Dernière minute: un grand meeting unitaire de soutien aux 6000 grévistes en lutte "pour les papiers et pour la dignité" depuis neuf semaines a lieu ce lundi 14 décembre 2009 à 19 h, Halle Carpentier 81, bd Masséna 75013 Paris - métro Porte-de-Choisy, à l’appel de CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires,Cimade, Ligue des droits de l’homme, RESF, Autremonde,Femmes Égalité, Droits Devant!!Avec le soutien de ACORT, ACTIT, ATIK, ATMF, Attac,Centre culturel de Ahmet Kaya, CRCD, FASTI, FTCR, MRAP, SOS Racisme, Syndicat de la magistrature, UNEF.

"Des hommes libres", le très beau livre de Marion Esquerré et Bernard Rondeau y sera disponible.Une affichette de type "flyer" est diffusable tout le week-en, s'adresser au site (raoni@wanadoo.fr) ou pat tél à Jean-Paul CRUSE à toute heure 0660630856.Les travailleurs sans papiers ne lâcheront pas ! Nous ne les lâcherons pas!Autres infos sur le mouvement:2006-2009: ici. 2009-2010...ici-

     

Au cœur du cortège du PCF, (ci-dessus), deux générations, et deux images, de communistes: ce qu'un parti vieillissant, encore excessivement enfermé dans un statut de fait de "parti des travailleurs blancs", a de meilleur: des vétérans inoxydables dotés d'un "noyau dur" de conscience de classe qui les recentre, aujourd'hui, peu à peu, dans une intégration au mouvement d'un jeune prolétariat de banlieue, multicolore et multiforme, aux sourires éclatants de soleil: son avenir, le nôtre...

Dans ce communisme de la France du XXIème siècle, les jeunes ouvrières chinoises de la confection ou de la restauration reconnaissent ce qu'elles apprécient, plus qu'on ne croît, "au pays" qui leur reste cher, dans lequel elles souhaiteraient pouvoir "vivre et travailler" comme tout le monde, mais dont elles n'ignorent pas, malgré de fulgurants progrès, la pauvreté...Précédé par un jeune étudiant anti-raciste à barbe sage, l'une d'elles (ci-dessous) va jusqu'à brandir, fièrement, un drapeau rouge du PC...F.

- 88%!... -

Toute la FRANCE soutient les "clandestins" noirs et chinois de l'"armée de l'ombre" du travail en grève "pour les papiers et pour la dignité"

"Rupture"...

REVOLUTION CULTURELLE: PROLETARIENNE!

Pour une "rupture", c'est une rupture! Réalisée avant même l'imposante manif "contre l'immigration jetable" transformée par les ouvriers sans papiers noirs et chinois, présents en masse, en défilé "pour la régularisation de tous les travailleurs sans papiers", selon le sage mot d'ordre de la CGT et du principal animateur de ce mouvement, Raymond Chauveau (UL CGT91), petit enfant de mai 68 et de la "Grande Révolution Culturelle Prolétarienne" du Président Mao (en tête du cortège sur la photo ci-dessus), à peine 12% des Français se refusent à toute régularisation des ouvriers sans papiers (dont plus de 5000 sont en grève depuis plus de six semaines, en Îe de France, dans la région d'Orléans, de Nantes-Saint-Nazaire, et du côté de Nice...)

Ce qui signifie que, parmi les 64% qui se prononcent en faveur d'une régularisation "au cas par cas", et sans doute même parmi les 24% qui approuveraient une "régularisation globale" pour en finir avec une situation indigne porteuse de conflits permanents, se trouvent une majorité des électeurs de Nicolas Sarkozy et une frange notable de ceux qui continuent à apporter leurs suffrages au parti de Le Pen. - 78% des sondés admettant que ces travailleurs en situation irrégulière contribuent pour "une part importante" au fonctionnement de l'économie française.

Autant que le succès de la journée d'action de ce dimanche 26 novembre (près de 10 000 manifestants au Quartier latin, en majorité des ouvriers, noirs et chinois, ces chiffres démontrent:

1. Que la CGT a fort bien fait de tenir le mouvement sur ses fondamentaux, recentrant sur la "valeur travail" de la main d'œuvre immigrée, prolétarienne, cyniquement importée dans le cadre d'une politique néo-coloniale, néo-impérialiste, visiblement à bout de souffle, un débat qui s'égarerait en posant la question, absurde: "pour ou contre l'immigration".

S'étendant de façon progressive et réaliste, lentement et en tache d'huile, avec une progression sensible,aujourd'hui, vers les chantiers du BTP, l'intérim, les travailleuses chinoises de la restauration et de la confection, maintenant massivement rejointes par les jeunes Chinois de France, le mouvement tient sa force d'un refus paisible des mots d'ordre "globalisateurs" d'une ultra-gauche au fond "libérale-libertaire", plus proche qu'elle ne le croit de l'ultra-libéralisme libre-échangiste des négriers modernes, cachée de temps en temps sous le discours précieux-ridicule d'un psedo-maoisme à la Badiou sur un "prolétariat multinational" "sans patrie ni frontières" qui serait devenu le fond de commerce, voire la propriété, d'un radicalisme...paternaliste et "charitable" de dames-patronesses récitant leur bréviaire "marxiste-léniniste" tout en traitant la CGT de "fasciste" - et la classe ouvrière blanche, française, et qualifiée, dont, on le voit, même la frange tentée par le discours sécuritaire du borgne ou du pantin soutient, en réalité, sur le fond, l'action prolétarienne soutenue, et, de fait, au stade actuel,organisée, par une poignée d'enfants de mai et de communistes de terrain, qui sont parfois les mêmes, et viennent de secteurs de base du monde du travail classique, supposé "américanisé" et "intégré": RATP et EDF en première ligne, sans oublier les jeunes permanents de l'UD CGT de Paris, de l'UD93, et de plusieurs Unions Locales d' Île de France.

2. Que la gauche, où même une large partie des militants encore au Parti socialiste rejoint les communistes, le Parti de gauche de Mélenchon, et le NPA, dans le soutien actif de terrain, comme dans les cortèges, a, certes, raison de poursuivre une politique de "Front de gauche" susceptible, à court ou moyen terme, de "décrocher" de la banquise PS, en fonte accélérée dans un bruit de craquements qui monte, des pans entiers de progressistes, anti-racistes, plus représentatifs de la "gauche profonde" que l'ardent mais brouillon Mélenchon: mais ce mouvement tactique ne doit pas se prendre pour une stratégie resassant l'insupportable antienne du "peuple de gauche", qui serait "sain", qui serait "le nôtre", nouvelle élite, contre un "peuple de droite", abandonné pour toujours aux maîtres du moment...

Dans le soutien aux grèves du prolétariat sans-papiers (et non dans un débile débat "pour ou contre l'immigration", tout comme pour la défense du pouvoir d'achat, du développement de l'économie réelle, de l'emploi, des "services publics à la française", y compris une vraie police républicaine de tranquillité publique permettant une vraie lutte contre les trafics de drogues dures et l'insécurité, c'est "deux Français sur trois" qu'il est possible aujourd'hui d'unir dans une stratégie de terrain poursuivie dans le domaine électoral et pas le contraire...) de "rassemblement populaire majoritaire, progressiste et citoyen" - et pas une (petite) moitié de la France contre l'autre.

Il en va de même pour ce qui est du combat pour le retour à une politique étrangère plus proche de ce que furent les "fondamentaux" du gaullisme, libérée en tout cas de tout tropisme archéo-Bushiste, "néo-cons", ou pro-Israélien sans être pour autant une "politique arabe" et (re) mettant notre pays en situation de chanter sa chanson à pleine voix dans le concert des nations émrgentes, au côté, notamment, de la Chine, du Brésil, de l'Indonésie, de l'Afrique du sud post-apartheid, et de l'Angola - pour ne citer que ces exemples pris parmi les plus potentiellement puissantes des "puissances émergentes"...

30 novembre 2009. Midi. Jean-Paul CRUSE

Combatives? Vous avez dit combatives? Sous les éclats de rire approbateurs de ses camarades (ci-dessus), cette robuste ouvrière prend, pour le photographe du monde réel, une posture de karate - ou, plus probablement, de kung fu, l'art martial chinois de la même famille que la "voie de la main vide", sa filiale japonaise. On peut lui reprocher la position du poing gauche, un peu trop écarté du plexus, avec un pouce qui traîne: mais pas grand chose d'autre...

Peur de se faire remarquer? Peur des "caciques" de la "communauté"? Du "Parti"? Des "triades"? De la police? Peur de rien...Il est vrai qu'avec de pareils regards, et de pareils sourires (ci-dessous), ce sont plutôt les barons de l'UMP Sarkoziste et leurs cousins négriers de Neuilly ou de Deauville qui devraient se faire du mouron (rouge...)

 

 
   
Les amoureux inconditionnels des manifestations "pour les papiers" s'étaient habitués au grondement rythmé des tambours africains, frappés avec les mains. Avec l'irruption de quelques dizaines de Chinois, devenus centaines enquelques semaines, et demain, qui sait, des milliers, c'est au son cristallin des cymbales, des sifflets à roulette vissés aux lèvres, et d'un gros tambourin - rouge...- que se déroulent (ci-dessus) les dansants défilés de la "Chinafrique de France", nouveau sujet social majeur faisant irruption sur la scène!...

C'est à vous Mademoiselle cette belle écharpe tricolore, portée en bandoulière? - Bien sûr, je suis élue de Paris, et solidaire...

     

- Aimant la Chine, dont ils sont fiers, ils aiment la France, et ils l'écrivent "en très gros caractères", (à droite) et ils le disent - et il y en a que ça surprend, ou que ça choque...Comme si un "mouvement de classe", "internationaliste prolétarien" comme on en a peu vu, se devait de s'exprimer dans la langue de bois anti-patriotique de la petite bourgeoisie enragée de l'ultra-gauche sexagénaire...

 

Et ils aiment aujourd'hui, comme nous l'aimons, le Parti Socialiste...des Hauts de Seine (ci-dessous) fort bien représenté, en queue de cortège, par un groupe de militants, d'élus et de sympathisants, bien représentatif d'une "base" populaire du PS plus proche des communistes (eux masssivement présents chez les "blancs" comme chez les "noirs" ou chez les "jaunes") et de ce nouveau mouvement social atypique et radical que de hiérarques obscurs d'un Parti où se font entendre de redoutables craquements de banquise minée par le réchauffement...populaire...

Radieuse, et, tout l'après-midi, survoltée, Feng (ci-dessous, en rouge) par qui, pour les Chinoises, puis les Chinois, tout a commencé. Et qui, aujourd'hui, s'épanouit de voir ses compatriotes aussi nombreux - et se mêlant avec de plus en plus de naturel aux "copains d'Afrique noire"