la CGT
comme "négrier" exploiteur de sans-papiers doublé
d'un "marchand de sommeil" à la Zola,
le patron de
ce petit restau parisien, "annexe" d'une annexe de
la Préfecture de police accuse le syndicat de trafic de femmes
noires enceintes!
Nos lecteurs se souviennent de l'affaire du Côte
d'Azur, ce petit restau sympa bien parisien situé, pour son bonheur,
juste en face d'une annexe de la Préfecture de police, dont les
contractuelles ferment les yeux sur le stationnement permanent de la voiture
de M onsieur, dûment badgée, devant une porte cochère,
mais aussi, pour son plus grand malheur, à deux pas de la Bourse
du travail, rue du Château d'Eau, à Paris, d'où les
militants syndicaux, jadis clients de l'endroit comme les flics, multiplient
désormais, quasi quotidiennement, les manifs de soutien aux deux
"cuistots" noirs licenciés pour avoir osé
réclamer la régularisation de leurs papiers, aggravée
de celle de leurs heures de travail déclaré - dénonçant
au passage l'expulsion de l'un d'entre eux, Mohammed Aly Toure, de la
chambre de bonne qu'il partageait avec sa jeune femme Maicha, enceinte
de plus de sept mois.
Aujourd'hui, le patron, que nous avons pu rencontrer,
dénonce sur tous les tons le "complot" (syndical
dont il se dit "victime". Ignorant - bien entendu...-
que ses employés étaient en situation irrégulière,
il les a - bien entendu - immédiatement mis à la
porte dès qu'il l'a su (quand ils sont venus revendiquer...).Quant
à la jeune africaine enceinte, à qui il a simplement retiré
tout accès à la chambre de bonne qu'il "prêtait
occasionnellement" à Mohamed Aly Toure "pour
qu'il puisse 'y reposer",il "doute qu'elle soit sa
femme", "elle était complètement inconnuedans
l'immeuble, la concierge peut en témoigner", et
il soupçonne (très fort) la CGT "de l'avoir mise
là pour étoffer le dossier!".
Une "théorie du complot" , qui,
chez les militanteset les militants noirs, blancs, ou maghrebins, de la
CGT du Commerce, du Bâtiment, et de l'UL-CGT Xème nombreux
à se relayerdevant l'endroit comme auprès de la future Maman,
aujourd'hui à l'abri et en sûreté, n'a pour effet
que de susciter des réactions oscillant entre l'hilarité
et la colère: "alors, si maintenant il faut qu'on
fasse des stocks de femme enceintes pour bombarder les "négriers",
il va y avoir du boulot", dit l'un d'entre eux,
mais je n'ai jamais rechigné surle devoir militant, et je suis
volontaire!"
(A suivre) Jean-Paul Cruse |
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| - Ouvriers
africains en lutte "pour les papiers
et pour la dignité" -
Record
de honte battu
C'est - ou c'était?- le plus
honteux scandale d'exploitation d'un ouvrier noir sans-papiers
depuis le début du cycle de lutte ouvert il y a un
an. A la suite d'une contre-attaque éclair
de la CGT, Mohamed Aly, serveur ivoirien "en
situation irrégulière" au restaurant
Le Côte d'Azur, rue du Château d'Eau, à
Paris (Xème), "balancé" par
son employeur aux RG pour s'être mis engrève
"pour les papiers, et pour la dignité",
placé en garde à vue, et menacé d'expulsion
tandis que sa jeune épouse Mouchia, enceinte
de près de 8 mois, se trouvait jetée à
la rue, expulsée, avec toutes leurs affaires,
de la chambre de bonne de 6 mètres carrés que
leur patron leur louait 450 euros par mois, sous les toits,
a retrouvé la liberté (photo ci-dessus).
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Et c'est le sourire aux lèvres, entouré
d'une solide et chaleureuse escorte de militants CGT,
qu'il a pu, sous l'œil de notre photographe, voir...le
patron indigne embarqué par la police, pour être
placé, à son tour, en garde à vue.
L'affaire durait depuis des semaines.
Le Côte d'Azur se trouve à
deux pas de la Bourse du Travail. Le cuistot,africain,
et Mohamed Aly, le serveur, se rapprochent bientôt
de la CGT. Elle intervient auprès de l'employeur,
et lui demanded'agir pour la régularisation de
ses deux employés - déclarés
2 heures par jour pour 11 heures de travail effectif,
6 jours sur 7, cotisant régulièrement
à la Sécu sous leurs identités
d'emprunt, et payant leurs impots.
Le 30 avril, les deux gars, las d'attendre,
se mettent en grève. "Puisque vous m'emmerdez,
rétorque le patron, moi aussi je vais
vous emmerder. Vous allez voir!".
27 mai, 9H00. la police se présente
dans la chambre de bonne que Mohamed Aly partage avec
Mouchia, son épouse, enceinte. "Contrôle
d'identité"."Faux papiers".
Embarqué! le convoi roule encore en
direction de la préfecture quand une
équipe de gros bras, à qui le
patron, qui est aussi le propriétaire de la chambre,
se dit totalement étranger - succède
aux policiers, expulse la jeune femme, vide sacs et
petit mobilier, balance tout dans la cour, change rapidement
les serrures, et part.
Mais la CGT parisienne possède
aujourd'hui une "force de réaction
rapide", animé par de jeunes militants
toniques comme Olivier Villeret, (ci-dessous)
issu d'une famille de Résistants des "maquis
rouges" du centre de la France devenu l'un
des éléments de choc de la CGT-RATP et
l'un des cadres de pointe del'UD-CGT75 les plus investis
dans le soutien aux grèves des ouvriers sans-papiers.

La contre-attaque est donc fulgurante.
tracts et banderoles devant Le Côte
d'Azur, interventions auprès de
la préfecture, appel à des "pique
nique sauvages" de solidarité en pleine
rue...

Et tout est bien qui finit bien,
donc, sauf pour le patron, qui risque quelques
ennuis pour travail illégal, mais aussi pour
son activité parallèle de "marchand
de sommeil" doublée d'une expulsion
sans droit, voire de voies de fait sur une jeune femme
enceinte (l'intervention des élus communistes
parisiens Marie-Thérèse Eychart et Jacques
Daguenet a heureusement permis que Mouchia, dans un
premier temps hospitalisée, se voit proposer
un relogement d'urgence,avant même d'avoir pu
serrer dans ses bras le père de son enfant, remis
en liberté.
La bataille se poursuit maintenant pour
la régularisation des deux hommes, et l'avenir
de la jeune femme, ainsi que de l'enfant à naître
- un garçon, qui pourrait s'appeler "Victor",
une fille aurait été "Victoire".
Jean-Paul Cruse
Les luttes des
ouvriers sans-papiers:
ici
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