REBELLES

( Les Maos, mai 68 etc, suite):

"GUERRE SECRETE à LIBE" ici

- Les femmes de ménage noires sans-papiers des grands hôtels de luxe parisiens en grève depuis 6 mois "pour les papiers et pour la dignité" approchent de la victoire TOTALE. Les détails de la négociation finale heure par heure. Textes, photos ICI (et maintenant video: ici)

Après le vicieux coup de poignard dans le dos de Fanta Sidibe, la déléguée CGT des femmes de ménage noires de la société Manet, en grève depuis plus de 6 mois "pour les papiers et pour la dignité", lâchement visée par l'arrestation de son mari, menacé d'expulsion, lamobilisationprend son essor, sous l'impulsion de l'UD-CGT de Paris, du PCF du XIème, et du "Front progressiste et citoyen" émergeant autour d'elle dans sa commune d'Aubervilliers (93), qui vient de lui permettre d'être reçue par lemaire (PS) Jacques Salvator (ci-dessous, sur la photo, en compagnie de Fanta, invitée de dernière minute de la "fête de nouvel an" de la mairie. La ville travaille le dossier adminstratif de Bengali, mari de Fanta, toujours détenu au centre de détention du Mesnil-Amelot, en attente d'une comparution devant le tribunal administratif, sous quinzaine. (Suite sous les photos: ici)

C'était il y a quelques semaines...Au Palais de justice de paris, où Fanta (à g, pantalon blanc), Mariam Traore, la championne malienne de basket, qui a lancé la grève, également à la CGT), leurs amies et amis du comité de soutien du XIème (à dr), le conseiller communiste de Paris Jacques Daguenet, pilier de l'actuelle mobilisation pour Fanta, Xavier (UL CGT XIème) et Olivier, (UD CGT-Paris) ...et le correspondant du Monde Réel étaient venus assister à une audience dans le cadre d'une procédure d'expulsion...du petit bureau de Manet occupé bravement depuis des mois par les infatigables grévistes...La justice avait reporté sa décision, le protocole d'accord de fin de grève,déjà rédigé, attendant encore ses signatures...

Fanta en video au début du conflit Manet: ici

Alors que le conflit des femmes de ménage noies de manet (Chemin-Vert, XIème arrdt de Paris) tire à sa fin, et que la reprise s'esquisse, sept cas sur huit ayant été réglés, le dossier de Sali restnt en fin de négociation, la police vient d'arrêter le mari de Fanta, la déléguée CGT désignée en pleine lutte. (à la tribune du grand meeting de milliers de prolétaires noirs de France en lutte pour les papiers, photo ci-dessus, à gauche, où, vibrante oratrice, et terminant son discours le poing levé, elle avait galvanisé la salle, terminant sous une impressionnante ovation, Bengali Coulibally, lui-même travailleur en lutte pour ses papiers dans une autre société, pour l'expulser à bref délai.

- Depuis 36 heures (et le transfert de Bengali du dépôt de la préfecture de police de Paris au centre de rétention du Mesnil-Amelot...), une mobilisation intense s'organise dans l'urgence.

Elle prend une couleur et une intensité particulière à Aubervilliers (93), commune-phare du mouvement social en France, et lieu de naissance du Mouvement des Mal Logés (MML), où vit Fanta - elle-même mal logée - et où vivait Bengali, avec elle.

Tandis qu'en région parisienne, et spécialement autour de la CGT, remontée à bloc autour d'Olivier Villeret, militant de la RATP détaché à l'UD-CGT dans la bataille pour les papiers, du comité de soutien aux grévistes de Manet dans le XIème, de l'élu communiste de l'arrondisement Jacques Daguenet, mais aussi des militants socialistes de l'arrondissement et de Patrick Bloche, adjoint PS à la mairie de Paris, les initiatives se multiplient, l'affaire semble créer les bases, à Aubervilliers, autour d'une Fanta d'abord effondrée, puis déchaînée, d'un de ces vastes "fronts progressistes et citoyens", nouvel axe de travail communiste depuis le dernier congrès du PCF, dans l'idée de rassembler à la base, sur un conflit précis qui galanise et qui unit, des gens que la politique partisane, ou d'autres contradictions sociales, divisent.

A l'heure où sont bouclées ces lignes, on attend la confirmation, définitive, et qui ne fait guère de doute, d'appels à la formation d'un Comité de Soutien local autourde l'association "On est tous responsables", de sa vice-présidente Dami Rimech (première signataire avec son mari Mamoun Sarri, ouvrier, et leur fils Fehd, 16ans, "lycéen en lutte" à Le Corbusier, militant pour la Palestine, soutien du MML), et "médiatrice" agréée, par ailleurs dans le conflit opposant le Mouvement des Mal Logés (MML) et la municipalité, de son Président, Pierre Pignot, de Mouloud Aounit, déjà sensibilisé et engagé sur le dossier, du MRAP, et, on doit l'espérer, du "93 au cœur de la République", sans exclure la grande figure de la communauté malienne d'Aubervilliers Marie-Clémence Sidibe, dite "Marie-Colère", "la panthère noire des mal logés d'Aubervilliers " ( déjà depuis quelques jours en contact étroit avec Fanta, dont elle porte le nom, très répandu en Afrique occidentale, et spécialement au Mali. .

Agent de sécurité de la RATP...

Bengali Coulibally, mari de Fanta, travaillait depuis six ans dans une entreprise de sécurité sous-traitante de la RATP.

Sérieux et bien noté, ce "sans-papiers" modèle (dont sa propre entreprise, et la RATP elle-même, jurent la main sur le cœur qu'elles ignoraient sa situation administrative irrégulière, et ne cherchent nullement à utiliser desfilières d' "immigration" (clandestine) "choisie" par elles pour sous-payer les gens), était même chargé d'une tâche délicate, et de confiance: le contrôle permanent des écrans-video des caméras de surveillance, le doigt sur le bouton rouge d'alerte en cas d'incident, d'accident, d'agression ou de bagarre.

Nous étions allés les voir, lui et Fanta, il y a quelques jours à peine, dans le minuscule studio d'un quartier délabré, proche du "foyer de la honte" malien de la rue Gaétan Lamy, quartier du Landy - où la lutte, soutenue par un "Collectif vigilance logement", très large, unitaire, a pemis d'engager des travaux de rénovation d'urgence, ainsi que quelques relogements.

Bengali avait attendu la fin de la grève de son épouse Fanta, chez Manet (actuellement suspendue à un fil, sept des huit étant déjà régularisées...), pour engager de son côté, avec le soutien de la CGT, les premières démarches, discrètes, d'un processus de régularisation "sur des pattes de colombe".

Il s'est donc rendu sans méfiance à une convocation dans le bureau du patron - et s'est retrouvé menottes aux poignets, au dépôt, et dans l'angoisse d'une expulsion qui peut aller très vite.

Pour ceux que cela touche, et qui, parmi les lecteurs de ce site, devraient être nombreux:

téléphoner, écrire ou faxer très vite,

pour exiger la remise en liberté de Bengali, et la régularisation qui permettrait au couple de retrouver le bonheur, et d'envisager l'avenir familial dans la sérénité):

Monsieur Michel Gaudin
Préfet de Police de Paris

9 Boulevard du Palais
75195 Paris RP

Monsieur Lerner
Chef de Cabinet du Préfet

nicolas.lerner@interieur.gouv.fr
Fax : 01 53 71 57 34  ou 01 53 71 67 23


Monsieur Quastana
Directeur de la Police Générale

jacques.quastana@interieur.gouv.fr
fax : 01 53 71 57 10

A tous, et spécialement aux plus jeunes, aux plus sportifs et aux plus vigoureux, mais aussi aux vieux briscards increvables de l'épopée mao des années 70, actifs dans toutes ces luttes, comme sur la Palestine, il est aussi demandé de se tenir prêts à une ruée rapide sur Roissy - si une "insurrection des esprits", voire des corps, devient nécessaire. Contact: Jean-Paul Cruse 06 60 63 08 56


Adresser aussi des messages de soutien à Fanta:

C'est une "panthère noire", elle aussi, dotée d'une énegrie et d'une belle éloquence de tribun, acquise au cours de ses études d'enseignante. Elle avait soulevé une salle entière, au cours du grand meeting de plusieurs milliers de travailleurs africains "en lutte pour les papiers et pour la dignité", à l'automne... Mais c'est aussi une femme qui,ce soir, comme hier soir, a dormi seule sans la chaleur de celui qu'elle aime, et qui l'aime -et dont un destin tragique, par la main d'une bureaucratie ubuesque ou d'un cynisme scandaleux, menace de la séparer, peut-être pour très longtemps.

Fanta, on t'aime et on est avec toi!

Comme on a été tous avec tes sœurs de lutte de Manet, combattantes magnifiques du prolétariat noir de France!

 

Bengali, on ne te lâchera pas! On ira sur les pistes, ou dans l'avion, s'il faut!

Mercredi 7 janvier 2009. Minuit

Jean-Paul Cruse

 

 

 

Sommaire

de la page

(suite)

- MODELUXE, dans l'Essonne, où tout un cycle de luttes a commencé, avec

la première grève du XXIème siècle "pour les papiers et pour la dignité"

(conclue par une victoire totale des ouvriers maliens de cette blanchisserie industrielle, en charge du nettoyage du linge fin des palaces parisiens)..ICI

- L'étrange personnalité de leur patron, Robert Ejnes, fondateur d'une

"agence d'information israélienne en langue française", et le choix non moins étrange fait par celui-ci de recourir,contre le mouvement des noirs sans-papiers, et de la CGT,

au cabinet d'avocat Bredin et Prat, fondé par deux "grandes consciences" de la bourgeoisie "de gauche",

Jean-Denis Bredin et Robert Badinter ICI

- Modeluxe et Libé: luttes croisées...ICI

Montreuil (93), mercredi 9 juillet 2008: nous étions sur place pour assister à une série de coups de théâtre dans le combat des démolisseurs noirs de l'entreprise de BTP Griallet, en grève depuis le 23 mai, qui exigent toujours des papiers pour ceux d'entre eux qui n'en ont pas, mais aussi la fin de conditions de travail effroyables pour tous, Français comme immigrés avec ou sans papiers - dans la poussière d'amiante et des nuages de plomb. -Le patron tente un coup de force pour "libérer" ses tracto-pelles bloqués par les ouvriers maliens ou sénégalais qui résistent par la "force tranquille". La police intervient, , repart, revenient en catastrophe, appelée au secours par M.Griallet. Il déplore la disparition...de la porte du cabanon qui lui sert de bunker, d'où, enfermé volontaire, il observait jusqu'ici les grévistes. Des "Jeunes Rebelles du 9-3" revendiquent le rapt de la porte, "opération porte ouverte en soutien aux ouvriers "blacks" en grève, qui refusent d' être contraints de "prendre la porte" ICI

- Première "opération coup de poing" d'ouvriers africains en lutte pour les papiers: ils envahissement par surprise la CNATS à Montreuil : ici. Le clip video en pleine action de FEHD 93: ici

- Victoire totale en vue"Chez Papa!", après plus de deux mois de grève ICI

-Mairie du XVIIème, Paris.

Démolisseurs africains participant à la construction d'une crèche municipale, et eux aussi, ouvriers "sans papiers" employés à un très dur travail,

ils font grève pour la carte de séjour, et pour la dignité: ici

   

 

- Négociations sur les flux migratoires: de l'Île Maurice au Mali... Ici.

   

 

 

 

 

 

On se bouscule devant la porte, (ci-dessus) au meeting de (première) victoire des filles de Ma Net.

Rameutées par le remarquable travail du Comité de soutien, de Femmes Egalité, et de Droits Devant!! (où, de nouveau, comme dans les années 70, une frange réellement progressiste de la petite bourgeoisie intellectuelle rompt avec le bavardage stérile, le ton "donneur de leçons", et les disputes d'école "sur le sexe des anges" pour se mettre "au service du peuple"), des dizaines de femmes sans-papiers, travaillant dans le secteur de l' "aide à la personne" sont accourues pour se faire, à leur tour, régulariser.

En faisant traîner les choses, les arrogants de Neuilly, Hortefeux et Sarkozy, se sont mis eux-mêmes dans un piège.

Et de succès en succès, puis de victoire partielle en victoire plus large, c'est un mouvement de fond qui s'empare des couches les plus exploitées de la société française, et notamment des femmes précarisées du "temps partiel", et parmi elles des immigrées , où la CGT, et donc, à terme, il ne tient qu'à lui, le Parti Communiste, commencent à se faire une nouvelle assise sociale et politique, base, si tout va bien, d'une nouvelle stratégie de résistance et de rassemblement authentiquement populaire, allant bien au-delà des politicailleries d' "en haut" de la moribonde "union de la gauche", parlementaire.

 

Sur la photoci-dessus de Fehd93, volontairement floue par sécurité, les grévistes en voie de régularisation de Ma Net accueillent elles-mêmes, appuient et encouragent de nouvelles candidates au combat "pour les papiers et pour la dignité", que le parfum de la lutte et de la victoire rassemble.

"Immigration choisie", "Migration circulaire"

Des accords entre la France et l' Île Maurice à la complexe négociation du ministre Hortefeux (Brice de Neuilly) avec l'Etat du Mali...


"Le vice premier ministre de l'Île Maurice (dans l'océan indien), Monsieur Sithanen, et Hortefeux, signent sur le déplacement de 500 Mauriciens"

 
 
"Un accord sur le déplacement de quelque 500 Mauriciens en France dans le cadre de la "migration circulaire" sera signé ce 23 septembre 2008, à Paris, par le Vice Premier Ministre et ministre des Finances et du Développement économique de l'Île, Rama Sithanen, et le ministre français "de l'Immigration, de l'intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement", Brice Hortefeux.  
L'accord sur la gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire avec l'Ile Maurice devra être ratifié par les gouvernements français et mauricien. Il devrait faire l'objet d'une conférence de presse conjointe Rama Sithanen/Jacques Maillard (l'ambassadeur de France à Maurice), au début de la semaine prochaine.

L'accord avec la France prévoit le déplacement de quelque 500 Mauriciens, plus précisément des travailleurs non-qualifiés ainsi que des étudiants et professionnels sur une période de trois ans. Il devrait servir de projet-pilote en vue de la conclusion d'accords similaires avec les autres pays européens.

 
La "migration circulaire" a fait l'objet d'un atelier de travail les 8 et 9 septembre dernier, co-organisé par la Commission européenne et le gouvernement mauricien, auquel avaient participé une trentaine de pays et d'organisations internationales. Comme devait souligner, à cette occasion, l'ambassadeur Claudia Wiedey, (...) de la Commission européenne, une politique migratoire bien gérée permettra à l'Europe d'accueillir les migrants dont son économie aura besoin et de structurer l'accueil de ces migrants dans la société européenne. Elle devait également définir la "migration circulaire" comme un "mouvement temporaire de personnes de tous les niveaux de compétence entre deux ou plusieurs pays. " When it occurs voluntarily and is linked to the labour needs of countries of origin and destination, it can be beneficial to all involved, contribute to co-development and mitigate the adverse effects of brain drain. When well-managed circular migration can be regarded as triple-win ", avait soutenu Mme Wiedey.  
Maurice place la politique de "migration circulaire" dans le cadre du "développement du capital humain". Le gouvernement mauricien espère que les travailleurs mauriciens qui participeront à cette experience pourront acquérir les compétences professionnelles nécessaires et faire des économies, afin qu'à leur retour au pays, ils puissent s'engager dans de nouveaux secteurs économiques ou créer leurs propres entreprises.(...)

- Article publié sur le site lemauricien.com,lié à l'un des deux quotidiens de référence de l’Ile Maurice. Il nous a été transmis, comme celui qui suit, par un travailleur mauricien en France, veilleur de nuit dans la presse parisienne et militant CGT, résidant dans le XIème arrondissement de Paris, et devenu, de ce fait, l'un des "piliers" du comité de soutien aux femmes de ménage noires de l'entreprise Manet, rue du Chemin Vert, en grève depuis plusieurs mois "pour les papiers et pour la dignité".


MIGRATION CIRCULAIRE
Une opportunité à double tranchant


L'Express.mu
(Deuxième quotidien de référence de l'Île Maurice).Mardi 23 septembre 2008 - No. 1665


"Un programme qui vise à donner la chance aux «low skilled workers» (travailleurs peu qualifiés) de se développer sous de nouveaux horizons. Le projet comporte cependant un risque : les candidats souhaitent davantage émigrer alors que leur contrat est à durée déterminée...


«Je suis venu seul», explique Kervin Beth. Installé au Canada depuis mars dernier, il fait partie des candidats au premier programme de migration circulaire. Du lundi au vendredi, cet ancien agent de sécurité âgé de 27 ans assure la rotation du soir de 23 h 30 à 8 heures du matin dans la section boucherie de Maple Leaf Food Production à Brandon, dans l’Etat de Manitoba, au Canada. «Ma famille dont ma fille de deux ans est à Maurice», lâche-t-il.  
Et c’est dans deux ans qu’il rentrera au pays . Il aura alors acquis de l’expérience dans une filière du secteur alimentaire.

L’acquisition de nouvelles connaissances est d’ailleurs le but mis en avant dans les programmes de migration circulaire. Car, comme le terme même le souligne, ce type de migration assume aussi le retour au pays d’origine de ceux qui participent à ce genre de programmes.

 
Le contrat pour les travailleurs mauriciens au Canada propose un salaire de base de 14 dollars de l’heure (...) ainsi qu’une prise en charge des frais de voyage et des visas par le recruteur. Si certains participants à ce projet sont déjà retournés à Maurice (...) d’autres espèrent éventuellement profiter de cette opportunité pour émigrer. Après sept mois passés au Canada, il leur est notamment possible de soumettre une demande pour un permis de résidence.

Cette possibilité ne s’applique cependant pas à tous les projets de migration circulaire. Chaque plan comporte des conditions spécifiques.

 
Aujourd’hui, la signature d’un accord entre la France et Maurice est prévue pour la mise sur pied d’un programme pilote de migration circulaire entre les deux pays. (...) Les modalités de l’accord restent cependant à être communiquées.  


(...)

 
Si le concept est nouveau à Maurice, il est cependant appliqué dans différentes régions du globe depuis plusieurs années. Les blocs que constituent respectivement le Moyen-Orient, l’Europe ou encore l’Australie ont une certaine expérience sur la migration circulaire. Leurs objectifs : l’amélioration des qualifications de la main-d’œuvre. Ceux qui participent à de tels programmes peuvent en rentrant dans leur pays d’origine contribuer au développement de ce pays sur le long terme.  


A ce jour, quelque 165 Mauriciens se sont déjà rendus au Canada dans le cadre d’un premier projet de migration circulaire . Choisis parmi près de 1 500 candidats, ils sont en majorité des hommes (...) considérés comme étant «low skilled», c’est-à-dire, des gens relativement peu qualifiés.

 
A travers ce programme, ils ont la possibilité de développer leurs aptitudes. Déjà, avant leur départ, les participants, pas forcément à l’aise en anglais, ont suivi des cours de base.

 
Hootesh Ramburn, directeur de la National Empowerment Foundation (NEF) explique qu’une «formation, préparée par le National Productivity and Competitiveness Council en anglais pratique leur a été dispensée gratuitement». (...)
Ll’expérience pratique acquise au cours du programme a pour but de développer leur potentiel. Au niveau du ministère des Finances, (...) on souligne les objectifs en matière de création d’entreprises.(...) Les autorités estiment que ceux qui participent à des projets de migration circulaire seront équipés pour lancer des petites entreprises lorsqu’ils seront de retour au pays.

 
Vue d’Europe… et de France  

La Commission européenne s’intéresse depuis quelques années déjà aux migrations dites circulaires (...) dans la ligne de l’aide au développement. C’est aussi un moyen d’endiguer l’immigration illégale. Les pays européens s’entendent donc sur un système de migration de courte durée visant au perfectionnement et à l’acquisition de compétences professionnelles dans un pays tiers afin que le migrant puisse à son retour bénéficier de cette plus-value (...)

La Commission européenne a, en 2005, dans une communication adressée au Parlement et au Conseil européens, réfléchi à un encadrement (...) de la migration circulaire. (...)Les nouveaux emplois temporaires doivent être prioritairement accordés aux migrants ayant déjà travaillé sous ce régime. L’aspect retour est également au centre des préoccupations.  
L’Etat récipiendaire doit s’assurer du retour du migrant dans son pays d’origine et de son intégration réussie. Pour ce faire, des réflexions ont porté sur la transférabilité des droits de pension ou sur la reconnaissance des compétences acquises dans le pays d’accueil.  
L’ambassade de France à Maurice a récemment travaillé sur la question afin de proposer aux Mauriciens des emplois à durée déterminée (...) . Le retour est, dès le départ, un aspect fondamental car Maurice est l’un des pays où la fuite des cerveaux est la plus importante.

L’accord (...) entre la France et Maurice vise notamment à atténuer les effets néfastes de la fuite des cerveaux (...). Des entrées multiples seraient délivrées aux hommes d’affaires, intellectuels, artistes ou sportifs de haut niveau et autres professionnels qualifiés pour travailler dans le pays récipiendaire pendant trois mois chaque semestre (...) sur une période maximale de cinq ans, bien que le visa délivré ne devrait couvrir qu’une période de 18 mois.  
Pour ce qui est des étudiants mauriciens, ceux-ci pourraient travailler une année en France avant leur retour à Maurice (...).  
Les zones réceptrices, telle l’Europe, cherchent à limiter les flux illégaux d’hommes, venus principalement des pays en développement.  
La France, dans sa politique migratoire, ouvre ses frontières aux travailleurs qualifiés. Ce sont donc les premiers destinataires du programme de migration circulaire qui liera la France et Maurice. (...) Le retour est une condition sine qua non à l’entrée dans ce programme."

- Tant que les anciennes puissances coloniales, issues, globalement, de l' "Europe Blanche", refuseront de tirer un trait, radical et définitif, sur un passé toujours présent d'exploitation, de domination et de pillage, et continueront dans leur prétention ridicule à se comporter en "maîtres", déterminant leur politique de rapt de la force de travail, principale richesse des nations autrefois dominées, aujourd'hui "émergentes", les politiques d' "immigration choisie" (par qui?) se heurteront à d'interminables conflits, fondés sur l'indestructible résistance des peuples à de nouvelles saignées, dans une nouvelle traite, maquillée sous de transparents principes de bienveillance humanitaire, dans une honteuse collaboration des multinationales dévoreuses de chair humaine importée puis exploitée à bas prix et de l'extrême-gauche "immigrationniste", humanitariste, anarchiste ou trotskiste.

Aujourd'hui, "les pays veulent leur indépendance, les nations, leurs libération, et les peuples, la révolution. C'est la caractéristique de notre époque", disait l'immortel Zhou Enlaï, le raffiné "mandarin rouge", rallié à la révolution chinoise et à l'esperit de "servir le peuple", étudiant-travailleur immigré...à Paris, comme son frère de lutte Deng Siao Ping, et père, avant "le petit Deng", et l'actuel Hu Jin Tao, du moderne "miracle chinois", qui stupéfie le monde.

Les peuples en ont assez de courber la tête et de subir. C'est fini. - Comme le démontre, s'il en fallait une preuve, l'exemple du combat des bambaras, peuhl et autres sonninke de l'ancien Empire du Mali, longtemps humilié, pillé et prostitué, aujourd'hui à la pointe des luttes de la classe ouvrière immigrée en France "pour la dignité et pour les papiers", mais aussi contre les "négriers" infâmes des taudis et des squatts.

Il n'est pas surprenant que ce combat magnifique, étendu depuis des mois à plusieurs dizaines d'entreprises distinctes d'Île de France, dans une coordination remarquable impulsée par la CGT, le PCF, le PCOF, Femmes Egalité, Droits Devant! et d'autres associations, se déroule au moment même où la France rétro-coloniale et néo-impérialiste de Sarkozy, "chien-chien" de Bush, se déroule au moment même où les "copains et les coquins" aux bottes de Bouygues ou de Bolloré tentent de faire accepter par le gouvernement de Bamako un accord sur l' "immigration choisie" comparable à celui concernant l'Île Maurice...

Les populations affamées et désespérées d'Afrique de l'ouest se tournent, comme c'est, hélas, dans les conditions qui leur sont imposées, "normal", vers le chemin de l'exil et de l'émigration forcée vers l'ancienne métropole.

Elles font pression, et on peut les comprendre, sur leurs gouvernements, et donc, indirectement, sur la France, pour obtenir plus de souplesse sur les visas, et sur les possibilités d'immigration, en général.

Mais, contrairement à ce que tentent de faire croire, en France, les "immigrationnistes" du Medef comme ceux de l' "ultra-gauche" "sans patrie ni frontières", l'émigration-immigration, selon le point de vue où on se place, ne peut être qu'un palliatif de très court terme - aux innombrables effets pervers...

Les yeux fixés vers ce mirage, et sourds aux appels à la lutte, âpre et dangereuse, dans leur propre pays - "ventre affamé n'a point d'oreilles" - les jeunes noirs du Mali désertent, par la force des choses, le combat principal, celui qui les placerait, et les placera, tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux, sur le terrain de lutte principal: celui de l' "or blanc" (le coton) comme celui de l' "or jaune" (l'or métal), et de l' "or gris" (l'uranium) qui le plus souvent l'accompagne.

L'avenir du Mali réside, à long terme, dans la valorisation des phénoménales richesses de sa terre, aujourd'hui dilapidées sous la pression de la finance française et des multinationales anglo-saxonnes, aujourd'hui dominantes dans le secteur minier.

Avec l'aide de la Chine, de ses capitaux, comme de son expérience et de ses conseillers, le Mali est appelé à se réapproprier ses trésors, et à développer, sur place, l'industrie textile (coton) mais aussi l'industrie agro-alimentaire et celle du traitement des métaux rares de son sous-sol qui lui assureront réelle souveraineté économique, et d'abord alimentaire, progrès, développement équilibré, et fixation, sur place, de cet autre trésor qu'est sa jeunesse, énergie encore plus puissante que son soleil, aujourd'hui dispersée dans les sous-sol gris, enfumés, de la vieille Europe.

En résistant, pied à pied, aux nouveaux négriers de la nouvelle traite, et en rendant, donc, chaque jour plus difficile et plus coûteuse l'importation et la surexploitation d'une main d'œuvre africaine soumise, et à bas prix, les grévistes de Manet, rue du Chemin Vert, comme ceux de Griallet (Montreuil) ou de la Tour d'Argent, en face de Notre Dame, prennent toute leur part dans ce combat.

Qu'ils en soient loués et mille fois loués!

Car c'est aussi à la France elle-même, puissance post-coloniale qu'ils se refusent à haïr, dans un esprit d'amertume, de revanche ou de racisme à l'envers entièrement étranger aux nobles civilisations africaines, que ces grévistes de combats, hommes et femmes, rendent, au fond, service. Puisque notre pays n'a rien à gagner dans des combats d'arrière-garde, au service de privilèges coloniaux du temps jadis, et tout à écouter les voix qui montent du vaste pays noir, qui est aussi le pays du soleil, et de l'avenir, bien compris, de la planète...

 

 

Manet, 16 11 2008

Au bout de 5 mois et 21 jours de grève avec occupation, les négociations entrent dans la dernière ligne droite, vers la VICTOIRE TOTALE

Le récépissé de Fanta Sidibe - la nouvelle déléguée syndicale CGT, issue du conflit - est prolongé de 2 mois (soit jusqu'au 14 janvier 2009). Une action sur le patron est à envisager pour qu'il fasse une demande de Rdvs pour visite médicale à l'ANAEM de Paris et du 93, où elle réside!!!


Mariam Traore et Mariam (Tanti) sont régularisées en vie privée et familiale.
Elles ont déjà leur rendez vous pour la visite médicale les 9 janvier et 8 janvier à 8h30.

Fanta Kané veint de recevoir de la préfecture, une autorisation provisoire de séjour d'un mois sans autorisation de travailler pour le moment: on attend l'aval du département du travail.
Elle est convoquée vendredi prochain à la préfecture (à nouveau) à 8h40 pour normalement obtenir son récipissé de 3 mois.


Pour Sali, suite à de nouvelles pieces jointes (des fiches de paie pour 2008), la préfecture de police réétudie son dossier. Elle a une convocation pour lundi 8 décembre à 8h40. Ils diront alors ce qu'il en est.

Aiwa et Touman: l'expiration du récipissé qu'ils ont obtenu est à mi décembre.Discussion vendredi prochain à la préfecture.
Voilà de bonnes nouvelles, et à la fois ce n'est pas fini.

La nouvelle classe ouvrière de France, celle qui rend aux opprimées parmi les opprimés, et à notre pays lui-même, que d'indignes pratiques négrières ont trop longtemps souillé, leur dignité, ce sont ces femmes à peau noire, venues du fin fond de la misère, comme cette gréviste malienne (à gauche) de l'entreprise de nettoyage Ma Net, exploitée "sans papiers", payée "à la chambre faite" ( et même pas à l'heure), pour le nettoyage des grands hôtels parisiens de prestige, où se vautrent dans le luxe P-dg internationaux de passage et "politiques" nationaux en goguette.

Pour accueillir le premier rassemblement fêtant une première victoire (lire en page d'accueil), ce lundi 7 juillet, rue du Chemin Vert, à Paris, elle a fait un petit tour chez le coiffeur, et choisi soigneusement le beau corsage orange qui se marie avec sa peau d'ébène, et le rouge du badge CGT, qu'elles arborent désormais, presque toutes..

 

Dossier complet, et nombreuses autres photos, sur la lutte exemplaire des femmes noires de Ma Net ici

 

 

Pour Francine Blanche, dirigeante confédérale de la CGT (blouson gris, au micro de RTL, derrière la gréviste Miracia, immigrée de Haïti, ) venue saluer ce combat, et ses premier succès, comme pour l'enfant de mai 68 et du marxisme-leninisme pur et dur Raymond Chauveau, secrétaire de l'UL CGT de Massy, dans l'Essonne, le précurseur, avec les conflits MODELUXE, puis Buffalo Grill, ou pour Xavier (UL CGT XIème), Olivier (détaché par la CGT- RATP et par l'UD-CGT75, Fabienne (UL CGT XVIIème),ou encore Richard (UL CGT Montreuil (93) le cycle de luttes des ouvriers d'Afrique noire a "remis la question de l'immigration sur ses pieds" (selon l'expression de l'ancien mao Jean-Claude Amara (Droits Devant!!). - Il était temps, en effet, de rappeler que les immigrés, en France, sont avant tout des travailleurs immigrés, contribuant au prix de durs efforts au développement du pays - et pas de malheureux mendiants venus nous ennuyer en important chez nous, grâce à la si remarquable "charité" de notre "accueil", "toute la misère du monde"

Gare aux "panthères grises". Elles ont gardé des griffes!... Comme Raymond Chauveau, Jean-Claude Amara, et d'autres, c'est à leur chevelure souvent désordre, argentée, ou tirant sur le blanc, qu'on détecte les rescapés des "trente honteuses" que furent les années de repentir politique et de reniement dans l'arrivisme à la Benny Lévy, BHL ou Serge July, après mai 1968. - Mais voici que le temps mauvais, celui"des loups, des cochons et des chiens", arrive sur sa fin. La parole revient à ceux qui luttent, et n'ont jamais cessé de lutter, et se soucient des autres, et de la misère dans le monde, ou à notre porte, plus que de leur ego maladif, genre Miller, ou de leur petit nombril

Ci-dessus (photo) une des responsables du "secteur femmes" de Droits Devant!!, jour après jour sur la brêche avec les filles de Ma Net et toutes les isolées "sans-papiers" que Femmes Egalité (dont une des porte-paroles, brune, avec des lunettes, est là, au second plan) fait aussi beaucoup pour rassembler.

Dossier complet, et nombreuses autres photos, sur la lutte exemplaire des femmes noires de Ma Net: ici
 

- "Démolisseurs" de Montreuil en grève: l'actu du 9 juillet -

LA CHAUDE JOURNEE "PORTE OUVERTE" DU MERCREDI 9 JUILLET 2008 CHEZ LE DEMOLISSEUR GRIALLET (MONTREUIL, 93)

 

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Début juillet, le conflit semble s'éterniser. Il a commencé le 22 mai (son historique: ICI). Poumons rongés d'amiante, le sang empoisonné au plomb - prélèvements à l'appui - et toujours sans-papiers, les forçats des chantiers de démolition commencent à en avoir leur claque.

Le 3, avec l'aide de la CGT-93, ils déboulent dans la paisible bourgade de La Ferté Milon, dans l'Aisne, où vit leur patron, Griallet-fils, héritier de Griallet-père..

Les Africains en lutte s'adressent aux habitants dans un tract, très drôle, qui sera très lu (ci-dessous).

Le texte appelle les braves genss de La Ferté à se solidariser... avec "un de leurs voisins", M.Griallet, "entrepreneur dans le secteur de la démolition", confronté à un conflit social qui tend à s'enliser. Il en résume les enjeux, (suite sous le fac simile)

 
 

(suite)

précisant que, si rien ne se règle, c'est parce que Griallet affirme ne pas pouvoir débourser les 900 euros par salarié du timbre fiscal indispensable au dépôt d'un dossier de régularisation de travailleurs embauchés sans-papiers, ou sous des papiers...un peu légers."Nous vous invitons donc à aider Monsieur Griallet à se conformer à la loi (...) Si chacun des 2372 habitants de La Ferté Milon apportait 10 euros à M.Griallet, cela lui permettrait de ne plus être dans l'illégalité et de répondre à ses obligations. Nous vous appelons donc à soutenir votre voisin. Aidez Monsieur Griallet et ses salariés! Nous vous en remercions d'avance".

Devenu la risée de tout le bled, Griallet prend la mouche. Il se vexe, et, de plus, selon d'excellentes sources situées dans son proche entourage, interprète cette "descente" en force, mais dans le calme, dans son paisible patelin de l'Aisne, comme une menace - ce qui n'est évidemment pas le cas.

Baraqués comme des deuxième ligne de rugby sortant d'un stage de préparation physique renforcée dans un commando d'infanterie de marine, et endurcis par le travail dangereux et très physique où ils s'avèrent d'une efficacité redoutable, pour pas un rond, et se détruisent irrémédiablement sang, foie, reins et poumons, les Noirs de la rue des Batteries sont des gens calmes et gentils. "Trop gentils, même, parfois, dit-on dans les couloirs de la CGT nationale, qui suit de près le conflit...

 
 

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Le 8 juillet au soir, les ouvriers noirs qui occupent toujours le dépôt de Montreuil, y couchant sous une immense tente confectionnée avec de grandes bâches et passant des nuits entières à palabrer autour d'un grand feu, observent un curieux manège. Les hommes de main de Griallet - des gens de sa famille, seuls salariés blancs de l'entreprise, évidemment non-grévistes -semblent se préparer à démanteler une sorte de barricade faite de bric et de broc, avec des bouts de ferraille et des parpaings, derrière laquelle repose un des engins de chantier, sous la protection d'un des chiens. Alertée, l'UL CGT de Montreuil ne perd pas de temps. Elle mobilise à grande vitesse voisins et voisines de l'entrepôt, dans l'ensemble chaudement solidaires des grévistes, ainsi quequelques solides garçons, conviés à venir épauler les "démolisseurs", qui s'apprêtent eux-mêmes à rendre difficile toute évacuation de tracto-pelle ou d'autres machines.

Mercredi 9, au matin, Griallet tente une percée. La défense en ligne des "all blacks" monte très vite sur le porteur du ballon, qui tape en touche, sous la forme d'un appel à la police.

Les flics viennenet voir. Intelligents, raisonnables, et cultivés, ils s'aperçoivent très vite qu'ils ne pourraient ni empêcher les uns de taper sur les autres, ni évincer les "blacks" du terrain de jeu - sauf à mobiliser des moyens considérables. Ils conseillent la sagesse aux deux parties, et se replient vers des lieux sûrs, "dans le calme et la dignité" (photo ci-dessus: en arrière-plan, tout au fond, la voiture de police qui s'éloigne).

 
 

3

C'est l'heure de l'huissier, un beau gosse un peu gras, qui, sans doute un peu crispé, se braque très vite contre un gentil membre du "service action" de la CGT, "responsable mais pas coupable" de l'avoir accueilli avec un zeste d'insolence: "Mais je vous reconnais, vous n'êtes pas huissier, vous êtes le célèbre avocat Gilbert Collard."

L'huissier, ou prétendu tel, dont on taira le nom pour ne pas lui faire de pub, ayant exigé le respect de son "droit à l'image", et menacé des foudres judiciaires quiconque le prendrait en photo dans l'exercice de ses ultrasensibles fonctions, notre jeune et jolie photographe nous a expressément demandé de lui caviarder le visage, ce qui a été fait soigneusement, comme on peut voir, et interdit, évidemment, à nos lecteurs de constater d'eux-mêmes la frappante ressemblance (physique tout au moins, au niveau du visage) avec ce grand avocat cultivé, aussi brillant que fidèle en amitié, ce qui, dans le milieu sauvage des "auxiliaires de justice", n'est pas fréquent.

- Un incident dans l'incident se produisit alors quand le (présumé) huissier, pour justifier de sa qualité, exhiba une superbe cartes barrée de bleu-blanc-rouge, déclenchant la répartie d'un farceur: "Oh! mais ça ne veut rien dire, avec toutes ces histoires de faux-papiers, maintenant..."

 

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Suit une scène un peu pénible, dont nous n'écrirons pas, bien que l'envie nous en démange, qu'elle nous rappelle "les heures les plus sombres de notre histoire". Assisté par deux hommes du clan Griallet (leur intimité étant ici protégée par des coups de pinceau noirs), "Gilbert Collard" (tête baissée sur ses notes), tente de se faire désigner par leur nom les grévistes noirs qu'il a minutieusement comptés, et qui viennent à nouveau de s'opposer, devant lui, bras croisés, à toute tentative d'ouvrir la grande porte en bois donnant sur la rue pour permettre l'évacuation du tracto-pelle - et donc le bris de la grève... Une scène de délation tragi-comique, chacun des sans-papiers répondant "non, ce n'est pas vrai, ce n'est pas mon nom, ce n'est pas moi..." quand le patron, ou son homme de main, le désigne endisant "Diarra", "Coulibally" ou "Traore", puis, les CGTistes ayant constaté que les dirigeants de Griallet étaient "dans la semoule", incapables, à l'évidence, de distinguer un noir d'un autre parmi leurs ouvriers, une discrète consigne fut passée disant au gars de tourner, se déplaçant sans cesse autour des deux hommes du clan, et de l'huissier, à ce moement sérieusement perturbé...L'homme commença même à laisser transparaître un sentiment de lassitude quand, ayant dégainé, à son tour, un petit appareil photo, il se vit menacer de sanctions au nom du droit à l'image, avant de se trouver entouré de nuques obstinément tournées...

 
 

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Mais le calvaire des uns, et le plaisir des autres, n'était pas encore à son terme, dans cette chaude journée d'été prenant, pour des immigrés"sans-papiers" surexploités qui n'en profitent jamais, des allures de vacances ponctuées par une séance de cirque...Ayant cru entendre les Griallet se plaindre auprès de l'huissier de jets d'urine sur son petit cabanon, un des responsables CGT exigea de l'huissier, avant la retraite sans gloire que le malheureux garçon s'efforçait d' entreprendre, un prélèvement d'ADN sur toute éventuelle trace de pisse, fût-elle la plus infime...

Le temps ressait. Il fallut en rester là. La grande scène de "qui est qui", à la "Didier Dénonce", enfin terminée, et "Gilbert Collard" (pardon, Gilbert...) parti, troublé, vers d'autres aventures, et peut-être de plus gais constats, par exemple, d'adultère, Richard Delumbée, le calme et méthodique secrétaire "mao un jour, mao toujours" de l'UL-CGT de Montreuil parvint à renouer le contact, avec beaucoup de tact et de patience, avec les honorables représentants de l'employeur, et même à se faire accepter pour une sorte d'erzatz de négociation à l'intérieur du "bunker".

Notre petite équipe journalistique s'étant, sur ces entrefaites, orientée, chacun de son côté, vers les rutilantes latrines mises en place écologiquement, devant l'entrepôt occupé et ses beax drapeaux rouges, par la nouvelle édile municipale Dominique Voynet, un flot de rires et de paroles confuses vint nous en extraire en toute hâte. Les Griallet, fou furieux, déploraient à grands cris la disparition de la porte du "bunker", survenue, sans qu'ils s'en aperçoivent, pendant que nous pissions, et qu'ils recevaient leur courtois mais obstiné adversaire CGT-iste.

 

 

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- Griallet n'avait plus qu'à se résoudre à rappeler la police - dont on imagine, sans la partager complètement, la lassitude... Ils vinrent, sous la forme d'une patrouille de trois "zonant" dans le secteur, alertée par radio, exhibant un impressionnant "flashball" et tentant aussitôt d'interdire toute photo des lieux du crime, ou des enquêteurs en action d'enquête, ainsi que des victimes, qui vont encore, n'en doutons pas, comme à La Ferté Milon dans l'Aisne, dénoncer un message indirect de menace - une fois de plus tout à fait hors de propos, et tout à fait à tort...

Et nous devons à un groupe de quatre jeunes à capuche au style vestimentaire "gitano-maghrébin" (comme on dit dans ce coin de Montreuil, base historique des Hornec-Mohieddine, provisoires successeurs dans le grand milieu des Mille et Une Nuits arabes d' Île de France du regretté "Francis Le Belge", mort dans un PMU des "Champs" d'une crise cardiaque consécutive à une intoxication au plomb de gros calibre), et circulant sur des VTT vraisemblablement volés, et le très bref communiqué de revendication de l' "opération porte ouverte" chez Griallet, et la photo ratée prise, vraisemblablement, par les "Jeunes Rebelles du 9-3, section Les Lilas-Bagnolet" que Le Monde Réel se fait un devoir de publier ci-dessous, en exclusivité locale, municipale, régionale, et même mondiale... Nous n'avons pas jugé utile de respecter le "droit à l'image" du cabanon-bunker ouvert, désormais, aux quatre vents...

 

Ouvriers sans-papiers: la grève des "démolisseurs" du chantier de la crèche municipale du XVIIème arrondissement de Paris.

     
 

Les démolisseurs maliens, sénégalais, mauritaniens et guinéens exploités sans papiers sur le chantier d'une crèche de Delanoë (bien sûr"pas au courant", "ni responsable ni coupable"), ont installé les insolentes oriflammes rouges d l'UL-CGT XVII dans une cour intérieure de la mairie, flanquée d'un commissariat de police.

Les flics, éberlués sans être agressifs, observent, de leurs fenêtres, la "sortie des catacombes" de cette nouvelle classe ouvrière de France au regard fier et à peau noire.

Images et reportage: ici


   

 

 

 

 

 

Lundi 30 juin 2008, midi, rue Lafayette, métro Louis Blanc, Paris Xème. "C'est écrit dans le journal..." (Le Parisien du jour, grillant Libé, comme d'hab', Le Figaro et Le Monde, normal, et même L'Huma dont seul le supplément hebdomadaire, "L'Humanité Dimanche" colle à ce conflit exceptionnel d'une façon elle-même exemplaire).Ils le savaient, mais n'en croient pas leurs yeux...Grévistes de "Chez Papa", venus d'Afrique Noire (à gauche) ou de l'Île Maurice (lunettes noires), ils travaillaient aux cuisines ou à la plonge de ce (bon) restaurant spécialisé dans la cuisine familiale de notre bon sud-ouest depuis quelquefois 10 ans jusqu'à ce que le (truculent) patron "découvre" que l'un d'entre eux s'était fait embaucher "à l'insu de son plein gré" sous faux papiers, et décide de le virer - avant d'affronter une grève aussi immédiate qu'unanime "pour les papiers et pour la dignité". Bien organisée par la CGT, qui coordonne l'action avec celle de plusieurs centaines d'autres ouvriers sans-papiers, noirs pour la plupart, de l'hôtellerie-restauration, du nettoyage, du gardiennage ou du BTP, elle va durer...77 jours, soutenue par tout le quartier, occupation de la salle du restaurant, en prime...Et s'apprête à se terminer sur une VICTOIRE TOTALE, avec des CARTES DE SEJOUR POUR TOUS!

(Voir la video magnifique de TéléLibre, très complète: clic ici).

Le décor lui-même de cette chaleureuse "auberge landaise" nichée à deux pas de la sinistre gare de l'est est "plus sud-ouest que moi, tu meurs".

Et, contrairement à ce qu'a cru, d'abord, notre crétin de journaliste - l'auteur de ces lignes, bien sûr...- l'unique "blanc" qui, badge CGT sur le cœur, continue les collectes jusqu'à l'annonce définitive de la victoire totale, et pour tous, n'est pas le permanent de l'Union Locale CGT, mais un employé algérien du restaurant, lui aussi en grève pour les papiers...

   
Le ciel est par dessus les toits, si bleu, si calme... Et les banderoles de combat des 38 grévistes sans-papiers du restaurant "Chez Papa!", métro Louis Blanc, Paris Xème, vont pouvoir libérer l'accès à la vitrine gastronomique, riche de ses poulardes grasses et de ses confits d'oie que les cuisiniers maliens sont venus à prendre à préparer, avec de fausses cartes de séjour achetées dans les bidonvilles de Bamako comme leur traditionnel mafé - et leurs frères maghrébins, comme tajine ou couscous.

Malien (ci-dessus, à gauche) et Mauricien (à droite). Main dans la main. Dans ce secteur jusqu'ici peu syndiqué de l'hôtellerie-restauration, la CGT, jadis coupée des immigrés, réalise une monumentale percée.

Et le soutien très large de la population à ces immigrés sans-papiers, non parce qu'ils sont immigrés, et sans-papiers (ce qui divise), mais parce qu'ils sont des ouvriers, et des ouvriers immigrés piégés dans les fiets d'une importation de main d'œuvre "clandestine", organisée, de fait (plus que tolérée) par l'Etat, pour mieux les exploiter, et nous exploiter tous, et qu'ils se rebellent et luttent, ensemble, devrait, en bonne logique, être au centre des débats des "partis de gauche", si gauche il y a, et même de leur satellite plus ou moins "débranché" de l'ex Ligue ex-communiste ex-révolutionnaire du gai facteur à temps partiel, "branché", poupin chouchou des media - et d'une riche éditrice... - Puisque cette longue lutte, étendant ses progrès de victoire partielle en victoire partielle vers une victoire totale, et posant au pouvoir un probème insoluble, revient porter la preuve (déjà donnée dans les années 70 couleur de braise venues prolonger 68 et lui donner son sens) qu'une force politique organisée se concentrant, d'abord, sur l'organisation de lutte des prolétaires parmi les prolétaires, crée les conditions, de ce fait, précisément, d'un "rassemblement populaire" (à potentialité) "majoritaire". Il n'y a pas d'autre voie, pas de raccourci, et pas d'échappatoire.

 
 
Opération coup de poing à la CNATS de Montreuil
 
   
  1. Les ouvriers africains en grève depuis des mois pour être régularisés n'ont perdu ni la "pêche", ni le sens de l'humour:ils se déplacent maintenant avec leur propre caméra - en bois - et des micro- de carton...Ils ont investi hier, en masse, et par surprise, les locaux de la Caisse Nationale d'Assurances Maladie des Travailleurs salariés, à Montreuil (93). "Etant sur le territoire français, nous travaillons, nous cotisons, nous participons au développement de l'économie (la sécurité sociale, l'URSSAF, la CAF, l'impôt, les cotisations chômage, retraite, etc.) alors qu'on ne bénéficie de rien. Où vont nos cotisations? A qui profitent les bénéfices? (...)Ce lieu gère une partie de nos cotisations, et c'est pourquoi nous l'occupons...Nous exigeons la régularisation des occupants le plus vite possible", dit leur communiqué, diffusé sur place, et signé "Collectif de Montreuil pour les droits des Sans Papiers" (Tél 0624653083). La CGT de Montreuil (93), s'effaçant, pour l'occasion, devant ce collecti, avair pris ses dispositions pour qu'un maximum de syndiqués noirs du foyer Bara, et ailleurs, apportent leur soutien sous diverses formes, à cette initiative. Elle avait pris contact avec la CGT de la CNAMTS, dont le personnel a accordé le meilleur accueil aux "envahisseurs" paisibles et de bonne humeur venus d'ailleurs, et les reprsentants CGT au C.A. de la CNAMTS,qui se réunissait le jour-même, y sont intervenus en "facilitateurs", dans le cadre d'un "petit coup de pression" prévu par les militants d'expérience comme devant resté limité - mais évnuellement répétable, là ou ailleurs. La rébellion noire des ouvriers sans-papiers, maîtres de leur affaire, soudés, et bien organisés, avec la CGT, ne se laissera ni endormir, ni étouffer, dans la torpeur de l'été...  
 
  "On paye nos impôts, on cotise pour la retraite, la sécu...Expulsés, on n'en touchera rien, c'est du vol"... - "Dehors!"  
   
  "Dehors? Quand ou voudra..."On bosse ici...On vit ici...On reste ici..."- Appuyés par la CGT de la CNAMTS, et les délégués nationaux de la CGT au Conseil d'administration, ils s'installent en force dans les locaux dans le calme et dans la joie...  
 

Elles ont tenu, elles tiennent, et la victoire est en vue! Gaies, fraternelles, joueuses - et piquantes, aussi, comme des pointes de sagaie durcies au feu...

Les femmes de chambre noires sans papiers des grands hôtels, avant-garde féminine, et prolétarienne, du combat engagé contre les nouveaux négriers de la nouvelle traite et leurs innombrables complices, politico-mediatiques...Pour les papiers, le Droit, le Respect - et pour la Dignité...

Hasta la victoria, siempre!...

Allez, les filles!...

Dernière minute. - Le 2 juillet, l'employeur s'est engagé

à régulariser les contrats

de travail,

ouvrant la porte à la régularisation administrative.

Un protocole d'accord de fin de conflit est en préparation

 

Soumare, le seul "mec" de la grève de Ma Net, jeune paysan sénégalais chassé par la famine, Fanta, enseignante malienne venue perfectionner ses études, et les payer en nettoyant les grands hôtels, payée "à temps partiel, et à la chambre", et Maryam Traore, malienne également, championne de basket dans son pays où elle a fui un "mariage arrangé", tous, à l'époque, en procédure de licenciement pour "faits de grève" ont répondu en exclusivité, ce lundi, à l'équipe du Monde Réel (photo et video Fehd93)

 

- Une coordination exceptionnelle -

600 grévistes en Île de France, pour 41 sites en grève avec occupation ou simples piquets, 1500 demandes de régularisation dépoées par la CGT et Droits Devant!!, 500 régularisations éjà obtenues. 1300 nouveaux dossiers de travailleurs isolés ont éré déposés jeudi en préfecture.

- Et 12 grévistes de plus se sont joints, ce 24 juin, au mouvement déclenché le 15 avril (première vague...). Ils travaillent à la Boulangerie Paul des Halles de Paris.

(Toutes ces dernières infos sont rapportées dans l'Humanité de ce vendredi, 4 juillet 2008, sous la plume de Marie Barbier - après un étonnant silence de ce journal pendant plusieurs jours...)

- 24 SITES EN LUTTE A PARIS ET AUTOUR AU 18 JUIN 2008


Restauration: 13

: BARRIO LATINO et BARLOTTI, 46/48 rue du faubourg Saint-Antoine – Paris 12 ème .
Métro : Bastille


Restaurant : BRETEUIL, MELROSE et LA MUETTE, 3 place de Breteuil – Paris 7 ème .
Métro : Duroc


Restaurant : GMPC SARL « LA GARE », 19 Chaussée de la Muette – Paris 16 ème
Métro : La Muette

Restaurant « CONGRES D’AUTEUIL », 144 boulevard Exelmans –Paris 16 ème.
Métro Porte d’Auteuil

Restaurants

« Chez Papa » : 206 rue Lafayette – Paris 10 ème .
Métro : Louis Blanc


Restaurant : Pizza Marzano SARL Mountain Pizza Company , 30 boulevard des Italiens – Paris 9 ème
Métro Opéra


Restaurant : BISTRO ROMAIN, 122 avenue des Champs Elysées – Paris 8 ème .
Métro : George V


Restauration : QUICK, 120 avenue des Champs Elysées – Paris 8 ème .
Métro : George V


Restaurant : GSS, 34 boulevard Bonne Nouvelle – Paris 10 ème .
Métro : Bonne Nouvelle


Restaurant : MARIUS et JEANNETTE(Groupe Richard), avenue Georges V
Métro Alma Marceau.


BTP: 6

CDT Chantier Mairie du XVII ème – Paris 17 ème
Métro : Rome


(Dont: entreprises de construction, désamiantage, démolition :5)

TDBM (Blanc Mesnil) – ARCADEM (Les Pavillons sous Bois) – DEMERET (Rueil Malmaison) – BATEG : grève et occupation – 6/8 rue Xiantrailles – Paris 13 ème .
Métro : Olympiades

GRIALLET (Montreuil)

Gardiennage:1

Fabio Lucci : grève depuis le 27 mars (Ces salariés régularisés n’occupent plus le site, mais sont toujours en grève pour le paiement de leur salaire).

Nettoyage :4

DMMS, 17 rue Pelleport –Paris 20 ème .
Métro : Porte de Bagnolet


AURA SARL, 26 rue Salenave – Paris 17 ème

:CASTRO, 10 rue Mademoiselle – Paris 15 ème
Métro : Commerce

Manet (nettoyage), 131 rue du Chemin Vert – Paris 11 ème
Métro : Père Lachaise

JUIN NOIR

Le superbe printemps

de la

dignité

des

Africains

de FRANCE

Elles tiennent: deux des huit femmes de ménage africaines des grands hôtels en grève depuis 18 jours pour les papiers, et pour la dignité, et occupant, depuis 18 jours, et 18 nuits, les locaux de la société qui les "sous-traite", mot dans lequel il y a "traite", comme dans "traite négrière" ( Ma Net, 138 rue du Chemin Vert (Paris 75 011), se sont présentées ce lundi à l'entretien préalable, ouverture réglementaire d'une procédure de licenciement pour "faits de grève".

Soutenues, toujours, par les inoxydables militants de l'UL CGT du XIème, comme par les indestructibles amis de Droits Devant, le mouvement de Jean-Claude Amara, fils de mai 68 dans ce qu'il eut de meilleur, elles sont ressorties du bureau du patron - un Congolais tendance Zaïre, genre Mobutu - avec le même sourire, large, tendre, et fier en même temps - et quelques éclats de voix...

Ils tiennent... Le seul gréviste de sexe masculin de l'entreprise, convoqué lui aussi, dans le même cadre, et qui nous a accordé, lui ausi, l'entretien filmé que chacun pourra découvrir ici, se montre à la hauteur de ces femmes de combat..

Ils tiennent, tous...

 

Les femmes de chambre maliennes des grands hôtels montent à l'assautdu ciel !

Travailleurs en lutte pour les papiers: et maintenant, les femmes s'y mettent!

...Comme Mariam, Hawa ou Marie, femmes de ménage maliennes employées au nettoyage des grands hôtels parisiens, occupant le bureau d'une société spécialisée, dans le XIème.

"La France qui se lève tôt" - et qui se couche tard, après un travail éreintant, et les soins des enfants - c'est elles!

Comme elles sont aussi le visage, rayonnant, de la nouvelle Afrique, qui se lève, et de la nouvelle classe ouvrière de FRANCE, debout, avec la CGT. Clic ici.

Les "démolisseurs" noirs de Montreuil (93) (ci-dessus) ont étendu depuis plusieurs semaines le combat "pour les papiers" à la dénonciation d'un de ces bagnes industriels où l'emploi de "clandestins" - pas clandestins pour tout le monde...- permet aux négriers des temps modernes, jouissant, visiblement, de très hautes protections, de faire travailler des hommes 11 heures par jour, tout à la main, à la masse et au marteau-piqueur, dans un nuage d'amiante, mortelle, et de poussière de plomb, meurtrière...Jusqu'à ce que la CGT, bien implantée, tape du poing sur la table. Et fort. (Ici)  

 

Pour les papiers, les Droits, la Dignité, le prolétariat noir de FRANCE s'est levé. Vague après vague, les grévistes ont déjà arraché plusieurs centaines de récépissés ouvrant vers une régularisation. La répression se durcit, plus la lutte s'intensifie (lire ici). 84% des Français les soutiennent! Et deux rassemblements ou manifs sont appelés, dans la rue, cette semaine, lundi et mercredi, pour amplifier le soutien (lire ici).

Un numéro d'une qualité exceptionnelle de l'Humanité Dimanche pose les vraies questions, celles des conséquences formidablement positives pour le monde du travail, pour la france elle-même, et pour l'Afrique entière, de ce mouvement qui fait exploser la politique d' "immigration choisie" en place depuis longtemps: exil sous la contrainte, exploitation féroce, pression à la baisse sur les salaires et les statuts en France, et pillage de l'Afrique de sa plus grande ressource naturelle, sa jeunesse libre et fière. Une sévère leçon pour LIBERATION jadis en pointe sur le sujet, et aujourd'hui loin à la traîne derrière l'HUMA, et Le Monde Réel, qui tire son chapeau aux confrères communistes, eux-mêmes arrivés là au bout d'un long chemin...(suite ici)

 

 

 

 

 

 

Ils tiennent, tous...


Au 5 juin 2008, le journal Le Parisien - exemplaire dans le traitement de ce conflit exemplaire, et laissant loin derrière lui Libération - ô Sartre - Le Monde - ô Beuve-Méry, ô Claude Julien - et même, certains jours, L'Humanité (quotidienne...) décomptait, dans la capitale, 14 entreprises toujours occupées par leurs personnels théoriquement et administrativement"clandestins", pour un total de 400 grévistes, (un millier dans l'ensemble de l'Île de France, banlieues comprises) - dont les 7 femmes de ménage de la rue du Chemin Vert - et 398 dossiers de régularisation déposés en préfecture - 62 de ces travailleurs "sans-papiers" mais pas sans dignité ayant été, à ce jour, régularisés (quelques centaines, tout de même, à ce stade, dans l'ensemble de l'Île de France)...

"Sur les devantures de 9 restaurants parisiens, les drapeaux de la CGT flottent au vent, écrit Le Parisien. Certains chantiers, come la construction d'une crèche municipale derrière la mairie du XVIIème arrondissement, ont dû être interrompus.Et des immeubles de bureaux ne sont plus nettoyés, faute d'hommes ou de femmes de ménage...(...) Ceux qui travaillent dans des endroits visibles, comme le restaurant le Market en face de l'Elysée, ont été régularisés très rapidement. D'autres attendent depuis le 15 avril" - début de la "première vague" de grèves coordonnées par la CGT et l'association Droits Devant! de Jean-Claude Amara, la "deuxième vague" ayant suivi, le 20 mai

.
Deux actions

de solidarité

auront lieu

ce jeudi,

12 juin 2008 - et non ce mercredi, comme initialement annoncé.
La première, à l'appel de la CGT et de "Droits Devant", toujours unis "comme les lèvres et les dents", un rassemblement sur la voie publique, devant la préfecture de police de Paris, en tout début d'après-midi.
Le soir, meeting public, à 19 heures, Halle Carpentier - 81 boulevard Masséna, Paris XIIIème (métro porte de Choisy).

Même les étranges "ultra-gauchistes" à cheveux ras et en ensemble jean's qui rôdent autour des actuels sites grévistes, et des manifs, en criant "CGT kollabo", avant de s'enfuir à toutes jambes, parce qu'ils jugent inférieurs à leurs propres critères de "radicalité" plus ou moins "Badiouistes" le mot d'ordre de régularisation de tous les ouvriers en grève pour les papiers (mot d'ordre clair et efficace, donnant la priorité à une action de classe, implantée sur les lieux de travail), sont invités à venir soutenir - et non récupérer, ni diviser - ce mouvement exceptionnel pour sa coordination inter-entreprises, pour sa durée, et pour la clarté de mots d'ordre unificateurs bien compris de toute la classe ouvrière et de tout le peuple de France, solidaire, selon les tous derniers sondages, à une majorité écrasante - y compris dans les rangs des électeurs de la droite gaulliste, bayrouiste, et même...sarkozyste!

Vendredi sera...un autre jour.

Si les gros bataillons de la petite bourgeoisie intellectuelle et des "classes moyennes", ou "moyennes-supérieures", habituelle infanterie des habituels rassemblements "anti-racistes", quand ils restent inspirés par une idéologie de la "bienveillance", en fait humanitaro-coloniale, sous un discours d' "extrême-gauche", et base électorale du si joli facteur à temps partiel, nouveau "chouchou" sélectionné par l'appareil mediatique, 40 ans après Cohn-Bendit, ne se mettent pas, enfin, en mouvement, au côté de la CGT et de Droits Devant! (rejoints, ici ou là, par SUD ou SOLIDAIRES), la lutte des ouvriers sans-papiers court le risque de s'étioler, à l'approche de l'été.

Si les travailleurs sans-papiers d'Asie ou du Maghreb, à Paris et aussi en province (ou même de grandes métropoles comme Marseille ou Lyon semblent pour le moment peu mobilisées), ne joignent pas leur colère à la colère noire, âme du mouvement depuis le début, la lente et patiente guerilla des grèves "pour les papiers et pour la dignité" n'en continuera pas moins - mais sans connaître le développement foudroyant que la situation réelle rend possible.

Amis,

nous

sommes

à un

tournant:

c'est la FRANCE que nous aimons qui reconnaît son visage dans ces femmes et ces hommes couleur d'ébène, qui ne sont pas venus, "barbares", "manger notre pain" dans nos assiettes - mais offrent à ceux qui viennent les voir (en nombre, toutefois, encore insuffisant), la couleur et la saveur de la cuisine d'Afrique de l'Ouest qui se marie si bien aux teintes éclatantes des robes et des tuniques.

Et c'est l'action

politique

dont

nous rêvons,

une action

politique

authentiquement

prolétarienne

et populaire,

unifiant le pays

par la base, dont nous donnent à cette occasion l'exemple ces jeunes paysans venus du Sénégal des émeutes de la faim ruiné par la monoculture, imposée, de l'arachide des huiles de nos salades, et devenus (sous les papiers d'emprunt d'un ami, d'un frère ou d'un cousin), plongeurs ou cuisiniers dans les soutes plus ou moins ragoûtantes de nos "grandes bouffes", ou forçats de la vaisselle, comme cette jeune championne de basket de son pays, le Mali, venue pour fuir un mariage arrangé, ou sa sœur de misère devenue sœur de combat, malienne, elle aussi, et enseignante, venue continuer ses études, et réduite au travail forcené, rémunéré, non à l'heure, mais "à la chambre", dans ces palaces où vont s'ébattre, sur les draps fins et soyeux blanchis par les ex-sans-papiers de MODELUXE dans l'Essonne (premiers en lutte, et premiers régularisés, en bloc), hommes d'affaires internationaux, spéculateurs sur l'arachide, le riz, le blé, ou le coton, ou touristes américains venus se changer les idées avec ce qui leur reste de dollars après la double ponction de la "guerre de 100 ans" du Moyen-Orient et de la crise de spéculation immobilière dite des "subprimes".

Cette action

politique

- disons-le

haut et clair - c'est aussi et surtout celles des militants communistes; nombreux, tout de même, ce n'est pas un secret d'Etat, à animer la CGT (et une CGT ici radicalement et authentiquement modernisée, en prise avec les enjeux centraux du monde réel, dont l'éclatement et la précarisation de ses bases sociales traditionnelles, et la possibilité ici entrevue d'y faire face et d'y répondre de façon positive et constructive)...

Une CGT nouvelle et un Parti "de type nouveau", fidèle à l'origine, ré-enraciné, enfin, dans le prolétariat coloré des Temps Modernes, et capable de rassembler très large, et sur une "base de classe", toute la FRANCE qui croit encore au progrès, dans l'unité et dans la dignité. Un bon thème de congrès...

Lundi 9 juin 2008.

Jean-Paul CRUSE

 

L'Humanité (quotidienne) va-t-elle laissetr tomber les ouvriers sans-papiers - et avec eux, la CGT?

C'est la question, certes saugrenue, que l'on doit, hélas, se poser, à la lecture de ce qui reste, en principe, le quotidien communiste, ce mardi 10 juin au matin. Epluché, et réépluché, pas une ligne d'annonce de l'importante journée de lutte de ce jeudi, avec le double rassemblement, dans la rue, devant la préfecture, et le soir, en salle, dans le XII ème (lire ci-dessus). Pas une brève sur les procédures de licenciement scandaleuses engagées contre les deux Maliennes de Chemin Vert et leur collègue maculin (lire ci-dessus). Un obscur pavé, en revanche, sur les byzantines diputes agitant "barons" et barbons du Parti, unis contre l'inébranlable Marie-George, et dissertant en chambre sur le sexe des anges...

Alors que le paisible soulèvement organisé du prolétariat noir d'Île de France, pour les papiers et pour la dignité, admirablement coordonné, impulsé et soutenu, par les (vrais) communistes de la CGT, constitue aujourd'hui la pierre de touche, opposant ceux qui veulent redonner au parti une solide assise prolétarienne tout en créant, dans le feu des luttes, les conditions d'un très vaste rassemblement populaire (84% de soutien au combat des ouvriers africains sans-papier dans l'opinion), bien au-delà des limites convenues, électoralistes, des clivages parlementaires, droite-gauche etc.

 

Il reste, certes, demain mercredi, et en dernière limite jeudi matin, pour que L'Huma (correcte, sans plus, depuis le début de ce conflit, quoique en retard sur Le Parisien...et L'Humanité Dimanche), annonce les actions prévues par la CGT et Droits Devant!, et déjà annoncées publiquement, et fasse au moins semblant de mobiliser.

Mais que valent les appels de dernière minute - sauf à se donner bonne consciece à peu de frais, et à tromper son monde?

Un effort, les amis, et ouvrez vos fenêtres au vaste monde, au monde réel, pour laisser rentrer un peu d'air!

 

Financé, à sa naissance, en 1973, par de nombreux ouvriers immigrés, donnant, même dans les bidonvilles, une petite pièce au moins pour un journal de l'anti-racisme combattant,

Libération régresse au niveau, lamentable, de l'époque JULY - et ses syndicats se couchent!

Effervescence quotidienne, rue Charlot, à 475 mètres de l'entrée de Libération, rue Bérenger, autourdes locaux de la CGT - étrangement - squattés par un collectif aux objectifs confus, regroupant néanmoins d'authentiques sans-papiers, même si, mal conseillés, ils ne comprennent pas l'importance vitale d'ancrer la lutte au niveau de l'entreprise, comme s'y tient fermement la Confédération de Bernard Thibault, avec l'appui de Droits Devant!

Tout un quartier, plutôt bourgeois, pourtant, se mobilise autour des "squatteurs" sans papiers, hommes, femmes et enfants, qui campent là jour et nuit depuis plusieurs semaines dans un "souk" incroyable, mais chaleureux, vivant tableau de la misère humaine, enclave du Tiers Monde des émeutes de la famine à portée de fusil de la Place de...la République.

Un photographe du coin vient même, spontanément, et tous les jours proposer, dans la rue, devant l'immeuble, de prendre les photos de "couples" provisoires - peut-ête appelés, qui sait, à devenir de vrais couples: un ou une citoyenne, carte d'identité en main, posant avec un ou une sans-papiers, et lui relmettant, symboliquement au moins, le précieux sésame administatif, passeport de la Sécurité, de la Tranquillité, et de la Dignité.

A ce mouvement de solidarité local et populaire, les salariés de Libération, dont beaucoup, tout de même, sont des travailleurs comme les autres, et pas seulement des parasites grassement payés pour soutenir, désormais, le pied-noir-rose Delanoë, lui-même aux abonnés absents, comme son compère Geismar, restent, pour la plupart étrangers.

Au tout début, pourtant, de ce beau cycle de luttes, au moment du conflit MODELUXE, la pression exercée tout en finesse, "à la chinoise", "vent doux, pluie fine", par la sensibilté "mao" encore vivante rue Bérenger, avait donné un double résultat- brillant. Un article excellent, quoique tardif, d'une journaliste honnête, Sonya Faure. Et une pétition de soutien aux grévistes africains sans-papiers de MODELUXE, alors les seuls en lutte, texte largement signé dans le journal, sous l'impulsion de sa section CGT, elle-même encore sous ifluence mao ( 150 signatures, presque tous les personnels présents, dont les pires barons rescapés de la sinistre "époque July", et le P-dg Laurent Joffrin lui-même). L'initiative, réalisée avec le soutien de l'ancien délégué CGT du journal, et de Raymond Chauveau, le dynamique secrétaire de l'UL-CGT de l'Essonne, en prise quotidienne avec les MODELUXE, aujourd'hui coordinateur du mouvement d'ensemble, avec fait chaud au cur des noirs soutiers de cette blanchisserie industrielle, spécialisée dans le nettoyage du beau linge des palaces parisiens, et dont le patron, Robert Ejnes, figure notoire du lobby franco-israélien, avait rameuté, à son secours, contre les sans-papiers en grève, le cabinet d'avocats Bredin et Prat, dirigé par le grand "droit de l'hommiste" Jean-Denis Bredin, spécialiste de l'affaire Dreyfus, et père d'une "baronne" du PS fabiusien - cabinet fondé par Robert Badinter, toujours actionnaire...

Aujourd'hui, dans Libération, plus rien. C'est-à-dire quelques articles plats et convenus de la médiocre Catherine Coroller, connue pour ses articles torturés sur la question de l'islam...Et pas un mot sur les Maliennes de Chemin Vert - femmes de combat au courage exemplaire!

Et même la CGT-Libé, dont la crise, évidente, vient de se manifester par une sévère défaite, méritée, aux récentes élections dans l'entreprise, se tait, maintenant, sur le sujet. Incapable, elle aussi, malgré les efforts, notamment, des anciens veilleurs de nuit du journal, (licenciés et au chômage mais toujours CGT de cœur ou de carte), pour remettre dans le sens de la marche un train de plus en plus poussif, et les accompagner au moins une fois sur les sites en lutte où ils se rendent, eux quasi-quotidiennement, de Montreuil au Père Lachaise.

Tout cela n'annonce rien de bon pour le journal de July devenu celui de Joffrin, puis, hélas, de Pourquery, qui recommence à perdre des lecteurs, après un beau sursaut - et se coupe de plus en plus de la société vivante, et de ce grand soleil noir africain qui illumine le Paris de la Solidarité de Classe et de l'Anti-racisme réel en ce beau mois de juin, prologement d'un vrai mai, parfaitement digne de l'autre...

 

 

Ils tiennent...Et ils tiendront...Avec la CGT, le Parti communiste, et Droits Devant!, le mouvement animé par Jean-Claude Amara, vrai fils de mai 1968, dans ce qu'il eut de meilleur - car il y eut le pire, aussi...
Les "panthères grises" à la rescousse! A l'image et à l'exemple de Jean-Claude Amara (Droits Devant!) - bras croisés, tignasse grise - les rescapés de l' "époque mao", très souvent à la CGT, ont jeté tout leur poids dans la balance. Solidaires, dont un ouvrier africain en grève pour les papiers, ici au micro, au cours du rassemblement devant le Bistro Romain, sur les Champs Elysées vient aussi, en force, et avec dynamisme, élargir le front de lutte dont l'axe reste la CGT d'Île de France, exemplaire (un de ses militants, badgé de rouge vif, en blouson de jean's bleu vif, au second plan)
La "lutte entre deux voies" fait rage, au PCF, à l'approche d'un congrès stratégique - qui ne saurait être le dernier, même si les risques de liquidation sont bien réels. Dans un parti désormais fragmenté en clans et en coteries de barons et barbons, sous l'influence, ici (Hue, dada!) du Parti "Socialiste", ou là, de l'extrême gauche trotskiste "anticapitaliste", dit-elle (mais complètement marginalisée par l'ancrage en entreprise de la lutte des ouvriers sans papiers), les vrais communistes prolétariens de la CGT, les militants communistes d'Afrique noire, mais aussi (ci-dessus, en écharpe bleue et rouge de la ville de Paris) de jeunes élus municipaux (ici, au cours d'un rassemblement de soutien aux "démolisseurs" du chantier d'une crèche municipale du XVIIème) tracent, ensemble, la voie d'une Renaissance ancrée dans les luttes prolétariennes, à la base - et dans un authentique antiracisme, enraciné sur les lieux de travail, en rupture avec les pitreries "bling bling" de la bande Dray-Désir, dite "SOS-Racisme").

L'heure est grave...138 rue du Chemin Vert (Paris 75011), sur le seuil de la boîte qui l'exploite, Ma Net, Miracia (ici accompagnée de sa petite fille), gréviste pour les papiers et pour la dignité, venue de Haïti, un des pays les plus misérables de la planète, exprime sa détermination dans son regard, sur son visage, et dans ses paroles, simples et fortes. "Je sais que je prends un risque, en me montrant au grand jour, et en faisant grève, avec mes 6 copines maliennes, dans une boîte de 150 femmes de ménage, toutes "sous-traitées" pour le nettoyage des chambres et des couloirs des grands hôtels. Mais je n'ai pas peur. Aucune de nous ne lâchera, nous irons jusqu'au bout, la CGT aussi, et j'ai confiance".

Mais pourquoi ne sommes-nous pas plus nombreux, encore, alors qu'autour d'elle tout le quartier les soutient, à nous rendre, quotidiennement, autour des femmes de chambre de la rue du Chemin Vert, à proxumité immédiate du métro Père Lachaise, où elles réservent aux visiteurs un accueil merveilleux de simplicité et de chaleur - avant-garde modeste mais sans faiblesse de la lutte des femmes du monde pour les Droits et la Dignité, de la lutte prolétarienne, et de l'anti-racisme réel, qui ne paye pas de mot, mais se bat, sur le terain, défiant les pires menaces?

Elles ne sont pas seules, et elles le savent...Fières, elles ne baissent pas la tête Mais parfois, le temps s'écoule lentement, et l'angoisse transparaît dans le regard, dans le local occupé où la plupart de leurs collègues de travail exploitées elles aussi et souvent sans papier du nettoyage des chambres d'hôtel ne passent, souvent avec leurs poussettes, que pour la paye...Et disent "le patron, il est gentil, il nous a rendu service" - en les embauchant sans être trop regardant sur les papiers pour les payer ensuite "au lance-pierre" pour l'interminable travail de femme de ménage, payé "à la chambre", et pas à l'heure, où l'on sait à quelle heure on commence, mais jamais à quelle heure on finit, ni combien on sera payé, vraiment...
Noyé dans le brouhaha des clameurs de victoire, devant le Bistro Romain, lui-même occupé, en pleins Champs Elysées, le nom de ce gréviste annonçant que lui et ses copains viennent d'arracher les récépissés d'une première victoire partielle, a échappé à notre correspondant de terrain. Mais pas le sens des feuilles de papier administratif dûment tamponné -et vérifié - brandies haut derrière lui par un de ces militants ouvriers - blancs - d'une CGT fidèle à ses plus anciennes racines dans l'internationalisme prolétarien, dans la défense intransigeante des exploités parmi les exploités ("prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

Le combat continue. Et il est âpre...

Ici c'est un patron de grand restaurant, "compréhensif", disait-il au début, et "bienveillant" à l'égard de ses personnels de cuisine, noirs, dont il "n'imaginait pas " qu'ils aient pu "ne pas être en règle", qui fait balancer de l'eau de Javel au sol par un de ses sbires, parce qu' "il y a trop de noirs", et que "ça pue". Et là, c'est la préfecture de police de Paris, "la plus dure, bien pire que celle du 9-1, du 9-2, du 9-3 ou du 9-4", où des centaines de régularisations, tout de même, ont fini par être obtenues, sous la pression des grèves et de manifs incessantes...

Ce jeudi 12 juin, devant la Préfecture de Police de Paris, d'abord, à l'heure du déjeuner, puis en réunion publique, en salle, Halles Carpentier, 81 Bd Masséna (métro Porte de Choisy), à partir de 19 heures, c'est l'épreuve de vérité.

Soyons nombreux, soyons présents en masse, au-delà de nos différences, de nos divergences, ou de nos nuances, pour que ce mouvement coordonné, intenable, inédit, continue à s'inscrire dans la durée, sans s'épuiser, connaisse un temps fort de relance, gagne d'autres batailles, et, de victoire en victoire, grave dans l'Histoire de France la seule commémoration possible de mai 68, et la meilleure qui soit, la plus fidèle - giflant, en plus, et au passage, comme il l'a mérité, l'arrogant menteur de Dakar qui ne voit pas, sous les yeux de ses "potes" "bling bling" des restaus à gueuletons friqués de sa (très) chère lle de la Jatte, à Neuilly, ou sous les yeux de ses flics, l'Afrique Noire, réelle, s'inscrire et se réinscrire dans l'Histoire Réelle du Monde Réel.

 

 


Ouvriers en grève pour les papiers:

la guerilla des Droits s'intensifie!

     

Femmes de ménage : la répression durcit

Trois des femmes en lutte à Chemin Vert menacées de licenciement pour...grève!

- Tous au rassemblement de soutien lundi! -

Sur place, 138 rue du Chemin Vert, début d'après-midi

Ouvriers en guerre pour les papiers

Le drapeau rouge de la colère noire flotte sur les Champs Elysées!

Ensemble, à huit, pour les papiers, les Droits, la Dignité, les femmes de chambre noires maliennes et haïtiennes des grands hôtels se sont mis en grève, occupant sans peur, jour et nuit, le siège de la société de nettoyage qui les "sous-loue", pour des horaires d'enfer et des salaires au lance-pierre.

Ensemble, elles iront jusqu'au bout, et vous appellent à venir soutenir leurs trois sœurs de misère et de colère convoquées pour licenciement ce lundi 9 juin le même jour, en début d'après-midi, 138 rue du Chemin Vert (Paris 75011)

Plus de photos sur elles, et plus d'infos: ici

Quant à leurs camarades grévistes des restaurants des Champs Elysées -ci-dessus dans un premier rassemblement de rue, devant le Bistrot Romain, vendredi 6, ils nous appellent tous à venir participer à leur première manif devant la Préfecture de Paris, mercredi 11 juin 2008, début d'après-midi - comme elles avec la CGT, la Ligue des Doits de l'Homme, Femmes Egalité et Droits Devant!
Employés sans papiers comme "démolisseurs" (tout à la main) sur le chantier d'une crèche municipale du XIIème arrdt de Paris - merci Delanoë -¨, ils occupent les lieux, sous les fenêtres du commissariat de police, avec un soutien formidable de la population: ICI.
MODELUXE, dans l'Essonne (91), la grève victorieuse des blanchisseurs africains du linge des grands hôtels, qui a lancé tout le cycle de lutte des ouvriers sans-papiers pour être régularisés. ICI

Les femmes de ménage noires - maliennes et haïtiennes -des grands hôtels, elles aussi sans-papiers, exigent leurs droits - et le respect, en prime!

Dans cette page également:

Montreuil (93): le combat des démolisseurs, qui occupent leur usine, font face à un patron de choc escorté par des chiens, et exigent, non seulement des papiers pour ceux qui n'en ont pas, mais la fin de conditions de travail effroyables pour tous, français comme immigrés, avec ou sans papiers, dans la poussière d'amiante et des nuages de plomb ICI

MODELUXE, dans l'Essonne (91), la grève victorieuse des blanchisseurs africains du linge des grands hôtels, qui a lancé tout le cycle de lutte des ouvriers sans-papiers pour être régularisés. ICI

Le cabinet d'avocats d'affaires créé par Robert et Badinter et Jean-Denis Bredin au service de Robert Ejnes, le très pro-israélien patron de MODELUXE...UN scandale que tout le monde, jusqu'ici, s'efforce de cacher!

ICI

 

Paris, 138 rue du Chemin Vert (XIème) - à quelques centaines de mètres du Père Lachaise. A huit, sans peur, elles sont venues occuper, jour et nuit, les bureaux de la société de nettoyage qui les "sous-loue" comme femmes de ménage aux plus grands hôtels parisiens - dont leurs frères de misère de MODELUXE, dans l'Essonne (91), eux aussi sans-papiers, du moins jusqu'à jusqu'à une première grève, blanchissent toujours, mais régularisés à l'issue d'une longue lutte, draps fins et linge.

"Sans papiers, on est pieds et poings liés, devant le patron comme dans les couloirs de l'hôtel, ou les chambres, expliquent-elles. Et ça dure depuis des années!...

Pour Marie, par exemple, jeune étudiante venue de Bamako, contrainte à gagner sa vie dans ces conditions indignes, quand on lui demande d'en faire plus, au travail, et qu'elle répond "oui, mais pour quel salaire?", on lui refuse toute augmentation sur le thème: "Pour une sans -papiers, tu rêves!"

Elle doit se contenter de ses 300 euros pour 40 heures par semaine, "le prix, dit-elle, d'une nuit dans les hôtels que nous nettoyons".

"Rendement, trois chambres par heure, précise Awa, c'est fatiguant".

Superbe dans son boubou multicolore où claque le logo rouge de la CGT, une robe des grands jours, Mariam Traore accueille les visiteurs de un large sourire - et une assiette de "thiep", le plat de poisson traditionnel d'Afrique de l'ouest, qu'il serait indécent de refuser - meme si l'on est un peu gêné d'accepter le geste d'hospitalité, à l'Africaine, aussi noble que naturel, de ces femmes souvent mères de famille nombreuse, travaillant dur, et vivant de peu...

Un jour, Mariam est tombée dans l'escalier, en nettoyant. Elle n'a pas osé de se faire soigner, se sachant hors-la-loi. Encore endolorie, elle est retournée bosser, le lendemain.

"C'est le premier conflit initié par des femmes sans-papiers. Elles ont franchi le pas, soulignent Anna ou Françoise, de l'association Femmes Egalité, spécialisée dans l'aide aux femmes défavorisées, qui soutient depuis le début, avec la Ligue des Droits de l'Homme, la grève avec occupation déclenchée le 23 mai, par surprise, par ces fières représentantes du prolétariat d'Afrique Noire en France arborant sans complexes leurs badges CGT, et épaulées par de jeunes costauds, vigilants, de la CGT du XIème, dirigés par Xavier Charrier.

Trop pris, d'un combat à un autre, Xavier n'a pas pu suivre, personnellement, une autre action de la CGT (branche commerce) dans le même arrondissement, le XIème, pour la défense d'Akila Diagne, déléguée CGT de Prisunic, arrêtée par la police, placée en garde à vue, mise à nu, fouillée, humiliée, et menacée de licenciement sous l'accusation insensée de "trafic" de petites culottes et de soutien gorge abîmés, impropres à la vente, en fait vendus à bas prix au personnel.

 

Comme les hommes des mêms sociétés de nettoyage, de la restauration, de la sécurité, ou du bâtiment, les femmes bambaras ou sonninke d'Afrique de l'Ouest, nombreuses aussi à travailler en France dans le secteur des "services à la personne" (ménage, garde des enfants ou de personnes âgées) se sont levées.

Elles sont des milliers à vendre leur force de travail "clandestine" (tu parles!) pour une bouchée de pain - après avoir déboursé jusqu'à 200 euros pour une carte de séjour en toc négociée chez un maquignon spécialisé.

Leurs employeurs, disent "tomber par terre", supéfaits, quand ils "découvrent" qu'elles sont en réalité sans vrais papiers. En fait, ils ont profité le plus longtemps possible d'une situation qu'ils pouvaient difficilement ignorer.

Les grèves à répétition des ouvriers sans-papiers, et maintenant des ouvrières, commencent à les énerver. Pour tenter de chasser les grévistes africains - des hommes -, le patron d'une autre société de nettoyage a balancé par terre, devant eux, dix litres d'eau de Javel. "Il faut désinfecter l'endroit, il y a trop de noirs".

Cela ne les a pas empêchés de rester dormir sur place. Comme le font les Africaines de Chemin Vert, à qui le "patron" a simplement tenté d'interdire tout accès aux toilettes... Elles ne l'ont pas laissé faire longtemps, ce n'est pas le genre, elles campent toujours sur place, déterminées, et reçoivent, dans la plus sereine bonne humeur, avec leurs grands sourires, leurs beaux yeux noirs, et leur chaleur, les visiteurs, de plus en plus nombreux, venus les soutenir, signer la pétition, et remplir la petite tirelire de la grève de quoi confectionner de nouvelles assiettes de thiep.

Allez les voir, sur place, vous serez reçu d'une façon magnifique!

Et parlez-en autour de vous!

 

 

 

REBELLES

L'histoire secrète des MAOS de la Gauche prolétarienne - et ce qui s'ensuivit...

(1967-2008)

- VI -

Guerre secrète à LIBE

(1973-2006)

(suite)


Du bidonville de la Folie (Nanterre) à Libération...Cherif, Fatima


Cette histoire s'incarne en deux figures.
Elles sont issues toutes deux du même lieu: le bidonville de La Folie, aux portes de la faculté de Nanterre où les quelques dizaines d'étudiants progressistes de ce capharnaüm idéologique devenu pépinière de politiciens en herbe vont, avant même 1968, manifester leut solidarité "pratique" aux familles d'immigrés entassées par centaines, dans de mauvaises cabanes de tôles et de vieilles planches construites autour d'étroites ruelles boueuses, où courent les rats...


Cherif, d'abord.


Il a 10 ans, en mai 1968, quand le culot de son âge, et la curiosité, poussent sa bobine ébourifféee vers la sympathique agitation de cet endroit étrange, qu'on appelle, il l'entend, "le campus".
De belles affiches en très gros caractères écrites à l'aide de gros marqueurs aux couleurs vives, facilement lisibles et faites de mots très simples, y évoquent le combat de la Palestine. Elles font vibrer ce jeune Gavroche au teint mat, au cœur plein du soleil de la Méditerranée...
Il ne cessera jamais de venir à la fac, et d'y revenir.
Dans les petits couscous du secteur où nous avons poursuivi nos échanges, métissant nos souvenirs, il croise encore de jeunes étudiantes, ou étudiants, souvent, eux aussi, enfants basanés des cités, qui militent courageusement pour la Palestine, s'affrontant physiquement aux fils de famille sépharades de l'UEJF, de SOS-racisme, ou du Bétar, "des pieds noirs ", "bourges", le plus souvent", qui les traitent d'antisémites et de racistes par peur de se confronter à leurs idées...
"Les jeunes de l'AGEN Nanterre, ils se réclament de Mao, comme nous, dit Cherif. "C'est bien, ça fait plaisir. Ils sont de vrais amis de la Palestine, sincères. Et ils ne sont pas "manchots" non plus. Comme nous en notre temps, ils osent répondre "coup pour coup" aux incessantes agressions des sionistes", "de gauche", ou d'extrême-droite" - qui ont fini par se calmer - ou aux pressions de l'administration, ou de la police.
-"Mais ils restent dans leur fac, on les voit peu dans les quartiers, et ils sont trop sûrs d'eux, trop dogmatiques...Ils auraient besoin d'une cure d' "établissement", en entreprise, ou, pour tous ceux d'entre eux qui sont de milieu populaire, d'aller se lier aux ouvriers d'aujourd'hui, aux gens comme nous, dans les cités ou dans ce qui reste comme usines, et dans les files de l'ASSEDIC"...
L'éloignement de Cherif des alentours de ce qui fut le bidonville, et de la fac de Nanterre, aujourd'hui moins bourgeoise, dans l'ensemble, et moins "white only", en tout cas, massivement investie par la joyeuse foule bigarrée "de la diversité", n'a duré que le temps d'une brève parenthèse, forcée.
Sa cause: le départ en HLM de sa famille.
Un départ en urgence, contraint et forcé, après l'effondrement de leur sordide mais chaleureuse "maison" sur les gamelles à couscous, les bassines d'eau froide faisant "salle de bain", et les sacs en plastique, "placards à vêtements".
La cabane avait été bâtie, de ses mains, soir après soir, et week-end après week-end, par son père, O.S. de l'usine Télémécanique de Clamart.
Il n'avait pas eu d'autre choix, pour installer sa famille, que de bricoler ce misérable abri niché dans une ancienne champignonnière, un peu à la manière des antiques habitations des troglodytes creusées directement dans le calcaire des blanches falaises de bord de Loire, en Anjou ou en Touraine...
Il avait tellement plu ce jour-là sur La Folie (Nanterre) que plusieurs des "maisons troglodytes" s'effondrèrent sur elles-mêmes, égaillant des troupes entières de rats sur le sol fangeux, détrempé, d'un bidonville urbain situé aux portes de la capitale d'un des cinq pays les plus riches du monde, à portée de kalachnikov du futur quartier d'affaires de La Défense, où les pères de famille nombreuse de La Folie (Nanterre), quand ils ne travaillaient pas sur les chaînes de Renault, d'Unic, de Chausson, où de Citroën, creusaient, tranchée après tranchée, dans les vibrations meurtières de leurs marteaux-piqueurs, ou à la pelle et à la pioche, comme des forçats, les fondations de ce qui allait devenir notre actuel et prestigieux "Manhattan sur Seine" - avec les sièges sociaux, somptueux, d'Elf, Matra ou Axa...
Le plus souvent voilées, et toujours, en tout cas, pieuses et dignes, les mères de la Folie donnaient une éducation magnifique à leurs enfants, entre chasse aux rongeurs, à la vermine, et durs travaux de ménage "payés au lance-pierre", aux petites heures de la matinée, ou la nuit tard, pour "faire bouillir la marmite" et compléter le maigre salaire du père. Il fallait bien payer crayons de couleur, stylos bille, livres et cahiers, sans oublier les godillots, jeans ou anoraks, achetés aux puces ou "à la tombée du camion", au "marché aux voleurs" de Barbès
Bientôt vendeur de La Cause du Peuple, puis de La Cause du Peuple-J'Accuse, puis de Libération, à la criée, le Cherif d'aujourd'hui a cessé depuis longtemps d'acheter le journal des gamins à peine grandis du bidonville devenu celui "de Serge July", qui le fait rire, puis "de Rothschild".
Il ne tient pas non plus en haute estime Gérard Miller, "vu à la télé".
Il l'avait connu à l'époque où il "descendait de son cheval pour regarder les fleurs" et venait distribuer, entouré, déjà, d'une cour de journalistes, le butin de Fauchon dans les bidonvilles de Nanterre ou les foyers d'immigrés...
Aujourd'hui, Cherif s'exaspère des chatteries narcissiques de ce gosse de riche revenu, après un court détour, sur le devant de la scène, avec sa manière précieuse de s'exprimer, de s'écouter parler, de parader, toujours "bien content de lui", "gauche paillettes", et "sûrement bien payé". Un capital militant rationnellement exploité.
Passé, de son côté, des chantiers de construction à l'ASSEDIC, et de l'Assedic au RMI, et à la recherche permanente, au moins, d'un "petit job de rénovation d'appartement", domaine où, vrai professionnel polyvalent du bâtiment, devenu même, à la force du poignet, "éducateur technique spécialisé", "chargé de formation", il excelle, cet ouvrier du béton et du bois attiré par le théâtre militant des années 70, puis par le cinéma d'art et d'essai, à Marseille, aujourd'hui père de famille, passé par de longues périodes sans travail, et toujours combattant pour la Palestine, conserve dans un beau coffre en bois rare de son modeste HLM d'Asnières, dans les Hauts de Seine, les premiers exemplaires de Libé.
"Ces journaux, se souvient Cherif, "à la fin de la grande époque, on en achetait par piles de 20, au kiosque, avec les autres copains, tous aussi fauchés, pour "faire du chiffre". Comme ça, les Messageries comptabilisaient des ventes encourageantes - et pouvaient continuer à fournir de bonnes avances sur recettes, seule trésorerie du canard...Nous allions ensuite les revendre à la criée, sur les marchés, ou au métro.
Ces recettes, nous en remettions au journal jusqu'au dernier centime...Il n'y avait pas que de petits saints parmi nous. Dire qu'il n'y avait pas de voleurs, au bidonville, ou alentour, serait exagéré...Mais pas un seul centime n'a été prélevé de la caisse, pas un, jamais, même pas pour se taper un café!"

"Mais on a dû arrêter très vite" , admet dans un doux sourire sans joie cet homme passé par les épreuves de la champignonnière pourrie de son enfance, puis du travail dangereux, sous les intempéries, comme par celles d'un incessant combat militant, mais toujours vibrant d'espoir et absolument dépourvu de haine, même pour les "lâcheurs".
Dès la guerre du Kippour, contemporaine, et ce n'est pas un hasard, de l'effondrement de la maison mao de l'automne 1973, Libération prend ses distances avec la Palestine.
Désormais convaincu d'avoir un avenir personnel de "patron de presse", et prêt à tout pour y parvenir, July s'appuie sur Philippe Gavi, et bientôt sur Kravetz.
Même si, pour des raisons autant commerciales que politiques, et aussi par prudence, il colle encore, jusqu'aux grèves des foyers Sonacotra en tout cas, avec les luttes des ouvriers immigrés sans qui "son" journal ne serait pas né.
Ensuite, il ira se perdre dans un trouble flirt avec SOS-Racisme, refusera de confier la rubrique immigration à une jeune candidat prénommé Nidam, spécialiste du raï,"parce que, selon l'expression même d'un rédacteur en chef, trotskiste, "il risquerait de manquer de distance avec le sujet".
Boucle enfin bouclée, peu avant l'éjection, salvatrice, de celui qui se croyait pour toujours "le patron", "Libé" ira jusqu'au bout de l'abjection raciste en se faisant le relais, comme toute la "presse pourrie", de l'infecte campagne de désinformation anti-arabe, anti-"blacks" et anti-jeunes de banlieue dite "affaire du RER-D...". Le "bidonnage" à peine dégonflé, quelques militants de la CGT-mao de Libé, accompagnés d'amis et d'amies musulmans du Mouvement pour la Justice et la Dignité (MJD), créé au feu du combat contre la loi d'interdiction du voile, et d'une poignée de militants arabes du Parti Communiste, se retrouveront alors pour une manifestation sur le marché de Garges-les-Gonesses, station de fin de la ligne, à l'appel d'Olivia Zemor et d'EuroPalestine (15% des voix à Garges!), avec panneaux et slogans "'RER D, des excuses!".
L'accueil de la population sera superbe.
A en avoir les larmes aux yeux. Et nous rappelant nos grands moments des années 70 - Gérard Miller et Serge "poussah" July en moins.
Libération, qui n'en soufflera pas mot, finira par se fendre, fait rarissime, d'un éditorial d'excuses, reconnaissant ses torts à l'égard des victimes du racismme ordinaire - un éditorial empreint de honte et de regret signé d'Antoine de Gaudemar.
C'est par Cherif que j'ai trouvé la trace de Sadok Ben Mabrouk, le jovial porte-parole des O.S. rebelles de Renault-Billancourt, dont la grève de la faim, en compagnie de José Duarte et Christian Riss allait précéder de peu de l'assassinat de notre ami Pierrot (voir page).
C'est par lui aussi que j'aurai le plaisir de recueillir les souvenirs de"Dédé la Couenne", d'Argenteuil, lui aussi toujours accroché à sa banlieue, au terrain, et au combat.
La chance avait mis sur mon chemin le fils de La Folie à l'occasion du déménagement d'un très ancien ami commun, Jean-Paul Vaucelle, dit "Sergent-chef".
Ancien "syndicaliste prolétarien" de la CGT Hachette, et "pro-chinois", bien avant 1968, membre des groupes de choc des C.V.B. puis de ceux de la G.P., ami de longue date du couple Linhart puis de Pierre Overney, ce militant ouvrier d'envergure, exemple d'engagement tenace autant que de modestie, a fini par se retrouver veilleur de nuit à Libération - où sa culture politique dépasse celle de la plupart des journalistes.... Il y a aussitôt intégré la CGT-Libé, puis Europalestine (où on l'appelle "Jean-Paul Deux"), son service d'ordre musclé, et le Cercle Charles Tillon d'Aubervilliers.
"Sergent-chef" avait croisé Cherif à l'époque mao-MTA, avant de tomber sur lui, plus récemment, au détour d'une manif pour la Palestine.
L'un comme l'autre ont été "complètement écœurés, depuis longtemps" par les "retournements de veste" du journal à l'époque "sans un rond" à qui, avec des milliers d'autres comme eux, ces "prolos" de la base avaient donné vie en se battant pour collecter sou après sou - eux qui vivaient de peu, et 30 ans après de presque rien...
"Du temps de July, ils ont viré sur tout. Sur les luttes sociales solidaires, comme sur la Palestine, avec leurs pubs pour les faux-cul de SOS-Racisme, et le reste".
"Trop fauché, de toute façon" - il n'aimera pas que je l'écrive, pardon Cherif - mais là sa voix se casse et une larme vite essuyée perle au coin de son œil noir - l'ancien du MTA n' achète plus le journal depuis longtemps. Il se contente des infos de la télé, ou d'un Parisien vite survolé, au comptoir d'un café ami, qui le lui garde...
Dans le petit HLM propret de la cité d' d'Asnières, commune toute proche de Nanterre, où vivent avec lui sa femme et ses enfants, Cherif farfouille, donc, dans sa collection presque complète des premiers numéros, à peine jaunis, de ce qu'ils avaient nommé "Libé"..
L'un des exemplaires d'une pile épaisse, dont il me confie gravement la "garde provisoire", "pour le livre", date du 4 décembre 1974.
Le journal n'a qu'un an. Il est encore très vif.
On y apprend que "beaucoup de petits chèques rentrent", même ceux de "petits retraités qui promettent d'en envoyer un chaque mois". Mais il ne reste que 19 jours pour boucler la souscription populaire, vitale de 400 000F. "Reste encore 360 000..."
Dans un article "canon" - "tueurs en uniforme" - Alain Dugrand - alors "correspondant de Marseille", et déjà bien affûté, révèle que le frère de Ladj Lounes, premier assassiné de la grande vague de ratonnades racistes de 1973, suivant celle de 1971, et source de la grande grève, historique, du MTA de la ville (voir page), a conclu sa propre enquête, menée dans la rue, dans les cités, dans les cafés, dans des familles de flics honnêtes, et jusqu'à l'intérieur de la prison des Baumettes.
Il a réussi à identifier un des tueurs, possesseur du 7,65 UNIC dont on a retrouvé les balles - une arme administrative de gardien de la paix.
Lounes, 16 ans, marchait tranquillement, ce 28 aout 1973. Une voiture s'est arrêtée, et l'a hélé. Ouvert, et sans méfiance, il s'est approché. Coups de feu, démarrage en trombe...
"Ce crime est celui d'un brave père de famille traumatisé par les agissements d'un jeune musulman importunant sérieusement une de ses filles", écrira, raconte Dugrand, "Le Provençal", le quotidien "de gauche" de Marseille, rival du Méridional de l'hystérique Domenech, qui souffle comme lui mais sur un autre ton sur les braises de la haine anti-bougnoules...
A l'exception, souligne Libération, des communistes, la gauche tente alors le tout pour le tout pour désamorcer la grève du fier prolétariat arabe, dont la rumeur se propage de chantier en café, et dans les bidonvilles où vivent certains des militants maos, restés organisés et actifs, au sein, notamment, du tout jeune M.T.A.
Comme le rappelle encore Dugrand, qui, fils du prolétariat de Lyon des traboules et des canuts passé d'une anarchie construite et cultivée à la G.P., puis à Libé, n'a pas peur de grand chose, Le Provençal est le journal de Gaston Defferre, maire "socialiste" de la ville, et futur ministère de l'Intérieur - et "des libertés publiques" de Mitterrand.
Et c'est là qu'on peut lire ces calomnies plus dangereuses encore, dans des colonnes "de gauche", lues et trop souvent crues par un public "de gauche", que les hurlements de hyène raciste, appelant au lynchage, de son vrai-faux concurrent "de droite", le Méridional.
Pas fou, c'est aux gendarmes, et pas aux collègues de l'assassin raciste en uniforme, que Mohammed Lounes est allé donné le nom du tueur de son frère Ladj, le brigadier C... (en toutes lettres dans Libé), et de son probable chauffeur. - C... a été arrêté.
En "DH" du même numéro du vieux Libé, exhumé du coffre de pirate du RMIste Cherif, revenu au militantisme de combat après quelques années d'abattement devant la trahison, on peut lire, en pleine page, un entretien de Jean-Paul Sartre avec Israël Shahak, "président-fondateur de la ligue des Droits de l'Homme israélienne, survivant du ghetto de Varsovie et du camp de la mort de Bergen Belsen (...),l'homme le plus détesté par la classe politique sioniste en Israël" - détesté aussi par les derniers séides des séminaires et conférences données, dans les "yeshivas" de Strasbourg, ou de Jérusalem, par un Benny Lévy, passé de la liquidation au repentir, puis à un "retour" proclamé, aux plus archaïques croyances, dans un ultime combat contre "les illusions de la vision politique du monde", avant une mort précoce pleurée par peu de gens, en terre d' Israël - l'Etat "fasciste" que la NRP dénonçait encore à l'époque de la balle tirée sur le juif antisioniste Christian Riss, dans les colonnes du quotidien vendu à la criée par Cherif et ses amis...
Shahak, l'érudit pourfendeur des horreurs racistes de ce qu'il a nomme le "judaïsme classique", minutieusement recensées, épluchées et analysées, jusque dans leur contexte, est l'auteur d'un très grand livre dont le seul titre fait aujourd'hui frémir les ex-cadres maos rabbinisés, devenus supporteurs de l'Israël d'Ariel Sharon: "Histoire juive, religion juive: le poids de trois millénaires".
Ecrit en hébreu moderne, publié en Israël, il n'a longtemps été accessible en Europe que dans sa version en langue anglaise ("Pluto press"), avant que La Vieille Taupe de Pierre Guillaume s'en charge - carbonisant du même coup ce texte de haute culture aux yeux des imbéciles.
Albin Michel, depuis, en a repris les droits, en publiant, courageusement, mais sans publicité excessive, quelques milliers d'exemplaires - aujourd'hui intégralement épuisés...
De tous les coups des années 70, de toutes les manifs, Cherif, qui dans sa pérode mao se fait appeler "Charlie", échappe, grâce à cette précaution, aux recherches lancées contre lui par la police.
On lui reproche une juste "pâtée" infligée aux trotskistes "lambertistes" du secteur, venus se livrer à leurs provocations habituelles de "petits blancs" gauchistes, missionnaires petit-bourgeois en mission d'éducation des "barbares" aux alentours d'un foyer d'immigrés proche de La Cause du Peuple. Pas de bol, ils étaient tombés sur les jeunes Arabes du bidonville et des cités voisines, vendeurs de la presse mao. En fuite, "les flics aux fesses", Cherif est alors longtemps hébergé, clandestinement, par un couple de militants juifs antisionistes portant le nom...d'Israël. Il ne les a pas oubliés, et chérit, plus de 30 ans après, leur souvenir.


Plus tard, à la naissance du MTA en région parisienne, Cherif y animera, avec Saïd, Hamza, Sadok, Mokhtar, Farid, et tous les autres, la première grève jamais organisée en Île de France par des milliers d'ouvriers immigrés, en protestation contre une nouvelle vague d' attentats racistes, sur le modèle de Marseille, et avec une efficacité presque égale.
Plus tard, il s'éloignera du MTA "à l'époque de la création du journal "Sans Frontières" (un petit "Libé" des immigrés, sous forme de magazine). Il voyait "Paris y prendre le pouvoir sur la banlieue - un peu comme July rue de Lorraine".
Passé par des périodes d'amertume et de chômage, aux limites du désespoir, après la liquidation de la G.P. et le retournement de Libé, Cherif s'est "remis à l'action" il y a quelques années, sous l'impulsion de Sadok Ben Mabrouk, l'ancien du Comité de Lutte de Renault-Billancourt - connu au MTA et devenu, lui, ingénieur du son dans une bonne boîte, père de famille, et responsable régional d'une importante fédération de parents d'élèves, dans un secteur des Hauts de Seine...

De Cherif à Sadok, Houcine, et "Dede la Couenne", d'Argenteuil"...
Et de "Sergent-chef" à "Jean-Paul Deux", mao de la CGT-Libé...


"Lorsque Sadok, raconte Cherif, "a vu qu'il avait surmonté le choc de la mort de Pierrot, de l'effondrement des maos, et de son propre licenciement, quand il a commencé à être connu, et reconnu comme responsable des parents d'élèves, dans sa banlieue, il s'est demandé ce qu'on pouvait essayer de refaire, raisonnablement, par nous-mêmes, pour la Palestine... Alors, il a fait le tour des copains du MTA qui restaient, dans le secteur Suresnes-Nanterre-Gennevilliers-Asnières, et tout le 92, et il m'a appelé... Nous avons eu l'idée de faire un truc, sur place, en banlieue: un meeting unitaire, sur la Palestine, rassemblant tous les groupes, dans une grande salle...Sur le marché, voyant Sadok, les gens croyaient qu'on "diffait" pour les parents d'élèves...Ils venaient voir, sympas..."Non, c'est pour la Palestine..." Avec des gens de tous milieux, même des cadres chic, on discutait...Au final, nous les avons eues, nos 1000 personnes, salle pleine, à Suresnes - avec Leïla Chahid et Gisèle Halimi...Depuis, nous avons continué, et c'est comme ça que j'ai retrouvé "Sergent-Chef", dans une manif."
Les militants d'EuroPalestine ne connaissent "sergent-chef" que sous le nouveau sobriquet de "Jean-Paul Deux", puisque pour eux il n'y a pas non plus de "Polo" - mais déjà un premier Jean-Paul, qui les intrigue...
Ils ont appris à nous connaître, tous deux, talkie-walkie en main, le soir où nous tentions de structurer un petit S.O. improvisé, composé d'un tiers au moins de femmes maghrébines, amies de la Palestine, jeunes ou moins jeunes, travailleuses sociales, animatrices, éducatrices, enseignantes, mères de famille au foyer venues avec leurs filles (voilées et non voilées), ou plus rarement ouvrières.
Elles étaient épaulées, tout de même, par quelques équipes d'hommes solides - des arabes de tout âge aussi, des kabyles, et quelques "gaouris" ("gaulois") tout de même, comme Jean-Paul Un et Deux, mettant une solide expérience, et un sang-froid de vieux briscards, imperturbables, au service de manifs assez vivantes, bousculant un peu la police, puis bousculées par elle, sous la menace aussi des bandes fascistes de d'extrême-droite, situées dans la mouvance de la "Ligue de Défense Juive" et du Betar, venues du Sentier proche.
Fort de ses 50 000 voix recueillies, aux élections européennes de 2004, en trois semaines d'une vraie campagne de masse, menée à la hussarde, le mouvement créé par Olivia Zemor, la "dame d'acier" de l'antisionisme juif radical, venue de Lutte Ouvrière, et Nicolas Shashahani (L.O. aussi, frère de Volodia Shahshahani, le fulgurant "Volo" de Grenoble, de la G.P.) tentait, à l'époque, d'organiser un vrai boycott, musclé, d'un gala de soutien en faveur de l'armée d'occupation israélienne, sur le boulevard Bonne Nouvelle...
"Sergent-chef", donc, devenu "Jean-Paul Deux", est le fils d'une infirmière communiste. Elément de pointe des "groupes action" des Comités Vietnam de Base, puis de la Gauche prolétarienne, proche de Pierre Overney, de toute la bande Renault, puis de celle d'Issy, passé par un service militaire des plus toniques, et des plus techniques aussi, dans les prestigieux "commandos de l'air", il sera l'un des résistants, lui aussi, de la toute première heure, à la liquidation des maos.


Pour parvenir à l'infiltrer à Libération,par la petite porte - après une sérieuse période de galère - le réseau mao clandestin du journal passera par Gilles Millet, politiquement solide mais très éloigné de la CGT, donc non suspect, et copain du "petit-chef" (corse) des services généraux. Il présentera l'ouvrier Vaucelle (Jean-Paul) comme un ami de longue date, ce qui est vrai. Il mettra en valeur son sérieux, indiscutable, et sa très réelle expérience des "problèmes de sécurité". Jean-Paul y emploiera le poste modeste, mais essentiel, de veilleur de nuit jusqu'à son récent départ en pré-retraite, en 2007 - devenant au passage un des piliers de la CGT-mao du journal, rapidement hégémonique chez les gardiens, après l'avoir été chez les clavistes.
C'est en tentant, dans la foulée, toujours, d'un "Jean-Paul Premier" resté pour lui "Polo" de relancer, dans les banlieues dites "difficiles", un travail militant d'inspiration mao, dirigé notamment vers les jeunes collégiens de la génération "Sarko, la racaille c'est toi!" des émeutes de 2005, qu'il a été, à Aubervilliers, cité bien connue de lui dont Charles Tillon fut député-maire, à la Libération, un cercle portant le nom de l'ancien "mutin de la Mer Noire", devenu chef d'Etat-Major des FTP, puis fondateur, avec les maos, du Secours Rouge...
Ce "Cercle Charles Tillon" petite structure de réflexion et de formation politique, née autour de familles musulmanes du pur prolétariat de base, de jeunes adolescents maghrébins, et de militants communistes lecteurs, eux-mêmes, de longue date, de Mao, a distribué, dans les cités les plus "chaudes" de cette partie sud du fameux "9-3", la Seine-Saint Denis, un appel clair et simple à faire barrage à Sarkozy-Kärcher, en votant Ségolène Royal au second tour, en 2007...
De très jeunes "black-blancs-beurs" des cités, dont toute une équipe de très jeunes filles, spontanément mobilisées, l'ont eux-mêmes photocopié à la chaîne, après avoir épuisé premier stock, pour aller le "differ" autour d'eux, un peu partout...
C'est en allant aider au déménagement de "Sergent-chef", vieux frère de combat devenu camarade-syndiqué, et voisin de quartier, dans le XVIIIème arrondissement de Paris, que j'ai connu Cherif - qui lui-même m'a mis sur la piste de "Dédé la couenne", d'Argenteuil, et de Sadok; puis, par Sadok, de Houcine...


"La petite Fatima" du bidonville de la Folie, Nanterre,
déléguée CGT de Libé, "tueuse" de Serge July, l'ancien du "22 mars"!


Pour boucler complètement la boucle, reste à organiser, maintenant, une rencontre autour d'un couscous entre Cherif et une autre enfant du bidonville de La Folie, Fatima, l'actuelle déléguée CGT de Libé, venue, petite fille, de son Bouira natal, aux portes de la Kabylie, rejoindre son immigré de père, ancien "moudjahid" des montagnes, comme tout son village, puis ouvrier du gaz, et CGTiste, en banlieue parisienne, réfugié lui aussi avec toute sa famille dans ce cloaque - lieu, aussi, d'une solidarité formidable, matrice d'une conscience politique de fer...
C'est à "la petite Fatima" de la Folie, Nanterre, devenue claviste-militante de la marxiste-léniniste Humanité Rouge, avant Libé, puis, pour une année qu'on n'ose dire "sabbatique", employée de l'agence de presse palestinienne Wafa, sous les bombes, à Beyrouth, et toujours, comme Cherif et Saddok, ou "Sergent-chef", la Palestine au cœur, et Mao, dans la tête, que devait revenir le rôle, historique, d' "exécuter" le potentat July, scellant le destin du renégat, au cours d'une nouvelle "A.G. de crise", la dernière de Serge - au troisième jour d'une grève totale de Libération, fin 2005.
L'intersyndicale CGT-SNJ-SUD s'était réunie pour faire le point. "Ça ne peut plus durer. Il nous balade. S'il recommence, on lui dit qu'on en a marre... Qu'il réponde précisément aux questions qu'on lui pose, sinon tout le monde se lève, et on s'en va!".
Une belle idée. Bien dans l'esprit mao.
Passons à la pratique.
Assemblée Générale de crise... July balade son monde...Les délégués de SUD et du SNJ - deux hommes... - hésitent... Ils n'osent pas... La réunion traîne en longueur... Si personne ne s'y met, c'est fichu!
La voix un peu tremblante - impeccable militante, elle ne roule pas sa caisse, et n'a rien d'un ténor d'estrade - la "petite Fatima de La Folie, Nanterre" interpelle l'ancien politicien de Nanterre (la fac, pas La Folie), "tchatcheur" d' amphis de la prestigieuse université où naquit l'alors iconoclaste "Mouvement du 22 mars", devenu journaliste de cour, sous Mitterrand, "confident du prince", puis P-dg - et, ce jour, à la ramasse...
"Ecoute, Serge, on en a marre. C'est toujours la même chose...Ça fait trois jours qu'on est en grève. Le journal est en danger... Tes licenciements secs, on te l'a dit: nous n'en avons jamais toléré ici, on l'a toujours empêché, on n'en veut pas. Ce sont nos emplois, à tous. Ce sont nos vies. Alors, les beaux discours, ça suffit maintenant...
Tu réponds à nos questions, ou on s'en va..."

Applaudissements nourris, suivis par un silence de mort.
"Serge" n'a plus rien à dire...Il regarde ses pieds. Il est mort.


Encore faut-il l'achever.


Parce qu'un principe est un principe, et une parole, une parole, Fatima, blanche comme un linge, fait son devoir.
C'est l'heure de l'estocade, les piques ont châtié le vieux taureau, elle sera le matador.

Elle se lève, donc, et prend la direction de la porte, tête droite, sans se retourner. Elle pense être suivie d'une dizaine de personnes, vingt peut-être...Les gens de la CGT, pas tous...Mais la fille du bidonville et de Beyrouth sous les bombes est devenue Moïse, ouvrant devant son peuple les flots de la Mer Rouge. C'est une foule qui se lève derrière elle: l'Assemblée Générale toute entière, qui lentement se dirige, sur ses pas, vers la sortie, les journalistes suivant une ouvrière...


Sortie de scène, du coup, pour Serge July.
Le P-dg, ainsi déchu, déjà, de fait, Louis XVI guillotiné par le tribunal du peuple, après un jugement le condamnant comme un vulgaire notaire, n'aura plus qu'a être "remercié" dans les formes, domestique sans livrée devenu sans emploi, par l'héritier de la grande famille Rothschild, à qui il a vendu le journal du grand Maurice Clavel et du pauvre Sartre...
Sans illusion sur un destin désormais scellé, pensif, il reste presque seul dans la grande salle presque vide, dite "du hublot", pour la fenêtre sphérique, magnifique, qui ouvre sur les beaux toits gris de Paris...
Dans l'euphorie de mai 1981, le journaliste qui se disait "plus puissant qu'un ministre"l avait rêvé de faire de cet endroit de rêve son grand bureau de prestige.
Une colère de la base, immédiate, l'en avait privé.
Devenu salle de réunion ouverte même, sur le tard, aux syndicalistes, le "hublot", comme on l'appelle encore à Libé (qui survit, fort bien, sans July) est devenu le lieu de son ultime supplice - et sa tête, dodelinante, a de fait déjà roulé dans le panier de son...
C'est à son retour de Beyrouth, où elle était partie toute seule, avec l'audace de ses 20 ans, "presque sans une thune", et sans vrais contacts sur place, que Fatima rejoint, en 1982, la toute jeune CGT-Libé, qui y reçoit tous les coups - et dont les premiers militants militants émergeant au grand jour doivent encore se rendre dans les A.G., main dans la poche, y serrant un cutter ou une longue paire de ciseaux bien effilés..."Poisson dans l'eau" dans ce milieu troublé, elle y (re)devient très vite une des "pasionarias du clavier" (le prolétariat du journal).
Entre temps, construit d'abord dans la clandestinité la plus stricte, le premier syndicat de Libération, couleur "mao", taille, à coups de serpe, sa route.
Son histoire commence à Nantes, à la toute fin des années 70,où l'évolution de la situation politique d'ensemble autant que les circonstances propres à son journal, ont rapproché le "correspondant local de Libé" de la CGT, puis du PC.


Dès 1973, à Saint-Nazaire, toute proche, l'éclatante victoire des ouvriers de Babcock a démontré, même au plus aveuglés, qu'une force prolétarienne résiste, ici au moins, au sein du vieux syndicat, et du parti, ou autour d'eux, aux facteurs de décomposition, de destructuration et d'éclatement qui minent ailleurs, le monde du travail dans sa quasi-totalité, préfigurant les 30 années de crise qui viennent, les "30 honteuses", succédant aux "30 glorieuses" de l'industrialisation à marche forcée, avec, certes, leurs propres tensions (taylorisme, racisme,etc).
Robert Linhart continue à alimenter la réflexion de tous sur le sujet.
A Paris, sous l'égide d'un Althusser désormais surpassé par le plus brillant de ses disciples, Robert réunit, rue d'Ulm, dans les locaux prestigieux de l'Ecole Normale Supérieure, pour de passionnants "séminaires de recherche sur le travail", des chercheurs, des syndicalistes, et les maos restés militants toujours concernés par les problèmes d'usine. Parmi eux, une petite poignée d'anciens "khâgneux" de Louis-Le-Grand qui avaient cru, en larguant les amarres et la préparation de difficiles concours pour partir s' "établir" en usine, s'être privés, pour toujours, du charme calme de ce lieu de haute culture, et de son bassin aux poissons rouges...
Ces rencontres sont consacrées par exemple à des exposés sur l'organisation du travail et les luttes syndicales dans le secteur du nettoyage industriel, où Nantes a connu une grève exemplaire dirigée par Hachmi, un syndicaliste maoiste proche du Parti Communiste Révolutionnaire (PCR,une scission du PC-mlf), ardemment soutenue par l'équipe locale de l'A.P.L. et les paysans progressistes.
On y fait aussi s'exprimer des dockers, à l'occasion "établis" sur les ports - dont des "Chinois" de Saint-Nazaire - des sociologues auteurs d'études sur les égoutiers parisiens, etc. Et on y parle un petit peu politique.
Robert a perçu, tôt, des signes d'autonomie d'un Parti Communiste se dégageant lentement de l'emprise de ses vieux tuteurs de Moscou à l'égard de Moscou, comme de celle du PS. Ils se manifestent aussi par un dépassement des préjugés légalistes, châtrant les formes de lutte.
Anticipant, puis nourrissant, ces analyses, la lutte des "Babcock", par exemple, a été ponctuée d'initiatives très riches, très imaginatives - bien suivies par la Cause du Peuple, qui reconnaît, avec sportivité, dans cette vive résurgence de traditions de lutte organisées, anciennes et solides, une réalité convergeant avec le cycle des luttes d'O.S., et des Comités de Lutte - mais s'abstient d'en tirer les conséquences...


Proche, désormais, de l'Union Locale CGT de Nantes, où "monte" un jeune permanent athlétique et décontracté, en jeans-basket, militant communiste, Serge Doussin (aujourd'hui secrétaire de l'UD CGT 44, toujours sur la brèche, dynamique, plein de confiance en "l'avenir des luttes" et même - avec un sourire... - en celui du "Parti communiste pluriel"), je sympathise aussi, ces années-là, avec les jeunes militants CGT, et communistes, de l'Aérospatiale de Saint-Nazaire, constructeurs d'éléments de l'Airbus.
L'un d'entre eux, un délégué, jeune, costaud, et plein de "punch", a conclu une longue série d' "opérations coup de poing" collectives de grand style, à la manière mao, menées par ces ouvriers professionnels qualifiés fabricant notamment des éléments de l'Airbus, par un K.O. individuel. Au cours d'un affrontement de porte, il a écrasé, lui-même, le nez d'un très "grand chef" - d'un gauche absolument superbe...
Licencié et même inculpé pour "violences", avec toute sa petite équipe, le "boxeur" syndical sera magnifiquement défendu par tout le collectif ouvrier de Saint-Nazaire, qui forme un bloc social, spatial et quasiment physique autour du grand terre-plein de Penhoët, et du bastion de la "navale" (voir page).
Du coup, sur le conseil d'amis journalistes de Nantes, eux-mêmes militants CGT dans le quotidiens local de Robert Hersant, je finis par prendre une carte du syndicat - pour le principe... J'évoque même cette décision, de façon humoristique, entre les lignes d'un article de Libération sur le conflit Brissonneau de Nantes, dont vient mon ami Serge (Doussin...). Ce reportage souligne aussi la radicalisation de la CGT dans la sidérurgie lorraine - et échappe à la perspicacité attentive de la censure...
Personne, dans les hautes sphères de Libération, ne prend au sérieux ce "signe faible"...Ils ont tort.


Les retrouvailles d'un "gorille" de Robert Linhart (et de "Dany"), avec "Juquin Le Petit Lapin"


Mis en contact, bientôt, avec Gérard Gatinot, le secrétaire national du SNJ-CGT, porteur d'une expérience aussi ancienne que la cicatrice, mal placée, d'une balle allemande reçue en banlieue sud au cours de l'insurrection pour la libération de Paris, j'ai le plaisir aussi d'être mis en relation avec deux ou trois jeunes loups de l'entourage de Roland Leroy, ravis du renfort d'un mao, cas peu fréquent, mais pas unique. Et ce sont eux qui vont me "brancher", "en prise directe" avec "Roland" (voir page).
Gatinot, bien entendu, l'ignore. Comme l'ignore Pierre Juquin, qui, chargé par le Bureau politique de faire entrer quelques journalistes "proches du Parti" dans l'audiovisuel convoque à une réunion confidentielle fort instructive, un des "gorilles" du très provisoire tandem Linhart Cohn-Bendit qui l'avait chassé d'un amphi de Nanterre La Colère, lui infligeant ad vitam aeternam le mignon surnom de "Juquin le petit lapin"...ignore mes relations avec de discrets conseillers de la place du colonel Fabien, et il me donne, à partir de sa propre expérience et de son instinct de vieux lutteur, un excellent conseil: que j'aie toujours en poche une lettre, signée, me désignant comme délégué syndical CGT de Libération, "salarié protégé".
"Le jour où ça tourne mal, tu fonces à la poste de la rue du Louvre, à Paris, ouverte 24 heures sur 24, et tu l'envoies à ton ami July, en recommandé... Il l'aura dans le cul, il ne pourra plus rien te faire, il sera coincé!"
L'homme à la fesse marquée d'une ancienne et glorieuse cicatrice - l'éraflure d'une balle, au cours de l'insurrection patriotique parisienne de 1944, a vu juste.

Le jour qu'il annonce doit venir. Il vient.


- 21 Février 1981, "journée anti-impérialiste", dédiée à Manouchian (voir page), et jour de combat, pour les Libé. A.G. de super-crise - elle va durer 12 heures...
Serge joue le tout pour le tout.
Alors que le journal, qui, de fait, s'enfonce dans la médiocrité et stagne, se trouve encore, sur le plan comptable, pratiquement à l'équilibre, il exige qu'on lui vote "les pleins pouvoirs pour licencier tout le monde, refondre et reconstituer une équipe, en ne gardant que les meilleurs, et en "dégraissant" le reste, avec un arrêt de parution de Libération de quelques mois" - en pleine campagne présidentielle...
C'est fort.
Le moment est venu de plonger. Je plonge.
Debout, mains dans les poches, le regardant bien dans les yeux, sans élever la voix, dans un silence de cathédrale, le "correspondant de Nantes", durci au feu des pratiques militaires-militantes de la G.P.comme au contact de la culture de lutte prolétarienne de la région de Saint-Nazaire, répond au "patron" "libéral-libertaire" de la rédaction de "Libé", devenu brutal et cynique "dégraisseur":
"Depuis quelques centaines d'années, des milliers de pauvres bougres se sont fait sabrer la gueule par les Dragons du Roy, puis les gendarmes, pour qu'il existe des droits, une législation du travail, des conventions collectives - et que jamais aucun patron, petit ou grand, ne puisse parler comme tu le fais, ni faire ce que tu dis...
Si tu crois que tu vas y arriver, tu te trompes..."


Froid comme la mort, et complètement relâché, je n'ai pas eu besoin de hurler pour parler clair, et être bien compris de tous - même ici.


"Il doit être évident pour tout le monde, réplique le gras July d'une voix encore plus nasillarde que d'habitude, que celui qui tient un tel langage, quel qu'il soit, ne peut pas espérer faire partie de la nouvelle équipe que je vous demande mandat de constituer. Il ne partage pas les valeurs du nouveau Libé "...
Je n'en partage pas les valeurs, c'est vrai.

Et je doute, de plus, qu'il soit encore légitime d'utiliser, dans ces conditions, le terme "équipe", comme celui de "valeurs", d'ailleurs - sauf au sens financier du terme, signification d'origine...
"Mais j'en ferai partie, de son truc" - j'en fais, in petto,le serment - tâtant la poche de jean's à peine gonflée par la lettre du SNJ-CGT... "Nous monterons une "équipe", clandestine, une vraie, "à la mao", et nous ne le lâcherons pas, ce fumier. Il ne volera pas notre journal, et nous aurons sa peau..." Et déjà remontent à ma mémoire les mots de Vaillant-Couturier, grand journaliste et grand intellectuel français, héros de la lutte antifasciste:
"Je ne sais que deux choses, la première, c'est que nous allons en prendre plein la gueule, et la deuxième, c'est nous qui allons gagner!"
Dans les semaines qui suivent, et dans le secret le plus absolu, cette citation, enseignée aux réunions de formation des Comités Vietnam de Base, viendra regonfler le moral, déjà tonique, de la première petite poignée de résistants au nouvel ordre de Libé.
La prédiction était exacte. Bonne anticipation.
Pour ce qui est d'en "prendre plain la gueule", parfait...
Pour la victoire, aussi: même si le succès n'a pas pu être total, hélas.
Empêcher Libération d'être vendu, dans les conditions politiques du temps, c'était vraiment très difficile.
Interdire à Serge July, en revanche, de "dissoudre, puis de refondre", à son gré, son "équipe", et de devenir ainsi, jouissant des fruits de sa forfaiture, le maître et le patron d'un journal conçu "par le peuple et pour le peuple", donc contre l'idée même de "maître" et de "patron", nous y sommes, en revanche, parvenus.


Et à la fin, nous avons eu sa peau.


Parallèlement, l'objectif de faire survivre ou mieux, renaître, au travers de 25 ans de "guerre secrète à Libération", un mouvement inscrit dans la mémoire et la lignée de ce que furent les maos, n' a été, finalement, ni un succès total, ni un échec complet.
On est dans l'entre deux, avec de petites flammes de vie, d'esprit, et de mémoire, dont ce livre offre le témoignage.
Petite "bande mao" irréductible, survivant d'un effondrement indigne, mais pas total, à l'intérieur de Libération, d'abord, puis bien au-delà, nous avons su, année après année "métaboliser", selon le principe de revivification permanente recommandé dans les écoles de formation de cadres du PCC, le Parti Communiste Chinois:"absorber du sang neuf, éliminer le sang vieux". Et le minuscule collectif "à la ramasse" des rescapés de l'aventure mao a pu commencer à intégrer, tout en souplesse des éléments d' autre origine politique, géographique et culturelle, et de nouvelle génération, surtout, autour de nous...
Nous avons continué la course, franchissant mille obstacles, au prix de pertes, douloureuses, et porté dans nos mains, au moins jusqu'à ce jour, la petite flamme qui brillait dans les yeux de Gilles Tautin, comme dans ceux de "Pierrot".
Flamme qui "ne peut pas s'éteindre, et ne s'éteindra pas", et préserve la possibilité, intacte, de nouvelles lueurs, issues d'un nouveau souffle - répondant aux nécessités, plus fortes que jamais, mais différentes, des temps actuels...


Pour en arriver là, il a fallu se battre, de façon ininterrompue, acharnée, et recourant, autant que possible, aux vertus d'une intelligence collective.
A Libération, le syndicat, mais pas seulement...
Trois fronts coordonnés, sur trois plans bien distincts


1.- Développer et "bétonner", d'abord la CGT-Libé - OVNI ou plutôt OPNI, Objet Politique Non Identifié, forme paradoxale, ô combien subversive, et, de ce fait, objet des attaques les plus violentes, les plus vulgairement bestiales, et les plus dures, du jour de sa création, dans un journal en passe de devenir une secte.


2.- La forteresse étant construite, le collectif mao clandestin ainsi environné, entouré, protégé, saisir le "moment opportun" (thoï co) pour entreprendre quelques sorties-éclair en dehors de la tranchée, et frapper par surprise, en ouvrant un nouveau champ de bataille: celui de la guerilla de l'information, et, au-delà, du combat politique et idéologique, dans un journal devenu le vecteur de la déconstruction systématique de toute pratique collective, de toute démarche indépendante, et le propagateur numéro 1 de la "pensée molle" des années Mitterrand-Bousquet, "rose-brun", période de régression éthique, culturelle et artistique, autant qu'intellectuelle et politique, vécue sous le sceau d'un immonde virus mental.
Ce "mal du siècle", que nous avons combattu de front, de l'intérieur de la caverne où mugit la Bête, combine les méfaits du sida - perte de toute défense immunitaire, et jusqu'à la mort, même, du plaisir nu des chairs hors caoutchouc - et ceux de la Vache Folle, que July symbolise à merveille, vignette sur le triangle d'une part de matière molle et blanche, comme celle d'un cerveau pourrissant coulant par les oreilles, avec son regard bovin et les meuglements monotones de ses éditos mornes...

3. - Troisième objectif, enfin: s'appuyer sur la pratique professionnelle du journalisme pour renforcer les petits réseaux d'information et de renseignement maos, base de tout travail politique sérieux, dans la perspective d'événements graves, voire guerriers, toujours à l'horizon du probable, ou du possible...(il a fallu l'affaire Fofana pour que nous commencions à le comprendre)
Cela va devenir envisageable pour un tout petit nombre d'entre nous, dans les moments de grâce où faire le métier de journaliste à Libération nous reste possible - entre d'interminables périodes de "placard"...
L'A.G. de liquidation de Libé a lieu un samedi.
La poste de la rue du Louvre est bien ouverte, en plein week-end, et en pleine nuit. La lettre part.
Le lundi matin, Zina Rouabah, l'âme vivante, intègre et croyons-nous incorruptible, du Libération des premiers temps, est d'une pâleur de mort.
Ce tout petit bout de femme, d'une énergie exceptionnelle, a serré les cordons de la bourse du journal, évitant détournements et pillage, méritant alors le respect de tous, pendant les années de sacrifices.
Mais elle est devenue ensuite l'âme damnée de Serge July, qu'elle soutient jusqu'au pire, enragée et aveugle, le croyant capable, et seul capable, de sauver le journal, alors qu'il vient d'y inoculer les premiers germes de la mort lente, et qu'il va se débarrasser d'elle, avec cynisme, quand elle aura fini de le servir.
Elle affiche sur le mur, la lettre recommandée qu'elle vient d'ouvrir. Une réaction d'horreur, électrique, saisit alors, dans sa quasi-totalité, l'" équipe" qui vient de voter, "démocratiquement", son suicide collectif, préfigurant l'Holocauste "volontaire" des "allumés" de l'Ordre du Temple Solaire (OTS), finis, au lance-flammes, par les hommes de main de leur "gourou".
Je ne moufte pas. Tout est dit. C'est écrit. C'est sur le mur.
En revanche, le tout nouveau délégué syndical CGT, toujours bien conseillé, prend sa plus belle plume, sans attendre - et saisit l'inspection du travail. Arrêter, du jour au lendemain, la parution d'un titre presque sans dettes, et claironner la décision de licencier tout le monde pour reprendre qui on veut, sur le plan juridique, c'est limite-limite.
Surtout que Serge July, s'il fait, déjà, l'important, n'est alors même pas juridiquement P-dg.
Libération est encore une SARL, dont les porteurs de parts "virtuelles", y compris Frédéric Laurent, vont, sous le regard approbateur des "avocats du journal", dont on omet ici le nom, par charité, s'inscrire eux aussi dans la logique suicidaire de l'OTS...
Le mirifique projet ourdi par l'arrogant personnage viole toute la législation sur les licenciements collectifs - y compris, économiques - tout en frisant l'abus de bien social, ou le dépôt de bilan frauduleux...
Pour sauver Libération d'un énorme scandale, et son responsable, d'une condamnation en correctionnelle, d'amendes énormes, et peut-etre de la prison, il faudra toute la complaisance de la "presse du système", qu'en théorie, July défie, mais qui l'accueille en frère repenti, et qui l'appuie - et surtout la haute bienveillance d'une administration...giscardienne, ravie de l'aubaine offerte par la soudaine éclipse, en pleine campagne, d'un titre "marqué à gauche", dont le -soi-disant- "grand patron" soutient toujours l'onctueux Rocard contre le cauteleux Mitterrand, et ne trouvera aucune occasion, jusqu'au 13 mai 1981, pour dire pour qui son cœur bat, entre les deux principaux prétendants réels, l'homme à la Francisque et le nobliau de pacotille aux diamants africains entre les dents...
Peu regardante, l'inspection du travail, saisie par la CGT, donc, aide l'acrobate imprudent, accroché, tête en bas, un pied, dans le filet, à rétablir son équilibre. Un tour de passe passe transforme l'originale "procédure July" en "demande d'autorisation administrative de licenciement économique". Du coup, la casse sociale s'en trouve réduite.
July ve devoir bâcler un "plan de relance", fondé sur des critères accessibles à discussion, et à critique, limitant l'ampleur et la nature du "dégraissage". Et surtout, basculement capital qui bouleverse toute la situation, à terme, l'atelier de photocomposition, alors techniquement irremplaçable - se trouve sauvé, en bloc. Il sera la base d'appui de notre atypique CGT...
La nouvelle situation créée sous le double effet d'une détermination politique, affirmée, d'un peu de bon sens, et de deux simple lettres recommandées, successives, donne un peu d'oxygène aux premiers pas, à découvert, de l'action syndicale.
L'horreur de la CGT, et la haine du syndicalisme, en tant que tel, fait place aux rires, maintenant - et c'est "Serge", pris au piège de sa mégalomanie comme de son incompétence, qui devient l'objet des sarcasmes du "peuple de Libé". Comme disaient les maos, le ridicule tue "l'autorité patronale" autant qu'un "splash" à la peinture - envisagé, d'ailleurs, un moment.
Comme disait le landais Albaladejo, grands demi d'ouverture, pas seulement par la taille, ni par la seule vertu de son phénoménal pied gauche, devenu philosophe éclairé de l'ovale, "les mouches changent d'âne..."
Elles sont sur July, maintenant. Normal: c'est lui qui "est dans la merde", et perd toute sa superbe, pris en flagrant délit de "bluff", et, comme à Bruay, de "bidonnage"...
Même aux yeux d'un "suiviste" aussi soumis que Sorj Chalandon (touchante "Veuve July" de 2006, après avoir peu balancé, 33 ans plus tôt, entre le camp des "Veuves Mao", et celui des renégats), la démarche de "Seeeerge" n'est pas celle d'un professionnel de presse - mais d'un aventurier, ignare en droit comme il est ignorant de la réalité sociale et politique d'un pays, la France - qu'au fond, il n'aime pas; et donc, ne comprend pas.
"Plus mégalo que moi, tu meurs", le projet fou du "looser maximo" se heurte aux réalités sèches du droit, mais aussi d'une volonté politique, issue d'une toute récente histoire, mais aussi d'une très longue - sans qui les textes de loi ne sont rien.
Poursuivant les interminables procédures légales, devenue, de couloir de ministère en bureau de banquier, démarches de mendiant, et marches d'un calvaire, July doit élaborer maintenant une liste nominative de licenciés économiques, sélectionnés sur des critères qu'aura à apprécier, et vérifier, si par hasard il se met à faire son taf, l'inspecteur du travail.
Il y couche, ça va de soi, le "correspondant de Nantes" dont il avait loué, deux ans plus tôt, devant ce qui était encore une équipe, "l'exceptionnelle qualité des reportages" - officiel argument de mon intégration à la "bande des quatre"...
Convoqué, selon la loi, pour le réglementaire "entretien contradictoire" en présence de l'inspecteur, j'écourte la cérémonie.
J'explique en quelques phrases que le motif de mon licenciement est connu de tous.
Personne n'a de temps à perdre en bavardages.
Si, le jour, encore incertain, de la re-parution du journal, la procédure particulière concernant le délégué syndical n'est pas réglée, et traîne, je ne me prêterai pas à ces manœuvres dilatoires. Je commencerai, le jour-même, dans les locaux de Libération, une grève la faim contre ce licenciement, et ceux de tous ceux qui pourront démonter, dossier en main, qu'ils n'ont pas été mis sur la liste pour des raisons strictement professionnelles...
"Vous ne me connaissez-pas, dis-je à l'inspecteur du travail, livide, et muet comme une carpe. Ce n'est pas de votre faute. Ni de la mienne... Mais July, lui, me connaît. Depuis longtemps... Très bien, même... Demandez-lui son avis, dans mon dos, quand je serai parti. Il vous dira que l'animal n'est pas du genre à "annoncer à découvert"; qu' un peu voyou, peut-être, je ne dis pas toujours tout ce que je fais, mais fais, toujours, ce que je dis. C'est une histoire de famille...Que cette grève ne sera pas bidon, et que j'irai jusqu'au bout: c'est une question de principe..."


Le même message est répété, les yeux dans les yeux, à Serge July lui-même, un soir, sur un parking.
Il y fait une mauvaise rencontre... Un œil se vrille dans le sien.
Un doigt s'enfonce au creux de son estomac, déjà bien rebondi.
Il lui est signifié que si la grève de la faim commence, et que si le gréviste souffre, d'autres aussi souffriront - à commencer par lui...Et qu'il n'est pas de taille..."Il faudra me passer sur le ventre, et ça" - pression du doigt sur le bide - c'est un peu fort pour toi..." - "Je sais", lâche-t-il, la voix tremblante...
Mais personne ne bouge.


Libération reparaît le 13 mai 1981, lendemain de la victoire d'une "gauche" en fait minoritaire, "dopée" par le report des voix gaullistes professionnellement dragués par les réseaux Pasqua, pour tuer Giscard - selon le principe, corse, et mao: "l'ennemi de mon ennemi est mon ami"...
Le quotidien d'une "modernité"...servile, se rallie dans la seconde au camp vainqueur, qu'il conchiait.
Non, il ne s'y rallie pas: il faut, pour le faire, de l'honneur.
Il s'y agenouille et s'y prosterne...
L'aède émasculé, muet, cordes vocales coupées comme les testicules d'un chat de gouttière, jadis, hurleur, qu'était July jusqu'au jour d'un "dépouillement", qui s'annonce aussi celui du peuple de France, se lance dans l'art, controversé, du dithyrambe, dont le support matériel, officiellement, toujours, un journal, est allégé d'une centaine de journalistes licenciés, soupçonnés d' "archaïsme" (progressiste).
Ils sont sur le champ remplacés par une flopée de jeunes arriviistes sans scrupules aux talents incertains mais aux dents longues, et d'une "gauche" rose très pâle, tirant, pour l'occasion, sur le jaune.
"Résolument modernes", ils défilent, impassibles, devant les grands "dazibaos" syndicaux soutenant la grève de la faim du délégué SNJ-CGT, "dédiée à la mémoire de Pierre Goldman". Tous les professionnels dignes de ce nom de la pesse française y sont appelés à refuser de venir prendre la place, encore toute fraîche, de confrères jetés à la rue, en masse, après avoir créé le titre, y donnant tout leur temps, toute leur vie, pour de très maigres salaires, égalitaires...


Lancry et les "gros bras" CGT de la "mafia du Livre", alliés des maos de Libé


Un petit texte perdu dans le fouillis des libelles, sur le mur, provoque tout de même quelques frissons chez les plus malins des "jaunes" venus en file indienne - comme devant les maisons d'abattage des bordels d'antan du F.L.N., à Barbès - faire leur période de travail volontaire dans la chantante Pravda du nouveau Pouvoir Rose.


Il s'agit d'un télégramme, bref.
Signé Roger Lancry, secrétaire général du Comité intersyndical du Livre parisien (CILP, CGT), il affiche le soutien des ouvriers de la presse et du livre au camarade journaliste en grève de la faim.
Ce n'est pas rien.
Roger a une réputation solide. Il est généralement considéré comme le général en chef de cette véritable "armée rouge" - en principe, sans armes... - que constitue, alors, l'organisation de masse musclée des "rotos", typos, correcteurs et autres photograveurs...
Dans un secteur professionnel syndiqué à 100%, presque toujours à la CGT, "le général Lancry", ses colonels disciplinés, leurs officiers, et les centaines de soldats durs au feu de véritables "forces spéciales" disposent de l'outil de dissuasion absolue, la "bombe atomique" syndicale, le pouvoir d'arrêter les rotatives, d'où sortent, en rafales, les journaux.
Mais ce n'est pas leur seule "arme de destruction massive". Ils en possèdent une autre, plus légère certes, mais pas moins efficace, qu'il sortent du holster, de temps en temps, avec discernement: c'est leur capacité d'enflammer les rues de Paris de torches de paperasse en flammes, comme les commandos mobiles de leurs actions "coup de poing" l'ont encore démontré, quatre ans plus tôt, en 1977, au cours du long conflit du Parisien, terminé par la défaite en rase campagne du P-dg de choc Amaury, soustrait d'ailleurs à l'affection des siens par une chute de cheval, mortelle et sans témoin, au cours d'une promenade prévue pour rester solitaire, au Bois de Boulogne.
La vaine obstination du chû du Bois faisait alors son second mort.
Le premier avait été un commissaire de police courageux, mais imprudent, tombé au champ d'honneur - une chute lui aussi, du haut des escaliers, glissants, d'une Bourse de Paris, investie à nouveau, non plus par les incendiaires basques de mai 1968, sous la protection du S.O. des GPA des CVB, mais par les "commandos du Livre", Lancry en tête, cravate rouge au cou, nœud impeccable...


"Voici que revient le temps des loups, des cochons et des chiens...
...Empêcher la naissance de ce cadavre!"


Avant de décider l'envoi du télégramme, Roger - toujours d'attaque, en pleine forme, et "général en chef", en 2007, d'une société de conseils du XVème arrondissement qui fait la pluie et le beau temps dans toute l'industrie de la communication parisienne, et même jusqu'en Afrique - s'était fait porter, "pour voir", par ses accortes secrétaires, le dernier article, publié, en 1981, dans le dernier numéro de l' "ancien Libé", par celui dont le mandat syndical, tout frais, venait d'être affiché sur le mur.
Très sport, Jean-Marcel Bouguereau (bande Kravetz- Peninou, mais de souche "camisarde" des Cévennes, honnête), responsable en titre de la rédaction d'un numéro spécial d'adieu, ou d'au-revoir, genre "tribune libre", ouvert aux plumes de tous - y avait imposé la parution, pour le principe, et en bas de page, de deux petits feuillets portant ma signature.
"Voici que revient le temps des loups, des cochons et des chiens", pouvait-on lire aux premières lignes de ce court texte appelant à tout faire pour "empêcher la naissance de ce cadavre!" (le "nouveau Libé" rose bonbon du nouveau mitterrandolâtre...)
La grève de la faim n'avait rien d'héroïque...
Calibrée au millimètre, sur une base sociale, politique et juridique, absolument de béton, au moment même où les "socialistes", élus sur une campagne "de gauche", et en pleine euphorie, allaient déposer quelques fleurs rouges, et des grosses larmes d'hypocrites, en hommage à Jean Moulin, au Panthéon, elle ne pouvait que se terminer, très vite, par une défaite humiliante, en rase campagne, du duo July-Rouabah.
Avec Lancry, en plus, et sa "mafia du Livre", c'était pain béni...
Encore fallut-il que quelques imbéciles viennent, bien involontairement, accélérer les choses.
Une correctrice CGT, Roselyne, inculte autant qu'émotive, et qui mettra près de quinze ans avant de retourner sa veste, et de poignarder dans le dos son délégué, de nouveau dans la tourmente, craque, et "bouffe la consigne".
L'ordre jour aux troupes était pourtant d'une simplicité biblique: "chaque heure qui passe joue pour nous. Ils vont craquer. En attendant, tout le monde garde son came, et reste l'arme au pied. Surtout, pas de mouvements d'humeur, ou d'émotion...Que personne ne bouge!...".
Mais la bonne Roselyne, trop sensible, ne peut plus supporter le spectacle du duvet où, souffrant tout de même d'un petit creux après juste deux repas sautés, j'ai choisi de m'allonger, par terre, sur la moquette crasseuse, sous l' affiche dédiant cette grève, entre autres, à l' ami Pierre, l'autre - abattu deux ans plus tôt, pour des raisons très indirectement liées aux combats de Libé (lire page), où il prenait sa part, avec toute sa verve, à nos côtés - chassant à grands coups de pieds dans le cul des couloirs de la rue de Lorraine les "punks" gauchistes, porteurs de croix gammées, nouveaux chouchous de July, et du journal...
Roselyne, donc, se met en grève. Toute seule...
C'est malin.
Elle piège l'autre correcteur syndiqué CGT Dominique Orsoni, "Dom", un corse grand amateur de bon vin rouge, bu tôt le matin, avant le café, au réveil, puis à toute heure de la journée sans discrimination aucune...
Issu de la grande famille Orsoni de Vico, qui donnera son premier dirigeant d'envergure, frère de son premier martyr, au Front National de Libération de la Corse (FLNC), cet élément de base du tout premier noyau clandestin mao de Libé vient des Beaux-Arts, en 1968.
Il a fait ses classes au sein de l'austère U.C.F.-ml, le groupe maoisant, estimable, du "super intello" Alain Badiou, de Catherine Quiminal et Benjamin Coriat. Mais il a parfaitement compris et assimilé, depuis, le logiciel "mao", l'art des contradictions vivantes, dans une cohérence stratégique à très long terme - combinée aux incessants contre-pieds de la souplesse tactique.
Le plan était que Dom reste dans l'ombre aussi longtemps possible.
Une de ses plus grandes forces est l'amitié, intense et sans ostentation, qui le lie dès cette époque au fondateur historique du maoisme en France, l'avocat Jacques Vergès, animateur de la prospère revue "pro-chinoise" Révolution, au tout début des années 1960.
Le camarade Orsoni est son collaborateur de l'ombre, pour des enquêtes discrètes. Il va nous présenter, très vite. Et nous serons liés tous trois, de longues années, "comme les lèvres et les dents"...
Garçon doux et discret, précieux et sûr, peu disert sur lui-même, Dom, chez qui j'avais dormi le jour où la lettre recommandée signifiant mon licenciement est arrivée comme le jour où Anna, la deuxième épouse, brésilienne, de Robert Linhart téléphonera pour annoncer qu'elle l'a retrouvé par terre, dans la cuisine, en revenant de l'école, que le toubib est en train de tenter un massage cardiaque, et qu' elle veut que je vienne, très vite, se donnera la mort, quelques années plus tard, avec le vieux tromblon corse de sa famille.
Il l'avait chargé de balles à sanglier "Brenneke" de calibre 12, d'une puissance d'impact épouvantable, capable de stopper net un animal de 80 kilos en pleine charge, ou une voiture, d'un tir dans le moteur la faisant caler sur place - comme le fait le FBI, à New York.
J'avais eu la faiblesse de les lui prêter, à sa demande.
Lui-même évoluant en permanence dans la pénombre, il connaissait "tout le monde". Relation de confiance du fondateur de la colonne de Venise des Brigades Rouges, le criminologue Sergio Spazzali, et d'experts des services de renseignement civils et militaires du Fatah palestinien, il avait tout pour devenir le pilier de notre petit réseau de renseignement, en gestation.
Il l'est devenu, pour une période brève. Trop brève...
Le temps, tout de même, de passer le témoin à un cousin - homme de qualité, lui aussi, issu du même terroir...


Une grève de la faim...bien calibrée


Ce jour de mai 1981, donc, dans l'atelier de Libé, l'absence de sang-froid et de discipline de sa camarade syndiquée, Roselyne, oblige Dom à "sortir du bois". Il ne peut pas la laisser en grève, seule.
Ils sont deux.
Ça fait plaisir - mais ça ne sert à rien...
Enfin, jusqu'à ce que Yannis Farmakis, ancien héros maoiste, dit-il, de la résistance grecque, démocratiquee, au régime fasciste du colonel Papadopoulos, réfugié en france, devenu G.P., puis mao-renégat zélé, et, de ce fait, le "petit-chef", braillard, de l'atelier de photocomposition, tombe dans le piège bien involontairement tendu par nos deux amis correcteurs.
Ignorant Dom, qui n'est pas très baraqué, pas rouleur pour un sou, et pas "grande gueule" - mais est un homme, tout de même, et corse, de plus...- il se jette sur Roselyne.
"Si tu continues ton cinéma, ta grève de mes fesses pour ce fumier de fasciste-CGTiste, je te fiche dehors à coups de pied dans le cul, tout de suite".
Troublée, elle vient me voir, dans mon duvet. Enfin, devant. Elle gémit sur son sort, et le mien. Mais me ravit. Et me rajeunit. On se croirait dans une usine d'O.S. aux "petits-chefs de merde" du tout début de nos brûlantes "seventies"...
Et l'occasion est là, bien plus vite que prévu, de ranimer l'esprit mao, qui, à Libération, dort, mais, même là, n'est pas mort...
Pour un enjeu pareil, il faut tout de même que je me lève.
Mes jambes sont molles et vacillantes: tous mes amis le savent, sauter un repas me tue; alors, deux...
Mais je prends sur moi, et me dirige vers l'atelier.
De l'entrée, forçant la voix et articulant bien pour que tout le clavier entende, comme les O.S. des tables de montage, où Stéphane Groepler, syndiqué CGT, et vrai militant typo, endurci, reste, lui, comme il le doit, impassible, j'interpelle l'amateur de baffes:
"Farmakis...Tu veux donner des coups de pied dans le cul à quelqu'un? Alors commence par moi. Je t'attends...".
Silence de sépulture.
Je patiente un petit peu, pour le principe, puis repars - et fonce sur le téléphone.
"Allo, l'inspection du travail. Passez-moi Monsieur Michel, s'il vous plaît...C'est le délégué CGT de Libération...Il y a un début de débrayage, avec des incidents, des menaces, et, je le crains, dans les minutes qui viennent, des violences...".
Hasard miraculeux, cet homme timide et complexé, que l'attention de Libération aux minorités sexuelles opprimées semble séduire et fasciner, autant que les crêtes et les croix métalliques des "punks", Serge July, s'apprêtait, "justement", ose-t-il dire, à "boucler la lettre recommandée préparée à l'intention de Madame Rouabah et de Monsieur July". Un coup de chance...
Le licenciement du délégué est refusé.
Le joli papier bleu arrivera le lendemain matin.
Zina, plus exsangue, encore, que la fois précédente, et son regard jadis ouvert et franc tourné, obstinément, vers le mur viendra porter la bonne nouvelle, devant le duvet, toujours, qui me protège de la fraîcheur de la nuit.
Contre d'autres menaces, il y en a eu, c'est la carrure de Hamoda Mazouzi qui constitue la protection nocturne du gréviste de la faim.
L'homme de ménage du journal est un ancien boxeur poids lourd tunisien de Barbès. Père d'une famille nombreuse laissée au bled, et qu'il nourrit, il est soupçonné par les racistes "d'extrême-gauche " de Libé,"de faire tapiner ses petites cousines, le soir, dans les locaux du journal". Avant même la reparution du journal, la CGT-mao de Libé l'a défendu contre les "dégraisseurs". Zina en tête, ils prétendaient le porter lui aussi sur la liste des licenciés, pour le remplacer par une société de nettoyage. Sauvé du couperet, il nous en a su gré. Et il s'est syndiqué, clandestinement, parmi les tout-premiers. Sa seule présence, avec son palmarès et sa carrure, il est vrai, monstrueuse, dissuade facilement les bavards de la rédaction qui braillent, au comptoir du café voisin, leur intention de "monter un commando pour virer ce connard de CGT-iste, et qu'il aille finir sa grève de la faim, comme un clochard, sur le trottoir".
Leurs noms restent toujours gravés dans ma mémoire. J'en croise un régulièrement, maintenant, aux enterrements.
Pour les attendre, à tout hasard, et voulant "compter sur mes propres forces", et pas seulement sur les puissants biscottos de Hamoda, que j'aime bien, mais connais mal, sachant que je ne tiens pas sur mes jambes, je me suis muni, en plus du cutter habituel, d'un "calibre".
Un revolver au barillet chargé se 6 cartouches de 22, qui fait peu de bruit, mais est extrêmement précis. Je l'adore...


Croix gammées à Libé


La période chaude durera une bonne année. Des croix gammées souillent régulièrement le panneau d'affichage syndical - quand les textes n'en sont pas purement et simplement arrachés.
Un jour, l'un d'entre nous surprend le "graffiteur" - un éditorialiste alcoolique connu pour ses vibrants plaidoyers en faveur des droits de l'homme...Il est en pleine action, marqueur en main.
A peine interloqué, l'ivrogne tente de poursuivre son œuvre, par l'apposition de l'insigne nazi sur le front du militant. Bras tordu, agenouillé, il échappe au coup de pied au foie qu'il mérite - le syndicalisme est une ascèse...
Une autre fois, c'est la "contremaîtresse de la maquette", l'amie de Serge, qui, sous l'emprise, vraisemblablement, d'un fantasme assez commun chez elle de fouetteuse, gifle violemment Stéphane, notre "délégué typo", sur sa table de montage.
Garçon frêle et sensible, cachant sous une longue carcasse maigre et un visage aigu d'intellectuel à lunettes, angoissé, les ressources merveilleuses d'une conscience politique claire, d'un grand et vrai courage, et d'une infinie patience, Stéphane, prudent devant la provocation, laisse faire.
Il a raison
Et il me prévient.
Il a raison.
Je connais bien l'oiselle.
J'ai habité chez elle, au temps où elle fricotait avec Momo.
Quelques jours plus tard, je la coince, un soir, par surprise, au détour d'un couloir.
D'un ton doux et uni, et sous le seul regard de notre amie Chantal Lebrument, femme de l'ancien mao de la banlieue sud Didier Costagliola, et créatrice, à la kamikaze, d'une section F.O. pro-CGTiste habilement téléguidée par le journaliste "lambertiste " Jean-Claude Boksenbaum, de l'AFP, je dis juste deux mots à la gifleuse, en l'appelant par son prénom:
" Si tu recommences, et si tu touches un seul cheveu de la tête d'un ou d'une de nos militants, femme ou pas, on te retrouve ou on veut, et quand on veut, et je te casse toutes les dents, personnellement..."
Elle dû faire passer le message.
Le temps des croix gammées, des affiches arrachées, des gifles, et du folklore répressif, expression d'imbéciles qui n'ont pas les moyens de leurs prétentions fascisantes, sera relativement bref.
Une année ou deux, à peine...
Tirant les leçons de l'expérience de Billancourt, nous repoussons la tentation, qui a pu nous effleurer, de corriger certains des petits chefs.
Nous ne sommes certes pas des saints. Et Bernard Tort, par exemple, ancien marxiste-léniniste du groupe Oser Lutter d'Issy-les-Moulineaux, devenu mao, et surnommé "Zorro", avec longs cheveux au vent et belle moto, puis contremaître en chef de l'informatique, après une formation dans le laboratoire d'ergonomie de Jacques Theureau, a pu entendre siffler dans ses oreilles, mais moins encore que sa compagne, une salariée de base très ordinaire, nulle et laide, devenue contremaîtresse à la force du poignet...
C'est l'époque où, au prétexte d'une inéluctable modernisation technique, la direction de Libération cherche à dissoudre le jeune prolétariat rebelle, qui a ramené, par les soupiraux de ses sous-sols, la lutte de classes que July croyait avoir définitivement balancée par la fenêtre.
Sous la houlette de l'expérimenté Roger Lancry, qui nous conseille, tout en dînant dans de bons restaurants avec July, pour le rassurer, nous refusons de nous bloquer dans une guerre de tranchées, passéiste.
Le but qu'ils visent est clair: nous détruire...
Mais la CGT-Libé, en avance, sur ce point, sur d'autres sections du "syndicat du Livre", où les ouvriers, plus âgés, sont plus crispés, ne s'oppose nullement à la mise en place de nouveaux logiciels, et de nouveaux ordinateurs, permettant de supprimer le clavier comme le montage, nos bases.
Favorables au progrès par les technologies nouvelles, mais dans la conception, CGT, qui est la nôtre, nous nous battons, non en conservateurs, mais en conquérants de positions nouvelles, sur la ligne rouge qui prétend tracer une frontière, rigide, entre travail d'exécution mécanique et travail intellectuel. Comme à Renault...
Qu'on supprime, donc, les Compugraphic archaïques où les opératrices, robotisées comme des O.S. de l'automobile, et privées désormais de la dernière soupape de sécurité qu'étaient leurs "notes de la claviste" (ndlc), insolents micro-dazibaos piqués "à la sauvage" entre les lignes des articles, donnant souvent à de bien mornes textes le "pep" qui leur manquait, très bien: c'est un progrès.
Les journalistes pourront taper directement leurs papiers. D'accord. Gain de productivité, bravo!
Mais pas une claviste ne devra être mise à la porte! Elles seront reconverties, selon un plan négocié avec la CGT, CGT-mao de Libé et CGT-Lancry (Comité Intersyndicat du Livre Parisien), autour de la même table que Serge July, et même, s'il y tient, des gens comme Tort-"Zorro" ou Farmakis, ou leurs petites copines devenues "petites chefs", et candidates éventuelles, elles aussi, si elles aggravent leur cas, à une correction prolétarienne...
Tenant désormais le secteur du clavier, comme celui du montage des bandes collantes de papier-bromure, lui aussi en voie de modernisation sur console, nous fermons la porte, de toute façon, à tout passage en force.
Quelques grèves-surprise du suffiront à démontrer la réalité du rapport de forces. Nous les déclencherons en pleine soirée, quand tous les articles, relus, et corrigés, n'attendent plus que le retour, tardif, du restaurant, du rédacteur en chef du jour pour "tomber" à l'atelier, puis de là, à l'imprimerie. Libération sera absent des kiosques le lendemain
La possibilité nous est aussi offerte par les puissants "rotos" de l'imprimerie, avec lesquels nos liens sont devenus des plus étroits, de donner un coup de main en forme de débrayage, de "panne de rotative", soudaine, ou d' "opération coup de poing", au sens strict du terme, si le besoin s'en fait sentir, en toute fin de chaîne...
La CGT-Libé, dont l'exemple sera cité dans les congrès de la grande CGT, devient même le laboratoire d'une expérience syndicale doublement d'avant-garde: créée sous l'impulsion d'un journaliste, et dirigée par lui pendant plus de 12 ans, elle rassemble dans une même structure, démocratiquement unie, intellectuels et manuels: rédacteurs, secrétaires de rédaction, correcteurs, clavistes, monteurs, photograveurs, ailleurs éclatés en un fouillis de structures corporatives aux intérêts divers, et à la coordination souvent incertaine...
Deuxième originalité: la restructuration technique entraîne chez nous, une reconversion générale vers le haut, franchissant, dans le bon sens, la ligne de fracture "manuel/intellectuel", "atelier/rédaction", et "conception/exécution". Clavistes et monteurs arrachent, à l'issue d'un conflit étalé sur plusieurs années, conclu par un accord négocié, précis et quantifié, des requalifications vers des emplois, minutieusement définis, et tarifés, d'assistantes de rédaction, correcteurs, secrétaires de rédaction, et même rédacteurs - avec aussi des postes de cadres techniques et commerrciaux, longs stages de formation à l'appui, si nécessaire.
La mise en route effective de ce plan de reconversion-requalification, le contenu intellectuel concret des nouveaux postes créés, et leur champ d'autonomie pratique, feront l'objet de durs conflits avec les mesquins disciples de Tort (ou de Theureau?), qui "couvrent" toutes les entraves au processus, et les efforts de la "petite maîtrise", issue, elle, du pur et simple "fayotage", pour bloquer toute ascencion réelle de fabricantes ou de fabricants dans les métiers de journalistes, de cadres, ou de techniciens.
Car c'est une vaste remise en cause des pratiques passées de partage du savoir/pouvoir qui enclenche, à cette occasion, sa dynamique...
A tout ce processus, complexe, mais passionnant, Serge July, d'abord contraint et forcé, va finir par se rallier dans la bonne humeur. Il y manifeste même un certain intérêt, travaillé au corps par Roger, et porté sans doute par des réminiscences d'articles lus dans La Cause du Peuple, ou de textes internes de la GP, sur le taylorisme et le combat des O.S. contre la parcellisation du travail humain.
Mais rien ne sera possible sans la double pression conjuguée, du Comité Intersyndical du Livre Parisien (CGT-Lancry) et de notre infernale bande de monteurs et surtout de clavistes, souvent venues de la banlieue, Fatima, Kheira, Noira, Annie, Betty, Jacqueline, etc, ou, comme Agnès Ouin, fille d'un des principaux dirigeants de Renault-Billancourt de l'époque Dreyfus-Overney-Nogrette, passée par la mouvance mao et celle du Comité d'Action des Prisonniers (C.A.P.), et devenue "petite sœur des parloirs", compagne de grands noms du banditisme...
Femme de cœur et de bon sens, équilibrée mais conservant quelques vieux préjugés contre la CGT, qui l'empêchent d'y prendre une carte, Agnès finira par créer, à nos côtés, et à notre plus grand plaisir, une vraie section CFDT - après plusieurs essais de "cadres" de Libé de créer sous l'étiquette de la Confédération d'Edmond Maire et de Jacques Chérèque, deux syndicats jaunes successifs, manipulés par la petite chefferie...Nous les avons brisés dans l'œuf, sans pitié,
Séduit par ce syndicalisme "nouvelle gauche", rajeuni, Roger Lancry, fortement investi, personnellement, dans le dossier, est devenu notre meilleur copain. Nous adorons le style "mafia" qu'aime se donner, parce qu'il le sert, et sert "la cause", ce juif d'Oran de culture, comme il dit, "andalouse", homme rude à la belle "gueule cassée" d'ancien boxeur, passé, dit-il, "pas loin, si j'avais voulu, d'une belle carrière de proxénète à Pigalle".
Dans la presse parisienne, son domaine, il connaît tout - jusqu'aux adresses des restaurants ou même des cabarets à la sortie desquels on peut coincer, le soir, en cas de nécessité, les plus grands patrons de presse, ou ceux qui se croient tels - jusqu'à Robert Hersant, qu'il tutoie, comme les autres, et avec lequel il chasse...
"Avec moi, leur dit-il " pas besoin d'accords écrits: c'est "tope-là".
Ma parole suffit.
J'entends qu'il en soit de même en face.
Et c'est en général le cas.
Tout le monde sait bien, sans que j'aie jamais à menacer, je n'aime pas ça, que nous avons les moyens de sanctionner, à hauteur voulue, tout écart".

Pour lui aussi, c'est:"Je ne menace pas, j'informe".
Nous parlons la même langue.
Avec une CGT de ce calibre, la bande mao de la CGT-LIbé ne peut que s'entendre à merveille...Comme avec celle de Nantes-Saint-Nazaire, pour son fondateur, dans une vie antérieure...


Nidam "manquerait de distance" dans le traitement de l'immigration: refusé!

suite ici

 

MODELUXE:

UNE AFFAIRE

DANS L'AFFAIRE?

Un journal évoque, sans la commenter, l'étrange intervention d'un cabinet d'avocats d'affaires aux côtés des patrons de MODELUXE. Si c'est vrai - nous travaillons à le vérifier - la chose serait embarrassante pour Jean-Denis Bredin et Robert Badinter, deux "figures" de la gauche "droit-de-l'hommiste", parfois considérés comme des amis de Laurent Fabius. Ici

 

MODELUXE:

VICTOIRE

EN VUE!


Blanchisserie MODELUXE à Chilly-Mazarin
"La Préfecture de l’Essonne s’engage à régulariser 18 salariés « sans papiers »"

(Communiqué UD CGT 91)


Lundi 30 octobre, le Préfet de l’Essonne a annoncé à Marc Roumejon, secrétaire général de l’Union Départementale CGT de l’Essonne, la régularisation des 18 salariés « sans papiers » de la Blanchisserie MODELUXE à Chilly-Mazarin.
Cette annonce n’est pas due à un changement de politique gouvernementale mais est le fruit d’une lutte longue et acharnée, menée par les 160 salariés de cette entreprise, dont les conditions de travail et de rémunération évoquent un esclavage moderne.
Elle est le fruit également de l’engagement de toutes celles et ceux qui ont apporté leur soutien. Elus, responsables politiques, associatifs, militants syndicaux…
L’affaire remonte à décembre 2004. Depuis près de deux ans, l’Union Locale CGT de Massy et l’UD CGT 91 n’ont cessé d’intervenir auprès des pouvoirs publics pour que ces travailleurs « sans papiers », embauchés par Modeluxe, soient régularisés, pour faire cesser une situation scandaleuse et sauvegarder les droits et la dignité de tous, avec ou sans papiers.
Cette annonce porte évidemment beaucoup d’espoir pour tous les salariés « sans papiers » victimes de la politique gouvernementale.
Le propriétaire de Modeluxe, le groupe Sunlight, doit maintenant revenir sur les procédures de licenciements qu’il a engagées à l’encontre de ces 18 travailleurs « sans papiers ».


Le 30 octobre 2006

 

Les troublantes révélations

du journal Le Monde

Mieux vaut tard que jamais. Etrangement silencieux tout au long de ce conflit d'une portée humaine, politique et symbolique pourtant exceptionnelle, LE MONDE sort du bois, ce 3 novembre 2006. Avec un papier sérieux de JACQUES FOLLOROU, un des rares vrais "investigateurs" du petit quotidien du soir d'Alain Minc, aujourd'hui libéré par l'éjection du sans scrupule Edwy Plenel, le "Rastignac trotskiste" de la presse parisienne (plus enclin, comme Serge July, dont il brigue le fauteuil, à la "mise en scène de l'info", qu'à son élaboration intègre, patiente et rigoureuse...).

Curieusement, Follorou, connu comme spécialiste des "affaires", plus que du "sociétal", ou du "social", ne met aucunement "en scène" ce ui apparaît comme la fracassante révélation de son enquête. Etrangement, ni Colombani, son controversé supérieur, ni Minc, tireur habituelle de ficelles dans les couloirs obscurs de " l'indépendance du journal ", ne soulignent l'énorme scandale dont il s'agit, si les infos de base sont vraies. Ce qui est toujours possible - et, avec Follorou, probable.

Mais de quoi s'agit-il?

"(...) Face, raconte Follorou, au "refus de la CGT " de "négocier avec la préfecture", qui, selon Raymond Chauveau (UL CGT Massy), "a proposé"d'envisager des régularisations si on lui "donnait" "la filière des sans-papiers", l'administration préfectorale "opte pour la conciliation avec le syndicat, qui accepte, en contrepartie, de ne pas alerter l'opinion. Les services de l'Etat vont donc laisser les sans-papiers travailler pendant deux ans. Les dossiers de régularisation sont déposés le 13 juillet 2005 et la préfecture refuse de communiquer à MODELUXE la liste officielle des sans-papiers, qui permettrait de les licencier. Pour contourner cette opposition" - nous sommes ici, si Follorou dit vrai, au cœur du cœur nucléaire de ce scandale - "MODELUXE mandate le cabinet d'avocats Bredin-Prat pour faire la chasse aux clandestins en vérifiant leur staut administratif dans toutes les préfectures correspondant à leur adresse personnelle. En réponse, la CGT domicilie tous les sans-papiers de MODELUXE dans le département de l'Essonne, avec la complicité de la préfecture, bloquant ainsi les investigations du cabinet Bredin-Prat. Les six salariés sans-papiers placés en zone de rétention pour une reconduite aux frontières pendant cette période sont libérés grâce aux efforts de la CGT et à l'intervention du préfet..."

Mais qu'est-ce donc que ce fameux "cabinet Bredin-et-Prat"?

Pour tout journaliste cultivé et expérimenté, le nom de Bredin, associé, non à "gredin", mais au mot "cabinet" (d'avocat, dans le contexte), évoque irrésistiblement deux noms. Qui, à eux seuls, justifiaient, dans le cadre de cette histoire,un titre sur 5 collonnes barrant la Une...(Autre chose que la myhomaniaque "troisième équipe" de Greenpeace, ou le "laboratoire rouge-brun" (nazi-communiste)...des communistes juifs... Zarka et Krasucki...)

Bredin, c'est d'abord Jean-Denis Bredin, grande figure de la gauche, et des "droits de l'homme", historien révéré de l'affaire Dreyfus - et par ailleurs, si nos informations sont bonnes, fondateur, avec son collègue avocat et droit-de-l'hommiste professionnel l'élégant et disert Robert Badinter, du très grand cabinet d'affaires "Bredin-et-Prat", une structure "à l'Américaine", disposant d'énormes moyens, en compétition permanente avec son grand rival, le cabinet Darrois, du nom d'un proche de Laurent Fabius, spécialiste des affaires de "délit d'initié" en bourse, notamment, et très investi aussi,comme son confrère Kiejman, l'ancien sous-ministre de la justice à la moustache en forme de croc de boucher, dans le "suivi" des affaires de Libé.

Mais le mot "Bredin", avec un b, évoque aussi Frédérique Bredin ( avec un b), fille de son père, elle aussi juriste éminente, férue de droit et de politique, proche de Laurent Fabius, brièvement sous-ministre, et députée "fabiusienne", en Normandie, avant de se reconvertir dans une carrière "entrepreneuriale", pas très "gauche de la gauche", au sein du groupe Lagardère...Suite ici

IMMIGRATION

- Editorial:la grève emblématique des blanchisseurs africains de MODELUXE (ci-contre et ci-dessous. CLIC ICI) dynamise le mouvement social... à LIBERATION, lancé dans une véritable REVOLUTION CULTURELLE, VITALE POUR SA RELANCE!...

- Alors que Libé joue son avenir, et cherche, pour sa sauvegarde, à se ressourcer sur ses valeurs, le journal, toujours paralysé par la pesante bureaucratie rédactionnelle des "Veuve July", est resté silencieux pendant plusieurs semaines sur la grève, pourtant exemplaire, de MODELUXE...Enfin, un remarquable reportage tardivement réalisé sous la pression des internautes démontre le potentiel que conserve Libération - et celui, surtout, qui serait le sien, s'il parvenait à conjuguer qualité...et rapidité réactive instantanée.

- Du coup, une pétition de solidarité avec les grévistes de MODELUXE, lancée par la CGT-Libé, rencontre un succès massif dans l'ancien journal "de July" - où la signature de pétitions était, sous "Serge","fortement déconseillée" aux journalistes...Le texte frise les 200 signatures - sur 280 salariés dans le journal, dont les malades, les absents, les journalistes en reportages, et les vacanciers...Même les grands éditorialistes du journal l'ont signé!

VERS LA...LIBERATION?

Sur le chantier de la crèche de la mairie du XVIIème,

les démolisseurs noirs en lutte pour les papiers

occupent un local situé devant le commissariat de police,

et font résonner les battements sourds, rythmés, de leurs "djembe"

jusque dans les locaux du tribunal d'instance, qui les surplombe aussi

(Lire ci-dessous)

   
 

Africains sans papiers de la pizza Marzano, elle aussi occupée, et elle aussi en lutte, les "ambianceurs" noirs de la CGT (photo ci-dessus) sont venus avec leurs tambours de guerre, leurs "djembe", qui résonnent, ce samedi 31 mai 2008, sur la place de la mairie, au cœur du "bourgeois" XVIIème, ou même les "bobos" d'un mariage huppé, sortant, sous une pluie de grains de riz, dans l'assemblée des grévistes, appuyés par un pique-nique associatif rassemblant tous les progressistes du quartier, se disent, pour la plupart, "compréhensifs" et même "favorables" au mouvement, non des sans-papiers, mais des ouvriers sans-papiers, surexploités.

Et le mouvement organisé par la CGT (et l'exemplaire association Droits Devant!! de Jean-Claude Amara),continue à s'étendre vague après vague, dans le sillage de la victoire des MODELUXE, dans l'Essonne (91), . Une des "grosses têtes" du cabinet de Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, qui joue la montre, tablant bien imprudement sur un pourrissement du mouvement, habite précisément à deux pas de la vaste cour intérieure, encadrée par la mairie, le commissariat, et le tribunal d'instance, où 12 des 20 salariés de "Curage, démolition et Terrassement" (CDT), affairés au dur travail de préparation du chantier de construction d'une crèche municipale, viennent de "stupéfier", leur employeur, qui, bien entendu, n'y est pour rien et ne se doutait de rien..., comme la préfecture, les flics, et le "libéral-socialiste" Delanoë, maire ultra-médiatisé de l'ultra-spéculation immobilière qui chasse les pauvres de Paris, et n'est bien entendu, dans un cas comme dans l'autre, et à l'image de son richissime "camarade de parti", Laurent Fabius, "ni responsable ni coupable", en "révélant" leur statut de "clandestins" - bien sûr connu de tous, et exploité par tous, dans une extravagante hypocrisie, quasi-métaphysique - et en décidant de mettre fin, par la grève avec occupation, au scandale que constitue l'actuelle et bien réelle "immigration choisie" par le capitalisme d'Etat et les "lobbies" immigrationistes, d'extrême- droite ou d'extrême-gauche, qui consiste à piller la principale richesse de l'Afrique noire, sa jeunesse réduite à une "force de travail" devenue marchandise d'importation d'une nouvelle traité négrière, à qui est imposée le plus longtemps possible un statut de "sans droits", contraints d'accepter les pires conditions de travail, le bagne des chantiers les plus dangereux, un habitat indigne et des salaires de honte.

Seulement voilà, le temps de l'esclavage est terminé. Avec lui, celui de la crainte, du fatalisme, de l'isolement et du silence.

"On restera là jusqu'à notre régularisation, avertit Dahaba Diallo, chef de chantier militant, sous le regard plus qu'approbateur de ses 11 frères de misère, devenus frères de lutte, digne et fière, et de combat sans peur pour les plus essentiels des droits. (Suite sous la photo)

 

Ici comme sur tous les sites, la CGT, pleinement dans son rôle, dans son temps, dans son époque, a mis le paquet. Et comme souvent, ce sont des militants de la nouvelle génération, solidement formés par leurs anciens, qui sont au front. A l'image, ici, de Fabienne, jeune secrétaire de l'Union Locale à casquette, dont le fils, lui aussi actif et solidaire, en profite pour caresser des doigts le djembe, qui vibre, sous l'œil approbateur d'un des "camarades noirs" - maliens, toujours à l'avant-garde, mais aussi, sur ce site de combat du XVIIème, sénégalais, mauritaniens ou guinéens (l'entreprise compte une poignée de Français, blancs, et un Polonais du même parti qui ne sont pas en grève, mais loin d'y être histiles, et soutiennent le mouvement de

leurs collègues africains, partageant quelquefois aussi les mêmes goûts en matière de musique, et la même fascination pour la nouvelle étoile noire de la musique malienne Rokia Traore - à la Cigale (pigalle) le 10 juin, et encore plus belle ici ou sur son propre site (extraits de Tchamantche, en ligne).

"Ils construisent la crèche de vos enfants! Ils nettoient nos bureaux! Ils exercent des emplois pénibles, ils paient des impôts, ils cotisent à la Sécurité Sociale, ET POURTANT ils sont privés de tous leurs droits sociaux. Ils occupent donc leur lieu de travail pour obtenir leur régularisation. LEUR COMBAT EST AUSSI LE NÔTRE, SOUTENONS-LES! ILS DOIVENT ETRE REGULARISES!", dit le tract signé en commun par la Ligue des Droits de l'Homme, Réseau Education sans rontières (RESF), l'association MACAQ, le PC, le PS du XVIIème, la Gauche Cactus, le collectif Europe Sociale et bien entendu la CGT qui, ouverte à l'action unie sur une base saine (et avant tout avec DROITS DEVANT!!), tient gentment mais fermement à l'écart les trotskistes libre-échangistes de la LCR et du "Nouveau parti Anticapitaliste" (NPA) d'Olivier Besancenot, discret sur le sujet et soutenant le mot d'ordre provocateur et irresponsable d' "ouverture de toutes les frontières" et de "libre circulation" généralisée des hommes comme des marchandises, au nom d'une idéologie cosmopolite, caricature néo-capitaliste de l'internationalisme vivant - politique fondée sur une bienveillante charité façon Michel Rocard... Comme si les pays capitalistes développés, en attirant sur leur sol une main d'œuvre à bas prix, privée de tous droits, se chargeaient d' "accueillir toute la misère du monde"...

Alors que cette politique de destruction générale des frontières, conforme aux vœux les plus secrets des trafiquants de main d'œuvre comme aux hauts négriers du capitalisme d'Etat de droite comme de gauche - n'est-ce pas Robert Badinter et Jean-Denis Bredin?...- ne ferait qu'aggraver, si d'aventure le "facteur" à temps (très) partiel, richement marié à une cadre supérieure "branchée" de Flammarion et élevé par les media au statut de "Cohn-Bendit de mai 2008", parvenait au pouvoir, la misère du Tiers Monde... - Et celle du Sénégal ou du Mali, en particulier, qui ont le plus urgent besoin de fixer leur force de travail dans l'agriculture vivrière, pour éviter de prochaines "émeutes de la famine" - et construire les bases, autonomes, d'une industrie agro-alimentaire africaine, base de tout développement futur.

   

Les "démolisseurs" noirs

de Montreuil (Sté GRIALLET)

- résistent à un "patron de choc", protégé par des chiens

- répondent à ses provocations comme aux pressions de la police par leur force tranquille de colosses débonnaires

- et reçoivent le soutien inattendu des "Jeunes Rebelles du 9-3 - section Les Lilas Bagnolet", qui réalisent une "opération porte ouverte" aussi illégale qu'originale, en démontant par surprise la porte du "bunker" où se terre le patron pour "mater" ses salariés en lutte...

- Dans un communiqué donné en exclusivité au Monde Réel, les "Jeunes Rebelles du 9-3 - section Les Lilas Bagnolet", se disent prêts à tout pour "empêcher que le patron oblige ses ouvriers à "prendre la porte". Ils ne rendront leur otage de contreplaqué qu'après "satisfaction de toutes les revendications des ouvriers "blacks" en grève pour les papiers et pour la dignité" - contre l'empoisonnement au plomb et à l'amiante, et pour de meilleurs salaires"...

   
   

Montreuil (93), (photo ci-dessus), quartier dit des Ruffins, rue des Batteries, dimanche 25 mai 2008. (Pour le récit et les images de la journée de lutte du 9 juillet 2008, voir plus bas...)

"GRIALLET nous a empoisonnés: NOUS VOULONS NOS PAPIERS ET ÊTRE PAYES!" dit le tract de la CGT de l'entreprise de démolition.

"Le patron (avec ses chiens) multiplie les provocations et refuse de répondre aux trois exigences que nous avons:


- le paiement des
"suspensions" de contrat de travail qu'il a décidées et qui frappent les ouvriers aussi bien français qu'immigrés, avec et sans papiers.


-la remise à tous les salariés d'une attestation d'exposition à l'amiante et au plomb. - Depuis 11 ans pour certains, Griallet nous a fait travailler en milieu insalubre sans protection: nos maladies peuvent se révéler dans 20 ans, mais nous avons tous été empoisonnés par le travail.


- la régularisation pour les 17 ouvriers sur 21 qui sont "sans papiers"et travaillent depuis plusieurs années en contrat à durée indéterminée (CDI). La circulaire Hortefeux permet aux préfets de satisfaire cette demande...Si le patron fait le nécessaire.
NOUS SOMMES UNIS ET DETERMINES!
LA LUTTE SERA LONGUE, CAR UN PATRON-VOYOU, C'EST TOUJOURS TÊTU...
VENEZ NOUS SOUTENIR AU 3 BIS rue des Batteries - chèques de soutien à l'ordre de l'UL CGT Montreuil (mentionner soutien à Griallet)!"

Cet appel semble avoir été entendu. Ce dimanche de mai, nous étions en nombre, dans l'atmosphère la plus chaleureuse, autour des "démolisseurs" noirs de Montreuil - des garçons solides, pour la plupart Maliens ou Sénégalais, sonninke ou bambara, ainsi qu'un Antillais.

Le travail est dur, sur les chantiers de démolition, sans masque, dans la poussière d'amiante et de plomb. Tout se fait "à la main", à la masse ou au marteau piqueur. "...Et les étages qu'il faut decendre, poubelle remplie de déchets sur le dos!..."

Le travail est dur, le patron, lui aussi, est dur, mais ces hommes-là sont fiers, et durs, eux aussi, comme le béton des immeubles qu'ils vont, jour après jour, casser - pour un salaire minable.

Pour atout, ils ont leur détermination, leur unité - et le soutien de tout ce petit quartier, bâti sur une butte où un fort militaire faisait donner, en 1870, ses batteries, bombardant les Prussiens qui assiégeaient Paris, à la veille du soulèvement de la Commune...

Ils ont aussi Richard, (photo ci-dessous), l' "inoxydable" animateur de l'Union Locale CGT de Montreuil -ville, soutenu par Madeleine et toute l'équipe, ainsi que par quelques-uns de ses vieux copains "maos" de années 1970, fidèles au poste (et pas tous recentrés ou repentis comme le regretté Benny Lévy, l'autoproclamé"héros de mai 1968", Alain Geismar, aujourd'hui tendance DSK du PS, et loin des grèves, ou l'orgueilleux Serge July, viré du journal des maos qu'il avait vendu à Rothschild à l'issue d'une grève de plusieurs jours, sous l'impulsion de la CGT-LIBE - lire ici)... (Suite sous la photo)

Mais du "petit Richard" - ci-dessus, au centre, sac sous le bras - fils d'une lieutenant (e) FTP de Haute-Saône, tombé dans la potion magique de la politique dès l'âge de 12 ans, dirigeant du "mouvement de la jeunesse " issu de la Gauche prolétarienne en 1970 - et refusant de "désarmer" ses troupes de la "banlieue-est" de leurs "cocktails" le soir de l'assassinat de Pierre Overney, le 25 février 1972, entre Bastille et Charonne, il n'est évidemment pas question dans les livres autorisés à paraître sur mai 1968 et les suites...

Comme il n' y est pas question de "Jean-Paul II" (car il y a un Jean-Paul I, du même métal), ancien de la CGT Hachette, ami, et plus, lui aussi, continuateur,de Pierre Overney comme de Pierre Goldman, pilier de la CGT-mao de Libé, puis d'Euro Palestine - entrevu lui aussi rue des Batteries (deuxième photo, ci-dessous)...

Dans le cabanon, (photo ci-dessus), au fond, à droite, le patron, relayé par son fils, par roulement, reste enfermé, séquestré volontaire pour surveiller "ses" ouvriers avec et sans-papiers - mais tous avec la CGT, et notamment Richard (au centre, sac vert sous le bras), baroudeur de l'Union Locale CGT deMontreuil (93), formé, ce n'est pas un hasard, à l'étude de l'expérience du Parti Communiste Chinois (PCC), comme son camarade Raymond Chauveau, de l'Union locale CGT de Massy (91), lycéen de 1968 lancé dans le grand bain de la lutte des classes dès les années suivantes, et toujours sur la brêche (anmateur du conflit de la blanchisserie industrielle MODELUXE, premier de l'actuelle vague de lutte des ouvriers sans-papiers).
Les vétérans "maos" des années 70 sont de retour - comme ici "Jean-Paul II", venu donner un coup de main à son vieux copain Richard, à la CGT, syndicat où il a longtemps milité, et aux ouvriers noirs REBELLES de l'entreprise de démolition GRIALLET, Montreuil

La chaude journée du -9 juillet 2008 chez Griallet: ici

 

 

 

 

 

   

"Si les dossiers sont bons, rien ne sert de faire lanterner les gens" - une déclaration explosive de Pierre Bousquet de Florian, préfet des Hauts-de-Seine (92), et ex-"patron" (gaulliste, villepiniste) de la DST, viré par Sarkozy, à propos des ouvriers grévistes sans-papiers.

"La préfecture des Hauts de Seine (92) est citée en exemple par la CGT pour son attitude face au salariés sans-papiers réclamant leur régularisation (...)Ces dernières semaines, entre Neuilly et Colombes, 24 grévistes sur 25 ont obtenu des papiers pour continuer à travailler. (...) Le préfet Pierre Bousquet de Florian récise sa position (...) (Le Parisien, vendredi 23 05 08).

"Nous sommes en face d'employeurs qui ont un souci, mais dont on a du mal à comprendre qu'ils ne l'aient pas eu plus tôt. Aujourd'hui, certains sont presque touchants dans leur souci de régulariser (...) les mêmes personnes u'ils emploient depuis des années sans trop se poser de questions. Dès lors qu'il y a ue grève, cela devient un problme, alors qu'avant ça n'en était pas. Mes services examinent les dossiers transmis normalement. Ce n'est pas parce que certains sont en situation irrégulière, en grève, et soutenus par un syndicat qu'ils doivent griller la politesse à tout le monde. (...) Plusieurs dossiers, sur l'île de la Jatte, ou encore à Colombes, contenaient des situations dignes d'être régularisées. Les personnes se trouvaient depuis longtemps sur le territoire national, dpuis longtemps chez le même employeur, avec une vraie volonté de celui-ci de leur offrir un emploi durable. Il y avait aussi une tension dans le secteur éconoique où elles exerçaient.(...)

Je ne suis pas là pour être cité en exemple par la CGT, mais pour faire respecter le droit. Reste que, si les dossiers sont bons, rien ne sert de faire lanterner les gens".

 

10 mai 2008

- EDITORIAL

En France, les grèves exemplaires des ouvriers sans-papiers scandaleusement et hypocritement surexploités (ci-contre et clic ici) convergent avec celles d'un nouveau mouvement de la jeunesse, né chez les prolétaires en formation du Lycée d'Enseignement Professionnel ( L.E.P.) d'Aubervilliers portant le beau nom du métallo syndicaliste et résistant Jean-Pierre Timbaud, qui refusent le destin qu'on leur prépare avec cynisme, celui de l'échec scolaire, de l'exploitation sur le lieu de travail et du chômage, et ne veulent pas d'un Education nationale "fast food", au rabais.

Engagés dans un combat commun avec les autres lycéens luttant contre les suppressions de postes d'enseignants, ils sont aussi les frères, au sens souvent physique du terme, des "sans espoir" à capuches de la REBELLION des BANLIEUES de 2005, préfigurant laurs actuelles manifs, qui BRÛLAIT DES ECOLES devenues terrible symbole d'ECHEC SCOLAIRE et de REJET.

Aujourd'hui, ils ne cassent pas, ils ne brûlent rien, mais ils ne mendient pas non plus. Ils exigent les moyens d'entrer enfin en force dans L'ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE, avenir d'un MONDE QU'ILS SONT DETERMINES A FAIRE LEUR, ET MEILLEUR, par leurs LUTTES.

Et voici qu'à ces combats se joint celui des paysans du nord, renouant avec l'ACTION DIRECTE, POPULAIRE, des "JACQUOU LE CROQUANT" DES ANNEES 1968-1981, véritables "CHOUANS ROUGES", avec leurs labourages sauvages des terres des CUMULARDS et leurs séquestrations de notables ruraux, de préfets, ou de ministres, ou faisant de leurs "GREVES DU LAIT" une véritable guerilla bloquant coopératives capitalistes et camions sur les routes, de l'Ouest breton ou vendéen aux VOSGES insurgées, et multipliant les opérations d'approvisionnement en lait, viande ou légumes, des usines en grève ou des cités HLM dans la misère....

Aujourd'hui, les militants de la Confédération paysanne du nord jugés pour une "saisie" de yaourts à grande échelle réalisée en masse, à force ouverte, dans une usine de la multinationale Nestlé, affameur du tiers-monde, puis distribués dans les HLM les plus proches ouvrent, en justifiant sans peur devant leurs juges cette démarche "syndicale" inspirée de l'opération Fauchon ("Fauchons!") de 1970, un nouveau front.

Leur exemple devrait donner à réfléchir aux forces se réclamant du peuple, mais n'organisant pas l'action populaire directe des cités et des quartiers contre la hausse infernale des prix et la vie chère, bloquées par un respect touchant au fétichisme de la "légalité bourgeoise"- PCF, CGT, ou "révolutionnaires" respectueux, financés par l'Etat, du "nouveau parti anticapitaliste" du dernier chouchou de Michel Drucker.

Sur le FRONT DE LA VIE CHERE, il ne faut pas faire semblant, mais se battre, VRAIMENT.

Comme en Egypte, principal allié d'ISRAËL dans le monde arabe depuis SADATE, où le pouvoir dictatorial et corrompu du félon Moubarak a été contraint à composer devant les "émeutes de la faim", lancées par les "grèves pour le pain" des 20 000 ouvriers arabes et noirs du plus grand complexe d'industrie cotonnière du pays.

Le peuple qui a construit les pyramides en a fini avec le temps du travail d'esclave, aux cadences imposées au sablier, sous les coups de fouet des hommes de main du PHARAON.

Au LIBAN, enfin rassemblé pour sa LIBERATION, c'est une "grève pour le pain", aussi, contre la mondialisation de la famine dans un petit pays tenace et courageux ravagé, plus encore que le nôtre, par la hausse des prix et la vie chère, GREVE GENERALE de la CGT libanaise, devenue insurrectionnelle, appuyée par le blocus des routes et des aéroports des combattants du Hezbollah, ("parti de Dieu" devenu le Parti de la RESISTANCE d'un PEUPLE TOUT ENTIER, activement soutenu par les ouvriers de Beyrouth, les petits agriculteurs, les paysans sans terre et les masses rurales prolétarisées du "Djebel Amil", limitrophe d'ISRAËL, au sud), qui fait "sauter le bouchon" d'un "blocage institutionnel" artificiel, entretenu par les Américains et leurs complices depuis le trouble assassinat du milliardaire saoudo-libanais Rafik Hariri (crime attribué sans preuve à la Syrie, mais toujours, en réalité, non élucidé, et qui n'avait profité, jusqu'ici, qu'à ceux qui font profession de le dénoncer...).

L'armée ayant, à cette occasion, démontré son patriotisme ainsi que sa puissance d'arbitrage, en équilibre entre les blocs ethniques et religieux, dans une sorte de "coup d'Etat de velours", la situation politique s'en trouve complètement bouleversée. C'est bien.

Et les authentiques chrétiens du LIBAN historique, rassemblés autour de leur De Gaulle, le général AOUN, sont toujours dans le FRONT UNI, quand ils ne militent pas directement au sein du Hezbollah (qui ne comprend plus, loin de là, que des chiites, mais aussi des militants laïques ou religieux du Parti Communiste Libanais, et des Palestiniens passés par le FATAH, et le MAOISME - et reçoit désormais le soutien de formations issues de la communauté sunnite, avant tout patriotes, soucieuses de progrès social, de lutte contre la misère, pour l'éducation de tous et la culture, ainsi que de PAIX CIVILE).

En CHINE, enfin, la Commission Militaire du Comité Central et le Bureau Politique du plus grand Parti Communiste du monde, solidement installé au pouvoir, discutent en ce moment même des moyens de canaliser la colère de toute une jeunesse rebelle, et de tout un peuple patriote, uni dans l'amour de son pays, "CHINOIS ET FIER DE L'ÊTRE", humilié, ulcéré, révolté, par l'abjecte campagne d'INTOX sur le prétendu soulèvement des séparatistes fascistes tibétains du "TOIT DU MONDE", auteurs, en fait, de "pogroms" racistes dignes des "ratonnades" anti-juives dans la Russie des Tsars, liquidant dans les horreurs d'incendies de la HAINE, dans leurs petites boutiques ravagées par quelques centaines de "casseurs" organisés, "moins bouddhiste que ça, tu meurs", des citoyens CHINOIS comme eux, "HAN" ou "HUI" musulmans, "coupables" de ne pas être "Tibétains de pure souche".

Triste symbole commun aux séparatistes Tibétains et aux partis fascistes hindouistes, spécialistes eux ausi des incendies de mosquée de l'Inde voisine, repris à ces supposés représentants de la "pure race aryenne" par les SS d'Adolf HITLER, la croix gammée ne figure tout de même pas, par prudence, et sur les conseils de la CIA, ou d'Israël (grand investisseur dans l'électronique de défense du pays du Mahatma GANDHI, et actif, avec l'aide des services secrets indiens, de la nouvelle république du Népal surgie de l'insurrection maoiste au Bhoutan et au TIBET), sur les gaies oriflammes aux vives couleurs des moines incendiaires, en robe pourpre, financés par l'Etat et la République Populaire de Chine à titre de "soutien aux minorités nationales" (et, personne ne l'écrit, fonctionnaires injuriant et leur religion de paix, et leur statut).

Tout le monde, en effet, ne le sait pas: oisifs improductifs, ces "loups en robes de moines" vivaient depuis la nuit des temps du RACKETT -d'un tribut extorqué de force à un peuple de paisibles éleveurs de yaks, souvent sous la torture - yeux des paysans rebelles arrachés, femmes des hauts plateaux soumis et dominés enlevées, violentées dans les couvents...

Il fallut l'entrée en force des troupes de l'Armée Populaire de Libération, en 1951, deux ans après la crétion de la république Populaire de Chine, en 1949, pour que soit enfin imposée, à la grande fureur de la théocratie archéo-féodale régnant sur les couvents, l'abolition du servage et du système des castes, style hindouiste, ouvrant sur la LIBERATION du PEUPLE DE PETITS PAYSANS de ces hautes terres stratégiques, dominant toute l'ASIE, d'où coulent tous les grands fleuves d'une région en manque d'eau, source de toutes les convoitises...

En CHINE aussi, donc, en CHINE d'abord, les FORCES NOUVELLES, JAILLISSANTES, D'UN JEUNE PROLETARIAT MODERNE, A L'OFFENSIVE exercent une pression dynamique sur un "pouvoir rouge", en fait modérateur, régulateur, qui cherche (comme il le fait, sans interruption, de MAO à ZHOU ENLAÏ et DENG), à dégager les voies d'un FUTUR écrit dans aucun livre. Qu'il s'agisse de protéger discrètement les grèves pour le pouvoir d'achat dans les usines à capitaux en partie étrangers sans effrayer d'indispensables investisseurs présents ou à venir, ou les luttes locales contre la pollution du fleuve JAUNE, artère vitale de l' "EMPIRE DU MILIEU", source du fertile limon, symbole de prospérité et d' harmonie, et lien central de son UNITE.

Une revue internationale de qualité, que nul ne peut soupçonner de "communisme", "National Géographic" (édition française (en vente dans tous les kiosques en ce mois de mai)témoigne des défis complexes et des réalités nuancées auxquels s'attaquent les dirigeants et la population entière, énergique et bosseuse, avec autant de détermination que de souplesse, et toujours dans un indestructible optimisme, fondé dans la confiance en la sagesse du peuple, au pays des "bandits rouges des montagnes" des années 1930 et 1940 devenu celui de la GRANDE REVOLUTION CULTURELLE PROLETARIENNE de 1966-76, référence de fond de NOTRE MAI 1968 D'OCCIDENT, puis le MOTEUR de l' ECONOMIE MONDIALE.


Au point que les meilleurs spécialistes français du renseignement, des officiers supérieurs cultivés formés aux arcanes de la "guerre économique" et conscients de l'imbrication du politique, de la géo-stratégie économique, et du militaire, se demandent aujourd'hui si l'hystérie du trostkiste MENARD et de ses amis et/ou financiers d'outre-atlantique, CIA ou pas, n'a pas pour seule fonction de renforcer la position de Washington dans les négociations secrètes de haute diplomatie économique, forme moderne de la guerre, où la CHINE ROUGE, forte de son ENORME EPARGNE, se voit priée, à genoux, d'apporter désormais ses CAPITAUX pour RACHETER L'HYPER-DETTE DE CE QU'ON APPELAIT NAGUERE L'HYPERPUISSANCE - saignée jusqu'au dernier DOLLAR par ses aventures guerrières à haut coût du vaste Moyen-Orient - à commencer par la boucherie irakienne, de plus en plus chère...


Or, la CHINE d'aujourd'hui veut bien RACHETER LES FAUTES DES ETATS-UNIS , ET REMBOURSER LES DETTES DE WASHINGTON EN RACHETANT SES ENTREPRISES, a fortiori LES PLUS STRATEGIQUES...


MAIS, comptable des intérêts du PEUPLE CHINOIS, BEIJING (Pékin) y MET LE PRIX. La discussion se tend, tous les coups sont permis, et c'est un manifestant professionnel venu tout exprès, pour ce "raid de la honte", des Etats-Unis, son pays, qui s'est jeté comme un BARBARE OBSCENE sur la jeune athlète chinoise handicapée serrant farouchement la torche d'Olympie, de la fraternité humaine et de la paix, sur son jeune corps blotti dans son fauteuil roulant, ajoutant l'échec à l'outrage.

La justice "française" n'a pas engagé de poursuites contre CETTE ORDURE FASCISANTE - bien étrange défenseur des hautes valeurs spirituelles du bouddhiqme, et de l'Olympisme...

Mais qu'il prenne garde!

Son visage, son nom et son adresse, et même la photo satellite de son domicile, sont en ligne sur les sites internet de la jeunesse nationaliste d'une GRANDE CHINE TOUJOURS ROUGE ET REBELLE, qui n'a renoncé ni à porter la flamme jusqu'aux plus hautes cîmes himalayennes (c'est fait...), ni à REUSSIR L'IMMENSE FÊTE SPORTIVE DE LA VRAIE "COMMUNAUTE INTERNATIONALE" - avec ou sans la participation de SARKOZY, du deuxième mannequin sur le retour de sa collection personnelle, et de leur ami commun le CRUEL DESPOTE TUNISIEN BEN ALI, "grand ami" de la France des Droits de l'Homme... mâle et blanc de Neuilly (Hauts de Seine).


- Pas plus que le Parti Communiste Chinois n'a renoncé (tout en matant fermement, comme le doit un ETAT FORT ET JUSTE, GARANT de l'unité de son peuple et de l'INTEGRITE de son territoire), à protéger les mille cultures de toutes les minorités nationales de Chine, part essentielle de sa vitalité et de sa richesse matérielle et surtout spirituelle.


- Pas plus que la CHINE, FORCE TRANQUILLE, donc FORCE, ne renonce à la PAIX, ni ne se résigne à se laisser entraîner sur les chemins de la GUERRE, qu'à l'évidence, hélas, ces campagnes d'INTOX GENERALISEE, de MENSONGES HAINEUX, ridicules, ont pour fonction de préparer.

A l'heure où les troupes de l'OTAN (traité de l'Atlantique nord, paraît-il...), dont celles d'une FRANCE repentie du gaullisme et de la Liberté, suivent comme des chiens-chiens leurs maîtres du Pentagone dans le volcan afghan, aux frontières de la Chine (sur 25 km de très haute montagne).


On sait que les satellites américains, quoique aujourd'hui techniquement dépassés par ceux de Pékin (Beijing), viennent opportunément de "découvrir" une IMMENSE BASE MILITAIRE SECRETE nichée dans des cavernes en partie sous-marine de l'île touristique de Hainan, au sud.


Des porte-avions chinois, drapeau rouge flottant en poupe, cachés sous la montagne dans un site à la James Bond pourraient s'y protéger d'attaques nucléaires.
Comme les sous marins de la marine de guerre, ces grands requins d'argent parfaitement silencieux que l'Etat-Major fait de temps en temps émerger, par surprise, histoire de faire passer un petit message, au milieu de cohortes de destroyers escortant les porte-avions les plus modernes de l'armada US, qui n'est plus invincible, n'ayant rien entendu, malgré la haute technologie de ses sonars, et ses radars, rien vu, avant que ces squales d'acier portant l'insolent logo rouge de l'Armée Populaire de Libération, ne replongent sous la surface, joueurs comme des dauphins, et capables, comme eux, de redisparaître sans bruit et sans sillage dans les profondeurs océanes, avec leurs silos à torpilles pleins de petites merveilles technologiques et leurs missiles dernier cri...


L'Iran, ami de la Chine, (
où tout un peuple dynamique et divers, jeunes musulmanes modernes et progressistes à l'avant-garde, bout lui aussi de rage et d'impatience sous une pression américaine
et euro-atlantiste qui étouffe son développement économique autant que culturel, résiste encore lui aussi, mais pour combien de temps, aux grandes manœuvres fondées elles aussi par des TORRENTS D'INTOX, conçues pour tenter de l'enfermer, lui aussi, dans le carcan suicidaire de la fureur guerrière.


Le peuple chinois, uni comme jamais derrière ses dirigeants, ne tombera pas dans ce piège.


Il ne craint ni la guerre ni personne, mais il ne veut pas d'un conflit militaire.


IL VEUT LA PAIX, et le RESPECT


IL VEUT LE PROGRES - y compris celui de l'Afrique, continent ami, d'importance stratégique, riche des mille soleils illuminant les superbes sourires de ses femmes et de ses hommes aussi riches de vitalité potentielle que les mille ressource de ses forêts et de ses sous-sol,
l'AFRIQUE, AVENIR DU MONDE, APRES DES SIECLES D'HUMILIATION ET DE PILLAGE...

Comme les noirs africains de FRANCE, qui ne cherchent pas la bagarre, mais n'en ont nullement peur, - et tiendront le temps qu'il faut pour que les générations suivantes, fortes enfin de ce nouvel ACQUIS DE HAUTE LUTTE, le RESPECT, puisse enfin recentrer et concentrer ses formidables énergies sur le DEVELOPPEMENT DES PAYS DU SOLEIL, AVENIR D'UNE HUMANITE QUI NE BAISSE PLUS LES YEUX DEVANT AUCUN "MAÎTRE", et s'engage sereinement sur LES CHEMINS DE LA SOUVERAINETE, DE LA LIBERTE, DU VRAI PROGRES, SOURCE D'HARMONIE, D'EQUILIBRE, ET DE PAIX.
SHAOSHAN, 10 mai 2008

 

 

 

 

Des soutiers soulevés enfin libérés de l'esclavage du travail "sans papiers", car régularisés, enfin, au terme d'une longue lutte, par une blanchisserie industrielle de l'Essonne, en charge du nettoyage des draps et du linge sale des plus grands palaces parisiens, jusqu'aux aux cuisines plus ou moins ragoûtantes des restaurants "branchés" du XVIème ou de Neuilly, où bâfrent Sarkozy, tandis que s'y empiffrent les soixante-huitards sur le retour, obscènes, décatis, ventrus, bien engraissés, gluants d'un repentir enrobé de bons sentiments...vides - comme Alain Geismar et Serge July, le PROLETARIAT NOIR DE FRANCE s'est levé - avec la CGT. Il entraîne autour de lui un vaste mouvement de solidarité active, et populaire... Comme avant lui, de1968 à 1975, les O.S. maghrébins de Renault-Flins ou de Billancourt...

Ci-dessus, une de leurs banderoles oranges ou rouges de ce 1er mai marqué de leur superbe empreinte. Le texte lie leur sort à celui d'une pauvre femme, venue du fin fond de l'Asie pour travailler ici, tombée d'une fenêtre de Belleville en tentant d'échapper à une rafle de la police...

Et l'onde de choc s'étend déjà jusqu'au cœur de l'AFRIQUE, le MALI, par exemple, riche en mines d'or ou d'uranium pillées par les multinationales anglo-américaines, souffre ou crève d'avoir trop délaissé élevage et cultures vivrières pour la monoculture cotonnière exigée, sous le fouet néocolonial de la &quo