"Rupture"...
REVOLUTION
CULTURELLE: PROLETARIENNE!
Pour une "rupture",
c'est une rupture! Réalisée avant même
l'imposante manif "contre l'immigration
jetable" transformée par
les ouvriers sans papiers noirs et chinois, présents
en masse, en défilé "pour la régularisation
de tous les travailleurs
sans papiers", selon le sage mot d'ordre de la CGT
et du principal animateur de ce mouvement, Raymond
Chauveau (UL CGT91), petit enfant de mai 68 et de la
"Grande Révolution Culturelle Prolétarienne"
du Président Mao (en tête
du cortège sur la photo ci-dessus), à
peine 12%
des Français se refusent à toute régularisation
des ouvriers sans papiers (dont plus de 5000 sont en grève
depuis plus de six semaines, en Îe de France, dans la
région d'Orléans, de Nantes-Saint-Nazaire, et
du côté de Nice...)
Ce qui signifie que, parmi les 64%
qui se prononcent en faveur d'une régularisation "au
cas par cas", et sans doute même parmi les
24% qui approuveraient une "régularisation
globale" pour en finir avec une situation indigne
porteuse de conflits permanents, se trouvent une majorité
des électeurs de Nicolas Sarkozy
et une frange notable de ceux qui continuent à apporter
leurs suffrages au parti de Le Pen.
- 78% des sondés admettant que ces travailleurs
en situation irrégulière contribuent pour "une
part importante" au fonctionnement de l'économie
française.
Autant que le succès de la journée
d'action de ce dimanche 26 novembre (près de 10 000
manifestants au Quartier latin, en majorité des ouvriers,
noirs et chinois, ces chiffres démontrent:
1.
Que la CGT a fort bien fait de tenir le mouvement sur
ses fondamentaux, recentrant sur la "valeur
travail" de la main d'œuvre immigrée,
prolétarienne, cyniquement importée dans le
cadre d'une politique néo-coloniale, néo-impérialiste,
visiblement à bout de souffle, un débat qui
s'égarerait en posant la question, absurde:
"pour ou contre l'immigration".
S'étendant de façon
progressive et réaliste, lentement et en tache d'huile,
avec une progression sensible,aujourd'hui, vers les chantiers
du BTP, l'intérim, les travailleuses chinoises de la
restauration et de la confection, maintenant massivement rejointes
par les jeunes Chinois de France, le mouvement tient sa force
d'un refus paisible des mots d'ordre "globalisateurs"
d'une ultra-gauche au fond
"libérale-libertaire", plus
proche qu'elle ne le croit de l'ultra-libéralisme
libre-échangiste des négriers modernes,
cachée de temps en temps sous le
discours précieux-ridicule d'un psedo-maoisme à
la Badiou sur un "prolétariat
multinational" "sans patrie ni frontières"
qui serait devenu le fond de commerce, voire la propriété,
d'un radicalisme...paternaliste et "charitable"
de dames-patronesses récitant
leur bréviaire "marxiste-léniniste"
tout en traitant la CGT de "fasciste"
- et la classe ouvrière
blanche, française, et qualifiée, dont, on le
voit, même la frange tentée par le discours sécuritaire
du borgne ou du pantin soutient, en réalité,
sur le fond, l'action prolétarienne soutenue, et, de
fait, au stade actuel,organisée, par une poignée
d'enfants de mai et de communistes de terrain, qui sont parfois
les mêmes, et viennent de secteurs de base du monde
du travail classique, supposé "américanisé"
et "intégré":
RATP et EDF en première ligne,
sans oublier les jeunes permanents de l'UD CGT de Paris, de
l'UD93, et de plusieurs Unions Locales d' Île de France.
2. Que la gauche,
où même une large partie des militants encore
au Parti socialiste rejoint les communistes, le Parti de gauche
de Mélenchon, et le NPA, dans le soutien actif de terrain,
comme dans les cortèges, a, certes, raison
de poursuivre une politique de "Front de
gauche" susceptible, à court ou moyen terme,
de "décrocher" de
la banquise PS, en fonte accélérée dans
un bruit de craquements qui monte, des pans entiers de progressistes,
anti-racistes, plus représentatifs de la "gauche
profonde" que l'ardent mais brouillon Mélenchon:
mais ce mouvement tactique ne doit pas se prendre
pour une stratégie resassant l'insupportable antienne
du "peuple de gauche",
qui serait "sain", qui serait "le
nôtre", nouvelle élite, contre un
"peuple de droite", abandonné
pour toujours aux maîtres du moment...
Dans le soutien aux grèves
du prolétariat sans-papiers (et non dans un
débile débat "pour ou contre
l'immigration", tout comme pour la défense
du pouvoir d'achat, du développement de l'économie
réelle, de l'emploi, des "services
publics à la française",
y compris une vraie police républicaine de
tranquillité publique permettant une vraie
lutte contre les trafics de drogues dures et l'insécurité,
c'est "deux Français sur trois"
qu'il est possible aujourd'hui d'unir dans une stratégie
de terrain poursuivie dans le domaine électoral et
pas le contraire...) de "rassemblement populaire
majoritaire, progressiste et citoyen" - et
pas une (petite) moitié de la France
contre l'autre.
Il en va de même pour ce qui est du
combat pour le retour à une politique étrangère
plus proche de ce que furent les "fondamentaux"
du gaullisme, libérée en tout cas de tout tropisme
archéo-Bushiste, "néo-cons",
ou pro-Israélien sans être pour autant une
"politique arabe" et (re) mettant notre
pays en situation de chanter sa chanson à pleine voix
dans le concert des nations émrgentes, au côté,
notamment, de la Chine, du Brésil, de l'Indonésie,
de l'Afrique du sud post-apartheid, et de l'Angola
- pour ne citer que ces exemples pris parmi les plus
potentiellement puissantes des "puissances
émergentes"...
30 novembre 2009. Midi. Jean-Paul
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