Ali
Soumare contre-attaque
- Le bal des hypocrites...-
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Rappel-
Notre édito
du 23 février 2010
Oui,
soutien total à Ali Soumare, militant de gauche à
peau noire, candidat en bonne
position sur la liste du PS aux régionales d'Île de
France, victime d'une campagne
de bombardements "méthode Gaza" qui voit
les canonniers du parti de l'Elysée le dénoncer comme
"délinquant multirécidiviste",
indigne de se présenter au suffrage citoyen.
"Délinquant",
il l'assume, il l'a été. - C'est même
un premier "accroc de jeunesse" qui a fait prendre
conscience au jeune "ado" turbulent de famille
malienne qu'il était des pièges où la société
des années Giscard, prolongée par les années
Mitterrand, attirait
les jeunes de banlieue comme lui, attirés par la brillance
des paillettes d'une société de paillettes.
"Tu as volé", c'est
mal, morigènent les bavards bavants de haine de l'UMP, car,
petit vol ou pas, "qui vole un œuf vole un
bœuf." - Et qui
vole l'argent des contribuables, en dépouillant le budget
régional de la rénovation des lycées d'Île
de France, donc tous les petits Ali Soumare du Val d'Oise,
du Val de Marne, ou de la Seine Saint-Denis, de l'argent
public dévolu à l'amélioration de leurs conditions
d'études, de quel bœuf plus gras encore pourra-t-il
plus tard s'offrir cyniquement la "dépouille"?
Car, ne l'oublions pas, si l'UMP a fait le choix de se "dépouiller"
elle-même du sigle RPR (le parti, déjà, de Sarkozy),
c'est essentiellement après la condamnation, infamante,
des principaux caciques de ce parti pris la main dans le sac de
la corruption et du trafic d'influence dans l'affaire du budget
des lycées de la région Île de France (un
pillage par millions des fonds publics, atteinte gravissime au civisme
et aux valeurs de la République, partagée, d'ailleurs,
ne l'oublions pas non plus, avec le Parti Socialiste, les "copains"
des délateurs d'Ali Soumare, bande à Sarko, se répartissant
en douce le butin avec leurs vrais-faux adversaires qu'étaient,
et restent, les "coquins" de la bande rivale
Strauss-Kahn-Huchon.)
Alors
qu'ils nous lâchent, tous, avec leurs leçons de morale,
où le racisme ouvert des uns ne saurait faire oublier la
condescendance paternaliste des autres, non dénuée,
elle non plus, de relents coloniaux à vomir. Et que la BELLE
histoire d'Ali Soumare, "violent" noir des Cités
devenu conciliateur, acteur de la paix civile dans le feu des émeutes
de ses "petits frères" de Villiers Le
Bel, soulevés contre les jeux pervers de la police "ripoublicaine"
spécialiste des auto-tamponneuses, nous serve plutôt
à une réflexion de fond:
- sur l'archaïsme d'un "casier
judiciaire à trois volets", qui ne reste confidentiel.que
pour les non-initiés, et ne sert en réalité
qu'à prolonger dans le temps une sanction sans doute indispensable
dans un moment.
-sur l'hypocrisie d'une classe politique
toute entière sélectionnant une poignée de
"bons noirs" ou de "bons arabes"
que pour mieux dissimuler, le temps d'une pause électorale,
le racisme profond d'une société d'apartheid, encore,
ô Sarcelles, ô Strauss-Kahn d'Agadir, post-coloniale,
et qui reste encore et toujours une société de classes
où, particularité historique commune, en fait, à
nombre de "sociétés développées"
du capitalisme mondialisé, les filles et les fils des peuples
colonisés constituent, tendanciellement, la large majorité
des classes prolétarisées, précarisées,
surexploitées, et vouées au chômage de masse
comme à la délinquance de masse et à la répression
de masse, tandis que les enfants de la bourgeoisie esclavagiste
ou, BHL suivez mon regard, du trafic de bois tropicaux dévastant
les vertes forêts d'Afrique Noire continuent à
s'engraisser, entre deux cours de morale.
Mardi 23 février 2010.
Midi. Jean-Paul CRUSE
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A la campagne socialiste pour ces régionales
de mars 2010, qui languissait au pas lourd des "éléphants",
la tentative de lynchage (médiatique) d'un jeune candidat
noir, porte-drapeau de cette étonnante diaspora malienne
qui manifeste sont étonnante intégration, comme son
respect de traditions de lutte et de solidarité ancestrales,
inscites dans la culture de l'islam africain, vient d'apporter un
coup d'accélérateur formidable.
Côté crapules Sarko-franchouillardes, c'est la débandade
en rase campagne. Au point que le journal Le Monde, qui donnait
un écho complaisant, la veille encore, aux propos ricanants
d'Axel Poniatowski, porte-parole
en France des "néo-cons" américains,
doit faire un demi-tour sur place,avec une manchette "La
polémique sur le candidat (PS) Ali Soumare divise l'UMP"
Dans
le Val-d'Oise, la droite assume sa campagne "tough"
LE MONDE (23.02.10, publié dans le n
daté du 24)
"Au plissement de ses yeux, Axel Poniatowski laisse
imaginer qu'il est heureux. La tête de liste (UMP) du
Val-d'Oise ne pouvait espérer meilleur public. Trois
jours après avoir qualifié son adversaire, tête
de liste (PS), Ali Soumaré, de "délinquant
multirécidiviste", le président de
la commission des affaires étrangères de l'Assemblée
nationale, qui mène la liste UMP aux régionales
dans le département, s'est retrouvé, lundi 22
février, au milieu d'une douzaine de convives de
"la communauté noire" à l'invitation
d'un "ami", dans une HLM de Cergy. Parmi
ses hôtes, aucun n'a pris la défense de M. Soumaré.
Au contraire. "A Cergy, on n'est pas des
Ali Soumaré", lance Aimé,
33 ans, conducteur de bus dans le Val-d'Oise. (...) "J'aurais
préféré que le PS ne choisisse pas un
candidat juste parce qu'il est noir pour ensuite découvrir
qu'il est la pire des racailles. Les gens vont continuer de
penser que les Noirs, ce n'est pas carré"(...)
Musicien, Alionne N'Diaye, 34 ans, raconte qu'il "connaît
Ali" et pense qu'"il a commis une énorme
erreur de gestion de carrière. Il aurait mieux fait
d'assumer lui-même les faits que lui reproche la droite
sans craindre pour autant de tomber dans le cliché
de la repentance", regrette-t-il.
Dans un fauteuil en cuir au milieu du salon, veste de tweed
anglais, M. Poniatowski assure qu'il a "beaucoup
apprécié le ressenti" de la soirée
et s'éclipse. Pour lui, la démonstration est
faite: "Tout le monde, sourit-il au volant de
sa Clio, sait que M. Soumaré est un délinquant."
(...)M.Poniatowski reconnaît que la droite val-d'oisienne
"s'est durcie" depuis qu'elle a perdu la
présidence du conseil général, en 2008.
Le climat de la campagne est "tough!",
dit-il avec un anglais parfait. Mais cet ex-UDF n'a aucun
état d'âme. Il fait confiance à Francis
Delattre, le maire (UMP) de Franconville, prétendant,
par ailleurs, à la reprise du conseil général
au PS en 2011, qui affirme "avoir les preuves"
des accusations qu'il porte contre M.Soumaré. Cela
lui suffit.
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"Que
reste-t-il de l' "affaire"
Ali Soumare?
(Le Monde, n daté du 25 février,
vendu le 24)
Ali Soumaré, candidat tête de liste (PS) aux
élections régionales dans le Val-d'Oise, qualifié
de "délinquant mutirécidiviste
chevronné " par deux maires UMP
du département, Françis Delattre et Sébastien
Meurant, a décidé de poursuivre "les
auteurs de ces méthodes indignes".
"Mardi 23 février, la procureure de la République
de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, a dédouané
M. Soumaré de trois des cinq accusations portées
contre lui. Me Jean-Pierre Mignard, avocat du candidat
socialiste, devrait saisir le tribunal de grande instance
de Pontoise "de plaintes en diffamation, d'une
procédure en atteinte à la présomption
d'innocence, d'une plainte pour violation du secret professionnel
et de révélations publiques de condamnations
pénales réhabilitées".
Les deux élus ont imputé vendredi à
M. Soumaré quatre condamnations judiciaires entre
1999 et 2009 et un jugement en cours. La procureure a indiqué
(...) qu'une condamnation, avancée par M. Delattre,
pour vol aggravé commis en 2004, "ne
concerne pas Ali Soumaré. Elle a été
prononcée par le tribunal pour enfants".
A l'époque, M. Soumaré était
majeur.
"Il s'agit d'un homonyme",
a-t-elle précisé. Concernant une infraction
pour conduite sans permis relevée par M.Delattre,
"aucune ordonnance n'a été signifiée
à M. Soumaré. Le dossier est en cours"
(...) . Enfin, M.Soumaré ayant fait appel des deux
mois de prison ferme auquel il a été condamné
en 2009 pour rébellion à agent de la force
publique, "il est donc présumé innocent.
C'est un principe de notre droit"(...).
Reste une accusation de "violence" contre deux
femmes en 2008. M. Soumaré nie en être l'auteur.
Le candidat PS reconnaît, en revanche, un vol en 1999
pour lequel il a écopé de six mois de prison
ferme. Selon son avocat, Jean-Pierre Mignard, "comme
le prévoit la loi, cinq ans après l'exécution
d'une peine, M.Soumaré a été réhabilité.
Il est donc interdit d'en faire état".
(...)
Cette campagne contre Ali Soumaré sème
le trouble dans les rangs de l'UMP. Eric Raoult, député
(UMP) de la Seine-Saint-Denis, a estimé (...)que
la polémique contre Ali Soumaré était
"une redoutable erreur". Le maire du
Raincy s'en est pris à la candidate UMP à
la présidence de la région Ile-de-France,
Valérie Pécresse, qui mène, selon lui,
"une campagne amateur". "Il n'y
a pas de patronne, on a déjà perdu",
s'est-il emporté.
Pour sa part, Valérie Pécresse
a "condamné", mardi, l'initiative
de M. Delattre et regretté "cette démarche
qui ne correspond ni à sa conception de la politique
ni à ses valeurs". (...)Mme Pécresse
avait été informée par Axel Poniatowski,
tête de liste (UMP) dans le Val-d’Oise de son
intention de publier, de son côté, un communiqué
de presse après les "révélations
édifiantes", selon lui, de M.Delattre.
(...)"Je regrette
clairement qu'on ait pu porter des accusations erronées
contre M. Soumaré", affirme
aujourd'hui M.Poniatowski. "Il
est certain que son passé judiciaire n'est pas aussi
lourd que ce que l'on pouvait penser. Il n'en reste pas
moins que M. Soumaré est un personnage obscur"(...).
Tête de liste (UMP) à Paris, Chantal
Jouanno a pris, très tôt, ses distances avec
les accusations portées contre M. Soumaré.
"Moi, je ne l'aurais pas nécessairement
fait", a-t-elle déclaré, lundi.
Au PS, Jean-Paul Huchon et Bertrand Delanoë
ont demandé "des excuses publiques"
à Mme Pécresse. Le président sortant
de la région dénonce "la campagne
de caniveau" de la candidate UMP "qui
se développe avec des relents anti-jeunes,
anti-jeunes de quartiers".
(...)Pour le porte-parole du PS, Benoît Hamon, il
"existe un robinet" direct entre le parti
majoritaire et la police ou la justice.
(...)
Frédéric Péchenard, le directeur
général de la police nationale, a
déclaré qu'il "n'excluait pas"
de saisir l'Inspection générale de la police
nationale (IGPN) aux fins de vérifier si une personne
était allée vérifier dans le STIC le
dossier de M. Soumaré. "S'il s'avère
qu'un policier est impliqué dans cette affaire, il
sera sanctionné"(...).
Mardi, M. Delattre a expliqué qu'à propos
de la "rébellion à agents",
"deux policiers ayant participé à une
interpellation [en juillet 2009] dans
un quartier difficile de Villiers-le-Bel et qui ont été
confrontés à la violence de M. Ali Soumaré
et de ses amis qui s'opposaient à cette intervention,
[lui] ont donné la date du jugement".
Cependant, concernant le vol aggravé, l'élu
UMP ne révèle pas comment il a eu accès
au jugement du tribunal pour enfants de 2004, qui n'est
pas rendu public.
Yves Bordenave et Béatrice Jérôme
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PRODUITS
CASHER : LES MENSONGES EHONTES DE MICHELE ALLIOT-MARIE
Pas brillant pour une ministre de la justice ! Devant le CRIF de
Bordeaux, évoquant les actions de boycott contre les produits
"made in Israel", et le procès de Sakina
Arnaud, Aliot-Marie a osé dire que les produits casher étaient
visés, alors qu’elle sait pertinemment que ce n’est
pas le cas, et qu’elle l’a même affirmé
devant l’Assemblée nationale peu avant de quitter son
poste de Ministre de l’intérieur au printemps dernier.
Après François Fillon au diner du Crif à Paris,
au début du mois, c’est à Michèle Alliot
Marie de sortir des contre-vérités pour essayer de
justifier l’injustifiable : des sanctions contre des militants
qui dénoncent la vente, totalement illégale, de produits
de l’occupation israélienne en France.
Ci-dessous le texte intégral de la déclaration indécente
de la ministre de la justice au diner du Crif de Bordeaux ce vendredi
19 février 2010.
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"Discours de Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat,
garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés
Monsieur le Premier Ministre, cher Alain JUPPE,
Monsieur le Président du CRIF de Bordeaux, cher Docteur
ROCHE,
Monsieur le Ministre, cher Xavier DARCOS,(...)
Monsieur le Président du CRIF, cher Docteur PRASQUIER,
Monsieur le Grand Rabbin,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens à vous remercier pour votre invitation et
votre accueil chaleureux.
Ma présence parmi vous ce soir est l’occasion
de réaffirmer la place de la communauté juive
au sein de notre Nation, son rôle essentiel dans la
construction de la République, sa contribution constante
à la défense de la France, son apport précieux
aux valeurs humanistes que nous avons en partage.
Mesdames et Messieurs,
Notre pacte social se fonde sur certains principes essentiels.
La cohésion de notre pays repose sur la tolérance,
le respect, l’ouverture aux autres, l’envie de
partager un destin commun.
La volonté de vivre ensemble se nourrit du respect
des confessions, des valeurs et des croyances des Français.
Parce que l’unité nationale présuppose
le respect de l’autre et que la République reconnaît
le libre exercice de sa religion, la Nation rejette l’antisémitisme.
L’antisémitisme est contraire aux valeurs de
la France. Il est indigne de l’héritage humaniste
de la Patrie des droits de l’homme et du citoyen.
Il est une offense à la République qui accueille
en son sein les Français de toute confession et de
toute philosophie, sans jamais leur demander de renoncer à
leurs convictions.
Tout acte antisémite est une insulte à nos valeurs,
une atteinte à notre pays.
Parce que l’antisémitisme est l’ennemi
de l’unité nationale, parce qu’il incarne
une haine et un mépris de l’autre que nous devons
combattre de toutes nos forces, parce qu’il resurgit
là où on ne l’attend pas, là où
on ne l’attend plus, la mémoire est la condition
première de la vigilance.
Je veux rendre hommage aux déportés encore vivants
et à leurs familles. Leur voix résonne dans
la conscience de chaque citoyen français.Mes pensées
vont aussi aux Justes de France. Ils ont fait honneur à
la Nation.Je salue à cet égard le travail du
CRIF Bordeaux, qui a permis de rassembler des témoignages
sur plus de 225 Justes des Nations en Aquitaine, reconnus
par l’institut Yad Vashem en Israël.
Mesdames et Messieurs,
La lutte contre l’antisémitisme demeure plus
que jamais une priorité du Gouvernement. Elle s’inscrit
dans le cadre de relations fortes entre l’Etat et la
communauté juive. Elle se traduit par une mobilisation
totale de l’institution judiciaire contre les actes
antisémites. La qualité des relations entre
l’Etat et la communauté juive, essentielle à
la cohésion de notre société, mérite
d’être soulignée. La France sait ce qu’elle
doit à la communauté juive.
Les Français de confession juive ont contribué
à écrire l’histoire de France. Ils en
ont connu les joies. Ils en ont traversé les épreuves.
De tout temps, dans les heures de peine comme dans les heures
de gloire, ils ont montré leur attachement à
la Nation française. Leur patriotisme et leur civisme
ont toujours fait honneur à notre pays. Leurs combats
et leurs sacrifices sont dans toutes nos mémoires.
Aujourd’hui, la communauté juive de France est
la 3e du monde. Les Juifs de France contribuent au rayonnement
de notre pays, dans les domaines culturels, économiques,
industriels. La vitalité de la communauté juive
est une source de dynamisme pour notre société
et un atout pour l’image la France dans le monde. Hier
Ministre des cultes, aujourd’hui garde des Sceaux, je
mesure l’importance des relations entre la puissance
publique et les instances représentatives de la communauté.
Le Conseil représentatif des institutions juives de
France est un interlocuteur essentiel de l’Etat. Il
exerce une mission constructive de représentation et
de sensibilisation, dans le respect des institutions et dans
un esprit d’intérêt général.
Je tiens à le saluer, Monsieur le Président.
Je me félicite de la qualité de nos relations,
marquées par l’amitié et la confiance
mutuelles.Je n’oublie pas l’action indispensable
des institutions religieuses, en particulier le grand rabbinat
et le Consistoire de France. Nous avons eu l’occasion
de travailler ensemble à maintes reprises. Leurs représentants
savent l’attachement que je porte à leur engagement
et à leurs préoccupations.
Mesdames et Messieurs,
Nous partageons le constat : des actes, trop d’actes
antisémites ont défrayé la chronique
ces derniers mois. La société française
n’est pas devenue subitement antisémite. Le nombre
d’actes antisémites a baissé continûment
depuis 2002. Soyons lucides, la situation géopolitique
au Proche-Orient n’a pas été sans conséquence
sur les tensions au sein de notre société. Je
pense aux tensions qui ont accompagné l’opération
« Plomb durci ».
Vous évoquez aussi les menaces que fait peser le régime
iranien sur la paix mondiale. C’est une préoccupation
pour chacun. C’est une crainte plus grave encore pour
Israël. Je rappellerai, comme l’a fait le Premier
Ministre François Fillon, l’attachement de la
France à la sécurité d’Israël
et à la reconnaissance de sa légitimité.
La France n’acceptera pas que l’Iran se dote de
l’arme nucléaire.
Les tensions internationales peuvent être le prétexte
d’actes et de comportements antisémites. Elles
ne les justifieront jamais.
Je vous le dis avec la plus grande solennité : la Justice
réagira sans faiblesse contre tout acte de nature antisémite.
La sanction de tout acte antisémite est l’une
des exigences de ma politique pénale. Aucun acte antisémite
ne restera sans réponse.
La circulaire de politique pénale envoyée en
novembre dernier à tous les procureurs généraux
est sans ambiguïté. Je demande que tout auteur
d’actes antisémites soit poursuivi et fasse l’objet
de réponses pénales systématiques et
adaptées. Aujourd’hui, le taux de réponse
pénale s’élève à plus de
85%.
Je veux aller plus loin.
1) Aller plus loin, c’est d’abord améliorer
la prévention.
En amont, il faut renforcer le dialogue entre l’institution
judiciaire et la communauté juive. J’ai demandé
aux procureurs généraux et aux procureurs de
la République de mieux communiquer au plan local, avec
les institutions représentatives de la communauté
juive. Je souhaite que l’intervention de la justice,
la nature des réponses pénales et la fermeté
de la répression fassent l’objet d’un dialogue
constructif. Les procureurs vous tiendront informés
des actions menées.
Les instances représentatives pourront faire remonter
leurs préoccupations et leur analyse des situations
locales.
En aval, je souhaite que les procès puissent jouer
un rôle pédagogique.
Le procès FOFANA a montré que les règles
de publicité devant la cour d’assises des mineurs
devaient êtes assouplies. Je sais que le CRIF s’est
beaucoup engagé sur ce point. La proposition de loi
adaptant les règles de publicité devant la cour
d’assises des mineurs a été adoptée
cette semaine. Elle viendra prochainement devant le Sénat.
2) Je veux cibler l’action de la justice sur la lutte
contre les discriminations.
Je n’accepte pas que des personnes, responsables
associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au
boycott de produits au motif qu’ils
sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël.
Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité
à ce sujet. J’ai donc adressé une circulaire
aux parquets généraux, leur demandant d’identifier
et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination.
J’entends que tous les auteurs d’actes soient
poursuivis dès qu’ils auront été
identifiés et notamment quand les appels auront été
faits sur Internet.
A cet égard, je salue la détermination
du parquet dans l’affaire de l’individu
qui avait appelé au boycott de produits israéliens
par voie d’affichettes dans un centre commercial de
Mérignac.
Ses réquisitions ont été suivies dans
la condamnation prononcée par le tribunal correctionnel
de Bordeaux le 10 février dernier.
L’action du parquet de Bordeaux illustre ma détermination
dans la lutte contre l’antisémitisme.
Mesdames et Messieurs,
Tout sera fait pour que les Juifs de France se sentent en
sécurité dans leur pays. Tout sera fait pour
que la communauté juive puisse se retrouver autour
de ses traditions et de ses rites, au sein de la communauté
nationale. Tout sera fait, Mesdames et Messieurs, pour que
les Juifs de France soient fiers d’appartenir à
une Nation généreuse, ouverte, respectueuse
des différences.Fiers de nourrir l’identité
de la France, pour qu’elle garde son message universel.
Fiers de participer à une vaste communauté de
destin, cimentée par les valeurs de liberté,
d’égalité et de fraternité. Fiers
de vivre en France. Fiers de faire vivre la France.
Je vous remercie."
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CAPJPO-EuroPalestine
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Serge
Grossvak, MILITANT DU VAL D’OISE,
À LA MINISTRE DE LA JUSTICE MICHELE ALLIOT-MARIE:
"METTEZ-MOI EN EXAMEN, CAR JE BOYCOTTE"
J’ai participé
à l’action de dénonciation des produits de
la colonisation dans un hypermarché du Val d’Oise,
alors mettez-moi en examen si vous le voulez.
Je l’avoue, j’y étais et j’ai accompli
tout cela pour mon humaine dignité et l’honneur de
mes ancêtres.
Parce que je ne peux
supporter d’abandonner dans la souffrance et l’injustice
le peuple de Palestine. Parce que je suis juif descendant de Marek
Edelman, de Joseph Epstein et de Raymond Aubrac, ma racine juive
est du côté des opprimés, de tous les opprimés.
Madame la Ministre
et gardienne des sceaux de justice et des lettres de cachet, condamnez
moi, pas Sakina
! Madame la ministre, puisque vous avez fait
vœu de châtier ces gestes de résistance
et d’honneur, oubliant qu’ils visent un Etat désigné
comme relevant de « crimes de guerre, voire crimes
contre l’humanité » par le juge Goldstone
(juif comme moi), condamnez moi, pas Sakina.
Madame la Ministre, je ne redoute pas vos geôles et vos
invectives, je suis prêt à affronter vos fureurs
comme mon père avait dû affronter l’internement
par une police aux ordres d’un pouvoir totalitaire.
Madame la Ministre, rien ne me fera renoncer à mon engagement
pour la Paix et la Justice, pour que le peuple palestinien recouvre
sa dignité dans son pays indépendant, aux frontières
de 67 et à la capitale en Jérusalem-est.
Madame la Ministre, je vous prie d’agréer toute ma
détermination à combattre vos menaces à l’encontre
d’une lutte juste et votre soutien à un extrémisme
nationaliste qui fait honte à ma culture juive.
Serge Grossvak
Publié le 21-02-2010 sur le site EuroPalestine
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