Grève pour les papiers 2008: ici / Suite: ici

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"ouvriers en grève pour les papiers 2010"

- Le piquet d'ocupation devant l'Opéra Bastille s'est remis en place aussitôt après l'expulsion policière du 3 juin. Il a besoin de soutien:

L'appel de FLORENCE:ici-

Après l'attaque violente d'une "bande" de casqués en civil contre les grévistes de la boîte d'intérim Multipro, à Paris, la décision d'une autre société de "marchands d'hommes" exploitant elle aussi des "sans papiers", STN, à Aulnay-sous-Bois (93),violant une décision de justice et recourant à des vigiles aidés de chiens pour expulser les grévistes démontre l'acharnement du patronat le plus négrier, multipliant les provocations, dangereuses, par crainte d'un compromis négocié.lire ici

  Pour renforcer la solidarité, un appel commun de syndicalistes, d'intellectuels et de cinéastes:lire iciAu cabaret l'Européen, rue Biot, près de le place de Clichy, à Paris, ce samedi 20 février 2010, marqué par une belle prestation des chantants rouges de "Jolie Môme", la CGT en a précisé l'annonce officielle: des négociations s'ouvrent dès cette semaine avec le Medef, mercredi, prélude à une rencontre avec le ministre du travail, Xavier Darcos.Vers un compromis négocié de fin de conflit? ICI
   

 

(Rappel de l'édito en Une du dimanche 21 février 2010)

Bouygues et les grands rapaces du système d'exploitation colonial s'accrochent encore. Mais Veolia, la CGPME, et de nombreux employeurs du secteur de l' "aide à la personne" envoient des signes clairs, vers l'ouverture d'une négociation directe avec les 6000 grévistes "pour les papiers et la dignité", dont la rébellion tranquille, au cinquième mois, ébranle tout l'édifice patronal. Au point que le MEDEF lui-même, au bord de la crise de nerfs, propose une rencontre, ce mercredi. Et le pouvoir est nu...

C'est au cabaret l'Européen, place Clichy, grâcieusement ouvert, ce samedi, pour une fête de soutien animée par les joyeux drilles de "Jolie Môme" (ci-dessus), en présence d'un public nombreux, et de représentants des grévistes comme Grace (ci-dessus), salariée CGT sans papiers de l'"aide à la personne" et oratrice d'exception (une des nombreuses révélations militantes de ce mouvement historique) que l'ancien lycéen breton de mai 1968 Raymond Chauveau, devenu syndicaliste à la RATP, puis l'un des principaux coordinateurs CGT du mouvement, au côté, notamment, de ses camarades du prometteur PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France, né sous l'influence de la Révolution Culturelle de Mao) en a fait l'annonce officielle. - Après une longue navigation solitaire sur la mer démontée d'une "lutte des classes" revenue à ses fondements les plus prolétariens, et portée, de ce fait, par les vents favorables d'un très large de mouvement de soutien (78% d'approbation des Français), la galère des soutiers sans papiers peut enfin crier "Terre!, Terre!", à la vue, dans le ciel, des premiers vols de goélands ou d'albatros, signes annonciateurs de la présence, au loin, de ce qui peut n'être qu'une Île offerte à leur longue peine pou une halte provisoire, un peu d'eau fraîche et de repos, mais est peut être aussi une première terre ferme au bout de l'aventure, Continent de la Liberté.

(suite de l'éditorial ci-dessous)

Les militants du (fort) comité de soutien du XVIIème arrondissement de Paris, force invitante, avec une importante participation de sympathisants du syndicat SUD, groupés autour des cheminots de SUD-RAIL, fer de lance du soutien à la grève, ici, avec l'Union Locale CGT du XVIIème sous la houlette de la truculente Fabienne, et de sa casquette, ont ouvert le bal en rappelant le passé ouvrier, aujourd'hui, occulté, de ce "beau quartier" de Paris à tort réduit à son joyau "vert" de grand luxe (le Parc Monceau et les immeubles bourgeois qui l'entourent, où vit, notamment, le général Gallois).

Le XVIIème, en efet, fut longtemps un foyer de luttes ouvrières impulsées par les cheminots des gares proches, avec une tradition anarchiste prolétarienne, marquée, bien éloignée de l'anarchisme petit-bourgeois des enragés amers et sectaires de l'époque actuelle.

C'est donc en fils, lointains, d'une riche tradition de lutte que les ouvriers en grève pour les papiers du chantier de construction...de la crèche municipale du XVIIème, jouxtant la mairie elle-même, ont obtenu à l'arraché neuf régularisations sur douze - luttant encore, à ce jour, pour celle"des trois jeunes", dont les anciens grévistes ayant repris le travail financent intégralement la poursuite du combat. Solidarité, vous dit-on. - Solidarité? Comme l'expliquent Toure, porte-parole des grévistes du XVIIéme, ou Abdoulaye, les maîtres-chiens assurant - sous faux-papiers - la tranquillité des voyageurs de la SNCF, "n'ont pas perdu un seul centime au cours de plusiers mois de grève" - aujourd'hui, pour eux, victorieuse. "C'est pas tous les Français qui sont racistes.Les Français ne sont pas racistes. Ils ont le cœur limpide comme de l'eau. Merci, merci, mille fois merci.!

Grace, qui fait jaillir des larmes d'émotion dans les yeux des plus endurcis des militants en évoquant les vieilles dames qu'elle-même et ses camarades sans papiers du secteur de "l'aide à la personne" assistent, réconfortent et sécurisent "comme nos propres grands-mères", et suscite un autre moment poignant, quand elle évoque, dans un cri de colère puissant qui n'a ren d'un gémissement plaintif "nos sœurs femmes de service violées, tard le soir, sur le lieu de travail, oui, violées!", utilise toutes les ressources d'un talent d'oratrice issu, peut-être, de la fréquentation de ces messes "à l'Africaine" qui n'ont rien de "messes noires", mais ont donné naissance à la rythmique engagée des "gospels":

"Les grévistes présents dans la salle, levez-vous! Les grévistes, pas les autres! Les noirs, oui, levez-vous!" - Un peu interloqués, comme nous tous, ils se lèvent, par dizaines, souvent engoncés dans leurs cirés de travail qui les rendent encore plus massifs qu'au naturel.."Tendez à la main à ceux qui nous ont soutenus, et qui sont là, assis, venus nous soutenir encore!..." Et une forêt de mains noires se tend vers une forêt de mains blanches. Et Grace, maîtresse de cérémonie parfaite dont nous avions déjà découvert, à l'imposant rassemblement du gymnase Carpentier, le visage énergique tendu par une volonté farouche portée par une foi inébranlable, autant que la maîtrise gestuelle et rhétorique de "pasteur d'âmes", reprend... la main très vite. "Cette étiquette de "sans papiers" nous n'en voulons plus! L'esclavage caché, nous n'en voulons plus!Nous tiendrons un an s'il le faut".

- Un an, au cinquième mois déjà,ce ne sera peut-être pas la peine.C'est en tout cas ce que laisse entendre le coordinateur CGT Raymond Chauveau, qui partage, ce samedi, "la pole position au hit parade" (prolétarien) avec le rugueux dirigeant de SUD-Rail Dominique Malvaud, récipiendaire d'un hommage superbe des maîtres-chiens régularisés de Saint-Lazare, son fief.

"En face, poursuit Raymond, ils perdent leur sang-froid.En ce moment même, ils sont encore en train d'organiser des expulsions de piquets de grève. A Multipro hier soir (vendredi), ils ont suscité une bagarre avec une partie des vigiles. Mais c'est parce qu'aujourd'hui le mur est en train de se fissurer. Avec les 11 organisations qui coordonnent le soutien unitaire, nous tenons réunion sur réunion, et nous avons rassemblé l'ensemble des délégués des grévistes, hier: car il y a du nouveau, les organisations patronales sont d'accord pour dire "OK, on lâche l'éponge", régularisation des travailleurs sans papiers"...La CGPME nous a contactés pour dire son accord avec un processus d'accompagnement de la régularisation des travailleurs sans papiers...VEOLIA nous a adressé des signes allant dans le même sens...VEOLIA, vous imaginez...Dans le secteur de l'aide à la personne, la tendance est la même...Et nous avons un rendez-vous avec le MEDEF lui-même le 24 à 9 heures, sur le sujet. C'est la première fois. Une rencontre avec Darcos (le ministre du travail, écarté jusqu'ici du dossier au profit du douteux spécialiste "de l'immigration et de l'identité nationale") est imminente, juste après le Medef. Il faut donc renforcer l'unité."

Si une vraie négociation commence, dessinant le croquis d'un accord négocié, le gouvernement sera nu - pris au piège d'une politique aussi colonialiste qu'électoraliste d' "immigration choisie", qui ne visait pas seulement, on le voit, à piller les cerveaux de l'ancien "Tiers Monde" aujourd'hui redressé, devenant Centre du Monde, après avoir sucé le sang des combattants et épuisé les bras d'une force de travail vivace arrachée aux peuples de ces pays ainsi condamnés à un sous-développement organisé, mais qui visait aussi, ce conflit historique en a fait la démonstration éclatante avant même d'avoir définitivement fait exploser cette politique, à "choisir" au profit des nouveaux négriers du BTP, et même de la sécurité, de la restauration, et de l' "aide à la personne", toute une population d'esclaves exilés, voués à un statut qu'on pouvait croire éternel de "sans droits", "sans papiers", "sans statuts"..

Et tous ceux qui redoutaient, à l'extrême-droite, ou espéraient, à l'ultra-gauche trotskiste et/ou "libérale-libertaire", qu'une vague de régularisation par le travail, si elle finissait par prendre un caractère massif (ce qui est loin, à ce jour, d'être acquis) provoquerait "un irrésistible appel d'air", aspirant vers l'Europe, et d'abord, vers la France, de nouveaux flux, irrépressibles, de réfugiés du non-travail, vont en être pour leurs frais.

Car une telle régularisation, arrachée par les intéressés eux-mêmes, par l'action prolétarienne, et par la grève, et réveillant au sein du mouvement ouvrier de "l'Europe aux anciens parapets" le meilleur d'une tradition de lutte solidaire, n'a pas pour seul mérite de re-forger l'unité d'un monde du travail, et de tout un peuple autour de lui, qu'avait (presque) mortellement affaiblis les stratégies politico-patronales de parcellisation, de division, et d'éclatement.

Elle ne pourra que donner aux "monstres froids" du capitalisme impérialiste d'Etat à la Papa, un signal fort. Les esclaves ayant décidé de ne plus l'être, et les "travailleurs libres" de devenir... authentiquement libres en se libérant de toute compromission avec le système d'esclavage lui-même, c'est à une force de travail unie que le Capital va devoir, désormais, de nouveau, se confronter: "l'armée de réserve", coloniale ou néo-coloniale, c'est fini.

Fin d'une époque. D'une ère.

Qi

 

 

 

 A tous pour info et mobilisation :
 Après un "jugement de Salomon", les autorisant à poursuivre la grève avec occupation des bureaux le jour, mais pas la nuit, les grévistes de la boîte d'intérim STN d'Aulnay-sous-Bois (93), qui respectent la décision de justice, et l'appliquent, se retrouvent face à un patron qui la viole, les  grévistes de la Société STN demandent du soutien sur place.
..
Ce mercredi 24 février 2010, le Tribunal a rendu un jugement de Salomon, reconnaissant l'occupation du siège de l'entreprise comme légitime...durant les heures de bureau, mais pas la nuit. Les grévistes sont rentrés chez eux,  forts du jugement, pour revenir sur les locaux de la bote ce matin. ils ont trouvé vigiles et chien. Donc impossible d'entrer. Déjà CGT, CIMADE, RESF , Elus Verts et élus Communistes sont sur place mais ils ils demandent du renfort...Passez les voir si vous pouvez :
STN , 124 route de Bondy à Aulnay- sous -Bois.
(Correspondance Aulnay-sous-Bois.)

   

 

Page spéciale STN,

"garde à vue républicaine", etc.

ici

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- Appel -

Qui veut la peau des travailleurs et travailleuses sans papiers ?


Depuis le 12 octobre 2009, des milliers de travailleurs sans papiers, soutenus par onze organisations syndicales et associatives et leurs comités de soutiens , sont en grève pour obtenir leur régularisation administrative et gagner leurs droits et leur dû, à l’égal des autres travailleurs. Commencé par un millier de grévistes, le mouvement a été rejoint par 5000 autres grévistes. On peut imaginer la somme de courage et de détermination qu’il a fallu à ces travailleurs sans droits, parfois isolés, toujours exploités, sous la menace d’une expulsion, pour se lancer dans cette grève. Ils entrent maintenant dans leur quatrième mois de conflit. Certaines caisses de solidarité sont vides, les dettes de loyers s’accumulent, ils ne peuvent plus envoyer d’argent à leur famille, leur moral est parfois en berne. Pourtant, la combativité est toujours là, alors que certains ouvriers occupent jour et nuit, dans le froid, leurs lieux de travail et que d’autres se font expulser, parfois illégalement, des lieux qu’ils occupent.
Ce mouvement est plus unitaire qu’en 2008 et plus massif. Il est plus ambitieux aussi car il réclame une véritable circulaire de régularisation sur la base du travail et non pas ce que les services de Besson ont produit en novembre, une pseudo circulaire d’une page, confuse et très restrictive, accompagnée de quatre pages d’«explications» qui laissent perplexes certains services préfectoraux. L’arbitraire des préfectures est encore renforcé. Pourtant, dans ce contexte, nous ne sommes pas si loin d’une victoire.
Ce mouvement a fait évoluer le patronat. Beaucoup d’employeurs ont rangé leur menace de licenciement, des contrats de travail ont été signés ou requalifiés, des CDD et CDI arrachés – chose exceptionnelle en ces temps de précarité organisée et généralisée. Quelques responsables patronaux ont aussi interpellé les pouvoirs publics, sachant parfaitement – et pour cause - que le rôle de ces travailleurs et travailleuses sans papier est indispensable à l’économie nationale.
Depuis l’acte I de la grève lancée par la CGT et quelques actions syndicales précédentes, la bataille du sens et de l’opinion est en train d’être gagnée. En plaçant le conflit sur le champ du travail, en faisant découvrir l’exploitation éhontée que subissent ces travailleurs, ce mouvement a changé l’image des sans-papiers et une majorité de l’opinion publique est maintenant prête à le soutenir aussi au nom de la justice sociale et des droits de l’Homme.
Le gouvernement est ainsi coincé entre sa politique du chiffre absurde et dangereuse – objectif de 30 000 expulsions par an ! - , les réalités économiques et un vaste mouvement de résistance populaire, à l’image, par exemple, des actions de RESF. Quelle est alors sa stratégie ? Le pourrissement, la division et la répression. Ajoutons que le silence de la plupart des médias à propos de ce deuxième mouvement de grève n’est pas sans lien avec la puissance économique, médiatique et politique du groupe Bouygues. Face à cette stratégie et vu la situation dramatique des travailleurs sans papiers, vu aussi la signification éminemment politique et civilisationnelle de cette lutte nous appelons à : - Redoubler d’effort financier en solidarité avec les travailleurs sans papiers .
- Rompre le silence médiatique, notamment en sollicitant les artistes et intellectuels, nombreux, qui veulent soutenir ce mouvement.
- Placer ce combat au centre de nos pratiques syndicales, citoyennes et politiques, dans un esprit unitaire, rassembleur et combatif.

 

Signataires

au 26 février 2010,

midi:


Paul Astre (syndicaliste), Josiane Balasko (actrice et réalisatrice), Jean Bigot (producteur de films), François Bon (écrivain), Sébastien Chatillon, (Sud-Rail, gare de Lyon), Jean-Paul Cruse, journaliste, écrivain, Paris, Richard Delumbée (syndicaliste Montreuil), Maurice Failevic (réalisateur), Noëlle Gérôme (ethnologue),
Denis Gheerbrant (cinéaste), Laura Laufer (critique de cinéma), Gérard Mordillat (écrivain et réalisateur), Bruno Muel (cinéaste), Gérard Noiriel (directeur d’études EHESS), Michel Pialoux (sociologue), Patrick Picard (secrétaire général de l’UD CGT de Paris)
Michel Pigenet (professeur d’histoire contemporaine à Paris 1), Tangui Perron (historien), Marc Perrone (musicien), Jean-François Téaldi (grand reporteur, secrétaire général SNJ-CGT Audiovisuel), Bernard Pudal (professeur de sciences politiques à Paris X), Marcel Trillat (journaliste et réalisateur), Pierre Trividic (réalisateur), Alain Ruscio (historien), Georges Séguy (déporté résistant, ancien secrétaire général de la CGT), Martine Sonnet (historienne et écrivain)
Frédéric Variot (réalisateur), Olivier Villeret (secrétaire de l’UD CGT de Paris).

Pour signer cet appel, s'adresser à la rédaction de ce site, Le Monde Réel (raoni@wanadoo.fr) qui transmettra.
Chèques à l’ordre de CGT sans-papiers : CGT, 263 rue de Paris, 93516 Montreuil Cedex ou en ligne via RESF : http://www.educationsansfrontieres.org/

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"On va gagner!"

Rien n'est acquis, mais la victoire du long mouvement de grève "pour les papiers et pour la dignité", déclenché dans la blanchisserie Modeluxe, dans l'Essonne, en mai 2008, sous l'impulsion de l'UL-CGT de Massy (91) et du Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), puis relancé en septembre-octobre 2009, avec le mouvement coordonné de plus de 6000 grévistes, noirs en majorité, mais également chinois, semble se dessiner -au bout d'un long tunnel...

 

 

L'appel de Florence


Les travailleurs sans papiers en grève depuis 8 mois se tiennent devant l'Opéra de Bastille jour et nuit.

Jeudi 3 juin, une intervention des forces de l'ordre a eu lieu pour les évacuer des marches de façon brutale (lacrymo et coups). Nombreuses arrestations brutales.



(Document sur l'évacuation :

http://www.youtube.com/watch?v=zbazUPgNp6M <http://www.youtube.com/watch?v=zbazUPgNp6M> )


Aussitôt, ils sont revenus. Ils restent en bas de l'Opéra devant les marches jour et nuit pour faire aboutir leurs revendications : une autorisation de travail.

Ce sont des personnes qui travaillent dans le bâtiment, le nettoyage, pour des organismes d'état, etc.

J'ai passé du temps dans divers tribunaux pour les soutenir.
Dégoûtée et atterrée par les jugements. Exemple : un jugement de Tribunal Administratif d'un grand nombre de personnes (toute la session de l'après-midi) qui tient en une phrase : "Monsieur Untel libéré ; toutes les autres requêtes rejetées."
Et ces humains repartent menottés dans le dos en centre de rétention et peuvent être expulsés à tout moment.


Le peu que les travailleurs sans papiers grévistes "de la Bastille" avaient a été jeté au moment de l'intervention des CRS.

Ils ont besoin:

- d'affaires pour dormir dans la rue, sur le dur - nuits fraîches : couvertures, sacs de couchage, dessus de lit, tout ce qui peut servir de lit quand on dort dans la rue.

- de nourriture, café, thé, eau.

- de parapluies, parasols pour s'abriter du soleil.


Les bananes, les fruits secs, les biscuits, le chocolat, les barres de céréales... sont nourrissants et faciles à emporter si on y va seul-e par les transports en commun.

Je mets du thé chaud dans des bouteilles d'eau minérale. Ca tient bien. (Il ne faut pas mettre de liquide brûlant, car la bouteille ne tient pas).


On peut leur apporter ce qu'on a ou ce qu'on peut acheter ou faire des dons d'argent pour qu'ils puissent faire quelques courses par eux-mêmes.

On peut rester sur place pour apporter et manifester notre soutien.

Merci de faire circuler.

Florence Libert

<florencenotoexploitation@gmail.com>


Succédant à Raymond Chauveau (UL-CGT Massy, 91), le "père" du mouvement né sous son impulsion dans son coin de l'Essonne, qui rappelle les 2800 régularisations arrachées au cours de "l'acte I", en 2008-2009, irinise sur les critiques théoricistes des marxistes-léninistes universitaires à la Badiou pour qui ces grèves "réactionnaires" car n'allant pas à l'essentiel (l'ouverture générale des frontières au grand vent "libéral-libertaire" et l'abandon de toute législation sur l'immigration...) "font le jeu de Nicolas Sarkozy", ce qui ne semmble pas vraiment l'avis de l'intéressé, de son ami Martin Bouygues, et de sa police...), voici le "rasta" Adama. Avec ses longues tresses, son foulard aux couleurs de Bob Marley, et sa façon de s'exprimer doucement, "cool, man, cool", sans forcer le trait ni la voix, ce représentant typique de la CGT "nouveau style" émergeant en force de ce conflit incroyable, commence par un rappel historique, acclamé: "Si nous sommes venus en France, c'est que nous sommes issus des ex-colonies. Et que nous faisons partie des néo-colonisés".Les acclamations redoublent quend il évoque les "pères", les "anciens", venus verser leur sang pour la libération d'un pays qui les avait eux-mêmses opprimés, mais luttait pour sa propre émancipation nationale, et contre l' "ordre brun", raciste. "Si nous tenons depuis 6 mois que nous nous sommes mis en grève, à plus de 6000, c'est qu'il s'agit d'un combat pour nos libertés et pour nos droits".

Lui succède le cinéaste Laurent Cantet, l'"intellectuel organique", le Jean-Paul Sartre (en moins phraseur et plus modeste) de ce conflit emblématique du XXIème siècle "Nous vous soutenons dans ce combat qui est politique, qui est un combat moral aussi, nous sommes sûrs que vous irez jusqu'au bout: et nous serons avec vous jusqu'au bout!"

Après lui, Feng, inoxydable déléguée CGT des quelque 400 Chinois de

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France toujours en lutte: "C'est très dur, et six mois, c'est très long. Mais en restant unis, ensemble avec tous les travailleurs africains, chinois, et tous les autres, on va gagner!" - "Inch'Allah!", gronde la foule.

Après Feng, la représentante de Femmes Egalité rappelle que 400 travailleuses du secteur de l' "aide à la personne" sont toujours en lutte, avec leur carte de gréviste à jour, s'ajoutant aux 6263 lutteurs du bâtiment, de l'intérim, de la restauration, ou de la sécurité...Suit Fofana, puis le porte-parole de la Cimade, simple et direct, très "prolo" dans le genre, et Moussa, intérimaire, mais...permanent du piquet de grève de Croix de Chavaux. "Nous sommes 1500 intérimaires en lutte sur les 6000 grévistes...Je m'adresse au patronat de l'intérim, dont les agences du Boulevard Magenta (nombreuses dans ce quartier des gares) ont dû presque toutes fermer, tant notre pression est forte... Nous ne les lâcherons pas...Vidés d'une agence occupée, nous envahissons la suivante...Sous le froid comme sous le soleil, nous portond le manteau du courage...La grève jusqu'au bout!"

Le secteur de l'intérim est un de ceux où un patronat, à bout de nerfs, et financièrement, presque aussi "au bout du rouleau" que les grévistes prête une oreille de plus en plus attentive aux voix qui, jusqu'à l'intérieru de la sphère dirigeante du Medef, s'exaspèrent de l'attitude butée de Besson-Sarkozy, et cherchent une issue négociée, rapide.

Suit Grace, le "Martin Luther King" au féminin du mouvement des travailleuses de l'"aide à la personne" - avec cette éloquence particulière, spontanée et savante, propre au pasteurs des Eglises Noires...Discret badge CGT, rouge vif, de la taille d'une Légion d'Honneur, sur un strict costume anthracite, comme

Au micro, Grace. Tout à droite, "boule de billard", le représentant de la Cimade, élément fort de la lutte, et Emmanuel Terray (derrière lui), un des très rares intellectuels "historiques" des luttes dans le domaine de l'immigration conscients de l'importance de cette grève et actifs le soutien.

chaque fois qu'elle prend la parole, elle galvanise la foule. "Ce n'est pas une question de flux migratoires, mais un conflit du travail", martèle-t-elle, lentement."Aujourd'hui, le monde sait. Toute la France sait. Plus de la moitié des gens pensent qu'il faut régulariser!(...)Nous sommes ensemble, travailleurs africains et chinois, unis. Nous sommes forts. Cet esclavage déguisé, nous n'en voulons plus, et nous allons gagner!"

Francine Blanche, après elle, seule membre de la direction confédérale de la CGT à s'investir pleinement dans cette grève depuis le début, rappelle quelques données de base: come les "17 à 18 mois de grève" qu'il a fallu à un premier contingent d'ouvriers en intérim pour ouvrir le chemin des premières régularisations dans ce secteur;comme les "6263 cartes de grévistes tenues à jour", auxquelles doivent s'ajouter "les 400 cartes de femmes travaillant dans le secteur de l'aide à la personne, avec souvent des employeurs individuels, personnes âgées ou autres, avec qui elles entretiennent les meilleurs rapports, qui souhaitent ardemment leur régularisation, et contre qui elles ne peuvent pas faire grève" - total "6500 travailleurs sans papiers engagés dans le mouvement", avec un soutien de "80% de la population française", selon les sondages sérieux les plus récents." - Ce qui signifie, soit dit entre parenthèses, et cela devrait constituer un sujet de réflexion pour ceux qui envisagent un élargissement du "Front de Gauche", que, sur ce sujet emblématique, comme, par exemple, sur celui des retraites, qui ne l'est pas moins, ou sur celui du retrait des troupes françaises d'Afghanistan, et, finalement, contre une nouvelle candidature de Sarkozy, c'est un rassemblement de "deux français sur trois", solide, qu'il faut travailler à constituer. Il inclut une partie significative de ce qu'on a grandement tort d'appeler "le peuple de droite" - puisqu'il n'y a qu'un seul peuple. "Une partie de nos politiques, y compris, souligne d'ailleurs elle-même la dirigeante de la CGT, dans la majorité présidentielle, s'interrogent sur le bien fondé" de la politique Beson-Sarkozy dans cette affaire. "Aujourd'hui, conclut Francine Blanche- et, venant d'une personne aussi responsable et mesurée, c'est lourd de sens - "il y a des signes qui vont dans le bon sens...De multiples discussions officieuses sont amorcées ou sont en cours. Par exemple, et c'est nouveau depuis quelques jours, un début de discussions officielles a lieu entre nos camarades de la fédération de la Construction et les interlocuteurs patronax. Des contacts sont prévus la semaine prochaine. Même chose avec les associations patronales de l'aide à domicile. Enfin, avec les 11 organisations qui portent cette lutte, nous ançons un appel aux collectivité territoriales, aux élus municipaux, pour que ceux qui disent nous soutenir fassent des coix cohérents dans leurs domaines de gestion, en refusant de signer des contrats avec des entreprises qui, de leur côté, bloquent la régularisation de leurs ouvriers sans-papiers, y compris leurs sous-traitants."

Un appel qui, bien évidemment, ne fait que donner plus de poids, et plus de responsabilités, aussi, et d'occasions de "mettre les actes en accord avec les paroles", aux forces politiques sorties victorieuses des dernières élections régionales, et donc, tout particulièrement, au parti socialiste, qui, pour la toute première fois, avait envoyé une représentante s'exprimer au

Sandrine Mazetier (PS): "Nous sommes ici parce que, pour nous, aujourd'hui, la question sociale est la question centrale. Et nous rendons hommage à ce mouvement..."
 

micro d'un rassemblement des grévistes pour les papiers - auquel ce parti, et les jeunesses Socialistes, avaient d'ailleurs, pour la première fois aussi, appelé à participer (sans mobiliser, hélas, plus de quelques dizaines de personnes).

Le communiste Pierre Laurent, dont la position de "successeur désigné" de Marie-George semble susciter quelques difficultés, plus sur le principe que sur la personne, se fit remarquer par une intervention brève et sobre - rompant avec la tradition des discours-fleuves et saluant, très simplement, l'exemple "d'unité de toute la classe ouvrière" donné par cette grève.Bref et simple lui aussi, l'orateur du PCOF, le "petit parti communiste", fils de mai 1968 et de la révolution chinoise, qui sort grandi de cette grande grève où on lui doit beaucoup, souligna en quelques mots bien frappés "l'honneur" que constitue, pour le PCOF, la participation - en première ligne - à un mouvement tout à l'honneur de la classe ouvrière de ce pays!"

Dimanche 18 avril 2010. 18 heures. Jean-Paul Cruse

  Solidarité: Espérance Musulmane de la Jeunesse Française (EMJF) lance un appel pour les grévistes d'Aulnay! ICI
 
 
 
 

Intérimaires de Randstad (Aulnay-sous-Bois - 93)

Espérance Muslmane de la Jeunesse Française (EMJF) appelle à leur fournir couvertures, matelas, bouteilles d'eau, café et jus de fruits...


"Salamalikoum, l´EMJF vous informe que les agences d´intérim dont l´agence Randstad - 7 av Anatole France sont occupées au sein même de notre ville (Aulnay-sous-bois) par des travailleurs sans papiers.
Nous vous demandons de soutenir cette action afin que ceux-ci puissent faire valoir leur droits, ce soutien peut être d´ordre financier, matériel ou moral.

Merci de nous contacter au 06 50 74 10 51(Karim) ou au 06 24 82 84 88(Mr Traore).

Ils nous ont indiqué qu'ils manquent de :
-couvertures
-matelas (car ils dorment par terre sur des cartons)
-des bouteilles d'eau
-du café
-des produits à manger (mais pas des choses à cuire) : fruits, biscuits, ....

et aussi pour ceux qui peuvent donner de l'argent pour leur permettre d'acheter des repas déjà cuits au foyer.

Baraka Allahoufikoum pour votre soutien."